«Les Islams»

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«Les Islams»

Message  Arlitto le Sam 28 Mai - 19:54

«Les Islams»

L'Hanafisme
 
 
 
L’école de pensée hanafite fut fondée par le juriste irakien Abou Hanîfa an-Nou’mân bin Thâbit (m. 767). Ses enseignements et sa doctrine furent transmis par ses deux plus fidèles disciples, Abou Yousouf (m. 798) et Mohammad bin al-Hasan ach-Chaybâni (m. 805). L’hanafisme est le rite qui compte le plus grand nombre d’adhérents dans le monde musulman, c’est aussi le plus libéral et le plus ancien.
Le fondateur
Abou Hanîfa n’était pourtant pas destiné à entrer dans l’histoire du droit musulman, il suivit les traces de son père et s’était lancé dans le commerce de la soie. C’est sa rencontre avec le juriste ‘Amir ach-Cha’bi qui chamboula sa vie et changea définitivement le cours de son existence. Sur les conseils de l’imâm qui décela en lui des signes d’intelligence, Abou Hanîfa se plongea dans les sciences religieuses, accumulant au fil du temps, de formidables connaissances sur l’islam. À la mort de son maître, le cheikh Hammad ibn Abi Soulaymân, qu’il accompagna pendant dix huit ans, le prodige, alors âgé d’une quarantaine d’années, prit la direction d’une assemblée qui consacrait son temps à l’étude de la jurisprudence ; ses ressources financières étaient assurées par l’héritage que son père lui légua, un commerce de soie, géré par un associé avec lequel il conclut un partenariat. C’est à partir de ce moment-là qu’il se forgea une solide réputation de juriste et que son nom devint célèbre parmi la population musulmane encore très pratiquante à cette époque. En 763, tout bascule, le calife al-Mansour (m. 775) lui proposa le poste de qadi al-qadat mais il déclina l’offre par soucis d’indépendance. La place vacante de qadi fut attribuée à son élève Abou Yousouf, grâce auquel la doctrine hanafite put se propager dans toute la région de par sa haute fonction religieuse. Al-Mansour fit emprisonné Abou Hanîfa et le tortura, on ne le nourrissait que très peu, rapporte l’historien Ya’qoubi (m. 898), et ses plaies n’étaient pas soignées. Malgré les supplices et l’humiliation, celui qu’on surnommera plus tard « al-imâm al-a’dham » (le plus grand imâm), continua d’enseigner, entre les murs de sa cellule, son savoir aux personnes autorisées à lui parler. Abou Hanîfa mourut quatre ans plus tard. Plus de cinquante mille personnes, dit-on, assistèrent à son enterrement.
Présentation du madhhab
Le fiqh hanafite se distingue par son recours au raisonnement analogique (al-qiyâs) lorsque ni le coran ni le hadîth ne peuvent fournir de réponse. C’est ce qui le rapprocha de l’école des rationalistes (ahl ar-râ’y) au 8ème et 9ème siècle. Les rationalistes pensaient que l’interprétation de la loi islamique devrait se baser sur la raison, sans forcément prendre les textes révélés littéralement, et avoir un intérêt notable pour la communauté. Ce courant auquel appartenu les premiers musulmans fut progressivement abandonné au profit du mouvement « ahl al-hadîth » (les gens du hadîth) qui raisonne uniquement à partir du texte coranique et de la tradition. Abou Hanîfa était un tabi’i. Il eut la chance de connaître les compagnons du prophète qui résidaient en Irak, et transmis leurs récits. Abou Hanîfa développa sa doctrine à partir de leurs rapports, c’est pourquoi l’hanafisme fut au départ appelé l’école « coufique » ou « irakienne ». ‘Ali bin Abou Talib et ‘Abdullah bin Mas’oud forme le fondement de la jurisprudence hanafite, ainsi que d’autres personnalités de la descendance du prophète avec lesquelles Abou Hanîfa étudia, tels que Mohammad al-Bâqir (m. 743), Ja’far as-Sâdiq (m. 765) ou encore Zayd bin ‘Ali (m. 740).
Quelques particularités du rite
- Abou Hanîfa autorisa une consommation modérée de breuvages alcooliques sauf s’ils sont extraits de raisins ou de dattes. Des juristes hanafites penchèrent cependant en faveur d’une prohibition de tout alcool, rejoignant ainsi l’opinion des autres écoles.
- Excepté pendant le pèlerinage, le croyant doit exécuter les cinq prières quotidiennes à heure fixe, même en voyage.
- Le salaire d’un musulman qui bâtit une église est licite.
- Saigner ne rend pas impur.
- Effleurer une personne du sexe opposé ne rend pas impur.
L’hanafisme dans le monde
L’influence de l’école hanafite est toujours très présente sur les terres des anciens empires musulmans (Abbasside 750-1258/1513, Ottoman 1299-1923 et Mughal 1526-1858) qui adoptèrent l’hanafisme comme doctrine officielle. De nos jours, le rite est surtout répandu en Asie central et en Europe de l’Est : Afghanistan, Pakistan, Bangladesh, Inde, Turquie, Albanie, Bosnie, Kosovo, Macédoine, Balkans, Caucase, etc...
Ouvrages majeurs de fiqh hanafite
[ltr]Badâi’ as-Sanâi’[/ltr] 
-Auteur: Abou Bakr Mas’oud bin Ahmad al-Kâsâni
Ad-Dourr al-Moukhtar
-Auteur: ‘Ala’ ad-Dîn al-Haskafi
Radd al-Moukhtâr ‘ala ad-Dourr al-Moukhtâr
-Auteur: Mohammad Amîn ibn ‘Abidîn
Al-Hidâyah
-Auteur: al-Marghinani
Fatâwa Qâdi Khân
-Auteur: al-Farghani
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Re: «Les Islams»

Message  Arlitto le Sam 28 Mai - 19:54

Le Malikisme
 
 
 
Basée sur l’enseignement de l’imâm Mâlik ibn Anas (m. 795), grand théologien et juriste de Médine, le malikisme est l’une des quatre écoles de jurisprudence sunnite. La particularité de ce rite est qu’il considère la pratique des médinois, descendants des compagnons du prophète, et l’opinion des savants de cette même ville comme étant une source de droit. C’est la troisième école en nombre de pratiquants, et reste attachée aux principes fondamentaux pratiqués et enseigné par l’ancienne communauté de Médine. Le rite est très traditionaliste et s’opposa à l’école des rationalistes (ahl al-râ’y).
 
Le fondateur
Mâlik ibn Anas est né en 716 dans la ville sainte qui accueillit le prophète quatre vingt douze ans plus tôt. Sa famille est originaire du Yémen, de la tribu d’al-Asbahi. Son grand-père quitta le sud de l’Arabie pour s'installer à Médine après sa conversion à l'islam en l'an deux de l'hégire. Dès son plus jeune âge, Mâlik s’intéressa à l’étude de l’islam et y consacrera toute sa vie. An-Nafi’ bin ‘Abd ar-Rahman (m. 785), le qâri’ dont warch et qaloun transmirent la lecture, lui enseigna le coran qu’il mémorisa entièrement, tandis que la science du hadîth lui fut inculquée par le mouhaddith Ibn Chihab az-Zouhri (m. 742). À dix sept ans, on lui permit déjà d’enseigner, il choisit symboliquement de prêcher dans la mosquée du prophète. Il connut également Abou Hanîfa (m. 767), un autre juriste qui fonda l’école hanafite, et étudia avec Ja’far as-Sâdiq (m. 765), le sixième imâm infaillible selon les chiites duodécimains et ismaéliens. On rapporte qu’il eut plus de neuf cent chouyouk et côtoya plus de trois cent tabi’in. De par son immense savoir, on le surnomma « l’imâm de Médine ». Le juriste entra en conflit avec le califat abbasside lorsque le commandant des croyants édicta une loi qui contraignit au divorce quiconque se refuserait à lui prêter allégeance. Mâlik s’opposa au gouverneur de Médine, qui était aussi le cousin du calife al-Mansour (m. 775), en rapportant une tradition selon laquelle le divorce sous la contrainte ne peut être valide. Il remit ainsi en cause l’autorité califale et fut condamné au fouet en 764. En dépit de la flagellation, l’imâm qui était profondément attaché à la loi islamique ne renia pas ses paroles. Quand al-Mansour apprit ce qui s’était passé, il châtia son cousin. En effet, Mâlik avait de nombreux disciples et pouvait causer des troubles dans la ville sainte s’il émettait une fatwa contre le pouvoir en place. Un soulèvement organisé par les savants de Médine aurait éclaboussé la réputation de la rigoriste dynastie abbasside. L’imâm ne quitta que très rarement la ville qui l’a vu naître, excepté pour faire le pèlerinage à la Mecque. Mâlik mourut vers 80 ans.
Présentation du madhhab
Le malikisme diffère des autres écoles en se basant sur les pratiques des habitants de Médine pour établir sa jurisprudence. Mâlik pensait que les us et coutumes des médinois provenaient des compagnons du prophète qui pratiquaient la forme la plus puritaine de l’islam, et ne pouvaient donc pas être une source d’égarement. Les malikites, lorsqu’ils sont confrontés à des traditions contradictoires bien qu’authentiques, choisissent de préférence le hadîth qui possède des origines médinoises, c’est-à-dire, qu’un ou des transmetteurs aient résidé à Médine. Le rite met également l’accent sur le fiqh en faveur de l’intérêt général de la communauté, du moment qu’il ne trahit pas la loi islamique. Ainsi, il n’est pas illicite d’établir des lois ou des règles qui sont étrangères au coran et à la tradition si la oumma peut en tirer un quelconque bénéfice. Mâlik était très pointilleux quand il s’agissait de définir des normes juridiques à partir de traditions. On rapporte qu’il présenta al-Mouwattâ’, son traité de fiqh et sa compilation de ahadith, à soixante dix juristes de Médine qui l’approuvèrent tous sans exception, raison pour laquelle il nomma son ouvrage al-Mouwattâ’, « l’approuvé ».
Quelques particularités du rite
- Le genou de l’homme n’est pas une partie intime de son corps.
- Ne pas se raser les aisselles n’est pas un péché. 
- La consommation de viande de chien est licite.
- Le qounout est seulement récité durant la prière de l’aube.
- Pas d’invocation avant la fâtiha dans les prières obligatoires. 
Le Malikisme dans le monde
L’école est majoritairement répandue en Afrique du nord ainsi qu’en Afrique de l’Ouest. On la retrouve aussi dans quelques pays du Golfe (Koweït, Qatar, Bareïn), au Soudan et en Égypte.
Ouvrages majeurs de fiqh malikite
[ltr]Al-Mouwatta’[/ltr]
-Auteur: Mâlik ibn Anas
Al-Moudawana al-Kobra 
-Auteur: Sahnoun ibn Saïd at-Tanoukhi
Al-Wâhida fi as-Sunan wa-l-fiqh 
-Auteur: ‘Abdel Mâlik ibn Habîb
Al-Moustakhraja 
-Auteur: Mohammad ibn Ahmad al-'Atabi al-Andalousi
Al-Mouwâziya
-Auteur: Ibn al-Mouwâz
Al-Risala
-Auteur: ‘Abdullah ibn Abi Zayd al-Qayrawani
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Message  Arlitto le Sam 28 Mai - 19:54

L'Hanbalisme
 
 
 
Ahmad ibn Hanbal (m. 855) est à l’origine de l’école de jurisprudence hanbalite, il est également l’auteur d’un célèbre recueil de traditions. L’imâm ne laissa aucun ouvrage de jurisprudence derrière lui et commanda à ses disciples de ne pas consigner ses fatâwa. Ce sont les élèves de ces derniers qui institutionnalisèrent l’école en couchant par écrit les verdicts du grand juriste. L’hanbalisme est le rite le plus rigoriste des quatre madhhab.
Le fondateur
Ibn Hanbal est né en 780 et étudia les sciences religieuses à Bagdad. Il parcoura tout le pays et voyagea pendant plusieurs années en Syrie et en Arabie afin d’approfondir ses connaissances et recueillir des traditions prophétiques, il était particulièrement attiré par la science du hadîth. À son retour, l’imâm ach-Châfi’i (m. 820), un autre grand jurisconsulte, lui enseigna la loi islamique et dit à son sujet : « je suis parti de Bagdad, et je n’ai pas laissé derrière moi d’homme aussi bon, avec autant de science, ou une aussi bonne compréhension, et autant de piété qu’Ahmad ibn Hanbal ». Après quarante années d’étude, Ahmad endossa le poste à responsabilité de Mufti. Il devint une autorité en matière de hadîth, ses critiques étaient très écoutées, puis il rédigea un recueil colossal de traditions qu’il appela « Mosnad Ahmad », et qui fait aujourd’hui parti  des six corpus canoniques. Ibn Hanbal n’était pas seulement un traditionaliste de renom puisqu’il se spécialisa également dans d’autres matières dont la jurisprudence. Il eut l’avantage de bénéficier de l’enseignement ou de l’héritage de célèbres juristes, tels que ach-Châfi’i (m. 820), Mâlik ibn Anas (m. 795) ou encore Abou Hanîfa (m. 767), mais il préféra suivre sa propre voie et développa un fiqh plus orthodoxe, qui est plus conforme au coran et à la tradition à ses yeux. Ses deux fils, Sâlih (m. 873) et ‘Abdullah (m. 903), faisaient parti de ses élèves, ainsi que les traditionalistes al-Boukhâri (m. 870) et Moslim ibn al-Hajjâj (m. 875), les auteurs des deux sahih. Opposé à la doctrine officielle des abbassides de son époque, Ibn Hanbal fut emprisonné et torturé par les deux califes al-Ma’moun (m. 833) et al-Wâthiq (m. 847), car ceux-ci voulurent imposer le dogme de la création du coran, une croyance issue du motazilisme. Ahmad décéda des suites d’une maladie en 855, on rapporte que des centaines de milliers de personnes assistèrent à ses funérailles.
Présentation du madhhab
La jurisprudence hanbalite est très stricte et conservatrice, surtout en ce qui concerne les dogmes et le culte. L’école rejette toute doctrine contraire à ses croyances, par exemple, elle considère le motazilisme, le chiisme ou le kharijsme comme des déviances religieuses et condamne fermement les innovations. On rapporte qu’Ahmad ibn Hanbal a dit : « les tombes des pécheurs des gens de la sunna sont un jardin, tandis que les tombes des pieux ascétiques des gens de l’innovation sont un puits asséché. Les pécheurs parmi les gens de la sunna sont les amis d’Allah, tandis que les pieux parmi les gens de l’innovation sont les ennemis d’Allah ».  La particularité de ce rite est qu’il n’utilise pas le raisonnement analogique autant que les autres écoles, alors que l’hanafisme y a largement recours. Les normes juridiques sont établis en fonction du sens littéral du texte, et non selon le bon sens. Cette méthodologie ouvre la porte à l’obscurantisme religieux. Ainsi, les hanbalites préfèrent s’en remettre aux traditions avec une chaîne de transmission faible, à moins qu’un transmetteur ne soit étiqueté de menteur, plutôt que d’utiliser le qiyâs. Le même principe est appliqué lorsque l’avis d’un compagnon est rapporté, son opinion est privilégiée avant le recours au raisonnement. Cette façon de faire est très différente de l’école hanafite qui, elle, choisira parfois le qiyâs au hadîth, même si l’isnad est bon.
Quelques particularités du rite
- La femme doit couvrir son visage.
- Le cunnilingus n’est pas permit après la pénétration.
- Le taslim durant la prière est obligatoire.
- Le sperme est pur mais ne doit pas être avalé.
- La masturbation est autorisée sous certaines conditions.
L’hanbalisme dans le monde
On retrouve essentiellement l’école en Arabie Saoudite où le courant wahhabite en dérive. Elle est aussi présente en Syrie, en Irak, en Palestine et au Liban, et compte environ 30 millions d’adhérents. Cependant, la doctrine hanbalite à tendance à se propager rapidement, aussi bien dans les pays musulmans qu’en occident, de par un prosélytisme religieux intensif mené par le mouvement salafiste, d’où une radicalisation des musulmans à travers le monde.
Ouvrages majeurs de fiqh hanbalite
L’abrégé d’al-Khiraqi 
-Auteur: al-Khiraqi
Al-Mouharrar
-Auteur: Ibn Taymiyya
Al-Moughni 
-Auteur: Ibn Qoudama
Kitâb Latâ’if al-Ma’ârif
-Auteur: Ibn Rajab al-Hanbali
Mawsuat Fiqh Ibn Taymiyya
-Auteur: Ibn Taymiyya
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Re: «Les Islams»

