Islam, selon...

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Islam, selon...

Message  Arlitto le Dim 7 Aoû - 17:52

Rappel du premier message :

Islam


Selon le Coran, les femmes doivent être frappées, battues ou corrigées, c'est au choix

S'il est un verset du [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] qui mérite d'être connu, c'est celui de la sourate des femmes où le "divin" texte exhorte le mari à frapper sa femme. Frapper sa femme, à moins qu'il ne s'agisse de la battre ou, dans la traduction plus pudique de Jacques Berque, de la corriger. Quant à celle de Si Hamza Boubakeur, sévir contre elles suffit, sans en préciser le moyen. Les nuances entre les traductions sont minimes et s'accordent toutes dans la légitimation du châtiment corporel de l'épouse. Texte barbare écrit à une époque où les musulmans se signalaient essentiellement par leur habileté à porter les armes, le Coran sert la domination masculine en alimentant la fable d'une infériorité féminine décidée définitivement lors du péché originel, une tare communément admise, et requise, par les [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] pour leur propre survie. 

Quand leur sont présentés les versets les plus haineux du "saint livre", les croyants rétorquent systématiquement et avec suffisance, fort de s'imaginer les seuls instruits en pseudo-sciences islamiques, que la traduction est mauvaise, que l'infidèle n'a pas compris, que le propos coranique est déformé et autres fariboles qui ne font que refuser, et la précipitent par la même occasion, l'évolution lente, mais inéluctable, de la société vers moins d'emprise du religieux, de son autoritarisme et de ses superstitions. 

Afin de couper court à cette argumentation simpliste ("le texte n'est pas mauvais, c'est ta lecture infidèle qui l'est"), neuf traductions de ce verset de la sourate 4 ont été examinées. Comme la numérotation peut varier, le verset apparaît au numéro 34 dans la plupart des éditions alors qu'il est noté au numéro 38 dans celle de Kasimirski et que Blachère indique les deux correspondances 38/34. 

Et le résultat est à couper le souffle : selon la traduction, le sort réservé aux femmes par la grandeur spirituelle de l'islam est d'être battues, frappées ou corrigées. Sachant que, d'après les légendes musulmanes, le Coran est incréé (pas d'auteur humain ni de date ou de lieu de confection ce qui résout astucieusement les nombreux écueils propres à l'élaboration de tout texte historique) et qu'il constitue la copie parfaite du "Livre conservé au ciel", la simple existence de ce verset brutal et misogyne suffit à rejeter l'ensemble du livre. Et l'[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] devient alors une attitude saine et naturelle. 

Les traductions du verset 34/38 de la sourate 4 : 

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"34. Les hommes ont autorité sur les femmes, en raison des faveurs qu'Allah accorde à ceux-là sur celles-ci, et aussi à cause des dépenses qu'ils font de leurs biens. Les femmes vertueuses sont obéissantes (à leurs maris), et protègent ce qui doit être protégé, pendant l'absence de leurs époux, avec la protection d'Allah. Et quant à celles dont vous craignez la désobéissance, exhortez-les, éloignez-vous d'elles dans leurs lits et frappez-les. Si elles arrivent à vous obéir, alors ne cherchez plus de voie contre elles, car Allah est certes, Haut et Grand !" 


Jacques Berque, Albin Michel, 1995 

"34. Les hommes assument les femmes à raison de ce dont Dieu les avantage sur elles et de ce dont ils font dépense sur leurs propres biens. Réciproquement, les bonnes épouses sont dévotieuses et gardent dans l'absence ce que Dieu sauvegarde. Celles de qui vous craignez l'insoumission, faites-leur la morale, désertez leur couche, corrigez-les. Mais une fois ramenées à l'obéissance, ne leur cherchez pas prétexte. Dieu est Auguste et Grand." 


Kasimirski, GF-Flammarion, 1970 

"38. Les hommes sont supérieurs aux femmes à cause des qualités par lesquelles Dieu a élevé ceux-là au-dessus de celles-ci, et parce que les hommes emploient leurs biens pour doter les femmes. Les femmes vertueuses sont obéissantes et soumises ; elles conservent soigneusement pendant l'absence de leurs maris ce que Dieu a ordonné de conserver intact. Vous réprimanderez celles dont vous avez à craindre l'inobéissance; vous les relèguerez dans des lits à part, vous les battrez ; mais aussitôt qu'elles vous obéissent, ne leur cherchez point querelle. Dieu est élevé et grand." 


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"34. Les hommes ont autorité sur les femmes, du fait qu’Allah fait grâce à certains plus qu’à d’autres, et du fait qu’ils dépensent leurs biens. Les vertueuses adorent, et gardent le mystère de ce qu’Allah garde. Admonestez celles dont vous craignez la rébellion, reléguez-les dans des dortoirs, battez-les. Si elles vous obéissent, ne cherchez pas contre elles de querelle. Voici, Allah, le Sublime, le Grand." 


Si Hamza Boubakeur, ancien recteur de l'Institut musulman de la mosquée de Paris, Maisonneuve et Larose, 1995 

"34. Les hommes ont autorité sur les femmes en raison [des qualités] par lesquelles Dieu vous a élevés les uns au-dessus des autres et en raison des dépenses qu'ils prélèvent sur leurs biens [au profit de leurs femmes]. Les [femmes] vertueuses sont sobres et maintiennent intact en l'absence de leur mari ce que Dieu a prescrit de conserver [ainsi]. Exhortez celles dont vous redoutez l'insubordination. Reléguez-les dans des lits à part et sévissez contre elles. Si elles vous obéissent, ne leur cherchez plus querelle. En vérité Dieu est très haut et très grand." 

C'est fort judicieusement, mais aussi plus sûrement pour mieux convaincre de sa candeur, que [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] note dans son commentaire du verset 34 que le [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] et le [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] enseignent eux aussi la supériorité de l'homme sur la femme, sans toutefois aller jusqu'aux coups. Mais on ne pourra qu'esquisser un sourire de compassion envers le père de [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] lorsqu'il en appelle à la Tradition pour expliquer que l'islam, contrairement à ce que professe le Coran, déconseillerait en fait de battre les femmes... 


Régis Blachère, Maisonneuve et Larose, 1999 

"38/34. Les hommes ont autorité sur les femmes du fait qu'Allah a préféré certains d'entre vous à certains autres, et du fait que [les hommes] font dépense, sur leurs biens [, en faveur de leurs femmes]. Les [femmes] vertueuses font oraison (qânit) et protègent ce qui doit l'être (?), du fait de ce qu'Allah consigne (?). Celles dont vous craignez l'indocilité, admonestez-les ! reléguez-les dans les lieux où elles couchent ! frappez-les ! Si elles vous obéissent, ne cherchez plus contre elles de voie [de contrainte] ! Allah est auguste et grand." 


Jean Grosjean, Éditions Philippe Lebeau, 1988 

"34. Les hommes ont autorité sur les femmes à cause des préférences de Dieu et à cause des dépenses des hommes. Les vertueuses sont dociles, elles protègent ce qui doit l'être selon la consigne de Dieu. Celles dont vous craignez la désobéissance, exhortez-les, reléguez-les dans leur chambre, frappez-les, mais si elles vous écoutent ne les querellez plus, car Dieu est sublime et grand." 


René R. Khawam, Maisonneuve et Larose, 1990 

"34. Les hommes ont le pas sur leurs femmes, à cause de la préférence que Dieu a manifestée pour les uns sur les autres, à cause de ce que dépensent les hommes pour la subsistance des femmes. Les femmes Justes sont assidues aux offices de prières, gardant au sujet de l'Invisible le secret que Dieu a gardé. Celles dont vous craignez la rébellion, exhortez-les, reléguez-les dans les chambres où elles couchent, frappez-les. Si elles vous obéissent, ne cherchez contre elles aucune voie de coercition. Dieu s'est montré Elevé et Grand." 


D. Masson, Gallimard, 1967 : 

"34. Les hommes ont autorité sur les femmes, en vertu de la préférence que Dieu leur a accordé sur elles, et à cause des dépenses qu'il font pour assurer leur entretien. Les femmes vertueuses sont pieuses : elles préservent dans le secret ce que Dieu préserve. Admonestez celles dont vous craignez l'infidélité ; reléguez-les dans des chambres à part et frappez-les. Mais ne leur cherchez plus querelle, si elles vous obéissent. Dieu est élevé et grand." 

D. Masson est en fait Denise Masson mais, pudeur émouvante de l'islam, nulle part le prénom, et donc le sexe, de la traductrice n'est mentionné dans la traduction éditée chez Gallimard en 1967 dans la collection La Pléiade. Ni la préface de Jean Grosjean, dont le prénom n'est pas occulté, ni l'introduction, les notes et la bibliographie de "D." Masson ne comportent le prénom de la traductrice. Ce travail ayant reçu l'imprimatur de l'Université d'Al Azhar au Caire, avouer qu'une [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] ait pu exceller dans l'art de la traduction du Coran était insupportable aux fanatiques. 
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Re: Islam, selon...

Message  Arlitto le Dim 7 Aoû - 18:03

Les Trois Déesses-Mères de l’Arabie pré-Islamique

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Al-Uzza, Al-Lat et Manat
H icham ibn al-Kalbi (737-819) est un historien arabe, compilateur des traditions orales des bédouins et des conteurs professionnels. Parmi ses oeuvres existant encore il y a le Kitāb al-asnām ( livre des idoles), dans lequel il parle des idoles des Arabes de la période pré-islamique. L’intérêt de ce livre est accru par les informations qu’il apporte sur l’antiquité arabe et les coutumes tribales et traditions qui seraient sinon sans doute perdues.

L’ancienne religion des Arabes
Suivant les régions et les époques, les arabes ont vénéré des centaines de divinités différentes. Les déesses Al-Uzza, Al-Lat et Manat formèrent une trinité dans l’Arabie pré-islamique. Leur culte a été largement répandu : des nabatéens de Pétra dans le Nord, aux royaumes légendaires de l’Arabie Heureuse dans le Sud, y compris Saba, la Sheba biblique (reine de Saba), jusque dans l’est, en Iran et à Palmyre. Elles étaient des déesses très populaires à la Mecque du temps de Mahomet. Toutes trois ont été vénérées sous forme de pierres aniconiques (non figuratives) non taillées, que l’on appelle des bétyles. Les «idoles» d’Al-Uzza et Al-Lat étaient 2 des 360 statues païennes (une par jour) de la Ka ‘aba qui ont été détruites par Mahomet. Certaines idoles citées dans le Coran sont d’importation yéménite, leur évocation est assez floue car le Yémen, à l’époque de Mahomet, était depuis plusieurs siècles judaïsé puis christianisé.
– Al-`Uzzâ (l’être tout puissant) : la déesse de l’étoile du matin. Idole pré-islamique apparentée à Vénus/Aphrodite et personnalisée par un bloc de granit long d’environ six mètres.
– Al-Lât la déesse) : déesse du soleil représentée par une immense image de granit gris. Hérodote (484-420 avant J.-C.) signale la présence d’une divinité arabe nommée Alilat ( [al+ilaha ā al-ilaha], la déesse ; alilat).
– Manât ( [manā]) : déesse de la lune décroissante,symbole du destin du temps et de la mort ( [manāya], destin; sort; mort). Divinité pré-islamique du sort, qui coupait le fil du destin à l’image de Morta la troisième Parque.

Dusares, le dieu-fils
Dusares est à l’époque le principal dieu masculin accompagné de sa trinité féminine : Uzza, Allat et Manat. Dusarès serait le fils de Manat, la déesse du destin, ou de la Vierge Chaamou (prononcer Kaamou), sans doute une erreur de transcription pour Kaabou, le Cube (forme du bétyle, la pierre sacrée divine, ou la forme du sanctuaire).
Rappelons aussi que les dieux nés d’une vierge sont des cultes typiques du matriarcat (société sans père ni mari, mais pas sans oncles) : vierge étant synonyme de non-mariée, et un enfant né d’une vierge étant un enfant sans père.

Allat, une déesse populaire
Allat ( en hébreu : Elat) était une déesse de la fécondité et de la féminité vénérée en Arabie à l’époque préislamique. Son nom serait une contraction de al ilahat, déesse. Elle avait sa statue dans la Kaaba où elle était censée résider. Une inscription sur une roche à Adumattu en Arabie dit : “Puisse Allat (la Déesse) exhausser tous nos voeux.” Les anciens Arabes prêtaient serment par la prière : «Par le sel, par le feu et par Al-Lat qui est la plus grande de tous.» Une autre inscription dit : «Shalm-Allat», «la paix de la Déesse» – semblable à «la paix de Dieu sur vous». Un geste de main de bénédiction accompagnait ces paroles. Avant l’avènement de l’islam, on peut trouver le nom d’Allat dans certains prénoms composés, comme Wahaballat (Wahab – Allat – c’est-à-dire «le don d’Allat», puis Shalamallat qui veut dire «la paix d’Allat ا ». Elle a été vénérée à La Mecque pendant plus de 2000 ans avant l’islam. Le fameux lieu de pèlerinage islamique de La Mecque fut à l’origine son sanctuaire. Allat signifie simplement «la Déesse» tout comme Allah signifie «le Dieu». Le T final est féminin. Al-Lat, dont le nom est une contraction d’Al-Illahat, «la Déesse» , est mentionné par Hérodote (Ve s. av-JC) comme Alilat, qu’il identifie à Aphrodite. Elle est quelquefois aussi assimilée à Athéna et est appelée «la Mère de Dieu» , ou «la Plus grande de Tous». Elle est une déesse du printemps et de la fertilité, la déesse de la Terre qui apporte la prospérité.

Une déesse cosmique
La déesse arabe Allat occupe une place importante dans le panthéon syro-mésopotamien des premiers siècles de notre ère. Identifiée, dans un contexte de syncrétisme, à Athéna, elle prend des allures guerrières. Identifiée à Némésis, elle acquiert une dimension cosmique fondée, entre autres, sur la tradition astronomique babylonienne. L’iconographie complexe des reliefs du temple d’Allat à Hatra, proche de l’art palmyréen, symbolise cette accession au rang de divinité cosmique.

Une déesse lunaire et agricole
Son symbole est le croissant de lune (quelque fois montré avec un disque solaire reposant dedans). Le soleil en Arabie était appelé Shams, considéré comme féminin, et pouvait représenter un aspect d’Al-Lat. Les nations islamiques utilisent toujours l’étoile et le croissant sur leurs drapeaux. En tant que déesse de la fertilité, elle porte une gerbe de blé dans une main ; et un morceau de sève d’encens dans l’autre. Son emblème a été retrouvé gravé sur de nombreux encensoirs. Elle est une déesse agricole comme les autres déesses méditerranéennes (par exemple Déméter), et aimait les gâteaux aux grains cuits au four en offrande.

La protectrice des animaux sauvages
La déesse est parfois représentée assise sur son trône, portant un voile sur la tête et vêtue d’une tunique large ; elle tient à la main gauche une palme appuyée sur son épaule gauche. Le lion assis près d’elle indique qu’il s’agit d’une déesse maîtresse des animaux sauvages ; une inscription isolée assimile cette déesse à Artémis, la protectrice des animaux sauvages chez les Grecs. Les lions d’Allat sont des statues trouvées au cours des fouilles du temple d’Allat à Palmyre, elles représentent un lion gardant entre ses deux pattes une antilope ; le lion représente probablement la déesse Allat protectrice de la vie sauvage identifiée par l’antilope.

Un sanctuaire de paix détruit par les musulmans
Elle avait un sanctuaire dans la ville de Ta’if, à l’est de La Mecque, et était connue de l’Arabie à l’Iran. Elle y était la divinité principale, et fut représentée sous la forme d’une pierre cubique (météorite ou roche volcanique) autour de laquelle on a édifié un sanctuaire, «La maison de la Déesse». Il y était défendu de couper les arbres, de pratiquer la chasse, et de tuer ; et celui qui s’y réfugiait ne devait pas être agressé. L’ensemble des arabes, y compris la tribu Bani-Quraïsh (celle de Mahomet), adoraient cette déesse et faisaient des pèlerinages à son sanctuaire. Après la prise de la ville d’al-Taïf par les Musulmans, le Prophète Muhammad ordonna al-MughIra Ibn Shu’bah de détruire le sanctuaire d’Allat et sa statue et de récupérer les richesses qui lui furent offertes.

Khamsa – La main de Fatima – La main de Myriam
Allat possède une main célèbre, que beaucoup de gens du moyen-orient portent aujourd’hui comme talisman porte-bonheur, en ne sachant pas que c’est la main de leur ancienne déesse : la déesse Allat pour les musulmans, et à la déesse Elat pour les juifs. Autant les juifs que les musulmans l’utilisent. Les musulmans l’appellent désormais la Main de Fatima. Fatima est un autre nom de la même déesse arabe. Les juifs l’appellent la Main de Myriam, mais l’utilisation de cette main protectrice de la Déesse est la même : chasser le mauvais oeil. L’oeil sur l’amulette «se retourne» vers la source de la malédiction. Rejetée par les sunnites, elle est en revanche très importante chez les chiites. Fatima était un autre nom pour Al-lat. On l’appelle aussi la Créatrice, la Source du Soleil et de l’Arbre du Paradis, l’Arbre de Vie. On dit que Fatima a existé dès le début du monde matériel. Mahomet a appelé sa propre fille comme la déesse Fatima, mais son culte était toujours violemment réprimé par les musulmans.

Uzza, la déesse guerrière
Al Uzza, al-Uzza, El-Ozza, Uzza, Izza.
Aussi appelée: Uzza Saïda («Uzza la bénie») ou S’ida ( «la bénie»).
Mentionnée dans le Coran, ‘Uzzā ou Uzza (arabe : ,(était une déesse arabe pré-islamique de la fertilité, l’une des trois divinités les plus vénérées de la Mecque avec Allat et Manat. Elle était très populaire : des enfants étaient prénommés ‘Abd al-’Uzzā et souvent invoquée dans les serments. Le nom ‘Uzzā était symbole de beauté dans la poésie arabe pré-islamique. Surnommée la guerrière «vierge» (non mariée), elle est la plus jeune dans la triade des déesses. Manat et Al-Lat sont considérées comme des filles d’Al-Uzza.

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Une divinité tribale de la puissance
Al-Uzza, «la plus puissante», a été l’une des divinités les plus vénérées par les arabes. Uzzi, en hébreu aussi, signifie «puissant», d’où le nom de la fabrique des célèbres pistolets mitrailleurs israéliens. À l’origine, les Sabéens (royaume de Bilqis, la reine de Saba, dans le Yémen actuel), vénéraient Al-Uzza dont le culte s’est répandu partout en Arabie. Elle a été très populaire dans tout le Moyen-Orient, y compris à Jérusalem. Elle était la déesse de nombreuses tribus et royaumes arabes du nord de l’Arabie, de la Syrie et de l’Irak, comme c’était le cas à Palmyre et dans le royaume des Manadhziah. Elle était la déesse de l’étoile du matin et du soir, Vénus. Elle avait un temple à Pétra (bien que celui-ci n’ait pas été déterminé), et pourrait bien avoir été la déesse patronne de cette ville.

De nombreuses assimilations chez les Grecs
Les Grecs l’ont assimilé à Urania, l’«Aphrodite Céleste» («Céleste», une épithète d’Aphrodite, aussi bien que le nom d’une muse) et avec Caelistis, une déesse lunaire, le nom romain pour la déesse Carthaginoise Tanit. Al-Uzza est aussi quelquefois identifiée avec Isis. D’autres sources l’assimilent à Minerve / Athéna, ce qui ferait d’elle une déesse vierge (non mariée) guerrière. Hérodote affirme que la déesse suprême des arabes était Uranie, qui, dit-il a été appelée Alilat (Al-Lat). En effet Al-Uzza était parfois confondue avec Al-Lat, conduisant certains chercheurs à se demander si Al-Lat et Al-Uzza n’étaient pas différents noms régionaux pour la même déesse.

Une avatar d’Ishtar
Elle a beaucoup de points communs avec Ishtar et Astarté, elles aussi déesses de l’Étoile du matin et du soir. Elles sont toutes des déesses de l’amour et de la guerre, et les grands félins étaient sacrés pour elles aussi. Elle est montrée armée comme une bellatrix (guerrière romaine), debout près d’un arbre d’acacia, avec un Caracal, ou lynx du désert. Ashtar (Ashtar en Syrie et dans la Mésopotamie ) est une divinité féminine veillant à la reproduction chez les animaux, effectivement, cette planète qui est connue sous le nom de «l’étoile du matin» , et «l’étoile du soir» est visible dans le ciel pendant deux périodes de l’année. Durant la première période, elle apparaît comme un astre très brillant à l’est avant le lever du soleil, et durant la deuxième période, elle est visible à l’ouest, après le coucher du soleil. Ces deux périodes correspondent au cycle naturel de la reproduction chez beaucoup d’animaux, d’où son nom de la «planète de l’amour, de la fertilité et de la beauté», Aphrodite des Grecs, Vénus des Romains, et aussi «al-’Uzza» des Arabes. Al-’Uzza était la déesse qui symbolisait la saison de l’hiver comme Allat qui fut la déesse de l’été.

Les mecquois, fils d’Uzza
Al-Uzza incarne la confiance, la vigilance et la préparation. Elle est très protectrice, et est une alliée de taille dans les batailles. Elle a été honorée par les Koreischites (la tribu de Mahomet) comme une de leurs déesses les plus importantes. Ils se disaient «fils d’Uzza» et imploraient sa protection dans les batailles. Les Arabes déplaçaient les pierres qui incarnaient les divinités, pour les ériger au milieu des champs de batailles, parce qu’ils croyaient que leur présence parmi les combattants les protégeait et leur donnait le courage et l’aide nécessaires pour leur apporter la victoire et vaincre leurs ennemis. D’après les historiens arabes, Bani (la tribu) Quraïsh, avait déplacé les pierres d’Allat et Al-Uzza dans la bataille d’Uhud  , contre la jeune l’armée islamique conduite par le prophète Mahomet.

Son sanctuaire, détruit par les musulmans
Al-Uzza avait son sanctuaire de Nakhlah dans une vallée de palmeraies, sur la route de La Mecque vers l’Irak. Il y avait trois arbres d’acacia sur lesquels on disait qu’elle était descendue. Certains érudits pensent qu’elle a même peut-être été la divinité tutélaire de La Mecque. En l’an 8 Hégire, après la prise de la Mecque par les musulmans, le prophète Mahomet confia à Khalid Ibn al-Walid la mission de détruire la statue de la déesse, démolir son sanctuaire et couper son arbre.

Manat, la vieille déesse du destin et de la mort
C’est la plus ancienne divinité chez les Arabes ; son culte très répandu pourrait précéder ceux d’Al-Uzza et d’Al-Lat. C’est une divinité féminine, représentée par une pierre noire non sculptée, installée au bord de la mer rouge à Qadid, dans une région située entre Médine et la Mecque. Le terme Manat, Manawayat, ou Menata est dérivé des termes arabes, al-muna  et al-manyyah  ), c’est-à-dire la «mort», le « destin», la ruine et la destruction. Manat fut aussi chez les arabes la déesse de la justice ( et de l’équité. Saint- Épiphane du IVème siècle l’appelle La Mère de Dusarès, le dieu local de la montagne, en l’appelant par son titre Chaamu ou Chalmous, qui signifie «jeune fille ou vierge».

Al Manat était associée avec Némésis, la déesse pré-olympienne de la vengeance, elle même liée à Cybèle, Artémis et Déméter.
Elle est connue à partir des inscriptions nabatéennes : des tombes ont été placées sous sa protection, lui demandant de maudire les profanateurs. Elle est mentionnée dans la poésie, portant les défunts à leur tombe, et leur tendant la coupe de la mort. Elle est représentée par une vieille femme avec une coupe, et les symboles dans le bas de sa robe épellent son nom dans la langue sabéenne (qui n’utilise pas de voyelles et s’écrit de droite à gauche), M-N-T. La lune décroissante sur sa tête est un symbole de la mort. Son culte ne cessa qu’en l’an 8 Hégire où le prophète Mahomet confia à Aly Ibn Abi Talib la mission de détruire sa statue

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Re: Islam, selon...

Message  Arlitto le Dim 7 Aoû - 18:04

La Shahâdah islamique primitive
Edouard-M. Gallez
avec des extraits de : Le messie et son prophète
Tous les islamologues savent que la profession de foi islamique telle que nous la connaissons n’est pas attestée avant le 8e siècle. Celle qui la précédait ne portait la seconde partie de la formulation actuelle : « Muḥammad est le messager de Dieu » (MuḥammadrasûluLlah). Cette seconde partie de la Shahâdah apparaît au mieux à l’extrême fin du 7e siècle, mais sous la forme d’une troisième partie ajoutée à ce qui était manifestement la profession de foi primitive : « Pas de divinité sinon Dieu, pas d’associé à Lui » (Lâ ilahaillâ Llah, lâ šarîkalahu). Manifestement parce qu’on la connaît par l’épigraphie et qu’elle est même attestée sur des pièces de monnaie islamiques – en Afrique du nord notamment, comme l’a montré une étude du Prof. Michael L. Bates (1995), que celui-ci a récemment [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien].
La question qui se pose est : à quoi s’opposait une telle Šahâdah primitive dont chacune des deux parties commence par une négation ? Négation de quoi ?
Pour affirmer Dieu, ne suffit-il pas de dire qu’Il est simple et un (en Lui-Même) – et créateur ? Si l’on dit qu’Il est unique, face à qui est-Il dit tel si les autres Dieux n’existent pas ? Car, précisément, Il ne souffre aucune comparaison avec les divinités-idoles qui, elles, ont toujours une histoire complexe et multiple (imaginée par les hommes). Dire qu’Il est unique est inutile ou même nuisible : c’est Le placer au rang d’idoles concurrentes, en vue de les contester, alors qu’elles ne sont rien comme la Bible le dit déjà. Ou alors, le contexte de l’affirmation de l’unicité divine est tout autre que celui des paganismes antiques – ce qui est plus manifeste encore quand on regarde la seconde négation : « pas d’associé à Lui ». Qui est accusé d’associerà Dieu ?
Les cultes païens ne pouvaient précisément pas « associer à Dieu » puisqu’ils n’avaient pas conscience d’un Dieu créateur Auquel « associer ». En revanche, ce reproche se trouve bien avant l’islam dans la polémique dirigée contre la foi chrétienne, comme en témoignent divers écrits du judaïsme rabbinique – et ensuite dans le Coran –: les chrétiens sont accusés d’être des associateurs, d’associer à Dieu ce qui n’est pas Dieu à savoir leur Seigneur et l’Esprit Saint. S’agirait-il d’un malentendu ? Les chrétiens ne sont évidemment pas trithéistes (ils n’adorent pas trois dieux) ; pour eux, Dieu est Un et ils disent simplement qu’une Vie existe en Dieu, et que cette Vie a trois pôles. Cette Vie, le Créateur a voulu y faire participer le sommet de Ses créatures – les êtres humains –: de là les missions respectives de la Parole incarnée et de l’Esprit qui relie. De lui-même, l’homme ne peut pas être en relation avec le Créateur. C’est cela qui a été caricaturé en reproche de trithéisme et dans l’accusation de faire enfanter par Dieu un enfant, qu’on retrouve tous deux dans le Coran [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien][/sup].
Parallèlement à ces données, il faut se demander comment la polémique de la šahâdah islamique primitive pourrait viser un paganisme qui se serait mystérieusement maintenu à La Mecque durant six siècles, loin de toute influence juive ou chrétienne, alors que la ville est supposée être un centre commercial très important (donc un lieu de passage). Il apparaît donc que l’analyse documentaire tout comme le point de vue logique orientent dans une direction autre, celle de la polémique antichrétienne.
Il reste une question mineure : la šahâdah primitive était-elle bilitère (c’est-à-dire à deux parties) ou trilitère – mais commençant de la même manière : « J’atteste qu’il n’y a pas de divinité sinon Dieu, ni d’associé à Lui, et que … (voir ci-après) » ? Il ne faut cependant pas exclure ces deux formules aient co-existé.
Voici des extraits du [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] (tome I, 2005, p. 484-490) qui présentent les principales données relatives à ces questions. Les numéros des paragraphes ont été conservés et les mots en arabe ou en grec ont été translittérés.
_________________________

  • 2.6.1.2 La šahâdah anti-trinitaire des Homélies pseudoclémentines

Dans la littérature rabbinique et également dans le Memar Marqab des Samaritains de Samarie, on retrouve ces formules polémiques ; ce qui est visé, c’est la foi chrétienne à laquelle il est reproché "d’associer" au Dieu unique. Un tel reproche consiste en fait à la présenter comme un néo-paganisme faisant du Christ un "deuxième Dieu", et de l’Esprit Saint un "troisième Dieu" – ces deux "Dieux" supplémentaires étant donc associés à Dieu.
Ce thème anti-trinitaire se retrouve également dans les Homélies pseudoclémentines, qui constituent le texte le plus important que l’on ait de la mouvance judéognostique au 2e siècle. L’une des manières dont la foi chrétienne est caricaturée sous la forme "d’associationisme" mérite d’être signalée : en 16,15-16, le texte fait dire à Jésus, selon Pierre, qu’il n’existe d’autre Dieu que le Créateur et que « fils de Dieu » est une simple appellation. Or, un tel procédé consistant à faire nier par Jésus la foi chrétienne trinitaire se retrouve tel quel, quatre siècles plus tard, dans le Coran (s.4,171 – voir 2.6.2.3). Et ce qui est plus surprenant encore, c’est de lire dans les Homélies une formule qui n’est autre que la première partie de l’actuelle šahâdah musulmane et qui, comme pour cette dernière, est précédée par l’introduction : “ Je témoigne [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien][/sup] de ce que...  
    Dieu est 
un et il n’y a pas de dieu excepté Lui” [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien][/sup].

