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Qui est le Bouddha ?

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Qui est le Bouddha ?

Message  Arlitto le Dim 21 Aoû - 15:57

Qui est le Bouddha ?

Qui est le Bouddha ?
Par Urgyen Sangharakshita.

   

L'enseignement ou tradition qu'aujourd'hui en Occident on appelle le bouddhisme a pris sa source dans l'expérience d'Éveil du Bouddha sous l'arbre de la Bodhi, il y a deux mille cinq cents ans. C'est donc avec le Bouddha que commence le bouddhisme. Mais la question qui se pose tout de suite est : « Qui était le Bouddha ? » Il est utile, y compris pour ceux qui se considèrent bouddhistes depuis longtemps, de réfléchir à cette question.

Il nous faut tout d'abord préciser que le terme « bouddha » n'est pas un nom propre, mais un titre qui signifie « celui qui Sait, celui qui Comprend ». Il signifie aussi « celui qui est Éveillé », celui qui s'est éveillé, si l'on peut dire, du rêve de la vie, car il voit la Vérité, il voit la Réalité. Ce titre a d'abord été donné à un homme dont le nom était Siddhartha, dont le nom de clan ou de famille était Gautama, et qui vivait au sixième siècle avant notre ère, dans une région située en partie au sud du Népal et en partie au nord de l'Inde. Par chance, nous savons beaucoup de choses du début de sa vie. Nous savons qu'il venait d'une famille aisée, voire patricienne. La tradition représente parfois son père comme étant le roi du clan ou de la tribu des Shakyas. Mais il semble plus probable qu'il ait été non pas le roi mais le président élu de l'assemblée du clan, remplissant pendant douze ans cette fonction avec le titre de raja, et que pendant cette période naquit son fils, Siddhartha Gautama, qui plus tard devint le Bouddha.

Siddhartha reçut ce qui était, selon les normes de cette époque, une très bonne éducation. Bien sûr, il n'alla pas à l'école, et nous ne savons pas très bien s'il savait lire et écrire, mais nous savons qu'il reçut une excellente formation à toutes sortes d'arts martiaux et d'exercices. Dans leur forme la plus bouddhique certains de ces arts sont toujours populaires de nos jours en Extrême-Orient, et nous pouvons imaginer le futur Bouddha passant son temps de cette façon plutôt que plongé dans des livres. De la bouche des vieux sages du clan il apprit aussi diverses traditions, listes généalogiques, croyances et superstitions anciennes. De façon générale il eut une vie assez confortable, sans responsabilités particulières. Son père, un parent plein d'affection, qui l'adorait même, le maria alors qu'il était assez jeune : selon certaines sources il n'avait que seize ans. (En Inde, à cette époque comme généralement de nos jours, le mariage était arrangé par les parents, car ce n'était pas qu'une affaire personnelle mais une affaire concernant toute la famille.) Il épousa une cousine, et le temps venu il leur naquit un fils.

Les quatre visions.

On aurait pu penser qu'il menait une existence assez heureuse, mais les récits disent clairement que, malgré son mode de vie aisé, Siddhartha Gautama était très profondément insatisfait. Dans son Esquisse de l'histoire universelle, H. G. Wells, décrivant cette période de la vie du Bouddha, dit de façon très appropriée : « C'était le manque de bonheur d'un esprit fin en quête d'emploi ». Les légendes que l'on trouve dans les écritures bouddhiques parlent d'une sorte de crise spirituelle, d'un moment décisif, qui advint lorsque le jeune patricien vit ce que l'on appelle les « quatre visions ». Les savants ne sont pas tous d'accord sur le fait qu'il soit littéralement sorti un jour et ait vu ces quatre visions dans les rues de Kapilavastu, ou si elles représentent une projection externe d'expériences essentiellement psychologiques et spirituelles. Il semblerait cependant qu'elles représentent en fait des expériences psychologiques et spirituelles que la tradition ultérieure transcrivit, si l'on peut dire, sous la saisissante forme narrative de la célèbre légende des quatre visions. Quoi qu'il en soit, ces quatre visions cristallisent, sous une forme puissante, certains enseignements fondamentaux du bouddhisme, et jettent une forte lumière sur les débuts du développement spirituel du Bouddha lui-même.

La légende dit que, par un beau et lumineux matin, Siddhartha eut envie de faire un tour en char. Il appela donc son conducteur de char, fouetta les chevaux et partit. Ils allèrent à la ville, et soudain Siddhartha rencontra sa première vision : il vit un vieil homme. Selon la légende il n'avait jamais vu de vieil homme auparavant. Si l'on prend cette légende littéralement, cela signifie qu'il avait toujours été enfermé dans son palais, et qu'il n'avait pas fait très attention aux autres gens et n'avait pas réalisé qu'il y avait une telle chose que l'âge avancé. Mais on peut considérer cela différemment. Parfois nous voyons une chose comme si c'était la première fois. En un sens nous l'avons déjà vue cent fois, mille fois même, mais un jour nous la voyons comme si nous ne l'avions jamais vue auparavant. C'est probablement quelque chose comme cela qui est arrivé dans le cas de Siddhartha, et cela lui fit un choc. Il dit à son conducteur de char : « Qu'est-ce donc que cela ? » Et le conducteur de char répondit, nous dit-on : « C'est un vieil homme. » « Pourquoi est-il si frêle, si voûté ? » « Eh bien, c'est juste qu'il est vieux. » Et Siddhartha demanda : « Mais comment est-il devenu comme cela ? » « Eh bien, tout le monde vieillit, tôt ou tard. C'est naturel. Ça arrive, c'est tout. » « Est-ce que cela va m'arriver aussi ? » Et le conducteur fut bien obligé de répondre : « Oui, bien que tu sois jeune cela va inévitablement t'arriver. Un jour aussi tu seras vieux. » Ces mots du conducteur frappèrent le futur Bouddha comme la foudre, et il s'exclama : « A quoi bon cette jeunesse ! A quoi bon cette vitalité et cette force, si tout finit ainsi ! », et le cœur malade il retourna vers son beau palais.

La deuxième vision fut celle de la maladie. C'était comme s'il n'avait jamais vu de personne malade auparavant, et il réalisa que tous les êtres humains sont sujets à diverses maladies. Il dut regarder en face le fait qu'aussi fort et en bonne santé qu'il soit, il pouvait à tout instant être frappé par la maladie.

La troisième vision fut celle d'un cadavre que l'on transportait vers le lieu de crémation, sur une civière. C'est une chose que l'on peut voir tous les jours en Inde. En Occident, quand vous mourez vous êtes emporté furtivement dans une petite boîte. Personne ne voit rien de vous. On se débarrasse de vous comme de détritus que personne ne veut regarder et qui sont mis dans un incinérateur ou dans un trou dans le sol. Mais en Inde ce n'est pas comme cela. Quand vous mourez vous êtes présenté publiquement dans la meilleure pièce de la maison, et tous vos amis et toute votre famille viennent vous voir. Puis le cadavre est hissé sur les épaules de quatre hommes forts et porté à travers les rues, le visage découvert. Des foules de gens suivent, accompagnant le corps vers le lieu de crémation. C'est une telle procession que vit Siddhartha, et il demanda au conducteur de char : « Qu'est-ce donc que cela ? » Le conducteur dit : « C'est juste un mort. » Siddhartha dit : « Un mort ? Qu'est-ce qui lui est arrivé ? » « Eh bien, comme tu peux le voir, il est raide, il est sans mouvement. Il ne respire pas, il ne voit pas, il n'entend pas. Il est mort. » Siddhartha en eut le souffle coupé et dit : « Est-ce que cela arrive à tout le monde, cette mort ? » Le conducteur poussa un long soupir et dit : « Hélas, oui. » Siddhartha réalisa alors que cela lui arriverait aussi un jour. La révélation le frappa très fort, comme la foudre. Il vit comment cela était. Vous ne voulez pas vieillir, mais vous ne pouvez l'empêcher. Vous ne voulez pas tomber malade, mais cela non plus vous ne pouvez l'empêcher. Alors vous commencez à vous demander : « Comment se fait-il que je sois ici ? Je suis ici avec ce désir de vivre et de continuer à vivre, mais je dois mourir. Pourquoi ? Quelle est la signification de tout cela ? Pourquoi cette énigme, ce mystère ? Pourquoi ai-je été fait ainsi ? Est-ce Dieu qui est responsable ? Est-ce le destin, la destinée ? Ou est-ce simplement que cela se passe ? Y a-t-il une explication quelque part ? »

Ainsi, Siddhartha eut à faire à ces situations existentielles, et il commença à y penser très profondément. Il rencontra alors une quatrième vision. Cette vision était celle de ce qui est appelé un sadhu en Inde, un saint homme, marchant dans la rue avec son bol à aumônes. Il semblait si calme, si tranquille, si plein de paix que le futur Bouddha pensa : « Peut-être sait-il. Peut-être est-ce là le chemin. Peut-être devrais-je en faire autant : couper tous les liens, toutes les attaches mondaines, comme un errant sans foyer et à la robe jaune, comme l'a fait cet homme. Peut-être, de cette manière, trouverai-je une réponse aux problèmes qui me tourmentent. »

Aller de l'avant.

La belle histoire, presque romantique, continue en décrivant comment par une nuit de pleine lune, alors que tout était calme, Siddhartha fit un dernier adieu à sa femme et à son fils endormis. Il n'était pas heureux de les quitter, mais il devait partir. Il chevaucha longtemps cette nuit-là, jusqu'à ce qu'il ait atteint la rivière qui marquait la frontière du territoire des Shakya. Là, il laissa son cheval, quitta ses habits princiers, coupa ses longs cheveux et sa barbe, et devint un homme errant sans foyer, à la recherche de la vérité.

Cet « aller de l'avant » est psychologiquement très significatif. Ce n'est pas seulement devenir un moine. C'est beaucoup plus que cela. Cela signifie trancher ce que Fromm appelle les liens incestueux du sang, du sol et de la famille, et rester seul, en personne autonome et libre, à travailler à son propre salut, à sa propre destinée spirituelle.

C'est donc ce que fit Siddhartha. Il se débarrassa de tout. Il choisit de ne pas participer à la société. Il en avait eu assez de la vie mondaine, et allait maintenant essayer de trouver la vérité, essayer de voir la vérité de lui-même. La recherche allait durer six ans.

En ce temps-là, il y avait en Inde de nombreuses personnes qui enseignaient, ou prétendaient enseigner des voies menant à la réalisation de la vérité. Une des voies les plus courantes était celle de la torture de soi. Aujourd'hui, en Occident, nous ne pouvons pas vraiment prendre ce genre de choses au sérieux. À la possible exception des ermites du désert égyptien aux deuxième et troisième siècles de notre ère, l'automortification n'a jamais réellement été considérée comme une méthode de développement personnel en Occident, et elle ne fait certainement pas partie de notre vie quotidienne. En allant au travail, nous ne voyons pas d'homme couché sur une planche à clous. Mais en Inde de telles pratiques sont tout à fait présentes, et même de nos jours de nombreux Indiens croient fermement que la torture de soi est le chemin du ciel, ou même le chemin de la connaissance de soi et de l'Éveil.

Il en était ainsi au temps du Bouddha. Il y avait un puissant mouvement de cette sorte, un mouvement enseignant que si l'on voulait trouver la vérité on devait soumettre, voire mortifier la chair. Et c'est exactement ce que fit Siddhartha. Pendant six ans il pratiqua les austérités les plus sévères. Il limita nourriture et sommeil, il ne se lava pas, et il alla nu. Tout cela, le Bouddha le décrivit lorsqu'il fut âgé, et son récit se trouve dans les écritures bouddhiques. Comme le dit l'un de ces récits, la célébrité de ses austérités se répandit tel le son d'une grande cloche pendue à la voûte du ciel. Personne, en Inde, raconta-t-il plus tard, ne le surupassa en auto-torture et en auto-mortification. Mais il dit aussi que cela ne l'avait mené nulle part. Il était devenu célèbre en tant que grand ascète, et avait un certain nombre de disciples avec lui. Mais lorsqu'il réalisa que ce n'était pas le chemin de la Vérité, le chemin de l'Éveil, il eut le courage d'abandonner.

Il recommença à manger, et ses disciples, dégoûtés, le quittèrent. Et ceci aussi est significatif. Il avait déjà quitté sa famille, quitté ses amis, quitté sa tribu, et à la fin même ses disciples l'abandonnèrent. Il fut laissé complètement seul, et seul il resta. Il alla de lieu en lieu et, finalement, nous dit-on, il arriva à un bel endroit sur les bords d'une rivière fraîche. Là, il s'assit à l'ombre d'un grand arbre et prit la résolution : « Je ne me lèverai pas de cet endroit avant d'être Éveillé. »

Il y a un vers beau et dramatique qui est mis entre ses lèvres par quelques-uns des anciens compilateurs de ses enseignements : « La chair peut dépérir, le sang peut sécher, mais avant d'avoir atteint l'Éveil je ne bougerai pas de ce siège. » Jour après jour, nuit après nuit, donc, il resta là, assis. Assis, il contrôlait et concentrait son esprit, purifiait son esprit, supprimait les obstacles mentaux et les souillures, et la nuit de Vésak, la nuit de la pleine lune de mai, à l'instant où l'étoile du matin se levait, alors qu'il fixait son esprit sur cette étoile scintillant à l'horizon, l'Illumination complète, l'Éveil complet arriva.

Il est évidemment très difficile de décrire cette sorte d'état. Nous pouvons dire que c'est la plénitude de la sagesse. Nous pouvons dire que c'est la plénitude de la compassion. Nous pouvons dire que c'est voir la vérité en face. Mais ce ne sont que des mots, qui ne transmettent pas grand chose. Disons donc simplement qu'à ce moment la « lumière » apparut, et que Siddhartha Gautama devint le Bouddha.

Dans un certain sens ceci était la fin de sa quête. Il était devenu le Bouddha, « celui qui savait ». Il avait trouvé la solution à l'énigme de l'existence. Il était Illuminé, il était Éveillé. Mais d'un autre côté ce n'était que le début de sa mission. Décidant de faire connaître à l'humanité la Vérité qu'il avait découverte, il quitta l'endroit que l'on appelle aujourd'hui Bodh Gaya et marcha vers Sarnath, à environ cent cinquante kilomètres de là. Il assembla les disciples qui l'avaient quitté quand il avait cessé ses austérités, et leur fit connaître sa grande découverte. Selon certains récits il leur prêcha le sutta que les Occidentaux appellent parfois « le premier sermon » (Je n'aime pas ce mot, « sermon ». Un sutta est réellement un discours suivi, une série d'idées et de thèmes liés ensemble, comme par un fil, ce qui est ce que sutta signifie littéralement).

Progressivement, une communauté spirituelle grandit autour du Bouddha. Il ne resta pas de façon permanente en un endroit, mais parcourut tout le Nord-Est de l'Inde. Il eut une longue vie, atteignant l'Éveil à trente-cinq ans et vivant jusqu'à quatre-vingts ans. Il eut donc quarante-cinq années de travail, de vie active, répandant son enseignement. Il semble que pendant neuf mois de l'année, il allait de lieu en lieu, prêchant, et puis pendant trois mois il s'abritait des pluies torrentielles de la mousson. Arrivant dans un village, si c'était l'heure de son seul repas de la journée, il sortait son bol à aumônes et allait silencieusement de la porte d'une hutte à la suivante. Ayant collecté autant de nourriture qu'il en avait besoin, il se retirait dans la plantation de manguiers que, de nos jours encore, on trouve aux abords de tout village indien, et s'asseyait sous un arbre. À la fin de son repas, les villageois se rassemblaient autour de lui et il leur enseignait. Parfois venaient des brahmanes, parfois de riches propriétaires terriens, parfois des paysans, parfois des marchands, parfois des balayeurs, parfois des prostituées. Le Bouddha enseignait à tous. Et parfois, dans les grandes villes, il prêchait à des rois et à des princes. De cette manière, beaucoup de gens se mirent à le suivre, et il devint le plus grand et le plus connu des maîtres spirituels de l'Inde, à cette époque. Et quand il mourut, quand il atteignit ce que l'on appelle le parinirvana, il y avait des milliers, et même des dizaines de milliers de ses disciples pour pleurer son départ, moines et laïcs, hommes et femmes.

Voici, dans les grandes lignes au moins, la biographie traditionnelle de Siddhartha Gautama, le prince indien qui devint le Bouddha, l'Illuminé, l'Éveillé, le fondateur de la grande tradition spirituelle que nous appelons le bouddhisme. Mais cela répond-il vraiment à la question : « Qui était le Bouddha ? » Cela nous présente certainement tous les faits, mais une telle biographie, aussi bien documentée soit-elle, nous dit-elle réellement qui était le Bouddha ? Connaissons-nous le Bouddha - et l'insistance est sur « connaître » - à partir d'une description de la vie de Siddhartha Gautama ? Que voulons-nous dire, en fait, par connaître le Bouddha ? Même d'un point de vue mondain, nous pouvons connaître les goûts de quelqu'un, ses opinions et ses croyances, mais connaissons-nous réellement cette personne ? Parfois, même nos amis les plus proches font des choses que nous trouvons bien hors de leur caractère, assez éloignées de l'idée que nous nous faisons d'eux. Cela nous montre combien, en réalité, nous connaissons peu les autres. Nous ne sommes pas vraiment capable de sonder les sources les plus profondes de leurs actes, leur motivation fondamentale. Généralement, plus les gens sont proches de nous, moins nous les connaissons réellement. Il y a un vieux dicton : « Sage est l'enfant qui connaît son propre père ». C'est comme si la familiarité ou la proximité superficielle se posaient en obstacles. Ainsi, la personne que nous connaissons et avec qui nous avons des relations n'est pas l'autre personne mais nos propres préconceptions, nos propres états mentaux projetés, nos propres réactions, plutôt subjectives. En d'autres termes, notre « ego » se met en travers du chemin. Afin de réellement connaître une autre personne nous devons avoir un niveau de communication bien plus profond que notre niveau habituel, qui n'est pas du tout une vraie communication.

« Je suis un bouddha ».

Et c'est la même chose en ce qui concerne cette question de connaître le Bouddha. Cette question, dans son sens le plus profond, a été posée depuis les tous premiers jours du bouddhisme. En fait, c'est une question qui a apparemment été posée au Bouddha lui-même, peu après son Éveil : « Qui es-tu ? » « Je suis un bouddha ». Voyageant le long de la grande route, le Bouddha rencontra un homme appelé Dona. Dona était un brahmane, qui connaissait la science des signes du corps. Voyant sur les empreintes des pieds du Bouddha la marque d'une roue à mille rayons, il suivit sa piste le long de la route, jusqu'à ce qu'il ait rattrapé le Bouddha, qui était assis sous un arbre. Le Bouddha venant d'atteindre l'Éveil, il y avait une luminosité qui émanait de tout son être. On nous dit que c'était comme si une lumière brillait de son visage : il était heureux, serein, plein de joie. Dona fut très impressionné par son apparence, et il semble qu'il ait ressenti que ce n'était pas un être humain ordinaire, et peut-être pas un être humain du tout. Se rapprochant, il alla directement au cœur du sujet, comme c'est la coutume en Inde en ce qui concerne les choses religieuses. Il dit : « Qui es-tu ? »

Les anciens Indiens croyaient que l'univers était stratifié en divers niveaux d'existence, qu'il n'y a pas que des êtres humains et des animaux, comme nous le croyons, mais aussi des dieux, des esprits, des yakshas, des gandharvas, et toutes sortes d'autres êtres mythologiques habitant un univers à plusieurs étages, le niveau humain n'étant que l'un des nombreux étages. Dona demanda donc : « Es-tu un yaksha ? » (un yaksha étant un esprit sublime assez terrifiant vivant dans la forêt). Mais le Bouddha dit : « Non ». Simplement « Non ». Dona essaya alors à nouveau : « Es-tu un gandharva ? » (une sorte de musicien céleste, un bel être chantant, tel un ange). Une fois encore, le Bouddha dit : « Non », et Dona demanda encore : « Alors, es-tu un deva ? » (un être divin, une sorte d'archange). « Non ». Dona pensa alors : « C'est étrange. Il doit être un être humain, après tout ! » Et il lui demanda aussi cela, mais le Bouddha dit encore : « Non ». Dona fût alors tout perplexe, et il lui demanda : « Si tu n'es aucune de ces choses, alors qui es-tu ? » Le Bouddha répondit : « Les souillures qui, si elles n'avaient pas été abandonnées, m'auraient fait renaître yaksha, ou gandharva, ou deva, ou humain, ces souillures je les ai abandonnées... Tu peux consid´rer, brahmane, que je suis un bouddha. »

Le mot pour souillures est ashrava ; c'est ce qui, selon le bouddhisme, nous amène à renaître. De toutes celles-ci, le Bouddha était libéré, et il n'y avait donc rien qui puisse être pour lui la cause d'une renaissance en tant que yaksa, que gandharva, que dieu, ou même qu'être humain ; et tel qu'on le voyait il n'était en réalité aucune de ces choses. Il avait atteint l'état de conscience inconditionnée, quoique son corps ait pu apparaître comme étant celui d'un homme. Il s'appelait donc le Bouddha, le Bouddha étant si l'on peut dire une incarnation, une personnification de l'esprit inconditionné.

