La réincarnation et le progrès

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La réincarnation et le progrès

Message  Arlitto le Dim 7 Aoû - 15:57

Rappel du premier message :

La réincarnation et le progrès

La réincarnation et le « cycle de nécessité – Le progrès de l’homme vers la perfection : « Cette philosophie enseigne que la nature ne laisse jamais son œuvre inachevée ; si elle échoue la première fois, elle recommence. Lorsqu'elle évolue en embryon humain, son intention est que l'homme devienne parfait physiquement, intellectuellement et spirituellement. Son corps doit croître, s'user et périr ; son mental se développer, mûrir et s'équilibrer harmonieusement ; son esprit divin enfin illuminer et se confondre doucement avec l'homme intérieur. Aucun être humain ne complète son grand cycle ou son "cycle de nécessité" tant que tout n'est point réalisé. De même que les traînards, dans une course, luttent et se fatiguent dans la première partie de la course, tandis que les vainqueurs atteignent le but, de même, dans la course de l'immortalité, quelques âmes dépassent en vitesse toutes les autres et atteignent le but, tandis que des myriades de compétiteurs luttent sous le fardeau de la matière, non loin du point de départ. Quelques infortunés abandonnent et perdent toute chance de gagner le prix, d'autres enfin reviennent sur leurs pas et recommencent. La transmigration et la réincarnation sont ce que les Hindous redoutent par-dessus tout ; mais cela seulement dans d'autres planètes inférieures, jamais dans celle-ci. Il y a toutefois un moyen de l'éviter, et le Bouddha l'indique dans sa doctrine de pauvreté, la domination restrictive des sens, la parfaite indifférence pour les choses de cette terrestre vallée de larmes, le dégagement de toute passion, et les fréquents rapports avec l'Atma, la contemplation spirituelle. La cause de la réincarnation est l'ignorance de nos sens, et l'idée que, dans ce monde il y ait quelque chose de réel, autre chose qu'une existence abstraite. [...]

« Ainsi comme dans les révolutions d'une roue, les morts et les naissances se succèdent en succession régulière, dont la cause morale est l'attachement aux choses existantes, tandis que la cause instrumentale est le Karma (la puissance qui régit l'univers en lui imprimant l'activité, le mérite et le démérite). L'ardent désir de tous les êtres qui voudraient être débarrassés du souci des naissances successives est donc de trouver le moyen de détruire la cause morale... cet attachement funeste aux choses existantes ou les mauvaises aspirations... Ceux qui ont détruit en eux tous mauvais penchants, sont nommés les Arhats [les adeptes, ou rahats ; voir. Eastern monachism, p. 6]. L'affranchissement des mauvais désirs assure la possession d'un pouvoir miraculeux. A sa mort, l'Arhat ne se réincarne jamais ; il arrive invariablement au Nirvana, expression entre parenthèse mal comprise et faussement interprétée par les chrétiens, aussi bien que par les commentateurs sceptiques. Nirvana est le monde des causes, dans lequel tous les effets trompeurs ou les illusions de nos sens disparaissent. Le Nirvana est la sphère la plus élevée qu'on puisse  atteindre. [...] » – Isis dévoilée, éd. Adyar, I, II, pp. 64/65 – Isis Unveiled, I, pp. 345/6.
Une doctrine enseignée par Jésus et les Pythagoriciens : « Jésus prêcha toutes ces vertus ; et si nous devons accepter les Évangiles comme l'étalon de la vérité, le Christ était partisan de la métempsycose ou de la réincarnation, ainsi que l'étaient ces mêmes Esséniens qui, par leurs doctrines et leurs coutumes, étaient des Pythagoriciens. » – Isis dévoilée, éd. Adyar, II, I, pp. 165 – Isis Unveiled, II, p. 145.
Pas de réincarnation de la monade astrale (la personnalité ou l’âme inférieure) : « Mettons maintenant devant nos lecteurs quelques fragments de cette doctrine mystérieuse de la réincarnation, si distincte de la métempsycose, que nous tenons d'une autorité en la matière. La réincarnation, c'est-à-dire, l'apparition du même individu, ou plutôt de sa monade astrale [ou personnalité] deux fois sur la même planète [c.-à-d. une même réincarnation] n'est point de règle dans la nature ; c'est une exception, comme le phénomène tératologique d'un enfant à deux têtes. Elle est précédée d'une violation des lois de l'harmonie de la nature, et elle n'arrive que lorsque celle-ci, cherchant à rétablir son équilibre rompu, rejette violemment dans la vie terrestre la monade astrale, qui a été lancée hors du cercle de nécessité, par un crime ou un accident. Ainsi, en cas d'avortement et d'enfants morts avant un certain âge, et dans ceux d'idiotisme constitutionnel et incurable, le dessein originaire de la nature de produire un être humain parfait a été interrompu. C'est pourquoi tandis que la matière grossière de chacune de ces diverses entités se désagrège dans la mort, et se perd dans le vaste domaine de l'être, l'esprit immortel et la monade astrale de l'individu, cette dernière mise en réserve pour animer un autre corps, et l'esprit pour projeter sa divine lumière sur l'organisation corporelle, devront essayer une seconde fois de réaliser le but de l'intelligence créatrice. » – Isis dévoilée, éd. Adyar, I, II, p. 70 – Isis Unveiled, I, p. 351.
Réincarnation et Nirvana : « Demandez à un Bouddhiste intelligent ce qu'il pense du Nirvâna, et il répondra incontestablement comme le fit Wong-Chin-Eou, l'orateur chinois bien connu voyageant aujourd'hui en Amérique, dans une conversation qu'il eut avec nous sur le sujet de Niepang (Nirvâna). "Cet état", nous dit-il "nous le comprenons tous comme la réunion avec Dieu, coïncidant avec la perfection de l'esprit humain, par son dégagement ultime de la matière. C'est tout l'opposé de l'annihilation personnelle."

« Le Nirvâna signifie la certitude de l'immortalité personnelle dans l'Esprit, et non pas dans l'Ame, laquelle en tant qu'émanation finie, doit certainement désintégrer ses particules, composées de sensations humaines, de passions et du désir d'une existence objective quelconque, avant que l'esprit immortel de l'Ego soit complètement libéré et, désormais, certain de ne plus avoir besoin de recourir à une autre transfiguration sous quelque forme que ce soit. Et comment l'homme atteindrait-il cet état tant que l'Upâdâna, ce désir de vivre, de vivre toujours, n'a pas été effacé de l'être sensible, de l'Ahamkara [la conscience illusoire du « Je »] tout revêtu qu'il est d'un corps sublimé ? C'est "l'Upâdâna", ou le désir intense qui produit la VOLONTÉ, et c'est la volonté qui développe la force, et celle-ci donne naissance à la matière, ou l'objet ayant une forme. C'est ainsi que l'Ego désincarné, mû par ce désir immortel en lui, fournit inconsciemment les conditions de ses procréations successives dans des formes variées qui dépendront de son état mental et de son Karma, les bonnes et mauvaises actions de son existence antérieure, nommées généralement "mérites et démérites". Voilà pourquoi le "Maître" recommandait à ses mendiants de cultiver les quatre degrés de Dhyâna, le noble "Sentier des Quatre Vérités", c'est-à-dire l'acquisition graduelle de l'indifférence stoïque soit pour la vie soit pour la mort ; cet état d'auto-contemplation spirituelle pendant lequel l'homme perd complètement de vue sa double individualité physique, composée d'âme et de corps ; et par l'union avec son troisième soi supérieur et immortel, l'homme réel et céleste, se confond, pour ainsi dire, avec l'Essence Divine, d'où son propre esprit procède comme une étincelle du foyer commun. De cette manière l'Arhat, le saint mendiant peut atteindre le Nirvâna pendant qu'il est encore sur terre ; et son esprit, complètement libéré des entraves de la "sagesse psychique terrestre et diabolique", ainsi que le nomme saint Jacques, et étant de par sa propre nature omniscient et omnipotent, il peut sur cette terre, par la seule puissance de sa pensée produire les plus grands phénomènes. » – Isis dévoilée, éd. Adyar, II, I, pp. 358/9 – Isis Unveiled, II, p. 320. [[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]]
La loi d’évolution s'inscrit dans la même logique
« De même que l'homme, et tout autre être qui l'habite, notre planète a son évolution spirituelle et physique. Né d'une pensée idéale impalpable, dans la Volonté créatrice de Celui dont nous ne savons rien, et que nous ne faisons que faiblement concevoir dans notre imagination, ce globe devint fluide et semi spirituel, puis se condensant de plus en plus jusqu'à ce que son développement physique – la matière, démon tentateur – l'ait obligé à essayer ses propres facultés créatrices. La Matière lança un défi à l'ESPRIT, et la terre eut, aussi, sa "chute". La malédiction allégorique dont elle souffre n'est due qu'à ce qu'elle procrée au lieu de créer. Notre planète physique n'est qu'une servante ou plutôt, une bonne à tout faire, de l'esprit son maître. "Maudit soit le sol... il portera des épines et des chardons", fait-on dire aux Elohim. "Tu enfanteras dans la douleur." Les Elohim le disent aussi bien au sol qu'à la femme. Et cette malédiction durera jusqu'à ce que la plus petite particule sur la terre ait vécu sa vie, jusqu'à ce que chaque grain de poussière soit devenu, par transformation graduelle en évoluant, la partie constituante d'une "âme vivante", et jusqu'à ce que celle-ci remonte le long de l'arc cyclique, pour se dresser finalement – son propre Métatron ou Esprit Rédempteur – au pied de l'échelon supérieur des mondes spirituels, comme il l'était à la première heure de son émanation. Au-delà, c'est le grand "Abîme" – le MYSTÈRE !

« Rappelons-nous que toute cosmogonie a une trinité d'artisans qui y travaillent – Le Père, esprit ; la Mère, nature ou la matière ; et l'univers manifesté, Fils, ou résultat des deux. L'univers, de même que chaque planète qui le compose, passe par quatre âges, comme l'homme lui-même. Tous ont leur enfance, leur jeunesse, leur maturité et leur vieillesse, et ces quatre, ajoutés aux trois autres, composent encore une fois le sept sacré.
« Les chapitres d'introduction de la Genèse n'ont jamais voulu présenter même une lointaine allégorie de la création de notre terre. Ils embrassent (Ch. 1er) l'idée métaphysique d'une période indéfinie de l'éternité, dans laquelle des efforts successifs furent faits par la loi de l'évolution, pour former des univers. Cette notion est clairement présentée dans le Zohar : "Il existait d'anciens mondes qui périrent aussitôt venus à l'existence ; ils n'avaient pas de forme et on les appelait des étincelles. De même le forgeron, en battant le fer, fait voler les étincelles dans tous les sens Les étincelles sont les mondes primordiaux qui ne purent continuer leur existence parce que l'Ancien vénérable (Séphira) n'avait pas encore revêtu sa forme (de sexes opposés ou androgyne) du roi et de la reine (Séphira et Kadmon) et que le Maître ne s'était pas encore mis à l'œuvre [Idra Suta : Zohar, III, p. 292 b]." » – Isis dévoilée, éd Adyar, Vol. II, II, pp. 86-87 – Isis Unveiled, II, pp. 420-1. [[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]]
Citation de quelques axiomes
Quelques axiomes tirés d’Isis dévoilée (éd . Adyar) :
• Spinoza et Bruno furent tous deux amenés à conclure qu'il faut chercher Dieu dans la nature et non pas en dehors.
• Rappelez-vous l'axiome hermétique : « En bas comme en haut ; dans le ciel comme sur la terre ».
• La nature humaine est comme la nature universelle dans son horreur du vide.
• la doctrine est contenue dans l'axiome cabalistique : « Une pierre devient une plante ; une plante devient un animal ; un animal devient un homme ; un homme un esprit et l'esprit, dieu. »
• L'homme est un microcosme ou un monde en miniature ; il porte en lui un fragment du grand Tout, dans un état chaotique.
• Un ancien adage : « Éteignez le soleil, et les étoiles brilleront ».
• Les semblables s'attirent.
• « On connaît l'arbre à ses fruits ».
• « Il n'y a qu'une lumière et qu'une obscurité », dit un proverbe Siamois. Dœmon est Deus inversus, le diable est l'ombre de Dieu, dit l'axiome cabalistique universel.
• Aux rares esprits élevés qui interrogent la nature, au lieu de prescrire des lois pour la régler ; qui ne limitent pas ses possibilités à l'imperfection de leurs propres forces ; et qui ne refusent de croire, que parce qu'ils ne savent pas, nous rappellerons cet apophtegme de Narada, l'ancien philosophe hindou : « Ne dis jamais : "Je ne sais pas ceci, par conséquent c'est faux". "Il faut étudier pour savoir, savoir pour comprendre, comprendre pour juger" ».
• « Les dogmes religieux ne servent qu'à obscurcir l'intelligence de l'homme... Le culte des Divinités, sous l'allégorie desquelles se cache le respect des lois naturelles, éloigne la vérité au profit des plus basses superstitions. » - (Vyasa-Maya) .
• Ainsi que le disent fort justement les cabalistes : « La Mort n'existe pas, et l'homme ne passe jamais au dehors de la vie universelle. Ceux que nous croyons morts vivent encore au dedans de nous, comme nous vivons en eux... Plus on vit pour ses semblables, moins on doit craindre la mort ». Et nous pourrions ajouter, que celui qui vit pour l'humanité, fait plus pour elle que celui qui meurt pour elle.
• « Oser, savoir, vouloir et se taire », sont les axiomes cardinaux du cabaliste.
• « L’alchimiste arabe Abipili, dit : "Je t'avertis, qui que tu sois, qui désires te plonger dans les parties les plus profondes de la nature ; si ce que tu cherches tu ne le trouves pas au-dedans de toi, tu ne le trouveras jamais au dehors. Si tu ne connais pas l'excellence de ta propre maison, pourquoi chercher l'excellence d'autres choses ?... HOMME, CONNAIS-TOI, TOI-MÊME, EN TOI EST CACHÉ LE TRÉSOR DES TRÉSORS." »

Les Maîtres des Sagesse gardiens de la Vérité fondamentales éternelle
« [Les Maîtres initiés] ne se font connaître qu'à ceux qui ont consacré leur existence à l'étude désintéressée de la vérité, à ceux qui ne retourneront probablement pas en arrière. »
« Dès les premières époques de l'humanité, les vérités fondamentales de tout ce qu'il nous est donné de connaître sur la terre, furent soigneusement confiées à la garde des adeptes du sanctuaire. La différence des croyances et des pratiques religieuses était purement extérieure. Ces gardiens de la révélation divine primitive qui avait résolu tous les problèmes accessibles à l'intelligence humaine, étaient liés entre eux par une franc-maçonnerie universelle de science et de philosophie : ils formaient une chaîne ininterrompue autour du globe. C'est à la philologie et à la physiologie de trouver l'extrémité du fil. Alors, on verra que l'écheveau du mystère peut être débrouillé si l'on dégage une seule boucle des systèmes religieux antiques. » – Isis dévoilée, éd Adyar, Vol. I, I, pp. 74, 96 – Isis Unveiled, I, p. 17, 37/8.
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Re: La réincarnation et le progrès

Message  Arlitto le Mer 17 Aoû - 16:15

Réincarnation et christianisme

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Pour les catholiques, trois jours après sa mort, le christ est ressuscité en reprenant possession de son corps charnel.
 
C'est l'événement fondateur du christianisme. De même, à la fin des temps lors du jugement dernier, tous les humains reprendront possession de leur corps charnel.
 
Beaucoup de chrétiens refusent la réincarnation, croyant qu'une seule vie est suffisante pour vaincre toutes ses faiblesses morales.
 
Le spiritualisme croit que la doctrine chrétienne est compatible avec la réincarnation.
 
Nous tenterons de défendre la réincarnation en répondant à certaines objections d'un texte de Paul Ladouceur, ''Christianisme et réincarnation'', un essai paru dans la revue Contacts, Revue française de l'orthodoxie (Vol. 58, No 214, 2006).
 
''Selon un sondage en France en avril 2004 sur les croyances des Français, vingt-deux pour cent de la population croient en la réincarnation, ce chiffre s’élevant à 26% de ceux qui se déclarent catholiques.''
 
''Un sondage au Québec indique que 33% des québécois croient en la réincarnation. Ces chiffres reflètent à la fois le désenchantement du monde contemporain envers le christianisme, mais aussi, une méconnaissance de la part des baptisés d’éléments essentiels de la foi chrétienne.''
 
Le désenchantement du monde contemporain envers le christianisme n'a rien à voir avec la réincarnation.
 
C'est justifié par l'abus du pouvoir moral de l'église et son usage de la menace constante de l'enfer qu'elle a répandu chez les croyants.
 
Concernant la méconnaissance d'éléments essentiels de la foi chrétienne: ce n'est pas parce que la Bible ne parle pas de la réincarnation que la réincarnation n'existe pas.
 
''Aussi, alors que l’hindouisme et le bouddhisme considèrent la réincarnation comme une catastrophe, beaucoup d’Occidentaux croient que la réincarnation est désirable en soi.''
 
La réincarnation n'est pas désirable en soi. C'est une loi physique aussi naturelle que la loi de la gravitation. On peut désirer que la gravitation n'existe pas, mais cela ne l'empêche pas d'exister. Avant Newton, la gravitation existait et après Newton elle a continué d'exister.
 
''[...] l’idée de la réincarnation est passée dans nombre de groupes et tendances ''nouvel âge – New Age'', souvent hostiles au christianisme ou prônant le relativisme spirituel – ''toutes les religions sont identiques et bonnes.''
 
Le nouvel âge n'est pas hostile au christianisme, c'est le christianisme qui est hostile au nouvel âge ! Les croyances nouvel âge ont incorporé la réincarnation dans leur doctrine par ouverture d'esprit au bouddhisme.
 
Les adeptes du nouvel âge ne prônent pas le relativisme spirituel, mais puisent dans les croyances qui enrichissent leur spiritualité, peu importe leur origine.
 
''On tente d’avancer des arguments en faveur de la réincarnation à partir de certains textes de la Bible et d’écrits de certains Pères de l’Église, disant que cette croyance était répandue chez les apôtres et dans les premières communautés chrétiennes, et que ce n’est que par la suite que l’Église l’a supprimée.''
 
Historiquement, c'est exactement ce qui s'est passé lors du Deuxième Concile de Constantinople en 553 présidé par l'empereur Justinien (483-565).
 
L'église tentait d'unifier la foi chrétienne en luttant contre les doctrines païennes, les Juifs et les hérétiques.
 
Justinien a condamné la doctrine de l'origénisme (de son fondateur Origène), parce qu'il a été influencé par la métaphysique de Platon, un penseur païen qui stipule que l'âme du défunt peut transmigrer d'une existence à une autre, ce qui mène à la préexistence de l'âme, autre chose niée par les chrétiens.
 
''Les textes du Nouveau Testament que l’on cite supposément à l’appui de la réincarnation sont en particulier: le rapport entre Jean-Baptiste et le prophète Élie.''
 
''Ce sont sans doute les références les plus importantes en ce qui concerne la réincarnation; par exemple, Jésus dit à propos de Jean-Baptiste : Et lui, si vous voulez m’en croire, il est cet Élie qui doit revenir; et encore : Élie est déjà venu, et ils ne l’ont pas reconnu.''
 
''La clé de la compréhension des remarques de Jésus à propos de Jean-Baptiste qui pourraient être interprétées comme indiquant que Jean-Baptiste est la réincarnation du prophète Élie (qui, souvenons-nous, n’est pas mort, mais a été enlevé au ciel par un chariot de feu) se trouve dans les paroles de l’ange à Zacharie, père de Jean-Baptiste, lui annonçant que sa femme Élisabeth allait enfanter un fils, qui doit être nommé Jean.''
 
''L’ange dit à propos de Jean: Il sera rempli du Saint-Esprit dès le sein de sa mère et il ramènera de nombreux fils d’Israël au Seigneur, leur Dieu.''
 
''Lui-même le précédera avec l’esprit et la puissance d’Élie. Jean est donc investi de l’esprit et la puissance d’Élie, c’est-à-dire en tant que prophète qui annonce et prépare la venue du Seigneur ; il n’est pas une ''réincarnation'' d’Élie.''
 
Ce n'est pas parce qu'il a été ''enlevé'' dans un ''chariot de feu'' qu'Éli n'a pu mourir plus tard.
 
Le texte dit que Jean-Baptiste possède en lui ''l'esprit et la puissance d'Élie''. Cela suggère que son esprit fut celui qui habita par le passé le corps d'Éli.
 
L'esprit de Jean-Baptiste a conservé ses acquis, c'est-à-dire sa puissance de prédicateur.
 
Si l'âme d'Eli et de Jean-Baptiste n'était pas la même, pourquoi alors le christ affirme que ''Élie est déjà venu, et ils ne l’ont pas reconnu.''
 
S'ils ne l'ont pas reconnu, c'est que son corps charnel n'était pas le même.
 
''Au début du ministère public de Jean-Baptiste, des prêtres et des lévites de Jérusalem lui demandent qui il est. Jean-Baptiste nie successivement qu’il est le Christ, Élie ou le prophète.''
 
Jean-Baptiste ne pouvait pas faire autrement que de nier être le prophète Élie puisque son esprit, assombri par l'amnésie charnelle, ne pouvait se souvenir de son existence antérieure en tant qu'Élie.
 
''L’entretien de Jésus avec Nicodème, en particulier la remarque de Jésus : À moins de naître d’en-haut nul ne peut voir le Royaume de Dieu.''
 
''Tiré de son contexte, ce verset semble suggérer que c’est par une ''re-naissance / réincarnation'' que l’homme parvient au Royaume de Dieu.''
 
''Mais les réponses de Jésus dans la suite de cet entretien montrent très clairement que Jésus parle d’une ''re-naissance'' spirituelle, une naissance dans l’Esprit : À moins de naître d’eau et d’Esprit, nul ne peut entrer au Royaume de Dieu.''
 
''Jésus enseigne plutôt la nécessité de la conversion personnelle et de la foi et de l’acceptation du Fils de Dieu, lui-même, comme envoyé de Dieu pour le salut du monde, pour la vie éternelle.''
 
Le christ parlait avec Nicodème de la réincarnation. Lorsqu'il dit ''À moins de naître dans haut'', il usait du langage métaphorique pour désigner le Royaume de Dieu. Les païens croyaient que les dieux régnaient depuis les hauteurs du ciel.
 
L'expression ''une naissance dans l'Esprit'' relève plutôt d'une abstraction incompréhensible, à moins bien sûr de croire en la troisième Personne de la Saint-Trinité, L'Esprit Saint. 
 
''L’échange entre Jésus et les disciples concernant l’aveugle-né, en particulier la question des disciples à propos de l’aveugle-né : Rabbi, qui a péché, lui ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle ?''
 
''Cette question, tirée de son contexte, peut suggérer à certains que les apôtres croyaient en la réincarnation, car comment un nouveau-né aurait-il pu avoir péché à sa naissance, si ce n’était dans une vie antérieure ?''
 
''Il est certain que la croyance en la réincarnation était très répandue dans le monde helléniste du premier siècle et il est possible que les apôtres étaient conscients de cette doctrine, même si la réincarnation ne faisait pas partie du judaïsme.''
 
''Quoi qu’il en soit, la question ne confirme pas que les apôtres souscrivaient à cette croyance et, ce qui est plus important, la réponse de Jésus rejette les deux options suggérées par les apôtres : Ni lui ni ses parents n’ont péché, mais c’est pour qu’en lui se manifestent les œuvres de Dieu.''
 
''Les œuvres de Dieu dont il s’agit sont principalement les miracles de Jésus, – Jésus donne la vue à l’aveugle-né – autant de manifestations de son pouvoir divin sur le monde et symboles de sa puissance spirituelle sur le mal et sur les ''œuvres des ténèbres''.
 
Si la réincarnation ne faisait pas partie de la doctrine du christ, alors pourquoi ses disciples en auraient-ils fait mention, en particulier à Jésus lui-même ?
 
Jésus leur répond: ''mais c'est qu'en lui se manifestent les œuvres de Dieu.''
 
Deux interprétations de ce passage sont possibles: ou bien cet homme, comme l'a dit le christ, n'a pas péché dans sa vie présente, mais que sa cécité résulte de ses actes passés ou Dieu a rendu délibérément cet homme aveugle dans le seul but qu'un jour le christ accomplisse sur lui un miracle, ce qui serait absurde, surtout si cet homme n'a pas mérité sa cécité.
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Re: La réincarnation et le progrès

Message  Arlitto le Mer 17 Aoû - 16:18

Le christ prêchera la réincarnation

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Le christ a enseigné la réincarnation ou renaissance à ses disciples lors de sa présence sur Terre.
 
Le terme ''réincarnation'' n'ayant jamais existé à son époque, Jésus utilisait le terme ''résurrection''.
 
Une résurrection sous-tend qu'il y a eu mort du corps charnel, puis renaissance dans un autre corps.
 
Le christ a enseigné la réincarnation et cette partie essentielle de sa doctrine a été retirée.
 
À l'époque de l'empire romain, la croyance en la réincarnation était très vivante et répandue. Depuis longtemps déjà les hommes avaient été instruits par les doctrines orientales.
 
Dans son livre ''Le retour du Christ'' (1948), Alice Bailey (1880-1949), la ''mère'' du nouvel âge, a écrit que lorsqu'il reviendra pour sa seconde venue, le christ enseignera de nouveau la réincarnation.
 
Sans la réincarnation comme clef de l'histoire, le christianisme demeurera toujours une doctrine hermétique.
 
''Cette Loi est le corollaire majeur de la Loi d'évolution. En Occident, elle n'a jamais été bien comprise et, en Orient, où elle est admise comme une loi de la vie, elle n'a été d'aucune utilité, parce qu'elle y a produit un effet léthargique et qu'elle a retardé le progrès.''
 
''L'Oriental considère qu'elle lui donne tout le temps voulu et renonce à tout effort pour atteindre au but. Le chrétien confond la Loi de la Réincarnation avec la "métempsycose", et il croit fréquemment qu'elle signifie le passage d'êtres humains dans des corps d'animaux ou dans des formes de la vie inférieure. Il n'en est pas du tout ainsi.''
 
''La Vie divine progresse de forme en forme, et évolue graduellement des formes minérales aux formes végétales, et des formes végétales aux formes animales.''
 
''Du stade animal, la Vie divine passe dans le règne humain et devient sujette à la Loi de la Réincarnation et non à la Loi de la Métempsycose. A ceux qui savent quelque chose de la Loi des Renaissances ou de la Réincarnation, l'erreur paraît ridicule.''
 
''S'il est vrai que l'établissement de justes relations humaines sera le but principal de l'enseignement universel du Christ, l'élément primordial de cet enseignement devra être la Loi de la Réincarnation.''
 
''Ceci est inévitable, parce que cette Loi apporte la solution de tous les problèmes humains et la réponse à bien des questions.''
 
''Cette doctrine sera l'une des notes fondamentales de la nouvelle religion universelle ; elle éclairera les problèmes de ce monde et permettra de mieux les comprendre.''
 
''Cette fois, Il apprendra aux hommes la méthode par laquelle cette possibilité peut devenir un fait accompli, par le constant retour de l'âme qui s'incarne à l'école de la vie sur terre, pour y subir le processus de perfectionnement dont Il fut l'exemple suprême. Telle est la signification et l'enseignement de la Réincarnation.''
 
''La Loi existe ; des détails de son fonctionnement, nous ignorons tout, jusqu'à présent. Seules quelques affirmations peuvent être faites avec certitude, et celles-ci excluent toute contradiction :
 
1. La Loi de la Réincarnation est une grande Loi naturelle sur notre planète.

2. C'est un processus, institué et poursuivi selon la Loi d'Evolution.

3. Elle est intimement reliée a la Loi de Cause et Effet et conditionnée par elle.

4. C'est un processus de développement progressif, permettant à l'homme de passer de la forme la plus grossière du matérialisme irréfléchi à une perfection spirituelle et à une perception intelligente qui le rendront apte à devenir membre du Royaume de Dieu.
5. Elle explique les différences qui existent entre les hommes et – en relation avec la Loi de Cause et Effet (appelée en Orient la Loi du Karma) – elle fait comprendre les différences de circonstances et d'attitudes devant la vie.
6. Elle est l'expression de l'aspect volonté de l'âme, et non le résultat d'une décision de la forme. C'est l'âme, en toutes les formes, qui se réincarne, qui choisit et construit les véhicules physiques, affectifs (ou des émotions) et mentaux, grâce auxquels elle pourra apprendre les prochaines leçons nécessaires à son évolution.

7. La Loi de la Réincarnation – en ce qui concerne l'humanité – entre en activité sur le plan de l'âme. L'incarnation est motivée et dirigée du niveau de l'âme, sur le plan mental.

8. Les âmes s'incarnent en groupe, cycliquement, selon la Loi, dans le but de parvenir à de justes relations avec Dieu et avec les hommes.

9. Le développement progressif, suivant la Loi de la Réincarnation, est largement conditionné par le principe mental, car ''selon ce qu'un homme pense dans son coeur, c'est là ce qu'il est''. Ces quelques paroles méritent d'être considérées avec la plus grande attention.

10. Sous l'effet de la Loi de la Réincarnation, l'homme développe lentement son intelligence, ensuite, l'esprit commence à dominer la nature affective et, finalement, révèle à l'homme l'âme, sa nature et sa sphère d'existence.

11. A ce point de son développement, l'homme commence à parcourir le "Chemin du Retour" et s'oriente graduellement (après de nombreuses vies) vers le Royaume de Dieu.

12. Lorsque – grâce au développement de l'intelligence, grâce à la sagesse, au service pratique et à la compréhension – l'homme a appris à ne rien demander pour le moi individuel, il renonce alors au désir de vivre dans les trois mondes [minéral, végétal, animal], et il n'est plus soumis à la Loi de la Réincarnation.