Message  Arlitto le Sam 28 Mai - 19:55

Le Chaféisme
 
 
 
La jurisprudence chaféite est fondée sur l’enseignement de l’imâm ach-Châfi’i (m. 820) dont la lignée remonte jusqu’à l’arrière grand-père du prophète Mahomet, ‘Abd Manaf. On lui attribue deux écoles de pensée : « l’ancienne » et « la nouvelle », correspondant respectivement à son séjour en Irak et en Égypte, chacune d’elles a donné naissance à un ouvrage, le « kitâb al-houjja » et le « kitâb al-oumm ». Les savants chaféites se réfèrent quasiment toujours à la nouvelle école excepté sur certains points. Le chaféisme est le rite recensant le plus grand nombre d’adhérents après l’hanafisme.
Le fondateur
Ach-Châfi’i est né à Ghazza, ou ‘Asqalan, 150 ans après l’hégire, l’année de la mort d’Abou Hanîfa. Il mémorisa le coran à sept ans, on rapporte également qu’il appris par cœur le Mouwattâ’ de Mâlik à dix ans et rencontra l’imâm de Médine, qui fut impressionné par sa mémoire, à l’âge de treize ans. Mâlik bin Anas (m. 795) et Mohammad bin al-Hasan ach-Chaybâni (m. 805) furent ses professeurs. Ach-Châfi’i aimait beaucoup la poésie et était un spécialise de la langue arabe, c’était aussi un philologue ainsi qu’un talentueux archer. Il avait un grand respect pour Abou Hanîfa qu’il n’eut malheureusement pas la chance de connaître : « les gens sont tous des enfants d’Abou Hanîfa en matière de jurisprudence », dit-il. Le juriste critiqua les autorités de son temps et fut traîné devant un juge de Najran, puis présenté au calife Hâroun ar-Rachîd (m. 809). On l’accusa de soutenir la révolte alawite. Grâce au soutien d’ach-Chaybâni, chef de la justice à cette époque, les poursuites contre ach-Châfi’i furent abandonnées par le calife mais il ordonna qu’on le transfert à Bagdad. Dans cette ville, il put se recueillir sur la tombe d’Abou Hanîfa, son maître spirituel. En 810, l’imâm écrivit un premier traité de fiqh appelé « kitâb al-houjja ». Son ouvrage fut propagé par ses élèves, parmi eux figurait Ahmad ibn Hanbal (m. 855). Puis ach-Châfi’i se rendit en Égypte afin d’étudier sous la houlette d’al-Layth bin Sa’d (m. 791) mais le savant mourut avant son arrivée. Ce sont les disciples d’al-Layth qui lui transmirent les connaissances religieuses acquises auprès de leur ancien maître. Ach-Châfi’i apprit de nouvelles méthodes d’analyses et rédigea un autre traité de jurisprudence, « kitâb al-oumm », en changeant de nombreux avis qu’il avait émit dans son précédent ouvrage de fiqh.
Présentation du madhhab
L’imam ach-Châfi’i n’avait pas les même critères d’authentification du hadîth que ses confrères Abou Hanîfa et Mâlik ibn Anas, bien qu’il soit reconnu comme une autorité en ce qui concerne la critique de traditions. Le juriste rejeta les méthodes d’istihsan et d’istislâh d’Abou Hanîfa et de Mâlik car il estimait que ces principes, basés sur l’interprétation personnelle ou l’itijad, étaient des innovations (bid’ah). Il créa alors le principe de l’istis’hâb, malgré son emploi limité, en réponse à certains problèmes juridiques. « La présomption de continuité » est la meilleure définition que l’on puisse attribuer au terme istis’hâb. Le concept consiste à considérer que des choses ou des situations continuent d’exister jusqu’à preuve du contraire. Quelques cas où l’istis’hâb peut être utilisé : une personne disparue est présumée vivante jusqu’à la confirmation de sa mort, le mariage reste toujours valide à moins que la dissolution ne soit prouvée, et une personne est innocente jusqu’à ce que sa culpabilité ne soit prouvée. Les savants chaféites entrèrent en conflit avec les hanafites à cause de leurs différences de point de vue, l’école concurrente était perçue comme une rivale, mais la guerre des madhhab fut relativement courte.
Quelques particularités du rite
- L’excision est obligatoire.
- Dire « bismillah » en égorgeant un animal est une sunna.
- La basmalah est un verset de la sourate al-fatiha, la prière n’est pas valide si la formule n’est pas récitée.
- Toucher une femme rend obligatoire les ablutions.
- N’importe quelle impureté invalide la prière.
Le Chaféisme dans le monde
L’école est principalement répandue en Afrique de l’Est, dans la péninsule arabique, et en Asie du sud-est. C’est le rite officiel de l’État de Brunei et de Malaisie. On la retrouve entre autres en Égypte, en Somalie, au Yémen, en Indonésie, à Djibouti, aux Philippines, au Soudan et aux Maldives.
Ouvrages majeurs de fiqh chaféite
Kitâb al-Oumm
-Auteur: ach-Châfi’i
Ar-Risala fi Usul al-Fiqh
-Auteur: ach-Châfi’i
Minhâj at-Tâlibîn
-Auteur: an-Nawawi
Al-Fatâwa al-Kobra
-Auteur: Ibn Hajar al-Haytami
Fatâwa Ibn as-Salah
-Auteur: Ibn as-Salah
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Re: «Les Islams»

Message  Arlitto le Sam 28 Mai - 19:55

Le Jafarisme
 
La plupart des chi’ites appartiennent à l’école ja’farite, du nom de leur sixième imam Ja’far Al-Sadiq (d. 765). On les appelle aussi les imamites ou les duodécimains, parce qu’ils reconnaissent douze imams. Selon cette école, le pouvoir suprême de l’État musulman revient seulement à ‘Ali (d. 661) et à ses descendants directs issus de Fatimah, sur désignation de Mahomet. Ils estiment que l’imam (terme qu'ils utilisent au lieu de calife) bénéficie aussi bien de l'infaillibilité que de l'impeccabilité, qualités réservées par les sunnites aux seuls prophètes. Onze des douze imams des chi’ites imamites ont péri de mort violente, et le douzième (Muhammad Al-Askari, né en 873) aurait disparu mystérieusement, dans un souterrain (sirdab) à Samirra’ (en Irak), quand il avait cinq ans, sans laisser de descendants.
Ses adeptes croient qu’il est caché et prient pour sa rapide parousie afin d’accomplir la mission que la tradition musulmane assigne au Mahdi (le guidé) : « remplir de justice la terre envahie par l’iniquité ». L'article 5 de la Constitution iranienne fait référence à ce retour. Une des spécificités de cette école est le mariage temporaire. Parmi ses juristes on cite notamment : Ja’far Ibn-Ya’qub Al-Kulayni (d. 939), Abu-Ja’far Al-Tusi (d. 1067), Ja’far Ibn-al-Hasan Al-Hilli (d. 1325) et Zayn-al-Din Al-Jaba’i Al-Amili (d. 1559). Les chi’ites ja’farites forment la majorité en Iran et en Irak. On en trouve dans différents pays du Golfe, en Arabie saoudite, en Syrie, au Liban, en Inde et au Pakistan.
 
Extrait de : [ltr]Introduction au droit musulman et arabe[/ltr], par Sami A. Aldeeb