Cette formule se lit quasiment telle quelle dans le Coran, par exemple en s.6,102 – après un verset dirigé contre la foi chrétienne, ce qui ne surprendra guère –: 
    “Il n’y a pas de dieu sinon Lui (
lâ ilâha illâ Huwa)”. 
[…]


  • 2.6.1.3 La réponse chrétienne : "Dieu est Un et le Christ est Dieu"


Ceci éclaire sur ce à quoi s’opposait le complément apporté par les chrétiens de Syrie à l’affirmation de l’unité de Dieu (kai o Khristos – et le Christ [est Dieu] aussi) : la formule ancienne et simple de Eís Theos gravée sur les linteaux était devenue trop ambiguë. En effet, il fallait démarquer l’expression de la foi en Dieu Un, de l’affirmation polémique et antichrétienne de son unicité (Il n’y a de divinité que Dieu). Avec l’adjonction de “et le Christ aussi” ou de “et le Christ est Dieu, toute ambiguïté disparaissait – un tel souci est toujours actuel [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien][/sup].
Des inscriptions de ce genre, le P. Jullien en avait vues en Syrie plusieurs années avant Peterson ; il en a laissé ces descriptions :
Entre Alep, Antioche et Hamah... s’élèvent des ruines sans nombre... Le voyageur étonné s’y trouve au milieu d’une civilisation détruite... La plupart de ces maisons portent le monogramme du Christ gravé sur la façade, au-dessus de l’entrée principale.. Au-dessous du monogramme sacré se lit souvent une pieuse devise, quelquefois tirée des Livres Saints et toujours en grec. Le propriétaire d’une maison à El-Barah écrit sur sa porte : "Le Christ triomphe toujours" (Khristos aei nika). Un autre, à Roueilha, grave au linteau de sa porte une profession de foi à l’adresse des païens et des hérétiques du temps : "Il n’est qu’un seul Dieu et le Christ est Dieu" (Eis Theos kai Khristos Theos)” [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien][/sup].
Cette dernière formule bâtie en symétrie – Dieu est Un et le Christ est Dieu – est tout à fait remarquable. Dans sa concision et sa structure, elle semble répondre à une formule double, dans le genre des deux parties de la šahâdah islamique. De celle-ci, nous n’avons encore rencontré que la première partie ; la seconde mentionne Muḥammad. Mais primitivement, était-ce ce que cette seconde partie mentionnait ? 
[…]
S’il existait une 
šahâdah musulmane primitive, elle n’est pas celle d’aujourd’hui mais celle qui a été mise en lumière assez récemment, en particulier par l’étude de Solange Ory sur les premières épigraphies arabes non officielles [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien][/sup] (nous verrons plus loin une autre source) ; en voici la formulation la plus probable : 
   “Il n’y a de divinité que Dieu, 
pas d’associé à Lui” (Lâ ilaha illâ Llah, lâ šarîka lahu). 
[…]


  • 2.6.2.1 Une absence du prophétisme de Muḥammad (ou même de son nom)


[Dans les attestations de la šahâdah islamique primitive, la] seconde partie est inhabituelle : il y est seulement question de polémique anti-trinitaire. De fait, Solange Ory a montré qu’avant 735, les épigraphies "populaires" (épitaphe, graffito ou autre) ne portent jamais la šahâdah avec la formule : Muḥammad est le Messager [rasûl] de Dieu – ni même avec une formule équivalente –; on trouve au mieux quelques évocations du nom de Muḥammad avec parfois le titre de rasûl. Et ce qu’on trouve en fait de šahâdah est orienté contre les "associateurs". Dans les inscriptions officielles, la šahâdah actuelle se lit à peine plus tôt comme on va le voir, vers la fin du 7e siècle. 
[…]


  • 2.6.2.2 Deux attestations d’une šahâdah islamique trilitère

Ce qui nous intéresse ici, c’est le fait que la réception du prophétisme de Muḥammad ne passa pas immédiatement en milieu populaire. En toute logique, il fallait au moins le temps qu’une génération complète disparaisse, soit 40 ans [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien][/sup]. C’est justement le temps qui sépare les premières mentions du "Muḥammad rasûl" sur des monnaies des opposants au Calife, de l’estimation donnée par Solange Ory. Dans les milieux officiels également, le moment où Abd al-Malik récupère la référence au prophétisme de Muḥammad semble être distant de celui où ce prophétisme est reçu dans des inscriptions officielles hors de Damas, ou, en tout cas, le temps joue sur la manière dont ce prophétisme a été reçu : dans sa nouvelle formulation, la šahâdah ne paraît pas s’être diffusée sans résistances.
Car la formulation nouvelle (portant : Muḥammad est le Messager de Dieu) était supposée remplacer l’ancienne (portant : Pas d’associé à Dieu). Certains semblent l’avoir accepté de mauvaise grâce – c’est la première explication qui vient à l’esprit devant une šahâdah trilitère qui combine la formule de šahâdah primitive à celle d’aujourd’hui : 
    Il n’y a de divinité que Dieu, Lui, l’Unique (
Lâ ilaha illâ Llah wad-hu
    [et] il n’y a pas d’associé à Lui (
lâ šarîka la-hu
    [et] Muḥammad est le messager de Dieu (
Muḥammad rasûlu Llah)

Justement, une telle šahâdah trilitère est bien attestée par deux inscriptions officielles : 
• elle est inscrite par deux fois et exclusivement sous cette forme sur le pourtour du Dôme du Roc à Jérusalem, ce qui la date là d’autour de 695 (
les inscriptions de ce pourtour seront étudiées en 3.1.4.1.1), et 
• celle que l’on a découverte récemment à Bet Shean et qui est encore plus intéressante car elle est beaucoup plus tardive : il s’agit d’une mosaïque en deux parties 
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien][/sup], datée explicitement de l’année 738-739, et réalisée sous la responsabilité de l’autorité musulmane du lieu.

En d’autres mots, dans la première partie du 8e siècle, la šahâdah actuelle ne s’est pas encore imposée, et cela même dans des inscriptions tout à fait officielles.
Analysons l’aspect trilitère. La formule : “Muḥammad est le messager de Dieu ” apparaît à la troisième place ; elle vient en plus des deux premiers membres de la profession de foi. C’est-à-dire que cette šahâdah trilitère témoigne du passage progressif de l’ancienne šahâdah (en deux parties) à la nouvelle (en deux parties aussi). 
[…]


  • 2.6.2.3 Croyez en Dieu et en son Messie”. Une šahâdah judéonazaréenne ?

[…] 
      
Par ailleurs, on peut considérer que le passage est plus aisé d’une "profession de foi" trilitère formulée ainsi : 
    “Il n’y a de divinité que Dieu ; il n’y a pas d’associé à Lui ; 
Yšw est le Messie de Dieu”, 
à celle également trilitère de Beth Shean : 
    “Il n’y a de divinité que Dieu… ; il n’y a pas d’associé à Lui ; Muḥammad est le messager de Dieu” 
qu’à partir d’une formulation réduite aux deux seules premières parties. Mais il faudrait savoir ce qu’avait en tête l’autorité musulmane locale en 738-739 : faisait-elle de la résistance face aux nouveautés venues de Damas, ou avait-elle en mémoire une formule trilitère, ou encore les deux ensemble ?

Ce point devra être précisé dans l’avenir, mais l’hypothèse d’une "profession de foi" judéonazaréenne trilitère mérite d’être considérée. En ce qui concerne celle des Arabes gagnés au judéonazaréisme, il est très vraisemblable que la formule à deux parties ait toujours été la seule : “Il n’y a de divinité que Dieu ; pas d’associé à Lui, d’une part parce qu’elle s’opposait directement à la foi chrétienne des Arabes qu’il s’agissait de convaincre, et d’autre part parce que les Arabes n’étaient pas concernés directement par les démêlés avec les juifs rabbanites. De plus, la formulation binaire est celle qui convient à la langue et à l’esprit arabes. 
[…]


  • 2.6.2.4 La nouvelle šahâdah et la reformulation de la dialectique

La šahâdah musulmane s’accompagnait d’une reformulation de la dialectique. Remarquons d’abord que l’affirmation du prophétisme de Muḥammad rendait inutile la deuxième partie de la šahâdah telle qu’on la voit encore sur l’inscription de Bet Shean : “pas d’associé à Lui. Tout est dit en deux phrases : "Il n’y a de divinité que Dieu, Muḥammad est le Messager de Dieu", à la fois l’opposition à la foi chrétienne et celle envers les rabbanites – qui, s’ils peuvent accepter la première partie de la profession, rejettent l’idée d’un prophète autre que celui qui doit précéder le Messie, de surcroît s’il est arabe. 
[…]

En conclusion [de la section 2.6] il apparaît que la biographie habituelle de Muḥammad mérite d’être totalement reconsidérée, ce qui sera fait dans la 3e Partie. Comme l’a écrit Alfred-Louis de Prémare :
Ceux-ci [les biographes musulmans], pour une large part, bâtirent cette biographie en vue d’expliquer différents passages du Coran. Il est difficile de la prendre en compte aujourd’hui” [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien][/sup].
Fin des extraits
_________________________________________
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]Voir par exemple sourate 2:116 : “Et ils ont dit : Dieu s’est donné un enfant” ! Gloire à Lui ! Non !” ; 4:171b : “Il est trop glorieux pour avoir un enfant” ; etc. Notons que le Coran utilise systématiquement le terme walad (enfant-enfanté) à la place de celui de ibn (fils au sens large) qu’emploient les chrétiens. Voir aussi 4:171b et 5:116 concernant l’accusation explicite de trithéisme.
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]La formule : “ Je témoigne de ce que...” formera en effet l’introduction de la šahâdah musulmane.
Elle est très courante, précisent Crone et Cook, dans les textes samaritains pré-islamiques. Comme en Islam, elle est considérée comme un témoignage”.
Une contamination après-coup de ces nombreux textes "samaritains" par une influence musulmane est très improbable (Patricia CRONE & Michael COOK, [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien], 1977, p.170-171 / renvoi à Ben-Hayyim, The Literary and Oral Tradition of Hebrew and Aramaïc amongst the Samaritans, vol.iii, 2, Jerusalem, 1967).
Notons que la qualification de "littérature samaritaine" est trop large ; elle devrait être précisée.
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]“Eis estin o Theos kai plên autou ouk estin Theos”, Hom. pseudoclém., 16, 7.9 : cette šahâdah est mise dans la bouche de Pierre ; les apologistes chrétiens accusant la gnose d’avoir Simon le Magicien comme père, celle-ci réplique ici en faisant nier la foi apostolique par Pierre et en attribuant à Simon les positions pauliniennes.
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]Les chrétiens moyen-orientaux ajoutent toujours à la formule du signe de croix la précision Dieu Un, afin de répondre aux accusations musulmanes d’associer à Dieu une créature autre que Dieu.
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]Jullien M., Sinaï et Syrie, Lille, DDB, 1893, p.215-216.
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]Cette étude, trop peu connue, porte essentiellement sur des graffiti : Ory Solange, Aspects religieux des textes épigraphiques du début de l’Islam in REMMM, Aix-en-Provence, n° 58, Edisud, 1990 /4, p.32.
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]Un même phénomène de réception à retardement se manifestera lors de chaque développement ultérieur du récit de la "Révélation", de même qu’à toute nouvelle modification du Coran (voir 3.2.2.3).
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]Cette mosaïque provient des fouilles réalisées à Bet Shean en Israël, en 1996-1997. Cf. Khamis Elias, Two wall mosaic inscriptions from the Ummayad market place in Bet Shean/ Baysân, in Bulletin of the School of Oriental and African Studies, Univ. of London, Cambridge Univ. Press, vol.64 /2, 2001, p.159-163.
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]Prémare A.-L. de, Les fondations de l’Islam. Entre écriture et histoire, Paris, Seuil, 2002, p.10.
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Re: Islam, selon...

Message  Arlitto le Dim 7 Aoû - 18:04

INVENTION DE L'ISLAM : LA FICTION DANS LE CORAN.

Moïse est cité 136 foisAbraham 139 foisJésus 36 foisMarie 34 fois. Et Noé 33 fois (Le déluge est aussi un mythe mésopotamien). Le Coran utilise 41 fois, l'expression « fils d'Israël ». Plusieurs citations sont directement recopiées d'ouvrages bibliques. Une centaine de passages viennent du Talmud (Commentaires rabbiniques datant de l'époque de Jésus).
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]

Photo : Une fiction du paradis charnel, était véhiculée pour encourager de tuer et de se faire tuer pour reconquérir Jérusalem pour le compte des rédacteurs juifs des feuillets nazaréens, ainsi, rejoindre directement le paradis charnel. 
La sourate 2 est directement recopiée de la Bible et des midrashim. Les sourates 20 et 26 contiennent 21 versets recopiés du pentateuque (5 premiers livres de l'ancien testament) … Comme les versets sur Moïse. Qui peut, donc, doter, de l'origine juive du Coran ?
[Si on a un minimum de connaissance biblique, en lisant le Coran, on voit très bien qu'il y a de l'aspiration juive la dans, évidemment, du début de la Bible hébraïque et non de la totalité de la Bible hébraïque].
Le Coran ajoute un nombre impressionnant des superstitions. Le mot [âya] signifie [divin] est employé 382 fois. Il cite 88 fois les [malaks (sorte d'esprits)], 88 fois les Satans29 fois les Djinns (créatures hybrides bonnes ou mauvaises), 11 fois le Diable et 50 fois les Démons.
[On est dans un conte très moyenâgeux. Les djinns sont des croyances très moyenâgeuse : Votre mari peut devenir un Djinn et vous trompe, votre patron peut se transformer en Djinn etc … On est dans les délires. Surtout dans les hadiths, les commentaires du Coran, on est en plein délire des contes moyenâgeux. Un conte moyenâgeux peut être magnifique, un conte moyenâgeux ne peut pas être une religion].
Les musulmans vivent dans un monde empli de fantômes, et sont obligés de se protégés par des rituels, développant des troubles obsessionnels compulsifs.
[C'est pour ça que les musulmans sont les plus superstitieux du monde et il semblerait que les musulmans sont encore plus superstitieux que les Hindous].
En additionnant 382 signes divins88 signes malaks88 signes de Satan29 signes de Djinns11 signes de Diable et 50 signes de Démons et quelques ogres coraniques, on arrive à 650 références se rapportant à des perceptions fantasmatiques de la réalité. Plus des centaines d'appels à la haine : Prendre le Coran pour une vérité, c'est vivre das un conte moyenâgeux, devenir schizophrène, s'éloigner de Dieu et courir le risque de perdre son âme.
[La Coran est très polythéistes, ils ont hiérarchisés les diables, les démons.Il y a des divinités, toutes sortes d'esprit. Il y a la guerre entre Allah (le Dieu de la lune qui a vaincu le Dieu de la foudre) avec les anges, les djinns, les démons etc … C'est pour cela l'islam est très très proche de l’hindouisme en terme de superstition].
[Il y a même des ogres coraniques, on est loin de la réalité scientifique, les appels à la haine ne concernant pas uniquement le Coran, on les trouve, également, dans les hadiths, dans la Charia .. Beaucoup, beaucoup de haine de l'autre. Il suffit de voir, les gens qui appliquent le plus le Coran dans la pratique, sont les gens les plus sataniques de la planète].

AUTRE EXEMPLE DE FICTION
« Ö Jésus, dès le berceau, tu parlais aux hommes comme un vieillard … Tu crées de terre, une forme d'oiseau … Tu souffles en elle, et elle est oiseau … ». [Coran 2:110].
Cette idée est répétée : « Je vais pour vous, dit Jésus, créer l'argile comme une forme d'oiseau. Je souffle en lui et il est oiseau ! ». [Coran 3:48] répété en [Coran 4:171].
Ce conte de fée coranique, dont aucun chrétien moderne n'a entendu parler, devrait beaucoup plaire au scribe. Quel prestidigitateur ce Jésus !
Cette idée est reprise du livre de Enoch : « Mathusalem dit à son père Enoch + Mon fils vient d'avoir un fils qui ne lui ressemble nullement +… Et aussitôt, après, qu'il est sorti des mains de la sage femme, il a ouvert la bouche et béni le seigneur ».
L’Évangile du pseudo Thomas, venu d'une source syriaque antérieure à l'an 400, eut un retentissement considérable : Il fut traduit en grec, latin, géorgien, slavon, arménien. Ce livre a servi d'inspiration pour le « livre arménien de l'enfance » et l’« Évangile arabe de l'enfance », encore plus extravagants, qui ont servi de base pour rédiger des sourates …
[C'est-à-die, on a rédigé des sourates à partir des romans populaires, ils ont pris des romans populaires et ils ont rajouté dans un livre religieux. On n'est même pas dans le cadre de la mythologie mésopotamienne, comme l'a fait la Bible qui reprend les termes égyptiens et mésopotamiens, dans le Coran, on est carrément dans les fictions, dans les fables qui circulent].

FICTION CONCERNANT LES CHRÉTIENS
Je crois utile de faire connaître à nos frère d'origine païenne, les actions enfantines de notre seigneur Jésus-Christ … « Ayant pris la terre glaise, Jésus pétrit 12 petits moineaux. C'était un jour de Sabbat. Une foule de gamins jouait avec Jésus. Un juif voyant à quoi s'occupait Jésus ce jour-là, s'empressa de tout apporter à son père. Joseph se rendit dans les lieux et gronda son fils Jésus : Pourquoi te livres-tu à des activités interdites le jour de Sabbat ? Mais Jésus frappa dans ses mains et cria aux oiseaux : Partez ! Les oisillons déployèrent leurs ailes et s'envolèrent en pépiant ».
[là on est dans les milles et nuits, les arabes adorent ça, mais on n'est pas dans la religion]
Dans le même texte : « Jésus dessèche sur pied, un enfant qui le contrarie, puis tue un enfant qui le bouscule. Il humilie son maître, rallonge par la magie, une poutre pour son père charpentier, libère un enfant transformé en âne ». Vieux conte d'Apulée où le jeune homme est délivré du maléfice par Isis.
[C'est vraiment un Jésus mauvais, et tueur. Tout le monde connaît le conte d'Apulée, la version moderne c'est Pinocchio. Est-ce-qu'on peut mettre ça dans un livre religieux et l'attribué à Jésus ? Est-ce- qu'on peut mettre dans un livre religieux, des fictions qui circulent ? C'est ce que les musulmans ont fait, longtemps après l’existence du supposé Mahomet, puisqu'ils étaient ignorants de tout, de la Bible, ils ont ramassé tout ce qui traînait et comme ils avaient aucune connaissance du christianisme, aucune connaissance intérieure de la spiritualité juive, ils ont fait du Coran une compilation de Patch Box].
Ces sources expliquent, pourquoi durant les premiers siècles de l'Islam, les chrétiens voyaient les maures (mauritaniens) et les sarrasins (Saracènes syriens ou arabes des tentes), comme des chrétiens hérétiques ou des juifs hérétiques.

INVENTION TARDIVE DE LA FICTION
J. Wansbrough a montré que :
« Les traditions biographiques sur le prophète de l'Islam sont en grande partie composées ou recomposées ... Elles reflètent ce que leurs auteurs, appartenaient à un milieu de clercs spécialisés, estimant devoir présenté de la figure de l'+ envoyé de Dieu + et la + destination singulière + de la communauté qu'il avait fondée. L'écriture est mise sous le couvert de la tradition sur des événements présentés comme historique, mais, elle consiste en fait, (à mettre en image des allusion du Coran) sous la forme de la + circonstance de la révélation + ».
« La tonalité dominante dans ce qui va devenir le Coran, est celle d'une apologétique ou d'une polémique … En, l’occurrence, l'intention est celle d'un milieu producteur des textes, dont les auteurs écriant deux siècles après, les événements rapportés, sont animée par le sentiment de leur appartenance à une communauté nouvelle, soucieuse de promouvoir et de défendre sa singularité propre contre d'autres communautés ».
[la polémique engagée, c'est-à-dire se disputer et argumenter avec les autres croyances, c'est ce qui se passe dans le Coran]
Traduction : Des scribes, eux siècles après les supposés faits, inventent le contexte des sourates, en inventant la vie de Mahomet, car, ils ne veulent être Agarènes [1] ou Ismaéliens [2]. Ils rejettent, l'autorité de leurs rabbins et égorgent les juifs. Ils ont conquis Jérusalem pour le compte des juifs et continuent leur razzias à leur propres comptes.
[Là c'est évident pour les chercheurs, pour les islamologues, il y a vraiment une piste, car en aucun cas, avant cela, jusqu'à la conquête de Jérusalem, il ne pouvait y avoir des sourates antisémites ou des hadiths antisémites. Ce qui a pu apparaître, bien longtemps après, lorsque les « pas encore musulmans » ont créer leur propre identité et ont voulu se séparer complètement de leur identité juive ismaélite pour devenir eux-même les descendants des fondateurs, c'est-à-dire Abraham et Moïse].

NOTE :
][1] Agarène veut dire descendant d'Agar
[2] Ismaéliens veut dire descendant d’Ismaël
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Re: Islam, selon...

Message  Arlitto le Dim 7 Aoû - 18:05

Le livre de Mormon

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Titre de l'édition originale : THE BOOK OF MORMON
Copyright de l'édition originale : Corporation of the president of the church of jesus-christ of latter-day saints, salt lake city, Utah, USA.
Copyright de la traduction Française : Eglise de Jésus Christ des saints des derniers jours, Torcy, France, 1985.
Première édition anglaise publiée en 1830.
Première édition Française publiée en 1851.
ISBN 2-903879-12-5
Cet exemplaire a été donné gratuitement par des missionnaires mormons en 1993.
La version française de ce livre est disponible sur le site [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien], page [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]
D'où vient Le Livre de Mormon et que raconte-t-il ?
Selon les adeptes du prophète Joseph Smith, Le Livre de Mormon est un volume d'Écritures saintes comparable à [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]. Il serait le compte rendu des relations de Dieu avec les anciens habitants de l'Amérique et contiendrait la plénitude de l'Évangile éternel.
Il aurait été écrit, par l'esprit de prophétie et de révélation, par beaucoup de prophètes du temps passé. Leurs paroles, écrites sur des plaques d'or, auraient été citées et abrégées par un prophète et historien du nom de Mormon. Les annales parleraient de deux grandes civilisations. L'une serait venue de Jérusalem en 600 av. J.-C. et se serait séparée plus tard en deux nations, appelées Néphites et Lamanites. L'autre serait arrivée beaucoup plus tôt, quand le Seigneur aurait confondu les langues à la tour de Babel. Ce groupe porte le nom de Jarédites. Après des milliers d'années, tous auraient été détruits à l'exception des Lamanites, qui seraient les principaux ancêtres des Indiens américains.
L'événement culminant du Livre de Mormon est le ministère que le Seigneur Jésus-Christ aurait exercé en personne, peu après sa résurrection, parmi les Néphites. Le texte expose la doctrine de l'Évangile, décrit le plan du salut et dit aux hommes ce qu'ils doivent faire pour obtenir la paix dans cette vie et le salut éternel dans la vie à venir.
Après avoir terminé ses écrits, Mormon aurait remis le récit à son fils, Moroni, qui aurait ajouté personnellement quelques paroles et aurait caché les plaques dans la colline de Cumorah. Le 21 septembre 1823, ce même Moroni, qui était alors un être glorifié et ressuscité, serait apparu à Joseph Smith, le prophète, et lui aurait donné des instructions concernant les antiques annales et la traduction qui devait en être faite en anglais.
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] le musulmanien et Joseph Smith l'américain
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien], l'ange
et ses révélations
Joseph Smith, l'être ressucité
et ses révélations

     Selon le « prophète » [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien], tout a commencé au début de l'an 600.
Tandis que [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] était dans l'entrée d'une grotte, occupé à méditer, un personnage parut sur l'horizon. Il se tenait dans l'air.
Il était immense et couvrait le ciel.

Selon le « prophète » Joseph Smith, tout a commencé au début de l'an 1800.
Tandis que Joseph Smith était dans sa chambre, occupé à invoquer dieu, tout à coup un personnage parut à côté de son lit; Ses pieds ne touchaient point le sol, il se tenait dans l'air.
Il était glorieux au delà de toute description, et son visage était véritablement comme l'éclair.

     L'Ange appelle [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] par son nom et lui explique qu'il est un ange envoyé par dieu vers lui, et que son nom est Gabriel.

L'être lumineux appele Joseph smith par son nom et lui dit qu'il est un messager envoyé d'auprès de dieu vers lui, et que son nom est Moroni.

     [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] va apprendre qu'il existe un livre caché quelque part dans le ciel et contenant la vérité telle qu'elle avait été donnée par dieu à l'origine.

Joseph Smith va apprendre qu'il existe un livre caché quelque part en amérique, écrit sur des plaques d'or, donnant l'histoire des anciens habitants de l'amérique et contenant la vérité telle qu'elle avait été donnée par dieu à l'origine.

     Cela serait en rapport avec [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien].

Cela serait en rapport avec [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien].

     [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] apprendra en outre que [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] disposée au coin de [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] est importante, qu'il faut continuer le pélerinage des temps anciens et l'emploi de cette pierre, et que dieu a préparé [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] pour les adeptes du livre.

Joseph Smith apprend en outre que deux pierres sont disposées avec les plaques et que ce qui faisait les voyants dans les temps anciens était l'emploi de ces pierres, et que dieu avait préparé les deux pierres pour la traduction du livre.

     Et surtout, [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] va apprendre que c'est lui, et lui seul, qui a été choisi pour voir l'ange gabriel, répéter ses paroles et diffuser les "Révélations" au monde entier...

Et surtout, Joseph Smith va apprendre que c'est lui, et lui seul, qui a été choisi pour voir ces plaques, les traduire et diffuser les "Révélations" au monde entier...

     La ville où se déroulent ces révélations est [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien], en Arabie. Tout près est située une colline, la plus élevée de toutes celles du voisinage.

Le village où se déroulent ces révélations est Manchester, dans le comté d'ontario de l'état de New-York. Tout près est située une colline, la plus élevée de toutes celles du voisinage.

     Régulièrement, [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] vois le messager et il reçoit, à chacune de ses entrevues, des instructions et des renseignements sur ce qu'Allah souhaite, sur la manière dont son royaume doit être dirigé.

Régulièrement, Joseph Smith vois le messager et il reçoit, à chacune de ses entrevues, des instructions et des renseignements sur ce que le Seigneur souhaite, sur la manière dont son royaume doit être dirigé.
Le 22 septembre 1827, il reçoit l'ordre de porter les plaques d'or chez lui.

     Aussitôt que [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] eut des adeptes en nombre conséquent, ses concitoyens déployèrent les efforts les plus énergiques pour lui nuire. On eut recours à tous les stratagèmes qui se peuvent inventer dans ce but. La persécution devint plus violente et plus acharnée qu'avant, quand il se contentait simplement de psalmodier ses histoires, et des multitudes étaient continuellement aux aguets pour dissuader ses adeptes.

Aussitôt que cette histoire d'or fut connue, ses concitoyens déployèrent les efforts les plus énergiques pour tenter de lui voler les plaques. On eut recours à tous les stratagèmes qui se peuvent inventer dans ce but. La persécution devint plus violente et plus acharnée qu'avant, quand il se contentait simplement de raconter son histoire, et des multitudes étaient continuellement aux aguets pour les lui enlever.

     Jusqu'à ce que les habitants de [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] tentent de l'assassiner.
Mais par la sagesse d'Allah, sa vie fut protégée, il put continuer ses révélations et c'est ainsi que [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] fut publié.

Mais par la sagesse de dieu, les plaques furent protégées, il put continuer leur traduction et c'est ainsi que [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] fut publié.

Il est démontré que ce livre, fondateur de la religion des mormons, est un [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien].
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] a parfaitement pu en faire autant pour son [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] fondateur de l'islam, plagiant simplement [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien].
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Re: Islam, selon...

Message  Arlitto le Dim 7 Aoû - 18:06

Les mots arabes d'origine persane

Sources bibliographiques :
– Guemriche, S., Dictionnaire des mots français d'origine arabe, 2007, Seuil.
– Kazimirski, A. de Biberstein, Dictionnaire arabe-français, 1860. (En ligne).
– Nourai, A., An Etymological Dictionary of Persian, English, and other Indo-European Languages. (En ligne).
– Rajki, A., Arabic Etymological Dictionary, 2002. (En ligne).
– Reig, D., Dictionnaire arabe-français français-arabe « As-Sabil », Librairie Larousse, 1983.
– Wehr, H., A dictionary of modern written arabic, edited by J. Milton Cowan, Cornell University Press, 1966. (Et en ligne).
– The American Heritage Dictionary of the English Language : Fourth Edition, 2000, Semitic Roots. (En ligne).

أستاذ
ʾustāḏ : “maître ; professeur”, de ostād 
Remarque : le mot persan relève du riche thème indo-européen *stā-, "être debout", tout comme le français instituteur. (Voir la grande famille [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]).

إسفانخ
ʾisfānaẖ : “épinard”, du moyen persan aspinag
Remarque : on trouve aussi la variante isbānaẖ dont Reig ne donne que le pluriel sabāniẖ 

أملج
amlaǧ : “amla (arbre d’Asie tropicale, Phyllanthus emblica)”, du persan āmoleh, du sanskrit amalaka, āmlak, même sens.

أنبار
ʾanbar : “magasin, entrepôt, dépôt”, du persan anbār, et ce dernier de l’avestique ham-par, même sens (IE *sem-, « un, même » + *pelə-, « plein, remplir »).

بابونج
bābūnaǧ : « camomille », du moyen persan babunag

بادزهر
bādzahr : “contrepoison, bézoard”, du persan pādzahr, de l'avestique paiti-jathra, même sens. (IE *gʷʰen-, “frapper, tuer”)
Remarques : 
- Le mot est chez Kazimirski mais ni chez Wehr ni chez Reig. Guemriche lui consacre deux pages (198-9).
- Le mot français est un emprunt de la forme maghrébine bezuwār.

باذنجان
bāḏinǧān : “aubergine”, de badenjan
Remarque : pour en savoir plus sur ce mot, en fait issu du sanskrit via le persan, voir le "mot du jour" [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

باز
bāz : “faucon, autour”, du persan bāz, de l’avestique vaza, même sens.

ببغاء
babġāʾ : “perroquet” 
(Voir le "mot du jour" [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien])

برجيس
Birǧīs : “Jupiter (planète)”, de Berjis

بركار
birkār : “compas”, de pargār 
Remarque : d’après Nourai, on a à l’origine la composition des deux thèmes IE *per-, “autour” et *kʷer-, “faire, former”, donnant l’avestique pairi-kara, “tourner autour”, d’où est issu le persan pargār, “compas”.

برنامج
barnāmaǧ : “programme”, du moyen persan barnamag

بستان
bustān : “jardin”, de bostan 

بفتة
bafta : “calico”

بقشيش
baqšīš : “pourboire”, de bachshesh

بلخش
balaẖš : “rubis balais”, de Balaẖš(an), nom d’une province du nord de l’Iran, où abonde cette pierre précieuse.

بلّوط
ballūṭ : "chêne", du vieux persan balūṭ, "chêne, gland". (Cf. esp. bellota, « gland du chêne ».)
Remarque : à l’évidence, Rajki commet la double erreur de rattacher ce nom d’arbre à une racine sémitique blṭ et de faire dériver le persan de l'arabe.

بندر
bandar : “mouillage, port, rade, capitale de district, centre commercial”, du persan bandar, même sens, de l’avestique banda, “lien” + dvar, duvara, “porte” (IE *bʰendʰ-, attacher, lier” + *dʰwer-, “porte”, cf. angl. door).
Voir darb.

بنفسج
banafšaǧ : “violette”

تاج
tāǧ : “couronne, diadème, tiare”, du persan tāj, même sens.
Remarques : 
- le français tiare est effectivement issu du même mot via le grec τιάρα [tiara]. 
- le persan tāj se rattache au thème IE *(s)teg-, « couvrir » (> fr. toit, tuile, toge, etc.).

تخت
taẖt : “lit à baldaquin ; trône”

تختة
taẖta : “planche”
Remarque : ce mot et le précédent sont issus de l’avestique taš, “couper, sculpter” (IE *teks-, “sculpter dans le bois, fabriquer à la hâche”, fr. architecte, technique, etc.).

ترنج
turunǧ : “cédrat”, de toranj 
Remarque : Reig donne turunǧi, “serin (oiseau)” et turunǧān, “mélisse”...
(Voir le "mot du jour" [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien])

تنبك
tanbak ou tunbuk : “tabac” 
Remarques : 
- Rajki orthographie tumbak et Reig donne aussi tunbāk 
- Pour des raisons historiques et géographiques, il est douteux que ce mot d’origine caribéenne soit entré dans la langue arabe par l’intermédiaire du persan. C’est probablement plutôt le contraire qui a dû se produire.
- Avec le même sens, l’arabe a aussi le mot tibġ que Rajki pense issu de l’allemand Tabak.

تنكة
tanaka : “boîte en fer blanc, bidon, jerrican”, de tonok, “fin, mince, petit”.
Remarques : 
- C’est bien ainsi que s’appelle en Égypte la petite casserole servant à préparer le café turc.
- Le lien sémantique entre l’adjectif tonok et le nom tanaka n’est pas très clair : d’après Nourai, qui ne dit rien de cet éventuel lien, tonok est issu du sanskrit tanuka, « ténu, mince, fin, doux » (IE *ten-, « tendre, étendre, étirer », voir la grande famille [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]). 
- Reig vocalise tanka. Fred (Babélien) se demande si ce mot ne proviendrait pas du gujarati ટાંકી /ṭāṅkī/ "bassin, réservoir", étymon du mot anglais tank, "réservoir". 

جام
ǧām : “bol, coupe, gobelet” 

جاموس
ǧāmūs : “buffle”, de gavmish 

جاه
ǧāh : “dignité, honneur, puissance, prestige, rang”, de gāh, “place, position, rang”, de l’avestique gāt, “place, siège, trône”.