13. Il est maintenant conscient du groupe ; il connaît le groupe auquel appartient son âme et il perçoit l'âme dans toutes les formes. Il a atteint – conformément aux paroles du Christ – un degré de perfection semblable à la Sienne, et est parvenu "à la mesure de la stature parfaite du Christ".
 
''Grâce au retour du Christ, le Mystère des Ages est sur le point d'être révélé. Par la révélation de l'âme, ce Mystère (que voile la connaissance de l'âme) sera dévoilé.''
 
''Les Ecritures sacrées ont toujours prophétisé qu'à la fin des temps nous verrions la révélation de ce qui est secret et l'apparition au grand jour de tout ce qui est jusque-là, demeuré caché.''
 
''On sait que notre cycle actuel marque la fin de l'Ere des Poissons. Les deux cents prochaines années verront l'abolition de la mort, ou plutôt de la conception erronée que nous nous en faisons, et la preuve certaine de l'existence de l'âme.''
 
''Alors, on saura que l'âme est une entité, et qu'elle est la force directrice et l'énergie spirituelle cachée derrière toutes les formes manifestées.''
 
''Il y a deux mille ans, la mission du Christ fut de proclamer certaines grandes possibilités, ainsi que l'existence de grands pouvoirs.''
 
''Lorsqu'il réapparaîtra, Son oeuvre sera de prouver l'évidence de ces possibilités et, en même temps, de révéler la véritable nature et la puissance de l'homme.''
 
''Il proclama que nous sommes tous Fils de Dieu, enfants d'un même Père universel.''
 
''Dans un proche avenir ceci n'apparaîtra plus comme une admirable affirmation mystique et symbolique, mais comme l'énoncé d'un fait scientifiquement prouvé.''
 
''Notre fraternité universelle et notre immortalité essentielle seront reconnues comme des faits naturels.'' (Alice Bailey, Le retour du Christ)


Sources
Serge Girard, ''Messages de l'au-delà, La vie sur Terre et celle de l'après-mort'', Éditions J.C.L, ISBN 2-89430-255-X, 1990, 333 pages.
 
Allan Kardec, ''Le livre des Esprits'', Éditions de Mortagne, ISBN 2-89074-060-9, 1983-1987, Ottawa, 502 pages.
 
Auteur inconnu, ''La réincarnation, Au coeur de l'inconnu'', tome 1, Éditions Récré LTÉE, Québec, 164 pages.
 
Jean Prieur, ''Le mystère des retours éternels'', collection La vie et l'au-delà, ISBN 2-221-07834-9, Éditions Robert Laffont, Paris, 1994, 310 pages.
 
Alice Bailey, ''Le retour du Christ'', PDF disponible gratuitement sur internet.
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Re: La réincarnation et le progrès

Message  Arlitto le Mer 17 Aoû - 16:21

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Réincarnation et résurrection

"C'est une triste chose de songer que la nature parle
et que le genre humain n'écoute pas."
[Victor Hugo]
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Voici encore un sujet houleux diront les uns, évident, ou tabou pour les autres. Il a été écrit des ouvrages très intéressants sur le sujet, la liste est longue, mais par delà cela, nous pouvons peut-être aborder ces principes non avec une rassurance livresque mais avec notre propre ressenti, dans l'instant.
Les livres « sacrés » du monde nous parlent de tant de choses à ces sujets, ils s'opposent, s'allient sur un point, se boudent dans un autre, quel est le problème ?
Et bien le problème c'est toujours la peur, la peur face au devenir, au non-devenir, l'ego veut trouver une continuité, veut survivre à toute remise en question. Certains me diront : « ok, ok, c'est bien beau, mais pourquoi les anciens en parlent ? »
Il est vrai que dans toutes les sagesses anciennes, la réincarnation semble être traitée de manière évidente, et que, soudainement elle n'est plus vraiment prise en compte par nos bons vieux monothéismes. Mais là encore, c'est n'observer qu'un aspect des monothéismes, à savoir leur courant exotérique, celui réservé au peuple et au croyant. Mais il a toujours existé des voies ésotériques ou gnostiques (du grec gnôsis signifiant : connaissance), réservées à des êtres dont le besoin de croyance avait été dépassé et dont le Dieu lointain ne parlait plus ; ceux là voulaient (et veulent toujours) connaître Dieu directement et ainsi vivre ses mystères les plus profonds. Sortons là aussi de ce caractère élitiste, hautin, des initiés. Un initié à un courant ésotérique l'est de part son humilité, car il sait que le chemin qui mène à la connaissance directe est semé de terreurs et d'embûches et il respecte l'être qui ne souhaite pas s'y engager, préférant la croyance rassurante.
Pourquoi existe-t-il des initiés, des personnes élevées et d'autres un peu moins ?
Dieu aurait-il créé des êtres plus en avance que d'autres, juste par plaisir de voir les uns limités et les autres grandis ? C'est une connaissance limitée de Dieu que de croire cela, il existe des niveaux d'enseignements sur le chemin, tout comme il existe une école primaire, un collège, un lycée et une faculté. Ces instituts existent et reçoivent chacun un type d'être différent et, en fonction de l'âge et de la maturité, lui enseigne des chose différentes.
Qu'un lycéen se moque de l'apprentissage de l'alphabet par un enfant au cour primaire a-t-il un sens ?
Un collégien doit-il dénigré le savoir du licencié de faculté, tout ceci parce qu'il ne le comprend pas encore ?
Les religions du livre
Voilà, en deux questionnements vous avez résumé ici des siècles et des siècles d'incompréhensions de l'évolution et du perfectionnement successif des êtres. On ne devient pas Einstein en une vie, ni un Jésus ou un Gandhi, tout comme on n'obtient pas un doctorat en un an de cour primaire. Tout ceci c'est du bon sens et pourtant il semblerait que les susceptibilités nous aient amenées à supprimer cette logique de vie.
Le Judaïsme
Pourtant, si l'on étudie la Qabbale juive, on trouve la réincarnation clairement mise en scène. Commençons par le Zohar, un livre clé de la Kabbale, je cite :
"Les âmes doivent réintégrer la substance absolue d'où elles sont sorties. Toutefois, pour cela, elles doivent développer toutes les perfections, dont le germe se trouve en elles. Si elles ne satisfont pas à cette condition durant une vie, elles doivent en commencer une deuxième, une troisième et d'autres encore, jusqu'à ce qu'elles aient rempli les conditions qui leur permettront de s'unir à nouveau avec Dieu."

"Aussi longtemps qu'une personne ne parvient pas à atteindre ses objectifs dans ce monde, le Saint, Béni soit-il, la déracine et la replante autant de fois qu'il faut." (Zohar I 186b)

"Toutes les âmes sont sujettes à la réincarnation ; nul ne connaît les voies du Saint, Béni soit-il ! Les gens ne savent pas qu'ils sont présentés devant le tribunal avant d'entrer dans ce monde et une fois qu'ils l'ont quitté ; ils ignorent qu'ils doivent subir beaucoup de réincarnations et de travaux secrets et que, complètement dépouillés, de nombreuses âmes et une infinité d'esprits errent dans l'au-delà sans pouvoir pénétrer sous le voile du Palais du Roi. Les hommes ne sont pas conscients que les âmes virevoltent comme des cailloux lancés par une fronde. Mais le temps sera proche quand on découvrira tous ces mystères." (Zohar II 99b)
Les temps seraient t-il proches ?…

"Nous savons que Moise était la réincarnation (gilgoul) d'Abel." (Tikouné Zohar 69, 99B)

"Caïn se réincarna en Essaü." (Tikouné Zohar 69, 118B)
"Quant à lui (Adam), il se réincarna en nos anciens saints, Abraham, Isaac, Jacob." (Tikouné Zohar 69, 1113A)
"Pourquoi n'advient-il à tel juste que de bonnes choses alors qu'un autre juste subit des épreuves ? C'est parce que ce dernier a fait le mal dans une vie antérieure et qu'il en paie maintenant les conséquences... C'est comme la personne qui a planté une vigne et recueille du raisin acide au lieu des fruits sucrés qu'il espérait. Voyant qu'il a planté et vendangé en vain, il arrache la vigne et, après avoir bien nettoyé, en plante une nouvelle. Et ainsi de suite." (Bahir 195) 

Le maître Isaac Louria a écrit un livre sur le sujet s'intitulant le "Shaar Ha Gilgoulim" (Les portes de la réincarnation). Un autre maître Haïm Vital a écrit quand à lui un ouvrage intitulé "Sefer HaGuilgoulim" ("le Livre de la Réincarnation"). C'est pourtant clair je pense, mais là encore le principe de réincarnation n'est dévoilé qu'à celle ou celui qui est prêt à le comprendre. Tant que l'on est attaché à notre petite personne, on a envie de la garder avec nous éternellement, mais ceci part d'un matérialisme spirituel qui s'attache à la chair, au corps et s'obstine dans des pensées basses. Celui qui a dépassé son attachement au corps physique, ayant compris son impermanence, celui-ci va chercher ailleurs sont salut. Tous les sages de la terre ont tous dit à peu prêt les mêmes choses : le corps physique n'est pas une finalité. Il semblerait que durant la période des grandes écoles de Safed et du Languedoc cette compréhension ait été en rapport avec le niveau de pureté que conservait l'enseignement depuis Moise. Moise ayant été, comme le dit la Torah "instruit dans toute la science des Egyptiens" (actes 7 -22), il avait donc était initié à la Cabbale en Égypte et en Chaldée, comme cela était pratiqué à l'époque, puis il transmis ses connaissances en les adaptant au peuple dont il était responsable. Ceci nous montre, là encore, que la réincarnation remonte à la nuit des peuples. Les égyptiens, les chaldéens et la majorité des peuples antiques étaient au fait du principe des vies successives et vivaient en harmonie avec cette compréhension, car elle offrait un sens et une compréhension profonde de l'évolution de l'âme humaine vers son perfectionnement, sa remontée à la source de toute chose.


Le christianisme
Nous allons en fait retrouver la même démarche. Les premiers chrétiens, les pères du désert, mais surtout les gnostiques concevaient très bien la réincarnation, d'ailleurs l'entité Christ s'était, selon eux, incarnée dans le corps de l'homme Jésus pour accomplir sa mission, comme le cite l'évangile de Judas : "Tu les surpasseras tous, car tu sacrifieras l'homme qui me sert d'enveloppe charnelle." De nombreux passages dans les évangiles énoncent que les peuples de l'époque de Jésus avaient encore ce principe en eux :
"Et ils lui demandèrent : Quoi donc ? Es-tu Elie ? Et il dit : Je ne le suis point. Es-tu le prophète ? Et il répondit : Non."
(Jean 1-21)
 Ici, les anciens de la synagogue (du grec sunagogè , qui signifie réunion, mot à mot ce qu'on conduit ensemble, ce qui est rassemblé. Une synagogue est donc une congrégation) démontrent bien qu'ils croyaient en la réincarnation en pensant que Jésus serait peut être la réincarnation du prophète Elie.
"Les disciples lui firent cette question : Pourquoi donc les scribes disent-ils qu'Elie doit venir premièrement ? Il répondit : il est vrai qu'Elie doit venir, et rétablir toutes choses. Mais je vous dis qu'Elie est déjà venu, qu'ils ne l'ont pas reconnu, et qu'ils l'ont traité comme ils ont voulu. De même, le Fils de l'homme souffrira de leur part. Les disciples comprirent alors qu'il leur parlait de Jean-Baptiste." (Matthieu 17 – 10, 11, 12, 13)
Là encore, nul besoin d'interprétation ou d'analogie symbolique, ces versets parlent d'eux-mêmes. Mais alors pour quelle raison la réincarnation a-t-elle été retirée de l'enseignement d'origine et du contexte d'où a émergé Jésus ? On sait par exemple qu'au premier concile de Nicée (325), on décida de la retirer afin de trancher avec les divers cultes païens de l'époque. Donc à des fins purement idéologiques et politiques, priverait-on des milliers de fidèles d'une compréhension essentielle ? Il paraît que l'humain est capable du meilleur comme du pire, mais pour le pire il est le meilleur aussi …,
On a proclamé pendant longtemps que le soleil tournait autour de la terre, est-ce que pendant ces périodes, le soleil ne suivait-il pas la course que l'on connaît aujourd'hui ?
Je vous laisse faire donc le rapprochement avec la réincarnation, si une loi humaine proclame qu'elle est fausse, au nom de certaines ambitions égotistes, est-il possible, au même titre que le soleil, que celle-ci s'annule d'elle-même ?
Par ailleurs, je n'oppose en rien réincarnation et résurrection, car toutes deux ont leur place à mon sens, mais une confusion a été faite et l'enseignement mal compris par les suiveurs. Jésus disait ceci :
"Si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le Royaume de Dieu."
(Jean 3 -3)
On peut aussi interpréter cette phrase en faveur de la réincarnation bien entendu, mais c'est de la résurrection qu'elle parle le mieux. Dans tous les chemins initiatiques, la mort symbolique est une étape majeure, on meurt à son ancienne personnalité, la profane, pour renaître de nouveau. Dans la plupart des religions d'ailleurs, les fidèles changent de nom, cette coutume a donc été conservée sous un autre manteau. Mais renaître de nouveau implique de mourir à l'ego qui s'attache à l'ancienne personnalité pour tendre vers l'absolu, vers Dieu. Voilà la résurrection, elle est intérieure. Saint Thomas d'Aquin disait : "Nulle créature ne peut atteindre un plus haut degré de nature sans cesser d'exister." (Somme Théologique, Livre I, LXIII, 3), Maître Eckhart, un grand mystique chrétien, nous offre un message semblable : "L'homme a deux naissances : l'une au monde, l'autre hors du monde, c'est-à-dire en Dieu." (Sermon 76)
Renaître en cette vie est un acte qui demande une humilité considérable, c'est accepter le réel tel qu'il est, c'est accepter notre nature matérielle, mortelle et limitée par une fausse personnalité, faite de conditionnements, de croyances, de peurs et de limitations, pour naître de nouveau à notre nature véritable, absolue et illimitée.
L'islam
Il est assez difficile de trouver dans le Coran des preuves assez nettes de la réincarnation, mais de quel Coran parle-t-on ? La querelle infinie entre chiites et sunnites continuent de faire rage, et il semblerait qu'il puisse exister deux corans, l'un exotérique, l'autre ésotérique. Le chiisme Iranien se prévalent de la transmission du savoir ésotérique du prophète à l'Imam Ali semble avoir était un terreau plus fertile pour l'éclosion d'écoles initiatiques islamiques et aux ordres soufis. Selon des spécialistes de l'islam tel Henry Corbin, l'islam iranien serait plus intérieur que l'islam sunnite, plus penché sur la chariah (la loi islamique). La mystique islamique s'est considérablement enrichie de la mystique antique des grecques (platoniciens) et des perses (Zoroastrisme). Le soufisme, qui est la voie mystique de l'Islam, reconnaît la réincarnation avec profondeur. Je citerai donc un maître soufi prénommé Pir-o-Murshid Hazrat Inayat Khan :
«  La réincarnation existe pour la personnalité, non pas pour le rayon (l'âme). Dieu mène à bien Son plan en faisant que la personnalité se réincarne avec un nouveau rayon. Une personnalité est la réincarnation d'une autre et reprend ses problèmes là où ils ont été laissés. » (site [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien])
Le soufisme est en général, dans son essence, très peu dogmatique et met l'accent davantage sur le fond (le coeur) plutôt que sur la forme (la loi « Sha'ria »). La loi est observée, mais avec des nuances habiles et n'est pas fondamentale dans le chemin du soufisme. Les soufis disent souvent qu'il y a autant de religions que d'êtres humains, chacun a sa façon d'adorer le créateur. De même le soufi ne met pas l'accent sur la notion d'enfer et de paradis prédominante dans l'islam. Le soufi aime Allah, ni par peur de l'enfer ou par désir du paradis. Concernant la réincarnation, le soufisme, comme certains courants de l'hindouisme ou du bouddhisme (dont-il a vécu les influences), ne se prononce pas en règle général sur ce qui est considéré d'ordre théorique et qui n'est pas une priorité pour l'union avec Dieu. Les soufis n'enseignaient pas ouvertement la réincarnation pour ne pas s'attirer les foudres (qui tombaient déjà si souvent sur eux) des Mollahs et Oulémas (membres du clergé), mais cet enseignement était réservé à des êtres qui avaient déjà cheminé et étaient aptes à comprendre ce principe.
Il existe des Tariqa (ordre soufi), comme celle de Inayat Khan, qui sont plus imprégnées d'hindouisme ou de gnose néo-platonicienne, et qui enseignent plus ouvertement le principe de la réincarnation, mais toujours dans la mesure, comme l'indique ce texte :
« L'âme est comme une plaque photographique qui peut recevoir la réflexion d'une personne ou d'un groupe, et peut contenir des milliers d'âmes. Cette plaque photographique est capable d'accueillir en elle-même la réflexion de tout un monde ; il en est de même pour l'âme. On demandera : « Qu'est-ce que l'au-delà ? ». L'au-delà est pour chacun ce que son âme embrasse. Si son âme contient un ciel, son au-delà sera le ciel ; si son âme contient autre chose, alors son au-delà sera cette autre chose.
Mais, dira-t-on: « Est-ce que l'âme ne revient pas comme réincarnation ? ». Oui, certainement, une âme se présente ; mais quelle âme ? Qui est cette âme ? C'est une âme qui a reçu une réflexion, et c'est le reflet qui est la réincarnation. Alors on demandera : « Est-ce que cela ne rend pas tout aussi irréel qu'un théâtre d'ombres ? ». Mais qu'est-ce d'autre ? Si ce n'est pas un jeu d'ombres, qu'est-ce ? Si l'on trouve une réalité dans ce qui n'est pas réel, cela peut être consolant, l'on peut y trouver du réconfort pour quelques jours, mais l'irréalité reste l'irréalité, et finalement s'avérera non satisfaisante, parce qu'il n'y a de satisfaction que dans la connaissance de la Vérité. Si, provisoirement, il peut être satisfaisant de prendre l'irréalité pour la réalité, on peut continuer ainsi. Cependant, il faut reconnaître que, finalement, cela s'avère ne pas être vrai. Afin d'éviter une future déception, on doit découvrir cela le plus tôt possible dans la vie, si l'on est capable de saisir, et puis d'assimiler la Vérité ultime. » (Source : [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien])
Une voix s'élève en terre d'islam pour parler de la réincarnation, celle du peuple Druze, leur religion est une synthèse de l'ismaélisme, du néoplatonisme et du gnosticisme. Les Druzes insistent sur l'Unité de l'absolu par delà les diverses oppositions religieuses et théologiques. La religion Druze possède un ésotérisme secrêt qui est transmis aux candidats lors d'une initiation comportant divers degrés. Les druzes n'intégrent pas la charia et les obligations rituelles dans leur doctrine, ils voient par contre dans le Coran preuve de l'existence de la réincarnation, par le verset intitulé "Al-Baqara" (La Vache) :
"Comment pouvez-vous renier Dieu alors qu'il vous a donné la vie, alors que vous en étiez privé,
puis Il vous a fait mourir, puis Il vous a fait revivre et enfin vous retournerez à Lui."


Logique de la réincarnation
Bien entendu, je n'ai pas traité des religions et spiritualités orientales, pour qui la réincarnation n'est plus un questionnement, mais une logique de vie. Les religions et spiritualités antiques, telles que telles le celtisme, le néo-platonisme, l'hermétisme, le chamanisme, dans toutes les régions du monde, les grecques, les égyptiens, chaldéens, bref, tous les peuples intégraient avec bon sens la réincarnation sur le plan global et intégraient sur le plan initiatique le principe de résurrection symbolique. Que s'est t-il dont passé ? En focalisant notre esprit sur la technique, le progrès extérieur, ne nous sommes nous pas éloigné de notre vie intérieure la plus profonde ? Les religions d'aujourd'hui sont-elles réellement le reflet de la volonté de leur fondateur ? Aussi bien l'archéologie, l'historiographie, que l'étude comparative des spiritualités nous indique qu'il y a eu dilution des enseignements. Imaginons simplement, un grand initié découvre en lui des vérités très profondes, s'il a de la chance, il va trouver un autre initié qui va réussir à le comprendre et transmettre l'enseignement. Mais si cela n'est pas le cas, les suiveurs, au fil du temps, ne vont appréhender qu'une partie de l'enseignement et en occulter l'essence, et ainsi enseigner une voie biaisée. Si l'on ajoute à cela les intérêts politiques, militaires, économiques et pour faire simple : égotistes, et bien le marasme du monde s'explique très clairement ; je laisse le reste à votre méditation …
Concernant la réincarnation, nous avons vu que plus l'on remonte à la source du « fondateur » du mouvement, plus on retrouve des vérités profondes et plus on descend jusqu'à nous et plus nous nous enfonçons dans un matérialisme spirituel vide de sens. Plus on arrive à notre époque, et plus les initiés semblent devoir se replier, alors est-ce cela l'humanité ? Les splendeurs des enseignements spirituels du monde doivent-elles rester masquées, de peur que leur trop grande clarté réveille notre aveuglement ?
Le bon sens et une certaine forme de logique spirituelle peuvent venir étayer notre compréhension du principe réincarnationnel, prenons des exemples.
Dans la nature tout est réincarnation, une graine devient un arbre, cet arbre produit des graines qui vont ainsi replonger dans la terre pour créer un autre arbre et ainsi de suite, ce processus, l'énergie de vie qui anime la première graine, l'arbre et les autres graines est le même, seul la forme change. Pour le corps c'est la même chose, nous changeons de vêtement, nous ne mettons pas les mêmes vêtements à un âge ou à un autre, certains vêtements semblent trop étroits en rapport à notre croissance. Au même titre, certains enseignements semblent trop étroits pour la conscience qui s'élargie, ainsi qu'il existe un vêtement pour chaque étape de la croissance du corps, il existe un enseignement pour chaque étape de la croissance de l'âme. La réincarnation permet d'essayer à nouveau, elle n'enferme pas dans la fatalité d'une seule vie ; en une seule vie personne ne peut atteindre la perfection de corps, d'esprit et de cœur. Rejeter la réincarnation, c'est refuser aux êtres la chance de progresser ; rejeter la réincarnation, c'est refuser aux êtres toute élévation ; rejeter la réincarnation, c'est refuser aux êtres la libération absolue…
Pourquoi, en général, les sages admettent-ils la réincarnation et les gens, en général qui manque de cheminement, la refusent-ils ?
Les gens, en général les jeunes âmes, comme on peut affectueusement les nommer, n'ont pas encore intégré toutes les facettes de la manifestation du vivant. Ils sont au début de leur apprentissage de l'existence, tout comme le jeune enfant ne peut pas encore tout connaître, il lui faut, pour connaître, apprendre et expérimenter. La réincarnation lui permet justement cela, mais les jeunes âmes, de part le fait qu'elles n'ont pas encore percé les mystères les plus profonds de Dieu (ou de la vie), s'attachent aux reflets de l'existence. Voilà pourquoi elles aiment souvent les croyances, les dogmes rassurants, les appartenances identitaires et tout ce qui renforce la notion de personne ; au même titre qu'un enfant qui apprend le vélo est attaché à ses petites roulettes de sûreté, ce qui est normal, puisqu'il n'a pas encore les bases de l'équilibre. Mais pour celui qui sait faire du vélo de course, les roulettes sont des freins au plein développement de ses capacités. C'est juste du bon sens, tout le monde peut le comprendre aisément, et je le répète, seul ce qui est simple (et non simpliste) est vrai, et souvent nous possédons des intuitions (que la société technocratique nous fait refouler) qui sont de vraies perles de sagesse. Apprenons à nous faire davantage confiance, apprenons à nous connaître, et Dieu se présentera à nous. N'écoutons plus les moralistes qui se perdent en discours pompeux, en exégèse puérile, tout est là, de toute éternité, il suffit de réorienter notre regard vers l'intérieur. Aujourd'hui, les religions, pour s'adapter à la concurrence du matérialisme ont dû plutôt mettre l'accent sur une approche « rationnelle » du divin, faisant cela elle ont perdu leur essence au profit d'une morale, d'une éthique et de lois qui ne volent pas bien haut. Elles ont même chuté au stade de renier les enseignements les plus profonds qu'elles gardaient en leur sein, ainsi le Judaïsme doctrinal voit souvent d'un mauvais œil les splendeurs de La Kabbale ; les rabbins sont formés comme des instituteurs, des technocrates de Dieu. Pour le christianisme c'est la même chose, le divorce entre mystique et théologie a été tristement consommé, et toute manifestation d'une foi hors du commun paraît douteuse, voir psychiatriquement analysable. L'Islam croule sous le dogmatisme fanatique qui donne une si mauvaise image de ses merveilles à l'occident. La confusion entre le sage et le fou devient alarmante. Les soufis sont traités d'hérétiques parce qu'ils osent vivre Allah dans l'amour et l'unité. Dans quel monde vivons nous ? Toutes les valeurs semblent inversées, l'apocalypse serait-elle proche ?
L'apocalypse, du grec « Apocalypsos » signifie révélation, juste, celle d'une ère ou comme le dit Jésus : "Rien, en effet, n'est voilé qui ne sera révélé, rien de caché qui ne sera connu." (Matthieu ; 10:26) . Là encore, un sens extérieur cache un sens profond intérieur, cette révélation démarre en nous, dans une prise de conscience profonde et entière de notre "agréable légèreté de l'être"…

