Aux sources de l’islam, la folle histoire des judéonazaréens

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Aux sources de l’islam, la folle histoire des judéonazaréens

Message  Arlitto le Mar 24 Mai - 15:33

Rappel du premier message :

Aux sources de l’islam, la folle histoire des judéonazaréens


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Article publié le 17.04.2015 


L’islam s’est constitué progressivement durant plusieurs siècles. Son origine est due à une secte qui avait pour doctrine la reconquête de Jérusalem, la reconstruction du Temple et l’arrivée du Messie Jésus.

Où et quand est né l’islam? Comment cette religion a-t-elle évolué jusqu’à la cristallisation de ses textes fondateurs? Le père Edouard-Marie Gallez a fait un travail historique magistral, synthétisé dans sa thèse.* Il a assemblé les pièces d’un vaste puzzle qui rejoint les travaux de nombreux autres chercheurs. L’un de ses admirateurs et ami, «Olaf», a écrit «Le grand secret de l’islam» qui vulgarise cette approche scientifique.

Cette présentation d’un ouvrage particulièrement complexe est forcément sommaire. Je ne prétends ici que donner envie d’aller à la source. Et c’est facile: «Le grand secret de l’islam» est 
[ltr]accessible en ligne[/ltr]
, avec moult références et mentions de documents historiques.

C’est au début de l’ère chrétienne que se noue le fil de cette histoire. Jésus apparaît en Israël vers l’an 27, dans une configuration marquée par le polythéisme et la présence déjà longue du judaïsme. Jésus est lui-même rabbin, il connait parfaitement la Torah et les écritures et enseigne dans les synagogues. Mais son discours se révèle totalement nouveau. Ses adeptes se multiplient.

A cette époque, les courants spirituels sont multiples, l’effervescence religieuse extrême et souvent meurtrière.
Avant et après la mort de Jésus, de plus en plus d’hébreux adhèrent au message de Jésus, ce sont les judéo-chrétiens. Persécutions et dispersion des apôtres rendent nécessaire une fixation par écrit du canevas de l’enseignement tel qu’il était récité par cœur à Jérusalem. C’est l’apôtre Mathieu qui en est chargé.


Ce sont les judéonazaréens qui joueront un rôle central dans la naissance de l’islam.


 Après 70 (destruction du temple de Jérusalem et répression), ils partent en exil et y resteront, d’abord sur le plateau du Golan, puis en Syrie, au nord d’Alep. Ils développent une nouvelle approche qui rompt radicalement avec le judéo-christianisme. Ils se considèrent comme les juifs véritables et comme les seuls vrais disciples de Jésus. Ils conservent la Torah, la vénération du temple et de la terre promise, se considèrent comme le peuple élu par Dieu.

Pour eux, Jésus n’est pas d’origine divine, n’a pas été exécuté, il a été enlevé par Dieu vers le ciel. Il est le Messie qui viendra à la libération -par les armes- de la Terre sainte et de Jérusalem rétablir la vraie foi et le vrai culte du temple. Avec lui à leur tête, les judéonazaréens sauveront le monde du mal. 

Ce courant accuse les judéo-chrétiens d’avoir associé à Dieu un fils et un esprit saint: «je témoigne de ce que Dieu est un et il n’y a pas de Dieu excepté lui». (Paroles de l’apôtre Pierre dans les Homélies Pseudoclémentines). Une profession de foi que l’on a retrouvée gravée sur des linteaux de portes datant des 3e et 4e siècles en Syrie.

Mahomet, propagandiste judéonazaréen
Après une vaine tentative de reconquête, entre 269 et 272, la secte réalise que s’allier aux arabes locaux, combattants aguerris, garantirait des combats plus efficaces. Parmi ces arabes se trouve la tribu des Qoréchite installée à Lattaquié en Syrie.

Les judéonazaréens s’attellent à convaincre les groupes arabes nomades de leur projet de reconquête messianiste. 
Nous sommes au VIe siècle. Leur thème principal de prédication : Nous sommes juifs et partageons le même illustre ancêtre, Abraham, fondateur de la vraie religion.
Nous sommes cousins, nous sommes frères. Nous formons une même communauté, une même «oumma», nous devons donc partager la même vraie religion. Nous vous conduirons, et ensemble nous libèrerons Jérusalem et la Terre sainte

Le Messie reviendra alors et son retour fera de nous et de vous ses élus dans son nouveau royaume.
Les propagandiste judéonazaréens, de langue syro-araméenne, expliquent leur croyance aux arabes, forment des prédicateurs parmi eux, leur traduisent des textes. Ils réalisent de petits manuels, des aide-mémoires en arabe, des livres liturgiques qui présentent des lectures et commentaires de textes sacrés, les «lectionnaires». Ces feuillets-aide-mémoire joueront un rôle capital. Ils étaient appelés qur’ân (coran). Le nom désignera plus tard le nouveau livre sacré des arabes.

Mahomet est un surnom, on ne connait pas son nom. Selon Gallez, il est probablement né en Syrie dans la tribu des Qoréchites. On ne sait s’il est né chrétien ou dans une famille judéonazaréenne, il a en tout cas été le propagandiste de cette doctrine et deviendra un chef de guerre à son service.

A la mort du futur prophète, l’islam n’est pas né
En 614, les arabes et les judéonazaréens aident les Perses conduits par le général Romizanès à prendre Jérusalem, mais le général cède le gouvernement aux juifs locaux et expulse les judéonazaréens et leurs alliés. «C’est sans doute à cette époque que le chef arabe gagne le surnom de Muhammad.»

