LE SAINT-SÉPULCRE

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Message  Arlitto le Mer 2 Mar - 15:59

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Le Saint-Sépulcre ou le tombeau de Jésus
Quelques jours avant Pâques, un éminent historien de Jésus m'apostrophe au téléphone: « Couturier, qu'attends-tu donc pour consacrer une de tes chroniques au Saint-Sépulcre? » Le sujet est immense à tous points de vue. Il implique la foi et la théologie. Une tradition fort complexe l'entoure. Le Saint-Sépulcre se trouve en plein cœur de la vieille ville de Jérusalem : des constructions diverses l'enserrent de tous côtés. J'ai donc beaucoup réfléchi. Pour aborder les aspects essentiels de cet important sujet, plusieurs chroniques seront nécessaires.
     Au départ, il nous faut recueillir toutes les données évangéliques sur le lieu du supplice, situé tout près du tombeau où on a déposé le corps de Jésus. L'endroit se trouve hors des murs de la ville (Jn 19,20); une porte de ville l'avoisine (Hb 13,12) et, bien sûr, il est situé au bord d'une route (Mt 27,39). Le lieu de la crucifixion est surélevé: il ressemble à un « crâne » (golgotha en araméen: Mc 15,22); les témoins sont unanimes sur ce point. Dans ce même lieu, on voit des jardins et des tombes creusées dans le roc (Jn 19,41); celle où fut déposé le corps de Jésus se trouve tout près du Golgotha.
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     Situons ces données par rapport à un plan de Jérusalem (fig. 1). On s'étonne de voir le tombeau de Jésus creusé à l'intérieur même de la ville, ce qui est contraire à la coutume juive. Mais la ligne nord des remparts de Jérusalem a connu une longue histoire. En fait, c'est de ce côté seulement que la ville a pu connaître une expansion, car elle est construite au bord de profondes vallées au sud, à l'est et à l'ouest.
Hors de la ville
     L'archéologie nous montre que la ville a connu trois développements « nord » qui ont donné lieu à autant de remparts successifs. Ces remparts étaient encore bien visibles en l'an 70 de notre ère. Flavius Josèphe, un témoin direct, les décrit avec précision. Le premier rempart fut construit par le roi Ezéchias, à la fin du VIIIe siècle avant J.-C. Le second est l'oeuvre des Asmonéens dans la deuxième moitié du IIe siècle avant J.-C. Quant au troisième rempart, il fut érigé en partie par Hérode Agrippa I, autour de l'an 44 de notre ère, donc après la mort de Jésus. Ainsi le Saint-Sépulcre se trouve bien à l'extérieur des remparts, au temps de Jésus.
     L'archéologie confirme ce fait depuis assez longtemps: le Saint-Sépulcre est bien à l'extérieur des premier et deuxième remparts. Toute la région où il est situé a été exploitée comme carrières, depuis le VIIIe siècle avant J.-C., fournissant la pierre pour bâtir Jérusalem. On extrait les blocs de pierre par paliers. Dans les parties abandonnées de la carrière, on creuse des tombeaux. Récemment, les archéologues ont découvert les montants d'une porte de ville (fig. 1, C) à la jonction des remparts 1 et 2. Voilà donc autant de données archéologiques qui correspondent aux témoignages des évangiles.
     Au temps de Jésus, les tombes se multipliaient autour de Jérusalem. Elles sont de deux types, disposées autour d'une salle rectangulaire dont une pierre ronde, en forme de meule de moulin, ferme l'entrée.
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     Un premier type (fig. 2) est creusé perpendiculairement aux parois de la salle. Le tombeau est peu élevé et, en raison de la largeur, on ne peut y déposer qu'un seul corps; il présente ainsi la forme d'un « four » (kok en hébreu). Le deuxième type est tout à fait différent (fig. 3): sur la paroi de la salle, à l'horizontale, on creuse une tablette que l'on surmonte d'un arc voûté ou arcosolium (« arc et sol »). Si on se réfère aux données évangéliques, c'est un tombeau de ce deuxième type qui a dû recevoir le corps de Jésus puisque deux anges (ou peut-être un seul) sont assis, l'un à la tête, l'autre, au pied du sépulcre (Mc 16,5; Jn 20,12).
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     Nous voici prêts à étudier ce monument par excellence de la chrétienté. Depuis sa construction au temps de Constantin, les Orientaux l'ont toujours appelé l'Agia Anastasis (« Sainte Résurrection »), alors que les Occidentaux s'obstinent à le désigner du nom de Saint-Sépulcre! Sur ce point votre chroniqueur est résolument oriental: « Pourquoi cherchez-vous le Vivant parmi les morts? Il n'est pas ici; mais il est ressuscité. » (Lc 24,5-6)
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Re: LE SAINT-SÉPULCRE

