Sorcellerie et satanisme. Evocation des esprits, nécromancie

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Sorcellerie et satanisme. Evocation des esprits, nécromancie

Message  Arlitto le Dim 29 Mai - 9:06

Rappel du premier message :

Sorcellerie et satanisme.
Évocation des esprits, nécromancie, spiritisme et divination

SABBAT ET MESSES NOIRES


La rencontre avec le diable constitue le paroxysme du crime de sorcellerie.

Tous les interdits posés par la justice divine et humaine sont transgressés par la cérémonie du "sabbat", appelée aussi "vauderie ou synagogue". Elle met en scène le monde à l'envers et ravale l'homme, créature de Dieu, au rang de l'animal. Elle se passe donc souvent dans un endroit désert, une nuit de pleine lune.

Les "sabbats" se tiennent, au cours de la nuit du jeudi au vendredi ou la veille des fêtes chrétiennes, dans un cimetière ou au pied d'une potence ou à la croisée des chemins, ou encore, sur une montagne ou en un lieu réputé, pour les cérémonies de grande envergure : solstices, équinoxes et fêtes celtes (1er novembre, 1er février, 1er mai et 1er août).

On distingue le "petit sabbat", qui réunit les personnes d'une même ville ou d'un canton, et le "grand sabbat", dit aussi "sabbat œcuménique", qui rassemble les sorcières de plusieurs régions ou pays.

La légende veut que le 31 octobre (Halloween) soit le Nouvel An des sorcières ; la sorcière participe à la ronde des déguisements et des masques (adoptés depuis l'époque celte pour tromper les mauvais esprits) avec son acolyte le chat noir, que l'on soupçonne d'être en fait une sorcière réincarnée. L’autre grand sabbat de l’année est celui de la nuit du 30 avril au 1er mai, appelée "Nuit de Walpurgis", parce que le premier mai est le jour de la fête de sainte Walburge (ou Walpurgis), une religieuse du VIIIe siècle.

Jusqu'au XVe siècle, les gens croient que, pour se rendre au sabbat, des milliers de sorcières et de sorciers se frottent d'un onguent (en fait un hallucinogène : du jus de belladone), passent par la cheminée et traversent le ciel sur un balai ou sur un bouc, volant vers des lieux particuliers où ils se rencontrent, tandis que leurs enfants gardent des troupeaux de crapauds dans les champs.

Lors du sabbat, ils mangent, sans sel, des enfants non-baptisés (souvent mort-nés), du chien, du chat, du crapaud et de la viande putréfiée, dansent au son d’instruments discordants, copulent avec le diable (dont ils embrassent le derrière) ou avec le bouc, l'une de ses réincarnations, et se livrent à une orgie sexuelle.

Ils disent aussi des messes noires où tout est noir, des chandelles (faites avec de la graisse humaine) aux hosties profanées (dérobées dans les églises ou consacrées sur place par un prêtre défroqué ; à défaut ils utilisent une tranche de navet ou de radis noir) ; les croix sont renversées et les prières dites en partant de la fin. Au premier chant du coq, ils se dispersent, chargés des onguents maléfiques qu'ils ont échangés entre eux. Là où un sabbat s'est tenu, l'herbe ne repoussera plus.

Les litanies du sabbat sont des invocations étranges qui se chantent au sabbat les mercredis et les vendredis : « Lucifer : miserere nobis. Belzébuth : miserere nobis. Leviathan : miserere nobis. Belzébuth, prince des séraphins : ora pro nobis. Balbérith, prince des chérubins : ora pro nobis. Astaroth, prince des trônes : ora pro nobis. Rosier, prince des dominations : ora pro nobis. Carreau, prince des puissances : ora pro nobis. Bélias (Bélial), prince des vertus : ora pro nobis. Perrier (ou Pierrier, ndlr), prince des principautés : ora pro nobis. Olivier, prince des archanges : ora pro nobis. Junier, prince des anges : ora pro nobis. Sarcueil : ora pro nobis. Fume-Bouche : ora pro nobis. Pierre-de-Feu : ora pro nobis. Carniveau : ora pro nobis. Terrier : ora pro nobis. Coutellier : ora pro nobis. Candelier : ora pro nobis. Béhémoth : ora pro nobis. Oilette : ora pro nobis. Belphégor : ora pro nobis. Sabathan : ora pro nobis. Garandier : ora pro nobis. Dolers : ora pro nobis. Pierre Fort : ora pro nobis. Axaphat : ora pro nobis. Prisier : ora pro nobis. Kakos : ora pro nobis. Lucesme : ora pro nobis. »

La sorcière qui se livre à Satan a choisi son camp et fait à son maître une étonnante profession de foi : « Je promets à vous, Belzébuth, que je vous serviroy toute ma vie, et vous donne mon cœur et mon âme, toutes les facultez de mon âme, tous les sens de mon corps, toutes mes œuvres, tous mes désirs et soupirs, toutes les affections de mon cœur, toutes mes oraisons et mes pensées, je vous donne toutes les parties de mon corps, toutes les gouttes de mon sang, tous mes nerfs, tous mes ossements et toutes mes veines, et tout ce qui est dans mon corps et ce que créature pourroit offrir [...] En confirmation de quoi, j'ai écrit et signé la présente toutes les affections de mon propre sang. »

Le sorcier ou la sorcière qui conclut un pacte avec le diable (le "nœud de la sorcellerie") reçoit une puissance extraordinaire : il peut connaître le passé et l'avenir, se procurer des félicités coupables ou troubler le bonheur des autres, devenir invisible comme les esprits, léger comme les oiseaux, soumettre à sa volonté les êtres du monde surnaturel, réveiller les morts de leur sommeil éternel, défendre les sens du vieillard contre les atteintes de l'âge, livrer au jeune homme la femme qu'il convoite, débarrasser l'amant de ses rivaux, l'ambitieux de ses ennemis, etc.
En échange de ce pouvoir, le sorcier doit renier le baptême, s'adonner à mille pratiques sacrilèges et livrer son âme au démon pour l'éternité.
Une fois les conditions du marché remplies par l'homme, Satan est lié à son tour et forcé d'obéir pour un temps déterminé ; c'est un vasselage complet, une servitude entière. Il se laisse enfermer dans des coffres, dans des fioles, dans des anneaux ; d'autres fois, afin de ne jamais quitter son maître temporaire, il entre dans le corps de divers animaux.
Cette croyance existe depuis les premiers temps du christianisme.
"Les magiciens se font gloire d'avoir le démon pour ministre de leur impiété et de le réduire, par leurs évocations, à la nécessité de les servir" (Clément d’Alexandrie + vers 220).
"D'où vient que l'homme, souillé de tous les vices, fait des menaces au démon pour s'en faire servir comme par un esclave ?" (Augustin d’Hippone + 430).

Le diable peut prendre l'apparence d'un homme vêtu de noir, parfois de vert, ou bien d'un animal, généralement un chat noir (le bouc satanique étant plutôt réservé au sabbat). Il apparaît généralement à ceux qui sont dans le besoin ou le désespoir et compatit à leurs malheurs en leur promettant de les venger de ceux qui leur font du tort ou de leur procurer la chance, l'amour et la fortune.
En échange, le diable fait signer à son nouveau vassal, de son sang, un pacte rédigé sur un parchemin vierge, avant de lui imprimer sa marque en quelque endroit du corps. Celle-ci, aisément reconnaissable par sa forme (lièvre, patte de crapaud, chat noir ou chien) ne peut être effacée que par le démon lui-même.
Les inquisiteurs s'évertuent à découvrir cette marque du diable, réputée insensible, sur le corps des sorcières en leur enfonçant de longues aiguilles dans les moindres recoins de leur anatomie. Si un endroit ne saigne pas, ils en concluent que c’est la marque infernale.
L'Église et les gouvernements condamnent la sorcellerie. L'Eglise, qui veut éradiquer la culture celte panthéiste des sociétés rurales superstitieuses et naïves, accuse de sorcellerie, pour les déconsidérer, les voyants et médiums, les guérisseurs et les rebouteux.
Pendant 300 ans, les sorcières sont pourchassées : entre 300 000 et 2 000 000 de personnes sont brûlées vives. Parfois, le seul fait d'être soupçonné de sorcellerie suffit.
Heureusement, la science fournira des explications à bien des phénomènes imputés à la sorcellerie. Nous n'avons plus besoin de sorcières pour expliquer les maladies, les inondations, les sécheresses et toutes les catastrophes naturelles.

Aujourd’hui des messes noires se déroulent dans des appartements privés, des caves ou même dans des cryptes d'églises de grandes villes comme Lyon, Paris, Genève et leurs banlieues...
La commune d'Ellezelles en Belgique, où 5 sorcières auraient été exécutées, organise chaque dernier samedi du mois de juin la reconstitution d'un sabbat.

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Re: Sorcellerie et satanisme. Evocation des esprits, nécromancie

Message  Arlitto le Dim 29 Mai - 9:12

L’envoûtement

Parmi les maléfices, l'envoûtement, dans lequel Catherine de Médicis (+ 1589) avait une grande confiance, est un des plus usités et des plus redoutés. On a raconté qu'elle portait, sur l'estomac, une peau d'enfant égorgé, semée de figures et de caractères cabalistiques, en guise de protection ; elle entretenait auprès d'elle une troupe d'astrologues, alchimistes, mages et sorciers, dont Cosme Ruggieri, son conseiller florentin, confectionneur de figurine d’envoûtement.

Les sorciers qui pratiquent l’envoûtement ont soin de se procurer, pour leur opération, soit des cheveux, soit des vêtements avant appartenu à la personne contre laquelle ils veulent agir. Ils choisissent ensuite un animal censé représenter cette personne ; ils lui donnent son nom, le mettent en rapport avec les cheveux ou les vêtements, le tuent d'un seul coup avec leur couteau magique, et, lui ayant arraché le cœur, ils enveloppent ce cœur dans les objets venus de la personne, et pendant trois jours ils y enfoncent de temps en temps des clous ou des épingles en prononçant des paroles de malédiction contre la personne. Ils supposent que toutes les tortures qu'ils font subir au cœur de cet animal tourmentent en même temps l'objet de leur aversion. D'autres encore administrent à un crapaud le baptême en lui donnant les noms et les prénoms de leurs ennemis ; ensuite ils lui font avaler une hostie consacrée avec des formules d'imprécation ; puis, après l'avoir entouré de cheveux ou de vêtements provenant de la victime désignée, ils l’enterrent dans un lieu où elle a l'habitude de passer souvent.

Mais les envoûtements les plus ordinaires se font sur des figures de cire ; on mêle à cette cire de l'huile baptismale et des cendres d'hosties brûlées. De ce mélange on forme une image de la personne contre laquelle on dirige les maléfices ; on habille cette poupée, appelée dagyde, des mêmes vêtements que la victime a l'habitude de porter ; on administre les sacrements à la figurine et on prononce contre elle toutes les formules de l'exécration et de la malédiction ; ensuite on lui fait subir des tortures inimaginables, espérant qu'elles sont ressenties par le maléficié lui-même. Si la statue fond à l'ardeur du feu (de préférence un feu de bois et de verveine), l'envoûté, après avoir langui et dépéri pendant un certain temps, est condamné à mourir d'épuisement ; si on pique avec une aiguille neuve la figures de cire, en prononçant des conjurations, les personnes envoûtées souffrent précisément dans la partie qui a reçu la piqûre ; un coup porté dans le cœur de la poupée détermine la mort immédiate de l'envoûté. L'effigie de la victime peut aussi être moulée en terre glaise ou en airain. De nos jours, la poupée est remplacée par une "bougie humaine", bougie à l'effigie d'un homme ou d'une femme dont on choisit la couleur en fonction du but recherché : rouge pour susciter la passion ou la colère, rose pour équilibrer les émotions et à améliorer les relations (amour et amitié), noire pour aider à se débarrasser de quelqu'un, pour se protéger ou encore pour jeter un sort à une personne, blanche pour trouver la guérison, la protection et la purification, verte pour trouver l'espoir, avoir de la chance ou de l'argent.

