Islam, selon...

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Islam, selon...

Message  Arlitto le Dim 7 Aoû - 17:52

Rappel du premier message :

Islam


Selon le Coran, les femmes doivent être frappées, battues ou corrigées, c'est au choix

S'il est un verset du Coran qui mérite d'être connu, c'est celui de la sourate des femmes où le "divin" texte exhorte le mari à frapper sa femme. Frapper sa femme, à moins qu'il ne s'agisse de la battre ou, dans la traduction plus pudique de Jacques Berque, de la corriger. Quant à celle de Si Hamza Boubakeur, sévir contre elles suffit, sans en préciser le moyen. Les nuances entre les traductions sont minimes et s'accordent toutes dans la légitimation du châtiment corporel de l'épouse. Texte barbare écrit à une époque où les musulmans se signalaient essentiellement par leur habileté à porter les armes, le Coran sert la domination masculine en alimentant la fable d'une infériorité féminine décidée définitivement lors du péché originel, une tare communément admise, et requise, par les trois monothéismes pour leur propre survie. 

Quand leur sont présentés les versets les plus haineux du "saint livre", les croyants rétorquent systématiquement et avec suffisance, fort de s'imaginer les seuls instruits en pseudo-sciences islamiques, que la traduction est mauvaise, que l'infidèle n'a pas compris, que le propos coranique est déformé et autres fariboles qui ne font que refuser, et la précipitent par la même occasion, l'évolution lente, mais inéluctable, de la société vers moins d'emprise du religieux, de son autoritarisme et de ses superstitions. 

Afin de couper court à cette argumentation simpliste ("le texte n'est pas mauvais, c'est ta lecture infidèle qui l'est"), neuf traductions de ce verset de la sourate 4 ont été examinées. Comme la numérotation peut varier, le verset apparaît au numéro 34 dans la plupart des éditions alors qu'il est noté au numéro 38 dans celle de Kasimirski et que Blachère indique les deux correspondances 38/34. 

Et le résultat est à couper le souffle : selon la traduction, le sort réservé aux femmes par la grandeur spirituelle de l'islam est d'être battues, frappées ou corrigées. Sachant que, d'après les légendes musulmanes, le Coran est incréé (pas d'auteur humain ni de date ou de lieu de confection ce qui résout astucieusement les nombreux écueils propres à l'élaboration de tout texte historique) et qu'il constitue la copie parfaite du "Livre conservé au ciel", la simple existence de ce verset brutal et misogyne suffit à rejeter l'ensemble du livre. Et l'islamophobie devient alors une attitude saine et naturelle. 

Les traductions du verset 34/38 de la sourate 4 : 

Mouhammad Hamidullah 

"34. Les hommes ont autorité sur les femmes, en raison des faveurs qu'Allah accorde à ceux-là sur celles-ci, et aussi à cause des dépenses qu'ils font de leurs biens. Les femmes vertueuses sont obéissantes (à leurs maris), et protègent ce qui doit être protégé, pendant l'absence de leurs époux, avec la protection d'Allah. Et quant à celles dont vous craignez la désobéissance, exhortez-les, éloignez-vous d'elles dans leurs lits et frappez-les. Si elles arrivent à vous obéir, alors ne cherchez plus de voie contre elles, car Allah est certes, Haut et Grand !" 


Jacques Berque, Albin Michel, 1995 

"34. Les hommes assument les femmes à raison de ce dont Dieu les avantage sur elles et de ce dont ils font dépense sur leurs propres biens. Réciproquement, les bonnes épouses sont dévotieuses et gardent dans l'absence ce que Dieu sauvegarde. Celles de qui vous craignez l'insoumission, faites-leur la morale, désertez leur couche, corrigez-les. Mais une fois ramenées à l'obéissance, ne leur cherchez pas prétexte. Dieu est Auguste et Grand." 


Kasimirski, GF-Flammarion, 1970 

"38. Les hommes sont supérieurs aux femmes à cause des qualités par lesquelles Dieu a élevé ceux-là au-dessus de celles-ci, et parce que les hommes emploient leurs biens pour doter les femmes. Les femmes vertueuses sont obéissantes et soumises ; elles conservent soigneusement pendant l'absence de leurs maris ce que Dieu a ordonné de conserver intact. Vous réprimanderez celles dont vous avez à craindre l'inobéissance; vous les relèguerez dans des lits à part, vous les battrez ; mais aussitôt qu'elles vous obéissent, ne leur cherchez point querelle. Dieu est élevé et grand." 


André Chouraqui 

"34. Les hommes ont autorité sur les femmes, du fait qu’Allah fait grâce à certains plus qu’à d’autres, et du fait qu’ils dépensent leurs biens. Les vertueuses adorent, et gardent le mystère de ce qu’Allah garde. Admonestez celles dont vous craignez la rébellion, reléguez-les dans des dortoirs, battez-les. Si elles vous obéissent, ne cherchez pas contre elles de querelle. Voici, Allah, le Sublime, le Grand." 


Si Hamza Boubakeur, ancien recteur de l'Institut musulman de la mosquée de Paris, Maisonneuve et Larose, 1995 

"34. Les hommes ont autorité sur les femmes en raison [des qualités] par lesquelles Dieu vous a élevés les uns au-dessus des autres et en raison des dépenses qu'ils prélèvent sur leurs biens [au profit de leurs femmes]. Les [femmes] vertueuses sont sobres et maintiennent intact en l'absence de leur mari ce que Dieu a prescrit de conserver [ainsi]. Exhortez celles dont vous redoutez l'insubordination. Reléguez-les dans des lits à part et sévissez contre elles. Si elles vous obéissent, ne leur cherchez plus querelle. En vérité Dieu est très haut et très grand." 

C'est fort judicieusement, mais aussi plus sûrement pour mieux convaincre de sa candeur, que Si Hamza Boubakeur note dans son commentaire du verset 34 que le judaïsme et le christianisme enseignent eux aussi la supériorité de l'homme sur la femme, sans toutefois aller jusqu'aux coups. Mais on ne pourra qu'esquisser un sourire de compassion envers le père de Dalil Boubakeur lorsqu'il en appelle à la Tradition pour expliquer que l'islam, contrairement à ce que professe le Coran, déconseillerait en fait de battre les femmes... 


Régis Blachère, Maisonneuve et Larose, 1999 

"38/34. Les hommes ont autorité sur les femmes du fait qu'Allah a préféré certains d'entre vous à certains autres, et du fait que [les hommes] font dépense, sur leurs biens [, en faveur de leurs femmes]. Les [femmes] vertueuses font oraison (qânit) et protègent ce qui doit l'être (?), du fait de ce qu'Allah consigne (?). Celles dont vous craignez l'indocilité, admonestez-les ! reléguez-les dans les lieux où elles couchent ! frappez-les ! Si elles vous obéissent, ne cherchez plus contre elles de voie [de contrainte] ! Allah est auguste et grand." 


Jean Grosjean, Éditions Philippe Lebeau, 1988 

"34. Les hommes ont autorité sur les femmes à cause des préférences de Dieu et à cause des dépenses des hommes. Les vertueuses sont dociles, elles protègent ce qui doit l'être selon la consigne de Dieu. Celles dont vous craignez la désobéissance, exhortez-les, reléguez-les dans leur chambre, frappez-les, mais si elles vous écoutent ne les querellez plus, car Dieu est sublime et grand." 


René R. Khawam, Maisonneuve et Larose, 1990 

"34. Les hommes ont le pas sur leurs femmes, à cause de la préférence que Dieu a manifestée pour les uns sur les autres, à cause de ce que dépensent les hommes pour la subsistance des femmes. Les femmes Justes sont assidues aux offices de prières, gardant au sujet de l'Invisible le secret que Dieu a gardé. Celles dont vous craignez la rébellion, exhortez-les, reléguez-les dans les chambres où elles couchent, frappez-les. Si elles vous obéissent, ne cherchez contre elles aucune voie de coercition. Dieu s'est montré Elevé et Grand." 


D. Masson, Gallimard, 1967 : 

"34. Les hommes ont autorité sur les femmes, en vertu de la préférence que Dieu leur a accordé sur elles, et à cause des dépenses qu'il font pour assurer leur entretien. Les femmes vertueuses sont pieuses : elles préservent dans le secret ce que Dieu préserve. Admonestez celles dont vous craignez l'infidélité ; reléguez-les dans des chambres à part et frappez-les. Mais ne leur cherchez plus querelle, si elles vous obéissent. Dieu est élevé et grand." 

D. Masson est en fait Denise Masson mais, pudeur émouvante de l'islam, nulle part le prénom, et donc le sexe, de la traductrice n'est mentionné dans la traduction éditée chez Gallimard en 1967 dans la collection La Pléiade. Ni la préface de Jean Grosjean, dont le prénom n'est pas occulté, ni l'introduction, les notes et la bibliographie de "D." Masson ne comportent le prénom de la traductrice. Ce travail ayant reçu l'imprimatur de l'Université d'Al Azhar au Caire, avouer qu'une femme ait pu exceller dans l'art de la traduction du Coran était insupportable aux fanatiques. 
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Re: Islam, selon...

Message  Arlitto le Dim 7 Aoû - 18:12

Ne pas dire dieu mais ALLAH -----)))))

Ceci est un conseil, incha Allah_ que j'ai écris pour mes frères et soeurs fiLlahi en regroupant les Dalilles que j'ai pus et les Paroles des grands Savants de l'Islam , parmi les anciens pieux prédécesseur et savants contemporains, rahima Allahou el jami3, sur le fait de ne pas dire dieu a la place "d'Allah" pour traduire le Beau nom propre de Notre Créateur et Seigneur " Allah", en espérant incha Allah de trouver des freres et soeurs avec des coeurs qui acceptent ce conseil et délaissent cette traduction qui n'est pas du tout conforme au nom propre du Seigneur des mondes . 
 
 
Tout d'abord je commence, incha Allah par citer la vraie definition du nom propre de notre Créateur "Allah" chez les grands Savants de l'Islam et de l'Imane et de la Sunna et chez les grands Savants de la langue arabe parmi les musulmans, rahimahoum Allah : 
Asshaykh Mohamed Ibn Sâlih el3Outhaymine a dit dans son livre l'explication des trois fondements page / 11 :  
 "Allah" : nom propre pour le Créateur (remarque, incha Allah : si j'ai traduit la parole de chaykh par "pour le Créateur" et non pas par "au Créateur", c'est parce que asshaykh   a dit en arabe : 
mais il n'a pas dit : .. , et la différence entre "ala" et "li" dans une phrase comme celle-ci est claire incha Allah pour ceux/celles qui comprennent l'arabe correctement
 
"3alâ .." ici veut dire : .. un nom propre pour appeler (ou pour citer ou montrer seulement) le Créateur..., mais par contre;
 
"... lilBâry.." voudrait dire : .. un nom propre au Créateur (parmi les autres noms..) et comme vous le savez, incha Allah que l'on peut dire à une personne parmi les créatures : karime, halim, qawi, 3azize, matine... malgré que ce sont des noms à Allah Ta3âla parmi ses Beaux Noms... mais on ne peut pas légitimement et jamais dire sur une personne, ou n'importe quelle créature, ou l'appeller par le nom propre de notre Créateur << Allah >>.
 
Voilà pourquoi asshaykh   a employé ce terme dans cette phrase, wa Allahou ta3âla a3lam.
 
Ensuite il dit, "et c'est le nom (Allah) duquel tous les autres Noms (d'Allah) dépendent, si bien que dans ses Paroles Ta3âla Ta3âla :
 
الَر كِتَابٌ أَنزَلْنَاهُ إِلَيْكَ لِتُخْرِجَ النَّاسَ مِنَ الظُّلُمَاتِ إِلَى النُّورِ بِإِذْنِ رَبِّهِمْ إِلَى صِرَاطِالْعَزِيزِ الْحَمِيدِ 
اللّهِ الَّذِي لَهُ مَا فِي السَّمَاوَاتِ وَمَا فِي الأَرْضِ وَوَيْلٌ لِّلْكَافِرِينَ مِنْ عَذَابٍ شَدِيدٍ 
traduction relative et rapproché du sens du verset : 
1. "Alif, Lam, Ra . (Voici) un livre que nous avons fait descendre sur toi, afin que - par la permission de leur Seigneur - tu fasses sortir les gens des ténèbres vers la lumière, sur la voie du Tout Puissant, du Digne de louange, 
2. Allah, à qui appartient tout ce qui est dans les cieux et sur la terre. Et malheur aux mécréants, pour un dur châtiment [qu'ils subiront]." {sourate Ibrahim,1-2}  

On ne dira pas que lafdh eljalâla (Allah) est un adjectif, mais par contre on dira qu'il est apposé, pour qu'il n'ait pas la fonction d'adjectif épithète.. 
 L'Imam Mohamed Ibn Sâlih el 3Outhayminne   a dit aussi (dans son livre; charh kachfi asshhoubouhatt / page; 18) : 
"... et c'est pour cela que les Savants ont dit que le plus déterminé des noms est le terme << Allah >> car il n'indique autre qu'Allah ..."  
 Et asshaykh   a dit aussi en commentant les paroles de shaykh l'islam Mohamed Ibn 3abdelwahhâb  (dans son livre; les faâtwas de la 3aqida / page; 9) :
 
".. bien plus, il est le nom propre le plus distingué des autres noms propres et le plus determiné des noms dans l'absolu ..."  
 L'Imam Ibn elqayyim   a dit :".. en réalité "Allah" dérive du mot "el ilah" qui prend le sens de "el malouh" qui veut dire " " "el ma3boud" (l'adoré)."[fath el majid charh kitâb at_tawhid / page ; 7] 
 L'Imam Ibn Jarir atTabari   a dit : << Allah >> son origine est :
 
", on a supprimé le hamza < ء < qui était au debut du mot avant le lam < ل > qui a fait que les deux lam < > se sont rencontrés avec une shadda sur le deuxieme lam < لّ > et un soukoune sur le premier lam < لْ > qui a donné dans la prononciation un seul lam avec une shadda". [fath el majid / page ; 7] 
 Ibn 3Abâss  a dit au sujet de la définition du nom propre d'Allah << Allah >>,
 
"Celui que toute chose et toute créature adorent". [fath el majid charh kitâb at_tawhid / page; 7] 
 L'Imam AsSardy   a dit (dans son tafssir page 945) : << Allah >> c'est ;"el malouh" (qui veut dire); "el ma3boud"; celui à qui appartient la divinité et l'adoration de toute la création, en raison des attributs (siffat) de l'adoration; lesquels sont (ses attributs) les attributs de perfection avec lesquels Allah s'est caractérisé".  
 El Kissa-y et El Farrâ-ou, rahimahouma Allah (parmi les grands savants de la langue arabe) ont dit,
 
<< Allah >> son origine est "el ilah"... [fath el majid / page ; 7]  
 Sibawih   (un très grand Savant dans tous les domaines de la langue arabe) a dit :
 
"<< Allah >> est le nom le plus déterminé parmi tous les autres noms déterminés". [taysir el 3aziz el hamid fi charh kitâb at_tawhid / page ; 13] 
A_Zarkashy   cite dans son livre (Rissalat ma3na la ilaha illa Allah / page 102) que Sibawih   a rendu le nom propre << Allah >> le plus distingué des autres noms propres. Et par la suite il (Sibawih) a vu un beau rêve dans lequel il a obtenu des grands biens (certains disent qu'il a obtenu le pardon d'Allah...). 

 
 
Et après vous avoir rapporté, bi fadhliLlah la définition du nom propre de notre Seigneur << Allah >> à travers les paroles de nos très grands savants de l'Islam et la Sunna et de ceux qui sont spécialisés dans la langue arabe et la grammaire, rahima Allahou el jami3, je vous rapporte maintenant, incha Allah, les définitions du terme "dieu" chez les savants {kouffars} de la langue française à travers leurs dictionnaires [Larousse / page 257, Petit Larousse / page 340] afin que vous sachiez, incha Allah (pour ceux qui ne savaient pas) les différents sens que prend le mot "dieu" chez eux : "Je cite" : 

1 - Etre supreme, Créateur et conservateur de l'univers.2 - divinité du paganisme {paganisme = nom pour les chrétiens, religion des païens, culte polithéiste}3 - personne, chose qu'on affectionne, qu'on vénère.4 - Etre superieure .5 - personne, chose à laquelle on a un attachement passionné .
Remarque : Subhâna Allah el 3Adhim !!! peut-il le Musulman droit et pieux et la Musulmane droite et pieuse après avoir pris connaissance de tout ce qu'on a pu citer _bi fadhliLlah_ continuer à dire "dieu" à la place d'<< Allah >> ? !!! 
Aucun des sens qu'ils ont cités ne définissent le vrai sens du nom propre de notre Créateur << Allah >> que je vous ai rapporté à travers les paroles de nos grands savants de l'Islam et de la langue arabe, car ils ont été unanimes sur la signification du nom propre << Allah >> qui est : < l'Adoré et Celui que toute chose et créature adorent >; mais par contre les kouffars (mécréants), comme vous avez pu le constater, l'emploient pour plusieurs êtres ou choses
3oudhou biLlah.
 
Et lorsqu'ils veulent l'employer religieusement, ils ne parlent à aucun moment d'adoration ou de "l'adoré" mais par contre de "créateur et conservateur" et ceci n'est pas du tout le sens du nom propre de notre Créateur << Allah >> comme vous avez pu le voir plus haut wa liLlahi el hamdou wa el minna.
 
Et comme je vous ai informé aussi à travers les paroles de l'Imam a_shaykh el3Outhaymine et d'autres, rahimahoum Allah, que le nom << Allah >> est le plus défini et que l'orsqu'Il est employé, il ne peut définir qu'Allah Ta3âla et ceci n'est pas du tout le cas pour "dieu" wa Allahou el mousta3âne wa ilayhi at touklane. 
Voici donc tout ce que j'ai pu regrouper comme argument qui prouve de ne pas dire "dieu" à la place d'<< Allah >> en espérant _ incha Allah_ que beaucoup de nos freres et soeurs fiLlahi cesseront de dire "dieu" et de faire du jidal (controverse) sans aucune science et sans aucun argument, car notre Messager (sallaLlahou 3alayhi wa salam) a dit : "un peuple ne s'est égaré apres avoir été sur la bonne voie, qu'à cause du jidal [Sahih sunnan Ibn Majâh vol / 1 page / 15 hadith / 45]. 

 
 
Ne pas traduire le beau nom d'Allah Ta3ala "as salam" par : ( le salut)
Un des beaux noms d'Allah Ta3âla "as salâm" le traduire par : "salut", et dire saluer !!! 
Allah Ta3âla a dit : 
 
هُوَ اللَّهُ الَّذِي لَا إِلَهَ إِلَّا هُوَ الْمَلِكُ الْقُدُّوسُ السَّلَامُ الْمُؤْمِنُ 
الْمُهَيْمِنُ الْعَزِيزُ الْجَبَّارُ الْمُتَكَبِّرُ سُبْحَانَ اللَّهِ عَمَّا يُشْرِكُونَ
traduction relative et rapproché du sens du verset :
"C'est Lui, Allah. Nulle divinité que Lui; Le Souverain, le Pur, L'Apaisant, Le Rassurant, le Prédominant, Le Tout Puissant, Le Contraignant, L'Orgueilleux. Gloire à Allah! Il transcende ce qu'ils Lui associent." {sourate Al-hashr / 23}
Le salut ou la salutation en arabe c'est : "at_tahiyyah" 
Allah Ta3âla a dit : 
وَإِذَا حُيِّيْتُم بِتَحِيَّةٍ فَحَيُّواْ بِأَحْسَنَ مِنْهَا أَوْ رُدُّوهَا إِنَّ اللّهَ كَان عَلَى كُلِّ شَيْءٍ حَسِيبًا) َ) 
" Si on vous fait une salutation, saluez d'une façon meilleure; ou bien rendez-la (simplement) . Certes, Allah tient compte de tout." { sourate An_nissâ / 86 } 
Et c'est pour cela que vous entendez souvent des chouyoukhs dire au début de leurs discours : "nouhayyikoum bi tahiyyati el Islam" : "nous vous salueons par la salutation de l'Islam", ensuite ils disent : "as salâmou 3alaykoum..." et non pas "salut"...!!!
 
Car "salut" n'est pas "salâm" et ne veut pas dire non plus "salâm" et ce n'est pas la salutation qu'Allah Ta3âla et son Messager  nous ont demandé de propager entre nous contrairement aux kouffars (mécréants) ou aux hypocrites qui disent autre terme que le "salâm" dans leurs salutations comme nous a informé à leur sujet Allah Ta3âla :  
وَإِذَا جَاؤُوكَ حَيَّوْكَ بِمَا لَمْ يُحَيِّكَ بِهِ اللَّهُ ...... 
traduction rapprochée : 
"et quand ils viennent a toi, ils te saluent d'une façon dont Allah ne t'a pas salué..." [sourate el Moujâdalah / 8]  
et Allah Ta3âla nous a informé aussi que le "salâm" sera la salutation des croyants aux Paradis Incha Allah :
 
{تَحِيَّتُهُمْ فِيهَا سَلاَمٌ … } 
traduction rapprochée :
"Et là ,leur salutation sera "salâm" (paix) [sourate Ibrahim/ 23]. 
Si l'on se tait et ne réplique pas sur de telles traductions, bi idhniLlah il ne faudra pas s'étonner d'entendre certains de nos frères ou soeurs se dirent entre eux "salut" au lieu de "Salâm", si bien que cette façon de dire les empechera d'acquérir les hassanâtes dont cite le hadith suivant : 
D'après 3Imrâne Ibn Houssayne   dit :
 
"un homme est venu vers le Prophète (sallaLlahou 3alayhi wa salam) en disant : as_salâmou 3alaykoum;le Prophete   dit : dix (dix hassanâtes),ensuite un autre homme est venu en disant : as_salâmou 3alaykoum wa rahmatouAllah;le Prophete   dit : vingt (hassanâtes),ensuite un autre arrive et dit : as_salâmou 3alaykoum wa rahmatou Allahi wa barakâtouhou;le Prophete  dit : trente (hassanâtes) [sahih sunnane at_tirmidhy; hadith n' / 2842] . 
Et pour finir, incha Allah je conseille mes frères et soeurs fiLlahi Ta3âla en leur rappelant la parole du tâbi3y Mohamed Ibn Sirin   lorsqu'il dit :
 
"certes que cette science est une religion, donc verifiez chez qui vous prenez votre religion."
 
Donc faite attention, incha Allah chez qui vous prenez les enseignements de votre religion . 
 
و الصلاة و السلام على رسول الهدى و النبي المجتبى و على آله و صحبه أجمعين و آخر دعوانا أن الحمد لله ربّ العالمين.

( a suivre prochainement incha Allah ) 
Votre frère: Abou 3abdi_Râhman Farid el makky assalafy el athary
copié de [ltr]darwa.com[/ltr]
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Re: Islam, selon...

Message  Arlitto le Dim 7 Aoû - 18:13

Méthodes pas très honnêtes utilisées pour propager l'islam orthodoxe


Remarque: j'encourage tout le monde (musulmans comme non-musulmans) à entrer dans le débat. Faites des recherches. Posez des questions à des musulmans, à des imams, à des incroyants, à propos de ce que je dis.



1) Le CIRS (Centre International de recherche scientifique) 


Tout le monde connaît le CNRS, mais connaissiez-vous le CIRS ? Cette fois-ci, c’est le « Centre International de la Recherche Scientifique ». Voici l’adresse du site : http://www.cirs.net. Pour passer en Français, cliquez sur le drapeau français, ou ici. Ce site donne accès à un grand nombre de ressources dans différents domaines : physique, sciences de la Terre, mathématique, etc... On y trouve aussi bien des publications que des listes d’instituts, de lauréats. Mais ce site présente une très curieuse caractéristique. Une publicité pour un livre revient de manière récurrente, en navigant un tant soit peu il est impossible de la manquer. Ce livre s’intitule "Le Soleil se lève à l’Occident - Science pour l’heure" (à propos du soi-disant "miracle numérique" du Coran). Cliquez en haut à gauche sur "Actualités", ou alors ici. A droite, vous voyez s’afficher une des publicités pour ce livre. Cliquez sur "Pour en savoir plus", ou ici. Je vous laisse juger vous-même. On peut même consulter le livre entier en ligne !!! Par ailleurs, les chercheurs du CIRS cautionnent ce livre : vers le dossier du CIRS à propos du livre. Ils disent en quelque sorte que ce livre leur a prouvé que le Coran ne pouvait pas provenir d’un homme, mais avait bien une origine divine.

Extraits de commentaires provenant du site du CIRS :

En analysant systématiquement la structure du Qoran, Farid Gabteni, chercheur algérien assisté d’une équipe pluridisciplinaire, ouvre le débat : à la lecture de ses travaux, on peut légitimement s’interroger sur les possibilités techniques d’élaboration d’une structure aussi complexe que celle de ce livre. Une double complexité : mathématique et linguistique.

Farid Gabteni apporte dans "Le Soleil se lève à l’Occident - Science pour l’Heure"(1) une somme d’observations numériques et linguistiques, dont l’imbrication défie la rationalité. Les résultats sont suffisamment rigoureux pour interpeller la communauté scientifique, particulièrement les mathématiciens.

En moins de 400 pages, le chercheur nous fait découvrir une réalité incontournable, jusqu’alors inconnue : une ingéniosité au-dessus de nos capacités humaines et technologiques, qui a ordonné le Qoran.

Les découvertes sont établies d’une manière indéniable et précise, elles sont irréfutables et elles sont si nombreuses, si ingénieuses qu’elles donnent le vertige, elles ne peuvent en aucun cas être fortuites, accidentelles ou pure coïncidence. L’analyse de Farid Gabteni est systématique et menée avec toute la rigueur de la méthodologie scientifique.


Etonnant, pour un site à vocation scientifique... Voyons les choses d’un peu plus près. Sur le site on trouve des listes d’instituts, de laboratoires, d’universités, censées faire partie du CIRS : cf. "Le CIRS dans le monde", ou encore la page du CIRS.fr (pour cette dernière page, choisissez une discipline, puis cliquez pour avoir la liste des organismes rattachés au CIRS appartenant à cette catégorie). Mais il y a un petit problème. La plupart des organismes censés appartenir au CIRS ne connaissent même pas son existence ! La plupart des chercheurs concernés disent ne jamais en avoir entendu parler, et nient être liées de près ou de loin aux activitées de cet organisme. Il s'agit bien là d'une manipulation destinée à propager une religion par le mensonge. A contrario, certains sites de laboratoires et d'universités connaissent le site du CIRS, sont tombés dans le panneau et affichent même la bannière de ce site. C'était le cas de la Société archéologique du Midi de la France en 2005. Je les ai avertis, le webmaster a regardé de plus près le site du CIRS, et en a finalement retiré la bannière. Ils en ont fait le rapport lors de leur séance du 3 mai 2005 (voir ma copie d'écran plus bas). Voici la réponse que j’ai reçue de leur part :

"Madame, Monsieur,

Merci tout d’abord de nous avoir alertés sur le contenu de ce site. Le lien vers ce pseudo Centre International de la Recherche Scientifique qui se trouvait sur notre page "sommaire" a été retiré et il en a été rendu compte lors de notre séance du 3 mai dernier. Le procès-verbal sera publié sur notre site Internet dès qu’il aura été adopté, puis il sera publié dans le Bulletin compris dans le volume de Mémoires à paraître au printemps 2006. Nous adressons un courriel à ce CIRS pour demander le retrait de notre Société de leur liste de liens. Sans y croire mais nous verrons bien. En vous priant de recevoir l’expression de nos salutations distinguées. ********** (nom censuré)".


Et effectivement, sur leur site on peut lire ceci :

"Le Secrétaire général informe la Compagnie du retrait de la bannière du C.I.R.S. qui se trouvait sur la page « sommaire » de notre site Internet. Après avoir rappelé les circonstances dans lesquelles il avait accepté le référencement du site de notre Société par cet « organisme », il reconnaît s’être laissé abusé par ce pseudo Centre International de la Recherche Scientifique qui n’est en fait que le paravent d’une organisation de prosélytisme religieux musulman. Le site Internet, disponible en quatre langues (français, anglais, espagnol et arabe), se présente comme un site d’information sur l’ensemble des domaines scientifiques, sciences exactes et sciences humaines, avec des notes d’actualité, des bibliographies, des listes d’organismes de recherche... Le tout est suffisamment bien fabriqué pour faire illusion à première vue, et il faut un examen plus attentif pour se rendre compte que les brèves d’actualité ne citent jamais aucune source, ou que les bibliographies par discipline ne sont que des bibliographies prétexte, sans aucune valeur. Tout cet appareil pseudo-scientifique n’est là que pour tromper et laisser croire à une caution scientifique internationale alors que le site diffuse, exclusivement, un livre consacré au Coran. Le Secrétaire général ajoute qu’il aurait dû être plus vigilant en se rendant compte que ce pseudo Centre international ne comportait aucune signature identifiable et ne donnait aucune information sur ses membres."

Source : http://www.societes-savantes-toulouse.asso.fr/samf/memoires/t_65/bull20052.htm (tout à la fin de la séance du 3 mai 2005).
Copie d'écran.

J'avais écrit à d'autres sites sur lesquels la bannière du CIRS était visible, mais je n'ai pas obtenu de réponse de leur part. Parmi les sites qui référencent le CIRS, on trouve l’université de Bourgogne. Sur sa page « partenaires », catégorie « recherche », le CIRS apparaît, à côté du CNRS, du CEA, et d’autres instituts, qui eux sont réels. Ou encore de l’université de Lille2 qui contient carrément la bannière du CIRS. Ou encore par l’université de Poitier. Ou différents laboratoires, tels le LCHO à Brest (cf. en bas de page), le Centre de Préhistoire de Pech Merle (cf. en bas à droite), la Société de Chimie industrielle (cf. en bas), et j’en passe.

Cela a pour effet de procurer un faux-semblant de crédibilité au CIRS. Beaucoup de gens sont tombés sur le site du CIRS par exemple en parcourant les liens du site de leur université, et ils ne peuvent pas admettre que ce site soit une tromperie. Ce serait absolument incroyable. Et bien oui, le moins que l’on puisse dire c’est que ça l’est.

De même, la plupart des organismes cités par le CIRS ne réagissent pas, bien que ce site utilise abusivement leur identité à des fins de prosélytisme, ce qui est illégal. C’est le cas par exemple du CNRS. Voici un email que j’ai reçu de la part du CNRS :

"Bonjour, Merci pour ces explications. Je pense que cette affaire date un peu (en tous cas pour le livre), bien que des laboratoires du CNRS aient été sollicités courant 2004. Le problème des référencements relève de la naiveté et de l’absence de vigilance face au monde impitoyable d’internet. L’affaire est quand même suivi de près... Merci encore *********** (censuré)"

Je vous invite à contacter à votre tour les organismes cités, pour vérifier ce que je dis, et contribuer à attirer l'attention du plus grand nombre possible de ces instituts sur le CIRS. Car si personne ne dit rien, alors l'islam orthodoxe continue à être propagé entre autre par ce mensonge, l'argument du CIRS qui cautionne le "miracle numérique du Coran" continue d'être utilisé dans les débats et en particulier sur les forums. Les sceptiques (ceux qui voient en quoi le livre "Le Soleil se lève à l’Occident - Science pour l’Heure" est bidon, et qui le prouvent par des arguments pertinents), ont souvent droit à des réponses du genre : "Mais attend, qui es-tu, toi, pour contredire ce qu’affirment des scientifiques parmi les plus reconnus ? Crois-tu peut-être être plus intelligent qu’eux ?". Alors que tout cela ne repose que sur la tromperie...



2) Les mensonges du savant Hamidoullah

Hamidoullah, le grand savant de l'islam francophone, connu notamment pour sa traduction du Coran (la plus répandue), ment comme il respire dans son livre "Initiation à l'islam" destiné à ceux qui ne connaissent pas l'islam et qui cherchent à s'informer sur cette religion. Le savant utilise aussi bien le mensonge par omission que le mensonge par action. Certains de ses mensonges sont absolument incroyables et illustrent bien la volonté de dissimuler, de tromper, qui anime certains propagandistes de l'islam orthodoxe. J'ai rédigé un article à ce sujet: [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] . Cet article est très important, car le non-musulman, aussi bien que le musulman de base, se fait souvent berner par naïveté. La plupart des gens ne peuvent pas imaginer qu'une telle malhonnêteté soit possible chez des religieux, jusqu'au jour où ils la constatent par eux mêmes et tombent de haut.



3) Le site "L'Encyclopédie des Miracles Scientifiques dans le Coran et la Sounna"


Ce site contient, à l'instar de bon nombre de sites musulmans orthodoxes, beaucoup de désinformation, de mensonges pour rouler le lecteur naïf. Un article a particulièrement attiré mon attention, celui-ci:  "Une expérience scientifique le guide à l'islam" : il est question d'un scientifique (Dimitri Buliakove) qui se serait converti à l'islam. Il aurait découvert que la cause de la rotation de la Terre sur elle-même serait le champ magnétique de celle-ci. Nous savons que les pôles (donc l'axe) magnétiques ne sont pas fixes, et qu'il arrive même qu'ils s'inversent. D'après la découverte de Dimitri Buliakove, une inversion des pôles magnétiques provoquerait donc (pour nous) une inversion du sens de rotation de la Terre, et nous verrions le Soleil se lever à l'ouest. Cela correspond à des hadiths sur la fin du monde, qui nous disent qu'un des signes de la fin des temps sera le levé du Soleil à l'ouest. Dimitri Buliakove se serait converti à l'islam pour cette raison, à cause de ce "miracle" de la sounna.

Seulement, d'après mes connaissances, ce n'était pas le champ magnétique qui provoquait la rotation de la Terre. Celle-ci avait d'autres raisons, mécaniques, et un déplacement (voire une inversion) des pôles magnétiques ne devait pas avoir d'influence sur la rotation de la Terre, en principe. Ou alors s'agissait-il d'une toute nouvelle découverte, qui remettait en cause ce que l'on pensait à ce sujet? Pour en avoir le cœur net, j'ai écrit à trois chercheurs dans le domaine de l'astronomie. Deux m'ont répondu. Dans ma première email, je ne leur ai pas parlé de l'article du site islamique, pour ne pas influencer leur réponse (ils pouvaient très bien ne pas être ravi à l'idée que leur nom soit cité par des gens qui critiquent l'islam, pire encore que leur nom apparaisse sur un site islamosceptique). Dans ma deuxième email, j'ai vendu la mèche et j'ai parlé de cet article. Je ne dévoilerai pas les noms des scientifiques qui m'ont répondu. Mais je vous invite à vérifier ce que je dis par vous-mêmes, en contactant à votre tour des chercheurs dans cette matière pour leur poser la question; pour cela, Google est votre ami.

J'ai envoyé la lettre suivante à trois chercheurs (que je vais appeler A, B, et C):

Bonjour,

Je vous écrit pour vous poser une question à propos de la rotation de la Terre sur elle-même. Dernièrement, j'ai lu et entendu à plusieurs reprises qu'une inversion des pôles magnétiques provoquerait un changement du sens de rotation de la Terre (ce qui signifie que le Soleil se lèverait à l'ouest au lieu de se lever à l'est comme actuellement). D'un côté, cela me parait absurde, à ma connaissance, l'axe de rotation de la Terre n'a rien à voir avec le champ magnétique de cette planète. D'ailleurs, les pôles magnétiques migrent en permanence, sans que cela aie d'effet sur la durée du jour en un lieu et en un jour de l'année donné. Pourtant, d'après certaines personnes, la découverte selon laquelle la rotation de la Terre serait causée par le champ magnétique de cette planète serait très récente. D'ailleurs, il m'est arrivé de voir la citation suivante sur internet:
Selon un article du géologue S.K Runcorn, Professeur à l'Université de Cambridge, "il ne fait aucun doute que le champs magnétique de la Terre est déterminé directement ou indirectement par la rotation de la Terre"."
Qu'en pensez-vous? S'agit-il uniquement de rumeur, de désinformation? Est-ce complètement absurde, d'un point de vue scientifique, ou est-ce plausible? Est-il vrai qu'une découverte allant dans ce sens a été faite récemment?
Je vous remercie de votre réponse, et vous vous prie d'agréer, Madame, Monsieur, l'_expression de mes sentiments distingués.

**************


J'ai reçu de la part de A la réponse suivante:

Cher Monsieur,

Voici quelques éléments de réflexion en réponse à votre question sur la rotation de la Terre.
Il est vrai que le champ magnétique terrestre est induit par la rotation de la Terre dont l'intérieur est encore partiellement fluide de nos jours. Il est également vrai, comme vous le soulignez, que ce champ magnétique se retourne régulièrement comme en témoigne l'étude du paléomagnétisme (champ magnétique fossilisé dans les roches) mais cela n'implique pas une inversion du sens de rotation de la Terre.
On constate d'ailleurs la même chose pour le Soleil qui a un cycle d'activité magnétique de 11 ans en moyenne. Après passage par un minimum, celui-ci s'inverse et un autre cycle de 11 ans se produit avec inversion du champ magnétique alors que le Soleil continue de tourner dans le même sens et à la même vitesse !
Il ne peut y avoir de changement du sens de rotation de la Terre mais seulement des ralentissements ou des accélérations de sa vitesse de rotation sur elle-même qui restent généralement de faible importance (à moins d'une collision cataclysmique qui affecterait sans doute de manière durable toute présence de vie sur notre planète).
En conclusion, si vous avez lu ce genre de chose il s'agit vraisemblablement d'erreurs de traduction ou de mauvaises interprétations de la part de journalistes peu ou mal renseignés.
Cordialement
***************


Et j'ai reçu la réponse suivante de B (dans le corps de mon message):

C'est plutôt l'inverse: Le champ magnétique de la Terre est créé par un effet dynamo provoqué par la rotation du noyau métallique (fer) de la Terre, rotation pas forcément égale à celle de la surface de la Terre ou à celle de la graine solide située au centre de la Terre. C'est bien ce qu'indique la citation que vous faites ci dessous:

J'ai donc envoyé à A et B le message suivant:

Bonjour, je vous remercie beaucoup pour votre réponse. J’attire votre attention sur un des sites web qui propage la contre-vérité selon laquelle la rotation de la Terre sur elle-même serait provoquée par le champ magnétique terrestre. Il s’agit d’un site islamique : http://www.55a.net/firas/french/?page=show_det&id=82 . Un chercheur ukrainien (Dimitri Buliakove , dont le nom n’apparaît que sur des sites musulmans) aurait découvert que le champ magnétique terrestre est responsable de la rotation de la Terre (ce qui est faux selon vous : c’est le contraire). Ainsi, une inversion de ce champ magnétique provoquerait un changement du sens de rotation de notre planète, et le Soleil se lèverait à l’ouest. Comme ceci correspond à des Hadiths (paroles attribuées à Mohammed par la tradition islamique sunnite) qui nous disent qu’un des signes de la fin du monde sera que le Soleil se lèvera à l’ouest, ce chercheur se serait converti à l’islam. Vous me confirmez donc que ceci est absurde d’un point de vue scientifique, et qu'une telle découverte n'a pas été faite récemment en Ukraine ?