Message  Arlitto le Mer 2 Mar - 15:59

Un tombeau enseveli
On le sait maintenant (voir la [ltr]chronique précédente[/ltr]). Le tombeau de Jésus se trouve à l'intérieur des remparts de Jérusalem, à partir de l'an 44 de notre ère. De ce fait, il subit les contrecoups du développement urbain et surtout les effets dévastateurs des guerres romaines. La ville s'est peu construite autour du tombeau vu le caractère accidenté d'anciennes carrières. Le lieu du gibet et de la sépulture de Jésus a dû ainsi rester visible.
[ltr][Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image][/ltr]

Épargné
     Par contre, deux guerres romaines ont laissé de profondes cicatrices dans la Ville sainte. La première, dirigée par Titus en 70, a transformé Jérusalem en un gigantesque monceau de ruines. La région du Temple et du palais d'Hérode le Grand fut particulièrement touchée. Le tombeau de Jésus se trouvait à mi-chemin entre ces deux zones de destruction. Il ne devait pas attirer l'attention, vu la discrétion de la communauté chrétienne.
     Rome domine sévèrement sur toute la Palestine pendant une soixantaine d'années (70-132). C'est au cours de cette période que les évangélistes rédigent leurs récits de la passion et de la résurrection du Seigneur. Sur les détails des lieux de la crucifixion et de la sépulture, leurs témoignages concordent. Ces lieux étaient donc toujours connus, et visibles.
     En 132, soulèvement des Juifs que Rome ne tarde pas à mâter. Pour écarter tout risque de nouvelle révolte, Hadrien fait raser Jérusalem; il expulse les Juifs et les Arabes leur interdisant l'approche de la ville dans un rayon de cinq milles. Une autre décision impériale vise à tuer dans l'oeuf toute révolte éventuelle: c'est la reconstruction à la romaine de la Ville sainte. Son nouveau nom d'Aelia capitolina lui vient du Capitole de Rome où siège le panthéon. Un nom latin bien justifié, puisque des lieux de culte romains remplacent tous les lieux de culte juifs démolis. Ainsi, l'empereur fait raser jusqu'au roc l'emplacement du Saint des Saints du Temple. Il y dresse ensuite la statue de Jupiter, chef du panthéon, et sa propre statue, le divin Hadrien!
Enfoui
     Fait remarquable: dans la zone de carrières et de tombeaux où devrait se situer la tombe de Jésus, Hadrien élève une immense esplanade, ou forum, après avoir nivelé et remblayé ce secteur très accidenté. Dans la partie ouest de l'esplanade, il érige un temple en l'honneur des trois grands dieux de Rome: Jupiter, Junon et Vénus! Quel lieu de culte veut-il supprimer à cet endroit? On ne peut penser qu'au Sépulcre ou au Golgotha!
     Ces dernières années, des travaux de restauration de l'église du Saint-Sépulcre ont contraint les architectes à vérifier l'état de ses fondations. On s'est vite rendu compte que l'édifice chrétien repose en partie sur les ouvrages d'Hadrien, inconnus jusqu'alors (voir le plan). Les lignes noires pleines indiquent ces ouvrages encore existants: on remarque le gros mur de l'esplanade (Temenos), et le temple à trois chapelles, à l'ouest, au-dessus d'une tombe que l'on veut dissimuler! Là devaient se réunir les fidèles pour la célébration de rites qu'Hadrien veut bannir!
     L'action d'Hadrien fut efficace. Les juifs n'ont jamais reconstruit le Temple de Jérusalem. Pour ce qui est de l'emplacement de la tombe de Jésus, en 326, Constantin ordonna d'y construire son Agia Anastasis (« Sainte Résurrection »). Depuis Hadrien jusqu'à Constantin, il faut noter le silence absolu qui plane sur cette tombe. Au moins quatre récits de pèlerins datent de cette période. À ces pèlerins, on montre divers lieux où Jésus a enseigné ou opéré quelque miracle; jamais on ne leur présente un Golgotha ni un Sépulcre. Ou bien ces lieux sont inconnus -- ce qui est peu probable --, ou ils sont présentement invisibles et même inaccessibles! Un temple romain les dissimule. Après l'histoire, que nous révélera l'archéologie?
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Re: LE SAINT-SÉPULCRE