Voici un envoûtement d'amour tiré d'un grimoire : « Un vendredi, par nuit claire, écraser trois poignées de riz noir. Pétrir la farine obtenue afin d'obtenir une pâte et en confectionner la figure de la personne dont on veut se faire aimer. Ne pas oublier de fabriquer un petit cœur, que l'on placera à l'intérieur de la figure, là où doit se trouver le cœur humain. Allumer un feu de morelle blanche, d'asclépias à fleurs rouges, d'aubépine blanche et de branches de chêne. Faire cuire sous la cendre la figure et la manger très chaude. Toute, sauf le cœur. Autrement, la personne désirée en mourrait. »

Pour paralyser l'effet de l'envoûtement, il faut que la personne maléficiée rende à l'envoûteur un service quelconque et qu'elle tache de l'amener à la communion du sel. Pour éviter l'envoûtement opéré par le crapaud, on doit porter sur soi un crapaud vivant renfermé dans une boite de corne. Pour l'envoûtement par le cœur percé, la personne qui en fait l'objet doit manger un cœur d'agneau assaisonné de sauge et de verveine.

Les anciens croyaient à la puissance de l'envoûtement et à ses effets singuliers ou terribles.

Les auteurs latins parlent de cette pratique de sorcellerie comme d'une des manœuvres occultes le plus souvent employées par les sorciers contre les personnes auxquelles ils veulent nuire. Ovide, dans une de ses plus gracieuses élégies, se plaint d'être sous l'influence fâcheuse (impuissance sexuelle) du maléfice qui fut plus tard désigné sous le nom de "nœud de l'aiguillette".


L'arsenal de la sorcellerie

1° le miroir magique, instrument favori de Catherine de Médicis et dans lequel se reflétait l'avenir ;
2° la pistole volante, monnaie marquée d'un signe cabalistique et qui revenait toujours dans la poche de son maître ;
3° les têtes d'airain, fabriquées sous l'influence de certaines constellations et qui, interrogées, donnaient des conseils ;
4° les armes enchantées ;
5° le carré magique, appareil de divination ;
6° la baguette magique, qui servait à tracer les cercles de conjuration, et enfin les anneaux, colliers, peaux diverses, etc., jouissant de propriétés particulièrement déterminées.
Les onguents, les poudres et les breuvages les plus étranges jouent également dans la sorcellerie un grand rôle. Parmi les plantes, la sorcellerie choisit de préférence celles qui sont vénéneuses ou infectes : la ciguë, la valériane ; celles qui croissent sur les tombeaux; telles que le lierre, la mauve et l'asphodèle. Elle adopte, parmi les animaux, le coq, le serpent, le loup, le hibou et surtout le crapaud. Les cadavres humains des malfaiteurs, des excommuniés et des pendus sont également employés.
Voici une horrible recette trouvée dans un Grimoire espagnol : « Prenez des crapauds, des couleuvres, des lézards, des colimaçons et les insectes les plus laids que vous pourrez trouver. Ecorchez avec vos dents les crapauds et les reptiles ; placez-les dans un pot avec des os d'enfants nouveau-nés et des cervelles de cadavres tirés de la sépulture des églises. Faites bouillir le tout jusqu'à parfaite calcination et faites bénir par le diable. »
On peut même ensorceler les forêts, les fleuves, comme le vent et la mer.
Afin de suppléer les défaillances de la mémoire, on consigne les formules magiques dans des livres : Les Clavicules (Petites clefs) attribuées à Salomon, et les Grimoires.


Le 13 juin 1590, au sujet des gamins et des fillettes convaincus de sorcellerie, l'évêque de Tournai ordonne : « Les premièrement bien catéchiser et instruire et, par après, induire à bonne contrition et abomination d'ung exécrable péché, puis après les envoyer à la confesse et d'en user aussy des exorcismes, s'il est besoin. »

Les synodes de Montauban (1594) et Montpellier (1598) condamnent le "nouement de l'aiguillette" et en excommunient les auteurs.

En 1599, dans ses Six livres de discussions magiques, le jésuite Martin Del Rio affirme qu’en matière de sorcellerie, tous les témoignages sont acceptables pour soumettre un suspect à la torture.

« Le crime de sorcellerie, dit un magistrat de la fin du XVIe siècle, est un crime exceptionnel, tant pour l'énormité d'iceluy que pour ce qu'il se commet le plus souvent de nuit et toujours en secret; tellement, qu'à cette occasion le jugement en doit être traité extraordinairement, sans qu'il soit besoin d'observer en cela l'ordre de droit ni les procédures ordinaires... Je dis qu'il faut condamner tous les sorciers, lors même qu'ils tesmoignent de bons sentiments. J'ajouteray une autre raison bien poignante, savoir : que depuis que l'on a esté une fois empêtré dans les rets de Satan, on ne s'en peut retirer. »

Entre la fin du XVIe siècle et le milieu du XVIIe, environ 100 000 personnes (la plupart des femmes), condamnés par des tribunaux laïcs, sont brûlés pour sorcellerie (bûchers en forme de hutte) dans le Sud de l’Allemagne, particulièrement dans la région de Trêves.

En 1604, le concile de Namur interdit l'usage des livres traitant de magie et excommunie ceux qui pratiquent le "nouement de l'aiguillette".

Lors de son procès en sorcellerie, Madeleine des Aymards, quinze ans, raconte au lieutenant général criminel de Riom, en Auvergne, le sabbat auquel elle a assisté plusieurs fois en 1606 : « Emportée en l'air en une montagne », elle y rencontre « grand nombre de personnes, tant d'hommes que de femmes, de toutes sortes et conditions ». Satan demande alors à ses serviteurs de rendre compte "des maux qu'ils avaient commis, quelles personnes ils avaient tué et empoisonné, indisposé et rendu malade, quel bétail ils avaient fait mourir et quels autres maux ils avaient fait". Puis la messe est contrefaite c'est une messe de dérision, dite à l'envers, sur un autel noir, avec des ornements noirs, une hostie noire... On danse "dos contre dos", au son du fifre et du tambourin. Enfin, le maître de cérémonie éteint la lumière, "et alors chaque homme de ceux qui l'assistaient prenait chacune des femmes et filles qui y estoient et les couchaient par terre et les jouissaient et connoissoient charnellement par le commandement du dit diable".

Le 14 août 1606, François de Nobilibus, moine franciscain, est condamné au bûcher par le Parlement de Grenoble pour des pratiques de sorcellerie ; il est pendu avant d'être brûlé avec ses livres, amulettes, parchemins, effigies, aiguilles, etc.

En 1607, le concile de Malines, après avoir condamné les sorciers et les devins, mande aux juges ecclésiastiques et exhorte les juges laïques de châtier de l'exil ceux qui y ont recours.

Dans un livre publié à Lyon en 1609, Bocquet, chef du tribunal du chapitre de l'abbaye de Saint-Claude (Jura), se vante d'avoir fait brûler 600 sorcières dans l'espace de 10 ans et dans le seul pays de Saint-Claude.

Entre 1608 et 1610, Pierre de Lancre, juge de Bordeaux, mène une longue enquête sur la sorcellerie dans le Labourd (région de Bayonne) dont il tirera en 1612 son fameux Traité de l'inconstance des mauvais anges et des démons. Jeannette d'Abadie, qui n'avait que seize ans lorsqu'elle fut conduite au sabbat par une certaine Gratiane, lui confie "qu'elle y vit le diable en forme d'homme noir et hideux, avec six cornes en la tête, parfois huit, et une grande queue derrière, un visage devant et un autre derrière la tête, comme on peint le dieu Janus, que ladite Gratiane l'ayant présentée, reçut une grande poignée d'or en récompense, puis la fit renoncer et renier son Créateur, la Sainte Vierge, les saints, le baptême, père, mère, parents, le ciel, la terre et tout ce qui est au monde, laquelle renonciation elle lui faisait renouveler toutes les fois qu'elle allait au sabbat, puis elle l'allait b..... au derrière".

En 1610, le concile de Metz réprouve ceux qui usent de l'Eucharistie, de reliques ou d'images saintes en vue de maléficier.

1611 
- Le 2 janvier, débute en Hongrie le procès de la comtesse sanglante, Erzsébet (Elisabeth) Bathory, et de quatre serviteurs complices, qui dure 5 jours. Arrêtés le 29 décembre 1610, sur ordre du roi Matthias, par le comte Gyorgy Thurzo (dont les hommes ont trouvé une fille morte, une mourante, une blessée et d’autres enfermées), les accusés sont : Erzsébet Bathory, Janos Ujvari (Ficzko), Jo Ilona, Dorottya Szentes (Dorko) et Katalin Beniezky. Tous sauf Bathory (qui s’enferme dans un mutisme total) avouent les crimes et tortures. La comtesse, qui s'adonnait à la magie noire, envoyait ses complices trouver et ramener des jeunes filles au château pour les sacrifier afin de boire leur sang ou de se baigner dedans (le nombre de jeunes filles torturées et tuées reste indéterminé ; on en a mentionné une centaine). Bathory était persuadée que le sang des jeunes filles, accompagné de rituels adaptés, allait ralentir sa vieillesse et maintenir sa beauté. Jo Ilona, Ficzko, Dorko et Katalin Beniezky sont condamnés à la décapitation et exécutés. Le 17 avril, Bathory est condamnée à être emmurée dans sa chambre (avec juste une ouverture permettant de lui transmettre de la nourriture) où elle meurt le 21 août 1614. La légende en a fait un vampire.
- Louis Gaufridy, curé de Notre-Dame des Accoules à Marseille, après avoir subi les questions ordinaire et extraordinaire, est condamné pour avoir introduit le démon dans un couvent d'ursulines : il est brûlé vif le 30 avril. Des ursulines ont accusé Gaufridy des pires turpitudes notamment de les avoir fait posséder par les démons, Belzébuth, Asmodée, Verrine, Grésil, Sonneillon, et autres…

De 1611 à 1618, à Ellwangen, petit territoire catholique dans le Sud-ouest de l'Allemagne, 400 personnes sont condamnées puis exécutées au cours d'une des plus importantes chasses aux sorcières de l'histoire européenne.

En 1615, la chasse aux sorcières atteint le petit village suisse de Golion (Vaud) : sur ses 200 habitants, 25 seront brûlés vifs pour sorcellerie sur une période de 16 ans.