Lorsque les Romains conduits par Héraclius reprennent le dessus sur les Perses, les Qoréchites et les judéonazaréens craignent leur vengeance. Ils s’enfuient à Médine, une oasis du désert de Syrie où une importante communauté judéonazaréenne est installée. Les membres de l’oumma s’appelleront désormais «les émigrés». Ce sera l’an 1 de l’Hégire selon l’histoire musulmane revue et corrigée. La communauté soumet d’autres tribus par les armes et se renforce. Des sources historiques relatent la prédication de Mahomet, qui s’oppose radicalement au discours musulman. Il envoie sans succès des troupes à la conquête de la «Terre promise» et meurt à Médine entre 629 et 634. Les sources musulmanes relatives au prophète datent de près de deux siècles après sa mort.

Le premier calife, Abu Bakr, poursuit le projet judéonazaréenOmar son successeur conquiert la Palestine vers 637. Les vainqueurs rebâtissent le temple et attendent le Messie. Il tarde...
Trois ans plus tard, les arabes ont compris: ils se sont fait berner. Ils se débarrassent des judéonazaréens. Mais les arabes possèdent un royaume et poursuivent leurs conquêtes. Une justification religieuse qui reprenne la promesse messianiste est impérative. Les califes vont alors forger au cours des siècles un nouveau message destiné à légitimer l’extension de leurs terres et leur pouvoir.


Trier, supprimer, modifier…
L’islam, son prophète, ses hadiths, sa biographie se modèleront progressivement jusqu’à une cohérence approximative de la doctrine. Il faudra pour cela tordre l’histoire, effacer certains protagonistes, faire disparaitre de nombreuses traces, inventer des lieux et des événements.

«Mais avant qu’elle ne prenne forme comme doctrine, il faudra plus de 100 ans et avant qu’elle ne s’impose et ne se structure définitivement, au moins deux siècles de plus.»

Pour la religion en devenir, les arabes sont désormais le peuple élu. Ses créateurs effacent le souvenir de l’alliance avec les judéonazaréens, et même la présence historique de la secte. Ils reformulent la promesse messianiste. L’objectif impose de rassembler les textes, notes et aide mémoires des prédicateurs, de modifier, supprimer, ajouter, réinterpréter. Et de faire disparaître le nom même des judéonazaréens qui deviendront dans les textes les chrétiens.

Ces manipulations ne vont pas sans incohérences. Elles suscitent des résistances et des contestations qui vont conduire à la première guerre civile (fitna) entre arabes. Elle ne cessera pas jusqu’à aujourd’hui.
L’effacement des judéonazaréens doit beaucoup au calife Otman (644-656). Les juifs et les chrétiens qui forment l’écrasante majorité du nouvel empire mettent en évidence les faiblesses des justifications religieuses des arabes. Eux possèdent des livres savamment organisés à l’appui de leurs croyances. La nécessité d’un livre pour les nouveaux élus se fait jour.

D’un calife à l’autre, l’histoire recréée
Les feuillets et les textes qui structurent la nouvelle religion sont collectés, et ceux qui ne la servent pas sont détruitsOtman organise un système de domination par la prédation: répartition du butin -biens et esclaves-, levée d’un impôt sur les populations conquises. Les territoires occupés jouissent d’une relative liberté religieuse tant qu’ils paient l’impôt.Les « Coran d’Otman » (sous la forme de feuillets) sont les premiers de cette religion. Ils ont disparu.

Le calife Muawiya (661-680) transfère sa capitale de Médine à Damas. La destruction et la sélection de textes se poursuivent. Il s’agit de créer un corpus plus pratique que les collections de feuillets.
Pour remplacer le rôle de Jérusalem et de son temple, Muawiya invente un sanctuaire arabe, vierge de toute influence extérieure: ce sera La Mecque. Cette localisation est dès l’origine l’objet de nombreuses contestations. La Mecque est un choix absurde: elle est désertique, sans végétation pour les troupeaux, sans gibier. C’est une cuvette entourée de collines et de montagnes sujette à des inondations régulières. Elle ne se situe pas sur l’itinéraire des caravanes. Elle est censée avoir subsisté depuis Abraham, mais aucun chroniqueur, aucun document historique ou vestige archéologique n’atteste de son existence jusqu’à la fin du 7esiècle, soit plusieurs dizaines d’années après la mort de Mahomet.

C’est vers les années 680 que Mahomet est qualifié d’envoyé de DieuUn nouveau rôle lui est attribué. Ibn al-Zubayr qui établit son califat à la Mecque est le premier à se réclamer de lui. Des pièces à son effigie représentent le premier témoignage «islamique» de l’histoire à mentionner Mahomet.

Le calife Abd Al-Malik (685-705) est le personnage-clé de l’unification de l’empire arabe et de la construction du proto-islam. Il récupère à son profit l’image de Mahomet et c’est sous son règne que la paternité du Coran est attribuée au nouveau prophète. Al-Malik intègrera La Mecque à sa doctrine religieuse, fera reconstruire le sanctuaire sous la forme approximative d’un cube. Il lie les éléments fondateurs du futur islam. La religion nouvelle commence à afficher une certaine cohérence pour la première fois depuis l’escamotage, en 640, du fondement judéonazaréen.

Une succession de manipulations
Les manipulations se succèdent, « chaque calife tentant à la fois de contrôler l’oumma par la force et de justifier son pouvoir par cette logique à rebours de la reconstruction de la religion et de l’histoire ». 
L’invention, probablement au 9e siècle, du «voyage nocturne» de Mahomet depuis la Mecque permet de témoigner du passage du prophète à Jérusalem, légitimant par là son statut de ville sainte et la dévotion rendue au Dôme du Rocher. Mahomet monte au ciel pour y recevoir la révélation qui justifie le caractère sacré et absolu du Coran. Un accord céleste permet de mentionner un livre préexistant à sa dictée, verset par verset, à Mahomet.