جاودار
ǧāwadār : “seigle”, de chavdar 
Remarque : ǧaudar chez Rajki

جزر
ǧazar : “carotte”, de gazar

جناح
ǧunāḥ : “crime, péché, délit”, de gonah 

جند
ǧund : “armée, troupe”, de gund 

جورب
ǧawrab : “bas, chaussette”, de ǧūrb, kūrb, même sens.

جوز
ǧawz : “cœur, milieu ; noix”, de gouz 

جوهر
ǧawhar : “bijou, joyau, pierre précieuse ; matière, substance ; essence, quintessence”, de gouhar 

خاتون
ẖātūn : “grande dame, lady”, du vieil iranien.

خام
ẖām : “brut, non raffiné, écru” 

خان
ẖān : “caravansérail, taverne ; khan (titre honorifique)” 
Remarque : pour Fred (Babélien), il s'agit d'un emprunt au turco-mongol. 

خرسانة
ẖarasāna : “béton, béton armé”, de char-sang

خنجر
ẖanǧar : “dague, poignard” 

خندق
ẖandaq : “fossé, tranchée, retranchement”, de kandak 

خيار
ẖiār : “concombre”

داغ
dāġ : “marque (sur un animal)” 

دبّج
dabbaǧa : “decorer, orner”, du moyen persan debag, “brocart”

درب
darb : “ruelle, passage”, du persan darband, “lieu clos, enclos”, de l’avestique dvar, duvara, “porte” (IE *dʰwer-, “porte, entrée”). Voir bandar.

درز
darz : “couture, suture, piqûre” 

دستور
dustūr : “charte, constitution, statut”, du persan dastūr, “histoire, prêtre, agenda”, du pehlevi dast-var, “juge, prêtre”, de l’avestique dāto-vare, “porteur de jugement, juge” (IE *dʰē-, “poser, placer” + *bʰer-, “porter” ; voir grandes familles [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] et [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]). 

دمّل
dummal : “abcès, furoncle, bouton”, du persan donbal, “abcès”, dérivé de donb, dom, “queue”, de l’avestique duma, “queue”.

دهليز
dihlīz : “entrée, vestibule, corridor, galerie” 

دولاب
dūlāb : “armoire ; roue, cerceau, molette”, du moyen persan *dol-ab, “seau d’eau”

ديدبان
daydabān : “garde, sentinelle”, de dide-ban

دين
dīn : “religion, croyance, confession religieuse”, du pehlevi dīn, même sens, et celui-ci de l’avestique daěna, « intuition, idée, religion » (IE *dʰeie-, « voir »)
Remarques : 
- Du thème IE *dʰeie-, « voir » sont également issus le grec σημα [sêma], « marque, signe » (> arabe sima, même sens), et le français zen, issu du sanskrit.
- Il y a dīn et dīn dīn, “jugement” (ainsi que madīna, « ville ») est d’origine akkadienne, donc sémitique. La locution yawm ed-dīn, "le Jour du Jugement", n'est qu'une variante de yawm ed-daynūna, du verbe dāna, "emprunter ; condamner, juger". C’est donc à tort que Wehr et Reig (et d’autres, probablement) placent cette locution sous dīn, "religion". 

رزق
rizq : “pain quotidien, subsistance, vivres”, du moyen persan rozig 

رفّ
raff : “étagère”

روزنامة
rūznāma : “éphéméride, almanach”, de ruz-name

روشن
rawšan : “lucarne, hublot”
Remarque : Reig donne aussi la variante rawzana

زاغ
zāġ : “corneille”, de zaghi 

زرنيخ
zirnīẖ : “arsenic”, de zarnīẖ, même sens, de l’avestique zarena, “doré, jaune” (IE *gʰel-, “briller, or”, cf. angl. yellow, gold)

زنبرك
zanbarak : “ressort”
Remarque : Reig vocalise zunburuk ou zunburak 

زنبق
zanbaq : “lys, iris”, du moyen persan zambag

زنجر
zinǧir : “chaîne”, de zanjir

زنجي
zanǧiy : “nègre, noir”, du moyen persan zangig

زنديق
zindīq : “athée, incroyant”, du moyen persan zandik

زنزلخت
zanzalaẖt : “arbre à chapelets, mélia”, de aza-deracht 

زور
zūr : “mensonge, fausseté”, du pehlevi zūr, même sens, de l’avestique zūrah, “tromper, mensonge”.

زيبق
zaybaq : “mercure”, du pehlevi zivandaq, “(métal) vivant, mercure”, de l’avestique jiva, “vivant” (IE *gʷei-, “vivre”. Voir la grande famille [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]).

سبت
sabat : “panier”, de sabad

سراج
sirāǧ : “lampe, lumière”, du pehlevi cīrāǧ, “lampe”, via l’araméen.

سراي
sarāy : “palais, sérail”, de saray
(Voir le “mot du jour” [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien])

سربال
sirbāl : “chemise”, de serwal 

سرجين
sarǧīn : “fumier”, du moyen persan sargen
Remarque : Reig ignore ce mot que Wehr vocalise sirǧīn 

سرداب
sirdāb : “cave ; cul de basse-fosse ; sous-sol ; galerie ; souterrain”, de sard-ab (eau froide)

سرو
sarw : “cyprès”, de sarw 

سروال
sirwāl : “caleçon, culotte, pantalon”, de shalwar
Remarque : Rajki orthographie sarwar 

سفتجة
suftaǧa : “traite ; devise ; lettre de change”, de safte

سمكري
samkari : “ferblantier”

سمنجنيّ
samanjuniy : “bleu ciel”, composé de arabe samāʾ (ciel) + persan juni (coloré)

سوس
sūs : “réglisse, jus de réglisse”

شادر
šādir : “tente”, de chador

شال
šāl : “châle, foulard”, de shal 

شاهين
šāhīn : “faucon pélerin, crécerelle”, de shahen 

شرشف
šaršaf : “nappe, drap”, de chador-shab 

شربة
šurba : "soupe", de shorba 
Remarque : voilà une étymologie qui surprendra plus d'un arabisant ! Voir discussion dans le "mot du jour" [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

طازج
ṭāziǧ : “frais (pain), tendre, du jour”, de taze 
Remarque : Rajki donne la prononciation égyptienne ṭaza 

طاس
ṭās : “tasse” 
Remarque : probablement du même étymon avestique que taẖt et taẖta (voir plus haut).

طاقة
ṭāqa : “arche, arcade, arceau, croisée, cintre, fenêtre”

طباشير
ṭabāšīr : “craies” 
Remarque : Le singulier est ṭabšūra ; Rajki donne le pluriel. Est-ce parce que le singulier persan ressemble à un pluriel arabe ?

طبنجة
ṭabanǧa : “escopette, tromblon”, de tapanche 

طربوش
ṭarbūš : “chéchia, tarbouch”, de sar-push

طرز
ṭarz : “type, forme, manière, façon, etc.”, de tarazu 

طرشي
ṭuršiy : “légumes au vinaigre, pickles”

طنجرة
ṭanǧara : “casserole” 

فرس
Furs : “La Perse, les Persans ” 

فستق
fistiq : “pistache”, du pehlevi bistak via le persan pesteh
Remarques : 
1. Reig vocalise fustuq et donne en regard “arachide, cacahouète”, puis fustuq ḥalabiy, “pistache”.
2. Le français pistache est un emprunt à l'italien du Nord pistacio, du latin pistacium, emprunté au grec πιστάκιον [pistakion], « pistache », dérivé de πιστάκη [pistakê], « pistachier ». Le grec est, comme l’arabe, probablement d’origine persane.

فنجان
finǧān : “coupe, tasse”, de pangan 

فهرس
fihris : “catalogue, index, table des matières, répertoire”, de fehrest

فولاذ
fūlāḏ : “acier, acier trempé”, de pulad 

فيروز
fayrūz : “bleu-vert, turquoise”, de piruz 

قربة
qirba : “outre”, de *qir-ab
(Voir le mot du jour [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

قزّ
qazz : “soie grège ; ver à soie”, du vieux persan kaz, “soie grège”, via le pehlevi et le persan.
Remarque : plutôt que le nom de la ville de Gaza, ce mot est probablement l’étymon du français gaze.

قفطان
qufṭān ou qafṭān : “cafetan”, de l’iranien kaftān, vêtement de guerre molletonné.

قنبلة
qunbula : “bombe”, de chompare

قندق
qandaq : “tonneau”, de qondaq
Remarque : c’est la traduction de Rajki. Mot absent chez Reig. Wehr vocalise qunduq et donne comme traduction “gunstock, rifle butt”, c’est-à-dire “crosse de fusil”...

كار
kār : “métier, occupation, profession, travail”

كدّى
kadda : “mendier”, du persan gedā, “mendiant”, de l’avestique gad, “demander, supplier” (IE *gʷʰedʰ-, même sens)

كرفس
karafs : “céleri” 

كركدّن
karkaddan : “rhinocéros”, de kargedan

كشك
kušk : “édicule, kiosque, stand, pavillon, tonnelle”, de kušk, “pièce située au dernier étage d’un palais”.

كعكة
kaʿka : “cake”, du persan kak, “pain rond, sec et dur”, de l’araméen kak ou gag, même sens.

كمر
kamar : “ceinture à gousset” 

كندر
kundur : “encens” 

كنز
kanz : “trésor”, du pehlevi ganj , même sens.
Remarque : Nourai considère kanz comme l’étymon de la racine ẖzn, “entasser, emmagasiner, stocker”.

كهربا
kahrabā : “ambre jaune / doré ; succin”, de kah-ruba

كيكة
kayka : “œuf”, du moyen persan

لعل
laʿl : “rubis ; styrax”, de la-la (brillant) 

مائدة
māʾida : “table (à manger)”

مجوسي
maǧūsiy : “mage ; mazdéen” 
(Voir le mot du jour [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien])

مردقوش
mardaqūš : “marjolaine”, de marzangush
(Voir le mot du jour [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

مرزبان
marzubān : “gouverneur de province, satrape” 

مهر
mahr : “dot ; enjeu ; prix (fig.) ; rançon ; sceau, signet, tampon”, de mohr 

نارجيل
narǧil : “cocotier”, du moyen persan nargel
Remarques : 
- Reig vocalise naraǧil 
- Le persan provient du sanskrit नारिकेला /nārikelā/ (Fred) 

نرجس
narǧis : “narcisse”, du moyen persan nargis
Remarques : 
- Il existe une variante nirǧis
- Le nom de Νάρκισσος [Narkissos], « Narcisse », héros de la mythologie grecque, est donc probablement d’origine persane.
(Voir le mot du jour [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

نرد
nard : “dé à jouer ; trictrac”

نشا
našā : “amidon, fécule, empois”, de neshaste

نشادر
nušādir : “ammoniaque”, de nashador 

نموذج
numuḏaǧ : “échantillon, exemple”, du moyen persan namunag
Remarque : Reig vocalise namuḏaǧ 

نيشان
nīšān : “but, cible ; décoration, médaille, ordre”

هاون
hāwun : “mortier”, de hawan

هليلج
halilaǧ : “myrobalan ; phyllanthe”, du moyen persan halilag
Remarque : Reig donne halilaǧ comme variante de halaǧ 

هندسة
handasa : “géométrie, architecture, ingénierie”, du moyen persan handazag

هندمة
handama : “arrangement, harmonie”, du moyen persan 
Remarque : Reig donne handama comme variante de hindām

وزير
wazīr : “ministre, vizir”, du moyen persan wazir
Remarque : d’après Nourai, l’histoire de ce mot est un peu plus complexe. Au départ, on a la composition des deux thèmes IE *wi-, “séparer” et *kʷer-, “faire, former”, donnant l’avestique vī-čira ou vīčāra, “juger”, d’où est issu le persan vačār, “jugement”. Mais la même source avestique a donné le pehlevi vičir, “juge”, dont l’arabe a fait son wazīr, emprunté par le persan avec le même sens sous la forme vazīr.

ياسمين
yāsamīn : « jasmin », du moyen persan yasaman
(Voir le mot du jour [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien])

ياور
yāwir : “adjudant, aide-de-camp”, de yawar 


Auteur : Jean-Claude Rolland 

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Re: Islam, selon...

Message  Arlitto le Dim 7 Aoû - 18:06

Allah a Promis la Terre d’Israël aux Juifs

Par QI Al Rassooli
Adapté par Jean Vercors pour Israel-flash
29/8/13
Autre article de QI Al Rassooli
2012 : Apocalypse, Harmaguédon, Gog ou Magog, fin du monde
Voir aussi [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] et toutes [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] 


QI Al Rassooli est un Arabe originaire d’Irak. Aujourd’hui, il vit à l’Ouest du pays, dans un endroit inconnu pour se protéger lui et sa famille. Il est expert du Coran et à cause de ses déclarations, il n’est plus considéré comme musulman.
Ce Musulman courageux affirme qu’Allah a promis la Terre d’Israël aux Juifs.
--
Les islamistes, qui prétendent être attachés au texte saint, le Coran, maintiennent encore, avec beaucoup de haine, une attitude hostile envers Israël. Le Coran est bien clair en ce qui concerne la promesse de donner la Terre Sainte aux fils d’Israël.
Il suffit de lire la Sourate n° 5 - verset 20/26 (La Table) pour se rendre compte de cette vérité.  Le message d’Allah est clair et net, tant dans le Coran que dans la Bible, les dits Palestiniens, les Chrétiens, ainsi que les Arabes en général n’ont aucune légitimité sur la Terre d’Israël.

Preuves formelles et incontestables 
Les Palestiniens "peuple inventé" sont en réalité des Arabes venus de Jordanie, d’Egypte, d’Irak et de Syrie, et d'ailleurs. Les Arabes et les Chrétiens ont persécuté les Juifs depuis des siècles, dans le but de voler leurs terres et leurs biens, et s’y installer.

Mais comme la justice divine finit toujours par triompher, Allah a fini par rendre aux Juifs ce qui leur appartient, la Terre d’Israël.
Dans les Evangiles,  on ne parle jamais d’Arabes et ni de Chrétiens sur cette terre, puisque leurs religions ne sont venues que bien après. Et partout, dans les Evangiles, on ne parle que des Juifs à Jérusalem, Bethlehem, … Jérusalem et Bethlehem sont d’ailleurs des noms hébreux. Et pour ceux qui ne le savent toujours pas ou qui refusent de l’admettre:
Jérusalem n’a jamais été la capitale d’aucun état arabe ou musulman.
Jérusalem n’est pas mentionnée une seule fois dans le Coran.

Il est écrit dans le Saint Coran qu'Allah a donné la Terre d’Israël aux enfants d’Israël et leur a ordonné d’y habiter (Coran, sourate 5:21) et les Arabes n’ont aucun droit sur cette terre. Le Coran est le livre le plus sioniste qui soit, il confirme que la terre d’Israël appartient aux Juifs, demande aux Juifs de s’y installer, sans ne jamais la quitter et même de combattre les non-Juifs qui y sont.


Il suffit de lire les versets 20 et 21 de la sourate 5 pour s’en rendre compte : (5:21) "Oh mon peuple, entre la terre sainte (Israël) qu'Allah a décrété pour toi, et ne te rebelle pas à moins que tu ne deviennes perdant".
Allah affirme dans un arabe très clair, qu’il a accompli sa promesse de récompenser le Peuple d’Israël avec la Terre Promise. La même terre que les hordes arabes mahométanes conquérantes postérieures revendiquent comme exclusive contrairement à leur propre Coran.
Coran, sourate 17/104: "Et qu’avant les temps derniers, Il ramènera les Enfants d’Israël pour reprendre possession de leur Terre, les rassemblant de tous les différents pays et nations" … "Et nous disons ensuite aux Enfants d’Israël "Demeure en sécurité dans le pays (de la promesse): mais quand le second des avertissements viendra à passer, nous vous rassemblerons ensemble en une foule mélangée"…. "Et après lui, Nous dîmes aux fils d’Israël : "Habitez la terre, et lorsque s’accomplira la promesse de la vie future, Nous vous ferons revenir en foule"

"En conséquence, comme Musulman qui s’en tient au Coran, je crois que s’opposer à l’existence de l’État d’Israël signifie s’opposer au décret Divin"  a dit le Sheikh Palazzi
Non seulement le Coran dit que la terre appartient à Israël, mais qu’aussi, dans un proche futur, ils reviendront en foule: ceci s’est produit en 1948. La Bible est la parole de D. La parole de D…ne revient jamais sans avoir été exaucée.

Sourate 2 intitulée la Vache, Al-Baqarah, verset 47: "Ô Enfants d’Israël, rappelez-vous Mon bienfait dont Je vous ai comblés, que Je vous ai préférés à tous les peuples".

Croyants et non croyants, sachez que le Coran verset après verset, et à plusieurs reprises, affirme sans aucune équivoque que c’est Allah et seulement Allah qui a fait le choix contrairement aux déclarations de haine des antisémites et des antisionistes  (Communistes, associations pro palestiniennes, Nazi -islamistes, Verts, altermondialistes, islamo -gauchistes…)

Sourate Al Baqarah 2:122: "O enfants d’Israël, rappelez-vous mon bienfait dont Je vous ai comblés et que Je vous ai favorisés par-dessus le reste du monde"

670 versets coraniques, soit plus de 10,6 %, nous racontent l’histoire des fils d’Israël
Ces versets sont dispersés dans près de 26 sourates sur 114 soit 22,8%.


Le Coran est sioniste avant la lettre
Pas parce qu’il reprend l’histoire du peuple en suivant un plan bien défini : l’entrée de Jacob et ses fils en Egypte, la naissance de la nation avec Moise, la fondation du royaume et le règne de David et Salomon, mais aussi parce qu'il appelle à l’entrée du peuple en Terre Promise.

Par conséquent, les Musulmans sont appelés à de nouvelles attitudes conformes à la lettre des textes saints, à rejeter leurs traditions haineuses vis-à-vis d’Israël, en tant que vérité coranique et géographique à jamais (voir sourate n°17. V, 2 à 8).
Le Musulman doit nécessairement se conformer au Coran par la reconnaissance du droit légitime d’Israël à l’existence dans sa région, une reconnaissance religieuse.

Israël est le fait accompli, le mot prononcé par Allah.
Pour faire court, le Coran est sioniste !
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Re: Islam, selon...

Message  Arlitto le Dim 7 Aoû - 18:07

Mahomet, le prophète posthume 
Par Bernadette Sauvaget  

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Des pèlerins prient à La Mecque, le 25 octobre 2012 Photo Fayez Nureldine. AFP 

Qui est le fondateur de l’islam ? Comment vivait-il dans l’Arabie occidentale du VIIe siècle ? L’historienne Jacqueline Chabbi rassemble les rares pièces du puzzle de l’édification de sa légende.

Au Mali, les guerriers jihadistes d’Al-Qaeda ont détruit mosquées et mausolées, symboles du soufisme. Pour imposer par la terreur leur vision de l’islam et de son fondateur. Cette lecture fondamentaliste s’impose de plus en plus. La figure de Mahomet, elle, alimente la controverse en faisant monter la tension entre l’Occident et le monde musulman. Depuis l’affaire des caricatures de Mahomet, publiées en septembre 2005 dans un journal danois, jusqu’au film l’Innocence des musulmans, diffusé cet automne sur Internet, les polémiques se succèdent. Pourtant, comme l’explique Jacqueline Chabbi, l’une des meilleures spécialistes françaises des origines de l’islam, cette «sacralisation» du prophète a une histoire, malheureusement trop méconnue.

Que sait-on historiquement de Mahomet ?

La figure de Mahomet n’est pas historique, comme les musulmans se l’imaginent. La réalité historique de cette figure s’est effacée depuis très longtemps, depuis le Moyen Age. En fait, la tradition musulmane va raconter Mahomet et créer, au début du IXe siècle, cette figure de prophète, soit deux siècles après sa mort. Pour avoir une idée de ce qu’il a pu être de son vivant, nous n’avons guère, comme document d’époque, que le Coran. Et encore, il fait des allusions très brèves à la vie personnelle de Mahomet. Nous savons qu’il était orphelin de père et qu’il n’a pas eu de fils qui lui survive. C’est à peu près tout. Nous ne connaissons pas la date de sa naissance, le nom de sa femme à La Mecque. Le Coran nous donne un troisième élément que l’on peut considérer comme historique, c’est le bannissement de Mahomet de La Mecque. Pour approcher la réalité, nous devons nous appuyer sur les connaissances historiques dont nous disposons sur la société dans laquelle il vivait.

Qu’est-ce que cela signifie d’être orphelin et un père sans fils ?

Etre orphelin de père est un handicap social important. Dans une société de tribus, cela veut dire que l’on n’a pas de père qui vous protège et vous défende. Le fait de ne pas avoir de fils survivant, c’est un drame ! Dans le monde tribal, ce qui compte, c’est de s’inscrire dans une lignée qui se perpétue. Mahomet ne laisse pas son nom, il va disparaître de la mémoire généalogique.

Est-il l’inventeur d’une religion ?

Ce Mahomet historique ne peut aller plus loin que les horizons de croyance de sa société. La grande illusion, c’est de penser que dans toutes les sociétés et les époques, on croit de la même façon. La manière de croire dans une société tribale de la péninsule arabique au temps de Mahomet n’a rien à voir avec la manière de croire d’une société complexe ultérieure. Ce que l’on sait du Mahomet vivant est toujours à mettre en relation avec la société dans laquelle il vivait. A La Mecque, cet homme, avec ses lourds handicaps sociaux et dont on peut penser qu’il traverse une crise personnelle, va recevoir une inspiration, ce qui n’est pas exceptionnel dans une société comme celle-là. Les devins, les poètes, les sorciers étaient censés aussi recevoir ce type d’inspiration.

Que veut Mahomet au départ ?

De statut affaibli dans sa société, il appartient aussi à un clan tribal en déclin. Son clan s’occupe du culte mecquois (païen) mais une partie des autres clans s’est lancée dans de petits voyages caravaniers. A La Mecque, il commençait à y avoir des distorsions économiques. Le clan de Mahomet était défavorisé par rapport à d’autres. La première parole coranique est une parole de réforme, un appel à la solidarité idéale des tribus. Comme le statut de Mahomet n’est pas reluisant au sein de sa tribu, on lui rit au nez. Mais il persiste dans son intention de réforme et rencontre alors la thématique biblique avec laquelle il va «bricoler», au sens ethnologique où l’entend Claude Lévi-Strauss.

Ces tribus étaient-elles polythéistes ?

Oui, pour la majeure partie d’entre elles, mais au sens d’une forme de paganisme. Chaque tribu avait un protecteur divin (ou une protectrice). On ne peut pas parler de religion mais plutôt d’alliance. L’alliance entre les hommes était symétrique de l’alliance avec le dieu. Le dieu partage le territoire de la tribu, la protège. Il est présent sur son territoire, enfermé et personnifié dans des pierres, les bétyles. De mon point de vue, le culte initial de la Kaaba était un culte des bétyles. Ces bétyles étaient transportables et les tribus, pendant les batailles, les emportaient pour être protégées. Dans la péninsule arabique, les tribus rendaient aussi un culte aux arbres sacrés.

Lorsque la parole de Mahomet est rejetée, que se passe-t-il ?

Il est persuadé que sa tribu court à la catastrophe et tente de la ramener dans le droit chemin. Il se passe alors quelque chose d’étonnant : Mahomet emprunte des éléments à la Bible, d’abord la thématique du jugement. En substance, il affirme : «Si vous n’agissez pas bien, vous serez jugé.» Ce jugement n’est pas individuel mais tribal. Si le chef de famille est puni, tout son clan périclite. La représentation de la punition n’est pas non plus l’enfer de flammes mais un nomadisme de faim et de soif dans un désert chauffé à blanc par le soleil ; ce qui, pour les hommes sédentaires des cités d’Arabie, était une phobie épouvantable.

Comment Mahomet a-t-il connaissance de ces éléments bibliques ?

A Médine, il y avait des tribus juives installées depuis très longtemps.

Mais Mahomet ne convainc pas plus…

En effet, il convaincra par l’action et non pas par la parole. Quant à la thématique de la récompense et de la punition largement présente en période mecquoise, elle n’appartenait pas à la mentalité de la société tribale de la péninsule arabique, sauf évidemment sur les marges du nord et de l’est, ou au Yémen où christianisme et judaïsme coexistaient avec le paganisme. Mais, à La Mecque, plus la tribu résiste, plus la parole coranique persiste à essayer de convaincre. L’inspiré y croit dur comme fer, il cherche des arguments. Le Coran va aussi attribuer au dieu mecquois la faculté de création, alors que les autres dieux locaux ne la possèdent pas ; ce qui en fait donc des alliés inefficaces pour les tribus. Mahomet calque, en outre, son propre itinéraire sur celui de figures bibliques que le Coran dit toutes prophétiques. De cette manière, il justifie le sien. A La Mecque, il s’assimile à Moïse qui, missionné par Dieu, affronte un tyran terrestre, le pharaon. Mahomet l’utilise comme une image de son propre destin. Mais le Coran mecquois est finalement une parole en échec. Mahomet est banni de La Mecque par un de ses oncles. Il se réfugie à Médine dans un clan auquel il est apparenté.

Mahomet a quand même créé un système religieux…

Non, il cherche des arguments pour convaincre sa tribu et enfoncer les dieux locaux. C’est un homme de tribu qui essaie de distinguer son dieu, des dieux païens. Mahomet ne s’adresse pas au monde. Il veut rallier sa tribu à son dieu.

A Médine, c’est le clash avec les tribus juives…

Oui, mais, pour lui, c’est complètement inattendu ! Durant, la période mecquoise, le peuple de Moïse, les «fils d’Israël» dans la terminologie du Coran, constituent une figure entièrement positive. Mais, à l’arrivée à Médine, c’est le grand malentendu. Avec ses histoires bibliques «coranisées», Mahomet est face aux rabbins. Cette manière coranique de raconter la Bible n’est pas acceptable pour eux. Médine est une grande oasis où deux tribus arabes se disputent la suprématie. Vivent là aussi trois tribus juives où Mahomet s’imagine trouver des alliés. Il discute d’abord, essaie la conciliation, puis il passe à l’action. A La Mecque, face à sa tribu, il ne pouvait pas répondre par la force, il ne pouvait que parler. A Médine, il peut agir. Comme il a été banni de sa tribu, il peut aussi la combattre car il n’a plus d’obligation vis-à-vis d’elle. Mahomet se lance dans les razzias, c’est-à-dire les attaques surprises qui sont la forme privilégiée du combat dans cette société. Mais dès qu’il le peut, il va essayer de rallier les siens, de les amener à parlementer. Et il va réussir. Sa tribu négociera deux ans avant sa mort

Que se passe-t-il avec les tribus juives ?

C’est un conflit sans issue. Mahomet ne comprend pas pourquoi les juifs lui résistent : s’ils lui résistent, c’est qu’ils ont dévié et trahi la cause de leurs prophètes, de Moïse, d’Abraham…

Quand le Coran prend-t-il forme ?

Le Coran est un peu le journal de bord de l’itinéraire de Mahomet, de son combat contre sa propre tribu, puis contre ses adversaires à Médine. Historiquement, on considère qu’il est fixé à la fin du VIIe siècle, une cinquantaine d’années après sa mort, sous l’empire omeyyade à Damas. A mon avis, cela intervient pour une nécessité politique. L’empire omeyyade est à son apogée. Mais en face, il y a l’empire byzantin. Le sacré des Byzantins s’est, lui, concrétisé dans une écriture. Ils ont des livres.

Qu’arrive-t-il à la mort de Mahomet ?

Avant sa mort, Mahomet a réussi à confédérer les tribus de l’Arabie occidentale qu’il a ralliées à son dieu. Contre toute attente, cette alliance pourtant très récente survit à sa disparition. Tout réussit aux tribus arabes et elles commencent à sortir d’Arabie. Ce n’est pas une conquête religieuse mais une conquête de razzias. Sous le califat d’Omar (à peine cinq ans après la mort de Mahomet), c’est une expansion ininterrompue vers l’Iran, la Syrie-Palestine, l’Egypte. Cela ne va plus s’arrêter ! Plus tard, la question va se poser de savoir comment gérer ces conquêtes et cela donne une guerre entre les familles mecquoises. Les Omeyyades, un clan mecquois puissant, en sortent vainqueurs et installent le califat à Damas. Dans les pays conquis, ils laissent leur religion aux habitants qu’ils soient chrétiens, juifs ou zoroastriens. La seule chose qui a été exigée, c’est le ralliement des tribus d’Arabie. Durant le siècle omeyyade pour devenir musulman, il fallait s’affilier à une tribu ; c’était une affiliation sociale.

Quand l’islam devient-il cosmopolite ?

En 750, les Abbassides arrivent au pouvoir. Un changement de mentalité va alors s’opérer. Ils s’appuient sur l’orient de leur empire, l’Iran et l’Irak, et vont mettre fin au système tribal. Tout bascule à partir du IXe siècle. L’islam devient cosmopolite. Chaque citoyen de l’empire peut devenir musulman. Les populations vont s’engouffrer dans cette possibilité. Avec les convertis, un autre islam va s’inventer. Sous les Abbassides, il va y avoir une première théologie musulmane pensée par de grands intellectuels, nourris de philosophie grecque. Ils vont placer Mahomet dans une lignée prophétique, théoriser sa «prophétologie». Mais ils ne s’intéressent pas à la vie pratique de Mahomet. Ils ont une vision abstraite de la prophétie.

Quand la figure de Mahomet émerge-t-elle et dans quel but ?

Au milieu du IXe siècle, également. Parmi les convertis, dans les villes, la masse de la population veut un modèle pratique. La tradition prophétique s’invente à ce moment-là, à travers ce qu’on appelle les hadiths, c’est-à-dire les paroles et les actes prêtés au prophète sur lesquels on veut calquer sa conduite. Mais c’est une figure complètement reconstruite, à partir d’éléments tirés, notamment de l’historiographie de la sîra, la vie du prophète, voulue par les Abbassides qui appartenaient au clan tribal du prophète, les Hachémites, et qui en tiraient leur gloire dynastique. Jusqu’au milieu du IXe siècle, le pouvoir des Abbassides s’appuie sur les théologiens de l’élite. Dans un premier temps, ils combattent ceux qui veulent un islam pratique, notamment un idéologue issu des classes moyennes, Ibn Hanbal, qui, à Bagdad, commence à réunir ce qu’il considère comme les paroles véridiques de Mahomet. Au milieu du IXe siècle, le califat abbasside va finalement abandonner les théologiens pour adhérer aux thèses littéralistes d’Ibn Hanbal.

Le wahhabisme, l’une des matrices du fondamentalisme musulman actuel qui apparaît au XVIIIe siècle en Arabie, et le salafisme se rattachent-ils à ce mouvement littéraliste ?

Le wahhabisme s’y rattache à travers un maillon essentiel, un idéologue du XIIIe siècle, Ibn Taymiyya, qui luttait au nom d’une lecture littéraliste contre les théologiens et les mystiques de son époque. Mais le salafisme a également d’autres racines. C’est très complexe. Il naît aussi, par exemple, en Afrique du Nord, pour lutter contre la colonisation. Le salafisme, c’est le retour à un passé rêvé, à une communauté musulmane qui, dans les faits, n’a jamais existé, à un califat des premiers temps… C’est une vision rêvée d’un passé pour combattre les traumatismes du présent et les difficultés de la modernité.

Dans ces mouvements, la figure du prophète est-elle sacralisée, intouchable ?

Dès le Moyen Age, la figure mythique du prophète a connu plusieurs reconstructions, plusieurs types de figures sacralisées. Il y a aussi un refus de la représentation de la figure de Mahomet. Dans les manuscrits médiévaux, on met un voile blanc sur sa figure.

Pourquoi la figure de Mahomet cristallise-t-elle les polémiques entre l’Occident et le monde musulman ?