Le 8 juillet 1617, Léonora Galigaï (épouse de Concino Concini, marquis d’Ancre et maréchal), accusée de judaïsme, de magie, de sortilèges (notamment d’avoir ensorcelé la reine mère, Marie de Médicis, dont elle était l’amie et la femme de chambre) et condamnée comme sorcière malgré ses dénégations, est décapitée puis brûlée en place de Grève. Le 24 avril, Louis XIII a fait abattre, à coups de pistolet, Concini, l’amant notoire de la reine mère, dans la cour du Louvre, par le baron de Vitry, capitaine des gardes.

En 1619, à Bordeaux, Pierre de Lancre, préside une commission qui, dans une seule année, fait conduire au supplice 500 prétendus sorciers.

En 1620, procès des sorciers de Nérac.

En 1622, le médecin Poirot est accusé d'avoir ensorcelé une grande dame à Nancy.

Urbain VIII, pape de 1623 à 1644, demande aux juges de faire preuve de discernement.

1631 
- le concile de Cambrai excommunie ceux qui consultent les devins.
- Un jésuite allemand, Friedrich Spee von Langenfeld (1591-1635) publie anonymement son manuscrit Cautio Criminalis dans lequel il dénonce les procès en sorcellerie illégitimes et inhumains, la torture brutale et l’extermination systématique d’innocents : des malheureuses, qui n'ont de sorcières que le nom, sont arrêtées, emprisonnées, torturées et condamnées au bûcher que pour avoir été accusées par d'autres inculpés eux-mêmes soumis à d'effroyables tortures. Quand il publie en 1632 une seconde version plus critique que la première, il perd la protection de la Compagnie de Jésus qu’il doit quitter.

8 avril 1634, procès en sorcellerie d'Adrien Bouchard et de ses complices devant le Parlement de Paris.
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Message  Arlitto le Dim 29 Mai - 9:13

Les possédées de Loudun

Le 18 août 1634, Urbain Grandier, curé libertin de Saint-Pierre de Loudun (Vienne) et auteur d'un traité contre le célibat des prêtres et d'un pamphlet contre Richelieu, qui a toujours juré être innocent (même sous la torture), est brûlé vif pour crime de sorcellerie suite à l’affaire des "possédées de Loudun" (23 religieuses ursulines 16).
Au cours du procès on exhiba un pacte satanique que le prêtre fut accusé d’avoir écrit de son propre sang. Il lui fut reproché d’avoir provoqué par la magie l’effrayant désordre mental qui agitait, depuis septembre 1632, dix jeunes religieuses ursulines de dix-huit à trente ans. Des exorcistes luttèrent durant des heures contre les "diables" qui, en la personne des "possédées", leur répondaient par mille insultes, prédisaient l’avenir, devinaient les secrets des assistants, se roulaient à terre et hurlaient de rage en dénonçant le magicien (les démons Béhémoth, Bélaam, Issacarum, Ausitif et Zabulon furent identifiés). Grandier s’étant malencontreusement mêlé aux adversaires de l’autorité centrale (surtout des protestants) en s'opposant à la destruction du donjon et des fortifications de Loudun, Richelieu 15 suivait de près l’affaire et le chancelier Séguier se faisait envoyer des rapports. Sorcellerie ? Duperie ? Maladie ? Complot ? En tous cas, le jugement, organisé par Laubardemont, commissaire de Richelieu, fut politique.
Après le procès (qui condamna un prêtre surtout coupable d’avoir trop aimé les femmes de ses paroissiens et d’avoir mis enceinte la fille de Louis Trincant, procureur du Roi à Loudun et proche du chanoine Mignon, le confesseur du couvent des Ursulines) et l'exécution, la "possession" continue. En décembre, le jésuite Surin est envoyé à Loudun avec une cohorte d’exorcistes ; il fait tout pour diminuer, sinon supprimer, les exorcismes publics. En mars 1643, suite au témoignage du démon Léviathan, Madeleine Bavent est accusée de sorcellerie : elle est dépouillée du voile et condamnée à la prison à vie dans les geôles de l’Officialité (elle sera la seule religieuse reconnue responsable). Finalement, la prieure, Jeanne des Anges, après avoir accompli un pèlerinage sur le tombeau de François de Sales en Savoie, change son personnage de possédée (elle fut la première à accuser Grandier, dont elle était folle jusqu'à l'hystérie, d'avoir employé la magie noire pour la séduire : une branche de rosier fleuri ensorcelée) en celui de visionnaire : Loudun devient alors un centre dévot...


En 1638, les statuts de Narbonne établissent la hiérarchie suivante : magiciens, devins, enchanteurs, sorciers.

En 1640, un arrêt sans appel du Parlement de Paris interdit à tous les Tribunaux de France de "procéder à l'instruction et au jugement de procès criminel des accusés de crime de sortilège". C'est la fin de la chasse aux sorcières en France.

Matthew Hopkins, chasseur de sorcières anglais, commence sa "carrière" quand il entend des femmes parler de leurs rencontres avec le Diable en mars 1644 à Manningtree, une ville près de Colchester, où il vit à cette période. Suivant l'accusation de Hopkins, 19 sorcières présumées sont pendues, et quatre autres meurent en prison. Hopkins parcourt ensuite l'est de l'Angleterre, prétendant, peut-être à raison, être officiellement mandaté par le Parlement pour trouver et poursuivre les sorcières. Sa carrière de chasseur de sorcières durera jusqu'à sa mort en 1647. La torture étant, en pratique, illégale en Angleterre, il utilise diverses méthodes pour extirper des confessions de certaines de ses victimes. Il les prive de sommeil, une torture sans effusion de sang. Il les plonge liées dans l'eau, pour voir si les accusées flottent ou coulent, d'après la théorie que l'eau rejette les sorcières de façon surnaturelle, puisqu'elles ont renoncé au baptême. Il emploie également des "piqueurs de sorcières" qui enfoncent des aiguilles et des couteaux à la recherche des marques du diable, supposées insensibles à la douleur et dépourvues de sang. Hopkins et son associé John Stearne, accompagnés d'assistantes féminines, sont bien payés pour leur besogne, gagnant 20 livres pour une visite à Stowmarket, Suffolk, ce qui est alors plus qu'un an de salaire pour la plupart des gens 4.

Le 6 avril 1652, Michée Chauderon est la dernière « sorcière » brûlée à Genève.
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Re: Sorcellerie et satanisme. Evocation des esprits, nécromancie

Message  Arlitto le Dim 29 Mai - 9:14

La drogue des sorciers

Sous Louis XIV, le savant Gassendi (+1655) se livre à des expériences qui corroborent les idées de Jean de Wier (1564).
S'étant rendu dans une vallée des Basses-Alpes, où la sorcellerie compte de nombreux adeptes, il fait tomber quelques paysans dans un sommeil léthargique en leur faisant prendre une préparation narcotique dont un prétendu sorcier lui a donné la recette. En la leur administrant, il leur annonce qu'ils vont être transportés dans une assemblée infernale. A leur réveil, les dormeurs, qui n'ont pas quitté leurs lits, font un récit complet de ce qu'ils ont vu au sabbat et racontent les impressions qu'ils ont éprouvées.
Gassendi en conclut que les prétendus voyages sur un manche à balai, les entrevues avec le diable, etc., n'existent que dans l'imagination des individus, qui prennent pour des réalités les effets d'hallucination produits par un narcotique.


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Kandaurov Anton, 1899

Le 24 avril 1662, un arrêt du Conseil accorde la liberté à toutes les personnes détenues dans les prisons de Normandie pour cause de magie et de sortilège.

En 1667, John Milton publie son Paradis perdu dans lequel il met en scène deux épisodes cruciaux de la Bible : la rébellion de Satan et des anges rebelles (motivée par la décision prise par Dieu de proclamer la gloire de son Fils) et leur châtiment ; le péché originel d’Adam et Ève tentés par le serpent entrant dans le jardin d’Éden pour exercer sa vengeance sur la créature divine, tentation qui mène inéluctablement à la faute et à la perte du Paradis. Milton s’interroge sur l’origine du mal dans le monde.

Le 26 août 1670, Louis XIV prend une ordonnance criminelle sur la déculpabilisation pénale de la sorcellerie.


L’Affaire des Poisons

Après l'exécution de la marquise de Brinvilliers le 17 juillet 1676, suite à sa condamnation à mort pour empoisonnements de son père et de ses deux frères, les enquêteurs poursuivent leur travail. Ils découvrent tout un monde de tireuses de cartes, magiciennes, sorcières, devineresses, avorteuses, empoisonneuses, sorciers et prêtres défroqués qui trafique et vend philtres et poisons à des acheteurs issus de toutes les classes de la société, de la noblesse de cour au menu peuple.

Le 5 décembre 1677, le lieutenant de police Gabriel-Nicolas de La Reynie fait arrêter, à Paris, Louis de Vanens, gentilhomme de Provence et homme de cour, qu’il croit être un espion. Les papiers qu'on trouve chez le suspect révèlent l'existence d'une bande d'alchimistes, de faux monnayeurs et de prostituées, à laquelle sont mêlés des gens du monde et quelques prêtres ; Vanens est alors considéré comme sataniste.

Début 1679, le lieutenant de police fait arrêter la dame Vigoureux et une dénommée Marie Bosse, avec ses enfants. Marie Bosse apprend à ses interrogateurs qu'il y a, à Paris, plus de 400 devineresses et magiciens qui "perdent bien du monde, surtout des femmes".
Le 12 mars, à la Villeneuve-sur-Gravois, la police arrête Catherine Deshayes, épouse Monvoisin, alias la Voisin ; le 17, c’est le tour de son principal auxiliaire, le magicien Adam Coeuret, dit Dubuisson, le faux abbé Le Sage.

Comme le lui suggère La Reynie, le roi crée le 7 avril 1679 une commission spéciale, la Chambre ardente dite "Cour des Poisons" qui siège à l'Arsenal. Trois cent soixante-sept personnes comparaissent. Les interrogatoires aboutissent rapidement à la mise en cause de personnalités de plus en plus proches du roi et de Françoise Athénaïs de Rochechouart de Mortemart, marquise de Montespan. La Voisin, principale accusée, est soupçonnée d'empoisonnements, d'avortements, de participation à des messes noires. Soumise à la question ordinaire, elle avoue tout, mais se refuse à parler de Madame de Montespan. Pour échapper à la mort, par arrêt des poursuites, les accusés ont tout intérêt à mettre en cause de très hautes personnalités : la duchesse de Bouillon, la comtesse de Soissons (toutes deux nièces de Mazarin), le maréchal de Luxembourg, la comtesse de la Roure, la marquise d'Alluye, la vicomtesse de Polignac, Mme de Dreux, Racine (dénoncé pour avoir empoisonné son épouse secrète, Mlle du Parc) et, bien sûr, la maîtresse du roi. Louis XIV ordonne qu'on n'ait point égard aux personnes. La comtesse de Soissons est exilée. Mme de Montespan, qui a eu 7 enfants du roi, est épargnée ; mais elle montrera une telle joie à la mort de la duchesse de Fontanges (28 juin 1681) que le roi lui demandera de ne plus paraître en sa présence et l’écartera en la nommant surintendante de la Maison de la Reine. En 1691, Mme de Montespan, délaissée par le roi, se retirera à Paris chez les Carmélites puis dans la communauté des Dames de Saint-Joseph qu’elle a fondée rue Saint-Dominique, avant de revenir dans le monde. Françoise de Mortemart, marquise de Montespan, mourra à Bourbon-l’Archambault le 28 mai 1707.

