L'Église universelle de Dieu

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L'Église universelle de Dieu

Message  Arlitto le Mar 21 Juin - 16:54

L'Église universelle de Dieu

   


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- Herbert W. Armstrong

Voici l'histoire particulière d'une secte qui, après la mort de son fondateur, vécue un réveil spirituel chez ses directeurs qui retournèrent à la doctrine évangélique, ils furent suivies cependant par moins de la moité de la secte. Le texte qui suit a été extrait de l'ouvrage épuisé "Les sectes - Etat d'urgence" du Centre Roger Ikor chez Albin Michel - 1995
HISTORIQUE 



Fondateur: Herbert W. Armstrong, américain (1892‑1986), ancien agent en publicité, successivement membre de la Société des Amis (Quakers) et de l'Église méthodiste, pasteur de l'Église de Dieu (dissidence de l'Église adventiste du 7e jour) et de l'Église de Dieu du 7e jour (dissidence de la précédente). 


Créée en 1934, la Radio Church of God diffuse des émissions où l'on apprend que les lois du succès et de la prospérité procèdent de la Bible et d'Armstrong, « apôtre de Dieu» (cette idée fera fortune chez certains évangélistes américains). Celui-ci fonde en 1934 le magazine The Plain Truth (La Pure Vérité) et, en 1947, l'Ambassador Collège à Pasadena (Californie), qui propose aux jeunes de « découvrir les vraies valeurs », c'est-à-dire celles « qui garantissent le bonheur et le bien-être dans l'abondance » (depuis 1990, le collège est installé à Big Sandy, Texas, sur une propriété de 800 hectares). 

Expansion européenne à partir de 1951 (Allemagne, Angleterre, Belgique, Pays-Bas, Suisse, France en 1961), avec Richard David Armstrong (fils de Herbert), remplacé, après sa mort en 1953, par Dipar Apartian. Europe 1 et Radio Luxembourg ouvrent leur antenne à celui-ci pour son émission Le Monde à venir (elle existe toujours sur RTL). 

Veuf en 1967, Herbert W. Armstrong se remarie à 85 ans avec une jeune divorcée de 26 ans qui, selon la Pure Vérité, a été choisie par Dieu. 

En 1968, l'Église prend en France le nom d'Église universelle de Dieu. Après la disparition d'Armstrong, en 1986, la présidence de la Worldwide Church of God (siège à Pasadena) revient à joseph W. Tkach. 

DOCTRINE 


Inspirée de divers courants chrétiens hétérodoxes : "fin des temps" proche, avec ses catastrophes; salut éternel pour les ralliés du Christ par l'entremise de l'Église armstronguienne, mortalité de l'âme, négation du paradis céleste et de l'enfer, etc. 

Composante doctrinale essentielle, appelée « anglo-israélisme » (croyance répandue du temps d'Élisabeth Ire d'Angleterre) : les Anglo-Saxons et les Européens de l'Ouest sont les descendants des dix « tribus perdues » d'Israël (721 avant J.‑C.), donc les véritables israélites. Il faut donc restaurer l'Église anglo-isréalienne avant la venue du Christ en terre anglo-saxonne et « reconnaître en la reine d'Angleterre l'héritière légitime du Roi David ».

Herbert W. Armstrong proclame qu'il est dans la lignée royale anglaise et le révélateur inspiré, tel le prophète Éliedu retour du Christ auquel la reine devra alors céder son trône (il le révèle pour la fin de la Seconde Guerre mondiale et, en 1968, pour 1983). 

Au reste, il se révélera surtout comme l'un des champions incontestés du ratage prophétique : n'avait-il pas prévu en 1938 que les armées de Mussolini entreraient à Jérusalem; en 1957, qu'un tiers de la population mourrait de maladie et de famine dans les quinze ans à venir; en 1963, que la troisième guerre mondiale éclaterait en 1978, etc. Ses adeptes doivent admettre qu'il a rétabli le véritable Évangile en 1934, les Églises apostates ayant prêché un faux Évangile depuis l'an 69 (chute de Jérusalem). 

PRATIQUES 


Le pasteur général J. Tkach a entrepris de réviser quelques-unes des données doctrinales d'Armstrong (ce qu ia provoqué crises et dissidences) ; l'EUD a renoncé à affirmer que l'Évangile ne fut plus prêché depuis l'an 69 ; les croyances en l'anglo-israélisme sont en cours de révision, en raison de la nature raciste de certains de ses principes. 

Prescriptions : observance des fêtes juives, du sabbat et des lois alimentaires juives ; observance de la Pâque (commémoration de la mort du Christ) et de la Pentecôte, mais rejet de Noël et des Pâques (résurrection du Christ) considérées comme fêtes populaires d'origine païenne, au même titre que la Saint-Valentin et la fête des Mères ; morale puritaine; sous Armstrong proscription des médicaments, vaccins et transfusions sanguines (Dieu est le seul médecin), mais J. Tkach admet que dans la Bible il n'y a rien qui interdise leur administration. 

Climat d'angoisse entretenu pour maintenir les adeptes dans l'obéissance et la peur de perdre leur salut; sentiment de culpabilité installé progressivement dans leur esprit pour qu'ils acceptent difficultés, échecs et malheurs comme justes réparations de leurs doutes, de leurs entorses aux règlements et de leurs dissimulations de revenus aux responsables de l'Église. 

ORGANISATION 


Effectif mondial: environ 100 000 membres «baptisés» répartis dans 120 pays. En France l'association Le Monde à venir (siège à Paris), sous régime loi de 1901, groupe à peu près 300 adhérents dans une demi-douzaine de congrégations. 

Églises dissidentes : Church of God International, fondée à Tyler (Texas) par Garner Ted Armstrong, fils du fondateur; Church of God, The Eternal, à Eugène (Oregon) ; Global Church of God, fondée par Roderick C. Meredith à Glendora (Californie). 