Mahomet est la figure du fondateur, en même temps qu’une figure prophétique. Il a réussi politiquement. Les musulmans d’aujourd’hui cultivent la nostalgie d’une époque où tout semblait leur réussir, même si les choses sont plus compliquées dans la réalité. Dans le monde contemporain, le problème des caricatures de Mahomet repose sur la confusion entre l’image et l’être humain. En Occident, ce qui est répréhensible, c’est de toucher à un homme. Dans la mentalité réislamisée actuelle, on met sur le même plan l’image et l’homme, l’objet mental et l’être vivant. C’est cette confusion terrible qui crée la thématique du blasphème.

Le christianisme a opéré une révolution intellectuelle dès le XIXe siècle. Il a repensé ses origines à la lumière de la recherche historique et archéologique. Pourquoi l’islam n’y est-il pas parvenu ?

Le christianisme est inclus dans une société où vivent des non-chrétiens, des athées. En Occident, avec Voltaire, nous avons eu cette possibilité de penser autrement. Cette ouverture n’a pas eu lieu dans les pays musulmans. Et ce n’est pas demain la veille ! Etre athée, c’est y être accusé d’apostasie et y être condamné à mort. De plus, l’islam, s’il interrogeait ses origines, le ferait au mieux à partir d’une reconstruction du IXe siècle. Le seul fait dont disposent les musulmans, c’est la reconstruction de la sîra et des hadiths médiévaux. Ils ne parviennent pas à retrouver la couche première qui est la couche de la société tribale. Un historien pose une question et obtient une réponse s’il a des éléments. Mais la question peut demeurer ouverte. Un croyant, lui, veut une réponse à tout prix.

Mais dans les pays arabo-musulmans, les signaux sont plutôt alarmants. Comment expliquez-vous cette montée du fondamentalisme religieux ?

Ce sont surtout les échecs de la décolonisation et du nationalisme arabe. L’Egypte des années 20 était beaucoup plus moderniste que celle d’aujourd’hui. Les femmes cherchaient à s’y libérer.

Pourquoi les mouvements salafistes, comme au Mali, s’en prennent-ils aux symboles du soufisme ?

Ce qui se passe s’inscrit dans une longue histoire. Le soufisme (la mystique musulmane) émerge aux IXe et Xe siècles. C’est le mouvement idéologique le plus tardif en islam. Ce mysticisme musulman s’est développé notamment sur des bases chrétiennes ; des prosateurs musulmans du IXe siècle vantent les mystiques chrétiens et leurs croyances. Au Xe siècle, le soufisme a commencé à se développer ; les soufis se mettaient en dehors de la société, à la manière des ermites chrétiens. Cela était très mal vu par l’islam de la tradition prophétique. Dès le début, les soufis ont été combattus par le courant hanbalite (issu d’Ibn Hanbal) qui considérait leurs pratiques contraires à celles de la société. Par exemple, ils ne nourrissaient pas leur famille mais mendiaient. Cette aversion contre le soufisme est très enracinés. Les salafistes reprennent ces idées, notamment celles d’Ibn Taymiyya, le penseur du XIIIe siècle.

Comment qualifier les relations entre islam et judaïsme ? Y a-t-il une judéophobie et un antisémitisme musulmans ?

Durant la période médinoise, du point de vue de Mahomet, c’est une alliance déçue. Mais elle était impossible ! La coranisation des éléments bibliques ne pouvait absolument pas être acceptée par les juifs médinois. Dans le Coran, il y a des passages d’une très grande violence : le plus terrible est situé après l’attaque réussie contre la tribu juive de Médine, la plus puissante, qui avait été accusée de trahison tribale. C’est un cri de triomphe et ce n’est pas généralisable. Dans la sourate XXXIII du Coran, la coexistence, mudjâwara, en un même lieu est dite impossible. Puis suit la pire menace qui signale le point de rupture et le niveau de l’exaspération du conflit : «Où qu’ils [les juifs] se terrent, ils seront tués jusqu’au dernier.» Est-ce de la judéophobie ? Je ne crois pas que l’on puisse dire cela de cette manière. A Médine, c’était un conflit existentiel et politique. Soit Mahomet avait raison et les juifs avaient tort. Ou Mahomet avait tort et les juifs avaient raison. Du point de vue des musulmans, les juifs et les chrétiens se sont trompés. Ils devraient être musulmans ! Pour eux, Abraham est musulman et les juifs ont trahi Abraham et leurs prophètes. Après les conquêtes arabes, parmi les populations des pays conquis, les juifs vont jouer un rôle important auprès des califes. A part quelques épisodes, il n’y a pas, à proprement parler, de judéophobie dans le monde musulman aux périodes classiques. Lorsqu’ils sont expulsés d’Espagne au XVe siècle, les juifs s’installent dans l’empire ottoman ou en Afrique du Nord. Le vrai basculement va s’opérer, au XXe siècle, à la création d’Israël. Pour les musulmans, c’est le sionisme et non le judaïsme qui pose problème et c’est un problème politique contemporain. Malheureusement, on mélange souvent les deux, faute de connaître l’histoire «historique».

Pourquoi cette peur de l’islam s’est-elle installée dans les sociétés occidentales ?

Déjà, il y a une méconnaissance totale puisque l’histoire «historique» n’a pas droit de cité. De façon générale, plusieurs éléments s’additionnent : l’héritage de la colonisation, l’émigration, les mouvements radicaux musulmans actuels, la réislamisation des jeunes musulmans en rupture, la «ghettoïsation» des quartiers… En fait, nous sommes en présence d’une bataille de fantasmes. Les jeunes musulmans d’aujourd’hui fantasment leur passé, se mettent dans une espèce de jeu de rôles, se branchent sur le prophète en imaginant lever la main comme il le faisait ou porter les mêmes vêtements que lui. En face, cela produit le rejet de l’autre. Ces fantasmes inversés se nourrissent l’un, l’autre. Pour en sortir, il nous faudrait revenir à un discours de savoir, à une histoire «réelle».
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Re: Islam, selon...

Message  Arlitto le Dim 7 Aoû - 18:08

Annonces de la venue de Mohammed dans la Bible selon les théologiens musulmans
 
© [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien], Professeur d’histoire des religions, Université Marc Bloch, Strasbourg
 
Il y a une interprétation musulmane de la Bible.
Il existe tout une littérature dans l'islam classique qui interprète dans un sens mohammadien des textes de la Tora ou du Nouveau Testament que le christianisme interprète dans un sens chistologique.
Parmi les grands théologiens musulmans classiques qui ont traité des textes de la Bible annonçant la venue du Prophète Mohammed, on peut citer:
Tabarî (m. 240/855), Al-radd 'alà n-Nasârà ["En réponse aux Chrétiens"],
Qarafî (m. 683/1285), Al-adjwiba al-fâkhira
Ibn Taymiyya, Al-Djawâb as-sahîh li man baddala dîn al-Masî["Réponse authentique à ceux qui ont altéré la religion du Christ"].
Ces ouvrages traitent notamment du problème de la Trinité, de la crucifixion de Jésus, de la trahison de Judas, du concept du péché originel, du baptême de Jésus et des textes bibliques annonçant la venue de Jésus.
Signalons aussi Sayyid Ahmad Khân (1817-1898), directeur de l'école d'Aligarh, qui a écrit un commentaire sur la Bible.
Textes de l'Ancien Testament
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] 16.10
" L'ange du Seigneur lui [= à Agar] dit: " Je multiplierai tellement ta descendance qu'on ne pourra la compter"
C'est la promesse faite à Agar (femme d'Abraham selon le Coran, concubine d'Abraham selon la Bible): la postérité nombreuse est une allusion à la communauté musulmane.
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] 18.18-20
" C'est un prophète comme toi  [ = Moïse] que Je leur susciterai du milieu de leurs frères; Je mettrai Mes paroles dans sa bouche, et il leur dira tout ce que Je lui ordonnerai. Et si quelqu'un n'écoute pas Mes paroles, celles que le prophète aura dites en Mon nom, alors Moi-même Je lui en demanderai compte".
Interprétation musulmane
Le prophète dont il est question doit sortir du milieu des frères des enfants d'Israël, donc pas d'Israël lui-même. Or les enfants d'Ismaël sont bien les frères des enfants d'Israël.  "Prophète semblable à Moïse", c-à-d d'un rang égal. Mohammed de par sa stature et la dimension de son message compte parmi les plus grands prophètes. "Je mettrai mes paroles dans sa bouche et il leur dira tout ce que Je lui commanderai": s'il est un prophète auquel cette instruction s'applique, c'est bien Mohammed. Dieu a parlé aux hommes par sa bouche. Il n'est aucune phrase, aucun mot du texte coranique qui n'appartienne strictement à Dieu et n'émane directement de lui.  Cette prédiction pourrait-elle s'appliquer à un autre prophète que Mohammed, Jésus par exemple ? Non, car Jésus appartient à la lignée des enfants d'Israël et non à celle des frères des enfants d'Israël.
Esaïe 9.5:
"Car un enfant nous est né, un fils nous a été donné. La souveraineté est sur ses épaules".
Interprétation musulmane:
La dernière phrase de ce verset est une allusion qu sceau de la Prophétie que, selon Ibn Ishâq, le Prophète portait entre ses deux omoplates.
Esaïe 21. 7 + 9:
S'il voit un char attelé de deux chevaux, un cavalier sur un âne, un cavalier sur un chameau.... Elle est tombée, elle est tombée Babylone, et toutes les statues de ses dieux sont par terre, brisées"
Interprétation musulmane:
Un cavalier sur un âne, c'est Jésus, un cavalier sur un chameau c'est Mohammed.
Babylone, c'est [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien][Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]. Le Prophète a mis fin pour toujours à l'idolâtrie dans ce pays (Tabari, Qarafî, Ibn Taymiyya).
Esaïe 42.1-4:
Voici Mon serviteur que Je soutiens, Mon élu que j'ai moi-même en faveur; J'ai mis Mon esprit sur lui. Pour les nations il fera paraître le jugement,
Il ne criera pas, il n'élèvera pas le ton, il ne fera pas entendre dans la rue sa clameur;
il ne brisera pas le roseau ployé, il n'éteindra pas la mèche qui s'étiole; à coup sûr il fera paraître le jugement.
Lui ne s'étiolera pas, il ne ploiera pas, jusqu'à ce qu'il ait imposé sur terre le jugement "
Interprétation musulmane
C'est là le portrait de Mohammed. On retrouve ses traits, ses qualités. Mohammed n'a jamais élevé la voix, ne s'est jamais emporté. Il ignorait la colère. Mohammed a fait régner la justice sur terre (Tabari, Qarafî, Ibn Taymiyya).
Ce texte s'applique à Jésus pour le christianisme.
Esaïe 46.9-11:
Je suis Dieu, et nul n'est semblable à moi. J'annonce dès le commencement ce qui doit arriver. Et longtemps d'avance ce qui n'est pas encore accompli..... Et J'exécuterai toute Ma volonté. C'est Moi qui appelle de l'Orient un oiseau de proie, d'une terre lointaine un homme pour accomplir Mes desseins "
L'exégèse chrétienne voit dans cet homme "venant d'une terre lointaine" la venue de Cyrus ( Cyrus , 551-529, prend Babylone en 539 et en 538 fait paraître un édit permettant aux Juifs de Babylonie de retourner à Jérusalem sous la conduite de Sheshbasar).
Pour l'islam, ce passage s'applique à la vocation de Mohammed. C'est lui qui a rétabli le monothéisme dans toute son intégrité et sa rigueur (Tabarî, Qarafî).
Esaïe 49.2+ 5:
" (2) Il a disposé ma bouche comme une épée pointue  ......  (5) ....Dès lors je suis honoré au yeux du Seigneur
Interprétation musulmane:
Le verset (2) évoque la facilité et l'élégance de la parole de Mohammed. Bien que les Arabes fussent passés maîtres dans cet art, aucun d'eux n'a pu égaler l'éloquence de Mohammed.
Le verset 5 s'énonce ainsi en hébreu: " we ékabbèd be-'énê YHWH", ce que les traducteurs arabes ont traduit en arabe: "wa sirtu muhammadan". Muhammad signifiant "loué" en arabe. c'est aussi le nom du Prophète.
Jérémie 1.4-5:
Avant de te façonner dans le sein de ta mère, Je te connaissais; et avant que tu ne sortes de son ventre, Je t'ai consacré, Je fais de toi un prophète des nations"
Interprétation musulmane:
Ce passage, écrit Ibn Qayyim al-Djawziyya,  ne peut que concerner deux personnes: soit Jésus, soit Mohammed. Il ne peut pas s'appliquer à Jésus, parce que celui-ci a été envoyé directement aux enfants d'Israël. D'ailleurs Jésus lui-même a recommandé à ses disciples de ne pas aller vers les païens, mais  " plutôt vers les brebis perdues de la maison d'Israël" (Matthieu 10.5). En revanche, le message de Mohammed s'adresse à tous les hommes: il a un caractère universel. Dieu a recommandé à Mohammed de dire: " Ô hommes: vers vous tous, je suis le messager de Dieu " (Coran 7.158: "ayyuhâ n-nâsu, innî rasûlu Llâhi ilaykum").
Textes du Nouveau testament: le Paraclet
 
Source:  Ali Bouamama,  La littérature polémique musulmane contre le christianisme depuis ses origines jusqu'au XIIIe siècle , Alger, 1988.

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                       -    Voix musulmanes sur le dialogue islamo-chrétien: [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]
 
3) Perspectives comparées:
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Re: Islam, selon...

Message  Arlitto le Dim 7 Aoû - 18:08

Esprits et manifestations dans l’imaginaire musulman,
de la littérature des merveilles à Edmond Doutté
 
Spirits and Apparitions in Muslim imagination,
from Marvels narrative to Edmond Doutté
 
 
Abstract: In the Medieval Islamic world, three kind of spirits could be seen by the living : the spirits of the dead persons by dreaming, the djinns and some apparitions related to black magic and also, some miracles when the saints want to demonstrate God absolute power on death and time.
Keywords: Muslim Literature; After life; Barzakh; Black magic; Djinn; Dreams; Iifrît; Miracles; Visions.
 
Dans le monde musulman médiéval, la littérature ayant directement trait aux revenants et aux fantômes est rare car le statut des morts en fait des êtres proches des vivants, dont on ne craint pas la proximité ou la manifestation, objets dans le monde occidental, mais aussi extrême-oriental, d’une abondante littérature mettant en scène l’effroi des vivants terrorisés par les morts. Les travaux notoires de Jean-Claude Schmitt[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] ou Claude Lecouteux[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] ont montré qu’à l’époque médiévale le revenant est l’esprit d’un humain qui est demeuré attaché à certains lieux et où il se manifeste de façon autonome et souvent malveillante pour les vivants, soit parce qu’il est décédé de mort violente, soit que le rite de passage n’a pas été correctement exécuté. Dans les croyances populaires, la raison d’être du fantôme ou du revenant est souvent associée à l’assouvissement d’une vengeance en tourmentant les vivants, ou à la nostalgie du passé. En somme, le défunt n’a pu rompre les liens avec les vivants comme le recommande la stricte orthodoxie chrétienne.
Le monde oriental possède quant à lui des conceptions de l’invisible et de l’après-vie, ou de l’au-delà après la mort, très différentes, ces dernières alliant à la fois légendes et croyances religieuses ; de ce fait lorsqu’on parle d’esprits, cela évoque à la fois l’esprit divin le rûh, les âmes, nufûs ou les djinns, des entités intermédiaires, qui – entre autres – ont la particularité de tourmenter les vivants et de hanter certains lieux, en demeurant le plus souvent invisibles, tout en faisant partie intégrante de la Création.
Contrairement aux fantômes, les djinns sont présents non seulement dans les contes et légendes comme Mille et une nuits, mais aussi dans la littérature religieuse de type hagiographique telles les Histoires des prophètes. Ces esprits, peut-être ainsi nommés en raison de la racine djanna « couvert », « caché » ou genē en araméen / genayya au pluriel car au VIe siècle, se retrouvent comme entités nommées dans les rituels de magie araméenne[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien], et ils constituent de fait, l’une des catégories de la Création que tout musulman se doit reconnaître comme telle, citée par le Coran (Sourate 37 v 158) ; le djinn possède donc une existence reconnue. De ce fait, la singularité du monde musulman repose sur un paradoxe : l’abondance des esprits ou djinns et la relative absence des revenants[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]. Le revenant existe néanmoins, il est de façon très précise défini comme un mort dont le corps a été investi par un type de djinn malveillant nommé ‘ifrît[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]. En outre, les phénomènes d’apparition se retrouvent dans les rites magiques et l’existence de morts-vivants n’est pas inconnue, elle est illustrée par le thème des immortels ou des miracles divins.
 
I / Des esprits des lieux aux êtres intermédiaires hantant certains lieux
 
Dans le monde musulman préislamique un grand nombre de croyances sont relatives aux manifestations et aux esprits qui hantent une catégorie précise de lieux. Ces êtres étaient de toute évidence priés comme des divinités des lieux évoquées sans doute à titre propitiatoire (Sourates 34/40, 72/6). Toufic Fahd évoqua les divinités majeures du panthéon de la péninsule arabique et les cultes de la djahiliyya[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]mais il s’attarda surtout sur les anges et les djinns[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]. Ce furent d’ailleurs, bien avant lui, les premiers orientalistes, tel Aloïs Musil à la fin du XIXe siècle, qui révélèrent la place de ces entités en découvrant les ruines des monuments datant des premiers siècles de l’islam, en Syrie, en Jordanie ou au Maghreb, et qui recueillirent souvent les témoignages éloquents des Bédouins à leur sujet[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]. Dans le même temps, un des pères de l’anthropologie moderne Edmond Doutté (1867-1926) alors chargé de mission archéologique au Maroc, puis Professeur à l’École Supérieure des Lettres d’Alger, collectait des informations précieuses sur les pratiques et croyances magiques des populations berbères du Maghreb[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]. Il apparut qu’il existait un fond de croyances communes au monde maghrébin et proche-oriental, peut-être importé par les conquérants arabes, puis enrichi en Égypte et au Maghreb par les cultes locaux, fond qui servit et sert encore les savoirs et pratiques de magie populaire dont le substrat repose sur la croyance en l’existence des djinns, des esprits très divers, utilisés de façon malveillante ou bienveillante. La genèse de ces entités intermédiaires est synthétisée dans un article remarquable de Joseph Henninger[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] qui fait le point à la fois historiographiquement, et scientifiquement sur le concept[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien].
 
A) Les esprits des lieux ou les divinités déclassées
 
Les djinns, sont probablement des divinités mineures de l’Arabie préislamique, qui lors de l’islamisation devinrent entre autres, des esprits des lieux complaisamment décrits par l’historien Mas‘ûdî dans ses Prairies d’or au Xe siècle. Ce dernier les présente comme des êtres apparentés aux humains mais naissant des œufs et pour la plupart inamicaux vis-à-vis des hommes[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]. Mas‘ûdî décrit toutes les grandes catégories de djinns et, au XIIIe siècle, dans son sillage, le cosmographe Qazwînî reprendra cette description agrémentée de portraits figurés dans les copies enluminées[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] !
Le voyageur peut ainsi croiser certains animaux qui sont en réalité des esprits des lieux, des serpents noirs en particulier, des chameaux, des chiens, des chèvres. Il ne convient pas de se laisser aller à des gestes débridés en jetant des pierres ou tout autre projectile de peur de blesser un de ces esprits invisibles qui ne manquera pas de se venger. Par ailleurs, certains phénomènes naturels sont dans le désert imputés aux djinns, tels les mirages, les brumes, les vents de sables, tourbillon, etc. Les djinns aiment à fréquenter les lieux sombres et isolés, tels que les cavernes, les lieux souterrains, sales et malodorants (dépotoirs, latrines), les marécages, les déserts, mais aussi les bains publics et on les voit en effet représentés dans une miniature du XIVe siècle dans la chaufferie des bains de Tibériade, palabrant[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]. En règle générale, ils peuvent être partout où l’homme se trouve, et davantage encore dans les lieux désolés et peu hospitaliers qui sont leur domaine. Ils aiment effrayer les hommes et les animaux ; certains recherchent pour leur profit la compagnie des voyageurs. Les entités féminines sil‘ât entre autres, ou les filles des sept chefs des démons, les séduisent et s’unissent à eux mais, si dans certains cas on évoque le mariage entre humains et djinns, le corollaire en est souvent l’impuissance de l’homme au terme de cette union, et le départ inéluctable de la djinniya qui se languit des siens. Certaines de ces entités sont particulièrement redoutables car anthropophages tels les ghûl qui boivent le sang des voyageurs, mais aussi le dilhât perché sur une autruche qui les poursuit pour les dévorer, ou le ghaddâr dont les assiduités sexuelles sont mortelles. Pour les éloigner, les voyageurs peuvent prononcer le nom de Dieu ou faire le signe de croix, ou encore porter des amulettes. On peut aussi les prier de ne pas vous ennuyer par la formule : « Dastûr yâ sâhib al-mahall », « avec ta permission, ô seigneur du lieu », lorsque l’on monte une tente ou une habitation.
Mais ce sont ceux qui prennent possession des humains qui sont les plus dangereux. Outre les ‘ifrît qui peuvent investir le corps d’un défunt, certains peuvent apporter la fièvre ; c’est le cas du démon des maladies et de la fièvre Humâ[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien], ou de ceux qui se glissent dans l’âme du dormeur, incubes, qui prennent le contrôle de l’esprit[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] et façonnent les cauchemars, mais aussi, les succubes qui viennent troubler le sommeil par des unions sexuelles contre nature. Quelques uns cependant ne sont pas hostiles : la démone Tabi‘a, par exemple, assiste les femmes en couches[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien].
 
B) Les justifications théologiques
 
La cosmogonie musulmane les a intégrés, signe de leur importance dans le domaine puisqu’ils sont considérés au départ comme une catégorie d’anges inférieurs issus du feu nâr et peuplant les cieux ; ils auraient fait partie à l’origine et selon l’exégèse (Tabarî, Tha‘âlibî), de la hiérarchie des créatures célestes, des types d’anges inférieurs préposés à certaines tâches et dotés d’un chef. Ils demandèrent un jour à Dieu de pouvoir peupler la terre et de donner à leur corps invisible des formes diverses. Une fois sur terre, certains s’émancipèrent, et leur chef Azazël, le futur Iblîs, y fut envoyé pour les mater. Malheureusement du fait de sa propre rébellion, il contribua par la suite à les entraîner définitivement dans la chute. En effet, en refusant la demande de Dieu d’adorer l’homme, une créature qu’il jugeait imparfaite, née de la terre, comparé à lui-même, un esprit, né du feu, il fut maudit, chassé du paradis et il voua dès lors à l’humanité une haine éternelle dont la chute du paradis fut les prémisses. Débuta alors la guerre sans fin entre les djinns et l’espèce humaine. Iblîs devint ainsi le prototype du djinn révolté et maudit, le démon ou shaytân rejoint par une partie de son peuple[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien].
On retrouve toutes ces entités dans les contes et légendes populaires et dans Les Mille et une nuits, mais aussi dans la littérature pseudo-savante, les traités d’astrologie ou de démonologie, par exemple, tel le Kitâb al-Mandal al-Sulaymânî, un ouvrage qui donne une description très complète des familles de djinns et qui rappelle que le roi Salomon considéré comme un prophète par les musulmans, exerçait sur eux sa domination[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]. Car les djinns vivent en tribus, ils ont des chefs, des épouses, des enfants, ils naissent, vivent et meurent, ils mangent et boivent aussi. Ils se vêtent et revêtent des apparences animales, mais les femelles peuvent avoir l’aspect de belles humaines, et les mâles de géants. Certains ne sont pas assimilés à des démons puisqu’ils ont entendu l’appel du Prophète et sont devenus depuis musulmans (sourates 46 v 28-31 et 72 v 1-19). Ces êtres intermédiaires, qui vivent donc comme les hommes mais de façon invisible et dans certains lieux qu’ils se sont appropriés, sont donc des créatures dignes du salut, dotées du libre-arbitre leur permettant d’adorer Dieu et de respecter sa parole, et non des animaux. Les djinns ont par ailleurs les caractéristiques des esprits fantomatiques bien connus ailleurs, invisibles à souhait, capables de se transformer, d’entrer en relation avec les humains, mais il ne faut pas s’y tromper, ils constituent une autre « race », et non une aberration de la nature.
L’apparence des djinns est celle d’hybrides qu’ils revêtent depuis le XIIIe siècle dans la cosmographie de Qazwînî conservée à Munich[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien], où l’on voit un démon volant et cornu ; par la suite, la figure de l’hybride cornu est présente dans toutes les scènes de dîwân du roi Salomon, frontispices ou non, du XIVe au XVIe siècle et au-delà. L’histoire du roi Salomon est d’ailleurs représentative des rapports entre humains et djinns. Elle montre les rapports entre hommes et djinns qui demeurent sous le signe de la subordination ; le roi les soumet par le recours à la magie divine, celle de l’anneau et du grand nom de Dieu, pourtant il y a un seul qui ne veut le reconnaître, Sakhr qui est un ‘ifrît. Salomon épousa Belqîs, elle-même fille du roi des djinns, dont il eut un fils qui ne survécut pas. La reine, nous disent les auteurs des Histoires des prophètes, avait des jambes « poilues », signe de son appartenance au règne animal, comme toutes les femmes djinniya, réputées à pieds de chameaux. La légende de Salomon nous montre ainsi les rapports entre les humains et ces créatures intermédiaires qui ne peuvent que les servir sous la contrainte.
 
II / Nécromancie et magie noire, ou la convocation des esprits
 
A) Les vivants et les morts
 
Selon la théologie musulmane, lorsque l’homme décède, l’âme connaît plusieurs phases d’épreuves ou d’attente. Dans le Livre du songe d’Ibn Abî al-Dunyâ (m. 894) qui évoque 350 rêves, on apprend que le défunt reste conscient dans les moments suivant sa mort, qu’il entend les pleurs et lamentations, voit les proches laver son corps, le préparer, et il voit l’ange suivant le cortège funéraire cueillir son âme et la mettre aux côtés du corps dans la tombe[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]. En effet, l’ange Azrâ’îl[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien], dont l’apparence est terrible[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien], vient d’abord extirper l’âme du corps[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] comme le montre une miniature d’une cosmographie djalayride[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]. Puis l’âme demeure dans la tombe à proximité du corps, sauf dans le cas des martyrs ou des personnes dont le corps a disparu. Deux anges, Nakir et Munkar[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien], viennent alors questionner le mort ; l’un note ses bonnes actions, le second les mauvaises. Puis, dans un temps lié à l’eschatologie, aura lieu le réveil des morts au son de la trompette d’Isrâfîl[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien], et le combat final entre l’antéchrist et le Christ. Le jugement dernier statuera définitivement du départ des âmes vers le paradis (djannâ)[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] ou vers l’enfer (djahannam)[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]. Mais, en règle générale, la tonalité de « ce monde subliminal » donne le statut final du défunt : paradisiaque ou infernal[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]. Ce schéma connaît quelques variations selon les dogmes (shiite ou sunnite) et les personnes concernées (saints, prophètes ou tout-venant).
L’âme, de ce fait, demeurerait dans un monde imaginal, le barzakht, en éveil et accessible d’une certaine façon aux sollicitations extérieures, capable elle-même de s’exprimer[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]. Cette conception de la mort a évidemment généré toute une série de croyances et, de fait, de pratiques cultuelles liées aux tombes. Le prophète assurait que lorsque les vivants saluaient les défunts, le salut leur était rendu[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]. Les morts peuvent donc communiquer avec les vivants par « la voie royale », la seule pratique divinatoire tolérée, l’oniromancie[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]. Le rêve se produit en effet durant un temps privilégié analogue à la mort[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]. Selon les exégètes musulmans, l’âme s’échappant durant le sommeil arrive au lieu où se trouveraient réunis les esprits des morts[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]. C’est là même que se produit la ru’yâ[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien], vision ou rencontre.
Ainsi, les grands soufis et shaykhs de l’époque se targuaient d’être des esprits avant l’heure, et d’entrer en communication avec les morts ou de recevoir des messages des saints ou du Prophète lui-même. Les apparitions du prophète Muhammad dans les rêves sont d’ailleurs évoquées dans la littérature hagiographique ; le Prophète lui-même avait aperçu des personnes défuntes en rêve, l’oncle de sa femme Khadija, ou l’ermite chrétien Waraqa ibn Nawfal[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien], mais, surtout, il annonça que lorsque les croyants le verraient après sa mort dans leurs rêves, ce serait comme une rencontre réelle[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]. En effet, le rêve a valeur de révélation ; il serait une continuation de l’activité prophétique[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien], mais tout en confirmant les données de la révélation sans en rajouter selon le hadîth rapporté par Bukhârî (ta‘bîr 10) : « Celui qui m’a vu en rêve, m’a réellement vu car Satan ne peut prendre mon apparence ». La nature de ses apparitions ou de l’être même qui se manifeste à la conscience du dormeur, est débattue dans la littérature théologique, notamment chez Ghazâlî dans La vivification des sciences de la religion (Ihyâ ‘ulûm al-dîn), et le théologien en conclut que ni la personne, ni l’essence du prophète ne se manifeste vraiment mais qu’il s’agit en fait de sa présence symbolique ou mîthal, forme imaginale que Dieu envoie aux hommes[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] ; évidemment, cette « apparition » est éminemment favorable, mais l’analyse de son aspect est représentative de la signification du rêve, tant par les vêtements portés que par l’apparence physique du corps du Prophète. Signalons par ailleurs une très curieuse histoire de manifestation du Prophète Muhammad dans un récit de la cosmographie de Tûsî Salmânî où, à côté de son portrait, se produisent des apparitions et des visions de l’avenir[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien].
 
De ce fait, outre la manifestation volontaire des défunts aux vivants, ou le rôle des intermédiaires privilégiés, les gardiens des tombes, les vivants qui avaient des dispositions ou une sensibilité particulière pouvaient aussi espérer recevoir des signes de leur part en visitant tombes et sanctuaires[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien].
 
La visite des tombes et des sanctuaires est d’ailleurs une activité encouragée dans le monde musulman, louée comme une vertu, surtout accompagnée de prières qui soulagent les âmes des morts, contrairement aux pleurs et lamentations qui les affectent ; les tombes des grands personnages déclarés saints et des soufis (mystiques), faisaient l’objet de visites et de pèlerinages nombreux dans tout le monde musulman. Dans la littérature des merveilles et dans les récits légendaires des héros, on évoque la visite des tombes, en particulier celle du premier homme, Gayûmarth[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] ou Adam, qui est figurée dans une cosmographie de la BnF[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]. Les légendes orientales d’Alexandre évoquent en outre ses pèlerinages sur les tombes célèbres : celle de Kay Khusraw[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] ou celle d’Adam à Sarandib (Ceylan)[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien].
Dans le monde iranien, la vénération pour les tombes et les saints est un fait non seulement avéré aux XIVe et XVe siècles, mais la dynastie régnante, celle des Timourides d’Hérat, développa d’importants complexes autour des tombeaux de saints ou des membres de la famille du Prophète. Parmi les sanctuaires familiaux, rappelons le Shāh-i Zinda, qui signifie « le roi vivant », où est enterré un des compagnons du prophète et qui sert de nécropole royale. Par ailleurs, Tamerlan se fit enterrer au pied d’un saint, dans son tombeau du Gûr-i Amir[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien].
Ces personnages, saints, soufis, sont donc des intercesseurs permanents entre les morts et les vivants en raison de l’état de veille permanent de l’âme. Ainsi, un shaykh connu, Zayn al-dîn Taybadî (m. 1389), gardien d’un sanctuaire au nord du Khorasan, attestait du pouvoir de la tombe de ‘Abdallah ibn Mu’awiyya[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]. À Hérat, le mausolée du savant théologien Fakhr al-dîn Razî[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] était utilisé par les ‘Ulamâ’, et on s’assurait qu’il n’y avait que certaines personnes qui pouvaient passer la nuit près de certaines tombes telles celles des derviches notoires défunts, où des apparitions avaient lieu la nuit et où les gens avaient peur d’entrer le jour[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien].
Ainsi, des phénomènes se produisaient bien autour des tombes célèbres, mais des phénomènes recherchés et perceptibles surtout à quelques élus et dont le but était d’instruire les vivants sur leur avenir.
 