Le 22 février 1680, Catherine Deshayes épouse Monvoisin, dite la Voisin, est brûlée à Paris, place de Grève. Elle a été condamnée au bûcher pour avoir fourni du poison (compromise avec la Vigoureux dans l’affaire des Poisons appelés poudres de succession en 1679, elle aurait fourni à la duchesse de Montespan des aphrodisiaques administrés au roi à son insu, mais aussi peut-être du poison) et pratiqué la sorcellerie (influencée par le magicien Le Sage et complice de l’abbé Guibourg, ancien aumônier du comte de Montgomery, pour ses messes noires, elle aurait participé à l’égorgement d’enfants en bas âge volés ; elle a avoué avoir "brûlé dans le four, ou enterré dans son jardin, les corps de plus de 2 500 enfants nés avant terme").
Le 18 septembre 1680, Louis XIV exige que les "originaux des faits particuliers" (c'est-à-dire tous les documents dans lesquels apparaît le nom de Montespan) lui soient remis : il les fera brûler.
Le 19 mars 1681, le roi soumet les personnes liées à l’affaire de Mme de Montespan à la procédure des lettres de cachet pour éviter tout scandale. Marguerite, la fille de la Voisin, qui dénonce à La Reynie la participation de Madame de Montespan à une messe noire célébrée par l'abbé Guibourg et accuse Madame de Montespan d'avoir voulu empoisonner une de ses rivales, Madame de Fontanges, et le roi lui-même, est enfermée à Belle-Île : « Toutes les fois qu'il arrivait quelque chose de nouveau à Mme de Montespan et qu'elle craignait quelque diminution aux bonnes grâces du roi, elle donnait avis à ma mère, afin qu'elle y apportât quelque remède, et ma mère avait aussitôt recours à des prêtres, par qui elle faisait dire des messes, et donnait des poudres pour les faire prendre au roi ».

Une autre empoisonneuse, La Filastre, qui avait, elle aussi, accusé Madame de Montespan, se rétracte au moment de monter sur le bûcher.
La Chambre ardente aura tenu 210 séances, lancé 319 décrets d’arrestation, fait incarcérer 194 personnes, prononcé 104 jugements dont 36 condamnations à mort, 4 aux galères, 34 au bannissement et 30 acquittements ; Le Sage, l'abbé Guibourg et Marguerite Monvoisin échapperont au bûcher.


L’édit du 30 août 1682 interdit toutes pratiques de magie noire ou divination et réglemente sévèrement les manipulations de produits pharmaceutiques ; les sorciers sont chassés du royaume de France ; la charge d’astrologue du roi est supprimée. L'article Ier ordonne que toutes les personnes se mêlant de deviner et se disant devins ou devineresses aient "à vider incessamment le royaume, sous peine de punition corporelle". L'article 2 défend toutes pratiques superstitieuses de fait, par écrit ou par paroles, soit en abusant des termes de l'Ecriture sainte ou des prières de l'Eglise, soit en disant ou en faisant des choses qui n'ont aucun rapport aux causes naturelles ; il porte, en outre, que ceux qui se trouveront les avoir enseignées, "ensemble ceux qui les auront mises en usage et qui s'en seront servis pour quelque fin que ce puisse être, soient punis exemplairement et suivant l'exigence des cas". L'article 3 veut que, s'il se trouve à l'avenir des personnes assez méchantes pour ajouter le sortilège à l'impiété, sous n'importe quel prétexte, elles soient punies de mort. Cette loi permet encore aux parlements l'application de peines exorbitantes pour un crime imaginaire.

En 1691, un arrêt de mort est prononcé contre huit bergers de Pacy-en-Brie, accusés d'avoir jeté un sort sur leurs troupeaux.
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Message  Arlitto le Dim 29 Mai - 9:14

Procès de Salem 

Le 2 juin 1692 est ouvert dans le Massachusetts le procès des sorcières de Salem arrêtées le 1er mars. Les magistrats n'ont pas de preuves mais l'attitude des accusés leur en fournit : cris déments, bouches baveuses, yeux révulsés, membres tordus, etc. Le 10 juin, Bridget Bishop est pendue. Cinq autres accusées dont Rebecca Nurse et Sarah Good sont pendues le 19 juillet. Le 19 août, c’est le tour d’une femme et de quatre hommes dont le révérend Burroughs. Il s’agissait probablement de malades atteints du "Mal des ardents" ou "Feu de Saint Antoine" causé par l'ergot du seigle, champignon bien connu en Europe, déclenchant de violents spasmes musculaires, des hallucinations et l'impression que des bêtes vous courent sous la peau.

En 1718, dernière condamnation d’un sorcier en France. Le Parlement de Bordeaux ordonne le supplice d’un homme accusé d’avoir "lié" un seigneur, sa femme et ses servantes.

En 1722, on brûle un sorcier en Ecosse.

En 1731, le fameux jésuite Girard manque d’être brûlé vif pour fait de sortilège envers la belle Cadière, qu'il avait tout simplement séduite.

Le Dictionnaire de Trévoux (1732) donne cette définition : « Sorcier, magicien, enchanteur : celui qui, selon l'opinion commune, a communication avec le diable, et qui fait plusieurs choses merveilleuses par son secours. On tient que les sorciers vont à des assemblées nocturnes qu'ils nomment sabbat, qu'ils y adorent le diable, qu'ils ont une marque qui rend la partie insensible. Ceux qui ont écrit de la Démonomanie, comme Del Rio, Bodin…en racontent mille merveilles, dont la plupart sont visiblement fabuleuses. On excommunie au prône les sorciers et les sorcières, devins ou devineresses. Le peuple, qui souvent juge de travers, a accusé plusieurs grands hommes d'être sorciers. Le Parlement de Paris ne reconnaît point de sorciers. Le Parlement de Rouen les brûlait autrefois ; on ne le fait plus. On ne doit punir ceux qu'on accuse d'être sorciers, que lorsqu’ils sont dûment convaincus de maléfice, de quelque manière qu'ils l'aient fait. »

Pour Voltaire (1694-1778) : « Rien n'est plus ridicule que de condamner un vrai magicien à être brûlé ; car on devait présumer qu'il pouvait éteindre le feu et tordre le cou à ses juges » (Dictionnaire philosophique).

En 1750, on brûle, à Wurtzbourg en Bavière, une religieuse qui avoue avoir pratiqué divers maléfices, mais sans résultat, pour faire périr plusieurs personnes.

Dans les années 1750, Francis Dashwood, Le Despenser(1708-1781), baron et héritier d'une des plus grosses fortunes d'Angleterre, fonde, dans la petite ville anglaise de West Wycombe, The order of the friars of saint Francis of Wycombe (ordre des moines de saint Francis de Wycombe) surnommé Hell fire Club (Club du Feu de l'Enfer) dont les réunions se déroulent dans l'abbaye de Medmenham puis, après 1760, dans un temple souterrain sous la demeure de Dashwood à West Wycombe. Les femmes peuvent être membres du Club en toute égalité. Appartenir au club dont les mots d'ordre sont satanisme et débauche, veut avant tout dire partager des plaisirs licencieux, seul ou à plusieurs, et abjurer sa foi pour adorer le Diable. Les membres dirigeants appartiennent souvent aux plus hautes couches de l'aristocratie britannique. Parmi eux : le Comte de Sandwich, premier Lord de l'Amirauté, le Comte de Bute, proche du roi George III, Premier Ministre à partir de 1762, John Wilkes, maire de Londres, Thomas Potter, fils de l'archevêque de Canterbury et vice-trésorier de l'Irlande, l'écrivain Laurence Sterne, les poètes Paul Whitehead et Charles Churchill, le peintre William Hogarth et Benjamin Franklin (élu de Philadelphie qui représente les colons de Pennsylvanie à Londres en 1757 puis agent des colonies à Londres en 1764), un ami proche de Dashwood.

Les Encyclopédistes (1751-1772) définissent ainsi la sorcellerie : « Opération magique honteuse ou ridicule, attribuée stupidement par la superstition à l'invocation et au pouvoir des démons. »

En 1764, Pierre Sirven est accusé du meurtre de sa fille par sorcellerie : en fait, elle était épileptique.

Le 18 juin 1782, Anna Göldi (ou Göldin), condamnée pour avoir ensorcelé une fillette, est décapitée à Glaris en Suisse : c’est l’une des dernières sorcières exécutées en Europe (deux "sorcières" polonaises auraient été exécutées en 1793). Le parlement glaronais a réhabilité Anna Göldi le 27 août 2008.

William Blake publie Le Mariage du ciel et de l’enfer (1790-1793) où les symboles du Bien et du Mal se trouvent systématiquement inversés.

En 1816, une jeune fille du bourg de Teilly en Picardie, est possédée par les démons "Zozo, Mimi et Crapoulet"…

Selon Jacques-Albin-Simon Collin de Plancy, neveu de Danton (Dictionnaire infernal, 1818) : « Le sabbat est l'assemblée des démons, des sorciers et des sorcières dans leurs orgies nocturnes. On s'y occupe ordinairement à faire et à méditer le mal, à donner des craintes et des frayeurs, à préparer des maléfices, à des mystères abominables. Le sabbat se fait dans un carrefour, ou dans quelque lieu désert et sauvage, auprès d'un lac ou d'un étang, ou d'un marais, parce qu'on y fait la grêle et qu'on y fabrique des orages. Le lieu qui sert à ce rassemblement reçoit une telle malédiction qu'il n'y peut plus rien y croître ».

Dans le Caïn de Byron (1821), toute l’argumentation de Lucifer tend à démontrer que la création est un acte égoïste de Dieu, qui a, pour son plaisir, attaché "une haute pensée à une masse servile de matière", afin de régner solitaire sur un univers plongé dans la souffrance. La cause des démons est donc identique à celle des hommes. Elle engendre une sympathie active qui entend aider l’humanité à lutter contre le tyran d’en haut, lui permettant de se créer "un monde intérieur, là où le monde extérieur fait faute", et de se rapprocher ainsi de sa nature spirituelle.

En 1857, à Morzine (Savoie), deux fillettes accusent une femme d’un village voisin de les avoir envoûtées ; et, bientôt, toute l’école est possédée. Les médecins concluent à une "monomanie" et prescrivent l’isolement. Le curé pratique des exorcismes malgré l’interdiction de l’évêque. En 1860, 120 personnes se trouvent possédées : probablement des esprits fragiles influencés par les exorcismes et dont l’isolement a aggravé l’état. La possession touchera 200 personnes en 6 ans, jusqu’à ce que, le sermon d’un nouveau curé, l’intervention d'un détachement de gendarmerie menaçant d’emprisonnement les plus excités, la venue de l’inspecteur du service des aliénés et la répartition des malades dans différents hôpitaux, ramènent le calme.

Victor Hugo commence, début 1854, La Fin de Satan (reprise et complétée en 1859-1860, elle est abandonnée et inachevée). L’histoire, ouverte par la chute de l’archange révolté, se poursuit dans la fatalité, sous la forme de la guerre (Nemrod), du gibet (la crucifixion de Jésus), de la prison (la Bastille). Lilith/Isis, fille de Satan, déesse de l’ombre, préside à cette histoire, jusqu’au jour où, le 14 juillet 1789, l’autre fille de Satan, l’ange "Liberté", née d’une plume de l’archange Lucifer et du regard de Dieu, la dissout dans sa lumière : l’histoire tend alors vers son achèvement, par la réconciliation de Satan avec Dieu.