L'esprit humain procède par étapes, du connu à l'inconnu, et c'est ce que Dona essaya de faire. Voyant la magnifique personne du Bouddha, il essaya de lui appliquer les seules étiquettes à sa disposition, les étiquettes de yaksha, de gandharva, etc., mais aucune d'entre elles ne convenait. Pour nous, ceci est tout à fait approprié car il y a deux des catégories de Dona qui représentent des erreurs que nous commettons encore de nos jours quand nous essayons de comprendre qui était, ou qui est le Bouddha. Ce sont les catégories de « Dieu » et d'« homme », les deux seules catégories toujours à notre disposition en Occident. Une école de pensée dit : « Le Bouddha était un homme très bon, un saint homme même, mais ce n'était qu'un homme et rien de plus que cela ». C'est le point de vue, par exemple des catholiques qui écrivent sur le bouddhisme. C'est une sorte d'approche assez insidieuse. Quoiqu'ils puissent louer le Bouddha pour son amour merveilleux, pour sa compassion merveilleuse, pour sa sagesse merveilleuse, etc., ils prennent soin d'ajouter qu'après tout ce n'était qu'un homme, alors que Jésus-Christ était le Fils de Dieu. L'autre école dit : « Non, le Bouddha est pour les bouddhistes une sorte de Dieu. À l'origine c'était un homme, bien sûr, mais après sa mort ses disciples le déifièrent car ils voulaient quelque chose qu'ils puissent adorer ».

Ces deux vues sont erronées. Le Bouddha était un homme, oui, un être humain, dans le sens où il a commencé comme tout être humain commence, mais ce n'était pas un être humain ordinaire, c'était un homme Éveillé. Et un tel être, un bouddha, est, selon la tradition bouddhique, l'être le plus élevé dans l'univers, plus élevé même que ceux que l'on appelle des dieux. Dans l'art bouddhique les dieux sont représentés dans d'humbles positions, de chaque côté du Bouddha, le saluant et écoutant son enseignement

Une certaine confusion est apparue en Occident, à propos du fait que le Bouddha soit un dieu, ou soit Dieu, car nous voyons qu'il est vénéré (les bouddhistes offrent des fleurs à l'autel, allument des bougies, s'inclinent) et nous pensons que si les bouddhistes vénèrent quelqu'un de cette façon-là, cela veut dire que pour eux cette personne est Dieu. Mais c'est tout à fait erroné. En Orient, non seulement les bouddhistes, mais les gens en général ont une vision très différente de la vénération. En Inde, le même mot, puja, est utilisé pour le respect dû au Bouddha, dû à ses parents, dû à ses frères et sœurs plus âgés, dû à ses maîtres spirituels et séculiers, et dû à toute personne plus âgée ou respectable. Ce que font donc les bouddhistes, lorsqu'ils offrent des fleurs à l'image du Bouddha, est respecter ou honorer le Bouddha en tant qu'être Éveillé, et non l'adorer en tant que Dieu.

Mais revenons à notre thème principal : connaître le Bouddha. Nous avons vu que « bouddha » signifie « esprit inconditionné », ou « esprit Éveillé ». Connaître le Bouddha signifie donc connaître l'esprit dans son état inconditionné. Si l'on nous demandait donc maintenant : « Qui est le Bouddha ? », nous ne pourrions que répondre : « Vous êtes vous-même le Bouddha - potentiellement ». Nous ne pouvons réellement et vraiment arriver à connaître le Bouddha qu'en rendant réelle notre propre bouddhéité potentielle, dans notre vie spirituelle, dans notre méditation, etc. Ce n'est qu'alors que nous pouvons dire, par connaissance, par expérience, qui est le Bouddha.

Mais nous ne pouvons pas faire cela d'un coup. Nous devons tout d'abord établir un contact vivant avec le bouddhisme. Nous devons arriver à quelque chose qui soit bien plus qu'une simple connaissance factuelle du Bouddha Gautama, des détails de sa vie terrestre, même si cela est très loin d'une connaissance de l'esprit inconditionné, d'une connaissance réelle du Bouddha. Ce quelque chose est ce que l'on appelle aller en Refuge dans le Bouddha. Cela ne veut pas simplement dire réciter la formule « Buddham saranam gacchmi », quoique cela n'exclue pas une telle récitation. Cela veut dire prendre la Bouddhéité, prendre l'idée ou l'idéal de l'Éveil, en tant qu'idéal spirituel vivant, en tant qu'objectif ultime, et faire tout notre possible pour le réaliser. En d'autres termes, ce n'est qu'en allant en Refuge dans le Bouddha, dans le sens traditionnel, que nous pouvons vraiment savoir qui est le Bouddha. C'est une des raisons pour lesquelles, dans la Communauté bouddhiste Triratna, nous attachons une si grande importance aux Refuges, et à aller en Refuge non seulement dans le Bouddha, mais aussi dans le Dharma et dans la Sangha.

En conclusion, ce n'est qu'en prenant Refuge dans le Bouddha, avec tout ce que cela implique, que nous pouvons réellement et vraiment répondre, à partir de notre cœur, de notre esprit, et de toute notre vie spirituelle, à la question : « Qui est le Bouddha ? »

‘A Guide to the Buddhist path’ © Sangharakshita, Windhorse Publications 1990,
traduction © Ujumani 2003.
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Re: Qui est le Bouddha ?

Message  Arlitto le Dim 21 Aoû - 15:58

Symbolisme archétypal dans la biographie du Bouddha.



Si l'on regarde sous la surface rationnelle et conceptuelle de l'esprit humain, on trouve de vastes profondeurs insondées qui forment ce que l'on appelle l'inconscient. La psyché, dans sa totalité, est faite tant du conscient que de l'inconscient. La partie inconsciente, non rationnelle, de l'homme représente de loin la majeure partie de sa nature totale, et son importance est beaucoup plus grande que ce que nous voulons généralement bien reconnaître. La conscience n'est guère qu'une légère écume jouant et brillant à la surface, tandis que l'inconscient est comme les vastes profondeurs de l'océan, sombres et insondées, loin en dessous. Afin de faire appel à l'homme tout entier, il ne suffit pas de faire appel à la seule intelligence rationnelle et consciente, qui flotte à la surface. Nous devons faire appel à quelque chose de plus, et ceci veut dire que nous devons parler un langage entièrement différent du langage des concepts, de la pensée abstraite : nous devons parler le langage des images, de la forme concrète. Si nous voulons atteindre cette partie non rationnelle de la psyché humaine, nous devons utiliser le langage de la poésie, du mythe, de la légende.

Cet autre langage, non moins important, est un langage que beaucoup de gens ont oublié de nos jours, ou dont ils ne connaissent que quelques formes défigurées et brisées. Mais le bouddhisme parle vraiment ce langage : il le parle de façon non moins puissante qu'il parle le langage des concepts, et c'est à travers ce langage que nous allons aborder notre sujet, passant de l'abord conceptuel à l'abord non conceptuel, de l'esprit conscient à l'inconscient. Nous allons ici commencer à entrer dans ce langage, y rencontrant une partie de ce que j'ai appelé « le symbolisme archétypal dans la biographie du Bouddha ». Pour permettre cette rencontre, nous devons être réceptifs, nous ouvrir à ces symboles archétypaux, les écouter et les laisser nous parler de leur propre manière, à nos profondeurs inconscientes en particulier ; de cette façon nous ne les réalisons pas seulement mentalement, mais nous en faisons l'expérience, nous les assimilons, leur laissant même la possibilité de transformer, finalement, la totalité de notre vie.

Le langage du bouddhisme.

Certaines personnes ont l'impression que le bouddhisme ne parle que le langage des concepts, de la raison, que ce n'est qu'un système strictement rationnel, voire une sorte de rationalisme. Quand elles entendent le mot bouddhisme, elles attendent quelque chose de vraiment très sec et abstrait : c'est presque comme si elles entendaient un squelette grincer ! Un tel malentendu est d'une certaine façon très naturel en Occident. Après tout, quatre-vingt-dix pour cent, si ce n'est quatre-vingt-dix-neuf pour cent de notre connaissance provient de livres, de magazines, de conférences, etc., ce qui fait que, bien que nous ne soyons pas toujours conscient de cela, nous abordons les choses, et donc le bouddhisme, en termes de compréhension mentale. Il touche notre intelligence rationnelle, notre capacité à formuler les concepts. De cette manière, notre impression du bouddhisme ne porte que sur un seul aspect de celui-ci. Mais en allant en Orient, nous voyons une image très différente. En fait, nous pourrions même dire que, dans les pays bouddhistes orientaux, les gens tendent vers l'autre extrême. Ils tendent à être émus et influencés par les divinités, les images autour d'eux, sans pouvoir facilement donner une formulation mentale de ce en quoi ils croient vraiment. Quand je suis allé vivre à Kalimpong, dans l'Himalaya, j'ai été surpris, au début, de voir que nombre de mes amis du Tibet, du Sikkim et du Bhoutan, qui étaient d'ardents bouddhistes pratiquants, n'avaient jamais entendu parler du Bouddha ! Ou bien, si son nom était mentionné, ils pensaient que c'était un personnage historique très irréel et distant. Des formes archétypales comme Padmasambhava, ou les « cinq Jinas », ou Maitreya, leur étaient réelles, mais ce n'était pas le cas des faits et des personnages historiques.

En ce qui concerne le bouddhisme en Occident, une bien plus grande attention a été donnée à l'approche conceptuelle, analytique et intellectuelle. Nous devons maintenant accorder beaucoup plus de temps et une attention beaucoup plus sérieuse à l'autre façon de l'aborder, afin de commencer à essayer de combiner ces deux approches, d'unifier le conceptuel et le non-conceptuel. En d'autres termes, nous avons besoin d'une vie spirituelle équilibrée dans laquelle l'esprit conscient et l'esprit inconscient jouent tous deux leur rôle.

Maintenant, définissons nos termes principaux. Qu'entend-on par symbolisme archétypal ? Qu'est-ce qu'un archétype ? De façon générale, en suivant le dictionnaire, on peut dire qu'un archétype est un schéma ou un modèle originel d'une œuvre, ou le modèle à partir duquel une chose est faite ou créée. Dans la psychologie de Jung (c'est Jung qui a rendu ce terme familier, dans le contexte psychologique moderne) le terme est utilisé dans un sens beaucoup plus spécialisé. Je dois dire que je trouve assez difficile d'élucider le sens précis dans lequel Jung utilise ce mot. Il l'utilise de façon très fluide et changeante. La signification n'est pas toujours conceptuellement claire et il a tendance à se reposer sur des exemples, qu'il cite à profusion. En faisant cela, sans aucun doute procède-t-il délibérément. Peut-être vaut-il mieux faire comme lui et éclaircir la signification de ce terme à l'aide d'exemples.

Et qu'entendons-nous par symbolisme ? Un symbole est généralement défini comme un signe visible de quelque chose d'invisible. Mais d'un point de vue philosophique et religieux c'est plus que cela : c'est quelque chose qui existe à un niveau bas et qui a une correspondance avec quelque chose qui existe à un niveau plus élevé. Pour citer un exemple commun, dans les diverses traditions théistes le soleil est un symbole de Dieu, car le soleil assure dans l'univers physique la même fonction que Dieu, selon ces systèmes, assure dans l'univers spirituel : le soleil apporte la lumière et la chaleur, tout comme Dieu apporte la lumière de la connaissance et la chaleur de l'amour dans l'univers spirituel. On peut dire que le soleil est le dieu du monde matériel, et que, de la même façon, Dieu est le soleil du monde spirituel. C'est le même principe qui se manifeste à différents niveaux, de différentes manières. C'est, bien sûr, la vieille idée hermétique : « En bas tout comme en haut ».

Deux sortes de vérité.

Passons maintenant à la biographie du Bouddha. Divers ´rudits occidentaux ont essayé d'écrire des biographies complètes et détaillées du Bouddha. Il y a beaucoup de matériau traditionnel disponible. Nombre de biographies furent écrites dans l'Inde ancienne, telle la Mahavastu (le Grand Récit). C'est essentiellement une biographie du Bouddha, quoiqu'elle contienne beaucoup d'autres choses, en particulier des Jatakas et des Avadanas. C'est une œuvre volumineuse (environ 1500 pages au total, en trois tomes dans la traduction anglaise) mais qui contient des choses très anciennes, et des informations très importantes. Puis il y a le Lalitavistara et l'Abhiniskramana sûtra, qui sont tous deux des sûtras du Mahayana. Le Lalitavistara est une œuvre très poétique, appelant fortement à la dévotion et de grande valeur littéraire. C'est en fait sur elle qu'est essentiellement basé le célèbre poème de Sir Edwin Arnold, La lumière de l'Asie.

Ces œuvres sont en sanskrit, mais en pâli il y a aussi le Nidana, l'introduction de Bouddhaghosha à son propre commentaire des histoires des Jatakas. Il y a aussi le Buddhacarita (ou Actes du Bouddha) d'Ashvaghosha, un beau poème épique en sanskrit classique.

Des érudits occidentaux ont exploré en détail cet abondant matériau, mais, ayant étudié les divers épisodes et événements, ils les séparent en deux grands « ensembles ». Ils rangent d'un côté tout ce qu'ils considèrent comme étant des faits historiques : le fait que le Bouddha soit né dans une certaine famille, qu'il parle une certaine langue, qu'il ait quitté sa maison à un certain âge, etc. Ils rangent de l'autre côté tout ce qu'ils considèrent comme étant des mythes et des légendes. Jusque là tout va bien, mais la plupart d'entre eux vont plus loin et commencent à se complaire dans des jugements de valeur, disant que seuls les faits historiques, ou ce qu'ils considèrent comme les faits historiques, sont valables et pertinents. Ils considèrent le plus souvent les mythes et les légendes, toute la poésie du récit, comme une simple fiction, qu'il faut donc rejeter car étant complètement sans valeur.

Ceci est vraiment une très grande erreur, car on peut dire qu'il y a deux sortes de vérité : il y a ce que l'on appelle la vérité scientifique, la vérité des concepts, du raisonnement ; et, en plus de cela - certains diraient même au-dessus de cela - il y a ce que l'on peut appeler la vérité poétique, ou la vérité de l'imagination, de l'intuition. Les deux sont au moins aussi importantes l'une que l'autre. La seconde sorte de vérité est révélée, ou se manifeste dans ce que l'on appelle les mythes et les légendes, ainsi que dans les œuvres d'art, les rituels symboliques, et aussi de façon très importante dans les rêves. Et ce que nous appelons le symbolisme archétypal de la biographie du Bouddha appartient à cette seconde catégorie : ce n'est pas là pour exprimer une vérité historique, une information factuelle, mais pour exprimer une vérité poétique, voire spirituelle. Nous pouvons dire que cette biographie (ou biographie partielle) du Bouddha, en terme de symbolisme archétypal, ne porte pas sur les événements extérieurs de sa vie, mais est là pour nous suggérer quelque chose de son expérience spirituelle intérieure et, donc, pour jeter une lumière sur notre vie spirituelle à tous.

Ce symbolisme archétypal est souvent trouvé dans les biographies bouddhiques, par exemple dans les vies de Nagarjuna, de Padmasambhava, de Milarépa. Dans toutes ces soi-disant biographies il y a de nombreux événements qui ne sont pas basés, ni supposés être basés, sur des faits historiques, mais qui ont une signification symbolique archétypale pointant vers l'expérience intérieure et la réalisation intérieure. Parfois, il est difficile de distinguer entre les deux catégories, de décider si une chose appartient à l'ordre historique ou à l'ordre symbolique. Très souvent, la tradition bouddhique elle-même ne fait pas très bien la distinction entre les deux. Elle semble généralement présenter les mythes et légendes tout aussi littéralement que les faits historiques, comme si aux temps anciens l'homme n'avait presque pas eu la capacité, ni peut-être même la volonté, de faire une telle distinction. Tout était vrai, tout était factuel, dans son propre genre, dans son propre ordre. Il n'y a pas de mal à ce que nous essayions de décider ce qui constitue le contenu factuel et historique de la biographie du Bouddha, et ce qui en constitue le contenu archétypal et symbolique, mais nous devons faire attention à ne pas sous-évaluer les éléments mythiques et légendaires.

Symbolisme bouddhique.

Je propose maintenant de donner quelques exemples de symbolisme archétypal provenant de la biographie du Bouddha, tirés de certains des textes que j'ai mentionnés. Cela ne sera pas par ordre chronologique, puisqu'à l'exception d'une séquence particulière, cela ne semble pas avoir d'importance particulière. Je vais commencer par un exemple assez simple, connu dans la tradition bouddhique sous le nom de Double miracle, ou yamaka-prtiharya (en pâli : yamaka-paihriya) et qui, selon les écritures, fut accompli par le Bouddha en un lieu appelé Srvasti, puis plus tard reproduit en un certain nombre d'autres occasions. La Mahavastu décrit le Bouddha l'accomplissant à Kapilavastu. Le texte dit :

« Alors, l'Exalté, se tenant en l'air à la hauteur d'un palmier, fit des miracles divers et variés de double apparition. La partie inférieure de son corps était en flammes, tandis que de la partie supérieure s'écoulaient cinq cents jets d'eau froide. Alors que la partie supérieure de son corps était en flammes, cinq cents jets d'eau froide s'écoulaient de la partie inférieure. Puis, par sa puissance magique, l'Exalté se transforma en un taureau à la bosse palpitante. Le taureau disparut à l'est et apparut à l'ouest. Il disparut au nord et apparut au sud. Il disparut au sud et apparut au nord. Et c'est ainsi que le grand miracle doit être décrit en détail. Plusieurs milliers de kotis d'êtres, voyant ce grand miracle de magie, devinrent joyeux, heureux et contents, et clamèrent des milliers de bravos à la vue de cette merveille. »

Je ne vais rien dire ici de la transformation du Bouddha en taureau : le taureau est un symbole universel dans la mythologie et le folklore, et il mérite une étude en soi. Je vais me concentrer ici sur le Double miracle lui-même. Tout d'abord, le Bouddha est debout en l'air (dans certaines versions il est représenté montant et descendant en l'air, comme s'il se promenait). Ceci signifie un changement de niveau, et est très significatif. Cela représente le fait que ce qui est décrit ci-dessus ne se passe pas au niveau terrestre, ou au niveau historique. Le Double miracle n'est pas un miracle dans le sens usuel, ni quelque chose de magique ou de supra-normal se déroulant ici, sur cette Terre, mais quelque chose de spirituel, quelque chose de symbolique, se déroulant à un niveau d'existence métaphysique plus élevé. La présence, dans toute scène de l'art bouddhique, d'une fleur de lotus, par exemple, a la même signification. Si un Bouddha, ou un autre personnage, est dessiné assis sur une fleur de lotus, cela veut dire que la scène se passe à un niveau trans-humain, transcendant, où le lotus symbolise la coupure du contact avec le monde. En fait, dans les sculptures représentant le Double miracle, puisqu'il n'est pas possible de représenter le Bouddha en l'air, ce qui l'emporterait hors de la sculpture, il est représenté assis sur une fleur de lotus.

Étant debout, en l'air, dans cette dimension métaphysique, si l'on peut dire, le Bouddha émet en même temps du feu et de l'eau : du feu de la partie supérieure de son corps, de l'eau de la partie inférieure, et puis vice versa. Si l'on voulait prendre cela littéralement, historiquement, ce ne serait au mieux qu'un tour de prestidigitation, rien de plus. Mais le Bouddha ne se complaisait certainement pas dans des tours de prestidigitation. Au niveau d'existence élevé où il se tient, l'eau et le feu sont des symboles universels. On les trouve dans le monde entier, dans toutes les races, dans toutes les cultures, dans toutes les religions. Le feu représente toujours « l'esprit » ou « le spirituel », et l'eau représente toujours la matière, ce qui est matériel. Le feu représente le principe céleste, positif, masculin ; l'eau représente le principe terrestre, négatif, féminin. Le feu représente l'intellect, l'eau les émotions. Le feu représente encore la conscience, l'eau l'inconscient. En d'autres termes, le feu et l'eau représentent à eux deux tous les opposés cosmiques. Ils représentent ce que dans la tradition chinoise on appelle le yin et le yang.

Le fait que le Bouddha émette en même temps du feu et de l'eau représente la conjugaison de ces grandes paires d'opposés. Cette conjonction, à tous les niveaux, et en particulier au niveau le plus élevé, est synonyme de ce que nous appelons l'Éveil, de ce que les Tantras appellent le yuganaddha, le deux-dans-l'un. Ce deux-dans-l'un, cette union, ou harmonie, ou intégration des opposés représentée ici a un parallèle intéressant dans la tradition alchimique occidentale que Jung, par exemple, a exploré, et où l'union du feu et de l'eau est considérée comme étant tout le secret de l'alchimie - non pas, bien sûr, dans le sens de la production d'or, mais dans le sens de la transmutation spirituelle. Dans l'alchimie, cette union du feu et de l'eau est parfois appelée le mariage du Roi Rouge et de la Reine Blanche. Ici, cet épisode du Double miracle nous dit que l'Éveil n'est pas une chose unilatérale, n'est pas une expérience partielle, mais que c'est l'union, la conjonction d'opposés, du feu et de l'eau, au niveau le plus élevé qui soit.