Seul A m'a répondu:

Oui, je vous confirme bien que cette théorie est absurde sur le plan scientifique.C'est un peu comme dans la bible où on vous dit que l'Univers a été créé en 7 jours...
Cordialement
*****************
 

Autrement dit, ce qui est dit dans l'article "Une expérience scientifique le guide à l'islam" est absurde scientifiquement. Ce n'est pas le champ magnétique terrestre qui provoque la rotation de la Terre, mais le contraire, contrairement à ce qu'est censé avoir découvert Dimitri Buliakove. Et une inversion de la polarité magnétique serait sans effet sur le sens de rotation de notre planète. Aucune découverte ne remettant en question ce fait n'a été faite en Ukraine. L'article sur la conversion de Dimitri Buliakove a donc été complètement inventé. C'est un mensonge afin de convaincre le lecteur par la ruse. Et ça marche: plusieurs musulmans orthodoxes m'ont envoyé ce lien dans le but de me convaincre que leur religion est la vérité. Alors qu'il ne s'agit que d'une arnaque, une fois de plus. Il y a d'autres choses qui clochent dans cet article: si l'on tape Dimitri Buliakove ou Nicolay Cossinicove sur Google (même en supprimant le "e" à la fin de leur nom), ces deux noms n'apparaissent que sur des sites musulmans, alors qu'un chercheur a nécessairement un grand nombre d'occurrences sur le web en rapport avec ses activités. C'est aussi le cas pour les "ingénieurs" et "chercheurs" qui sont à l'origine des articles du site http://www.55a.net , ils n'apparaissent que sur les sites musulmans.





4) Les miracles scientifiques


A ce sujet, je consacre une page entière: vers l'article sur les "miracles" scientifiques du Coran. Notons que la foi de la quasi-totalité des musulmans de ma génération repose sur ces "miracles". Pourtant...



5) Les célébritées "converties"


Pour donner plus de crédibilité à l'islam orthodoxe et/ou tenter de convaincre les gens par influence, différentes rumeurs mensongères sont propagées, selon lesquelles certaines personnalités importantes (scientifiques, artistes...) se seraient convertis à l'islam. La soit-disante raison de leur pseudo-conversion est parfois présentée comme preuve que le Coran est bien la vérité. Dans la version francophone de ce site je n'ai pas encore fait d'article à proprement parlé sur ce sujet. Mais de très bons articles existent déjà. Je ne vais donc probablement pas m'imposer de travail inutile.

A propos des rumeurs sur la convertion de Neil Armstrong:

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]


Excellent article de Coranix à propos de la rumeur de la convertion du commandant Cousteau: [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

Cousteau et Armstrong sont loin d'être les seuls. Même des occidentaux connus pour avoir fait l'apologie de l'islam ne se sont pas forcément convertis. Par exemple, Maurice Bucaille, auteur du livre "La Bible, le Coran et la science", a toujours refusé de répondre quand on lui demandé s'il s'était converti. Je vous laisse vous faire votre propre opinion sur la raison de ces pseudo-convertions. 
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Re: Islam, selon...

Message  Arlitto le Dim 7 Aoû - 18:14

Tafsir

Tafsîr (arabe : تَفْسِير tafsīr, « interprétation ») est le terme arabe pour désigner une exégèse du Coran.
Le tafsîr du Coran, basé sur les hadiths, ne relève que du sens apparent (zahîr) du texte sacré, sans s'attacher aux interprétations ésotériques (bâtin). L'auteur d'un tafsir est un moufassir (arabe : مفسرmufassir, pluriel : مفسرونmufassirūn). Le travail d'interprétation est plus qu'un commentaire du sens simple des versets. Il requiert de son auteur une grande érudition en matière de tradition orale (hadith) mais aussi une maîtrise parfaite de la langue arabe et de ses subtilités.

La science du tafsîr s'est révélée précieuse aux débuts de l'islam, un temps où le texte sacré n'était pas encore vocalisé et pouvait prêter à ambiguïté. Cependant, bien qu'utile le tafsir est à prendre avec précaution à cause, selon certaines écoles musulmanes (dont Ahmad Ibn Hanbal qui le définit comme sans fondement), de beaucoup d'exagération et de récits non authentiques[1].
Voici une liste de quelques commentaires célèbres :

Tanwir al-Miqbas
Attribuée à Abdullah ibn Abbas(~700) et donc appelé "Tafsir Ibn Abbas". Il a été recueilli par Abu Tahir Muhammad ibn Yaqub al-Fayruz Aabadi (Fairuzabadi)(1329-1414)

Tafsîr At Tabar
Il fut écrit par l'imam Abû Ja'far Muhammad Ibn Jarîr At Tabarî.
Couramment appelé Tafsîr At TabarîAl Jâmi' Ul Bayân fî Tafsîr Ul Qur°ân - recueil des explications pour l'exégèse du Coran est considéré comme le meilleur tafsir par les Sunnites du fait des innombrables paroles rapportés des salaf, les premiers imams de l'oumma, ainsi que par la multitude des domaines traités.

Pierre Godé nous rapporte d'ailleurs la parole de l'imam Muhyi Ddîn An Nawawî qui a dit : « L'oumma est unanime pour affirmer qu'aucun ouvrage comparable au tafsir de At Tabarî ne fut jamais composé. »
Une traduction partielle des 7 premières sourates faite par Pierre Godé et imprimée en 1985 existe aux éditions d'art les heures claires.

Tafsîr As Samarqandî
Il fut écrit par Abul Layth As Samarqandî Al-Hanafî. Le titre de cet ouvrage est Bahr Ul 'Ulûm (l'océan des sciences). De nombreuses paroles des salafs (prédécesseurs) y sont également rapportées. La jurisprudence y est abordé selon l'école hanafite, et la croyance selon le dogme maturidite

Tafsîr Al Qurtubî
Communément appelé At Tafsîr Al Qurtubî, son véritable titre est Al Jâmi' lî Ahkâm ul Qur°ân dont l'auteur est Muhammad Al Qurtubî Al Ansârî, originaire de Cordoue et savant célèbre dans le monde musulman. Cet exégèse est basé sur la jurisprudence Malikite et sur la croyance Acharite. De nombreuses fatwas de sont disponibles directement à partir de l'exégèse.

Tafsîr Ul Kabîr
Il fut écrit par Fakhr ad-Dîn ar-Râzî (1150-1209) sous l'intitulé Mafâtih al-Ghayb (Clef pour l'invisible) et fut surnommé At Tafsîr Ul Kabîr (la plus grande des exégèses coraniques) à cause de sa taille volumineuse et de sa richesse d'enseignements. Ce tafsîr est très orienté[précision nécessaire] vers les questions de croyance selon le dogme Acharite.

Tafsîr Ibn Kathîr

  • Ibn Kathir Tafsîr Ul Qur°ân Ul 'Azîm


At Tafsîr Al Baydâwî

  • Al-Baydâwî (?-1286) Anwâr at-Tanzîl wa Asrâr at-Tâ'wîl «Lumières de la déduction et les arcanes de l'interprétation».


At Tafsîr Al Jalalayn
Il fut écrit par Jalâl Ud Dîn As Suyûtî et par son professeur, Jalâl Ud Dîn Al Mahâlî, d'où son nom Al Jalalayn, signifiant les 2 Jalâl. Al-Mahâlî fit le commentaire de la première sourate, ainsi que celles allant de la 19e (comprise) jusqu'à la 114e. Quant à l'imam As-Suyûtî, il termina le travail que ne put finir son professeur à la suite de son décès, et fit donc l'exégèse des sourates allant de la 2e à la 18e comprises. Il est un des tafsir de référence pour les débutants en sciences coraniques du fait de sa concision. A contrario, il est quasiment inutilisé par ceux qui cherchent à approfondir leurs connaissances dans le domaine.

Tafsîr Al Zamakhchari
C'est l'un des tafassir les plus proches du texte coranique .Philologue et grammairien, Al Zamakchari (1074-1143) est aussi un Moatazilite. Son tafsir Al-Kashshaaf, (الكشاف), est une mine de données sur la langue arabe.
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Re: Islam, selon...

Message  Arlitto le Dim 7 Aoû - 18:17

L’Arabie noire et l’origine africaine de l’islam (II)

La seconde partie de Black Arabia commence par un aperçu sur la « nouvelle religion » qui apparut au Néolithique, caractérisée par une immanence dont les principaux symboles sont la femme (la déesse-mère) et le taureau. Elle se poursuit par un examen des thèmes iconographiques présents dans les anciens centres de culte de cette « nouvelle religion ». Elle s’étend ensuite sur ce que l’auteur appelle le « dieu noir », prototype du dieu créateur, dont le culte se serait formé dans la même région que la religion de la Déesse et du Taureau : l’A(f)rabie. Ce « dieu noir » est la divinité sumérienne Enki. Une étude des symboles et du nom même d’Enki est suivie d’une analyse des différentes versions de son mythe à la lumière de la « nouvelle religion ». Après avoir établi un parallèle étymologique entre le sumérien « Enki » et le protosémitique « Aŀah », l’auteur s’emploie à montrer que « Ra » est la forme égyptienne d’« Al-ah » et que son mythe est également originaire d’Afrabie.
Les thèses de l’auteur ont beau être audacieuses, elles sont bien documentées, à défaut d’être toujours développées clairement (le texte présente d’ailleurs des lacunes et il nous a fallu reconstituer les phrases concernées). Bien plus grave est la confusion qui règne dans l’interprétation qui est faite de la nature des symboles, non pas parce qu’elle remet en cause la validité des thèses, mais parce qu’elle en fausse le sens. Ainsi, par exemple, le taureau n’est nullement un symbole solaire. Dans les notes, nous avons rectifié toutes les erreurs de ce genre, dont l’accumulation tend à faire passer la « nouvelle religion » pour ce qu’elle n’était absolument pas, à savoir solaire au sens aryen. Ces rectifications pourront aider le lecteur à se rendre compte à quel point les forces qui ont conflué dans ce qui a pris le nom d’islam sont de nature lunaire et chthonienne et en quoi ce culte constitue le support idéal du matriarcat que les agents humains de ces forces sont actuellement en train d’établir obliquement dans les sociétés européennes traditionnellement et intrinsèquement patriarcales. Les plus perspicaces y saisiront les raisons profondes, précises, pour laquelle la femme et l’homme féminin, quelle que soit leur couleur de peau, sont particulièrement sensibles à ce culte.

I. Le Néolithique et la naissance d’une nouvelle religion

En 1994, l’archéologue français Jacques Cauvin publia ce que je considère être une monographie extrêmement importante, Naissance des Divinités, Naissance de l’agriculture: La révolution des Symboles au Néolithique (239).

Cauvin y soutient de façon convaincante que la révolution qui se produisit vers 10000 avant J.-C. fut précédée par une « révolution des symboles ». Ce qui veut dire que, avant même le changement dans le domaine des stratégies de subsistance, qui définit la néolithisation du Proche-Orient, il survint un changement aussi fondamental que dramatique dans la « psycho-culture » collective de ceux qui étaient encore des chasseurs-cueilleurs à l’Epipaléolithique, changement dont témoigne très clairement l’apparition d’un nouveau symbolisme et qui se reflète dans les formes d’art. L’art symbolique de l’Epipaléolithique était principalement zoomorphe, les animaux y étaient représentés pour ainsi dire « démocratiquement » : aucun ordre hiérarchique n’est visible et aucune personnalité animale ne domine. Ainsi, si la sélection des animaux représentés peut refléter un sentiment de « crainte religieuse » de la part de nos artistes primitifs, aucune espèce animale ne s’affirme comme le « dieu des animaux » ou une représentation thériomorphe de « Dieu » (240). Tout cela changea à la veille du Néolithique. Pour une raison quelconque, un nouveau et assez cohérent système symbolique, ou, comme l’appelle Cauvin, « une nouvelle religion », apparut dans lequel le divin est représenté par deux symboles principaux : un taureau et une femme. Originaire du Levant – la zone d’où provient probablement le sémitisme -, cette nouvelle religion et ses deux symboles domineront la représentation de dieu dans le Proche-Orient tout au long du Néolithique et de l’âge du bronze: Les symboles de la Femme et du Taureau, apparus comme des divinités dans le Levant au dixième millénaire avant J.-C., se diffuseront immédiatement dans l’ensemble de l’ancien Proche-Orient. La déesse, flanquée de son partenaire masculin, assimilé au taureau, sera la clé de voûte de tout un système religieux (241). Cette révolution dans le domaine des symboles et de la représentation du divin fut accompagnée de changements dans les domaines de l’architecture et de la géométrie : la maison circulaire (ou ovale) semi-souterraine fit place à la maison de surface rectangulaire. Au sujet de la « langue des formes géomorphologiques », Cauvin observe : « Dans le langage universel des formes simples, le cercle ou la sphère désigne ce qui transcende l’homme et reste hors de sa portée (soleil, Dieu)… Au contraire le rectangle… nécessite davantage l’initiative humaine pour exister : la pierre n’est cubique ou rectangulaire que si on la façonne… la courbe est féminine tandis que le droit ou l’anguleux sont masculins…. Le carré et le rectangle désignent le manifesté, le concret, ce qui a été réalisé… la « maison carrée », généralement construite à la surface, témoigne d’une attitude mentale différente (c’est moi qui souligne – W.M.) (242). »

L’oeuvre du spécialiste de l’antiquité et archéologue Richard Payne Knight éclaire encore davantage cette « révolution géométrique ». Dans son ouvrage important, The Symbolic Language of Ancient Art and Mythology, il souligne que, dans les traditions de l’antiquité, le feu et l’eau sont les principaux symboles des forces productives actives et passives de l’univers. Le feu, la force active, était masculin et représenté par un cercle, tandis que l’eau était la force passive féminine, représentée par le carré ou le rectangle (243). Les anciens avaient compris que la faculté de produire résulte de l’interaction des deux, de l’énergie solaire et du milieu aquatique et cette interaction était hiéroglyphiquement représentée par un cercle (ou astérisque) dans un carré. C’est ce qui explique que la déesse était appelée « le Foyer des dieux » ou « la Maison de Dieu » (244a) : le solaire résidait dans l’aquatique (244b). Par conséquent, cette « révolution géométrique » du Néolithique, dans la mesure où elle est liée à la révolution dans le domaine des symboles et de la représentation du divin, semble avoir marqué un transfert dans le domaine religieux : transfert de la transcendance aux aspects immanents de la divinité. Le symbolisme anthropomorphe (femme) et thériomorphe (taureau) témoigne du même phénomène. Il est extrêmement difficile de déterminer les changements sociaux, économiques ou culturels qui pourraient avoir stimulé ce changement de paradigme psychologique, mais il a eu des conséquences profondes et durables sur l’histoire de la religion de cette époque à aujourd’hui. En quoi le Taureau et la Femme de cette « nouvelle religion » de l’Epipaléolithique / Néolithique représentent-ils une immanence divine ?
La déesse : dans l’histoire des religions, l’eau, cette matière cosmique amorphe d’où naît la vie, a souvent un caractère féminin (245). Ainsi, comme le démontre amplement Marjia Gimbutas, le symbolisme de la déesse est principalement aquatique – l’eau, les zigzags, le M, les oiseaux aquatiques, etc. ; les eaux cosmiques sont l’élément et la sphère de la déesse (246). Comme utérus cosmique de la vie, elle est représentée par une vache, une vache noire (247). Cette déesse noire personnifie l’immanence divine. Comme le déclare Gimbutas, « La déesse est immanente et non transcendante et, par conséquent, physiquement manifestée » (248). Le rôle de la femme dans cet ancien schéma mythique a été brillamment étudié par François Lenormant dans son « Magie chez les Chaldéens et les origines accadiennes » (1874). Au sujet de la tradition religieuse de la Mésopotamie et du Levant, ou tradition « kouschito-sémitique », Lenormant affirme que ces religions « présentent toutes les mêmes données fondamentales, avec des noms de dieux en grande majorité communs » (249).

Il poursuit : « La conception de l’être divin unique et universel qui se confond avec le monde matériel, émané de la substance et non créé par lui, s’y rencontre partout à la base et en a été certainement la notion primordiale… Cause et prototype du monde visible, un dieu-nature a nécessairement une double essence ; il possède et résume les deux principes de toute génération terrestre, le principe actif et le principe passif, mâle et femelle ; c’est une dualité dans l’unité, conception qui, par suite du dédoublement des symboles, a donné naissance à la notion des divinités féminines. La déesse, dans les religions du groupe euphratico-syrien, est qualifiée de « manifestation » du dieu mâle auquel elle correspond. Elle n’en diffère donc pas essentiellement… Aussi, dans la Chaldée et la Babylonie comme dans la Syrie et la Phénicie, tout dieu est nécessairement accompagné d’une déesse qui lui correspond. Les personnages divins ne se conçoivent pas isolément, mais par couples ; et chacun de ces couples constitue une unité complète, reflet de l’unité primitive. D’où résulte que les deux personnages qui le forment sont réciproquement complémentaires, l’un par rapport à l’autre. Quand le dieu a un caractère solaire, la déesse a une nature lunaire : si l’un préside au jour, l’autre préside à la nuit; si l’un personnifie les éléments regardés comme actifs, le feu et l’air, l’autre personnifie les éléments passifs, l’eau et la terre (250). »
Le Taureau : « fécondateur par excellence et véritable proto-type de la fertilité masculine » (251), le Taureau est le principal « animal tutélaire » du Dieu-Créateur dans le monde antique (252). Ce Taureau Divin, c’est-à-dire le taureau utilisé pour représenter le tout-puissant dieu créateur, était un taureau noir, en particulier le Bos primigenius (sic), ou aurochs, désormais disparu (253). Mesurant deux mètres au garrot, pesant une tonne, doté de cornes d’une envergure d’un mètre, le Bos primigenius était une bête énorme, contemporaine du mammouth et de l’immense élan irlandais. La grande beauté et la grande homogénéité de sa chair, de sa musculature et de son ossature faisaient de lui le parangon de la puissance et de la noblesse. Comme l’écrit Michael Rice dans son étude du culte du taureau dans l’antiquité, « Les éléments essentiels et distinctifs du statut du taureau dans l’antiquité sont la reconnaissance de sa noblesse… et de sa robustesse, de ses formes harmonieuses … le taureau est l’incarnation du commandement, donc de la royauté… Le taureau est toujours représenté dans toute sa vigueur, sa puissance et sa beauté (254). »

La beauté de l’aurochs tient principalement à son dense pelage noir distinctif marqué d’une bande blanche sur toute la longueur de son dos et au toupet de poils blancs qui garnit son front. Dans l’ancien culte du taureau, son cuir noir est associé aux eaux noires primordiales et représente la peau noire du dieu créateur qui naquit de ces eaux et en tira un corps terrestre (255). Selon ce mythe du dieu noir, le dieu-créateur sortit de ces eaux en « dieu solaire », doté d’un corps de lumière blanche, ou dorée brillante, mais, plus tard, il décida, pour que ses créatures puissent supporter sa vue plus aisément, de dissimuler ce corps transcendant igné sous une enveloppe noire, faite de la même matière que les eaux primordiales (256). C’est ce corps noir aquatique qui est représenté par le taureau noir. Géométriquement parlant, le « dieu solaire » au corps de lumière transcendant est analogue au cercle (257a), alors que l’immanence du rectangle est analogue au corps noir aquatique, représenté thériomorphiquement par le Taureau Noir et anthropomorphiquement par la Déesse Noire. En d’autres termes, et le taureau noir et la déesse noire représentent l’immanence physique du dieu créateur. Quelle est donc la relation entre ces deux symboles (257b) ?
Rice a noté « l’association curieuse du culte de la Déesse… avec le culte du taureau » et n’y a trouvé aucune explication (258). Mais je crois qu’il l’a trouvée, quand il souligne que, selon le mythe associé à l’ancien culte du taureau, « Le taureau… est une créature de la Mère » (259), c’est-à-dire que le corps noir est le produit de la matière aquatique primordiale symboliquement personnifiée par la femme.
Très concrètement, la « nouvelle religion » était liée au Corpus dei, le Corps de Dieu. La Déesse est la matrice. Le corps noir aquatique du dieu provient des eaux noires primordiales, personnifiées et symbolisées par la couleur noire de la Déesse-Mère. Ceci est la raison pour laquelle la Déesse Mère est généralement représentée un jeune dieu assis sur ses genoux ou sortant de son ventre (260). Pour bien comprendre ce thème, nous devons éclaircir le motif de la Mère Cosmique à la fois femme (principalement) et mère (secondairement) du dieu créateur. Jack Randolph Conrad note: « Dans la théologie égyptienne, Râ, le soleil, le taureau du ciel, se reproduit… en copulant avec sa mère. Il est appelé « le taureau de sa mère, qui se réjouit dans la vache, l’époux au phallus fécondateur » … Ce dieu portait le nom de Kamoutef, ou « taureau de sa mère » (261).
Le motif mythique à l’origine de ces expressions est le suivant : sous la forme d’un homme de lumière divin (le dieu solaire), le dieu créateur émerge des eaux primordiales, personnifiées par une vache et appelées sa « mère » (262). Parce que le dieu solaire « est retourné dans « sa mère, les eaux primordiales, pour produire un nouveau corps – le corps noir – on dit qu’il « a copulé » avec elle, qui est maintenant appelée aussi son « épouse ». Cependant, cette copulation lui permet de s’engendrer lui-même et de renaître en un Dieu immanent dont le corps noir est tiré de la matière noire primordiale. Edmund Leach, dans son essai The Mother’s Brother in Ancient Egypt, explique ce concept religieux : « La divinité totale est conçue comme une triade bisexuelle – Dieu le Père, Dieu le Fils et Dieu la « Mère de Dieu » – mais la religion insiste sur le fait que Dieu est consubstantiel-coéternel dès le début, (donc) le processus par lequel Dieu le Père engendre Dieu le Fils à travers le corps de la Mère de Dieu se reproduit indéfiniment, de sorte que la Mère de Dieu est aussi l’épouse de Dieu, la Soeur de Dieu et même la fille de Dieu (263). »

La « nouvelle religion » n’est ni un « monothéisme féminin », ni une « religion de la déesse-mère » (264). Le rôle de la Déesse dans ce mythe n’est pas celui d’une « force procréatrice » particulière et le dieu-taureau n’est pas « éphémère et mortel » par rapport à elle (266). Comme l’a établi Conrad, « Pendant des millénaires, le dieu-taureau, le dieu-père de la force et de la fertilité, fut le dieu suprême incontesté du Proche-Orient ancien » (267). La Déesse dans ce mythe est une matrice, une materia prima, mais le rôle de Créateur du cosmos est réservé au dieu, le dieu taureau. La déesse apparaît comme la consœur du dieu et, symboliquement, comme la personnification de la substance aquatique du corps terrestre du dieu. Ce mystère de l’union du dieu solaire et de la matière primordiale aquatique, personnifiée par la déesse Mère, est au cœur de la « nouvelle religion », comme en témoignent les religions à mystères auxquelles elle donnera naissance ensuite (268). Telle est la coniunctio oppositorum alchimique, la « synthèse des contraires », la synthèse de l’élément masculin (feu, soleil, droite) et de l’élément féminin (eau, lune, gauche). Comme nous l’apprend Wendy Doniger O’Flaherty, « l’image du feu dans l’eau est la résolution ultime des contraires ; potentiellement unis l’un à l’autre, ils n’en conservent pas moins toute leur puissance et rien ne se perd dans le compromis, l’équilibre est complet » (270). C’est pourquoi la famille mythologique de l’Egypte a toujours été une trinité, composée du père, de la mère et de l’enfant (271). La mère et le père représentent la différenciation, le jeune garçon l’unité des deux, la coniunctio oppositorum. L’enfant est un garçon parce que cet enfant est le créateur « re-né » du monde matériel. La « nouvelle religion », par son symbolisme taurin et féminin, se concentre sur le dieu dans son aspect immanent (corps noir) plutôt que dans son aspect transcendant (corps igné).

II. Les anciens centres de culte de la nouvelle religion
Cette « nouvelle religion » du Taureau et de la Déesse semble avoir pour origine le Levant (noir), qui, comme nous le rappelle Rice, n’est véritablement qu’un prolongement de l’Arabie, malgré les frontières politiques modernes (272). Bien que les premières preuves de l’existence de cette « nouvelle religion » remontent à 10000 avant J ;-C. (par exemple, des crânes d’aurochs à cornes enterrés dans des maisons), nous disposons d’un grand nombre de matériaux confirmant la présence de ce culte au neuvième millénaire avant notre ère à ‘Ain Ghazal, village néolithique situé près de l’actuelle Amman et daté de 8300-6000 (dates calibrées). Dans un des plus grands villages néolithiques du Proche-Orient ancien, les archéologues ont mis au jour des structures rectangulaires ayant chacune plusieurs pièces. Outre des vestiges qui les renseignent sur l’alimentation et l’économie de subsistance des villageois, les archéologues ont trouvé des figurines humaines et animales, dont certaines évoquent la vie religieuse de ces villageois. La figurine animale la plus fréquente est le taureau. Symbole du « numineux », la figurine de taureau « communiquait la force, la vitalité, le dynamisme » (273). Un bac de pierre contenant des ossements d’aurochs et une figurine de taureau a été trouvé dans une des maisons de ce village (274).
Selon G.O. Rollefson, l’un des principaux archéologues qui ont pratiqué des fouilles à ‘Ain Ghazal, ces matériaux « reflètent nettement une préoccupation pour les cérémonies et le rituel politico-religieux (275) ». Outre les figurines de taureaux, une remarquable statuette en pierre d’une femme au ventre bombé y a été retrouvée. Denise Schmandt-Besserat estime justifié d’interpréter cet ouvrage comme une déesse enceinte, « une métaphore en pierre » « exprimant les mystères de l’origine » (276). Certes, mais il concerne sans doute le mystère de l’origine du corps noir immanent (représenté par le taureau) du créateur du cosmos.
Etant donné que les données de la génétique indiquent une migration de l’Asie occidentale (Afrabie) en Inde du Nord à la période pré-historique, il n’est pas surprenant que des preuves de l’existence du culte du Taureau et de la Femme aient été trouvées dans le plus ancien site néolithique découvert à ce jour dans le sous-continent indien. Mehrgarh, daté de 7000-3200 avant notre ère et situé dans ce qui est aujourd’hui la plaine de Kachi, au Baloutchistan, dans le Pakistan moderne. Quatre mille ans plus tard, les civilisations de la vallée de l’Indus évoluèrent sans doute à partir de cette première communauté. Des perforations dentaires in vivo ont été identifiées sur les couronnes de 9 patients adultes à Mehrgarh. Il s’agit des plus anciennes traces connues de soins dentaires (277). Chose plus importante pour notre étude, des figurines y ont été retrouvées – de taureau et de femme pour la plupart (278). Fait intéressant, certaines d’entre elles montrent un motif qui n’apparaîtra que plus tard en Egypte – la (déesse) Mère, un enfant, qui rappelle Isis et Horus, sur les genoux. L’enfant et le taureau sont sans doute deux représentations différentes du dieu né de la matrice primordiale, la Déesse Mère.
Le centre du culte le plus élaboré de cette nouvelle religion se situait sans aucun doute dans la ville anatolienne de Çatal Höyük (6500-5700 avant notre ère), contemporaine de Mehrgarh. Comme le note Rice, « Çatal Höyük représente un point culminant dans le développement du culte du taureau ; les traces de la vénération du taureau sont tellement importantes dans les vestiges de la colonie que la plupart des aspects que revêtira plus tard le culte du taureau semblent y avoir leur origine… ce qui est certain est que, si la communauté de Çatal Höyük disparut autour de 5600 avant J ;-C., de nombreuses caractéristiques du culte du taureau qui s’étaient développées dans les plaines d’Anatolie se retrouvèrent à Sumer, à Elam, en Egypte et en Crète, dans certains cas des milliers d’années après que la proto-ville de Çatal Höyuk eut été abandonnée (279). »
Çatal Höyuk était une proto-ville très développée dans ce que Marjia Gimbutas a appelé « la vieille Europe, l’Europe avant l’arrivée des Indo-Européens. Les « anciens Européens » étaient un peuple noir (280). Selon Bernard Vandermeersch, ils étaient originaires de l’Asie occidentale (281). L’Asie occidentale faisait partie de la « ceinture noire » au cours de cette période. Les représentations humaines sur les murs de Çatal Höyuk montrent un peuple (282) à la peau très foncée. Il est probable que le culte anatolien du Taureau et de la Femme s’est diffusé à partir du Levant (283), le Levant noir ou Afrabie. Çatal Höyuk n’était pas un centre de culte de la déesse (285) : le dieu anthropomorphe et la déesse y sont représentés tous deux sur un trône (284).
Contrairement à ce qu’affirment Cauvin et Gimbutas, ce n’est pas parce que la divinité masculine représenté par le taureau est lié à la déesse qu’il lui est subordonné ou inférieur (286). Au contraire, à Çatal « le taureau est une figure primordiale ; en effet, les sanctuaires… forment des espèces de cathédrales consacrées au taureau » (287). (L’argument est absurde. N.D.E.)
Le mythe central du culte du taureau de Çatal Höyuk est sans doute indiqué par une découverte importante et bien connue : une figurine d’argile d’une femme corpulente assise sur un trône, flanquée de deux léopards (288). Cette figure a été interprétée comme une « déesse enfantant » sur un « trône d’accouchement », la tête d’un enfant « sortant de ses larges cuisses » (289). Cette interprétation, même si tout le monde ne la partage pas (290), se trouve confirmée par d’autres images présentes dans la proto-ville. Sur les murs d’un sanctuaire domestique un personnage est représenté les bras et les jambes écartés, le ventre orné de cercles concentriques qui attirent l’attention sur cette partie de son corps. La figure est probablement un ours ou un hybride mi-ours mi-homme et non une femme, comme on l’avait cru initialement (291), mais l’ours est un ancien symbole de la déesse mère (292). Sous cette figure d’ours sont des bucrânes (têtes de taureau) et toute la scène suggère que la « déesse-ours » accouche de taureaux… dont les bucrânes sculptés, placés sous la déesse, semblent sortir de son corps » (293). Cette association entre le sanctuaire et l’image de la déesse-mère donnant naissance au dieu-taureau, le dieu noir, est d’une importance vitale. Nous allons la rencontrer à nouveau à La Mecque.

III. La religion proto-sémitique et le dieu noir
On pense que les proto-Sémites parlaient la langue (protosémitique) dont sont issues les différentes langues sémitiques (arabe, hébreu, ougaritique, akkadien, etc.) (294).
Il a été suggéré que ces proto-Sémites étaient originaires de la région du Levant (le nord de la péninsule arabique) et que le protosémitique commença à se séparer en plusieurs branches autour de 5000 avant J.-C. Au cours du processus de différentiation des proto-Sémites en Sémites (Arabes, Hébreux, Cananéens, Akkadiens, etc.), la religion protosémitique devait apporter une contribution importante au développement de la tradition religieuse sémitique, y compris des traditions monothéistes sémitiques (les « Religions du Livre » – le judaïsme, le christianisme et l’islam).
Comme nous allons le voir, il est de quelque importance que la tradition sémitique semble s’être développée dans la même zone que celle dans laquelle la « nouvelle religion » du Taureau Noir et de la Déesse Noire, à savoir la religion du dieu noir, se développa.
Selon le lexique protosémitique tel qu’il a été reconstruit à partir des diverses langues sémitiques, le nom de Dieu dans les traditions religieuses protosémitiques se composait de deux lettres, () ŀ (295). Par convention, ces lettres sont transcrites par El ou Il, mais ce n’est là qu’une vieille convention occidentale née de l’ignorance des véritables lois de la phonétique. Des données plus récentes nous permettent d’être plus précis. C’est la deuxième lettre qui est en fait le « noyau » du nom divin (296) : le phonème protosémitique ŀ, dit « sombre » (la consonne spirante latérale alvéolaire vélarisée voisée) (297) et reproduit par un signe graphique l au trait large. Consonne orale – ce qui signifie que l’air ne s’échappe que par la bouche -, elle a un son « lah » épais et gras. La première lettre (), un coup de glotte, était un son consonantique, produit par l’occlusion brutale et momentanée du larynx par rapprochement des cordes vocales, suivie d’un relâchement. Le son de l’air libéré – un « ah » sonore – est un son consonantique, transcrit par une simple initiale « a » (298). Donc, la vocalisation du nom divin proto-sémitique ŀ est A-ŀah (299), qui aboutit en hébreu à הלא Alah, en syriaque à Alāhā et en arabe à اAŀŀāh (300).
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Que savons-nous de ce protosémitique ŀ (Aŀah) ? Il était le Dieu Créateur tout-puissant. Il apparaît comme tel à la fois en ougaritique et en ancien arabe du Sud (301), donc dans le nord et le sud de la péninsule. Mais nous ne pouvons pas en dire plus. L’ancienne religion du Moyen-Orient a été caractérisée comme un fleuve large et langoureux qui, même s’il se divise de temps en temps et en des lieux différents en un grand nombre de bras, qui confluent plus loin, va toujours dans la même direction (302). Le bras le plus caractéristique de la « circulation générale » de la religion afrabe est la tradition religieuse d’Arabie du Sud. Stephen Langdon, dans son étude de la mythologie sémitique, a supposé que l’Arabie du Sud fut le foyer d’origine de la religion sémitique et reste le lieu où la religion sémitique « pure et sans tache » peut être examinée (303). Plus récemment, Werner Daum a affirmé que l’Arabie du Sud, les deux Yémen en particulier, est « encore cette partie du Moyen-Orient qui conserve le plus les mœurs et les coutumes de l’ancienne Arabie » (304). L’Arabie du Sud, donc, « fait connaître le monde arabe de jadis », religieusement ainsi que culturellement.
Les témoignages épigraphiques confirment que l, aussi écrit lh (305), était le dieu créateur suprême dans toute l’Arabie du Sud (306). Si des divinités comme Attar, le dieu-lune, finirent par remplacer tout à tour l, Shams (la déesse solaire) et d’autres n’arrivèrent que plus tard dans l’Arabie du Sud, apportée par des immigrants du sud de la Mésopotamie. l / lh fut finalement « évincé » par ces divinités de la nature (307a). Dans l’ancienne Arabie du Sud, il était aussi le parangon de la justice, comme nous l’apprend Ulf Oldenburg : « Les nombreux noms théophores composés à partir du nom propre ‘El [lire : Alah] éclairent le caractère particulier d’El et sa gloire d’antan. Il était appelé « le Premier » et « le Glorifié », le roi suprême et donc le titre de « Roi » devint synonyme d’El. Il était caractérisé par sa force… Roi tout-puissant de la création, il faisait régner la justice et « Vertu » devint un autre nom d’El, un des noms les plus anciens par lequel il était invoqué ; il indique qu’El est celui qui est le père et le principe de la justice. Il était le grand juge de tous les hommes, qui, dans son infinie sagesse, rendait des jugements justes, jugeait chacun selon ses actes et punissait sévèrement l’iniquité. Mais, surtout, il était connu pour son grand amour et sa miséricorde, car il pardonnait volontiers le péché et accordait à ses créatures la santé et une longue vie… Les termes de parenté, comme « père », « oncle », « frère », qui sont si abondants dans les noms les plus anciens, reflètent une organisation sociale patriarcale typique des tribus nomades (307b). El appartenait au clan en tant que chef et sa fonction était de défendre les droits de ses membres… Un autre grand nom d’El était le Sauveur (308). »
Alah avait une consœur, Alat (309). Plus tard, ces noms seront orthographiés respectivement Allah et Allat (ou al-Lah et al-Lat) en arabe. « De même que, nous apprend Ditlef Nielsen, le dieu suprême était tout simplement connu sous le nom d’Il ou Ilah, ainsi la femme de ce dieu était simplement connue comme « la déesse », ILAT ou Ilahat (310). » Elle est « la Reine des Cieux » et « la Mère des dieux ». Dans les textes ougaritiques antérieurs à 1200 avant notre ère, elle est appelée trt ym, « Celle qui marche (tr) sur la mer (yam) » et, plus tard, Athirat (trt). Elle est donc une Déesse-Mère des eaux, comme nous pouvions nous y attendre. Cet attribut éclaire davantage la nature et le caractère de la consœur divine d’Alah. Selon Oldenberg, le nom « Athirat » est également lié à trt, « sanctuaire » (311). E. Lipiński souligne qu’ašērā, équivalent hébreu du terme ougaritique trt ym et nom de la Déesse-Mère en hébreu, signifie également « sanctuaire, lieu saint » (312).
Ce thème, que nous avons déjà rencontré, aura une grande importance dans la suite de cette étude : la consœur aquatique du dieu est identifiée à son temple, ou sanctuaire. Nous verrons ci-dessous ce que les anciens voulaient dire, lorsqu’ils affirmaient que le dieu « habite » le « temple » féminisé.
En 1985, l’universitaire allemand Werner Daum a publié une importante monographie, Ursemitische Religion. Daum suggère que, pour reconstituer l’« Ursemitische Religion », notre meilleure source d’informations est le sud de l’Arabie.
Par une étude approfondie des anciennes inscriptions sud-arabiques et des contes et pratiques rituelles yéménites modernes, Daum a réussi à proposer une reconstitution convaincante de la religion protosémitique, ou au moins de ses principaux aspects. La plus importante observation pour notre propos est que, selon la reconstruction de Daum, ŀ, le dieu suprême des Protosémitiques, était un dieu noir. Cette divinité protosémitique noire était représentée comme un vieil homme barbu et associée au nuage de pluie noire et au taureau noir (ainsi qu’au bouquetin (313). Selon Daum, ceux-ci « symbolisiert dunklen Il (il symbolise l’Il noir) » (314). Il était appelé sha ība, le « vieil homme » (315). Ainsi, le dieu protosémitique Aŀ-ah est le dieu de la « nouvelle religion » du Levant, le dieu noir symbolisé par le taureau noir !
L’historien britannique Julian Baldick a poursuivi les recherches de Daum dans Black God: The Afroasiatic Roots of the Jewish, Christian and Muslim Religions (316). Les recherches de Baldick indiquent que, de même qu’il existe un groupe de langues afro-asiatiques originaires de l’Afrique du Nord et de l’Arabie, ainsi il existe une tradition religieuse « afro-asiatique » originaire de la même zone et propre aux mêmes groupes. Cette tradition religieuse « afro-asiatique » se caractérise par une logique dualiste qui souligne la dichotomie homme-femme et par une triade divine composée d’un dieu noir de la pluie, d’une déesse et d’un jeune dieu-héros. Chez les Oromo du sud de l’Ethiopie, par exemple, Dieu est appelé Waqa Quracca, le dieu (Waqa) noir (Quracca) (317). Il chevauche des nuages noirs ; il a les yeux rouges en signe de colère ; il est le Créateur. Les Oromo lui sacrifient des moutons noirs dans l’espoir qu’il fasse pleuvoir.