Michelet s’efforce de démontrer dans La Sorcière (1862) que le culte de Satan est une revanche du peuple, et notamment de la femme, contre les humiliations que leur impose la société féodale, et l’expression instinctive d’une confiance dans les forces de la nature.

En 1863,  Hymne à Satan de Giosuè Carducci.

En 1871, Michel Bakounine (de la Loge italienne Il Progresso Sociale) écrit dans Dieu et l’Etat : « Satan est le premier libre-penseur et sauveur de ce monde. Il libère Adam et imprime sur son front le sceau de l'humanité et de la liberté en le faisant désobéir. »

1872 
- Dans son poème Tristesse du diable, Leconte de Lisle fait de Satan "le premier rêveur, la plus vieille victime".
- En décembre, le New-York Herald annonce qu'une vieille indienne, accusée d'avoir causé la mort de plusieurs de ses parents par ses sortilèges et ses maléfices, a été condamnée par le grand conseil de la vallée de Pina-Nut (Nevada) à être lapidée et a subi ce supplice.

Au Mexique, le 4 avril 1874, Castillo, l'alcade de Jacobo, arrête, juge et fait brûler vifs comme sorciers, Jose-Maria Bonilla et sa femme Diega.


Evocation du Diable

"D’après Eliphas Lévi (de son vrai nom Alphonse-Louis Constant, diacre puis franc-maçon initié le 14 mars 1861 dans la loge parisienne La Rose du parfait silence, + 1875), on doit remplir 5 conditions principales pour évoquer le Diable :

1° il faut être doué d'une force de volonté invincible ;
2° d'une conscience à la fois endurcie au crime et très accessible à la crainte et au remords ;
3° d'une ignorance affectée ou naturelle ;
4° d'une foi aveugle en tout ce qui n'est pas croyable ;
5° d'une idée absolument fausse de la Divinité.

Quant au rituel à observer, le voici : il faut se procurer la fourche magique et faire une baguette d'une branche de noisetier ou d'amandier coupée d'un seul coup avec un couteau neuf qui aura servi à un sacrifice sanglant ; cette branche devra être d'un seul jet et terminée en forme de fourche. Après un jeûne de quinze jours, pendant lesquels on n'aura pris qu'un repas sans sel après le coucher du soleil, repas composé de pain noir et de sang assaisonné d'épices, de fèves noires et d'herbes laiteuses et narcotiques ; après avoir eu soin de s'enivrer tous les cinq jours avec du vin infusé de cinq têtes de pavots noirs et de cinq onces de chènevis trituré qu'on aura tenu quelque temps dans un linge filé par une prostituée, on fixera pour l'évocation la nuit du lundi au mardi ou du vendredi au samedi. L'évocation devra se faire dans un lieu solitaire et mal famé ou redouté, tel qu'un cimetière. L'opérateur aura une robe noire sans coutures et sans manches ; il se couvrira la tête d'une calotte de plomb portant les signes de Vénus et de Saturne ; puis il tracera avec l'épée magique, dont le manche doit être noir, un cercle parfait, en ayant soin, cependant, de laisser une solution de continuité ; dans ce cercle il inscrira un triangle, après avoir eu soin de rougir de sang le cercle tracé par l'épée magique ; à l’un des angles du triangle, il placera un réchaud à trois pieds ; il tracera pour lui et les deux opérateurs qui devront l'aider trois petits cercles à la base du triangle ; il prendra de son propre sang pour tracer derrière le cercle où il se placera le signe du Labarum ou le monogramme de Constantin ; il découpera en bandes, pour la placer dans le cercle, la peau d'une victime, et formera un autre cercle intérieur fixé par quatre clous arrachés au cercueil d'un supplicié ; il placera ensuite près des quatre clous et en dehors du cercle le crâne d'un parricide, les cornes d'un bouc avec lequel une jeune fille concubuerit et une chauve-souris noyée dans le sang ; il aspergera tout cela avec le sang d’une victime contenu dans un vase de cuivre, puis il allumera un feu de bois d'aulne et de cyprès ; il placera à sa droite et à sa gauche, dans des couronnes de verveine, deux chandeliers dont les chandelles devront être faites avec du suif humain ; alors il prononcera les formules d'évocation sur un ton terrible et menaçant, jusqu'à ce que l'esprit lui réponde.

Les pactes conclus, à la suite de ces cérémonies, avec ce terrible personnage, étaient écrits sur un parchemin de peau de bouc avec une plume de fer et une goutte de sang qu'on devait tirer de son bras gauche. Il fallait 2 copies du pacte : le diable en emportait une en enfer et laissait l'autre à l'évocateur." 

1877 : Lucifero de Rapisardi
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Re: Sorcellerie et satanisme. Evocation des esprits, nécromancie

Message  Arlitto le Dim 29 Mai - 9:15

Encyclique du pape Léon XIII contre les francs-maçons

Le 20 avril 1884, le pape Léon XIII publie l'encyclique Humanum genus contre les francs-maçons : « Depuis que, par la jalousie du démon, le genre humain s'est misérablement séparé de Dieu auquel il était redevable de son appel à l'existence et des dons surnaturels, il s'est partagé en deux camps ennemis, lesquels ne cessent pas de combattre, l'un pour la vérité et la vertu, l'autre pour tout ce qui est contraire à la vertu et à la vérité. Le premier est le royaume de Dieu sur la terre, à savoir la véritable Eglise de Jésus Christ, dont les membres, s'ils veulent lui appartenir du fond du cœur et de manière à opérer le salut, doivent nécessairement servir Dieu et son Fils unique, de toute leur âme, de toute leur volonté. Le second est le royaume de Satan. Sous son empire et en sa puissance se trouvent tous ceux qui, suivant les funestes exemples de leur chef et de nos premiers parents, refusent d'obéir à la loi divine et multiplient leurs efforts, ici, pour se passer de Dieu, là pour agir directement contre Dieu (...) A notre époque, les fauteurs du mal paraissent s'être coalisés dans un immense effort, sous l'impulsion et avec l'aide d'une Société répandue en un grand nombre de lieux et fortement organisée, la Société des Francs-Maçons. Ceux-ci, en effet, ne prennent plus la peine de dissimuler leurs intentions et ils rivalisent d'audace entre eux contre l'auguste majesté de Dieu. C'est publiquement, à ciel ouvert, qu'ils entreprennent de ruiner la sainte Eglise, afin d'arriver, si c'était possible, à dépouiller complètement les nations chrétiennes des bienfaits dont elles sont redevables au Sauveur Jésus Christ (...) Le but fondamental et l'esprit de la secte maçonnique avaient été mis en pleine lumière par la manifestation évidente de ses agissements, la connaissance de ses principes, l'exposition de ses règles, de ses rites et de leurs commentaires auxquels, plus d'une fois, s'étaient ajoutés les témoignages de ses propres adeptes. En présence de ces faits, il était tout simple que ce Siège apostolique dénonçât publiquement la secte des Francs-Maçons comme une association criminelle, non moins pernicieuse aux intérêts du christianisme qu'à ceux de la société civile. Il édicta donc contre elle les peines les plus graves dont l'Eglise a coutume de frapper les coupables et interdit de s'y affilier (...) ce qui n'est ni moins horrible ni plus supportable, c'est de voir répudier les bienfaits miséricordieux acquis par Jésus Christ, d'abord aux individus, puis aux hommes groupés en familles et en nations : bienfaits qui, au témoignage des ennemis du christianisme, sont du plus haut prix. Certes, dans un plan si insensé et si criminel, il est bien permis de reconnaître la haine implacable dont Satan est animé à l'égard de Jésus Christ et sa passion de vengeance (...) Demandons à la Vierge Marie, Mère de Dieu, de se faire notre auxiliaire et notre interprète. Victorieuse de Satan dès le premier instant de sa conception, qu'Elle déploie sa puissance contre les sectes réprouvées qui font si évidemment revivre parmi nous l'esprit de révolte, l'incorrigible perfidie et la ruse du démon. Appelons à notre aide le prince des milices célestes, saint Michel, qui a précipité dans les enfers les anges révoltés ; puis saint Joseph, l'époux de la Très Sainte Vierge, le céleste et tutélaire patron de l'Église catholique et les grands apôtres saint Pierre et saint Paul, ces infatigables semeurs et ces champions invincibles de la foi catholique. Grâce à leur protection et à la persévérance de tous les fidèles dans la prière, Nous avons la confiance que Dieu daignera envoyer un secours opportun et miséricordieux au genre humain en proie à un si grand danger. »

Léon XIII écrit aussi un exorcisme contre les ennemis de l’Eglise.


En 1895, l'écrivain français, Marie Joseph Gabriel Antoine Jogand-Pagès, dit Léo Taxil, exclu de la Franc-maçonnerie dès le 1er degré pour "fraude littéraire" (plagiat), publie "Le diable au XIXème siècle" en collaboration avec le docteur Charles Hacks et sous l'unique pseudonyme de Docteur Bataille. Il y accuse les loges d'adorer le démon et prétend qu'une certaine Diana Vaughan, fiancée du démon Asmodée, a écrit pour lui ses confessions où elle parle d'un culte satanique appelé "palladisme". Il affirme aussi que l'américain Albert Pike, Grand Commandeur du Suprême Conseil de la Juridiction Sud du Rite écossais ancien et accepté, mort en 1891 à Washington, était un pape luciférien et le chef suprême de tous les francs-maçons du globe, et qu'il conférait avec Satan tous les vendredis à trois heures. Du coup, Mgr Northrop, évêque de Charleston (Caroline du Sud), se rend spécialement à Rome pour assurer Léon XIII que les francs-maçons de sa ville épiscopale sont de dignes gens et que leur temple ne s'orne d'aucune statue de Satan 12. Le 19 avril 1897, Léo Taxil donnera une conférence dans la grande salle de la Société de géographie de Paris, et avouera, devant un auditoire indigné puis furieux, qu'il s'agissait d'un canular.

1897 : Inferno, pièce d'August Strinberg.

En 1904, l’occultiste Edward Alexander Crowley (1875-1947) crée une secte adonnée à la magie sexuelle, l’ordre de l'Etoile d'Argent (Astrum Argentium), et enseigne le culte de l'énergie solaire phallique que le démon "Aïwass" lui aurait révélé. En 1912, il est introduit dans l'Ordre des Templiers d'Orient (Ordo Templi Orientis) et, sous le nom de "Baphomet", prend la direction de la branche anglaise de l'ordre.

Le 24 décembre 1915, à Stone Mountain (Géorgie, USA), un ancien prédicateur méthodiste, le révérend William Joseph Simmons, se prétendant colonel, annonce la renaissance du Ku Klux Klan et se proclame "Sorcier Impérial de l'Empire Invisible" : il ne s'agit plus seulement de combattre les Noirs mais aussi toute immigration massive, le catholicisme et le communisme athée.