 
L'Ismaélisme
 
L’ismaélisme (isma‘iliyya) est un mouvement révolutionnaire islamique soucieux d’agir à la fois dans les domaines religieux, intellectuel, politique et social. Né au milieu du IIe siècle de l’hégire (VIIIe s. apr. J.-C.) et demeuré vivant jusqu’à l’époque actuelle, il est fondé, comme tous les mouvements shi‘ites, sur le principe de la imama, c’est-à-dire sur la reconnaissance de l’autorité d’un chef non élu mais désigné par son prédécesseur. Il tire son nom d’Ismäel (Isma‘il), fils aîné de Dja‘far, sixième imam, qui le désigna pour lui succéder.
La réforme entreprise par l’ismaélisme vise, dans le domaine religieux, à faire triompher l’esprit sur la lettre et la vérité sur la loi, et, dans le domaine intellectuel, à libérer l’esprit de tout ce qui pourrait lui faire obstacle ou le conditionner. Elle s’exprime aussi par l’élévation de la foi et de la pensée à un niveau tel que disparaisse toute opposition entre l’une et l’autre et qu’elles deviennent alors complémentaires dans la poursuite du même but : l’intégration complète de l’homme à l’existence. Sur le plan politique et social, ce mouvement réformateur lutte pour mettre en oeuvre les idéaux supérieurs de l’Islam en matière d’égalité et de justice, au profit de tous ceux qui vivent dans la société islamique, qu’ils soient arabes ou non arabes, musulmans ou non musulmans. Son véritable rôle politique s’acheva en fait au XIIe siècle, après la chute de l’État fatimide. Néanmoins, l’ismaélisme reste un mouvement intellectuel qui contribue largement à la diffusion de la culture dans les pays de l’Islam.
1. Origines et développement
L’ismaélisme prit naissance dans la ville de Kufa, où il connut ses premiers triomphes. Cette cité était d’ailleurs toute désignée pour l’accueillir. Elle était considérée, au milieu du VIIIe siècle, comme le centre de l’opposition à l’État abbasside et connue depuis longtemps pour ses tendances alaouites. De plus, elle était le lieu de rencontre de toutes les cultures et religions anciennes, et le théâtre d’actions extrémistes et de tensions sociales exploitées à tour de rôle par les adversaires, de toutes tendances, des gens au pouvoir. La ville, qui souffrait de surpopulation, comprenait de gros propriétaires et une majorité de travailleurs pauvres et d’esclaves. Kufa était alors un centre culturel important, où la philosophie grecque et les hérésies se répandaient parmi l’élite, ébranlant les opinions religieuses, et où florissaient également les mythes et les superstitions, à côté des vieilles religions et doctrines qui y survivaient.
Isma‘il, que son père Dja‘far avait désigné comme successeur et qui se distinguait par son génie, sa science et ses connaissances, vit se grouper très tôt autour de lui des shi‘ites enthousiastes. Mais il disparut avant son père, en l’an 133 de l’hégire (751). Dja‘far disparut lui-même en 148 (765) après avoir choisi, pour lui succéder, son second fils Abdallah (‘Abd Allah). Mais celui-ci fut, lui aussi, emporté par la mort soixante-dix jours à peine après son père. Les shi‘ites se groupèrent alors autour de Musa al-Kazim qui fut reconnu comme le septième imam; mais c’était compter sans le groupe des enthousiastes qui avaient vénéré Isma‘il et entendaient lui rester fidèles. Ils instaurèrent le cycle des « imams cachés » ; et comme Isma‘il, de son vivant, avait eu un disciple très proche nommé Mubarak, c’est lui qui commença à consolider le mouvement ismaélien naissant. En l’an 183 (799), al-Kazim étant mort à son tour, les disciples d’Isma‘il et, à leur tête, Mubarak entreprirent de contester la légitimité des deux successeurs de Dja‘far et proclamèrent qu’ils ne considéraient comme valable que la première désignation, celle d’Isma‘il. Du fils de celui-ci, Muhammad, ils firent alors leur deuxième imam. Muhammad garda des partisans fidèles jusqu’à sa mort en 198 (813), puis le mouvement prit le titre de batiniyya (ésotérique) avec l’adhésion du groupe shi‘ite extrémiste al-Khattabiyya qui, connu pour ses exigences et son caractère actif, donna à l’ismaélisme une netteté, un relief qu’il n’avait pas encore au milieu des autres courants shi‘ites. À partir du début du IIIe siècle de l’hégire (début du IXe s.), le mouvement s’organise et se consolide, grâce notamment à la famille de ‘Abd Allah ibn Maymun al-Qaddah. Maymun al-Qaddah, esclave affranchi, avait été le disciple de Dja‘far et le serviteur dévoué d’Isma‘il auquel il était fort attaché. Maymun, ainsi que, plus tard, son fils ‘Abdallah ibn Maymun, et tous leurs descendants contribuèrent largement, par leur dévouement et leur ferveur, au renforcement de l’ismaélisme. Ils ont préparé l’État fatimide, qui, instauré en Afrique du Nord au début du Xe siècle, devait durer jusqu’en 1171. Cette célèbre famille fatimide a eu un rôle important, jusqu’à la chute de l’Empire, dans la naissance de la civilisation islamique, aussi bien en politique qu’en art et en littérature.
2. La pensée scientifique et philosophique
Les historiens de la philosophie islamique, jusqu’à une époque récente, ne connaissaient de l’ismaélisme que ce qui avait été écrit par ses adversaires et qui se résumait en des accusations d’infidélité, d’hérésie et d’immoralité. Actuellement, d’après les sources ismaéliennes mêmes dont certaines furent publiées par de grands orientalistes, ainsi qu’à la lumière des études critiques de spécialistes tels que Louis Massignon, Henry Corbin, Bernard Lewis, la doctrine apparaît sous un jour entièrement nouveau.
La philosophie de la nature
La philosophie de la nature chez les ismaéliens s’appuie sur celle d’Aristote, réinterprétée selon une perspective néo-platonicienne. Ce qui attire d’abord l’attention du chercheur est ici la distinction entre le macrocosme et le microcosme, qu’en même temps ils considèrent comme liés l’un à l’autre et en correspondance. L’apparition du macrocosme dans l’existence répond à un acte d’instauration primordiale et éternelle, acte qui est l’origine de l’Être. Cette instauration est appelée al-‘amr, l’Impératif. Le premier être qui fut instauré par cet acte c’est l’Intellect universel; il l’a été sans intermédiaire, à la différence de tout ce qui n’est pas lui. Ainsi l’âme universelle vient à l’existence par l’intermédiaire de l’Intellect, de même que la matière universelle par l’intermédiaire de l’âme universelle. L’Intellect, du fait qu’il est instauré sans intermédiaire, possède l’unité pure. Cependant, on lui connaît trois attributs: la priorité, parce qu’il est le premier être instauré; l’action, parce que c’est par lui que les choses passent de l’état de puissance à l’état d’acte; enfin l’universalité, car c’est de lui qu’émanent les intelligences individuelles. L’âme universelle est, également, une réalité une, mais son action et son influence se diversifient à cause de la diversité des matières qui reçoivent son action; ainsi, elle apparaît dans le monde céleste physique comme motrice; dans le monde des quatre éléments comme force de mixtion; dans le monde végétal comme principe de croissance ; dans le règne animal comme volonté motrice, et dans le monde humain comme force de pensée et de discernement. Quant à la matière, elle est d’après les ismaéliens tout ce qui est apte à recevoir et à se concrétiser.
On en distingue quatre catégories: la matière universelle ou première (c’est le corps absolu qui agit dans la substance du monde corporel); la matière naturelle, c’est-à-dire les quatre éléments qui sont à l’origine du minéral, du végétal et de l’animal; la matière artificielle, qui comprend toutes les productions de l’être vivant; enfin, la matière élémentaire physique, composée de tout ce qui existe concrètement.
L’âme, l’intellect et la connaissance
D’après les penseurs ismaéliens, le corps par lui-même est incapable d’agir et de se mouvoir; si donc il se meut, ce ne peut être que par une force étrangère à sa nature corporelle. Certains corps possèdent un mouvement à sens unique: par exemple le feu et l’eau; c’est leur mouvement naturel. Pour d’autres le mouvement a des sens multiples ; il peut être: sans conscience ni volonté, comme pour les végétaux ; avec volonté et sensibilité, comme chez l’animal; avec sensibilité, volonté et discernement, comme chez l’homme.
L’âme, dans cette perspective, se définit comme le principe du mouvement, de la sensibilité, de la volonté et du discernement. Chez les animaux et les végétaux, elle est divisible et périssable et finit avec le corps. Dans l’être humain, elle est une substance indivisible et donc immortelle.
Les intelligences sont également partagées en quatre catégories: intelligence en puissance ; intelligence en acte; intelligence acquise; intelligence angélique. Les trois premières sont naturelles et communes à tous les êtres humains, tandis que la quatrième est la part des prophètes et des imams en titre. Cependant, elle peut se communiquer aux disciples par voie de transmission. Quand l’homme accède à l’intelligence angélique dans la personne du prophète ou de l’imam, il s’élève au niveau de l’universel, de la perfection totale; il devient l’homme achevé, réel, en qui se rencontrent harmonieusement le macrocosme et le microcosme.
La connaissance revêt trois modes: elle peut être évidente, spéculative ou initiatique. Le premier mode est celui qui procède spontanément de l’homme, sans l’intermédiaire et sans l’intervention de la réflexion. Le deuxième implique l’action de cette dernière selon un ordre méthodique qui nécessite la médiation d’un éducateur. Le troisième mode est celui de la connaissance initiatique qui est acquise par l’intervention directe de l’imam, ce dernier étant considéré comme éducateur universel, à la différence de l’éducateur ordinaire partiel, dont le rôle est limité à la connaissance spéculative. Il existe, en effet, un rapport intrinsèque entre la connaissance supérieure initiatique et la personne même de l’imam, qui est comme la clef de voûte de l’édifice spirituel. En tant que dépositaire et possesseur de cette connaissance supérieure, l’imam possède l’infaillibilité, la transcendance, la pureté absolue (‘sma).
3. La pensée religieuse Prophétie et « imama »
Pour les ismaéliens, les êtres humains sont régis par deux impératifs, l’un d’ordre légal (shari‘a), l’autre qui tend à la libération totale de l’être, ou résurrection (qiyama). Chacun de ces impératifs est régi par un agent ou maître. Le premier définit les rapports de l’homme avec ses semblables et organise la société et les devoirs réciproques de ses membres; il est une émanation de la personne du « Prophète-Législateur ». Quant à l’impératif qui vise à la libération totale de l’homme et qui contribue à sa résurrection, à sa régénérescence ou renaissance, il définit les rapports de l’homme avec son créateur (Dieu) et il émane de la personne de l’imam.
L’impératif légal propose aux hommes des vérités supérieures à travers leurs sens, leur imagination, leur sensibilité; il comporte des châtiments et des récompenses, car le prophète a dû établir la loi de façon à la leur rendre accessible. C’est ici que s’arrête la fonction du Prophète-législateur et que commence celle de l’imam: ce dernier a pour rôle de dévoiler le secret de la Loi (ordre légal) et ainsi de manifester la vérité à l’état pur, au-delà des obstacles que présentent les sens et la vie ordinaire; par là, les connaissances sensorielles et imaginatives se libèrent et deviennent semblables aux connaissances à l’état pur. Cette opération, propre à l’imam, est désignée par les ismaéliens sous le vocable technique de al-ta’wil, qui signifie: ramener les choses à leur origine première, c’est-à-dire à leur sens véritable. Le rapport entre l’impératif légal et l’impératif de résurrection n’est pas arbitraire, il est lié à l’harmonie universelle. En effet, depuis le bas degré du règne de la matière brute grossière jusqu’au plus haut échelon de l’intelligence pure, les êtres sont en continuité, de telle sorte que la fin d’un règne n’est que le commencement d’un autre; ainsi l’achèvement du règne minéral coïncide avec l’avènement du règne végétal; à son tour, l’achèvement de celui-ci coïncide avec l’avènement du règne animal. L’homme, dans l’ordre de la Prophétie, accède virtuellement à la libération (résurrection). Il ressuscite effectivement dans l’ordre de la imama.
Pour pénétrer dans l’univers de la imama, le fidèle progresse par degrés en commençant par celui de la foi et de la soumission. Au degré suivant, il se trouve devant l’évidence et possède la certitude que l’imam est un intermédiaire entre le disciple et Dieu. L’imam, en effet, est la lumière de la guidance, la personnification de la connaissance et de l’amour, et Dieu a déposé en lui son unité et l’a revêtu à jamais de sa perfection. Sa parole est la parole de Dieu, ses actes sont les actes de Dieu, et de même ses commandements et ses interdits. Plus qu’un intermédiaire, il est un médiateur, une apparence de créature dans une transparence du divin. La connaissance de Dieu par l’homme ne peut s’opérer réellement et pleinement que par lui, puisque l’homme ordinaire ne peut avoir accès à Dieu, dans son mystère inaccessible, que par l’Intellect premier, dont l’imam est la forme et la manifestation sur la Terre. Cependant, la doctrine ismaélienne ne conçoit pas l’Intellect premier comme une hypostase divine mais comme l’acte primordial de l’instauration divine dans le monde céleste. À plus forte raison, elle ne peut considérer l’imam comme une incarnation historique, mais seulement comme une théophanie sous forme humaine.
Exotérisme et ésotérisme
L’édifice religieux présente deux faces, l’une extérieure, l’autre intérieure. La face extérieure correspond à tout ce que l’ordre religieux propose en fait de commandements et de rites qui découlent des textes de la révélation. La face intérieure représente la vérité transcendante et permanente que le disciple doit découvrir au-delà des commandements, des rites et des textes. Et il les découvre grâce à la présence, visible ou invisible, de l’imam qui est précisément la signification plénière de l’édifice religieux. Le rapport entre l’ésotérisme et l’exotérisme exprime donc le même rapport que celui qui existe entre la lettre et l’esprit, la loi et la vérité, le Prophète-Législateur et l’imam, le corps et l’âme; l’un des termes ne peut être sans l’autre.
La signification des rites
Pour la doctrine ismaélienne, l’application des rites qui sont constitutifs de l’islam doit comporter avant tout la compréhension plénière de leurs vérités symboliques. Ainsi le témoignage verbal de foi (al-shahada) désigne en premier la reconnaissance intégrale profonde de la présence de Dieu, au ciel et sur la terre, à travers l’Intellect et l’imam. Les ablutions rituelles (al-tahara) signifient pour l’ismaélisme la purification de l’âme, grâce à laquelle le disciple est en mesure de paraître devant Dieu et de communier avec lui. La prière (al-salah) consiste à prêcher la montée vers Dieu à la lumière de l’évidence. Le jeûne rituel (al-siyam) devient maîtrise de soi et discipline spirituelle, de sorte qu’on sache garder le silence afin de ne pas trahir les secrets de Dieu auprès de ceux qui ne sont pas aptes à les entendre. La dîme (al-zakah) est l’action de partager tout ce que Dieu a donné aux fidèles en fait de biens matériels et spirituels. Le pèlerinage en Terre sainte (al-hadjdj) signifie que le disciple quitte sa patrie terrestre accidentelle pour retrouver sa véritable patrie, celle où il peut adorer Dieu en vérité et en esprit. Le combat juste (al-djihad) est le sacrifice du fidèle offrant sa vie à Dieu, sacrifice qui s’exprime déjà et se réalise dans la quête spirituelle qui lui fera chercher l’imam, le trouver, l’écouter, et le suivre.
4. L’influence ismaélienne
La doctrine ismaélienne, dans ses aspects religieux aussi bien que philosophique ou politicosocial, tend à marquer profondément la société et l’esprit islamiques, et cela depuis l’origine jusqu’à l’époque contemporaine. Dès le XIe siècle de l’ère chrétienne, cette action se manifesta de façon grandiose à travers l’encyclopédie, à la fois philosophique et scientifique, des Ikhwam al-safa’, la première oeuvre de ce genre que le monde ait connue.
Ses auteurs, tous ismaéliens, ont réussi à y grouper le savoir complet de l’humanité jusqu’à leur époque et à y exprimer leur vision de l’homme et du monde. Ils ont ainsi préparé la voie aux grands hommes de l’Islam tels que al-Farabi et Avicenne. Parallèlement à l’influence culturelle et scientifique qu’ils ont eue par là sur l’élite, ils ont affirmé leur présence au sein même du peuple par une autre création non moins profonde et durable : l’oeuvre fameuse des Mille et Une Nuits. La critique moderne, d’ailleurs aussi bien chez les Arabes que chez les orientalistes, reconnaît dans cet ouvrage la marque de l’esprit shi‘ite en général, et ismaélien en particulier.
Dans le domaine religieux, l’ismaélisme exerça une influence directe qui est très sensible sur les grands mystiques de l’islam tels que al-Halladj, al-Ghazali et surtout Ibn ‘Arabi. Elle se remarque aussi chez tous les mystiques de l’Iran, où, par tempérament, on est plus enclin à suivre l’esprit ismaélien que dans les pays arabes. Plus importante encore est la diffusion par les ismaéliens dans le monde islamique des idées libérales et de l’humanisme, qui ont donné aux hommes le courage de s’exprimer librement. À l’influence politique et sociale de ce mouvement, enfin, il convient de rattacher l’action, dès le IIIe siècle de l’hégire (Xe s.), des membres d’une secte – appelée Qarmat, du nom de son fondateur – qui adhérèrent publiquement à l’ismaélisme et mirent en application leurs idées socialistes au sein d’un État créé par eux, dans la région de Bahreïn et Oman, en Arabie.
 
Par Osman Yahia (docteur de l'université Al-Azhar, Le Caire, docteur ès lettres, université de Paris-Sorbonne, maître de recherche au C.N.R.S.), [ltr]Encyclopaedia Universalis[/ltr], 1995
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Re: «Les Islams»

Message  Arlitto le Sam 28 Mai - 19:56

Le Zaydisme
 
Le Zaydisme est une école de pensée chiite qui est, parmi toutes les ramifications du chiisme, la plus proche de la tradition sunnite. Les zaydites se distinguent principalement des autres groupes chiites par leur conception de la nature de l’Imamat. À la différence des duodécimains et des ismaélites, qui pensent que l’Imamat se transmet au travers d’une lignée particulière de descendants, les zaydites croient que n’importe quelle personne de la descendance d’Ali est éligible à l’Imamat. Les zaydites rejettent la doctrine de l’Imam caché
 et du retour du Mahdi. Selon eux, l’Imam n’est ni infaillible ni capable de produire des miracles. Le mérite personnel, plutôt que l’investiture, est la condition nécessaire pour devenir Imam. Les zaydites rejettent toute forme de tradition « soufi ». Ils sont théologiquement proches de l’école moutazilite.
Le terme « zaydite » désigne les disciples de Zayd b. ‘Ali, le petit-fils d’al-Husayn (le fils du quatrième calife ‘Ali), et demi-frère du cinquième Imam, Mohammad al-Baqir. Zayd b. ‘Ali fut tué en 740 lors d’une révolte contre le calife omeyyade al-Hisham. Au 9ème siècle,
 deux États zaydites se forment : l’un au Tabaristan, une région au sud de la mer Caspienne, et l’autre au Yémen. Le premier prit fin en 928 quand son gouverneur, al-Hasan ibn al-Qasim, tomba au combat. Cependant, en 964, un second Imamat zaydite se constitua, et se maintenu jusqu’au 12ème siècle. À partir du 12ème siècle, les communautés zaydites déclinèrent en importance, et durant le 15ème et 16ème siècle, elles furent graduellement incorporées dans le chiisme duodécimain. L’État yéménite zaydite fut fondé en 890 par Yahya ibn al-Husayn, et subsiste encore à ce jour. En dépit des luttes internes pour le pouvoir et des attaques des ismaélites, l’État yéménite conserva son indépendance jusqu’en 1539 où il fut conquis par les Turcs ottomans, et devint ainsi une province de l’empire Ottoman. En 1595, les yéménites zaydites déclarèrent la guerre aux Turcs, cela aboutira finalement au départ du dernier gouverneur ottoman en 1635. Le Yémen resta indépendant jusqu’en 1872 où il devint à nouveau une province de l’empire Ottoman. À la chute de l’empire Ottoman après la première guerre mondiale, le Yémen obtenu son indépendance actuelle.
Après la dissolution de l’empire Ottoman, l’Imam Yahya continua de diriger le Yémen. En 1948, l’Imam Yahya fut assassiné dans une tentative de coup d’État. Le putsch fut déjoué par le fils de Yahya, Ahmad, qui succéda à son père en tant qu’Imam.
 Lorsque l’Imam Ahmad décède au mois de septembre 1962, son fils Mohammad lui succède. Une semaine plus tard, un coup d’État de l’armée destitue l’Imam et instaure la République Arabe du Yémen. Depuis ce jour, l’Imanat reste vacant.
On dénombre environ 8 millions de zaydites sur 70 millions de chiites. Le zaydisme est l’école officielle du Yémen.
 