La diffusion du Coran rend désormais difficile des ajouts. Il faudra construire autour du texte une tradition extérieure. Au long des siècles qui suivent vont proliférer d’innombrables Hadiths (paroles et actions du prophète) qui vont être triés selon les intérêts politiques des gouvernants et cristalliser cette tradition. Ils vont enjoliver, voire recréer le personnage historique et les évènements du proto islam. Ils expliqueront a posteriori un texte coranique souvent incompréhensible.

Parallèlement est écrite la Sira, la biographie officielle de Mahomet, de sa généalogie et de tous les événements de l’époque. Produite sous l’autorité du calife, elle donne des clés de lecture du Coran.
A la chute de la dynastie omeyade en 750, Bagdad est choisie comme capitale par la dynastie abbasside qui régnera jusqu’au XIIIe siècle. C’est durant la première partie de ce pouvoir, que l’islam tel que nous le connaissons aujourd’hui est modelé.

La doctrine se fossilise
La cristallisation de l’islam a lieu aux alentours du Xe siècle. Parallèlement aux Hadiths et à la Sira, la charia est élaborée «qui ressemble déjà beaucoup à ce qu’elle est aujourd’hui».

Après le règne d’une série de califes de Bagdad qui ont favorisé le développement des arts, des techniques et de la pensée, trois décisions majeures sont prises au Xe siècle, qui vont fossiliser la doctrine: l’affirmation du dogme du Coran incréé; la doctrine de l’abrogation (pour supprimer les contradictions du Coran); la fermeture de l’effort de réflexion et du travail d’interprétation.

Avec la sacralisation absolue de Mahomet, l’islam a très peu évolué dans sa doctrine. Sa pratique en revanche a varié au cours des époques et des lieux. Mais pour les musulmans pieux, le choix aujourd’hui encore consiste à choisir entre l’islam moderne du Xe siècle et l’islam rigoriste du VIIe (source du salafisme). «Cela revient à condamner chaque génération à refaire perpétuellement ce que l’islam pense avoir été, à répéter le fantasme construit par des siècles de manipulations.»

L’imposture de la tradition musulmane est mise à jour par ce travail de Gallez qui s’appuie sur bien d’autres scientifiques. Mais « il reste beaucoup à faire aux chercheurs pour démêler les différentes couches de réécriture et de manipulation des textes et du discours islamique. »

Mireille Vallette
*Parue sous le titre Le Messie et son Prophète, 2 vol., 2005-2010.
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Re: Aux sources de l’islam, la folle histoire des judéonazaréens

Message  Manouche le Ven 27 Mai - 15:23

L'islam au risque de l'histoire" - Débat Olaf/Karim autour du Grand Secret de l'Islam

pour moi jesus nest pas dieu -- cest cl@ir mais vous avez oublier son role de redemption & donc l@mour que son pere nous a porter ...... franchement aimerais discuter avec vous -- si vous estes humble de coeur et desprit LOL.....

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Re: Aux sources de l’islam, la folle histoire des judéonazaréens

Message  Manouche le Ven 27 Mai - 15:25

Je vois beaucoup de musulmans mentir -- bon ils vivent dans le mensonge donc @ moins on peut dire qu'ils ont de la consistance -- en tous cas Jésus certe pour il moi & pas dieu mais -- Fils de Dieu -- crucifié sur la croix -- conformément @ la Bible

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Re: Aux sources de l’islam, la folle histoire des judéonazaréens

Message  Arlitto le Ven 27 Mai - 19:26

Les judéo-nazaréens ou Nassaras appelés à tort "Alaouites" d'Antioche   



L'omniprésence des judéo-nazaréens dans les prémices de l'Islam.

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Re: Aux sources de l’islam, la folle histoire des judéonazaréens

Message  Arlitto le Ven 27 Mai - 20:06

L’Islam ébranlé en ses fondations

   C’est un véritable séisme, qui depuis déjà plusieurs décennies, secoue violemment les fondations de la religion issue du Coran. Les origines de l’Islam sont mises à mal par des historiens et des exégètes. Des vérités sans doute bien difficile à entendre, et qui pour la plupart des croyants restera inaudible, et pourtant, les recherches sont sérieuses et les conclusions convaincantes. Qu’en seront les conséquences pour l’Islam dans les décennies et siècles à venir ? Il est bien difficile de l’imaginer.

Toutes ces références sont disponibles sur le net :
1 : Christoph Luxenberg, un séisme dans les études coraniques par Rémi Brague
2 : Entretien avec Edouard-Marie Gallez sur les origines de l’Islam
3 : La première dissidence chrétienne et les origines de l'Islam  par J. Habib Allah
4 : La question épineuse de l’origine de l’Islam par Jérôme
5 : Conférences de Frère Bruno Bonnet-Eymard : Exègèse du coran (dailymotion)

Un travail d’historien et d’exégète
   L’article d’Andreas Gorke est symptomatique de ce qui se passe depuis cent ans dans la recherche sur les origines de l’Islam : du XVIIe au milieu du XIXe siècle, les savants occidentaux ont pris pour acquis ce que les musulmans leur servaient sur l’histoire de leur origine avec des milliers de textes, des catalogues, des historiographies, ces récits renfermant les détails très précis sur la vie, la mort, l’œuvre du fondateur et de ses compagnons. Eblouis, ils se sont mis à l’étude pour finir par expliquer au milieu du XIXe siècle que tout était connu sur l’histoire de l’Islam et qu’il n’y avait rien à ajouter.