IV. L’Arabie et la religion du dieu noir
Dans les années 1950 et 1960, une expédition danoise exhuma un ensemble remarquable de temples à Barbar, au Bahrain, l’ancienne Dilmun de la tradition sumérienne. Le « temple de Barbar » est composé de trois temples construits les uns sur les autres au fil du temps, le premier vers 3000-2200 avant J.-C., le dernier peut-être autour de 1800 avant notre ère (318).
Ces temples sont remarquables par leur ancienneté ainsi que par leur architecture. Comme le fait remarquer Rice, ils comptent « [parmi] les plus anciens édifices au monde… car le premier d’entre eux… doit avoir été construit dans les premiers siècles qui ont suivi l’invention de l’architecture en pierre (319). » « L’architecture du temple de Barbar, dit-il, révèle un haut niveau de compétence technique » (320). Cette architecture est similaire à l’architecture des premiers temples sumériens et il est donc possible qu’il existe un lien entre ces deux architectures. (321) La grande qualité des objets retrouvés indique une haute culture. Même si ces temples sont considérés comme les plus importantes structures anciennes identifiées jusqu’à présent dans toute la région du golfe, ils ne représentent pas le début de la civilisation et de la haute culture afrabe ; la période Barbar ne représente que l’apogée d’une haute civilisation de plusieurs millénaires (322)
Quelle était la divinité tutélaire de Barbar ? Bien qu’un certain nombre de suggestions aient été faites (323), nous ne pouvons que faire des hypothèses sur son identité (324). Cependant, les objets et les sceaux qui y ont été retrouvés permettent de se faire une idée claire de sa nature. Le plus important de ces artefacts est une remarquable tête de taureau en cuivre, ce qui indique que Barbar abritait un temple du dieu taureau (325). Ceci est confirmé par le fait que le taureau et le bouquetin sont abondamment représentés sur l’ensemble des sceaux découverts dans la région de Dilmun (326). L’un de ces sceaux est d’une importance particulière : « il représente une divinité anthropomorphe siégeant au-dessus d’un taureau, ceinte d’une couronne de cornes de taureau (327). » Le dieu-taureau de Barbar était lié à l’eau : le cœur du temple est un puits sacré qui peut représenter ce qui serait une entrée dans les eaux primordiales souterraines (328).
Tout ceci, en plus des liens évidents de Barbar avec Sumer, a convaincu de nombreux chercheurs que la divinité tutélaire de cette ville n’était nulle autre que le dieu sumérien Enki, qui entra probablement en Mésopotamie de Dilmun, c’est-à-dire du golfe Persique (329). En d’autres termes, le dieu qui allait devenir l’importante divinité sumérienne / akkadienne Enki / Ea est probablement originaire de l’Arabie orientale. Son mythe met en lumière le mythe central de la « nouvelle religion », alors qu’elle se répandait du Levant dans des contrées lointaines.
Etudier le caractère de ce dieu nous permet donc de mieux comprendre la religion de l’ancienne Afrabie, matrice de l’islam.

IV.1. Enki et la religion du dieu noir
La première preuve de l’existence de cette divinité est probablement le sanctuaire fait d’une hutte de roseaux découvert à Eridu (Mésopotamie) et daté d’environ 5000 avant notre ère ; il est sans doute dédié à ce dieu (330). Enki était le dieu créateur suprême de l’ancienne Mésopotamie (331) et il était le dieu noir, le Dieu Taureau par excellence (332). Il incarnait les eaux noires primordiales (apzu / aps) (333) et était lui-même personnifié par le taureau noir et le bouquetin (334). Dieu créateur, il personnifiait le pouvoir reproducteur masculin (335), comme l’indique le culte phallique dont il est l’objet dans le mythe sumérien (336a).
Or, la divinité An (sumérien dAN, akkadien anu) (336b) est effectivement présentée dans la littérature comme le créateur et chef suprême du panthéon sumérien ; Enki est un de ses fils (337). Mais An semble avoir créé seulement la moitié du cosmos, au moins en tant qu’An. L’autre moitié, la moitié « inférieure », a été créée par son premier-né, appelé dans les textes sumériens Enki et dans les textes akkadiens Ea (338). La relation d’Enki avec An apparaît cependant beaucoup plus complexe et plus intime que la relation du père avec son fils. Dans En ūma eliš, le célèbre récit babylonien de la création, Ea (Enki) est créé par Anu (An) à sa « ressemblance » (339), ce qui montre, d’après Richard J. Clifford, qu’ « Ea est l’égal d’Anu » (340). « Egal » veut dire ici « identique », comme le montrent les nombres mystiques que les Mésopotamiens attribuaient à leurs divinités. Chacun des principaux dieux était doté d’un nombre mystique. Dans le système sexagésimal (fondé sur une numération de base soixante) akkadien, Anu a deux nombres mystiques, 1 et 60, qui signifient non seulement qu’il est le dieu suprême du panthéon, mais aussi qu’il est « le premier (dieu), le père céleste, le plus grand dans le ciel et sur la terre (et) celui qui contient l’univers entier » (341). Comme l’explique Simo Parpola, « Les nombres mystiques d’Anu, Un et Soixante, englobaient les nombres mystiques de tous les autres dieux : il était l’Alpha et l’Omega » (342). Selon Parpola, le panthéon mésopotamien peut être réduit à de « simples aspects de quelques grands dieux, qui peuvent eux-mêmes être réduits à de simples aspects, ou pouvoirs, d’un seul Dieu universel ». Ceci témoigne d’« un système de pensée monothéiste sophistiqué en net contraste avec l’idée simpliste que l’on a actuellement de la religion et de la philosophie mésopotamiennes. (343).
En d’autres termes, tous les dieux peuvent être réduits à des aspects, ou attributs – manifestations, si vous voulez – du dieu An / Anu (344). Le cas d’Enki / Ea est particulier en ce que, comme Anu, il a deux nombres mystiques : 1 et 60, les mêmes nombres que ceux d’An / Anu (345). Ainsi Enki, le « premier-né » d’An, est en fait An lui-même, An à son second stade de manifestation. C’est pourquoi, bien qu’une seule divinité suprême puisse effectivement être le « créateur de tout », le « père des dieux », l’« archétype de la création des cieux et de la terre », etc., An et Enki sont tous deux nommés ainsi (346).
L’iconographie nous aide à mieux comprendre le « stade » que représente Enki par rapport à An. La représentation d’Enki à l’intérieur d’un sanctuaire rectangulaire en eau est connue. Son temple est identifié à abzu / apsû, également écrit en sumérien ENGUR. L’abzu / apsû est le lieu où se trouvent les eaux primordiales noires, dont Enki s’est servi pour bâtir sa ziggourat, appelée É-sira (« Maison des eaux inférieures ») et É-engurra (« Maison d’Engur » – abzu) (347). Tony Nugent attire avec perspicacité notre attention sur le fait que cette iconographie reflète l’idéogramme cunéiforme original d’ENGUR : le signe d’An (l’étoile) inscrit dans un rectangle (348). An est un dieu lumineux ; son idéogramme est l’astérisque, une étoile cunéiforme à huit pointes (DINGIR), qui deviendra ensuite une croix cunéiforme (349). Enki, « la Lumière brillante dans le ciel » et « la Grande Lumière de l’Apsu » (350) est ainsi identifié au dieu An : il est le dieu An qui réside dans le temple en eau (351). De même qu’An est le « dieu-étoile » par excellence, Enki est le « dieu-étoile des eaux », pour reprendre l’expression de Nugent (352).
Que signifie ou suggère l’expression de « dieu-étoile des eaux » ? Elle signifie que le dieu lumineux du ciel, An, revêtit un corps noir aquatique produit à partir des eaux primordiales (l’apsû) et qu’il devint ainsi Enki. Dans la tradition mésopotamienne, « L’eau apporte l’être avec la forme » (353). Ceci est d’ailleurs confirmé par la « théologie du temple » de la Mésopotamie et de l’ancien Proche-Orient (354). Le temple était considéré comme une icône architecturale : une image en pierre du dieu. Comme le dit Mark S. Smith au sujet de la tradition sémitique de l’Ouest, les « temples révèlent non seulement l’origine des divinités, mais aussi leur nature et leur forme » (355). En particulier, l’architecture du temple reflète symboliquement le corps anthropomorphe du dieu et « abrite » le récit de l’émersion de ce corps divin des eaux primordiales (356). Ainsi, les sept niveaux de la ziggourat mésopotamienne, ou pyramide à degrés, représentent les sept étapes de la descente divine du plus haut des cieux dans la confusion du monde matériel (357). Le temple est donc le lien entre le ciel et la terre, dur-an-ki, car sa partie supérieure touche le ciel et ses fondations atteignent le fond de l’abzu (358). Le plus bas niveau de la ziggourat et les murs extérieurs du temple représentent le corps externe du dieu, qui est associé aux eaux primordiales : ainsi la façade en briques ondulées du temple égyptien est conçue pour imiter les vagues de Nun, les eaux primordiales dans la pensée cosmogonique égyptienne (359). La « Maison noire » d’Enki, faite à partir des eaux primordiales noires, indique ainsi la teinte foncée de son apparence corporelle (360). Cette apparence noire est associée au taureau (361).

IV.1.1.Enki comme coniunctio oppositorum
Nous avons ici les moyens de concilier les deux descriptions opposées d’Enki : d’une part, en tant que « Lumière brillante dans le ciel », « Grande Lumière de l’Apsu », qui « répand la lumière dans le ciel et sur la terre » (362) ; et, d’autre part, « taureau noir de l’Apsu », qui ressemble aux eaux noires des Enfers (363). Enki est une divinité composite : l’union du dieu étoile par excellence (An) et des eaux primordiales a produit Enki, le Taureau Noir de l’apsu (364). Il est la coniunctio oppositorum personnifiée. Ceci est confirmé par un sceau de la période archaïque mésopotamienne. Enki y est représenté assis sur un trône, barbu et couronné d’une tiare ornée de cornes de taureau. Des poissons remontent des ruisseaux immatériels vers ses genoux – une représentation de la nature aquatique du dieu – et des flammes jaillissent de ses épaules – la marque d’une nature solaire (365). Sur un sceau assyrien le dieu est représenté dans son sanctuaire rectangulaire en eau, avec le disque solaire (366). La contradiction apparente entre les artefacts où An est décrit comme le dieu-étoile lumineux du ciel et son association étroite avec le taureau noir s’en trouve aussi résolue. En effet, An peut être considéré comme le Dieu Taureau par excellence : son animal tutélaire était le taureau noir (367). Outre l’étoile cunéiforme, l’autre emblème particulier d’An est la tiare ornée de cornes de taureau, qui devint le signe du divin dans l’iconographie mésopotamienne (368). Non seulement An est rituellement identifié à un taureau « noir comme de l’asphalte », mais la peau noire du taureau est identifiée à la peau divine d’An / Anu (369). Enfin, ceci pourrait expliquer pourquoi un dieu-étoile peut être associé à des cruches d’eau. (370).
La coniunctio oppositorum paradigmatique implique une union des principes masculin et féminin. Cela est vrai dans ce cas aussi. Il semble que, dans les premiers temps de la religion mésopotamienne, c’est-à-dire à la période Uruk, au cours de laquelle Enki était la principale divinité du panthéon, il ait été jumelé à une consœur dans la plupart des cités-Etats de la région (371). A cette époque, comme l’indique Piotr Michalowski, « le panthéon mésopotamien avait à sa tête un couple associé principalement à la fertilité : Enki et Ninhursag. Leur nom changea au cours des siècles, mais cela n’a guère d’importance » (372). En effet, Ninhursag était simplement l’un des noms sous lesquels était connue la consœur d’Enki et Thorkild Jacobsen le rattache directement « au précurseur néolithique de la potnia Theron, la Grande Déesse de Vie, de la mort et de la régénération », comme l’appelle Marjia Gimbutas. Autrement dit, la consœur d’Enki est la déesse de « la Femme et du Taureau » de la religion du Levant.
Les eaux primordiales sont féminines dans la tradition mésopotamienne (374). En fait, elles sont Nammu, la mère d’Enki. Nammu est la « mère primordiale universelle » et Enki est son premier-né (375). Plus important encore, É-engurra, le temple aquatique d’Enki, la « Maison d’Engur (abzu) » et donc son corps noir, est identifié à Nammu (376). Cette comparaison est d’une importance cruciale : Nammu (la mère primordiale noire / les eaux primordiales noires) correspond au temple aquatique rectangulaire noir d’Enki et au corps anthropomorphique masculin noir d’Enki. Ainsi, dans le livre d’incantations Les Tablettes de la Création, nous lisons :
Toi, Fleuve, tu es le créateur de toute chose. [Les grands dieux] [sur ta rive] ont placé l’abondance. En ton sein, Ea r[oi de l’Apsu] [a construit sa demeure (377).
Ces comparaisons signifient que le temple aquatique (É-engurra) représente un corps noir fait à partir de la substance féminine des eaux primordiales (Nammu), dans lesquelles la lumière divine (An) s’est incarnée, ou installée. Le fait que ce corps anthropomorphe masculin noir est symbolisé par un sanctuaire rectangulaire féminin noir prendra encore plus d’importance dans notre étude du culte mecquois de la Ka’ba.
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Re: Islam, selon...

Message  Arlitto le Dim 7 Aoû - 18:18

Il convient d’approfondir l’importance du divin féminin dans l’organisation mésopotamienne de la « nouvelle religion », afin de comprendre le divin féminin dans l’organisation des religions qui se développeront plus tard en Egypte et à la Mecque. Les deux mythes de Nammu et Enki et d’Enki et Ninhursaq sont fort intéressants à cet égard. Nammu et Enki raconte la création de l’homme et de la femme par Nammu et Enki. Enki est ici « le créateur de tout ce qui existe ». Nammu et Enki coexistent depuis le commencement (378). Toutefois Nammu, comme mère des dieux, est aussi la mère d’Enki, car il est appelé son « fils » (Dumu). Pourtant, Enki la prend pour épouse et la féconde, apparemment à l’aide des dieux et du cosmos. Enki fait sortir l’homme et la femme du ventre de Mammu. Ce qui est significatif est la façon dont est décrit le mariage d’Enki et de Nammu. Leur mariage est d’un type particulier et permet de mieux comprendre l’évolution du mythe associé à la « nouvelle religion » : le mari entre dans la maison et dans la famille de sa femme. Les enfants prennent le nom de la femme et perpétuent uniquement ce nom de famille (379). Le mari qui entre dans la maison de sa femme et prend son nom de famille est similaire au dieu An qui entre dans le corps noir (le temple fait à partir de la mère / matière – Apsu / Nammu – primordiale) et qui, dès lors, est connu sous le nom d’Enki (« Le Seigneur de la Terre ») et non plus sous celui d’En-an (« Le Seigneur du Ciel »).
Que ce « mariage » a une importance d’un point de vue somatique et fait en fait allusion à l’homme divin s’incarnant dans un corps « féminin » (substance), c’est ce qui est confirmé par le mythe connu d’Enki et Ninhursaq. Ce récit raconte les relations d’Enki avec sept ou huit personnages féminins (380). Ces personnages féminins semblent toutes des variantes de celle qui est communément reconnue comme la femme d’Enki, appelée dans ce mythe Damgalnuna (381), elle-même vraisemblablement une forme de Nammu. Damgalnuna, appelée « La Déesse-Mère des grands dieux » et « La Grande Reine des Eaux » semble être une forme de la déesse-mère primordiale. Au début d’Enki et Ninhursaq, Enki et Ninsikilla – la première forme de Damgalnuna – sont « endormis » dans la « ville » originelle qui existait avant la création du monde « réel ». Dans les textes cosmogoniques, la « ville » est une métaphore de la période qui a précédé la création (382).
Il n’est donc pas surprenant d’y trouver le principe masculin et le principe féminin endormis – inactifs (383). Une fois que la ville primitive purement virtuelle est transformée par Enki en une vraie ville – le début de la création -, il a des relations sexuelles avec Damgalnuna et ses diverses formes. Ces relations, comme le suggère Keith Dickson, peuvent être assimilées à des retours partiels (temporaires) dans la « matrice » dont Enki lui-même est sorti (384), les eaux primordiales.
Au cours de la dernière de cette série de relations, le corps d’Enki fusionne entièrement, physiquement – et non pas seulement, pour ainsi dire, phalliquement – avec le corps de Ninhursaq, la principale forme de Damgalnuna dans ce mythe. Ninhursag signifie « La Souveraine de la montagne » (385) et cette appellation est tout à fait appropriée. « Montagne » est un terme métaphorique qui désigne le temple et le corps anthropomorphe du dieu (386) et l’incorporation physique totale d’Enki dans le corps de Ninhursaq correspond donc à l’entrée et au séjour d’Enki dans son temple : son incarnation dans un corps matériel. Une fois Enki « logé » dans le corps de Ninhursag, ils peuvent produire ensemble les dieux et l’ordre cosmique et la stabilité (387). Bien que ce « processus de création » soit le résultat de la collaboration d’une divinité masculine et d’une divinité féminine et que celle-ci soit incorporée dans celui-là, il est important de souligner que, dans ce récit, Enki est cependant le seul créateur (388). Même la métaphore de la naissance qui est utilisée ici renvoie à Enki : il est celui qui, à l’intérieur du corps de la déesse, est « enceinte » de la création (389).
En effet, le mythe d’Enki et Ninhursagis met l’accent sur le corps d’Enki, qui est le seul garant de la stabilité cosmique (390). Comme l’observe Dickson, « Les actions et les tribulations du corps d’Enki, qui pénètre, modifie et est lui-même modifié par l’espace corporel féminin, est dans un sens le sujet du mythe » (391). Le corps lumineux d’Enki [lire: An] a en effet été modifié : il est maintenant incarné dans un corps aquatique noir. Ceci est sans aucun doute le
motif mythique qui explique qu’il soit appelé « Le premier dieu à marcher / voguer sur les vagues » (392).

IV.1.2. Enki et le mythe du dieu noir
La version mésopotamienne du « mythe du dieu noir » est donc la suivante : au « commencement » régnait l’indifférenciation (393). Cette masse indifférenciée aquatique et noire, considérée comme féminine et personnifiée par une vache, était incréée (394). Elle portait en elle un esprit lumineux, masculin (395). Un jour, cet esprit tira des eaux primordiales une « semence », terme mythologique qui désigne l’atome primordial ou la première particule distincte (396). C’est de cette « semence » que naquit la divinité et c’est au cours de ce développement que finirent par naître le ciel (An) et la terre (ki) (397). Cette séparation est la première phase du processus cosmogonique (398). Cela semble vouloir dire que l’esprit lumineux – le ciel (An), personnifié par le dieu An (dAN) – est né de cette « semence » (atome) et a été séparé de la masse liquide noire. Le dieu An a apparemment créé un royaume « céleste », lumineux et « pur », mais aride, virtuel et plein de potentialités latentes au lieu d’être dynamique et « réel » (399).
La deuxième phase du processus cosmogonique est la ré-union de ces éléments : le ciel lumineux (anAn) se réunit à la « terre » aquatique noire dans un mariage cosmique et cette ré-union produit le « monde réel », à commencer par les grands dieux (400). Le premier grand dieu produit par cette ré-union est (An-)Enki.
L’apparition d’Enki est décrite avec éloquence : son moi lumineux (c.-à-d. An) est né de la semence (l’atome). Il déclare, dans le mythe Enki et l’Ordre du monde : « Je suis la semence féconde, engendrée par le grand auroch (An). Je suis le premier-né d’An (401). » La déclaration de ce dieu est révélatrice. La semence, ou atome primordial, engendrée par cet esprit lumineux (ici explicitement identifié à An) est elle-même identifiée à Enki. Encore une fois, An et Enki sont le même être divin, Dieu le Père et Dieu le Fils. La dénomination « Enki » se réfère généralement à An à son second stade de manifestation, celui où la lumière et les eaux sont unis par le mariage. Le « Mariage » est une description métaphorique positive de ce stade. Cependant, d’autres textes utilisent des métaphores négatives, comme « descente » ou, pire, « captivité » et « esclavage ». Tel est le cas dans le fragment mythique que Thorkild Jacobsen appelle « La descente d’Enki » (402). Ce fragment mythique raconte la descente et la servitude d’Enki dans le monde aquatique souterrain. Le cadre temporel de cette « descente » se situe explicitement après la séparation du ciel et de la terre. An semble avoir « expédié » Enki (c’est-à-dire lui-même, An) dans ce monde souterrain, où Enki est « maltraité, taillé en pièces et frappé » par les eaux en furie. Jacobsen suggère que cette descente divine concerne différents « modes » (403). Cette interprétation semble correcte : le divin change de « mode ». Ce qui veut dire que cette « descente » représente sans aucun doute la transformation du lumineux An en un double Enki, qui est un dieu lumineux incarné dans un corps aquatique noir. En d’autres termes, nous avons ici à faire à une descente somatique (404).
Voici une remarquable représentation littéraire de l’épiphanie d’Enki, c’est-à-dire de l’émergence d’An des eaux noires sous la forme d’Enki :
Quand Enki surgit, les poissons surgirent et l’adorèrent,
Il se leva, une merveille dans l’Apsu,
Il fit le bonheur d’Enqu,
La mer eut l’impression qu’An était sur lui,
La Grande Rivière eut l’impression que la terreur planait sur lui (405).
« Qu’An était sur lui » fait sûrement allusion à la lumière d’An rayonnant d’Enki en dépit de son corps noir. De même, le temple « noir » d’Enki « brille comme le jour » (406), paradoxe que le « mythe du dieu noir » résout à merveille (407).

IV.1.3. An-Enki = Alah
Le dieu du temple de Barbar en Arabie orientale est donc le dieu noir de la tradition mésopotamienne. En-ki, « le Seigneur de la Terre » est son appellation sumérienne, bien que ce soit probablement une épithète plutôt qu’un nom. Il est possible qu’il ait eu un nom sémitique pré-sumérien. Son appellation akkadienne, Ea, est généralement traduite par « Maison de l’eau », sens qui est effectivement le sien en sumérien (« É », Maison ; « a », eau), mais pas en akkadien, comme l’a souligné Cyrus Gordon. Celui-ci soutient qu’Ea signifie « Le Vivant » en sémitique occidental (408). Samuel Noah Kramer suggère que le nom akkadien d’Enki, Ea, est en fait un terme pré-sumérien, le nom que les Obadiens donnaient à ce dieu des eaux. Lui aussi semble être une épithète plutôt qu’un nom. Tout démontre que son premier nom sémitique est le protosémitique Aŀah.
En sumérien, le caractère cunéiforme signifiant le dieu An et aussi « dieu » en général et « ciel / cieux » est l’idéogramme DINGIR. Sa valeur phonétique est « an ». DINGIR sert souvent de déterminant à « divinité » ; affixé à un nom, il indique que celui-ci est celui d’une divinité. En tant que déterminant, DINGIR ne se prononce pas et il est translittéré par « d », en exposant (par exemple dENKI) (409). L’équivalent akkadien de DINGIR est [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]. Il a les mêmes fonctions que le caractère cunéiforme sumérien « An » : il représente le dieu Anu, signifie aussi « dieu » en général et, en tant que déterminant de « dieu / divinité », il n’est pas non plus prononcé. Il y a cependant une différence fondamentale : sa valeur phonétique est ŀ, c’est-à-dire le protosémitique Aŀah. En d’autres termes, le sumérien An est identique à l’akkadien ŀ (410), au protosémitique Aŀah. Une étude des noms théophores a démontré que ŀ est le nom de Dieu prédominant au début de la période dynastique parmi les Sémites de Mésopotamie, ce qui indique que cette divinité protosémitique était la divinité principale (411). Piotr Michalowski est donc fondé à avancer que le couple divin qui était à la tête du premier panthéon mésopotamien, Enki et Ninhursag, correspond au couple Il et Ashtar (lire : Aŀah and Aŀat) du début de la période dynastique (412). Le sumérien An-Enki est identique à l’akkadien (donc protosémitique) ŀ, ou Aŀah. Autrement dit, An-Enki est Allah et la divinité du temple de Barbar en Arabie orientale était Allah, le dieu noir.