Tournons-nous maintenant vers un autre épisode. Selon la tradition théravada, le Bouddha enseigna ce qui allait être connu sous le nom d'Abhidharma à sa mère décédée, dans le Paradis des Trente-trois Dieux (un monde céleste plus élevé où elle renaquit après être morte sept jours après l'avoir mis au monde). Puis il revint sur terre, en descendant un magnifique escalier, entouré par divers dieux, divinités et anges. Dans les textes bouddhiques, cet escalier est décrit en des termes vraiment très merveilleux : il est fait d'or, d'argent et de cristal. Imaginez donc ce magnifique escalier s'étendant du Paradis des Trente-trois Dieux jusqu'à la Terre.

Ceci aussi, l'escalier ou l'échelle joignant ciel et terre, est un symbole universel. Parfois, c'est une corde d'argent ou d'or reliant les deux. Par exemple, il y a dans la Bible l'échelle de Jacob, qui a la même signification. Et à un niveau plus populaire, il y a le tour de la corde indienne : le magicien, ou le yogi, jette une corde en l'air. Elle s'attache dans le ciel, et il y monte avec son disciple ; puis il met son disciple en pièces, les morceaux tombent et le disciple est reconstitué. On trouve cette conception de manière particulièrement forte dans le chamanisme de toute la région arctique. L'escalier est ce qui unit les opposés, ce qui lie, qui met ensemble le ciel et la terre. Dans les textes bouddhiques, la signification archétypale de cet épisode de la descente du Bouddha est mise en valeur par des descriptions colorées et lumineuses, avec l'or, l'argent et le cristal, avec diverses lumières colorées, des ensembles impressionnants d'ombrelles et de parasols colorés, des fleurs tombant, et de la musique. Tout ceci est très attrayant non pas pour l'esprit conscient, mais pour l'inconscient, pour les profondeurs.

Une autre variante importante du thème de l'union des opposés est ce que l'on appelle généralement l'Arbre du Monde, ou Arbre cosmique. Le Bouddha, selon les récits traditionnels, atteignit l'Éveil au pied d'un arbre, d'un pipal. Il est significatif que, d'un point de vue historique et factuel, nous ne sachions pas s'il était réellement assis sous un arbre ou pas : les récits les plus anciens ne le mentionnent pas. Nous pouvons tout naturellement en faire l'hypothèse car, après tout, il atteignit son Éveil au mois de mai qui, en Inde, est l'époque la plus chaude de l'année. Il est donc plus que probable qu'il était assis sous un arbre, simplement pour profiter de son ombre et s'abriter de la chaleur. Mais nous ne savons pas. Peu à peu, semble-t-il, alors que dans ses biographies se développaient les éléments légendaires et mythiques, le Bouddha devint de plus en plus associé, au moment de son Éveil, avec le fait d'être assis au pied d'un arbre. Les racines d'un arbre s'enfoncent profondément dans le sol, tandis que ses branches s'élancent dans le ciel. L'arbre aussi lie donc ciel et terre ; c'est aussi un symbole d'union ou d'harmonie des opposés.

L'Arbre du Monde est trouvé dans la plupart des mythologies. Il y a par exemple l'Yggdrasil scandinave, le Frêne du Monde, aux racines profondes, aux branches haut dans les cieux, tous les mondes, si l'on peut dire, étant suspendus à ses branches. Et l'on a souvent cette identification de la croix chrétienne avec un Arbre du Monde ou un Arbre cosmique. J'ai vu une représentation de la crucifixion où des branches poussaient des bras de la croix, et où des racines s'enfonçaient profondément dans le sol. Tout comme l'Arbre du Monde, la croix aussi lie cosmiquement le ciel et la terre, tout comme le Christ unit « psychologiquement » les natures humaine et divine.

L'image du point central est associée de près à l'idée d'une échelle, d'un escalier ou d'un arbre. Dans toutes les descriptions légendaires traditionnelles du Bouddha atteignant l'Éveil, il est représenté assis sur ce qui s'appelle le vajrasana, ce qui signifie littéralement Siège de diamant et est parfois traduit par Trône de diamant. Dans la tradition bouddhique, le diamant, le vajra, le dorje représente toujours l'élément Transcendantal, la base métaphysique. Selon la tradition, le vajrasana est le centre de l'univers. On peut comparer ceci avec la tradition chrétienne correspondante, qui dit que la croix se tenait au même endroit que l'Arbre de la connaissance du Bien et du Mal, dont Adam et Ève ont mangé la pomme, et que cet endroit était l'exact centre du monde. Cette centralité du vajrasana dans le cosmos suggère que l'Éveil consiste à adopter une position de centralité. Cette centralité métaphysique ou transcendante, qui constitue l'Éveil, équivaut à l'union des opposés dont nous avons parlé.

Nous pouvons continuer ainsi presque indéfiniment : les écritures, les biographies traditionnelles sont pleines de matériau de cette sorte qui, malheureusement, n'a pas encore été exploré de cette manière.

L'éveil du Bouddha.

Considérons maintenant non pas des symboles archétypaux isolés, mais toute une séquence de symboles, qui est liée à l'événement le plus important de toute la carrière du Bouddha, son atteinte de l'Éveil. Ces symboles sont représentés par certains événements généralement considérés comme historiques, ou partiellement historiques, mais dont la vraie signification est beaucoup plus profonde.

Le premier de ces événements est traditionnellement connu comme la victoire sur Mara, le Malin, le Satan du bouddhisme. Le Bouddha, ou le bodhisattva (en pâli : bodhisatta), celui qui allait devenir le Bouddha, était assis, méditant, au pied de l'arbre (ici, ce sont certains des récits légendaires tardifs qui nous intéressent) quand il fut attaqué par des hordes de terribles démons, par toutes sortes de personnages vils, laids et difformes, conduits par Mara. Ces hordes, et leurs attaques, sont décrites de manière vive dans l'art et la poésie bouddhiques. Les démons étaient partiellement humains, partiellement animaux, déformés de façon hideuse, avec des expressions perverses, hargneuses, courroucées et coléreuses, certains brandissant de grands bâtons, d'autres brandissant des épées, tous vraiment très menaçants et terrifiants. Mais toutes les pierres, toutes les flèches, toutes les flammes, atteignant les bords de l'aura de lumière du Bouddha, se transformaient en fleurs et tombaient à ses pieds.

La signification de ceci est évidente et n'a pas besoin d'être expliquée : elle n'a besoin que d'être ressentie. Le Bouddha n'était pas touché, n'était pas ému par cette terrible attaque. Ses yeux restaient fermés, il restait en méditation, avec le même sourire sur ses lèvres. Mara envoya alors au Bouddha ses trois très belles filles qui portaient les noms de Luxure, Passion et Délice. Elles dansèrent devant le Bouddha, mettant en œuvre toutes leurs ruses, mais le Bouddha n'ouvrit même pas les yeux. Elles se retirèrent, déconfites. Tout ceci représente les forces de l'inconscient dans leur forme brute, non sublimée. Tous les démons, les figures terriblement déformées représentent la colère, l'aversion, l'antipathie, etc. Quant aux filles de Mara, elles représentent, bien sûr, les divers aspects de l'avidité et du désir. Mara lui-même représente l'ignorance primordiale, l'absence de prise de conscience, du fait de laquelle nous renaissons encore et encore et encore... Incidemment, la signification littérale du nom Mara est simplement « mort ».

Le second incident est connu sous le nom d'appel à témoignage de la déesse Terre. Après avoir été vaincu, après le départ de ses hordes déconfites, Mara essaya quelque chose d'autre. Il dit à celui qui allait devenir le Bouddha : « Tu es assis au point central de l'univers, sur le trône des Bouddhas du passé. Quel droit as-tu, toi, une personne ordinaire, d'être assis sur ce Trône de Diamant, sur lequel s'assirent les précédents Bouddhas ? » Alors, le Bouddha dit : « Dans mes vies passées, j'ai pratiqué toutes les pramits, toutes les perfections, à savoir la Perfection de la Générosité, la Perfection de la Moralité, la Perfection de la Patience, la Perfection de l'Énergie, la Perfection de la Méditation, la Perfection de la Sagesse. Je les ai toutes pratiquées, j'ai atteint un point dans mon évolution spirituelle où je suis prêt, où je suis sur le point d'atteindre l'Éveil. Je suis donc digne de m'asseoir sur ce Trône de Diamant, comme les Bouddhas du passé lorsqu'ils ont atteint l'Éveil. »

Mara n'était pas satisfait. Il dit : « Eh bien, tu dis que dans tes vies passées tu as pratiqué toutes ces perfections, mais qui t'a vu le faire ? Qui est ton témoin ? » Mara se déguise en homme de loi, il veut un témoin, il veut une preuve. Le futur Bouddha, assis sur le Trône de Diamant en position de méditation, les mains reposant sur les genoux, tapa alors doucement la terre (c'est la fameuse bhumisparsa-mudra, la mudra, ou position, du toucher de la Terre, ou de la prise à témoin de la terre), et la Déesse Terre apparut, portant un vase dans la main. Elle témoigna, disant : « J'ai tout le temps été ici. Les hommes vont, les hommes viennent, la terre reste toujours. J'ai vu toutes ses vies passées. J'ai vu des centaines de milliers de vies dans lesquelles il a pratiqué les Perfections. Je témoigne donc que d'après sa pratique de ces Perfections il est digne de s'asseoir sur le siège des Bouddhas du passé ».

Cette scène aussi est souvent représentée dans l'art bouddhique ; la déesse Terre est parfois vert foncé, parfois d'un beau brun-doré, émergeant toujours à demi de la terre, ressemblant beaucoup à Erda, dans le Ring de Wagner (Erda signifie bien sûr Terre, et Erda et la déesse Terre sont pareilles à Hertha, dans le célèbre poème du même nom, de Swinburne). La signification de la déesse Terre est un sujet en soi et toute une littérature y est dédiée. Fondamentalement, elle représente les mêmes forces que celles représentées par les filles de Mara. Mais, alors que les filles de Mara les représentent dans leurs aspects bruts, négatifs, non sublimés, la déesse Terre, lorsqu'elle témoigne, les représente dans leurs aspects apprivoisés, contenus, voire sublimés : prêtes à aider et non à empêcher.

Le troisième événement est connu sous le nom de requête de Brahma. Le Bouddha, après son Éveil, était enclin à rester silencieux. Il réfléchissait : « Cette Vérité, cette Réalité que j'ai découverte, est si abstraite, si difficile à voir, si sublime, que les gens ordinaires, les yeux recouverts par la poussière de l'ignorance et de la passion, ne la verront pas, ne l'apprécieront pas. Il vaut donc mieux que je reste silencieux, que je reste sous l'arbre de la Bodhi, que je reste les yeux fermés, plutôt que d'aller dans le monde et de prêcher. » Mais alors vint une autre grande apparition. Une grande lumière brilla, et au milieu de la lumière une ancienne figure, celle de Brahma Sahampati, Brahma le Grand Dieu, le Seigneur des Mille Mondes, apparut devant le Bouddha, les mains jointes. Il dit : « S'il te plaît, prêche, prêche la Vérité ; il y en a juste quelques-uns, avec un peu de poussière sur les yeux. Ils apprécieront, ils suivront. » Le Bouddha ouvrit son œil divin et contempla l'univers. Il vit tous les êtres, comme des lotus dans un étang, à divers stades de développement. Et il dit : « Pour le bien de ceux qui n'ont qu'un petit peu de poussière sur les yeux, de ceux qui sont comme des lotus émergeant à demi, je vais enseigner le Dharma ».

Historiquement parlant, nous ne devons bien sûr pas prendre cet événement littéralement : le Bouddha était Éveillé, il n'avait pas besoin qu'on lui demande de prêcher. La Requête de Brahma représente la manifestation, dans l'esprit même du Bouddha, des forces de Compassion qui l'ont finalement poussé à faire connaître la Vérité qu'il avait découverte, à prêcher à l'humanité.

Le quatrième et dernier épisode est l'épisode de Mucalinda. Pendant sept semaines, le Bouddha resta assis au pied de l'arbre de la Bodhi et d'autres arbres aux alentours, et au milieu de la septième semaine éclata un grand orage. Le Bouddha atteignit l'Éveil au mois de mai : sept semaines de plus nous mènent donc au milieu du mois de juillet, au début de la saison des pluies. En Inde, quand commencent les pluies de la mousson, en quelques instants le ciel tout entier devient noir et il se met à pleuvoir non pas à seaux, mais à véritables réservoirs. Le Bouddha était dehors, sous un arbre, vêtu seulement d'une fine robe : il n'y avait pas grand chose qu'il puisse faire. Mais une autre figure sortit du sous-bois, de l'ombre : un grand serpent, le Roi Mucalinda, le Roi-Serpent. Il vint, enroula ses anneaux autour du Bouddha, et tint son capuchon au-dessus de la tête du Bouddha, comme un parapluie, le protégeant ainsi de l'averse. Cet épisode est souvent représenté dans l'art bouddhique, parfois de façon presque comique : vous voyez un rouleau, comme un rouleau de corde, d'où émerge tout juste la tête du Bouddha, protégée par le capuchon formant un parapluie. Puis la pluie disparut, les nuages d'orage se dissipèrent, et le Roi-Serpent prit une forme différente, celle d'un beau jeune homme d'environ seize ans, qui salua le Bouddha.

Quelques savants, malheureusement, essaient de considérer cet épisode dans un sens littéral, de lui imposer une signification factuelle, disant : « Oui, il est bien connu qu'en Orient les serpents sont parfois très gentils avec les saints hommes, et qu'ils viennent et se tiennent auprès d'eux. C'est ce qui a dû se passer ». Mais nous ne pouvons pas accepter ce genre d'explication pseudo-historique. Nous sommes à un plan, à un niveau de signification entièrement différent. Dans le monde entier, nous l'avons vu, l'eau, ou la mer ou l'océan, représente l'inconscient. Et dans la mythologie indienne (hindoue, bouddhique ou jaïn) les nagas, c'est-à-dire les serpents, ou les dragons, vivent dans les profondeurs de l'océan. Les nagas représentent donc les forces dans les profondeurs de l'inconscient, dans leur aspect le plus positif et bénéfique ; et Mucalinda est le roi des nagas.

(La chute de la pluie, l'averse torrentielle après les sept semaines, représente un baptême, une aspersion. Dans le monde entier, verser de l'eau sur quelqu'un ou quelque chose représente l'investiture de cette personne ou de cet objet avec toutes les puissances de l'esprit inconscient. Tout comme dans le christianisme, il y a un baptême avec l'eau et avec le feu, une investiture avec les forces de l'inconscient et avec les forces de l'esprit.)

La pluie, nous l'avons vu, tombe à la fin de la septième semaine, et Mucalinda enroule sept fois ses anneaux autour du Bouddha assis. Cette répétition du chiffre sept n'est pas une coïncidence. Mucalinda représente aussi ce que les Tantras appellent le chandali, la force ardente, et ce que les hindous appellent la kundalini, la force-serpent, qui représente toutes les puissantes énergies psychiques jaillissant en quelqu'un, en particulier durant la méditation, par le nerf médian. Les sept anneaux, ou l'enroulement sept fois autour du Bouddha, représentent les sept centres psychiques au travers desquels passe la kundalini au cours de sa montée. La forme d'un beau jeune homme de seize ans que prend Mucalinda représente la nouvelle personnalité qui naît du fait de cette montée de la chandali, ou kundalini. Mucalinda, dans sa nouvelle forme, salue le Bouddha : ceci représente la soumission parfaite de toutes les puissances de l'inconscient à l'esprit Éveillé.

De tout cela, il est évident que ces quatre événements ont tous une profonde signification psychologique et spirituelle. Ils ne sont pas que pseudo-histoire, ils ne sont pas que des contes de fées, quoique même les contes de fées aient une signification, mais ils sont investis d'une profonde signification symbolique et archétypale.

Les quatre archétypes principaux.

En allant un peu plus loin, on peut dire que les quatre figures principales qui nous ont intéressés forment un ensemble bien déterminé : Mara le Malin, Vasundhar la Déesse Terre, Brahma, et Mucalinda, dans cet ordre - et l'ordre dans lequel ils apparaissent est assez intéressant. Je vais ici faire ce que certains penseront être une analogie audacieuse, mais je pense qu'elle a une grande signification et un grand pouvoir de suggestion. Il me semble que ces quatre figures sont dans une certaine mesure analogues aux quatre archétypes principaux de Jung, et que leur apparition dans cet ordre représente l'intégration de ceux-ci dans l'esprit conscient, représente, en d'autres termes et à un niveau plus élevé, ce que Jung appelle le processus d'individuation. Mara correspond à ce que Jung appelle l'ombre, cette face plus sombre de nous-même dont nous avons honte, que nous essayons généralement de réprimer. La Déesse Terre représente l'anima (le Bouddha, étant un homme, avait une anima ; dans le cas d'une femme il s'agirait d'un animus). Brahma représente l'archétype du vieil homme sage. L'art bouddhique le représente avec des cheveux blancs et une barbe : une sorte de Dieu-le-Père. Et Mucalinda est l'archétype du jeune héros.

Il y a aussi une correspondance avec les personnages principaux de la mythologie chrétienne : Mara correspond à Satan, la Déesse Terre à la Vierge Marie, Brahma à Dieu et Mucalinda au Christ. Je ne pense pas que ceci soit trop tiré par les cheveux. Si nous étudions ces choses avec attention, en les approfondissant, nous devrions voir cette analogie. Dans le bouddhisme tantrique se trouve un ensemble similaire : le gardien (parfois nommé le protecteur), la dakini, le gourou, et le yidam.

Quoique j'aie fait ces analogies, il y a une grande différence de principe entre les approches ou attitudes bouddhique et chrétienne envers les archétypes de leur tradition respective. Dans le bouddhisme, il est souvent dit de manière claire, voire catégorique, que toutes ces apparences, toutes ces formes archétypales sont de façon ultime des phénomènes de notre propre esprit véritable, ou des projections de notre propre inconscient, et qu'elles doivent toutes être intégrées. Mais dans le christianisme, les archétypes correspondants sont regardés comme des êtres objectivement existants. On ne peut pas réellement résoudre un archétype, dans le sens de l'incorporer, comme représentant des contenus inconscients, dans son esprit conscient, dans ses attitudes conscientes ou dans son nouveau soi, à moins que l'on ne réalise qu'en dernière analyse ce n'est pas quelque chose existant objectivement, mais quelque chose que l'on a projeté des profondeurs, d'une source cachée au fond de soi.

Du fait de cette limitation, il n'y a pas dans la tradition chrétienne (à l'exception possible de quelques mystiques hérétiques) de complète résolution de la figure archétypale, alors que dans le bouddhisme, du fait d'un contexte plus profondément métaphysique et spirituel, une telle résolution est possible. Dans le bouddhisme, tous les archétypes peuvent être dissous, peuvent être réclamés par notre propre attitude consciente et y être intégrés pour l'enrichir et la rendre plus parfaite, plus belle. En d'autres termes, le processus d'individuation peut être amené à sa conclusion absolue, l'Éveil.

Nous n'avons fait qu'effleurer quelques-uns des symboles archétypaux trouvés dans la biographie du Bouddha. J'aurais aimé en mentionner de nombreux autres, par exemple le bol à aumônes du Bouddha. Il y a beaucoup de légendes à son sujet, certaines d'entre-elles étant vraiment très intéressantes. En fait, nous pouvons dire, sans exagérer, qu'il occupe dans la légende et l'histoire bouddhiques une position analogue à celle du Graal dans le christianisme, et qu'il a une signification très similaire.