Message  Arlitto le Mer 2 Mar - 16:00

Constantin et le Saint-Sépulcre
Constantin, empereur romain (306-337), se convertit au christianisme en 323. Cet événement change l'histoire de l'Empire, surtout celle de la Palestine, et de Jérusalem. En 325, l'Empereur convoque le grand concile de Nicée pour établir l'unité de la foi, en Occident et en Orient.
     Les lieux de la crucifixion et de l'ensevelissement du Seigneur sont toujours dissimulés sous le forum romain où se dresse le grand temple érigé par Hadrien. Macaire, évêque de Jérusalem, suggère à Constantin de les nettoyer. En 326, l'Empereur ordonne la démolition de ces monuments païens; il confie à l'architecte Zénobie la construction d'un ensemble de bâtiments qui enfermeront, comme dans un écrin, les souvenirs de la Passion et de la Résurrection du Seigneur Jésus.
     Ce sera le premier édifice chrétien de Palestine bientôt suivi de trois autres, commandés aussi par Constantin: une église sur le Mont des Oliviers, en souvenir de l'Ascension du Seigneur, une autre à Bethléem, sur la grotte de la Nativité, et enfin une quatrième, au sud du pays, à Hébron, en l'honneur de saint Abraham.
     Un témoin oculaire de ces travaux de Constantin nous a laissé de nombreuses notes et descriptions de ces bâtiments, surtout de ceux de Jérusalem. Eusèbe, né en Palestine vers 280, devient évêque de Césarée, en 340. À la mort de Constantin (337), il publie un long panégyrique de l'Empereur: Vie de Constantin. C'est une mine de renseignements très fiables, car il était à la fois un grand homme de lettres et un historien.
     La présente chronique se limite à la présentation générale du Saint-Sépulcre, sur la base de ce grand témoin, et, bien sûr, à la lumière des résultats des travaux d'archéologie effectués au cours des dernières années.
     Eusèbe rapporte ainsi la découverte de la tombe du Seigneur: « Ces ordres (de démolir le temple de Vénus) n'eurent pas été sitôt exécutés et on n'eut pas sitôt creusé jusqu'à l'ancienne hauteur de la terre, que l'on vit, contre toute sorte d'attente, le très saint et très auguste tombeau d'où le Sauveur était autrefois ressuscité et on admira, dans la découverte de ce sanctuaire, la plus fidèle et la plus vive image que l'on eût jamais pu désirer, du mystère de sa glorieuse résurrection ».
     Eusèbe ne nous dit pas comment on a pu identifier le vrai tombeau. Notons aussi qu'il abandonne vite le terme de « tombeau » pour le remplacer par celui de « résurrection » (anastasis): c'est donc la Résurrection qui donnera à cette construction son véritable nom.
     Quatre éléments distincts constitueront donc ce grand ensemble constantinien. Le plan (fig. 1) que nous présentons ici est très schématique; suivront dans les prochaines chroniques, appuyées sur des observations archéologiques, des précisions sur chacune des parties.
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     Voyons d'abord la plus importante, celle qui a la forme d'une rotonde, surmontée d'une coupole (A); on l'a justement appelée Agia Anastasis, la « Sainte Résurrection ». Creusée dans le rocher, elle isolait, en son centre, la tombe ou le sépulcre de Jésus.
     Devant cette rotonde, on a aménagé un atrium (cour carrée), à ciel ouvert (B), que l'on appelait parfois le « Saint-Jardin ». Dans le coin droit, en bas, on apercevait le Golgotha. Puis, on construisit, devant cette cour, l'église proprement dite, appelée le Martyrium (« témoignage ») (C). Cette église comptait cinq nefs, séparées par des colonnes; la nef centrale se terminait par une abside en forme de demi-cercle.
     Enfin on aménagea un autre atrium (D). On y accédait de l'intérieur de l'église par trois portes; trois autres grands portails (« propylées ») donnaient sur la rue principale de Jérusalem, le Cardo maximus.
     Le 17 septembre 335, une superbe cérémonie de dédicace consacra ce vaste ensemble; la rotonde n'était pas encore terminée, vu l'énormité du rocher à tailler.
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     La vue d'ensemble de cette construction de Constantin apparaît sur une mosaïque du VIe siècle, retrouvée à Madaba, en Transjordanie (fig. 2 plus haut). En respectant les conventions du mosaïste, on observe dans la rue donnant sur l'atrium (c), l'escalier monumental (a), l'église avec son toit en pignon (d), un autre atrium (e) et enfin la rotonde (f). Quel document graphique précieux pour aider notre compréhension des textes!
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Re: LE SAINT-SÉPULCRE