V. De l’afrabe Aŀah au Rah égyptien
Yossef Ben-Jochannan fait la déclaration suivante dans The Black Man’s North and East Africa : « Les Africains doivent-ils continuer à s’abaisser à lire des écrits qui enseignent que “Le seul et unique vrai Dieu”… est un “Jehova sémite” et / ou un “Jésus-Christ sémite”, ou même un “ Al’lah hamitique” ? Non. Les Africains doivent être pleinement conscients du fait que “JE SUIS – le dieu Râ”… des vallées du Nil (bleu et blanc) et des Grandes Régions des lacs d’Alkebu-lan (l’Afrique) précéda de plusieurs milliers d’années les trois autres dieux sus-mentionnés (413). »
En d’autres termes, parce que – selon Ben-Jochannan – la divinité égyptienne Rah est antérieure à la divinité islamique Allah (et à Jéhovah et à Jésus) de « plusieurs milliers d’années », les peuples africains n’ont aucun intérêt à professer ces dieux arrivés sur le tard, car le fait de manifester ouvertement de telles croyances les compromet, compromet sans doute leur « conscience africaine ». Bien que pénétrée d’idéologie culturelle, cette affirmation n’est pas sérieuse d’un point de vue historique. Rah est mentionné sous la troisième dynastie, sous le règne de Djéser (2635-2610 avant notre ère), même s’il ne prend de l’importance que dans les Textes des Pyramides (Ve dynastie), dont les plus anciens datent d’environ 2400-2300 avant notre ère (414). Nous avons démontré ci-dessus que la langue protosémitique reconstituée par les linguistes, qui peut s’être développée à partir de 9000-5000 avant notre ère, avait un mot pour désigner dieu, ŀh, c’est-à-dire Alah (415). Outre le protosémitique, le sémitique montre l’inconsistance de l’affirmation de Ben-Jochannan : ŀ est un des premiers mots d’une liste de dieux qui a été retrouvée dans les ruines de la Bibliothèque royale d’Ebla, sur le site archéologique de Tell Mardikh en Syrie, daté de 2300 avant notre ère (416) ; il y porte les épithètes de « Doyen des dieux » et de « Père de tous les Dieux ». Dans les documents akkadiens, il est mentionné même plus tôt, à la période présargonique (2700-2600) (417). On ne peut donc pas dire que Rah précéda Allah (c’est-à-dire Aŀah)) « de plusieurs milliers d’années ». En effet, Rah est sans aucun doute la forme égyptienne du protosémitique Alah.
Comme indiqué ci-dessus, les proto-Sémites se séparèrent sans doute en Asie ocidentale (le Levant) – peut-être autour de 9000-8000 avant notre ère – d’une souche afroasiatique originaire d’Afrique. Plus tard, un groupe (ou des groupes) d’Afrabes (Koushites) sémites retournèrent en Afrique du Nord – peut-être autour de 6000 avant notre ère -, où ils formèrent une partie importante de la population égyptienne historique (418). Ces Koushites sémites contribuèrent à la langue, à l’art et à la religion de l’Egypte historique (419) ; ce que la mythologie et l’iconographie de la civilisation égyptienne doivent à l’Asie occidentale, non pas dans tous les cas ou dans la plupart des cas, mais dans de nombreux cas (420), elles le doivent probablement à eux. Par exemple, certains aspects du mythe d’Osiris proviennent manifestement de l’Asie occidentale. Dès 1922, Sidney Smith souligna les parallèles entre les mythes d’Asar (nom égyptien d’Osiris) et d’Assar, la divinité babylonienne, parallèles que « les échanges commerciaux ne peuvent pas expliquer à eux seuls » (421). Non seulement leur nom et certains éléments du mythe sont similaires, mais le hiéroglyphe de leur nom l’est aussi : un œil et un trône (422).
Une contribution particulièrement importante de ces Afrabes sémites à la religion égyptienne est sans doute l’introduction du dieu-soleil, Rah, dans le panthéon égyptien. Il n’est mentionné explicitement qu’à partir de la Ve dynastie, au cours de laquelle ses prêtres commencèrent à exercer une puissance souveraine et il atteignit le sommet du panthéon d’Héliopolis (423). Le centre du culte de Rah s’appelait Annu, que les Grecs appelaient « Héliopolis », la « Cité du Soleil ». La ville d’Annu avait été fondée par les Anu, ces Afrabes dont nous avons vu plus haut qu’ils avaient été assujettis par la « Race dynastique » nubienne. Ce seul fait devrait suffire à faire comprendre qu’il n’y a rien d’extraordinaire dans l’idée que Rah ait été introduit en Egypte par les Afrabes. E.A. Wallis Budge, dans son étude The Gods of the Égyptians, nous en dit plus sur le sujet : « A en juger par la longue lutte entre les partisans de Ra et ceux d’Osiris, il est difficile de ne pas penser que ce ne fut pas sans raison que la plupart des Égyptiens s’opposèrent aux prêtres de Ra et il semble que la doctrine de Rā contenait des éléments qui étaient complètement étrangers aux idées du peuple. La ville d’Héliopolis semble avoir toujours abrité une population mixte et sa situation géographique en faisait une halte très pratique pour les voyageurs qui se rendaient d’Arabie et de Syrie en Egypte et vice versa ; il est donc fort probable que la doctrine de Ra telle qu’elle était enseignée par les prêtres d’Héliopolis était un mélange de doctrines égyptiennes et asiatiques occidentales et que ce fut à l’élément asiatique que les Égyptiens s’opposèrent. Le culte du soleil ne pouvait pas leur déplaire, car ils étaient des adorateurs du soleil depuis des temps immémoriaux (424). »
Le mythe et le culte de Rah, comme celui d’Osiris, semble en effet avoir compris des éléments d’origine afrabe. Budge est certain que ce n’était pas le culte du soleil lui-même qui était étranger aux Égyptiens, mais son protégé et successeur comme conservateur du Département des Antiquités égyptiennes et assyriennes du British Museum, Henry Reginald Hall, est en désaccord avec son ancien professeur. Dans son grand ouvrage, Ancient History of the Near-East, Hall écrit : « Si, pour l’archéologie, aucune preuve n’existe d’une invasion étrangère de la vallée du Nil et que (nous) avons de bonnes raisons de penser que l’ensemble de la culture égyptienne est d’origine indigène (africaine), une étude de la religion semble bien montrer qu’elle contenait un élément sémitique à ses débuts (425). »
Quel est cet « élément sémitique » dans la religion égyptienne ? L’égyptologue et assyriologue anglais nous l’apprend, à la différence de son mentor : « Nous ne trouvons aucune trace du culte du soleil dans… les croyances religieuses des Égyptiens néolithiques. Ce qui caractérise ces Égyptiens, c’est l’ancien culte des animaux sacrés… le dieu solaire vint de l’Est … Il portait un nom sémitique (Ra)… (426) »
L’égyptologue Elise J. Baumgartel, dans son étude des cultures prédynastiques, n’a pas non plus trouvé de preuve que les anciens Égyptiens adoraient le soleil (427).
L’archéologue américain renommé, spécialiste de la Bible et linguiste William Foxwell Albright a fait une remarque importante dans son étude “Notes on Egypto-Semitic Etymology” : « La religion égyptienne est un syncrétisme de totémisme et d’animisme africains et de culte sémite de la nature… des noms divins comme … [Ra], Amon, Ptah, Min, etc. sont presque certainement sémitiques (428). »
Bien que des termes tels que « totémisme « , « animisme » et « culte de la nature » soient des caractérisations datées et inappropriées – pour ne pas dire inexactes – des traditions religieuses sémitiques et africaines, le point essentiel semble solide : le dieu solaire de l’Egypte est une divinité orientale au nom sémitique. Le sociologue américain, historien et ancien président du programme d’études afro-américaines de Stanford, St. Clair Drake, dans son ouvrage de référence, Black Folks Here and There, pense que Rah est « peut-être un dieu solaire de
Mésopotamie » (429). L’origine orientale de Rah semble confirmée par les sources égyptiennes. Dans le Papyrus Boulaq (17, II, 5), Amon-Rê, le dieu solaire, est appelé « Celui au Beau Visage, qui vient (de) Ta-Neter » (430). Nous avons démontré que Ta-Neter est l’Afrabie. Nous avons ici ce qui semble être une reconnaissance de l’origine afrabe de Rah. Mais la divinité solaire sémitique n’était pas nommée « Rah », mais Aŀah (431). Nous savons que certains des premiers hiéroglyphes avaient à l’origine des valeurs phonétiques sémitiques qui furent égyptianisées plus tard (432). Le hiéroglyphe de Rah cache sans doute une origine sémitique. Ce qui suit est le hiéroglyphe de Rah : [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]. Le disque, le trait vertical et la figure accroupie sont tous des déterminants. Les seules glyphes ayant une valeur phonétique sont donc [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] et [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] (433). Le premier glyphe, la bouche ouverte, est le « r » égyptien, mais il sert aussi de « l » redoublé dans la traduction ou la translittération des mots étrangers qui contiennent un « l » (434). Comme « l » n’avait pas de valeur phonétique en ancien égyptien, c’était le glyphe dont les Égyptiens se servaient pour traduire un mot étranger qui en contenait une (435). Le deuxième glyphe, l’avant-bras translittéré par , représente un son guttural fort identique au « ah » de l’arabe Aynor (436), équivalent du protosémitique , ah. Le nom de Rah possède donc les deux mêmes phonèmes que le nom de la divinité solaire sémitique, ŀ. Sous le Rah hiéroglyphique se dissimule sans doute le (a)lah sémitique.
Rah avait une consœur, Rat (437). Comme les mots arabes « al-Lah » et « al-Lat », le nom des déesses s’obtient en ajoutant simplement le marqueur féminin au nom du dieu :
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V.1. Rah et le mythe du dieu noir
Une autre preuve de l’origine orientale de Rah est son mythe, dont les principaux contours sont clairement enracinés dans la « nouvelle religion » du Taureau et de la Femme qui se développa dans le Levant à la fin de l’Epipaléolithique et au début du Néolithique (438).
Le mythe de Rah se constitua dans la ville d’Annu (Héliopolis), où Rah fut incorporé dans la triade divine locale : Khepri, Rah et Atoum (439). Celles-ci n’étaient pas considérées comme des divinités distinctes, mais comme des « transformations » (du mot égyptien kheper, « venir au monde, se transformer ») de la divinité solaire (440). Bien que le nom d’Atoum ferme cette triade, il ouvre en fait le mythe. Atoum, dont le nom signifie « le Tout », était conçu à la fois comme « la totalité des êtres antérieurs à la création » (441), « l’ensemble de toute la matière » (442), ainsi que comme la force « intérieure, inconsciente, qui devint consciente d’elle-même, puis se manifesta de sa propre volonté » (443). En d’autres termes, « Atoum » était l’attribut donné à la fois à l’obscurité, matière primordiale aquatique – plus tard appelée Nun – et à la force lumineuse qui résidait cachée et inconsciente au sein de cette matière (444). À un certain moment, l’inconscience divine se transforma en conscience divine et la lumière divine elle-même se concentra dans un atome, symbolisé par l’œuf lumineux dans l’océan noir (445). Contraint par sa propre volonté, l’aspect lumineux d’Atoum sortit – de lui-même – de la matière aquatique noire. Ce stade initial lumineux de l’évolution de la divinité est personnifié par le dieu Khepri, représenté symboliquement / hiéroglyphiquement par un scarabée. L’émergence apparemment spontanée du scarabée d’une boule de bouse symbolise l’acte par lequel le dieu-créateur s’est créé lui-même à partir de la matière primordiale et par lequel il a formé par ses propres moyens son corps anthropomorphe lumineux (446). Sous la forme humaine lumineuse sous laquelle il apparaît dans toute sa splendeur radieuse, le dieu créateur est appelé Rah (Lah). Le « stade Rah » dans cette évolution divine est représenté par le soleil de midi dans toute sa force.
Rah rentre alors dans « les eaux primordiales (qui sont maintenant personnifiées par la déesse-vache Nut / Hathor / Meheturet (447) et s’en fait un corps noir : il est maintenant le dieu Atoum anthropomorphe noir (encore une fois) (448). L’Atoum de la triade est Rah (Lah) lui-même, incarné dans un corps noir fait à partir des eaux primordiales (449). Dans un mythe plus récent, le corps aquatique noir de Rah est personnifié par la divinité noire Osiris, dont le corps noir lui-même est représenté par le taureau noir Apis, la personnification des eaux primordiales (450). Le Rah Atoum égyptien est donc équivalent au mésopotamien An-Enki. Atoum, comme Enki, est une dualité, la coniuncto oppositorum : dans les Textes des Pyramides, il est à la fois Wbn-wrr, « Celui qui brille » ainsi que « le Père Atoum qui est dans les Ténèbres » (451). Cette dualité est illustrée en outre par l’hiéroglyphe de « crues » : il représente un héron perché sur un bâton, allusion à un spectacle courant pendant l’été sur le Haut-Nil. Le héron est le signe de Benu, l’oiseau de Rah-Atoum (452) Le Benu représente le rayonnement du soleil (453). Ce hiéroglyphe se recoupe avec d’autres sources égyptiennes qui affirment que le Benu préside aux crues. Il symbolise la conjonction de l’énergie solaire et de l’énergie aquatique (454). Atoum, comme Enki, est la conjonction entre le solaire (Rah) et l’aquatique (les eaux primordiales).
Comme nous pouvions nous y attendre, Rah-Atoum est le Taureau Noir. Un fragment d’inscription du temple d’Hatchepsout à Deir el-Bahari contient une invocation à Ra : « Lève-toi, lève-toi : brille, brille. Monte. Ô celui qui sort de son œuf (atome), Seigneur des apparences, Premier Dieu des Deux Terres, Taureau d’Iounou (Annu) (455). » Ra-Atoum est représenté sur la terre par le Menwer, ou Taureau Mnevis (« Meni le Grand »), appelé le « Grand Noir », Kemwer, parce que sa peau était entièrement noire et qu’il y avait un disque solaire et un uræus entre ses cornes (456). La Femme, dans cette expression égyptienne de la « nouvelle religion » levantine, est Nut / Hathor, les eaux primordiales personnifiées par la déesse-vache. Le nom égyptien d’Hathor (457) – Het-Heru – signifie littéralement « Maison d’Horus », Horus étant une autre manifestation de Ra, la divinité solaire (458). De même qu’Hathor (les eaux primordiales) est la « maison » de la divinité, ainsi, dans le mythe mésopotamien, Nammou (les eaux primordiales), la mère d’Enki, est le temple où celui-ci réside. La déesse-vache primordiale (Nut / Hathor) est appelée la mère, l’épouse et la fille de Ra (459), tout comme Nammou est à la fois la mère et la femme d’Enki (460) L’autre nom de la Femme en Egypte est Rat, la consœur de Ra.
Il est donc clair que la divinité solaire égyptienne Ra et son mythe sont originaires d’Afrabie, à l’Est de la mer Rouge et qu’il est la forme égyptienne de la divinité protosémitique / sémitique (A)ŀah,, tout comme Ilu est la forme babylonienne et Éloah (Elohim) la forme hébraïque de la même divinité (461). Les innovations linguistiques locales ont occulté au fil du temps le fait que tous ces noms divins dérivent du nom divin protosémitique qui sera conservé en arabe sous la forme d’Aŀŀāh. Il est donc totalement infondé d’affirmer que le Ra égyptien précéda l’Aŀŀāh sémite « de plusieurs milliers d’années ».
Protosémitique – l – ilu
Babylonien (i) l elohiem
Cananéen (e) l ilah
Arabe du Sud (a) l allah
Egyptien l (a) rah
(239) Jacques Cauvin, CNRS Publications, 2e éd. revue, Paris, 1997.
(240) La note est manquante dans notre édition (N. d. E.).
(241) Jacques Cauvin, Birth of the Gods and the Origin of Agriculture, Cambridge University Press, 2000, p. 69.
(242) La note est manquante dans notre édition (N. d. E.).
(243) Richard Payne Knight, The Symbolic Language of Ancient Art and Mythology. An Inquiry, J.W. Houton, New York, 1876, p. 25-8, 60-4.
(244a) Ibid., p. 64
(244b) Dans la mythologie védique, au contraire, Indra délivre le soleil, enfermé dans « le réceptacle des eaux » par Vrtra, l’obscurité (N. d. E.).
(245) Jean Rudhart, Water. In Encyclopedia of Religion, 2e éd., vol. 14.
(246) Marjia Gimbutas, The Language of the Goddess, Thames & Hudson, New York, 2001, p. xxii, 3, 25, 29.
(247) Ibid., p. xix. Dans le Rig-Veda, les eaux cosmiques sont représentées par des vaches (voir 1.32, 2). Sur l’eau et les vaches dans la tradition hindoue, voir Anne Feldhaus, Water and Womanhood. Religious Meanings of Rivers in Maharashtra, Oxford University Press, New York et Oxford, 1995, p. 46-7 (Il convient de souligner que la doctrine du caractère sacré de la vache n’est apparue en Inde qu’à la période post-védique. Voir W. Norman Brown, The Sanctity of the Cow in Hinduism, The Economic Weekly, février 1964, p. 245. [N. d. E.])
(248) Ibid., p.316.
(249) François Lenormant, La Magie chez les Chaldéens et les origines accadiennes, Maisonneuve, Paris 1874, p. 116.
(250) Ibid., p. 116-17, p. 118 (Dans la mythologie védique, s’il existe bien un couple divin, à savoir Dyaus Pitar (le « Ciel-Père ») et Prithvi Mata (la « Terre-mère »), en aucun cas celle-ci n’est considérée comme la manifestation de celui-là. De plus, s’ils sont tous deux complémentaires, Prithvi n’en est pas moins subordonnée à Dyaus, de la même façon que tout ce qui est féminin l’est au masculin dans cette tradition. De manière générale, les déesses jouent un rôle subordonné dans le panthéon védique. Cela étant dit, il convient d’attirer l’attention sur le fait que Dyaus « le Brillant », n’était plus à l’époque védique ce qu’il avait pu être à une époque antérieure. En effet, dans le Rig-Veda, « Dyaus » désigne simplement le ciel physique. De plus, « Dyaus et Prthivi (le Ciel et la Terre)… les deux parents des divinités védiques [s’entend d’origine aryenne] peuvent à peine être dissociés l’un de l’autre dans la plupart des passages. Leur individualité sexuelle respective est souvent brouillée et, dans plusieurs passages, ils sont tous deux désignés comme des femmes ou des « mères » [Prithvi Kumar Agrawala, Goddessess [sic] in Ancient India, Abhinav Publications, 1984, p. 24, dans lequel, soit dit en passant, il est fait allusion au fait que Çatal-Höyuk abrite des mosaïques représentant des femmes vêtues d’un costume similaire à ce qui s’appelle aujourd’hui un « bikini »]. Il est raisonnable d’en déduire que la divinité féminine avait commencé à prendre l’ascendant sur Dyaus à cette époque, sous l’influence grandissante des cultes matriarcaux autochtones. [N. D. É.] )
(251) Jack Randolph Conrad, The Horn and the Sword. From the Stone Age to modern times – the worship of the Bull, God of power and fertility, E/P. Dutton and Company Inc., New York, 1957, p. 85 (le caractère lunaire du taureau, qu’a rappelé R. Guénon, fait que, aussi paradoxal que cela puisse paraître, il est davantage le proto-type de la fertilité féminine que celui « de la fertilité masculine ». [N. d. E.])
(252) Le taureau représentait la puissance, la fécondité et la matérialité primordiale, caractéristiques essentielles du dieu-créateur. Sur le dieu-créateur et le taureau, voir René L. Vos, “Varius Coloribus Apis: Some Remarks of the Colours of Apis and Other Sacred Animals”, in Willy Clarysse, Antoon Schoors et Harco Willems (éds.), Egyptian Religion: The Last Thousand Years, Part 1. Studies Dedicated to the Memory of Jan Quaegebeur, Uitgeverij Peeters en Departement Oosterse Studies, Leuven, 1998, p. 709-18 ; Harold Bayley, The Lost Language of Symbolism: An Inquiry into the Origin of Certain Letters, Words, Names, Fairy-Tales, Folklore, and Mythologies, vol. 1, Williams and Norgate, Londres, 1912, p. 323-4. Sur le symbolisme du taureau, voir aussi Michael Rice, The Power of the Bull, Routledge, Londres et New York, 1998 ; J.R. Conrad, op. cit. ; Mircea Eliade, Patterns in Comparative Religion, traduit par Rosemary Sheed, Sheed & Ward, New York, NY, 1958 ; auteur non précisé, titre non précisé, University of Nebraska Press, Lincoln et Londres, 1996, p. 82-93 ; N. Wyatt, Calf. In n Dictionary of Deities and Demons in the Bible, Karel van der Toorn, Bob Becing et Pieter W. van der Horst (éds.), 2e éd. Revue, Brill, Leiden, 1999, p. 180-182. Les « animaux tutélaires » représentaient symboliquement des attributs ou des caractéristiques particuliers des dieux anthropomorphes. Voir Wesley Muhammad, True Islam, The Truth of God: The Bible, The Qur’an, and The Secret of the Black God, A-Team Publishing, Atlanta, 2007, p. 23-8. Sur les « animaux tutélaires » dans la religion de l’ancien Proche-Orient, voir Erik Hornung, Conceptions of God in Ancient Egypt: the One and the Many, Cornell University Press, Ithaca, 1982, p. 109-25 ; Pierre Amiet, Corpus des cylindre de Ras Shamra-ugarit. II, Sceaux-cylindre en hématite et pierres diverses, Ras Shamra-Ougarit, IX, Paris, 1992.
(253) Cette note est manquante dans notre édition. (N. d. E.)
(254) Ibid., p. 274.
(255) Voir, par exemple, la peau noire de la divinité égyptienne Min, le « dieu-créateur » par excellence, Robert A. Armour, Gods and Myths of Ancient Egypt, The American University in Cairo Press, Le Caire et New York, 1986, 2001, p. 157 ; Veronica Ions, Egyptian Mythology, The Hamlyn Publishing Group Ltd., Middlesex, 1968, p. 110. Avant d’être associé au taureau blanc dans la Panopolis et la Coptos du Nouveau Royaume, Min avait été associé au taureau noir Mnevis à Héliopolis. Voir G.D. Hornblower, “Min and His Functions”, Man, 1946, vol. 46, p. 116. Sur Min et les bœufs noirs, voir aussi Henri Gauthier, Le Personnel du dieu Min, Impr. de l’Institut français d’archéologie orientale, Le Caire, 1931 ; I.F.A.O., Recherches d’Archéologie, de philologie et d’histoire, vol. 2, Le Caire, p. 55-57. Sur la signification mythologique de la peau noire des bovins, voir en particulier René L. Vos, op. cit. Sur les eaux primordiales et le dieu-créateur bovin, voir Asko Parpola, “New correspondences between Harappan and Near Eastern glyptic art”, South Asian Archaeology, 1981, p. 181, qui suggère que « le buffle noir se baignant dans l’eau boueuse était conçu comme la personnification des eaux cosmiques du chaos ». Voir aussi W.F. Albright, selon qui « le fleuve est fréquemment conçu comme un taureau puissant » (“The Mouth of the Rivers”, AJSL, 1991, vol. 35, p. 167, n°3. Le taureau noir (k” km) d’Egypte, Apis, personnifiait les eaux du Nil, qui étaient considérées comme une manifestation de Nun, la masse d’eau noire primordiale d’où sortit la création (voir Émile Chassinat, “La Mise à mort rituelle d’Apis”, Recueil de travaux relatifs à la philologie et à l’archéologie égyptiennes et assyriennes, 1916, vol. 38, p. 33-60 ; E.A. Wallis Budge, The Egyptian Book of the Dead (The Papyrus of Ani). Egyptian Text Transliterated and Translated, Dover Publications, Inc., New York, 1967, p. cxxiii. Voir aussi le babylonien Enki, appelé am-gig-abzu, « taureau noir de l’apsû (les eaux primordiales) ». Voir W.F. Albright, op. cit., p. 167. Sur le taureau noir et les eaux noires de la création, voir aussi René L. Vos, op. cit., p. 715, p. 718.
(256) Sur ce mythe du dieu noir dans l’ancienne tradition, voir appendice.
(257a) Sur ce corps de lumière « transcendant » dans l’ancienne tradition et dans les religions sémitiques, voir Jean-Pierre Vernant, “Dim Body, Dazzling Body”, in Michel Feher, Ramona Naddaff et Nadia Tazi (éds.), Fragments for a History of the Human Body: Part One, Zone, New York, 1989, p. 19-47 ; A. Leo Oppenheim, “Akadian pul(u)(t)uand melammû”, Journal of the American Oriental Society, 1943, vol. 63, p. 31-4. Wesley Williams, “A Body Unlike Bodies: Transcendent Anthropomorphism in Ancient Semitic Tradition and Early Islam”, Journal of the American Oriental Society, 2009, vol. 128.
(257b) C’est bien la relation entre le taureau et la femme qui est pertinente ici. Le taureau figure dans la plupart des mythologies, y compris dans la mythologie védique, avec Rudra (Cependant, « (l)a très grande majorité des spécialistes considèrent que Rudra est un dieu non aryen, emprunté par les Aryens, au motif que “Rudra est regardé dans la religion et le culte védiques comme un dieu apotropaïque de l’aversion, à craindre, non à adorer” » [voir Shrikant G. Talageri, The Rig Veda: A Historical Analysis] et Indra, dieu de l’orage et de la guerre, qui, sous ce premier aspect, peut être considéré comme pouvant faire partie, comme An, de l’ensemble symbolique de la fécondité. La différence fondamentale entre le panthéon sémitique et le panthéon indo-européen est, à cet égard, que, dans celui-ci, le taureau et la femme n’entretiennent aucune relation privilégiée, s’il est permis de s’exprimer ainsi. Or, dans le panthéon sémitique, non seulement ils sont très proches l’un de l’autre, mais, contrairement à ce que suggère plus ou moins notre auteur, il ne s’agit pas purement et simplement d’une relation de complémentarité, car celle-ci se double d’un rapport de subordination qu’illustre de manière saisissante un bas relief sculpté dans la paroi d’un refuge en pierre de Dordogne daté du Périgourdien supérieur (vers 20000-18000 avant notre ère), premier témoignage pictographique connu de l’association de la déesse-mère avec le taureau : « La Vénus nue de Lausssel, comme elle est surnommée, tient une corne de bison dans la main droite, en signe de domination sur la végétation. Son visage sans traits, en forme de pleine lune, est tourné vers le taureau. Pour souligner sa fertilité, la déesse [, enceinte,] pose sa main [gauche] sur son ventre, dans un geste qui rappelle celui d’Aphrodite [Buffie Johnson, Lady of the Beasts: The Goddess and Her Sacred Animals, Inner Traditions International, Richmond, Vermont, 1994, p. 320 – voir ][Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] Éloquent à cet égard est aussi le cas d’Artémis, déesse dont le culte remonte à la période préhellénique et qui était toujours vénérée comme divinité de la fertilité en Asie Mineure dans les temps historiques ; éloquente, en particulier dans la mesure où il se pourrait que ce que l’on prend généralement pour des seins dans sa célèbre statue soit en réalité des testicules de taureaux, hypothèse d’autant moins invraisemblable que le grand prêtre d’Artémis était un eunuque ; que, d’après Strabon, les prêtres, d’ailleurs tous originaires d’Anatolie centrale ou orientale, auxquels était confiée la direction du temple de la déesse étaient eux aussi castrés [voir Jean Massicot, Les merveilles du monde antique, chez l’auteur, p. 101] ; et que, de surcroît, des documents retrouvés à Éphèse montrent que ceux-ci, « aux fêtes d’Artémis, castraient plusieurs taureaux, enfilaient leur scrotum et plaçaient cette couronne repoussante autour d’une statue en bois de la déesse, que ses fidèles suivaient alors en procession de son autel sacré au centre de la ville » [Robert Pogue Harrison, Forests: The Shadow of Civilization, The University of Chicago Press, Chicago, 1992, p. 21.] [N. d. E.])
(258) Cette note est manquante dans notre édition. (N. d. E.)
(259) Michael Rice, The Power of the Bull, p. 102 (L’assimilation du taureau à la déesse-mère tient principalement à deux caractéristiques, l’une physique, l’autre biologique, de ce bovidé. Les cornes du taureau, qui rappellent à la fois le croissant lunaire et l’utérus, « évoquent les prestiges de la force vitale, de la création périodique, de la vie inépuisable », de la puissance procréatrice, en un mot « de la fécondité » [Alain Gheerbrant et Jean Chevalier, Dictionnaire des symboles, Robert Laffont, 1997, p. 289]. [N. d. E.)]
(260) Voir ci-dessus (A la femme et au taureau vient effectivement s’ajouter dans certains documents la figure du jeune dieu, consort de la déesse-mère. Plus exactement, dans la plupart des cas, le taureau est la personnification du jeune dieu. Et, non seulement le taureau apparaît subordonné à la femme, la déesse-mère, mais – comme l’indique Rice dans un passage (p. 254) que ne cite pas notre auteur – il est sa victime, son « animal sacrificiel suprême », soit en tant que personnification du jeune dieu, soit tel quel, en tant que taureau. La déesse-mère donne naissance au taureau / jeune dieu, le sacrifie et il renaît. Comme on pouvait s’y attendre, Dionysos, expression la plus parfaite de la figure mythologique du jeune homme / jeune dieu, porte divers noms qui l’associent explicitement au taureau.
D’autre part, il n’est pas rare que le sacrifice s’accompagne de cruauté. Par exemple, les figurines en terre cuite exhumées récemment dans la vallée de Quetta, figurines qui représentent toutes des femmes, étaient associées, dans les rites du culte de la déesse-mère, dans le cadre desquels elles étaient utilisées, à des taureaux en argile mutilés [Prithvi Kumar Agrawala, op.cit. p. 24]. Dictum sapienti sat est. [N. d. E.])
(261) Jack Randolph Conrad, op. cit., p. 86.
(262) Voir, par exemple, l’image égyptienne d’une vache puissante sortant des eaux, un disque solaire entre ses cornes. La vache est la « mère du dieu solaire » ; Erik Hornung, Idea into Images: Essays in Ancient Egyptian Thought, Timken Publishers, 1992, p. 41.
(263) Edmund Leach, “The Mother’s Brother in Ancient Egypt”, Royal Anthropological Institute News, 1976, vol. 15, p. 19.
(264) Jacques Cauvin, op. cit., p.32 (L’expression est de Cauvin. « Le fait que « sur toute la durée du Néolithique et dans tout le Proche et le Moyen-Orient, on rencontre… à travers des modes d’expression différents et des styles artistiques parfois contrastés, qui contribuent à différencier les cultures, une idéologie unique dont nous verrons d’autres exemples » ; que cette idéologie soit « organisée autour de deux symboles-clefs : l’un, féminin, a déjà forme humaine. Peut-être dérive-t-il des premières statuettes féminines connues dans le Paléolithique supérieur de l’Europe et répandues jusqu’en Sibérie ? » ; et que « Ce qui est nouveau à présent c’est leur nombre, et aussi l’indice qu’il ne s’agit plus seulement d’un “symbole de fécondité”, mais d’un véritable personnage mythique, conçu comme Être suprême et Mère universelle, autrement dit d’une déesse couronnant un système religieux… » [Chirica Vasile et Valeanu Madalin-Cornel, Humanisation du taureau céleste, Iasi, p. 198], tout ceci autorise à passer outre à l’objection gratuite de l’auteur. En ce qui concerne l’affirmation, tout aussi gratuite, selon laquelle ce n’est pas non plus une « “religion de la déesse” », les recherches minutieuses et les découvertes impressionnantes de Yoel Nathan [Moon-o-Theism: Religion of a War and Moon God Prophet, vol. 2, chez l’auteur, 2006 ; voir aussi ][Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] également à passer outre. [N. d. E.])
(265) Marjia Gimbutas, op. cit., p. xvii.
(266) Ibid., p. 316, 175.
(267) Jack Randolph Conrad, op. cit., p. 112.
(268) Voir appendice (L’auteur commet une erreur en raison du fait que, comme la plupart des spécialistes de la mythologie et des historiens de la religion, il ne fait pas la distinction entre deux types bien distincts de dieu solaire, le type aryen, immuable et éternel, d’une part et le type sémite, qui change, d’autre part. Or, Kamoutef est un dieu, ou plutôt un aspect de Râ, du second type, en tant que soleil qui renaît chaque matin sous la forme d’un veau enfanté par Hathor ; que « Pendant des millénaires, le dieu-taureau, le dieu-père de la force et de la fertilité, fut le dieu suprême incontesté du Proche-Orient ancien » ne change strictement rien au caractère « féminin et maternel (du symbolisme de) renaissance et de renouvellement ». Amon-Kamoutef a beau s’engendrer de lui-même, « sa mère » n’être « qu’une matrice », cette « œuvre de création sans cesse renouvelée » ne pourrait pas être accomplie sans cette matrice. Il s’agit bien d’une « renaissance par la mère ». Ce n’est d’ailleurs pas par hasard que le nom de Kamoutef apparaît pour la première fois sur l’obélisque d’Hatchepsout à Karnak, puisque, un peu plus tard, Hatchepsout « sera dite « Soleil féminin » en train de donner le vie, de prolonger la durée de la vie » [Suzanne Ratié, La Reine Hatchepsout: Sources et Problèmes, 1979, Brill, Leiden, p. 319]. [N. d. E.])
(269) Willibald Kirfel, Die fünf Elemente, insbesondere Wasser und Feuer. Ihre Bedeutung für den Ursprung altindischer und altmediterraner Heilkunde, Walldorf-Hessen, 1951, p. 17 ; Manley P. Hall, Melchizedek and the Mystery of Fire, Philosophical Research Society, Los Angeles, 1996, p. 9 ; idem, The Hermitic Marriage, Philosophical Research Society, Los Angeles, 1996, p. 42.
(270) Wendy Doniger O’Flaherty, “Submarine Mare in the Mythology of Śiva”, JRAS, 1971, p. 9 (Ce principe alchimique trouve son origine dans les spéculations suivantes du stoïcien Chrysippe: « Telle est la transformation du feu : par l’intermédiaire de l’air, il se change en eau et tandis que de l’eau la terre prend son existence, l’air s’exhale en vapeurs. » Il avait auparavant été mis en évidence par Démocrite, comme l’a noté Marcellin Berthelot [Les Origines de l’Alchimie, Ed. Ligaran, 2014] : « Le feu se change en eau par condensation; et l’eau en terre ; la terre de son côté redevient liquide, et celle-ci évaporée reproduit le feu, etc. Ainsi jamais rien ne subsiste en sa forme. Rien ne demeure, tout devient et se transforme, tout est créé continuellement par les forces agissantes dans l’écoulement des phénomènes. L’apparence de la persistance tient à ce que les parties qui s’écoulent d’un côté sont remplacées de l’autre par l’afflux d’autres parties dans la même proportion. Ce qui vit et se meut dans la nature, c’est le feu, l’âme ou souffle, principe mobile et perpétuellement changeant, substance première des choses. » [N. d. E.])
(271) Françoise Dunand et Christiane Zivie-Coche, Gods and Men in Egypt: 3000 BCE to 395 CE, Cornell University Press, Ithaca et Londres, 2004, p. 30-1.
(272) Michael Rice, op. cit., p. 193. Au sujet de la Syrie et de la Jordanie, « prolongements du grand désert arabe », il dit qu’elles « partagent de nombreuses caractéristiques culturelles et, dans l’ensemble, la même forme de société ».
(273) Denise Schmandt-Besserat, “Animal Symbols at ‘Ain Ghazal”, Expedition, 1997, vol. 39, p. 49, p. 52.
(274) Ibid., p. 52 ; Michael Rice, op. cit., p. 194.
(275) G.O. Rollefson, “Ritual and Ceremony at Neolithic Ain Ghazal (Jordan)”, Paléorient, 1983, vol. 9, p. 30. Voir aussi idem, “Neolithic ‘Ain Ghazal (Jordan): Ritual and Ceremony, II”, Paléorient, 1986, vol. 12, p. 45-52.
(276) Denise Schmandt-Besserat, “A Stone Metaphor of Creation”, Near Eastern Archaeology 61 (1998), p. 109-17.
(277) A. Coppa et al, “Early Neolithic tradition of dentistry: Flint tips were surprisingly effective for drilling tooth enamel in a prehistoric population”, Nature, avril 2006, vol. 440, p. 755-6.
(278) Gregory L. Possehl, The Indus civilization: a contemporary perspective, Rowman Altamira, 2002, p. 177-180.
(279) Michael Rice, op. cit., p. 75, p. 83.
(280) Voir en particulier Ivan Van Sertima (éd.), African Presence in Early Europe, Transaction Publishers, New Brunswick, 1985 et C. Loring Brace et al., “The questionable contribution of the Neolithic and the Bronze Age to European craniofacial form”, Proceedings of the National Academy of Sciences (Etats-Unis), 2006, vol . 103, p. 242-7.
(281) Bernard Vandermeersch, “The Near Eastern Hominids and the Origins of Modern Humans in Eurasia”, inTakeru Akazawa, Kenichi Aoki et Tasuku Kimura (éds.), The Evolution and Dispersal of Modern Humans in Asia, Hokusen-sha, Tokyo, 1992, p. 29-38.
(282) Voir les peintures murales reproduites dans Ian Hodder, The Leopard’s Tale: Revealing the Mysteries of Çatalhöyük, Thames & Hudson, New York, 2006, p. 31.
(283) Jacques Cauvin, op. cit., p. 29.
(284) Voir Cynthia Eller, The Myth of Matriarchal Prehistory: Why an Invented Past Won’t Give Women a Future, Beacon Press, Boston, 2000, p. 142-7 (A cette question, « pourquoi un Passé inventé ne donnera pas un avenir aux Femmes ? », nous serions tenté de répondre par une autre : pourquoi essayer d’effacer les traces du matriarcat dans le passé comme un voleur [Mathieu, 24, 45] essaie d’effacer les siennes après avoir commis un méfait, sinon pour faire en sorte que l’insidieux établissement en cours du matriarcat dans une société intrinsèquement patriarcale comme l’européenne passe inaperçu ? [N. d. E.]) ; Ian Hodder, “Introduction”, Çatalhöyük 2005 Archive Report at http://catalhoyuk.com/archive_reports/2005/ar05_01.html. Consulté le 26 juin 2009 ; idem, Leopard’s Tale, p. 208-14.
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(285) James Mellaart, “Çatal Hüyük, a Neolithic City in Anatolia”, Proceedings of the British Academy, 1965, vol. 50, p. 202-246, particulièrement la gravure LXXXa ; Hodder, Leopard’s Tale, gravure 24 (De récentes excavations tendent à prouver le contraire. Voir Karen Tate, Sacred Places of Goddess, CCC Publishing, 2006, p. 92 sqq. En fait, « Çatal Höyuk est un des premiers sites qui témoignent de la vénération de la déesse-mère » [C. Scott Littleton (éd.), Gods, Goddesses, and Mythology, Marshall Cavendish, 2005, p. 455. Voir aussi M. Don Schorn, Elder Gods of Antiquity: First Journal of the Ancient Ones, Ozark Mountain Publishing, 2008, p. 176]. [N. d. E.])
(286) Jacques Cauvin, op. cit., p. 32 ; Marjia Gimbutas, op. cit., p. 266. Voir aussi Mellaart, “Çatal Hüyük”, p. 207 (Quand bien même on refuserait tous les arguments avancés ci-dessus à l’appui de la thèse selon laquelle le taureau est subordonné à la femme dans cet ensemble symbolique, il en resterait un, décisif et inattaquable : le taureau, loin d’être un symbole solaire, est un symbole lunaire, comme, pour ainsi dire, l’est la Femme. S’il existait ici une égalité entre la femme et le taureau, cette égalité serait celle d’un principe lunaire et d’un autre principe lunaire ; et, si l’on ne saurait évidemment contester que le taureau a tout pour symboliser communément la virilité, cette virilité, loin d’être synonyme de solarité, comme elle l’était dans les civilisations aryennes, est une affirmation du principe viril que J. Evola définit comme étant propre aux Sémites, « grossièrement matérielle et sensuelle, ou brutale et férocement guerrière », qui a pour pendant, toujours chez les Sémites, une « spiritualité émasculée », celle, par exemple, des prêtres du culte de la déesse-mère. [N. d. E.])
(287) Michael Rice, op. cit., p.8.
(288) Ian Hodder, archéologue actuel du site, a affirmé (The Leopard’s Tale: Revealing the Mysteries of Catalhoyuk, Thames & Hudson, 2006, p. 142, p. 164, p. 202) que ces images n’étaient pas des symboles isolés, mais qu’elles appartenaient à des mythes qui étaient très répandus en Anatolie et dans le Moyen-Orient avant la fondation de Çatal Hüyük.
(289) Marjia Gimbutas, op. cit., p.107 ; Jacques Cauvin, op. cit., p. 29 ; Rice, op. cit., p.77.
(290) Hodder, op. cit., p. 261.
(291) Ibid., p. 142, p. 201.
(292) Marjia Gimbutas, op. cit., p. 116-119. Voir aussi Hodder, “Introduction”, qui reconnaît qu’ « il n’est pas à exclure que les figures soient des “ourses” et représentent une divinité féminine ».
(293) Jacques Cauvin, op. cit., p. 29 ; Michael Rice, op. cit., p. 79, interprète cette scène murale de la même façon : « le taureau est décrit en train de naître de la Déesse, de laquelle sort une tête de taureau. »
(294) Si l’existence linguistico-historique de la langue « protosémitique » a été récemment contestée, principalement par Mario Liverani (“Semites”, in G.W. Bromiley et al (éds.), International Standard Bible Encyclopedia, Zondervan, Grand Rapids, 1988, IV, p. 388-92), elle a aussi ses farouches partisans : del Olmo Lete, Questions of Semitic Linguistics, p. 111-3 ; Lipiński, Semitic Languages, p. 41-2 ; William Sanford LaSor, “Proto-Semitic: Is the Concept No Longer Valid?”, Maarav, 1990, vol. 5-6.
(295) F.M. Cross, לא. In TDOT, vol. 1, p. 243 ; A. Guillaume, Islam, Penguin Books, Londres, 1956, p. 7 : « Le plus ancien nom de Dieu dans le mot (sic) sémitique n’est composé que de deux lettres, la consonne “l” précédée d’un son doux. »
(296) Benjamin Walker, Foundations of Islam: The Making of a World, Peter Owen, Londres et Chester Springs, 1998, p. 41 note qu’ « al, “dieu”… est basé sur le phonème /l/, noyau du nom divin dans de nombreuses langues sémitiques ». Voir aussi D.B. Macdonald, Ilā. In EI, vol. 23, p. 1093.
(297) Sur cette lettre protosémitique, voir Alice Faber, “On the Nature of Proto-Semitic *l”, JAOS, 1989, vol. 109, p. 33-36.
(298) Sur l’initiale « A » dans le nom divin protosémitique, voir Werner Daum, Ursemitische Religion, Verlag W. Kohlhammer, Stuttgart, Berlin, Cologne, Mayence, 1985, p. 77-78.
(299) Alice Faber souligne dans le même article que le nom « Aŀŀāh » est le tout dernier exemple de ce phonème protosémitique (*ŀ) en arabe.
(300) Frank Moor Cross a affirmé que le protosémitique « l » est une consonne bilatérale archaïque qui devint un trilitère dans les langues sémitiques de l’Ouest (ougaritique, hébreu, araméen, arabe) par l’ajout d’un h (ה/) (Cross, לא. In TDOT, vol. 1, p. 242 ; D. Pardee, “Eloah הלא”. In DDD, p. 285-8. Cependant, LaSor (“ProtoSemitic”, p. 205) suggère que « l » et « lh » appartenaient tous deux au lexique protosémitique ; « l » et « lh » sont tous deux attestés dans les dialectes de l’arabe épigraphique (Stephen D. Ricks, Lexicon of Inscriptional Qatabanian, Editrice Pontificio Istituto Biblico, Rome, 1989, p. 10-11). Sur Alah comme ancienne variante d’Allah, voir Patricia Turner et Charles Russell Coulter, “Allah”. In Dictionary of Ancient Deities, Oxford University Press, New York, 2001, p. 37. Sur la relation d’Allah avec « l » et l’ougaritique « El », voir aussi Finn O. Hvidberg-Hansen, “Fra El til Allah”, in Frede Løkkegaard, Egon Keck, Svend Søndergaard, Ellen Wulff (éds.), Living waters: Scandinavian orientalistic studies presented to Frede Løkkegaard on his seventy-fifth birthday, 27 janvier 1990 (Copenhague, Museum Tusculanum Press, 1990), p. 113-127.
(301) Ulf Oldenburg, “Above the Stars of El: El in Ancient South Arabic Religion”, ZAW, 1970, vol. 82, p. 195 ; Johannes C. De Moor, “El, The Creator”, in Gary Rendsburg et Cyrus H. Gordon (éds.), The Bible World: Essays in Honor of Cyrus H. Gordon, Ktav Pub Inc, New York, 1980, p. 171-187.
(302) John E. Healey, The Religion of the Nabataeans: A Conspectus, E.J. Brill, Leiden, 2001, p. 1.
(303) Stephen Langdon, Semitic Religion, Marshall Jones, 1931, p. 3-6.
(304) Werner Daum, “A Pre-Islamic Rite in South Arabia”, Journal of the Royal Asiatic Society (1987), p. 5.
(305) S.D. Ricks, op. cit., p. 10-1.
(306) Javier Teixidor (The Pagan God, Princeton University Press, Princeton, 1977, p. 83, n°46) remarque au sujet des documents épigraphiques sémitiques en Arabie : « Une caractéristique importante de l’ensemble de l’onomastique préislamique est l’immense popularité de l’élément l et lh dans les noms propres arabes. » Voir aussi Oldenburg, “Above the Stars of El”, p. 195 ; G. Ryckmans, Les noms propres sudsémitiques, Louvain, 1934, I, p. 1, II, p. 2 sqq ; James A. Montgomery, Arabia and the Bible, University of Pennsylvania, Philadelphie, 1934, p. 149, 153.
