Résidence palatiale

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Résidence palatiale

Message  Arlitto le Mer 2 Mar - 18:11

Résidence palatiale
 

Les archéologues ont donné ce nom à une superbe maison bâtie à la fin du Ier siècle avant J.-C., sous le règne d'Hérode le Grand. Sur le mont Sion, la colline ouest de Jérusalem, les ruines de cette résidence, et celles d'autres maisons moins imposantes ont défié les siècles. Le site du mont Sion offre une vue inégalée sur l'esplanade du Temple, laquelle s'étend sur la colline Est, en contrebas. Derrière cette esplanade, le tableau unique du mont des Oliviers, qui se perd dans la cascade des sommets nus du désert de Judée. Vraiment, ce coin de Jérusalem était digne de la « noblesse » du peuple juif.
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Figure 1

     Franchissons le seuil de la « résidence palatiale ». Hélas! L'ampleur et la beauté de cette villa s'accommodent bien mal du tour rapide du propriétaire dont nous devrons nous contenter. Disposées autour d'une cour centrale soigneusement dallée (fig.1a), les pièces forment un quadrilatère de 600 m2. Une grande citerne, aménagée sous le dallage, recueille les eaux des pluies d'hiver. Sa margelle est toujours adossée à l'un des murs.

Bienvenue à la villa
     Les pièces destinées à l'habitation sont à l'ouest de la cour. Engageons-nous dans le beau vestibule au parquet encore décoré de sa mosaïque (fig.1, b) et qui débouche sur une grande salle d'apparat de 6,5 m sur 11 (fig.1, d). Les murs tiennent encore. Ils atteignent 3 m de hauteur à certains endroits! Des stucs élégants ornés de panneaux rectangulaires et d'autres motifs géométriques recouvrent murs et plafond. Dans les salles adjacentes, la décoration s'inspire aussi de la flore. Les rouges, les noirs, les jaunes de ces ouvrages n'ont rien à envier à ceux des peintures murales extraites des vestiges de Pompéi, en Italie, et qui ont déjà pris le chemin du Musée national de Naples. Hérode était friand de ce genre de décor pour ses propres palais.
     Revenons au vestibule pour nous rendre compte qu'un bel escalier (fig.1, c) conduisait à un deuxième étage effondré sur le rez-de-chaussée. Traversons la cour dallée, pour observer à l'est, une série de petites pièces échelonnées en contrebas sur la pente de la colline. C'est ici que se trouvaient cuisines, pièces à rangement, salles de bain. Surprise! Des escaliers conduisent à des bains pourvus de degrés, aménagés en sous-sol. De telles installations permetent aux occupants de procéder aux ablutions rituelles imposées par la loi juive. Un de ces bains est particulièrement grand (fig.1, e).
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Figure 2

     Le mobilier de la « résidence » est à l'avenant de son décor : tables et récipients sont taillés dans la pierre. Outre l'ensemble des objets de fabrication locale, à usage quotidien, la céramique comprend des importations, notamment cette magnifique vaisselle rouge, finement lustrée et polie, sortie des grands ateliers de l'Empire romain, et signée! Retrouvé ici même, un splendide vase en verre moulé et soufflé signé d'un certain « Enniôn » (fig. 2). Ses créations étaient recherchées à l'époque; certaines brillent encore aujourd'hui dans de grands musées!
     Cette magnifique villa et les maisons avoisinantes furent sauvagement détruites par les armées de Titus, en l'an 70 de notre ère. Des monnaies frappées entre les années 66 et 70, des flèches et des lances romaines jonchent leurs sols parmi une épaisse couche de cendres et de matériaux calcinés. Les mêmes signes de cette destruction s'observent partout dans Jérusalem.
     Qui a pu occuper un tel palace? Si nous tenons compte de l'absence de toute représentation animale ou humaine dans le décor, du nombre de bains rituels, du mobilier : tables et récipients entièrement taillés dans la pierre, ne pouvons-nous pas penser à un grand-prêtre? Voilà une interrogation à poursuivre, mais plus tard!
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Re: Résidence palatiale

Message  Arlitto le Mer 2 Mar - 18:12

Belle « maison de ville »
 