Hypothèse et vue intérieure
Nous avons donc vu que toutes les voies spirituelles profondes de la planète prennent la réincarnation comme une doctrine qui va de soi, qui roule toute seule. Souvent, même quand on discute comme ça avec les gens, et même s'ils n'ont pas forcément emprunté un cheminement ils lancent : "On verra ça dans une autre vie…" ou "dans une autre vie, j'étais… ", ou encore quand ils échappent à un petit incident, voir ressortent d'un accident indemne, les amis disent avec amusement et étonnement : "tu as sept vies toi, comme les chats … " et encore d'autres expressions. Le bon sens, la simplicité spontanée nous révèlent tant de vérités que notre mental peureux ne veut pas percevoir, de peur que celles-ci lui révèlent son impermanence !
Et puis regardons le monde, dans une même famille, vous pouvez avoir des individus très différents, avec des niveaux de consciences variés. Certains n'arrivent pas à entrer dans un cheminement spirituel, ce n'est pas toujours qu'ils n'en veulent pas, mais bien que celui-ci ne leur parle pas et certains ajoutent avec clarté "pour le moment". Les uns naissent dans une famille pauvre, l'autre dans une famille riche, certains ont beaucoup d'embûches dans leur vie, pour d'autres cela roule tout seul, et il nous faut avoir un regard clair sur cela. Quel Dieu, bien capricieux, donnerait une seule vie à ses créatures, en attribuant les rôles au choix de manière arbitraire en disant : "bon toi, j'ai envie que tu morfles dans ta vie, toi, euh… ben tiens tu seras milliardaire, etc. ", et puis ensuite, une fois mort, revenir devant le même Dieu et se justifier. Ce Dieu versatile dirait : "alors toi et bien tu n'as pas été généreux, je ne veux pas savoir que tu étais dans la pauvreté et handicapé, j'avais dis qu'il fallait ne pas voler et tu as volé pour manger, allez hop à la fournaise !" Voyons, soyons sérieux et perspicace, une seule vie c'est bien trop court, tout le monde le dit d'ailleurs. Ca passe vite, mais surtout en une seule vie il est impossible d'atteindre les sommets de la vertu et de la réalisation de soi. Alors, au nom de l'amour et de l'encouragement à faire mieux, la réincarnation dit : "bon, ok, tu as fais ce que tu as pu, allez essayes encore une fois !"
La réincarnation, ce n'est pas une théorie pompeuse, bien que l'on puisse toujours aller très loin pour retrouver les causes des effets. Mais elle pourrait juste être comprise de la sorte : "Tu casses, tu rembourses ; tu salis, tu nettoies" ou comme le dit l'évangile "on récolte ce que l'on sème". Dans la vie n'est-ce pas ainsi aussi que cela fonctionne, certes, quand on est enfant il y a bien un papa qui va bien payer les pots casser pour son fils. Cette compréhension, on la trouve dans une perception personnelle, anthropomorphisée de Dieu, mais la réalité ne colle pas à cette projection et l'histoire humaine, aussi bien que notre quotidien, nous prouve bien que dans ce monde un papa ne veille pas. Si l'on souhaite accéder à une compréhension plus mature de Dieu, on essaye déjà de se comporter en adulte responsable de ses actes et donc d'assumer ses propres errements. Certains diront peut être que c'est un peu dur, je les comprends, mais là encore c'est une compréhension littérale des événements qui nous arrivent. Si on dépasse l'atteinte à notre petite personne, ils sont sans cesse des opportunités de grandir en sagesse, d'apprendre à vivre mieux, à être mieux. La vie n'est pas, pour ma part, un terrain de jeu ou une cour de récréation, la vie est une chose sérieuse et seuls ceux qui comprennent que c'est une chose de la plus haute importance, alors eux seuls peuvent jouer. Mais si l'on n'en comprend pas les règles et qu'on pense y échapper, tôt ou tard, cela revient comme un boomerang. Parfois on ne comprend pas pourquoi telle personne très gentille, serviable et tout et tout, soit sans cesse accablée par le malheur. Là encore notre vision est limitée, puérile, si l'on va plus profondément, même sans remonter à ses actes de vie antérieures, mais juste dans l'instant, on comprend que ces maux l'aide à dépasser les vues limitées de l'ego et à accéder à un lâcher prise total, l'éveil. Méfions nous des vies trop faciles, il n'y a rien de pire pour ne pas évoluer et revenir tourner en rond dans la matière.
Il existe des principes cosmiques qui sont immuables, et qui n'ont rien à voir avec les lois impermanentes et ponctuelles de telle ou telle religion. Les religions sont impermanentes, elles se succèdent les unes aux autres, suivant des cycles d'évolution, d'involution, bref, suivant la marée. Mais les principes dont je parle sont aussi immuables que ceux de la gravitation, de l'inertie ou de l'action réciproque des mouvements. Ce sont des principes plus subtils que ceux que l'on trouve sur le plan matériel, donc messieurs les matérialistes vous ne pourrez pas plus palper ou observer votre esprit, ou votre conscience, que les ondes qui circulent d'un portable à un autre. Premier pré requis, ce n'est pas parce que l'on ne voit pas une chose qu'elle n'existe pas. Je souhaite prendre quelque modèle analogique pour clarifier l'hypothèse.
Par exemple, dans une maison alimentée par un circuit électrique, cette maison comporte plusieurs lampes et ampoules. Si une ampoule ne fonctionne plus dans une pièce, est-ce que pour autant l'électricité qui lui confére sa lumière a cessé d'être ?
Si je remplace l'ampoule, le courant ranime un nouvel objet matériel, avec le même type d'énergie électrique. Le corps, c'est l'ampoule et l'énergie électrique peut être la conscience cosmique. Il y a eu de nombreux modèles théoriques en physique quantique qui nous amène à penser que ce même processus agissent au niveau macrocosmique. La théorie des champs morphogénétiques de Karl Pribam nous indique qu'il existerait des champs d'information sous formes d'ondes électromagnétiques qui circuleraient partout dans l'univers. Au même titre que la communication allant d'un téléphone à l'autre représente une information, les sonorités sont converties en données informatiques avec l'aide d'un émetteur/récepteur. Si vous changez de téléphone portable et que vous mettez votre puce téléphonique habituelle, et que vous composiez vos mêmes numéros, et bien les mêmes informations sous formes d'ondes seraient présentes, comme avec l'ancien. Partant de cette compréhension vous pouvez transposer cela à l'infini, sur d'autres modèles de compréhension. Les champs informationnels de Pribam nous permettent de penser que ce qui se passe pour un téléphone portable, avec un matériel simple, se déroule de la même manière avec un autre matériel bien plus sophistiqué, notre cerveau. Le cerveau ne porterait en lui aucune données, mais serait plutôt un émetteur/récepteur des champs informationnels existants dans l'univers. Pour mieux comprendre cela en détail, je vous conseille vivement de lire cet article :
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Après cette lecture, vous commencez peut être à saisir comment la réincarnation et la résurrection peuvent être comprises de manière très cohérente. La réincarnation c'est un même champ d'information (la conscience ou l'âme) qui va mettre en mouvement un nouveau corps, tout comme on change l'ampoule. Mais à ce niveau les spécificités sont infinies, plus subtiles et intelligentes, c'est-à-dire que ce champ de l'être va intégrer le bagage émotionnel et mental, les informations qui furent accumulées par le biais de l'expérience matérielle du corps physique. Comme si ce corps et donc le monde matériel étaient le laboratoire d'expérimentation d'une seule et unique conscience cosmique. Tout ceci rejoint harmonieusement toutes les spiritualités non dualistes, panthéistes et monistes de la planète. A mon sens, le monothéisme a été mal interprété, et les critiques imprécises venant du monde "païen" sont plus sujettes à un besoin de s'affirmer au détriment de l'autre qu'à une volonté de compréhension profonde. Les religions antiques étaient essentiellement monothéistes elles aussi, les divinités étaient comprises comme des dieux uniquement pour le peuple, donc comme nous l'avons vu plus haut, pour les voies exotériques. Mais les courants ésotériques, dans le sens d'intérieur, comprenaient et enseignaient très clairement qu'il n'y avait qu'une source ineffable, les divinités étaient, comme l'a démontré Carl Gustav Jung des archétypes, des symboles représentant un des aspects manifestés de cette source. Le monothéisme des voies exotériques, personnelles, et donc égotiques, ne pouvait pas comprendre les nuances, puisqu'il n'était pas le moment dans la croissance des peuples ; les initiés ont toujours été en nombre plus restreint. Il est logique que tant que l'on s'attache à sa personne, à son identité et donc à l'ego et bien le monde autour de nous sera compris en fonction de ce niveau de compréhension. Ainsi pour un ego, la source de toute chose a un ego, forcément, puisqu'elle est censée l'avoir créer à son image. Mais l'initié qui a dépassé, par la connaissance de soi la notion d'ego, perçoit ainsi la source comme non-personnelle, dénuée d'ego limité, puisque par essence Dieu est infini. Je déborde un peu sur le thème mais je pense qu'il est sage d'offrir cette compréhension libératrice à tous ; en ajoutant que Dieu, l'absolu, la source se préserve d'elle-même de toute possessivité égocentriste, de toute tentative d'appropriation et de personnification.
Comment ?
Apprenez à vous connaître et vous saurez … (sourire :-)
Ok, je vais pas la faire à la Ramana Maharshi, même si pourtant c'est la seule voie pour vivre la vérité, n'oublions que ce que j'écris ne sert strictement à rien pour vivre l'absolu si vous n'expérimentez pas par vous-même, le doigt qui indique la lune, n'est pas la lune, don't forget.
Je peux peut-être mieux vous indiquer la position de la lune, c'est déjà cool non ? Bien, Dieu est libre de toute éternité pour la simple et bonne raison qu'il est nous mais nous ne sommes pas lui. Oui, beaucoup disent, nous sommes tous dieux etc. Mais il n'y a rien de vrai ici, nous ne pouvons pas être Dieu, ce nous est limité dans le temps et il périra pour faire place à un autre nous. Dieu, en tant que TOUT, contient ses parties, mais les parties ne peuvent contenir le TOUT, elles sont les TOUT quand elles s'unissent. En ce sens les conflits entre les parties comme nous le reflète ce monde nous amène à comprendre comment l'humanité s'est séparée de l'unité spirituelle. Tous les humains réunis, sont aussi une partie du TOUT, l'humanité n'est pas une finalité, mais une expérience, n'oublions pas qu'il existe aussi les animaux, les plantes, les oiseaux et la supernova là bas. Cette force cosmique qui fait tourner les planètes et nous donne vie est Dieu, mais cette force agit de manière holistique et non spécifique. Une belle métaphore dans le Védanta parle de l'océan où l'on met des bouteilles avec de l'océan à l'intérieur : tant que ces bouteilles sont illusionnées par leur contenant, elles pensent chacune détenir tout l'océan, jusqu'au jour ou la bouteille explose contre le rocher de l'incertitude et vlan, l'océan retourne à l'océan. L'océan contient toutes les bouteilles, mais les bouteilles ne peuvent pas contenir tout l'océan. Ainsi, cette suprême compréhension rend vaines toutes les prétentions dogmatisantes du monde provenant d'une bouteille qui ne sait pas encore qu'elle est éphémère. Comprenant cela, la rancœur fait place à la compassion, car comme le dit Victor Malka, "on voit Dieu dans le regard de l'autre". Pour résumer, admettons que vous deviez aller d'un point A à un point B, en utilisant un véhicule. Celui-ci tombe en panne ; alors vous cherchez un autre véhicule pour continuer la route. La conscience cosmique, Dieu, fait de même, il souhaite faire vibrer son œuvre, apprendre à se connaître par nous, nos corps. Il joue à composer des événements, des catastrophes, des bonheurs, il compose les confrontations, les harmonies, comme un artiste ou un scientifique de génie, il expérimente, il est nous, nous faisons cela tous les jours …
Un brun d'humour pour terminer. Lorsqu'on posait la question à Nhamkaï Norbu (un maître du Dzogschen) :
« Qu'est-ce qui se réincarne ? »
Il répondait avec son sourire bon enfant :
« Vos mauvaises habitudes ! »
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Re: La réincarnation et le progrès

Message  Arlitto le Mer 17 Aoû - 16:24

La réincarnation selon René Guénon


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Nous ne pouvons songer à entreprendre ici une étude absolument complète de la question de la réincarnation, car il faudrait un volume entier pour l’examiner sous tous ses aspects ; peut-être y reviendrons-nous quelque jour ; la chose en vaut la peine, non pas en elle-même, car ce n’est qu’une absurdité pure et simple, mais en raison de l’étrange diffusion de cette idée de réincarnation, qui est, à notre époque, une de celles qui contribuent le plus au détraquement mental d’un grand nombre. Ne pouvant cependant nous dispenser présentement de traiter ce sujet, nous en dirons du moins tout ce qu’il y a de plus essentiel à en dire ; et notre argumentation vaudra, non seulement contre le spiritisme kardéciste, mais aussi contre toutes les autres écoles « néo-spiritualistes » qui, à sa suite, ont adopté cette idée, sauf à la modifier dans des détails plus ou moins importants. 

Par contre, cette réfutation ne s’adresse pas, comme la précédente, au spiritisme envisagé dans toute sa généralité, car la réincarnation n’en est pas un élément absolument essentiel, et on peut être spirite sans l’admettre, tandis qu’on ne peut pas l’être sans admettre la manifestation des morts par des phénomènes sensibles. En fait, on sait que les spirites américains et anglais, c’est-à-dire les représentants de la plus ancienne forme du spiritisme, furent tout d’abord unanimes à s’opposer à la théorie réincarnationniste, que Dunglas Home, en particulier, critiqua violemment1 ; il a fallu, pour que certains d’entre eux se décident plus tard à l’accepter, que cette théorie ait, dans l’intervalle, pénétré les milieux anglo-saxons par des voies étrangères au spiritisme.

En France même, quelques-uns des premiers spirites, comme Piérart et Anatole Barthe, se séparèrent d’Allan Kardec sur ce point ; mais, aujourd’hui, on peut dire que le spiritisme français tout entier a fait de la réincarnation un véritable « dogme » ; Allan Kardec lui-même, d’ailleurs, n’avait pas hésité à l’appeler de ce nom1. C’est au spiritisme français, rappelons-le encore, que cette théorie fut empruntée par le théosophisme d’abord, puis par l’occultisme papusien et diverses autres écoles, qui en ont fait également un de leurs articles de foi ; ces écoles ont beau reprocher aux spirites de concevoir la réincarnation d’une façon peu « philosophique », les modifications et les complications diverses qu’elles y ont apportées ne sauraient masquer cet emprunt initial.

Nous avons déjà noté quelques-unes des divergences qui existent, à propos de la réincarnation, soit parmi les spirites, soit entre eux et les autres écoles ; là-dessus comme sur tout le reste, les enseignements des « esprits » sont passablement flottants et contradictoires, et les prétendues constatations des « clairvoyants » ne le sont pas moins. Ainsi, nous l’avons vu, pour les uns, un être humain se réincarne constamment dans le même sexe ; pour d’autres, il se réincarne indifféremment dans un sexe ou dans l’autre, sans qu’on puisse fixer aucune loi à cet égard ; pour d’autres encore, il y a une alternance plus ou moins régulière entre les incarnations masculines et féminines. 

De même, les uns disent que l’homme se réincarne toujours sur la terre ; les autres prétendent qu’il peut aussi bien se réincarner, soit dans une autre planète du système solaire, soit même sur un astre quelconque ; certains admettent qu’il y a généralement plusieurs incarnations terrestres consécutives avant de passer à un autre séjour, et c’est là l’opinion d’Allan Kardec lui-même ; pour les théosophistes, il n’y a que des incarnations terrestres pendant toute la durée d’un cycle extrêmement long, après quoi une race humaine tout entière commence une nouvelle série d’incarnations dans une autre sphère, et ainsi de suite.

Un autre point qui n’est pas moins discuté, c’est la durée de l’intervalle qui doit s’écouler entre deux incarnations consécutives : les uns pensent qu’on peut se réincarner immédiatement, ou tout au moins au bout d’un temps très court, tandis que, pour les autres, les vies terrestres doivent être séparées par de longs intervalles ; nous avons vu ailleurs que les théosophistes, après avoir d’abord supposé que ces intervalles étaient de douze ou quinze cents ans au minimum, en sont arrivés à les réduire considérablement, et à faire à cet égard des distinctions suivant les « degrés d’évolution » des individus. 

Chez les occultistes français, il s’est produit également une variation qu’il est assez curieux de signaler : dans ses premiers ouvrages, Papus, tout en attaquant les théosophistes avec lesquels il venait de rompre, répète après eux que, « d’après la science ésotérique, une âme ne peut se réincarner qu’au bout de quinze cents ans environ, sauf dans quelques exceptions très nettes (mort dans l’enfance, mort violente, adeptat) », et il affirme même, sur la foi de Mme Blavatsky et de Sinnett, que « ces chiffres sont tirés de calculs astronomiques par l’ésotérisme hindou », alors que nulle doctrine traditionnelle authentique n’a jamais parlé de la réincarnation, et que celle-ci n’est qu’une invention toute moderne et tout occidentale. Plus tard, Papus rejette entièrement la prétendue loi établie par les théosophistes et déclare qu’on n’en peut donner aucune, disant (nous respectons soigneusement son style) qu’« il serait aussi absurde de fixer un terme fixe de douze cents ans comme de dix ans au temps qui sépare une incarnation d’un retour sur terre, que de fixer pour la vie humaine sur terre une période également fixe ».

Tout cela n’est guère fait pour inspirer confiance à ceux qui examinent les choses avec impartialité, et, si la réincarnation n’a pas été « révélée » par les « esprits » pour la bonne raison que ceux-ci n’ont jamais parlé réellement par l’intermédiaire des tables ou des médiums, les quelques remarques que nous venons de faire suffisent déjà pour montrer qu’elle ne peut pas davantage être une vraie connaissance ésotérique, enseignée par des initiés qui, par définition, sauraient à quoi s’en tenir. Il n’y a donc même pas besoin d’aller au fond de la question pour écarter les prétentions des occultistes et des théosophistes ; il reste que la réincarnation soit l’équivalent d’une simple conception philosophique ; effectivement, elle n’est que cela, et elle est même au niveau des pires conceptions philosophiques, puisqu’elle est absurde au sens propre de ce mot. Il y a bien des absurdités aussi chez les philosophes, mais du moins ne les présentent-ils généralement que comme des hypothèses ; les « néo-spiritualistes » s’illusionnent plus complètement (nous admettons ici leur bonne foi, qui est incontestable pour la masse, mais qui ne l’est pas toujours pour les dirigeants), et l’assurance même avec laquelle ils formulent leurs affirmations est une des raisons qui les rendent plus dangereuses que celles des philosophes.

Nous venons de prononcer le mot de « conception philosophique » ; celui de « conception sociale » serait peut-être encore plus juste en la circonstance, si l’on considère ce que fut l’origine réelle de l’idée de réincarnation. En effet, pour les socialistes français de la première moitié du XIXe siècle, qui l’inculquèrent à Allan Kardec, cette idée était essentiellement destinée à fournir une explication de l’inégalité des conditions sociales, qui revêtait à leurs yeux un caractère particulièrement choquant. Les spirites ont conservé ce même motif parmi ceux qu’ils invoquent le plus volontiers pour justifier leur croyance à la réincarnation, et ils ont même voulu étendre l’explication à toutes les inégalités, tant intellectuelles que physiques ; voici ce qu’en dit Allan Kardec : « Ou les âmes à leur naissance sont égales, ou elles sont inégales, cela n’est pas douteux. Si elles sont égales, pourquoi ces aptitudes si diverses ?... Si elles sont inégales, c’est que Dieu les a créées ainsi, mais alors pourquoi cette supériorité innée accordée à quelques-unes ? Cette partialité est-elle conforme à sa justice et à l’égal amour qu’il porte a toutes ses créatures ?

Admettons, au contraire, une succession d’existences antérieures progressives, et tout est expliqué. Les hommes apportent en naissant l’intuition de ce qu’ils ont acquis ; ils sont plus ou moins avancés, selon le nombre d’existences qu’ils ont parcourues, selon qu’ils sont plus ou moins éloignés du point de départ, absolument comme dans une réunion d’individus de tous âges chacun aura un développement proportionné au nombre d’années qu’il aura vécu ; les existences successives seront, pour la vie de l’âme, ce que les années sont pour la vie du corps… Dieu, dans sa justice, n’a pu créer des âmes plus ou moins parfaites ; mais, avec la pluralité des existences, l’inégalité que nous voyons n’a plus rien de contraire à l’équité la plus rigoureuse ».

M. Léon Denis dit pareillement : « La pluralité des existences peut seule expliquer la diversité des caractères, la variété des aptitudes, la disproportion des qualités morales, en un mot toutes les inégalités qui frappent nos regards. En dehors de cette loi, on se demanderait en vain pourquoi certains hommes possèdent le talent, de nobles sentiments, des aspirations élevées, alors que tant d’autres n’ont en partage que sottise, passions viles et instincts grossiers. Que penser d’un Dieu qui, en nous assignant une seule vie corporelle, nous aurait fait des parts aussi inégales et, du sauvage au civilisé, aurait réservé aux hommes des biens si peu assortis et un niveau moral si différent ? Sans la loi des réincarnations, c’est l’iniquité qui gouverne le monde… Toutes ces obscurités se dissipent devant la doctrine des existences multiples. Les êtres qui se distinguent par leur puissance intellectuelle ou leurs vertus ont plus vécu, travaillé davantage, acquis une expérience et des aptitudes plus étendues ».


Des raisons similaires sont alléguées même par les écoles dont les théories sont moins « primaires » que celles du spiritisme, car la conception réincarnationniste n’a jamais pu perdre entièrement la marque de son origine ; les théosophistes, par exemple, mettent aussi en avant, au moins accessoirement, l’inégalité des conditions sociales. De son côté, Papus fait exactement de même : « Les hommes recommencent un nouveau parcours dans le monde matériel, riches ou pauvres, heureux socialement ou malheureux, suivant les résultats acquis dans les parcours antérieurs, dans les incarnations précédentes »1. Ailleurs, il s’exprime encore plus nettement à ce sujet : « Sans la notion de la réincarnation, la vie sociale est une iniquité. Pourquoi des êtres inintelligents sont-ils gorgés d’argent et comblés d’honneurs, alors que des êtres de valeur se débattent dans la gêne et dans la lutte quotidienne pour des aliments physiques, moraux ou spirituels ?... On peut dire, en général, que la vie sociale actuelle est déterminée par l’état antérieur de l’esprit et qu’elle détermine l’état social futur ».

Une telle explication est parfaitement illusoire, et voici pourquoi : d’abord, si le point de départ n’est pas le même pour tous, s’il est des hommes qui en sont plus ou moins éloignés et qui n’ont pas parcouru le même nombre d’existences (c’est ce que dit Allan Kardec), il y a là une inégalité dont ils ne sauraient être responsables, et que, par suite, les réincarnationnistes doivent regarder comme une « injustice » dont leur théorie est incapable de rendre compte. Ensuite, même en admettant qu’il n’y ait pas de ces différences entre les hommes, il faut bien qu’il y ait eu, dans leur évolution (nous parlons suivant la manière de voir des spirites), un moment où les inégalités ont commencé, et il faut aussi qu’elles aient une cause ; si l’on dit que cette cause, ce sont les actes que les hommes avaient déjà accomplis antérieurement, il faudra expliquer comment ces hommes ont pu se comporter différemment avant que les inégalités se soient introduites parmi eux.


Cela est inexplicable, tout simplement parce qu’il y a là une contradiction : si les hommes avaient été parfaitement égaux, ils auraient été semblables sous tous rapports, et, en admettant que cela fût possible, ils n’auraient jamais pu cesser de l’être, à moins que l’on ne conteste la validité du principe de raison suffisante (et, dans ce cas, il n’y aurait plus lieu de chercher ni loi ni explication quelconque) ; s’ils ont pu devenir inégaux, c’est évidemment que la possibilité de l’inégalité était en eux, et cette possibilité préalable suffisait à les constituer inégaux dès l’origine, au moins potentiellement. Ainsi, on n’a fait que reculer la difficulté en croyant la résoudre, et, finalement, elle subsiste tout entière ; mais, à vrai dire, il n’y a pas de difficulté, et le problème lui-même n’est pas moins illusoire que sa solution prétendue. On peut dire de cette question la même chose que de beaucoup de questions philosophiques, qu’elle n’existe que parce qu’elle est mal posée ; et, si on la pose mal, c’est surtout, au fond, parce qu’on fait intervenir des considérations morales et sentimentales là où elles n’ont que faire : cette attitude est aussi inintelligente que le serait celle d’un homme qui se demanderait, par exemple, pourquoi telle espèce animale n’est pas l’égale de telle autre, ce qui est manifestement dépourvu de sens.

Qu’il y ait dans la nature des différences qui nous apparaissent comme des inégalités, tandis qu’il y en a d’autres qui ne prennent pas cet aspect, ce n’est là qu’un point de vue purement humain ; et, si on laisse de côté ce point de vue éminemment relatif, il n’y a plus à parler de justice ou d’injustice dans cet ordre de choses. En somme, se demander pourquoi un être n’est pas l’égal d’un autre, c’est se demander pourquoi il est différent de cet autre ; mais, s’il n’en était aucunement différent, il serait cet autre au lieu d’être lui-même. Dès lors qu’il y a une multiplicité d’êtres, il faut nécessairement qu’il y ait des différences entre eux ; deux choses identiques sont inconcevables, parce que, si elles sont vraiment identiques, ce ne sont pas deux choses, mais bien une seule et même chose ; Leibnitz a entièrement raison sur ce point.

Chaque être se distingue des autres, dès le principe, en ce qu’il porte en lui-même certaines possibilités qui sont essentiellement inhérentes à sa nature, et qui ne sont les possibilités d’aucun autre être ; la question à laquelle les réincarnationnistes prétendent apporter une réponse revient donc tout simplement à se demander pourquoi un être est lui-même et non pas un autre. Si l’on veut voir là une injustice, peu importe, mais, en tous cas, c’est une nécessité ; et d’ailleurs, au fond, ce serait plutôt le contraire d’une injustice : en effet, la notion de justice, dépouillée de son caractère sentimental et spécifiquement humain, se réduit à celle d’équilibre ou d’harmonie ; or, pour qu’il y ait harmonie totale dans l’Univers, il faut et il suffit que chaque être soit à la place qu’il doit occuper, comme élément de cet Univers, en conformité avec sa propre nature. Cela revient précisément à dire que les différences et les inégalités, que l’on se plaît à dénoncer comme des injustices réelles ou apparentes, concourent effectivement et nécessairement, au contraire, à cette harmonie totale ; et celle-ci ne peut pas ne pas être, car ce serait supposer que les choses ne sont pas ce qu’elles sont, puisqu’il y aurait absurdité à supposer qu’il peut arriver à un être quelque chose qui n’est point une conséquence de sa nature ; ainsi les partisans de la justice peuvent se trouver satisfaits par surcroît, sans être obligés d’aller à l’encontre de la vérité.

Allan Kardec déclare que « le dogme de la réincarnation est fondé sur la justice de Dieu et la révélation »1 ; nous venons de montrer que, de ces deux raisons d’y croire, la première ne saurait être invoquée valablement ; quant à la seconde, comme il veut évidemment parler de la révélation des « esprits », et comme nous avons établi précédemment qu’elle est inexistante, nous n’avons pas à y revenir. Toutefois, ce ne sont là encore que des observations préliminaires, car, de ce qu’on ne voit aucune raison d’admettre une chose, il ne s’ensuit pas forcément que cette chose soit fausse ; on pourrait encore, tout au moins, demeurer à son égard dans une attitude de doute pur et simple.


Nous devons dire, d’ailleurs, que les objections que l’on formule ordinairement contre la théorie réincarnationniste ne sont guère plus fortes que les raisons que l’on invoque d’autre part pour l’appuyer ; cela tient, en grande partie, à ce qu’adversaires et partisans de la réincarnation se placent également, le plus souvent, sur le terrain moral et sentimental, et que les considérations de cet ordre ne sauraient rien prouver. Nous pouvons refaire ici la même observation qu’en ce qui concerne la question de la communication avec les morts : au lieu de se demander si cela est vrai ou faux, ce qui seul importe, on discute pour savoir si cela est ou n’est pas « consolant », et l’on peut discuter ainsi indéfiniment sans en être plus avancé, puisque c’est là un critérium purement « subjectif », comme dirait un philosophe. Heureusement, il y a beaucoup mieux à dire contre la réincarnation, puisqu’on peut en établir l’impossibilité absolue ; mais, avant d’en arriver là, nous devons encore traiter une autre question et préciser certaines distinctions, non seulement parce qu’elles sont fort importantes en elles-mêmes, mais aussi parce que, sans cela, certains pourraient s’étonner de nous voir affirmer que la réincarnation est une idée exclusivement moderne.

Trop de confusions et de notions fausses ont cours depuis un siècle pour que bien des gens, même en dehors des milieux « néo-spiritualistes », ne s’en trouvent pas gravement influencés ; cette déformation est même arrivée à un tel point que les orientalistes officiels, par exemple, interprètent couramment dans un sens réincarnationniste des textes où il n’y a rien de tel, et qu’ils sont devenus complètement incapables de les comprendre autrement, ce qui revient à dire qu’ils n’y comprennent absolument rien.

Le terme de « réincarnation » doit être distingué de deux autres termes au moins, qui ont une signification totalement différente, et qui sont ceux de « métempsychose » et de « transmigration » ; il s’agit là de choses qui étaient fort bien connues des anciens, comme elles le sont encore des Orientaux, mais que les Occidentaux modernes, inventeurs de la réincarnation, ignorent absolument1. Il est bien entendu que, lorsqu’on parle de réincarnation, cela veut dire que l’être qui a déjà été incorporé reprend un nouveau corps, c’est-à-dire qu’il revient à l’état par lequel il est déjà passé ; d’autre part, on admet que cela concerne l’être réel et complet, et non pas simplement des éléments plus ou moins importants qui ont pu entrer dans sa constitution à un titre quelconque.

En dehors de ces deux conditions, il ne peut aucunement être question de réincarnation ; or la première la distingue essentiellement de la transmigration, telle qu’elle est envisagée dans les doctrines orientales, et la seconde ne la différencie pas moins profondément de la métempsychose, au sens ou l’entendaient notamment les Orphiques et les Pythagoriciens. Les spirites, tout en affirmant faussement l’antiquité de la théorie réincarnationniste, disent bien qu’elle n’est pas identique à la métempsychose ; mais, suivant eux, elle s’en distingue seulement en ce que les existences successives sont toujours « progressives », et en ce qu’on doit considérer exclusivement les êtres humains : « Il y a, dit Allan Kardec, entre la métempsychose des anciens et la doctrine moderne de la réincarnation, cette grande différence que les esprits rejettent de la manière la plus absolue la transmigration de l’homme dans les animaux, et réciproquement ».

Les anciens, en réalité, n’ont jamais envisagé une telle transmigration, pas plus que celle de l’homme dans d’autres hommes, comme on pourrait définir la réincarnation ; sans doute, il y a des expressions plus ou moins symboliques qui peuvent donner lieu à des malentendus, mais seulement quand on ne sait pas ce qu’elles veulent dire véritablement, et qui est ceci : il y a dans l’homme des éléments psychiques qui se dissocient après la mort, et qui peuvent alors passer dans d’autres êtres vivants, hommes ou animaux, sans que cela ait beaucoup plus d’importance, au fond, que le fait que, après la dissolution du corps de ce même homme, les éléments qui le composaient peuvent servir à former d’autres corps ; dans les deux cas, il s’agit des éléments mortels de l’homme, et non point de la partie impérissable qui est son être réel, et qui n’est nullement affectée par ces mutations posthumes.

À ce propos, Papus a commis une méprise d’un autre genre, en parlant « des confusions entre la réincarnation ou retour de l’esprit dans un corps matériel, après un stage astral, et la métempsychose ou traversée par le corps matériel de corps d’animaux et de plantes, avant de revenir dans un nouveau corps matériel »1 ; sans parler de quelques bizarreries d’expression qui peuvent être des lapsus (les corps d’animaux et de plantes ne sont pas moins « matériels » que le corps humain, et ils ne sont pas « traversés » par celui-ci, mais par des éléments qui en proviennent), cela ne pourrait en aucune façon s’appeler « métempsychose », car la formation de ce mot implique qu’il s’agit d’éléments psychiques, et non d’éléments corporels.

Papus a raison de penser que la métempsychose ne concerne pas l’être réel de l’homme, mais il se trompe complètement sur sa nature ; et d’autre part, pour la réincarnation, quand il dit qu’« elle a été enseignée comme un mystère ésotérique dans toutes les initiations de l’antiquité », il la confond purement et simplement avec la transmigration véritable.

La dissociation qui suit la mort ne porte pas seulement sur les éléments corporels, mais aussi sur certains éléments que l’on peut appeler psychiques ; cela, nous l’avons déjà dit en expliquant que de tels éléments peuvent intervenir parfois dans les phénomènes du spiritisme et contribuer à donner l’illusion d’une action réelle des morts ; d’une façon analogue, ils peuvent aussi, dans certains cas, donner l’illusion d’une réincarnation. Ce qu’il importe de retenir, sous ce dernier rapport, c’est que ces éléments (qui peuvent, pendant la vie, avoir été proprement conscients ou seulement « subconscients ») comprennent notamment toutes les images mentales qui, résultant de l’expérience sensible, ont fait partie de ce qu’on appelle mémoire et imagination : ces facultés, ou plutôt ces ensembles, sont périssables, c’est-à-dire sujets à se dissoudre, parce que, étant d’ordre sensible, ils sont littéralement des dépendances de l’état corporel ; d’ailleurs, en dehors de la condition temporelle, qui est une de celles qui définissent cet état, la mémoire n’aurait évidemment aucune raison de subsister. Cela est bien loin, assurément, des théories de la psychologie classique sur le « moi » et son unité ; ces théories n’ont que le défaut d’être à peu près aussi dénués de fondement, dans leur genre, que les conceptions des « néo-spiritualistes ».