Message  Arlitto le Mer 2 Mar - 16:00

La grande rotonde de l'Agia Anastasis
Dans la dernière chronique, nous en étions à une présentation d'ensemble d'une construction de Constantin, appelée « Sainte-Résurrection » (Agia Anastasis, début du IVe siècle). Dans cette chronique, nous n'étudierons que sa partie la plus importante, la grande rotonde (fig. 1A; voir aussi la 
[ltr]chronique précédente[/ltr]
 ou Parabole, XX, no 3 pour le plan général).
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fig. 1 : la grande rotonde

Le monument circulaire
     Cette rotonde entourait le sépulcre de Jésus. Les architectes ont opté pour ce type d'édifice, car à l'époque byzantine les tombeaux des grands personnages avaient la forme ronde ou octogonale. Pour mettre le projet à exécution, il leur fallait d'abord isoler le bloc rocheux qui renfermait la tombe de Jésus (fig. 1b). Ensuite, on devait s'attaquer au roc de tout le secteur pour y construire la rotonde proprement dite. On évalue à 5000 m3 la pierre ainsi extraite, car le diamètre de l'édifice est de 35 m, et la hauteur du rocher creusé de 11 mètres! Un travail colossal!
     Le gros mur extérieur coupe des tombeaux juifs du temps de Jésus (fig. 1a): nous sommes bien dans une région de tombeaux, conformément aux données des évangiles. Les architectes agrémentent ce mur de trois petites absides (fig. 1c). À l'intérieur, ils ajoutent une colonnade en rond, formée de trois paires de piliers carrés, séparant quatre groupes de trois colonnes rondes, hautes de 7,1 m et larges de 1,2 m. Si ces murs extérieurs de la rotonde sont conservés presque entièrement, seules les bases des colonnes ont survécu. La rotonde devait être couverte d'une coupole, totalement disparue.
     Devant ce monument circulaire à la mémoire de Jésus, les architectes construisent un atrium, ou cour à ciel ouvert, dont nous parlerons dans notre 
[ltr]prochaine chronique[/ltr]
 (fig. 1B). Au nord, on bâtit des petites salles qui auraient abrité le clergé responsable de cette église (fig. 1C).
Le bloc octogonal
     L'élément central est, bien sûr, la tombe de Jésus enfermée dans le bloc rocheux découpé au centre de la rotonde (fig. 1b). Ce qui reste de cette tombe, dans son état actuel, est de forme arcosolium (une tablette surmontée d'un arc voûté). Les tombes coupées par le mur de la rotonde sont des « fours » ou kokîm; nous avons donc les deux types de tombeaux courants au temps de Jésus (voir 
[ltr]Parabole[/ltr]

[ltr], XIX, no 5, p. 16[/ltr]
).
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fig. 2 : ampoule de Monza

     Grâce à de précieux témoignages, nous pouvons même préciser la forme que prit le bloc sous le ciseau des tailleurs de pierre. À Monza (Italie) on conserve des ampoules en argent repoussé qui renfermaient des huiles sacrées. Ces ampoules datent du VIe siècle. Sur leurs faces, on présente cet édicule de la tombe de Jésus (fig. 2). Le dessin est très schématique, mais à l'examen des côtés et du toit, on sait qu'on a donné une forme octogonale à ce bloc. L'édicule était surmonté d'une croix et entouré d'une délicate colonnade. Quelques siècles plus tard -- mais avant le Xe -- on conserve à Narbonne une miniature de ce même édicule taillée dans le marbre (fig. 3) : les murs comme le toit révèlent encore la forme octogonale et la colonnade est toujours présente. On remarquera le petit portique à colonnes devant l'édicule. L'examen récent de l'édicule actuel du Saint-Sépulcre montre que la chambre sépulcrale a conservé sa forme originelle, de même que la forme octogonale de ses murs extérieurs (fig. 4).

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fig. 3
modèle de Narbonne





 


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fig. 4
plan actuel de l'édicule

     Devant tant de témoignages archéologiques, peut-on s'étonner de l'importance que revêt, pour les croyants, ce Saint-Sépulcre ou cette Sainte-Résurrection? C'est le plus grand monument de la tradition et de l'architecture chrétiennes.
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Message  Arlitto le Mer 2 Mar - 16:01

Le Golgotha
À l'heure actuelle, aussitôt entré dans l'église du Saint-Sépulcre, on accède à la chapelle du Golgotha par un escalier situé sur la droite. Le nom de Golgotha -- ou calvaire -- signifie « crâne » dans la langue araméenne. Il devait qualifier l'aspect de l'endroit où les croix de Jésus et des deux larrons avaient été dressées. Comme on ne voit plus rien de ce « crâne » depuis le Moyen Âge, seules les recherches archéologiques peuvent encore nous renseigner.
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fig. 1 : l'église du Saint-Sépulcre