B) Convoquer les esprits pour les manipuler, œuvre du magicien
 
L’étude de la magie populaire des régions islamisées, depuis la première approche réalisée au siècle dernier par Edmond Doutté, montre bien comment les esprits font l’objet de toutes les attentions de la part des magiciens et sorciers. Ce sont les esprits des morts ou êtres intermédiaires convoqués de façon artificielle lors de certains rituels, pour servir les vivants.
On connaît les liens unissant les devins, les poètes et les djinns, liens relativement complexes car le djinn serait alors une sorte d’esprit familier de l’homme, la source de son inspiration, que le kâhin (devin), mais aussi le musicien et le poète (shâ’ir), utilisent pour alimenter inspiration et créativité.
D’ailleurs, certaines pratiques magiques font aussi une utilisation des esprits, mais sous la contrainte cette fois : ces derniers sont contraints d’obéir au sorcier, le plus souvent en intervenant à sa demande dans certains rituels, ou en investissant des objets devenus opératifs. Deux types de magie sont répertoriés : la magie licite et la magie noire, magie illicite, en fonction de la qualité des esprits convoqués.
Solliciter l’aide des esprits à des fins magiques est une pratique courante de la magie cérémonielle, comme le montrent les rituels de l’ouvrage bien connu Ghâyat al-Hakîm[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien], où, en général, ce sont les anges ou esprits des planètes, porteurs de l’influx de la planète, qui sont conviés par le magicien au cours d’un rituel précis, comme le montre le ms. BnF persan 174, un traité de magie du XIIIe siècle[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien].
Dans le cas de la magie noire (‘ilm al-’azâ’im), ce sont les démons des planètes que le magicien convoque par la formule ‘azamtu ‘alaykum. Ces démons sont bien connus par les traités d’Abû Ma‘shar ou d’al-Bûnî. On les voit représentés dans le Kitâb al-bulhân d’Oxford (BL, ms. or 133)[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] ou dans le Matali‘ al-sa’ada de Paris (B.n.F., sup. turc 242)[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]. On les sollicite généralement, comme l’explique aussi Doutté, pour les contraindre à exécuter une tâche précise, ce que l’on nomme khadmat al-djinn[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]. Dans la magie populaire, on convoque les esprits pour des faits relativement anodins : interroger le djinn sur la date du mariage d’une jeune fille, par exemple[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]. Ce type de manifestations est relativement courant et pour ainsi dire en apparence bénin.
D’autres rituels magiques (riâ’da) sont beaucoup plus curieux : ce sont des rituels purgatoires au cours desquels la religion officielle intervient directement ; les desservant, sous forme de mortification, entreprenant une semaine complète et presque ininterrompue de prières et incantations[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]. On peut donc en conclure que l’esprit qui vient de l’au-delà a sans doute une apparence humaine. Il est peut-être un esprit des morts car il n’est pas signalé comme étant un djinn, alors qu’en revanche une cérémonie ou une visite est demandée le samedi dans l’espace qui est dévolu aux défunts. Ici, la nécromancie est patente.
Mais on remarque que l’utilisation de l’esprit des morts est fort peu répandue dans le Maghreb par peur de l’opération elle-même, extrêmement transgressive du fait des croyances religieuses et, de ce fait, les seules opérations répertoriées sont celles qui font intervenir un miroir où pourrait se refléter l’âme du mort[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]. En effet, on pensait que la divination par hydromancie était régie par l’âme des morts qui se manifestait dans le reflet du miroir puisqu’il s’agissait, comme nous le montrent les miroirs artouqides, de surfaces d’étain polies. La présence fréquente de harpies sur ces miroirs joue un rôle apotropaïque évident. Les signes étaient perçus par le devin puis interprétés, comme l’explique Ibn Khaldûn dans ses Prolégomènes. Le miroir, comme les surfaces d’eau réfléchissantes, jouent le rôle de passeurs entre ce monde et l’autre, ou d’ancêtres de la boule de cristal. Ce type de magie faisant apparaître les esprits sur demande, et sollicitant parfois les défunts, bénéficie dans l’orthodoxie, comme on peut s’en douter, d’une condamnation sans appel[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien].
 
III / Ressuscités et revenants, des étrangetés missionnées par Dieu
 
Comme cela a été explicité, le monde des morts et celui des vivants ne sont pas imperméables et, en effet, certaines histoires édifiantes évoquant ascensions et catabases nous montrent de façon explicite leur communication.
Parfois, le ciel ou l’enfer s’entrouvrent en des circonstances très particulières, et sur ordre de Dieu lui-même : on voit par exemple, chez Kisâ’i, la dérogation accordée par l’ange de la mort au prophète Idrîs qui voulut raffermir sa foi par la vision des tourments ou des délices de l’au-delà[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] ; de la même façon, à des fins doctrinales, Muhammad fut enlevé dans les cieux et entrevit paradis et enfers lors de l’Isrâ’ et du Mirâdj, afin de pouvoir rapporter sur terre le dogme de l’eschatologie musulmane[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien].
 
A) Les Immortels et les élus
 
Si le jugement dernier concerne la majorité des âmes, certaines ont déjà été promues au paradis qui est peuplé de façon anticipée des saints et des prophètes, et ce sont ces personnages aux âmes exceptionnelles que Muhammad rencontre dans chacun des sept cieux et qui se manifestent à lui. On peut les voir, dans le Mirâdj nâmeh de Paris, l’accueillant et lui parlant. En revanche, les saintes femmes du paradis semblent plus une préfiguration de leur état futur après le jugement.
Les histoires des prophètes narrées par Kisâ’i et Tha’âlibî mettent en scène quelques situations étranges liées à des personnages au destin curieux.Deux types de personnages sont présents dans les légendes et les croyances musulmanes comme des symboles de l’immortalité : al-Khâdir[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] et les dormants d’Éphèse[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien].
Ces derniers sont des jeunes gens persécutés par l’empereur Dèce qui les emmura vivants et que Dieu épargna de la mort en les plongeant dans un sommeil éternel jusqu’au jour du Jugement, et leur apparence préfigure le paradis et la vie éternelle. Ce mythe, commun à la plupart des régions du monde islamisées de Grenade à l’Indonésie, fut étudié par Louis Massignon et se révèle être un mythe syncrétique commun aux chrétiens et aux musulmans.
Le personnage d’al-Khâdir est, lui, très oriental, et on le retrouve jusqu’en Inde : issu vraisemblablement de l’épopée de Gilgamesh, on l’associe à la légende d’Alexandre qu’il guida au travers du pays des ténèbres pour le mener vers la source de vie ; mais seul l’homme au manteau vert put l’atteindre et boire de ses eaux miraculeuses devenant immortel, alors que l’ambitieux Alexandre en était écarté, malgré sa réhabilitation dans les légendes arabes par la superposition d’une figure de prophète et son œuvre à vocation eschatologique, contenir les Gog et Magog. Al-Khadir est un personnage emblématique des légendes populaires, de l’épopée, mais aussi de la mystique musulmane et soufie, et il apparaît comme le guide des inspirés, celui qui leur ouvre la voie vers le divin[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien].
L’Asie centrale est d’ailleurs un lieu particulier d’apparition d’al-Khâdir, à Boukhara ou à Samarkand [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]. Al-Khâdir est le prototype du passeur et du guide des âmes dans la spiritualité d’ibn ‘Arabî, et sa présence indique aux êtres éclairés les lieux de passage vers l’au-delà. Comme le dit Franz Grenet, l’entrée du Paradis est peut-être à Samarkand[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien].
 
B) Êtres ressuscités ou figés dans le temps
 
Le premier cas apparaît dans l’histoire du prophète Abraham. Abraham fut chargé de lutter contre les idolâtres et polythéistes de Mésopotamie alors qu’il vivait à Harrân, capitale du roi tyran Nemrod. Les relations entre les deux hommes procèdent de l’affrontement permanent, Nemrod prétendant être le maître de « la vie et de la mort »[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien], alors qu’Abraham lui assurait qu’elles étaient l’apanage de Dieu. Pour ce faire, il prit quatre oiseaux, un coq blanc, un corbeau noir, une colombe verte et un paon, puis il les tua ; il leur coupa la tête, mélangea leur sang et leurs plumes et fit quatre tas : puis il les appela et chacune des têtes se mit à dire, « Il n’y a pas de Dieu que Dieu et Abraham est l’apôtre de Dieu chez Nimrod et son peuple » avant de s’envoler[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]. Abraham fut emprisonné et là, l’un des prisonniers lui demanda de réunir sa famille éparpillée : deux de ses trois frères vivant à l’est et l’ouest du Yémen apparurent miraculeusement mais le troisième frère était décédé : Abraham pria et l’homme sortit momentanément de sa tombe, menaçant tous ceux qui priaient les idoles[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] !
La vie du prophète arabe Salîh est elle aussi édifiante. Salîh est un prophète de l’Arabie ancienne. Sa tribu survécut à la destruction d’un peuple qui les avait précédés, les ‘Ad, qui avaient sombré dans le polythéisme. Son père Kanuh ibn ‘Ubayd faisait partie du peuple des Thâmud et il officiait comme prêtre d’une idole quand il eut la révélation du destin du fils qu’il concevrait : ce dernier mettrait fin au polythéisme. Lorsque le roi local apprit cette funeste nouvelle, il ordonna de l’assassiner, mais Dieu fit enlever Kanuh par des anges et le figea pendant cent ans dans le cours d’une rivière. Un étrange oiseau noir, blanc et vert conduisit sa femme auprès de lui, Dieu le réveilla pour qu’il puisse concevoir son fils Salîh ; aussitôt après, l’ange de la mort emporta son âme[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien].
La vie de Saint Georges, Jirjîs, offre d’autres exemples de résurrections. Il vivait à Mossoul où régnait un roi nommé Zâdâna qui tyrannisait alors la Syrie, imposant le culte d’Afalûn, une idole[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]. Jirjîs, qui faisait partie des disciples de Jésus, refusa de l’adorer. Condamné, puis horriblement torturé, cuit, puis coupé en morceaux, il fut soumis à une grande variété de supplices, puis mourut après avoir été dépecé. Dieu rassembla alors les morceaux et le ressuscita une première fois. Le roi le fit cuire dans une statue de bœuf en étain, mais Jirjîs en sortit indemne. Une troisième fois, il fut martyrisé, coupé en trois morceaux, brûlé, ses cendres furent dispersées dans la mer mais, de là encore, il émergea. Jirjîs est donc une sorte de mort-vivant, ou de revenant permanent, digne des films d’horreur les plus achevés, dont la vue est destinée à terroriser le roi Zâdâna. Pour finir, il demanda à Dieu de le prendre définitivement dans les cieux lorsque la cité et ses habitants réfractaires au monothéisme seraient détruits[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien].
L’histoire la plus extraordinaire est une romance amoureuse préislamique mettant en scène un couple de Roméo et Juliette bédouins, Varqa et Gulshah, qui, contrariés par leurs familles dans leurs sentiments, meurent l’un et l’autre avant d’être ressuscités par le prophète Muhammad[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]. Ces récits tiennent certes davantage du miracle que de l’apparition, qui est ici motivée pour de bonnes raisons : servir la cause du Dieu unique, montrer sa puissance sur le temps qu’il contrôle ou en ressuscitant les morts. À chaque épreuve, les martyrs qui se réincarnent sont assistés par des anges qui viennent veiller sur leur âme et leur corps. En aucun cas, la prise de possession de corps humain n’est ici l’apanage d’esprits, exception faite des statues des idoles dont il est en permanence spécifié que le diable les habite !
De tous ces esprits et manifestations, les plus importants demeurent bien sûr les esprits frappeurs. Ceux qui prennent possession des vivants sont les djinns, les alter ego invisibles des humains. Mais certains sont résolument dotés de pulsions négatives à leur égard. La manifestation d’esprits d’outre-tombe – type revenants – demeure le fait de la magie noire condamnée par l’orthodoxie musulmane, alors que les phénomènes d’apparitions ou de résurrections sont l’apanage exclusif de Dieu lui-même. Ainsi, on peut imaginer un monde terrestre certes complexe dans ses créations, mais limité et borné, où le croyant peut vivre, en somme, en toute sécurité matérielle s’il respecte bien certaines règles de vie « collective » et les êtres visibles ou invisibles qui l’habitent.
 
 
Notes


[1] J.-C. Schmitt, Les revenants. Les vivants et les morts dans la société médiévale, Paris, Gallimard, Bibliothèque des histoires, 1994.
[2] C. Lecouteux, Fantômes et revenants au Moyen Âge, Paris, Imago, 1986.
[3] J. Henninger, « Beliefs in Spirit among the Pre-islamic Arabs », dans éd. E. Savage-Smith, Magic and Divination in Early Islam, Oxford, 2002, p. 45-46.
[4] Les fantômes sont surtout présents dans la littérature et dans les croyances de l’Égypte en grande partie en raison des phénomènes singuliers rapportés dans les vestiges et monuments du passé. Voir aussi sur les djinns : H. Alexander Winkler, N. S. Hopkins, Ghost Riders of Upper Egypt: A Study of Spirit Possession, et Christopher S. Taylor, In the viciny of the rightous, Ziyara and the veneration of Muslim Saint in Egypt, 1998.
[5] J. Chelhod, Art. « ‘Ifrît », Encyclopédie de l’islam, édition cédérom, Leyde, 1999.
[6] T Fahd, Le Panthéon de l’Arabie centrale à la veille de l’Hégire, Paris, Geuthner, 1968.
[7] T. Fahd, « Anges, démons et djinns en Islam », dans Génies, anges et démons : Égypte – Babylone – Israël – Islam – Peuples altaïques – Inde – Birmanie – Asie du sud-est – Tibet – Chine, Paris, Seuil, 1971, p. 155-214.
[8] Voir Henninger, Beliefsop. cit., sur l’historiographie des djinns en Palestine, note 17, p. 7 note 20, p. 8, notes 26-27, p. 9, sur les types de djinns, note 16, p. 6 et A. Musil, The Manners and customs of the Rwala Bedouins, New York, 1928, réed. AMS Press, New York, 1978.
[9] E Doutté, Magie et religion dans l’Afrique du Nord : la société musulmane du Maghrib, A. Jourdan, 1908, Paris, rééd. P. Gauthner, 1984.
[10] Henninger, Beliefsop. cit.
[11] On peut voir l’article de J. MacDonald, « djinn », dans Encyclopédie de l’Islam, édition cédérom, Leyde, Brill, 1999.
[12] Masʿūdī, Les Prairies d’Or, Charles-Hadrien-Casimir Barbier de Meynard et Abel Pavet de Courteille (éd. et trad.), revue et corrigée par Charles Pellat, Paris, Imprimerie Nationale, CNRS, vol. 2, 1965, chapitres 49 et 50.
[13] A. Caiozzo, « Anges gardiens et génies familiers dans les manuscrits enluminés de l’Orient médiéval », Anges gardiens et démons familiers de Platon à Tintin, Colloque de l’Université d’Orléans 9-10 juin 2006, dir. J.-P. Boudet, P. Faure, C. Renoux, Rennes, PUR, 2011 (sous presse).
[14] Oxford, Bodleian Library, ms. or. 133, Bagdad, fol. 35v, dans S. Carboni, Il Kitâb al Bulhân di Oxford, Quaderni del Dipartimento di Studi Eurasiatici, Turin, 1988, fig. 31.
[15] Humâ, Oxford, Bodleian Library, ms. or. 133, Bagdad, fol. 30r, dans Carboni, Il Kitâbop. cit., fig. 20.
[16] Kâbûs, Oxford, Bodleian Library, ms. or. 133, Bagdad, fol. 28r, dans Carboni, Il Kitâbop. cit., fig. 16.
[17] Tabi‘a, Oxford, Bodleian Library, ms. or. 133, Bagdad, fol. 29v, dans Carboni, Il Kitâbop. cit., fig. 19.
[18] Sur ces aspects et les précédents et leur représentation voir Anna Caiozzo, « Images et imaginaires du mal en Orient médiéval », Echinox, 12, Les imaginaires religieux, juin 2007, p. 200-223.
[19] Voir description à paraître dans A. Regourd, « Images de djinns et exorcisme dans le Mandal al-Sulaymânî », Picatrix, Images et magie, éd. J.-P. Boudet, A Caiozzo, N .Weill-Parot, Paris, Champion, 2011, p. 253-294 (sous presse).
[20] Voir Munich, Staatsbibliothek, codex 464
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[21] Comme l’explique Pierre Lory, Le rêve et ses interprétations en islam, Paris, Albin Michel, 2003, p. 79. Le Prophète lui-même, selon Ibn Ishâq, parlait à ses ennemis vaincus et morts disant qu’ils l’entendaient mais ne pouvaient lui répondre.
[22] Il est pour ainsi dire la mort incarnée ; voir J. Macdonald, « The Angel of Death in Late Islamic Tradition », Islamic Studies, 1964, p. 485-520.
[23] Qazwînî, ‘Ajâ’ib al-makhlûqât, Munich, codex 464, XIIIe siècle et Paris, B.n.F., sup. turc 190.
[24]J. Smith, « Concourse between the Living and the Dead in Islamic Eschatological Literature », History of Religion, 19/3, 1980, p. 224, et p. 225, l’auteur évoque la notion de nafs, âme et d’esprit rûh.
[25] Tûsî Salmânî, ‘Ajâ’ib al-makhlûqât, Paris, B.n.F., ms. sup. persan 332, fol. 16v.
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[26] Lory, Le rêveop. cit., p. 80.
[27] A. J. Wensinck, Art. « Isrâfîl », Encyclopédie de l’Islam, édition cédérom, Leyde, Brill, 1999.
[28] L. Gardet, Art « Djanna » et art. « Djahannam », Encyclopédie de l’Islam, édition cédérom, Leyde, Brill, 1999.
[29] Le ms. sup. Turc 190, Hérat, 1436, Mîr Haydar, Mirâdj-Nâme, est une ascension est une ascension et une catabase qui laisse apercevoir au prophète le paradis et l’enfer et ceux l’occuperont, voir Mandragore, à la cote supplément turc 190.
[30] Lory, Le rêveop. cit., p. 81 et voir S. El-Saleh, La vie future selon le Coran, Paris, Vrin, 1971.
[31] J. Smith, Concourseop. cit., p. 226, voir les Sourates XXIII / 99-100 et LV / 20.
[32] P. Lory, Le rêve, p. 81.
[33] Ibid., p. 81.
[34] J. Macdonald, « The Twilight of the Dead », Islamic Studies, 4, 1965, p. 75 (55-102).
[35] J. Smith, p. 227 et voir sur l’onirocritique musulmane, John C. Lamoreaux, The Early Muslim Tradition of Dream Interpretation, New York, NUP, 2002.
[36] Voir H. Daiber, art. « Ru’yā », Encyclopédie de l’Islam, édition cédérom, Leyde, Brill, 1999.
[37] P. Lory, Le rêve, p. 38, p. 77.
[38] Ibid., p. 77.
[39] Ibid., p. 44-47.
[40] Ibid., p. 150-155.
[41] Paris, BnF, ms sup. Persan 332, fol. 163v (http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8422994d/f340.item).
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Un roi de l’ouest enleva un jour un jeune nommé dénommé ‘Alī, ce jeune homme excellait tant en psalmodiant le coran qu’il en faisait pleurer les foules. La fille du roi l’écoutait en extase, si bien que le roi fit enfermer ‘Alī en prison, mais ce dernier écrivit à son père qui vivait de l’autre côté de la mer, et son père, pour pouvoir le rejoindre en secret, se fit enfermer dans une malle et emporter par les flots, un marin la trouva et l’emmena dans une église ou elle fut placée devant le portrait d’Adam et de Muhammad ; là, il en sortit et partit réclamer la libération de son fils. En voyant les deux portraits , le roi et son armée prirent peur. Et, en effet, aux côtés des portraits se produisaient des apparitions, lorsqu’on plaçait des étendards au-dessus du portrait, on y voyait des choses extraordinaires : par exemple, ‘Alî y vit des oiseaux avec des têtes de chien sortant de la mer, portant des pierres et crachant du feu, annonciateurs d’une attaque de la Mecque par le roi d’Éthiopie, mais la présence du portrait les empêcha d’agir. Ainsi, la seule image du Prophète pouvait produire de curieux phénomènes.
[42] Voir Beatrice Forbes Manz, Power, Politics an Religion in Timurid Iran, Cambridge, Cambridge University Press, 2007, Chapitre 6 : « Political Dynamics in the Realm of the Supernatural », p. 178-207.
[43] Paris, BnF, ms sup. Persan 332, 177r (http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8422994d/f367.item).
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[44] Paris, BnF, ms sup. Persan 332, 169v (http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8422994d/f352.item).
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[45] Nizami. The Sikandar Nama, E Bara. Ed. Captain H. Wilberforce Clarke, London, 1881, reed. Delhi, 1995 p. 526-531.
[46] IskandarnamahA Persian Mediaeval Romance, éd. M. S. Southgate, Columbia, 1978, p. 30-31.
[47] J.-P. Roux, Tamerlan, Paris, Fayard, 1991, p. 155.
[48] K. V Zettersteen, Art. « ‘Abdallâh ibn Mu’awiyya », Encyclopédie de l’islam, édition cédérom, Leyde, 1999.
[49] G. C. Anawati, Art. « Fakhr al-dîn al-Râzî », Encyclopédie de l’islam, édition cédérom, Leyde, 1999.
[50] M. E. Subtelny, Timurids in Transition. Turko-Persian Politics and Acculturation in Medieval Iran, Brill, Inner Asian Library, Leyde-Boston, 2007, p. 190.
[51] Ġāyat al-Ḥakīm : Das Ziel des Weisen von Pseudo-Maǧrīṭī, Helmut Ritter, David Plessner (éd.), Londres, The Warburg Institute, 1962.
[52] Paris, B.n.F. ms. persan 174, Anatolie saljoukide, 1272 :
par exemple [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]
[53] Le roi Maymûn, planche 24, le roi Shamhûrash, Pl. 25, le roi noir, Pl. 21, dans Carboni, Il kitâbop. cit.
[54] Mahmûd al-Su‘udî, Matâli‘ al-Sa‘âdat, Paris, sup. turc 242, fol. 85v Le roi Maymûn : [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] seule
le roi Shamhûrash, fol. 89,
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[55] Doutté, Magieop. cit., p. 91-93, donne le rituel d’apparition de Shams al Qarâmid fille de al-Malik al-Abyâd et les obstacles à surmonter.
[56] Doutté, Magieop. cit., p. 385. Dans ce cas-là, on habille un peigne à carder, le mchet et après certains rites précis (bain dans une source, etc.), le djinn est invoqué ; la jeune fille doit crier l’appel à la prière durant une nuit depuis un minaret (adhân), puis elle va se coucher et dispose devant le mchet un plat de couscous ; dans la nuit un petit homme, vieux, lui apparaît et lui dévoile son avenir.
[57] Doutté, Magieop. cit., p. 95-96. Il mêle intensivement la prière envers Dieu et envers le prophète Muhammad, la récitation de la sourate 109 et la conjuration des esprits durant sept jours accompagnées de fumigations d’encens particuliers. Dans un des cas présentés par Doutté, l’officiant doit répéter lors de la prière du matin, la sourate 109, vingt-et-une fois, puis les noms ya kârim ya râhim mille fois, et avant la prière officielle, il prononce un texte de conjuration récité en plus 41 fois au milieu de la nuit, et ce durant sept jours. C’est alors que durant la nuit du dimanche au lundi, se produit une apparition qui demandera ce que l’on veut et l’on répondra : « Je sollicite de votre bonté et de la bonté de Dieu, que vous m’apportiez tous les jours un dinar d’or ». Il répondra : « Bien », et il vous demandera de respecter les obligations suivantes : visiter les morts chaque samedi ; réciter les deux noms sublimes après chaque prière et autant de fois que les lettres valent d’unité ; faire l’aumône aux pauvres et au gens dans le besoin. Puis une prière accompagnera le départ de la manifestation.
[58] Doutté, Magieop. cit., p. 388.
[59] Voir T. Fahd « La connaissance de l’inconnaissable et l’obtention de l’impossible dans la pensée mantique et magique de l’islam », BEO, Islam et Sciences occultes, Damas, IFEAD, 1993, p. 33-44.
[60] Al-Kisâ’i, Tales of the ProphetsQisas al-anbiyâ’, éd. W. M. Thackston Jr., Chicago, 1997.
[61] Mi’ranama Timúrida, El Libro de la Ascensión, 1: fac-simile, 2 : Commentary : Ch. J. Gruber (éd.), Aspas R., Valencia, Patrimonio Ediciones, 2008.
[62] F. Aubaile-Sallenave, « L’homme au manteau vert en pays musulman : Ses fonctions, ses caractères, sa diffusion », Res orientales, XIV (2002), 11-35 et voir plus bas.
[63] Emile Dermengheim, Louis Mahfoud, Unver, Suheyl, Nicolas de Witt, « Les Sept Dormants d’Ephèse (Ahl al-Kahf) en Islam et en Chrétienté », Revue Études Islamiques, 22, 1954, p. 54-112 et 23, 1955, p. 93-106.
[64] N. O. Brown, « The Apocalypse of islam », Social Text, 1983-84, p. 155-171 et p. 164-166.
[65] Ibid., p. 190.
[66] F Grenet, « L’entrée du paradis est à Samarkand. Les données mythiques de la chronique persane locale », Studia Asiatica, 2005, p. 1-21.
[67] Al-Kisâ’i. Tales of the Prophets, Qisas al-anbiyâ’, éd. W. M. Thackston Jr., Chicago, Kazi Publications, 1997, p. 129.
[68] Voir l’illustration dans le BnF, sup. persan 332, fol. 3.
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[69] Kisâ’i, Tales, p. 143-144.
[70] Ibid., p. 119.
[71] Tha‘âlibî, éd. W. M. Brinner, ‘Arâ’is al-majâlis fî qisas al-anbiyâ’ or Lives of the Prophets, Leyde, Brill, 2002, p. 715.
[72] Ibid., p. 725.
[73] Illustration 65 et vers 2206-2226 dans A. Souren Melikian-Chirvâni, « Le roman de Varqe et Golšâh : Essai sur les rapports de l’esthétique littéraire et de l’esthétique plastique dans l’Iran pré-mongol, suivi de la traduction du poème », Arts asiatiques, 22, 1970, p. 1-264.
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Re: Islam, selon...

Message  Arlitto le Dim 7 Aoû - 18:09

Les versets les plus violents et intolérants du Coran
J’ai extrait du Coran :
1)     les versets violents (V)
2)      intolérants (I)
3)     machistes (M),
4)     légalisant le Pillage (P),
5)     vénaux (Ve),
6)     qui permettent à Mahomet de s’arroger la part du lion au niveau pouvoir, femme et sur le reste des hommes etc … (P)
7)     ceux indiquant un « déséquilibre » dans le sens paranoïaque, mégalomane et sans garde-fou moraux, ou dans le cadre d’une incohérence (D).
Note : La violence et l’intolérance étant liées.
Mes sources pour ce travail étaient :
[1] Le Coran, traduction de Kasimirski, G-Flammarion. 1970.
[2] Le Coran, traduction de la Présidence Générales des Directions des Recherches Scientifiques, Islamiques, de l’Ifta, de la Prédication et de l’Orientation religieuses, du Royaume d’Arabie Saoudite.
[3] [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]
Note : J'ai mis les versets notables en police Time New Roman 14 (avec les plus gros caractères), le moins important (à mes yeux) en petite police (Time New Roman 10).
 
Liste de ces versets :
 
 Sr2. 39. Et ceux qui ne croient pas (à nos messagers) et traitent de mensonge Nos révélations, ceux-là sont les gens du Feu où ils demeureront éternellement. (I)
 
Sr2. 128.[…] Les maris sont supérieurs aux femmes. […] (M).
 
Sr2. 179. C'est dans le talion que vous aurez la préservation de la vie, ò vous doués d'intelligence, ainsi atteindrez-vous la piété. (V) (D).
 
Sr2. 190. Combattez dans le sentier d'Allah ceux qui vous combattent, et ne transgressez pas. Certes. Allah n'aime pas les transgresseurs! (V)
 
Sr2. 191. Et tuez-les, où que vous les rencontriez; et chassez-les d'où ils vous ont chassés: l'association est plus grave que le meurtre. Mais ne les combattez pas près de la Mosquée sacrée avant qu'ils ne vous y aient combattus. S'ils vous y combattent, tuez-les donc. Telle est la rétribution des mécréants. (V)
 
Sr2. 193. Et combattez-les jusqu'à ce qu'il n'y ait plus d'association et que la religion soit entièrement à Allah seul. S'ils cessent, donc plus d'hostilités, sauf contre les injustes. (V)
 
Sr2. 217. - Ils t'interrogent sur le fait de faire la guerre pendant les mois sacrés. - Dis: ‹Y combattre est un péché grave, mais plus grave encore auprès d'Allah est de faire obstacle au sentier d'Allah, d'être impie envers Celui-ci et la Mosquée sacrée, et d'expulser de là ses habitants. L'association est plus grave que le meurtre.›
Or, ils ne cesseront de vous combattre jusqu'à, s'ils peuvent, vous détourner de votre religion. Et ceux parmi vous qui adjureront leur religion et mourront infidèles,
vaines seront pour eux leurs actions dans la vie immédiate et la vie future. Voilà les gens du Feu: ils y demeureront éternellement. (I)

 
Sr2. 222. - Et ils t'interrogent sur la menstruation des femmes. - Dis: ‹C'est un mal. Eloignez-vous donc des femmes pendant les menstrues, et ne les approchez que quand elles sont pures. (M)
 
S2. 223. Vos épouses sont pour vous un champ de labour; allez à votre champ comme [et quand] vous le voulez et oeuvrez pour vous-mêmes à l'avance. (M).
 
Sr2.228.  …Mais les hommes ont cependant une prédominance sur elles [les femmes divorcées] (M).
Sr2 282. «...Demandez le témoignage de deux témoins parmi vos hommes. Si vous ne trouvez pas deux hommes, choisissez un homme et deux femmes, parmi ceux que vous agréez comme témoins...»  (M). [Note : le témoignage d’un homme vaut celui de 2 femme].
Sr3. 10. Ceux qui ne croient pas, ni leur biens ni leurs enfants ne les mettront aucunement à l'abri de la punition d'Allah. Ils seront du combustible pour le Feu, (I)
Sr3. 11. comme le gens de Pharaon et ceux qui vécurent avant eux. Ils avaient traité de mensonges Nos preuves. Allah les saisit donc, pour leurs péchés. Et Allah est dur en punition (I)
Sr 3. 14. « L'amour des biens convoités est présenté aux hommes sous des apparences belles et trompeuses: tels sont les femmes, les enfants, les lourds amoncellements d'or et d'argent, les chevaux racés, le bétail, les terres cultivées... » (M) [L'islam considère l'épouse comme un bien]
 
Sr3. 87. Ceux là, leur rétribution sera qu'ils auront sur eux la malédiction d'Allahdes Anges et de tous les êtres humains. (I)
Sr3. 88. Ils y demeureront éternellement. Le châtiment ne leur sera pas allégé, et ils n'auront aucun répit, (I)
Sr3. 90. En vérité, ceux qui ne croient plus après avoir eu la foi, et laissent augmenter encore leur mécréance, leur repentir ne sera jamais accepté. Ceux là sont vraiment les égarés. (I)
Sr3. 91. Ceux qui ne croient pas et qui meurent mécréants, il ne sera jamais accepté d'aucun d'eux de se racheter même si pour cela il (donnait) le contenu, en or, de la terre. Ils auront un châtiment douloureux, et ils n'auront point de secoureurs. (I)
Sr3. 110. […] Si les gens du Livre croyaient, ce serait meilleur pour eux, il y en a qui ont la foi, mais la plupart d'entre eux sont des pervers. (I)
 
Sr3. 131. Et craignez le Feu préparé pour les mécréants. (I)
 
Sr3. 141. et afin qu'Allah purifie ceux qui ont cru, et anéantisse les mécréants. (I).
 