RESSOURCES 


Fortes redevances financières par la raison que les adeptes doivent « régler leurs dettes avec Dieu » avant la fin du monde. Deux dîmes mensuelles, calculables sur les ressources brutes avant impôts, et une contribution de 10 % au fonds d'entraide de l'Église (les adeptes français en seraient exemptés). En sus de ces ponctions sévères, sept offrandes annuelles lors des sabbats et que savons-nous encore? En vue du retour du Christ sur terre, Armstrong semble avoir voulu ramasser un maximum de subsides: il est permis de se demander quelle est la relation de cause à effet ? 

PROPAGANDE 


Très active : diffusion gratuite de publications, cours de Bible gratuits par correspondance, émissions sur quelque cinq cents stations de radio et chaînes de télévision. Armstrong s'était promu ambassadeur de la paix universelle, rencontrait des personnalités influentes et recevait moult médailles. C'était l' "Ambassador" de l'International Cultural Foundation qui se manifestait alors, et non le Pasteur général de l'Église universelle de Dieu. 

Publications : La Pure Vérité, The Worldwide News, Youth. 




Voici maintenant un extrait du "Dictionnaire des groupes religieux aujourd'hui (religions - églises - sectes - nouveaux mouvements religieux - mouvements spiritualistes)" du P. Jean VERNETTE et Claire MONCELON - Puf - 1995 - épuisé 

ORIGINE ‑ Église millénariste née en 1930 d'un schisme au sein d'une des nombreuses « Églises de Dieu » issues de l'Adventisme. Elle pratique une lecture fondamentaliste de la Bible. Elle identifie par exemple les dix « Tribus perdues d'Israël » avec des nations anglo-saxonnes et d'Europe de l'Ouest, et émet des prophéties souvent démenties par la suite (fin des temps des Gentils en 1936, victoire d'Hitler sur la Russie en 1941, mort du tiers des habitants de la planète par famine et maladie en 1978). Appuie fortement la politique des Etats-Unis. Son fondateur, Herbert W. Armstong, ex-quaker, méthodiste et adventiste (1892-1986), est né le 31 juillet 1892 à Des Moines (Iowa). Il organise de vastes campagnes d'évangélisation dès 1933, crée l'Église radiophonique de Dieu, ouvre en 1947 à Pasadena (Californie) l'Ambassador College, s'implante en Europe à partir de 1956, puis développe ses voyages à l'étranger et ses contacts avec les chefs d'états. Son successeur en 1986 est Joseph William Tkach (né en 1927 d'une famille orthodoxe russe). 

DOCTRINE ‑ H. W. Armstrong est le seul véritable apôtre choisi par Dieu en 1933 pour restaurer Son Œuvre et le véritable Évangile (devenu inconnu des hommes depuis 69) comme le Jean-Baptiste de la Fin des Temps. L'Église Universelle de Dieu est seule détentrice de la pure vérité. Insistance sur l'Ancien Testament et ses pratiques. Il n'y a pas d'immortalité de l'âme ; les méchants seront détruits ; ceux qui observent les Dix commandements et le Sabbat ressusciteront un jour. Baptême par immersion. 

FONCTIONNEMENT ‑ Les Assemblées du Sabbat ne sont pas des cultes mais des études bibliques. A noter que J. W. Tkach l'actuel Pasteur général, a réévalué l'enseignement d'H. Armstrong dans une plus grande conformité à l'héritage de la Bible et de la Réforme. 

DIFFUSION ‑ Moins de 100 000 membres, mais elle en atteint beaucoup plus par son magazine gratuit La Pure Vérité (7 millions d'exemplaires) et ses émissions radio et télévision Le Monde à Venir. Répandue dans 50 pays, surtout anglo-saxons à partir de Pasadena (Californie) ; en Europe, spécialement à Genève et Paris. 

Trois dissidences naissent en mai 1978 quand Garner Ted Armstrong rompt avec son père : l'Église Éternelle de Dieu, l'Église Internationale de Dieu, les Églises de Dieu associées. Et l'actuel président Josephe N. Tkach ayant introduit des modifications doctrinales, nouvelles dissidences, dont la Global Church of God sous la direction de R. C. Meredith. 

Mais après la mort de Herbert Armstrong, l'Église Universelle de Dieu a vécu une profonde évolution... 

Le Bureau de Documentation sur les Sectes et les Religions de Montréal Inc (B.D.S.R.) est de confession chrétienne, plus précisément de confession protestante. Il publie cette fiche : 

Ce mouvement très connu par ses émissions de télévision et son magasine "La Pure Vérité" a fait volte face il y a quelques années. En effet ce mouvement a quitté ses doctrines sectaires pour se joindre au grand mouvement protestant évangélique. Vous pouvez vous enquérir de leurs doctrines en visitant cette adresse web : 
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Voici enfin un article de l'un de leurs ex-pasteurs... 




Du légalisme à la grâce 

par Réjean Vautour 

pasteur des congrégations de Sherbrooke et Thetford Mines 

Depuis janvier 1995, l’Église Universelle de Dieu subit une transformation spirituelle et de ce fait, vit un renouveau sous la direction de l’Esprit Saint. Une vague de repentance incite certains membres à accepter Jésus-Christ comme Sauveur personnel et Seigneur pour la première fois, tandis que d’autres renouvellent et approfondissent leur relation avec le Messie. Voici un historique succinct de l’église pour montrer la profondeur de la transformation au sein de notre confession. 

L’église a été fondée en 1934 par Herbert W. Armstrong. Dès le début, elle enseignait l’obligation d’observer la Loi, le sabbat hebdomadaire, les fêtes annuelles de l’ancienne Israël et les règles relatives aux viandes pures et impures de Lévitique 11. Elle professait que les peuples anglo-saxons étaient les descendants directs d’Abraham. De plus, l’enseignement eschatologique l’orientait vers le retour imminent du Christ. Aussi l’église a-t-elle avancée des dates pour le retour à maintes reprises, mais le Christ ne revenait toujours pas. L’église niait également la Trinité : elle se refusait de reconnaître l’Esprit Saint comme une personne et comme Dieu. Elle soutenait que le salut ne s’obtenait qu’en étant membre de l’Église Universelle de Dieu et en observant la Loi, le sabbat et les fêtes. Au fond, elle enseignait le salut par les œuvres. 