Source: [ltr]Université de Cumbria[/ltr]

Fatâwa de juristes chiites

Accouplement avec les animaux
 
 
 
Question :
Notre maître, j’ai une question très embarrassante. Notre maître, je ne suis pas marié et je vis dans le désert, je veux dire que je suis un berger et je suis célibataire. J’ai tout ce dont j’ai besoin, le téléphone, l’ordinateur…
Mais j’ai trop de désir sexuel et il n’y a personne avec qui je puisse convenir d’un mariage temporaire. Je regrette mes pensées sataniques. J’ai eu des relations sexuelles avec deux chèvres, un agneau et un petit veau.
Et maintenant, j’ai très peur car le ventre de l’une des chèvres est devenu très gros et j’ai peur qu’elle soit enceinte. Est-il permis d’avoir des rapports sexuels avec des animaux, notre maître ? Parce que j’ai entendu dire que c’était licite (halal). Merci.
Réponse :
Le sexe avec les animaux était très répandu avant la mission (l’islam) et beaucoup de récits rapportent que cela est licite (halal) mais non souhaitable (makrouh), et par précaution, il est préférable d’abandonner cette pratique qui pourrait causer du tort à soi-même.
Vous devez avouer cela au propriétaire de la chèvre et le dédommager.
FATWA AS-SISTANI, nikâ’ al-hayawânât, 23/1/2008
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Re: «Les Islams»

Message  Arlitto le Sam 28 Mai - 19:56

Fatâwa de juristes sunnites


Battre les enfants
 
Question :
Est-il permis à quelqu’un de battre un enfant autre que les parents? Généralement, quand est-il autorisé de battre ? Et quelles sont les limites ?
Réponse :
Il n’est pas permis à quiconque de battre un enfant excepté le tuteur, comme le père, le grand-père et la mère, ou un wasi, quelqu’un dont les tuteurs ont confiance en ce qui concerne la garde de l’enfant, ou le qayyim, qui est la personne chargée par un juge de garder l’enfant quand le tuteur a disparu et si le tuteur n’a désigné personne comme wasi.
Ces gens sont autorisés à battre pour des raisons d’apprentissage et de mauvaises manières même si cela ne touche pas à la désobéissance comme il est exposé dans Hashiyat al-Shirwani ‘ala al-Tuhfa (179/9). Ils peuvent aussi le frapper lorsqu’il a dix ans, s’il ne prie ou ne jeûne pas, ce que le tuteur doit lui dire de faire de sorte qu’il s’habitue de lui-même, pareillement, il peut être frapper quand il a commis quelque chose de haram que le tuteur lui a dit d’éviter afin qu’il s’habitue de lui-même.
Répondu par le Cheikh Amjad Rasheed.



Circoncision et Excision

Question :
Quelle est la position de l’école chaféite en ce qui concerne la circoncision de la femme ? Est-ce obligatoire ou est-ce une sunna ?
Et si une femme ignore que cela est obligatoire, devra-t-elle se faire circoncire malgré son âge avancé ?
Réponse :
La circoncision est, selon nous (les chaféites), obligatoire aussi bien pour les hommes que pour les femmes (Majmou’ de l’imâm an-Nawawi 1.164). La circoncision est obligatoire pour les hommes et les femmes selon l’avis prépondérant de l’école chaféite. Dans le cas d’une femme âgée, il n’est pas permis de la circoncire si cela peut lui faire du mal (ar-Rawdah de l’imâm an-Nawawi 3.384).
Et Allah sait mieux.
Répondu par : Sidi ‘Abdullah Mohammad al-Marbouqi ach-Châfi’i
Vérifié par : al-Oustâz Fawzi ibn ‘Abd Rahman
Clarification :
Le cheikh Nouh Keller traduit et commente dans ‘Oumdat as-Sâlik :
« La circoncision est obligatoire (cheikh ‘Omar Barakat : pour l’homme et la femme). Pour l’homme, cela consiste à enlever le prépuce du pénis, et pour la femme, enlever le prépuce du clitoris (cheikh Nouh Keller : pas le clitoris lui-même, comme certains l’affirment par erreur) ».
Nous tenons à souligner que cette circoncision n’est pas ce qui est communément appelée une mutilation génitale féminine.
[ltr]Source[/ltr]


Est-ce que le soleil tourne autour de la terre ?
 
Fatâwa Arkân al-Islâm, Mohammed Ibn al-‘Othaymin, p.43-46, Dâr ath-Thariya, 1424
Il a répondu : il est clair que les preuves de la loi islamique démontrent que c’est le soleil qui tourne autour de la terre, et par sa rotation, la succession de la nuit et du jour se déroule sur la surface de la terre. Il ne s’agit pas pour nous d’aller au-delà du sens apparent de ces preuves sauf avec d’autres preuves plus fortes que cela qui nous permettrait une interprétation différente de son sens apparent. Parmi les preuves concernant le soleil qui tourne autour de la terre entrainant la succession de la nuit et du jour, il y a ce qui suit :
1 – Dieu a dit, quand Abraham se disputait avec celui qui argumentait contre son Seigneur : « puisqu’Allah fait venir le soleil du levant, fais-le donc venir du couchant » (2.258). Le fait que le soleil vient du levant est une preuve évidente qu’il tourne autour de la terre.
2 – Il a également dit qu’Abraham a dit : « lorsqu’ensuite il observa le soleil levant, il dit : « voilà mon Seigneur ! Celui-ci est plus grand » Puis lorsque le soleil disparut, il dit : « Ô mon peuple, je désavoue tout ce que vous associez à Allah » (6.78). Il a attribué le coucher au soleil et non à la terre, et si c’était la terre qui tournait, Il aurait dit : « lorsqu’elle disparut ».
3 – Il a dit : « tu aurais vu le soleil, quand il se lève, s’écarter de leur caverne vers la droite, et quand il se couche, passer à leur gauche » (18.17). Il a attribué le déclin et la course au soleil et c’est une preuve que le mouvement vient de lui. Et si c’était la terre, alors Il aurait dit : « leur caverne s’en écarte ». De plus, le fait que ce soit le soleil qui se lève et qui se couche prouve que c’est lui qui tourne, bien que sa signification est de moindre importance dans sa parole « s’écarter », « passer à leur gauche ».
4 – Il a dit : « et c’est Lui qui a créé la nuit et le jour, le soleil et la lune, chacun voguant dans une orbite » (21.33). Ibn ‘Abbâs a dit : « ils tournent dans une orbite comme l’orbite d’un fuseau ». Ceci a été largement rapporté de lui.
5 – Il a dit : « Il couvre le jour de la nuit qui poursuit celui-ci sans arrêt » (7.54). Il a fait en sorte que la nuit recherche le jour, puis elle le rattrape et le domine. Et il est bien connu que la nuit et le jour sont tributaires du soleil.
6 – Il a dit : « Il a créé les cieux et la terre en toute vérité. Il enroule la nuit sur le jour et enroule le jour sur la nuit, et Il a assujetti le soleil et la lune à poursuivre chacun sa course pour un terme fixé. C’est bien Lui le Puissant, le Grand Pardonneur ! » (39.5). Sa parole « Il enroule la nuit sur le jour », c’est-à-dire, elle tourne sur lui comme le turban est enroulé. Cela prouve la révolution de la nuit et du jour sur la terre. Et si c’était la terre qui tournait autour d’eux, Il aurait dit : « la terre s’enroule sur la nuit et le jour ». Et dans sa parole « le soleil et la lune à poursuivre chacun sa course », il est clair dans ce qui précède que c’est la preuve que le soleil et la lune se déplace dans une orbite perceptible, car soumettre quelque chose qui bouge à son mouvement est plus apparent que de soumettre quelque chose de stationnaire qui ne bouge pas.
7 – Il a dit : « par le soleil et par sa clarté ! Et par la lune quand elle le suit ! » (91.1-2). Le sens de « le suit » est qu’elle vient après lui. C’est une preuve de leur course et de leur rotation autour de la terre. Si c’était la terre qui tournait autour d’eux, la lune ne suivrait pas le soleil, en fait elle le suivrait parfois et il la suivrait parfois, car le soleil est plus élevé qu’elle. La conclusion a tiré de ce verset requiert de la réflexion.
8 – Il a dit : « et le soleil court vers un gîte qui lui est assigné, telle est la détermination du Tout Puissant, de l’Omniscient. Et la lune, Nous lui avons déterminé des phases jusqu’à ce qu’elle devienne comme la palme vieillie. Le soleil ne peut rattraper la lune, ni la nuit devancer le jour, et chacun vogue dans une orbite » (36.38-40). Attribuer le mouvement au soleil et en faire un calcul du Tout-puissant prouve que c’est un véritable mouvement par un grand calcul, et la conséquence en est l’alternance de la nuit et du jour et des saisons. Le calcul des phases lunaires prouve qu’elle se déplace, et si c’était la terre qui tournait, on calculerait les phases de la terre et non celles de la lune. Et exclure que le soleil rattrape la lune, et que la nuit précède le jour, sont la preuve du mouvement précipité du soleil et de la lune, et de la nuit et du jour.
9 – Le Prophète a dit à Abi Dharr alors que le soleil se couchait : « sais-tu où il va ? » Il a  répondu : « Dieu et son Messager le savent mieux ». Il a dit : « il va se prosterner sous le trône et demande la permission de se lever à nouveau, et cela lui ait accordé. Il arrivera un moment où lorsqu’il sera sur le point de se prosterner, cela ne sera pas accepté, il demandera alors de poursuivre sa course mais on ne l’autorisera pas. On lui dira : « retourne d’où tu es venu », et donc il se lèvera à l’Ouest ».
Il est évident que selon sa parole « retourne d’où tu es venu », et il se lèvera à l’Ouest », qu’il tourne autour de la terre, et que par sa rotation ont lieu le lever et le coucher du soleil.
10 – Il est clair que dans les nombreux hadiths concernant le lever, le coucher, et le zénith du soleil, c’est lui qui produit cela et non la terre.
Il y a sans doute d’autres preuves mais je ne les ai pas maintenant à l’esprit, mais ce que j’ai mentionné est un résumé à ce sujet et cela est suffisant pour ma démonstration. Et Dieu octroie le succès.
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Re: «Les Islams»

Message  Arlitto le Sam 28 Mai - 19:57

Fatâwa sur le Jihad

Le Jihad n’est pas seulement dans l’intérêt de la défense

 
 