     Les témoins des constructions de Constantin (IVe siècle) nous disent que ce Golgotha était visible dans le coin sud-est (fig. 1,A) de la cour à ciel ouvert (fig. 1,B), bordée de trois portiques. Cette cour séparait l'église ou le martyrium (fig. 1,C) de la rotonde entourant le sépulcre de Jésus (fig. 1,D). Il ne semble pas que le Golgotha ait été protégé par une chapelle ou un baldaquin. Toutefois, on se réunissait alentour pour de courtes cérémonies liturgiques. Les liturgies solennelles se déroulaient dans l'église proprement dite, la « Sainte-Résurrection », et dans la rotonde.
Au milieu de carrières...
     L'examen de cette partie actuelle du Saint-Sépulcre confirme ces témoignages du IVe siècle, tout en les précisant au-delà de nos attentes. En effet, à cet endroit précis, à 35 m du sépulcre, un gros bloc de mauvais calcaire avait été isolé au milieu des carrières (fig. 2,A); notre [ltr]chronique[/ltr] (vol. XX, no 1) mentionnait l'ensemble des travaux accomplis dans ce secteur de Jérusalem au temps de Jésus. Les dimensions actuelles du bloc sont impressionnantes: sa hauteur totale fait en moyenne 11 m, dont 4,50 m sont présentement au-dessus du sol de l'église (fig. 2,B). Son diamètre varie de 5 à 7 m, car il a une forme très irrégulière. Au temps de Jésus, il était en partie enfoui sous les débris des carrières et la terre apportée par l'érosion : seule émergeait sa partie supérieure, arrondie. Ce sommet en forme de « crâne » est situé au niveau du sol de l'actuelle chapelle du Golgotha (fig. 2,C).
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fig. 2 : le Golgotha et sa chapelle

     L'étude de ce bloc de calcaire a permis de bien examiner la grotte qu'il renferme et dont l'ouverture se situe au niveau du sol de l'église (fig. 2,D). Il s'agit d'une assez grande cavité naturelle, aux parois très rugueuses. Une fissure naturelle traverse le bloc depuis son sommet jusqu'à la voûte de la grotte.
Le crâne d'Adam!
     Cette configuration du bloc explique merveilleusement bien une légende chrétienne fort ancienne, qu'on ne peut dater avec précision, mais qui est antérieure au Moyen Âge. D'après cette légende, Melchisédèq, roi de Jérusalem au temps d'Abraham, aurait déposé le crâne d'Adam dans cette grotte. Les descendants de Noé (!) lui auraient légué cette précieuse relique. Au moment où Jésus mourait, crucifié au sommet de ce rocher, la terre trembla, d'où la fissure du rocher depuis le haut jusqu'à la grotte. Ainsi, le sang de Jésus en croix, nouvel Adam, a pu couler sur le crâne du premier Adam, réalisant ainsi le salut de l'humanité, depuis ses toutes premières origines. C'est la même légende qui explique qu'un crâne humain apparaît sous les pieds de Jésus sur certains de nos crucifix.
     L'archéologie ne sert pas seulement à faire mieux comprendre des événements historiques; parfois, elle explique même l'origine de légendes!
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Re: LE SAINT-SÉPULCRE

Message  Arlitto le Mer 2 Mar - 16:01

Achèvement et ruines
Nos chroniques antérieures n'ont décrit que les constructions constantiniennes autour de la tombe de Jésus (fig. 1 A) et du Golgotha (fig. 1 C), reliées par un atrium, cour à ciel ouvert (fig. 1 B). Ces ouvrages n'étaient pas destinés à la célébration de l'Eucharistie. Celle-ci se déroulait plutôt dans le martyrium (fig. 1 D), ou l'église proprement dite, que Constantin fit élever devant l'atrium de la rotonde ou Sainte-Résurrection (Anastasis).
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figure 1

