La Bible et l'histoire de l'Égypte

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La Bible et l'histoire de l'Égypte

Message  Arlitto le Mer 2 Mar - 18:54

La Bible et l'histoire de l'Égypte


Les lecteurs de le Bible n’ignorent pas l’existence de rapports étroits entre l’histoire égyptienne et l’histoire biblique pendant une très longue période, commençant avec le premier séjour d’Abraham en Égypte et se terminant par la fuite des Juifs dans ce pays après la chute de Jérusalem devant les Babyloniens

Cette période embrasse l’étonnante et rapide succession de plaies qui s’abattit sur l’Égypte et qui précéda la marche des Israélites vers la liberté malgré l’écrasante puissance de Pharaon et de son armée. 

Le récit de la Bible est clair et s’accorde avec les faits. Mais que dire des annales égyptiennes ???


L’histoire égyptienne


Pour obtenir des renseignements sur l’histoire de l’Égypte antique, les historiens des temps modernes se fondent surtout sur certains documents sous la forme de listes de rois égyptiens.Citons, entre autres : la Pierre de Palerme, existant à l’état de fragments, sur laquelle figure la liste de ce qu’on croit être les cinq premières dynasties de l’histoire égyptienne ; le Papyrus de Turin, très incomplet, présentant une liste de rois et de leurs règnes à partir de l’époque de l’Ancien Royaume” jusqu’à celle du “Nouveau Royaume” ; et diverses listes gravées sur la pierre, dont il n’existe que des fragments. Afin de coordonner ces récits fragmentaires et d’établir un ordre chronologique, les historiens s’appuient surtout sur les écrits de Manéthon, prêtre égyptien du troisième siècle avant notre ère.


Mais l’ennui, c’est qu’il n’existe plus un seul des écrits originaux de Manéthon. Il nous faut nous en rapporter à des références et à des citations de ses œuvres que nous trouvons dans les ouvrages d’historiens plus récents, comme Josèphe (Ier siècle de n. è.), Jules l’Africain (IIIe siècle de n. è.), Eusèbe (IVe siècle de n. è.) et Georges le Syncelle (VIIIe ou IXe siècle de n. è.). 

D’autre part, ce qui augmente encore la difficulté, ce sont les erreurs fréquentes que font ces historiens dans leurs citations des ouvrages de Manéthon. D’après le professeur W. G. Waddell, celles-ci sont “fragmentaires et souvent dénaturées”, de sorte qu’“il est extrêmement difficile de distinguer avec une certitude absolue le Manéthon authentique et le Manéthon apocryphe ou altéré”.


Après avoir montré que les matériaux originaux de Manéthon incluaient des traditions et des légendes ne comportant ni caractère historique ni ordre chronologique, le professeur Waddell déclare : “On relève dès le début de nombreuses erreurs dans l’œuvre de Manéthon ; toutes ne sont pas dues à des altérations du texte imputables aux scribes et aux correcteurs. On estime impossible la durée de certains règnes : dans certains cas, les noms et l’ordre de succession des rois, fournis par Manéthon, se sont révélés insoutenables à la lumière du monceau de témoignages.” — Manetho (1940), pages vii, xvii, xx, xxi, xxv.


Un problème épineux se pose, car si on prend toutes ces listes de rois en considération, le nombre des années de l’histoire égyptienne est incroyablement grossi. À propos de ces listes, voici ce que déclare l’Encyclopédie britannique (éd. de 1965, tome V, pp. 722, 723) : “(...) il faut les utiliser avec prudence quand on s’efforce de reconstituer les cadres de l’histoire égyptienne ; ainsi, à certaines époques, il apparaît que des rois rivaux, voire des dynasties entières, figurant sur les listes de Manéthon, ont régné simultanément.”


Reconstitution de l’histoire de l’Égypte


Au cours du siècle dernier, les égyptologues ont été obligés de réviser et de modifier leur point de vue sur l’histoire de l’Égypte, et cela plus d’une fois. En ce qui concerne la date de l’avènement de la première dynastie régnante, qui aurait commencé par l’unification de l’Égypte sous l’autorité du roi Ménès, notez les conclusions très différentes auxquelles sont arrivées diverses autorités en matière d’égyptologie, pour la plupart contemporaines.


D’après Avènement de la première dynastie


Champollion 5867 av. n. è.


Mariette 5004 av. n. è.


Lauth 4157 av. n. è.


Lepsius 3892 av. n. è.


Breasted 3400 av. n. è.


Meyer 3180 av. n. è.


Wilkinson 2320 av. n. è.


Palmer 2224 av. n. è.


Ajoutez à cela la date d’environ 2900 avant notre ère, actuellement en vogue chez les historiens.