 
Majmou’ Fatâwa wa-Maqalât Moutanawi’a, ‘Abd al-‘Azîz Ibn Bâz, volume 3, p.190-201, Dâr al-Qâsim
Les savants ont divergé quant aux autres personnes n’appartenant pas à ces trois communautés comme les étrangers et les idolâtres, certains savants ont dit que la jizya (impôt obligatoire d’un non musulman vivant dans un État islamique) devrait être exigée de tous les polythéistes, qu’ils soient arabes ou non arabes sans exception. C’est le point de vue attribué à Malik dans l’exégèse d’al-Qortobi, de même que dans l’exégèse d’Ibn Kathir. Il déclare que la jizya devrait être exigée de tout le monde, aussi bien des arabes que des non arabes. Abou Hanifa a dit : « cela devrait être exigé de tous les non arabes comme les juifs, les chrétiens et les zoroastres mais ne devrait pas être exigé des Arabes ».
Ahmad, ach-Chafi’i et d’autres savants ont dit : « cela devrait être uniquement exigé des gens du livre et des zoroastres, car le principe de base est de combattre les mécréants jusqu’à ce qu’ils se convertissent à l’islam ». Certaines catégories de personnes seulement sont exemptées de ce jugement si elles paient la jizya, cela inclus les juifs, les chrétiens et les zoroastres. Le Coran apporte la règle de l’acceptation de la jizya pour les juifs et les chrétiens tandis que la Sunna mentionne les zoroastres. En ce qui concerne les autres catégories de gens, il n’y a pas d’autre choix que l’islam, sinon nous devons les combattre. Allah a dit : « si ensuite ils se repentent, accomplissent la Salat et acquittent la Zakat, alors laissez-leur la voie libre » (9.5). Il n’a pas dit : « s’ils cessent de vous combattre ». Il a encore dit : « tuez les associateurs où que vous les trouviez. Capturez-les, assiégez-les et guettez-les dans toute embuscade » (9.5). Il s’agit d’un principe général qui est également appliqué à tous les polythéistes. Incomber la règle à un genre spécifique indique que cela est la ‘illah (cause factuelle), donc quand la règle était appliquée spécifiquement aux polythéistes, aux mécréants, à ceux qui ont quitté la religion et condamnent la vérité, il devient évident que cela est la ‘illah et c’est ce qui amène à les combattre.
La ‘illah est la non croyance en Allah à condition qu’ils soient de ceux qui peuvent combattre, et non les autres ; s’ils sont combattants ou soldats, alors nous devrions les combattre jusqu’à ce qu’ils deviennent musulmans ou jusqu’à ce qu’ils paient la jizya si ce sont des juifs, des chrétiens et des zoroastres, ou seulement jusqu’à ce qu’ils deviennent musulmans s’ils ne font pas parti de ces trois communautés, sinon le combat devrait être engagé.
Quant à ceux qui ne sont pas soldats comme les femmes, les enfants, les aveugles, les fous, les moines et les rabbins de leurs temples, ceux dont l’occupation n’est pas la guerre à cause de leur incapacité à combattre tel que mentionné précédemment, et les personnes âgées, ces gens-là, selon la majorité des savants, ne devraient pas être combattus parce qu’ils ne font pas parti des combattants. Ce sont les vertus de l’islam de les tenir à l’écart du combat. On peut aussi les appeler eux et leurs familles et leurs tribus à l’islam lorsqu’ils deviennent conscients que l’islam montre de la clémence et de la sympathie envers ces gens-là et demande de ne pas les combattre. Cela peut les amener à se convertir à l’islam ou au moins à pacifier leur hostilité.
Des savants ont rapporté que le consensus dit que les femmes et les enfants ne doivent pas être tués. Il est authentiquement rapporté que le Messager d’Allah a interdit le meurtre des femmes et des enfants dans les hadiths sahih. Pareillement, d’autres hadiths rapportés dans les Sunan interdisent le meurtre des moines, des personnes âgées ainsi que de personnes semblables. Certains savants ont mentionné que les conditions peuvent varier bien que le verset de l’épée ne soit pas abrogé « après que les mois sacrés expirent, tuez les associateurs où que vous les trouviez » (9.5). De même, la parole d’Allah : « Ô Prophète ! Mène la lutte contre les mécréants et les hypocrites et sois rude à leur égard » (66.9). Allah a aussi dit : « combattez ceux des mécréants qui sont près de vous et qu’ils trouvent de la dureté en vous. Et sachez qu’Allah est avec les pieux » (9.123). Allah a également dit : « combattez les associateurs sans exception, comme ils vous combattent sans exception. Et sachez qu’Allah est avec les pieux » (9.36). Allah dit encore : « et combattez-les jusqu’à ce qu’il ne subsiste plus d’association, et que la religion soit entièrement à Allah » (8.39).
Ces versets et les autres présentant le même sens, selon certains savants, n’abrogent pas les versets qui commandent d’arrêter de combattre ceux qui cessent de nous combattre, et de combattre ceux qui continuent à nous combattre. Ils n’abrogent pas non plus sa parole : « nulle contrainte en religion » (2.256). Cependant, les avis divergent ; si les musulmans deviennent puissants  et possèdent l’autorité, le pouvoir et le prestige, ils devraient appliquer le verset de l’épée ainsi que les autres versets similaires présentant le même sens, ils devraient combattre tous les mécréants jusqu’à ce qu’ils acceptent la religion d’Allah ou paient la jizya selon le point de vue de Malik et d’un groupe de savants, ou d’accepter seulement la jizya pour les juifs, les chrétiens et les zoroastres d’après l’autre opinion.
Si les musulmans sont faibles et incapables de combattre quiconque, ils devraient alors combattre selon leurs moyens et cesser de combattre ceux qui ont arrêté de les combattre, s’ils n’ont pas la capacité de faire autrement. La décision revient au dirigeant, il peut décider de combattre ou de faire cesser le combat. Il peut aussi combattre une communauté et en laisser une autre tranquille. Cela dépend de la force et des moyens, et cela est basé sur l’intérêt des musulmans, et non sur l’intérêt de ses humeurs et de ses désirs. Il devrait plutôt considérer l’état des musulmans et considérer leur situation et leur force ; si les musulmans sont faibles, ils devraient se référer aux versets révélés à la Mecque, car ils contiennent la prédication, des explications ainsi que la guidance et conseillent de stopper le combat en cas d’impuissance. Si les musulmans sont forts, ils devraient combattre selon leur capacité. Ils devraient combattre ceux qui ont engagé le combat contre eux dans leurs pays et cesser de combattre ceux qui arrêté de les combattre. Il devrait prendre en compte l’intérêt des musulmans, selon les règles de l’islam et de la clémence, en examinant les conséquences, comme l’a fait le prophète à la Mecque et à Médine lorsqu’il a émigré ; s’ils possèdent le pouvoir, l’autorité, la force et les armes avec lesquelles ils peuvent combattre tous les mécréants, ils devraient déclarer la guerre contre eux tous et déclarer le jihad pour tout le monde, de la même façon que les compagnons l’ont fait au temps d’as-Siddiq, d’Omar et d’Othman. Le prophète a aussi déclaré cela durant sa vie après la révélation du verset de l’épée quand il s’est dirigé vers Tabouk pour combattre les Romains et avait auparavant envoyé une armée à Mo’tah pour combattre les Romains lors de la huitième année de l’hégire. Il a également préparé l’armée d’Osama avant sa mort.
Le Cheikh al-Islam Abou al-‘Abbas Ibn Taymiyya a dit : « il n’y a pas d’abrogation mais c’est une différence de conditions, parce que l’état des musulmans au début n’était pas puissant et n’avait pas les pleins pouvoirs. Par conséquent, on leur a juste donné la permission d’avoir recours seulement au combat. Néanmoins, lorsqu’ils gagnèrent en puissance après l’hégire et furent capables de se défendre, on leur a ordonné de combattre ceux qui les ont combattu et de cesser le combat contre ceux qui ont arrêté de les combattre, et quand l’islam et les musulmans sont devenus plus forts et que les gens se sont convertis en masse à l’islam, on leur a ordonné de combattre tous les mécréants et de mettre un terme à leurs pactes mais aussi de prolonger la paix avec les gens qui paient la jizya parmi les juifs, les chrétiens et les zoroastres s’ils sont soumis ». Ce sont les dires que tous les savants ont choisi, et les dires qu’Ibn Kathir a choisi en entendant la parole d’Allah dans son livre glorieux : « et s’ils inclinent à la paix, incline vers celle-ci et place ta confiance en Allah, car c’est Lui l’Audient, l’Omniscient » (8.61).
L’évidence de ce point de vue est plus claire et manifeste, car le principe de base à l’origine est que l’abrogation n’est pas professée à moins que cela ne soit impossible de concilier les conflits. Cependant, la conciliation n’est pas impossible comme on l’a vu ci-dessus. Qu’Allah nous accorde le succès !
Quant à ce qui a été dit sur la jizya, le point de vue de ceux qui disent qu’elle devrait être exigée de tout le monde sauf des Arabes, est plus prépondérant.
Cela à cause de ce qui est déclaré dans un hadith authentique rapporté par Bourayda : « à chaque fois que le prophète envoyait un commandant avec une armée islamique, il lui ordonnait de craindre Allah et d’être bienveillant avec les musulmans qui l’accompagnaient. Ensuite, il disait : faites des razzias au nom d’Allah et dans le chemin d’Allah, combattez quiconque ne croit pas en Allah ». Par conséquent, la règle est subordonnée à la mécréance. Cela indique qu’ils devraient être combattus en raison de leur mécréance, si ce sont des soldats comme indiqué par d’autres versets.
Ensuite, le prophète a dit : « combattez dans le chemin d’Allah ! Combattez contre ceux qui ne croient pas en Allah, faîtes le jihad, ne vous détournez pas du butin, ne rompez pas vos pactes, et ne mutilez pas les corps, et ne tuez pas les enfants ». Puis il dit : « quand vous rencontrez vos ennemis parmi les polythéistes, donnez-leur trois choix, s’ils acceptent, alors acceptez cela d’eux et arrêtez de les combattre : appelez-les à l’islam ». Il a dit après ça : « s’ils refusent, demandez-leur de payer la jizya ». Puis, il dit : « s’ils refusent, cherchez refuge auprès d’Allah et combattez-les ». Il a ordonné aux chefs des armées d’appeler d’abord les ennemies à l’islam ; s’ils répondent à l’appel, ils doivent cesser de les combattre et s’ils n’acceptent pas, ils sont invités à payer la jizya. S’ils acceptent, ils doivent cesser de les combattre, sinon ils doivent chercher refuge auprès d’Allah et les combattre, il n’y a aucune différence entre les juifs et les chrétiens ou les autres, car il a dit : « vos ennemis parmi les polythéistes ».
C’est un texte de portée général mais le Cheikh al-Islam Ibn Taymiyya a mentionné que la majorité des savants pense qu’elle (la jizya) ne devrait pas être exigée des Arabes. Ils ont dit : parce que le Messager d’Allah est celui à qui les versets furent révélés et il connait mieux leur interprétation mais il n’a pas exigé la jizya des Arabes, il les a plutôt combattu jusqu’à ce qu’ils entrent dans l’islam. Les compagnons du prophète firent de même après sa mort ; ils n’acceptaient pas la jizya des Arabes mais les ont combattus à travers l’Arabie jusqu’à ce qu’ils entrent tous dans la religion d’Allah. Allah a dit à leur sujet : « si ensuite ils se repentent, accomplissent la Salat et acquittent la Zakat, alors laissez-leur la voie libre » (9.5). Il a aussi dit dans d’autres versets : « ils deviendront vos frères en religion » (9 :11). Il n’a pas fait ici référence à la jizya.
Donc le point de vue selon lequel elle ne devrait pas être exigée des Arabes est plus correct et plus évident. Pour ce qui est des autres gens, les dires des autres qui ont adopté l’application général du texte du hadith de Bourayda est plus évidente afin d’appliquer toutes les preuves venant du Coran et de la Sunna, car la signification du jihad est de les soumettre à la vérité et de les y appeler afin de faire cesser le tort et le mal à notre encontre. S’ils font cela et qu’ils entrent dans la religion d’Allah, alors louanges à Allah. Cependant, s’ils n’acceptent pas, nous leur demandons de payer la jizya ; s’ils la paient et se plient aux conditions qui leur sont attribuées, nous acceptons cela d’eux et arrêtons de les combattre.
S’ils refusent d’entrer dans l’islam et de payer la jizya, nous les combattons, car ceci est un bénéfice pour eux et pour les musulmans. Cela est également en accord avec le hadith de Bourayda et les versets sur les juifs et les chrétiens, et le hadith d’Abd ar-Rahman concernant les zoroastres.
Quant aux Arabes, ni le prophète ni les califes bien-guidés ni les dirigeants après eux n’ont exigé la jizya d’eux. Il est évident, selon leur histoire et leurs actions, qu’elle n’est pas acceptée des Arabes qui commettent l’association, et ils doivent soit transmettre ce message (l’islam) afin de le faire connaitre aux autres, soit être tués. Ils ne devraient pas rester en vie sur cette Terre.
Le paiement de la jizya venant d’eux n’est pas acceptable. Pour cette raison, le prophète, ses compagnons et les califes bien-guidés ne l’ont pas accepté des Arabes et l’ont seulement accepté des étrangers, tels que les zoroastres et d’autres gens. Ils l’ont aussi accepté des juifs et des chrétiens.
Quant à ceux qui disent que le combat doit avoir lieu seulement en cas de légitime défense, ce genre de propos ne remonte à aucun savant, disant que le jihad, après la révélation du verset de l’épée, ne fut prescrit par la loi islamique qu’en cas de légitime défense uniquement ou que nous ne devrions pas commencer à combattre les mécréants et que nous devrions seulement nous défendre.
Certains de nos frères ont répondu à cet avis, et en réponse à cela, des histoires inventées furent écrites sur le Cheikh al-Islam, Ibn Taymiyya, affirmant qu’il croyait que le jihad n’était utile qu’en cas de défense seulement. Un autre auteur, le bien-informé Cheikh Soulayman Ibn Hamdan a écrit un sujet dans lequel il mentionne que cette citation, qui est copiée par certaines personnes de Kufa, est récemment devenue célèbre parmi les auteurs. Néanmoins, elle n’a eu aucune crédibilité parmi les savants. Ce qui est reconnu chez les savants est que le Messager, après son émigration, fut autorisé à combattre n’importe qui et était obligé de s’engager dans le jihad, et on lui a ordonné de combattre quiconque le combattrait et de cesser de combattre ceux qui arrêteraient de le combattre. Puis après cela, Allah lui a révélé ses versets qui commandent le jihad contre tous et de ne pas rechigner à combattre tout le monde jusqu’à ce qu’ils entrent dans la religion d’Allah ou jusqu’à ce qu’ils paient la jizya, s’ils font parti des gens de la jizya comme mentionné précédemment.
C’est l’avis reconnu des savants. Nous avons précédemment mentionné les propos du Cheikh al-Islam Ibn Taymiyya concernant la conciliation des textes, car cela est mieux et il n’y a pas d’abrogation ici. L’attitude varie seulement en fonction de la force et de la faiblesse des musulmans : si les musulmans sont faibles, ils devraient se lancer dans le jihad en fonction de leur cas et s’ils en sont incapables, ils devraient alors se tourner vers la prédication. Si ces derniers deviennent puissants, ils devraient commencer à combattre contre ceux qui les attaquent ou les combattent et cesser de combattre ceux qui ont arrêté de les combattre, et s’ils deviennent encore plus forts et plus puissants, ils devraient combattre tout le monde et s’engager dans le jihad contre tous jusqu’à ce qu’ils se tournent vers l’islam ou paient la jizya, sauf pour ceux dont la jizya ne peut être acceptée, tel que les Arabes selon un groupe de savants.
Certains auteurs qui ont adopté que le jihad devrait être seulement utilisé pour se défendre présentent comme preuve des versets qui ne soutiennent pas ces affirmations et ils sont réfutés ci-dessus. De plus amples informations seront données plus tard sur ce sujet, in châ’ Allah.
Il est reconnu qu’Allah a obligé les musulmans à se défendre contre ceux qui les agressent ou les attaquent, Allah dit : « donc, quiconque transgresse contre vous, transgressez contre lui à transgression égale. Et craignez Allah. Et sachez qu’Allah est avec les pieux » (2.194), ainsi qu’il a été mentionné dans les précédents versets.
L’islam invite d’abord les mécréants à se convertir mais s’ils refusent, ils devraient payer la jizya, et s’ils refusent, ils devraient être combattu tant que possible comme l’a déclaré le précédent hadith de Bourayda. Si le dirigeant décide de faire la paix et évite le combat dans l’intérêt des musulmans, cela est acceptable, car Allah dit : « et s’ils inclinent à la paix, incline vers celle-ci » (8.61). C’est ce que le prophète a fait avec les Mecquois le jour d’al-Houdaybiyya.
Ainsi, nous reconnaissons qu’il n’y a pas de raison de combattre quand la prédication s’avère être un succès et que les mécréants embrassent l’islam.
Lorsque le combat est nécessaire, nous devons combattre les mécréants après la prédication et après avoir tenté de les guider, s’ils refusent, ils doivent payer la jizya s’ils font parti des gens qui ont la possibilité de la payer. S’ils refusent de payer, le dirigeant des musulmans peut soit faire la paix lorsque les musulmans ne sont pas en position de force soit les combattre comme mentionné précédemment. Ceux qui prétendent que le combat ne doit avoir lieu que pour des raisons défensives basent leur point de vue sur trois versets :
Le premier : Allah a aussi dit : « combattez dans le sentier d’Allah ceux qui vous combattent, et ne transgressez pas » (2.190). Réponse : ce verset, vu précédemment, ne correspond pas au combat défensif ; il signifie combattre contre ceux qui ont la capacité de combattre, tels que les hommes forts mukallaf (personne légalement responsable), et de laisser tranquille ceux qui n’ont pas la capacité de combattre, comme les femmes, les enfants ainsi que d’autres. Après cela, Allah dit : « et combattez-les jusqu’à ce qu’il n’y ait plus d’association et que la religion soit entièrement à Allah seul » (2.193).
Par conséquent, il est prouvé que ce point de vue est non valide. Si ce qu’ils disent était vrai, alors il serait abrogé par le verset de l’épée et le débat est clôt, louanges à Allah.
Le second : ceux qui disent que le jihad est réservé à la défense avancent aussi le verset suivant où Allah dit : « nulle contrainte en religion » (2.256). Cependant, cela ne peut être utilisé comme preuve à ce sujet, parce que ce verset concerne les gens du livre, les zoroastres et d’autres gens semblables. Ils ne sont pas obligés de se convertir s’ils paient la jizya. C’est l’un des deux sens de ce verset.
Le deuxième sens de ce verset est qu’il a été abrogé par le verset de l’épée mais il n’y a pas besoin de revoir l’abrogation, car cela est restreint aux gens du livre, comme l’ont affirmé un certain nombre de compagnons et de pieux prédécesseurs dans leurs exégèses. Il s’applique seulement aux gens du livre et aux autres personnes semblables qui ne sont pas forcés d’accepter la religion s’ils paient la jizya. C’est également le cas pour les zoroastres et d’autres, s’ils paient la jizya, ils ne sont pas obligés d’embrasser l’islam. Cela parce que l’avis prépondérant des Imams du hadith et de la jurisprudence est que l’abrogation n’a pas lieu d’être lorsque la conciliation est possible, et il est maintenant évident , après avoir mentionné ceci, que cela est possible. S’ils refusent d’embrasser l’islam et s’ils refusent de payer la jizya, ils sont combattus comme le prouvent les autres glorieux versets.
Le troisième : ceux qui prétendent que le jihad est seulement pour la défense se réfèrent également à la parole d’Allah dans la sourate an-Nisa’ : « s’ils restent neutres à votre égard et ne vous combattent point, et qu’ils vous offrent la paix, alors, Allah ne vous donne pas de chemin contre eux » (4.90). Ils affirment que quiconque nous laisse tranquille et cesse de nous combattre, nous ne devrions alors pas les combattre. Il est reconnu que cela fut au début de l’émigration des musulmans à Médine, car ils étaient faibles, puis ce verset a été abrogé par le verset de l’épée et le jugement est figé. Ou il est appliqué quand les musulmans sont faibles mais lorsqu’ils deviennent forts, ils ont ordre de combattre. Il n’y a pas d’abrogation ici, ceci est la seconde opinion. De cette façon, il est prouvé que ce genre de propos est non valide et faux, car il est sans fondement et n’est basé sur rien. Certaines personnes ont inventé des histoires concernant le Cheikh al-Islam Ibn Taymiyya, prétendant qu’il pensait qu’on devrait seulement combattre ceux qui nous combattent. Ces dires sont sans aucun doute diffamatoires et un mensonge.
Le bien-informé Cheikh Soulayman Ibn Sahman a réfuté ces accusations il y a plus de cinquante ans. Je fus informé de cela par quelques-uns de nos cheikhs. Notre frère Cheikh Soulayman Ibn Hamdan, l’ancien juge de la Médine rayonnante, a aussi réfuté ces accusations, comme mentionné ci-dessus. Sa réponse est valide, louanges à Allah. C’est une réponse bonne et satisfaisante. Qu’Allah le recompense !
De même, notre frère Cheikh Salih Ibn Ahmad al-Masou’y a écrit un petit sujet à ce propos. Il a réfuté ces allégations et invalidé ce que ces auteurs prétendent, que le jihad en islam n’est accompli que dans un but défensif. Également, notre bien-informé frère Abou al-A’la al-Mawdoudy a écrit un traité sur le jihad et expliqué la fausseté de ces affirmations, en disant que cela est une allégation basée sur du vent.
Quiconque regarde dans le Coran et la Sunnah avec objectivité et impartialité, réalisera certainement la fausseté de cette opinion. Elle est sans fondement et ce qui est mentionné dans la Sunnah à cet égard soutient ce qui a été révélé dans le glorieux Coran. Par exemple, les deux Cheikhs (Bukhari et Muslim) ont rapporté d’Ibn ‘Omar que le Messager d’Allah a dit : « on m’a ordonné de combattre les gens jusqu’à ce qu’ils attestent qu’il n’y a de Dieu qu’Allah et que Mohammad est le Messager d’Allah, qu’ils fassent la prière et payent la Zakah, s’ils font cela, alors leur sang et leur biens seront sauvés de moi dans l’intérêt de l’islam, et leur jugement revient à Allah ». Al-Bukhari et Muslim ont aussi rapporté le hadith d’Anas ibn Malik qui a dit : le Messager d’Allah a dit : « on m’a ordonné de combattre les gens jusqu’à ce qu’ils attestent que nul n’a le droit d’être adoré sauf Allah et que Mohammad est le Messager d’Allah. Et s’ils le disent, prient comme nous, abattent comme nous abattons, et font face à notre qibla (direction de la prière), alors ils ont nos droits et sont assujettis à nos devoirs ».
L’imam Muslim a également rapporté dans son Sahih sur l’autorité d’Abou Horayra que le prophète a dit : « on m’a ordonné de combattre les gens jusqu’à ce qu’ils attestent que nul n’a le droit d’être adoré sauf Allah, donc s’ils le disent, ils sauvent ainsi leurs vies et leurs biens de moi sauf légalement, et leur jugement reviendra à Allah ». Muslim a aussi rapporté dans son Sahih sur l’autorité de Tariq ibn Achyam al-Achja’y que le prophète a dit : « quiconque dit qu’il n’y a de Dieu qu’Allah », et selon une autre formulation : « celui qui professe qu’il n’y a d’autre culte que celui d’Allah et dément tout ce que les gens associent à Allah, ses biens et son sang deviennent inviolable, et son jugement revient à Allah ».
Il existe beaucoup d’hadiths concernant cela. Ils indiquent tous que le combat en islam a pour objectif de mettre fin à la mécréance et à la déviance, et d’appeler les mécréants à accepter la religion d’Allah, et pas seulement parce qu’ils nous ont attaqués. Cela parce que le prophète a dit : « lorsqu’ils le feront, leur sang et leurs biens seront sous ma protection excepté si cela est justifié par la loi (islamique) ». Il n’a pas dit : « s’ils arrêtent de nous combattre ou se retirent », il a plutôt dit : « jusqu’à ce qu’ils attestent qu’il n’y a de Dieu qu’Allah et que Mohammad est le Messager d’Allah, accomplissent la prière, et paient la Zakah. S’ils font cela, leur sang et leurs biens sont sous ma protection sauf quand la loi le justifie, et leur jugement revient à Allah ».
Ceci indique que ce qui est requis est leur conversion à l’islam, sinon ils devraient être combattus, exception faite pour les gens de la jizya comme on l’a mentionné précédemment. Le prophète a fait référence à deux attestations de foi, à la prière et à la Zakah seulement, car elles sont les deux grandes bases et les piliers majeurs de l’islam ; quiconque les adopte et les pratique et s’y attache, gagnera très probablement de l’assurance et de la considération et sa foi grandira.
C’est ce que je voulais clarifier, brièvement et succinctement. J’espère que cela est suffisant afin de montrer la vérité et réfuter le mensonge. J’implore Allah de tous nous guider pour comprendre sa religion et la suivre, et de nous guider sur le droit chemin, et de nous enseigner ce qui est bon pour nous, et de nous guider vers le bonheur et le salut, et d’aider tout musulman à être ferme dans sa religion, d’accomplir le jihad pour sa cause, et de prendre garde aux machinations de l’ennemie. En effet, il est capable de tout. Qu’Allah bénisse son serviteur et son Messager, notre prophète et notre maître, Mohammad ibn ‘Abdullah, qu’il bénisse sa famille, ses compagnons et ceux qui suivent son chemin et sont guidés par sa guidance jusqu’au jour du jugement.
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Re: «Les Islams»