Une autre remarque qui n’est pas moins importante, c’est qu’il peut y avoir transmission d’éléments psychiques d’un être à un autre sans que cela suppose la mort du premier : en effet, il y a une hérédité psychique aussi bien qu’une hérédité physiologique, cela est assez peu contesté, et c’est même un fait d’observation vulgaire ; mais ce dont beaucoup ne se rendent probablement pas compte, c’est que cela suppose au moins que les parents fournissent un germe psychique, au même titre qu’un germe corporel ; et ce germe peut impliquer potentiellement un ensemble fort complexe d’éléments appartenant au domaine de la « subconscience », en outre des tendances ou prédispositions proprement dites qui, en se développant, apparaîtront d’une façon plus manifeste ; ces éléments « subconscients », au contraire, pourront ne devenir apparents que dans des cas plutôt exceptionnels. C’est la double hérédité psychique et corporelle qu’exprime cette formule chinoise : « Tu revivras dans tes milliers de descendants », qu’il serait bien difficile, à coup sûr, d’interpréter dans un sens réincarnationniste, quoique les occultistes et même les orientalistes aient réussi bien d’autres tours de force comparables à celui-là. Les doctrines extrême-orientales envisagent même de préférence le côté psychique de l’hérédité, et elles y voient un véritable prolongement de l’individualité humaine ; c’est pourquoi, sous le nom de « postérité » (qui est d’ailleurs susceptible aussi d’un sens supérieur et purement spirituel), elles l’associent à la « longévité », que les Occidentaux appellent immortalité.

Comme nous le verrons par la suite, certains faits que les réincarnationnistes croient pouvoir invoquer à l’appui de leur hypothèse s’expliquent parfaitement par l’un ou l’autre des deux cas que nous venons d’envisager, c’est-à-dire, d’une part, par la transmission héréditaire de certains éléments psychiques, et, d’autre part, par l’assimilation à une individualité humaine d’autres éléments psychiques provenant de la désintégration d’individualités humaines antérieures, qui n’ont pas pour cela le moindre rapport spirituel avec celle-là. Il y a, en tout ceci, correspondance et analogie entre l’ordre psychique et l’ordre corporel ; et cela se comprend, puisque l’un et l’autre, nous le répétons, se réfèrent exclusivement à ce qu’on peut appeler les éléments mortels de l’être humain. Il faut encore ajouter que, dans l’ordre psychique, il peut arriver, plus ou moins exceptionnellement, qu’un ensemble assez considérable d’éléments se conserve sans se dissocier et soit transféré tel quel à une nouvelle individualité ; les faits de ce genre sont, naturellement, ceux qui présentent le caractère le plus frappant aux yeux des partisans de la réincarnation, et pourtant ces cas ne sont pas moins illusoires que tous les autres. 

Tout cela, nous l’avons dit, ne concerne ni n’affecte aucunement l’être réel ; on pourrait, il est vrai, se demander pourquoi, s’il en est ainsi, les anciens semblent avoir attaché une assez grande importance au sort posthume des éléments en question. Nous pourrions répondre en faisant simplement remarquer qu’il y a aussi bien des gens qui se préoccupent du traitement que leur corps pourra subir après la mort, sans penser pour cela que leur esprit doive en ressentir le contrecoup ; mais nous ajouterons qu’effectivement, en règle générale, ces choses ne sont point absolument indifférentes ; si elles l’étaient, d’ailleurs, les rites funéraires n’auraient aucune raison d’être, tandis qu’ils en ont au contraire une très profonde.

Sans pouvoir insister là-dessus, nous dirons que l’action de ces rites s’exerce précisément sur les éléments psychiques du défunt ; nous avons mentionné ce que pensaient les anciens du rapport qui existe entre leur non-accomplissement et certains phénomènes de « hantise », et cette opinion était parfaitement fondée. Assurément, si on ne considérait que l’être, en tant qu’il est passé à un autre état d’existence, il n’y aurait point à tenir compte de ce que peuvent devenir ces éléments (sauf peut-être pour assurer la tranquillité des vivants) ; mais il en va tout autrement si l’on envisage ce que nous avons appelé les prolongements de l’individualité humaine. Ce sujet pourrait donner lieu à des considérations que leur complexité et leur étrangeté même nous empêchent d’aborder ici ; nous estimons, du reste, qu’il est de ceux qu’il ne serait ni utile ni avantageux de traiter publiquement d’une façon détaillée.


Après avoir dit en quoi consiste vraiment la métempsychose, nous avons maintenant à dire ce qu’est la transmigration proprement dite : cette fois, il s’agit bien de l’être réel, mais il ne s’agit point pour lui d’un retour au même état d’existence, retour qui, s’il pouvait avoir lieu, serait peut-être une « migration » si l’on veut, mais non une « transmigration ». Ce dont il s’agit, c’est, au contraire, le passage de l’être à d’autres états d’existence, qui sont définis, comme nous l’avons dit, par des conditions entièrement différentes de celles auxquelles est soumise l’individualité humaine (avec cette seule restriction que, tant qu’il s’agit d’états individuels, l’être est toujours revêtu d’une forme, mais qui ne saurait donner lieu à aucune représentation spatiale ou autre, plus ou moins modelée sur celle de la forme corporelle) ; qui dit transmigration dit essentiellement changement d’état.

C’est là ce qu’enseignent toutes les doctrines traditionnelles de l’Orient, et nous avons de multiples raisons de penser que cet enseignement était aussi celui des « mystères » de l’antiquité ; même dans des doctrines hétérodoxes comme le Bouddhisme, il n’est nullement question d’autre chose, en dépit de l’interprétation réincarnationniste qui a cours aujourd’hui parmi les Européens. C’est précisément la vraie doctrine de la transmigration, entendue suivant le sens que lui donne la métaphysique pure, qui permet de réfuter d’une façon absolue et définitive l’idée de réincarnation ; et il n’y a même que sur ce terrain qu’une telle réfutation soit possible.

Nous sommes donc amené ainsi à montrer que la réincarnation est une impossibilité pure et simple ; il faut entendre par là qu’un même être ne peut pas avoir deux existences dans le monde corporel, ce monde étant considéré dans toute son extension : peu importe que ce soit sur la terre ou sur d’autres astres quelconques; peu importe aussi que ce soit en tant qu’être humain ou, suivant les fausses conceptions de la métempsychose, sous toute autre forme, animale, végétale ou même minérale. Nous ajouterons encore : peu importe qu’il s’agisse d’existences successives ou simultanées, car il se trouve que quelques-uns ont fait cette supposition, au moins saugrenue, d’une pluralité de vies se déroulant en même temps, pour un même être, en divers lieux, vraisemblablement sur des planètes différentes ; cela nous reporte encore une fois aux socialistes de 1848, car il semble bien que ce soit Blanqui qui ait imaginé le premier une répétition simultanée et indéfinie, dans l’espace, d’individus supposés identiques.

Certains occultistes prétendent aussi que l’individu humain peut avoir plusieurs « corps physiques », comme ils disent, vivant en même temps dans différentes planètes ; et ils vont jusqu’à affirmer que, s’il arrive à quelqu’un de rêver qu’il a été tué, c’est, dans bien des cas, que, à cet instant même, il l’a été effectivement dans une autre planète ! Cela pourrait sembler incroyable si nous ne l’avions entendu nous-même ; mais on verra, au chapitre suivant, d’autres histoires aussi fortes que celle-là.

Nous devons dire aussi que la démonstration qui vaut contre toutes les théories réincarnationnistes, quelque forme qu’elles prennent, s’applique également, et au même titre, à certaines conceptions d’allure plus proprement philosophique, comme la conception du « retour éternel » de Nietzsche, et en un mot à tout ce qui suppose dans l’Univers une répétition quelconque.

Nous ne pouvons songer à exposer ici, avec tous les développements qu’elle comporte, la théorie métaphysique des états multiples de l’être ; nous avons l’intention d’y consacrer, lorsque nous le pourrons, une ou plusieurs études spéciales. Mais nous pouvons du moins indiquer le fondement de cette théorie, qui est en même temps le principe de la démonstration dont il s’agit ici, et qui est le suivant : la Possibilité universelle et totale est nécessairement infinie et ne peut être conçue autrement, car, comprenant tout et ne laissant rien en dehors d’elle, elle ne peut être limitée par rien absolument ; une limitation de la Possibilité universelle, devant lui être extérieure, est proprement et littéralement une impossibilité, c’est-à-dire un pur néant. Or, supposer une répétition au sein de la Possibilité universelle, comme on le fait en admettant qu’il y ait deux possibilités particulières identiques, c’est lui supposer une limitation, car l’infinité exclut toute répétition : il n’y a qu’à l’intérieur d’un ensemble fini qu’on puisse revenir deux fois à un même élément, et encore cet élément ne serait-il rigoureusement le même qu’à la condition que cet ensemble forme un système clos, condition qui n’est jamais réalisée effectivement.

Dès lors que l’Univers est vraiment un tout, ou plutôt le Tout absolu, il ne peut y avoir nulle part aucun cycle fermé : deux possibilités identiques ne seraient qu’une seule et même possibilité ; pour qu’elles soient véritablement deux, il faut qu’elles diffèrent par une condition au moins, et alors elles ne sont pas identiques. Rien ne peut jamais revenir au même point, et cela même dans un ensemble qui est seulement indéfini (et non plus infini), comme le monde corporel : pendant qu’on trace un cercle, un déplacement s’effectue, et ainsi le cercle ne se ferme que d’une façon tout illusoire.

Ce n’est là qu’une simple analogie, mais elle peut servir pour aider à comprendre que, « a fortiori », dans l’existence universelle, le retour à un même état est une impossibilité : dans la Possibilité totale, ces possibilités particulières que sont les états d’existence conditionnés sont nécessairement en multiplicité indéfinie ; nier cela, c’est encore vouloir limiter la Possibilité ; il faut donc l’admettre, sous peine de contradiction, et cela suffit pour que nul être ne puisse repasser deux fois par le même état. Comme on le voit, cette démonstration est extrêmement simple en elle-même, et, si certains éprouvent quelque peine à la comprendre, ce ne peut être que parce que les connaissances métaphysiques les plus élémentaires leur font défaut ; pour ceux-là, un exposé plus développé serait peut-être nécessaire, mais nous les prierons d’attendre, pour le trouver, que nous ayons l’occasion de donner intégralement la théorie des états multiples ; ils peuvent être assurés, en tout cas, que cette démonstration, telle que nous venons de la formuler en ce qu’elle a d’essentiel, ne laisse rien à désirer sous le rapport de la rigueur.

Quant à ceux qui s’imagineraient que, en rejetant la réincarnation, nous risquons de limiter d’une autre façon la Possibilité universelle, nous leur répondrons simplement que nous ne rejetons qu’une impossibilité, qui n’est rien, et qui n’augmenterait la somme des possibilités que d’une façon absolument illusoire, n’étant qu’un pur zéro ; on ne limite pas la Possibilité en niant une absurdité quelconque, par exemple en disant qu’il ne peut exister un carré rond, ou que, parmi tous les mondes possibles, il ne peut y en avoir aucun où deux et deux fassent cinq ; le cas est exactement le même. Il y a des gens qui se font, en cet ordre d’idées, d’étranges scrupules : ainsi Descartes, lorsqu’il attribuait à Dieu la « liberté d’indifférence », par crainte de limiter la toute-puissance divine (expression théologique de la Possibilité universelle), et sans s’apercevoir que cette « liberté d’indifférence », ou le choix en l’absence de toute raison, implique des conditions contradictoires ; nous dirons, pour employer son langage, qu’une absurdité n’est pas telle parce que Dieu l’a voulu arbitrairement, mais que c’est au contraire parce qu’elle est une absurdité que Dieu ne peut pas faire qu’elle soit quelque chose, sans pourtant que cela porte la moindre atteinte à sa toute-puissance, absurdité et impossibilité étant synonymes.

Revenant aux états multiples de l’être, nous ferons remarquer, car cela est essentiel, que ces états peuvent être conçus comme simultanés aussi bien que comme successifs, et que même, dans l’ensemble, on ne peut admettre la succession qu’à titre de représentation symbolique, puisque le temps n’est qu’une condition propre à un de ces états, et que même la durée, sous un mode quelconque, ne peut être attribuée qu’à certains d’entre eux ; si l’on veut parler de succession, il faut donc avoir soin de préciser que ce ne peut être qu’au sens logique, et non pas au sens chronologique. Par cette succession logique, nous entendons qu’il y a un enchaînement causal entre les divers états ; mais la relation même de causalité, si on la prend suivant sa véritable signification (et non suivant l’acception « empiriste » de quelques logiciens modernes), implique précisément la simultanéité ou la coexistence de ses termes.

En outre, il est bon de préciser que même l’état individuel humain, qui est soumis à la condition temporelle, peut présenter néanmoins une multiplicité simultanée d’états secondaires : l’être humain ne peut pas avoir plusieurs corps, mais, en dehors de la modalité corporelle et en même temps qu’elle, il peut posséder d’autres modalités dans lesquelles se développent aussi certaines des possibilités qu’il comporte. Ceci nous conduit à signaler une conception qui se rattache assez étroitement à celle de la réincarnation, et qui compte aussi de nombreux partisans parmi les « néo-spiritualistes » : d’après cette conception, chaque être devrait, au cours de son évolution (car ceux qui soutiennent de telles idées sont toujours, d’une façon ou d’une autre, des évolutionnistes), passer successivement par toutes les formes de vie, terrestres et autres. Une telle théorie n’exprime qu’une impossibilité manifeste, pour la simple raison qu’il existe une indéfinité de formes vivantes par lesquelles un être quelconque ne pourra jamais passer, ces formes étant toutes celles qui sont occupées par les autres êtres.

D’ailleurs, quand bien même un être aurait parcouru successivement une indéfinité de possibilités particulières, et dans un domaine autrement étendu que celui des « formes de vie », il n’en serait pas plus avancé par rapport au terme final, qui ne saurait être atteint de cette manière ; nous reviendrons là-dessus en parlant plus spécialement de l’évolutionnisme spirite. Pour le moment, nous ferons seulement remarquer ceci : le monde corporel tout entier, dans le déploiement intégral de toutes les possibilités qu’il contient, ne représente qu’une partie du domaine de manifestation d’un seul état ; ce même état comporte donc, « a fortiori », la potentialité correspondante à toutes les modalités de la vie terrestre, qui n’est qu’une portion très restreinte du monde corporel.

Ceci rend parfaitement inutile (même si l’impossibilité n’en était prouvée par ailleurs) la supposition d’une multiplicité d’existences à travers lesquelles l’être s’élèverait progressivement de la modalité la plus inférieure, celle du minéral, jusqu’à la modalité humaine, considérée comme la plus haute, en passant successivement par le végétal et l’animal, avec toute la multitude de degrés que comprend chacun de ces règnes ; il en est, en effet, qui font de telles hypothèses, et qui rejettent seulement la possibilité d’un retour en arrière. En réalité, l’individu, dans son extension intégrale, contient simultanément les possibilités qui correspondent à tous les degrés dont il s’agit (nous ne disons pas, qu’on le remarque bien, qu’il les contient ainsi corporellement) ; cette simultanéité ne se traduit en succession temporelle que dans le développement de son unique modalité corporelle, au cours duquel, comme le montre l’embryologie, il passe effectivement par tous les stades correspondants, depuis la forme unicellulaire des êtres organisés les plus rudimentaires, et même, en remontant plus haut encore, depuis le cristal, jusqu’à la forme humaine terrestre. Disons en passant, dès maintenant, que ce développement embryologique, contrairement à l’opinion commune, n’est nullement une preuve de la théorie « transformiste » ; celle-ci n’est pas moins fausse que toutes les autres formes de l’évolutionnisme, et elle est même la plus grossière de toutes ; mais nous aurons l’occasion d’y revenir plus loin.

Ce qu’il faut retenir surtout, c’est que le point de vue de la succession est essentiellement relatif, et d’ailleurs, même dans la mesure restreinte où il est légitimement applicable, il perd presque tout son intérêt par cette simple observation que le germe, avant tout développement, contient déjà en puissance l’être complet (nous en verrons tout à l’heure l’importance) ; en tout cas, ce point de vue doit toujours demeurer subordonné à celui de la simultanéité, comme l’exige le caractère purement métaphysique, donc extra-temporel (mais aussi extra-spatial, la coexistence ne supposant pas nécessairement l’espace), de la théorie des états multiples de l’être1.

Nous ajouterons encore que, quoi qu’en prétendent les spirites et surtout les occultistes, on ne trouve dans la nature aucune analogie en faveur de la réincarnation, tandis que, en revanche, on en trouve de nombreuses dans le sens contraire. Ce point a été assez bien mis en lumière dans les enseignements de la H. B, of L., dont il a été question précédemment, et qui était formellement antiréincarnationniste ; nous croyons qu’il peut être intéressant de citer ici quelques passages de ces enseignements, qui montrent que cette école avait au moins quelque connaissance de la transmigration véritable, ainsi que de certaines lois cycliques : « C’est une vérité absolue qu’exprime l’adepte auteur de Ghostland, lorsqu’il dit que, en tant qu’être impersonnel, l’homme vit dans une indéfinité de mondes avant d’arriver à celui-ci…

Lorsque le grand étage de conscience, sommet de la série des manifestations matérielles, est atteint, jamais l’âme ne rentrera dans la matrice de la matière, ne subira l’incarnation matérielle ; désormais, ses renaissances sont dans le royaume de l’esprit. Ceux qui soutiennent la doctrine étrangement illogique de la multiplicité des naissances humaines n’ont assurément jamais développé en eux-mêmes l’état lucide de conscience spirituelle ; sinon, la théorie de la réincarnation, affirmée et soutenue aujourd’hui par un grand nombre d’hommes et de femmes versés dans la « sagesse mondaine », n’aurait pas le moindre crédit. Une éducation extérieure est relativement sans valeur comme moyen d’obtenir la connaissance véritable… Le gland devient chêne, la noix de coco devient palmier ; mais le chêne a beau donner des myriades d’autres glands, il ne devient plus jamais gland lui-même, ni le palmier ne redevient plus noix.

De même pour l’homme : dès que l’âme s’est manifestée sur le plan humain, et a ainsi atteint la conscience de la vie extérieure, elle ne repasse plus jamais par aucun de ses états rudimentaires… Tous les prétendus « réveils de souvenirs » latents, par lesquels certaines personnes assurent se rappeler leurs existences passées, peuvent s’expliquer, et même ne peuvent s’expliquer que par les simples lois de l’affinité et de la forme. Chaque race d’êtres humains, considérée en soi-même, est immortelle ; il en est de même de chaque cycle : jamais le premier cycle ne devient le second, mais les êtres du premier cycle sont (spirituellement) les parents, ou les générateurs, de ceux du second cycle. Ainsi, chaque cycle comprend une grande famille constituée par la réunion de divers groupements d’âmes humaines, chaque condition étant déterminée par les lois de son activité, celles de sa forme et celles de son affinité : une trinité des lois… C’est ainsi que l’homme peut être comparé au gland et au chêne : l’âme embryonnaire, non individualisée, devient un homme tout comme le gland devient un chêne, et, de même que le chêne donne naissance à une quantité innombrable de glands, de même l’homme fournit à son tour à une indéfinité d’âmes les moyens de prendre naissance dans le monde spirituel.

Il y a correspondance complète entre les deux, et c’est pour cette raison que les anciens Druides rendaient de si grands honneurs à cet arbre, qui était honoré au-delà de tous les autres par les puissants Hiérophantes. » Il y a là une indication de ce qu’est la « postérité » entendue au sens purement spirituel ; ce n’est pas ici le lieu d’en dire davantage sur ce point, non plus que sur les lois cycliques auxquelles il se rattache ; peut-être traiterons-nous quelque jour ces questions, si toutefois nous trouvons le moyen de le faire en termes suffisamment intelligibles, car il y a là des difficultés qui sont surtout inhérentes à l’imperfection des langues occidentales. 

René Guénon  "L’Erreur Spirite" 
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Re: La réincarnation et le progrès

Message  Arlitto le Mer 17 Aoû - 16:26

LE GUIDE DE L'ÊTRE
Libérez-vous des vos blessures de l’âme et de vos fausses croyances



REINCARNATION

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Se réincarner signifie revivre sous une nouvelle forme corporelle. La réincarnation est la croyance du fait de renaître de nouveau sur le plan terrestre. Elle se définit donc par une[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien], une suite des vies précédentes. La réincarnation est intimement liée à la loi du KARMA (LOI DE CAUSE À EFFET) qui s’associe au principe de la justice divine. Elle fournit l’opportunité à tout être humain de revivre les expériences non acceptées ou celles qu’il ne s’était pas permis de vivre, par peur ou par culpabilité. Ainsi, tant que nous avons des désirs non satisfaits et inconscients, des regrets, peu importe sous quelle forme, nous devons nous réincarner pour les exprimer et les expérimenter dans l’ACCEPTATION.


La réincarnation peut aussi être appelée une RÉSURRECTION matérielle. Ceux qui croient qu’il n’existe qu’une forme de résurrection, à savoir la résurrection au ciel de toutes les âmes pour un jugement dernier, ont de la difficulté à croire à la réincarnation, puisqu’elle implique que nous ressuscitons plusieurs fois, que nous passons du ciel (monde ASTRAL) à la terre. Dans un sens, les deux versions sont valides. L’âme n’a qu’une vie bien qu’elle prenne des centaines, voire des milliers de formes humaines afin de redevenir lumière, c’est-à-dire FUSIONNER avec l’esprit pur. Lorsque toutes les âmes sur cette terre auront atteint cet état, il y aura résurrection totale de celles-ci et elles n’auront plus à revenir s’incarner sur terre. Notre planète passera à un autre niveau d’évolution. Elle sera influencée par la lumière de toutes ses âmes.


Il y a aussi une autre théorie concernant la réincarnation : celle à l’effet que nous vivons toutes nos vies passées, présente et[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] en même temps. C’est comme si on regardait plusieurs films sur différents écrans de télévision en même temps. L’intellect humain peut difficilement comprendre une telle théorie car elle est du domaine de l’ABSOLU. Le plus important consiste à croire en quelque chose et ce, uniquement si ça t’aide à vivre en paix plutôt que dans la peur.


Combien existe-t-il encore aujourd’hui de personnes qui ont peur de mourir parce qu’elles croient qu’elles iront en enfer à cause d’une faute grave qu’elles ne se pardonnent pas ? Plusieurs RELIGIONS continuent à croire en un DIEU punitif, sinon de notre vivant, du moins après la mort physique.[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] d’entretenir ces croyances ne peut qu’apporter stress et peurs. Le fait d’avoir confiance que la vie ne cesse jamais et que nous pouvons tous apprendre à travers nos « supposées fautes ou PÉCHÉS » d’une incarnation à l’autre enlève ce genre de stress et, surtout, la peur de la MORT. De plus, la réincarnation nous aide à sentir et à savoir que la JUSTICE divine existe. Autrement, on pourrait croire que la vie est injuste lorsqu’on regarde la vie difficile de certains. Cette croyance nous aide également au niveau de la RESPONSABILITE et de la décision de prendre totalement notre vie en main. Il est bon de nous rappeler que chaque incarnation nous rapproche davantage de notre raison d’être, du Dieu en nous.



Tiré du livre « Le grand guide de l’Être » de Lise Bourbeau et Micheline St-Jacques.

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Re: La réincarnation et le progrès

Message  Arlitto le Mer 17 Aoû - 16:30

RÉINCARNATION, L’HYPOTHÈSE QUI DÉRANGE (Partie 1)

«Tout doit mourir, même les dieux, mais la mort des êtres est à l’image de celle du Phénix qui renaît de ses cendres : c’est une nouvelle naissance à un état supérieur et meilleur.»

L'homme peut-il prouver l’hypothèse de la résurrection ou encore celle de la réincarnation, c'est-à-dire les établir d'une manière objective et empirique qui soit acceptable pour tous les autres hommes ? On pourrait tout aussi bien demander. «Jusqu'à présent, l'homme a-t-il prouvé l'existence de Dieu d'une manière qui soit objectivement acceptable pour tous les hommes.?» En ce qui concerne de tels sujets, le recours à la perception objective de l'homme est sans efficacité du fait que le phénomène en question transcende les sens récepteurs des hommes. L'expérience mystique de ces phénomènes comporte des impressions de réalité qui sont seulement personnelles à l'individu. Il est difficile de donner de ces phénomènes une description qui soit universellement réalisée et qui soit acceptée par tous les hommes. Aussi, semble-t-il utile de faire un bref survol de la réincarnation au travers des différentes religions et des concepts philosophiques des divers mouvements philosophiques.

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PROLÉGOMÈNES

À partir de 553, au Concile de Constantinople, toute la Chrétienté d'Occident a officiellement refusé de reconnaître la Loi de la Réincarnation et s'est ainsi égarée dans un cul-de-sac théologique et dans une voie sans issue. La Chrétienté d'Orient a trop insisté sur ces lois si bien que ses fidèles ont adopté une attitude négative et passive, en face de la vie et des événements, en se basant sur l'idée que la renaissance offre des occasions toujours renouvelées. L'ensemble de la Chrétienté a insisté sur l'immortalité, mais elle fait dépendre le bonheur éternel de l'acceptation d'une doctrine théologique : soyez un bon chrétien pratiquant et vous vivrez dans un ciel plus ou moins vague, ou refusez d'être un chrétien pratiquant ou négatif qui fait passivement profession de foi et allez à un enfer absurde «un enfer né de la théologie de l'Ancien Testament et de sa présentation d'un Dieu haineux et jaloux

La notion de la réincarnation — la croyance selon laquelle l’âme poursuit sa progression après la mort du corps, pour réapparaître sous une nouvelle forme physique — est presque aussi vieille que l’homme. D’abord rattachée à l’instinct tribal, elle a progressé pour devenir l’un des plus grands thèmes religieux au monde, et elle devenue, au cours des dernières décennies, un important sujet d’observation scientifique. Au moins deux milliards d’individus de notre planète sont dans la logique réincarnationniste et environ 22% des Français sont sensibles à cette hypothèse.

L'immortalité de l'âme humaine et la capacité innée que possède l'homme spirituel intérieur de mener à bien son propre salut, suivant la Loi de la Réincarnation, conformément à celle de Cause et Effet, sont les facteurs fondamentaux qui déterminent toute la conduite et toutes les aspirations humaines. Nul homme ne peut se soustraire à ces deux lois. Elles le gouvernent à tout moment, jusqu'à ce qu'il ait atteint la perfection qu'il désire et qui lui est destinée, et qu'il puisse se manifester sur terre en véritable Fils de Dieu.

Différentes croyances en la migration de l'âme persistent encore aujourd'hui. La Réincarnation est acceptée par des millions de personnes comme une croyance de remplacement à l'idée conventionnelle de l'existence immortelle de l'âme telle qu'elle était présentée dans les écrits sacrés et dans la théologie des religions monothéistes orthodoxes comme le Judaïsme, le Christianisme et l'Islam.

Avant d’entamer cet exposé je vous propose, en introduction, cette pensée de JACOB BOEHME (1575-1624):

«Dieu est le centre de l'homme, mais Il habite seulement à l'intérieur de son être, à moins que l'esprit de l'homme ne fasse plus qu'un seul esprit avec Lui, auquel cas Il se manifestera dans la nature humaine, dans l'âme, l'esprit, et le désir par lesquels il se rendra perceptible aux sens intérieurs de l'homme. La volonté soumet les sens à Dieu et Dieu imprègne les sens et forme un seul être avec eux. Alors, les sens transmettent la puissance de Dieu à la volonté et la volonté les reçoit avec joie mais non sans trembler ; car elle se reconnaît indigne sachant de quelle demeure précaire elle procède. Ainsi reçoit-elle cette puissance en tombant aux pieds de Dieu et une douce humilité se dégage de son triomphe. C'est la véritable essence de Dieu, et cette essence conçue dans la volonté est le corps céleste ; on l'appelle la foi véritable et juste que la volonté a reçue par la puissance de Dieu. Elle descend dans l'esprit et demeure dans le feu de l'âme.»


DE LA RÉINCARNATION

Tôt ou tard le chercheur de la vérité mystique se trouve face à la doctrine de la réincarnation. Habituellement, à ce moment il est initié aux plus secrètes doctrines des philosophies mystiques ou, autrement, là se termine sa quête, il ferme pour toujours le livre de la révélation mystique.
Il n'est pas nécessaire pour le chercheur de connaissance plus élevée d'accepter cette doctrine afin de réussir dans sa recherche de cette connaissance. Il peut rejeter totalement cette conception et parvenir à de hauts sommets. Cependant, il doit la rejeter alors sans détour et garder un esprit ouvert en se disant : «je ne comprends pas, aussi je laisserai cela de côté, et j'attendrai jusqu'à ce que je sois convaincu que c'est vrai ou que c'est faux».
Dans le sens le plus large, la conception de la réincarnation se réfère au transfert de l'âme, après la mort, dans un autre corps ou une autre forme. Dans ce sens large, la transmigration et la métempsycose sont aussi reliées à la réincarnation. La transmigration est l'incarnation de l'âme dans un autre corps, humain ou animal avant ou après la mort. La métempsycose est la croyance en une transformation magique d'une forme de vie en une autre — supposée provoquée au moyen de la sorcellerie et de pouvoirs surnaturels. Il est évident qu'une croyance en la migration de l'âme suppose l'existence d'une âme. Comment cette conception de l'âme surgit-elle ? D'après l'étude des rites, des objets et des inscriptions, il semblerait que deux des premières expériences de l'homme donnèrent finalement naissance à l'idée de l'âme.
Nous ne pouvons pas affirmer avec certitude laquelle de ces deux expériences fut la première. Il semblerait que la conscience de l'Homo Sapiens fut d'abord extravertie. Autrement dit, la conscience de l'homme fut d'abord dominée par l'impact de l'environnement sur ses sens récepteurs. Nous pouvons donc supposer que les hommes primitifs avaient peu tendance à recourir à la contemplation.
Les forces de la nature s'imposant à l'homme, sa constatation de son incapacité à se mesurer avec elles provoqua la peur et un sentiment personnel de finitude. Psychologiquement, ce que l'homme craint lui suggère l'existence d'une condition, d'un pouvoir, qui lui sont supérieurs. Par comparaison avec la cause de ses craintes — c'est-à-dire avec le phénomène de la nature — l'homme apparut comme fini.
C'est pourquoi la première, des deux expériences de l'homme d'où émergea graduellement la conception de l'âme fut la réalisation de la majesté et du pouvoir du phénomène naturel. L'homme est conscient d'être causatif. Il peut décider de ses actes. Il peut rendre les choses et les conditions conformes à sa volonté et il peut exercer un pouvoir qui affecte son environnement. Mais les forces de la nature dépassaient les premiers efforts de l'homme pour les contrôler. Par suite, nos lointains ancêtres attribuèrent à la nature une Force Vitale. La nature fut considérée comme vivante, et, de plus, téléologique, c'est-à-dire intentionnée ou causative, tout comme l'homme.
L'autre élément important de cette dualité d'expérience qui conduisit à l'établissement de la notion de l'âme fut un élément beaucoup plus lent à germer dans la conscience humaine. Ce fut la réalisation du phénomène du Soi. Elle consista en l'introversion de la conscience de l'homme et en l'expérience d'une conscience intérieure.