Sr3. 156. Ô les croyants! Ne soyez pas comme ces mécréants qui dirent à propos de leurs frères partis en voyage ou pour combattre: ‹S'ils étaient chez nous, ils ne seraient pas morts, et ils n'auraient pas été tués.› Allah en fit un sujet de regret dans leurs coeurs. C'est Allah qui donne la vie et la mort. Et Allah observe bien ce que vous faites. (V) (I)(D) [note : l’Islam est la religion du châtiment et de la crainte]
Sr3. 157. Et si vous êtes tués dans le sentier d'Allah ou si vous mourez, un pardon de la part d'Allah et une miséricorde valent mieux que ce qu'ils amassent. (V)
Sr3. 158. Que vous mouriez ou que vous soyez tués, c'est vers Allah que vous serez rassemblés. (V) [note : effrayant ! Incitation à donner sa vie pour Mahomet](P)(D).
 
Sr3. 178. Que ceux qui n'ont pas cru ne comptent pas que ce délai que Nous leur accordons soit à leur avantage. Si Nous leur accordons un délai, c'est seulement pour qu'ils augmentent leurs péchés. Et pour eux un châtiment avilissant. (D).
Sr3. 197. Piètre jouissance! Puis leur refuge sera l'Enfer. Et quelle détestable couche! (I)
Sr4. 3. Et si vous craignez de n'être pas justes envers les orphelins,... Il est permis d'épouser deux, trois ou quatre, parmi les femmes qui vous plaisent, mais, si vous craignez de n'être pas justes avec celles-ci, alors une seule, ou des esclaves que vous possédez. Cela afin de ne pas faire d'injustice. (M).
 
Sr4. 12 Dieu vous commande dans le partage de vos biens entre vos enfants, de donner au fils mâle la portion de 2 filles.  (M).
 
Sr4. 15. Celles de vos femmes qui forniquent, faites témoigner à leur encontre quatre d'entre vous. S'ils témoignent, alors confinez ces femmes dans vos maisons jusqu'à ce que la mort les rappelle ou qu'Allah décrète un autre ordre à leur égard. (V)(I).
 
Sr4. 18. Celui qui désobéira à Dieu et à l’Apôtre, et qui transgressera les lois de Dieu, sera précipité dans le feux où il restera éternellement, livré à un châtiment ignominieux. (I).
 
Sr4. 28. Il vous est interdit d’épouser des femmes mariés, excepté celles qui seraient tombées entre vos mais comme esclave(M) (V).
 
Sr4. 34. Les hommes ont autorité sur les femmes, en raison des faveurs qu'Allah accorde à ceux-là sur celles-ci, et aussi à cause des dépenses qu'ils font de leurs bien. Les femmes vertueuses sont obéissantes (à leurs maris), et protègent ce qui doit être protégé, pendant l'absence de leurs époux, avec la protection d'Allah. Et quant à celles dont vous craignez la désobéissance, exhortez-les, éloignez-vous d'elles dans leurs lits et frappez-les[…] (V)(M).
 
Sr4. 56. Certes, ceux qui ne croient pas à Nos Versets, (le Coran) Nous les brûlerons bientòt dans le Feu. Chaque fois que leurs peaux auront été consumées, Nous leur donnerons d'autres peaux en échange afin qu'ils goûtent au châtiment. Allah est certes Puissant et Sage! (I)(D)
 
Sr4. 57. Et quant à ceux qui ont cru et fait de bonnes oeuvres, bientòt Nous les ferons entrer aux Jardins sous lesquels coulent des ruisseaux. Ils y demeureront éternellement. Il y aura là pour eux des épouses purifiées. […] (M). [Note : des épouses comme une marchandise…].
 
Sr4. 74. Qu'ils combattent donc dans le sentier d'Allah, ceux qui troquent la vie présente contre la vie futureEt quiconque combat dans le sentier d'Allah, tué ou vainqueur, Nous lui donnerons bientôt une énorme récompense. (V).
 
Sr4. 76. Les croyants combattent dans le sentier d'Allah, et ceux qui ne croient pas combattent dans le sentier du Tagut. Eh bien, combattez les alliés de Diable, car la ruse du Diable est certes, faible. (I).
 
Note : les versets IV 71 à 84 sont des invitations à la guerre sainte.(V).
 
Sr4. 89. Ils aimeraient vous voir mécréants, comme ils ont mécru: alors vous seriez tous égaux! Ne prenez donc pas d'alliés parmi eux, jusqu'à ce qu'ils émigrent dans le sentier d'Allah. Mais s'ils tournent le dos, saisissez-les alors, et tuez-les où que vous les trouviez; et ne prenez parmi eux ni allié ni secoureur, (V).
 
Sr4. 93. Vous en trouverez d'autres qui cherchent à avoir votre confiance, et en même temps la confiance de leur propre tribu. Toutes les fois qu'on les pousse vers l'Association, (l'idolâtrie) ils y retombent en masse. (Par conséquent,) s'ils ne restent pas neutres à votre égard, ne vous offrent pas la paix et ne retiennent pas leurs mains (de vous combattre), alors saisissez-les et tuez les où que vous les trouviez. Contre ceux-ci, Nous vous avons donné autorité manifeste. (V) (I).
 
Sr4. 95. Ne sont pas égaux ceux des croyants qui restent chez eux - sauf ceux qui ont quelques infirmité - et ceux qui luttent corps et biens dans le sentier d'Allah. Allah donne à ceux qui luttent corps et biens un grade d'excellence sur ceux qui restent chez eux. Et à chacun Allah a promis la meilleure récompense; et Allah a mis les combattants au-dessus des non combattants en leur accordant une rétribution immense. (V).
 
Sr4. 101. Et quand vous parcourez la terre (NDLR Quand vous faites la guerre, dans la traduction Payot)), ce n'est pas un péché pour vous de raccourcir la Salat, si vous craignez que les mécréants ne vous mettent à l'épreuve, car les mécréants demeurent pour vous un ennemi déclaré. (I).
 
Sr4.151. les voilà les vrais mécréants! Et Nous avons préparé pour les mécréants un châtiment avilissant. (I).
Sr4.161. et à cause de ce qu'ils prennent des intérêts usuraires - qui leur étaient pourtant interdits - et parce qu'ils mangent illégalement les biens des gens. A ceux d'entre eux qui sont mécréants Nous avons préparé un châtiment douloureux. (I).
Sr5.10. Quant à ceux qui ne croient pas et traitent de mensonge Nos preuves, ceux-là sont des gens de l'Enfer. (I).
 
Sr5.33. La récompense de ceux qui font la guerre contre Allah et Son messager, et qui s'efforcent de semer la corruption sur la terre, c'est qu'ils soient tués, ou crucifiés, ou que soient coupées leur main et leur jambe opposées, ou qu'ils soient expulsés du pays. Ce sera pour eux l'ignominie ici-bas; et dans l'au-delà, il y aura pour eux un énorme châtiment, (V)(I).
Sr5. 38. Le voleur et la voleuse, à tous deux coupez la main, en punition de ce qu'ils se sont acquis, et comme châtiment de la part d'Allah. Allah est Puissant et Sage. (V).
Sr5. 45. Et Nous y avons prescrit pour eux vie pour vie, oeil pour oeil, nez pour nez, oreille pour oreille, dent pour dent. Les blessures tombent sous la loi du talion. Après, quiconque y renonce par charité, cela lui vaudra une expiation. Et ceux qui ne jugent pas d'après ce qu'Allah a fait descendre, ceux-là sont des injustes (V)(I).
 
 Sr5. 51. Ô les croyants! Ne prenez pas pour alliés les Juifs et les Chrétiens; ils sont alliés les uns des autres. Et celui d'entre vous qui les prend pour alliés, devient un des leursAllah ne guide certes pas les gens injustes. (I).
 
Sr5. 64. Et les Juifs disent: ‹La main d'Allah est fermée!› Que leurs propres mains soient fermées, et maudits soient-ils pour l'avoir dit. […]Et certes, ce qui a été descendu vers toi de la part de ton Seigneur va faire beaucoup croître parmi eux la rébellion et la mécréance. Nous avons jeté parmi eux l'inimité et la haine jusqu'au Jour de la Résurrection.[…] (I).
 
Sr5. 65. Si les gens du Livre avaient la foi et la piété, Nous leur aurions certainement effacé leurs méfaits et les aurions certainement introduits dans les Jardins du délice. (I).
 
Sr5. 86. Et quant à ceux qui ne croient pas et qui traitent de mensonges Nos versets, ce sont les gens de la Fournaise.
 
Sr6. 32. La présente vie n'est que jeu et amusement. La demeure dans l'au- delà sera meilleure pour ceux qui sont pieux. […] (V)(D).
 
Sr6. 39. Et ceux qui traitent de mensonges Nos versets sont sourds et muets, dans les ténèbres. Allah égare qui Il veut […] (I).
 
Sr7. 36. Et ceux qui traitent de mensonges Nos signes et s'en écartent avec orgueil, sont les gens du Feu et ils y demeureront éternellement. (I).
 
Sr7. 72. Or, Nous l'avons sauvé, (lui) et ceux qui étaient avec lui, par miséricorde de Notre part, et Nous avons exterminé ceux qui traitaient de mensonges Nos enseignements et qui n'étaient pas croyants. (I). (V).
 
Sr8. 1. Ils t'interrogent au sujet du butin. Dis: ‹Le butin est à Allah et à Son messager.› Craignez Allah, maintenez la concorde entre vous et obéissez à Allah et à Son messager, si vous êtes croyants. (V) (P) (Ve).
 
Sr8. 7. (Rappelez-vous), quand Allah vous promettait qu'une des deux bandes sera à vous. ‹Vous désiriez vous emparer de celle qui était sans armes, alors qu'Allah voulait par Ses paroles faire triompher la vérité et anéantir les mécréants jusqu'au dernier. (V).
 
Sr8. 12. Et ton Seigneur révéla aux Anges: ‹Je suis avec vous: affermissez donc les croyants. Je vais jeter l'effroi dans les coeurs des mécréants. Frappez donc au-dessus des cous et frappez-les sur tous les bouts des doigts. (V).
 
Sr8. 13. Ce, parce qu'ils ont désobéi à Allah et à Son messager.› Et quiconque désobéit à Allah et à Son messager... Allah est certainement dur en punition! (V).
 
Sr8. 17. Ce n'est pas vous qui les avez tués: mais c'est Allah qui les a tués. […] (V). [Note : on dédouane le combattant de l’Islam de ses crimes].
 
Sr8. 25. Et craignez une calamité qui n'affligera pas exclusivement les injustes d'entre vous. Et sachez qu'Allah est dur en punition (V).
 
Sr8. 36. Ceux qui ne croient pas dépensent leurs biens pour éloigner (les gens) du sentier d'Allah. Or, après les avoir dépensés, ils seront pour un sujet de regret. Puis ils seront vaincus, et tous ceux qui ne croient pas seront rassemblés vers l'Enfer, (I).
 
Sr8. 41. Et sachez que, de tout butin que vous avez ramassé, le cinquième appartient à Allah, au messager, à ses proches parents, aux orphelins, aux pauvres, et aux voyageurs (en détresse), si vous croyez en Allah […] (P)(V)(Ve).
 
Sr8. 50. Si tu voyais, lorsque les Anges arrachaient les âmes aux mécréants! Ils les frappaient sur leurs visages et leurs derrières, (en disant): ‹Goûtez au châtiment du Feu. (I).
 
Sr8. 51. Cela (le châtiment), pour ce que vos mains ont accompli.› Et Allah n'est point injuste envers les esclaves. […] [Note : contradiction].
 
Sr8. 57. Donc, si tu les [les mécréants] maîtrises à la guerre, inflige-leur un châtiment exemplaire de telle sorte que ceux qui sont derrière eux soient effarouchés. Afin qu'ils se souviennent. (V).
 
Sr8. 67. Un prophète ne devrait pas faire de prisonniers avant d'avoir prévalu [mis les mécréants hors de combat] sur la terreVous voulez les biens d'ici- bas, tandis qu'Allah veut l'au-delà. Allah est Puissant et Sage. (V) (P).
 
Sr8. 68. N'eût-été une prescription préalable d'Allah, un énorme châtiment vous aurait touché pour ce que vous avez pris. [de la rançon] (P).
 
Sr8. 69. Mangez donc de ce qui vous est échu en butin, tant qu'il est licite et pur. Et craignez Allah, car Allah est Pardonneur et Miséricordieux. (P) (Ve).
 
Sr8. 5. Après que les mois sacrés expirent, tuez les associateurs où que vous les trouviez. Capturez-les, assiégez-les et guettez-les dans toute embuscade. […] (V).
 
Sr8. 29. Combattez ceux qui ne croient ni en Allah ni au Jour dernier, qui n'interdisent pas ce qu'Allah et Son messager ont interdit et qui ne professent pas la religion de la vérité, parmi ceux qui ont reçu le Livre, jusqu'à ce qu'ils versent la capitation par leurs propres mains, après s'être humilies. (I) (V).
 
Sr8. 39. Si vous ne vous lancez pas au combat, Il vous châtiera d'un châtiment douloureux et vous remplacera par un autre peuple. Vous ne Lui nuirez en rien. Et Allah est Omnipotent. (I) (P) [Note : L’Islam est une religions totalitaire].
Sr8. 63. Ne savent-ils pas qu'en vérité quiconque s'oppose à Allah et à Son messager, aura le feu de l'Enfer pour y demeurer éternellement ? Et voilà l'immense opprobre. (I).
Sr8. 73. Ô Prophète, lutte contre les mécréants et les hypocrites, et sois rude avec eux; l'Enfer sera leur refuge, et quelle mauvaise destination! (I).
 
Sr8. 111. Certes, Allah a acheté des croyants, leurs personnes et leurs biens en échange du Paradis. Ils combattent dans le sentier d'Allah: ils tuent, et ils se font tuer. C'est une promesse authentique qu'Il a prise sur Lui-même dans la Thora, l'Evangile et le Coran.[…] (V).
 
Sr8. 113. Il n'appartient pas au Prophète et aux croyants d'implorer le pardon en faveur des associateurs, fussent-ils des parents alors qu'il leur est apparu clairement que ce sont les gens de l'Enfer. (I).
 
Sr8. 123. Ô vous qui croyez! Combattez ceux des mécréants qui sont près de vous; et qu'ils trouvent de la dureté en vous. Et sachez qu'Allah est avec les pieux. (V) (I)(D).
 
12: 28. Puis, quand il (le mari) vit la tunique déchirée par derrière, il dit: ‹C'est bien de votre ruse de femmes! Vos ruses sont vraiment énormes! … (M)(D)
 
12: 30. Et dans la ville, des femmes dirent: ‹La femme d'Al-Azize essaye de séduire son valet! Il l'a vraiment rendue folle d'amour. Nous la trouvons certes dans un égarement évident. (D).
 
12:50. Et le roi dit: ‹Amenez-le moi›. Puis, lorsque l'émissaire arriva auprès de lui, [Joseph] dit: ‹Retourne auprès de ton maître et demande-lui : ‹Quelle était la raison qui poussa les femmes à se couper les mains? Mon Seigneur connaît bien leur ruse›. (D).
 
Sr13. 15. Et c'est à Allah que se prosternent, bon gré mal gré, tous ceux qui sont dans les cieux et sur la terre, ainsi que leurs ombres, au début et à la fin de journée. l'Enfer sera leur refuge. Quel détestable lit de repos! (I).
 
Sr13. 25. [Mais] ceux qui violent leur pacte avec Allah après l'avoir engagé, et rompent ce qu'Allah a commandé d'unir et commettent le désordre sur terre, auront la malédiction et la mauvaise demeure. (I).
 
Sr13. 32. On s'est certes moqué des messagers avant toi. Alors, J'ai donné un répit aux mécréants. Ensuite, Je les ai saisis. Et quel fut Mon châtiment ! (V)(I).
 
Sr13. 34. Un châtiment les [les mécréants] atteindra dans la vie présente. Le châtiment de l'au-delà sera cependant plus écrasant et ils n'auront nul protecteur contre Allah. (I). 
Sr13. 47 :15. (sourate Mahomet) Voici la description du Paradis qui a été promis aux pieux: il y aura là des ruisseaux d'une eau jamais malodorante, et des ruisseaux d'un lait au goût inaltérable, et des ruisseaux d'un vin délicieux à boire, ainsi que des ruisseaux d'un miel purifié. [Note : vision matérialiste du Paradis].
Sr14.2..Allah, à qui appartient tout ce qui est dans les cieux et sur la terre. Et malheur aux mécréants, pour un dur châtiment [qu'ils subiront]. (I) 
Sr14. 7. Et lorsque votre Seigneur proclama: ‹ […] Mais si vous êtes ingrats, Mon châtiment sera terrible›. (I).
Sr14. 16. L'Enfer est sa destination et il sera abreuvé d'une eau purulente (I).
Sr14. 17. qu'il tentera d'avaler à petites gorgées. Mais c'est à peine s'il peut l'avaler. La mort lui viendra de toutes parts, mais il ne mourra pas; et il aura un châtiment terrible. (I).
Sr14.22.. […] Certes, un châtiment douloureux attend les injustes [les associateurs] (I).
 
Sr14. 27. Allah affermit les croyants par une parole ferme, dans la vie présente et dans l'au-delà. Tandis qu'Il égare Ies injustes. Et Allah fait ce qu'Il veut. (D).
 
Sr14.29. […] ...l'Enfer, où ils brûleront? Et quel mauvais gîte ! (I).
Sr16.36. Nous avons envoyé dans chaque communauté un Messager, [pour leur dire]: ‹Adorez Allah et écartez-vous du Tagut›. Alors Allah en guida certains, mais il y en eut qui ont été destinés a l'égarement. Parcourez donc la terre, et regardez quelle fut la fin de ceux qui traitaient [Nos messagers] de menteurs. (I)(V).
Sr16.84. (Et rappelle-toi) le jour où de chaque communauté Nous susciterons un témoin, on ne permettra pas aux infidèles (de s'excuser), et on ne leur demandera pas de revenir [sur ce qui a provoqué la colère d'Allah]. (I).
 
Sr16.85. Et quand les injustes verront le châtiment, on ne leur accordera ni allégement ni répit. (I).
 
Sr16.90 … Et Il [Allah] interdit la turpitude, l'acte répréhensible et la rébellion. … (I).
Sr16.104. Ceux qui ne croient pas aux versets d'Allah, Allah ne les guide pas. Et ils ont un châtiment douloureux.(I).
Sr16.106. Quiconque a renié Allah après avoir cru... - sauf celui qui y a été contraint alors que son coeur demeure plein de la sérénité de la foi - mais ceux qui ouvrent délibérément leur coeur à la mécréance, ceux-là ont sur eux une colère d'Allah et ils ont un châtiment terrible. (I).
Sr16.112. Et Allah propose en parabole une ville: elle était en sécurité, tranquille; sa part de nourriture lui venait de partout en abondance. Puis elle se montra ingrate aux bienfaits d'Allah. Allah lui fit alors goûter la violence de la faim et de la peur [en punition] de ce qu'ils faisaient. (I)(V).
Sr16.113. En effet, un Messager des leurs est venu à eux, mais ils l'ont traité de menteur. Le châtiment, donc, les saisit parce qu'ils étaient injustes. (I).
Sr16.126. Et si vous punissez, infligez [à l'agresseur] une punition égale au tort qu'il vous a fait. (V).
Sr17.8. ... Mais si vous récidivez, Nous récidiverons. Et Nous avons assigné l'Enfer comme camp de détention aux infidèles. (D)(I).
 
Sr17.15. … Et Nous n'avons jamais puni [un peuple] avant de [lui] avoir envoyé un Messager. (I).
 
Sr17.33. … Que celui-ci ne commette pas d'excès dans le meurtre, car il est déjà assisté (par la loi). (V).
 
St17.59. … En outre, nous n'envoyons de miracles qu'à titre de menace.(D)(I).
 
Sr17. 60. Et lorsque Nous te disions que ton Seigneur cerne tous les gens (par Sa puissance et Son savoir). Quant à la vision que Nous t'avons montrée, Nous ne l'avons faite que pour éprouver les gens, tout comme l'arbre maudit mentionné dans le Coran. Nous les menaçons; mais cela ne fait qu'augmenter leurs grande transgression. (I)(V).
 
Sr18. 29. Et dis: ‹La vérité émane de votre Seigneur›. Quiconque le veut, qu'il croit, et quiconque le veut qu'il mécroie›. Nous avons préparé pour les injustes un Feu dont les flammes les cernent. Et s'ils implorent à boire on les abreuvera d'une eau comme du métal fondu brûlant les visages. Quelle mauvaise boisson et quelle détestable demeure ! (D)(I)(V).
 
Sr18. 55. Qu'est-ce qui a donc empêché les gens de croire, lorsque le guide leur est venu, ainsi que de demander pardon à leur Seigneur, si ce n'est qu'ils veulent subir le sort des Anciens, ou se trouver face à face avec le châtiment.(D)(I).
 
Sr18. 56. Et Nous n'envoyons les messagers que pour annoncer la bonne nouvelle et avertir. Et ceux qui ont mécru disputent avec de faux arguments, afin d'infirmer la vérité et prennent en raillerie Mes versets (le Coran) ainsi que ce (châtiment) dont on les a avertis.(I).
 
Sr18. 106. C'est que leur rétribution sera l'Enfer, pour avoir mécru et pris en raillerie Mes signes (enseignements) et Mes messagers.(I).
 
Sr19. 68. Pas ton Seigneur! Assurément, Nous les rassemblerons, eux et les diables. Puis, Nous les placerons autour de l'Enfer, agenouillés. (I).
Sr19. 69. Ensuite, Nous arracherons de chaque groupe ceux d'entre eux qui étaient les plus obstinés contre le Tout Miséricordieux. (I).
Sr19. 70. Puis nous sommes Le meilleur à savoir ceux qui méritent le plus d'y être brûlés. (I).
Sr19.74. 74. Combien de générations, avant eux, avons-Nous fait périr, qui les surpassaient en biens et en apparence? (I)(V)
Sr21.11. Et que de cités qui ont commis des injustices, Nous avons brisées; et Nous avons créé d'autres peuples après eux.  (I)(V).
Sr21.39. Si [seulement] les mécréants connaissaient le moment où ils ne pourront empêcher le feu de leurs visages ni de leur dos, et où ils ne seront point secourus... (I).
Sr21.40.  … on ne leur donnera pas de répit. (I).
Sr21.41. On s'est moqué de messagers venus avant toi. Et ceux qui se sont moqués d'eux, se virent frapper de toutes parts par l'objet même de leurs moqueries. (I)(V)
Sr21. 57. Et par Allah! Je ruserai certes contre vos idoles une fois que vous serez partis›.(D)(I).
Sr21.77. et Nous le secourûmes contre le peuple qui traitait Nos prodiges de mensonges. Il furent vraiment des gens du Mal. Nous les noyâmes donc tous.(I)(V).
Sr22.2 … Mais le châtiment d'Allah est dur. (V)(I).
Sr23. 5. et [ceux] qui préservent leurs sexes [de tout rapport], 
Sr23.6. si ce n'est qu'avec leurs épouses ou les esclaves qu'ils possèdent, car là vraiment, on ne peut les blâmer; (M).
[Sr23.10. Ceux sont eux les héritiers Sr23.11 qui hériteront le paradis …].
 
Sr23.44. … Que disparaissent à jamais les gens qui ne croient pas ! (I).
 
 Sr23.57. « Ô prophète! Dis à tes épouses, à tes filles et aux femmes des croyants de se couvrir de leurs grands voiles (quand elles sont à l'extérieur)... ». (M).
 
Sr24 31« Dis aux croyantes de baisser leurs regards, d'être chastes, de ne montrer que l'extérieur de leurs atours, de rabattre leurs voiles sur leurs poitrines ... ». (M)(D).
 
Sr25. 11. Mais ils ont plutôt qualifié l'Heure de mensonge. Nous avons cependant préparé, pour quiconque qualifie l'Heure de mensonge, une Flamme brûlante. (I).
Sr25.12. Lorsque de loin elle les voit, ils entendront sa fureur et ses pétillements. 
Sr25.13. Et quand on les y aura jetés, dans un étroit réduit, les mains liées derrière le cou, ils souhaiteront alors leur destruction complète. (D)(I).
Sr25.14. … Aujourd'hui, ne souhaitez pas la destruction une seule fois, mais souhaitez-en plusieurs. (V)(I).
Sr25. 39. A tous, cependant, Nous avions fait des paraboles et Nous les avions tous anéantis d'une façon brutale.(V)(I).
 
Sr25. 52. N'obéis donc pas aux infidèles; et avec ceci (le Coran), lutte contre eux vigoureusement.(I).
 
Sr25. 55. Mais ils adorent en dehors de Dieu, ce qui ne leur profite point, ni ne leur nuit ! Et l'infidèle sera toujours l'allié des ennemis de son Seigneur ! (I).
 
Sr25. 65. qui disent : "Seigneur, écarte de nous le châtiment de l'Enfer". - car son châtiment est permanent.(I).
 
Sr25. 107. Je suis pour vous un messager digne de confiance.
Sr25. 108. Craignez Dieu donc et obéissez-moi. (I)
Sr25. 109. Et je ne vous demande pas de salaire pour cela; mon salaire n'incombe qu'au Seigneur de l'univers. 
Sr25. 110. Craignez Dieu donc, et obéissez-moi". (I).

 
Sr33 6. Le Prophète a plus de droit sur les croyants qu'ils n'en ont sur eux-mêmes; et ses épouses sont leurs mères. … (P)
 
Sr33 21. En effet, vous avez dans le Messager d'Allah un excellent modèle [à suivre], .... (D).
Sr33. 30. : Ô femmes du Prophète ! Celle d'entre vous qui commettra une turpitude prouvée, le châtiment lui sera doublé par deux fois ! Et ceci est facile pour Allah. (V)(M).
Sr33 33. [Femmes du prophète] Restez dans vos foyers; et ne vous exhibez pas à la manière des femmes avant l'Islam … (Jahiliyah). (M).
 
Sr33. 36. Il n'appartient pas à un croyant ou à une croyante, une fois qu'Allah et Son messager ont décidé d'une chose, d'avoir encore le choix dans leur façon d'agir. ... (P) (I).
 
Sr33.38. Nul grief à faire au Prophète en ce qu'Allah lui a imposé [à Mahomet d’avoir épousé la fille de son fils adoptif _ voir verset 33.37], conformément aux lois établies pour ceux qui vécurent antérieurement. Le commandement d'Allah est un décret inéluctable. (D).
 
Sr33. 50. Ô Prophète ! Nous t'avons rendue licites tes épouses à qui tu as donné leur mahr (dot), ce que tu as possédé légalement parmi les captives [ou esclaves] qu'Allah t'a destinées, les filles de ton oncle paternel, les filles de tes tantes paternelles, les filles de ton oncle maternel, et les filles de tes tantes maternelles, - celles qui avaient émigré en ta compagnie, - ainsi que toute femme croyante si elle fait don de sa personne au Prophète, pourvu que le Prophète consente à se marier avec elle : c'est là un privilège pour toi, à l'exclusion des autres croyants. Nous savons certes, ce que nous leur avons imposé au sujet de leurs épouses et des esclaves qu'ils possèdent, afin qu'il n'eût donc point de blâme contre toi. Allah est Pardonneur et Miséricordieux.(P)
 
Sr33. 57. Ceux qui offensent Allah et Son messager, Allah les maudit ici-bas, comme dans l'au-delà et leur prépare un châtiment avilissant. (I).
 
Sr33. 59. Ô Prophète ! Dis à tes épouses, à tes filles, et aux femmes des croyants, de ramener sur elles leurs grands voiles : elles en seront plus vite reconnues et éviteront d'être offensées. Allah est Pardonneur et Miséricordieux. (M).
 
Sr33. 60. Certes, si les hypocrites,(entendez les mécréants et autres faux convertis, ce qui revient au même NDLR) ceux qui ont la maladie au coeur, et les alarmistes [semeurs de troubles] à Médine ne cessent pas, Nous t'inciterons contre eux, et alors, ils n'y resteront que peu de temps en ton voisinage. (I)(V).
Sr33.61. Ce sont des maudits. Où qu'on les trouve, ils seront pris et tués impitoyablement : (V).
Sr33. 64. Allah a maudit les infidèles et leur a préparé une fournaise, (I)(V).
Sr33.65. pour qu'ils y demeurent éternellement, sans trouver ni alliés ni secoureur. (I).
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Re: Islam, selon...

Message  Arlitto le Dim 7 Aoû - 18:12

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[ltr]LES DJINNS[/ltr]
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Les jinns (parfois orthographié djinns [ʤin: / gin: / ɣin:]), sont des créatures issues de croyances de tradition sémitique. Ils sont en général invisibles, pouvant prendre différentes formes (végétale, animale, ou anthropomorphe) ; ils ont une capacité d'influence spirituelle et mentale sur le genre humain (contrôle psychique : possession), mais ne l'utilisent pas forcément.



Selon l'Islam, ils ont le pouvoir de posséder ceux qui sont en état de souillure (c'est-à-dire ceux qui n'ont pas fait leur ablution rituelle) ou qui consomment des aliments interdits (drogue, alcool, sang, viande non licite).

Il y a de bons et de mauvais jinns ; les mauvais sont nommés Shayāṭīn.

Ne point confondre le terme jinn (جِنّ [ʤin:]) avec le terme perse Djans (جان [ʤɛ:n]) qui signifie "l’Esprit Individuel d'un être", et qui est différent des Esprits de Groupe (روح [ru:ħ]), terme d'origine sémitique (רוח [rox]).

Le terme Djinns pourrait signifier, si on se base sur la racine hébraïque גן [Gana] / جَنَة [Dʒɛnɛђ], "ceux qui viennent du ciel étoilé" dérivé du grec ancien "Oυ-ραν-ός" (qui en hébreu peut s'écrire (אְוּ-גַ֗ןֹ-וֹס [ou-ɣan-os]).



Chez les Arabes

Pour les Arabes, les djinns représentent une autre race habitant la terre, ce sont des esprits qui habitent les endroits déserts, les points d'eau, les cimetières et les forêts. Pour se manifester, ils prennent diverses formes (métamorphe), dont celles de l'homme ou des animaux, couramment des serpents. Le mot djinn ou ʿifrīt (عِفٰرِيتْ) (pluriel : ʿafārīt) (عَفَارِيت) désigne d'ailleurs à la fois ces esprits ainsi que certaines variétés de serpents. Leurs noms, paroles ou comportements, qui demeuraient étranges, permettaient de les discerner des humains quand ils en prenaient la forme. Certains de ces esprits étaient, selon les légendes pré-islamiques, les muses des poètes : ce sont les hawāǧis (singulier : hāǧis). Comme les hommes, ils sont organisés en royaumes, États, tribus, peuples, ils ont des lois et des religions (dont celles de l'homme puisque les prophètes de tout temps sont envoyés par Dieu pour les djinns et les hommes [réf. nécessaire]).

En arabe classique et ancien : (جِنّي) ǧinnī (masculin) (جِنِّية) ǧinniyya (feminin), pluriel : ǧinna ou ǧinn, dans certains dialectes arabes postérieurs ǧinnī, pluriel : ǧnūn. (Voir aussi goule (غُولْ)

Dans la tradition populaire des pays musulmans, on ne dit pas "avoir une mémoire d’éléphant" mais une mémoire de jinn[réf. nécessaire])..