Au décès de Herbert Armstrong en janvier 1986, Joseph W. Tkach a été nommé pasteur général de l’église. Dieu lui avait donné un cœur évangélique. Mis au défi par rapport à la personne et la divinité de l’Esprit Saint, Joseph W. Tkach confiait à des ministres du siège social le mandat d’étudier si les prétentions de l’église étaient soutenables à la lumière des Écritures. À la suite d’un examen minutieux de la Bible, l’église faisait les découvertes suivantes : il fallait naître de nouveau pour être sauvé ; le véritable Évangile traitait de la personne du Christ ; l’Esprit Saint était une personne à part entière ; et Dieu était, en fait, une Trinité. Vers la fin de 1994 et au début de 1995, l’église saisissait les natures des ancienne et nouvelle alliances. Elle constatait que Jésus-Christ avait accompli l’ancienne alliance en entier et, par sa mort et sa résurrection, il instaurait une nouvelle alliance beaucoup plus grande et glorieuse que la première. 

L’église devait se rendre à l’évidence. L’observance stricte du sabbat pour obtenir le salut était périmée, car le Christ était le repos éternel. En vertu de la nouvelle alliance, les règles concernant les viandes pures et impures, le sabbat et les fêtes annuelles ne s’appliquaient plus. La doctrine sur les anglo-saxons était sans fondement : quiconque appartenait à Christ était fils d’Abraham. Quant à la prophétie biblique, elle ne dépendait aucunement des descendants physiques d’Israël, car le salut n’était pas une question de race, mais de grâce. En septembre 1995, Joseph W. Tkach décédait à la suite d’un cancer. Son fils, Joseph, le succédait en tant que pasteur général. 

Les membres de l’église s’étaient attachés aux croyances du fondateur Armstrong pendant de nombreuses années. Face aux changements doctrinaux, ils ont vécu une véritable crise d’identité : l’église dont ils étaient membres les sauvait-elle, ou étaient-ils sauvés par le Christ ? Leur identité se trouvait-elle uniquement en Jésus ou dans l’église ? 

L’église était prête à mettre le Christ avant tout. Mais un grand nombre de membres ont rejeté sa décision. Aussi, plus de la moitié ont quitté l’église. Bon nombre de ministres en ont fait autant, pour établir des églises fondées sur les croyances de Herbert Armstrong. À cause des départs et des modifications à la doctrine de la dîme, les revenus de l’église ont chuté de façon dramatique. L’église s’est vu contrainte à mettre à pieds beaucoup d’employés et de ministres. Malgré tout, beaucoup de membres au sein de la confession ont adopté les modifications doctrinales. Le Seigneur en a fait venir beaucoup à Lui. 

Aujourd’hui, nous acceptons le salut par la grâce. Nous croyons que nous sommes sauvés par le sacrifice expiatoire et la résurrection du Christ. Nous ne pouvons rien pour être sauvés. Nous trouvons tout ce dont nous avons besoin pour le salut en Jésus-Christ, notre Sauveur et Maître. Ainsi, nous avons rejeté notre légalisme. 

Nous étions aveugles et justes à nos yeux. Nous avions un esprit critique vis-à-vis les autres confessions : nous les condamnions. Nous allions jusqu’à condamner même les enfants de Dieu qui adoraient Jésus ailleurs que chez-nous. Certes, nous agissions avec sincérité. Mais nous étions néanmoins dans l’erreur. Nos erreurs ont blessé maintes personnes à l’intérieur et à l’extérieur de notre confession. Heureusement, Jésus nous a ouvert les yeux à la repentance. Il nous a lancé son appel et nous l’avons suivi. Le chemin de la repentance ne se fait guère dans la facilité. Mais c’est le seul chemin à suivre : il a été tracé par notre Sauveur. Nous nous repentons des erreurs commises et des blessures infligées. Nous en demandons pardon à tous nos frères et sœurs en Christ qui appartiennent à d’autres confessions. 

Aujourd’hui, l’église est maintenant membre de la N.A.E. (National Association of Evangelicals), une association évangélique bien reconnue aux États-Unis et de la E.F.C. (The Evangelical Fellowship of Canada), une association évangélique canadienne semblable à la première. Les deux associations regroupent diverses églises et ministères évangéliques œuvrant dans les deux pays. 

Les internautes peuvent obtenir de plus amples informations à propos de l’Église Universelle de Dieu aux sites suivants : http://www.wcg.ca ou http://www.wcg.org. 

Voici aussi les adresses des deux associations évangéliques susmentionnées :http://www.evangelicalfellowshipofcanada.org et http://www.nae.net 


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Re: L'Église universelle de Dieu

Message  Arlitto le Mar 21 Juin - 16:56

Castration des pasteurs à l’Église universelle : Un concerné évoque la piste du mysticisme 


La vasectomie, c'est l'opération chirurgicale que la direction ecclésiastique de l'église universelle du royaume de Dieu veut faire subir à ses pasteurs et aux auxiliaires. Elle consiste à rendre les hommes de Dieu stériles.

De façon précise, l'opération vise à couper et bloquer les canaux déférents qui transportent les spermatozoïdes à partir des testicules. Nous en parlions dans un précédent article publié samedi 28 février, dans lequel nous avons promis la suite. En effet, dans cet article, nous indiquions avoir été informés par une source proche de la communauté, qui est remontée contre la décision de la direction de l'église.