Tout ceci a été remis en cause au début du XXe siècle par Ignaz Goldziher, érudit austro-hongrois qui fut le premier à montrer le processus de fabrication des hadith -traditions- petits récits racontant les faits et gestes de Mahomet dont l’ensemble des recueils constitue la Sunna (la Tradition) et qui est normative à l’égal du Coran. Ce n’est pas moins l’influence d’un groupe antérieur à l’origine de l’Islam, qui est acceptée par beaucoup d’auteurs de la première moitié du XXe siècle, que les doutes qui se portent sur la fiabilité des sources Islamiques, en tant que relatant une histoire qui s’est réellement passée, qui vont être mises en cause en 1910 par l’article fondateur du jésuite Henri Lammens au sujet de Mahomet.

Un contexte antérieur chrétien

   C'est à peine une vingtaine d'années après la disparition de Jésus qu'eurent lieu les premières dissensions sérieuses dans la communauté. Les disciples que Jésus avait recrutés de son vivant, et en particulier les apôtres auxquels il avait confié la proclamation de son message, étaient tous d'origine juive, et le groupe que constituaient ses adhérents n'avait pas rompu ses attaches avec le judaïsme. 

Ainsi, le livre des Actes des Apôtres nous montre à plusieurs reprises les premiers chrétiens - qui portaient alors le nom de Nazaréens - fréquenter le temple de Jérusalem et les synagogues. Les Nazaréens pouvaient passer pour n'être qu'une secte juive de plus, comme l'étaient depuis longtemps les pharisiens, sadducéens et autres esséniens. Juifs de naissance dans leur immense majorité, ils continuaient à pratiquer la Torah, législation ancestrale que l'on disait remonter à Moïse. Circoncision, interdits alimentaires, sabbats faisaient partie du patrimoine des Nazaréens et des autres Juifs. Tout ce qui distinguait le nouveau mouvement, c'était sa croyance que le Messie était déjà venu et que, temporairement occulté, il allait revenir en gloire à la fin des temps. La croissance exponentielle du groupement nazaréen provoquait, il est vrai, des jalousies et des tensions avec les groupes plus anciens du judaïsme, mais jamais l'appartenance des Nazaréens au peuple d'Israël ne fut remise en cause.

Au commencement du IIIe siècle, les chrétiens de Syrie ne se contentaient pas de porter leur mission évangélique aux pays limitrophes, comme l'Arménie ou la Perse. Ils allaient jusque dans des contrées éloignées, jusqu'aux confins de la Chine et la côte Ouest de l'Inde, en plus de la totalité de la Péninsule arabique, jusqu'au Yémen et l'Ethiopie. Il est ainsi plus probable que, en vue de porter le message chrétien aux peuples Arabes, ils aient utilisés, entres autres langues, la langue des Bédouins, c'est-à-dire l'arabe. Afin de répandre les Evangiles, il leur fut nécessaire d'utiliser un mélange de langues. Mais à une époque où l'arabe était un ensemble de dialectes qui n'avaient pas de forme écrite, les missionnaires n'avaient pas d'autre choix que de recourir à leur propre langue littéraire et à leur propre culture, c'est-à-dire au syro-araméen. Le résultat fut que la langue du Coran est née dans une langue arabe écrite, qui cependant était une langue dérivée de l'arabo-araméen.

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Re: Aux sources de l’islam, la folle histoire des judéonazaréens

Message  Arlitto le Ven 27 Mai - 20:08

Les Nazaréens et l'apparition de l'Islam
    En ce temps-là, l'Arabie était bien différente de ce qu'elle est devenue par la suite. Il n'y avait pas de pouvoir centralisateur, et cette contrée accueillait tout ce que les Byzantins et les Perses pouvaient rejeter hors de leurs frontières. Si les Byzantins et les Perses favorisaient, les uns les orthodoxes, les autres les nestoriens, l'absence d'autorité centrale en Arabie faisait qu'il y régnait une grande diversité religieuse. Beaucoup de Juifs avaient depuis longtemps trouvé refuge à Médine et à la Mecque, ainsi que dans le Yémen. De même, les chrétiens de tous bords s'y retrouvaient. Orthodoxes envoyés en mission d'évangélisation par le patriarche de Jérusalem, monophysites et nestoriens chassés par la persécution des Byzantins, tous étaient en Arabie sur un pied d'égalité. En outre, la route de l'encens, qui traversait l'Arabie du Nord au Sud, ne permettait pas que la circulation des marchandises, mais aussi celle des personnes et des idées, en particulier religieuse. Dans le Sud, l'influence de l'Ethiopie, proche et chrétienne, se faisait aussi sentir. Bref, à peu près toutes les variantes de monothéisme étaient représentées par d'importantes minorités, qui vivaient dans une atmosphère de convivialité au contact des polythéistes Arabes.

On le sait, au septième siècle apparaît en Arabie une nouvelle religion qui va conquérir le monde. 

Un certain Muhammad, caravanier mecquois, se met à prêcher la "soumission" à Dieu, en arabe : islâm. Cette prédication commence après une retraite dans une caverne où un ange envoyé par Dieu lui aurait enseigné ce qu'il avait à dire. La tradition musulmane rapporte que, extrêmement troublé par l'apparition de l'ange - on le serait à moins - Muhammad a commencé par aller, accompagné par son épouse Khadija, demander conseil à l'oncle de celle-ci, nommé Waraqa. Le vieillard, devenu aveugle, s'était converti dans sa jeunesse au christianisme, était devenu scribe et connaissait très bien l'Evangile, qu'il avait copié plusieurs fois… en hébreu. C'est ce dernier détail qui, bien évidemment, nous fait sursauter. Ainsi donc, Muhammad avait un religieux nazaréen dans son entourage proche. 