En 1917, le Saint-Office condamne le spiritisme : « Le 24 avril 1917, en séance plénière, aux Eminentissimes et Révérendissimes Seigneurs Cardinaux, Inquisiteurs généraux de la Foi et des Mœurs, on a demandé : « S'il était permis, par médium, comme on les appelle, ou sans médium, en usant ou non d'hypnotisme, d'assister à quelque manifestation spirite que ce soit, même présentant un aspect d'honnêteté ou de piété, soit en interrogeant les âmes ou esprits, soit en écoutant les réponses, soit comme observateurs, même avec l'affirmation, tacite ou exprimée, de ne vouloir aucun commerce avec les esprits malins ». Les Eminentissimes et Révérendissimes Pères ont répondu NON, sur tous les points. Le 26 du même mois, S.S. Benoît XV a approuvé la résolution des Eminents Pères qui lui avait été soumise ».

1920 : Edward Alexander Crowley (voir 1904) crée l’ordre germanique du Temple Oriental.

En 1944, Helen Duncan est la dernière Ecossaise à être condamnée en vertu de la Loi sur la sorcellerie de 1735 (abolie en 1951). Elle passe neuf mois en prison parce qu'elle a révélé avoir entendu l'esprit d'un marin évoquer la perte d'un navire lors d'une bataille alors que ce naufrage était tenu secret par l'armée.

En 1964, Claude Seignolle, grand spécialiste du démon et de la sorcellerie, écrit dans Les Evangiles du diable : « [...] le sorcier devait se munir d'un crapaud noir et d'une couverture d'étoupe de laine ou bourrat. Il étendait le bourrat au milieu de la croisée des chemins et promenait le crapaud dessus, en dessinant des cercles de plus en plus petits et qui rentraient les uns dans les autres, ou bien des croix s'entrecroisant. Aux douze coups de minuit, il s'écriait : « Diaut ! Diaut ! Tétragrammatos ! » Soudain, il sentait un manche à balai se glisser entre ses jambes. Il était entraîné, en une sauvage chevauchée, à travers les éléments déchaînés, jusqu'au grand maître Asmodée qui, dans d'étranges cérémonies, lui révélait ses secrets. Puis, comme au sortir d'un rêve, le sorcier se retrouvait dans la clairière. »

En 1966, à San Francisco, un ancien dompteur, Anton Szandor LaVey (de son vrai nom Howard Stanton Levey) écrit une Bible satanique et fonde l’Eglise de Satan le 30 avril. LaVey (proche des Rolling Stones et de Marylin Manson qu'il fera prêtre de l'Eglise satanique) joue le rôle du Diable dans le film Rosemary baby de Roman Polanski auquel il loue son appartement du Dakota Building à Manhattan pour le tournage (1968). Il vend ensuite cet appartement à John Lennon, le cerveau des Beatles (c'est au pied de l'immeuble que Lennon est abattu le 8 décembre 1980 par Mark David Chapman qui appartient à la communauté des "born again christians", les chrétiens renés évangéliques). L'actrice américaine, Jayne Mansfield (19 avril 1933 - 29 juin 1967), est présentée à LaVey qui fait d'elle sa maîtresse et une grande prêtresse honoraire 13. LaVey affirmera jusqu'à sa mort (en 1997) que les fidèles de l’Eglise de Satan ne sont que des "iconoclastes et des blagueurs".

Le 9 août 1969, l'actrice américaine, Sharon Tate, épouse du metteur en scène polonais Roman Polanski et enceinte de huit mois, est retrouvée sauvagement assassinée, avec quatre autres personnes, dans sa villa californienne. Le mot "pig" (porc) a été écrit avec le sang des victimes sur la porte d'entrée. Les assassins sont Charles Manson (gourou luciférien) et ses disciples Charles Watson, Patricia Krenwinkel, Susan Atkins, Linda Kasabian et Leslie Sankston.

En 1975, le lieutenant-colonel de l'armée américaine, Michael Aquino, un dissident de l'Eglise de Satan fondée par La Vey en 1966, crée le Temple de Set.

En 1980, Diane Coutela (Diane Lucifera) est élue reine des sorcières de l'Ile de Man. Avec son époux Jacques, grand prêtre luciférien, elle fonde et dirige la Wicca Internationale ("Wicca" serait l'abréviation de "wiccacraeft" signifiant "sorcellerie" en ancien anglais). Basée au Kremlin-Bicêtre, la Wicca Internationale, mêlant rituels wiccans, satanisme et luciférisme, pratique une religion très éloignée de la Wicca anglo-saxonne ; elle disparaît en 1995 après le suicide de ses dirigeants. Le courant survit cependant en s'incarnant dans le Cercle initiatique de la Licorne Wicca occidentale, mentionné dans le rapport de la commission parlementaire sur les sectes (1995).

Au début des années 1980, apparaît, avec Venom, un nouveau genre musical : le "black metal" qui se caractérise par des textes faisant référence directe au satanisme.

En 1981 et 1982, les quatre "éventreurs de Chicago" dévorent les seins des femmes qu’ils ont violées et assassinées. Robin Gecht, le leader du groupe a créé un culte sataniste prônant le meurtre et l’humiliation des jeunes femmes.

En février 1982, Octave Siebert organise, à Paris, le premier congrès européen luciférien auquel participent environ trois cents sorciers.

Entre 1991 et 1995, en Norvège, une quarantaine d’églises sont profanées et un certain nombre d’agressions et de viols sont commis par des musiciens ou des adeptes du Black Metal. Cette série de violences se termine en 1995 avec une condamnation à vingt et une année de prison (peine maximale en Norvège) pour meurtre.

Selon le Catéchisme de l’Eglise catholique publié le 11 octobre 1992 (corrigé en 1998) :

"- 2116 Toutes les formes de divination sont à rejeter : recours à Satan ou aux démons, évocation des morts ou autres pratiques supposées à tort dévoiler l'avenir (cf. Dt 18,10 ; Jr 29,8). La consultation des horoscopes, l'astrologie, la chiromancie, l'interprétation des présages et des sorts, les phénomènes de voyance, le recours aux médiums recèlent une volonté de puissance sur le temps, sur l'histoire et finalement sur les hommes en même temps qu'un désir de se concilier les puissances cachées. Elles sont en contradiction avec l'honneur et le respect, mêlé de crainte aimante, que nous devons à Dieu seul. »

- 2117 Toutes les pratiques de magie ou de sorcellerie par lesquelles on prétend domestiquer les puissances occultes pour les mettre à son service et obtenir un pouvoir surnaturel sur le prochain, - fût-ce pour lui procurer la santé -, sont gravement contraires à la vertu de religion. Ces pratiques sont plus condamnables encore quand elles s'accompagnent d'une intention de nuire à autrui ou qu'elles recourent à l'intervention des démons. Le port des amulettes est lui aussi répréhensible. Le spiritisme implique souvent des pratiques divinatoires ou magiques. Aussi l'Eglise avertit-elle les fidèles de s'en garder. Le recours aux médecines dites traditionnelles ne légitime ni l'invocation des puissances mauvaises, ni l'exploitation de la crédulité d'autrui."

En 1993, arrestation en Grèce du groupe satanique Katsoula qui a assassiné de façon rituelle une femme de 28 ans et une jeune fille de 14 ans.

1996 
- Le lundi 20 octobre, le tribunal de grande instance de Toulon condamne trois des quatre jeunes gens ayant profané une sépulture dans la nuit du 8 au 9 juin 1996 : un cadavre, exhumé dans le cimetière central de Toulon, avait été frappé au visage à coups de marteau et une croix à l'envers avait été plantée dans le thorax. Christophe Magnoni, 21 ans, a été condamné à deux ans de prison, Emilie Dervillers, 19 ans, à trois ans, et Anthony Mignoni, 21 ans, à quatre ans.
- Publié en 1996, le rapport de la Commission d'enquête parlementaire française sur les sectes mentionne comme sociétés lucifériennes : Azazel Institute, l’Eglise philosophique luciférienne et les Croisés de la nouvelle Babylone.

- Le 19 décembre 1996, le Père Jean Ulh, curé de la paroisse Saint-Adelphe de Kingersheim dans la banlieue de Mulhouse, est assassiné de 33 coups de couteau (33 ans est l'âge traditionnel donné à Jésus-Christ au moment de sa passion). Le père Ulh brave la souffrance et prie jusqu'à son dernier souffle. Le 6 avril 2001, la Cour d'assises du Haut-Rhin condamnera le coupable, David Oberdorf, un sataniste, âgé de 18 ans au moment des faits, à 20 ans de réclusion criminelle.

1997 
- 3 sorciers de Côte d’Ivoire sont condamnés à 3 ans de prison ferme pour avoir mangé 35 personnes.
- En septembre, à Madrid, est découvert le cadavre d’un homme décapité portant sur sa peau un pentacle et le chiffre 666.

En 1999, à Helsinki (Finlande), deux jeunes hommes et une adolescente sont arrêtés pour avoir, en 1998, dévoré certaines parties du corps d'un autre jeune âgé de 23 ans : ils affirment être des satanistes ayant accompli un meurtre rituel sous influence. L’instigateur est condamné à la prison à perpétuité

2000 
- Dans la nuit du 6 au 7 juin 2000, Maria Laura Mainetti, supérieure d’un pensionnat à Chiavenna (Italie), est attirée hors de son établissement par 3 jeunes filles de 16 à 17 ans qui prétendent avoir besoin d’aide. Elles lui portent 19 coups de couteau. Avant d'expirer, Sœur Maria Laura trouve la force de leur pardonner. Les meurtrières déclarent à la justice avoir voulu "immoler à Satan, une victime innocente" : l’une d’entre elles est condamnée à 12 ans et quatre mois de prison et les deux autres à huit ans et demi. Le procès en béatification de la religieuse assassinée a été ouvert.
- Le père Picazo Ruiz, curé de la ville de Gandia et expert du phénomène sataniste en Espagne, est attaqué à l’arme blanche et blessé par un adepte de Satan.

En novembre 2001, la police municipale d’Arganzuela (Espagne) met fin à une fête satanique en cours dans d’anciens abattoirs. Elle constate la présence des restes d’un rituel : sang, viscères d’animaux, dessins et inscriptions sataniques.

2002 
- Le 31 janvier, Daniel Ruda, 26 ans, et son épouse Manuela, 23 ans, sont condamnés par le tribunal de Bochum (Allemagne) respectivement à 15 et 13 ans d’internement psychiatrique pour l’assassinat d’un homme qu’ils avaient enlevé. Les "époux sataniques", comme les a baptisés la presse allemande, ont reconnu les faits devant le tribunal tout en affirmant avoir agi "sur ordre de Satan" et avoir voulu devenir des vampires en buvant le sang de la victime. La dépouille de Frank H., un collègue de Daniel Ruda, avait été retrouvée début juillet 2001 dans l’appartement du couple, à Witten, une localité près de Bochum. Le corps avait été mutilé : il portait 66 coups de machette et de marteau, un pentagramme dessiné au scalpel sur le ventre. Dans l’appartement, la police avait découvert une macabre mise en scène : dans la chambre à coucher, un masque humain orné de cornes d’animal, et dans le salon, des menottes pendant du plafond au bout d’une chaîne, un autel orné de crânes, un pentagramme dessiné au sang sur le mur, ainsi qu’un cercueil devant la fenêtre.
- La police ukrainienne arrête 3 hommes et une femme qui ont assassiné et mangé 6 personnes : au domicile d’un des tueurs, âgé de 53 ans, elle découvre des livres de magie noire.