Une entité intérieure

Très tôt dans son développement, l'homme découvrit que ce moi était une dichotomie, autrement dit, qu'une partie était composée de l'être physique qui pouvait être perçu aussi facilement que le monde extérieur qui l'entourait. L'autre partie du moi était plus mystérieuse. En fait, l'homme primitif y pensa comme à quelque chose d'incorporé en lui. Cette étrange partie résidant à l'intérieur de lui-même semblait le motiver ; à certains moments, elle lui donnait du courage, à d'autres moments il la craignait ou elle suscitait la curiosité. Dans son sommeil, ce «quelque chose» ressortait et chassait, combattait, s'enfuyait, mais revenait toujours a lui quand il s'éveillait.
Les anthropologues et les archéologues ont avancé certaines théories concernant la conception de ces sentiments et sensations intérieurs par l'homme primitif. Il apparaît fondamentalement que l'homme primitif pensait qu'un autre être, un double de lui-même, un esprit, était implanté en lui. Certaines civilisations croyaient que sa nature devait être seulement individuelle, c'est-à-dire qu'elle n'avait rien de commun avec les autres êtres humains. D'autres civilisations encore pensaient que cet esprit devait être de nature universelle, qu'il était une émanation du pouvoir et de la volonté des forces de la nature. Par suite, ce quelque chose, en essence, était supposé devoir être le même dans tous les hommes.
À partir de cette conception surgit l'idée que tous les hommes sont fondamentalement unis par cette entité intérieure dans leur être. Cette entité intérieure est intangible et aussi indestructible que l'air que les hommes respirent. Dans différentes anciennes civilisations, le mot qui servait pour désigner l'air (tel que pneuma chez les Grecs) était généralement employé pour désigner l'âme.
L'air est indestructible et il entre dans le corps à la naissance et en part à la mort. Mais, où va-t-il ? De plus, retient-il quelques-unes des caractéristiques du corps qu'il quitte ? L'homme nota dans sa lente montée dans la connaissance que les saisons avaient des cycles et que certains phénomènes célestes se répétaient régulièrement. Le soleil se lève, ou naît, chaque matin à l'Est et il meurt quand il se couche à l'Ouest ; puis il se lève à nouveau à l'Est le jour suivant. La vie intérieure de l'homme, son esprit ne doit-il pas être également immortel ? De plus, ne devrait-il pas revenir à nouveau dans un corps à un certain moment dans l'avenir ?
Beaucoup de peuples primitifs crurent que la mort n'interrompait pas la relation entre les hommes. Cette idée engendra alors le culte des ancêtres. Dans certaines civilisations c'est une idée courante de croire que l'enfant n'est rien de plus ou de moins qu'un «ancêtre qui naît à nouveau sur terre». Dans une tribu d'Australie centrale, les aborigènes croient que chaque enfant est la réincarnation des enfants de l'esprit laissé par les ancêtres.
Dans une tribu Indienne d'Amérique du Nord, on croyait que l'esprit avait le choix de retourner à cette vie et d'entrer dans le corps d'une femme de la famille pour former l'âme d'un enfant non encore né. Après la naissance, s'il y avait une ressemblance avec un ami ou un parent défunt, le nom de la personne morte était donné à l'enfant.
Parmi certaines civilisations européennes primitives, on pensait que «À la fin d'une certaine période, ou, en tant que résultat de rites particuliers, l'âme s'incarnait, ou plus fréquemment prenait le départ vers un autre monde, en dessous de la terre, au-delà du soleil, au sommet d'une montagne, ou au-dessous de la voûte des cieux, dans les étoiles».


La Transmigration

La doctrine de la transmigration diffère de celle de la réincarnation en ce que la migration de l'âme ne s'accomplit pas nécessairement dans une autre forme humaine. L'âme peut assumer une forme animale de manière permanente ou seulement comme un prélude à une autre incarnation. On relie à cette doctrine ce qu'on appelle les «existences simultanées». C'est la croyance selon laquelle l'homme est double, il a une contrepartie dans un autre monde qui correspond au corps terrestre et à l'âme qui y est incarnée. Ce double recevra son âme quand elle quittera le corps terrestre.
Les idées qui évoluaient lentement d'une survie après la mort, d'une existence immortelle dans un autre monde, de la réincarnation et du retour de l'âme dans un autre corps terrestre, furent graduellement incorporées dans la théologie des anciennes religions.


Les points de vue des Égyptiens sur la réincarnation

Dans les religions de l'ancienne Égypte, trois idées différentes se rapportaient aux changements de la personnalité.

1°L'union de l'âme avec le dieu. Dans le Livre des Morts qui est un ensemble de textes et de liturgies funéraires destinés à guider l'Âme dans l’après vie, nous trouvons la déclaration : «Je suis Ra», ou «Je suis Thot», par laquelle la personne affirmait son union avec le dieu. Ce fut certainement le début de la manifestation d'un principe de base du mysticisme, l'union du moi avec un dieu. C'était l'assurance que la personne avait ainsi acquis le «pouvoir de son dieu». Autrement dit, cette unité avait pour résultat une absorption des qualités divines.
2°La seconde sorte de changement de la personnalité était la transmigration dans un animal pour le temps de sa vie. Comme nous le noterons plus tard, ceci était surtout considéré comme nécessaire en tant que châtiment pour une mauvaise conduite.
3°Un troisième type de changement de la personnalité consistait en une métamorphose temporaire sous une autre forme pour le bien de l'âme de l'individu.

On notera qu'il y avait une hiérarchie de croyances en ce qui concernait les changements de la personnalité ; certaines étaient très primitives tandis que d'autres se développaient en conceptions hautement éclairées qui eurent une grande influence au cours des siècles, à la fois sur la religion et la philosophie.


Les croyances Hindoues

La réincarnation est acceptée de manière presque universelle aux Indes. En conséquence, ses philosophes et ses instructeurs religieux n’ont jamais éprouvé le besoin de justifier cette doctrine. Les principaux livres sacrés et autres qui traitent de cette doctrine sont : les Veda, les Upanishad, la Bhagavad Gita, l’Anugitâ, les Purâna, les Lois de Manu, l’Hitopadesha, Kapila, Shankarâchârya, et l’Hindouisme moderne.
Le Rig-Veda est le plus ancien et le plus important des écrits sacrés hindous. À cette ancienne période, le peuple de l'Inde était plein d'un vif plaisir de vivre et il y avait de l'exubérance dans la pensée d'une existence vertueuse et éternelle qui suivrait l'existence présente. Il y avait cependant l'idée d'un jugement cosmique, d'une décision établissant si la vie sur terre avait été une vie vertueuse qui méritait une récompense ou si l'âme devait être punie et devait recevoir un châtiment pour une mauvaise vie. Fondamentalement, les enseignements Indiens sur ce sujet expliquaient que l'âme se réincarnerait à nouveau dans un corps, de sorte qu'elle ferait des expériences qui, finalement, la purifieraient en vue d'une libération éternelle des renaissances. Nous notons ici la genèse de la doctrine du Karma.


La réincarnation dans le Judaïsme

La Réincarnation, en tant que cycle ou rotation de l'âme, était une doctrine qui formait une partie d'un système de mysticisme ésotérique dans le Judaïsme. Cependant l’orthodoxie avait tendance à la rejeter et à lui refuser une place dans la philosophie juive originelle. D’autres, y compris certains rabbis orthodoxes, acceptèrent cependant la réincarnation comme faisant partie intégrante du judaïsme. Au I° siècle, l’historien juif Flavius Josèphe parle très clairement de la réincarnation dans son célèbre ouvrage «La Guerre des Juifs». Le philosophe d’Alexandrie, Philon le Juif pénétra également l’ésotérisme des enseignements judaïques anciens et en fit des rapprochements avec la philosophie platonicienne, notamment dans ses ouvrages «De Somniis» et dans «De Gigantibus» ; Rabbi Moïse GASTER examine les croyances judaïques sur la réincarnation dans son article «transmigration», publié dans l’Encyclopædia of Religion and Ethics : «Il ne fait aucun doute que ces théories sont extrêmement anciennes dans le judaïsme. Simon le Magicien prétendait avoir connu des vies antérieures, son âme étant passée par de nombreux corps avant d’atteindre celui de Simon. La doctrine samaritaine du Taheb enseigne qu’une âme préexistante fut donnée à Adam et que, par des incarnations successives en Seth, Noé et Abraham, elle se retrouva en Moïse…».
Le Zohar (Le Livre des splendeurs) comprend cinq sections, dont l’une s’intitule «Le Livre de la Transmigration des Âmes». En voici un extrait : «Toutes les âmes sont soumises à la transmigration, mais les hommes ignorent les desseins du Très-Haut qui les regarde ; ils ignorent qu’ils sont jugés à chaque heure, au moment de venir en ce monde et de la quitter. Ils ignorent combien de nombreuses transformations et de mystérieuses épreuves ils doivent traverser et comment de nombreuses âmes et de nombreux esprits errent en ce monde, faute de pouvoir retourner au palais du Roi divin. Les âmes doivent retourner dans la substance absolue d’où elles sont issues. Mais pour y parvenir, elles doivent développer toutes les perfections dont elles portent le germe en elles ; et si elles n’ont pas rempli cette condition au cours d’une vie, elles doivent recommencer une deuxième, une troisième, et ainsi de suite, jusqu’à ce qu’elles aient atteint à cette condition qui leur permet de retourner s’unir à Dieu».

La réincarnation est dans le Hassidisme une croyance universelle.


La conception Bouddhiste

Théoriquement, le Bouddhisme n'enseigne ni l'existence de l'âme, ni sa transmigration. Le Bouddhisme explique qu'il y a un «cours d'existence» pour la personnalité. Cette croyance inspira l'assurance d'une continuité de la vie. Pour la personnalité, il y avait une relation à travers ses différentes existences. Dans le «vaste océan des naissances renouvelées, il y a d'innombrables cours d'existence. Les groupes d'existence sont divisés en degrés (cours ou modes de vie) les existences célestes, humaines, animales et la classification de l'être». Cette dernière classification concerne trois domaines : le monde céleste, sans forme ; le monde céleste avec formes et les mondes matériels avec leurs désirs et leur avidité.


Les idées grecques

Les Grecs reconnaissaient l'âme comme immortelle et ils reconnaissaient, qu'après la mort, elle pouvait passer dans une nouvelle Incarnation, soit dans un corps humain, soit dans un corps animal. On attribue à Pythagore l'introduction en Grèce de ce qui peut être appelé la doctrine de réincarnation. Cependant, l'historien Hérodote dit qu'elle fut inventée par les Égyptiens et que ce fut la source de la croyance des Grecs.
La réincarnation tint une place importante dans les Écoles des Mystères Orphiques, en Grèce. Les doctrines Orphiques rapportaient que l'âme de l'homme était emprisonnée dans le corps en châtiment de mauvaises actions passées. Nous voyons là conception du Karma exposée dans l'ancienne philosophie Indienne. De plus, il était déclaré que l'âme ne pouvait pas trouver la libération de la chaîne d'incarnations terrestres avant qu'elle ait acquis la lustration, c'est-à-dire qu'elle soit parvenue à la purification. Le châtiment consistait en une série de renaissances avant que la libération finale puisse avoir lieu.
Bien que la conception fondamentale selon laquelle l'âme après la mort se réincarne finalement dans un autre corps soit reconnue par tous les adeptes de cette doctrine, il existe cependant différents désaccords sur les aspects qui y sont liés. En général, l'idée des anciennes écoles Orphiques et Pythagoriciennes selon laquelle l'âme a besoin de se réincarner prédomine dans la version moderne de la réincarnation. Autrement dit, l'âme doit progresser par une série d'ajustements, de leçons spirituelles, avant qu'elle atteigne la perfection. Ces leçons sont apprises au moyen des incarnations de l'âme sur terre.
Les principaux personnages qui ont traité de la réincarnation sont les suivants : PHÉRÉCYDE DE SCYROS (philosophe grec, VI° siècle av JC) ; PYTHAGORE (philosophe et mathématicien grec, vers 582-507 av J.C.) ; HÉRACLITE D’ÉPHÈSE (philosophe grec, vers 540-480 av JC) ; PINDARE (poète lyrique grec, 522-443 av. JC) ; HÉRODOTE (historien grec, 484-425 av. JC) ; EMPÉDOCLE (philosophe et homme politique grec, 490-430 av. JC) ; SOCRATE (philosophe grec, 469-399 av. JC) ; PLATON (philosophe grec, 427-347 av. JC) ; ARISTOTE (philosophe grec, 384-322 av. JC). Il apparaît que ce dernier a accepté la préexistence et la réincarnation dans son premier dialogue EUDÈME ou de l’Âme, idée qu’il rejeta avec force dans des œuvres plus tardives.


La réincarnation durant les six premiers siècles du Christianisme naissant

La réincarnation fut enseignée par un grand nombre des Pères de l’Église et choyée par les gnostiques chrétiens, un mouvement de la tradition apostolique dédié à la préservation et à la promulgation des enseignements ésotériques de Jésus-Christ. La réincarnation était considérée fidèle à l’Ancien et au Nouveau Testament, et complémentaire à la notion de salut personnel à travers Jésus-Christ. Depuis les premiers jours du christianisme primitif, les existences terrestres répétées étaient un fait pour beaucoup de fidèles, à condition qu’elles s’inscrivent dans le cadre de la quête d’édification. Le principal architecte de cet édifice théologique fut Origène, surnommé «le prince de l’apprentissage chrétien au III° siècle» par saint Grégoire de Nysse et décrit par l’Encyclopædia Britannica comme «le plus éminent des Pères de l’Église à l’exception possible de saint Augustin». Origène se disait absolument d’accord avec Platon, pour qui l’âme divine et éternelle revêtait un corps corruptible pour surmonter les faiblesses de la chair. Cependant, la dimension visionnaire de la théologie cosmique d’Origène n’était pas toujours appréciée, les fondamentalistes préféraient une interprétation étroite et littérale des Écritures. Mais la plus forte opposition à la doctrine de la réincarnation dans la théologie chrétienne ne s’est développée qu’au IV° siècle, alors que l’Église était passée de bandes secrètes de disciples pour devenir une institution pouvant être exploitée à des fins politiques. Ce fut le passage du spirituel au temporel sur tous les plans. Les germes du bannissement de la réincarnation furent semés au moment où Constantin le Grand prit la maîtrise de l’Église en la faisant la religion d’État. Eu égard aux dons et faveurs consentis par Constantin à l’Église, les ecclésiastiques n’étaient nommés que conformément aux desseins politiques de l’empereur. L’éthique, la foi et la dévotion étaient subordonnées aux intérêts personnels et au pouvoir politique. Pour la première fois dans l’histoire de la jeune religion, l’Église se mit à attirer des Chrétiens motivés par des objectifs sociaux, économiques et politiques plutôt que désireux d’aller vers la vérité. Pour exprimer cette politique, Constantin réunit en 325 le concile de Nicée qui définira l’orthodoxie chrétienne. À partir de ce moment, la puissante union de l’Église et de l’État, constamment sous la domination de l’empereur, allait décréter ce qui était acceptable et ce qui était hérétique. L’orthodoxie reconnaissait l’existence de deux vies seulement : une vie corporelle et une autre succédant à la résurrection. Les évêques qui n’acceptèrent pas les résultats du concile, et il en eut de notables, furent rapidement écartés.
Cette scission de l’Église du début s’accentua en l’an 380 quand les autorités décidèrent de poursuivre les chrétiens insoumis et de sévir à leur encontre. L’édit de Thessalonique, décrété par l’empereur Théodose sans consultation avec les autorités ecclésiastiques, stipulait ceci : «Tous les peuples bénéficiant de notre clémence impériale doivent embrasser la foi qui, à ce que nous croyons, a été communiquée par l’apôtre Pierre aux Romains et a conservé sa forme traditionnelle jusqu’à nos jours»… «Et nous exigeons que tous ceux qui suivent cette règle de foi adoptent le nom de chrétiens catholiques, tous les autres étant considérés comme des fous hérétiques et étant condamnés comme tels à subi le châtiment divin et, par conséquent, la vengeance de ce pouvoir que l’autorité céleste nous a conféré». En d’autres termes, l’hérésie n’était plus désormais un simple péché ; elle était un crime, punissable par la mort. En l’an 385, les premiers d’une longue série de martyrs de la réincarnation furent victimes de la barbarie de l’alliance Église-État. Pourtant, pendant les 150 années qui suivirent, aucun édit officiel n’a condamné la réincarnation dans l’empire.
Ensuite, les choses s’accélérèrent au VI° siècle, sous l’emprise de l’empereur Justinien, en réponse à une demande d’interdiction de l’enseignement d’Origène par certaines factions de l’Église. Cet enseignement fut condamné en 543 lors d’un synode à Constantinople. L’empereur édicta par la suite 15 «anathèmes», ou interdictions ecclésiastiques susceptibles d’excommunication contre Origène, dont quatre traitaient directement de «préexistence» ou de réincarnation. Ensuite, il semble que Justinien ait soumis ces condamnations préliminaires à l’attention du second concile de Constantinople, concile non constitutionnel, en 553. Le pape Vigile, prisonnier de Justinien pendant huit ans, refusa de participer aux délibérations et ce sont les évêques présents (qui représentaient très majoritairement l’Église orientale) qui sanctionnèrent les exigences autocratiques de l’empereur. Bien que rien n’indique que les édits condamnant la réincarnation aient été discutés par l’assemblée œcuménique, les historiens ont présumé à tort pendant des siècles que le second concile de Constantinople les avait adoptés. En un certain sens toutefois, peu importe qu’ils aient été ratifiés ou non. Ce qui importe à savoir, c’est que depuis l’an 553, l’Église a rejeté le concept de réincarnation.
Pourquoi au juste la croyance en la réincarnation a-t-elle soulevé l’ire des autorités. Plusieurs interprétations sont possibles, mais il semble que les tenants de la réincarnation dérangeaient surtout par leur autonomie, qui avait pour résultat de réduire le pouvoir des dirigeants autoritaires de l’époque. Les tenants de la réincarnation n’étaient pas sensibles aux promesses de béatitude céleste et aux menaces de l’enfer ; ils n’avaient pas besoin de prêtres et d’objets rituels comme les guides spirituels pour les conduire sur la voie de Dieu. Œuvrant à leur propre salut, ils ne croyaient pas aux nécessités de dépendre de l’Église. Pour cela, au cours des siècles suivants, il furent pourchassés, torturés et brûlés en place publique et des communautés entières furent massacrées. Les sectes chrétiennes étaient principalement regroupées sous le nom de Cathares (de «catharsis» ou purification). Appellation utilisée pour la première fois par saint Augustin pour désigner les manichéens de Mésopotamie, tenant de la réincarnation, les cathares, qui sont toujours considérés comme de véritables chrétiens, incluaient les pauliniens de Thraces, les bogomiles de Bulgarie, les patarins des Balkans et les Albigeois du Sud de la France, et autres.


La doctrine Orthodoxe

Le Chrétien orthodoxe courant est peut-être l'objecteur le plus acharné de la doctrine de la réincarnation. Il prétend qu'elle est contraire aux doctrines et croyances chrétiennes. Il ne réalise pas qu'il n'y a rien dans la Bible, que ce soit dans les versions courantes ou révisées qui s'oppose à la doctrine de la réincarnation ou qui soit incompatible avec les principes religieux révélés. Cette doctrine peut être incompatible avec certaines croyances et certains principes théologiques propres aux églises chrétiennes, mais ces croyances et ces doctrines furent adoptées par les Pères de l'Église et les Conciles après que la Bible ait été écrite. Ce sont des postulats théologiques et non des principes chrétiens fondamentaux tels qu'ils furent révélés par Jésus ou enseignés par ses disciples.
D'un point de vue purement orthodoxe et dialectique donc, ce n'est pas la doctrine de la réincarnation qui est en position désavantageuse, mais plutôt ces croyances et doctrines qui furent ajoutées après l'époque de Jésus. Si le chrétien dévot souhaite appuyer sa foi sur la base d'une stricte orthodoxie, il constatera qu'il est plus facile d'accepter la doctrine de la réincarnation en se basant sur l'autorité des écritures, que de la rejeter en se basant sur la doctrine théologique. Ceci s'applique aussi au juif dévot en ce qui concerne la forme moderne de sa religion.
Par égard pour ceux qui peuvent demander ou trouver dans la Bible, des textes à l'appui de l'affirmation que les Chrétiens et les Juifs d'avant l'ère chrétienne croyaient à la doctrine de la réincarnation, nous attirons l'attention sur quelques points saillants et sur quelques citations, et nous suggérons qu'on leur accorde la même considération et la même analyse qu'aux doctrines théologiques qui sont considérées comme incompatibles avec cette doctrine. S'ils veulent bien être aussi tolérants et analytiques dans leur examen des quelques citations suivantes, tirées de l'Écriture, qu'ils le sont dans leurs essais de réfuter la doctrine de la réincarnation ils s'apercevront que seule la doctrine de la réincarnation peut expliquer ces passages.
Par exemple, dans les écrits pré-chrétiens, nous trouvons, dans le Livre de Job, chapitre XIV, un certain nombre de proverbes et de commentaires sur la naissance la vie et la transition de l'homme. Dans les 12 versets de ce chapitre, une déclaration est faite concernant le corps physique de l'homme et la soi-disant mort, le corps va dans la tombe et y reste jusqu'à ce qu'il «n'y ait plus de cieux». Il y est dit, ce corps ne s'éveillera jamais de son sommeil. Cependant, au 14° verset une autre déclaration est faite concernant l'homme réel, la partie qui vit réellement. Là, il est dit que l'homme réel attend qu'un changement se produise pendant les jours fixés qui suivent sa transition.
Ce chapitre entier du Livre de Job devrait être étudié et analysé, afin de comprendre le divin message qui est y contenu. Il est certain que le 12° verset ne permet pas une interprétation, qui puisse être considérée comme compatible avec la doctrine théologique de la résurrection du corps de la tombe et la vie sur terre à nouveau, dans le même corps. Le 14° verset ne permet pas d'autre interprétation que celle, que l'âme de l'homme attend le moment fixé pour le changement qui doit venir.
Maintenant poursuivons par le 33° chapitre de Job. Le chapitre entier est éclairant et en particulier la dernière moitié. Dans le verset 28 nous lisons que Dieu délivrera l'âme de l'homme de la tombe et que cette âme à nouveau verra la lumière. Dans le 29° verset, nous lisons que ces choses, Dieu «les fit souvent pour l'homme». Dans quel autre sens que celui de la réincarnation ces versets peuvent-ils être interprétés ? Si l'âme de l'homme laisse la fosse et revient à la lumière de la vie — et que ceci arrive souvent — nous n'avons pas à chercher d'autres déclarations pour soutenir la doctrine de la réincarnation.
Ces passages sont tirés des écrits Juifs et aucune attention ne leur est accordée. On n'essaie pas de les faire apparaître comme la base d'importantes doctrines religieuses, pourtant ils sont cités et l'on s'y réfère parfois comme aux autres événements complexes de la vie, parce que la doctrine de la réincarnation était alors universellement admise et comprise comme une loi physique, biologique et scientifique de l'univers.
Pour voir comment la croyance universelle en la réincarnation était considérée par les juifs durant l'époque de la mission de Jésus, tournons-nous maintenant vers les Évangiles chrétiens et considérons l'un des nombreux incidents qui révèle une parfaite compréhension de la croyance en la réincarnation. Nous attirons votre attention sur le récit où Jésus se tourna vers ses disciples, et leur posa une question qui semblerait étrange si nous ne savions rien de la doctrine de la réincarnation. Jésus demanda : «Qui dit-on que je suis ?»,. Ce que Jésus demandait ne pouvait pas avoir d'importance pour lui, à moins, qu'il ne le relie à quelque chose qui révélerait la compréhension et la perception spirituelles, qu'il espérait voir développées dans la foule. Il ne posait pas la question pour solliciter des compliments ou des louanges.
Jésus voulait voir si la foule reliait son travail à celui des prophètes qui l'avaient précédé et si elle réalisait qu'il était l'un, des anciens prophètes, revenu sur terre, comme cela avait été prédit et comme cela était attendu. Que telle était son intention est pleinement indiquée par les réponses données par ses disciples. Ils dirent que le peuple croyait qu'il était tel ou tel qui avait jadis vécu.
Puis, quand il leur demanda, qui ils croyaient qu'il était, leur réponse indiqua qu'ils savaient la raison de sa question qu'ils savaient qu'il désirait voir s'ils comprenaient, qu'il n'était pas seulement la réincarnation d'un grand prophète, mais aussi l'esprit infini de la plus haute réalisation de la filiation divine. En lisant cet incident de la vie de Jésus et en l'associant aux déclarations de Jean-Baptiste et d'autres prophètes concernant celui qui devait naître, nous pouvons réaliser que seule la doctrine de la réincarnation peut expliquer ces passages.
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Re: La réincarnation et le progrès

Message  Arlitto le Mer 17 Aoû - 16:31

RÉINCARNATION, L’HYPOTHÈSE QUI DÉRANGE (Partie 2)

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«Tant que vous n’avez pas conscience de la loi continue de la mort et de la renaissance, vous n’êtes qu’un vague invité sur une terre obscure» GŒTHE

Depuis l’origine des temps non seulement les religions orientales mais aussi les plus penseurs de l’humanité, les courants gnostiques, ont témoigné du fait que notre vie n’était pas une seule. En effet, une sorte de justice immanente qui nous réincarne un peu plus haut ou un peu plus bas implique que nous ayons vécu avant notre propre vie et que nous revenions demain dans une nouvelle existence à l’image de ce que nous fûmes. Ce collier dont chaque vie est une perle finit par aboutir enfin à la vie éternelle sur d’autres plans. Cette croyance qui veut que l’homme avance dans une succession de réincarnations est apaisante face à la brutalité d’une mort unique mais aussi un appel vers la perfection et justifie ainsi l’ascension de l’humanité. Aujourd’hui la gnose scientifique se rapproche de plus en plus des anciennes croyances et le mouvement de la théosophie a su divulguer et se mettre au diapason de notre temps ces thématiques millénaires.
Nous continuons dans cette deuxième partie l’analyse du sujet au travers de l’Islam, des Évangiles, des Druides, des mouvements philosophiques et initiatiques, etc.

Dans l’Islam

Certaines allusions claires à la réincarnation se trouvent dans le Coran, auxquelles l’Islam orthodoxe attribue cependant une signification différente… On y trouve les versets suivants  «Et vous étiez morts, et Il vous ramena à la vie ; Et Il vous fera mourir, et vous rendra à la vie, et à la fin, Il vous réunira en Lui» (Surate 2.28). L’expression  «Et vous étiez morts» signifie qu’ils avaient vécu avant de mourir. C’est une implication claire dans ce texte. La citation, dans sa totalité, indiquerait donc qu’il s’agit de plus d’une vie et de plus d’une mort.
«Ceux qui doutent de l’immortalité sont morts et ils ne savent pas quand ils renaîtront. Votre Dieu est incomparable et ceux qui n’ont pas la foi dans l’Ultime ont des cœurs pervers et ils veulent se montrer comme de grands hommes» (chapitre 14, Sura Nahel, versets 2-12-8).
«Comme l’herbe des champs, j’ai poussé maintes fois sur les berges des cours d’eau. Depuis cent mille ans, j’ai vécu, œuvré et fait des efforts dans toutes sortes de corps». MANSUR AL-HALLAJ (X° siècle, Prince des Maîtres soufis)


Dans les évangiles

Que peut-on trouver dans les Évangiles qui s’oppose à la doctrine de la réincarnation ? Des personnes irréfléchies peuvent soutenir que les doctrines chrétiennes affirment, que l'âme de l'individu au moment de la transition, passe par une période de suspension de conscience pour attendre le jour du jugement ; lorsque tous nous aurons atteint le royaume spirituel et demeurerons dans la conscience et la présence de Dieu. Elles peuvent également soutenir que cette doctrine s'oppose aux possibilités de renaissance et à la doctrine de réincarnation.
Mais, le fait-elle ? Y a-t-il quelque chose dans la doctrine chrétienne qui s'oppose aux fréquents changements dont parle le Livre de Job ? La véritable doctrine de la réincarnation nous assure, que nous aurons beaucoup d'incarnations sur terre mais, que finalement, après beaucoup d'occasions d'apprendre les leçons de la vie et de compenser pour nos mauvaises actions, nous arriverons au jour du jugement. À ce moment, il sera déterminé si nous sommes devenus purs d'esprit, divins et dignes de demeurer éternellement dans la conscience et à la vue de Dieu.
Chaque nuit, quand nous fermons les yeux pour nous endormir, nous terminons une période de vie qui a été remplie, d'occasions de faire le bien et le mal, et de leçons destinées à nous écarter de nos mauvaises manières de vivre. Chaque éveil est comme une nouvelle naissance à la lumière comme le dit le 28° verset du 33° chapitre du livre de Job. Chaque jour est une nouvelle période d'existence incarnée, pour corriger le mal du jour précédent et nous racheter avant que vienne le jour du jugement. Si nous comparons chaque période d'incarnation sur cette terre à un jour de nos vies, nous voyons que l'ultime et complète suspension de la vie terrestre, précédant l'heure du jugement, n'empêche pas la possibilité d'incarnations dans l'intervalle, et de périodes de préparation en prévision du jour du jugement final.
Parmi beaucoup d'autres choses merveilleuses, trop nombreuses et étendues pour les citer ici, la doctrine de la réincarnation enseigne, que le but de la vie et de ses périodes d'incarnation est de nous permettre de travailler à notre salut. Nous devons nous attendre à effectuer des compensations pour le mal que nous avons commis, jusqu'à ce que, finalement, nous puissions être absorbés dans la conscience de Dieu et y demeurer éternellement.
Est-ce incompatible avec les principes mystiques et spirituels enseignés par Jésus et ses disciples ? Bien que la doctrine de la réincarnation puisse paraître incompatible avec certaines doctrines théologiques, qui furent ajoutées plus tard aux enseignements chrétiens, elle n'est pas incompatible avec ce que Jésus enseigna et révéla.