Le même texte ajoute que Waraqa prodigua ses encouragements à Muhammad avant de décéder quelques jours plus tard. Cela ressemble fort à une transmission d'héritage ! A partir d'ici, l'on peut se demander si Muhammad était complètement ignare en matière de monothéisme quand il a eu sa première vision. Nul doute qu'il ne l'était pas : outre les échanges d'idées qu'il a pu avoir avec les gens de diverses confessions qu'il a rencontrés en Arabie ou pendant ses voyages en caravane vers la Syrie, terre chrétienne, Muhammad a pu côtoyer Waraqa et la nièce de celui-ci, devenue son épouse, pendant assez de temps pour apprendre d'eux les rudiments - ou même plus - de la forme de christianisme à laquelle ils adhéraient. 

Notre premier indice, celui de l'Évangile hébreu, est fort : nous l'avons dit plus haut et nous le répétons ici, il n'y a que dans les sectes Nazaréennes que de tels livres circulaient.

 Un deuxième indice est ce que nous trouvons dans le Coran lui-même.

On sait que le Coran parle à de nombreuses reprises des chrétiens, tantôt en termes favorables, tantôt de manière beaucoup moins conciliante. Il peu y avoir là un reflet de l'appréciation nuancée que Muhammad portait envers les divers types de christianisme qu'il a rencontrés - pour autant qu'il ait été armé pour les distinguer les uns des autres. Ce serait sans doute par trop simpliste de dire que les déclarations positives sont adressées aux ébionites et que les textes plus négatifs s'adressent aux tenants de la confession de foi de Nicée. L'éloge des moines et des prêtres de la cinquième sourate, par exemple, se comprend très bien des confessions orthodoxes, par ailleurs critiquées à cause précisément de leur doctrine trinitaire. Il n'en reste pas moins que la grande diversité du christianisme a pu inspirer à Muhammad la pensée qu'il y avait dans le christianisme des choses à prendre et d'autres à rejeter. Ce qui est clair, c'est que lorsque le Coran critique le christianisme, c'est généralement aux confessions trinitaires - byzantins, nestoriens, monophysites - que la critique s'adresse. Mais si Muhammad rejette absolument la divinité de Jésus, il n'en reste pas moins qu'il tient l'homme Jésus en haute estime, le qualifiant de prophète de Dieu et de Messie. Mais n'est-ce pas là exactement le point de vue de ébionites ? Somme toute, à ce stade du développement de sa pensée, Muhammad n'invente rien de neuf, il reprend à son compte l'enseignement des judéo-chrétiens, dont il y a fort à parier qu'il tienne de Waraqa.

Allons plus loin : lorsque le Coran parle des chrétiens, il n'emploie pas le mot utilisé aujourd'hui encore par les chrétiens du Moyen-Orient pour se désigner (masîhiyyûn),mais précisément il parle des "Nazaréens" (nasârâ), et cela nous paraît être encore un indice de la prévalence du modèle nazaréen dans ce que Muhammad sait du christianisme.
 
Complétons le tableau : si les Nazaréens (plus précisément les ébionites) et les musulmans ont exactement la même conception du personnage de Jésus, ce n'est pas le seul parallèle entre les deux confessions. 

En effet, la deuxième caractéristique du mouvement nazaréen est le maintien des observances du judaïsme, alors que le christianisme de Paul, dont ont hérité les Eglises, les tient pour périmées. Bien entendu, certaines de ces observances ont été réformées - faut-il dire : arabisées - par Muhammad. Le changement de la direction de la prière, de Jérusalem à la Mecque, n'est somme toute qu'une modification de surface qui ne porte pas atteinte à l'essence même de la religion. Le développement ultérieur de l'Islam suivra, c'est certain, sa propre voie : Muhammad et les premiers califes sont bien en train de créer une nouvelle religion mondiale. Mais celle-ci se fonde sur quelque chose de plus ancien dont les traces sont encore visibles et, mutatis mutandis, c'est bien la même religion qui se survit dans le passage de l’ébionisme à l’Islam.

L'Islam n'est pas né en vase clos.

 Il n'appartient pas à l'historien de se prononcer sur la véracité de révélations faites par Dieu à un prophète, mais il est possible de constater des faits qui tous pointent dans la même direction : la religion prêchée par Muhammad n'est pas entièrement nouvelle, mais est le fruit d'une longue histoire. Elle est conditionnée par la rencontre de celui qui allait devenir le prophète de l'Islam avec un des derniers représentants de l'ébionisme. 

Les musulmans sont les héritiers spirituels directs de ceux qui, parmi les premiers judéo-chrétiens, n'ont pas voulu qu'une religion née en milieu sémitique s'adapte au monde grec et s'ouvre à l'influence de sa pensée - adaptation et ouverture qui sont manifestes dans plusieurs écrits néotestamentaires. Ils n'ont pas à s'offusquer de ce que nous tenions de tels propos ; les faits sont une chose, leur interprétation théologique en est une autre. Si les faits sont clairs, l'interprétation théologique est fonction des croyances de chacun. Pour le polémiste chrétien, ces faits ne peuvent que le confirmer dans une attitude négative vis-à-vis de l'Islam, puisque la religion de Muhammad provient directement d'un parti religieux qui s'est opposé aux apôtres, personnages inspirés par excellence. Pour le polémiste musulman au contraire, il peut y avoir une preuve de plus que Dieu n'a pas voulu laisser s'éteindre la religion authentique, que les disciples du prophète Jésus avaient dénaturée en y introduisant des concepts païens dès la première génération. Il n'appartient pas à l'histoire de prendre position en ce domaine. Ce qui est hélas trop clair, c'est qu'il n'est pas étonnant que la confrontation de ces deux idéologies religieuses, aussi irréductibles l'une à l'autre, ait causé tant de dégâts dans l'histoire humaine.
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Re: Aux sources de l’islam, la folle histoire des judéonazaréens

Message  Arlitto le Ven 27 Mai - 20:10

L’attente messianique des Judéo-Nazaréens
    Les judéo-Nazaréens reconnaissaient Jésus non pas comme le Fils de Dieu venu visiter son peuple - pour reprendre une manière de parler très primitive -,mais seulement comme le Messie suscité par Dieu.