En décembre 2003, le tribunal d’Alicante (Espagne) condamne à soixante-dix ans de prison Antonio R.B. pour avoir agressé 18 enfants âgés de 11 à 14 ans entre janvier 1998 et janvier 2001. Toutes les victimes ont affirmé qu’outre les viols, l’auteur avait essayé de les recruter dans la "secte de la demi-lune", secte à caractère satanique.

2004 
- En janvier, plusieurs membres de la secte dite "Bête de Satan" sont interpellés à Varèse (Italie) pour des assassinats.
- Deux hommes sont interpellés pour avoir profané une trentaine de tombes au cimetière municipal de Villaobispo (Espagne). Lors de leur arrestation, ils étaient habillés de tuniques noires arborant des symboles sataniques.
- Un jeune adepte d’un cercle sataniste incendie une église à Aarau (Suisse).

2005 
- 30 mars, arrestation du tueur brésilien surnommé "Corumba le Vampire" : il a tué six femmes avant de boire leur sang, disant agir sous les ordres du démon ; par ailleurs, il ne sortait que la nuit. 

- Dans le Compendium du Catéchisme de l'Eglise catholique (28 juin 2005, Libreria Editrice Vaticana), à la Question 445 : Qu’est-ce que Dieu interdit quand il commande : « Tu n’auras pas d’autres dieux devant Moi » (Ex 20,2) ?, il est répondu : "Ce commandement proscrit : le polythéisme et l’idolâtrie, qui divinise une créature, le pouvoir, l’argent, même le démon ; la superstition, qui est une déviance du culte dû au vrai Dieu et qui s’exprime encore sous diverses formes de divinisation, de magie, de sorcellerie et de spiritisme ; l’irréligion qui s’exprime par l’action de tenter Dieu, en paroles ou en actes, par le sacrilège, qui profane des personnes ou des choses sacrées, surtout l’Eucharistie, par la simonie, par laquelle on entend acheter ou vendre des réalités spirituelles ; l’athéisme, qui rejette l’existence de Dieu, se fondant souvent sur une fausse conception de l’autonomie humaine ; l’agnosticisme, pour lequel on ne peut rien savoir de Dieu et qui comprend aussi l’indifférentisme et l’athéisme pratique."

- Le 27 septembre 2005, le tribunal fiscal néerlandais juge qu'une sorcière peut obtenir une déduction fiscale pour un stage de formation dans sa spécialité. Le stage, d’un an et un jour, permet d’apprendre à jeter des sorts, à préparer des potions et à développer ses talents divinatoires. A l’issue de la formation, les étudiants reçoivent le diplôme de "sorciers qualifiés".
- L’Église de France s’inquiète de l’augmentation des profanations de lieux de culte et de cimetières chrétiens, en particulier en Bretagne et en Alsace. Ainsi 214 sites ont été dégradés en 2005 principalement durant l'hiver. L’année 2005 a vu une progression de 60 % de ces profanations par rapport à 2004. Selon la Conférence des évêques de France, il semble que bon nombre de ces profanations soient le fait de "jeunes influencés par le courant sataniste". Pour le P. Domergue, qui a eu l’occasion de traduire de nombreux textes provenant du courant sataniste, ce dernier apparaît comme une "contre-religion" (avec prières lues à rebours, crucifix renversés…) et on assiste actuellement à un regain du "culte de l’Antéchrist".

2006 
- A Lazzaretto Nuovo près de Venise, le corps d'une femme datant du XVIe siècle est découvert avec une brique dans la bouche, acte interprété par les archéologues comme un rituel destiné à l'empêcher de devenir vampire.

- Le 6 juin 2006 (6/6/6, soit trois 6, soit 666, le nombre de la Bête selon la Bible), des satanistes du monde entier se réunissent à Hollywood pour célébrer une messe noire organisée par l’Eglise de Satan (qui revendique 7 000 membres). La messe noire, un rituel en 3 actes, est célébrée par 2 prêtres sataniques : Bryan Moore et Heather Saenz. Le grand prêtre satanique Peter Gilmore déclare cependant : « Pour les satanistes, les nombres sont juste des nombres, et le 6 juin 2006 est un jour comme les autres. »
- 23 et 24 juin : premier festival métal Hellfest (fête de l'enfer) à Clisson (44).

2007 
- Le 30 janvier 2007, le diocèse de Rome signale avoir subi un "vol sacrilège d’hosties consacrées" en l’église Santa Maria del Soccorso. Selon une note de la communauté paroissiale, "l’effraction commise témoigne d’une augmentation inquiétante de cas de vols d’hosties consacrées, et de la nécessité de protéger et de conserver avec plus d’attention les lieux de culte comme les églises, qui sont désormais visées pour fournir des sectes et des groupes liés au monde du satanisme".

- Le 9 juin 2007, à l’Université d’Edimbourg (Ecosse), est ouvert le congrès de la Fédération païenne internationale. "Sorciers, druides, chamans et tous autres païens de bonne volonté sont les bienvenus" lit-on sur le site Internet de la Fédération païenne d’Ecosse qui indique que des conférences sur la magie et la sorcellerie auront lieu.

- Dans son communiqué du 18 août 2007, l'association italienne de défense des animaux et du territoire (Aidaa) indique : « Des cas de chats noirs tués par des personnes bêtement superstitieuses, ou durant des rites ésotériques, voire sataniques, nous ont été signalés (…) Depuis de trop longs siècles, les chats noirs sont maltraités et perçus comme des animaux qui portent malheur, incarnent le mal ou qui sont liés aux sorcières ». L’association précise que plus de 60 000 chats noirs disparaissent chaque année en Italie, victimes de cette superstition. Le pic des disparitions de chats noirs a lieu pendant la nuit d'Halloween : 1 500 disparaissent à Milan, Rome et Turin.

2008 
- Le 3 avril 2008, la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) remet au Premier ministre son Rapport 2007 dans lequel elle rend compte de l’évolution du risque et des dérives sectaires ; le rapport mentionne notamment : "92 cas de profanations à caractère satanique du 1er janvier au mois de novembre 2007 (soit une augmentation de 300 % sur les trois dernières années). Pour le seul mois d’avril 2007, on a noté un cas de profanation par jour en moyenne. Les suicides de jeunes, liés à l’appartenance satanique, sont en augmentation. Il convient également de prendre en compte les conduites déviantes, scarifications, automutilations diverses, qui nécessitent ensuite un suivi thérapeutique des jeunes concernés, par des psychologues ou des psychiatres. Des délits comme l’incitation à la haine raciale, l’incitation au suicide, ou encore la commission d’actes de barbarie, notamment à l’égard d’animaux. (...) Ces faits étant rappelés, il faut préciser qu’il a été constaté au cours des deux dernières années que ce phénomène était en train d’opérer une mutation dans le sens de la radicalisation des exactions commises par les adeptes. D’abord, il n’est plus rare d’assister à des profanations accompagnées d’exhumation de corps et d’atteinte à l’intégrité des cadavres (profanation du Morbihan février 2006). Ensuite, si les mouvements purement lucifériens paraissent en perte d’audience, on voit naître un satanisme qui, au-delà des croyances traditionnelles, s’inspire de l’idéologie nazie et des croyances celtique ou nordique et qui attire davantage les jeunes que les formes de satanisme antérieures à connotation plus ésotérique, ou occultiste. Si les groupes initiatiques dans lesquels les maîtres (Église de Satan, Temple de Seth, Ordre de Guillaume, Ordre des Neuf Angles) demeurent présents sur le territoire, c’est plutôt via des structures intermédiaires, du type réseaux extrémistes d’une part (Charlemagne Hammerskin) ou par le biais de l’infiltration de la mouvance musicale gothique ou métal que s’effectue l’essentiel du prosélytisme (...) Aujourd’hui, en raison du secret dont s’entourent ces groupes, il est difficile d’en estimer le nombre et notamment celui des groupes structurés, mais les services spécialisés considèrent que le nombre d’adeptes de la mouvance satanique au sens large, toutes branches et chapelles confondues, est de l’ordre de 25 000 personnes en France, dont 80 % se situe dans la tranche d’âge des moins de 21 ans." 

– En mai 2008, la tentative de suicide d’un jeune membre du cercle des partisans de Lucifer est liée au fait qu’il a incisé sa petite amie pour boire son sang. Ce cercle organise des cérémonies initiatiques sur le territoire de la République de Chypre mais également dans la partie nord de l’île (partie turque).
- 10 septembre 2008, découverte, dans une ville située à 300 kilomètres au nord de Moscou (Iaroslavl), des corps de quatre adolescents mutilés dans des conditions épouvantables par 666 coups de couteau et des actes de cannibalisme, et accompagné de revendications explicitement satanistes.

- Le dimanche 19 octobre 2008, une fillette albinos, âgée d'une dizaine d'années, est tuée dans son village de Shilela (ouest), en Tanzanie où les personnes atteintes d'albinisme sont victimes d'une recrudescence de crimes rituels, des sorciers leur attribuant des pouvoirs magiques : les meurtriers emportent un de ses bras. Des sorciers, notamment au Mali ou au Cameroun, ainsi qu'en Afrique des Grands Lacs (RD Congo, Burundi) et en Tanzanie, utilisent des morceaux de corps humains provenant d’albinos dans des potions magiques ou des gris-gris censés apporter la chance et la fortune aux gens. "Génie des eaux, devin, mi-homme mi-dieu, tels sont les attributs que l’on prête, dans certains pays d’Afrique, aux albinos, convoités pour leurs têtes ou pour leurs appareils génitaux, les parties du corps les plus puissantes." 

2009 
Le 21 mars 2009, au deuxième jour de sa visite en Angola, le pape Benoît XVI appelle les catholiques à travailler à la conversion des adeptes de la sorcellerie.

2010 
Au Zimbabwe, une augmentation sans précédent du taux de gangs féminins responsables de viols collectifs sur des hommes (...) contraint le patron de la police à diligenter des enquêtes à grande échelle ; le commissaire de police Augustine Chihuri déclarait, le 7 octobre 2010, que l’enquête en cours était toujours en train d’essayer d’établir le motif de l’augmentation du nombre de cas de gangs de femmes violeuses. Choqués, les citoyens zimbabwéens assurent que cette étrange tendance semble être davantage motivée par la superstition. On présume que ces femmes rôdent avec des préservatifs qu’elles emportent après le rapport sexuel, pour utiliser le sperme à des fins rituelles.

(...) Claude Mararike, professeur de sociologie à l’Université du Zimbabwe et ancien chef de l’Association nationale des guérisseurs traditionnels du Zimbabwe a déclaré : « Nous sommes un pays très superstitieux et je soupçonne que les personnes qui font cela (le viol) peuvent vouloir utiliser le sperme mâle pour certains rituels ».
(...) Trois femmes, qui avaient enlevé un homme de 18 ans dans la ville de Chitungwiza pour le forcer à coucher avec elles (...) avaient choisi de commettre cet acte odieux dans une cathédrale du centre-ville de Harare. 

En 2011, l'Association de lutte contre les crimes rituels au Gabon (ALCR) dénombre 62 cas de sacrifices humains dont 28 enfants, 20 femmes et 14 hommes. Ces chiffres restent cependant approximatifs, car l´association ne couvre pas tout le pays.