Dans l'Islam

Dans l'Islam, les jinns sont des créatures dotées de pouvoirs surnaturels, ils ont été créés d'un maillage/tissage de "lumière d'une flamme subtile, d'un feu sans fumée (ناَر [na]/[nɛ])" (comme l'être humain l'a été à partir d'argile), ils sont appelés à croire et subiront le jugement dernier.

Les appellations spécifiques des jinns sont :

les 'Efrits (عِفَارِيت [ɒfɛːɾɪt]) (de 'Iphrit عِفٰرِيتْ) : djinn de feu. 
les Maritins (مَاَرِدْ [mɛːɾid]) (de Marid مَاَرِدْ) : djinn d'eau. 
les Sylphes (سلف [silf]) : djinn d'air 
Les Šayṭīn (شَيٰطَيِنْ [ʃayatiːn]) (au singulier Šayṭān (شَيْطان [ʃajtaːn]), équivalant de Satan dans les langues indo-européennes) sont de mauvais djinns.

Pour les musulmans, le Diable n'a jamais été un ange mais bien un Djinn et ce depuis toujours, contrairement aux anges qui n'ont pas de libre arbitre et ne font que ce que Dieu demande ; les djinns (comme les hommes) peuvent désobéir à Dieu et commettre des péchés.

{ Ils craignent leur Seigneur-et-Maître d’au-dessus d’eux et ils font ce qu’on leur ordonne de faire.} [ Sourate 16 - Verset 50 ]

{ Ceux qui sont auprès de Ton Seigneur (les Anges) chantent Sa Gloire de nuit et de jour sans éprouver le moindre ennui. } [ Sourate 41 - Verset 38 ]

{Ô vous qui avez cru! Préservez vos personnes et vos familles, d'un Feu dont le combustible sera les gens et les pierres, surveillé par des Anges rudes, durs, ne désobéissant jamais à Allah en ce qu'Il leur commande, et faisant strictement ce qu'on leur ordonne.} [Sourate 66 - Verset 6 ]

{19 - A Lui seul appartiennent tous ceux qui sont dans les cieux et sur la terre. Ceux qui sont auprès de Lui [Les Anges] ne se considèrent point trop grands pour L'adorer et ne s'en lassent pas. 20 - Ils exaltent Sa Gloire nuit et jour et ne s'interrompent point.} [ Sourate 21 - Versets 19-20 ]


C'est cette faculté d'avoir le choix qui a permis à Satan (mais aussi à Adam et Ève) de désobéir à Dieu selon le Coran et d'être puni pour cela.

Ils sont souvent décrits comme étant des créatures croyantes ou athées (comme l'Homme) ([sourate Adh-Dhariyat (51) / Verset 56] « Je n'ai créé les djinns et les hommes que pour qu'ils M'adorent.»).

À ce sujet, on dit qu'un mauvais Jinn qui "suivait" constamment Mahomet, finit par se convertir et devint un bon Djinn bien avant sa mort, sous l'influence de Mahomet pendant ses observations.

Comme l'Homme, ils se reproduisent et vivent partout sur terre (même dans le désert ou les mers) et au milieu des hommes. Mais contrairement à l'homme qui a été créé avec la tendance à oublier (en arabe phonétique "l’insan" traduit en français donne "l’homme" mais aussi "l’être qui oublie"…), le Djinn ne peut oublier quoi que ce soit et se rappelle tout ce qu'il a pu vivre, voir, entendre, etc. et ce, depuis sa naissance jusqu'à sa mort. De plus, leur force est qualifiable de surhumaine.

L'islam n'a pas empêché un certain savoir "culturel" utilisé pour la sorcellerie de se transmettre ; pourtant elle est interdite car elle ressortit au polythéisme et va de pair avec les Djinns.

Conformément à la tradition, les musulmans croient que personne ne peut prédire l'avenir hormis Dieu, mais ils pensent qu'une personne pactisant avec un Djinn pourrait savoir énormément de choses… de par leur nature. Un Djinn ou plusieurs sont le secret de la force de grands magiciens.

Certains sorciers ayant comme clients entre autres des chefs d'États avouent ne pas prédire l'avenir… mais pour le reste (présent et passé)… même les secrets les plus vieux peuvent être connus.

La sorcellerie est beaucoup critiquée par les musulmans car les "faux" sorciers en plus de l'interdit sont des "charlatans" car ils donnent de faux espoirs et surtout les détournent avec leurs "clients" du chemin de Dieu.

Les vrais sorciers ont la réputation d'avoir obtenu l'apparition d'un (ou plusieurs) Djinn(s) souvent à la demande du sorcier sous forme de cultes inimaginables (soumission à un Djinn, sacrifice humain, etc) et au départ sans aucune promesse de succès. Pour les musulmans, si le sorcier meurt en étant soumis par exemple à un Djinn et non à Dieu, il ira malheureusement en enfer car Dieu n'accepte pas le polythéisme (ou en phonétique arabe le "shirk").

De manière générale, l'alliance entre l'homme et le djinn donne un pouvoir immense à celui ou ceux qui y participent, humain ou jinn. Le djinn peut aussi s'opposer à l'homme, ce qui représente un des deux cas, dans le bien ou le mal, mais ils peuvent tous les deux, deux à deux ou à plusieurs, créer des forces gigantesques en se complétant mutuellement, là aussi, dans le bien comme dans le mal. Dans ces conditions, ou l'homme soumet le djinn, par la volonté de Dieu, dans le sens du bien, ou seul par sa science (que Dieu lui a donné). Il est dans le mal lorsque les objectifs poursuivis sont contraires aux lois morales et spirituelles imposées par Dieu, ou lorsqu'il ne reconnait pas que sa science lui a été donné par Dieu. Généralement les deux choses sont liées. Le Coran considère que l'homme est supérieur au jinn. Les mystiques ont analysé très en profondeur ces notions, et ils disent qu'elles appartiennent au monde du secret. Ce qui signifie que les découvertes essentielles sur ces questions ne doivent pas être divulguées car elles peuvent être utilisées par les utilisateurs du mal . Gardons, pour les musulmans, ce principe de connaissance révélée par Dieu: "et il ne vous a été donné de la connaissance que si peu." (Coran) Car de toutes façons, quelque soit le niveau de connaissance atteint, Dieu le surpasse ou donne à d'autres la possibilité de vous surpasser, s'il le souhaite.


Dans la littérature

On peut d'ailleurs noter que le mot « génie » (au sens merveilleux comme dans le conte d'Aladdin) est une francisation du mot « djinn ». La confusion avec le mot génie au sens commun (personne dotée d'une habileté intellectuelle remarquable) est semble-t-il intentionnelle. Il convient aussi de remarquer que dans l'arabe moderne le mot désignant un génie au sens commun du terme est ’abqari qui vient de ’abqar un oued de l'ancienne Arabie réputé comme étant un repaire de djinns.

Dans les Mille et une nuits, les djinns habitent la cité rose de Shadukiam. Le plus ancien djinn, par lequel ils jurent ou prêtent serment, se nomme Kashkash. D'après un grimoire médiéval (Le Livre du pouvoir), Ampharool est le jinn qui peut enseigner au magicien le secret du vol.

Victor Hugo a écrit un poème Les Djinns publié dans son recueil Les Orientales, qui a été mis en musique par César Franck et Gabriel Fauré.

Dans la trilogie de Bartiméus, Jonathan Stroud raconte les épreuves de magiciens pouvant invoquer des djinns, créatures malfaisantes et bien souvent antiques (comme Bartiméus). Il existe différents degrés d'esprit, principalement, du plus faible au plus fort : gnomoncule, gnome, foliot(fantastique), djinn, Éfrit, marid et d'autres innominés ainsi que d'infinies quantités d'autres créatures.

Dans Le fils du pauvre, de Mouloud Feraoun, le père de Menrad Fouroulou étant malade, on peut lire : "-Ce sont des djenouns, dit la mère, votre père se bat avec eux depuis une heure".



 A l’intérieur même du monde musulman, expression qu’il faut entendre ici comme on le ferait de celle de monde chrétien, c’est à dire comme une sorte d’aire culturelle prédominante ne présumant pas d’une unité ou d’une homogénéité parfaites, même dans le seul plan du religieux, il faut distinguer entre les références théologiques (Le Coran et les Hadîths), les savoirs particuliers des spécialistes (anthropologues - fqihs..) et les savoirs populaires. Ce sont là plusieurs niveaux dont les interrelations ne vont pas de soi. Dans ce que nous appellerons par commodité la culture populaire, il est très fréquent que l'on ne puisse parler des djinns sans précaution. Le plus élémentaire est par exemple de prononcer Bismi Allah arrahman arrahim, Au Nom de Dieu : celui qui fait miséricorde, le Miséricordieux :
بِسْمِ اللّهِ الرَّحْمَنِ الرَّحِيمِ
Cette invocation est d'abord le premier verset de la première sourate, La Fatiha. L'usage même du vocable est parfois craint et on lui substitue le plus souvent d'autres appellations que nous examinerons plus loin.
- I - DIMENSIONS THEOLOGIQUES
Cette dimension n'est pas historiquement la première car la croyance aux djinns est attestée dans les périodes pré-islamiques. Aujourd'hui cependant les croyants la réfèrent à l'Islam, aussi avons-nous pensé que l'étude de cette dimension devait être préliminaire afin de respecter leur point de vue.
Le Coran mentionne les djinns de nombreuses fois. Le tableau ci-dessous est un inventaire de ces mentions précisant les versets et la sourate dans laquelle ils se trouvent. Le lecteur encore plus exigeant (ou plus curieux) trouvera aussi les extraits traduits du Coran signalés dans le tableau.
Sourates Titre arabe Titre français (ou explication) Versets
S. 6 - La Mecque AL AN’AM Les bestiaux 100, 112, 128, 130
S. 7 - La Mecque AL A’RAF (séparation entre l’enfer et le paradis) 38 179
S. 11 - La Mecque HUD (nom d’un prophète) 119
S. 15 - La Mecque AL IHJR (vallée entre Médine et la Syrie) 27
S. 17 - Médine AL ISRA Le voyage nocturne 88
S. 18 - Médine AL KAHF La caverne 50
S. 27 - La Mecque AN NAML Les fourmis 17, 22, 39
S. 32 - La Mecque AS SAJDA La prosternation 13
S. 34 - La Mecque SABA (lieu d’Arabie) 12, 14, 41
S. 37 - La Mecque AS SAFFAT Les Rangs 158
S 41 - La Mecque FUSSILAT Les versets détaillés 25,29
S. 46 - La Mecque AL AHQAF (lieu - monticules de sables 18,29
S. 51 - La Mecque ADH DHARIYYAT Qui éparpillent 56
S. 55 - La Mecque AR RAHMAN Le Tout Miséricordieux 15, 31, 33, 39, 56, 74
S. 72 - La Mecque AL JINN Les Djinns 1, 5, 6
S. 114 - La Mecque AN NAS Les Hommes 6

Avec les anges (malaïka) et les démons (shayâtîn) les djinns forment une sorte de triptyque des entités non-humaines, généralement invisibles mais pouvant être perçues dans certaines conditions particulières. A vrai dire les lignes de démarcation entre ces entités sont parfois estompées ou ambiguës. Les djinns ne sont pas des démons mais il peut cependant arriver qu'ils soient traités ainsi s'ils ont fait du mal. Ainsi Iblis, dont l'équivalent hébreux et chrétien est plutôt Satan, est-il compté parmi les djinns dans le verset 50 de la sourate 18 alors qu'il est compté parmi les anges dans le verset 34 de la sourate 2. Iblis que de nombreux auteurs rapprochent du diabolos grec, ancêtre linguistique du Diable chrétien. De la même manière on sait que certaines confréries, les Gnoua par exemple, utilisent le mot mlouk comme équivalent à djinn alors que l'on peut y reconnaître la même racine (m.l.k.) que celle des anges. Nous reviendrons sur cette question dans un prochain paragraphe. Pour être au plus près des textes nous avons distingué entre les représentations des djinns issues du Coran d'avec celles issues du Hadîth.
Les djinns et le Coran
Si l'on s'en tient au Coran, la description suivante peut être proposée :
Les djinns ne sont que des créations de Dieu. On ne saurait les considérer comme égaux ou participant directement de sa transcendance. Ils ont été créés de feu subtil, sans fumée et cela avant les hommes qui eux l’ont été en limon et argile. A moins qu’il ne s’agisse de métaphore, les djinns ont un cœur, des yeux et des oreilles. Leur force est supérieure à celle des hommes ainsi que leur vitesse de déplacement qui peut être quasiment instantanée. Ils peuvent produire des objets concrets au regard humain ; c’est ainsi qu’ils ont travaillé pour Salomon.
Les djinns ont de commun avec les hommes d’avoir été créés pour adorer Dieu, d’avoir reçu des prophètes, de pouvoir être des tentateurs, même aux prophètes et, s’ils se sont égarés de subir le châtiment et d’aller en enfer. Ils sont mortels.
Il a pu se trouver que des djinns aient abusé des hommes et que ces derniers aient même adoré des djinns. Entre eux, les relations sexuelles sont possibles. Leur association reste impuissante devant la volonté de Dieu. Les djinns ne peuvent connaître l’inconnaissable même si certains d’entre eux ont écouté le Coran et se sont convertis.
Toute autre précision relèvent nécessairement du Hadîth ou du Tasfîr (commentaires du Coran).
Les djinns et les Hadîths
Les Hadîths [ propos, récit..حديث, ḥadīṯ pluriel ʾaḥādīṯ أحاديث ] rapportent initialement les paroles du Prophète. Ils se sont étendus ensuite aux actes et aux approbations de paroles ou d'actes faits en sa présence. Cela a pu les faire confondre avec la sunna, tradition musulmane. A l'origine les Hadîths se communiquaient oralement et ce n'est que progressivement que s'élaborèrent les transcriptions raisonnées et systématiques. Le corpus des Hadiths est soumis à de multiples controverses ; en effet, les plus anciens sont bien postérieurs - plus d'un siècle - à la vie du Prophète. On distingue ainsi les Hadiths recevables et irrecevables. Parmi les premiers, on distingue de nouveau entre ceux qui sont sacrés, authentiques, notoires, bons etc. Pour un approfondissement de ces questions nous renvoyons à l'article clair et synthétique de Soua Khalifa.

A notre connaissance la synthèse la plus conséquente sur les propos tenus sur les djinns est celle de Fahd Toufy. Premiers habitants de la terre mais ayant fait le mal, les djinns furent chassés par une armée d'anges. Refoulés ils furent cantonnés dans certains endroits, notamment les régions désertiques ou inhabitées, les bosquets, les fourrés et plus généralement les lieux non fréquentés par les hommes. Cela ne fut pas sans cependant quelques conflits ; avec les hommes mais aussi entre eux. Bilâl, compagnon du Prophète, rapporte que l'ayant un jour suivi avec de l'eau alors que le Prophète s'isolait, il entendit des paroles qu'il ne comprenait pas. Le prophète l'expliqua en disant qu'il avait été l'arbitre entre des djinns musulmans et des djinns associateurs au sujet d'une zone d'habitation. Un autre conflit est rapporté, cette fois entre une tribu d'hommes et une tribu de djinns. Un homme ayant tué un djinn, les djinns tuèrent des hommes et ces derniers tuèrent tous les scorpions, serpents, insectes jusqu'à ce que les djinns demandèrent la paix.

Un hadîth relate ces paroles du Prophète : "Dieu créa les djinns en trois catégories ; la première est faite de serpents, de scorpions et de reptiles ; la deuxième ressemble au vent dans l'atmosphère ; la troisième ressemble aux hommes et est susceptible de récompense et de châtiment.". Il a été raconté qu'une femme est venu voir le Prophète pour lui demander de délivrer son fils d'un djinn "qui le terrasse matin et soir". Le Prophète passa la main sur la poitrine de l'enfant qui vomit alors un petit animal.

Un hadîth raconte l'histoire d'un djinn qui fréquentait la femme d'un homme en prenant la forme de ce dernier. Un jour le djinn l'amena à l'entrée du premier ciel. Là, l'homme entendit "Il n'y a de pouvoir et de force qu'en Dieu. Ce que Dieu veut a lieu ; ce qu'il ne veut pas n'a pas lieu." de retour sur terre, l'homme (un Persan) récita ce qu'il avait entendu et le djinn brûla jusqu'à devenir cendre.

La tradition relate que le Prophète a désigné les os comme nourriture des djinns musulmans. Il est aussi rapporté que les djinns se nourrissent d'odeurs. Les djinns sont invisibles mais il est rapporté que certains animaux peuvent les voir, notamment les chiens et les ânes. Nous avons vu qu'ils peuvent cependant prendre des formes diverses. Parmi celles-ci la forme de serpent est fréquente. En témoigne cette histoire citée par Fahd. "Des pèlerins rencontrèrent un serpent qui se roulait dans la poussière ; il ne tarda pas à mourir. L'un deux prit un chiffon, l'en enveloppa, creusa la terre et l'ensevelit. Arrivés à la Mekke, un homme vint à leur rencontre et demanda : "lequel d'entre vous s'occupa de 'Amr ben Jâbir ? - Nous ne le connaissons pas, répondirent-ils - Qui, reprit l'homme, s'occupa du serpent (jânn) ? - Celui-ci lui désigna-t-on du doigt. - Que Dieu te récompense pour nous, lui dit-il ! C'était le dernier des neuf djinns qui ont entendu le Coran de la bouche du Prophète." 
Commentaires
Il faut cependant aussi noter que « Les rationalistes musulmans nient l'existence réelle des djinns. Les Mu'tazilites et à leur suite le philosophe et médecin Ibn Sinâ, (connu en Occident sous le nom d'Avicenne) l'historien et sociologue Ibn Khaldoun, entre autres, y voyaient plutôt des allégories.» [ Gaid Tahar ]

On aura pu constater que les éléments connus à partir du Hadîth sont beaucoup plus nombreux et plus précis que ceux révélés par le Coran. On verra ultérieurement que ceux qui sont véhiculés dans la culture populaire sont encore plus en relief. Tous témoignent cependant d'un monde invisible et caché, comme d'ailleurs la racine du mot l'indique (jenna), coexistant avec celui des humains et dont les destins se croisent parfois pour le bonheur et le malheur.

Ces deux mondes se ressemblent en partie étrangement ; comme les humains, les djinns vivent en société, se querellent, ont des relations sexuelles (ce qui les distinguent des anges et des démons), mangent, boivent, s'allient et se font la guerre, ont des croyances diverses etc. Les différences sont aussi frappantes par leurs symétries inversées ; les hommes habitent les villes, les djinns les lieux désertiques ou abandonnés ou ceux avec lesquels les hommes ont peu d'attrait, voire de la répugnance, ruines, égouts, toilettes etc. Les hommes mangent la chair, les djinns se nourrissent des os. Les hommes sont lourds et lents, les djinns sont plutôt aériens et rapides. Les djinns paraissent peupler les domaines de l'inconnu, de l'inexploré ou de l'abandonné, du mystérieux et de l'inavouable, le coté obscur des choses. C'est là que les hommes et les djinns se rencontrent dans les zones incertaines, dans les sentiments ambiguës, dans les lieux où rodent le malheur et la mort. Au-delà des craintes qu'ils suscitent, les djinns donnent aux hommes du sens à leurs peurs et à leurs incompréhensions. D'une certaine manière ils peuvent être parfois nos compagnons d'infortune.
- II - DIMENSIONS ANTHROPOLOGIQUES
1 / Autour des mots et de leurs pouvoirs
Les mots arabes, et plus généralement sémites, sont le plus souvent construits à partir d'un radical. Celui-ci est généralement composé de trois lettres auxquelles différents procédés de dérivation sont appliqués pour former des mots. Par exemple le radical k.t.b. renvoie à écrire, plus précisément il a écrit car le radical est souvent la troisième personne du singulier du verbe au passé. (voir popup)

Parmi les procédés de dérivation il y a par exemple celui qui consiste à placer un m devant le mot et un ou entre la seconde et la troisième lettre. Ce procédé permet d'obtenir une forme de passé. Dans le cas précédent nous obtenons par exemple mektoub. Ce mot quelque peu connu des non-arabophones est souvent traduit par destin, par fatalisme. On comprend mieux si l'on sait qu'il est donc une forme de passé d'écrire, soit c'était écrit. En plaçant la voyelle i entre la seconde et la troisième lettre on obtient le sujet tel katib, l'écrivain. Les noms de lieux s'obtiennent en ajoutant ma devant le radical ; nous le retrouvons ainsi dans maktab, le bureau (lieu où l'on écrit), ou maktaba, la librairie etc.

Ces préliminaires visaient à introduire la constellation sémantique à laquelle appartient le mot djinn. Le radical est ici j.n.n.. Celui-ci renvoie à ce qui est caché, obscur, voilé, dissimulé. Nous trouverons ainsi dans son développement le fœtus (janine), le jardin (jenena) dans son contraste vraisemblable d'avec le désert et l'aridité, c'est à dire comme lieu d'ombre, caché du soleil [N1] , le paradis (jennat), prolongement probable du précédent, le cœur (jnân) comme organe interne ou encore le tombeau (janan).

Il nous paraît intéressant de noter que la face cachée, obscure, de cette constellation n'est pas seulement négative. Le ventre de la mère comme le jardin et le paradis sont aussi des lieux de protection et l'invisible n'est pas seulement ce que le regard traverse sans voir, c'est aussi ce qui est soustrait à la vue, parfois au mauvais oeil (ayn - aïn). Cette bi-valence est aussi celle des djinns.

L'étymologie est une chose, le mode d'emploi des mots en est une autre. A notre connaissance le Coran n'indique pas l'usage de précautions particulières à l'égard du vocable djinn, il en est cependant autrement dans son évocation au quotidien. Au Maghreb par exemple les djinns sont généralement mentionnés sous des formes allusives : "les autres", "les musulmans", oumaline lamkane (les maîtres des lieux - de la maison), siadna (nos seigneurs - maîtres), li ma'ndhoum smia (ceux qui n'ont pas de noms), mluk (sing. malk - roi mais rapprochement contesté), l-aryah (les vents) ... Crapanzano [N2] a noté que « Les Marocains qui s'expriment en français désignent les jnun comme les diables ou les invisibles.». Je ne sais pas si cet auteur a considéré la variable communication ; en effet beaucoup de personnes traduisent ainsi sachant qu'il n'y a pas d'équivalent français, cela ne les empêchant pas de faire la différence. Cette citation nous amène d'ailleurs à préciser que l'arabe coranique, littéraire, désigne le pluriel par djinn(s) alors que la langue quotidienne use justement de jnun (djoun - jnoun). Quoiqu'il en soit, le mot lui-même est chargé de pouvoir et de crainte comme si son évocation impliquait une réaction immédiate des djinns, réaction redoutée car imprévisible.

Ce phénomène associant un mot et la chose qu'il représente dans un rapport pensé comme réel et non comme conventionnel paraît avoir les caractéristiques d'un invariant culturel. Toutes les cultures en proposent des représentations singulières, représentations plus ou moins manifestes, plus ou moins partagées, plus ou moins explicitées. Des formules magiques pour guérir ou rendre malade, des mots tabous à l'influence du prénom, des noms secrets aux mots magiques, s'exprime cette disposition psychologique sans que cette collusion soit nécessairement reconnue. L'évidence de la diversité des langues ou les acquis de la linguistique sont et resteront sans influences notables sur cette disposition. Dans une perspective psychologique ce phénomène fait écho à certaines phases du développement mental. De Freud à Piaget, il n'est pas un seul auteur qui n'ait fait référence à cette pensée magique. La construction du monde, comme tendraient à le faire croire les théories cognitivistes, n'est pas seulement le résultat de processus d'apprentissage de plus en plus complexes, elle est aussi le résultat du renoncement au sentiment de toute-puissance, c'est à dire pour l'exprimer autrement de la déconstruction douloureuse du moi archaïque. Il est plus que vraisemblable que les mots sont ici trompeurs ; magique, toute-puissance, moi archaïque ne peuvent qu'être des approximations. L'utilisation de ces mots est liée essentiellement à leur fonction communicative et à leur capacité "empathique". Il serait absurde de penser qu'ils correspondent chez le petit enfant à des états mentaux identiques à ceux d'un adulte. Cette déconstruction n'est manifestement jamais achevée, les folies individuelles comme collectives montrent au quotidien notre capacité à régresser. Les apprentissages les plus sophistiqués peuvent être balayés par l'émergence des mouvements pulsionnels. La socialisation et plus généralement la culture nous proposent diverses configurations de compromis entre plaisir et réalité, entre processus primaires et processus secondaires, entre intérêts privés et intérêts collectifs. La persistance d'un lien singulier entre les mots et les choses paraît s'accommoder de cet état de fait.
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Re: Islam, selon...

Message  Arlitto le Dim 7 Aoû - 18:12

2 / vers une systématique de l'invisible
Discours populaires
De la même manière le monde des djinns et celui des humains ne sont pas pensés comme séparés, étanches. Au contraire, il serait peut-être plus juste de dire qu'il s'agit du même monde mais habité par les uns ou les autres à des niveaux différents. Dans l'invisible lui-même, les représentations culturelles ne différencient pas toujours aussi nettement les djinns d'autres entités comme les anges (malaïka), les ghwal (ogres mâles : ghul, ogres femelles : ghula), les ifrit, les mârid, les shayatin. Ces derniers sont cependant généralement conçus comme plus proches des démons et appartenant au groupe d'Iblis. Ce dernier correspond certainement un peu plus au Diable [N3] des chrétiens malgré la proximité phonétique de shaïtân et de Satan. Crapanzano, reprenant d'ailleurs des considérations de Westermarck, a pu écrire :« "Les saints, les anges et les jnun sont souvent pris en bloc, comme quand l'expression rjal al-blad, qui désigne d'habitude les saints, est employée pour les jnun, et en particulier pour ceux que j'appelle les jnun qui portent un nom.»

Aïcha L'Kadir [N4] dans sa très intéressante thèse sur les croyances et thérapeutiques au Maroc, plus précisément à Casablanca, expose une classification « en fonction des quatre éléments cosmogoniques : l'eau, l'air, la terre et le feu.» :
• Les jnoun terriens sont « aux yeux de nos informateurs les plus nombreux et les plus dangereux. Ils peuplent les sous-sols, les grottes, les arbres, les montagnes et tous les lieux déserts. Ils sont considérés comme les vrais maîtres (propriétaires) de la terre.» Ainsi travailler la terre, déterrer un trésor, verser de l'eau bouillante sont autant d'activités qui nécessitent des précautions tant orales que rituelles comme des offrandes et des sacrifices.
• « les jnoun aquatiques sont ceux qui vivent dans et à proximité des eaux, ce sont les maîtres des puits, des sources et des ruisseaux....une grande partie de nos informateurs pensent que c'est dans ces lieux qu'habite la génie Aïcha Quendicha. »
• Les jnoun du feu paraissent les plus proches de leur origine telle que la rapporte le Coran.
• Les jnoun aériens « ..habitent les airs, animent les tourbillons et les vents. Au Maroc, lorsque l'on juge qu'une personne est habitée par les jnoun, on emploie souvent l'expression suivante "mriah" ou " fih la riah"...expressions relatives au mot "rih" qui signifie l'air ou le vent.» Aïcha L'Khedir, citant Viviana Pâques, note qu'en Algérie les jnoun de l'air sont "regroupés" sous le nom de Migzawa.
Cette classification, nous l'avions déjà noté avec les remarques de Crapanzano, ne doit pas cependant laisser croire que les représentations dites populaires sont homogènes et stables. C'est un grand mérite de la thèse de Aïcha L'Kadir de rapporter dans le détail des extraits d'entretiens et de témoigner ainsi de discours vivants. Par exemple la notion de tab'a, issue d'un verbe signifiant suivre / poursuivre et que Mme L'Kadir traduit par la poursuivante ou la persécutrice, est très fréquemment évoquée mais elle peut relever tout aussi bien du monde des djinns que du monde de la sorcellerie mais aussi, ni de l'un ni de l'autre. Cette notion peut s'appliquer simplement quand la malchance, le malheur, certaines maladies se répètent, s'accumulent. Elle devient alors une sorte d'antonyme de la baraka. Aïcha Quendicha elle-même, personnage populaire s'il en est, n'est pas toujours classée parmi les djinns. Les nombreux récits témoignent bien à la fois des incertitudes concernant ses origines et à contrario d'un relief et d'une force dans les évocations que n'égale aucun de ceux ou de celles qui sont plus indiscutablement connus comme djinns.

Aïcha Quendicha (Kendicha), aussi nommée populairement Lalla Aïcha, Aïcha soudaniyya, Aïcha l'gnaouia, [ Les dénominations et attributions sont toujours sujettes à interprétations et variations ; sur ce sujet, j'ai reçu un message détaillé de Abderrahim Amrani Marrakchi, que je remercie, muqaddim de la tariqa hamduchiyya de Fez, qui considère "qu'Aïcha Qandicha n'a aucune relation avec les Hamadcha, ce serait plutôt Lalla Aïcha Ssoudania (la Soudanaise) qu'on appelle aussi Ddoughia (qui appartient aux Eddough), la Aïcha de l'oued (qui possède l'oued), la Aïcha qui habite les Montagnes. Il existe deux autres Aïcha: Aïcha Albahria (de la mer) et Aïcha Debbana (la mouche)... connues comme guérisseuses de maladies des enfants..."] qu'au moins une personne dans chaque famille aurait rencontrée, est décrite comme une femme fascinante mais aussi terrifiante. Vêtue de somptueuses toilettes, elle peut cependant cacher des seins pendants et des pieds de chamelle (ou de chèvre, ou de mule). Inlassable séductrice, malheur à celui qui couchera avec elle sans avoir découvert son identité ou s'être protégé en plantant un couteau dans la terre, elle détourne quantité d'hommes qui sont ainsi voués au célibat ou, s'ils sont mariés, voient leur vie conjugale frappée par la mésentente, l'impuissance, la maladie, la stérilité etc. A cause de ces caractéristiques Westermarck l'avait associée à Astarté [N5] et il voyait même un rapprochement entre qandicha et qedecha, prostituée sacrée du Proche-orient antique. Bien que cela soit un peu en marge de notre sujet, il nous a semblé intéressant de noter un rapprochement de même type ; Jacqueline Monfouga-Nicolas dans son livre Ambivalence et culte possession rapporte que selon Tremearne « l'origine du Bori (hausa) serait à rechercher dans les cultes du pourtour de la Méditerranée.. B'aal, Astarté.. et serait à relier aux rites de prostitution sacrée » [N6].

De telles suppositions sont pratiquement invérifiables mais quand bien même seraient-elles prouvées que cela n'expliquerait rien. Un culte ou plus simplement une représentation culturelle ne peuvent s'importer et perdurer que s'ils coïncident avec des éléments pré-existants de la société d'accueil. Aïcha Quendicha est une figure complexe qui condense non seulement les fantasmes masculins projetés mais aussi les fantasmes féminins ; de la mère phallique et castratrice sous l'angle de la sorcière à la maîtresse idéale sous celui de la beauté fatale, celle dans laquelle on se perd, elle peut aussi représenter la rivale invisible. Son époux officiel, le djinn Hamou Qiyu, peut paraître un peu effacé malgré ses affinités avec les abattoirs, le sang et les bouchers.
Discours initiatiques
Entre le corpus théologique se référant au Coran et aux Hadiths d'une part et les représentations dites populaires d'autre part, il y a les savoirs expérimentaux et initiatiques des diverses confréries telles les Gnaoua (Gnawa), les Jilala, les Hamadcha ou les Issawa (Aissaoua) auxquels nous avions déjà consacré une page. Tous les travaux portant sur ces confréries indiquent des sortes de tableaux [N7] de correspondance mettant en relation tel ou tel djinn (possédant un nom) avec un jour de la semaine, une couleur, un air de musique, une plante, un parfum ou telle ou telle caractéristique se manifestant par exemple durant les possessions rituelles ou repérable (par des spécialistes) dans les symptômes des patients. Au flou des représentations populaires s'opposent la précision et la rigueur de ces savoirs institués. Malgré tout de multiples variations sont manifestes selon les diverses confréries et/ou selon les régions. Les représentations ne sont pas en effet identiques si elles sont de Marrakech, de Casablanca, de Mekhnès, de Rabat etc.