(307a) Oldenburg, op. cit., p. 193 ; D.H. Müller, “Über לא und הלא im Sabäischen”, in Actes du sixième congrès international des orientalistes, E.J. Brill, Leiden, 1885, p. 465-472 ; Wendell Phillips, Oman: A History, Logmans, 1967, p. 2-3 ; Encyclopedia Britannica (2004), article “Arabian Religion”, Jacques Ryckmans.
(307b) L’existence du matriarcat parmi certains peuples d’Asie occidentale a cependant été établi. Dans certaines tribus, la femme était propriétaire de la tente et des biens mobiliers du ménage. « Des documents arabes révèlent que l’ensemble de l’Arabie fut une société matriarcale gouvernée par des reines pendant plus de mille ans… De nombreuses légendes se réfèrent aux clans gynocentriques, aux pratiques matriarcales et au lignage matrilinéaire de l’Arabie et des pays avoisinants. En Assyrie, le chef de famille était appelé le shebu et était primitivement une femme, ou matriarche… » (Deborah M. Coulter-Harris, The Queen of Sheba: Legend, Literature and Lore, McFarland & Co Inc., 2013, p. 2). Plus important, plus significatif encore, les inscriptions préislamiques « témoignent d’une certaine indépendance économique féminine » (Remarques sur le « matriarcat » en Arabie du sud, Revue du monde musulman et de la Méditerranée, 61 [1991], p. 159). [N. D. É.])
(308) Oldenburg, op. cit., p. 195-196, 197.
(309) ER 3, p. 37, article “Canaanite Religion” ; Marvin H. Pope, El in the Ugaritic Texts, Brill, Leiden, 1955, p. 7.
(310) Ditlef Nielsen, Der dreieinige Gott in religionshistorischer Beleuchtung: Die drei göttlichen Personen, Gyldendalske boghandel, Nordisk forlag, 1922, vol. 1, p. 317.
(311) Ulf Oldenburg, The Conflict between El and Baa ln Canaanite religion, Brill, Leiden, 1969, p. 28 n°1.
(312) E. Lipinski, “The Goddess Atirat in Ancient Arabia, in Babylon, and in Ugarit”, Orientalia Lovaniensia Periodica 3 (1971), p. 111-6.
(313) Le bouquetin est une chèvre des montagnes sauvage, dont le nom latin (capra ibex) est apparenté au vieil espagnol bezerro, « taureau ».
(314) Daum, Ursemitische Religion, p. 99 (Le texte original dit : « These… symbolisiert den dunklen Il », le pronom démonstratif pluriel « these » ne pouvant représenter ici que « nuage de pluie noire » et « taureau noir ». Cependant, le verbe dont « these » est le sujet, « symbolisiert », est à la troisième personne du singulier, si bien que le lecteur est amené à se demander qui, du « nuage de pluie noire » ou du « taureau noir », symbolise « l’Il noir ». En fait, ce qui, pour Daum, « symbolise l’Il noir », ce n’est ni le taureau noir, ni le nuage de pluie noire, mais « l’autruche, le seul animal noir de l’Arabie du Nord » [« Strauß, das einzige schwarze Tier des alten Arabien »]. [N.d.T.])
(315) Ibid., p. 68-70.
(316) New York, Syracuse University Press, 1997.
(317) Julian Baldick, Black God: The Afroasiatic Roots of the Jewish, Christian, and Muslim Religions, p. 114.
(318) Sur le « temple de Barbar », voir Rice, Archaeology of the Arabian Gulf, particulièrement p. 156-172 ; Potts, Arabian Gulf in Antiquity 1, p. 168-172, 201-207; Ministry of Information,The Temple Complex at Bahrain Barbar–A Description and Guide, Ministry of Information, Bahrain, 1990.
(319) Rice, op. cit., p.149.
(320) Ibid., p.171.
(321) Rice, The Temple Complex at Badar, p. 9, 28 ; Michael Rice, Archaeology of the Arabian Gulf, p. 149.
(322) Caspers, “Sumer, Coastal Arabia and the Indus Valley” ; Michael Rice, The Temple Complex, p. 44.
(323) Voir Potts, op. cit., p. 170-2.
(324) Michael Rice, Archaeology of the Arabian Gulf, p. 1.
(325) Michael Rice, The Power of the Bull, p.168-171
(326) Michael Rice, The Temple Complex at Badart, p. 38-42.
(327) Robert G. Hoyland, Arabia and the Arabs: From the Bronze Age to the Coming of Islam, Routlegde, Londres et New York, 2001, p. 196, gravure 31.
(328) Rice, op. cit., p. 7, 13
(329) Ibid., p. 11 ; Rice, Archaeology of the Arabian Gulf, p. 163, 168 ; Khaled Al Nashef, “The Deities of Dilmun”, in Al Khalifa et Rice, Bahrain through the ages, p. 340-366.
(330) Michael Rice, Archaeology of the Arabian Gulf, p. 90 ; Tony Nugent, “Star-god: Enki/Ea and the biblical god as expressions of a common ancient Near Eastern astral theological symbol system”, thèse non publiée, Yale University, 1982, p. 29 ; H.W.F. Saggs, The Greatness that was Babylon, 1962,P. 39-40.
(331) La plupart des études de la religion mésopotamienne voient une triade à la tête du panthéon : (1) An, le dieu du ciel, le dieu suprême ; (2) Enlil, le dieu du « vent », de second rang ; (3) et Enki / Ea, le dieu de la terre et des eaux souterraines, de troisième rang. Samuel Kramer pensait même que la subordination d’Enki à Enlil avait donné à celui-là un « complexe d’infériorité » (“Enki and his Inferiority Complex”, Orientalia, 1970, vol. 39, p. 103-110). Cependant, il a été soutenu de façon convaincante que cette situation ne prévalait pas dans la première période. Selon Piotr Steinkeller, « Enki était sans doute à la tête du panthéon ». Steinkeller suggère qu’Enlil fut un ajout secondaire au panthéon sumérien (“On Rulers, Priests and Sacred Marriage: Tracing the Evolution of Early Sumerian Kingship”, in Kazuko Watanabe (éd.), Priests and Officials in the Ancient Near East: Papers of the Second Colloquium on the Ancient Near East – the City and its Life held at the Middle Eastern Culture Center in Japan [Mitaka, Tokyo], 22-24 mars 1996, Universitätsverlag C. Winter, Heidelberg, 1999, p. 113-114). Piotr Michalowski convient qu’Enlil était un nouveau venu dans le panthéon sumérien et y usurpa la place d’Enki, « LE membre masculin » du panthéon (“The Unbearable Lightness of Enlil”, in Jiri Prosecky [éd.], Intellectual Life in the Ancient Near East: Papers Presented at the 43rd Rencontre assyriologique internationale [Prague, 1-5 juillet 1996], Prague, Académie des Sciences de la République Tchèque, Oriental Institute, 1998, p. 241).
(332) Il est appelé am-gig-abzu, le « taureau noir de l’apsû » ; am-an-ki, le « taureau sauvage du ciel et de la terre » ; dara-abzu, le « bouquetin de l’apsû ». Voir W.F. Albright, “The Mouth of the Rivers”, AJSL 35 (1991), p. 167 ; Tony Nugent, op. cit., p. 21.
(333) Albright, op. cit., p. 165. Le texte sumérien Enki et l’Ordre du monde parle des « grandes crues noires majestueuses des profondeurs [sumérien engur = akkadien Apsû] ». Voir l’examen de cette question in Richard E. Averbeck, “Myth, Ritual, and Order in ‘Enki and the World Order’”, The Journal of the American Oriental Society, 2003, vol. 123, p. 761, n°13.
(334) Michael Rice, The Power of the Bull, p. 90 ; idem, Archaeology of the Arabian Gulf, p. 137. F.A.M. Wiggermann, “Extensions of and Contradictions to Dr. Porada’s Lecture”, in Edith Porada, Man and Images in the Ancient Near East, Moyer Bell, Wakefield, Rhode Island, 1995, p. 88-90 ; Michalowski, op. cit., p. 245.
(335) Piotr Steinkeller, op. cit., p. 113, le caractérise comme « Enki, personnification de la puissance procréatrice masculine, dieu de l’eau fraîche et de l’intelligence créatrice ».
(336a) Jerrold S. Cooper, “Enki’s Member: Eros and Irrigation in Sumerian Literature”, in Hermann Behrens, Darlene Loding et T. Roth (éds.). In in Dumu-e2-dub-ba-a: Studies in Honor of Åke W. Sjöberg , Philadelphie, 1989, p. 87-89.
(336b) Il est intéressant de noter que An est un dieu castré ; ces organes génitaux ont été détruits par Kumarbi, le dieu suprême des Hourrites et il en est résulté la naissance de trois dieux, de la même façon que, chez Hésiode, la castration d’Ouranos donne naissance à plusieurs êtres divins. La plupart des spécialistes considèrent la version hésiodique de ce mythe comme ayant été fortement influencée par des mythes comme celui du « dieu noir ». (N. d. E.)
(337) Silvia Maria Chiodi, An. In ER (1), p. 301-3 ; Herman Wohlstein, The Sky-God An-Anu, Paul A. Stroock, Jericho, New York, 1976.
(338) Dans deux textes rituels babyloniens (vers 500 avant notre ère) qui semblent préserver cet ancien thème de la création commune, le prêtre kalû récitait : « Après qu’Anu eut engendré le ciel, (And) Ea avait créé la terre/apsû. » Comme le note Richard J. Clifford (Creation Accounts in the Ancient Near East and the Bible, CBQ Monograph Series 26, Catholic Biblical Association of America, Washington, D.C., 1994,, p. 71), « La création ici est entièrement l’oeuvre d’Anu et d’Ea », « chacun créant une moitié du monde ». Enki est dumu sag, « premier né » d’An. Voir Tony Nugent, op. cit., p. 89.
(339) Richard J. Clifford, op. cit., p. 88.
(340) Ibid., p.8, p. 9.
(341) Knut Tallqvist, Akkadische Götter Epitheta, 1938, p. 254,
(342) Simo Parpola, “The Assyrian Tree of Life: Tracing the Origins of Jewish Monotheism and Greek Philosophy”, JNES, 1993, vol. 3, p. 184 n° 89. Parpola cite un texte identifiant Anu à la fois au croissant lunaire = premier dieu =1 et à la pleine lune = l’ensemble des dieux = 60.
(343) Ibid., p. 184, n° 90.
(344) Voir aussi Stephen Langdon, “Semitic Mythology”, The Mythology of All Races, vol. 5, Marshall Jones Company, Boston, 1931, p. 93 : « Pour les premiers Sumériens dingirEnlil, dingirEnki, etc., signifient vraiment An-Enlil, An-Enki ,etc. ; autrement dit, Enlil, Enki, etc. Ne sont que des aspects du père, Anu. »
(345) Simo Parpola, “Assyrian Tree of Life”, p. 190.
(346) Knut Tallqvist, op. cit., p. 254 ; Tony Nugent, op. cit., p. 43-44. Sur Enki comme « agent primordial de la création du monde », voir E.C., “Mesopotamian Cosmogony”, in Y. Bonnefoy et Wendy Doniger (éds.), Mythologies, The University of Chicago Press, Chicago et Londres, 1991, vol. 1, p. 156.
(347) Stephen Langdon, “Two Sumerian Hymns from Eridu and Nippur”, American Journal of Semitic Languages and Literatures vol. 3, 1923, p. 161, p. 162 ; Tony Nugent, op. cit., p. 274.
(348) Tony Nugent, op. cit., p. 32.
(349) L’idéogramme AN connut l’évolution suivante :
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(350) Tony Nugent, op. cit., p. 269 ; Andrew George “Babylonian texts from the folios of Sidney Smith, Part Two: prognostic and diagnostic omens”, Revue d’assyriologie, 1991, vol. 85, p. 152.
(351) C’est sans aucun doute le motif qui se dissimule dans le passage énigmatique d’un hymne sumérien où il est dit qu’An s’était « assis dans kima u (les Enfers) » (Stephen Langdon, op. cit., p. 172) et que son temple était « descendu du ciel » (voir Å.W. Sjöberg et E. Bergmann, The Collection of the Sumerian Temple Hymns, Locust Valley, NY, 1969, p. 29). Sur les allusions littéraires au motif de la chute d’An dans les Enfers, voir plus bas Jan van Dijk, “Sumerische Religion”. In J.P. Asmussen et al (éds.), Handbuch der Religionsgeschechte, vol. 1, Vandenhoeck und Ruprecht, Göttingen, 1971, p. 452. Etant donné l’identité ontologique d’An et d’Enki, il se peut que la descente d’An soit décrite dans le récit que Thorkild Jacobson appelle « La Descente d’Enki » (une partie de l’écrit connu sous le nom de Gilgamesh, Enkidu et les Enfers), qui raconte la descente et l’assujettissement d’Enki dans le monde inférieur aquatique de Ereshkigal. Voir Thorkild Jacobson,“The Descent of Enki”, in Mark E. Cohen, Daniel C. Snelland et David B. Weisberg, The Tablet and the Scroll: Near Eastern Studies in Honor of William W. Hallo, CDL Press, Bethesda, Maryland, 1993, p. 120-3.
(352) Tony Nugent, op. cit., p. 286.
(353) Richard J. Clifford, op. cit., p. 33. Voir, par exemple, le texte sumérien Nammu et Enki, dans lequel il est dit que « les eaux dans le ventre de Nammu », personnification féminine des eaux primordiales, « créent les membres » de la nouvelle créature (l’homme) qui s’y forme. Voir Herbert Sauren, “Nammu and Enki”. In Mark E. Cohen, Daniel C. Snell et David B. Weisberg, The Tablet and the Scroll: Near Eastern Studies in Honor of William W. Hallo, CDL Press, Bethesda, Maryland, 1993, p. 202.
(354) John M. Lundquist a établi l’existence d’une « idéologie du temple commune », un certain nombre de motifs rituels et mythiques communs, dans l’ancien Proche Orient.
Voir John M. Lundquist, “The Common Temple Theology of the Ancient Near East”, in T.G. Madsen (éd.),The Temple in Antiquity, BYU Press, Provo, 1984, p. 53-76 ; idem,“Temple Symbolism in Isaiah”, in Monte S. Nyman (éd.), Isaiah and the Prophets: Inspired Voices from the Old Testament Prophets, p. 55.
(355) Mark S. Smith, “Like Deities, Like Temples (Like People)”, in John Day (éd.), Temple and Worship Biblical Israel, Clark, Londres et New York, 2005, p. 21.
(356) Andrzej Wierciński, “Pyramids and Ziggurats as the Architectonic Representations of the Archetype of the Cosmic Mountain”, Occasional Publications in Classical Studies, 1978, vol. 1, p. 69-110 ; I.W. Mabbett, “The Symbolism of Mount Meru”, History of Religions, 1983, vol. 3, p. 64-83 ; Mohiy wl-Din Ibrahim, “The God of the Great Temple of Edfu”, in John Ruffle, G.A. Gaballa et Kenneth A. Kitchen (éds.), Orbis Aegyptiorum Speculum: Glimpses of Ancient Egypt. Studies in Honour of H.W. Fairman, Warminster, 1979, p. 170-171 ; Ragnhild Bjerre Finnestad, Image of the World and Symbol of the Creator: On the Cosmological and Iconological Values of the Temple of Edfu, Harrassowitz, Wiesbaden, 1985 ; Stella Kramrish, “The Temple as Purusa”, in Pramod Chandra (éd), Studies in Indian Temple Architecture, American Institute of Indian Studies, 1975, p. 40-46. Erik Hornung, Idea into Image: Essays on Ancient Egyptian Thought, Timken Publishers, 1992, chap. 6 ;
(357) Mabbett, “Symbolism of Mount Meru”, p. 64i ; Amar Annus, “The Soul’s Ascent and Tauroctony: On Babylonian Sediment in the Syncretic Religious Doctrines of Late
Antiquity”, in Thomas Richard Kämmerer (éd.), Studies on Ritual and Society in the Ancient Near East. Tartuer Symposien 1998-2004, Walter de Gruyter, Berlin and New Yor, 2007, 1, p. 53 ; Pirjo Lapinkivi, The Sumerian Sacred Marriage in the Light of Comparative Evidence, The Neo-Assyrian Text Corpus Project, Helsinki, 2004, p. 146.
(358) D.O. Edzard, “Deep-Rooted Skyscrapers and Bricks: Ancient Mesopotamian Architecture and its Imagery”, in M. Mindlin, M.J. Geller et J.E. Wansbrough (éds.), Figurative Language in the Ancient Near East, University of London, Londres, 1987, p. 13-24.
(359) A.J. Spenser, “The Brick Foundation of Late-Period Temples and their Mythological Origin”, in John Ruffle, G.A. Gaballa et Kenneth A. Kitchen (éds.), Orbis Aegyptiorum Speculum: Glimpses of Ancient Egypt. Studies in Honour of H.W. Fairman, Warminster, 1979, p. 133 ; Dunand et Zivie-Coche, Gods and Men in Egypt, p. 88 ; Hornung, Idea into Image, p. 119. Sur le symbolisme cosmico-cosmogonique du temple égyptien, voir aussi John Baines, “Temple Symbolism”, RAIN, 1976, vol. 15, p. 10-15.
(360) Sur la « maison noire » (sumérien, kukku) d’Enki, voir Wolfgang Heimpel, “Anthropomorphic and Bovine Lahmus”, in Manfried Dietrich et Oswald Loretz (éds.), dubsaranta-men: Studien zu Altorientalistik. Festschrift für Wilhelm H. Ph. Romer zur Vollendung Seines 70, Ugarit-Verlag, Münster, 1998, p. 148, n° 41. Que le caractère sombre de cette architecture reflète une sombreur somatique, c’est ce qui est indiqué dans un texte particulièrement significatif cité par Thorkild Jacobsen (TC, V, 47, 1.2.) : « Ea ressemble à l’apsû, l’apsû ressemble à la mer, la mer Ereshkigal ! » (Thorkild Jacobsen, “Sumerian Mythology: A Review Article”, JNES, 1946, vol. 5, p. 141. Enki/Ea lui-même a donc l’apparence des eaux noires primordiales.
(361) Dans les hymnes, Enki est comparé à un taureau et il porte des cornes de boeufs. Wayne Horowitz, Mesopotamian Cosmic Geography, Eisenbrauns, Winona Lake (Indiana), 1998, p. 124 ; Stephen Langdon, op. cit., p. 164, 165, 169.
(362) Tony Nugent, op. cit., p. 269.
(363) Albright, “Mouth of the Rivers”, p. 167 ; Jacobsen, “Sumerian Mythology”, p. 141.
(364) Sur le lien entre Enki/Ea et les bovins aquatiques dans le mythe mésopotamien, voir Wolfgang Heimpel, op. cit., p.129-156.
(365) E. Douglas Van Buren, The Flowing Vase and the God with Streams, p.34. Les rayons qui sont souvent représentés émanant des épaules des divinités dans l’iconographie mésopotamienne sont la marque de leur melammu, leur être de lumière. Voir F.A.M. Wiggermann, “Extensions of and Contradictions to Dr. Porada’s Lecture”, in Edith Porada, Man and Images in the Ancient Near East, Moyer Bell, Wakefield (Rhode Island), 1995, p. 86 ; Elena Cassin, La Splendeur Divine, Mouton, Paris et La Haye, 1968 ; A. Leo Oppenheim, Ancient Mesopotamia, University Press, Chicago, 1964, p. 98 ; idem, “Akadian pul(u) (t)uand melammû”, JAOS, p. 34.
(366) William Hayes Ward, The Seal Cylinders of Western Asia, Carnegie Institute, Washington D.C., 1910, p. 217, illustration 656 ; Van Buren, op. cit., p. 39.
(367) Daum, Ursemitische Religion, p. 204 ; E. Ebeling, Tod und Leben nach den Vorstellungen der Babylonier, Berlin-Leipzig, 1931, p. 29 ; C. Bezold, Babylonisch-assyrisches Glossar, C. Winter, Heidelberg, 1926, p. 210, article “sugugalu” ; Georgia de Santillana et Hertha von Dechend, Hamlet’s Mill: An essay on myth and the frame of time, Gambit, Inc., Boston, 1969, p. 124.
(368) Sur cette couronne à cornes, voir E. Douglas van Buren, “Concerning the Horned Cap of the Mesopotamian Gods”, Orientalia. n.s. 12 (1943), p. 318-327.
(369) Dans une description du rituel babylonien du kalū, l’égorgement et le démembrement du taureau sacrificiel, « noir comme de l’asphalte », est rendu sous une forme mythologique par l’égorgement et le démembrement du dieu Anu, dont l’animal tutélaire caractéristique était le taureau noir, par le dieu Bēl. Voir Alasdair Livingstone, Mystical and Mythological Explanatory Works of Assyrian and Babylonian Scholars, Eisenbrauns, Winona Lake (Indiana), 2007, p. 117 (VAT 10099).
(370) E. Douglas van Buren, The Flowing Vase and the God with Streams, Berlin, 1933, p. 9.
(371) Piotr Steinkeller, op. cit., p. 113-114.
(372) Michalowski, op. cit. p. 244.
(373) “The Eridu Genesis”, JBL, 1981, vol. 100, p. 514 n° 5.
(374) Michael Rice, Archaeology of the Arabian Gulf, p. 130 remarque aussi : « dans la cosmologie sumérienne, au commencement était la mer primitive, représentée par une femme. »
(375) J. Bottéro, “Intelligence and technical function of power in the structure of the Mesopotamian pantheon: the example of Enki/Ea”, in Y. Bonnefoy et Wendy Doniger, [i]op. cit
., p. 148 ; Jacobsen, “Sumerian Mythology”, p. 141.
(376) Nammu est transcrit par le signe « ENGUR » et, dans le syllabaire de Yale, Nammu est assimilé à Abzu. Voir Jacobsen, “Sumerian Mythology”, p. 130.
(377) Revue d’assyriologie et d’archéologie orientale, vol. 64 – 66, p. 165. Sur la « rivière comme eau cosmique (apsû) », voir Richard J. Clifford, op. cit., p. 58-59.
(378) Herbert Sauren, op. cit., p. 203.
(379) Ibid., p. 204 (Ici encore, le mythe reflète très exactement le caractère matriarcal de la société dans lequel il s’est formé. [N. D. É.])
(380) Sur ce récit mythique, voir en particulier Keith Dickson, “Enki and Ninhursaq: The Trickster in Paradise”, JNES, 2007, vol. 66, p 1-32 ; idem, “Enki and the Embodied World”, JAOS, 2005, vol. 125, p. 499-515.
(381) Bendt Alster reconnaît que la plupart de ces femmes sont identiques, à l’exception – à tort – de Damgalnuna :“Enki and Ninhursag: The Creation of the First Woman”, Ugarit-Forschungen 10 (1978), p. 25 [art.=15-27].Voir plutôt Keith Dickson, op. cit., p. 10 ; Richard J. Clifford, op. cit., p. 36.
(382) Voir Ibid, p. 18-19.
(383) Bendt Alster (“Enki and Ninhursag”, p. 16) affirme que, si la cosmogonie n’en est pas le thème principal, ce mythe n’en semble pas moins être un mythe de la création d’un point de vue très spécifique.
(384) Alster, op. cit., p. 30.
(385) Ibid., p. 28-9.
(386) Voir en particulier Wierciński, “Pyramids and Ziggurats” ; Mabbett, “Symbolism of Mount Meru”.
(387) Keith Dickson, “Enki and the Embodied World”, p. 508, p. 512 ; idem, “Enki and Ninhursag”, p. 31.
(388) Alster remarque à juste titre que « c’est la déesse mère qui exhorte Enki à agir. C’est Enki qui a le pouvoir de créer, mais ce sont des divinités féminines qui l’exhortent à utiliser son pouvoir » (Keith Dickson, op. cit., p. 17).
(389) Keith Dickson, op. cit., p. 30.
(390) Idem, “Enki and the Embodied World”, p. 508, p. 512 ; idem, “Enki and Ninhursag”, p. 31.
(391) Ibid., p. 32.
(392) Tony Nugent, op. cit., p. 281.
(393) Sur les diverses sources primaires, les thèmes centraux et les discussions importantes des mythes de la création mésopotamiens, voir Richard J. Clifford, op. cit., chap. 2 et 3.
(394) Horowitz, Mesopotamian Cosmic Geography, p. 335, note : « Aucun texte sumérien ne conserve un récit de la création de l’Apsu ou de la séparation de l‘Apsu du ciel et de la terre aux époques primitives. Ceci semble indiquer que les Sumériens concevaient l’Apsu comme un élément primordial (Nous ne sommes pas bien certain de saisir le rapport entre la constatation et la conclusion qui en est tirée [N. D. É.]). » Rice, Archaeology of the Arabian Gulf, p. 130, fait aussi remarquer : « La cosmologie sumérienne considérait que ce qui était au commencement était la mer primitive, représentée comme féminine ». Le tiamat babylonien (les eaux salées primordiales) semble aussi avoir été présenté comme un bovin dans Enūma eliš : voir B. Landsberger et J.V. Kinnier Wilson, “The Fifth Tablet of Enuma Elis”, JNES20 (1961), p. 175 [art.= p.154-179]. Voir aussi Richard J. Clifford, op. cit., p. 26.
(395) Pour les textes et la discussion de ce point, voir in ibid., p. 28, 62-63, 86-89 ; Frans Wiggermann, “Mythological Foundations of Nature”, in Diederik J.W. Meijer (éd.), Natural Phenomena: Their Meaning, Depiction and Description in the Ancient Near East, North-Holland, Amsterdam, 1992, p. 282.
(396) Richard J. Clifford, op. cit., p. 29. Sur l’atome dans le mythe cosmogonique, voir True Islam, Truth of God, p. 140-144 et plus bas.
(397) Dans un texte présargonique, nous lisons : « Le seigneur divin (dEN) devenait adulte, le ciel et la terre, (encore) unis, criaient – en ces jours, Enki et Nunki (sic) n’étaient pas encore en vie, Enlil n’était pas encore en vie, Ninlil n’était pas encore en vie. » D’après Frains Wiggerman, « cela signifie que le seigneur divin (dEN), l’élément actif, procréateur dans le dieu appelé EN-ki, grandit au sein du Ciel et de la Terre toujours unis, avant que ne commence le processus douloureux de séparation » (“Mythological Foundations of Nature”, p. 282). En revanche, d’après Horowitz et Bendt Alster, le « seigneur divin (dEN) » est An (Horowitz, Mesopotamian Cosmic Geography, p. 140) ; Bendt Alster, “On the Earliest Sumerian Literary Tradition”, Journal of Cuneiform Studies 28 (1976), p. 122 [art.= p. 109-126]. Nous savons maintenant que ces opinions ne sont pas contradictoires. Enki, dans son état/ à son stade primordial, est An.
(398) Voir aussi G. Komoróczy, “‘The Separation of Sky and Earth’: The Cycle of Kumarbi and the Myths of Cosmogony in Mesopotamia”, Acta Antiqua Academiae Scientarum Hungaricae, 1973, vol. 21, p. 21-45.
(399) Dans un texte rituel babylonien plus récent, nous lisons qu’ « Anu avait engendré le ciel (And), Ea avait créé la terre ». Dans un autre, qu’« Anu bâtit les cieux; Nudimmud (Ea) bâtit l’Apsu, sa demeure. Ea tira de l’Apsu [une motte d’] argile. » Voir Richard J. Clifford, op. cit., p. 59, 60-1 ; Horowitz, Mesopotamian Cosmic Geography, p. 150.
(400) Richard J. Clifford, op. cit., p. 18, p. 20, p. 24, p. 26.
(401) In ibid., p. 34
(402) Jacobsen, “Descent of Enki”, p. 120-3.
(403) Ibid., p. 123.
(404) Que cette « descente » d’Enki dans les Enfers aquatiques ténébreux représente une transformation somatique, c’est ce qui est confirmé par la recherche actuelle, qui indique que ces anciens mythes de descente mésopotamiens (par exemple la Descente d’Ishtar aux Enfers) seront plus tard à la base des mythes de descente gnostiques ; et, en tant que tels, ils peuvent être mutuellement éclairants. En particulier, Mehmet-Ali Ataç a affirmé de façon convaincante que ces mythes mésopotamiens sont à l’origine du mythe cosmogonique manichéen ultérieur du Premier homme de lumière au royaume des Ténèbres (“Manichaeism and Ancient Mesopotamian ‘Gnosticism’”, JANERJANER 39 ; voir aussi Simo Parpola, “Mesopotamian Precursors of the Hymn of the Pearl”, in R. M. Whiting (éd.), Mythology and Mythologies: Methodological Approaches to Intercultural Influences, Proceedings of the Second Annual Symposium of the Assyrian and Babylonian Intellectual Heritage Project [Paris, 4-7 octobre 1999], Melammu Symposia II, The Neo-Assyrian Text Corpus Project, Helsinki, 2001, p. 181-193. Le mythe cosmogonique manichéen est fondé sur deux royaumes coexistants, mais antagonistes, le Royaume de la Lumière (le Royaume du Bien) et le Royaume des Ténèbres (le Royaume du Mal). Le Seigneur du Royaume de la Lumière, appelé le Père de la grandeur, envoie son premier-né, le Premier Homme de lumière, qui est en fait le Père à son second stade, au Royaume des Ténèbres, où il est « dévoré » et emprisonné par les Ténèbres, devenant ainsi « Celui qui Brille dans les Ténèbres ». Comme le souligne Ataç, « Il est le Père de la Grandeur, lui-même incarné dans le Premier homme qui descend finalement dans le Royaume des Ténèbres (“Manichaeism”, p. 7). Ces deux figures correspondent bien à An et à Enki : An, le Père de lumière, incarné dans son premier-né, Enki qui est aussi un être de lumière. Lorsqu’An « envoie » Enki au royaume des Ténèbres, c’est en réalité lui-même qui y descend. Comme le Premier Homme des Manichéens, An-Enki devient « Celui qui Brille dans les Ténèbres ». Sur Le Premier Homme des Manichéens, voir Yuri Stoyanov, The Other God: Dualist Religions from Antiquity to the Cathar Heresy, Yale University Press, New Haven et Londres, 2000, p. 107-112 ; Hans Jonas, The Gnostic Religion: The Message of the Alien God & the Beginnings of Christianity, Beacon Press, Boston, 2001 (1958).
(405) Traduit in Rice, Archaeology of the Arabian Gulf, p.131.
(406) In Stephen Langdon, op. cit., p.163. « Le Temple d’Eridu brille comme le soleil ». Colonne III, ligne 21, traduction de Stephen Langdon, p. 171.
(407) Voir True Islam, Truth of God, chap. 5.
(408) Cyrus Gordon, “Eblaitica”, in Cyrus H. Gordon, Gary A. Rendsburg et Nathan H. Winter (éds.), Eblaitica: Essays on the Ebla Archives and Eblaite Language, Eisenbrauns , Winona Lake, Indiana, 1987, p. 19-20. Samuel Noah Kramer, In the World of Sumer: An Autobiography, Wayne State University Press, Detroit, 1986, p. 200-21. Pour des documents qui montrent qu’Ea est une divinité plus ancienne qu’on le pensait auparavant, voir aussi Maria Vittoria Tonietti, “É=Bītumor = À? About Ea in Early Dynastic Sources”, in Semitic and Assyriological Studies Presented to Pelio Fronzaroli by Pupils an Colleagues, Harrassowitz Verlag, Wiesbaden, 2003, p. 666-679. En revanche, Morris Jastrow Jr. les considérait comme deux divinités différentes, ce qui est peu probable (“Sumerian and Akkadian Views of Beginnings”, JAOS 36 [1916], p. 294).
(409) Dietz Otto Edzard, Sumerian Grammar, Handbook of Oriental Studies 71, Society of Biblical Literature, Atlanta, 2003.
(410) Stephen Langdon, Semitic Mythology, p. 65.
(411) I.J. Gelb, Old Akkadian Writing and Grammar, Materials for the Assyrian Dictionary, II, University of Chicago Press, Chicago, 1952, p. 6 sqq ; idem, Glossary of Old Akkadian, III, 1957, p. 26-36 ; J.J.M. Roberts, The Earliest Semitic Pantheon: A Study of Semitic Deities Attested in Mesopotamia before Ur III, John Hopkins University Pess, Baltimore, 1972, p. 31-35 ; TDOT 1, p. 243, article “לא”, F.M. Cross.
(412) Michalowski, “Unbearable Lightness of Enlil”, p. 245. (413) Ben-Jochannan et Simmonds, Black Man’s North and East Africa, p. xiii.
(414) Les premiers textes, ceux qui ont été trouvés dans la tombe d’Ounis (Ve Dynastie), datent d’environ 2353-2323 avant notre ère. Voir James P. Allen et Peter Der Manuelian, The Ancient Egyptian Pyramid Texts, E.J. Brill, Leiden, 2005, p. 1. Ben-Jochannan date le Livre des Morts, qui est immédiatement postérieur aux Textes des Pyramides, de 4100 avant notre ère, mais rien n’indique qu’il ait raison. Hesy-Ra, médecin et scribe sous le règne de Djéser (vers 2635-2610 avant notre ère), a un nom constitué à partir du nom phonétique de Ra. En revanche, les affirmations selon lesquelles le nom de Ra existait sous la IIe Dynastie sont sans fondement. Le pharaon Nebrê (2852-2813 avant notre ère), littéralement « Ra est le Seigneur », devrait se lire en fait « Le Soleil est le Seigneur ». En effet, le disque solaire inscrit dans son serekh n’a pas la valeur phonétique de « Ra ». A cette époque, le soleil était identifié à Atoum et à Heru. Comme le fait remarquer Rudolf Anthes, « Le nouveau concept de Rê était dans la droite ligne de celui d’Horus… Ce que nous savons des aspects mythologiques de Rê (lire : Nebrê. [N.d.T.]) et, surtout, de sa position de roi lui venait directement du royaume terrestre d’Horus et du concept d’Atoum » (“Egyptian Theology in the Third Millennium B.C.”, JNES 18 [1959], p. 181). Nous savons que le nom de ce pharaon n’était pas « Nebrê », car il est nommé Kakau sur la Liste des Rois.
(415) William Sanford LaSor, “Proto-Semitic: Is the Concept No Longer Valid?”, Maarav, printemps, 1990, vol. 5-6, p. 205 et supra.
(416) Alfonso Archi, “Ilin the Personal Names”, Orientalistische Literaturzeitung, 1996, vol. 91, p. 138 sqq.
(417) Robert A. Di Vito, Studies in Third Millennium Sumerian and Akkadian Personal Names, Editrice Pontificio Istituto Biblico, Rome, 1993, p. 128 ; Archi, “Ilin Personal Names” ; Roberts, Earliest Semitic, p. 31 ; TDOT 1, p. 242-3, article “לא ēl”.
(418) Georg Steindorff et Keith C. Seele, When Egypt Ruled the East, University of Chicago Press , 1957, p. 9-10.
(419) Elise J. Baumgartel, The Cultures of Prehistoric Egypt, Oxford University Press, Londres, 1947, p. 119 : « Un lien entre l’Egypte et certains centres de civilisation en Asie occidentale doit avoir existé au moins depuis l’époque de Nagāda I. Des matériaux ainsi que des biens spirituels entrèrent d’Asie en Egypte… »
(420) Rice, Archaeology of the Arabian Gulf, p. 324, suggère les « Arabes de l’Ouest furent probablement porteurs d’une grande partie des influences asiatiques qui apparurent à la fin de la période prédynastique en Egypte ». Sur cette dette, voir H.S. Smith, “The Making of Egypt: A review of the influence of Susa and Sumer on Upper Egypt and Lower Nubia in the 4th millennium B.C”, in Renée Friedman et Barbara Adams (éds.), The Followers of Horus: Studies dedicated to Michael Allen Hofman 1944-1990, Oxbox Monograph 20 (1992), p. 235-246 ; Beatrice Teissier, “Glyptic Evidence for a Connection Between Iran, Syro-Palestine and Egypt in the Fourth and Third Millennia”, Iran 25 (1987), p. 27-51 ; Helene J. Kantor, “Further Evidence for Early Mesopotamian Relations with Egypt”, JNES 11 (1952), p. 239-250 ; Alexander H. Joffe, “Egypt and SyroMesopotamia in the 4th Millennium: Implications of the New Chronology”, Current Anthropology 41 (2000), p. 113-123.
(421) Sidney Smith, “The Relation of Marduk, Ashur,and Osiris”, Journal of Egyptian Archaeology 8 (1922), p. 41-44.
(422) Bojana Mojsov, Osiris: Death and Afterlife of a God, Blackwell Publishing, Malden (MA), 2005, p. 34.
(423) Stephen Quirke, The Cult of Ra: Sun-Worship in Ancient Egypt, Thames & Hudson, New York, 2001, p. 17 , p. 82. Voir aussi George Hart, “Re”. In A Dictionary of Egyptian Gods and Goddess, Routledge & Kegan Paul, Londres, Boston et Henley, 1986, p. 180.
(424) E.A. Wallis Budge, The Gods of the Egyptians: Studies in Egyptian Mythology, 2 vols. Dover Publications, Inc., New York, 1969 (1904), p. 334-335.
(425) Hall, Ancient History, p. 86.
(426) Ibid., p. 85.
(427) Elise J. Baumgartel, The Cultures of Prehistoric Egypt, Oxford University Press, Londres, 1947, p. 47.
(428) American Journal of Semitic Linguistics and Literatures, 34, p. 85.
(429) St. Clair Drake, Black Folk Here and There: An Essay in History and Anthropology, University of California Center for Afro-American Studies, Los Angeles, 1991 (1987), vol. 1, p. 177.
(430) Abdel-Aziz Saleh, “Notes on the Ancient Egyptian T:-NTR‘ God’ Land’”, Bulletin du centenaire. Supplément 1981, p. 107-117.
(431) Voir ci-dessus et ci-dessous.
(432) Ernst Zyhlarz, “Ursprung und. Sprachcharakter des Altägyptischen”, Zeitschrift für Eingeborenen Sprachen 23 (1932-3), p. 85 sqq ; B.G. Trigger, “The Rise of Civilization in Egypt”, in J. Desmond Clark (éd.),The Cambridge History of Africa, vol. I: From the Earliest Times to c. 500 BC, Cambridge University Press, Cambridge, 1982, p. 514 ; Roger D. Woodard, “Language in Ancient Syria-Palestine and Arabia:an introduction”, in Roger D. Woodard (éd.), The Ancient Languages of Syria, Palestine and Arabia, Cambridge University Press, Cambridge, 2008, p. 3-4.
(433) Stéphane Rossini, Egyptian Hieroglyphics: How to Read and Write Them, Dover Publications, New York, 1989, p. 7.
(434) Sir Alan Gardiner, Egyptian Grammar, Being an Introduction to the Study of Hieroglyphics, Griffith Institute, Oxford, 1957 (1927), p. 27 ; Sir E.A. Wallis Budge, Egyptian Language: Easy Lessons in Egyptian Hieroglyphics, Dover Publications, New York, 1966, p. 31
(435) Hilary Wilson, Understanding Hieroglyphics. A Complete Introductory Guide, Barnes & Noble, New York, 1993, p. 30, 32.
(436) Gardiner, op. cit., p. 27 ; Mark Collier et Bill Manley, How to Read Egyptian Hieroglyphics, University of California Press, Berkeley et Los Angeles, 1998, p. 3.
(437) Budge, The Gods of the Egyptians, p. 287, 328 ; Françoise Dunand et Christiane Zivie-Coche, Gods and Men in Egypt: 3000 BCE to 395 CE, Cornell University Press, Ithaca et Londres, 2004, p. 25 ; Veronica Ions, Egyptian Mythology, Paul Hamlyn, Middlesex, 1968, p. 41
(438) Il existe certaines preuves de la présence dans l’Egypte prédynastique de la religion du taureau et de la femme : certaines preuves de la vénération de la déesse-mère comme vache et du « Taureau de sa mère ». Voir Rosalie David, Religion and Magic in Ancient Egypt, Penguin Books. New York, 2002, p. 54 ; Bojana Mojsov, Osiris: Death and Afterlife of a God, Blackwell Publishing, Malden (MA), p. 2005, p. 6-7.
(439) J. Gwyn Griffiths, “Triune Conceptions of God in Ancient Egypt”, Zeitschrift für Ägyptische Sprache und Altertumskunde 100 (1973), p. 28-32 ; Pascal Vernus, The Gods of Ancient Egypt, Tauris Parke Books, Londres et New York, 1998, p. 45 ; Rosalie David, Religion and Magic in Ancient Egypt, Penguin Books, Penguin Books, 2002, p. 58.
(440) Françoise Dunand et Christiane Zivie-Coche, op. cit., p. 23 : « Malgré cette tripartition… il était un. »
(441) Ibid., p. 25.
(442) Stephen Quirke, op. cit., p. 25.
(443) Dunand et Zivi e-Coche, op. cit., p. 47.
(444) Sur la matière primordiale noire et la lumière divine en son sein, voir Helmer Ringgren, “Light and Darkness in Ancient Egyptian Religion”, in Liber amicorum. Studies in Honour of Professor Dr. C.J. Bleeker. Published on the Occasion of his Retirement from the Chair of the History of Religions and the phenomenology of Religion at the University of Amsterdam, Brill, Leiden, 1969, p. 140-150 ; Dunand et Zivie-Coche, op. cit., p. 4-46 ; James P. Allen, “The Cosmology of the Pyramid Texts”, in Religion and Philosophy in Ancient Egypt, Yale Egyptological Series, New Haven, 1989, p. 1-28.
(445) Voir E.A. Wallis Budge, op. cit., p. xcviii, qui cite : « Au commencement il n’y avait ni ciel ni terre et rien n’existait à part une masse d’eau primitive sans limites qui était enveloppée d’obscurité et contenait les graines ou les embryons, masculins et féminins, de tout ce qui devait être dans le monde futur. L’esprit divin primitif qui formait une partie essentielle de l’eau primitive sentit en lui le désir de commencer le travail de création et sa parole donna vie au monde, dont il s’était déjà représenté à lui-même la forme. Le premier acte de la création fut la formation d’un œuf à partir de l’eau primitive, d’où se libéra Ra, la cause immédiate de toute vie sur la terre. » Sur l’oeuf cosmogonique dans la tradition égyptienne, voir plus bas : Ringgren, “Light and Darkness”, p. 141 ; Orly Goldwasser, “‘Itn– the ‘Golden Egg’” (CT IV 292b-c [B9 Ca]), in Essays on Ancient Egypt in honour of Herman te Velde, Styx, Groningue, 1997, p. 79-84; Richard J. Clifford, op. cit., p. 106, 112 ; R.T. Rundle Clark, Myth and Symbol in Ancient Egypt, Thames and Hudson, Londres, 1959, p. 56. Sur l’oeuf cosmogonique, voir Marie-Louise von Franz, Creation Myths, édition revue, Shambhala, Boston et Londres, 1995, chap. 8 (“Germs and Eggs”) ; ER 5, p. 36-7, article “Egg”, Venetia Newall ; idem, An Egg at Easter: A Folklore Study, Indiana University Press, Bloomington, 1971, chap. 1 ; Anna-Britta Hellbom, “The Creation Egg”, Ethnos 1 (1963), p. 63-105 ; H.J. Sheppard, “Egg Symbolism in Alchemy”, Ambix Ambix 148 ; Philip Freund, Myths of Creation, Washington Square Press, Inc, New York, 1965, chap. 5 ; Martti Haavio, Väinämöinen: Eternal Sage, Suomalainen Tiedeakatemia, 1952, p. 63 ; Sur l’oeuf cosmique comme prima materia, voir aussi C.G. Jung, Psychology and Alchemy, 2d éd.; Princeton University Press, Princeton, 1968, p. 202. Sur l’œuf d’or cosmogonique et l’atome primordial, voir Freund, op. cit., chap. 15.
(446) George Hart, Khepri. In op. cit., p. 108-10. Sur Atoum-Rah comme dieu créateur auto-généré, voir, par exemple, p. 157, l’inscription de la tombe de Thèbes : « O Ra qui donna naissance à la vertu, souverain qui créa tout ceci, qui forma ses propres membres, qui façonna son propre corps, qui se créa lui-même, qui se donna naissance à lui-même. » Voir plus bas J. Zandee, “The Birth-Giving Creator God in Ancient Egypt”, in Alan B. Lloyd (éd.), Studies in Pharaonic Religion and Society, in Honour of J. Gwyn Grifiths, The Egypt Exploration Society, Londres, 1992, p. 168-185 ; Françoise Dunand et Christiane Zivie-Coche, op. cit., p. 47-9.
(447) Sur Hathor/ Meheturet comme « déesse-vache universelle » et l’océan primordial, voir George Hart, op. cit., p. 76, article “Hathor”. Pascal Vernus, Gods of Ancient Egypt, 1998, p. 79.
(448) Sur Ra rentrant dans les eaux primordiales pour (re)devenir Atoum, voir Françoise Dunand et Christiane Zivie-Coche, op. cit., p. 27, 45-46 ; Vernus, op. cit., p. 45. Sur Ra prenant une teinte foncée et se transformant en Atoum, voir Ringgren, “Light and Darkness n Ancient Egyptian Religion, » Liber Amicorum. Festschrift C. J. Bleeker, Leiden, 1969, p. 150 ; Karl W. Luckert, Egyptian Light and Hebrew Fire. Theological and Philosophical Roots of Christendom in Evolutionary Perspective, State University of New York Press, Albany, 1991, p. 73. Sur Atoum comme dieu noir, voir Jules Taylor, “The Black Image in Egyptian Art”, Journal of African Civilization, 1er avril 1979, p. 29-38.
(449) Lorsque Ra entre dans les Enfers aquatiques ténébreux (Duat), il prend en fait la teinte noire d’Atoum qui est donc appelé Auf-Rah, « La chair de Ra ». Voir Stephen Quirke, op. cit., p. 48 ; Ions, Egyptian Mythology, p. 42-3 ; Alexandre Piankoff et N. Rambova, The Tomb of Ramses VI, Bollingen Series, vol.40, Pantheon Books, New York, 1954, p. 36-7.
(450) Le mythe de Ra rejoignant Osiris dans le Duat est en fait une façon pittoresque de présenter l’incarnation de Ra dans le corps noir, personnifié par Osiris, souverain du Duat. Le Duat représente les eaux primordiales et est explicitement identifié au corps noir d’Osiris. Voir Allen, “Cosmology”, p. 21 ; Hans-Peter Hasenfratz, “Patterns of Creation in Ancient Egypt”, in Henning Graf Reventlow et Yair Hoffman (éds.), Creation in Jewish and Christian TraditionJSOT. Supplément 319, Sheffield Academic Press, Sheffield, 2002, p. 176 ; Jan Assmann, The Search for God in Ancient Egypt, traduit de l’allemand par David Lorton, Cornell University Press, Ithaca et New York, 2001, p. 41 ; idem, Death and Salvation in Ancient Egypt, traduit de l’allemand par David Lorton, Cornell University Press, Ithaca and New York, 2005, p. 188 ; Clark, Myth and Symbol, p. 158 ; Martin Lev et Carol Ring, “Journey of the Night Sun”, Parabola 8 (1983), p. 14-18 ; Terence DuQuesne, “Re in the Darkness”, Discussions in Egyptology 26 (1993), p. 96-105 ; Albert Churchward, Signs & Symbols of Primordial Man: The Evolution of Religious Doctrines from the Eschatology of the Ancient Egyptians, A&B Publishers Group, Brooklyn, 1994, réédition, p. 63-66, 274-6, 322. Sur Apis, le taureau noir (k km) de l’Egypte, personnification des eaux du Nil et de Nun, la masse d’eau noire primitive d’où sortit la création, voir Émile Chassinat, “La Mise à mort rituelle d’Apis”, Recueil de travaux relatifs à la philologie et à l’archéologie égyptiennes et assyriennes 38 [1916], p. 33-60 ; Budge, The Book of the Dead, p. cxxiii. Sur l’Osiris à la peau noire et le taureau noir Apis, voir aussi Vos, “Varius Coloribus Apis”, p. 716 ; idem, “Apis”. In DDD, p. 70.
(451) Ringgren, “Light and Darkness”, p. 142.
(452) George Hart, op. cit., p. 57-58, article “Benu”.
(453) Stephen Quirke, op. cit., p. 28.
(454) Ibid., p. 29-30.
(455) Stephen Quirke, op. cit., p. 55.
(456) Conrad, op. cit., p. 76 ; Stephen Quirke, op. cit., p. 109 ; George Hart, Mnevis. In Dictionary, p. 125-126 ; Ions, Egyptian Mythology, p. 40, p. 123.
(457) Sur Hathor comme mère universelle, vache primordiale et « consoeur du créateur solaire », voir Ions, op. cit., p. 78 ; Stephen Quirke, op. cit., p. 31.
(458) George Hart, Hathor. In op. cit., p. 76 ; idem, Horus. In op. cit.., p. 94.
(459) Stephen Quirke, op. cit., p. 31 ; Hart, op. cit., p. 76, article “Hathor” ; ibid., p. 145, article “Nut” ; Alexander Piankoff, “The Sky-Goddess Nut and the Night Journey of the Sun”, Journal of Egyptian Archaeology 20 (1934), p. 57-60.
(460) Voir ci-dessus.
(461) D. Pardee remarque que « le mot hébreu ĕlōah dérive de la racine ilāh, peut-être une dérivation secondaire du nom commun sémitique il-, “god”… Le mot ĕlōah… subit un changement, caractéristique du cananéen, du /ā/ en /ō/» (DDD, p. 285-86, article “Eloah אהל”). (Une autre preuve à l’appui de cette thèse est que l’une des caractéristiques de Ra, à savoir qu’il est un « dieu du ciel qui a pour œil le soleil », « se retrouve dans le nord-est de l’Afrique chez les Koushites des hauts-plateaux (les Hadiya) et ceux des plaines (les Galla) ainsi que chez des Nilo-hamites comme les Nandi et les Masai… » Or, les peuples couchitiques, comme le rappelle l’auteur, ont exercé une influence certaine sur le développement de la civilisation égyptienne. [N. d. E.])
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Re: Islam, selon...