C'est dans la soirée du mardi 24 février dernier qu'elle nous joint par téléphone pour dénoncer cette affaire qui, à l'en croire, fait grincer des dents chez les concernés. Car, non seulement les personnes visées sont sommées de le faire au risque de perdre leur poste, mais elles doivent signer un document dans lequel elles désengagent l'église de toute responsabilité en cas de conséquences pendant ou après l'opération.

Par le biais de notre source, nous réussissons à rentrer en contact avec une dizaine de pasteurs de l'église universelle du royaume de Dieu. Tous ont feint de ne pas savoir de quoi il est question, nous demandant comment nous avons eu l'information et aussi leurs contacts. Mais, notre source est certaine. « Ils ont peur de parler. Ils ne sont pas sereins, sinon l'information est vraie », a-t-elle insisté.

Enfin, vendredi dernier un pasteur accepte de parler. Finalement, c'est le lendemain samedi qu'il nous appelle, dès la première heure. « Bonjour monsieur. Vous m'avez appelé hier au sujet de la vasectomie », se présente-il. Le pasteur que nous nommerons Yang You a informé que c'est en 2010 que l'idée de leur stérilisation a été émise par leur ancien évêque, « sous forme de proposition ». Mais le nouvel évêque brésilien, Naciemento, en poste depuis 2012, en a fait une obligation depuis cette année, avec la menace de licencier tous ceux qui vont s'y opposer.

« On nous demande de pratiquer la vasectomie pour ne pas avoir d'enfants. Parce que d'après eux, les enfants peuvent nous distraire et nous empêcher d'exercer convenablement notre ministère. Pourtant, eux ils ont des enfants. Et quand on le leur fait savoir, ils ne nous réponde pas », a expliqué le pasteur. Selon lui, la pression est tellement forte que certains de ses collègues ont décidé de se soumettre, quand un autre, en l'occurence pasteur Michel Brou de Yopougon, a été exclu. Nos tentatives pour joindre ce dernier sont restées vaines.

Pasteur Yang You ne crains pas de subir le même sort. « Je suis prêt à dire non à cette opération parce que je n'ai jamais vu ça dans la bible » , a-t-il dit. Il pense d'ailleurs que la décision a des sources occultes. « C'est peut être des sacrifices pour faire prospérer l'église en terme de membres ou d'argent », a-t-il supposé. Car de sacrifices, il est question dans l'église, a-t-il relevé. « Deux fois par an, en juin et en décembre, il est demandé aux fidèles d'amener tous leurs biens à l'église », a dévoilé pasteur Yang You. Quand nous lui demandons au sujet de la pratique de la magie dont on entend parler à l'église universelle du royaume de Dieu, il répond « avec ce qui se passe, on commence à croire en cela ».

Suite à la publication de notre premier article, un des pasteurs a informé qu'ils ont été convoqués d'urgence par le clergé pour un conclave qui doit se tenir sur deux jours, du mardi 3 au mercredi 4 mars. Tous les pasteurs devraient être à Abidjan le lundi. En tous cas, la plupart que nous avons joints ont confirmé leur présence dans la capitale économique.

Au siège de l'église, à défaut des responsables ecclésiastiques, c'est Ange Adjé qui fait office d'attaché de presse qui nous a reçu. Il a indiqué que la vasectomie n'a jamais été pratiquée, même s'il est vrai que cela fait dix ans qu'il en a entendu parler. « Dire qu'on l'impose aux pasteurs, je n'en sais rien, mais je ne pense pas », a-t-il mis en doute. Il a mis ces accusations sur le compte des ragots contre l'Église universelle. Pasteur Sarr de San Pedro est allé dans le même sens que lui, rejetant les propos de ses collègues.

... suite de l'article sur LInfodrome
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Re: L'Église universelle de Dieu

Message  Arlitto le Mar 21 Juin - 16:58

Mouvements religieux: les schismes de l'Eglise universelle de Dieu

Mouvement de taille moyenne, l'Eglise universelle de Dieu a été à l'origine de plusieurs centaines de groupes séparés, apparus pour la plupart après la mort du fondateur. A l'occasion de la parution d'une étude à ce sujet, un éclairage sur cette fertilité schismatique. 

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Herbert W. Armstrong, fondateur de l'Eglise universelle de Dieu.

Dans les années 1980, des millions de destinataires dans le monde recevaient gratuitement, dans leur langue, le magazine Plain Truth, en français La Pure Vérité: l'édition anglaise avait commencé à paraître en 1934. Ce magazine était publié par l'Eglise universelle de Dieu (Worldwide Church of God), un mouvement religieux fondé par Herbert W. Armstrong (1892-1986). Il diffusait également son message par le truchement d'émissions radiophoniques et télévisées.

L'Eglise universelle de Dieu telle que l'avait édifée Armstrong

En 1933, H.W. Armstrong s'était lancé dans un ministère religieux radiophonique indépendant, appelé Radio Church of God (qui fut également, dans un premier temps, le nom de son organisation). Dans les années 1940, les émissions prirent le nom de The World Tomorrow, en accord avec la tonalité millénariste du message du fondateur: Armstrong n'eut en effet de cesse d'annoncer "le merveilleux monde à venir", solution de tous les problèmes de monde présent. Dès les années 1950, des émissions diffusées sur Radio Luxembourg permirent au ministère d'Armstrong d'atteindre un public international. Ce fut en 1968 que le mouvement prit le nom d'Eglise universelle de Dieu (à ne pas confondre avec un groupe brésilien sans relation avec celle-ci, l'Eglise universelle du Royaume de Dieu).