Message  Arlitto le Sam 28 Mai - 19:57

La raison pour laquelle le jihad est prescrit
 
 
 
Pourquoi les musulmans s’engagent dans le jihad ?
Louanges à Allah.
Allah a imposé le jihad aux musulmans dans Son intérêt, pour les grands avantages qui en résultent et à cause du mal causé par l’abandon du jihad, lesquels sont mentionnés dans la question n°34830.
Le jihad dans l’intérêt d’Allah est prescrit en islam pour les raisons suivantes :
1 – Le but principal du jihad est de faire en sorte que les gens n’adorent qu’Allah et de les amener à les sortir de la servitude des gens afin de servir le Seigneur. Allah dit :
« Et combattez-les jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de fitna et que la religion soit entièrement à Allah seul. S’ils cessent, donc plus d’hostilités, sauf contre les injustes » (2.193).
« Et combattez-les jusqu’à ce qu’il ne subsiste plus de fitna, et que la religion soit entièrement à Allah. Puis, s’ils cessent, Allah observe bien ce qu’ils œuvrent » (8.39).
Ibn Jarir a dit : « combattez-les jusqu’à ce qu’il n’y ait plus d’association et qu’Allah seul soit adoré sans partenaire ni associé, et que les afflictions et les calamités, qui sont la mécréance et le polythéisme, soient arrachées de la Terre par les esclaves d’Allah, et que la religion soit pour Allah seul, et afin que l’obéissance et l’adoration soient consacrées à lui seul et à personne d’autre ».
Ibn Kathir a dit : « Allah nous a ordonné de combattre les mécréants jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de fitna, c’est-à-dire d’association, et que la religion soit entièrement et seulement consacrée à Allah, c’est-à-dire que la religion d’Allah triomphera de toute les autres religions ».
Le prophète a dit : « on m’a ordonné de combattre les gens jusqu’à ce qu’ils attestent qu’il n’y a de Dieu qu’Allah et que Mohammad est le Messager d’Allah, et qu’ils accomplissent la prière et paient la zaka, s’ils le font, alors ils sauveront leurs vies et leurs biens de moi excepté de la loi islamique, et leur jugement revient à Allah ». Rapporté par al-Boukhâri (24) et Moslim (33).
Et il a dit : « on m’a envoyé avec l’épée juste avant l’Heure, afin qu’Allah soit adoré seul sans partenaire ni associé ». Rapporté par Ahmad (4869), authentifié par al-Albâni dans Sahih al-Jâmi’ (2831).
Cet objectif du jihad était présent dans l’esprit des compagnons durant leurs batailles contre les ennemies d’Allah. Al-Boukhâri (2925) a rapporté que Joubayr ibn Hayyah a dit : « ‘Omar a envoyé des gens dans toute les contrées pour combattre les polythéistes… ‘Omar nous a donc recruté et a désigné an-Nou’mân ibn Mouqarrin pour nous commander. Lorsque nous étions en territoire ennemi, les représentants de Chosroes sont sortis à notre rencontre avec quarante mille troupes. Un interprète s’est levé et a dit : « laissez l’un de vous me parler ». Al-Moughîra a dit : « demande ce que tu veux ». Il a demandé : « qui êtes-vous ? » Il a répondu : « nous sommes des arabes. Nous menions une vie dure et misérable, suçant les peaux d’animaux et les noyaux de dates à cause de la faim, portant des vêtements faits de poils de chameaux et de chèvres, et adorant les arbres et les pierres. Tandis que nous étions ainsi, le Seigneur des cieux et de la Terre, exalté soit son nom et glorifiée soit sa grandeur, a envoyé un prophète parmi nous, dont le père et la mère nous sont connus. Notre prophète, le Messager de notre Seigneur, nous a ordonné de vous combattre jusqu’à ce que vous adoriez Allah seul ou payiez la jizya. Notre prophète nous a transmis le message de notre Seigneur, que quiconque parmi nous est tué ira au paradis jouir de délices que personne n’a jamais vu, et quiconque parmi nous reste en vie deviendra votre maitre ».
Ceci est la vérité que les compagnons et les dirigeants des musulmans ont proclamée dans leurs campagnes militaires.
Rab’i ibn ‘Amir a répondu lorsque Roustam, le commandant de l’armée Perse, lui a demandé : « pourquoi êtes-vous venus ? » : « Allah nous a envoyé afin d’amener celui qui adore l’homme à adorer Allah ».
Quand ‘Oqba ibn Nâfi’ eut atteint Tanger, il a avancé avec son cheval dans l’eau jusqu’à ce que l’eau lui arrive à la poitrine, puis il a dit : « Ô Allah, sois témoin que j’ai fais tout mon possible, et s’il n’y avait pas cette mer, je voyagerai à travers la terre combattant ceux qui ne croit pas en toi, jusqu’à ce que tu sois le seul à être adoré ». 
2- Résister à l’agression de ceux qui attaquent les musulmans.
Les savants sont unanimes sur le fait que résister à l’agression de ceux qui attaquent les musulmans est une obligation individuelle pour ceux qui en ont la capacité.
Allah dit :
« Combattez dans le sentier d’Allah ceux qui vous combattent, et ne transgressez pas. Certes, Allah n’aime pas les transgresseurs ! » (2.190)
« Ne combattrez-vous pas des gens qui ont violé leurs serments, qui ont voulu bannir le Messager et alors que ce sont eux qui vous ont attaqués les premiers ? Les redoutiez-vous ? C’est Allah qui est plus digne de votre crainte si vous êtes croyants ! » (9.13)
3 – Éliminer la fitna.
La fitna est de différents types :


  • Lorsqu’elle est causée par les mécréants qui persécutent les musulmans ou leur mettent la pression dans le but de leur faire abandonner la religion. Allah a ordonné aux musulmans de combattre pour le jihad afin de sauver les faibles et les opprimés. Allah dit :


« Et qu’avez vous à ne pas combattre dans le sentier d’Allah, et pour la cause des             faibles : hommes, femmes et enfants qui disent : Seigneur ! Fais-nous sortir de cette cité dont les gens sont injustes, et assigne-nous de Ta part un allié, et assigne-nous de Ta part un secoureur » (4.75)

  • La propre fitna des mécréants qui empêche les autres d’entendre et d’accepter la vérité. Car le système des mécréants corrompt la nature innée et la raison des gens, et leur fait adorer et se soumettre à des choses autres qu’Allah, les rendant dépendant de l’alcool, jouissant de la liberté sexuelle, et perdant toute vertu. Quiconque est comme cela peut rarement distinguer la vérité du mensonge, le bien du mal, le droit de l’erreur. Le jihad est donc prescrit afin d’éliminer ces obstacles qui empêchent les gens d’entendre et d’accepter la vérité et d’y avoir accès.