Les archétypes, et j'en ai mentionné quelques-uns, n'ont pas qu'un intérêt historique ou littéraire : ils ne nous sont pas étrangers. Chacun d'entre eux est présent en nous tous - ou nous pouvons dire que nous sommes tous présents en eux. Nous les partageons, nous les avons tous en commun, ou bien ils nous partagent, ils nous ont tous en commun. Et, au cours de notre vie spirituelle, en particulier lorsque nous pratiquons la méditation, ces archétypes ont tendance à émerger dans la conscience, de diverses manières. Parfois, ils se montrent, au moins fugitivement, dans des rêves, pendant la méditation ou dans des rêves éveillés. Par exemple, nous devons tous rencontrer l'ombre. Comme je l'ai dit, c'est ce côté sombre, déplaisant de nous-même qui apparaît dans les rêves, par exemple sous la forme d'un féroce chien noir grondant et courant à nos talons en essayant de les mordre, et dont nous voulons nous débarrasser sans pouvoir le faire ; ou sous la forme d'un homme sombre, etc. Nous devons regarder l'ombre en face, l'accepter, assimiler même cette face sombre de nous-même, tout comme le Bouddha fit face à Mara et à ses troupes, et les vainquit. Et ici, tout comme dans le cas de Mara, la répression n'est pas la solution. L'ombre, ou le contenu représenté par l'ombre, doit être saturée de prise de conscience, et doit être résolue. Le Bouddha lui-même n'émit pas de flammes pour contrer les flammes émises par les troupes de Mara ; mais lorsque les flammes touchèrent son aura, elles furent simplement transformées en fleurs, transmutées. C'est aussi le genre de chose que nous devons faire avec notre propre ombre : la regarder, simplement, la reconnaître, l'accepter, puis la transformer et la transmuter en ce que la tradition tantrique appelle un gardien ou un protecteur. Nous aussi, nous devons appeler la déesse Terre, ce qui en termes psychanalytiques veut dire que nous devons regarder l'anima (dans le cas d'un homme) en face et nous en libérer, c'est-à-dire amener notre propre féminité inconsciente dans notre propre attitude consciente et l'y intégrer, tout comme une femme doit amener et intégrer sa masculinité inconsciente. Si cela est fait, il ne sera plus question de projeter ces contenus inconscients et non réalisés sur des membres du sexe opposé, et ce qui est parfois appelé le « problème » du sexe est ainsi résolu. Ceci est un aspect très important de la vie spirituelle.

Puis, nous devons tous apprendre du vieil homme sage. Parfois, il nous faut assez littéralement nous asseoir aux pieds d'un maître, ou au moins avoir une image idéale à laquelle nous devons allégeance. Puis, peut-être après de nombreuses années, nous devons incorporer en nous-même les qualités que cette figure représente : sagesse, connaissance, etc.

Puis, finalement, chacun d'entre-nous doit, en lui-même ou en elle-même, donner naissance au jeune héros, c'est-à-dire, en d'autres termes, créer le noyau d'un soi nouveau, d'un être nouveau ou, dans le langage bouddhique traditionnel, donner naissance en soi au bouddha ou à la nature-de-bouddha elle-même.

Si nous faisons face à notre propre ombre, si nous faisons appel à notre propre anima ou animus, si nous apprenons du vieil homme sage, et si nous donnons naissance en nous à notre propre jeune héros, alors nous accomplirons, nous récapitulerons en nous, dans notre propre vie, à tous les niveaux, dans tous les aspects, les symboles archétypaux qui apparaissent dans la biographie du Bouddha.

‘A Guide to the Buddhist path’ © Sangharakshita, Windhorse Publications 1990,
traduction © Ujumani 2003.
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Re: Qui est le Bouddha ?

Message  Arlitto le Dim 21 Aoû - 15:59

Le symbolisme des cinq Bouddhas, masculins et féminins.



Commençons par revenir à la base, à l'idée de la bouddhéité. La première chose qu'il nous faut comprendre, et c'est très important, c'est que le bouddha est un être humain. Mais un bouddha est un être humain d'une sorte particulière, de la plus haute sorte en fait, pour autant que nous sachions. Un bouddha est quelqu'un qui, dans son développement spirituel, transcende tellement le cours ordinaire de l'humanité que, en un sens, il n'est plus du tout un être humain. Un bouddha est un être humain qui a atteint la bodhi ou, plus techniquement, la samyaksambodhi. Bodhi signifie « connaissance », « compréhension », voire « Éveil ». Samyaksambodhi signifie « connaissance suprême » ou « compréhension parfaite », etc. La bodhi, cependant, est bien plus que la connaissance, bien plus, même, que la connaissance transcendante. Au sens large, la bodhi, ce qui fait d'un bouddha un bouddha, a trois aspects principaux. Pour simplifier, nous allons les appeler les aspects cognitif, volitionnel et émotionnel.

L'aspect cognitif de la bodhi.

De ce point de vue, la bodhi est un état de vue pénétrante, de sagesse, de prise de conscience. Mais de vue pénétrante de quoi ? Tout d'abord, il y a vue pénétrante de soi-même. Cela veut dire, en d'autres termes, tourner un regard intime, clair et profond sur soi-même et voir comment, à tous les différents niveaux de son être, on est conditionné, gouverné par l'esprit réactif (on réagit mécaniquement, automatiquement, en fonction de conditionnements psychologiques passés dont on est bien trop souvent largement inconscient). Cela veut dire, de plus, voir à quel point on est dominé, contre son gré même (et souvent sans le savoir), par les émotions négatives. Puis il y a la vue pénétrante des autres. Cela veut dire étendre sa vision et voir comment les autres aussi sont conditionnés, tout comme on est soi-même conditionné. Puis, s'étendant plus loin encore, la vue pénétrante consiste à inclure dans sa vision la totalité des phénomènes, la totalité de la nature, l'univers lui-même à tous ses niveaux, et à voir comment cela est aussi conditionné, transitoire, toujours changeant, frustrant et irréel.

La vue pénétrante n'est pas qu'une vue de la conditionnalité universelle. C'est une vue qui traverse le conditionné et trouve l'Inconditionné. C'est voir l'éternel dans les profondeurs du transitoire, le réel dans les profondeurs de l'irréel, et même, de façon ultime, voir que les deux ne font qu'un, étant comme différentes facettes de la même réalité ultime et absolue.

L'aspect volitionnel de la bodhi.

La bodhi n'est pas qu'un état de connaissance. C'est aussi un état de liberté ou d'émancipation non entravée, tant subjective qu'objective. Subjectivement c'est un état de libération de toute souillure morale et spirituelle. En d'autres termes cela consiste, par exemple, en une libération des « cinq poisons mentaux » en une libération de toute émotion négative, en une libération de tout le processus de l'esprit réactif. Objectivement, cela consiste en une libération des conséquences des souillures. En d'autres termes, cela consiste en une libération du karma et de la renaissance, une libération des tours de la Roue de la Vie. Plus positivement, on peut dire que cette liberté, cet aspect volitionnel de la bodhi, consiste en un état de créativité - plus spécialement de créativité spirituelle - et de spontanéité ininterrompues.

L'aspect émotionnel de la bodhi.

La bodhi est aussi un état d'émotion positive, ou, devrions-nous peut-être dire, d'émotion spirituelle. Ceci aussi peut être décrit subjectivement et objectivement. Subjectivement, cela consiste en un état ou une expérience de joie, de félicité, d'extase suprêmes. Objectivement, cela se manifeste par un état d'amour et de compassion illimités envers tous les êtres vivants.

Les trois corps du Bouddha.

Ainsi, un bouddha est un être humain qui, ayant atteint l'état de samyaksambodhi, est une incarnation vivante de la vue pénétrante, de la liberté, du bonheur et de l'amour. J'ai utilisé l'expression « un bouddha », mais au début de la tradition bouddhique il n'y avait qu'un seul bouddha, le Bouddha, le Bouddha Shakyamuni humain historique. On constate que durant la vie même du Bouddha une distinction spirituellement importante fut faite (il semble que ce soit le Bouddha lui-même qui l'ait faite) entre d'une part la personne historique Éveillée et d'autre part le principe abstrait de l'Éveil, entre le Bouddha et la bouddhéité. Cette distinction s'exprima dans certains termes techniques. La personnalité historique Éveillée fut appelée rupakaya, ou « corps de forme » (rupa signifie « forme », kaya « corps » ou « personnalité »). Le principe de l'Éveil, indépendant de la personne qui le réalise, fut appelé dharmakaya, « corps de la vérité » ou « corps de la réalité ». Malgré cette distinction, nous ne devons pas considérer qu'il y a une différence : le corps de forme et le corps de Dharma sont tous deux, en un sens, des corps du Bouddha.

On insista peu sur la distinction durant la vie du Bouddha, car dans son cas, le Bouddha et la bouddhéité, le rupakaya et le dharmakaya, étaient unis. Mais après le parinirvana, la distinction devint plus prononcée. Après tout, le corps de forme était mort et avait disparu, le Bouddha historique n'existant plus que sous la forme de reliques dans des stoûpas, alors que le corps de Dharma était éternellement présent. Nous pouvons imaginer le Mahayana à ses débuts (quand fut élaborée la distinction entre les deux corps), pensant verticalement et voyant le corps de forme « en bas », dans un temps passé, et le corps de Dharma « là haut », en dehors du temps, transcendant le temps, de telle sorte qu'il y ait une relation verticale entre la personne Éveillée et le principe de l'Éveil.

Plus tardivement, le Mahayana continua à penser verticalement, mais un développement se produisit dans cette pensée verticale, ou dans cette expérience verticale. Un troisième kaya ou « corps » apparut entre les deux autres, et vint à s'appeler sambhogakya, ce qui signifie littéralement « corps de ravissement mutuel ». Ce terme, quoiqu'il ait en soi une profonde signification, n'aide pas beaucoup dans ce contexte et peut mieux être rendu, ou « interprété » par « bouddha idéal », voire « bouddha archétypal ». Ce bouddha idéal n'est pas un principe impersonnel et abstrait comme le dharmakaya. C'est vraiment une personne, mais en même temps ce n'est pas une personne humaine et historique. On pourrait dire que c'est la personne idéale, la personne archétypale même, en dessous du niveau de l'absolu mais au-dessus et au-delà de l'histoire.

À cette étape de développement il y avait donc trois kayas, trois « corps » alignés verticalement. Ce sont, de haut en bas, le corps de Dharma, puis le corps de ravissement mutuel, et enfin le corps créé ou nirmanakaya, comme il fut alors appelé, le terme rupakya étant à ce moment-là appliqué au bouddha idéal et au Bouddha historique pris ensemble. Ce qui s'était développé est la fameuse doctrine du trikaya, la doctrine des trois corps du Bouddha, qui est très importante pour le Mahayana et le Vajrayana. Pour l'instant, cependant, seul nous concerne le fait qu'elle devint la base d'autres évolutions tant dans le Mahayana que dans le Vajrayana.

Le mandala des cinq bouddhas.

Une chose assez spectaculaire se produisit ensuite. Le Bouddha humain historique, le nirmanakya, disparut dans le passé, et fut presque perdu de vue (dans les pays du Mahayana et du Vajrayana, on constate que le Bouddha historique, Shakyamuni, occupe une place comparativement peu importante), et la bouddhéité, le dharmakaya, s'estompa. Après tout, le dharmakaya est assez abstrait, pour ne pas dire vague, et assez difficile à comprendre. Ce qui restait, occupant si l'on peut dire le centre de la scène, était le bouddha idéal, archétypal. (C'est le bouddha du Mahayana, comme dans le Sûtra du Lotus, où ce bouddha idéal est appelé Shakyamuni, bien que de façon évidente il ne soit plus la personnalité humaine du Bouddha ; il est plutôt le bouddha archétypal de la lumière infinie et de la vie éternelle). Le Mahayana ne s'arrêta pas là. Une évolution supplémentaire se produisit. Jusqu'alors le Mahayana avait pensé verticalement. Il se mit à penser horizontalement. Deux autres bouddhas apparurent de chaque côté du bouddha idéal. À sa droite apparut Amitabha, le bouddha de la lumière infinie, et à sa gauche Aksobhya, l'imperturbable. Ces deux bouddhas incarnaient, sous la forme d'autres bouddhas idéaux, les deux aspects principaux de la bouddhéité elle-même. Un indice de ce que sont ces aspects est donné par les emblèmes de ces deux nouveaux bouddhas. L'emblème d'Amitabha est la fleur de lotus. L'emblème d'Aksobhya est le vajra. La fleur de lotus est douce, délicate et tendre ; le vajra est dur, fort et puissant. La fleur de lotus est passive et réceptive, le vajra est actif et dynamique. Nous pouvons donc dire, en des termes peut-être trop conceptuels, qu'Amitabha est l'incarnation de l'aspect d'amour du bouddha idéal, l'aspect d'amour de l'Éveil, tandis qu'Aksobhya est l'incarnation de l'aspect de sagesse transcendante. (Il y a des variations sur ce modèle de base. On peut avoir, par exemple, un bouddha encadré de deux bodhisattvas. Le bouddha représente le bouddha idéal, les bodhisattvas ses deux aspects principaux d'amour et de sagesse.)

Nous devons maintenant considérer des évolutions du Vajrayana, ou tantra. Le Tantra pensait à la fois horizontalement et verticalement. De ce fait, deux autres bouddhas apparurent. L'un apparut au-dessus du bouddha idéal, l'autre en dessous. Pour l'instant nous pouvons appeler celui du dessus « le bouddha de l'action » et celui du dessous « le bouddha de la beauté ». Nous avons donc maintenant cinq bouddhas : un au centre, un à droite, un à gauche, un au-dessus et un en dessous. Ces cinq bouddhas forment ce qui est appelé un mandala, le mandala, le mandala des cinq bouddhas. J'ai dit que le Tantra pensait à la fois horizontalement et verticalement, mais ce n'est pas tout à fait exact. Cela ne forme que deux dimensions, alors que le Tantra pensait en trois dimensions. Nous devons imaginer les cinq bouddhas occupant différentes directions sur un même plan horizontal : un au centre, un au nord, un au sud, un à l'est et un à l'ouest. Puis nous devons imaginer, passant au centre de ce plan, un axe central vertical, avec le corps de Dharma au zénith et le corps créé au nadir. Le bouddha idéal est ainsi aligné verticalement avec le corps de Dharma et le corps créé, et horizontalement avec les deux autres paires de bouddhas idéaux. Dans la vision du Tantra, le bouddha idéal est ainsi au centre de tout le réseau tri-dimensionnel.

Je vais maintenant décrire le symbolisme de chacun des cinq bouddhas pris un à un, en commençant par le bouddha du centre, puis en faisant le tour du mandala dans le sens des aiguilles d'une montre. Alors que je les décris, nous pouvons essayer de les « voir ». Dans la plupart des cas, nous laisserons les symboles créatifs faire leur propre impression. Après tout, les symboles sont essentiellement créatifs, c'est-à-dire capables de produire une impression directe sans avoir à être rendus dans leurs équivalents conceptuels, équivalents qui ne sont en tout cas qu'approximatifs.

Vairocana - le bouddha blanc.

Le bouddha blanc est assis en tailleur. Il porte des robes d'un style monastique, mais richement brodées car il est à un niveau archétype. Ses cheveux sont noirs, frisés et courts. Ses oreilles ont de longs lobes. Il a parfois une légère protubérance au sommet du crâne, et entre les sourcils une boucle de cheveux d'un blanc brillant.

Vairocana est d'un blanc brillant, comme une lumière blanche et pure. Dans le tantra, le blanc est la couleur de l'absolu et la couleur de la centralité. (Si nous étudions quelques-uns des symboles du tantra, nous constatons que la couleur blanche est portée par d'autres bouddhas et bodhisattvas, leur propre couleur étant mise de côté alors qu'ils se déplacent vers le centre du mandala, que ce soit littéralement ou métaphoriquement. Deux bodhisattvas représentant de bons exemples de ce phénomène sont Avalokiteshvara et Tara. Avalokiteshvara, d'un point de vue technique, est un bodhisattva et sa véritable couleur est le rouge, mais au cours du temps, en particulier au Tibet, il prit de plus en plus d'importance, jusqu'à ce qu'il devienne une sorte de bouddha. Beaucoup de gens le vénéraient et méditaient sur lui, à l'exclusion de tout autre bouddha ou de tout autre bodhisattva. En ce qui concernait leur vie spirituelle, il occupait le centre du mandala. Pour indiquer cela, sa couleur fut changée du rouge au blanc. Le même genre d'évolution se produisit dans le cas de Tara, dont la véritable couleur est le vert. Sa position de bodhisattva d'une famille de bouddhas particulière fut oubliée. Pour ceux qui la vénéraient plus particulièrement, elle devint tout. Alors qu'elle prenait de plus en plus d'importance, alors qu'elle devenait la forme de bouddha, elle prit la couleur blanche, la couleur de la centralité et de l'absolu.)

Littéralement, le nom Vairocana signifie « l'illuminateur », celui qui diffuse rayonnement et lumière. Le nom Vairocana était à l'origine, aux temps védiques, une épithète du soleil. Au Japon, où s'étendit le culte de Vairocana, il est généralement connu sous le nom de « Bouddha Soleil » : il est une espèce de soleil de l'univers spirituel. Vairocana a son propre emblème particulier, la roue, et plus spécialement la roue dorée à huit rayons, la roue du Dharma. Il est parfois représenté dans l'art tantrique tenant cette roue dans ses mains, contre sa poitrine.

La mudra de Vairocana est celle du dharmacakra, la roue du Dharma représentant la proclamation initiale, par le Bouddha historique, de la veacute;rité dans le Parc des Gazelles à Sarnath. Dans l'art bouddhique ancien, lorsque le Bouddha est représenté enseignant pour cette première fois dans le Parc des Gazelles, il est représenté avec cette mudra.

Vairocana a aussi un animal particulier, le lion, lui aussi associé avec la proclamation de la vérité. Dans les écritures bouddhiques, la parole du Bouddha est parfois appelée son singha-nada, son « rugissement du lion » (singha est « lion », nada est « son » ou « rugissement »). Le lion rugit la nuit dans la jungle, sans peur des autres animaux. D'autres animaux ont peur de faire du bruit, de crainte de se faire attaquer par leurs ennemis. Le lion rugit, selon le mythe et la légende, pour proclamer sa souveraineté sur toute la jungle. La proclamation, sans peur, de la Vérité par le Bouddha, sa proclamation de sa souveraineté sur tout l'univers spirituel est donc comparée au rugissement du lion.

Vairocana est le chef de la famille des bouddhas, des tathagatas. Ceci est très significatif, car ceci suggère que Vairocana est le Bouddha, dont les autres bouddhas ne sont que des aspects. Un des membres les plus importants de cette famille est Mañjushri, le bodhisattva de la sagesse transcendante.

Akshobhya - le bouddha bleu foncé.

Le bouddha bleu occupe le quartier est du mandala, et sa couleur est bleu foncé, la couleur du ciel de minuit sous les tropiques. Son nom signifie « l'inébranlable », « l'immuable », « l'imperturbable », et son emblème est le vajra. La mudra d'Akshobhya est la bhumisparsa-mudra ou mudra du toucher de la terre.

Son animal est l'éléphant, le plus grand et le plus fort des animaux terrestres : faire basculer un éléphant n'est pas très facile ! Selon la tradition, l'éléphant est aussi le plus sage des animaux. Akshobhya est le chef de la famille du vajra, qui comprend le bouddha ou bodhisattva Vajrasattva ainsi que de nombreuses divinités courroucées (bouddhas, bodhisattvas, gardiens en forme courroucée), comme Samvara, Heruka, Hevajra et Bhairava. En fait, il y a plus de déités courroucées dans la famille du vajra que dans la famille de tout autre bouddha. Ceci est peut-être dû aux puissantes associations du vajra.

Ratnasambhava - le bouddha jaune.

Le bouddha jaune occupe le quartier sud du mandala. Son nom signifie « celui qui est né du joyau », ou « celui qui produit des joyaux » et son emblème, naturellement, est le joyau. Sa mudra est la varada mudra, ou mudra du don suprême, le don des Trois joyaux. L'animal de Ratnasambhava est le cheval, qui est associé au moment où le Bouddha historique partit de chez lui, la nuit, à cheval, accompagné seulement de son fidèle conducteur de char. Dans le symbolisme bouddhique, le cheval est l'incarnation de la vitesse et de l'énergie, et plus particulièrement de l'énergie sous la forme de prana, ou souffle vital. Dans l'art bouddhique tibétain, on voit souvent un cheval galopant dans les airs et portant les Trois joyaux sur son dos. Ce cheval suggère que ce n'est que par la concentration et par une direction adéquate de toutes ses énergies que l'on peut atteindre l'Éveil. Ratnasambhava est le chef de la famille du joyau, qui comprend le Bodhisattva Ratnapani, ainsi que Jambhala, le soi-disant dieu des richesses, et Vasundhara, la déesse Terre.

Amitabha - le bouddha rouge.

Le bouddha rouge occupe le quartier ouest du mandala. Il est de couleur rouge. Son nom signifie « lumière Infinie ». Son emblème est la fleur de lotus, qui signifie renaissance et développement spirituels.

Amitabha occupe encore de nos jours une place particulièrement importante dans le bouddhisme japonais, en particulier dans l'école Jodo Shin, où l'on ne vénère aucun autre bouddha ou bodhisattva. L'école Jodo Shin recommande d'invoquer le nom d'Amitabha non pas pour atteindre l'Éveil, mais comme expression de gratitude pour le don d'Éveil déjà reçu. L'adepte de l'école Jodo Shin aspire à renaître, après sa mort, dans Sukhavati, la « terre, ou le royaume, de la félicité », la Terre Pure d'Amitabha, située dans le quartier ouest de l'univers. Il aspire à y renaître car il est dit que les conditions pour atteindre l'Éveil y sont beaucoup plus favorables qu'elles ne le sont sur la Terre : on n'a pas à se préoccuper de nourriture ou de boisson, qui apparaissent automatiquement ; on n'a pas à se préoccuper de vêtements ; le climat est très bon et, sans cesse, on entend le Bouddha Amitabha enseigner - le progrès spirituel est assuré.