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Attachée à l'infaillibilité de la Bible et refusant la théorie de l'évolution, l'Eglise universelle de Dieu (ci-après: EUD) se signalait par plusieurs doctrines particulières. Elle rejetait la croyance à la Trinité: le Père et le Fils formaient la famille de Dieu, tandis que le Saint-Esprit était la puissance de Dieu, partagée par le Père et le Fils. A l'instar de quelques autres communautés chrétiennes, elle respectait le sabbat (samedi) comme jour de culte et de repos (Armstrong affirmait aussi que la résurrection du Christ n'avait pas eu lieu le dimanche, mais le samedi). Elle y ajoutait le respect des sept grandes fêtes de l'Ancien Testament (en contraste avec les "jours fériés païens" de la chrétienté), qui étaient l'occasion de rassemblement de fidèles dans des lieux spécialement choisis. Ses membres devaient aussi suivre des interdits alimentaires de l'Ancien Testament. Elle adhérait aux théories du British Israelism, c'est-à-dire la croyance selon laquelle les peuples anglo-saxons seraient les descendants des "tribus perdues" d'Israël (non revenues de l'exil babylonien); plus exactement, les Anglo-Saxons descendraient des tribus d'Ephraïm et de Manassé, tandis que les autres peuples occidentaux auraient pour lointains ancêtres d'autres tribus: ainsi, "les Français sont des Israélites. Leurs ancêtres sont, avant tout, les Gaulois, qui étaient les descendants des Rubénites." (Dibar Apartian, Les Pays de langue française selon la Prophétie, Worldwide Church of God, 1982, p. 68)


Il faut y ajouter la conviction que H.W. Armstrong n'était pas simplement un prédicateur comme les autres, mais l'apôtre de Dieu pour l'époque contemporaine. L'EUD occupait ainsi, aux yeux de ses fidèles, un rôle spécial dans le plan de Dieu pour les temps de la fin. Le véritable Evangile de Jésus-Christ avait été supprimé dès le Ier siècle de notre ère, soutenait Armstrong, et l'EUD venait rien moins que rétablir l'Eglise de Dieu du Nouveau Testament (H.W. Armstrong, L'incroyable potentialité de l'homme, New York, Everest House, 1980). L'EUD représentait ainsi la vraie Eglise, tandis que la fausse prêche "un Evangile contrefait".

Après Armstrong: une réorientation radicale et rapide

A son apogée, deux ans après le décès d'Armstrong, l'EUD comptait près de 130.000 membres dans le monde, très engagés au service de leur cause, payant une triple dîme pour la soutenir. Mais l'EUD a connu d'importantes transformations après la mort de son fondateur à un âge avancé. Sous la direction du successeur d'Armstrong, Joseph W. Tkach Sr. (1927-1995), qui n'était pas une figure de premier plan dans le mouvement et fut par la suite fortement influencé par son fils (Joseph Tkach Jr., né en 1951), l'EUD a connu en quelques années une réorientation doctrinale radicale: elle a officiellement renoncé aux enseignements prêchés durant des décennies par Armstrong, sur lesquels le mouvement avait été construit, et a abandonné toutes ses doctrines et pratiques particulières pour adhérer aux croyances et pratiques communes des milieux évangéliques.

Un an seulement après le décès de celui qui était considéré comme l'autorité suprême du mouvement, ses livres commencèrent à ne plus être disponibles, sous prétexte de révisions mineures en cours. Dès 1988, toute référence aux doctrines du British Israelism disparut des enseignements de l'EUD. En 1994-1995, la croyance à la Trinité, rejetée quelques années plus tôt, était devenue la doctrine officielle de l'EUD. La critique de la doctrine de l'évolution fut également abandonnée ("nous savons que seul Dieu a créé la vie, et que le Créateur ne nous a pas révélé exactement comment il l'avait fait"). Alors que Armstrong prétendait que "le commandement relatif au sabbat est le seul d'entre les Dix Commandements qui serve à identifier les vrais chrétiens" (H.W. Armstrong, Quel est le jour du Sabbat chrétien?, Worldwide Church of God, 1983, p. 52), les membres apprirent soudain en 1995 que cette marque distinctive des authentiques croyants devait simplement être considéré comme une "tradition" de l'EUD.

Alors que ses doctrines étaient considérées par ceux-ci comme hérétiques, le retournement fut si profond que, dès 1997, l'EUD fut admise au sein de la National Association of Evangelicals aux Etats-Unis. Ses branches locales peuvent conserver la pratique du sabbat si elles le souhaitent, mais un nombre difficile à déterminer est passé au dimanche, avec l'encouragement de la nouvelle direction.

En 2009, l'EUD a complètement achevé sa mue en changeant de nom: elle se nomme aujourd'hui Grace Communion International, en français Communion internationale dans la grâce (même si le groupe conserve le nom d'origine d'EUD dans certains pays, par exemple en Europe, ou utilise conjointement les deux dénominations). En dehors de ses origines, c'est donc aujourd'hui en bonne partie une autre Eglise.

De telles transformations ne sont pas restées sans conséquence: certains pasteurs et fidèles ont voulu maintenir les enseignements originels, ou ont quitté le mouvement à différentes étapes de ses transformations. Par rapport au nombre de ses membres, l'EUD a probablement été l'un des mouvements ayant engendré le plus grand nombre de schismes dans toute l'histoire religieuse. Si certains avaient déjà vu le jour du vivant d'Armstrong (suite à quelques revirements doctrinaux qu'il avait introduits ou à des problèmes relationnels), la plus grande partie de ces groupes issus de l'EUD sont apparus après son décès en 1986.


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Connu des chercheurs travaillant sur les mouvements religieux contemporains, documenté aussi par quelques périodiques publiés au fil des ans par d'anciens membres de l'EUD pour en suivre l'évolution et la postérité, un tel phénomène méritait une étude approfondie. Depuis de longues années, un chercheur britannique, David V. Barrett, auteur de plusieurs livres sur les mouvements religieux non conventionnels, s'intéresse à l'évolution de l'EUD. Il a maintenant synthétisé les résultats de ses observations et contact avec de nombreux acteurs de la mouvance de l'EUD dans un livre en anglais, qui porte le titre adéquat de "fragmentation d'une secte" (The Fragmentation of a Sect: Schism in the Worldwide Church of God, New York, Oxford University Press, 2013). Ce livre retiendra avant tout l'attention des spécialistes et de ceux qui ont appartenu à l'EUD. Nous tenterons ici de résumer quelques informations et analyses tirés de cet ouvrage, tout en évitant si possible le vertige dans lequel cette prolifération schismatique pourrait plonger le lecteur novice.