Une citation biblique parmi tant d’autres

Après quelques vérifications dans les chapitres et les versets de la Bible, on peut estimer qu’il est question de la réincarnation en maints passages de celle-ci, soit directement, soit indirectement, et Jésus-Lui-même en a parlé en des termes qui ne laissent aucun doute sur la connaissance qu’Il avait de cette doctrine et sur Sa croyance à ce sujet. Et si elle n’est pas développée dans tous les détails, ni expliquée dans la Bible, ce n’est pas une raison pour conclure qu’elle n’était pas répandue à l’époque et qu’elle n’était pas admise par Jésus et Ses disciples.
Il faut admettre franchement que les doctrines chrétiennes actuelles, enseignées par la plupart des églises de cette dénomination, ne permettent pas d’accepter la croyance en la réincarnation, mais elles ne sont pas les doctrines originales de Jésus-Christ. Il n’est pas question ici de critiquer l’opportunité ou la solidité des arguments de ces doctrines. Nous nous bornerons à constater qu’on a inclus, dans quelques passages de la Bible, certaines croyances qui sont maintenant contraires à la réincarnation.
Il n’est pas question dans ce modeste addenda à mon exposé sur la réincarnation de citer toutes les parties de la Bible et du Nouveau Testament qui traitent de manière claire ou voilée de la réincarnation. Je me contenterai de reproduire un passage de l’évangile selon Saint Jean, chapitre IX, du second au quatrième verset, où j’ai relevé un rapport clair avec la réincarnation et la loi du karma. Jésus passant sur le chemin avec ses disciples, rencontre un aveugle de naissance. Les disciples de Jésus pensèrent qu’ils avaient là une occasion d’en apprendre davantage sur la loi du karma et sur les causes des souffrances humaines. Ils attirèrent donc l’attention de Jésus sur l’aveugle et demandèrent  «Maître, est-ce le péché de cet homme ou celui de son père et de sa mère, qui est cause de sa cécité ?». Jésus leur répondit  «Ce n’est point qu’il ait péché ni ceux qui l’ont mis au monde, mais c’est afin que les œuvres de Dieu paraissent en lui».
Vous noterez que les disciples indiquèrent nettement que cet homme était né aveugle et ils se demandaient donc quelle était la cause de sa cécité. S’il était devenu aveugle plus tard dans le courant de sa vie, par accident, blessure, maladie, manque de soins ou par une cause quelconque, le problème ne se serait pas posé. Remarquez bien que les disciples demandaient  si l’aveugle lui-même avait péché,ou bien ses parents. Si les parents avaient péché, il aurait pu en résulter une maladie ou un accident qui aurait causé la cécité de cet homme, dès sa naissance, mais comment cet homme aurait-il pu pécher dès avant sa naissance, pour s’attirer cette punition et naître aveugle ? Ce ne pouvait être que pour avoir péché dans une vie antérieure, qu’il était frappé de cécité, comme conséquence karmique. Aucune autre interprétation ne peut être donnée à cette question posée par les disciples, mais remarquez également qu’ils faisaient cette demande sans la moindre hésitation ni timidité apparente. La question est posée d’une manière tout à fait courante et naturelle, et sa nature même indique que les disciples étaient parfaitement au courant des lois du karma et de la renaissance et savaient aussi que ces lois universelles étaient connues de Jésus.
Il faut aussi noter que, dans sa réponse, Jésus ne s’étonne pas de cette question et que Sa réponse n’est pas une critique des croyances des disciples, de même qu’elle tient compte des pensées qui, dans l’esprit des disciples, les ont poussés à poser cette question ; ce qu’elle impliquait était accepté de Jésus, et Il répondit que ni l’homme lui-même ni ses parents n’avaient péché, mais que cet état lui avait été imposé, afin que Dieu puisse donner une leçon et manifester la force de Sa loi. Il est certain que ce seul incident devrait suffire à montrer que Jésus et Ses disciples connaissaient parfaitement la doctrine de la réincarnation, ou des renaissances du karma, et qu’il n’y avait rien en elle qui fut contraire ou incompatible avec l’enseignement de Jésus. S’il en avait été autrement, Il aurait immédiatement redressé l’erreur de Ses disciples et les aurait blâmés de leur fausse croyance.


Les druides (extrait Druides et Mages du XXIe siècle. Éditions l'Or du Temps)

Les Druides enseignaient la réincarnation. L'accès à GWENWED, homologue du Paradis des Chrétiens, n'était envisageable qu'après la purification de l'âme par les épreuves de la vie terrestre. Cela n'était possible qu'après un minimum de 9 incarnations. Au-delà, le nombre des renaissances sur terre n'était pas déterminé ; il dépendait de la rapidité avec laquelle l'âme-personnalité se débarrassait de ses tares.
Quoique immatérielle, l'âme n'en est pas moins une modalité de l'unique substance, dont toutes les formes sont constituées. Elle est différenciée par son taux de vibrations. Elle peut vivre, sans être emprisonnée, dans la matière organique ; Elle s'incarne pour faire évoluer le champ de conscience de l'âme-personnalité
La réincarnation accepte le postulat que l'âme survit à la décomposition du corps physique. Elle est donc immortelle et éternelle, même si on considère qu'elle est une parcelle divine, incarnée. Si elle perdure après la mort, rien ne s'oppose à ce qu'elle existât avant la naissance. Il le faut bien pour se réincarner.
Les Druides admettaient que l'âme, dont l'imperfection du véhicule où elle avait vécu était trop grande, pour se réincarner dans un corps animal, végétal ou minéral ; c'était, en réalité, une manière de symboliser le purgatoire et l'enfer, ces termes et le symbolisme exprimé ne devant pas être pris à la lettre, car la réincarnation repose sur l'optique d'une marche en avant plus ou moins rapide, mais sans régression.
En Druidisme, l'âme n'est pas une émanation directe de OIW. Elle appartient à la Grande Âme Universelle nommée MENW ou MENWED, laquelle est animée par le souffle divin.
Du fait de sa pérennité post-mortem et pré-naissance, l'âme est l'être réel ; le corps humain, n'étant que temporaire et périssable, est l'être apparent périssable et illusoire. Il n'est qu'un support, un habitacle pour l'âme, le soi réel.
La réincarnation regarde devant, vers le futur, pousse l'âme-personnalité vers plus de perfection, vers de nouvelles expériences ou épreuves. Le souvenir des choses passées n'est plus nécessaire pour les nouveautés devant être affrontées. On les oublie pour ne pas surcharger la mémoire humaine objective ; elles demeurent cependant dans la mémoire de l'âme.

La vie post-mortem

Trois jours après sa mort, le défunt reprend ses esprits dans une enveloppe identique à celle qu'il a quittée et qui est plus subtile. Il croit avoir les anciennes perceptions matérielles. Pourtant, elles sont d'une autre nature, sans qu'il s'en rende compte.
Toutefois, il rencontre des personnes décédées avant lui, parents, amis et connaissances. Il peut en déduire son propre trépas. D'autre part, s'il porte ses regards vers la Divinité et l'Amour, les Maîtres lui apparaîtront. Si au contraire, il se tourne vers la vie terrestre, il voit les vivants, les biens matériels. L'impossibilité de pouvoir les contacter qu'il éprouve, lui fait comprendre qu'il n'est plus des leurs.
Il vit dans la pénombre, dans un monde d'illusion où rien n'est net, où les formes prennent des aspects terrifiants. Cependant, les âmes suffisamment évoluées sont exemptes de telles visions.
Les morts subissent dans la subtilité de leur corps éthérique des épreuves analogues à celles des vivants. Elles amènent l'âme-personnalité à réfléchir sur les expériences du passé. Après un certain temps, le Jugement Divin intervient, auquel procèdent GWEON et SAMANN. GWEON est bienveillant ; il fait valoir les mérites. SAMANN met en relief les fautes commises, les expériences incomprises. En fait, c'est l'âme-personnalité, elle-même, qui choisit le genre d'existence qu'elle mènera en se réincarnant, ou en GWENWED, si elle est évoluée pour y être admise.
Puis vient le temps où les âmes sont conduites vers l'Ouest, par conséquent, sur les côtes du Finistère. Là, elles s'embarquent pour une contrée mystérieuse, probablement l’Atlantide.
Une fois par an, le défunt pourra reprendre la barque pour revenir vers l'Est, au milieu des siens. Cela a lieu dans la nuit du premier au deux de notre mois de novembre. En prévision d'une telle visite, les vivants, avant de se coucher, préparent un repas et dressent le couvert à l'intention des morts.
Pour l'âme-personnalité destinée à revenir à la vie terrestre, les fantasmes de la terreur recommencent. Le corps éthérique achève sa désintégration. Il s'ensuit une seconde perte de conscience. C'est l'oubli précurseur de la renaissance.
L'âme-personnalité qui passe en GWENWED n'est soumise à aucune frayeur. Elle garde sa pleine conscience. Elle a fait le bon choix, elle est sauvée.
GWENWED signifie  le Monde Blanc. GWENWED est délimité graphiquement, dans la Croix Celtique, par la sphère intérieure la plus petite. Il est le terminus de la chaîne des réincarnations successives. L'homme y retrouve sa personnalité permanente. Il est réintégré, redevenu immortel. Il possède le souvenir de toutes les incarnations qu'il a vécues et le bénéfice de toutes les leçons qu'il a apprises.
C'est là que se trouvent les Maîtres. C'est de là qu'ils partent pour les réincarnations volontaires qu'ils opèrent en vue de servir l'humanité, en aidant les humbles mortels en difficulté par l'apport de l'AWEN ou Inspiration Salvatrice.
Parvenu en GWENWED, le moi n'est plus tenu à se réincarner. Il peut cependant le faire volontairement pour servir sous les auspices d'un Maître. S'il le fait, en aucun cas, il ne rétrogradera en ANWN. Le Celtique rejette l'éventualité d'une chute pareille. L'âme est trop libérée pour que cela lui arrive.
Il sait que tous les hommes ne forment qu'une seule famille, composée de réalisés vivant en GWENWED, de ceux accomplissant leur période terrestre, de ceux qui sont en instance de réincarnation.
Il deviendra lui aussi un Maître. Ses pérégrinations dans la vie incarnée cesseront lorsque toutes les formes en péril dans ANWN auront été sauvées.


La loi de Karma

L'idée de la loi de compensation (l'ancienne doctrine du Karma) qui réclame que le mal commis sur terre soit puni par un retour à une vie de souffrance personnelle, prédomine dans la conception moderne de la réincarnation. De bonnes actions méritent une libération finale des renaissances. Il en découle alors que dans une vie de bonheur et d'illumination, l'âme est libérée de la nécessité de l'existence terrestre. Cette conception implique que ce n'est pas l'âme qui fait le choix de l'existence terrestre, c'est plutôt une loi cosmique immuable qui établit l'attraction entre l'âme et un corps particulier en vue des expériences de la vie dont elle a besoin.
Une autre conception met en avant le cycle du temps dans la renaissance. Elle stipule que le temps combiné de la résidence de l'âme dans le domaine cosmique et sur la terre ne peut pas dépasser une période précise.


La conception moderne de la réincarnation

Dans la version moderne communément acceptée de la réincarnation, l'âme et la personnalité ne font qu'une. Disons simplement que l'âme a une mémoire innée de sa vie passée qui affirme-t-on, peut-être rappelée.
Fondamentalement, la plupart des fervents adeptes de la réincarnation acceptent l'idée que l'âme est une substance, une sorte de segment divin qui est implanté dans le corps. Cette notion implique, en plus, que chaque âme est qualitativement différente bien qu'elle provienne de la même source divine. Philosophiquement et métaphysiquement, ceci semblerait s'opposer à la croyance en l'unité cosmique de toutes les âmes.
Aujourd'hui, l'acceptation courante de la réincarnation doit faire face à plusieurs questions qui la mettent au défi. Pourquoi l'homme est la seule créature vivante à avoir une âme si tous les êtres et les choses ont été divinement créés ? Pourquoi l'homme doit renaître seulement sur terre ? Devons-nous supposer que la connaissance spirituelle ne peut pas être acquise ailleurs dans le vaste Cosmos ? La terre est-elle la seule école où les êtres intelligents puissent apprendre ? Le Divin ne reconnaît-il comme lui étant reliés que les êtres créés sur terre ?
Une variante de ces idées, exposée par certains, affirme que l'âme accomplit des «migrations» d'un monde à un autre dans son cycle de progression ; autrement dit, il y a-t-il une hiérarchie des mondes à travers lesquels l'âme doit s'élever pour parvenir à la perfection ?
Il existe une manière philosophique et mystique d'aborder la réincarnation, et ses principes sont plus rationnels. Ce système, comme celui de l'ancienne croyance Indienne, préconise qu'il y a une force cosmique universelle de l'âme qui a une intelligence innée, pénétrant toutes choses. Cette intelligence est nettement liée à la Force Vitale.
Puisque cette Force Cosmique, ou Force Vitale, est reliée au phénomène de la vie, alors, tous les êtres vivants la possèdent ainsi que son intelligence innée. Par conséquent, les animaux aussi ont potentiellement ce que l'homme réalise comme étant l'âme. Cependant, étant des êtres moins complexes au sens organique, ils n'ont pas la réalisation personnelle de leur double nature. Une telle réalisation doit être acquise par l'évolution. L'homme doit évoluer jusqu'à cet état de conscience où il fait l'expérience de la «qualité de l'âme» qui réside dans tout son être.
Selon cette conception, il n'y a pas d'âmes individuelles séparées. Après la mort, la force de l'âme retourne à son unité universelle. Elle emporte avec elle l'impression du moi, de la personnalité qu'elle a acquise. Celle-ci alors est immortalisée dans l'âme universelle. La force vitale entrant dans un corps avec l'âme qui l'accompagne peut garder la mémoire de sa vie, ceci après sa mort, comme un parfum qui persiste dans une pièce après que la fleur ait été enlevée.
À la différence d'autres croyances en la réincarnation, cette conception métaphysique et mystique n'affirme pas que l'âme peut être, soit corrompue, soit perfectionnée, par l'homme. Elle affirme plutôt que l'âme humaine, étant une infusion de l'âme cosmique universelle, est divine, et qu'il dépasse les possibilités de l'homme de modifier son état. Du fait qu'il n'y a pas de variation de la qualité de l'âme, tous les hommes sont égaux dans l'essence de l'âme.
Il est également expliqué que les différences dans la conduite morale du genre humain sont dues aux différences de réactions des individus à l'essence divine, à la force universelle de l'âme qui est en eux. Donc, c'est la personnalité qui doit être perfectionnée et qui doit évoluer pour refléter et manifester la qualité de la force divine de l'âme affluant à travers le moi physique. C'est à cet égard, figurativement parlant, qu'il existe une différence entre un saint et une personne malveillante. L'âme de chacun d'eux est cosmique et divinement parfaite et exempte des variations de la conduite humaine. Plus l'individu répond à la direction intuitive de cette intelligence divine, plus son être entier devient en accord avec elle.
L'homme peut-il prouver la réincarnation, c'est-à-dire l'établir d'une manière objective et empirique qui soit acceptable pour tous les autres hommes ? On pourrait tout aussi bien demander . « Jusqu'à présent, l'homme a-t-il prouvé l'existence de Dieu d'une manière qui soit objectivement acceptable pour tous les hommes ?» En ce qui concerne de tels sujets, le recours à la perception objective de l'homme est sans efficacité du fait que le phénomène en question transcende les sens récepteurs des hommes. L'expérience mystique de ces phénomènes comporte des impressions de réalité qui sont seulement personnelles à l'individu. Il est difficile de donner de ces phénomènes une description qui soit universellement réalisée et qui soit acceptée par tous les hommes.
C'est pourquoi la réincarnation doit toujours être une vérité relative à l'état de conscience de l'individu. Cependant, l'idée de la réincarnation a tout autant de solidité que tout autre conception ou croyance traditionnelle sur la vie de l'âme après la mort et la continuation de son existence. Il existe aussi des écrits sacrés anciens et vénérés qui soutiennent cette doctrine. La différence de leur origine ou de l'époque à laquelle ils furent écrits ne leur enlève aucune valeur.
La croyance — que nous ne pouvons ni prouver ni réfuter objectivement — est pour nous une alternative de vérité.


Quelques hommes célèbres

«Le génie, c'est l'expérience. Certains semblent croire que c'est un don ou un talent, mais c'est le fruit de la longue expérience de plusieurs vies. Certaines âmes sont plus vieilles que d'autres, et elles en savent plus long». Henry Ford (industriel américain (1863-1947).

Nous citons ci-dessous quelques hommes célèbres qui ont abordé la réincarnation dans leurs œuvres 
DANTE, poète italien (1265-1321) — LÉONARD DE VINCI, peintre, sculpteur, architecte, musicien, inventeur, mathématicien, anatomiste (1452-1519) — PARACELSE, médecin et alchimiste suisse, (1493-1541) — GIORDANO BRUNO, philosophe, poète et dramaturge italien (1548-1600) — WILLIAM SHAKESPEARE, poète dramatique anglais (1564-1616). — SPINOZA, philosophe hollandais (1632-1677) — LEIBNIZ, philosophe et savant allemand (1646-1716) — VOLTAIRE, écrivain français (1694-1778) — BENJAMIN FRANKLIN, homme politique, savant et philosophe américain (1706-1790) — DAVID HUME, philosophe écossais (1711-1776) — FRÉDÉRIC LE GRAND, Roi de Prusse (1712-1786) — EMMANUEL KANT, philosophe allemand (1724-1804). — J.W. VON GOETHE, écrivain allemand (1749-1832) — FRIEDRICH VON SCHILLER, poète et dramaturge allemand (1759-1805) — G.W.F. HEGEL, philosophe allemand (1770-1831) — ARTHUR SCHOPENHAUER, philosophe allemand (1788-1860) — NAPOLÉON BONAPARTE, Empereur des Français (1769-1821) — CHARLES FOURRIER, philosophe et économiste français (1772-1837). — PIERRE LEROUX, philosophe, publiciste et homme politique français (1797-1871) — HONORÉ DE BALZAC, écrivain français (1799-1850) — GÉRARD DE NERVAL, poète et écrivain français (1808-1855) — THÉOPHILE GAUTIER, poète et écrivain français (1811-1872) — GUSTAVE FLAUBERT, écrivain français (1821-1880) —ERNEST RENAN, écrivain français (1823-1892) — RALPH WALDO EMERSON, essayiste et philosophe américain (1803-1882) — EDGAR ALLAN POE, poète, conteur et critique américain (1809-1849). — FRANCIS BOWEN, philosophe américain (1811-1890) — CHARLES DICKENS, romancier anglais (1812-1870) — RICHARD WAGNER, compositeur allemand (1813-1883) — SOREN KIERKEGAARD, théologien et penseur danois (1813-1855) — LÉON TOLSTOÏ, romancier, conteur et auteur dramatique russe (1828-1910). — GEORGE BERNARD SHAW, écrivain et dramaturge irlandais (1856-1950) — ARTHUR CONAN DOYLE, romancier et auteur dramatique écossais (1859-1930) — GUSTAV MAHLER, compositeur et chef d’orchestre autrichien (1860-1911) — MAURICE MAETERLINCK, écrivain belge (1862-1949) — DAVID LLOYD GEORGE, homme politique britannique, Premier Ministre (1916-1922), (1863-1945) — RUDYARD KIPLING, romancier et poète anglais (1865-1936) — ALDOUS HUXLEY, poète, journaliste et romancier anglais (1894-1963) — J.D. SALINGER, romancier américain (né en 1919) — NORMAN MAILER, romancier américain (né en 1923) — THOMAS H. HUXLEY, naturaliste anglais (1825-1895). — THOMAS EDISON, inventeur américain (1847-1931) — J.B. RHINE, parapsychologue américain (né en 1895) — JOHN WHEELER, physicien américain (né en 1911) — WILLIAM JAMES, philosophe américain (1842-1910) — SIGMUND FREUD, neurologue et psychiatre autrichien (1856-1939) — CARL G. JUNG, psychologue et psychiatre suisse (1875-1961), etc., etc.


Études de l’A.M.O.R.C. (Ancien et Mystique Ordre de la Rose-Croix)

L’A.M.O.R.C. est un mouvement philosophique, initiatique et traditionnel mondial, non religieux, non sectaire et apolitique, ouvert aux hommes et femmes sans distinction de race, de religion ou de position sociale. Traditionnellement, ses membres, appelés Rosicruciens, ont exploré les idées sur la réincarnation et les cycles de conscience. Comme beaucoup d'autres mystiques et philosophes mondiaux, ils s'efforcent d'expliquer leurs expériences personnelles au moyen de théories qui donnent une signification à leurs expériences et fournissent un plan de travail pour de plus amples études. Bien que la théorie de la réincarnation soit ouvertement acceptée par la majorité de l'humanité, il n'est pas possible de prouver avec certitude qu'elle est vraie. Même les plus attentives recherches sur un cas donné semblent seulement prouver la possibilité de la réincarnation dans ce cas. La réincarnation en tant que «fait généralement accepté» peut donc dépasser le domaine de la preuve empirique qui serait acceptable à chacun.
Parmi un certain nombre de critiques contre la théorie de la réincarnation, nous relevons les suivantes 

 Des gens raisonnables ont l'impression qu'eux-mêmes ou d'autres peuvent avoir simplement «construit» ou «imaginé» l'expérience de réincarnation. La plupart des gens n'ont pas confiance en leur moi intérieur avec ses attributs d'imagination créatrice (Mémoire complète plus Intuition). Ceci est dû surtout à la civilisation dans laquelle nous vivons. L'imagination est souvent associée à l'irrationnel et à l'absurde, c'est pourquoi beaucoup de personnes raisonnables répugnent à faire confiance à leur propre imagination créatrice.
 Souvent nous n'avons pas de données historiques ou d'autres méthodes scientifiques pour valider l'expérience. De plus, beaucoup de personnes font simplement l'expérience de ce phénomène sans essayer de vérifier les images qui se sont présentées, se refusant ainsi à elles-mêmes l'expérience infiniment plus riche de Savoir.
 Des sceptiques ont tendance à accorder peu de foi à cette théorie parce qu'il y a trop de personnes qui prétendent avoir été d'importants personnages comme Cléopâtre ou Alexandre le Grand. On a aussi suggéré que les personnages importants dont les individus normaux par ailleurs faisaient l'expérience pouvaient être dus au fait que ces grandes personnalités étaient inséparables des motifs archétypes sous-jacents qui sont l'héritage commun de tous les êtres humains. À cet égard, la teneur impersonnelle du subconscient de chacun possède le type de Cléopâtre ou d’Alexandre. L'expérience, de ces images archétypes internes, pourrait alors être émise comme une explication de rechange pour les expériences sur les vies passées.
 Une critique souvent entendue est que des professionnels bien intentionnés employant la régression dans les vies passées peuvent inconsciemment imprimer leurs propres images dans le subconscient d'une autre personne. Les sujets peuvent aussi réagir à des suggestions subconscientes provenant de l'histoire, des livres, des romans, des spectacles et d'autres aspects de la culture dont ils sont entourés.
 Une difficulté majeure pour ceux qui ont l'esprit ouvert à la théorie de la réincarnation est celle de la différenciation des «souvenirs de vies passées» des produits de la clairvoyance et de la rétrocognition (la capacité de retrouver l'information d'un passé lointain, la psychométrie, etc.).

En dépit de ces critiques, ceci ne signifie pas, comme beaucoup en on conclu, qu'un individu se voit interdit pour toujours de découvrir par lui-même s'il a ou non vécu auparavant. Bien au contraire. Aujourd'hui il y a un grand intérêt scientifique pour le travail qui est fait dans le domaine de la réincarnation et de la thérapie des vies passées. Les techniques scientifiques employées vont de l'hypnose à la visualisation guidée et à la méditation — ces dernières pratiques depuis longtemps enseignées par les Rosicruciens.


Recherches en psychologie

Une étude entreprise par la psychologue Helen Wambach 1 défie plusieurs critiques contre la théorie de la réincarnation. Elle analysa 800 expériences de vies passées provoquées par hypnotisme chez 230 personnes. Bien qu'elle n'ait pas pu prouver la réincarnation de manière certaine, elle croit qu'il devient de plus en plus difficile de refuser le souvenir des vies passées au fur et à mesure que les données s'accumulent. Des sujets se plaçaient eux-mêmes dans des décors géographiques, historiques, sociologiques appropriés, ce qui est une découverte qui suggère un autre élément que le simple hasard ou la chance dans le travail.

Dans un autre aspect de cette recherche, des périodes de temps particulières furent assignées pour voir si les individus auraient tendance à faire des associations évidentes avec des époques célèbres. Une petite minorité seulement, de sujets Américains rapportèrent avoir vécu dans l'Ouest de l'Amérique ou dans les États de la Prairie lorsqu'on leur demanda de remonter vers 1850. La grande majorité des sujets qui se rappelaient leurs vies vers 1700 ne se trouvaient pas alors dans l'Amérique Coloniale et le rappel de la période aux environs de 25 après J.C. ne produisit pas un nombre inhabituel de rapports de vies à Rome ou en Terre Sainte. Wambach conclut que, si les gens rapportaient des histoires qu'ils avaient lues, ce n'étaient pas des histoires courantes de notre culture. Les sujets étaient soit très raffinés et se dirigeaient personnellement sans consultation pour rejoindre des vies nettement dispersées au hasard des périodes historiques, ou bien le rappel du passé pouvait se brancher sur des souvenirs réels du passé.

La possibilité de la négation de la rétrocognition et de la clairvoyance, etc. vient du fait que très peu de sujets se retrouvent comme importants socialement. Wambach définissait la «classe supérieure» comme une classe mangeant bien et s'habillant bien (12 %). Ceux qui étaient habiles ou avaient un commerce étaient la «classe moyenne» (20 %). «La classe inférieure» était formée des paysans, des esclaves et des autres durs métiers dans le cadre de leur époque (68 %). Avant 1700, très peu rapportaient avoir vécu dans la classe supérieure (3 à 5 %). Les sujets rapportant avoir vécu des vies humbles vivaient sans prendre conscience ou sans s'intéresser aux affaires des rois et des cours, aux batailles et aux explorations (tels que nous trouvons ces événements dans les livres d'histoire). Les sujets disaient qu'ils savaient peu de choses des systèmes religieux. Ils étaient très sensibles à ce qui touchait leurs familles et leurs cercles immédiats et le grand événement dans leurs communautés était l'apparition d'étrangers. La plupart de ceux qui moururent dans des guerres furent tués dans des escarmouches et par des bandes de brigands, et non pas dans de grandes batailles entre armées. La viande était rare. La plupart des sujets rapportaient avoir mangé des céréales et des fruits étranges. Avant 1500, le mouton était la seule viande mentionnée. Ceux qui rapportaient avoir vécu des vies tribales disaient avoir mangé de petits animaux, pas de gros gibier. Le rapport montrait aussi que 59 % rapportaient être morts de mort naturelle due à la maladie, 21 % ne pouvaient pas être classés ou étaient morts accidentellement, 18 % de mort violente, 2 % par suicide. Les expériences sur la mort avaient tendance à être en corrélation avec de récentes recherches sur des rapports suivant le réveil après la «mort clinique».2

La théorie psychiatrique traditionnelle a supposé que les expériences de réincarnation étaient le produit d'esprits dérangés, mais une étude expérimentale dirigée en Finlande a démontré que ce n'est pas nécessairement le cas. Le psychiatre Reima Kampman a ramené les «personnalités passées» évoquées par la régression hypnotique au déploiement d'une «personnalité multiple». Le Dr. Kampman découvrit que les personnes qui étaient capables d'avoir des expériences de vies passées étaient en réalité en meilleure santé que celles qui ne pouvaient pas en avoir. 3

À partir d'une équipe de 450 adolescents volontaires auxquels furent attribuées des évaluations psychiatriques et des tests de diffusion d'identité, Kampman fut capable d'induire un profond état hypnotique chez 78 de ces adolescents. 32 d'entre eux, ou 7 % des 450 furent capables de répondre à la suggestion  «Vous remontez» une époque précédent votre naissance. Vous êtes quelqu'un d'autre, «quelque part ailleurs», en donnant les noms, les lieux et la description générale des autres personnalités enfermées dans leurs psychés. Un des sujets de Kampman, une femme de 20 ans révéla 8 personnalités différentes dans un ordre chronologique progressif allant d'une jeune femme qui vécut en Russie durant la Révolution Bolchevique (et qui s'excusait craintivement d'employer le nom pré-révolutionnaire de Pétrograd pour Léningrad) jusqu'à une Lady anglaise du XVIIIe siècle qui donnait les distances en miles plutôt qu'en kilomètres, et à une petite fille nommée Bessina qui disait avoir vécu à Babylone juste avant l'ère chrétienne.