La mudra d'Amitabha est celle de la méditation ; une main est placée au-dessus de l'autre, les paumes sont tournées vers le haut. Amitabha, étant associé avec l'ouest, est associé avec le coucher du soleil, avec la disparition de la lumière, tout comme en méditation l'esprit, se retirant des objets matériels, entre dans une sorte d'obscurité - un état de conscience supérieur, un état qui est, si l'on peut dire, inconscient à l'esprit le moins élevé.

L'animal, ou plutôt l'oiseau d'Amitabha, est le paon, l'oiseau le plus splendide qui soit. La raison du choix du paon n'est pas très claire, et diverses explications ont été avancées. Du fait des yeux des plumes de sa roue, le paon est parfois associé avec la conscience, mais cela ne semble pas particulièrement approprié ici. Il se pourrait que ce soit parce que le paon mange des serpents, y compris des serpents venimeux, ce qui suggère une immunité au poison, une immunité aux souillures. Les plumes de paon sont souvent utilisées dans les rituels tantriques. Elles sont placées, comme des fleurs, dans le vase qui contient l'eau consacrée.

Amitabha est le chef de la famille du lotus, qui comprend un assez grand nombre de figures spirituelles bien connues. La plus importante de celles-ci est Avalokiteshvara, le bodhisattva de la compassion. Il y a aussi Kurukulla, Padmanarteshvara et Padmasambhava.

Amoghasiddhi - le bouddha vert foncé.

Le Bouddha vert occupe le quartier nord du mandala. Il est de couleur verte. Son nom signifie « succès infaillible » ou « accomplissement sans entraves ». Son emblème est le double vajra (deux vajras croisés). C'est un symbole extrêmement puissant et mystérieux (il est notamment lié à un aspect particulier de l'union des opposés). La mudra d'Amoghasiddhi est celle de l'impavidité, une des vertus héroïques, sur laquelle un accent important est mis dans toutes les formes de bouddhisme, et plus particulièrement peut-être dans le tantra. L'animal, ou la créature d'Amoghasiddhi, est le garuda ou « homme-oiseau », une créature hybride fabuleuse qui est humaine (homme ou femme) au-dessus de la ceinture, tout en ayant les pattes et les ailes d'un oiseau. Amoghasiddhi est le chef de la famille du karma, ou de l'action. L'action est symbolisée par une épée. Le membre le plus connu de cette famille est Tara Verte.

Bouddhas « masculins » et « féminins ».

Dans le tantra ésotérique, d'autres évolutions du schéma des cinq bouddhas prirent place. Nous avons vu que le Mahayana ancien, pensant verticalement, envisageait le corps idéal, le corps de ravissement mutuel, comme étant entre le corps de Dharma (situé au-dessus) et le corps créé (situé au-dessous). Nous avons vu que, plus tard, le Mahayana, pensant horizontalement, voyait de chaque côté du corps idéal deux autres figures de bouddhas idéaux, incarnant l'une l'aspect d'amour et l'autre l'aspect de sagesse de l'Éveil. Nous avons vu que le tantra, continuant à penser horizontalement mais dans le contexte de sa propre approche tri-dimensionnelle, envisageait une autre paire de bouddhas idéaux, au nord et au sud, le « bouddha de l'action » et le « bouddha de la beauté ». Tous les bouddhas, à chaque étape du développement, étaient envisagés sous une forme masculine. Le Bouddha original et historique était, bien sûr, un être humain Éveillé de sexe masculin. Cependant, le tantra ésotérique, faisant un pas nouveau et spectaculaire, se mit à envisager le bouddha idéal divisé en deux figures, une masculine et une féminine, étreintes en union sexuelle.

Ici nous devons faire attention à ne pas mal comprendre. À ce niveau, ce qui nous concerne n'est pas le sexe, mais le symbolisme sexuel, qui est une chose très différente. Les figures de bouddha, « masculine » et « féminine », représentent les deux aspects principaux de l'Éveil : l'amour et la sagesse. Ce que le tantra essaye d'exprimer est l'inséparabilité de l'amour et de la sagesse, la karuna et la prajña. Il est dit que ce deux-en-un de l'amour et de la sagesse est l'essence même de la bouddhéité. Nous devons nous rappeler que le Tantra n'avait pas de complexe particulier concernant le sexe, et ne voyait aucune objection à communiquer sa signification en termes sexuels. Ceux-ci étaient aussi valides que d'autres termes. Le contenu de ces termes, cependant, n'était pas lui-même sexuel.

Au Tibet et dans ses dépendances culturelles, les figures de bouddha « masculine » et « féminine » en union sexuelle sont connues sous le nom de yab-yum, yab signifiant « père » et yum signifiant « mère » ; les figures sont, si l'on peut dire, le père et la mère archétypaux. Dans les monastères et les temples du Tibet on trouve beaucoup de belles peintures et images représentant ces figures de bouddhas en union sexuelle. Pour les Tibétains il n'y a absolument aucune suggestion sexuelle ou érotique. Si l'on observe des bouddhistes tibétains se déplaçant dans leurs temples, on voit que lorsqu'ils arrivent à ces figures, loin de réagir de la façon dont le font souvent les Occidentaux, ils semblent ressentir plus de vénération, plus de dévotion que jamais. Par certains côtés, ces figures sont considérées comme particulièrement sacrées, dans la mesure où le symbolisme concerne le plus haut niveau d'expérience spirituelle, le niveau de l'Éveil, le niveau où, finalement, l'amour et la sagesse sont unifiés. Pour les Tibétains, ces figures sont une expression symbolique d'une vérité spirituelle profonde, la vérité de l'inséparable deux-en-un de l'amour et de la sagesse. C'est de cette façon que les tibétains les voient.

Il est très dommage que ces figures yab-yum soient souvent considérées en Occident comme des exemples d'art oriental érotique, pour ne pas dire même d'art pornographique. Cela ne fait que montrer qu'il n'y a peut-être personne, en Occident, qui soit libéré de complexe sexuel, essentiellement du fait de notre héritage judéo-chrétien.

Incidemment, on aurait pu penser que la figure de bouddha « masculine » représente l'aspect de sagesse de l'Éveil, et que la figure de bouddha « féminine » représente l'aspect d'amour. Ce n'est pas ainsi. Dans le tantra bouddhique c'est le bouddha « féminin » qui incarne l'aspect de sagesse et le bouddha « masculin » qui incarne l'aspect d'amour et de compassion, lequel est aussi, incidemment, l'aspect d'action. Ceci nous apporte une preuve supplémentaire que ce symbolisme n'a absolument rien à voir avec les différences sexuelles ordinaires. Ces deux figures sont parfois symbolisées par le vajra et le lotus, ou par le vajra et la cloche.

Nous n'avons pas atteint la fin de l'évolution. Non seulement le bouddha idéal, le bouddha archétypal se divise-t-il en deux figures, l'une « masculine » et l'autre « féminine », unies sexuellement, mais les quatre autres bouddhas se divisent de façon similaire. À ce point, il n'y a donc pas seulement cinq bouddhas, mais dix bouddhas : cinq bouddhas « masculins » et cinq bouddhas « féminins ». Les bouddhas « féminins » sont considérés comme les parèdres spirituelles des bouddhas « masculins ». Je vais dire quelques mots de chacun de ces bouddhas « féminins ».

Akasadhatishvari.

Akasadhatishvari est la parèdre de Vairocana, le bouddha blanc, le bouddha du centre. Son nom, Akasadhatishvari, signifie « la dame souveraine de la sphère de l'espace infini ». Nous nous souvenons que Vairocana lui-même est le soleil, le Bouddha-Soleil, le soleil de tout le cosmos spirituel. Il irradie lumière et chaleur dans toutes les directions, la lumière de la sagesse et la chaleur de l'amour. Akasadhatishvari, la dame souveraine de la sphère de l'espace infini, représente l'espace infini au travers duquel passent les rayons de la lumière de Vairocana. Elle représente une réceptivité spirituelle illimitée. Elle représente la totalité de l'univers phénoménal, entièrement envahi par l'influence ou l'émanation de l'absolu. Dans le langage de L'Éveil de la foi, elle représente la totalité de l'existence phénoménale, entièrement parfumée par l'absolu. Comme Vairocana, Akasadhatishvari est de couleur blanche. Elle est représentée sous forme de dakini, c'est-à-dire avec des vêtements lâches et flottants et de longs cheveux défaits.

Locana.

Locana est la parèdre d'Akshobhya, le bouddha bleu foncé, le bouddha de l'est. Son nom signifie « celle qui a une vision claire », ou, littéralement, « celle qui a l'œil ». En tibétain son nom est traduit par « la dame qui a l'œil de bouddha ». Elle est l'incarnation de la prise de conscience pure ; elle représente la prise de conscience pure, simple et directe des choses. Akshobhya est tout particulièrement lié à la sagesse transcendante : il est pratiquement le seul Bouddha qui apparaisse dans les sûtras de la Perfection de la sagesse, et particulièrement dans celui en 8.000 lignes. L'association entre Locana et Akshobhya suggère donc qu'il n'y a pas de sagesse sans prise de conscience, ni de prise de conscience sans sagesse : les deux sont inséparablement liées, et sont en un sens différents aspects de la même expérience spirituelle. Locana est de couleur bleu clair.

Mamaki.

Mamaki est la parèdre de Ratnasambhava, le bouddha jaune, le bouddha du sud. Son nom signifie « faisant mien ». Elle est celle qui fait tout sien, mais non dans un sens égoïste : on est ici au niveau de l'Éveil. Mamaki est l'attitude spirituelle qui considère toute chose et tout le monde comme sien, en un sens comme complètement sien, comme étant cher, comme étant précieux à soi-même, comme étant de grande valeur pour soi. Mamaki apprécie donc tout le monde, elle se réjouit de tout le monde, et même, pourrait-on dire, considère tout le monde comme son propre soi. Elle ne voit pas de différence entre elle et les autres. Pour elle, tous les autres sont « mien », sont « moi », même. Elle est de couleur jaune.

Pandaravasini.

Pandaravasini est la parèdre d'Amitabha, le bouddha rouge, le bouddha de l'ouest. Son nom signifie « celle qui est vêtue de blanc », ce qui suggère quelqu'un investi de pureté, ou même protégé par la pureté. L'image, ici, rappelle l'image utilisée par le Bouddha pour décrire le quatrième dhyana, le quatrième état de conscience élevée. Le Bouddha dit que l'expérience du quatrième dhyna est comme l'expérience d'un homme qui, par un jour chaud et poussiéreux, prend un bain dans un beau lac, et, s'étant baigné, sort de l'eau et s'enroule dans un linge d'un blanc pur. Cet enroulement dans un linge d'un blanc pur représente l'accumulation progressive de toutes ses propres énergies, et particulièrement de ses énergies émotionnelles, et la protection de ces énergies d'influences extérieures pouvant être nocives. Pandaravasini est donc Celle qui est vêtue de blanc, détachée et protégée des influences extérieures. Elle est de couleur rouge clair.

Tara.

Tara est la parèdre d'Amoghasiddhi, le bouddha vert foncé, le bouddha du nord. Son nom signifie « celle qui aide à traverser ». Elle aide à traverser la rivière de la naissance et de la mort, la rivière du samsara. Elle rappelle, dans sa fonction, la parabole du radeau, racontée par le Bouddha. Tout comme un radeau est quelque chose qui aide à traverser une rivière, et rien d'autre (ayant atteint la rive opposée, on ne penserait pas à emporter le radeau avec soi), le Dharma n'est qu'un moyen ayant pour but de traverser la rivière de la naissance et de la mort, et à atteindre l'autre rive, qui est le nirvana. Le nom de Tara est souvent traduit par « salvatrice », mais ceci peut induire en erreur. Nous pouvons dire que Tara représente l'attitude consistant à aider les autres à s'aider eux-mêmes.

Voilà donc les cinq bouddhas « féminins » : Akasadhatishvari, « la dame souveraine de la sphère de l'espace infini » ; Locana, « celle qui a l'œil » ; Mamaki, « faisant mien » ; Pandaravasini, « celle qui est vêtue de blanc » ; et Tara, « celle qui aide à traverser ». Ces cinq bouddhas « féminins », avec leur contrepartie « masculine », représentent différents aspects de l'expérience intégrale de l'Éveil, une expérience qui est, par essence, une expérience de la conjonction inséparable du deux-en-un de la sagesse et de l'amour.

Les bouddhas courroucés.

Il y a une dernière évolution à mentionner dans le schéma symbolique qui nous intéresse. Dans le tantra ésotérique, les bouddhas et les bodhisattvas apparaissent sous deux aspects : un aspect paisible et un aspect courroucé. Ceci s'applique aussi aux cinq bouddhas. Jusqu'à maintenant, j'ai présenté les cinq bouddhas « féminins » et les cinq bouddhas « masculins » dans leur forme paisible. Je vais maintenant dire quelques mots au sujet de leur forme courroucée. Les formes courroucées sont bien moins clairement individualisées que les formes paisibles. Dans leur forme courroucée, les cinq Bouddhas « masculins » sont appelés les « cinq Herukas ». Ils sont tous nommés d'après leur famille de bouddhas respective. Il y a donc le Bouddha-Heruka, le Vajra-Heruka, le Ratna-Heruka, le Padma-Heruka et le Karma-Heruka. Chacun d'eux est représenté comme étant puissamment, voire massivement bâti, nu à l'exception d'une peau de tigre ou d'éléphant, et portant des guirlandes de crânes humains. Des serpents sont enroulés autour de leur corps et de leurs bras. Ils ont en général au moins six bras, parfois beaucoup plus. Ils ont chacun trois yeux exorbités et enflammés, et une expression courroucée. Ils sont généralement représentés piétinant les ennemis du Dharma. Ils sont dessinés se déplaçant violemment vers la droite. Ils sont tous entourés d'un halo de flammes. Le Bouddha-Heruka est soit bleu foncé, soit noir, et les autres sont respectivement bleu, jaune, rouge et vert.

La parèdre du Bouddha-Heruka, le Heruka « féminin » équivalent, est simplement connu sous le nom de Krodhesvari, que l'on peut traduire par « dame courroucée ». Les parèdres des autres Herukas sont, tout comme les Herukas « masculins », nommées à partir de leur famille de bouddhas respective. Il y a donc la dame courroucée du vajra, la dame courroucée du joyau, la dame courroucée du lotus, et la dame courroucée de l'action. Elles sont toutes représentées de la même façon. Elles sont nues, ou presque nues. Elles sont de la même couleur que leur parèdre, quoique plus claires. Elles sont un peu plus petites que leur parèdre. Dans chacun des cas, elles s'aggrippent au-devant de leur parèdre, parfois avec les bras joints derrière son cou.

Voilà donc le symbolisme des cinq bouddhas, « masculins » et « féminins », paisibles et courroucés. Ceci est un des schémas les plus importants, les plus beaux et les plus significatifs de tout le tantra. C'est un schéma qui organise une partie, au moins, de toutes les richesses du tantra, en une forme que nous pouvons apprécier et peut-être assimiler. Au milieu de toutes ces formes, cependant, nous ne devons jamais oublier qu'elles représentent toutes (« masculines » et « féminines », paisibles et courroucés) différents aspects d'une seule et même expérience d'Éveil, différents aspects de la buddhéité. Nous ne devons jamais oublier qu'elles incarnent toutes des expériences spirituelles, qu'elles sont toutes, en fait, le produit d'expériences spirituelles. Si nous nous souvenons de cela, alors peut-être pourrons-nous leur répondre. Si nous leur répondons, nous serons aidés par elles - aidés, en fait, par tous les symboles créatifs du chemin tantrique de l'Éveil.

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Re: Qui est le Bouddha ?

Message  Arlitto le Dim 21 Aoû - 15:59

Les cinq sagesses et les cinq bouddhas.



Chacun des cinq bouddhas symbolise un aspect différent de la sagesse. Ces aspects de la sagesse sont collectivement appelés les « cinq jñanas », les « cinq sagesses » ou les « cinq connaissances ».

La première des cinq sagesses est la sagesse du dharmadhatu, et est symbolisée par Vairocana. C'est la sagesse de base, les quatre autres en étant des aspects particuliers. Le terme dharmadhatu est un terme difficile. Dhatu signifie « domaine », ou « royaume », ou « champ », et représente ici l'ensemble du cosmos. Dharma signifie ici « réalité », « vérité », l'« ultime ». Le dharmadhatu est donc l'univers considéré comme le domaine de manifestation de la réalité, ou l'univers conçu comme étant entièrement pénétré par la réalité. Tout comme la totalité de l'espace est remplie par les rayons du soleil, la totalité de l'existence, avec ses systèmes galactiques, ses soleils, ses dieux et ses hommes, est remplie par la réalité elle-même. C'est un champ pour la manifestation, le jeu, l'expression et l'exubérance de la réalité.

La sagesse du dharmadhatu est donc la connaissance directe de l'ensemble du cosmos comme n'étant pas différent de la réalité. Non pas que le cosmos soit effacé ou oblitéré. Le cosmos est toujours là et vous le voyez toujours. Les maisons, les arbres, les champs, les hommes et les femmes, le soleil, la lune et les étoiles sont tous là, tout comme avant, mais ils sont maintenant remplis par la réalité. Vous voyez en même temps le cosmos et la réalité, l'un ne fait pas obstruction à l'autre. Vous voyez le cosmos, vous voyez la réalité. Vous voyez la Réalité, vous voyez le cosmos. Le cosmos est la réalité, la réalité est le cosmos. Le rupa est la shunyata, la shunyata est le rupa.

Puis, en second, vient la sagesse-semblable-au-miroir, symbolisée par Akshobhya. Cette sagesse est comme un miroir car, tout comme un miroir reflète tous les objets, l'esprit Éveillé reflète tout : il voit tout, de tout il comprend la vraie nature. Si vous regardez dans les profondeurs de l'esprit Éveillé, vous voyez tout.

Tous les objets du monde se reflètent dans les profondeurs de l'esprit Éveillé, mais l'esprit Éveillé n'est pas affecté par eux, ils ne s'y attachent pas. Si vous prenez un miroir et placez un objet en face de lui, l'objet est réfléchi. Si vous enlevez cet objet et mettez un autre objet en face du miroir, le miroir reflète ce dernier. Quand vous déplacez l'objet, ou quand vous déplacez le miroir, vous voyez que le reflet n'est pas attaché. L'esprit Éveillé est juste comme cela : il reflète mais rien ne s'y attache. Notre esprit, cependant, est très différent. Si vous poursuivez l'illustration, vous pouvez dire que notre esprit est une sorte de miroir, mais que tous les reflets s'y attachent. En fait non seulement ils s'attachent, mais ils se solidifient, ils s'empêtrent tous. Parfois, même, le miroir s'attache à l'objet de telle sorte que vous ne pouvez plus les séparer. En d'autres termes, dans l'esprit Éveillé il n'y a pas de réaction subjective, pas d'attachement subjectif ; il y a une objectivité pure et parfaite - tout comme un miroir réfléchissant tout ce qui existe.

La troisième des cinq sagesses est la sagesse de l'égalité ou de l'identité. Elle est symbolisée par Ratnasambhava. L'esprit Éveillé voit tout avec une objectivité complète. L'esprit Éveillé voit la même réalité dans tout, la même sunyata dans tout, et a donc la même attitude envers tout. Il voit qu'un homme est un homme, qu'une femme est une femme, qu'une fleur est une fleur, qu'un arbre est un arbre, qu'une maison est une maison, que le soleil est le soleil, et que la lune est la lune. Il voit tout cela, mais en même temps il en voit la Réalité commune, et a donc une attitude identique envers tout. L'esprit Éveillé a un esprit égal envers tout. Il y a le même Amour, la même Compassion pour tout, sans aucune distinction ni discrimination. On dit parfois que l'Amour et la Compassion de l'esprit Éveillé tombent sans discrimination sur tous les êtres, sur tous les objets, sur toutes les choses, tout comme les rayons du soleil tombent ici sur les toits d'or d'un palais et là sur une bouse de vache : c'est le même soleil. L'esprit Éveillé brille avec son Amour et sa Compassion sur le grand et sur le petit, sur le « bon » et sur le « mauvais ».

La quatrième des cinq sagesses est la sagesse toute-discriminante. Cette sagesse est symbolisée par Amitabha. Le miroir, nous l'avons vu, reflète également toutes les choses, mais en même temps ne confond ni ne rend flous leurs traits distinctifs : le miroir reflète les moindres détails. Ceci est très important. Ceci signifie que l'esprit Éveillé ne voit pas seulement l'unité des choses, ou seulement leur diversité, mais qu'il voit les deux à la fois.

L'esprit Éveillé, en particulier sous cet aspect de la sagesse toute-discriminante, ne voit pas que l'unité des choses ; il voit aussi la différence entre les choses, leur caractère unique, et il les voit simultanément. Il ne réduit pas la pluralité à une unité, il ne réduit pas l'unité à une pluralité : il voit l'unité et la pluralité.