Message  Arlitto le Dim 7 Aoû - 18:19

Que signifie la formule "بسم الله" ("Bismillâh") ? Comment la traduire ?

Que signifie la célèbre formule "بسم الله" ("Bismillâh"), que le musulman prononce avant d'entreprendre toute action instituée ?
-
A) Dans "بسم الله" ("b-ismi-llâh"), le terme "اسم" ("ism") est-il en surplus (zâ'ïdsila), ou bien, tout au contraire, a-t-il un sens ?
– Certains commentateurs pensent que le mot "اسم" ("ism") est ici en surplus (c'est une sila, disent-ils), et il n'a donc pas de sens particulier ici : le sens réel de la phrase est : "بالله" ("billâh") (voir par exemple Tafsîr ul-Qurtubî 1/98-99).
– D'autres commentateurs pensent que ce mot n'est pas en surplus mais revêt tout au contraire son sens ici (cité dans – entre autres – Rûh ul-ma'ânî).
-
B) La lettre "ب" (bâ') figurant devant le mot "اسم" ("ism"), quel sens a-t-elle ici ?
En général deux possibilités sont retenues quant à la nature de ce "ب" (bâ') (cf. Rûh ul-ma'ânî 1/49) :
– soit ce "ب" (bâ') est de isti'âna (il exprime alors le moyen grâce auquel l'action est faite) ;
– soit il est de mussâhaba (et il exprime donc l'accompagnement).
– La première de ces deux options se marie mieux avec le 1er des deux avis mentionnés en : "بسم الله" ("Bismillâh") veut dire alors : "بالله" (c'est-à-dire en fait : "بِعَوْنِ الله") : "Grâce à Dieu".
– La seconde option correspond mieux au 2nd des deux avis cités en A : "بسم الله" ("Bismillâh") signifie alors : "مع اسم الله" : "Avec le Nom de Dieu".
-
C) Le verbe sous-entendu, quel est-il : "Je commence", ou bien "Je fais" ?
– Certains ulémas disent que le verbe sous-entendu est ici : "أشرع" ("Ashra'û" : "Je commence"). "Bismillâh" signifie donc : "Je commence cette action grâce à Dieu / avec le Nom de Dieu".
– D'autres sont d'avis que le verbe ici sous-entendu est : "أفْعَلُ" ("Af'alu" : "Je fais"). "Bismillâh" veut alors dire : "Je fais toute cette action grâce à Dieu / avec le Nom de Dieu".
L'invocation que le Prophète a enseignée lorsqu'on avait oublié de dire "Bismillâh" avant de commencer à manger et qu'on se le rappelle est : "Bismillâhi awwalahû wa âkhirahû" (Abû Dâoûd 3867, 3868), soit "Avec le Nom de Dieu en sa première partie et en sa dernière partie" ; la mention de non pas seulement "sa première partie" mais aussi "sa dernière partie" laisse penser que c'est le second avis qui est pertinent ; lorsque prononcée avant le début de l'action, la formule "Bismillâh" semble bien signifier : "Je fais toute cette action avec le Nom de Dieu".
Wallâhu A'lam (Dieu sait mieux).
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Re: Islam, selon...

Message  Arlitto le Dim 7 Aoû - 18:20

L'histoire de Mahomet

Avant toute chose, il faut préciser que la vie de Mahomet ne nous est connue que par quelques allusions dans [ltr]le Coran[/ltr] et surtout par la "Sira" (ou vie de Mahomet). Mais cette "Sira" comprend une bonne part de légendes et d'enjolivements ; elle n'a été rédigée qu'un siècle après la mort du Prophète.

Mahomet serait né vers 570 ou 571 après JC en Arabie, à [ltr]La Mecque[/ltr] dans le clan des Hashim, tribu de Quraysh (Quoraïchites). Son clan était spécialisé dans le commerce des caravanes. Mais peu après sa naissance, il perdit son influence.

Le père de Mahomet était un marchand du nom d'Abdallah. Il meurt en voyage deux mois avant que n'accouche sa femme Amina en 570. Lorsque celle-ci meurt à son tour, Mahomet n'a que six ans. 

L'orphelin est élevé par son grand-père, le chef du clan des Bani Hachem (les Hachémites), puis par son grand-oncle, Abou Talib (père de son  futur gendre, Ali). 

Bien que [ltr]ne sachant ni lire ni écrire[/ltr], il assure sa fortune en épousant à 25 ans une riche veuve de quinze ans plus âgée que lui : Khadidja.
Waraqa, le cousin de cette Khadidja, était un ancien prêtre chrétien Nazaréen. (La Sira dit "...Elle se leva alors, s'habilla et alla chez son cousin Waraqa b. Nawfal b. Asad b. 'Abd al-'Uzzä b.Qusä, qui s'était converti au christianisme, avait lu l'Ecriture et avait appris maintes choses des Gens de la Tora et de l'Evangile....) Il est trés probable qu'il ait influencé les idées religieuses de Mahomet.

Devenu un notable, Mahomet organise des caravanes vers la Syrie et peut-être s'y rend-il lui-même.

Vers [ltr]l'âge de 40 ans[/ltr], en 610, le futur Prophète prend l'habitude de se retirer dans une grotte du désert, sur le mont Hira, à cinq kilomètres de [ltr]La Mecque[/ltr]. 

C'est là que, selon ses dires, [ltr]l'ange Jebrail (Gabriel)[/ltr] lui apporte pour la 1ère fois la parole de Dieu.

A son retour à [ltr]La Mecque[/ltr], l’apôtre Mahomet (il ne se dit pas encore Prophète) se présente comme l'envoyé de Allah, le Dieu unique, et il commence à révéler ses visions dans [ltr]les 90 sourates Mecquoises[/ltr].
Mais les riches marchands de la ville s’opposent à lui à cause de ses critiques véhémentes contre leur mode de vie. Ils craignent pour leurs revenus, liés aux pèlerinages à [ltr]la kaaba[/ltr], et le pourchassent, le traitant de fou, et battent ses disciples. 

Pour tenter de se concilier leur bonne grâce, Mahomet admet alors publiquement (dans [ltr]la sourate Nadjm, dite de l'Étoile[/ltr]) que les divinités païennes de [ltr]La Mecque[/ltr] (Al-Lât, Al-Uzza et Manât, les trois "filles d'Allah") existent bien et peuvent intercéder auprès de Dieu.
Tabari écrit à ce sujet : 

Puisque le Prophète de l'islam s'était aperçu que la tribu Quoraïchite était réticente à son égard et puisque cela lui fut pénible à supporter, il souhaita que quelque chose vînt de la part de Dieu pour les rapprocher à lui ; lorsque cette idée a émergé dans son esprit, Dieu a révélé ces versets : 
"Ce sont les déesses éminentes et leur intercession est admise." ([ltr]Sourate Nadjm[/ltr], versets 19 et 20) 

Lorsque les Quoraïchites ont entendu la vénération de leurs dieux (par Mahomet), ils s'en sont réjouis et lorsque Mahomet est, dans son énonciation, arrivé au moment où il fallait prosterner, il a fait la prosternation et les autres qui étaient dans [ltr]la mosquée[/ltr], contents de la vénération de leurs dieux par Mahomet, en ont fait autant. Tout croyant ou renégat s'est prosterné... et quand les Quoraïchites sont sortis de [ltr]la mosquée[/ltr], ils furent joyeux et disaient : Mahomet a rappelé nos dieux en bons termes et les a traités d'éminents dont l'intercession est approuvée... 
(Ces faits ont été relatés par Al Tabari et Ibn Sad).

Les relations s'apaisent aussitôt avec les Mecquois Quoraïchites mais, chez ses disciples de la première heure, c'est la consternation. Ils se demandent à quoi rime ce polythéisme déguisé et cet opportunisme religieux envers les idolatres.

Par chance (!), [ltr]l'ange Gabriel[/ltr] apporte alors à Mahomet une [ltr]sourate dite de Youssouf[/ltr] par laquelle il est dit que les deux versets incriminés ([ltr]les fameux "versets sataniques"[/ltr]) avaient été inspirés par Satan et donc qu'il fallait les effacer (rapporté par At Tabari et Ibn Sad). 

Et dans la [ltr]sourate Hadj (le pèlerinage de La Mecque[/ltr]),verset 52, Allah explique alors : 

"Avant lui aussi, les prophètes avaient des souhaits et Satan a fait venir leurs souhaits dans leur énonciation ..." 

Et selon le Tarikh al Moulouk va al Rossal - page 880, Allah aurait dit aussi :

"...Avant toi, nous n'avons chargé aucun envoyé ni apôtre, sans qu'au moment de leur énonciation le Satan n'y fasse des suggestions. Mais Dieu abroge ce que le Satan a suggéré." 

Cette rétractation déclencha une sévère persécution contre les pauvres de [ltr]La Mecque[/ltr], qui avaient suivi le Prophète.

En 619, l'horizon s'obscurcit encore plus avec la mort de l'épouse dévouée, Khadidja, ainsi que du puissant Abou Talib. Se sentant menacé, Mahomet essaie de partir pour l'oasis de Taïf, à une centaine de kilomètres, mais il en est chassé par les habitants.

Il épouse alors une veuve du nom de Saïda puis la très jeune fille de son disciple Abou Bakr. Elle s'appelle Aïsha et n'a que six ans alors que lui en a cinquante. Elle devint l’épouse préférée de Mahomet, détail qui révèle [ltr]ses goûts très intimes[/ltr]. (Ces faits sont relatés dans l’un des textes officiels de la tradition islamique, le hâdith 67 39).

Le [ltr]hadith[/ltr], Sahih Bukhari 7,62-64 dit :

"Le Prophète a épousé Aisha quand elle avait six ans et il a consommé son mariage quand elle avait neuf ans, et alors elle est resté avec lui pendant neuf années (c'est à-dire, jusqu'à sa mort)." 

Le [ltr]hadith[/ltr], Sahih Bukhari 1,4-229 dit

Aisha a relaté : "J'avais l'habitude de laver les traces de sperme des vêtements du Prophète et il avait l'habitude d'aller à la prière avec de l'eau encore dessus. (les traces d'eau étaient encore visibles)." 

Le [ltr]hadith[/ltr], Volume 8, livre 73, N° 151dit :

Aisha a relaté : "J'avais l'habitude de jouer à la poupée en présence du Prophète, et mes jeunes amies avaient l'habitude également de jouer avec moi. Quand l'apôtre d'Allah entrait, elles avaient l'habitude de se cacher, mais le prophète les appelais à le rejoindre et jouer avec moi"

Le [ltr]hadith[/ltr], Volume 7, livre 62, N° 17 dit :

Jabir bin 'Abdullah a relaté : Quand je me suis marié, l'apôtre d'Allah m'a dit : "A quel type de dame t'es tu marié ?" J'ai répondu : "J'ai épousé une matrone". Il a dit : "Pourquoi, tu n'as pas de penchant pour les jeunes vierges et pour les caresser?" Jabir a également indiqué : L'apôtre d'Allah a dit : "Pourquoi tu n'as pas épousé une jeune fille de sorte que tu pourrais jouer avec elle et elle avec toi ?"

Le 23 juin 622, à Aqaba, sur les bords de la mer Rouge, les représentants de Yathrib ([ltr]Médine[/ltr]), une oasis à 350 km au Nord-Est, signent avec le Prophète un pacte d'alliance et acceptent d'accueillir ses disciples mecquois, au total 70 personnes. Mahomet quitta alors finalement [ltr]La Mecque[/ltr] en septembre pour s'installer à [ltr]Médine[/ltr]. Cette période correspond à l’Hégire, ou début de l’ère islamique. 

[ltr]Médine[/ltr] était la proie de rivalités entre deux tribus arabes (Les Aws et les Khazraj) ; trois tribus juives y arbitraient ce conflit au gré de leurs intérêts. Mahomet y fut accueilli comme un médiateur et un législateur. Pour lui c'est le début d’un radicalisme politique qui ira crescendo : Désormais, dans ses 24 [ltr]sourates de la période Médinoise[/ltr], il ne se dit plus "apôtre" mais "Prophète" et son ton est bien plus dur.

Les Juifs jouent alors un rôle non négligeable dans la vie de la communauté. Il faut dire que Mahomet n'avait pas encore la prétention de professer une religion "nouvelle". Il n'y avait donc pas d'opposition avec les Juifs. D'ailleurs, la prière était tournée vers Jérusalem. 

La communauté, en fait, est surtout une association politique : Le chef des musulmans se comporte en guerrier et il multiplie les razzias contre les caravanes des Mecquois pour réunir du butin. 

Ayant alors surpris Zaynab bint Khuzaima (30 ans), épouse de son fils adoptif Ali, en petite tenue, Mahomet fut ébloui par sa beauté, et eut envie d'elle. Pour se justifier contre toute accusation d’inceste, Mahomet inventa une histoire incroyable : Une opportune (!) révélation d’Allah l’autorisa à transgresser l’interdit social et à épouser sa belle-fille :

"O prophète ! Il t'es permis d'épouser les femmes que tu auras dotées, les captives qu'Allah aura fait tomber entre tes mains, les filles de tes oncles et de tes tantes maternels et paternels qui ont pris la fuite avec toi, et toute femme fidèle qui aura donné son âme au prophète. C'est une prérogative que nous t'accordons sur les autres croyants. "([ltr]Sourate 30[/ltr], 49-51) (il y a aussi la [ltr]sourate 33[/ltr], 2-37).

Bien évidemment son fils Zaid accepta de divorcer pour répondre au désir légitime de son père et aux ordres d'Allah.

Les [ltr]hadiths[/ltr] de Boukhari Vol. 7,48 disent à ce sujet :

Lorsque fut révélé le verset coranique permettant à Muhammad de retarder le tour de n'importe laquelle de ses épouses, et lorsque Muhammad déclara qu'Allah lui avait permis de se marier avec la femme de son fils adoptif, Aïcha lui dit ironiquement: « Ô envoyé d'Allah, je vois que ton Dieu s'est vite empressé de t'exaucer. » 

La [ltr]sourate 66[/ltr], 1-5 fut également révélée inopinément (!) pour permettre au Prophète de délaisser ses épouses s'il le voulait afin de coucher avec Marya Qibtiya bint shamun appelée aussi maria la copte (une [ltr]esclave[/ltr] sexuelle qu'on lui avait donné en cadeau).

A partir de [ltr]Médine[/ltr], Mahomet organisa alors avec ses partisans trois razzias infructueuses contre les caravanes mecquoises. 

Mais en janvier 624, en un lieu appelé Nakhlah, douze disciples de Mahomet attaquent par surprise une caravane de [ltr]La Mecque[/ltr], tuent un homme d'une flèche et font deux prisonniers. L'affaire cause un grand scandale car elle s'est produite pendant le mois de rajab. Il s'agit d'une période sacrée où toute hostilité et tout meurtre étaient proscrits. 

Mais opportunément (!), Allah dicta à ce moment une sourate l’autorisant à rompre la trêve ([ltr]sourate 2[/ltr], 217). Allah accorda en plus une large part à son Prophète (il pu s'approprier un 5ème du butin !). 

A cette époque Mahomet garde les juifs de [ltr]Médine[/ltr] en haute estime. il s’attendait à ce que ceux-ci fussent les premiers à accueillir favorablement son message monothéiste; mais il fut rapidement déçu par leur méfiance et leur frilosité. En effet, les juifs ne le recevaient pas comme leur prophète et ils critiquaient même les libertés qu’il prenait avec [ltr]le récit biblique[/ltr].

Au comble de l’amertume, il se détourna du judaïsme et développa une religion qui tira désormais sa source mystique dIsmaël fils d’Abraham, et non plus de Moïse. 

Le 11 février 624, une révélation divine ([ltr]sourate 2[/ltr], 138) enjoint à Mahomet et à ses disciples que la prière rituelle se ferait désormais en se tournant non plus vers Jérusalem mais vers [ltr]la pierre noire[/ltr] de [ltr]la kaaba[/ltr], le sanctuaire des idolâtres de [ltr]La Mecque[/ltr]. (en fait les chroniques occidentales indiquent que ce changement se serait fait bien plus tard). La rupture avec les juifs avait commencé.

Parallèlement, Mahomet fit peu à peu assassiner, avec l’accord d’Allah, tous ceux qui lui étaient opposés ou qui l’avaient critiqué 

Ainsi Abu Afak, un juif centenaire avait osé composer une satire lyrique du Prophète (Kitab al Tabaqat al Kabir, Volume 2, par Ibn Sa’d, page 32). Mahomet s'est exclamé: "Qui mevengera sur cette crapule?" et Salim ibn Umayr est parti le [ltr]tuer[/ltr] dans son sommeil.

Puis la poétesse Asma bint Marwan, mère de 5 petits enfants, écrivit une poésie critiquant les Arabes pour avoir laissé Mahomet assassiner un vieil homme. Apprenant ses dires, Mahomet questionna : «N’y aurait-il donc personne pour me débarrasser de la fille de Marwan ?» Umayr ibn Adi, un musulman (aveugle ?) se porta volontaire et poignarda la malheureuse dans son lit, alors qu’elle donnait la tétée à son plus jeune enfant.(Sirat Rasul Allah). Lorsque, pris de remord, Umayr exprima ses craintes d'être puni de ce meurtre par Allah, Mahomet le rassura en lui disant que «Même deux chèvres ne se disputeraient pas pour cela». Il dit aussi : "Oh sois témoin, aucune revanche n'est payable pour son sang !" (Aba Dawud Livre 38, 4348)

En 624, le Prophète attaqua victorieusement une caravane Mecquoise au puits de Badr (avec l'appui d'anges invisibles). En souvenir, ce mois devint le Ramadan. 

Parmi les prisonniers se trouvait le conteur Al Nadr qui s’était autrefois illustré en se moquant du prophète à [ltr]La Mecque[/ltr] et en disant que les sourates étaient des fables. Ivre devengeance, Mahomet en profita pour l’exécuter.

Mahomet dit à ses hommes: "Quiconque d'entre vous rencontrera Abou-Djahl, qu'il ait soin de ne pas le laisser échapper. Si vous ne le rencontrez pas, cherchez le parmi les morts ; car Dieu m'a promis qu'il serait tué aujourd'hui. Si vous ne le reconnaissez pas à son visage qui pourrait être couvert de poussière, vous pourrez le distinguer à une cicatrice qu'il a au pied ;...[ltr]tranchez lui la tête[/ltr] et amenez la moi. !"... ce qui fut fait.
Mahomet dit à Uqba bin Abi Mu`ayt : "Je fais à Dieu le voeux que si je te saisis en dehors de [ltr]La Mecque[/ltr], je te ferai [ltr]couper la tête[/ltr] !".

Les textes disent ensuite : 

Deux jours après, à mi-chemin vers [ltr]Médine[/ltr], Uqba, un autre prisonnier, avait été ordonné à l’exécution. Il tenta de protester et demanda pourquoi il devait être traité avec plus de rigueur que les autres captifs. «En raison de ton inimité avec Allah et son prophète», répondit Mahomet. «Et ma petite fille ! cria Uqba dans l’amertume de son âme, qui prendra soin d’elle ?». «Les feux de l’enfer !» s’exclama le Prophète. Et à cet instant, la victime fut fendue jusqu’aux pieds. «Misérable que tu es !» continua-t-il, «Et persécuteur ! Mécréant qui ne crois ni en Allah, ni en son prophète, ni en son livre ! Je remercie le seigneur qui t’as tué, et ainsi a consolé mes yeux !». (bn Hisham, Sirat de Mahomet)

Uqba n’était n'avait pourtant pas persécuté les premiers musulmans : Il mourut pour la simple et bonne raison qu’il refusa l’Islam, fidèlement à ses convictions personnelles.

Mahomet ordonna également le meurtre du poète critique juif Ka'b ibn al-Ashraf, parcequ'il avait récité à [ltr]La Mecque[/ltr] un ode funèbre pour les Mecquois tués par les musulmans (et aussi parcequ'il taquinait les musulmans en adressant des vers d'amour à leurs femmes). Abû Nâïla, assassina alors le poète durant la nuit, près d’une cascade, aprés l'avoir traitreusement attiré hors de sa forteresse. Il était pourtant son frère adoptif. Quand Abû Nâïla jeta la [ltr]tête coupée[/ltr] de Ka'b aux pieds de Mahomet, celui-ci s’écria : «Cela m’est plus agréable que le plus beau chameau de toute l’Arabie.» Puis il le félicita et lui fit don d'un bâton sur quoi s'appuyer dans le paradis. 

Le lendemain ce fut au tour de Ibn Sunayna d'être assassiné par son ami musulman Muhayyisa ben Masud parcequ'il était juif lui aussi. Le frêre de Muhayyisa s’écria alors que «Une religion qui pousse à faire cela est certainement merveilleuse !»

Ces assassinats troublèrent cependant quelques âmes sensibles et le Prophète trouva le moyen de se justifier par une nouvelle sourate bien opportune (!) : « Il n’appartient pas au prophète de faire des captifs, tant que, sur Terre, il n’a pas complètement vaincu les incrédules.» ([ltr]sourate 8[/ltr],67). 

Peu après la [ltr]bataille[/ltr] de Badr, un incident mit le feu aux poudres. Une musulmane ayant été molestée au marché par des juifs de la tribu des Banû-Qaynuqâ', des [ltr]batailles[/ltr] entre musulmans et juifs s'ensuivent. La tribu mise en cause se trouva bientôt assiégée par les musulmans puis fut expulsée de [ltr]Médine[/ltr] et ses biens confisqués.

En 625, la deuxième tribu juive, celle des Banû-Nadhîr, fut accusée de pactiser avec les habitants de [ltr]La Mecque[/ltr] (Allah aurait révélé qu'ils voulaient assassiner son Prophète) et durent s'enfuir à Quaybar après une violente [ltr]bataille[/ltr]. Mahomet fit couper et brûler leurs palmeraies sur l'ordre d'Allah : «Ce que vous coupez de souple ou que vous laissez debout sur sa tige, c'est sur l'ordre d'Allah et pour confondre les mécréants.»
Ilt fit [ltr]tuer[/ltr] aussi Kab, chef des Banû-Nadhîr et poête satiriste, ainsi que sa femme, car ils s'étaient moqué de lui.

Mahomet était devenu le maître de [ltr]Médine[/ltr]. Il devint riche et puissant grâce au butin des razzias et du tribut qu’il exigeait des vaincus. Il s'était associé aux pillards Banou Damréh ainsi qu'à Abouzar de la tribu des brigands de Ghafar. La tribu des Banou Madlidj qui était idolâtre s'est alliée aussi au Prophète uniquement dans l'intention de s'emparer des butins obtenus dans les attaques aux caravanes. Mahomet a mené ainsi soixante trois razzias en tout (contre une seule guerre défensive). Ses victoires devaient démontrer à ses fidèles la pertinence de son message.

Les Mecquois, excédés par le pillage de leurs caravanes, montèrent une expédition avec Abu Sufyan contre Mahomet. Ils le battirent d’abord à Uhud le 21 mars, puis entreprirent le siège de [ltr]Médine[/ltr] en 627 pendant 15 jours ("[ltr]bataille[/ltr] du fossé"). Mais Mahomet ayant fait creuser un fossé défensif autour de la ville, les Mecquois durent lever le siège. 

Le Prophète en profita pour accuser et attaquer la dernière tribu juive de [ltr]Médine[/ltr] : les Banu Qurayza (qui pourtant avaient participé à la défense). Aprés un siège d'un mois, il leurs fait dire qu'ils ont le choix entre se convertir à l'islam ou bien de mourir. Malgré leur rédition, [ltr]Mahomet décide de massacrer, sur ordre d’Allah, tous les membres mâles de la tribu (600 à 800 hommes)[/ltr]. Ils furent horriblement torturés, pour qu'ils avouent où ils avaient cachés leurs trésors, puis, emmenés par groupe de cinq, ils furent tous [ltr]décapités[/ltr] et jetés dans des fosses communes creusées prés de la place du marché de [ltr]Médine[/ltr]. Les femmes et les enfants furent vendus comme [ltr]esclaves[/ltr]. Après le carnage, Mahomet pris pour concubine la belle Rayhana bint umru bin hanafa, veuve de l’un des suppliciés. 

Le [ltr]hadith[/ltr], Sahih Bukhari 5,59,362 dit à ce sujet :

"Il a alors [ltr]tué[/ltr] leurs hommes et a distribué leurs femmes, leurs enfants et leurs propriétés parmi les musulmans, mais certains d'entre eux sont venus vers le prophète et il leur a accordé la sécurité, et ils ont embrassé l'islam. Il a exilé tous les juifs de [ltr]Médine[/ltr]. Ils y avait des juifs de Bani Haritha et tous les autres juifs de [ltr]Médine[/ltr]"

Ibn Ishaq a écrit à la page 466 du Sirat Rasulallah ::

"Alors l'apôtre a divisé la propriété, des épouses, et des enfants des Banu Qurayza entre les musulmans, il a fait connaître à ce jour les parts concernant les chevaux et les hommes, et en a pris le cinquième ",(Mahomet et sa famille ont obtenu un cinquième des prises de guerre). Puis l'apôtre a envoyé Sa'd. . . avec certaines des femmes captives des Banu Qurayza à Najd pour qu'il les vende contre des chevaux et des armes."

Lz [ltr]hadith[/ltr] 669 dit :

Quelques gens de la tribu d'Uraina sont venus au Prophète et il leur a dit qu'ils pourraient aller aux chameaux de Sadaqa et boire leur lait et urine (utilisée à guérir des certaines maladies). D’abord tout était bien mais alors ils se sont battus sur les bergers et les ont [ltr]tués[/ltr], ont devenus des apostats de  l’Islam et ont enlevé les chameaux de Muhammad. Il a envoyé des hommes pour les rentrer. Le Prophète Sacré a ordonné leurs mains coupées, leurs pieds coupés, leurs yeux éteints yeux crevés] et les avait jeté sur la terre rocailleuse jusqu'à ce qu'ils soient morts

Le [ltr]hadith[/ltr], Sahih Bukhari 8, 82, 794 dit :

Anas a relaté : Certains de la tribu d'Ukl sont venues chez le Prophète et ont embrassé L'islam. Le climat de [ltr]Médine[/ltr] ne leur convenait pas, alors le prophète leur a ordonné de boire l'urine et le lait des chameau pour se soigner. Ils l'ont fait et ont récupérés de leur mal. Mais ils se sont détourné de l'islam et ont tué le berger des chameaux et sont partis avec les chameaux. Le Prophète envoya certains à leur poursuite et ainsi ils les ont attrapés et rapportés, et le Prophète a commandé que leurs mains et jambes devaient être tranchées et que leurs yeux devraient être marqués au fer rouge et que leurs mains et leurs jambes coupées ne soient pas cautérisées, et ceci jusqu'à ce qu'ils meurent. (... "et il furent jetés à Al-Harra et ils moururent de soif".)

Abu Dawud 38A357 a écrit :

Quand l'Apôtre de Allah a coupé les mains et pieds de ceux qui avaient volé ses chameaux et apostasié, et il a ordonné que leurs yeux soient éteint par feu, Allah l'a réprimandé et a révélé: "La punition de ceux qui font la guerre contre Allah et Son Apôtre et s'efforcent de toutes leurs forces pour la méchanceté à travers la terre est l’exécution ou la crucifixion."

A partir de 627 le Prophète lanca une politique d'agression systématique des autres tribus.

Il attaqua les tribus des Bani Moustalik et les juifs de Wadil Qora, enleva les femmes et les enfants de la tribu des Moshjarik, pilla des caravanes, prit l'oasis juive de Fadak (qui devint bien personnel de Mahomet) et dit aux juifs Beni Qainoqa : "Si vous n'embrassez par l'islam, je vous déclare la guerre !"

Puis il lanca une expédition contre les juifs de Quaybar. Il commenca par inviter leur chef à un pourparler et en profita pour le faire assassiner avec toute sa suite en cour de route.

Dans la "Vie de Mahomet", page 515, il est écrit :

"Il a attaqué la ville juive de Quaybar où il a pris un des chefs juifs et l'a torturé pour le forcer à dire où était enterrée son argent. Après que l'homme ait refusé de parler, et comme il était presque mort du fait de la torture, Mahomet a ordonné que [ltr]sa tête soit tranchée[/ltr]."

Dans cette ville il fit torturer et tuer l'oncle, le père, et le mari de Safia bint Hayi bin Akhtab (17 ans). Puis il fit de celle-ci son [ltr]esclave[/ltr] par les droits de la guerre et l'obligea à partager sa couche. Safia elle même déclarait, selon les [ltr]hadiths[/ltr], que "Personne ne lui paraissait plus détestable que Mahomet.

Lors du banquet qui s'ensuivi, La belle Zaïnab de Quaybar, tenta d'empoisonner Mahomet avec un plat de viande empoisonné, mais le prophète vomit le poison et guérit. Lorsqu'il demanda à Zaïnab la raison de son geste, elle répondit : "Tu as causé à mon peuple de grands maux et j'ai pensé : si tu n'es qu'un simple chef d'armée, je sauverai mon peuple en causant ta mort, mais si vraiment tu es prophète, Dieu t'avertira de mon projet et tu survivras." Mahomet fit immédiatement mettre à mort l’héroïne juive.) 