Contrairement à ce que la littérature psychiatrique officielle voudrait laisser croire, il ne s'agissait pas d'esprits troublés, au bord de la fragmentation. Comparés à ceux qui n'ont pas eu d'expériences de réincarnation, les individus du groupe de réincarnation, ou à personnalités multiples, ont une plus grande tolérance au stress, une plus grande faculté d'adaptation et un sentiment de culpabilité bien moins grand. La diffusion de l'identité interne (une qualité névrotique définie comme un désaccord entre ce que l'individu sent de lui-même et la matière dont il sent que les autres le perçoivent) fut également plus grande dans le groupe sans réaction. Kampman suggère que dans la situation menaçant l'ego, induite par la requête hypnotique de recherche d'autres personnalités, seul l'individu en bonne santé peut répondre de façon créative et imaginative.

La recherche scientifique sur le phénomène de la réincarnation ne se limite pas seulement aux études sur la régression hypnotique. Des techniques de visualisation et de méditation guidée ont aussi été employées efficacement par des psychiatres et des psychologues.


Conclusion

Le point le plus important à rappeler c'est que, au niveau individuel, la réincarnation n'est plus une question de preuve ou de foi, mais d'expériences personnelles qui donnent un sens et une dimension à notre vie présente. Toutes les fois que nous nous tournons délibérément vers l'intérieur avec confiance, nous sommes récompensés par une expérience initiatique. Pour faire l'expérience des vies passées, il est seulement nécessaire d'avoir le courage et la force de se relaxer et de poser à son moi intérieur des questions significatives, puis de permettre à l'imagination (avec son double aspect de mémoire complète et d'intuition) de nous montrer ce que nous sommes réellement.

«Les partisans de la réincarnation ne disent pas que c’est parce qu’elles se sont lassées de la contemplation divine, ou parce qu’elles se sont détachées de Dieu, que les âmes retournent sur la terre. Bien au contraire. Ils ne disent pas non plus que ce retour est un châtiment. Ils pensent que la vie sur terre nous est imposée pour que nous puissions progresser et devenir les maîtres de la matière, de laquelle, par sa chute, Adam nous a rendu esclaves. La vie sur terre ne pourrait être prolongée sans inconvénients pendant plus d’une centaines d’années, pour des raisons qu’il n’est pas nécessaire de mentionner ici. Cent années, cependant ne sont pas suffisantes pour gagner la victoire finale, et il était donc nécessaire qu’une plus longue période de temps nous soit accordée, coupée, cependant par des intervalles d’un plus profond sommeil que notre sommeil quotidien. Chacun de ces sommeils est appelé mort. Il est vrai que chaque existence est accompagnée de l’oubli de celles qui l’ont précédée, mais cette perte de mémoire est providentielle et facilite l’évolution. Si nous devions nous souvenir de nos vies précédentes, il nous serait difficile de changer nos plans de vie. Quand finalement, nous nous sommes éveillés un nombre suffisant de fois pour atteindre le but de nos efforts, qui est la spiritualité, nous mourrons pour la dernière fois et ne revenons plus sur terre». PAPUS (Dr. GÉRARD D’ENCAUSSE) 1865-1916


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Philippe LASSIRE
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Re: La réincarnation et le progrès

Message  Arlitto le Mer 17 Aoû - 16:35

La mode de la réincarnation 

Un quart des Français croient à la transmigration des âmes. On s'arrache les ouvrages sur le sujet. Un besoin impérieux de croire auquel les Eglises ne répondent plus
La réincarnation en Occident. Elle est à la mode, intrigue, amuse, fait vendre. Mais y croit-on vraiment? Eh bien, oui! Une enquête récente, menée par des sociologues en Europe et aux Etats-Unis, révèle que cette nouvelle épidémie religieuse venue d'Orient se répand dans nos pays déchristianisés. Selon cette étude, les Français seraient parmi les plus contaminés: 24%. Un Français sur quatre! (Les Valeurs des Français, PUF, 1994.) D'autres sondages donnent des chiffres moins considérables, mais qui n'en demeurent pas moins élevés (11% pour CSA/Le Monde, 1994). Toutes les couches sociales de la population sont concernées. Les femmes et les moins de 35 ans sont les plus touchés (30% des 18-24 ans, pour 22% il y a dix ans). Un sondage Ifop/L'Express sur les croyances des enfants, publié dans notre numéro du 26 décembre 1996, apprend également qu'un quart des enfants de 8 à 11 ans ont déjà attrapé le virus! 
Il y a dix ans, pour être branché, mieux valait connaître son signe astrologique et son ascendant. Aujourd'hui, le must c'est d'être réincarné. Mais, attention, pas de n'importe qui! Si votre voisine de table vous dit qu'elle a été la reine de Saba dans une autre vie et votre vis-à-vis, Toutankhamon, n'ayez pas l'air surpris. Vous n'avez sans doute pas encore eu le temps d'aller consulter un hypnotiseur pour retrouver vos vies antérieures. Alors, inventez-vous rapidement un illustre prédécesseur. Le Christ? 


Vous serez remarqué, mais ça fait prétentieux. Napoléon? C'est trop commun (vous êtes sûr d'en rencontrer deux ou trois par soirée). Visez plutôt un grand personnage de l'Egypte ancienne ou un penseur de l'Antiquité (pas trop austère, pour ne pas effaroucher votre voisine). Parmi les anonymes, le moine tibétain intrigue toujours et la sorcière du Moyen Age qui a fini sur un bûcher vous attirera une sympathie unanime.
Les best-sellers de Paco Rabanne (plus de 1 million d'exemplaires), de Sheila ou de Shirley MacLaine racontant par le menu leurs prestigieuses incarnations passées ont fait bien des émules, et pas seulement dans des cercles cosmopolites un peu disjonctés. Les romans populaires et les téléfilms jouent de plus en plus sur les thèmes réincarnationnistes. Les grosses productions cinématographiques ne sont pas en reste, même si elles préfèrent aborder ce sujet porteur sous l'angle plus sérieux du bouddhisme tibétain: après Little Buddha, de Bertolucci (1993), Scorsese achève le tournage de la vie singulière du dalaï-lama, reconnu à l'âge de 3 ans comme le chef spirituel et temporel du Tibet. 
La modernité - à travers les fantastiques avancées de la connaissance scientifique, l'essor technologique, le processus de rationalisation, l'individualisme et le pragmatisme - a certes sérieusement ébranlé les dogmes religieux. Mais elle a finalement bien peu entamé le besoin humain fondamental de croire. En cette fin du xxe siècle les Eglises implosent, mais les croyances religieuses prolifèrent. C'est pourquoi on assiste au développement d'une nouvelle religiosité à la carte: chacun prend un chariot et fait librement son choix dans un supermarché du religieux devenu planétaire. La croyance en la réincarnation dépasse donc largement le noyau dur des adeptes français du bouddhisme, qui l'intègrent dans une perspective orientale traditionnelle et ne sont pas directement concernés par cette enquête. Celle-ci touche essentiellement ces millions de Français éloignés depuis une, voire deux générations, des Eglises et qui n'ont pas renoncé à chercher des solutions de remplacement aux croyances au paradis et à l'enfer, que la culture scientifique moderne a ringardisées.
Mais pour quelles raisons plus précisément la vieille idée de transmigration des âmes exerce-t-elle une si forte attraction sur nos concitoyens? «Croire en la réincarnation, explique Sorya Ung, 20 ans, assistante de direction, athée, c'est laisser l'âme libre pour qu'après la mort elle puisse choisir d'aller où elle veut. On peut aussi se réincarner en animal. Comme je suis amoureuse des koalas, j'aimerais bien en devenir un dans ma prochaine vie. Mes vies futures varient selon mes envies.» Même son de cloche chez Monique, iconographe de 52 ans. Pour cette ancienne catholique, engagée dans de nouvelles quêtes spirituelles après une période de doute, «la réincarnation m'a enfin fourni une logique à la vie. Quand on meurt, l'âme quitte le corps physique et part pour de grandes vacances. Là, des ?êtres guides? désincarnés nous montrent les possibilités de vie. Puis on dresse le bilan de sa vie écoulée et on décide où l'on va se réincarner: par exemple, dans une famille pauvre pour apprendre l'humilité si j'ai péché par orgueil dans ma vie antérieure». Cette conviction que l'âme choisit sa future incarnation - qui n'est pas traditionnelle en Inde - est partagée par beaucoup. Elle illustre combien la réincarnation est une croyance adaptée à la culture moderne d'individus soucieux de préserver leur liberté de choix. L'homme du Moyen Age se voyait comparaître devant le tribunal divin, qui décidait de l'envoyer au paradis, en enfer ou au purgatoire. L'homme moderne est son propre juge et fait librement le choix de son existence future. 

Pour d'autres, sans doute davantage influencés par l'Orient, la réincarnation enlève le tragique de l'existence. Elle donne sens aux épreuves et aux injustices de la vie. «Ce qui me fait adhérer à l'idée de réincarnation, explique Laurent, 31 ans, responsable du marketing dans une société agroalimentaire de l'Isère, c'est la notion de justice qui y est attachée. Nous nous réincarnons en fonction de nos existences antérieures. Si nous avons commis beaucoup d'actes négatifs, nous nous réincarnerons nécessairement dans une condition difficile. A l'inverse, si nous faisons le bien, nous aurons une existence future prospère et heureuse. Sans adhérer à aucune religion, je suis croyant, et c'est la seule explication rationnelle que je vois pour expliquer les inégalités fondamentales qui existent dès la naissance entre les hommes.» 
Sophie, mère de famille de 39 ans, exprime une idée similaire en insistant sur la notion de responsabilité. «J'en ai longtemps beaucoup voulu à mes parents», explique cette Toulousaine très new age, adepte du développement personnel, des médecines douces (comme la plupart des personnes rencontrées au cours de cette enquête) et de l'astrologie. «J'ai suivi une psychothérapie qui n'a fait qu'accentuer cette rancune. C'est seulement quand j'ai commencé à croire vraiment en la réincarnation que j'ai pu pardonner à mes parents. J'avais compris que j'étais responsable de mes propres souffrances et que j'avais volontairement choisi de renaître dans cette famille en fonction de mes actions passées.» 
Autre thème récurrent, surtout chez les croyants encore rattachés aux Eglises, la vie est une école où l'âme progresse pas à pas. Une seule existence ne saurait suffire pour parvenir à la réalisation spirituelle plénière. Nadia, 25 ans, étudiante en droit, raconte: «Je suis revenue à l'islam par la réincarnation, car je n'admettais pas que l'on puisse être jugé sur une vie, sans avoir le temps de s'améliorer, de progresser. Si Dieu est clément, il ne peut juger quelqu'un sur une seule vie. On est là pour atteindre un degré de pureté de l'âme, et c'est ce qui m'a fait croire en un Dieu miséricordieux.» Les sondages révèlent en effet que les croyants engagés sont de plus en plus nombreux à être attirés. Les catholiques pratiquants seraient même 34% à succomber à cette nouvelle tentation, selon l'étude sur les valeurs des Français. Ce qui à première vue peut surprendre paraît somme toute assez compréhensible à la sociologue des religions Danièle Hervieux-Léger: «Ceux-là sont plus portés à croire que le reste de la population. Ils ont reçu une éducation religieuse qui les a plus sensibilisés que d'autres à la question de la vie après la mort. Enfin, les représentations d'un autre monde (jardin d'Eden) ne sont plus plausibles, et les gens se représentent aujourd'hui les attentes chrétiennes à l'intérieur de ce monde. Ce sont des hypothèses que j'avance avec beaucoup de prudence. Mais il me semble que la réincarnation est plus, en Occident, un indicateur de la dérégulation des croyances chrétiennes qu'une véritable croyance constituée.» 
Pour les moins jeunes, cependant, la réincarnation est souvent une «évidence», une «certitude inébranlable». Alain Bocher, artiste peintre breton de 62 ans, lui, y croit dur comme fer... depuis l'âge de 11 ans. Des réminiscences spontanées et étranges, des «reconnaissances» de lieux inexplicables, sa fille qui fait la danse du ventre avant de marcher et dessine des arabesques avant de savoir écrire: tout lui prouve la réalité de la réincarnation. «J'ai reçu une éducation catholique jusqu'à 20 ans, puis je m'en suis éloigné et j'ai étudié le Coran, la Torah, le zen et le druidisme. Je suis persuadé que l'on renaît chaque fois pour accomplir une mission que l'on s'est fixée soi-même. Le jour où l'on comprend qu'on est là parce qu'on l'a voulu, ça change toute les données de la vie.» 
Mais, pour une majorité, et notamment pour les plus jeunes, la réincarnation est une croyance plus molle et fluctuante. On peut y croire un soir et se montrer sceptique le lendemain. On est parfois intrigué par une impression de déjà-vu; on peut être troublé par certains témoignages de «vies antérieures», sans nécessairement connaître la doctrine à laquelle ces faits renvoient ni y adhérer avec détermination. «C'est une théorie très séduisante», affirme par exemple Julie, étudiante niçoise de 19 ans, élevée dans l'athéisme. Pour cette amoureuse des animaux, la réincarnation «relativise les événements pénibles de notre vie et dédramatise la mort». En fait, «j'y crois au moment de regarder un épisode de X Files à la télé; après, je me remets à douter». 
Il s'agirait donc de ce qu'Edgar Morin appelle, à propos de l'astrologie, une «croyance clignotante». Un jour j'y crois, un jour j'y crois pas! (Ce qui expliquerait la disparité des sondages.) Les analyses de Morin sur la culture de masse s'appliquent bien aussi à la croyance occidentale contemporaine en la réincarnation. Fort éloignée des conceptions philosophiques et religieuses complexes d'où elle est issue, n'est-elle pas devenue une croyance «homogénéisée», modelée sur la culture de masse environnante et servie selon les goûts éclectiques du consommateur moderne? (1) 
(1) Sur la culture de masse: Edgar Morin, L'Esprit du temps I. Névrose, Grasset, 1975. 
>L'Europe et la réincarnation
Selon l'enquête sociologique sur les valeurs des Européens, 21% des habitants du Vieux Continent croient en la réincarnation. Les Polonais sont en tête, avec 32%, et les Tchèques bons derniers, avec 9%. 24% des Britanniques et des Français, 20% des Italiens, 19% des Allemands, 17% des Suédois et 13% des Belges pensent se réincarner. 
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Re: La réincarnation et le progrès

Message  Arlitto le Mer 17 Aoû - 16:37

[size=32] LE CHRIST ENSEIGNERA LA LOI DE LA RÉINCARNATION[/size]
 

Cette Loi est le corollaire majeur de la Loi d'évolution. En Occident, elle n'a jamais été bien comprise et, en Orient, où elle est admise comme une loi de la vie, elle n'a été d'aucune utilité, parce qu'elle y a produit un effet léthargique et qu'elle a retardé le progrès. L'Oriental considère qu'elle lui donne tout le temps voulu et renonce à tout effort pour atteindre au but. Le chrétien confond la Loi de la Réincarnation avec la "métempsycose", et il croit fréquemment qu'elle signifie le passage d'êtres humains dans des corps d'animaux ou dans des formes de la vie inférieure. Il n'en est pas du tout ainsi. La Vie divine progresse de forme en forme, et évolue graduellement des formes minérales aux formes végétales, et des formes végétales aux formes animales.
Du stade animal, la Vie divine passe dans le règne humain et devient sujette à la Loi de la Réincarnation et non à la Loi de la Métempsycose. A ceux qui savent quelque chose de la Loi des Renaissances ou de la Réincarnation, l'erreur paraît ridicule.
La doctrine ou théorie de la Réincarnation scandalise le chrétien orthodoxe ; pourtant, si on lui pose la question que les disciples posèrent au Christ, à propos de l'aveugle-né : "Rabbi, qui a péché, cet homme ou ses parents, pour qu'il soit né aveugle ?" (Jean, IX, 2), il refuse d'admettre ce que la phrase implique, ou bien il s'amuse ou s'effraye suivant les cas. La façon dont l'occultiste ou le théosophe moyens présentèrent la doctrine de la Réincarnation fut, dans son ensemble, déplorable, parce que maladroite. Le mieux qu'on en puisse dire est qu'elle familiarisa le grand public avec l'idée ; néanmoins, présentée de façon plus intelligente, elle aurait pu être généralement acceptée en Occident.
S'il est vrai que l'établissement de justes relations humaines sera le but principal de l'enseignement universel du Christ, l'élément primordial de cet enseignement devra être la Loi de la Réincarnation. Ceci est inévitable, parce que cette Loi apporte la solution de tous les problèmes humains et la réponse à bien des questions.
Cette doctrine sera l'une des notes fondamentales de la nouvelle religion universelle ; elle éclairera les problèmes de ce monde et permettra de mieux les comprendre. Lorsque le Christ vint en Palestine, Il insista sur l'existence de l'âme et sur la valeur de l'individu. Il apprit aux hommes qu'ils pouvaient être sauvés par la vie de l'âme et par le Christ intérieur présent dans chaque coeur humain. Il déclara aussi que : "si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le Royaume de Dieu." (Jean, III, 3.) Seules, les âmes peuvent appartenir à ce Royaume de Dieu et c'est cette fonction privilégiée qu'Il présenta pour la première fois devant l'humanité, offrant aux hommes la vision d'une divine possibilité. Il leur dit : "Soyez donc parfaits, comme votre Père céleste est parfait." (Matt., V, 48.)
Cette fois, Il apprendra aux hommes la méthode par laquelle cette possibilité peut devenir un fait accompli, par le constant retour de l'âme qui s'incarne à l'école de la vie sur terre, pour y subir le processus de perfectionnement dont Il fut l'exemple suprême. Telle est la signification et l'enseignement de la Réincarnation. Dane Rudhyar, dans son livre New Mansions for New Men 4, page 123, donne une définition satisfaisante de ce mystérieux processus cosmique et humain. Il dit que "la structure individuelle de la nouvelle manifestation est nécessairement conditionnée par l'inachèvement du passé, par les restes et les échecs de ce passé, tels qu'ils sont conservés dans les annales de la nature, dans la mémoire de la substance universelle". L'histoire de toute vie – la vôtre, la mienne et celle de toute créature – est contenue dans ces quelques paroles.
Il est nécessaire de rappeler que presque tous les groupes et textes occultes ont ridiculement mis l'accent sur les incarnations passées et sur la possibilité d'en retrouver le souvenir. Ces prétentions ne reposent sur aucune preuve raisonnable ; chacun peut dire ou prétendre ce qu'il veut. Cet enseignement a été basé sur des règles imaginaires, qui sont supposées gouverner l'équation temps et l'intervalle entre deux vies en oubliant toutefois que le temps est une Nouvelles demeures pour des Hommes nouveaux.
faculté de la conscience cérébrale et que, en dehors du cerveau, il n'existe pas.
L'accent a toujours été mis sur une présentation imaginaire des rapports réciproques. L'enseignement qui a été donné jusqu'ici quant à la Réincarnation a fait plus de mal que de bien. Un seul facteur demeure valable :
le principe de la Réincarnation est, en ce moment, discuté par beaucoup et accepté par des milliers d'individus.
Au-delà du fait qu'une telle Loi existe, nous ne savons que fort peu de chose, et ceux qui connaissent, par expérience, l'exacte nature de ce retour, se refusent catégoriquement à accepter les détails fantaisistes et improbables fournis par certains groupes théosophiques et occultes.
La Loi existe ; des détails de son fonctionnement, nous ignorons tout, jusqu'à présent. Seules quelques affirmations peuvent être faites avec certitude, et celles-ci excluent toute contradiction :
1. La Loi de la Réincarnation est une grande Loi naturelle sur notre planète.
2. C'est un processus, institué et poursuivi selon la Loi d'Evolution.
3. Elle est intimement reliée a la Loi de Cause et Effet et conditionnée par elle.
4. C'est un processus de développement progressif, permettant à l'homme de passer de la forme la plus grossière du matérialisme irréfléchi à une perfection spirituelle et à une perception intelligente qui le rendront apte à devenir membre du Royaume de Dieu.
5. Elle explique les différences qui existent entre les hommes et – en relation avec la Loi de Cause et Effet (appelée en Orient la Loi du Karma) – elle fait comprendre les différences de circonstances et d'attitudes devant la vie.
6. Elle est l'expression de l'aspect volonté de l'âme, et non le résultat d'une décision de la forme. C'est l'âme, en toutes les formes, qui se réincarne, qui choisit et construit les véhicules physiques, affectifs (ou des émotions) et mentaux, grâce auxquels elle pourra apprendre les prochaines leçons nécessaires à son évolution.
7. La Loi de la Réincarnation – en ce qui concerne l'humanité – entre en activité sur le plan de l'âme. L'incarnation est motivée et dirigée du niveau de l'âme, sur le plan mental.
8. Les âmes s'incarnent en groupe, cycliquement, selon la Loi, dans le but de parvenir à de justes relations avec Dieu et avec les hommes.
9. Le développement progressif, suivant la Loi de la Réincarnation, est largement conditionné par le principe mental, car "selon ce qu'un homme pense dans son coeur, c'est là ce qu'il est". Ces quelques paroles méritent d'être considérées avec la plus grande attention.
10. Sous l'effet de la Loi de la Réincarnation, l'homme développe lentement son intelligence, ensuite, l'esprit commence à dominer la nature affective et, finalement, révèle à l'homme l'âme, sa nature et sa sphère d'existence.
11. A ce point de son développement, l'homme commence à parcourir le "Chemin du Retour" et s'oriente graduellement (après de nombreuses vies) vers le Royaume de Dieu.
12. Lorsque – grâce au développement de l'intelligence, grâce à la sagesse, au service pratique et à la compréhension – l'homme a appris à ne rien demander pour le moi individuel, il renonce alors au désir de vivre dans les trois mondes, et il n'est plus soumis à la Loi de la Réincarnation.
13. Il est maintenant conscient du groupe ; il connaît le groupe auquel appartient son âme et il perçoit l'âme dans toutes les formes. Il a atteint – conformément aux paroles du Christ – un degré de perfection semblable à la Sienne, et est parvenu "à la mesure de la stature parfaite du Christ". (Eph., IV, 13.)
Au-delà de ces quelques généralités, nulle personne intelligente ne se hasardera. Lorsque le Christ réapparaîtra, notre connaissance deviendra plus exacte, plus réaliste ; nous saurons que nous sommes éternellement reliés aux âmes de tous les hommes et que nous avons un rapport déterminé avec ceux qui se réincarnent en même temps que nous, qui apprennent les mêmes leçons et font les mêmes expériences avec nous. Cette connaissance, une fois prouvée et acceptée, régénérera les sources mêmes de l'existence humaine. Nous saurons que toutes nos difficultés, tous nos problèmes proviennent de notre ignorance ou de notre refus de cette Loi fondamentale, et de ses responsabilités et obligations ; nous apprendrons alors peu à peu à régler nos activités, en tenant compte de son caractère restrictif et juste. La Loi de la Réincarnation contient la connaissance pratique dont l'homme a besoin aujourd'hui pour mener avec sagesse et dans un réel esprit de justice, sa vie religieuse, politique, publique et privée, établissant ainsi de justes rapports avec la Vie divine dans toutes les formes.
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Re: La réincarnation et le progrès

Message  Arlitto le Mer 17 Aoû - 16:47

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par Paul Ladouceur
 
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Icône de la Résurrection : 
La Descente du Christ aux enfers


Essai paru dans Contacts, Revue française de l'Orthodoxie, Vol. 58, No 214, 2006.



I. Réincarnation et karma en Orient et en Occident
Selon un sondage en France en avril 2004 sur les croyances des Français, vingt-deux pour cent de la population croient en la réincarnation, ce chiffre s’élevant à 26% de ceux qui se déclarent catholiques. Un sondage au Québec indique que 33% des québécois croient en la réincarnation. Ces chiffres reflètent à la fois le désenchantement du monde contemporain envers le christianisme, mais aussi, une méconnaissance de la part des baptisés d’éléments essentiels de la foi chrétienne.

L’idée de la réincarnation est à la fois ancienne et nouvelle en Occident. Ancienne, car la croyance en la réincarnation, sous sa forme de « métempsychose » (du grec « migration des âmes »), était très répandue dans le monde antique grec et romain ; nouvelle, car de nos jours ce n’est pas l’idée ancienne de la métempsychose qui est revenue, mais plutôt une transposition de la doctrine de la réincarnation venue des traditions spirituelles de l’Orient, de l’hindouisme et du bouddhisme. La doctrine de la réincarnation, samsara en sanscrit, n’est pas universelle dans les religions orientales ; la réincarnation ne figure pas dans les traditions spirituelles d’origine chinoise, le taoïsme et le confucianisme. Et semble-t-il que la réincarnation ne faisait pas partie dès le début de l’hindouisme : cette doctrine n’est pas mentionnée dans les Védas, les écrits hindous les plus anciens, alors qu’elle figure dans les Upanishads, postérieurs aux Védas . La « forme occidentale » contemporaine de la réincarnation représente une « variété » de l’idée antique et orientale, car on limite généralement la possibilité de réincarnation aux seuls corps humains et non pas aux autres formes de vie, les animaux, les insectes, voire même les plantes. Aussi, alors que l’hindouisme et le bouddhisme considèrent la réincarnation comme une catastrophe, beaucoup d’Occidentaux croient que la réincarnation est désirable en soi.

La croyance en la réincarnation est venue en Occident essentiellement par deux voies : premièrement, l’intérêt et la découverte des anciennes religions orientales par en Occident à la fin du XIXe siècle, par des groupes essen­tiellement ésotériques et en marge du christianisme, par exemple les Théosophes, ou en dehors de toute identification avec le christianisme ; deuxièmement, la présence active des religions orientales en Occident, phénomène de plus en plus marqué depuis la Deuxième Guerre mondiale, et l’attrait de celles-ci pour un nombre croissant d’Occidentaux en quête d’une spiritualité satisfaisante qu’ils ne trouvent pas dans le christianisme contemporain. De ces deux sources, l’idée de la réincarnation est passée dans nombre de groupes et tendances « nouvel âge – New Age », souvent hostiles au christianisme ou prônant le relativisme spirituel – « toutes les religions sont identiques et bonnes ».

Dans les religions orientales, la réincarnation est avant tout une tentative pour expliquer les problèmes du mal et de l’injustice dans le monde : Pourquoi les justes et les innocents subissent-ils des souffrances non méritées alors que les méchants restent-ils souvent impunis jusqu’à la fin de leurs jours ? La réincarnation dans les religions orientales est toujours accompagnée de la doctrine du karma, dont elle est la conséquence essentielle. Bien qu’il ait des différences entre l’hindouisme et le bouddhisme en ce qui concerne le karma, de façon générale le karma est considéré comme une loi de causalité universelle, selon laquelle les conséquences d’une action physique ou psychique de l’homme « mûrissent » dans le temps et atteignent inévitablement l’auteur de l’acte : « Cette “maturation” de l’acte est une conséquence nécessaire de celui-ci et, comme la durée de ce phénomène dépasse souvent celle d’une vie et même de plusieurs, elle oblige donc l’être à renaître pour en recueillir le fruit » Dans l’hindouisme et le bouddhisme, le but de la vie est de se libérer du cycle des existences, d’atteindre le nirvâna (litt. « extinction ») – dans l’hindouisme, un état de délivrance ou d’illumination, caractérisé par la dissolution du Moi individuel et éphémère dans le Brahman, l’Absolu immuable et éternel, la Réalité suprême ; dans le bouddhisme, le passage à une condition d’existence complètement différente, difficilement descriptible, mais caractérisé essentiellement par l’absence de la souffrance, de naissance, de devenir, de changement et de disparition. Il est à souligner que dans les religions orientales, les doctrines du karma et de la réincarnation sont inextricablement liées ensemble et que le but de l’homme est de se soustraire de la loi du karma et ainsi du cycle des existences.

Pour certains occidentaux, la croyance en la réincarnation fait partie d’un engagement dans une religion orientale, alors que d’autres tentent de réconcilier l’idée de la réincarnation avec le christianisme. Pour la plupart des gens, orientaux et occidentaux, la réincarnation est une question de foi et non de raison – même si les religions orientales, le bouddhisme en particulier, avancent un raisonnement philosophique complexe pour tenter de prouver la réincarnation. En Occident, on privilège plutôt la « preuve » de la réincarnation établie de façon empirique, par les « souvenirs » de vies antérieures, des « régressions » etc. Mais les chercheurs sérieux qui ont étudié ces phénomènes et récits reconnaissent qu’il ne s’agit pas de « preuves » scientifiques de la réalité de la réincarnation. Ainsi, des tentatives de réfutation de la réincarnation par des arguments essentiellement philosophiques et rationnels sont donc souvent vouées à l’échec. Autant les hindous et les bouddhistes acceptent la réincarnation comme une donnée de leur religion, autant la tradition chrétienne (catholiques, orthodoxes et protestants) et les traditions juive et musulmane acceptent l’idée de la vie unique. Inutile d’essayer de convaincre les uns ou les autres par des arguments rationnels : la réincarnation s’insère essentiellement dans un contexte de foi et de vie spirituelle.
La question essentielle est alors : La réincarnation est-elle compatible avec la foi et la spiritualité chrétiennes ?