Un foisonnement de dissidences

Quand Barrett a commencé en 1996, à s'intéresser aux groupes issus de l'EUD, il y en avait 75 environ. En juillet 1999, 237 étaient recensés. En avril 2001, plus de 300. Et au début de l'automne 2009, probablement plus de 400. L'augmentation du nombre de groupes ralentit, pour d'évidentes raisons, mais elle pourrait se poursuivre encore durant quelques années, en raison de schismes survenant au sein des schismes déjà existants. Rares ont été les fusions entre groupes, relève Barrett. Mais certains groupes s'éteindront lors de la mort de leur fondateur, tandis que d'autres sont de taille trop modeste pour être viables, à l'image d'un groupe de 12 membres qui venait de se diviser en deux au moment où Barrett achevait son travail (p. 253).

Comme nous l'avons signalé plus haut, une première vague de schismes se produisit du vivant d'Armstrong, en particulier dans les années 1970: il y en aurait eu 34 au total à cette époque (p. 63). De premières séparations, qui amenèrent probablement le départ de 2.000 fidèles, eurent pour cause des prophéties non réalisées entre 1972 et 1975. Quelques pasteurs conservateurs abandonnèrent l'EUD en 1975, lorsque Armstrong accepta le changement de la célébration de la Pentecôte du lundi au dimanche ainsi que le remariage de divorcés, qui avait été strictement prohibé jusqu'alors. L'un des groupes les plus connus est appelé Church of God, the Eternal, fondé par Raymond C. Cole (+ 2001).

A la fin des années 1970, la rupture entre H.W. Armstrong et son fils, Garner Ted Armstrong (1930-2003) fut causée par plusieurs facteurs (problèmes personnels relatifs à des relations sexuelles illicites et orientations doctrinales relativement plus libérales du fils Armstrong). G.T. Armstrong fonda la Church of God International (CGI), qu'il dut quitter une dizaine d'années plus tard à la suite de la diffusion de vidéos compromettantes de rencontres avec une masseuse, pour constituer alors l'Intercontinental Church of God (ICG), qu'il dirigea jusqu'à sa mort et que conduisent des membres de sa famille, avec 1.000 à 2.000 membres. Elle déclare rejeter les approches autoritaires de l'EUD, mais cela ne l'a pas empêché de connaître également un schisme après la mort du fondateur sur la question de l'autorité dans l'Eglise: les dissidents appelèrent leur groupe Church of God Worldwide Ministries, qui a connu à son tour deux schismes, la Church of God Ministries International (2005) et la Church of God New World Ministries (2006).


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Les révisions doctrinales entamées très rapidement après la disparition de H.W. Armstrong en 1986 furent cependant la principale cause de division. De premières défections se produisirent en 1989 et 1992-1993. Puis un sermon de J.W. Tkach en décembre 1994, confirmant et élargissant les transformations, entraîna une multiplication des défections et dissidences. Et pas seulement cela: il conduisit aussi à une chute brutale des rentrées financières de l'EUD, Tkach ayant déclaré que la dîme devait désormais être considérée comme une action volontaire, et non une condition du salut.


En peu d'années, l'EUD a ainsi complètement abandonné les doctrines de son fondateur. Un tel virage est peu commun, surtout quand on se souvient du statut attribué à Armstrong. Douze ans après la mort de ce dernier, un des principaux membres de l'EUD n'hésitait pas à affirmer que tous les enseignements d'Armstrong étaient faux, et allait jusqu'à le qualifier lui-même (certes devant des auditeurs extérieurs au mouvement) de "faux prophète" et d'"hérétique" (p. 97). On comprend que les Tkach aient ensuite été accusés par d'anciens membres de s'être livrés à un "détournement d'Eglise" et de l'avoir radicalement transformée plutôt que de la quitter par suite du changement de leurs convictions personnelles (p. 96).

Aujourd'hui, sans avoir de chiffre exact, le nombre de fidèles de Grace Communion International, qui a succédé à l'EUD sous la direction de Tkach Jr., compte moins de 50.000 membres: certains site du groupe lui-même indiquent un chiffre de 42.0000 fidèles. Il resterait donc un tiers environ des effectifs initiaux; il est bien sûr possible qu'une partie des membres actuels aient rejoint le mouvement après son tournant doctrinal. Quoi qu'il en soit, il ne semble pas inexact que l'EUD a perdu environ les deux tiers de ses membres à la suite de ses réorientations.

Les dissidences ne sont pas toutes des groupes missionnaires: certains croient que "l'Œuvre" s'est terminée avec la mort d'Armstrong et qu'il suffit de veiller aux besoins spirituels des membres existants — tout en essayant le cas échéant de convaincre des personnes appartenant à d'autres groupes de la mouvance de l'EUD (p. 108). Dans certains cas, les positions à cet égard ont évolué au fil des ans (ce qui rappelle d'ailleurs des débats au sein de courants adventistes au milieu du XIXe siècle).

Barrett est aussi attentif au sérieux problème que rencontrèrent ces groupes pour utiliser et republier les livres d'Armstrong: ceux-ci avaient été retirés de la circulation par la nouvelle direction de l'EUD, mais cette dernière en détenait toujours le copyright (pp. 110-111). Cela conduisit plusieurs groupes à produire une littérature qui réécrivait sous une forme un peu différente le message contenu dans les livres du fondateur. En 2003, à la suite d'un procès suivant la réédition non autorisée d'un livre d'Armstrong, la Philadelphia Church of God aboutit à un accord avec la direction de l'EUD et racheta le copyright de 19 ouvrages d'Armstrong (pp. 114-115).