 
4 – Protéger l’État islamique du mal des mécréants.
Ainsi, le prophète a ordonné que les chefs des mécréants soient tués, de même que ceux qui incitaient les ennemis contre les musulmans, tels que les juifs Ka’b ibn al-Achraf et Ibn Abi-l-Haqîq.
Un autre aspect du jihad est de protéger les frontières contre les mécréants. Le prophète a encouragé cela quand il a dit : « surveiller la frontière pendant un jour pour Allah est meilleur que ce monde et tout ce qu’il contient ». Rapporté par al-Boukhâri (2678).
5 – Terroriser les mécréants, les humilier et les couvrir de honte.
Allah dit :
« Combattez-les. Allah, par vos mains, les châtiera, les couvrira d’ignominie, vous donnera la victoire sur eux et guérira les poitrines d’un peuple croyant. Et il fera partir la colère de leurs cœurs. Allah accueille le repentir de qui Il veut. Allah est Omniscient et Sage » (9.14-15)
« Et préparez contre eux tout ce que vous pouvez comme force et comme cavalerie équipée, afin d’effrayer l’ennemi d’Allah et le vôtre » (8.60)
Le combat est par conséquent prescrit de manière à terroriser le cœur de l’ennemi.
On a demandé au Cheikh al-Islam Ibn Taymiyya s’il était permis de porter de la soie ou de l’or ou de l’argent au combat ou lorsque les ennemis se rapprochent des musulmans.
Il a répondu : « louanges à Allah. En ce qui concerne le port de la soie afin de terroriser l’ennemi, les savants ont deux opinions différentes, la plus correcte est que cela est autorisé. Les soldats syriens ont écrit à ‘Omar ibn al-Khattab : « quand nous avons rencontré l’ennemi, nous avons vu qu’ils couvraient leurs armes de soie et nous nous sommes rendus compte que cela terrorisait nos cœurs ». ‘Omar leur a répondu : « vous devriez couvrir vos armes comme eux ». Et porter de la soie est une façon de se pavaner, et Allah aime qu’on se pavane au moment du combat, il est rapporté dans les Sunan que le prophète a dit : « il y a une façon de se pavaner qu’Allah aime et une façon de se pavaner qu’Allah déteste. La façon de se pavaner qu’Allah aime est lorsqu’un homme se pavane en temps de guerre. La façon de se pavaner qu’Allah déteste est de se pavaner dans un but de fierté et de vantardise ». Le jour d’Ohod, Abou Doujâna al-Ansâri s’est pavané au milieu des rangs et le prophète a dit : « c’est une manière de marcher qu’Allah déteste sauf dans ce genre de situation » (Majmou’ al-Fatâwa 28/17).
6 – Démasquer les hypocrites.
Allah dit :
« Ceux qui ont cru disent : ‘Ah ! Si une Sourate descendait !’ Puis, quand on fait descendre une Sourate explicite et qu'on y mentionne le combat, tu vois ceux qui ont une maladie au cœur te regarder du regard de celui qui s’évanouit devant la mort » (47.20)
En période de facilité et d’abondance, ceux qui cherchent les profits de ce monde et ne veulent pas que la parole d’Allah l’emporte sur celle des mécréants, peuvent se joindre aux musulmans. Ces gens peuvent cacher leur vrai nature au sein des musulmans, et le moyen le plus efficace de les démasquer est le jihad, car le jihad signifie se sacrifier soi-même mais ces hypocrites sont seulement satisfaits dans l’hypocrisie afin de préserver leurs vies.
Démasquer les hypocrites était un des buts principaux qu’Allah voulait que les croyants accomplissent le jour d’Ohod.
Allah dit :
« Allah n’est point tel qu’Il laisse les croyants dans l’état où vous êtes jusqu’à ce qu’Il distingue le mauvais du bon » (3.179)
Ibn al-Qayyim a dit : « ceci signifie : Allah ne vous laissera pas dans l’état où vous êtes, quand les croyants ne sont pas différentiables des hypocrites, jusqu’à ce que les croyants soient distingués des hypocrites, comme ils l’ont été le jour d’Ohod, et Allah ne vous dévoilera pas les choses invisibles par lesquelles un groupe est distingué d’un autre, car ils sont distingués les uns des autres par la connaissance de l’invisible qu’il possède, mais il veut différencier les uns des autres d’une manière claire et visible, afin que sa connaissance invisible devienne connu et visible ».
7 – Purifier les croyants de leurs péchés et les en débarrasser.
Allah dit :
« Ainsi faisons-Nous alterner les jours parmi les gens, afin qu’Allah reconnaisse ceux qui ont cru, et qu’Il choisisse parmi vous des martyrs. Et Allah n’aime pas les injustes. Et afin qu’Allah purifie ceux qui ont cru, et anéantisse les mécréants. Comptez-vous entrer au Paradis sans qu’Allah ne distingue parmi vous ceux qui luttent et qui sont endurants ? » (3.140-142)
8 – Acquérir du butin.
Le prophète a dit : « j’ai été envoyé avant l’Heure avec l’épée afin qu’Allah soit adoré seul, et ma subsistance a été placée à l’ombre de ma lance, et l’humiliation a été décrétée pour ceux qui vont à l’encontre de mon commandement, et quiconque imite un peuple est l’un d’eux ». Rapporté par Ahmad (4869), Sahih al-Jâmi’ (2831).
Al-Hâfiz a dit : « ce hadith indique que le butin de guerre est permis pour cette oumma, et que la subsistance du prophète a été placée dans le butin de guerre et non comme une autre source de revenus. Certains savants ont dit que c’est le meilleur moyen de gagner sa vie.
Al-Qortobi a dit : « Allah a accordé une subsistance à son prophète au moyen de ses efforts, et Il le fit par le meilleur des efforts qui soit de gagner sa vie, au moyen de la force et de la puissance ».
Le prophète est parti pour la bataille de Badr afin d’intercepter la caravane d’Abou Sofyân.
Al-Qortobi a dit : « le fait que le prophète soit parti afin d’intercepter la caravane indique qu’il est permis de prendre du butin car c’est une source licite de revenus. Cela réfute le point de vue de Mâlik qui prétend que cela est détestable quand il dit que c’est se battre pour les biens de ce monde ». 
Ach-Chawkâni a dit : « Ibn Abi Jamra a dit : les savants du hadith sont d’avis que si le principal motif est de faire triompher la parole d’Allah, alors ce n’est pas bien grave si d’autres choses sont également obtenues ».

9 – Faire des martyrs.
Allah dit :
« Si une blessure vous atteint, pareille blessure atteint aussi l’ennemi. Ainsi faisons-Nous alterner les jours parmi les gens, afin qu’Allah reconnaisse ceux qui ont cru, et qu’Il choisisse parmi vous des martyrs. Et Allah n’aime pas les injustes. Et afin qu’Allah purifie ceux qui ont cru, et anéantisse les mécréants » (3.140-141)
Le martyr est un des plus hauts statuts devant Allah, et les martyrs sont les plus proches de Ses esclaves. Il n’y a pas de statut plus élevé que le martyr parmi les véridiques. Allah aime faire des martyrs parmi Ses esclaves, eux qui versent leur sang pour Son amour et pour gagner Son estime, préférant Son plaisir et Son amour à eux-mêmes. Il n’y a pas d’autres moyens d’obtenir ce statut que par les circonstances qui y mènent, tel que les ennemis qui se dirigent vers les musulmans.
Ibn al-Qayyim a dit dans Zâd al-Ma’âd : « ceci est une grande sagesse, et ceux qui essayent d’éloigner les musulmans du jihad et de les effrayer et disent que le jihad n’est rien de plus que la mort et laisse des veuves et des orphelins, sont insignifiants ».
10 – Éliminer la corruption du monde.
Allah dit:
« Si Allah ne repoussait pas les gens les uns par les autres, les ermitages seraient démolis, ainsi que les églises, les synagogues et les mosquées où le nom d’Allah est beaucoup invoqué. Allah soutient, certes, ceux qui soutiennent (Sa Religion). Allah est assurément Fort et Puissant » (22.40)
« Et si Allah ne neutralisait pas une partie des hommes par une autre, la terre serait certainement corrompue. Mais Allah est Détenteur de la Faveur pour les mondes » (2.251)
Mouqâtil a dit : « si Allah n’avait pas stoppé les polythéistes au moyen des musulmans, les polythéistes auraient envahi la Terre et tué les musulmans et détruis les mosquées ».
Le Cheikh al-Islam Ibn Taymiyya a dit dans al-Jawâb as-Sahih 2/216 : « donc les mécréants sont repoussés par les musulmans, et le plus mauvais des deux groupes est repoussé par le meilleur, comme les zoroastres ont été repoussés par les chrétiens byzantins, puis les chrétiens ont été repoussés par les croyants de la oumma de Mohammad ».
As-Sa’di a dit : « le monde serait corrompu si les mécréants et les scélérats triomphaient ».
Voilà quelques raisons pour lesquelles le jihad a été prescrit.
Nous demandons à Allah de ramener les musulmans à leur religion. Qu’Allah bénisse et accorde la paix à notre prophète Mohammad.
 
[ltr]FATWA n°34647[/ltr], CHEIKH MUHAMMAD SALIH AL-MUNAJID, ISLAMQA.COM
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Re: «Les Islams»

Message  Arlitto le Sam 28 Mai - 19:59

Les actions interdites en état d’impureté mineure
 
 
Il est interdit à quelqu’un qui est en état d’impureté mineure de :
- Faire la prière,
- Se prosterner lorsque la sounna demande de le faire en récitant des versets du Coran,
- Se prosterner sans remerciements,
- Faire des tours de procession autour de la Ka’ba,
- Porter un Coran, même avec une ceinture ou dans une boîte, ou de le toucher, que ce soit ses écrits, les espaces entre les lignes, ses marges, sa reliure, la ceinture avec laquelle il est attaché, ou le sac ou la boîte dans laquelle il se trouve.
Il est aussi interdit de toucher ou de porter n’importe quelle écriture du Coran dans le but de l’étudier, même si c’est un simple verset ou une partie seulement, lorsqu’il est écrit sur une ardoise ou d’autres choses semblables (mais cela est permis dans un but autre que son étude, comme lorsque le Coran est destiné à être une amulette. Il n’est pas interdit de toucher ou de porter une telle amulette même si elle contient toute une sourate ou encore le Coran tout entier, comme l’a déclaré le Cheikh al-Khatîb).
Il est permis de porter un Coran dans une valise et de porter de l’argent, des bagues, ou des vêtements sur lesquels le Coran est écrit.
Il est permis de porter des livres de jurisprudence, de hadiths, ou d’exégèse qui contiennent le Coran, du moment que la plupart du texte ne soit pas coranique (car la partie non coranique est le sujet principal, cependant, cela est prohibé si la moitié ou plus du texte est coranique).
Les garçons qui ont atteint l’âge du discernement peuvent toucher ou porter le Coran dans un état d’impureté mineure (à cause de la nécessité de son apprentissage, et de la difficulté pour eux de garder leurs ablutions, de même pour les jeunes filles, néanmoins cela est seulement valable pour l’étude, contrairement au fait de ne pas l’étudier qui est dans ce cas-là prohibé). Quant aux enfants en-dessous de cet âge, leur tuteur ne doit pas leur donner de Coran.
Quelqu’un en état d’impureté mineure ou majeure peut écrire le Coran s’il ne touche ou ne porte pas ce qu’il a écrit.
Si quelqu’un craint qu’un Coran puisse bruler, qu’il soit mouillé, qu’un non musulman le touche, ou qu’il vienne à entrer en contact avec de l’impureté, alors on doit le ramasser s’il n’y a aucun lieu sûr même si l’on est en état d’impureté mineure ou majeure, cependant faire les ablutions sèches est obligatoire quand cela est possible.
Il est interdit d’utiliser un Coran ou un livre de science (islamique) comme oreiller (excepté par crainte du voleur, il est alors permis de le faire). Et Allah sait mieux.
 
RELIANCE OF THE TRAVELLER (‘UMDAT AL-SALIK), AHMAD IBN NAQIB AL-MISRI, p.98, revised edition, translated by Nuh Ha Mim Keller, Amana Publications, 1997


Masturbation
 
Le besoin pressant de se soulager d’une tension sexuelle peut conduire un jeune homme à la masturbation. La majorité des savants la considère haram. L’imam Malik base son jugement sur le verset :
Qui préservent leurs sexes, si ce n’est qu’avec leurs épouses ou ce que leurs droites possèdent, car là vraiment, on ne peut les blâmer. Ceux qui cherchent au-delà de ces limites sont des transgresseurs. (al-Mou’minoun : 5-7)
En affirmant que celui qui se masturbe fait parti de ceux qui « cherchent au-delà de ces limites ».
D’un autre côté, on rapporte que l’imam Ahmad ibn Hanbal considérait le sperme en tant qu’excrétion du corps pareillement à d’autres excrétions et a autorisé son expulsion comme la saignée qui est permise. Ibn Hazm était du même avis. Néanmoins, les juristes hanbalites ont autorisé la masturbation seulement à deux conditions : la première est la peur de commettre la fornication ou l’adultère, et la seconde, est de ne pas avoir les moyens de se marier.
Nous sommes enclins à accepter le point de vue de l’imam Ahmad dans une situation où il y a de l’excitation sexuelle et un danger à commettre le haram. Par exemple, un jeune homme qui est allé à l’étranger pour étudier ou travailler et fait face à de multiples tentations auxquelles il craint ne pouvoir y résister, peut avoir recours à cette méthode pour soulager la tension sexuelle, mais il ne doit pas y recourir excessivement ou que cela devienne une habitude.
Mieux que cela est le conseil du prophète au jeune musulman qui ne peut se marier, à savoir qu’il cherche de l’aide au travers de jeûnes fréquents car s’abstenir de nourriture maintient le contrôle du désir et renforce la crainte d’Allah. Le prophète a dit :
« Ô jeunes hommes, ceux d’entre vous qui peuvent supporter financièrement une femme devraient se marier car cela vous empêche de regarder les femmes et préserve votre chasteté, mais ceux qui ne le peuvent pas devraient jeûner car c’est un moyen de se maîtriser » (rapporté par al-Boukhâri).
Cheikh Yusuf al-Qaradâwi dans son livre Al-halal wa-l-haram fi-l-islam.