Ce n’est pas de sa faute si ce dernier n’a pu établir le Royaume de Dieu : les Grands-Prêtres se sont opposés à lui et vont même vouloir le tuer. Mais Dieu ne pouvait permettre que son Messie fût crucifié, Il l’enlève donc à temps au Ciel, et c’est une apparence - un autre homme ou une illusion - qui est clouée sur la croix à sa place. 

Divers textes apocryphes disent cela bien avant le Coran (IV, 157), et certains imaginent même que c’est Simon de Cyrène, celui qui avait aidé Jésus à porter sa croix, qui se retrouve dessus par erreur.

L’important, c’est que Jésus, lui, soit gardé “en réserve” au Ciel. Mais il ne peut redescendre que lorsque le Pays sera débarrassé de la présence étrangère et que le Temple sera rebâti par les vrais croyants. Pour que le salut du monde advienne, la recette est donc évidente : il suffira de prendre Jérusalem - qui doit devenir la capitale du monde - et de reconstruire le Temple. Le « Messie-Jésus » - une expression gardée dans le Coran que nous avons - imposera alors le Royaume de Dieu sur toute la terre. Là, on est loin des messianismes antérieurs à notre ère, qui étaient simplement nationalistes et religieux. 

C’est cette mission de reconquête de la Palestine et tout particulièrement de Jérusalem, en y rebâtissant le Temple, qui devient la mission du Prophète et de ses troupes.

Puis vint le problème de justifier d’une manière nouvelle le pouvoir que les Arabes avaient pris sur le Proche-Orient. C’est dans ce cadre qu’apparut la nécessité d’avoir un livre propre à eux, opposable à la Bible des Juifs et des chrétiens, et qui consacrerait la domination arabe sur le monde... et qui contribuerait à occulter le passé judéo-nazaréen.


Des influences juives et chrétiennes


   Il est clair que les Juifs qui entouraient Mahomet n’étaient pas des Juifs rabbiniques. 


À ce sujet, il suffit d’entendre attentivement ce que les traditions Islamiques ont à nous dire sur le personnage de Waraqa. Son rôle a dû être si important qu’il n’a pas pu être effacé, alors que tant de témoignages Islamiques anciens, écrits ou non, disparaissaient en fait tous ceux qui sont antérieurs à la biographie normative de Ibn Hichâm, composée et imposée deux siècles après la mort de Mahomet : c’est seulement par des citations que l’on connaît quelque chose des écrits antérieurs, qui furent systématiquement détruits. 


Or, ce qui est dit de ce Waraqa est hautement révélateur, comme l’indique le dossier quasiment exhaustif réuni par Joseph Azzi sur ce personnage. 


On le présente comme un cousin de Khadidja, la première femme de Mahomet, ou parfois comme un cousin de celui-ci. Il pourrait être les deux, ce qui est même très vraisemblable. Il bénit leur mariage, et pour cause : il est dit « prêtre nasraniyy », ce qu’il ne faut pas traduire par prêtre chrétien mais bien par prêtre nazaréen. 


Nous l’avons vu, les judéo-Nazaréens comptaient des prêtres parmi eux, très probablement des descendants de la tribu de Lévi ; et il y avait des consacrés hommes - ceux que le Coran nomme “moines” et qui sont dits se lever la nuit pour réciter des psaumes (III, 113 ; IV, 163 ; V, 82 ; XVII, 55.78 ; LXX, 20) -, ce qui est à comprendre dans une perspective eschatologique et guerrière : le salut du monde vaut que l’on s’y consacre totalement. De Waraqa, le commentateur Al-Buhari (mort en 870) donne la présentation suivante : « Cet homme, qui était cousin de Hadidja du côté de son père avait embrassé le Nazaréisme avant l’apparition de l’Islam. 

Il savait écrire l’hébreu et avait copié en hébreu toute la partie de l’Évangile que Dieu avait voulu qu’il transcrivit ». Il est de la tribu arabe des Qoréchites, mais « il est devenu nazaréen ». Il constitue donc un pont entre les deux peuples. 


Al Buhari a encore cette parole à la fois énigmatique et révélatrice : « Lorsque Waraqa est décédé, la révélation s’est tarie ». À l’époque, il n’est pas question du tout de « révélation », sinon de traductions en arabe des écrits Judéo-Nazaréens (comme par exemple quand le texte coranique évoque les « feuilles d’Abraham » - celles de Moïse étant tout simplement la Torah c’est-à-dire les cinq premiers livres de la Bible). 


Les feuillets coraniques les plus anciens seraient-ils de lui ? Pas nécessairement, car les feuillets sont des écrits de circonstance - essentiellement de propagande -, alors qu’il est plutôt dit le traducteur de textes beaucoup plus important. Dans l’avenir, la recherche y verra sans doute plus clair sur ces points. En tout cas, il ne dut pas être le seul à écrire pour les Arabes « devenus Nazaréens »... ou à convaincre de le devenir ! Christoph Luxenberg a montré le substrat araméen qu’il fallait quelquefois supposer pour lire correctement - c’est-à-dire en corrigeant parfois le diacritisme - certains versets coraniques particulièrement obscurs ; il n’y a là rien d’étonnant si l’on pense que la langue maternelle du ou des auteurs est le syro-araméen, la langue habituelle des Judéo-Nazaréens. 