Le bâtiment
     Nous avons assez d'éléments de ce vaste lieu de prière pour en préciser le plan général et les dimensions (fig. 1 D : traits pleins). Il a la forme bien connue de la basilique, un bâtiment rectangulaire divisé en plusieurs nefs par des rangées de colonnes. Le martyrium compte cinq nefs; celle du centre beaucoup plus large, se termine par une belle abside ou presbyterium, lieu du rassemblement de l'évêque et de ses prêtres (fig. 1 a). Tout le bâtiment mesure 56 m de longueur sur 40 m de largeur. Sous la partie est de la nef centrale on trouve la grotte qui aurait conservé la « vraie » croix de Jésus (fig. 1 b). Le récit de la découverte de cette croix par sainte Hélène n'apparaît que vers la fin du Ve siècle, une cinquantaine d'années après la construction de l'Église.
     La façade du martyrium ne nous est connue que par les témoignages d'Eusèbe et la mosaïque de Madaba (voir [ltr]Parabole[/ltr], Vol. XX, no 3). Trois grandes portes, dont celle du centre était plus monumentale, occupaient sa partie inférieure. Le tympan (espace triangulaire) de sa partie supérieure devait être orné de mosaïques, représentant la Résurrection du Seigneur.
     Comme le veut la tradition architecturale de l'époque, on prend soin de bâtir un autre atrium (fig. 1 E) devant la basilique. Sa forme irrégulière s'explique par le fait qu'il donne immédiatement sur la grande rue nord-sud de Jérusalem, le Cardo maximus. C'est une large rue de 22,5 m de largeur, bordée de deux rangs de colonnes, que l'archéologie nous a révélée ces dernières années. Un escalier monumental reliait cette rue à l'atrium (fig. 1 F).
     Cette Sainte-Résurrection (Anastasis) constitue le plus imposant édifice érigé par Constantin. L'ensemble de l'oeuvre se déploie sur une longueur de 138 m; sa largeur varie de 38 à 45 m.
Les vestiges
     Hélas, ce magnifique monument à la gloire de la Résurrection du Seigneur s'est effondré sous les coups de l'envahisseur perse, Chosroès, en 614. Vers 650, Modeste, supérieur du monastère de Saint-Théodose, relève les ruines, se concentrant surtout sur la Rotonde. Il fait construire une petite église autour du Golgotha. La basilique n'est que sommairement restaurée. Tous ces détails nous sont fournis par Arculfe, un pèlerin venu en Palestine vers 670.
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figure 2

     Une deuxième destruction a lieu en 1009, cette fois sous les marteaux du calife arabe, Hakim. L'état des ruines est effarant. On va même jusqu'à pulvériser la tombe de Jésus au centre de la Rotonde. Par contre le Golgotha demeure intact. Un roi de Byzance, Constantin Monomaque, tente de rebâtir le monument en 1048. Il abandonne totalement la basilique. Il réunit en un seul bâtiment la Rotonde (fig. 2 A), la moins endommagée, l'atrium qui la précède et le Golgotha (fig. 2 B). Le mur est (fig. 2 D) passe devant l'abside de la basilique constantinienne (fig. 1 a). Un escalier permet l'accès à la grotte (fig. 2 C), maintenant en dehors de l'église nouvelle.
     Les croisés se contentent de consolider cette restauration fort réduite de l'oeuvre de Constantin. Usure du temps et négligence continuent à dégrader ce précieux monument. Ce sont les travaux récents de solidification qui nous ont permis de mieux connaître son histoire.
     Voilà donc cette sixième et dernière chronique sur le Saint-Sépulcre, émouvant témoin architectural de notre foi en la Résurrection du Seigneur. Ne l'oublions pas, son nom véritable, depuis le début, était l'Agia Anastasis, ou Sainte Résurrection.
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Re: LE SAINT-SÉPULCRE

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Un pèlerin chrétien au Saint-Sépulcre
Au début des années 60, des travaux de restauration du Saint-Sépulcre conduisent à des découvertes archéologiques fulgurantes pour l'histoire de ce haut-lieu de la foi chrétienne.
Une carrière « prometteuse »
     L'endroit a servi de carrière pour la construction de Jérusalem à l'époque des rois de Juda (VIIIe-VIe siècles avant J.-C.). Au temps de Jésus, on y aménage de nombreux tombeaux, ce qui montre bien que ce secteur se trouvait hors des murs de la ville. Constantin, en 325, y construit [ltr]une grande église, l'Anastasie[/ltr] (résurrection); seule la [ltr]rotonde[/ltr] entourant la tombe de Jésus survit aux ravages des années. Devant cette rotonde, nous reconnaissons bien les fondations de l'église proprement dite, totalement disparue.
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Fig. 1

     Voilà dix ans, les Arméniens dirigent d'autres fouilles derrière la chapelle de Sainte-Hélène (fig. 1, 1) et au nord de la chapelle de l'Invention de la Croix (fig. 1, 2), deux lieux souterrains marqués par les anciennes carrières et réutilisés comme citernes! L'église constantinienne les recouvrait, ce qui requérait d'épais murs de soutènement! On y découvrit avec la même présence de marques de carrières et de murs de soutènement constantiniens, un espace que les Arméniens dédièrent à saint Vartan (fig. 1, 3). Mais la vraie surprise est pourtant ailleurs.
Un bateau à l'encre noire
     Une des grosses pierres d'un mur constantinien présente une surface polie de 31 cm x 65 cm. On y a dessiné un bateau et inscrit deux mots, à l'encre noire, le tout bien visible à l'oeil nu. Une photographie à l'infrarouge confirme et précise cette lecture (fig. 2). Le navire correspond parfaitement aux bateaux marchands romains des IIe et IVe siècles de notre ère, donc encore en usage à l'époque constantinienne. La forme de la coque, les deux gouvernails et surtout le mât sont révélateurs.
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Fig. 2