Les djun qui portent un nom, pour reprendre une expression de Crapanzano, sont d'importances inégales selon les confréries. Aïcha Quendicha est la plus importante pour les Hamadcha alors que Lalla Malika, autre djinnia (f. s. de djinn) est plutôt évoquée par les Gnaoua et les Jilala. Il en est de même de Sidi Chamharouch, un des sept rois des djinns, qui est avant tout un personnage clé pour les Gnaoua. Il faut ici noter que ces derniers parlent plus volontiers de mlouk (m. s. malk - f. s. malka - f. p. malkate). Abdelhafid Chlyeh (voir N5) rappelle que le radical m.l.k. renvoie à posséder au sens où l'on possède un bien et par extension à une propriété foncière. Il conteste le rapprochement avec moulouk, rois au pluriel, rapprochement fait par d'autres auteurs. Pas pour des raisons linguistiques, nous en sommes incapables, mais pour des raisons psychologiques, il ne nous paraîtrait pas surprenant que le propriétaire et le roi puissent à l'origine être linguistiquement associés. Par l'étymologie, ils le sont en français et le régisseur est encore celui qui dirige une propriété. Quoiqu'il en soit, il n'est pas complètement évident que les djinns et les mlouk soient initialement identiques, l'origine sub-saharienne probable des Gnaoua pouvant expliquer cela. Il est frappant en effet de constater des similitudes de structures entre les panthéons d'Afrique Noire et le panthéon Gnaoua.

Dans l'exemple maintenant connu du vodou (vaudou), on retrouve cette précision des correspondances. Les loa (lwa), comme les mlouk, ont des noms, des couleurs, des habitats, des types de possession etc. La stabilité de cette structure est manifeste puisque les vodun (langue fon) de l'actuel Golfe du Bénin après plusieurs siècles de déportation sont encore reconnaissables en Haïti (vodou), au Brésil (candomblé), à Cuba (santeria) etc. Il est vrai que dans ces exemples les similitudes ne sont pas seulement de structures mais aussi de contenus et que la diffusion est historiquement avérée. A contrario on connaît de nombreux tableaux de correspondance dont on peut affirmer sans risque qu'ils n'ont aucun rapport avec les précédents. Pour citer un seul exemple les naq de Birmanie se classent aussi en fonction de couleurs, d'attributs, d'instruments de musique, de postures etc. Il est tout aussi heuristique de penser que ces tableaux, ou pour le moins ces constructions révélées par l'ethnologie, soient le résultat de ce besoin humain de produire de l'ordre et donc du sens. Des Aranda australiens aux Zuñis du Nouveau-Mexique, les classifications sur lesquelles a tant insisté Lévi-Strauss couvrent le monde culturel.

Dans les discours actuels des Gnaoua, les mlouk et les djinns sont superposables. On peut provisoirement considérer que les mlouk sont ceux qui, parmi les djinns, entretiennent des rapports singuliers avec les humains, que ce soit dans les pratiques rituelles avec la possession, ou comme agents désignés de désordres, d'infortunes et de maladies. Ce sera l'objet de la partie suivante.
- III - DJINNS, DESORDRES ET MALADIES
1 / Préliminaires indispensables
A - Ce travail autour des djinns ne doit pas faire écran à d'autres représentations relatives à la maladie non seulement dans le monde arabo-berbère mais plus largement islamique. En effet, des médecins aussi célèbres qu'Avicenne (Ibn Sînâ) ou Rhazès (al Râzî) n'étaient pas arabes mais iraniens. Il faut ici imaginer un monde qui va de Boukhara à la Cordoue d'Averroès (Ibn Rushd) en intégrant l'héritage grec, monde qui fut pendant des siècles l'un des principaux vecteurs de la rationalité.[N8] Personne ne saurait oublier le rôle de transmission, d'élaboration et d'influence que les sciences arabes eurent sur le développement de la médecine dite aujourd'hui occidentale. Ainsi donc la référence à des représentations de la maladie liées à la sphère surnaturelle ne doit pas occulter celles qui depuis des siècles se sont étayées sur l'anatomie, la physiologie ou la pharmacologie.

B - Nous avions prévenu, au début même de la première partie, que ce travail se justifiait par la référence constante aux djinns comme agents de la maladie dans nos consultations. Cela est bien la réalité mais il faut cependant considérer une variable importante : les patients que nous recevons sont ceux pour lesquels les itinéraires communs de soins se sont avérés inappropriés. Nous devons même ajouter que dans la quasi totalité des cas, ce sont les institutions officielles qui nous les ont adressés. Ces patients ne représentent donc pas nécessairement l'ensemble de la population (au sens statistique ou sociologique) à laquelle ils sont censés appartenir. Il faut ici rappeler les travaux de sociologie d'Abdelmalek Sayad. Le sous-titre de La double absence, son livre posthume [N9], condense admirablement les propos scientifiques de l'auteur ; il s'agit Des illusions de l'émigré aux souffrances de l'immigré. Sayad a écrit :
« ... l'immigré, celui dont on parle, n'est en réalité que l'immigré tel qu'on l'a constitué, tel qu'on l'a déterminé ou tel qu'on le pense et tel qu'on le définit. Il n'est peut-être pas d'objet social plus fondamentalement déterminé par la perception qu'on en a... »
Cela doit nous rappeler à une grande prudence notamment dans les analyses que l'on peut faire des représentations culturelles auxquelles le migrant lui-même a recours. D'une part, l'accès aux institutions médicales du pays d'accueil n'est pas sans difficultés et d'autre part, en supposant que cet accès ait eu lieu, se dupliquera cet écart entre l'état d'émigré, refoulé et méconnu, et l'état d'immigré, objet d'enjeux sociaux, économiques et politiques. Entre les deux, versant société d'arrivée, l'accident, le mal d'immigration, la sinistrose etc. et, versant société de départ, les représentations "traditionnelles", afin de réduire, souvent au prix du corps, les trop grandes distorsions.

Lorsque l'on est "seulement" ethnologue ou scientifique des sciences humaines au sens le plus large, on peut se contenter de collecter, de répertorier, d'analyser, de travailler les matériaux de ses recherches sans donner ses propres convictions ou ses propres croyances. Les littératures ethnologiques, sociologiques ou pour ce qui nous concerne ethnopsychiatriques, sont ainsi composées d'innombrables et d'admirables travaux sans que l'on sache vraiment les opinions des auteurs. Bien sûr, ce n'est pas toujours le cas ; de Freud à Róheim en passant par Devereux, leurs points de vue sont connus : c'est dans le fonctionnement et la nature de l'appareil psychique qu'ils ont cherché à comprendre l'origine de tous les phénomènes humains, de la psychopathologie individuelle aux institutions sociales. Il y a dans cette position le risque d'un réductionnisme psychologique représenté par le terme de psychologisme. Devereux, dans son souci épistémologique, et notamment avec son élaboration du principe de complémentarité, échappe globalement à cette critique. Il serait aujourd'hui naïf de ne pas tenir compte de la notion d'émergence, laquelle d'une certaine manière se rapproche de la notion de gestalt élaborée au début du siècle précédent par les psychologues étudiant les phénomènes perceptifs. Les institutions humaines, du politique au religieux en passant par l'économique, ne peuvent être conçues comme la simple agrégation de productions individuelles ; c'est en ce sens que l'on parle de caractères émergents. En quoi cela peut-il nous concerner ?

Pour reprendre une expression d'Edgar Morin, nos esprits fabriquent les dieux et tous les invisibles. Objets fabriqués [N10], ils sont représentés culturellement et de cette manière alimentent le contenu de nos représentations mentales. Comme psychothérapeutes nous n'avons rien à en dire sur les plans théologique ou métaphysique mais nous considérons que les effets de ces objets vont au-delà de leur statut de réalité psychique qui ne saurait être autrement qu'individuelle. En effet, leurs dimensions sociales, ou noosphèriques si l'on suit Morin, les rendent agissants de l'extérieur [N11]. De plus, l'extrême codification attachée à ces phénomènes, même dans leurs aspects paroxystiques, par exemple de la transe ou de la possession, montre à l'évidence qu'il ne s'agit pas de simples chaos psychiques. Il serait donc inapproprié sur le plan scientifique de considérer les agents et les diverses procédures du mo(n)de invisible dans le seul plan de projection de la vie fantasmatique individuelle ou, comme le soutient Pascal Boyer dans le courant d'une psychologie évolutionniste, dans des dispositifs cognitifs [N12].
2 / Désordres et maladies
Nosographies traditionnelles
A coté des étiologies reconnues comme relevant du monde ordinaire, les causes relevant de l'activité des djinns ne sont pas les seules. Nous n'aborderons pas ici celles imputées au mauvais oeil (ayn - aïn), aux mauvaises écritures (symétrie inversée des amulettes protectrices - kitaba) et donc d'une manière générale, aux divers agissements du sorcier (sehhar). L'Khadir Aicha, dont un des intérêts de la thèse réside dans la collecte des discours populaires souvent différents des discours savants e/ou religieux, écrit « le mot sihr ou shour est invoqué ... pour désigner aussi bien la sorcellerie que la magie.» Parmi les actions maléfiques les plus souvent citées par les informateurs cette anthropologue a répertorié :
« - "le tquaf : nuire à la vie sexuelle de quelqu'un. (Il s'agit là d'un cas particulier de sorcellerie par les nœuds, sorcellerie dont il faut noter la présence quasi mondiale mais aussi la bipolarité car les nœuds peuvent aussi être préventifs et protecteurs.)
- la tajria : provoquer chez la femme des hémorragies souffrantes ;
- le tamrid : procédé pour rendre malade à vie ;
- la ta'arida : procédé qui consiste à entraver tout ce qu'une personne peut entreprendre ;
- le targim : action qui consiste à faire tomber des pierres chez quelqu'un pour qu'il quitte les lieux ;
- le tahbil ou tahmiq : provoquer la folie ... »
Aicha L'Khadir mentionne aussi « la sarra ou takhmist en berbère (qui) correspond à la fois à la chose qui provoque la maladie et à la maladie elle-même, le mot désigne une petite bourse, une amulette, un talisman porté par certaines femmes ... pour avoir du succès ; La sarra contient souvent du sang d'un maghdour (.. personne morte tragiquement.. ) et elle est considérée comme dangereuse et nuisible pour les bébés.. » Cette question du tawmmist (langue Tachelhit) est développée par Taoufik Adohane dans Le nourrisson médusé [N13]

L'ensorcelé (mashour) peut être aussi la victime d'un "faire manger" (touwkal) mais là encore dans une double polarité puisque cela peut aller de l'envoûtement amoureux à la mort par empoisonnement. Les auteurs psy mettent l'accent sur la valeur symbolique de cette ingestion mais il n'est pas négligeable de considérer l'existence d'une pharmacopée extrêmement complexe dont on peut se faire une idée par le travail sur le terrain de Renée Claisse-Dauchy [N14].

On comprendra que l'étiologie "djinnique" ne représente qu'un ensemble particulier. De plus, tous les auteurs insistent sur le fait que « le diagnostic n'est pas une entité autonome selon le schéma différenciateur classique .. étiologie, symptomatologie, thérapie .. (et même) la réussite d'un traitement particulier permet de connaître la cause exacte de la maladie et de fournir une explication définitive.» [N15] Notre propre expérience clinique nous a montré que la désignation des causes est généralement multiple. Frayeur, mauvais oeil, djinns, jalousie, mauvais objets etc. peuvent être évoqués pour le même consultant selon les moments, selon les étapes de son discours, selon les membres de sa famille etc. Il est même vraisemblable que c'est dans cette démarche multidimensionnelle qu'un travail psychologique est possible.

La majorité des travaux, comme d'ailleurs la majorité de nos consultants, sont en liens avec le Maroc. Aussi devra-t-on garder en mémoire que les données suivantes reflètent des particularités locales, des interférences lexicales entre l'arabe savant, l'arabe populaire, le tachelhit etc., des singularités propres à telle ou telle confrérie comme celles des Gnaoua, des Aissawa, des Hamadcha etc. Nous renvoyons le lecteur exigeant, en plus des ouvrages déjà cités, à cette bibliographie de base.

Les interlocuteurs "standards" distinguent seulement en général entre la personne frappée par un djinn (madrûb) de celle qui est possédée (mamlûk) mais cette distinction est souvent recouverte par le terme générique de majnoun, lequel ne renvoie pas nécessairement au registre pathologique. Il peut aussi signifier quelque chose comme l'inspiration, par exemple celle du poète ou celle du saint. Le schéma - type peut être représenté par celui que K. Naamouni [N16] expose dans Le culte de Bouya Omar. Les djinns peuvent frapper, habiter, posséder, endosser. Les termes associés que cet auteur utilise sont respectivement : madrûb, maskûn, mamlûk et malbûs.

Mohammed El Bachari [N17], à partir d'une approche plus linguistique et sur des terrains variés (campagnes - villes - migration), propose les catégories suivantes :
- Touchés : malqyûs ou malmûs ;
- Frappés : matrûch (giflé), madrûb (frappé, plus général) ;
- Possédés : machût (effrayé), mamlûk (possédé), maskûn (habité), maktûf (enlevé);
- Ryâh : pour cet auteur, il s'agit de la catégorie la plus large et donc la plus incertaine. Tout le monde connaît maryah (épilepsie -perte de conscience ..) mais il existe aussi des touchés, des frappés, des possédés, des révoltés, des coléreux etc. El Bachari pense que « la voie de ryâh se présente au Maroc comme la manière la plus convenable d'être anormal .. »

Le tableau ci-contre est emprunté à Vincent Crapanzano qui l'a conçu à partir de son travail sur les Hamadcha [N18] . On l'aura donc compris, cette taxinomie est "flottante" mais en même temps on perçoit plusieurs lignes structurelles. On peut ainsi distinguer l'intensité des symptômes, le degré d'intériorisation, le caractère chronique ou passager. Par exemple muchiar renvoie à un contact soudain, violent avec un djinn mais dont les effets sont provisoires. A partir de la racine chir (montrer du doigt) certains considèrent qu'il n'y a pas réellement de contact mais une simple désignation. En général aucune "prise en charge" n'est requise pour ce type de rencontre. D'autres modalités sont connues mais parfois leurs origines sont discutées. Ainsi l'état de marbût ou matqûf est associé aux "entraves" de la sphère sexuelle mais dans le discours populaire certains attribuent cet état à des activités sorcières (sihr), dont le teqaf (magie par les nœuds), d'autres y discernent une action "djinnique". Même chose pour la ta'aba (persécutrice) ; Aicha L'Khadir rapporte des cas où cet état de poursuite (dans le sens du malheur et de la souffrance) est attribué à des activités sorcières, "tab'ini fi shti ou ouladi" (on me persécute dans ma santé et ma progéniture) et des cas où il s'agirait d'un djinn anonyme.
En réalité les interprétations diffèrent moins par l'utilisation de tel ou terme que par le sens préalable qui est prêté aux symptômes ou à l'infortune. Par exemple si l'interprétation du malheur se nourrit d'hypothèses de causalité sociale (envie, jalousie, malédiction etc.) la première orientation se tourne vers le sihr. Si l'interprétation se focalise sur des dysfonctionnements particuliers du corps (paralysie - cécité - surdité - convulsions ..), de l'esprit (évanouissement - délires - hébétement - torpeur - insensibilité..), de la conduite (se doucher la nuit - marcher dans un caniveau - verser de l'eau bouillante dans un évier - s'abstenir de formules propitiatoires ..), on se penchera d'abord sur des actions probables des djinns. Dans un de ses derniers livres, Tobie Nathan consacre un chapitre aux djinns, à l'intérieur de celui-ci, nous encourageons à la lecture de la partie intitulée La machinerie "djinn"[N19] . Rien n'est donc jamais simple car tout dépend du mode d'entrée dans les différents réseaux de significations possibles et, comme nous l'avons remarqué précédemment, ce sont les effets des divers traitements qui, le plus souvent, valident à posteriori les hypothèses étiologiques.

Comme nous l'avons déjà évoqué dans la partie précédente, les djinns reconnus, ceux qui ont un nom pour reprendre une expression de Crapanzano, habitent chacun des configurations particulières. Ainsi le dimanche, jour du soleil, est le temps de Mûdhib (parfois Hidja) qui apporte la jaunisse. Lala Mira, une djinnia, agit le lundi, jour de la lune, apportant tremblements, pâleur, maladie mentale. Ainsi s'associent des jours, des astres, des symptômes, des organes, des présages, des plantes, des couleurs et l'agissement de tel ou tel djinn. El Ahmar par exemple est le djinn du mardi, il est associé à Mars, au sang, aux plantes rouges (grenadier- rruman, fenugrec - hlba). Le fqih (savant - juriste - thérapeute ..) dispose ainsi de connaissances, de formules pratiques (souvent sous forme d'un livre, dmiati), de grilles d'interprétation etc. lui permettant d'identifier l'agresseur et de traiter spécifiquement les malheurs dont il est la cause. Au quotidien ce mode d'entrée est peut-être le plus fréquent, certainement en partie parce que la plupart des fiqaha ne possèdent pas nécessairement le génie de leur art. Nous renvoyons encore une fois à la thèse de Aicha L'Khadir dans laquelle un cas et/ou un entretien sont chaque fois donnés en exemple.
Intermède au Mali

Publié à l'occasion de l'exposition Yiriba organisée par la Ferme du Vinatier, Freud et les Jiné est une compilation de textes du psychiatre Jean-Pierre Coudray qui a travaillé plusieurs années au Mali. Les quelques extraits suivants laissent entrevoir les effets de l'acculturation des djinns dans une société musulmane mais qui n'en a pas moins une culture originale.
« Baba savait bien que "jiné" n'était qu'un mot. A Bamako, on le mettait à toutes les sauces. Il pouvait aussi bien servir à qualifier une jeune fille polissonne, dont on pouvait dire qu'elle avait un "jiné kakala", que désigner une image de rêve, l'influence d'un parent vivant ou mort, une vision, une voix intérieure, un désir, une force qui pousse à agir dans telle ou telle direction ou, au contraire, l'en empêche.» (Coudray p.41)
« En contexte bambara-malinké, le terme de jiné [...] désigne une catégorie d'êtres surnaturels et la plupart du temps invisibles [...] particulièrement présents en brousse [...] ce qui explique que la notion de jinébana ("la maladie des génies"), pouvant désigner certains troubles psychologiques, est synonyme de celle de kungobana ("la maladie de la brousse") .. » extrait d'un encart, p.42, de Julien Bondaz.
Coudray Jean-Pierre, Freud et les Jiné, Bruxelles, édition La maison d'à côté, 2008

Maladies, infortunes et migrations
Il est évident que la migration modifie les perceptions, l'accès à ces catégories de sens, la nature des interprétations, les recours thérapeutiques etc. mais le sujet est trop vaste pour que nous puissions le poursuivre ici. Le sujet des traitements par exemple nécessiterait que nous abordions les questions des visites rituelles à des sanctuaires (ziara), celles de personnages clés, cheikh, fqih, taleb, chouwafa, celles relatives aux confréries et à leurs pratiques.

Quoiqu'il en soit du côté des représentations culturelles, il est vraisemblable que les relations entretenues par le sujet migrant avec elles sont complexes et variées. Les circonstances de la migration et la nature du projet migratoire (réel et imaginaire) sont des variables fondamentales. Il arrive même fréquemment que les migrants se focalisent et/ou investissent davantage les représentations "traditionnelles" que la population du pays d'origine. Les guillemets de traditionnelles sont là pour souligner l'ambiguïté du terme. Selon la belle formule de Gérard Lenclud la tradition est « un morceau de passé taillé à la mesure du présent » et nous sommes persuadés que la tradition du pays et la tradition en migration vont en poursuivant des trajectoires différentes. Nous n'évoquerons pas bien entendu les cas, eux aussi très nombreux, dans lesquels le rejet délibéré ou l'amnésie "involontaire" sont là pour signifier et marquer la rupture d'avec la culture d'origine. Il nous semble que cette forme d'acculturation, définie comme assimilation, concerne particulièrement les "intellectuels". L'origine géographique ne suffit pas à définir un socle culturel ; l'habitus d'un Marocain appartenant à une famille "moderne", ayant fait ses études dans un lycée français peut être plus proche de l'habitus d'un Parisien appartenant à la même classe socio-économique qu'il ne l'est de celui d'un paysan de l'Atlas ayant migré pour échapper à la misère.

Lorsqu'ils surviennent, les djinns le font généralement dans ce que nous appellerons les interstices, les ouvertures, les articulations, d'ailleurs en arabe mafasel renvoie à fasala, séparation, alors qu'en français l'accent est mis sur la jonction. On pourrait aussi dire les ponctuations, comme celles de l'écriture, c'est à dire les espaces dans lesquels on commence, on interrompt, on diffère, on arrête etc. Il en est ainsi de la grossesse, de l'accouchement, du mariage, des diverses séparations, des accidents, de tous les changements (déménagement, travail, examen ..), des maladies brutales, de la mort. Bref, de tous les faits et évènements dans lesquels peuvent venir à manquer des opérateurs de sens, dans lesquels l'être est soumis à la métamorphose, à l'incertitude, à l'incompréhension. C'est précisément à cet endroit qu'il convient de rappeler le point de vue de Winnicott (cliquez ici - ouverture dans une autre fenêtre), la culture est dans le prolongement de l'espace transitionnel.

C'est aussi dans cette interprétation que peuvent différer les orientations thérapeutiques en direction des migrants. En effet, les représentations culturelles empêchent de penser ou pour le moins, elles en dispensent : il n'est donc pas anodin de les considérer comme leviers thérapeutiques (c'est un pôle) ou comme interprétations (c'en est un autre). Nous croyons que Devereux ne voulait considérer que le premier.

Au-delà de ces questionnements possibles, les djinns nous ressemblent étrangement. Il n'est pas étonnant que les rites soient conçus pour les chasser, souvent violemment, ou pour négocier avec eux et en faire des alliés. Nous leurs prêtons l'inquiétante étrangeté des familiers ou l'inquiétante familiarité des étrangers mais dans tous les cas, ils nous renvoient à notre ignorance, à notre fragilité et à nos nécessaires illusions.


Les versets du Coran et les hadiths montrent sans équivoque que les djinns ont été créés de feu. 
Allah dit :
« Et Il a crée les djinns de la flamme d’un feu sans fumée » (Sourate 55 verset 15). 
Selon Ibn ‘Abbas , l’expression « sans fumée » signifie «de l’extrémité de la flamme ». D’autres savants pensent que cette expression signifie qu’il s’agit du plus pur et du meilleur des feux. Dieu est le plus savant ! Ce qui nous importe c’est de savoir tout simplement que les djinns ont été créés de feu et qu’ils ont donc une constitution tout à fait différente de la nôtre. 
Il dit aussi : « et quant au djinn, Nous l’avions crée auparavant d’un feu d’une chaleur ardente » (Sourate 15 verset 27)
Ce verset nous apporte une information complémentaire ; il nous indique en effet que les djinns ont été créés avant l’homme. 
Allah dit aussi par la bouche d’Iblis (Que la malédiction soit sur lui !) : 
« Tu m’as créé de feu alors que Tu l’as créé d’argile » (Sourate 7 verset 12). 
Certains argueront comment pouvez-vous prendre les paroles d’Iblis comme une preuve alors qu’il se peut qu’il mente ? Nous répondrons que la preuve ne se trouve pas dans la parole d’Iblis en elle-même mais dans le fait que cette parole a été rapportée par Allah Lui-même et il ne sied pas à Allah de rapporter des propos mensongers.
 
Pour ce qui est de la Sunna, on peut citer le hadith du Prophète rapporté par Muslim et Ahmad : « Les anges sont créés de lumière, les djinns d’un feu sans fumée et Adam comme on vous l’a décrit » 

Les demeures des djinn
Les djinns préfèrent les endroits non habités par les hommes tels que les déserts et les terrains vagues. 
C’est pour cela que le Prophète sortait dans le désert pour leur rappeler Allah , leur lire le Coran et leur enseigner leur religion. Ce fait est transmis par Ibn Abbas et Ibn Mass’oud dans le Sahih Muslim.
Ainsi, certains parmi eux vivent dans les endroits sales (poubelles..), et d’autres vivent parmi les hommes. Les djinns vivent dans ces lieux sales afin de manger les restes de nourritures jetés par les hommes. Aussi, certains djinns vivent dans les cimetières et les ruines. 
On les trouve aussi dans les toilettes et dans les salles de bain, c’est pour cela que le Prophète recherchait la protection d’Allah contre les démons mâles et les démons femelles lorsqu’il pénétrait dans les lieux d’aisance.
 
Les djinns mangent-ils et boivent-ils ?
Les savants se sont divisés en trois groupes au sujet de savoir si les djinns mangent et boivent. Certains d’entre eux prétendent que les djinns ne mangent ni ne boivent et ceci est un propos nul et sans fondement. Un second groupe pense que certains djinns mangent et boivent et que d’autres ne mangent ni ne boivent. Tandis que le dernier groupe prétend que tous les djinns mangent et boivent. 

Al Bukhari rapporte un hadith dans lequel il est mentionné que le Prophète demanda à Abu Hurayra de lui apporter des pierres avec lesquelles il puisse se nettoyer. Il dit : « N’apporte pas d’os ni d’excréments »
Plus tard, Abu Hurayra lui demanda la raison de cette interdiction. Il dit :
« Ils font partie de la nourriture des djinns. Une délégation des djinns Nasibi, qui sont les meilleurs parmi les djinns, est venue me demander des vivres pour un voyage. J’ai alors invoqué Allah en leur faveur afin qu’ils ne passent pas à proximité d’un os ou d’un excrément sans pouvoir en tirer quelque nourriture » 

Les djinns peuvent-ils changer de forme et d’apparence ?
Les djinns ont la capacité de prendre des formes et de changer d’apparence. Selon Ibn Taymiya , ils peuvent prendre une forme humaine ou animale telle qu’une vache, un scorpion, un serpent, un oiseau… Il dit aussi que le chien noir est le diable des chiens et les djinns apparaissent souvent sous cette forme. Ils peuvent aussi apparaître sous forme d’un chat noir car en fait le noir ajoute à la force néfaste des diables. 
Il est rapporté aussi qu’Iblis prit l’apparence d’un vieil homme du Nadj lorsque les mécréants de Qoraysh s’étaient réunis à Dar An-Nadwa (assemblée des notables de La Mecque) afin de discuter sur le sort qu’il fallait réserver à Muhammad . Iblis - que la malédiction soit sur lui - leur avait suggéré de le tuer. 
Il faut préciser que lorsqu’un djinn prend une forme humaine ou animale alors il obéit aux lois physiques de cette forme ; à savoir, qu’il sera possible de le voir ou de le tuer d’un coup de feu ou de le blesser d’un coup de couteau. C’est pour cela que les djinns ne restent que peu de temps sous une telle forme car ils deviennent alors vulnérables. En fait, ils profitent de leur invisibilité pour effrayer les gens. 

Existe-t-il des mâles et des femelles parmi les djinns ?
Lorsque le Prophète entrait dans les lieux d’aisance, il récitait l’invocation suivante : « Ô Seigneur, je demande protection auprès de Toi contre les démons mâles et les démons femelles. » ( Allahouma ini a'oudoubika minal khoubthi wal khoubeyth ) (transmis par Anas et rapporté par Bukhari et Muslim.) 
Ceci montre clairement qu’il existe des mâles et des femelles parmi les djinns.
 
Est-ce que les djinns ont des rapports sexuels et une progéniture ?
Allah dit : « qu’avant eux aucun homme ou djinn n’a déflorées » (Sourate 55 verset 74).
Il dit aussi : « Et lorsque Nous dîmes aux Anges : « Prosternez-vous devant Adam », ils se prosternèrent, excepté Iblis qui était du nombre des djinns et qui se révolta contre le commandement de son seigneur. Allez-vous cependant le prendre, ainsi que sa descendance, pour alliés en dehors de Moi, alors qu’ils vous sont ennemis ? » (Sourate 18 verset 50)
Le premier verset montre que les djinns ont la capacité de déflorer donc d’avoir des rapports sexuels. Le second montre que les djinns ont une descendance issue de ces rapports sexuels d’une part et d’autre part il prouve clairement qu’Iblis est un djinn et non un ange comme certains le prétendent.
 
Est-ce que les djinns sont responsables de leurs actes ?
Tout comme les humains, les djinns sont responsables de leurs actes. En effet, Allah leur demandera le jour du Jugement dernier : « Ô communauté des djinns et des humains, ne vous est-il pas venu des messagers, choisis parmi vous, qui vous ont raconté Mes Signes et averti de la rencontre de ce jour ? » (Sourate 6 verset 130).
Selon l’Imam Ibn Taymiya , les djinns observent des obligations en relation avec leur nature spécifique. Etant différents des êtres humains, leurs devoirs sont forcément différents aussi.
 
La foi et la religion des djinns
Les djinns sont sur ce point comme les êtres humains. Ils peuvent être chrétiens, juifs, mécréants ou musulmans. 
Les musulmans parmi eux sont tout comme les musulmans parmi les hommes ; certains sont pieux, d’autres sont des pervers, d’autres encore suivent la Sunna du Prophète tandis que d’autres commettent des innovations interdites. Et Allah montre que des djinns parmi eux ont dit : « Il y a parmi nous des vertueux et d'autres qui le sont moins ; nous étions divisés en différentes sectes. » (Sourate 72 verset 11) 
Ibn Abbas dit que la fin du verset « nous étions divisés en différentes sectes. » signifie « Il y a parmi nous des croyants et parmi nous des mécréants ».
 
Est-ce que les djinns croyants entreront au paradis ?
Les savants sont unanimes sur l’entrée en enfer des djinns mécréants .
L’Imam Ibn Taymiya dit que l’unanimité des savants sont d’avis que les djinns mécréants seront punis par le feu de l’enfer et l’avis le plus prépondérant sur le sort des djinns croyants est qu’ils iront au paradis.
L’Imam Ibn Kathir dit à ce sujet que la vérité consiste à dire que les djinns croyants tout comme les hommes croyants iront au paradis. Il dit que les savants qui sont de cet avis s’appuient sur le verset suivant relatif aux houris du paradis: « qu’avant eux aucun homme ou djinn n’a déflorées » (Sourate 55 verset 74). 

Les djinns ont peur des êtres humains
L’Imam Ibn Kathir rapporte dans son Tafsir que les arabes avaient l’habitude, quand ils voulaient camper dans un lieu, de demander la protection du chef des djinns qui s’y trouvaient de peur de leur nuisance. 
En constatant cela, les djinns accablaient les hommes par la peur, la folie et la détresse de sorte que ces derniers redoutaient la puissance des djinns à tout moment et en tout lieu. 
Ikrima a expliqué ce fait et dit : « Les djinns et les hommes se redoutaient mutuellement mais les djinns éprouvaient une crainte plus intense que les hommes. Quand les hommes descendaient dans une vallée, les djinns prenaient la fuite. Le chef des humains disait : « Nous demandons la protection du maître de cette vallée » Les djinns se disaient alors : "Puisqu’ils nous craignent, approchons nous d’eux et accablons-les par la folie et la peur." 

Tel est le sens des dires d’Allah : « Or, il y avait parmi les humains, des mâles qui cherchaient protection auprès des mâles parmi les djinns mais cela ne fit qu’augmenter leur détresse. » (Sourate 72 verset 6)
Il ressort de ce récit que les djinns sont des êtres peureux par nature mais qu’ils peuvent ressentir les sentiments de l’humain tels que la colère, la tristesse, la peur ou la quiétude. En fait, les djinns profitent de ces états de l’homme pour le mettre en déroute et susciter l’effroi dans son cœur. Ils sont comme ces chiens qui sitôt qu’ils ont compris que vous aviez peur vous mordent.
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