Le bouddhisme, à un niveau philosophique, n'est ni un monisme, dans lequel toutes les différences sont éliminées, ni un pluralisme, dans lequel toute unité disparaît. Il n'est ni moniste ni pluraliste. Dans la vision bouddhique de l'existence, l'unité n'oblitère pas la différence, la différence n'oblitère pas l'unité. Nous ne pouvons nous empêcher de voir tantôt l'une, tantôt l'autre, mais l'esprit Éveillé voit en même temps l'unité et la différence. Il voit que vous êtes uniquement vous-même, et en même temps il voit que vous tous êtes un. Et vous êtes un en même temps que vous êtes individuellement vous-même. Et en même temps que vous êtes individuellement vous-même, vous épanouissant avec toutes vos particularités, vous êtes tous un. Ces deux choses, l'unité et la différence, le monisme et le pluralisme, ne sont pas des choses différentes ; nous ne disons pas qu'elles ne font qu'un, mais elles ne font pas deux.

Cinquièmement et dernièrement, il y a la sagesse toute-accomplissante, symbolisée par Amoghasiddhi. L'esprit Éveillé se voue au bien-être de tous les êtres vivants. En faisant cela, il conçoit de nombreux « moyens habiles » pour aider les gens. L'esprit Éveillé aide naturellement et spontanément les êtres vivants. Nous ne devons pas imaginer le bodhisattva, ou l'esprit Éveillé, s'asseyant un matin et pensant : « Comment puis-je aller aider quelqu'un aujourd'hui ? Cette personne-là a-t-elle plus besoin d'aide que celle-ci ? Peut-être vais-je aller aider celle-ci aujourd'hui. » L'esprit Éveillé ne fonctionne pas comme cela : il fonctionne librement, spontanément, naturellement.

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Re: Qui est le Bouddha ?

Message  Arlitto le Lun 22 Aoû - 19:34

Qui était le Bouddha?

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Le terme « Bouddha » est un titre louangeur attribué aux êtres ayant atteint « l'éveil » dans leur quête spirituelle. Bien que plusieurs Bouddhas furent considérés comme tel depuis maintenant 2500 ans, le terme tire sa source d'un homme bien spécifique. Cet homme est Siddhartha Gautama.


Siddhartha Gautama est le fondateur, l'initiateur du Bouddhisme. Gautama étendit ses profondes connaissances par l'enseignement du Bouddhisme, aussi appelé « Dharma » (enseignement du Bouddhisme) en Orient.
Siddhartha Gautama à vécu en Inde entre le Ve et VIe siècles avant Jésus-Christ. Né en 624 et mort en 544 avant J.C., il aurait connu l'éveil en 531 et émit son premier « discours » peu de temps plus tard.
L'histoire est riche en légendes, son écriture n'ayant été complétée pour la première fois que quelques centaines d'années après la mort du Bouddha, soit vers le IIe siècle avant J.C. Sa vie fut d'abord récitée oralement par ses disciples puis, immortalisée en écrit par la suite. Bien que ces derniers ne prouvent en rien la véritable existence humaine et physique de Gautama, ils permettent de présenter les éléments de tradition relatifs au Bouddhisme et ainsi, faire perdurer son sein.

Selon la tradition, Siddhartha Gautama était un prince. Né de parents souverains d'un petit royaume, son éducation est élaborée. Le jeune homme étudie les sciences, les lettres, les langues, on l'initie par ailleurs à la philosophie.

"Le Fondateur du Bouddhisme à vécu en Inde entre le Ve et VIe siècles avant Jésus-Christ."


On raconte que Siddhartha, qui souffre souvent d'ennui, sort souvent du palais pour faire des promenades. Ainsi, il rencontre quotidiennement la misère en divers personnages souffrant tantôt du deuil, tantôt de la maladie, de la famille ou de la pauvreté par exemple.

Cet expérience déclencha en lui une profonde réalisation et lui permet de comprendre que, malgré sa condition, rien ne le protège de la vieillesse, du drame humain ou de la mort. Il entreprend donc de mener une vie ponctuée de méditations austères, en nomade.

Ainsi, quelques années plus tard, réalisant que ses pratiques méditatives ne lui permettent pas de comprendre d'avantage le sens de la vie, il accepte la charité humaine. à ce moment, les disciples qui le suivaient le quittèrent, jugeant sa décision comme étant une fourberie. C'est à ce moment qu'il se concentra sur la méditation telle que son histoire le stipule.

Il prend alors place sous un pipal (figuier des pagodes), décidé de ne pas bouger avant d'avoir atteint l'éveil. Il y parvient en position assise, touchant le sol de sa main. Il affirme avoir comprit les causes de la souffrance humaine et comment l'éliminer. Bien que Bouddha, il ne s'est jamais considéré comme un Dieu et spécifie que la bodhi (l'illumination) n'est en aucun cas le résultat d'une intervention divine ou surnaturelle, mais résulte plutôt d'une élévation, une concentration sur la nature humaine, ce qui est donc accessible à tous les êtres humains.

Le récit de sa vie démontre, par le fait même, sa supériorité sur les autres humains ainsi que le chemin symbolique et spirituel qu'un Bouddha se doit d'emprunter pour atteindre l'éveil.
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Re: Qui est le Bouddha ?

Message  Arlitto le Lun 22 Aoû - 19:36

Histoire du Bouddha

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Siddhartha (Bouddha) est né autour de 563 avant JC. dans la ville de Kapilavastu (située aujourd'hui au Népal). Les parents de Siddhartha étaient le roi Shuddhodana et la reine Maya, qui dirigeaient le clan des Sakyas. L'histoire de sa naissance est miraculeuse... Une nuit la reine Maya rêva qu'un éléphant à six trompes portant dans sa trompe une fleur de lotus rentra en elle par le côté droit, au même moment un fils fut conçu. Les Brahmanes (religieux) vinrent et interprétèrent le rêve de la manière suivante. cet enfant sera soit le plus grand roi du monde soit le plus grand des ascètes ( saint homme qui pratique l'abandon de l'égo). Le futur enfant fut nommé Siddhartha, ce qui signifie "celui dont le but est accompli""

Plus tard quand la reine Maya était en route pour la maison de son père afin de préparer la naissance, elle fit arrêter son chariot dans le jardin de Lumbini et s'appuya sur une branche d'arbre pour se reposer. A cet instant , Siddhartha sortit de son sein droit sans aucune aide. L'enfant marcha sept pas dans les quatre directions, et des fleurs de lotus surgirent là ou son pied touchait terre. Alors l'enfant déclara, "Je n'aurai plus de vie futures à endurer, ceci est ma dernière incarnation. Maintenant puisse je détruire et arracher les racines cause de la souffrance des renaissance successives." Sept jours plus tard la reine Maya mourut. Mahaprajapati, la soeur de maya s'occupa de Siddhartha. Le roi Shuddhodana évita à Siddhartha toutes les formes de souffrance. Quand siddhartha eu 20 ans , il épousa Yasodhara, la fille de l'un des ministres, et un an après ils eurent un fils nommé Rahula (ce qui signifie "entrave" ou "empêchement").

A l'âge de 29 ans, Siddhartha demanda à son conducteur de char , Channa, de l'emmener deux fois hors de la cité sans l'assentiment du roi. Durant ces deux voyages, Siddhartha vit "Les quatre spectacles" qui changèrent sa vie. Pendant son premier voyage, il vit la vieillesse, la maladie et la mort. Dans le second, il vit un saint homme errant, un ascète, sans possessions. Siddhartha commença à questionner le saint homme, lequel était rasé, vêtu d'une seule robe déchirée jaune, et s'aidant d'un bâton de marche. L'homme lui déclara, "Je suis... terrifié par la ronde incessante des vies et des naissances et ai adopté cette vie de pauvreté afin d'atteindre la libération... Je cherche l'état béni dans lequel la souffrance, la vieillesse et la mort sont inconnus." Cette nuit là, Siddhartha silencieusement embrassa sa femme et son fils, et ordonna à Channa de le conduire dans la forêt. En lisière de forêt, Siddhartha sortit son épée incrustée de joyaux, et se coupa les cheveux et la barbe. Il ôta tous ses habits princiers et enfila la robe jaunes des saints anachorètes. Il ordonna à Channa de rapporter toutes ses possessions à son père.

A partir de ce moment Siddhartha erra à travers le nord est de l'Inde, visitant des saints hommes, et étudiant les concepts de Samsara (réincarnation), Karma (loi de cause à effet), et Moksha (délivrance) . Attiré par les idées sur Moksha, Siddhartha s'installa sur les rives de la rivière Nairanjana , et pratiqua de sévères austérités, restant constamment en méditation. Après six années passées à boire et à manger juste suffisamment pour rester en vie, Son corps était émacié, et il devint très affaibli. Cinq autres saints hommes se joignirent à lui, espérant apprendre de son exemple.

Un jour, Siddhartha réalisa que ces année d'austérité n'avaient fait qu'affaiblir son corps, et qu'il n'arrivait plus à méditer efficacement. Quand il marcha vers la rivière pour prendre son bain, il était devenu trop faible pour avancer, et les arbres inclinèrent leurs branches afin de le soutenir. A cet instant, une jeune fille nommée Nandabala vint et lui offrit un bol de lait et du riz, que Siddhartha accepta. A cette vue les cinq compagnons de siddhartha le quittèrent. Régénéré par cette nourriture, Siddhartha s'assit sous un figuier (connu sous le nom d'arbre de la bôdhi, ou arbre d'illumination) et résolu de trouver une réponse à la question de la souffrance. Pendant qu'il méditait, Mara (le diable) envoya ses trois fils et filles pour tenter Siddhartha avec la soif, l'appétit, le mécontentement, et la tentation des plaisirs. Siddhartha, inébranlable, entra dans une profonde méditation, et obtint le souvenir de toutes ses naissances, comprenant l'infini cycle des naissances et des morts, et avec une certitude absolue il rejeta les passions et l'ignorance générateur de la naissance. C'est là, que Siddhartha atteint l'éveil et devint le Bouddha (l'illuminé). Désirs et souffrances s'étant éteint devenu Bouddha, il expérimenta le Nirvana... "Il y a un lieu qui n'est ni la terre, ni l'eau, ni le feu, ni l'air...qui n'est pas ce monde ou un autre monde, ni le soleil ou la lune. qui ne va et vient, endurant naissance ou mort. C'est l'absolu fin de toutes les souffrances." Néanmoins plutôt que de rejeter ce corps et cette existence le bouddha fit un acte de grand sacrifice. Il retourna vers le monde, déterminé à partager son illumination autrui de manière à ce que tous puissent mettre fin aux cycles des souffrance causées par le cycle incessant des renaissances.
Bouddha vint à la citée de Sarnath et retrouva dans le parc des cers les cinq ascètes qui l'avaient quitté. quand ils virent le bouddha, Ils réalisèrent qu'il avait atteint le plus haut état de sainteté.. Le bouddha commença à leur enseigner ce qu'il avait appris. Il fit un cercle sur le sol avec des grains de riz, représentant la roue de la vie que l'on parcours existences après existences. Cette enseignement fut appelé le sermon du parc des cerfs, ou encore "La mise en mouvement de la roue de la Loi." Siddhartha révéla qu'il était devenu un Bouddha, il décrivit les plaisirs qu'il avait connu en tant que prince, et sa vie de sévères pratiques ascétiques. Aucun de ces chemins ne pouvait mener vers le Nirvana. Le chemin juste est la Voie du Milieu, qui consiste à rester loin des extrêmes.

"Répondre aux exigences de la vie n'est pas condamnable," enseigne le Bouddha. "Garder le corps en bonne santé est un devoir, autrement nous ne serons pas capable d'allumer la lampe de la sagesse et de garder notre esprit ferme et clair." Bouddha leur enseigna alors le Dharma, qui consiste dans les quatre nobles vérités et l'octuple sentier. Les cinq ascètes et d'autres se joignirent au bouddha et l'accompagnèrent partout. Comme de plus en plus les rejoignait, le Bouddha organisa une Sangha, une communauté de bhikkus (moines ordonnés et plus tard de nonnes). La Sangha préserva le Dharma, et permit aux bhikkus de ce concentrer sur le but que représentait le Nirvana. A la saison des pluies ils s'installaient dans des Viharas (lieux de retraite). Upasaka, les disciples qui croyaient dans les enseignements du Bouddha, mais ne pouvaient suivre les strictes règles de la Sangha, étaient encouragés à suivre les cinq préceptes. Le Bouddha retourna à son lieu de naissance Kapilavastu, son père fut mortifié de voir venir son fils lui mendier de la nourriture. Bouddha embrassa le pied de son père et dit, "Vous appartenez à une noble lignée de roi. Mais j'appartiens à la lignée des Bouddhas, et tous ont vécu d'aumônes." le roi Shuddhadana se remémora alors la prophétie des brahmanes et se réconcilia avec son fils. La femme du Bouddha son fils et plus tard son cousin Ananda rejoignirent alors la Sangha.

Quand le bouddha eu 80 ans, un forgeron du nom de Cuanda lui offrit de la nourriture qui le rendit malade. Le Bouddha se forçat à voyager vers Kushinagara, il s'allongea sur le côté droit pour se reposer dans un bosquet d'arbres shala. Comme une foule de fidèles se rassemblait, les arbres fleurirent et répandirent des pétales sur le Bouddha. Le Bouddha dit à Ananda, "Je suis vieux et mon voyage s'approche de sa fin. Mon corps est comme une charrette délabrée maintenu ensemble par quelques courroies de cuir." Trois fois, le Bouddha demanda si l'on voulait lui poser des questions, mais tous restaient en silence. Finalement le Bouddha dit, "Tout ce qui est créé est sujet au déclin et à la mort. Tout est transitoire. Travailler pour votre libération avec diligence. Passant successivement par plusieurs états de méditation, Bouddha décéda et atteint le Parinirvana (la cessation des perception et de la sensation).
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Re: Qui est le Bouddha ?

Message  Arlitto le Lun 22 Aoû - 19:40

Biographie de BOUDDHA :

466ème

BOUDDHA
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Chef spirituel et Religieux (Népalais)
Né en 624 av JC (approximativement)
Décédé en 544 av JC (approximativement)

Le Bouddha, personnage dont l'historicité n'est pas mise en doute, est un chef spirituel du VIème siècle avant notre ère qui aurait vécu environ quatre-vingt ans. La tradition pali la plus ancienne considère que les dates de sa naissance et de sa mort sont respectivement de 624 et 544 avant Jésus-Christ. Les récits de la vie du Bouddha, perpétués par la tradition orale, ne seront rédigés que quelques centaines d'années après sa mort. Les écritures bouddhistes mélangent métaphysique et légendes concernant la vie du Bouddha. Certains épisodes, tel celui où il apaise un éléphant furieux que son cousin Devadatta aurait lâché sur lui pour le tuer et le remplacer à la tête de la communauté des moines, peuvent être acceptables pour le lecteur matérialiste, d'autres, tels ses conversations avec les dieux ou sa téléportation instantanée au Sri Lanka, ne les sont pas. 

Dépouillée de ses aspects métaphysiques ou magiques, sa vie pourrait se résumer ainsi : Mayadevi, épouse de Suddhodana, modeste souverain du petit royaume de Kosala constitué par une confédération des tribus Sakyas, sera prise de douleurs à la fin de sa grossesse, alors qu'elle rendait visite à sa mère, à Lumbini, petit village du Népal, au VIème siècle avant Jésus-Christ. Elle s'allongera sous un arbre et accouchera d'un garçon du nom de Siddhârta Gautama (en pali Siddhattha Gotama). 

La légende du récit de sa naissance indique qu'il serait né dans un bois sacré non loin, à Lumbini, au Népal, pendant un déplacement de sa mère auprès de ses parents. Cette dernière, dont le nom signifie "illusion", aurait conçu Siddhârta en songe, pénétrée au sein par un éléphant blanc à six défenses. Elle aurait accouché sur la route qui la conduisait chez ses parents, debout et accrochée à une branche d'arbre, tandis que les divinités brahmaniques faisaient pleuvoir des pétales de fleurs sur elle. Sitôt né, l'enfant se serait mis debout et aurait "pris possession" de l'Univers en se tournant vers les points cardinaux, puis aurait fait sept pas vers le nord. 

Le titre de Bouddha (en sanskrit buddha = éveillé) lui sera accordé plus tard par ses disciples. Il est également connu comme le Tathagata, "celui qui est venu ainsi" prêcher la bonne Loi (ou dharma, en pali dhamma). 

Ce dernier, qui apprendra les lettres, les sciences, les langues, sera initié à la philosophie hindoue par un brahmane. Un officier lui apprendra à monter à cheval, à tirer à l'arc, à combattre avec la lance, le sabre et l'épée. Les soirées seront consacrées à la musique et, parfois, à la danse. 

La légende raconte que son père fera venir les huit voyants les plus célèbres des quatre coins de son royaume. Les sept premiers prédiront un avenir brillant au jeune homme qui devait succéder à son père, le dernier qu'il quittera le royaume. Le roi fera enfermé ce dernier. 

Le prince tombera amoureux et épousera Yashodara à l'âge de vingt ans, sa cousine germaine et fille d'un seigneur du voisinage. Les nouveaux époux emménageront dans trois petits palais : un de bois de cèdre pour l'hiver, un de marbre pour l'été et un de briques pour la saison des pluies. Ils donneront naissance à un garçon, dix ans plus tard, qui sera nommé Rahula. Toutes les traditions concordent sur le fait qu'il est contemporain des deux rois du Magadha, Bimbisara et son fils. 

Siddhârta, qui s'ennuie, entreprend souvent de longues promenades. Il rencontrera successivement - un vieillard qui marche avec peine, - un pestiféré couvert de bubons purulents, - une famille en larmes qui transporte le cadavre d'un des siens vers le bûcher, - un biksou, un moine mendiant qui, un bol à la main, quête sa nourriture, sans cesser de garder les yeux baissés. 

Le prince comprendra alors que, si sa condition le met à l'abri du besoin, rien ne le protègera jamais de la vieillesse, de la maladie et de la mort. Il s'éveillera une nuit en sursaut, et demandera à son serviteur, Chandaka, de harnacher son cheval. Les deux hommes galoperont jusqu'à un bois proche du palais. Siddhârta, qui abandonnera à son serviteur son manteau, ses bijoux et son cheval, lui demandera de saluer son père, sa femme et sa belle-mère et de leur dire qu'il les quittait pour étudier la voie du salut. Le prince abandonnera ses vêtements de soie qu'il échangera avec la tenue d'un pauvre chasseur. 

Bouddha entreprendra une vie d'ascèse et se consacrera à des pratiques méditatives austères. Six ans plus tard, alors qu'il se trouve dans le village de Bodh-Gayâ, il abandonnera ces pratiques qui ne l'ont pas mené à une plus grande compréhension du monde, et acceptera des mains d'une jeune fille du village, Sujata, un bol de riz au lait, mettant ainsi fin à ses mortifications. Il se concentrera dès lors sur la méditation et la voie moyenne, celle qui consiste à nier les excès, en refusant le laxisme comme l'austérité excessive. Les cinq disciples qui le suivaient l'abandonneront, jugeant cette décision comme une trahison de sa part. 

Siddhârta Gautama prendra alors place sous un pippal (Ficus religiosa) et fera le voeu de ne pas bouger avant d'avoir atteint la Vérité. Plusieurs légendes racontent comment Mâra, démon de la mort, effrayé du pouvoir que le Bouddha allait obtenir contre lui en délivrant les hommes de la peur de mourir, tentera de le sortir de sa méditation en lançant contre lui des hordes de démons effrayants et ses filles séductrices. C'est dans la posture de prise de la terre à témoin de ses mérites passés que Bouddha accèdera à l'éveil. Il affirmera être parvenu à la compréhension totale de la nature et des causes de la souffrance humaine et des étapes nécessaires à son élimination. Cet illumination, possible pour tous les êtres, s'appelle la bodhi. 

Le Bouddha insistera sur le fait qu'il n'était ni un dieu, ni le messager d'un dieu et que l'illumination n'était pas le résultat d'un processus ou d'un agent surnaturel, mais plutôt le résultat d'une attention particulière à la nature de l'esprit humain, qui pouvait être découverte par n'importe qui. 

Bouddha voyagera, durant les quarante-cinq dernières années de sa vie, dans la région du Gange et de ses affluents. Il enseignera sa pratique en matière de méditation et fondera la communauté des moines et des nonnes bouddhistes (le sangha) pour perpétuer ses enseignements après sa disparition. 

Bouddha, sentant sa mort venir, demandera à son disciple à Ananda de lui préparer un lit entre deux arbres sala (Shorea robusta). Il décédera ainsi à Kusinara (Kusinagar en Inde, dans l'actuel Uttar Pradesh) à l'âge de quatre-vingt ans. Le forgeron Chunda lui offrira son dernier repas, un sūkaramaddavam. La traduction correcte de ce terme est inconnue. Sukara signifie porc et maddavam quelque chose comme délice. Ce repas pourrait être à l'origine de sa mort. Le végétarisme est un idéal pour les bouddhistes. Les moines et les nonnes sont encouragés à accepter toutes les offres de nourriture qui leur sont faites, à moins qu'ils ne suspectent qu'un animal a été spécialement tué pour les alimenter. 