     L'inscription, en latin, se lit DOMINE IVIMUS (Seigneur, nous irons). On croit qu'il s'agit des premiers mots du Psaume 121 : « In domum Domini ibimus » (Nous irons à la maison du Seigneur); dans ce cas, vu les grandes différences, il ne peut s'agir que d'une simple évocation du texte! Voilà pourquoi d'autres pensent plutôt à la question de Pierre en Jn 6,68 : « Domine, od quem ibimus? » (Seigneur, à qui irions-nous?). Cette référence convient sans doute mieux, à moins qu'il ne s'agisse d'un simple voeu : « Seigneur (Jésus), nous irons (vers toi) ». On reste encore étonné du ivimus (pour ibimus) : une différence dialectale? Une prononciation fautive? Qui sait?
     De toute façon, nous sommes en présence de la plus vieille inscription chrétienne de Jérusalem, l'oeuvre d'un pèlerin d'Europe, vu le latin, et d'aucuns croient que la position du mât (couché) évoquerait un naufrage! Ainsi, le pèlerin serait lui-même un rescapé de naufrage, qui a voulu remercier son Seigneur pour ce salut fort apprécié!
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Re: LE SAINT-SÉPULCRE

Message  Arlitto le Mer 2 Mar - 16:02

La tombe de Jésus
 

L'Église du Saint-Sépulcre, la « Sainte-Résurrection » des orientaux, n'a pas encore révélé tous ses secrets. À trois ans d'intervalle, Guy Couturier revient sur le sujet ([ltr]lire le début[/ltr] de cette série d'articles).
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Figure 1 : La rotonde

Au début du IVe siècle, l'empereur Constantin rend à la vénération des chrétiens le tombeau de Jésus qu'un temple romain dissimule depuis deux siècles. Les architectes (on le sait depuis fort longtemps) isolèrent cette tombe dans son bloc rocheux, puis l'entourèrent d'une magnifique rotonde encore visible aujourd'hui (Fig. 1a). Le mur de cette rotonde coupe des tombes de l'époque; nous sommes donc bien dans une nécropole (Fig. 1b). Un examen sommaire révèle un tombeau de type arcosolium. On y dépose le cadavre sur une tablette que surmonte un arc voûté (Fig. 2a). Dès le VIe siècle, des témoins nous informent qu'on a taillé le bloc de pierre en forme d'édicule octogonal, sorte de petite chapelle. Quelques éléments de cet édicule existent toujours (Fig. 2b).
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Figure 2 :
Un tombeau de type arcosolium

     Mais hélas, les Perses en 614 et les Arabes en 1009 ont fort endommagé l'œuvre de Constantin - les Arabes auraient pulvérisé le tombeau lui-même! L'édicule actuel, un bâtiment rectangulaire et massif est sans grand intérêt; construit au début du XIXe siècle, il remplace un monument du XVIe, incendié.
Le mur penche...
     De 1990 à 1993, on a dû procéder à une inspection minutieuse de cet édicule : le mur Est, percé de l'unique porte qui donne accès à la chambre sépulcrale proprement dite, penche vers l'extérieur. Son inclinaison atteint 3 cm après autant d'années d'observation. Tôt ou tard, il s'écroulera! Or des centaines de pèlerins franchissent cette porte chaque jour. Espérons que l'effondrement sera évité...
     Une étude de ce monument du XIXe siècle vient tout juste d'être publiée (1999), en Angleterre. Le recours à un procédé photographique complexe a permis certaines rectifications concernant les dommages subis par le Saint-Sépulcre lui-même.
Le tombeau a-t-il survécu?
     Tout d'abord la « pulvérisation » du tombeau lui-même par les Arabes n'est pas à prendre au pied de la lettre. La cuve de marbre recouvrant le tombeau date de 1345. Elle abrite encore de grandes portions de la tablette rocheuse (sur laquelle avait été déposé le corps de Jésus) et de la paroi qui lui est associée. Ajoutons aussitôt que des parties du bloc de pierre entourant le tombeau, (ce bloc taillé en octogone, à l'extérieur, par les architectes de Constantin), ont également survécu aux différents assauts ennemis. Selon l'auteur de l'étude, au IVe siècle, ce sont des graffitis qui auraient permis d'identifier le tombeau. La maison de saint Pierre à Capharnaüm et sa tombe, au Vatican, ont justement été repérés de cette façon. Pourquoi les premiers chrétiens n'auraient-ils pas laissé de tels témoignages sur le tombeau de Jésus? Seul un examen direct de la pierre pourrait apporter la réponse à cette question.
     Ce premier examen de l'édifice ne révèle aucun autre détail important. Souhaitons que dans un avenir prochain on en redresse les murs branlants avant qu'un accident grave ne vienne assombrir davantage l'histoire tragique de ce monument. Mais pourquoi pas le démolir puisque sa valeur historique est nulle et qu'il jure avec l'architecture de la rotonde?
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Figure 3 : L'édicule octogonal