Un autre texte donne la version suivante :

Zaïnab la juive, fille d'Al Harith, épouse de Sellem ibn Michkam, envoya au prophète un mouton roti qu'elle avait empoisonné. Elle demandant auparavant quelle était la partie que le prophète préférait, et comme on lui apprit que c'était l'épaule, elle mit baucoup de poison sur cette partie. Dés que le prophète mordit l'épaule du mouton qui lui avait été offert, il fut averti que la viande était empoisonnée et il recracha ce qu'il avait dans la bouche.

Ensuite, il fit réunis tous les Juifs et leur demanda "Direz vous la vérité si je vous demande quelque chose?" "Oui, répondirent ils". "Avez vous mis du poison dans ce mouton?" "OUI dirent ils encore". Et quelqu'un vous a portés à le faire ?" demanda-t-il. "Nous avons voulu nous débarasser de toi, au cas où tu aurais été menteur; par contre, si tu es vraiment un prophète, cela ne te fera rien". 

On amena ensuite la coupable auprés du messager de Dieu et elle confirma qu'elle avait cherché à l'assassiner. Les musulmans voulurent la [ltr]tuer[/ltr] mais sur le moment le prophète ordonna qu'on la libère et il ne la punit pas sur le moment. Cependant, lsq Bichir Ibn Al barra ibn Maa'rour qui avait mangé aussi la viande empoisonné mourrut, alors il la fit [ltr]tuer[/ltr].

Après quelques ultimes escarmouches sans succès, les Quoraïchites de [ltr]La Mecque[/ltr] comprirent qu’il ne leur restait plus qu'à faire la paix. 

En mars 628 fut signé le pacte de Hudaibiyah qui stipulait une trève de dix ans, mais, comme le Prophète l'explique dans [ltr]le Coran[/ltr], "la parole donnée aux mécréants peut être reprise sans scrupules". 

En 629, le traité d’Hodaïbiya autorisa les musulmans à effectuer un pèlerinage l’année suivante à [ltr]La Mecque[/ltr] et, le 11 janvier 630, Mahomet en profita pour entrer par surprise dans la ville à la tête d’une armée de 10 000 hommes et s'en empara sans même livrer [ltr]bataille[/ltr]. En quelques heures, les Mecquois sont convertis ou supprimés (30 exécutions). Triomphant, Mahomet épousa la fille de son ennemi Abu Sufyan. Il fait ensuite [ltr]décapiter[/ltr] l'apostat Abdallah ibn Abou Sahr, le poête satiriste Abdallah ibn Khatal et Howairith ibn Noqaïd. Il fait aussi condamner à mort l'[ltr]esclave[/ltr] affranchie Sara et les chanteuses Qariba et Fartana. Lui échappent Hind (femme d'Abou Sufyan), Ikrima et Cafwan ibn Ommayya (à qui Mahomet avait dit : "Tu as à choisir entre le sabre et l'islam !") qui parviennent à s'enfuir.

Les idoles de [ltr]La Mecque[/ltr] sont toutes détruites (sauf [ltr]la pierre noire[/ltr]), les vignes sont arrachées.

Les juifs et chrétiens de Makna, Eilat et Jarba sont ensuite soumis, la ville de Taïf est prise, la tribu des Beni Djadsimaa est massacrée et les musulmans font la guerre contre les tribus hawazites.

En 631 la ville byzantine de Tabouk est soumise et les chrétiens doivent payer le tribut.

Les tribus chrétiennes des Abdul Qaïs, Nadjranites, et Taghlibites sont soumises.

Mahomet conduira encore quelques raids vers la Syrie et les ports de la Mer Rouge. 

En 632 il accomplira [ltr]le pèlerinage[/ltr] annuel devant plusieurs milliers de fidèles : c'est le même [ltr]pèlerinage[/ltr] que pratiquaient ses ennemis païens, et devant la même "[ltr]pierre noire[/ltr]" ; mais ce[ltr]pèlerinage[/ltr] sera désormais interdit à tout "mécréant", malgré les accords, suite à la révélation de la [ltr]sourate 9[/ltr], 1 et 28. Tous les rituels paiens du [ltr]pèlerinage[/ltr] seront cependant conservés par les musulmans, en étant justifiés par des légendes attribuées à des personnages de [ltr]la Bible[/ltr].

Mahomet retournera ensuite à [ltr]Médine[/ltr] où il mourra de maladie le 8-6-632. 
Au dernier moment, Mahomet se couvrit le visage de son "khamisa" puis, lorsqu'il eut chaud et manqua d'air, il découvrit son visage et dit : 

"Qu'Allah maudisse les Juifs et les Chrétiens, car ils ont élevé des lieux de prière sur les tombes de leurs Prophètes". (selon Aïsha et 'Abdullah bin 'Abbas).

A propos de la maladie du prophète : On rapporte ce [ltr]hadith[/ltr] de Aicha : 

Au cours de la maladie à la suite de laquelle il mourrut, l'envoyé de Dieu disait : "O Aicha !, je ne cesse de ressentir la souffrance que m'a fait éprouver le mets que j'ai mangé à Quaybar. Le moment est venu où mon aorte va se briser sous l'influence de ce poison"

Rien ne pouvait arrêter la lente action de ce poison.

Le Prophète avait demandé à ses compagnons de ne pas l'ensevelir après sa mort, car  il serait élevé au ciel. Mais après trois jours, son cadavre commença à dégager une odeur fétide, et ses disciples, déçus de son mensonge, le mirent en terre. La tradition musulmane prétendra que c'est Mahomet qui aurait finalement choisi, après sa mort, de ne pas s'élever et de finir comme le commun des mortels... 

Voilà :

C'était l'histoire de ce grand prophète, infiniment sage, infiniment généreux, gentil, dévoué et compatissant, et dont la haute spiritualité est évidente aux yeux de tous...
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Re: Islam, selon...

Message  Arlitto le Dim 7 Aoû - 18:20

FAQ : Réponses à dix propos fréquents des habitués de l'Islam
 
 
Adapté de [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] Fatima interroge Grace et Yusuf interroge Marc. Auteur indiqué : Maurer A.
Notes : La numérotation des références du Coran (« C ») est basée sur l’édition du Coran français-arabe de Médine (Arabie Saoudite) de 1410/Hégire. — La numérotation des versets coraniques n’est souvent pas régulière. Elle peut varier d’une édition à l’autre de cinq versets ou même davantage. — Les références de l’Évangile de Barnabas (Év.B.) sont tirées de l’édition anglaise de Lonsdale et Laura Ragg (1984). — Les références bibliques sont abrégées selon les abréviations les plus courantes.
 
Les affirmations à éclaircir :
1     J’ai entendu dire que la Bible a été changée et falsifiée !
2     Les chrétiens ont plusieurs versions de la Bible !
3     Dieu n’a pas de Fils ! (C 19:35)
4     Jésus ne peut pas être Dieu ! (C 5:17)
5     Jésus n’a pas été crucifié ! (C 4:157)
6     Jésus n’était qu’un prophète pour Israël, alors que Mahomet était un prophète universel !
7     Il n’y a qu’un seul Dieu, non pas trois dans une trinité ! (C 4:171 ; 5:73)
8     L’évangile de Barnabas est le « véritable Évangile » !
9     La venue de Mahomet a été prédite par la Bible («  le Prophète » de Deut 18:18 ou le « Paraclet » de Jean 14-16)
10       C’est par de bonnes œuvres qu’on entre au paradis !
 
1        J’ai entendu dire que la Bible a été changée et falsifiée !

Attention ! Premièrement, le Coran affirme avec certitude que la Bible est la Parole de Dieu et que personne ne peut falsifier la Parole de Dieu. (C 5:44-48 ; 6:34)

Et la Bible elle-même témoigne de sa propre inspiration divine, confirmant qu’elle est véritablement la Parole de Dieu révélée par écrit (2 Tim. 3:16 ; 2 Pierre 1:16-21 ; Apoc. 22:19)

Si malgré cela, quelqu'un veut affirmer que la Bible a été changée et falsifiée, il doit fournir les preuves nécessaires et répondre de manière convaincante aux questions suivantes :

·       Quand et pourquoi a-t-elle été falsifiée ?

·       Qui l’a falsifiée ?

·       Où se trouve alors la Bible « originale »



2        Les chrétiens ont plusieurs versions de la Bible !

Ces versions ne sont toutefois pas des textes différents, mais des traductions différentes de documents originaux identiques. De toute évidence, la Bible a été traduite dans de nombreuses langues différentes et, souvent des traductions plus récentes ont paru, notamment en suivant l’évolution de la langue au fil des années. Cependant, la signification du texte et son message n’ont pas été changés. (Gal. 1:6-12 ; 1 Thess. 2:4)



3        Dieu n’a pas de Fils ! (C 19:35)

Je suis d’accord que Dieu n’a pas eu de relation physique avec Marie (Luc 1:34-35) qui aurait donné naissance à un fils. Dans ce contexte, le terme « fils » (Jean 1:18, 10:36 ; Matt. 17:5) se réfère à la relation spéciale entre Dieu, le Père, et Jésus, le Fils. Jésus était dans une proche intimité de Dieu (Jean 17:1-5) comme un fils avec son père. 

Les gens utilisent de nombreuses images pour exprimer une relation spécifique ; ainsi les Arabes emploient le terme « fils-de-la-route » pour parler d’un voyageur, mais c’est bien entendu une image différente dans le cas de Jésus et de Dieu le Père. De tels exemples ne peuvent être que des images imparfaites, mais ils nous permettent de comprendre un peu les choses de Dieu. En effet, nous, les mortels, sommes incapables de saisir parfaitement qui est Dieu, car Il est Esprit et Il est infini (2 Chroniq. 2:6 et 6:18 ; Job 11:7 ; És. 40:28).



4        Jésus ne peut pas être Dieu ! (C 5:17)

Jésus est la seule personne qui ait vécu sur la terre sans pécher (Héb. 4:14-15). En Jésus, Dieu était avec nous (Matt. 1:23), car Il a proclamé : « Moi et le Père, nous sommes un » (Jean 10:30).

Jésus, qui est devenu homme (1 Tim. 2:5), a été le reflet (l’apparition, la manifestation) physique de Dieu sur la terre (Col. 1:15 ; Héb. 1:1-3). Rien n’est impossible à Dieu (Luc 1:37). S’Il désire apparaître sur la terre de cette manière et, simultanément, continuer à diriger l’univers, qui pourra l’en empêcher ? (voir ses miracles où il commande au vent et à la mer en tempête Matt. 8:24-27, et aux poissons, Matt. 17:27 ). 

Les chrétiens sont monothéistes. Ils croient résolument en un seul Dieu (Deut. 4:35 ; Marc 12:29), comme l’enseigne la Bible !



5        Jésus n’a pas été crucifié ! (C 4:157)

Il y a des preuves évidentes de la crucifixion de Jésus :

1 — Elle avait été annoncée par les prophètes de l’Ancien Testament (És. 53 ; Ps. 22:1-18 ; Zach. 12:10).

2 — Jésus a souvent parlé en détails de sa mort prochaine (Luc 9:22 ; 22:37), y compris de la  manière dont il allait mourir (Jean 12:32-33).

3 — Des témoins oculaires (les apôtres) en ont témoigné (2 Pierre 1:16-18 ; 1 Jean 1:1-3 ; 1 Cor. 15:3-8).

4 — Des historiens l’ont rapporté.

5 — De nombreuses personnes en témoignent parce que leur vie a changé (Actes 4:8-13 ; 7:56 ; 24:24).



6        Jésus n’était qu’un prophète pour Israël, alors que Mahomet était un prophète universel !

Durant son ministère, Jésus a tout d’abord enseigné Ses disciples (Matt. 10) pour les préparer à proclamer l’Évangile. Certes il a commencé par Israël, où il était né, mais dès son premier discours dans l’évangile de Luc, il a parlé des prophètes qui n’étaient pas reçu dans leur pays, et qui apportaient alors la bénédiction au dehors (Luc 4:24-30). À plusieurs reprises Jésus s’est adressé à tous ceux qui voulaient  l’écouter (Matt. 11:1 ; Luc 5 ; Jean 4). 

À la fin de sa mission sur la terre, Il a donné formellement à ses disciples l’ordre (Marc 16:15 ; Matt. 28:18-20 ; Actes 1:8) d’aller dans le monde entier et de proclamer la Bonne Nouvelle (= évangile) à toute la création. Ceci montre que le message de Jésus s’adresse à tous les peuples de la terre.

Il faut savoir que le Coran atteste aussi l’universalité de Jésus ! (C 19:21 ; 21:91)



7        Il n’y a qu’un seul Dieu, non pas trois dans une trinité ! (C 4:171 ; 5:73)

Les chrétiens croient fermement qu’il n’y a qu’un seul Dieu ! La Bible Le décrit en trois personnes : le Père, le Fils et le Saint Esprit (Matt. 28:19 ; Jean 14:26 ; 2 Cor. 13:14 ; 1 Pierre 1:2). Nous avons plusieurs exemples dans la nature de trois choses en une, par exemple : le soleil consiste en un corps, en lumière et en chaleur ; c’est une image imparfaite et insuffisante, mais qui peut aider à saisir. L’enseignement de la Bible au sujet de la trinité nous permet de mieux connaître Dieu. L’unité entre le Père, le Fils et le St Esprit est parfaite, contrairement à tous les dieux multiples des religions païennes. Le Père, le Fils et le St Esprit ont une parfaite unité de pensée, d’intention, d’action, de réalisation, de puissance, de manifestation. Et Dieu cherche à se révéler, c'est-à-dire à se faire connaitre des hommes. C’est pourquoi Il est venu sur la terre en la personne de Jésus (Jean 1:1-4 ; Héb. 1:2).



8        L’évangile de Barnabas est le « véritable Évangile » !

De nombreux experts ont étudié cet « Évangile » et ont prouvé qu’il a été conçu séparément de la Bible. Il a été écrit plusieurs siècles après les quatre Évangiles. Il contredit la Bible en maints endroits, et même le Coran. Par exemple, Jésus prend le rôle de « préparateur » de la venue du Messie et Mahomet est nommé le « Messie » (Év.B. 97:191).

Il comporte plusieurs erreurs géographiques et historiques qui prouvent que l’auteur manquait de connaissances nécessaires concernant l’origine de ces événements (Év.B. 20:21).



9        La venue de Mahomet a été prédite par la Bible («  le Prophète » de Deut 18:18 ou le « Paraclet » de Jean 14-16)

Les passages en question ne parlent pas de Mahomet, ce qui se démontre aisément en lisant soigneusement ces textes. 

L’Ancien Testament en Deutéronome 18 annonce un prophète qui serait semblable à Moïse : L’Éternel, ton Dieu, te suscitera du milieu de toi, d’entre tes frères, un prophète comme moi (Moïse) ; vous l’écouterez (Deut. 18:15-18). Ce prophète doit donc être Israélite (« d’entre tes frères ») et ne peut donc pas être Mahomet. Par contre ce passage annonce bien à l’avance Jésus Christ comme le prophète à venir (Actes 3:17-23). Jésus a effectivement été semblable à Moïse, parce qu’Il a apporté une nouvelle alliance (Héb. 12:24), parce qu’Il connaît Dieu face à face (Matt. 17:1-5) et parce qu’Il a accompli des prodiges et des miracles (Matt. 8:23-27).

Le Paraclet (mot grec traduit souvent par « Consolateur » ou « Avocat ») dont parle spécialement Jean 14 à 16 est clairement le Saint Esprit et non Mahomet (Jean 14:16, 17, 26 ; 15:26 ; 16:23). 

Lorsque Jésus a dit : « …il sera en vous … » (Jean 14:17), Il a parlé du Saint Esprit, car comment Mahomet, qui est un être humain, aurait-il pu vivre « dans » les disciples de Jésus ?



10   C’est par de bonnes œuvres qu’on entre au paradis !

Le paradis ou le ciel est un lieu parfaitement saint (2 Tim. 4:1 ; 1 Pierre 5:4). Seules des personnes absolument parfaites y sont admises (Matt. 5:48).

Même si nous nous efforçons d’accomplir de bonnes œuvres (Rom. 3:20 ; Éph. 2:8-9), nous n’atteindrons jamais la perfection divine : Nous restons des pécheurs. Dieu le sait et c’est pourquoi Il nous offre la purification parfaite au moyen du sacrifice de Jésus Christ (1 Pierre 1:18-19 ; Héb. 10:10). Jésus est donc notre substitut, car Il a payé pour nos péchés (2 Cor. 5:21) ; nous ne pouvons pas être purifiés autrement, ni nous purifier par nous-mêmes. Si tu acceptes cette offre, une place te seras préparée au ciel (Rom. 10:9 ; 1 Jean 5:11-13 ; Jean 3:36). Tu seras reconnaissant envers Dieu et par gratitude tu feras le bien (Tite 2:14).
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Re: Islam, selon...

Message  Arlitto le Dim 7 Aoû - 18:21

La première dissidence chrétienne et les origines de l'islam
 par J. Habib Allah
 
Le premier siècle
 
C'est à peine une vingtaine d'années après la disparition de Jésus(1) qu'eurent lieu les premières dissensions sérieuses dans la communauté. Les disciples qu'il avait recrutés de son vivant, et en particulier les apôtres auxquels il avait confié la proclamation de son message, étaient tous d'origine juive, et le groupe que constituaient ses adhérents n'avait pas rompu ses attaches avec le judaïsme. Ainsi, le livre des Actes des Apôtres nous montre à plusieurs reprises les premiers chrétiens - qui portaient alors le nom de nazaréens - fréquenter le temple de Jérusalem(2) et les synagogues(3). Les nazaréens pouvaient passer pour n'être qu'une secte juive de plus, comme l'étaient depuis longtemps les pharisiens, sadducéens et autres esséniens. Juifs de naissance dans leur immense majorité, ils continuaient à pratiquer la Torah, législation ancestrale que l'on disait remonter à Moïse. Circoncision, interdits alimentaires, sabbats faisaient partie du patrimoine des nazaréens et des autres juifs. Tout ce qui distinguait le nouveau mouvement, c'était sa croyance que le Messie était déjà venu et que, temporairement occulté, il allait revenir en gloire à la fin des temps. La croissance exponentielle du groupement nazaréen provoquait, il est vrai, des jalousies et des tensions avec les groupes plus anciens du judaïsme(4), mais jamais l'appartenance des nazaréens au peuple d'Israël ne fut remise en cause.
 
Jusqu'à l'arrivée d'un fauteur de troubles nommé Paul. Ce juif de la diaspora anatolienne(5), pharisien et spécialiste de la Torah, qu'il avait étudiée sous la direction de Hillel, le plus grand maître de son temps, avait d'abord réagi avec fanatisme à l'apparition de la nouvelle secte, dont il s'était mis à pourchasser les membres. Alors qu'il était en chemin pour Damas, où il voulait extirper l'hérésie qui prenait pied parmi la communauté juive de l'endroit, une vision soudaine l'avait jeté à bas de son cheval et, de persécuteur des nazaréens, il devint nazaréen lui-même(6). Avec autant de conviction qu'il en avait mis à persécuter les adeptes de Jésus, il commença à prêcher la nouvelle " voie " dans les synagogues. L'affaire fit grand bruit et les choses se gâtèrent quand Paul se mit à convertir des Grecs et des Romains, organisant des communautés en Syrie, puis en Anatolie et en Grèce. Si les dirigeants de la communauté de Jérusalem voyaient le nouveau venu avec un mélange de sympathie et de scepticisme, certains nazaréens qui auparavant avaient été des Pharisiens stricts commencèrent à s'inquiéter sérieusement quand on apprit que Paul, non content de constituer des communautés composées principalement d'anciens païens, ne leur demandait rien d'autre que la conversion intérieure et le baptême. Les opposants à Paul estimaient que la conversion au Messie étant une conversion à une forme de judaïsme, il fallait exiger la circoncision et l'observation intégrale de la Torah. Le conflit finit pas éclater au grand jour, lorsque des nazaréens d'origine pharisienne, de passage à Antioche, s'avisèrent de soulever la question d'une manière plutôt polémique, ce qui amena les uns et les autres à en référer aux dirigeants de Jérusalem(7). Ceux-ci n'étaient autres que Jacques, le frère de Jésus, entouré des apôtres, au premier rang desquels figuraient Pierre et Jean(8).
 
C'est donc en l'an 49 qu'eut lieu ce qu'on appela depuis le "concile de Jérusalem", dont le récit figure au quinzième chapitre du livre des Actes des Apôtres. Bien entendu, ce récit peut être partisan, puisqu'il figure dans un livre rédigé par l'évangéliste Luc, un proche de Paul. Il est donc légitime de se demander si Luc n'a pas tendance à atténuer la véhémence des débats, qui ont peut-être été plus passionnés que ce qu'il nous en dit. Quoi qu'il en soit, si l'on en croit Luc, la réunion se termina par une belle unanimité, puisque Jacques, Pierre et les autres apôtres proposèrent un modus vivendi dont la teneur est à peu près la suivante : Paul garderait toute liberté d'évangéliser les non juifs sans leur demander la circoncision et les autres observances de la Torah, et organiserait "l'Eglise des Nations". Pendant ce temps ; Jacques présiderait aux destinées d'un autre groupe, celui des nazaréens d'origine juive, qui continuerait à pratiquer la Torah pour marquer son lien avec le judaïsme palestinien ambiant. Les deux groupes étaient invités à la tolérance et à la compréhension mutuelle(9). En particulier, les nazaréens considéraient le groupe de Pierre et Paul comme des frères à part entière, adorant le même Dieu et sauvés par le même Messie, et s'ils continuaient à pratiquer la Torah de façon stricte, cela procéderait de leur héritage culturel et religieux, mais ne devait pas être imposé aux autres comme condition de salut. Pendant ce temps, les nouvelles communautés formées par les Grecs continueraient leur expansion sans oublier qu'elles avaient une dette de reconnaissance envers la communauté nazaréenne de Jérusalem, la "mère de toutes les Eglises"(10).
 
On connaît la suite de l'histoire, l'expansion rapide du mouvement "chrétien" autour du bassin méditerranéen, sous la houlette de Pierre et Paul. Nous ne réécrirons pas cette histoire, mais nous nous intéresserons plutôt aux destinées du mouvement nazaréen ou "judéo-chrétien", comme l'on dit aujourd'hui dans les cercles académiques. Force est de constater que le concile de l'an 49 à Jérusalem n'a pas mus fin aux problèmes déjà évoqués. Il semble bien, au contraire, que la communauté nazaréenne fut déchirée par le schisme au lendemain de ces événements. Il y eut désormais ceux qui acceptaient la décision apostolique, et ceux qui ne l'acceptaient pas. On ne sait pas au juste quand ceux-ci se constituèrent en communauté séparée. Peut-être formèrent-ils dans un premier temps une dissidence à l'intérieur du groupe nazaréen. Cela expliquerait pourquoi, malgré des rapports qu'il dit fraternels avec Jacques, Paul a sujet dans ses épîtres de se plaindre de nazaréens provenant "de chez Jacques"(11) et qui continuaient de polémiquer avec lui, au point d'aller jouer aux redresseurs de torts dans les communautés de sa fondation en tentant de persuader les chrétiens de Galatie ou de Grèce de se faire circoncire. Les épîtres de Paul, à maintes reprises, montrent le souci que de telles entreprises causaient à l'Apôtre des Gentils. L'épître aux Galates, pour ne nommer qu'elle, est tout entière consacrée à une polémique sans pitié (et souvent sans la moindre courtoisie contre les propagateurs du nazaréisme extrémiste(12).
 
Une génération plus tard, le dernier apôtre vivant est le disciple bien-aimé, Jean. De Palestine, celui-ci s'est transporté à Ephèse, en Asie Mineure, où il dirige une communauté chrétienne importante. Avec Jean, la transformation du "christianisme" lancé par Paul est complète ; l'Evangile qui s'inspire de son enseignement n'hésite pas à s'ouvrir par un prologue où Jésus est appelé le "logos" divin, vocable emprunté à la tradition philosophique grecque(13). Le mouvement, déjà amorcé avec Paul, d'une pénétration toujours croissante de la pensée et du vocabulaire philosophique grecs dans le christianisme est lancé pour de bon. Cela aboutira plus tard, aux troisième et quatrième siècles, à la pensée des Pères de l'Eglise et à la formulation du dogme orthodoxe au concile de Nicée (325). L'emploi des catégories de pensée grecques soulèvera parfois de sérieux problèmes : c'est sur l'emploi des notions de "nature" (gr. physis) et de "personne" (gr. hypostasis), appliqués à la divinité et à l'humanité du Christ, que des débats houleux agiteront l'Eglise pendant plusieurs siècles. Pendant ce temps-là, que deviennent les nazaréens ? Il est difficile de le savoir. On peut en tout cas constater que, dans les écrits johanniques, la polémique contre le judaïsme lui-même est acérée(14).Histoire de marquer sa différence sans doute, mais aussi peut-être d'en remontrer à ceux qui, n'ayant pas résolument tourné le dos au judaïsme, veulent encore en imposer les observances aux chrétiens grecs et romains. La polémique semble bien continuer, et l'on peut se demander si ce ne sont pas les héritiers des adversaires de Paul que l'Apocalypse de Jean qualifie plutôt brutalement de "synagogue de Satan"(15).
 
L'époque des Pères de l'Eglise 
 
Suite à la légalisation du christianisme grec par l'empereur Constantin en 313, l'Eglise des Nations, descendants de la communauté animée par Pierre et Paul, se doter d'une pensée théologique structurée, formulée par des penseurs et exégètes qu'on a appelés les Pères de l'Eglise. Nous sommes aux quatrième et cinquième siècles. Dans la vaste littérature composée par les théologiens du christianisme conquérant, on constate qu'à côté de la grande Eglise subsistent au Moyen-Orient des groupements de nazaréens.
 
Les données fournies par Eusèbe de Césarée, premier historien du christianisme, Epiphane, auteur d'un ouvrage qui recense les divers groupes chrétiens et hérétiques, et saint Jérôme, le grand exégète, nous permettent de brosser un tableau, certes lacuneux, mais cependant assez précis de la situation(16). Tous font état de sectes qui, outre qu'elles reconnaissent en Jésus le Messie, continuent de pratiquer la circoncision et les autres commandements de la Torah, se situant ainsi à mi-chemin entre le judaïsme et le christianisme. Ces groupes ne résident généralement pas en Palestine: les guerres que les Romains avaient livrées aux Juifs avaient contraint ces derniers à se fixer en Syrie et en Jordanie. Plus intéressant encore, nos écrivains ecclésiastiques nous disent que ces groupements judéo-chrétiens étaient divisés entre eux. D'un côté, il y avait ceux qui semblaient avoir la même foi que les chrétiens de la grande Eglise en la naissance virginale et en la divinité du Christ, et dont la seule particularité était qu'ils pratiquaient la Torah. Les relations avec ces nazaréens-là, si elles étaient apparemment peu suivies (le groupe était-il déjà en voie d'extinction ?) restaient sans animosité réciproque : chacun était chrétien à sa manière, et l'orthodoxie de la grande Eglise, malgré une certaine condescendance envers des pratiques que l'on considérait comme dépassées, n'avait rien ou pas grand-chose à leur reprocher. Nous appellerons ceux-là ; vu la ressemblance de leur pensée avec celle de la grande Eglise, les nazaréens "orthodoxes". Mais il y avait les autres, plus intransigeants, et aussi en décalage par rapport à la foi des conciles : pour ceux-là, Jésus était un grand prophète, il était le Messie annoncé par les Ecritures, mais il n'était qu'un homme ; de surcroît, pour plaire à Dieu, il s'agissait de pratiquer strictement le judaïsme. Circoncision et tabous alimentaires étaient toujours à l'ordre du jour, et personne ne pouvait s'en dispenser s'il voulait avoir part au monde à venir. Ces nazaréens de la stricte observance, que l'on appelait souvent les ébionites(17), se subdivisaient eux-mêmes en plusieurs groupements selon leurs opinions sur l'un ou l'autre point de christologie ou d'observance rituelle. Il y en avait même qui s'ouvraient à des influences persanes, gnostiques ou plus lointaines : réincarnation, astrologie, magie. Bref, c'était probablement un véritable foisonnement de sectes judéo-chrétiennes qui se développait aux frontières orientales de l'Empire romain, et c'est sans doute pour cette raison que les informations des Pères de l'Eglise nous apparaissent parfois embrouillées. Le point commun de tous ces "ultras" en tout cas, c'est que s'ils reconnaissaient en Jésus le Messie, ils avaient Paul et ses écrits en exécration et ne manquaient pas une occasion de l'anathématiser comme le pire imposteur de l'histoire de l'humanité - alors que les nazaréens "orthodoxes" lui conservaient leur estime.
 
Ceci nous amène à un autre point, sur lequel nos auteurs nous donnent des renseignements épars, qui est la question des livres sacrés utilisés par ces groupements. Il n'est pas sûr que tous les nazaréens aient employé exactement les mêmes livres, mais les auteurs qui parlent de cette question sont unanimes à nous dire que les judéo-chrétiens, qu'ils soient orthodoxes ou ébionites, lisent un évangile hébreu, peut-être plusieurs. Certains auteurs ecclésiastiques donnent même des extraits de ces livres(18), qui permettent de constater que ces évangiles n'avaient pas grand-chose de commun avec les quatre évangiles du Nouveau Testament. De tout temps, l'Eglise a lu et utilisé dans sa liturgie et son travail théologique quatre évangiles qui ont été rédigés directement en grec, et dont la teneur est bien connue. Si des rumeurs anciennes et persistantes veulent que celui de Matthieu ait été rédigé d'abord en hébreu (ou en araméen), puis traduit par l'auteur lui-même en grec(19), on n'a pas encore trouvé le moindre centimètre carré de parchemin de la supposée première édition. Plusieurs des auteurs chrétiens que nous avons mentionnés nous donnent des extraits de ces évangiles hébreux, extraits qu'il est difficile ou impossible de retrouver dans les quatre évangiles du Nouveau Testament. Saint Jérôme dit avoir vu de ses propres yeux de tels évangiles en caractère hébreux, à plusieurs reprises au cours de ses voyages en Orient, que ce soit à la bibliothèque de Césarée ou parmi les nazaréens qu'il a rencontrés à Alep. Il semble bien avéré que ces textes ont pu exister, même s'il est difficile de sa faire une idée exacte de leur contenu au travers de citations éparses.
 
Une question se pose d'ici : si plusieurs auteurs ont connu des communautés nazaréennes en Orient, que sont-elles devenues ? Quand se sont-elles éteintes et suite à quels événements ? Voilà une question à laquelle il semble bien, voire impossible, de répondre. Nous ébaucherons cependant quelques hypothèses. Pour commencer, il faut distinguer, là aussi, entre les nazaréens orthodoxes et les plus radicaux, anti-pauliniens. Avec l'expansion d'un christianisme légalisé depuis Constantin, puis religion officielle de l'Empire romain depuis Théodose, il n'y a plus guère eu de place pour d'autres religions, voire pour d'autres Eglises, dans le monde byzantin. On sait avec quelle vigueur les autorités impériales pourchassaient les dissidences religieuses : l'histoire n'est pas avare de détails au sujet du sort réservé aux ariens, nestoriens et autres monophysites, sans de ceux qui persistaient à pratiquer le paganisme. Nul doute que la police impériale n'ait fait des misères aux judéo-chrétiens, y compris à ceux que nous avons qualifié d'orthodoxes. Quand on pourchasse les hérétiques, on ne fait pas dans le détail, et les nazaréens orthodoxes, étant donné leurs observances semblables à celles des juifs et des ébonites, ont souvent dû être mis dans le même sac. Somme toute, si les gens intelligents faisaient la différence entre deux sortes de nazaréens, les autres persécutaient à tour de bras sans poser trop de questions. Pour les différents groupes nazaréens, il ne restait que deux possibilités : l'assimilation ou le départ. Assimilation à la grande Eglise pour les uns : après tout, les nazaréens orthodoxes n'avaient jamais rompu avec elle, même si les relations n'avaient pas toujours été très suivies. Et il ne fallait renoncer à rien d'essentiel, puisqu'ils savaient très bien que leur salut ne dépendait pas de leurs observances juives, mais de leur foi au Messie divin, le même que celui de l'Eglise. Certains ébionites, quant à eux, ont pu tout simplement retourner au judaïsme, dont finalement ils se différenciaient assez peu. Quant à ceux qui ne pouvaient accepter ni l'une, ni l'autre solution, il leur restait la troisième solution : quitter l'Empire byzantin pour des terres plus accueillantes. Mais lesquelles ?
 
C'est entendu, l'Empire byzantin n'était plus l'endroit où l'on pouvait résider en paix si l'on était ni juif ni chrétien. De l'autre côté de l'Euphrate, c'était l'Empire perse. Là, la religion officielle était le mazdéisme et les autorités impériales se lançaient parfois dans des entreprises de conversion par la force. Il y avait, surtout dans les terres mésopotamiennes de l'empire perse, d'importantes communautés juives et chrétiennes, dont le salut allait, au gré des caprices du Roi des Rois, de la persécution à la tolérance. Mais même dans les meilleures périodes, l'empereur de Perse ne reconnaissait qu'une seule autorité pour ces communautés : les juifs étaient tenus d'être rabbiniques, les chrétiens devaient reconnaître l'autorité du patriarche nestorien. Pour ce qui est de cette Eglise, si elle était dissidente par rapport à celle des Byzantins, elle était tout aussi grecque dans sa pensée et sa pratique, et un ébionite n'avait pas plus de raison de chercher à s'y intégrer qu'il ne l'aurait fait dans la grande Eglise des Byzantins. Ce n'est donc pas a priori du côté de l'Iraq et de l'Iran qu'il aurait cherché à se réfugier pour pratiquer sa religion en paix. Puisque les Byzantins le persécutaient, puisque les Perses ne pouvaient que le traiter de la même façon, il ne restait plus qu'une solution à celui qui refusait l'intégration à une des Eglises officielles : aller se réfugier dans la Péninsule arabique. Voilà donc notre hypothèse au sujet des derniers nazaréens : ils auront choisi, aux alentours du cinquième ou du sixième siècle, de s'exiler dans une région qui échappait à l'autorité des deux grands empires centralisateurs de l'Orient : l'Arabie.
 
Les nazaréens et l'apparition de l'islam
 
En ce temps-là, l'Arabie était bien différente de ce qu'elle est devenue par la suite. Il n'y avait pas de pouvoir centralisateur, et cette contrée accueillait tout ce que les Byzantins et les Perses pouvaient rejeter hors de leurs frontières. Si les Byzantins et les Perses favorisaient, les uns les orthodoxes, les autres les nestoriens, l'absence d'autorité centrale en Arabie faisait qu'il y régnait une grande diversité religieuse. Beaucoup de juifs avaient depuis longtemps trouvé refuge à Médine et à la Mecque, ainsi que dans le Yémen. De même, les chrétiens de tous bords s'y retrouvaient. Orthodoxes envoyés en mission d'évangélisation par le patriarche de Jérusalem, monophysites et nestoriens chassés par la persécution des Byzantins, tous étaient en Arabie sur un pied d'égalité. En outre, la route de l'encens, qui traversait l'Arabie du Nord au Sud, ne permettait pas que la circulation des marchandises, mais aussi celle des personnes et des idées, en particulier religieuse. Dans le Sud, l'influence de l'Ethiopie, proche et chrétienne, se faisait aussi sentir. Bref, à peu près toutes les variantes de monothéisme étaient représentées par d'importantes minorités, qui vivaient dans une atmosphère de convivialité au contact des polythéistes arabes.
 
Les derniers nazaréens, de quelque tendance qu'ils aient été, et en particulier les plus irréductibles qui tenaient à préserver leurs coutumes et leurs observances, ont pu être attirés par cette ambiance de tolérance. Le milieu désertique ou semi désertique n'a pas dû les rebuter ceux qui vivaient déjà à lisière du désert de Syrie ou de Jordanie D'ailleurs, il est fort possible que, vivant près des routes commerciales qui menaient en Arabie, ils aient bien avant les persécutions commencé à y essaimer à la faveur de l'un ou l'autre échange commercial. Mais arrêtons là ces hypothèses et ces raisonnements, et venons-en à des indices positifs de présence nazaréenne en Arabie.
On le sait, au septième siècle apparaît en Arabie une nouvelle religion qui va conquérir le monde. Un certain Muhammad, caravanier mecquois, se met à prêcher la "soumission" à Dieu, en arabe : islâm. Cette prédication commence après une retraite dans une caverne où un ange envoyé par Dieu lui aurait enseigné ce qu'il avait à dire. La tradition musulmane rapporte que, extrêmement troublé par l'apparition de l'ange - on le serait à moins - Muhammad a commencé par aller, accompagné par son épouse Khadija, demander conseil à l'oncle de celle-ci, nommé Waraqa. Le vieillard, devenu aveugle, s'était converti dans sa jeunesse au christianisme, était devenu scribe et connaissait très bien l'Evangile, qu'il avait copié plusieurs fois… en hébreu(20). C'est ce dernier détail qui, bien évidemment, nous fait sursauter. Ainsi donc, Muhammad avait un religieux nazaréen dans son entourage proche. Le même texte ajoute que Waraqa prodigua ses encouragements à Muhammad avant de décéder quelques jours plus tard. Cela ressemble fort à une transmission d'héritage ! A partir d'ici, l'on peut se demander si Muhammad était complètement ignare en matière de monothéisme quand il a eu sa première vision. Nul doute qu'il ne l'était pas : outre les échanges d'idées qu'il a pu avoir avec les gens de diverses confessions qu'il a rencontrés en Arabie ou pendant ses voyages en caravane vers la Syrie, terre chrétienne, Muhammad a pu côtoyer Waraqa et la nièce de celui-ci, devenue son épouse, pendant assez de temps pour apprendre d'eux les rudiments - ou même plus - de la forme de christianisme à laquelle ils adhéraient. Notre premier indice, celui de l'évangile hébreu, est fort : nous l'avons dit plus haut et nous le répétons ici, il n'y a que dans les sectes nazaréennes que de tels livres circulaient.
 