Qui a bien pu habiter [ltr]la résidence palatiale[/ltr], « visitée » dans notre dernière chronique? Voici une réponse séduisante sinon crédible. À Jérusalem, dans le voisinage immédiat de ce petit palais, on a découvert quelques maisons plus modestes. Autant de luxe dans leur architecture, leur décor, leur mobilier, même si elles ne font que le tiers de sa grandeur. Celle que voici est une mine de renseignements de toutes sortes (fig. 1).
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Figure 1 : plan de la maison

     Le plan est simple. Les pièces sont distribuées sur trois côtés d'une cour d'entrée (A). À droite, un bain rituel encore muni de degrés (B); à gauche, une vaste salle de séjour (C); en face, des pièces pour les besoins courants : une cuisine (D), une salle à manger (E) et des remises (F).
     En l'an 70 de notre ère, les Romains y ont allumé un violent incendie. Les murs et le sol disparaissent sous d'épaisses couches de suie ou de cendres. Détails saisissants : une javeline romaine enfoncée dans un angle de murs, le bras gauche d'une jeune femme coincé dans la porte de la cuisine!

À l'étonnement des fouilleurs

     Les fouilleurs s'étonnent de ce que plusieurs meubles et pièces de vaisselle soient en pierre. Tantôt on a tout simplement équarri et creusé le matériau, tantôt on a pris bien soin de le polir. Parfois s'ajoutent des motifs décoratifs. C'est une première découverte pour ce type d'objets. Les tables rectangulaires n'ont qu'un pied, soit une colonne; on y dépose les grands plats. Les petites tables rondes reposent sur des trépieds en bois et servent aux convives, allongés sur des coussins. Des pratiques largement répandues dans le monde romain. Les pièces de vaisselle sont variées : des jarres de 60 à 70 centimètres de hauteur, des cruches pour le service, des plateaux, des gobelets, des assiettes et autres ustensiles.
     Mais pourquoi utiliser la pierre pour fabriquer ce mobilier? La seule réponse possible provient de deux textes de la Mishna (traditions juives anciennes consignées au cours du IIe siècle après J.-C.) qui déclarent toujours rituellement purs les objets en pierre. Rappelons-nous aussi les noces de Cana dans l'Évangile de Jean (2,1-12). L'eau est puisée dans « six jarres de pierre, destinées aux purifications des Juifs » (Jn 2,6)! Voilà une autre confirmation. En un mot, des maisons pourvues de bains rituels et de ce mobilier en pierre assurant la même pureté rituelle devaient appartenir à la caste sacerdotale de Jérusalem. Comment en douter?
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Figure 2 : le poids et son inscription

Un poids
     Mêlé aux objets fracassés répandus sur le sol de la cuisine, un poids en pierre, parmi d'autres. Les mots « du fils de Qatros » (fig. 2) y sont inscrits en araméen. Ce poids peut nous aider à identifier le propriétaire. Le nom, signifiant « cithare », a pris une allure grecque. C'est la première fois qu'on le lit sur un objet. Toutefois, une vieille chanson hébraïque conservée dans le Talmud mérite d'être citée au complet : « Malheur à moi pour la cause de la maison de Baïtos, pour leur bâtons! Malheur à moi à cause de la maison de Hannan, pour leurs perverses paroles! Malheur à moi pour la maison de Qatros, à cause de leurs plumes! Malheur à moi à cause de la maison d'Ismaël, à cause de leurs poings! C'est qu'ils étaient les grands prêtres, leurs fils étaient les trésoriers, leurs gendres les administrateurs, et leurs serviteurs frappaient le peuple à coups de bâtons! »
     Il n'y a plus de doute, nous sommes bien dans le riche quartier sacerdotal de Jérusalem! Ce témoignage sur la perversité des prêtres est troublant. On comprend que les Pharisiens et le petit peuple les aient méprisés sans gêne!
     Surplombant l'esplanade du Temple, ce beau quartier sacerdotal tenait les prêtres à part. La résidence palatiale devait abriter le grand prêtre en exercice! Bien difficile de résister à une telle hypothèse! Au temps de Jésus, un de ces grands prêtres s'appelait Anne (Lc 3,2) : c'est le « Hannan » de la chansonnette!
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