Les derniers mots du Bouddha seront : "L'impermanence est la loi universelle. Travaillez à votre propre salut". 

Les écritures bouddhistes qui évoquent la vie et le caractère de Bouddha, parlent de 
- son éducation achevée et sa formation dans les domaines appropriés à un guerrier aristocrate, tels que les arts martiaux, la gestion des domaines agricoles, et la littérature, mais également une compréhension profonde des idées religieuses et philosophiques de sa culture et de son temps. Siddhârta Gautama était un homme sportif, compétent en arts martiaux tels que la lutte et le tir à l'arc, qui pouvait parcourir des kilomètres et camper dans la nature sauvage. 
- son enseignant idéal, qui trouve toujours la métaphore appropriée, et qui adapte à la perfection son message à son auditoire, quel qu'il soit. 
- son courage et sa sérénité en toutes circonstances, aussi bien lors d'une discussion religieuse, que face à un prince parricide, ou à un meurtrier. Il fait cependant preuve d'exaspération lorsque des moines déforment ses enseignements ; 
- sa modération dans tous les appétits corporels. Il connaîtra le célibat de l'âge de vingt-neuf ans jusqu'à sa mort. Il sera également indifférent à la faim et aux rigueurs du climat. 

Lorsque la contre-réforme hindouiste parviendra à éliminer le bouddhisme de la terre indienne, vers le XIIème siècle, les brahmanes parachèveront la reprise en main en faisant du Bouddha le dixième avatar de Vishnou.
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Re: Qui est le Bouddha ?

Message  Arlitto le Lun 22 Aoû - 19:45

La Vie du Bouddha Siddharta Gautama
Écrit par Éditeur VOPUS   
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Siddharta Gautama Le BOUDDHA, fut un prince qui renonça à son trône pour partir à la recherche de la vérité.
L’histoire des 80 années du Bouddha sur la Terre constitue un des plus notables événements dans l’histoire de l’humanité. Sa propre vie est le chemin à suivre pour tous ceux qui s’efforcent de découvrir la force de la création et de se libérer de toute souffrance. Tout, absolument tout dans sa vie a une profonde signification. Le nom même de Bouddha veut dire : «L’éveillé, l’Illuminé.»
Il naquit au VIème siècle av.J.C., contemporain de Socrate, Confucius et Deutero Isaias (qui eut une grande influence sur le christianisme ancien). L’apparition presque simultanée de ces grands hommes, nous instruit véritablement sur l’Esprit de l’humanité qui régnait à cette époque.
Cela faisait longtemps qu’était attendu un homme tel que Siddharta Gautama. Les traditions disent que tous les 2500 ans approximativement, vient sur la Terre, un Bouddha pour faire tourner la roue du Dharma ou la Loi, ainsi les hommes chercheurs de vérité, peuvent avoir une nouvelle opportunité pour arriver à la libération.
De même, la naissance du Bouddha, est décrite dans un symbolisme très semblable à celle du grand Kabîr Jésus, Maître des Maîtres.
Il est raconté dans la légende, que sa Mère Maya, (qui signifie, en sanscrit, « Illusion » ou « Univers Manifesté »), vivait une période temporaire d’abstinence et de chasteté dans le Palais du Royaume de Kapilavastu, dans le nord de l’Inde.
Lorsqu’un matin, la somnolence l’emporta, ne pouvant éviter de s’allonger dans le lit royal de sa Chambre. Elle commença à avoir un rêve très spécial :
La Reine Maya rêva que les quatre rois célestes, les Seigneurs des quatre directions du Monde de la Tusita, la Terre de la félicité, la soulevaient avec le lit, ils la transportèrent aux sommets de la chaîne de l’Himalaya, arrivés au point le plus élevé des hautes montagnes, la laissèrent au pied d’un arbre, appuyée respectueusement sur un côté. Arrivèrent les épouses des quatre Rois et elles la baignèrent soigneusement, la purifiant de toutes taches humaines, la portant à un lit divin avec la tête dirigée à l’Est.
À l’horizon, commença à briller une étoile avec une splendeur surnaturelle, descendant et encerclant l’endroit où était Maya. Quand l’étoile toucha le sol, elle se transforma en un Éléphant Blanc qui s’approchant, prit avec sa trompe un lotus blanc et le déposa sur le flanc de la Reine, disparut en s’introduisant dans l’utérus.
À ce moment le Bodhisattva de compassion entra dans le corps de sa mère.
L'Immaculée Conception, l’Esprit Saint pour les Indous, a la forme d’un Éléphant Blanc.
Tout Avatar, dans les mondes internes nait de l’Esprit Saint, et Bouddha ne fut pas une exception.
La Reine Maya s’éveilla et, avec une grande agitation, elle raconta son rêve à son époux le Roi Suddhodana. Et lui, à son tour demanda aux Brahmanes si le rêve était de bonne ou de mauvaise augure.
Les sacerdotes lui annoncèrent que viendrait dans sa famille un grand Être. Quelqu’un qui serait un grand Roi ou un Bouddha.
Nous savons que le royaume de Kapilavastu était bien petit, déficient militairement et continuellement menacé d’envahissement par un autre royaume plus puissant. Ainsi, poursuivant l’idée que son fils continuerait à fortifier et agrandir son royaume, il prit grand soin d’éduquer son fils dans les arts de la guerre et les arts du palais.
Sept jours après la naissance de Gautama, Maya, sa mère mourut. 
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Ici, il y a diverses explications, et dans l’une d’elles, les Brahmanes disent, que les mères des Bouddhas meurent toujours après avoir porté leurs illustres fils, parce que le ventre qui fut occupé par un Boddisattva dans sa dernière naissance, est comme le sanctuaire d’un temple et ne peut plus être occupé.
Une autre explication, plus profonde, c’est que à la naissance d’un Bouddha, l’Univers Manifesté (ou Maya) se replie et disparait.
À mesure que passèrent les années, le Prince Siddharta, en plus d’étudier les tâches d’un futur roi, se consacrait chaque fois plus à des pensées profondes, se complaisant dans la Solitude et la Méditation.
Mais le roi Suddhodana, désirant que son fils fût son digne successeur, fit son possible afin qu’il n’envisage pas ces questions qui lui ferait prendre le chemin de la Renonciation : Pourquoi existe-t-il la maladie ? Pourquoi nous mourrons et pourquoi nous vieillissons ?
En Inde, comme dans le monde oriental en général, autrefois, il y avait une coutume pour les hommes, quand ils avaient atteint un âge déterminé, ce qu’on appellerait aujourd’hui la retraite, ils pouvaient se retirer dans la forêt et méditer sur leur propre vie, seulement après avoir passer une étape d’apprentissage, dans une autre famille et un autre travail.
En général, la première période, celle de l’étude commençait à sept ans et durait jusqu’à vingt ans ; ensuite venait une seconde phase, la plus longue de toutes, qui durait trente ans, en la dédiant à la famille, aux enfants et aux affaires, accomplissant tout cela comme un bon chef de famille.
Une fois ces devoirs accomplis comme chef de famille et après avoir engendré un héritier qui occupera sa place, il avait la liberté de se retirer et vivre dans la forêt, réfléchissant avec calme sur les cinquante années précédentes, arrivant à une pleine maturité philosophique.
Après avoir complété cette période d’ascétisme et de pratiques religieuses, il quittait la forêt, et passait la dernière partie de sa vie en errant d’un endroit à un autre, mendiant et dépendant uniquement d’aumônes pour sa subsistance.
L’histoire nous raconte que Sakyamuni passa très rapidement par ces quatre étapes tant étaient grandes ses aspirations pour découvrir la Source, l’Origine de l’Univers.
À 16 ans, il épousa Yosodhara et engendra un fils : Rahula (qui signifie "Empêchement")
Cela fut un événement de grande importance, alors, Siddharta avait un héritier pour poursuivre la lignée à la succession au trône, et en même temps, la chance qui lui donnait l’occasion de renoncer à ses devoirs et embrasser la vie religieuse.
LE GRAND DÉPART
La tradition nous donne quatre raisons qui déterminèrent Siddharta à abandonner son foyer de prince pour se dédier à la vie religieuse. En accord avec les anciens récits, Sakyamuni passait la majeure partie de son temps confiné au Palais Royal, protégé par son père, afin qu’il ne puisse ni voir ni connaitre les disgrâces de la vie. Mais en quatre occasions, il franchit les portes du palais en compagnie de son cocher.
La première fois, il rencontra devant la voiture, un vieillard, la fois suivante un infirme et la troisième, il vit un cadavre. Finalement, il repéra un homme au crâne rasé montrant des yeux sereins, c’était un pénitent qui s’était dévoué à la vie religieuse.
Alors, Sakyamuni profondément bouleversé, résolut d’abandonner son foyer et d’emprunter la même existence que cet homme avec la ferme intention d’investiguer sur quelle était la cause de toute souffrance : maladie, vieillesse et mort.
La légende qui fait référence aux quatre sorties en dehors du palais exprime de manière symbolique, le processus d’éveil des quatre saintes vérités que nous étudierons plus loin.
Comme cela devait être, Sakyamuni avait découvert la douleur et la souffrance de son peuple. Il savait que la force militaire ne peut jamais offrir une solution durable au problème des souffrances humaines, il n’essaya pas d’avoir recours aux armes pour aider son peuple, mais plutôt, cela le poussa à prendre le chemin qui, il l’espérait, le conduirait à la véritable Libération.
Avant de se convertir en un roi qui exerce un pouvoir politique dans le monde temporel, il décida de se convertir en un roi philosophe avec l’ambition métaphysique de solutionner la cause de toute souffrance.
Ainsi, après les quatre signes, Sakyamuni, suivant les coutumes de l’époque mais très rapidement, il commença sa démarche spirituelle suivant les ordres qui provenaient du lieu le plus intime et profond de son Être.
Une nuit, accompagné de son cocher, il sortit du palais, une fois éloigné de celui-ci, il fit ses adieux à son serviteur et ami et on raconte que son cheval mourut de peine, peu de jour après, d’être séparé de son maître, Gautama. Siddharta changea ses luxueux vêtements pour d’autres plus humbles et coupa ses cheveux, commença à marcher vers la forêt à la recherche de la Vérité.
LA VIE RELIGIEUSE DANS LA FORÊT
À cette époque, le Brahmanisme était en pleine remise en question, ayant une multitude de sectes et d’écoles de tous les goûts, dans lesquelles chacun embrassait sa propre démarche pour la libération de la douleur en ce monde.
Il y avait par-dessus tout, de nouveaux penseurs qui apportèrent des pratiques religieuses basées sur différentes philosophies et repoussèrent délibérément la tradition, les conduisant à des pratiques d’un ascétisme extrême comme de s’assoir dénudé au soleil en pleine chaleur ou manger seulement des herbes sauvages, etc.
Ces gens furent en ce temps-là, de purs contestataires, comme de nos jours, les « hippies », seulement, eux, ils étaient beaucoup plus drastiques.
Siddharta apprit rapidement que le monde était plein d’une infinité de religions.
Ces dévots religieux se torturaient eux-mêmes avec l’idée d’éviter l’accomplissement d’un karma.
D’autres priaient un Dieu avec l’espoir qu’il les libèrerait de leurs péchés et leur permettrait de naître dans un monde céleste.
D’autres cherchaient l’émancipation à travers la discipline mentale, les bonnes œuvres et l’assiduité aux rituels cérémoniaux.
Laquelle de ces méthodes de salut, s’il y en avait une, était efficace?
À cette époque, vivaient deux Brahmanes, ermites, au pied d’une petite montagne et Sakyamuni décida de suivre leurs enseignements.
Ces sages ermites orientaux étaient considérés comme des personnes d’une grande sagesse et d’un grand pouvoir. Ils étaient capables de voler dans les airs à grande vitesse, de marcher sur les eaux, et d’autres rares prouesses.
Ces ermites étaient considérés comme de grandes autorités en matière de religion et métaphysique. Pour cela, Sakyamuni les a élus comme maîtres.
Là, il entra pleinement dans la pratique du yoga qui caractérise la troisième phase de la vie de n’importe quel oriental; atteindre la concentration mental, l’introspection en son propre être interne et la véritable émancipation du corps par le contrôle psychique.
En ce temps-là, on considérait le yoga comme un moyen pour se libérer des souffrances inhérentes à la condition humaine.
Ces ermites lui enseignèrent les disciplines de la méditation qui, plus tard, imprégneront les pratiques du bouddhisme.
Ces techniques s’appelaient: «Atteindre la sphère du néant » et « le lieu où il n’y a ni pensée et ni absence de pensée».
Comme nous disions, ces états de concentration resteront ensuite intégrés dans les méthodes bouddhistes de méditation et de discipline, mais, dans les dix étapes pour progresser vers l’état de Bouddha, ils étaient des étapes plus inférieures, car ces méditations ne conduisent pas à calmer ni cesser les passions, ni à la tranquillité, à l’éveil suprême ou à la libération totale, sinon seulement, à la « sphère du néant ».
L’objet de la recherche de Sakyamuni était une sorte d’illumination qui pourrait libérer l’humanité des souffrances qui entrainent le cycle des naissances et des morts.
Comprenant que ces méthodes ne le conduiraient pas au but qu’il aspirait, Sakyamuni les abandonna et se livra aux pratiques ascétiques.
LES PRATIQUES ASCÉTIQUES
Comme nous l’avions commenté, Sakyamuni, convaincu qu’il n’atteindrait pas l’illumination à laquelle il aspirait en suivant les préceptes des maîtres Yogis, il décida de se livrer à d’autres pratiques ascétiques. La tradition nous dit que ce fût alors, entre 6 et 10 ans du plus pur ascétisme. La même source nous indique qu’il alla dans une forêt près du hameau de Sena, dans lequel s’étaient réunis des Brahmanes qui avaient abandonné leurs familles et étaient des pratiquants très austères. 
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La pratique de ces austérités, de même que la médiation Yoguique, était considérée comme une méthode pour atteindre la progrès spirituel et on y avait recourt, fréquemment.
L’on se proposait de soumettre le corps à diverses méthodes et processus de mortifications, ainsi, on apprenait à supporter la douleur et l’on pouvait atteindre la libération totale de l’Esprit.
Ces disciplines étaient classées en diverses catégories : celles relatives au contrôle du mental, à la suspension de la respiration, au jeûne total et à la diète sévère.
L’exercice de suspendre la respiration était considéré comme un des plus difficiles, premièrement, on se concentre pour empêcher que la respiration entre et sorte à travers les narines et la bouche. On pourrait supposer que cela conduit à la suffocation, mais quand on bloque les orifices du nez et de la bouche, on commence à respirer par les oreilles. On affirme que cela provoque un fort bourdonnement dans les oreilles et une douleur intolérable. Et quant au jeûne, plusieurs désincarnèrent durant cette pratique.
Sakyamuni croyait, comme d’autres chercheurs, que s’il n’expérimentait pas les souffrances et les épreuves de ces pratiques, qu’il ne pouvait espérer un véritable progrès spirituel.
Quand Sakyamuni se souvenait de cette période de sa vie, il dit, selon ce qui est cité dans les écrits, qu’aucun Brahman passé, présent ou futur n’avait souffert ni ne souffrirait des épreuves d’auto-tortures qu’il s’affligea à lui-même et que sans crainte de se tromper cela ne lui avait pas permis d’atteindre l’illumination.
Ainsi, Gautama abandonna ces pratiques et décida de s’efforcer dès lors de ne vivre ni à un extrême ni à un autre, alors il comprit la signification profonde du Chemin du Milieu.
Il rejeta ce chemin où la vie le fit arriver au milieu d’un somptueux palais et où la vie le mena à de sévères pratiques ascétiques alors que ces deux formes appartenaient au dualisme. Le chemin du milieu est l’équilibre qui nous conduit fermement à la libération.
L’ILLUMINATION
Après avoir pratiqué les plus sévères austérités de son époque sans atteindre pour autant l’illumination, Sakyamuni se résolut à abandonner ces pratiques.
Il commença par récupérer ses forces si gravement atteintes par les souffrances des privations.
Les sculptures bouddhistes représentaient Sakyamuni à cette époque complètement amaigri.
D’après la légende, Gautama alla se baigner dans la rivière pour se laver de toutes les saletés qu’avait accumulé son corps et commença par manger d’abord du riz et à s’alimenter chaque fois mieux, jusqu’à la récupération totale.
Il laissa la forêt et, les disciples qui le suivaient, l’abandonnèrent en l’accusant d’avoir dévié et de s’être épris de la vie facile.
Avec la ferme intention de trouver la racine de toute souffrance, il s’assit au pied d’un figuier Banian, le figuier hindou, décida de ne plus se lever de cet endroit, tant que ne tomberait pas la peau et la chair de son corps, tant qu’il ne trouverait pas la solution ; la découverte de la réalité ultime de toute chose.
LA TENTATION DE MARA
De sorte que Sakyamuni demeura assis sur la plage à l’ombre de l’arbre, résolu à trouver ainsi l’illumination.
Il adopta la posture appelé du Lotus, qui était la façon habituelle de s’assoir pour les pratiques de méditation.
Ici, les écritures nous parlent des tentations de Mara. La tentation de Mara est très importante dans tout processus initiatique de l’illumination. 
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Selon les écritures, Mara, qui signifie « Le ravissement de la vie », qui n’est pas autre chose que l’égo psychologique, les éléments inhumains qui, en notre intérieur, nous portons d’existence en existence. Mara était alarmée devant la perspective du triomphe de Gautama, et elle dit au futur Bouddha:
«Maigre et pâle comme tu es, te voilà proche de la mort. Tu n’as qu’une possibilité de survivre entre mille. Tu devrais vivre, car c’est seulement en étant vivant qu’il te sera possible de réaliser de bonnes actions. Mais tous tes efforts actuellement sont vains et inutiles car le chemin qui conduit au véritable Dharma est dur, pénible et inaccessible».
À plusieurs reprises, Mara s’adressa à Gautama de cette manière, souhaitant le décourager, mais il demeura impassible jusqu’à vaincre celle qui est appelée démon intérieur ou les intimidations et résistances de l’Égo.
L’illumination se vérifia à l’aube, à l’approche du lever du jour, l’œil de la sagesse devint d’une sublime clarté, et quand commença à briller l’étoile du matin, Sakyamuni sentit que toute sa vie était comme un éclatement, en un instant, il distingua la réalité ultime de toute chose. À ce moment, il se convertit en un Bouddha.
À la tombée de la nuit, après avoir passé par les quatre états de Dhyana ou d’intense méditation, il atteignit le premier degré: indifférence des sentiments, ensuite, le second degré qui se distingue par une complète concentration du mental et une sensation de joie. Au troisième degré, il se sentit submergé dans la paix et la sérénité sans limites et au quatrième degré, il atteignit un état de suprême pureté, au delà de toute souffrance et de tout plaisir, de toute peine ou de joie.
Après avoir réussi une complète domination des quatre degrés de Dhyana, il alla à la découverte de l’origine de toute souffrance.
Et on dit qu’en cette nuit là, il se souvient de sa première, seconde et troisième vie et ainsi il se souvint des milliers d’existences en d’innombrables aéons et il sut quel genre de mort il avait eu dans une vie et dans une autre, et quel genre de vie, qu’elles soient joyeuses ou malheureuses.
Cela, il le vit, il l’expérimenta vivement avec l’œil de la sagesse complètement ouvert.
Les enseignements du Bouddha nous parlent des six règnes par lesquels l’âme passe de l’un à l’autre sans atteindre la libération finale...
Ensuite, dans la seconde partie de la nuit, il vit le monde entier et il vit la mort et la renaissance de toutes les créatures qui naissent et meurent selon ses actions accumulées ou karma. Ces êtres dont les actes étaient condamnables passaient par une période de misère, ceux dont les actions avaient été bonnes, gagnaient un lieu dans le triple ciel.
À ce moment, il comprit la loi du karma qui gouverne l’univers.
Dans la troisième partie de la nuit, vint la vérité ultime: Les douze causes de l’Éternel retour, qui sont la véritable cause de l’origine de toute souffrance.
Il comprit les quatre Saintes Vérités et la façon de demeurer au-delà de l’aspect transitoire et de l’impermanence de toute chose, qui est le noble et l’octuple sentier.
Ainsi, Gautama se convertit en Bouddha. Et tout ce qui arriva en cette nuit là, fut la base de tout son enseignement à ses disciples.
Ayant trouvé l’origine de toute souffrance, il se proposa de la diffuser à toute personne réceptive de ces temps, des gens, d’autre part, très avancés spirituellement et pouvant atteindre l’illumination momentanément, simplement en écoutant ses révélations de façon claire et simple.
Tous ces enseignements, il les nomma: La roue du Dharma ou la Loi. Puisque, qui arrive au bout, parviendra à faire Un avec la loi et avec le Père, étant bien au-delà des naissances et des morts, des plaisirs et des souffrances, sans égos, sans attachements, sans désirs. Il atteignit enfin la Béatitude, l’état de Bouddha
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Re: Qui est le Bouddha ?

Message  Arlitto le Lun 22 Aoû - 19:54

Le Bouddhisme : religion, philosophie, morale, science ?