II. La réincarnation et le Nouveau Testament
On tente d’avancer des arguments en faveur de la réincarnation à partir de certains textes de la Bible et d’écrits de certains Pères de l’Église, disant que cette croyance était répandue chez les apôtres et dans les premières communautés chrétiennes, et que ce n’est que par la suite que l’Église l’a supprimée. Les textes du Nouveau Testament que l’on cite supposément à l’appui de la réincarnation sont en particulier :
·         Le rapport entre Jean-Baptiste et le prophète Élie (cf. Matthieu 11, 2-15 et 17, 10-13). Ce sont sans doute les références les plus importantes en ce qui concerne la réincarnation ; par exemple, Jésus dit à propos de Jean-Baptiste : Et lui, si vous voulez m’en croire, il est cet Élie qui doit revenir (Mt 11,14) ; et encore : Élie est déjà venu, et ils ne l’ont pas reconnu (Mt 17,12).
La clé de la compréhension des remarques de Jésus à propos de Jean-Baptiste qui pourraient être interprétées comme indiquant que Jean-Baptiste est la réincarnation du prophète Élie (qui, souvenons-nous, n’est pas mort, mais a été enlevé au ciel par un chariot de feu – cf. 2 R 2,1-12) se trouve dans les paroles de l’ange à Zacharie, père de Jean-Baptiste, lui annonçant que sa femme Élisabeth allait enfanter un fils, qui doit être nommé Jean. L’ange dit à propos de Jean : Il sera rempli du Saint-Esprit dès le sein de sa mère et il ramènera de nombreux fils d’Israël au Seigneur, leur Dieu. Lui-même le précédera avec l’esprit et la puissance d’Élie (Lc 1,15-17). Jean est donc investi de l’esprit et la puissance d’Élie, c’est-à-dire en tant que prophète qui annonce et prépare la venue du Seigneur ; il n’est pas une « réincarnation » d’Élie.

Au début du ministère public de Jean-Baptiste, des prêtres et des lévites de Jérusalem lui demandent qui il est. Jean-Baptiste nie successivement qu’il est le Christ, Élie ou le prophète (cf. Jn 1,19-21). Puis il dit qu’il est : Une voix qui crie dans le désert : Aplanissez le chemin du Seigneur (Jn 1,23 ; citation d’Is 40,3) ; en encore : Au milieu de vous il est quelqu’un que vous ne connaissez pas, celui qui vient après moi, dont moi je ne suis pas digne de dénouer la courroie de sandale (Jn 1,26-27). Jean s’identifie donc comme celui qui doit accomplir la prophétie d’Isaïe en tant que précurseur du Christ.
Les Pères de l’Église ont unanimement interprété les références à Jean-Baptiste et Élie dans le sens que Jean-Baptiste manifestait l’« esprit d’Élie », de même qu’on disait d’Élisée : L’esprit d’Élie s’est reposé sur Élisée (2 R 1,15). Parmi les Pères, Origène a longuement commenté cette question ; ses commentaires sont sans ambiguïté. Il écrit, par exemple, dans son commentaire sur Matthieu, 17, 12-13 : « Il ne me paraît pas qu’il s’agit de l’âme d’Élie, puisque je tomberai ainsi dans la doctrine de la transmigration (« métempsycose »), doctrine étrangère à l’Église de Dieu et qui ne fut pas transmise les apôtres, et qui ne se trouve nul part dans l’Écriture ». Origène écrit encore concernant la parole de l’ange à Zacharie à propos de Jean : « Notez qu’il n’a pas dit “l’âme” d’Élie, dans ce cas la doctrine de la réincarnation aurait peut-être une justification, mais avec l’esprit et la puissance d’Élie. Car l’Écriture connaît bien la distinction entre l’esprit et l’âme, par exemple : Que le Dieu de la paix lui-même vous sanctifie totalement, et que votre être entier, l’esprit, l’âme et le corps, soit gardé sans reproche à l’Avènement de notre Seigneur Jésus Christ (1 Th 5,23). Et aussi le verset : Ô vous, esprits et âmes des justes, bénissez le Seigneur, dans le livre de Daniel selon la Septante, reconnaît la différence entre l’esprit et l’âme. Ainsi Jean ne fut pas appelé “Élie” à cause de l’âme mais à cause de l’esprit et la puissance, ce qui ne contredît nullement l’enseignement de l’Église ».

·         L’entretien de Jésus avec Nicodème (Jean 3, 1-21), en particulier la remarque de Jésus : À moins de naître d’en-haut nul ne peut voir le Royaume de Dieu (Jn 3,3).
Tiré de son contexte, ce verset semble suggérer que c’est par une « re-naissance/ réincarnation » que l’homme parvient au Royaume de Dieu. Mais les réponses de Jésus dans la suite de cette entretien montrent très clairement que Jésus parle d’une « re-naissance » spirituelle, une naissance dans l’Esprit : À moins de naître d’eau et d’Esprit, nul ne peut entrer au Royaume de Dieu. Ce qui est né de la chair est chair ; ce qui est né de l’Esprit est esprit. Ne t’étonne pas, si j’ai dit : Il vous faut naître d’en-haut (Jn 5-7). Dans le reste de l’entretien, Jésus lie cette naissance dans l’Esprit à sa mission de salut dans le monde. Il y avait ici une occasion pour Jésus d’enseigner la réincarnation si celle-ci était sa doctrine, mais il n’en est pas question ; Jésus enseigne plutôt la nécessité de la conversion personnelle et de la foi et de l’acceptation du Fils de Dieu, lui-même, comme envoyé de Dieu pour le salut du monde, pour la vie éternelle.

·         L’échange entre Jésus et les disciples concernant l’aveugle-né (Jean 9, 1-5), en particulier la question des disciples à propos de l’aveugle-né : Rabbi, qui a péché, lui ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle ? (Jn 9,2).

Cette question, tirée de son contexte, peut suggérer à certains que les apôtres croyaient en la réincarnation, car comment un nouveau-né aurait-il pu avoir péché à sa naissance, si ce n’était dans une vie antérieure ? Il est certain que la croyance en la réincarnation était très répandue dans le monde helléniste du premier siècle et il est possible les apôtres étaient conscients de cette doctrine, même si la réincarnation ne faisait pas partie du judaïsme. Quoi qu’il en soit, la question ne confirme pas que les apôtres souscrivaient à cette croyance et, ce qui est plus important, la réponse de Jésus rejette les deux options suggérées par les apôtres : Ni lui ni ses parents n’ont péché, mais c’est pour qu’en lui se manifestent les œuvres de Dieu (Jn 9,3). Les œuvres de Dieu dont il s’agit sont principalement les miracles de Jésus, – Jésus donne la vue à l’aveugle-né – autant de manifestations de son pouvoir divin sur le monde et symboles de sa puissance spirituelle sur le mal et sur les « œuvres des ténèbres ».

En conclusion, il n’est pas possible de trouver dans le Nouveau Testament des textes à l’appui de la réincarnation. Par contre, maints passages du Nouveau Testament offrent une vision de l’homme et de son salut qui exclue toute possibilité de réincarnation. Il s’agit notamment des enseignements de Jésus concernant la résurrection et la vie éternelle, enseignements qui trouvent leur amplification dans les épîtres. Nous mentionnons quelques-unes des références les plus importantes.

À plusieurs reprises dans l’Évangile de Jean, Jésus enseigne qu’il communique la vie éternelle, dont il est la source, aux fidèles : dans l’entretien avec Nicodème, cité plus haut, Jésus dit : Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, pour que tout homme qui croit en lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle (Jn 3, 16) ; à la femme Samaritaine il dit : Qui boira de l’eau que je lui donnerai n’aura plus soif : l’eau que je lui donnerai deviendra en lui source d’eau jaillissant en vie éternelle (Jn 4,14) ; et à Jérusalem : Celui qui écoute ma parole et croit à celui qui m’a envoyé a la vie éternelle et n’est pas soumis au jugement (Jn 5,24) ; et encore : C’est la volonté de mon Père, que quiconque voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle et que je le ressuscite au dernier jour… Je suis le pain vivant, descendu du ciel. Qui mangera ce pain vivra à jamais (Jn 6,40 ; 51).

La résurrection est, en fait, un des grands thèmes du Nouveau Testament et les plus grands miracles de Jésus sont les résurrections des morts qu’il effectue, comme signes de sa propre Résurrection. Le Nouveau Testament conserve les récits de cinq résurrections des morts, trois opérées par Jésus et deux par les apôtres : la résurrection de la fille de Jaïre (Mc 5,35-43) ; la résurrection du fils de la veuve de Naïn (Lc 7,11-17) ; la résurrection de Lazare, ami de Jésus et frère de Marthe et de Marie (Jn 11,1-43) ; la résurrection de la femme Tabitha (Dorcas) par l’apôtre Pierre (Ac 9,36-43) ; et la résurrection de l’adolescent Eutyque de Troas par l’apôtre Paul (Ac 20,7-12). Dans chaque cas il s’agit bel et bien de la résurrection de la même personne qui était décédée ; l’âme de la personne n’est pas passée dans un autre corps, mais est revenue à son propre corps.

Le schéma enseigné par Jésus et qui fait partie intégrante et essentielle du christianisme est donc mort-résurrection et non mort-réincarnation. Le point culminant de l’enseignement de Jésus sur la résurrection est sans doute l’échange avec Marthe, sœur de Lazare, l’ami de Jésus qui venait de mourir et qui était déjà au tombeau. Jésus dit à Marthe : Ton frère ressuscitera, et Marthe affirme sa foi en la résurrection générale : Je sais qu’il ressuscitera à la résurrection au dernier jour, ne saisissant pas que Jésus parle que Lazare ressuscitera  au moment même. Jésus continue : Je suis la résurrection et la vie. Qui croit en moi, fût-il mort, vivra ; et quiconque vit et croit en moi ne mourra pas (Jn 11,23-26). L’expression de Jésus, Je suis la résurrection et la vie, est d’une puissance étonnante : non seulement que Jésus a le pouvoir de ressusciter, mais la résurrection a lieu en lui ; Jésus est la source et la fin de toute résurrection ; et il est lui-même prémices de la résurrection, le premier-né d’entre les morts, selon saint Paul (Col 1,18). Où donc est la réincarnation ? Il n’y a pas de place pour la réincarnation dans l’enseignement de Jésus.
La Résurrection du Christ est le plus grand miracle de tous les temps : le Christ ressuscite dans son corps humain, il est reconnu par les apôtres et il démontre la réalité de son corps, par exemple en mangeant avec les apôtres (Jn 21,1-15). Mais le corps du Christ est un corps transfiguré par les énergies divines, un corps qui n’est plus sujet à la mort, un corps glorifié qui « monte au ciel » et « siège à la droite de Dieu » (Mc 16,19 ; Lc 24,51 ; Ac 1,9-11). La Résurrection du Christ est le fondement même du christianisme, les prémices de la résurrection générale. Saint Paul exprime clairement le rapport entre la Résurrection et la foi chrétienne : Si Christ n'est pas ressuscité, alors notre prédication est vide, vide aussi votre foi… Si le Christ n’est pas ressuscité, votre foi est vaine ; vous êtes encore dans vos péchés… le Christ est ressuscité des morts, prémices de ceux qui se sont endormis (1 Co 15,14 ; 17 ; 20). Saint Paul explique aussi la mode de la résurrection : le corps ressuscité est un corps spirituel, comme celui du Christ à sa transfiguration sur le mont Thabor et après sa Résurrection : On sème dans la corruption, il ressuscite de l’incorruption ; on sème de l’ignominie, il ressuscite de la gloire ; on sème de la faiblesse, il ressuscite de la force ; on sème un corps psychique, il ressuscite un corps spirituel (1 Co 15,42-44).

Dans la première Épître aux Thessaloniciens, saint Paul parle encore de la résurrection des morts : Puisque, nous le croyons, Jésus est mort puis est ressuscité, de même, ceux qui se sont endormis en Jésus, Dieu les amènera avec lui… Le Seigneur, au signal donné par la voix de l’archange et la trompette de Dieu, descendra du ciel et les morts qui sont dans le Christ ressusciteront en premier lieu… Ainsi nous avec le Seigneur toujours (1 Th 4,13-18).
Il y a donc plusieurs enseignements dans les épîtres concernant les morts, mais nul part est-il question de la possibilité de réincarnation après la mort. Au contraire, l’épître aux Hébreux dit clairement : Les hommes ne meurent qu’une seule fois, après quoi il y a un jugement (Hé 9,27).
En conclusion de ce survol du Nouveau Testament, on n’y trouve aucun enseignement, ni de Jésus, ni des apôtres, de la doctrine de la réincarnation. Et pourtant, Jésus et les apôtres ont beaucoup parlé de la mort et de la résurrection : il n’est pas possible de réconcilier la doctrine de la réincarnation avec les enseignements du Nouveau Testament concernant la mort et de la résurrection.
Certains défenseurs de la réincarnation soutiennent que suite au Ve Concile œcuménique en 553 l’Église aurait supprimé des passages du Nouveau Testament favorables à la réincarnation. C’est une hypothèse farfelue qui ne repose sur aucune preuve ou même indice véritable. Le texte du Nouveau Testament est le mieux documenté de tous les écrits du monde antique, reposant sur des milliers de manuscrits en beaucoup de langues. Aucun auteur ancien ne mentionne l’excision de certains passages du Nouveau Testament, ni aucun critique biblique moderne. Tout argument basé sur la Bible doit partir du texte tel que nous l’avons actuellement.

III. La réincarnation et les Pères de l’Église
Les Pères de l’Église ont activement combattu l’idée ancienne de la métempsychose. Les partisans de la réincarnation mentionnent plusieurs Pères comme étant « réincarnationistes », mais c’est tout à fait faux, comme le démontrent définitivement une lecture des écrits des Pères en question. Par exemple, on nomme Origène comme un des Pères qui enseignaient la réincarnation, mais il s’agit d’une méconnaissance des enseignements d’Origène. En fait, il avançait l’idée de la « préexistence des âmes », doctrine connexe à la réincarnation, mais les textes d’Origène prouvent qu’il luttait contre la doctrine de la métempsychose. Ceux qui mentionnent Origène comme favorable à la doctrine de la réincarnation citent en particulier deux passages du grand œuvre philosophique et théologique du maître d’Alexandrie, le Traité des principes. L’interprétation de cet ouvrage est problématique, non seulement à cause de sa densité, mais parce que nous n’avons pas le texte original en grec, seulement des extraits, ainsi que plusieurs traductions anciennes en latin. Ces versions latines sont plutôt des interprétations de la pensée d’Origène, l’un par Rufin, favorable à Origène, l’autre par Jérôme, opposé à Origène. Une comparaison des versions des passages du Traité des principes invoqués comme favorables à la réincarnation (I,8,4 et IV,4,8) démontre que Rufin interprétait les textes d’Origène comme opposés à la réincarnation, Jérôme comme favorables à la réincarnation ! L’argument qui placera Origène parmi les défenseurs de la doctrine de la réincarnation à partir des quelques passages incertains du Traité des principes est d’ailleurs « contredite par tout le reste de l’œuvre d’Origène qui, à maintes reprises, dit s’opposer à la métempsychose ». Mentionnons par exemple les commentaires d’Origène sur Jean-Baptiste et Élie, déjà cité plus haut. L’enseignement d’Origène sur la « préexistence des âmes » a été condamné au Ve Concile œcuménique en 553.

Une excellente étude sur la question des Pères de l’Église et la réincarnation mentionne les suivants, citations et références à l’appui, tous opposés à cette doctrine : Justin Martyr, Irénée de Lyon, Hippolyte de Rome, Tertullien, Minutius Félix, Clément d’Alexandrie, Origène, Lactance, Basile le Grand, Grégoire de Nazianze, Épiphane, Jean Chrysostome, Ambroise de Milan, Jérôme, Augustin, Pierre Chrysostome et Jean Damascène. Bien que la doctrine de la métempsychose était assez répandue dans le monde antique au premier siècle, elle disparut progressivement au fil des siècles suivants et saint Jérôme témoigne « de la disparition presque totale des partisans de la transmigration des âmes, à la fin du IVe siècle ».
Hans Küng, l’éminent théologien catholique, a écrit concernant les Pères et la réincarnation : « Tous les Pères de l’Église – à commencer par Hippolyte [de Rome] et Irénée [de Lyon] au IIe siècle (Origène aussi !) – se sont opposés, comme plus tard les conciles, à la doctrine de la réincarnation représentée par pythagoriciens et platoniciens ».
Nous faisons nôtre la conclusion de Paul-Hubert Poirier dans son article « Observations sur le témoignage des Pères de l’Église invoqué en faveur de la réincarnation » :

On peut dire que la thèse soutenue par les réincarnationistes d’un consensus de l’Église ancienne, antérieurement au VIe siècle, en faveur de la réincarnation, ne tient pas. L’ensemble de la tradition ancienne… est même unanime dans son refus de cette doctrine. Et si des textes patristiques ont pu être invoqués en faveur de la réincarnation, c’est uniquement parce qu’on les a lus sans tenir compte de leur contexte, ou de leur genre littéraire, ou encore de la dialectique mise en œuvre par leur auteur.


IV. Réincarnation et foi chrétienne
Un des soucis principaux des Pères de l’Église était de démontrer puis de défendre l’intégrité et la noblesse de la personne humaine, composée, selon certains, d’un corps et d’une âme, selon d’autres, des trois éléments, corps, âme et esprit. L’homme étant créé à « l’image de Dieu » (cf. Gen. 1,26), cette image est donc sacrée et même le péché originel d’Adam, la chute et l’exil de l’homme loin du Paradis et de l’intimité avec Dieu ne peut effacer ou détruire cette image sacrée qu’il porte en lui. Le devoir et le devenir de l’homme est de restaurer entièrement cette image, d’atteindre la « ressemblance » avec Dieu, objectif qui est devenu atteignable par l’Incarnation de la deuxième Personne de la Sainte Trinité, le Christ Jésus, vrai Dieu et vrai Homme (Symbole de Nicée-Constantinople). L’anthropologie des Pères se résume dans la fameuse phrase répétée inlassablement par les Pères depuis saint Irénée de Lyon : « Dieu est devenu homme afin que l’homme puisse devenir Dieu ».

Or, l’idée de la réincarnation porte atteinte à deux aspects fondamentaux de l’image de Dieu en l’homme : l’existence personnelle et la liberté – aspects qui, pour les Pères, résument l’essentiel de ce qu’est l’homme, ses qualités divines inaliénables. Il n’est possible en effet de croire en la réincarnation sans accepter aussi d’autres idées connexes qui font partie de la structure essentielle des religions orientales, en particulier le karma et la libération du cycle des existences, à la suite de passage d’un « seuil » quelconque de vertu et d’illumination.
La doctrine de la réincarnation, telle qu’on la trouve dans les religions orientales, remet en cause et même détruit la notion patristique de la personne, l’hypostase dans le langage des Pères. Car dans ces religions, la personne, unique et responsable, n’est qu’une illusion, illusion appelée à disparaître par suite de la libération du cycle des existences, soit en se fondant dans un divin impersonnel (hindouisme) soit en atteignant un état de nirvana, peu précis mais en tout cas aussi impersonnel (bouddhisme). Cela est contraire à la théologie chrétienne, qui voit la vocation de l’homme comme celle de la déification (théosis) : tout en gardant son être personnel essentiel, l’homme s’unit à Dieu, être personnel, dans une communion d’amour à l’instar de la communion entre les Personnes divines elles-mêmes : « Donne-nous de communier à toi plus intimement dans le jour sans crépuscule de ton Royaume », prient les fidèles dans la Liturgie de saint Jean Chrysostome après avoir communié.

La croyance en la réincarnation a une autre conséquence importante pour les doctrines essentielles du christianisme : les doctrines de la réincarnation et du karma sont des doctrines holistiques, qui ne laissent aucune place pour le pardon divin et le salut apporté à l’humanité par le Christ Jésus. Car le karma et la réincarnation sont gouvernés par une loi immutable, impersonnelle, qui n’entrevoit aucunement une intervention de Dieu, mu par l’amour de l’homme, dans les affaires de l’homme. À la rigueur, ces lois relèvent d’une conception non seulement impersonnelle, mais aussi déterministe de l’univers, qui réduit la liberté fondamentale de l’homme : il devient le sujet passif de forces qui le dépassent. En fait, le repentir et le pardon des péchés, enseignements essentiels de la Révélation et de la vie spirituelle du chrétien, deviennent impossibles dans ce schéma. Ce genre d’atteinte à la responsabilité personnelle des ses propres actions sape les fondements même de la vie spirituelle. La seule façon de détruire le mauvais karma est de le remplacer par le bon karma, soit des bonnes actions et une vie vertueuse. Celles-ci sont certainement positives et essentielles à la vie spirituelle, mais il n’y a alors plus de place pour le pardon des péchées et le rapport personnel avec Dieu. Dans le schéma karma-réincarnation, l’homme devient seul entièrement responsable de son salut ; or, dans le christianisme, en particulier chez les Pères d’Orient, c’est le Christ, par sa vie, sa mort, sa Résurrection, qui apporte le salut à l’humanité et le salut est fondé sur un rapport synergétique entre Dieu et l’homme : l’action divine se joignant alors à la volonté humaine pour accomplir le salut.
La croyance en la réincarnation peut-elle être nuisible autrement à la vie spirituelle ou reste-elle une notion plutôt abstraite, sans rapport avec la pratique et la vie spirituelles ? La réincarnation peut endommager la vie spirituelle du chrétien, en influençant le chrétien dans le sens de pensées ou de gestes qui nuisent au salut. Par exemple, la croyance en la réincarnation peut suggérer au chrétien de remettre « à une autre vie » le repentir pour les fautes commises en cette vie actuelle, alors que dans la spiritualité chrétienne, la reconnaissance des péchés et le repentir sont essentiels au salut : « Tes péchés sont remis ; va et ne pèche plus » (Mt 9,2 ; Lc 7,47 ; Jn 8,11). Pire encore, la croyance en la réincarnation peut pousser un chrétien à, en fait, abandonner la vie spirituelle à cause d’une passion non maîtrisée : « Je rattraperai dans une vie future ».

Aussi, la croyance en la réincarnation, accompagnée de celle du karma, son pendant essentiel, peut mener le chrétien à un manque de charité à l’égard de son prochain souffrant ou en détresse, car il est trop facile dans cette perspective de voir dans les malheurs d’autrui les fruits d’un « mauvais karma », que la personne doit endurer afin de s’en libérer. Le Samaritain de la parabole de Jésus est venu en aide à son prochain en détresse sans se demander si ce malheur lui était arrivé à cause d’un mauvais karma des vies précédentes. « Va et toi aussi, fais de même », nous enseigne le Christ (Lc 10,29-37).

Comme nous avons déjà suggéré, la réincarnation rend difficile, sinon impossible, la croyance chrétienne en la résurrection, élément de foi : « Je crois en la résurrection des morts » (Symbole de Nicée-Constantinople). Dans l’enseignement patristique, l’âme humaine garde une certaine identification avec son corps, même après que la mort a dissout les éléments qui le composaient. Le corps qui doit ressusciter est bien celui dont jouissait la personne de son vivant, comme le Corps du Christ après la Résurrection, un corps transfiguré, spiritualisé, déifié par l’inhabitation de la Sainte Trinité. Si, selon la théorie de la réincarnation, l’âme a « occupé » plusieurs, même d’innom­brables corps, cette identification de l’âme avec son propre corps unique est impossible. Quel corps alors ressusciterait ? Un nouveau corps, qui n’a aucun rapport avec les corps « occupés » avant la résurrection ? Ceci n’a aucun fondement dans la tradition chrétienne.

La croyance en la réincarnation peut aussi mener le chrétien à avoir une curiosité malsaine au sujet de ses « vies antérieures ». Ne trouvant pas dans le christianisme de moyen de satisfaire cette curiosité, il peut être mené à chercher ailleurs, dans des pratiques ésotériques et occultes qui l’éloignent davantage du christianisme. À la rigueur, la croyance en la réincarnation peut mener le chrétien à négliger les pratiques spirituelles qui font partie intégrante du christianisme, notamment la participation aux sacrements et la fréquentation de la communauté chrétienne.
La tentative d’intégration de la croyance en la réincarnation au christianisme se heurte à d’autres difficultés théologiques : Comment et à quel moment le cycle des existences (ou des vies humaines) est-il mis en marche ? Comment est-il arrêté ? Il est impossible d’intégrer les réponses données par les religions orientales à ces questions dans la vision chrétienne de l’homme et du salut.

Le risque qui accompagne toute tentative d’intégrer la réincarnation dans le christianisme est qu’on soit obligé d’admettre de plus en plus d’éléments, d’idées théologiques et spirituelles, étrangères au christianisme, ce qui aurait pour résultat que le christianisme devienne une sorte de « variation » ou de « secte » des religions orientales. Sans doute la plupart des chrétiens qui acceptent l’idée de la réincarnation le font un peu à la légère, sans pousser jusqu’au fond les implications d’une telle croyance, mais peut-être aussi sans y attacher beaucoup d’impor­tance. Mais la croyance en la réincarnation reste néanmoins une menace contre la foi et  contre la pratique du christianisme.

Il faut reconnaître que la réincarnation est un « cheval de Troie » et qu’elle est fondamentalement incompatible avec le christianisme. Cela sans porter jugement sur ceux d’autres traditions spirituelles qui croient à la réincarnation, car il ne nous appartient pas de juger le salut d’autrui. La croyance en la réincarnation peut convenir aux hindous et aux bouddhistes, elle est partie intégrante de leur tradition mais elle ne convient pas aux chrétiens et ne peut pas faire partie du christianisme. Les chrétiens doivent rester dans leur tradition et exercer un regard charitable sur les autres traditions. Cela ne les empêche pas de nouer des liens fraternels et d’essayer de comprendre les autres religions dans un dialogue sincère, tout en reconnaissant l’incompatibilité de certaines notions essentielles de ces religions avec le christianisme, ce qui n’empêche pas d’exercer le respect et la charité envers son prochain.
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Re: La réincarnation et le progrès

Message  Arlitto le Mer 17 Aoû - 16:56

Le Judaïsme et la réincarnation

De nombreux Juifs sont surpris d’apprendre, ou souhaiteraient parfois même nier, que la réincarnation fait partie intégrante de la foi juive

Quelle est l’importance de la croyance juive en la réincarnation, aujourd’hui ? En quoi est-elle différente de la croyance asiatique ? Qu’est-ce que les rabbins en disent ?

Le mot « Torah » a pour racine le verbe « instruire ». La fonction première de la Torah est de nous enseigner comment vivre de manière juive, en harmonie avec la volonté de D.ieu. Dès lors, l’interprétation des Écritures à son niveau élémentaire conduit à une appréhension pratique des mitsvot et des valeurs juives qui en découlent.

De nombreux Juifs sont surpris d’apprendre, ou souhaiteraient parfois même nier, que la réincarnation fait partie intégrante de la foi juiveLa Torah recèle toutefois de niveaux d’analyse multiples. Ses niveaux d’interprétation les plus profonds ne sont pas, pour la plupart, facilement accessibles, de même qu’ils ne sont pas toujours traduisibles en applications pratiques évidentes dans la vie quotidienne. Pour cette raison, ces aspects les plus ésotériques de la Torah ne suscitent pas l’intérêt d’une part importante de la population juive comprenant aussi un certain nombre de rabbins et d’érudits.

C’est pourquoi de nombreux Juifs sont surpris d’apprendre, ou souhaiteraient parfois même nier, que la réincarnation – la « rotation » des âmes à travers une succession de vies, ou « guilgoulim » – fait partie intégrante de la foi juive. Pourtant, cet enseignement existe depuis toujours. Et il est fermement ancré dans nos sources.

On peut en donner de nombreux exemples. Le Ramban, un des plus grands commentateurs de la Torah (et du Talmud) et figure éminente de l’histoire juive, suggère à plusieurs reprises que la réincarnation est la clé de la compréhension des profonds secrets liés à la mitsva du yiboum (le lévirat : l’obligation faite au frère d’un homme décédé sans enfant, d’épouser la veuve). Dans son commentaire sur Genèse 38, 8, il soutient que Yéhouda et ses fils connaissaient le secret de la réincarnation, et que cela constitua un élément déterminant de leurs attitudes respectives à l’égard de Tamar.

La responsabilité nous incombe...La compréhension juive de la réincarnation est différente de la doctrine bouddhiste. Elle ne conduit en aucun cas au fatalisme. À chaque occasion de sa vie où il doit prendre une décision morale, un Juif a toujours le libre arbitre. Sans cette liberté de choix, combien serait-il injuste de la part de D.ieu d’avoir des exigences envers nous - en particulier lorsque récompense et punition sont en jeu ! La réincarnation n’implique pas la prédétermination. Elle est plutôt à considérer comme une opportunité pour l’âme de rectification et de perfectionnement.

Le saint Ari a expliqué cela très simplement : chaque Juif doit accomplir l’ensemble des 613 mitsvot, et s’il n’y parvient pas en une seule vie, alors il revient encore et encore jusqu’à ce qu’il finisse. C’est pour cette raison que les circonstances de la vie peuvent conduire une personne vers certains lieux, l’amener à faire certaines rencontres, etc., d’une manière qui peut nous paraître aléatoire, ou pas. C’est en fait la providence divine qui offre à chaque individu les opportunités dont il a besoin pour réaliser les mitsvot particulières nécessaires au perfectionnement de son âme. Cependant, la responsabilité nous en incombe entièrement. À l’instant de la décision, quelle que soit la situation, le choix est nôtre.

Une des façons dont le Ciel préserve notre capacité à exercer entièrement notre libre arbitre est de nous priver de la conscience de nos incarnations antérieures. C’est pour cela qu’il semble à certains que la connaissance de cette doctrine apporte peu sur le plan pratique. Par ailleurs, de nombreux érudits affirment que ces concepts mystiques peuvent être facilement mal compris ou bien conduire à des conclusions erronées et trompeuses. Nous pouvons ainsi comprendre pourquoi ce sujet et d’autres similaires sont seulement sous-entendus dans les Écritures, et pourquoi des connaissances préalables et une grande détermination sont souvent nécessaires pour y accéder.


par Yerachmiel Tilles
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