Ce qui est dit également dans les traditions Islamiques de Zayd, qui aurait appris l’hébreu et l’écriture dans les écoles juives, est également très révélateur, même si c’est approximatif :ce « juif » de Yathrib a joué un certain rôle dans l’élaboration du proto-Islam, qui était encore le pendant arabe très peu autonome du Judéo-Nazaréisme. Il faudrait mentionner encore les inscriptions qu’on dit, faute de mieux, « judéo-Arabes » et que l’on a trouvées il y a quelques années dans le désert du Neguev (sud d’Israël) ; Alfred-Louis de Prémare les a finement analysées. Il s’agit d’invocations en arabe adressées par exemple au Dieu de Moïse et de Jésus, et elles datent de l’enfance de Mahomet. Par comparaison, rien de tel n’existe dans la région mecquoise, et d’autant moins que ni cette écriture ni cette langue arabe n’y étaient employées.


Or, Mohammad usa des deux, ce qui donna un Coran récité en arabo-araméen. Des indices historiques tendent à accréditer cette thèse de l'arabo-araméen (le Prophète aurait conseillé à ses scribes, dont Hassan Ibn Thabit, de maîtriser l'araméen et l'hébreu). Mais c'est surtout le texte coranique lui-même qui en garde une trace indélébile au travers les mots et les expressions syro-araméennes qu'il recèle.
 
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Re: Aux sources de l’islam, la folle histoire des judéonazaréens

Message  Arlitto le Sam 28 Mai - 19:42

Origines de l'Islam


Dans sa thèse de licence, en 1874, Adolph von Harnack, après un travail systématique, en vint à conclure que "le mahométisme n'est qu'une lointaine dérivation de la gnose judéo-chrétienne, et non une religion nouvelle".


Comme tout scribe ébionite, il puise ses proclamations dans "les ouvrages ... apocryphes" rejetés par les apôtres et leurs successeurs ("apo" signifie "de côté" et "crypto" signifie "pour les cacher" : ce sont des livres mis à l'index).

Ce sont des pseudépigraphes, ouvrages non signés, et mis sous le compte d'un personnage célèbre pour lui donner du poids, du prestige, selon une méthode efficacement utilisée par les néoplatoniciens gnostiques.

Il s'agit de :

l'Évangile de l'Enfance (écrit en syriaque),
le Protévangile de Jacques le mineur,
l'Évangile du pseudo Matthieu (rédigé d'abord en hébreu),
l'Évangile de Thomas,
L'Apocryphe du Livre des Jubilés (dont le rabbin tire l'histoire de Satan, le lapidé et les remontrances d'Abraham à son père : cf. Siderski : Légendes musulmanes du coran)


Comment l'islam et son prophète Mahomet ont été inventés en plusieurs siècles de rumeurs, de légendes, de réécritures, de falsifications, de mensonges et d'erreurs historiques et spirituelles... 

L'invention d'Allah, du Coran, de l'islam et de Mahomet : 

l'avis des experts, islamologues, érudits et archéologues


Un érudit allemand, Theodor Nöldeke, écrivit en 1860 l’histoire du Coran. Pour la première fois, les chercheurs s’interrogeaient sur la création de l’islam, en dehors des légendes musulmanes. (Geschichte des Quorans, Leipzig 1919). 
Force fut de constater que le Coran, loin d’être tombé du ciel, obéit à des règles de composition humaine, compilation laborieuse, réécritures permanentes, falsifications, mensonges, erreurs...

Un autre érudit, Adoph von Harnack, affirma, dès 1874, que le « mahométisme n’est qu’une lointaine dérivation de la gnose judéo-chrétienne, et non une religion nouvelle ».

Puis le français Gabriel Théry (sous le nom d’Hanna Zakarias) après trente ans d’études, conclut dans son ouvrage De Moïse à Mohammed que le Coran ne pouvait être l’œuvre de Mahomet. D’après lui, l’auteur était converti au judaïsme par son instructeur juif. 

Bruno Bonnet Eymard constata que les textes ayant servi à composer le Coran étaient d’origine et d’inspiration syrienne.

Après 1950, le père Bertuel confirma ces recherches. Il publia  L’islam, ses véritables origines
(Nouvelles Editions latines, Paris 1981). 

D’après lui, Mahomet est un rabbin chassé d’Edesse par Héraclius, en 628. « Qui a prononcé ces paroles ? demande Bertuel. Ni Allah bien entendu, ni Mhmt (Mahomet), mais des paroles si profondément enracinées dans le judaïsme n’ont pu être prononcées que par un Juif authentique. Tout historien est conduit à cette conclusion : un Juif s’agite à La Mecque. Il se présente aux Arabes comme le Prophète de Dieu… Quel serait de plus cet Allah qui ne révélerait aux Mecquois que les plus vieilles doctrines de l’Ancien Testament ? » 

Bertuel ajoute : « Le seul livre de religion qui existera à jamais pour les Juifs est la Thora de Moïse, guide de vérité et de justice. Yahvé en est l’auteur. 

Moïse n’est ni un djinn, ni un devin, ni un poète. Dieu lui est apparu. Il a parlé à son serviteur. Gloire à Yahvé !  La grande nouveauté du livre arabe, c’est qu’il ne contient précisément rien de nouveau. C’est un livre du passé… chacune de ses affirmations et même les détails de ses descriptions peuvent être facilement rattachés à un texte biblique… C’est tout un plan de conversion (au judaïsme) ». 


Hassan Abassi, dans Les secrets de l'islam, cite les experts musulmans recensant des milliers de différences entre les différents corans.

Patricia Crone, auteur avec Michaël Cook de Hagarism, The making of the islamic world, déclare : 

« La tradition fondamentalement historique, à laquelle (les conteurs) sont supposés avoir ajouté simplement leurs fables, n’existe pas. Vu qu’un conteur en suivait un autre, le souvenir du passé se réduisait à un stock commun d’histoires, de thèmes et de motifs propres à être combinés ou recombinés dans une profusion de faits apparents. Chaque combinaison et recombinaison créait alors de nouveaux détails, et, dans la mesure même où des informations fausses s’accumulaient, de l’information authentique était perdue. ». 