Parler aux femmes au téléphone
 
Question 193 : quelle est la règle concernant un jeune homme non marié parlant au téléphone avec une jeune fille qui n’est également pas mariée ?
Réponse : il n’est pas permis de parler à une femme non apparentée avec des paroles qui éveillent le désir, comme dans un flirt, en draguant, ou d’une manière douce. Cela n’est pas autorisé que ce soit au téléphone ou autrement. Allah a dit : « ne soyez pas trop complaisantes dans votre langage, afin que celui dont le cœur est malade ne vous convoite pas » (33.32).
Il n’y a pas de mal à discuter occasionnellement en cas de besoin, s’il n’y a rien de maléfique. Cependant, de telles discutions doivent seulement se limiter à ce qui est nécessaire.
Cheikh ‘Abdullah bin ‘Abd ar-Rahman bin Jibrîn
 
Islamic fatawa regarding women, compiled by Muhammad bin ‘Abdul-Aziz al-Musnad, translated by Jamaal al-Din Zarabozo, p.209, Publisher Darussalam, 1996



Fatâwa pédophiles

La règle sur le mariage des jeunes filles
 
Pourquoi l’islam autorise le mariage des enfants de moins de dix ans sans leur consentement (il est dit que dans le cas des enfants, seul le consentement des parents est requis) ? Actuellement, le mariage se célèbre entre des personnes qui ont même un peu de maturité, mais dans le cas des enfants où cela n’est pas encore arrivé, pouvez-vous justifier cette règle en islam ?
Louanges à Allah.
[…]
Se marier avec une jeune fille avant qu’elle n’atteigne l’âge de l’adolescence est permis dans la charia, en effet on a rapporté qu’il y avait consensus des savants sur ce point.
Allah dit :
« Si vous avez des doutes à propos de vos femmes qui n’espèrent plus avoir de règles, leur délai est de trois mois. De même pour celles qui n’ont pas encore de règles. Et quant à celles qui sont enceintes, leur période d’attente se terminera à leur accouchement. Quiconque craint Allah cependant, Il lui facilite les choses » (65.4)
Dans ce verset, nous voyons qu’Allah a décrété que la période d’attente est de trois mois dans le cas d’un divorce d’une fille qui n’a pas de menstruations, à cause de son jeune âge et du fait qu’elle n’a pas encore atteint la puberté. Cela indique clairement qu’Allah a rendu ce mariage valide.
« ‘Aicha a rapporté que le prophète l’a épousée quand elle a eu six ans, il a consommé le mariage avec elle lorsqu’elle a eu neuf ans, et elle est restée avec lui pendant neuf ans ». Rapporté par al-Boukhâri 4840 ; Moslim 1422.
« Le prophète a épousé ‘Aicha quand elle a eu six ans et a consommé le mariage lorsqu’elle a eu neuf ans ». Rapporté par al-Boukhâri et Moslim ; Moslim dit : « sept ans ».
Le fait qu’il est permis de se marier à une jeune fille ne signifie pas qu’il est permis d’avoir des relations sexuelles avec elle, il est préférable que cela n’est pas lieu tant qu’elle n’en est pas capable. C’est pour cette raison que le prophète a retardé la consommation de son mariage avec ‘Aicha.
An-Nawawi a dit : « en ce qui concerne les noces d’une jeune fille mariée au moment de la consommation du mariage, si le mari et le tuteur de la fille sont d’accord sur le fait que cela ne causera pas de mal à la jeune fille, alors cela peut être fait. S’ils ne sont pas d’accord, Ahmad et Abou ‘Obayd disent que le mariage peut être consommé avec une fille, sans son consentement, quand elle atteint l’âge de neuf ans, mais cela ne s’applique pas dans le cas d’une fille plus jeune. Mâlik, ach-Châfi’i et Abou Hanifa ont dit : « le mariage peut être consommé lorsque la fille est capable d’avoir des relations sexuelles, ce qui varie d’une fille à une autre, donc aucune limite d’âge ne peut être déterminée ». Cela est le correct avis. Il n’y a rien dans le hadith d’Aicha pour déterminer un âge limite, ou pour l’interdire dans le cas d’une fille qui en est capable avant l’âge de neuf ans, ou pour le permettre dans le cas d’une fille qui n’en est pas capable et âgée de neuf ans. Ad-Dawoudi a dit : « ‘Aicha avait atteint la maturité physique ». (Sahih Moslim bicharh an-Nawawi 9/206).
Il est préférable pour un tuteur de ne pas marier sa fille tant qu’elle est jeune à moins qu’il n’y ait une raison valable.
An-Nawawi a dit : « Notons qu’ach-Châfi’i et ses compagnons ont dit : « il est préférable aux pères et aux grands-pères de ne pas marier une vierge tant qu’elle n’a pas atteint l’âge de la puberté et qu’ils lui demandent sa permission, de crainte qu’elle ne se retrouve dans un mariage qu’elle n’aime pas ». Ce qu’ils ont dit ne va pas à l’encontre du hadith d’Aicha, car ce qu’ils ont voulu dire est qu’ils ne devraient pas la marier avant sa puberté, si cela ne sert pas d’intérêt évident qu’ils craignent de perdre en retardant le mariage, comme dans le hadith d’Aicha. Dans le cas contraire, il est préférable de conclure le mariage parce qu’un père cherche l’intérêt de son enfant et ne laisse pas une bonne opportunité s’échapper ». Et Allah sait mieux. (Sahih Moslim bicharh an-Nawawi 9/206).
 

FATWA n°22442, CHEIKH MUHAMMAD SALIH AL-MUNAJID, ISLAMQA.COM

Règle sur le fait de vivre dans une famille qui ne prie pas
 

Question : que devrait faire un homme s’il ordonne à sa famille de prier mais qu’ils ne l’écoutent pas ? Devrait-il vivre avec eux et se mélanger à eux, ou quitter la maison ?
Réponse : Si ces membres de la famille ne prient pas du tout, alors ce sont des mécréants, des apostats, hors du sein de l’islam, et il n’est pas permis  de vivre avec eux. Mais il a l’obligation de les prêcher et de les implorer souvent, avec l’espoir qu’Allah les guidera, parce que celui qui abandonne la prière est un mécréant – qu’Allah nous protège. On trouve la preuve de cela dans le Coran et la Sunna, et dans les dires des compagnons, qu’Allah soit satisfait d’eux, et dans l’opinion correcte des savants.
 
Shaykh Muhammad bin Saalih al-`Uthaymeen
Fatawa Islamiyah, vol.1, p.262, DARUSSALAM


Terrorisme

Ahmad al-Tayyib, Président de l’université d’al-Azhar et ancien Mufti d’Égypte, justifie les attentats suicides palestiniens 
 
Ahmad al-Tayyib : Nous ne permettons pas de tuer et de terroriser les gens pacifiques quand deux pays, deux armées, ou deux puissances se confrontent. C’est interdit, même si les armées musulmanes ont été vaincues. Mais en ce qui concerne la Palestine et Israël, ce n’est pas le cas, et dire le contraire, c’est confondre les choses. Nous faisons face à un pays qui est armé jusqu’aux dents avec un armement diabolique.
Le journaliste : Il possède des armes létales.
Ahmad al-Tayyib : Exactement. Nous faisons face à la tyrannie et à l’oppression, pendant que le monde à l’extérieur observe. Les palestiniens sont sans défense et n’ont rien, et ils veulent défendre leur pays, leur foi et leurs terres. Le seul moyen qu’ils ont, c’est les opérations martyres, et y avoir recours est très difficile pour eux. Est-il facile à un palestinien de mettre fin ses jours ? Non. C’est aussi un être humain qui veut vivre. Comment en est-il arrivé à cette méthode ? Ce n’est pas le désespoir, contrairement à ce que prétendent beaucoup de gens qui interprètent les opérations martyres comme des opérations suicides conduites par le désespoir. Ce n’est pas vrai. Le Palestinien qui recherche le martyre sait qu’il est libre de participer à cette opération, afin de plaire à Allah et d’entrer au paradis, en défendant sa religion, son pays, et sa terre.
 
Al-Mihwar TV, 10 octobre 2007


Al-Qaradâwi soutient les opérations suicides lors d’une conférence islamique en Suède
 
Les opérations martyres réalisées par les factions palestiniennes afin de résister à l’occupation sioniste ne font pas parti du cadre du terrorisme prohibé, même si les victimes sont des civils.
Cela pour plusieurs raisons :
Premièrement, la société israélienne est en réalité une société militaire de par sa nature colonialiste, occupationnelle, et raciste. Toute personne qui a passé l’adolescence est enrôlée dans l’armée israélienne. Tout israélien est un soldat de l’armée, soit en terme pratique soit parce qu’il est un réserviste qui peut être appelé à n’importe quel moment pour faire la guerre. Ce fait n’a pas besoin d’être prouvé. Ceux qu’ils appellent « civils » sont en effet des « soldats » de l’armée des fils de Sion.
Deuxièmement, la société israélienne possède une caractéristique unique qui la rend différente des autres sociétés humaines, et cela durera tant que les palestiniens seront concernés, c’est une société d’envahisseurs qui viennent de l’étranger – de Russie ou d’Amérique, d’Europe ou du Moyen-Orient – pour occuper la Palestine et s’y installer.
Ceux qui sont envahis ont le droit de combattre les envahisseurs par tous les moyens à leur disposition afin d’expulser (les envahisseurs) de leurs maisons et de les renvoyer là d’où ils viennent. C’est un jihâd de nécessité, comme les savants l’ont appelé, et non un jihâd par choix. Même si un enfant innocent est tué suite à ce jihâd, cela n’était pas prémédité, mais c’est plutôt dû à la nécessité de la guerre. Même avec le temps, ceux qu’on appelle « civils » ne cesseront pas d’être des envahisseurs, un fléau, des tyrans, et des oppresseurs.
Troisièmement, la loi islamique a déterminé que le sang et les biens des gens de Dar al-Harb ne sont pas protégés. Parce qu’ils combattent et sont hostiles envers les musulmans, ils annulent la protection de leur sang et de leurs biens.
Quatrièmement, les savants musulmans, ou la plupart d’entre eux, sont d’accord qu’il est autorisé de tuer des musulmans si l’armée qui attaque les musulmans se cache derrière eux, c’est-à-dire, si elle les utilise comme des barricades ou des boucliers humains, et les place sur le front afin que les coups de feu, les flèches ou les lances des musulmans les blessent en premier. Les savants ont permis aux défenseurs de tuer ces musulmans innocents qui ont été contraints de rester devant l’armée de leurs ennemies. Sinon, l’armée d’invasion entrerait et annihilerait leurs progénitures et leurs récoltes. Il n’y a pas d’autre choix que d’en sacrifier quelques-uns afin de défendre la communauté toute entière. Par conséquent, s’il est permis de tuer des musulmans innocents, qui sont sous la contrainte, dans le but de protéger la grande communauté musulmane, il est d’autant plus possible de tuer les non musulmans dans le dessein de libérer la terre des musulmans de ses occupants et de ses oppresseurs.
Cinquièmement, dans la guerre moderne, toute la société, avec ses classes sociales et ses groupes ethniques, est mobilisée pour participer à l’effort de guerre, pour préserver sa continuité, et fournir assez de moyens logistiques et humains dans le but d’assurer la victoire de l’État sur ses ennemies. Chaque citoyen dans la société doit prendre part à l’effort à fournir pour la bataille. L’ensemble du mouvement national, y compris les professionnels, les ouvriers, et les industriels, se tient derrière l’armée combattante, même s’ils ne portent pas d’armes. Par conséquent, les experts disent que l’entité sioniste, en vérité, est une armée.   
Sixièmement, il y a deux types de fatwas : les fatwas concernant une situation de calme et de choix, et les fatwas concernant une situation de détresse et de nécessité. Il est permis à un musulman, dans une situation d’extrême nécessité, de faire ce qui lui est interdit. Ainsi, un savant a épousé la règle : « la nécessité autorise l’interdit ». Nos frères en Palestine sont, sans aucun doute, dans une situation d’extrême nécessité pour réaliser des opérations martyres afin d’anéantir leurs ennemies et leurs récoltes et de semer la terreur dans leurs cœurs pour qu’ils partent et retournent là d’où ils viennent.
Quelle arme peut nuire à leur ennemi, l’empêcher de dormir, lui ôter le sentiment d’être en sécurité, et le déstabiliser, à part les bombes humaines – un jeune homme ou une femme qui se fait exploser au milieu de leurs ennemies ? C’est une arme que l’ennemie ne peut pas obtenir, même si les États-unis dépensaient des millions de dollars, et la plus puissante des armes, car c’est une arme unique qu’Allah a placé entre les mains des croyants. C’est une sorte de justice divine sur terre. C’est l’arme du faible misérable face au puissant tyran.
Ceux qui s’opposent aux opérations martyres et prétendent que c’est du suicide, commettent une grosse erreur. Les buts de celui qui réalise une opération martyre et de celui qui se suicide sont complètement différents. Quiconque analyse l’âme de ceux-ci découvrira l’énorme différence qui les sépare. Le suicidé se tue pour lui-même, parce qu’il a échoué en affaire, en amour, à un examen, ou dans autres choses. Il était trop faible pour faire face à la situation et a choisi de fuir la vie pour la mort.
En revanche, celui qui réalise une opération martyre ne pense pas à lui-même. Il se sacrifie dans l’intérêt d’un but plus noble, pour lequel tous les sacrifices deviennent dénué de sens. Il se vend à Allah afin d’acheter le paradis en échange. Allah a dit : « Allah a acheté les croyants, leurs personnes et leurs biens en échange du paradis » (9.111).
Tandis que le suicidé meurt dans la fuite et la retraite, celui qui réalise une opération martyre meurt en allant de l’avant et en attaquant. À la différence du suicidé qui n’a pas d’autre objectif que d’échapper à la confrontation, celui qui réalise une opération martyre a un objectif évident, et cela pour plaire à Allah.
 
Conseil européen de la fatwa et de la recherche, présidé par le Cheikh Yousef al-Qaradâwi, juillet 2003, Stockholm
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