     Démolir l'édifice du XIXe siècle aurait l'immense avantage de ménager aux archéologues un accès direct aux restes du tombeau du Christ, encore l'objet de tant d'hypothèses. L'étude complétée, pourquoi ne pas construire, dans le style de la rotonde, un édicule octogonal caractéristique des tombeaux des grands personnages à l'époque byzantine (Fig. 3)? D'après des témoignages fiables de cette époque, on aurait enchâssé le tombeau de Jésus dans une tel monument.
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Re: LE SAINT-SÉPULCRE

Message  Arlitto le Mer 2 Mar - 16:02

Les tombes du Saint Sépulcre
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L'église du Saint Sépulcre et ses deux coupoles


Si le Dôme du Rocher et la mosquée El-Aqsa sont bien isolés du reste de la ville grâce à l’esplanade, il en va tout autrement pour le lieu le plus sacré de la chrétienté. Appelé Saint Sépulcre par les Latins (insistance sur la mort), les Grecs orthodoxes lui préfèrent le nom Anastasis (signifiant « résurrection »). Sensibilités différentes, mais aussi théologies différentes. 
     Remarquez bien l’emplacement des deux coupoles qui marquent deux endroits distincts de l’église actuelle, mais aussi, des églises anciennes. La grande coupole se situe au-dessus du tombeau et de l’édicule qui en marque la place, tandis que la petite coupole se trouve au-dessus du Golgotha.
     Cette église est très importante pour les chrétiens. Des hommes et des femmes sont morts pour préserver ces lieux saints, témoins de l’événement fondateur du christianisme. Le Saint Sépulcre d’aujourd’hui est extrêmement décevant. Il est sombre, mal éclairé, poussiéreux et vieillot. Symbole de la résurrection, il est malheureusement aussi devenu symbole de divisions entre les diverses communautés chrétiennes.
     Chacune revendique sa parcelle d’église et tient à en conserver jalousement le privilège. Il n’est pas rare que les offices des Latins, avec leur musique d’orgue, viennent perturber les chants des orthodoxes qui célèbrent en même temps. Vraiment, ce lieu n’inspire rien de ce que fut le message de celui que l’on est censé venir prier. Nulle part ailleurs, je crois, ne s’appliquerait mieux cette parole attribuée à Jésus : « Ce n’est pas à Jérusalem ou ici... mais en esprit et vérité ».
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Des tombeaux du premier siècle
     Les fouilles menées dans l’église du Saint Sépulcre par le Père Corbo et son équipe, au cours des années 60, ont permis de retrouver un certain nombre de tombes derrière la chapelle des Jacobites/Syriens. Ces tombes, en forme de four (kokhim), remontent très vraisemblablement au premier siècle, car il est peu probable qu’elles aient été creusées dans le rocher après que la ligne de la muraille d’Agrippa ait inclus dans l’enceinte cette partie du territoire jusqu’alors située à l’extérieur de la ville.
     L’existence de ces tombes, à proximité du tombeau identifié comme étant celui de Jésus, nous permet d’affirmer que nous sommes certainement assez proches des lieux qui ont vu se dérouler les derniers moments de Jésus parmi les siens. Si le tombeau vénéré maintenant n’est pas tout à fait celui de Jésus, son emplacement est conforme à la topographie générale de l’époque. Ces kokhim en témoignent.
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     Comme Constantin avait fait creuser la montagne autour du tombeau pour l’isoler et pour construire sa rotonde, il est plus que probable que ces tombes se trouvaient dans une sorte de caveau, du même genre de ceux que l’on peut voir ailleurs dans le pays et à Jérusalem (par exemple le tombeau des Rois à l’École biblique et archéologique française). Ces kokhimont échappé aux pics des ouvriers de Constantin et se trouvent maintenant justes à l’extérieur du mur de la rotonde.
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