Dans les années 1990, des cercles attachés au maintien de l'héritage armstrongite tentèrent de persévérer au sein de l'EUD plutôt que de la quitter, en créant la Worldwide Church of God Restored (WCGR). Ils acceptèrent même Tkach Jr. comme pasteur général, en demandant à être autorisés à poursuivre dans leur ligne propre, mais furent exclus en 1999 et fondèrent la Church of God Restored, avec quelque 850 membres en 2011 (pp. 100-101). Il resterait encore, au sein de Grace Communion International, de petits cercles attachés aux anciennes orientations, sous le nom de Climb the Wall.

Fondée en 1989 par Gerald Flurry (né en 1935), la Philadelphia Church of God (PCG), qui compterait quelque 4.000 fidèles (tendance à la baisse), est considéré par Barrett comme le groupe sur la ligne dure la plus conservatrice (p. 113), ce qui n'empêche pas Flurry — auquel est attribué un rôle spécial, comme à Armstrong — et d'autres auteurs d'élaborer leurs propres spéculations prophétiques: cela lui vaut d'être accusée par d'autres groupes de dénaturer les enseignements d'Armstrong. La Philadelphia Church of God a connu ses propres schismes, contribuant ainsi à la prolifération de groupes dans le sillage de l'EUD, même s'ils sont chacun de taille nettement plus modestes, et si certains ont déjà disparu; parmi ceux qui se trouvent encore en activité, l'on peut mentionner la Church of God's Faithful(CGF) et l'Elect Church of God.

En décembre 1992, le plus important des évangélistes de l'EUD du temps d'Armstrong, Roderick C. Meredith (né en 1930), fut congédié par l'organisation en raison de son refus d'enseigner la doctrine de la Trinité: il lança la Global Church of God. Mais il permit le contrôle de celle-ci et la quitta donc en 1998, avec la majorité des membres, pour établir la Living Church of God, dont les effectifs se situeraient entre 7.000 et 8.000 fidèles. Quant à la Global Church of God, elle a poursuivi son existence sans Meredith, mais, à la suite d'une faillite, le milliers de membres restants constitua la Church of God, a Christian Fellowship (CGCF), qui fusionna en 2001 avec la United Church of God, sauf trois petits groupes reliés entre eux, qui utilisèrent soit les anciens noms de Global Church of God (Royaume-Uni) et de CGCF (Canada), soit celui de Church of the Eternal God (Etats-Unis). Egalement une dissidence issue de la Global Church of God, la Restored Church of God vit le jour en 1999, sous la direction de David C. Pack (né en 1948): elle se considère comme l'unique Eglise maintenant intégralement les enseignements d'Armstrong et rassemblerait moins d'un millier de membres. Autre séparation de l'année 1999: la Church of God Fellowship. En 2000, l'Eternal Church of God, groupe de taille modeste.

Le plus important des groupes issus de l'ancienne EUD est la United Church of God (UCG), apparue au début de l'année 1995, peu après le sermon controversé de Tkach en décembre 1994. Ceux qui s'y rallièrent "tendaient à être les adhérents les plus modérés aux enseignements d'Armstrong, ceux qui admettaient que l'autoritarisme de l'ancienne EUD avait été nuisible" et que Armstrong pouvait ne pas toujours avoir eu entièrement raison dans ce qu'il enseignait (p. 127). Le mouvement prône donc un modèle moins centralisé que celui qu'avait mis en place Armstrong. Avec peut-être plus de 20.000 membres aujourd'hui, c'était à la fin des années 2000 le schisme de l'EUD le plus important, mais des tensions internes entraînèrent une séparation en 2010 et la réduisirent à 12.000 membres, tandis que les dissidents fondèrent la Church of God, a Worldwide Association.

Ses positions médianes et les incertitudes sur l'autorité dans l'Eglise ne pouvaient cependant manquer d'être propices également à de nouvelles séparations. Réduit à un moindre rôle, son premier président, David Hulme, quitta la United Church of God en 1998 et organisa la Church of God, an International Community (COGaic). Les effectifs de celle-ci semblent tourner depuis une dizaine d'années autour de 2.500 membres.

Mais ce n'est pas fini: à côté de ces "grands" schismes et de leurs propres scissions, Barrett présente une série de groupes ayant eu d'autres points de départ, mais ayant tous en commun de s'être séparé de l'EUD, avec des variations plus ou moins importantes par rapport aux enseignements d'Armstrong. Pour en citer simplement quelques-uns encore existants, sans entrer dans les détails: les Christian Churches of God (Australie, 1994), la Church of the Great God (1992) ou la Sabbath Church of God, que sa dispersion conduit à exister avant tout à travers Internet, en dehors d'un modeste rassemblement pour la Fête des Tabernacles.

Et il ne faut pas oublier les croyants qui ont quitté l'EUD sans rejoindre l'un des groupes existants: selon certaines estimations, sur les 130.000 fidèles à l'apogée de l'EUD, ceux qui ont coupé tout lien avec Grace Communion International ou l'un des multiples groupes issus de l'EUD et de ses schismes pourraient être jusqu'à 20.000, sans qu'il soit cependant possible de proposer une évaluation précise, la marge d'erreur étant ici de plusieurs milliers (p. 147).

Ce tour d'horizon incomplet suffit à donner au lecteur un sentiment de saturation: d'autant plus qu'il n'est pas simple de s'y retrouver dans ce dédale de groupes, pour certains de taille très modeste, et aux noms souvent voisins. Cela illustre le caractère prolifique de l'EUD à travers ses schismes et ramifications, d'autant plus étonnant si l'on considère sa taille de départ.

Pourquoi ces schismes?


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Après avoir raconté l'histoire, dans laquelle le lecteur se perd parfois, Barrett consacre une partie de son livre à l'analyse du phénomène. Nous nous bornerons à en résumer quelques éléments.