On cherche souvent à mettre une "étiquette" sur l'enseignement du Bouddha : on se demande si le Dharma est une religion, une philosophie, une morale, une "science de l'esprit"... Mais ces étiquettes dépendent de définitions qui ont été établies au fil des siècles, en fonction de l'histoire de l'Occident. Aucune ne lui correspond vraiment exactement !
 
Religion ?
Une religion, généralement, s'appuie sur la croyance en l'existence d'un dieu, créateur du monde et de l'homme. Elle fournit une explication "extérieure", que l'homme subit et à laquelle il doit s'adapter. Pour être "sauvé", celui-ci doit entrer en communication avec ce dieu et respecter ses commandements.
Le Dharma, lui, présente une explication "intérieure" : sa vision du monde et sa propre vie dépendent de chaque homme. L'homme est ainsi seul responsable de son illusion et de sa souffrance, mais aussi seul responsable de son "salut", qui dépend de son engagement et de sa pratique pour échapper à l'illusion.
Par bien des aspects, pourtant, le bouddhisme ressemble à une religion : il existe des temples, des rituels, des statues, des actes de dévotion...
Si on peut parler de "foi" dans le bouddhisme, c'est plutôt dans le sens d'une confiance dans l'enseignement du Bouddha et le témoignage de ses successeurs, qui assurent que chacun est capable d'échapper à la souffrance et d'expérimenter l'Eveil. Mais le Bouddha est un exemple à suivre : on ne le "prie" pas pour qu'il nous viennne en aide.
Des cérémonies ont lieu en son honneur : il s'agit de le commémorer, comme on honore un "grand homme". Les rituels (offrande d'encens, de bougies, de nourriture) ne sont pas destinées à s'attirer ses faveurs mais sont des marques de respect, une façon détournée d'offrir des offrandes aux moines ou une mise en pratique de son enseignement (le don est une manière de pratiquer le détachement).
Le rituel est aussi une pratique de méditation, qui facilite la concentration et détourne l'esprit des préoccupations quotidiennes. Les temples et les statues de Bouddha jouent aussi ce rôle : ils représentent, de manière symbolique, différents points de son enseignement, aident à les avoir toujours présents à l'esprit et contribuent à soutenir la motivation.

Philosophie ?
La philosophie s'appuie sur l'intelligence et la raison pour comprendre le monde et l'homme. La philosophie, aujourd'hui, est surtout un discours théorique "sur" le monde, qui n'implique pas forcément de changer sa manière de vivre. Alors que, dans l'Antiquité, les philosophes étaient aussi des "maîtres à vivre", et leur philosophie se voulait pratique.
Le Dharma propose une démarche qui est plus proche de celle des philosophes antiques que des philosophes modernes, puisqu'elle doit entraîner une nouvelle manière de vivre. Mais il ne s'appuie pas seulement sur la raison et l'intelligence. Si l'étude et la réflexion sont nécessaires, la pratique de la méditation est indispensable, et celle-ci ne fait pas appel au raisonnement mais à l'expérience directe.
Morale ?
La morale se présente comme un ensemble de règles de conduites pour la vie en société, fondé sur une définition "absolue" du bien et du mal. On peut distinguer une morale "naturelle", dans laquelle tout le monde est sensé pouvoir s'entendre sur la définition du bien et du mal (parce qu'elle dépend d'une "raison universelle") et une morale "religieuse", le bien et le mal étant alors définis par les "commandements divins".
Il existe bien une "morale bouddhiste", qui préconise des règles de vie commune. Mais sa définition du bien et du mal ne dépend pas de commandements divins ni d'une "raison universelle". Elle part de la constatation de l'universalité de la souffrance humaine, considère comme mal tout ce qui peut générer de la souffrance, pour soi et pour autrui, et comme bien tout ce qui permet d'atténuer la souffrance ou d'empêcher son apparition.
Il ne s'agit donc pas d'une définition théorique, "absolue", mais d'un ensemble de conseils pratiques qui doivent faciliter l'accès à l'Eveil pour tous.
On pourra lire, en complément, l'article "Le bouddhisme : au-delà du Bien et du Mal" (accès direct ou rubrique "Médiathèque" => "Documents à lire" => "Bibliothèque" => "Articles en ligne")

Science ?
Quelques points communs
Si le Bouddhisme peut être défini comme une "science", c'est qu'il se présente comme un projet de recherche dont le domaine d'étude est l'esprit et les expériences de l'esprit.
Les notions transmises par la tradition ne sont pas à adopter "telles quelles", mais doivent être vérifiées par l'expérience personnelle. Elles ne sont pas une affirmation péremptoire d'une vérité objective, mais le compte-rendu d'une expérience de lucidité, qui est reproductible dans des conditions appropriées - ce qu'on appelle la "méditation".
La pratique correcte est ainsi semblable à un projet de recherche scientifique.

La réflexion permet de diriger la recherche et d'éviter de prendre des directions fausses.
La méditation permet de connaître le fonctionnement du "corps-esprit", sous ses différents aspects : vécu physique, verbal et mental. Elle constitue un "outil de recherche" de la nature de l'esprit et de ses modes de connaissance.

Les résultats de la recherche ne sont pas imposés comme vérité universelle, mais offerts à la réflexion et à l'expérimentation de toutes les personnes intéressées par le problème de la souffrance.
Quelques nuances

Le bouddhisme, cependant, ne tombe pas dans la croyance en l'existence d'une réalité "objective", que pourrait expérimenter un "sujet" observateur. La Voie qu'il propose doit mener au-delà de toute dualité "sujet-objet".
Si l'élite scientifique tient compte désormais de "l'influence subjective de l'observateur" sur les phénomènes qu'il observe, il faut noter cependant que cette évolution reste encore peu connue du grand public (ni même acceptée, parfois encore, par une partie non négligeable de la communauté scientifique) ; on continue souvent de considérer la science comme "objective".
On peut aussi se demander si une telle "prise en compte" de la subjectivité équivaut exactement au "projet de dépasser" toute forme de dualité...
Lorsqu'on évoque le bouddhisme comme "science de l'esprit", il faudra donc tenir compte de cette distinction essentielle.

Relations actuelles entre bouddhisme et sciences
Dans le domaine des sciences fondamentales comme la physique, les théories de la relativité et du vide quantique, le principe d'indétermination et, tout récemment, la théorie des "champs de probabilité" rejoignent certains fondements de l'enseignement du Bouddha.
Des échanges, de plus en plus nombreux, ont lieu entre des représentants de la tradition et des scientifiques. D'un côté comme de l'autre, on exprime un profond respect et l'on croit possible un enrichissement réciproque.

Le domaine des sciences cognitives - dont la vocation est très proche de la recherche bouddhiste - ont donné lieu à de très nombreux échanges et un dialogue positif est d'ores et déjà engagé.
La contribution du bouddhisme à ce dialogue vient surtout du savoir des écoles philosophiques du Mahâyâna (Madhyamaka, en particulier) et du savoir-faire de la tradition méditative et yogique.
Bouddhisme et médecine

La médecine traditionnelle est peut-être la seule science, au sens courant du terme, où le bouddhisme a, depuis toujours, joué un rôle central dans les pays d'Asie.
La médecine traditionnelle tibétaine peut être considérée comme l'expression la plus complète de cette interaction. Née de la fusion des médecines indienne, perse et chinoise, elle a reçu du bouddhisme sa dimension spirituelle, qui en fait un très bon exemple de médecine de la personne, non pas conçue comme une "mécanique" physiologique mais comme un ensemble "corps-esprit".
La science médicale occidentale s'intéresse aujourd'hui à ces connaissances profondes si efficaces, dans le contexte traditionnel, aussi bien sur le plan somatique que psychique.
La méditation et ses différentes méthodes intéressent aussi de plus en plus chercheurs, médecins et psychologues occidentaux qui prennent acte de ses effets positifs, incontestables à court et moyen terme, sur le système complexe corps-parole-esprit.
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Re: Qui est le Bouddha ?

Message  Arlitto le Lun 22 Aoû - 19:55

Histoire et diffusion du bouddhisme

Le bouddhisme s’est toujours voulu une religion missionnaire, quoique non prosélyte. Une règle impose d’ailleurs aux moines de n’enseigner que si la demande leur en a été faite par trois fois. Cela dit, dès que la communauté a compté soixante disciples parvenus à l’Eveil, le Bouddha les a poussés à « parcourir le monde et diffuser la Bonne Loi, pour le bonheur et le profit du plus grand nombre ».

Au Ve siècle av. J.-C., cette diffusion n’a guère dépassé la vallée du Gange que le Bouddha a parcouru durant quarante ans de prédication. Quelques disciples semblent avoir été jusqu’à la côte ouest de l’Inde, peut-être aussi jusqu’aux premiers contreforts de l’Himalaya. Durant un siècle, la Communauté monastique se divise en « citadins », installés dans les grandes villes, et en « itinérants » qui parcourent le reste du pays. Ces derniers trouvent les premiers laxistes et trop proches des laïcs dans leur mode de vie ; ils souhaitent plus de rigueur dans le respect des règles instituées par le Bouddha, car les moines sont sensés prêcher par l’exemple autant que par la parole… Très minoritaires encore, ils entendent frapper les esprits par leur droiture !

La situation va considérablement changer au IIIe s. av. J.-C., avec l’avènement d’Ashoka, premier souverain qui parvient à réunir sous son autorité la quasi totalité du sous-continent indien. Après avoir conquis par la force son vaste territoire, Ashoka regrette sa violence et se convertit au bouddhisme. La paix qui règne désormais profite aux bouddhistes. Ashoka lui-même se targue d’avoir envoyé des missions jusqu’en Grèce et en Egypte – mais nul ne sait si elles y sont parvenues… On est sûr, en revanche, que son fils et sa fille « évangélisent » Ceylan (Sri-Lanka), où le bouddhisme est aussitôt adopté. D’autres missions parviennent en Birmanie et au Gandhara, un territoire recouvrant une partie de l’Afghanistan et du Pakistan actuels, porte d’entrée des Routes de la Soie.
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Re: Qui est le Bouddha ?

Message  Arlitto le Lun 22 Aoû - 19:57

Qu’est-ce que le bouddhisme et en quoi consiste la religion bouddhiste ?








Question : "Qu’est-ce que le bouddhisme et en quoi consiste la religion bouddhiste ?"

Réponse : 
le bouddhisme est une des plus grandes religions du monde en terme d’adhérents, de distribution démographique et d’influence socioculturelle. Bien qu’il soit une religion dite « orientale », le bouddhisme est en train de devenir de plus en plus populaire et influent en Occident. C’est une religion mondiale unique en son genre, bien qu’elle ait beaucoup en commun avec l’hindouisme, en ce que tous les deux enseignent le Karma (l’éthique du ‘cause à effet’, nos actions passées ont des conséquences sur notre avenir), Maya (la nature illusoire du monde), et Samsara (le cycle de la réincarnation ou des renaissances). Pour les bouddhistes, le but ultime de la vie est de parvenir à « l’illumination parfaite » telle qu’ils la conçoivent.

Le fondateur du bouddhisme, Siddhartha Guatama, est né dans une famille royale en Inde dans les années 600 avant Jésus-Christ. L’histoire nous dit qu’il mena une vie fastueuse, avec peu de contact avec le monde extérieur. Ses parents désiraient lui épargner l’influence de la religion et le protéger de la douleur et de la souffrance. Pourtant, son refuge ne tarda pas à être envahi par des visions, celle d’un homme âgé, celle d’un homme malade, et celle d’un cadavre. Sa quatrième vision fut celle d’un moine ascétique paisible (quelqu’un qui refuse le luxe et le confort). A la vue de l’attitude pacifique du moine, il décida de devenir lui-même un ascète. Il abandonna sa vie de richesse et d’affluence pour rechercher la connaissance à travers l’austérité. Il avait un talent particulier pour cette pratique d’ascèse (mortification) et pour la méditation intense. Il était un leader parmi ses pairs. Finalement, ses efforts culminèrent en un acte final. Il « s’offrit le luxe » d’un bol de riz et s’assit sous un figuier (aussi appelé l’arbre bodhi) pour méditer jusqu’à ce qu’il atteigne l’illumination parfaite ou qu’il meurt en essayant de la trouver. Malgré ses luttes et ses tentations, le lendemain matin, il avait atteint l’illumination (ou l’éveil). Aussi fut-il appelé « celui qui a reçu l’illumination » ou « le Bouddha ». Ayant accédé à cette nouvelle prise de conscience, Il commença à enseigner ses frères moines sur qui il avait déjà une grande influence. Cinq de ses pairs devinrent ses premiers disciples.

Qu’avait découvert Gautama ? Il avait découvert que l’illumination se trouve dans la « voie du milieu », (entre deux extrêmes), et pas dans les plaisirs de la vie luxueuse ou dans la mortification de soi. De plus, il découvrit ce qui serait connu plus tard comme les « quatre nobles vérités» -- 1) vivre c’est souffrir (Dukha), 2) la souffrance est causée par le désir (Tanha, ou « attachement »), 3) on peut éliminer la souffrance en éliminant tous les attachements (affections), et 4) ceci est obtenu en suivant le noble « sentier à huit branches ou sentier octuple ». Suivre le sentier octuple c’est avoir 1) la vision ou la vue juste ; 2) l’intention juste 3) la parole juste, 4) l’action juste ; 5) les moyens d’existence justes (être moine), 6) l’effort juste (qui dirige correctement les énergies), 7) l’attention juste (méditation), 8) la concentration (focaliser). Les enseignements de Bouddha furent recueillis dans le Tripitaka ou la « triple corbeille » 

Derrière ces enseignements très spécifiques, on retrouve les enseignements liés à l’hindouisme, notamment la réincarnation, le karma, le Maya et une tendance à concevoir la réalité comme étant panthéiste dans son orientation. Le Bouddhisme offre aussi une théologie élaborée de déités et d’êtres suprêmes. Cependant, comme l’hindouisme, le Bouddhisme peut être difficile à cerner quant à sa perception de Dieu. Certains courants du Bouddhisme pourraient être légitimement appelés athéistes, alors que d’autres pourraient être considérés panthéistes, et d’autres encore théistes, tel le Bouddhisme « Terre pure ». Le Bouddhisme classique, par contre, reste plutôt silencieux sur la réalité d’un être suprême, et est par conséquent considéré athéiste. 

Le Bouddhisme d’aujourd’hui est assez varié. On peut, succinctement, le diviser en deux branches principales : le Theravada (petit véhicule) et le Mahayana (grand véhicule). Le Theravada est la forme monastique qui réserve l’illumination ultime et le Nirvana aux moines, tandis que le Bouddhisme Mahayana étend le privilège de ce but ultime de l’illumination aussi aux laïques, c’est-à-dire aux non moines. Au sein de ces deux branches se trouvent de nombreuses disciplines incluant Tendai, Vajrayana, Nichiren, Shingon, Terre pure, Zen et Ryobu, pour n’en citer que quelques uns. C’est pourquoi il est important, pour les non-initiés qui cherchent à comprendre le Bouddhisme, de ne pas prétendre connaître tous les détails d’une école particulière du Bouddhisme alors qu’ils n’ont étudié que le Bouddhisme classique et historique.

Le Bouddha ne s’est jamais considéré lui-même comme un dieu ou un quelconque être divin. Il s’est plutôt considéré comme « quelqu’un qui montre le chemin » aux autres. C’est seulement après sa mort qu’il fut élevé au status de dieu par certains de ses disciples, tandis que d’autres ne le considéraient pas du tout ainsi. Quant au Christianisme, par contre, il est clairement déclaré dans la Bible que Jésus était le Fils de Dieu (Matthieu 3 :17 « et une voix fit entendre des cieux ces paroles : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toute mon affection», et que Lui et Dieu ne font qu’un (Jean 10 :30). On ne peut pas légitimement se dire chrétien sans professer Jésus comme étant Dieu. 

Jésus a enseigné qu’il est lui-même ‘le chemin’, et pas seulement celui qui montre le chemin, tel que Jean 14:6 le confirme : « Je suis le chemin, la vérité et la vie. Personne ne vient au Père que par moi. » Lorsque Guatama mourut, le Bouddhisme était devenu une influence majeure en Inde ; trois cents ans plus tard, le Bouddhisme s’était étendu à presque toute l’Asie. Les écrits et maximes attribués au Bouddha furent consignés par écrit environ quatre cents ans après sa mort.

Dans le Bouddhisme, le péché est largement considéré un symptôme d’ignorance ; et bien que le péché soit considéré comme une « erreur morale », le contexte dans lequel le « mal » et le « bien » sont définis, est regardé comme amoral. Le Karma est compris comme étant l’équilibre ou l’harmonie de la nature et n’est pas applicable sur un plan personnel. La nature n’a pas de qualité morale ; aussi, le Karma n’est pas un code de morale, et le péché, en fin de compte, n’est pas immoral. Aussi, nous pouvons dire, selon la pensée bouddhiste, que notre erreur n’est pas un problème moral puisqu’il représente finalement une erreur impersonnelle, et non une violation interpersonnelle. Les conséquences de cette conception sont dévastatrices. Pour le Bouddhiste, le péché est plus lié à une erreur qu’à une transgression contre la nature du Dieu saint. Cette conception du péché ne s’accorde pas avec la conscience morale innée que tous les hommes, sans exception, sont condamnés devant un Dieu saint, à cause de leurs péchés (Romains chapitres 1 et 2).

Puisque le péché est considéré comme une erreur impersonnelle et réparable, le Bouddhisme est en désaccord avec la doctrine de la dépravation de l’homme, doctrine de base du Christianisme. La Bible nous dit que le péché de l’homme est un problème ayant des conséquences éternelles et infinies. Dans le Bouddhisme, il n’y a aucun besoin de Sauveur pour secourir les hommes de leurs péchés qui les condamnent. Pour le Chrétien, Jésus est le seul moyen d’être secouru de la condamnation éternelle. Pour le bouddhiste il n’existe qu’une éthique de vie et des appels par la méditation vers des êtres suprêmes, avec l’espoir, peut-être, d’atteindre l’illumination et le Nirvana suprêmes. Il est très probable qu’il faille passer par un certain nombre de réincarnations pour payer la dette énorme accumulée due au système du Karma. Pour les véritables disciples du Bouddhisme, leur religion est une philosophie de moralité et d’éthique, qui se résume et s’exprime dans le cadre d’une vie de renonciation à l’ego lui-même. Dans le Bouddhisme, la réalité est impersonnelle et non relationnelle ; par conséquent elle ne peut pas aimer. Non seulement Dieu est considéré comme illusoire, mais en réduisant le péché à une erreur sans portée morale et en rejetant toute réalité matérielle comme une illusion (Maya), nous perdons nous-mêmes notre « moi ». La personnalité elle-même devient une illusion.

Lorsqu’on lui a demandé comment le monde avait commencé, et qui (ou quoi) avait créé l’univers, il est dit que le Bouddha est resté silencieux, car dans le Bouddhisme il n’y a ni début ni fin. Au lieu de cela, il y a un cycle incessant de naissances et de morts. On serait en droit de se demander qu’elle sorte d’être nous a créés pour vivre, endurer tant de douleur et de souffrance, et ensuite mourir encore et encore, sans arrêt ? On peut même se demander quelle est la signification de tout cela et si cela vaut même la peine de vivre ? Les chrétiens savent que Dieu a envoyé son Fils pour mourir pour nous, à notre place, une fois pour toute, afin que nous n’ayons pas à souffrir pour l’éternité. Il a envoyé son Fils pour nous faire savoir que nous ne sommes pas seuls et que nous sommes aimés. Les chrétiens savent que la vie ne se limite pas seulement à la souffrance et à la mort sur cette terre, « …selon la grâce qui nous a été donnée avant les temps éternels et qui a été manifestée maintenant par l’apparition de notre Sauveur Jésus-Christ, qui a détruit la mort et a mis en évidence la vie et l’immortalité par l’Evangile. »(2 Timothée 1 :10)

Le Bouddhisme enseigne que le Nirvana est le stade suprême de l’être, un état d’existence pure, et qui peut être atteint par des moyens inhérents à l’individu. Le Nirvana défie toute explication rationnelle et tout ordre logique et par conséquent ne peut pas être enseigné, seulement réalisé. L’enseignement de Jésus sur le ciel, par contre, était assez spécifique. Il a enseigné que nos corps physiques meurent mais que nos âmes montent vers lui au ciel (Marc 12 :25). Le Bouddha a enseigné lui que les personnes n’ont pas d’âmes individuelles, parce que le moi individuel, ou l’ego, est une illusion. Pour les bouddhistes, il n’existe aucun Père miséricordieux au ciel qui a envoyé son Fils pour mourir pour nos âmes, pour notre salut, pour nous ouvrir la voie vers sa gloire. C’est l’argument décisif et la raison ultime pour laquelle le Bouddhisme doit être rejeté.
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Re: Qui est le Bouddha ?

Message  Arlitto le Lun 22 Aoû - 19:59

Qui est Bouddha? 



Voici une autre vidéo de koki bonheur production pour un aperçu sur la vie du bouddha.
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