2012 
- Le 12 juin 2012, au cours de fouilles dans la nécropole d'un petit monastère à Veliko Tarnovo (Bulgarie), le squelette, vieux de plusieurs siècles, d'un homme d'une trentaine d'années, est découvert "fixé à la terre par des agrafes en fer - trois aux jambes et une du côté gauche du thorax. Par double précaution, la tombe a aussi été recouverte de charbon brûlé". L'archéologue Nikolaï Ovtcharov ajoute qu'il ne s'agit pas d'un vampire mais "d'un rite inspiré des superstitions païennes pour empêcher le mort de le devenir". Les rites visant à empêcher les morts de devenir vampires, en Bulgarie et dans d'autres pays des Balkans, sont bien connus des chercheurs. Selon M. Ovtcharov, ils se sont répandus à partir du XVe siècle, sous la domination ottomane, quand "chaque famille pratiquait la religion comme elle l'entendait". Le directeur de l'Institut historique national, Bojidar Dimitrov, précise que "cette pratique s'était maintenue dans certains villages bulgares jusqu'à la première décennie du XXe siècle".

- Le 21 novembre 2012, au cours d’une conférence de presse de la Conférence épiscopale d’Angola et Sao Tomé, Mgr Francisco Viti, archevêque de Huambo, déclare : « Le problème de la sorcellerie prend des proportions inquiétantes, il touche de plus en plus de fidèles, il détruit les liens familiaux et affecte les relations entre les personnes ». En Angola, les pratiques de sorcellerie se développent d'une manière inquiétante et conduisent parfois jusqu’à commettre des meurtres. 


2013 
- Le 11 mai, l’Eglise catholique organise dans tout le Gabon des processions pour sensibiliser population et autorités sur les crimes rituels, dont l'augmentation inquiète les évêques. Il s’agit d’actes commis par des adeptes de sorcellerie qui prélèvent des organes de victimes sacrificielles pour les utiliser dans le cadre de "rites magiques". Pour l’Association de lutte contre les crimes rituels, dans quatre provinces sur neuf, on a enregistré, en 2011, 62 crimes allant jusqu'à l'assassinat. 
- Dans la région de Kara, au Togo, des milliers d’enfants font l’objet de mauvais traitements et sont tués parce que considérés comme des sorciers. 

2014 
- La messe noire prévue le soir du lundi 12 mai, dans un pub de l’université de Harvard aux Etats-Unis, n’a finalement pas eu lieu. Sur sa page Facebook, l’archidiocèse de Boston avait condamné fermement la tenue de ce rite satanique et fait part de sa profonde tristesse et de sa ferme opposition à cérémonie : « Pour le bien des croyants et de tous, l’Eglise catholique fournit un enseignement clair en ce qui concerne les célébrations sataniques ». Mais il semble, selon certains témoignages qu'un rituel satanique aurait été malgré tout réalisé, hors du campus universitaire, par un club satanique. 

- Le 22 juillet, Radio Vatican rapporte que, selon l'Association de lutte contre les crimes rituels, entre 2011 et 2014, au moins 157 personnes ont été tuées au Gabon pour leurs organes, dont 75 enfants, 39 femmes et 43 hommes. La chair et le sang humains sont censés apporter la réussite et le pouvoir à ceux qui en consomment. Des hauts responsables du pays, comme des ministres et des parlementaires, feraient partie des commanditaires de ces crimes, sans être inquiétés par la justice.
- Le 21 septembre, se déroule au centre culturel d'Oklahoma City une messe noire organisée par Adam Daniels. Afin de rester dans le cadre légal, le groupe sataniste a dû effectuer quelques changements dans le rituel, rapporte le journal américain en ligne The Huffington Post : à la place de l'urine, les participants utilisent du vinaigre ; la femme qui se tient habituellement nue sur l'autel est en sous-vêtements et les occultistes crachent sur une hostie non consacrée (les "satanistes" ont dans un premier temps prévu d'utiliser une hostie consacrée qu'ils avaient en leur possession. Mais Mgr Paul Coakley, archevêque catholique d'Oklahoma City, intenta une action en justice pour récupérer l'objet sacré et le groupe sataniste rendit finalement l'hostie à l'Eglise). 

- Assailli de demandes d'adoption de chats noirs avant Halloween (31 octobre), l'Arche de Noé, un refuge de Budapest (Hongrie), découvre qu'elles émanent de groupes satanistes et décide de garder ses matous sous bonne garde avant la fête : "Malheureusement, ces chats sont prisés des satanistes, qui veulent les sacrifier lors de messes noires durant la période d'Halloween, une fête d'inspiration païenne [.] Nous répondons que nous ne donnons pas de chats entre mi-octobre et mi-novembre" indique la responsable du refuge, Kinga Schneider. 

- 28 décembre : comme chaque année, la Conférence épiscopale du Gabon, célèbre une Journée nationale de lutte contre toute forme de violence et d’atteinte à la vie. Les évêques gabonais invitent à la prière et à la mobilisation contre les crimes rituels. Ils plaident en faveur d’un renforcement de la lutte contre la recrudescence des sacrifices humains à caractère fétichistes qui font chaque année pas moins de 100 victimes à travers le pays.

2015 
- Dans la nuit du 8 au 9 janvier, dans le village de Saeed Khan (Pakistan), Ali Nawaz Leghari tue ses deux filles et trois de ses garçons, tous âgés entre trois et treize ans : adepte de la "magie noire", il croyait que ce sacrifice allait lui conférer des "pouvoirs magiques".

- Le 23 janvier, la police ivoirienne fait état de "21 cas d'enlèvements" parmi lesquels un seul enfant a été retrouvé vivant. Le directeur général de la police nationale, le général Brindou M'Bia, affirme que la plupart des enfants, enlevés dans différentes régions du pays, "sont retrouvés morts mutilés, avec la disparition de leurs parties génitales ou décapités" . Il s'agirait de sacrifices humains rituels.

- Le 25 janvier, une effraction est constatée à l’Eglise Notre-Dame de Vierzon : des profanateurs, après avoir forcé la porte du tabernacle, sont repartis avec le ciboire et les hosties consacrées qu’il contenait.

- Le 12 mars, Advera Bulimba, porte-parole de la police, annonce que 225 guérisseurs non homologués et prétendus devins ont été appréhendés, depuis la mi-janvier, dans plusieurs régions du nord de la Tanzanie, dans le cadre d'une opération visant à mettre fin aux mutilations et meurtres d'albinos, victimes de croyances leur attribuant des pouvoirs magiques. 
- Dans la nuit de samedi 25 au dimanche 26 juillet, le temple satanique de Détroit, aux États-Unis, a dévoilé une statue monumentale du Baphomet, qui se veut la personnification de Satan. Le groupe affirme pratiquer un satanisme non théiste et que ses membres ne croient pas en des forces surnaturelles, mais voient ces rites comme un symbole. Un groupe s'est produit durant la soirée, sous un crucifix géant renversé. 
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Re: Sorcellerie et satanisme. Evocation des esprits, nécromancie

Message  Arlitto le Dim 29 Mai - 9:15

CITATIONS ET PROVERBES

Nous doit aussi souvenir que Satan a ses miracles. (Jean Calvin, Institution de la religion chrétienne, 1541)

C'est la ruse ordinaire de Satan de corrompre et abâtardir par tous moyens qu'il peut la bonne semence de Dieu, afin qu'elle ne mûrisse point pour apporter fruit. (Jean Calvin, Traité des scandales, 1550)

Il faut quelquefois brûler une chandelle au diable. (Antoine Oudin, Curiosités françaises [1640])

Même en Enfer, régner est digne d'ambition ; mieux vaut régner en Enfer que de servir au Ciel (To reign is worth ambition, though in Hell ; Better to reign in Hell than serve in Heaven). [C'est Satan qui parle, ndlr] (John Milton, Paradise Lost, Le Paradis perdu, I, 1. 1667)

La plus grande malice du diable est de faire croire qu'il n'existe pas. (Ch. Baudelaire, Poèmes en prose, XXIX [1864])

Le diable est le magnétisme du mal, la force fatale que Dieu a voulue, quand il a voulu la liberté. (Eliphas Lévi 1810-1875)

Quand les gens cessent de croire en Dieu, ce n'est pas qu'ils ne croient en rien, mais qu'ils croient en n'importe quoi. (Gilbert Keith Chesterton +1936)

Il est tellement stupide de la part de la civilisation moderne d'avoir abandonné l'idée du diable, alors qu'il en est justement l'explication. (Ronald Knox +1957)

Même le diable a son droit chemin.
Lutter contre le diable avec les armes du diable c’est servir le diable.
Quand vous apercevez un ange, demandez-vous toujours s’il ne s’agit pas d’un démon revêtu d’un habit de lumière.
Méfiez-vous de ceux qui vous promettent le paradis : beaucoup s’apprêtent à vous conduire en enfer.
Le démon se tapit dans l'ombre du saint.
On trouve la maison de la sorcière accueillante tant qu'on n'a pas vu ce qui cuit dans le chaudron.
Le dragon te fait croire que tu le maîtrises alors que c'est lui qui te chevauche. (Jean-Paul Coudeyrette, Autocitations)

Quand on dîne avec le diable, il faut se munir d'une longue cuiller.
C'est une triste procession où le diable porte la bannière.
Les bottes du diable ne craquent pas.
Mieux vaut tenir le diable dehors que de le mettre à la porte.
Un cerveau vide est la boutique du diable. (Proverbes anglais)

Le diable, quelque diable qu'il soit, ne peut cacher ses cornes. (Proverbe belge)

Ne dites pas bonjour au diable quand vous êtes à sa rencontre. (Proverbe irlandais)

On ne mange pas le diable sans en avaler les cornes. (Proverbe italien)

Le diable peut faire le pot, non le couvercle.
Dieu donne le gouvernail, mais le diable donne les voiles. (Proverbes serbes)

Quand le diable dit ses patenôtres, il veut te tromper.
Le diable parle toujours en l'Évangile.
Le diable n'est pas toujours à la porte d'un pauvre homme.
Le diable ne dort jamais.
Les menteurs sont les enfants du diable.
Il faut aussi donner sa part à Messire le diable.
Le diable prend tout ce qu'on lui donne.
Plus a le diable et plus il veut avoir.
Ce qui vient du diable retourne au diable.
On ne peut faire tort au diable.
Brûlez un cierge à Dieu et deux au diable.
Priez Dieu, mais n'offensez pas le diable.
L'on ne peut servir ensemble et Dieu et le diable. (Proverbes français)
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Magie Noire, Sorcellerie Et Satanisme [Documentaire ParaNormal]

Message  Manouche le Dim 29 Mai - 12:51

Enquêtes scientifiques sur des phénomènes paranormaux. Principalement orientée sur les conclusions des chercheurs, elle nous informe de l'état actuel de la recherche. Dans une formule jeune et nouvelle, chaque épisode de Forces obscures explore un thème particulier, mais le décline de manière à inclure à la fois les événements les plus étranges et les énigmes sous l'angle plus rationnel d'une approche scientifique. Science et « para-science » (la science du paranormal) se complètent dans cette série destinée à démystifier le mystère

Magie Noire, Sorcellerie Et Satanisme [Documentaire ParaNormal]



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Re: Sorcellerie et satanisme. Evocation des esprits, nécromancie

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