Barrett s'intéresse notamment à la question de l'autorité dans l'EUD et dans ses schismes. D'abord l'autorité d'Armstrong, reposant sur la perception qu'il rétablissait des vérités perdues du christianisme originel et, apôtre du temps de la fin, annonçait le prochain avènement du gouvernement de Dieu sur terre; les publications de l'EUD ne cessaient de mettre en valeur la personne d'Armstrong (ses écrits, ses voyages et ses rencontres avec des personnalités internationales), ce qui inspirait aux fidèles un profond respect pour sa personne — et celle de son fils, jusqu'à la rupture entre celui-ci et l'EUD (sinon, il aurait été le successeur naturel). Pour certains fidèles, c'était vraiment dans la personne d'Armstrong que résidait l'autorité; d'autres insistaient sur le fait que celle-ci était liée à sa prédication fidèle des doctrines données par Dieu: des schismes du vivant d'Armstrong, comme celui de la Church of God, the Eternal, soutinrent donc qu'il avait modifié de sa propre autorité les doctrines divines (pp. 152-154).

Joseph Tkach avait été nommé par Armstrong comme successeur tout à la fin de la vie du fondateur de l'EUD. Relativement peu connu, il ne jouissait pas de l'autorité charismatique d'Armstrong: c'était la nomination par ce dernier qui l'investissait de l'autorité. Paradoxalement, tout en développant une critique de l'autoritarisme de la période Armstrong, il put utiliser les structures d'autorité centralisée du mouvement pour transformer celui-ci en profondeur; moins d'un an après avoir été placé à la tête de l'EUD, les publications de celle-ci le présentaient comme "apôtre du Christ", à l'instar de son prédécesseur. Nombre de membres lui restèrent d'abord fidèles en raison de leur conviction que l'EUD avait été établie par Dieu et qu'il n'était donc pas possible de la quitter (pp. 155-159).

En effet, explique Barrett, quitter l'EUD pour créer d'autres groupes représentait une rupture majeure avec tout ce que les pasteurs et membres avaient enseigné et cru — ce qui rend d'autant plus remarquable la fissiparité de l'EUD. Les dirigeants de plusieurs schismes de l'EUD validèrent leur autorité à travers leur charisme personnel, mais aussi en rétablissant et en maintenant "l'ordre découlant de la construction sociale de la réalité sous Armstrong, qui avait été détruit par Tkach" (p. 159).

A travers un questionnaire diffusé en ligne, Barrett a essayé de comprendre les raisons qui ont poussé des membres à quitter l'EUD pour rejoindre d'autres groupes. Malgré les problèmes et limites d'un questionnaire portant sur un échantillon "auto-sélectionné", les réponses recueillies (au nombre de 317) sont intéressantes. Dans l'ordre, les principales raisons qui ont causé de premiers doutes ont été le changement de la doctrine sur la Trinité et l'abandon de l'exigence du sabbat; quant aux raisons qui ont finalement décidé des membres à rompre, l'abandon du respect du sabbat vient en tête, suivi de la diminution des exigences en matière d'obéissance aux lois bibliques (p. 211).

En ce qui concerne la famille et les relations sociales de ceux qui ont choisi des groupes dissidents de l'EUD, le questionnaire révèle que seulement 7,6 % avaient toute leur famille proche dans la même Eglise, et que 46 % des personnes ayant répondu n'avaient aucun autre membre de leur famille proche dans la même Eglise. 14 % disaient avoir dans la même Eglise leurs cinq amis les plus proches, et 22 % trois ou quatre parmi leurs cinq amis les plus proches; mais 37 % ne comptaient aucun de leurs proches amis dans la même Eglise (pp. 212-214). Barrett en conclut donc que les relations familiales et sociales ne constituent pas un facteur majeur dans l'affiliation aux groupes dissidents de l'EUD; nous pourrions ajouter que cela met aussi en question la capacité de la plupart de ces groupes à durer, car, d'un point de vue sociologique, cela est notoirement difficile, à long terme (c'est-à-dire à l'échelle de plusieurs générations) pour des mouvements religieux dans lesquels les adhérents sont affiliés sur une base individuelle plus que familiale.

Beaucoup de personnes dans l'échantillon de Barrett n'ont pas simplement quitté l'EUD pour rejoindre une autre Eglise, mais ont par la suite quitté l'un des groupes dissidents pour adhérer encore à un autre. Selon les données recueillies par Barrett, les deux principaux facteurs dans ces changements successifs d'affiliation ont été le désaccord avec des doctrines et les (mauvaises) expériences avec des responsables jugés arrogants et/ou incompétents.

La lecture de l'histoire de la fragmentation de l'EUD laisse le sentiment que les changements intervenus après la mort d'Armstrong a littéralement ouvert les vannes de la dissidence et que ce phénomène, tant autour de personnes que de doctrines, est appelé à se perpétuer, jusqu'au moment où le "filon" de l'EUD et de ses schismes sera épuisé. En dehors de quelques groupes pouvant espérer un peu de stabilité et de pérennité, le paysage de ces schismes se révèle en changement constant, et il n'est pas besoin d'être prophète pour prédire que beaucoup d'entre eux auront disparu dans vingt ou trente ans, même si quelques autres nouveaux auront vu le jour.

David V. Barrett, The Fragmentation of a Sect: Schism in the Worldwide Church of God, New York, Oxford University Press, 2013 (XVIII + 284 p.).

Des bulletins d'information ont vu le jour pour permettre aux personnes intéressées, en particulier aux anciens membres de l'EUD, de se tenir à jour sur le foisonnement de groupes issus de l'EUD, d'avoir connaissance de l'apparition de nouveaux groupes et de recevoir des nouvelles sur d'anciens membres de l'EUD. L'un de ces périodiques paraît toujours et a déjà publié plus de 150 numéros: The Journal. News of the Churches of God.

Pour retrouver des numéros de La Pure Vérité ou des ouvrages de H.W. Armstrong en plusieurs langues (y compris en français), une des plus importantes archives de documents de l'EUD scannés et en est accessible à l'adresse suivante: [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]


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