Patricia Crone a aussi publié Meccan trade and the rise of islam, démontrant que le berceau de l’islam ne peut avoir été La Mecque. D’après elle, l’existence de La Mecque est très incertaine, avant que les califes n’en fassent un centre de pèlerinage. 
Ces deux auteurs, Crone et Cook, considèrent que l’histoire islamique au moins jusqu’à Al-Malik (mort en 705) est une invention tardive.


Michaël Cook signale les similarités entre les croyances musulmanes et celles des Samaritains, concernant la religion d’Abraham, dans l’ouvrage intitulé Le livre des Jubilés (daté de –140 à –100 avant J.C.) 

Antoine Moussali estime que le Coran n’était que le lectionnaire, en araméen, d’une secte judéo-nazaréenne, au début du VIIe siècle (La croix et le croissant, Editions de Paris, 1998) 

"Comme tout le monde, écrit-il dans Vivre avec l'islam (Saint-Paul, 1997), j'ai longtemps pensé que le Coran était une source sérieuse pour la connaissance de l'islam. Aujourd'hui je serais nettement moins affirmatif. L'islam lui est fondamentalement antérieur.".

Beaucoup de travaux insistent sur le sabéisme de l’époque. D’autres mettent l’accent sur le nombre élevé de mots persans et syriaques dans le Coran. On peut lire à ce sujet Pourquoi je ne suis pas musulman, d'Ibn Warraq (L'Age d'Homme, Lausanne 1999)

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Re: Aux sources de l’islam, la folle histoire des judéonazaréens

Message  Arlitto le Sam 28 Mai - 19:43

Antoine Moussali estime que le Coran n’était que le lectionnaire, en araméen, d’une secte judéo-nazaréenne, au début du VIIe siècle (La croix et le croissant, Editions de Paris, 1998) 
"Comme tout le monde, écrit-il dans Vivre avec l'islam (Saint-Paul, 1997), j'ai longtemps pensé que le Coran était une source sérieuse pour la connaissance de l'islam. Aujourd'hui je serais nettement moins affirmatif. L'islam lui est fondamentalement antérieur.".


Dans son ouvrage Le Coran, la Bible et l'Orient ancien, Mondher Sfar souligne que les noms attribués à Allah sont recopiés des noms attribués au dieu babylonien Mardouk, dans un poème datant du 12ème siècle avant J.C. 

Dans Le Coran est-il authentique ?, il rappelle que nombre de sourates du Coran étaient dites par le calife Omar, puis confirmées par Allah. 
Le fils d'Omar déclare : "Omar avait une vision et alors le Coran descendait selon celle-ci... Personne ne pourra dire : j'ai eu le Coran dans sa totalité."


Alfred-Louis de Prémare, dans Les fondations de l'islam (Le Seuil), évoque la charte de Médine, datée en réalité de 830, et pourtant rédigée par Muhammad le prophète. 

Il rappelle que tout ce qui concerne l'islam et l'existence de La Mecque date de 250 ans après les "faits." 
Il explique aussi que la bataille du Fossé eut lieu en 688 en Syrie et non à Médine, soit cinquante ans après la mort officielle de Mahomet. 
Il rappelle "qu'on déchire et brûle régulièrement dans cette histoire perturbée du Coran."


Le Dr Gerd-Rüdiger Puin, professeur à l’université de Sarrebrück (Allemagne) traducteur du Coran de Sanaa, évoque les évolutions du texte dans Die Syro-Aramaische Lesart des Koran, Christop Luxenberg, (Verlag Hans Schiler) 

« Puin a remarqué que les parchemins étaient des palimpsestes, c’est-à-dire des manuscrits dont on a effacé le texte initial pour pouvoir en écrire un nouveau…. Le Coran de Sanaa a été rédigé sans aucune marque diacritique (points, accents, cédilles portant sur une lettre ou un signe phonétique pour en modifier la valeur), sans voyelles ni aucun guide pour la lecture. »   Observations on Early Quran Manuscripts in San’a. Stefan Wild (ed), The Quran As Text, Leiden/New York/Köln (E.J. Brill) 1996 p. 107-111. 

L’islamologue Jacqueline Chabbi estime que le Coran a été compilé sous le calife Abd Al-Malik, à Damas, au début du VIIIe siècle (époque d’Hajjâj).

Les plus anciens corans existants sont ceux du Yémen, découvert en 1972, celui de Topkapi (Istanboul), fin du VIIIe ou début du IXe siècle. Un autre exemple se trouve à la British Library à Londres, datant de la fin du VIIIe siècle, soit cent cinquante ans après l’hégire. 


J. Wansbrough a étudié les origines samaritaines du Coran, dans Quranic Studies, Oxford, 1977, et The Sectarian Milieu, Oxford, 1978. 

Il a montré que le texte définitif du Coran n’était toujours pas achevé au IXe siècle. 
Il en déduisit qu’une origine arabe de l’islam était hautement improbable. 
Il note aussi l’absence de toute référence au Coran dans le Fiqh Akbar I, document daté du milieu du VIIIe siècle, représentant pourtant l’orthodoxie dogmatique
Il ajoute que le Coran est « le produit d’un développement organique de traditions originellement indépendantes, au cours d’une longue période de transmission. »


Goldziher, dans On the Development of Hadith déclare « qu’un vaste nombre de hadiths, acceptés même dans les recueils musulmans les plus rigoureusement critiques, sont des faux complets de la fin du VIIIe et du IXe siècle, et qu’en conséquence, les chaînes de transmetteurs méticuleux qui les étayent sont totalement fictifs. » 

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