Un deuxième indice est ce que nous trouvons dans le Coran lui-même. On sait que le Coran parle à de nombreuses reprises des chrétiens, tantôt en termes favorables, tantôt de manière beaucoup moins conciliante. Il peu y avoir là un reflet de l'appréciation nuancée que Muhammad portait envers les divers types de christianisme qu'il a rencontrés - pour autant qu'il ait été armé pour les distinguer les uns des autres. Ce serait sans doute par trop simpliste de dire que les déclarations positives sont adressées aux ébionites et que les textes plus négatifs s'adressent aux tenants de la confession de foi de Nicée. L'éloge des moines et des prêtres de la cinquième sourate(21), par exemple, se comprend très bien des confessions orthodoxes, par ailleurs critiquées à cause précisément de leur doctrine trinitaire. In n'en reste pas moins que la grande diversité du christianisme a pu inspirer à Muhammad la pensée qu'il y avait dans le christianisme des choses à prendre et d'autres à rejeter. Ce qui est clair, c'est que lorsque le Coran critique le christianisme, c'est généralement aux confessions trinitaires - byzantins, nestoriens, monophysites - que la critique s'adresse(22). Mais si Muhammad rejette absolument la divinité de Jésus, il n'en reste pas moins qu'il tien l'homme Jésus en haute estime, le qualifiant de prophète de Dieu et de Messie(23). Mais n'est-ce pas là exactement le point de vue de ébionites ? Somme toute, à ce stade du développement de sa pensée, Muhammad n'invente rien de neuf, il reprend à son compte l'enseignement des judéo-chrétiens, dont il y a fort à parier qu'il tienne de Waraqa.
Allons plus loin : lorsque le Coran parle des chrétiens, il n'emploie pas le mot utilisé aujourd'hui encore par les chrétiens du Moyen-Orient pour se désigner (masîhiyyûn), mais précisément il parle des "nazaréens" (nasârâ), et cela nous paraît être encore un indice de la prévalence du modèle nazaréen dans ce que Muhammad sait du christianisme.
 
Complétons le tableau : si les nazaréens (plus précisément les ébionites) et les musulmans ont exactement la même conception du personnage de Jésus, ce n'est pas le seul parallèle entre les deux confessions. En effet, la deuxième caractéristique du mouvement nazaréen est le maintien des observances du judaïsme, alors que le christianisme de Paul, dont ont hérité les Eglises, les tient pour périmées. Bien entendu, certaines de ces observances ont été réformées - faut-il dire : arabisées - par Muhammad. Le changement de la direction de la prière, de Jérusalem à la Mecque, n'est somme toute qu'une modification de surface qui ne porte pas atteinte à l'essence même de la religion. Le développement ultérieur de l'islam suivra, c'est certain, sa propre voie : Muhammad et les premiers califes sont bien en train de créer une nouvelle religion mondiale. Mais celle-ci se fonde sur quelque chose de plus ancien dont les traces sont encore visibles et, mutatis mutandis, c'est bien la même religion qui se survit dans le passage de l'ébionisme à l'islam.
 
L'islam n'est pas né en vase clos. Il n'appartient pas à l'historien de se prononcer sur la véracité de révélations faites par Dieu à un prophète, mais il est possible de constater des faits qui tous pointent dans la même direction : la religion prêchée par Muhammad n'est pas entièrement nouvelle, mais est le fruit d'une longue histoire. Elle est conditionnée par la rencontre de celui qui allait devenir le prophète de l'islam avec un des derniers représentants de l'ébionisme. Les musulmans sont les héritiers spirituels directs de ceux qui, parmi les premiers judéo-chrétiens, n'ont pas voulu qu'une religion née en milieu sémitique s'adapte au monde grec et s'ouvre à l'influence de sa pensée - adaptation et ouverture qui sont manifestes dans plusieurs écrits néo-testamentaires. Ils n'ont pas à s'offusquer de ce que nous tenions de tels propos ; les faits sont une chose, leur interprétation théologique en est une autre. Si les faits sont clairs, l'interprétation théologique est fonction des croyances de chacun. Pour le polémiste chrétien, ces faits ne peuvent que le confirmer dans une attitude négative vis-à-vis de l'islam, puisque la religion de Muhammad provient directement d'un parti religieux qui s'est opposé aux apôtres, personnages inspirés par excellence. Pour le polémiste musulman au contraire, il peut y avoir une preuve de plus que Dieu n'a pas voulu laisser s'éteindre la religion authentique, que les disciples du prophète Jésus avaient dénaturée en y introduisant des concepts païens dès la première génération. Il n'appartient pas à l'histoire de prendre position en ce domaine. Ce qui est hélas trop clair, c'est qu'il n'est pas étonnant que la confrontation de ces deux idéologies religieuses, aussi irréductibles l'une à l'autre, ait causé tant de dégâts dans l'histoire humaine.
 
(1) Probablement à la Pâque de l'an 30 de notre ère. 
(2) Ac 2.46, 3.1, etc.  
(3) En particulier Paul, dont il sera question plus loin, avait l'habitude de prêcher dans les synagogues : Ac 9.20, 17.1-2 ("selon son habitude") et nombreuses autres références.  
(4) Voir p. ex. Ac 4.1-2,21.27-28, etc.  
(5) Il était natif de tarse, en Cilicie (Ac 22.3).  
(6) Ac 9.1-31.  
(7) Ac 15.1-6.  
(8) Cf. le même chapitre des Actes des Apôtres, qui constitue un moment charnière dans l'évolution du christianisme.  
(9) Paul rapporte sa version de cet accord dans Gal. 2.7-9.  
(10) Désignation qui perdura assez dans certaines liturgies orientales.  
(11) Gal. 2-12.  
(12) Cette polémique occupe l'essentiel de la lettre. On la voit encore pointer dans certains passages de l'épître aux Romains, celles aux Corinthiens, à Timothée, etc.  
(13) Jn 1.1-18. 
(14) Voir par exemple Jn 8.39-45 où la polémique est violente : Jean fait dire à Jésus que le père des Juifs n'est autre que le diable !  
(15) Ap 2.9.  
(16) De nombreuses études ont été consacrées à ces textes : cf. R.A. Pritz, Nazarene Jewish Christianity (Leyde, 1988) pour une synthèse récente, dont s'inspire ce qui suit.  
(17) L'origine du nom est obscure. En hébreu, Ebyôn signifie "pauvre". Les sectes ébionites faisaient peut-être de la pauvreté une de leurs valeurs suprêmes, tout comme certains ordres monastiques chrétiens par exemple. Certains auteurs le font remonter au fondateur putatif du mouvement, qui se serait appelé Ebion. Enfin, d'autres s'en servent pour railler la pauvreté de leur interprétation de l'Ancien Testament lorsqu'on la compare avec l'exégèse chrétienne.  
(18) Un ouvrage récent rassemble et étudie ces citations : A.F.J. Klijn, Jewish-Christian Gospel Tradition (Leyde, 1992).  
(19) Le premier auteur chrétien à en faire était serait Papias, qui a vécu très peu de temps après l'apôtre Jean et s'est fait un devoir de rassembler les traditions encore vivantes concernant Jésus et les apôtres en interrogeant ceux qui les avaient connus.  
(20) Sahih Bukhari, I.1.3.  
(21) Coran 5.82.  
(22) La chose est évidente en Coran 4.171, 112.3-4 et en de nombreux autres passages.  
(23) Coran 3.45, 4.171, 19.30-34, etc.  
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Re: Islam, selon...

Message  Arlitto le Dim 7 Aoû - 18:21

La légende Mahométane

Contrairement au judaïsme et au christianisme, l'islam n'a pas encore été soumis à la critique historique et scientifique. Cette approche, récente, se fait dans la douleur.

"L'islam n'a pas accompli sa révolution critique et historique", constate froidement Jacqueline Chabbi, professeur à l'université Paris VIII. Auteur d'une biographie "décapante" de MahometLe Seigneur des tribus. L'Islam de Mahomet. Paris, Noesis,1997), cette spécialiste des origines de l'islam a déclenché l'ire des théologiens musulmans [ltr](1)[/ltr]. Son sacrilège ? "J'ai humanisé Mahomet. En effet, le seul moyen de comprendre le personnage, c'est de lui appliquer une grille de lecture anthropologique. De le remettre dans son contexte social réel, et non dans un contexte ou le fait religieux est surestimé." Histoire de démêler ce qui relève de la légende dorée et ce qui paraît vraisemblable. Vraisemblable seulement ...

Car Mahomet (570-632) n'a laissé aucune trace écrite directe, ni archéologique, de son passage sur Terre. Et si la tradition musulmane postérieure au Coran représente le fondateur de l'islam dictant parfois ses révélations à un scribe sur des "morceaux de cuir, des tessons de poterie, des nervures de palmes et des omoplates de chameau", aucun de ses contemporains n'a concrètement transmis son témoignage. Comme le Prophète vivait en outre dans une société de tradition orale, il paraît vain d'espérer exhumer un jour des tablettes comme celles qui florissaient, à l'époque, dans le proche Empire byzantin. Enfin la première biographie de Mahomet, la Sîra, a vraisemblablement été rédigée plus d'un siècle après sa mort. 

Des orientalistes trop naïfs ?
Quel sérieux lui accorder ? Comment aborder le Coran ou la tradition prophétique, les hadith ? "Jusqu'à présent, les orientalistes s'en sont laissé un peu trop conter par des textes pourtant empreints de merveilleux.", critique Jacqueline Chabbi, qui regrette l'amateurisme doublé de fascination qui a longtemps régné dans cette discipline "fourre-tout" ou cohabitaient historiens, philosophes, grammairiens, lettrés ... et fonctionnaires coloniaux !

Le livre révélé, le Coran, a longtemps rassuré par sa grande homogénéité, frappante par rapport à la Bible ou aux textes fondateurs du christianisme. On y a vu l'indice d'une véracité historique à la continuité sans faille. Mais aujourd'hui, des spécialistes parmi lesquels François Deroche, de l'Ecole pratique des hautes études, ou Alfred Louis de Prémare, de l'université d'Aix-en-Provence, pensent que sous sa forme actuelle il aurait été mis par écrit bien plus tardivement que ne l'annonce la tradition musulmane. Voire qu'il aurait été "lissé, harmonisé", non lors d'une simple réforme orthographique, mais dans une logique de constitution d'empire, comme le soutient Jacqueline Chabbi: "Ce n'est qu'avec l'empire des Omeyyades (661-750) que la religion de Mahomet a basculé dans un autre monde dans lequel l'écriture est devenue prédominante. Le Coran a alors été mis par écrit, certainement à partir de fragments d'oralité conservés dans les mémoires. Dans les siècles suivants, la tradition islamique a couvert d'un luxe de détails les origines de l'islam et reconstitué un passé ... fictif !"
Pour retrouver le Mahomet réel, celui du monde tribal de l'Arabie intérieure, Jacqueline Chabbi a oeuvré à la manière d'un restaurateur qui gratte peintures et vernis d'une toile pour en retrouver les couleurs d'origines. Une approche novatrice à mille lieues des biographies écrites jusqu'alors [ltr](2)[/ltr] par ailleurs tout à fait respectables. André Caquot du Collège de France la juge "saine" : " ni irrévérencieuse ni dogmatique. L'islam, la plus historique peut-être des grandes religions, ne saurait être une terre interdite à l'histoire des religions". Même si les théologiens musulmans restent majoritairement rétifs à la critique historique, contrairement aux théologiens juifs et chrétiens, soumis depuis des siècles (et bien malgré eux) à la question des rationalistes.

Les preuves archéologiques faisant défaut, Jacqueline Chabbi a tenté une "lecture du paysage". Mais à quoi ressemblait en l'an 610, à l'heure de la révélation de Dieu à Mahomet cette Arabie désertique, tribale, païenne, qui deviendra plus tard le centre de l'arc vert (couleur de l'islam) allant du Maghreb à l'Indonésie ? A un monde de bédouins pragmatiques, juge l'auteur qui s'est intéressée à la vie des derniers grands nomades qui, s'ils se déplacent désormais en 4x4 plutôt qu'à chameau, restent héritiers d'une tradition séculaire.

Elle s'est également penchée sur les institutions, les pratiques religieuses, culturelles, sociales, politiques de la société arabique de l'époque de Mahomet, telles qu'elles se profilent dans les écrits contemporains ou postérieurs. Et non telles qu'elles ont été voilées par la suite. Elle est retournée aux sources, s'appuyant sur une base de textes arabes qu'elle a patiemment décortiqués au niveau de la langue. Le résultat révèle un chef d'hommes, un prophète inspiré doublé d'un politique qui n'aurait jamais réellement rompu avec ses origines tribales.

Alors, qui était le vrai Mahomet ? Une figure singulière, qui a essayé de faire bouger les choses, selon la chercheuse. Son nom signifiant "le loué fils de l'esclave d'Allah", semble trop beau à de nombreux historiens. En revanche son existence est aujourd'hui majoritairement admise. "Il s'est passé quelque chose entre La Mecque et Médine au début du VII° siècle. Lorsque les tribus arabes font irruption hors des limites de leur habitat traditionnel, vers 632, l'islam est né." Selon la tradition, Mahomet est déjà mort. Nulle mention n'en est donc faite dans les chroniques des pays et empires qui passeront peu à peu sous la férule des musulmans. Selon cette même tradition, qui fixe toutes les dates, Mahomet est banni par sa tribu, les Qurachites, qui le pensent possédé par les "Djinns". "Il est probable que cet homme, qui prêchait pour un dieu unique tel qu'il existait déjà chez les juifs et les chrétiens, souhaitait rétablir des valeurs de solidarité dans sa tribu, dont certains membres s'étaient trop enrichis" analyse Jacqueline Chabbi. Mahomet trouve refuge à Médine, vraisemblablement chez un clan apparenté. Là, brûlant d'être reconnu, il entre en politique. Il monte une confédération tribale sur un modèle traditionnel, proposant aux tribus sédentaires et nomades de passer une alliance avec son dieu.
L'islam de Mahomet, ou proto-islam, ne peut être compris en dehors de la croyance au "seigneur des tribus". Les nomades croient à un "Seigneur" ("rabb"), une puissance (masculine ou féminine) de protection et de recours, liée à un territoire tribal et y possédant un lieu de résidence ("bayt"). Le plus souvent des pierres sacrées ou bétyles telle la pierre noire scellée à la Mecque, un objet de culte datant sans doute de l'époque de Mahomet. Le prophète multiplie les razzias avec un tel succès que l'alliance fructueuse avec son dieu lui attire bien des "conversions". C'est vraisemblablement au cours d'un conflit avec les juifs de Médine qu'il s'approprie la figure d'Abraham. Les juifs, vécus comme des rivaux monothéistes, sont alors traités comme des déviants, ayant perdu le sens de la parole originelle de Dieu, et ils seront persécutés. Plus tard, bien plus tard, les Musulmans feront même de Mahomet le descendant charnel d'Abraham... ce qui est d'ailleurs toujours enseigné dans certains ouvrages de vulgarisation, comme le Dictionnaire encyclopédique de l'islam(Bordas ! Loin d'être le révolutionnaire décrit par la tradition, Mahomet apparaît donc comme un homme très en prise avec son milieu originel.

Pour comprendre la profondeur du décalage et la gravité de la rupture entre l'âge tribal de "l'islam de Mahomet" et les sociétés islamisées par la suite, rappelons que la notion de musulman n'est parvenue à se séparer de sa composante ethnique arabe qu'à partir du milieu du VIII° siècle, avec l'accession de la famille abbasside au califat. Ces oncles de Mahomet sont les premiers à proposer une société "égalitaire", mettant sur le même pied toutes les populations qui la composent. Ils effacent les privilèges des tribus et leur code complexe de relations parentales. Auparavant, la conversion était d'abord sociale, pas religieuse. Le converti (persan, sémite du Nord, chrétien, juif, compte ou berbère) devait solliciter son entrée dans une famille arabe. Encore recevait-il seulement le statut peu glorieux de mawla ou "esclave affranchi". Les Arabes respectant les religions locales comme le fonctionnariat et l'économie des pays conquis, ont d'ailleurs longtemps retardé toute conversion.

"Ce qui me fait dire qu'il n'y a pas eu à proprement parlé de 'guerre sainte' menée par Mahomet. il est urgent de faire de l'histoire, surtout dans le contexte actuel". Car la vision de l'islam wahhabite qui tente de s'imposer aujourd'hui n'a rien à voir ni avec l'islam traditionnel tel qu'il s'est construit au cours des siècles ni a fortiori, avec le véritable islam des origines. C'est le manque de recul historique d'une certaine jeunesse musulmane qui a permis l'émergence de cette caricature de Mahomet telle que le dépeignent les islamistes. Le refus de faire de l'histoire est devenu un problème politique et idéologique. "Il y a de la part de certains musulmans, un investissement sur le passé comme compensation aux frustrations du présent. Toutes les civilisations brodent sur leur histoire. Mais dans le monde arabe moderne, cela s'est exacerbé ces dernières années. C'est ainsi que l'on voit des jeunes qui prêchent un retour à un islam qui n'a jamais existé, ou qui croient vivre comme a vécu le prophète, un homme dont la vie est finalement une succession de légendes !" Sur le plan historique, c'est une absurdité. Sur le plan politique, cela aboutit à un fanatisme dramatique.


L'âge tribal de l'islam
Les rituels parmi les plus symboliques de l'islam conservent les traces de la culture tribale où il a vu le jour. Le pèlerinage à la Mecque réunit ainsi deux rituels appartenant à deux mondes spacialement et socialement différents, celui des semi citadins de la ville et celui des pasteurs nomades des environs. Le pèlerinage primitif était vraisemblablement un rituel de demande de pluie pratiqué par les Bédouins après le déclin des grandes chaleurs de l'été dans la haute plaine de l'Arafât, à l'est du territoire mecquois. La visite à la Kaaba, le bâtiment où est scellée la fameuse pierre noire, se déroulait indépendamment, au printemps et donnait également lieu à des sacrifices aujourd'hui disparus. C'est peu avant de mourir que Mahomet aurait regroupé les deux comme pour réunir -politiquement- sous une seule bannière les Bédouins, les gens des oasis et les caravaniers, toute catégorie de population qu'il dominait.

De même l'actuel sacrifice du mouton qui clôt le pèlerinage musulman, censé commémorer le sacrifice d'Abraham, correspond en fait à une pratique proche-orientale qui ne s'est vraisemblablement imposée qu'après la conversion des populations concernées. Les Arabes d'Arabie sacrifiaient des chameaux ! Quant au lien abrahamique du sacrifice et du pèlerinage, il est ignoré par le Coran. Le fait que la tradition dite prophétique, le hadith, corrobore la croyance postérieure qui "abrahamise" le sacrifice n'a guère de sens pour les historiens. Ce corpus réputé "prophétique" ne peut être mis sur le même plan que le Coran qui présente des indices d'ancienneté bien supérieurs.
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Re: Islam, selon...

Message  Arlitto le Dim 7 Aoû - 18:22

Allah est-Il un Etre différent de Dieu ?

Trop de gens pensent encore que "Allah" est une divinité particulière aux musulmans, différente de "Dieu" le Créateur.

Dans le Coran, Dieu dit aux musulmans : "وَلَا تُجَادِلُوا أَهْلَ الْكِتَابِ إِلَّا بِالَّتِي هِيَ أَحْسَنُ إِلَّا الَّذِينَ ظَلَمُوا مِنْهُمْ وَقُولُوا آمَنَّا بِالَّذِي أُنزِلَ إِلَيْنَا وَأُنزِلَ إِلَيْكُمْ وَإِلَهُنَا وَإِلَهُكُمْ وَاحِدٌ وَنَحْنُ لَهُ مُسْلِمُونَ" : "Et ne discutez avec les Gens du Livre que de la meilleure façon. Sauf ceux d'entre eux qui sont injustes [avec qui il est inutile de discuter]. Et dites : nous croyons en ce qui a été descendu vers nous et descendu vers vous, Celui que nous adorons et Celui que vous adorez est Un, et nous, c'est à Lui que nous sommes soumis" (Coran 29/46).

Le Coran relate également que les Arabes idolâtres de l'époque du Prophète Muhammad (sur lui la paix) invoquaient eux aussi parfois Dieu ("Allah") en Lui demandant de les châtier si ce que Muhammad leur disait était la vérité venant de Lui. Ainsi : "وَإِذْ قَالُواْ اللَّهُمَّ إِن كَانَ هَذَا هُوَ الْحَقَّ مِنْ عِندِكَ فَأَمْطِرْ عَلَيْنَا حِجَارَةً مِّنَ السَّمَاء أَوِ ائْتِنَا بِعَذَابٍ أَلِيمٍ" (Coran 8/32).
Le Coran relate encore que les Chrétiens Trinitaires disaient, en langue arabe : "Allah est l'un de Trois" : "إِنَّ اللّهَ ثَالِثُ ثَلاَثَةٍ" (Coran 5/73).
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Dans certains passages de la Torah, on lit comme un des noms de Dieu en hébreu : "Elohim" ; le "im" final est la marque du pluriel, mais cette marque ne désigne pas une pluralité d'êtres mais un être unique : il s'agit en fait du pluriel de grandeur et de respect, bien connu de certaines langues.
Et "eloh", ne vous rappelle-t-il pas "ilâh" dont nous parlions plus haut ?
Il y avait même une édition de la Bible avec traduction et commentaires en anglais, celle du Révérend Scofield, où on pouvait lire ce qui suit en toutes lettres, en note de bas de page sur Genèse 1/1 (verset où figure justement le nom "Elohim") : "Elohim (sometimes El or Elah, english form God (...)" ; deux lignes plus bas figurait aussi : "Alah" [avec un seul "l"] (fin de citation).
Ces trois noms, ElElah et Alah furent cependant supprimés de cette note de bas de page dans les éditions suivantes de la même traduction (les fac-similés des deux éditions sont visibles dans Quel est son nom ?, IPCI, pp. 32-33).
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Les Arabes qui sont chrétiens (ils se comptent par millions en Syrie, au Liban, en Palestine, en Irak, etc.) emploient eux aussi le nom "Allah" pour dire "Dieu". 
Un document émanant du Secrétariat du Vatican
 intitulé Orientations pour un dialogue entre chrétiens et musulmans rappelle ainsi : "Allâh est le seul mot qu'ont les chrétiens de langue arabe pour dire Dieu" (cité par Maurice Bucaille, La Bible, le Coran et la science, Seghers, p. 117). Quand le Vatican lui-même le dit...

Et puis il suffit de lire un texte des Evangiles en langue arabe pour s'en rendre compte (j'en possède un, édité par la Société Biblique Internationale et imprimé en Grande-Bretagne, et parle donc en connaissance de cause).
"Allah" n'est donc pas une divinité particulière aux musulmans mais désigne bien le même Etre qu'en français on désigne par le nom "Dieu" (avec un D majuscule).
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Malgré tout, une question est posée ici par certains musulmans : peut-on désigner le Créateur par le Nom "Dieu", en se disant que, même si cela ne se trouve pas textuellement ainsi dans nos sources, ce n'est que l'équivalent, en français, du nom "Allah" en arabe, ou bien doit-on s'en tenir strictement au Nom "Allah", en se disant que, même si c'est, en arabe, l'équivalent du nom "Dieu" en français et même si c'est à l'origine un nom dérivé, c'est sous cette forme arabe que le Créateur S'est nommé à nous, et on doit donc s'en tenir à ce qu'Il a dit à Son propre Sujet ?
Ibn Taymiyya a relaté la divergence d'avis existant entre les ulémas à ce propos :
--- certains disent que le recours à d'autres Noms que ceux par lesquels Il S'est nommé est impossible ;
--- d'autres affirment que cela entièrement permis du moment que le contenu du terme par lequel on Le désigne ne contredit aucun principe des sources ;
--- d'autres ulémas encore, enfin, disent que cela est permis quand on parle de Lui mais non quand on L'invoque.
Ibn Taymiyya écrit, sur la base de ce 3ème avis (qu'il partage) : "فإذا احتيج في تفهيم الغير المراد إلى أن يترجم أسماؤه بغير العربية، أو يعبر عنه باسم له معنى صحيح، لم يكن ذلك محرما" : "Lorsqu'on a besoin, pour faire comprendre à autrui ce qu'on veut dire, de traduire Ses noms en une langue autre que l'arabe, ou d'exprimer cela par un Nom qui a un sens correct, cela n'est pas interdit" (Al-Jawâb us-sahîh, 3/163).
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Certains de mes coreligionnaires réunionnais font eux aussi cette objection. Dès que dans un discours on emploie devant eux le Nom "Dieu", ils s'exclament : "Il faut absolument dire "Allah"".
Pourtant de nombreux ulémas indiens emploient le Nom "Khudâ" pour désigner le Créateur et qui disent "êzdî" pour dire "divin" ("bi tawfîq-i-êzdî")... "Khudâ" et "Yazdân" sont deux termes persans et ne figurent eux non plus pas dans le Coran et la Sunna.
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Des visiteurs musulmans du site m'ont pour leur part adressé l'objection suivante :
"Vous dites qu'on peut dire "Dieu". Mais quelqu'un de ma connaissance avait déjà demandé à un cheikh du Golfe ayant quelques notions en langues européennes si on pouvait désigner Allah ainsi, ce cheikh a été catégorique : "Non, car Allah est un Nom Propre, alors que dieu (ou "god") est un nom commun ; Allah ne s'emploie que pour désigner le Créateur, tandis que dieu peut s'employer à propos d'autres choses divinisées par des hommes ; étant un nom propre, Allah ne s'emploie que comme nom singulier, alors que dieu s'emploie aussi au pluriel."
"Dieu" provient de "Zeus", qui est le nom d'une divinité grecque. "


Ma réponse :
Je ne partage pas cet avis.
"Dieu" ne provient pas de "Zeus", mais d'une racine indo-européenne, °DEI-, qui signifie "briller", qui a donné de là les termes "di-urne", "quotidien", "lun-di", "mar-di", etc. Les noms "Dieu" et "Zeus" proviennent de cette racine originelle ; mais il n'y a pas que le nom "Dieu" proviendrait (comme vous l'affirmez) du nom "Zeus" !
En fait, à partir de cette racine °DEI-, qui a ce sens de "briller", deux termes "génériques" seraient apparus :
- °DEIWO-, qui désigne : "les êtres et la lumière célestes", qui a donné un terme latin qui lui-même a donné le terme "dieu" (avec un d minuscule), qui désigne l'être auquel un culte est rendu, quel qu'il soit. Aujourd'hui encore, en hindi, le mot "dev" signifie : "dieu" (avec un "d" minuscule), et "devi" signifie : "déesse".
La racine suscitée a donné aussi le nom "Dieu" (avec un "d" majuscule), qui est un nom propre, et il désigne le Créateur, désigné par ce Nom Propre par les Européens chrétiens. C'est le nom "dieu" avec un "d" minuscule qui est un nom commun ; c'est ce nom commun qui s'emploie à propos du Créateur et à propos d'autres choses divinisées par des hommes.
- °DYEW-, qui désigne : "la lumière terrestre", et qui a donné des termes latins qui ont donné les termes "di-urne", "quotidien", "lun-di", "mar-di", etc.
Tout cela provient de la planche visible in Le Robert Dictionnaire historique de la langue française, sous la direction de Alain Rey (article "Dieu").
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Faites le parallèle avec le Nom "Allah"...
Oui, le Nom "Allah" est un nom propre. Mais est-ce, sur le plan morphologique, un nom isolé (ism jâmid), ou bien un nom dérivé d'une racine (ism mushtaqq) ?
– D'après al-Qurtubî ce Nom n'est pas mushtaqq (Fat'h ul-bârî 11/267). D'après Ibn ul-'Arabî et as-Suhaylî aussi il n'est pas mushtaqq (leur avis a été relaté par Ibn ul-Qayyim in Badâ'i' ul-fawâ'ïd, p. 36).
– Par contre, d'après Sîbawayh, al-Kissâ'ï et al-Farrâ'ce Nom "Allâh" est lui aussi mushtaqq, indiquant la Sifat ul-ilâhiyya / Sifat ul-ulûhiyya ("caractère divin") de Dieu (Tafsîr ul-Qurutbî, 1/102-103 ; cela semble être l'avis de Ibn ul-Qayyim aussi : cf. Badâ'i' ul-fawâ'ïd, p. 36, p. 37).
Ce Nom Propre (Ism Dhât) de Dieu a par ailleurs pu être différent au cours de l'histoire de l'humanité, selon la langue dans laquelle Dieu a révélé de Ses Paroles à un de Ses Messagers.
Muhammad Khalîl Harâs écrit que le nom "Allâh" est un nom dérivé de la même racine d'où sont formés les mots "ilâh", "alaha", "ulûhiyya", racine où l'on retrouve le sens de "culte". Le Nom Propre "Allâh" signifie ainsi, littéralement : "Celui qui Seul mérite le culte" (cf. Shar'h ul-'aqîda al-wâssitiyya, pp. 10-11). En fait ce Nom peut être dérivé de la racine : "A-L-H" (qui veut dire : "rendre un culte"), ou de la racine : "W-L-H" (Tafsîr ul-Qurtubî).
Certains ulémas disent que le nom propre "Allah" vient de "al-ilâh", c'est-à-dire "la divinité", dans le sens de : "la seule divinité vraie""l'unique divinité", la lettre hamza ayant disparu suite à la contraction des deux lettres lâm.
D'après l'un des avis existant à ce sujet, le nom "al-Lât" que des Arabes polythéistes avaient donné à un être féminin qu'ils adoraient, provient de la même racine que celle à laquelle se rattache le Nom "Allah".
Ibn ul-Qayyim précise que, pour ce Nom "Allâh" (de même que pour le Nom "Ar-Rahmân" , comme d'ailleurs pour les Noms que tous reconnaissent mushtaqq, tels "Al-'Alîm""Al-Qadîr""Al-Ghafûr", etc.), ces Noms sont ceux de Dieu de toute éternité (azalî). Quand on dit que ces Noms sont mushtaqq, on ne veut donc nullement dire que ces Noms ont été formés à partir d'une racine leur étant pré-existante (lâ annahâ mutawallida min [massâdirihâ] tawallud al-far' min al-asl), on veut dire qu'ils rejoignent cette racine dans les constituants du terme comme dans son sens (innahâ mutalâqiya li massâdirihâ fi-l-lafz wa-l-ma'nâ) (Badâ'i' ul-fawâ'ïd, p. 36).
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Par ailleurs, les Arabes qui étaient chrétiens post-nicéens disaient bien, pour désigner le Créateur : "Allah". Ils avaient, avec cette dénomination, les fausses croyances de l'Incarnation, de la Trinité, etc. Exactement comme les Européens qui sont chrétiens post-nicéens disent, pour désigner le Créateur : "Dieu".
Par ailleurs encore, le correspondant, dans la langue arabe, du nom "dieu" (avec un d minuscule) est "ilâh". Et ce nom a lui aussi été employé aussi dans le Coran pour désigner d'autres choses divinisées par des hommes : "وَمَا ظَلَمْنَاهُمْ وَلَكِن ظَلَمُواْ أَنفُسَهُمْ فَمَا أَغْنَتْ عَنْهُمْ آلِهَتُهُمُ الَّتِي يَدْعُونَ مِن دُونِ اللّهِ مِن شَيْءٍ لِّمَّا جَاء أَمْرُ رَبِّكَ وَمَا زَادُوهُمْ غَيْرَ تَتْبِيبٍ" (Coran 11/101). Pourtant, malgré cela, il a aussi été employé au singulier, en rapport d'annexion avec les musulmans, pour désigner Allah. Celui-ci nous dit, parlant de Lui-même : "وَإِلَهُكُمْ إِلَهٌ وَاحِدٌ لاَّ إِلَهَ إِلاَّ هُوَ الرَّحْمَنُ الرَّحِيمُ" (Coran 2/163). Ailleurs Il nous demande de dire aux Gens du Livre : "آمَنَّا بِالَّذِي أُنزِلَ إِلَيْنَا وَأُنزِلَ إِلَيْكُمْ وَإِلَهُنَا وَإِلَهُكُمْ وَاحِدٌ وَنَحْنُ لَهُ مُسْلِمُونَ" (Coran 29/46).
Le terme "ilâhunâ" n'est pas à traduire ici par le nom "Allah", mais il désigne le même Etre que le nom "Allah" désigne.
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Ma réponse ne serait cependant pas complète si j'omettais de dire ceci : s'il est vrai que musulmans, juifs, chrétiens et d'autres encore, invoquent Dieu, la conception que les musulmans ont de Dieu présente des différences avec celle qu'en ont les juifs et les chrétiens.

Les musulmans disent que Dieu est le seul Etre que les hommes doivent prendre comme divinité (lisez l'article sur le monothéisme à propos de ce dernier mot), car toute adoration d'autre que Lui est un manquement à ce qui Lui revient de droit. C'est pourquoi, même si les Arabes idolâtres de l'époque disaient : "Nous n'adorons ces (entités) que pour qu'elles nous rapprochent de Dieu" (comme le Coran le rapporte d'eux en 39/3), la révélation de Dieu communiquée à Muhammad (sur lui la paix) leur répondit : "Dis[-leur, ô Muhammad] : Voyez-vous, ceux que vous invoquez en dehors de Dieu, montrez-moi ce qu'ils ont créé de la terre, ou ont-ils une association avec Dieu ? Apportez-moi une Ecriture antérieure à ceci ou une trace de connaissance, si vous êtes véridique" (Coran 46/4).

Par rapport à la conception qu'ont les juifs de Dieu, celle des musulmans diffère en ce que les adeptes du judaïsme se considèrent comme un peuple choisi de façon perpétuelle par Dieu, sur la base de la filiation à Israël (Jacob) ou d'une adhésion à cette filiation (puisque celui qui se convertit au judaïsme adhère à une religion en même temps qu'à un peuple). Les musulmans, pour leur part, disent que Dieu a créé l'humanité tout entière et que tout humain, quels que soient sa race, sa couleur et son origine, peut et doit adorer Dieu et établir un lien avec Lui, la piété étant seule ce qui, auprès de Dieu, compte : "O les hommes, Nous vous avons créés à partir d'un seul homme et d'une seule femme et vous avons suscités en peuples et en tribus afin que vous vous reconnaissiez. Le plus noble d'entre vous, auprès de Dieu, est celui d'entre vous qui est le plus pieux. Dieu, vraiment, est Savant, Informé !" (Coran 49/13). Les musulmans ont comme autre croyance que le caractère d'envoyé de Dieu n'est pas réservé à des hommes de la lignée des Fils d'Israël mais que tous les peuples de la terre ont reçu au moins un messager de Dieu. Les musulmans ont également comme croyance que Dieu avait effectivement choisi les fils d'Israël pour être les porteurs de Ses Messages finaux, mais l'Alliance qu'Il avait conclue avec eux fut par la suite rompue et Dieu choisit les fils d'Ismaël pour révéler Son ultime message (lire notre article sur le sujet). Les musulmans croient aussi que Dieu a bien révélé la Torah, mais qu'Il a ensuite abrogé certaines des règles de celle-ci par Jésus, avant de donner un ultime Livre à l'humanité sous la forme du Coran. (Cliquez ici, ici et ici pour en savoir plus.)
Et par rapport à la conception que les chrétiens ont de Dieu, la conception musulmane diffère en ce qu'elle dit que Dieu est transcendant et que rien ne Lui ressemble : les musulmans ne croient donc pas en la trinité, en l'incarnation, en la rédemption, en l'invocation des saints, en l'existence d'une instance humaine par laquelle l'homme doit passer pour demander à Dieu le pardon de ses péchés.

De même, vous avez employé le mot "Père" pour décrire "Dieu". Les musulmans n'emploient pas ce terme au sujet de Dieu. Le savant musulman al-Ghazâlî a écrit qu'il est possible que le terme "Père" ait été utilisé dans un sens métaphorique à propos de Dieu par Jésus (que les musulmans reconnaissent comme étant un grand messager de Dieu). Jésus aurait voulu décrire par que la relation devant exister entre l'homme et Dieu ne devait pas être une relation superficielle mais une relation d'amour et d'intimité, comparable à celle qui lie un fils et un père (cliquez ici pour lire notre article relatif à ce point). Cependant, ce terme n'ayant pas toujours été compris dans son sens purement métaphorique par tout le monde, dans le message de Muhammad (sur lui la paix), le messager de Dieu étant venu aux hommes après Jésus, ce terme n'a plus du tout été utilisé (cf. Ar-Radd ul-jamîl li ilâhiyyat 'îssâ bi sarîh il-injîl, al-Ghazâlî, p. 25). Il est possible d'utiliser, non pas pour invoquer Dieu mais pour donner une information à Son sujet, un terme que le Coran ni la Sunna n'ont pas employé à Son Sujet, mais qui est de même sens que ce que l'un ou l'autre a dûment employé (lire nos deux articles traitant de cela en cliquant ici et ici). Cependant, le terme "Père" a désormais (puisque les chrétiens emploient ce terme à propos de Jésus en disant que c'est la preuve qu'il a "une unité de nature avec Dieu") pris un sens trop différent de ce que signifient les termes employés dans le Coran et la Sunna pour pouvoir être employé au sujet de Dieu ; un musulman ne l'utilisera donc jamais à propos de Dieu.
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Synthèse de la réponse :
Le Nom Propre "Allah" est, en arabe, le Nom qui désigne Dieu le Créateur des cieux et de la terre, Celui qu'invoquent également les Juifs, les Chrétiens, et d'autres hommes de la terre. Cependant, les musulmans et les musulmanes ont, par rapport aux hommes et aux femmes d'autres religions, des différences à propos de la conception qu'ils ont de Dieu et des devoirs que les hommes ont vis-à-vis de Lui.

Wallâhu A'lam
 (Dieu sait mieux).
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