Les Égyptiens ont donné un certain développement à l’astronomie ; nous disposons de nombreux textes égyptiens traitant des phases lunaires et du lever de Sirius (Sothis), étoile de la constellation du grand Chien. Ces textes ont été employés, en les complétant avec d’autres données fragmentaires, pour édifier une table chronologique fixant les dates approximatives suivantes pour les différentes dynasties :


Cultures prédynastiques 3000-2850 av. n. è. (env.)


1ère à 6e dynastie 2850-2200 av. n. è. (env.)


7e à 12e dynastie 2200-1786 av. n. è. (env.)


13e à 20e dynastie 1786-1085 av. n. è. (env.)


21e à 31e dynastie 1085-332 av. n. è. (env.)


En utilisant les données astronomiques, on aurait pu espérer obtenir une chronologie précise ; or, il n’en est rien. Le lever de Sirius (qui sert de base au calcul d’un “cycle sothiaque”) ne se reproduit pas avec un retard régulier. Une légère erreur de calcul d’un jour peut rejeter une date environ cent vingt ans plus loin. Comme les Égyptiens observaient le ciel à l’œil nu, il est évident que leurs constatations n’étaient pas aussi exactes que celles qui sont faites actuellement à l’aide du télescope, et il leur était facile de se tromper d’un jour.


Pour quelle raison les annales égyptiennes ne fournissent-elles aucun renseignement sur l’Exode et les événements sensationnels qui l’ont précédé ??? Leur silence à ce sujet n’a rien d’étonnant, puisque, d’après le professeur d’égyptologie J. A. Wilson, “les récits égyptiens étaient toujours positifs, insistant sur les succès du pharaon ou du dieu, sans jamais parler des échecs et des défaites, sauf dans quelque contexte du passé lointain”. (The World History of the Jewish People, 1964, tome I, pp. 338, 339.) 

Les Égyptiens étaient capables de détruire les documents relatifs à un règne antérieur si les renseignements qu’ils contenaient déplaisaient au pharaon alors au pouvoir.Ainsi, après la mort de la reine Hatshepsout, Thoutmès III fit enlever le nom et les images de cette reine figurant sur les reliefs monumentaux.


Le nom du pharaon au pouvoir au temps de l’Exode n’est pas mentionné dans la Bible. Voilà pourquoi les efforts faits pour l’identifier se fondent sur des conjectures. Cela explique en partie pourquoi, lorsqu’il s’agit de fixer la date de l’Exode, les historiens profanes des temps modernes ont des avis différents : ils la fixent entre 1441 et 1225 avant notre ère, d’où une différence de plus de deux cents ans. Il est donc bien évident que, dans leur état actuel, les calculs de ces historiens relatifs à la chronologie égyptienne ne sont pas de nature à faire douter du calcul biblique du temps.


La défense de la Bible


L’examen de tous les livres de la Bible révèle combien leurs rédacteurs étaient conscients de l’importance de la mesure du temps. Examinez, par exemple, la généalogie consignée dans le cinquième chapitre du livre biblique de la Genèse. Avec quel soin minutieux chacune des générations mentionnées est rattachée à la suivante ! Rien n’est laissé au hasard. Ce récit nous fait connaître l’âge de chacun des personnages lorsqu’il engendra son héritier et au moment où il mourut. Rien dans les annales égyptiennes n’est comparable à cela.


La Bible, contrastant avec la chronologie égyptienne péniblement établie, présente une histoire cohérente et détaillée s’étendant sur des milliers d’années. En termes pittoresques, elle raconte fidèlement l’histoire des Israélites, à partir de la naissance de leur nation, décrivant avec impartialité leurs qualités et leurs faiblesses, leurs succès et leurs échecs, leur pure adoration et leur profonde apostasie avec la religion païenne, les bénédictions et les malheurs qu’ils s’attirèrent par leur comportement. Bien que cette honnêteté, à elle seule, ne suffise pas à garantir l’exactitude de la chronologie biblique, elle fournit néanmoins de solides raisons de croire en l’intégrité des rédacteurs de la Parole de Dieu.


On oublie souvent le fait que les écrivains bibliques, à l’appui de certains des événements qu’ils rapportent, citent des annales historiques telles que “le livre des Guerres de Dieu” (Nomb. 21:14, 15, AC), “le livre des Chroniques des rois d’Israël” (I Rois 14:19 ; II Rois 15:31 ; AC), “le livre des Chroniques des rois de Juda” (I Rois 14:29 ; II Rois 24:5 ; AC), “le livre des Actes de Salomon” (I Rois 11:41, AC). De plus, Esdras et Néhémie font au moins quatorze allusions à des annales ou récits officiels de ce genre. Les rédacteurs des textes inspirés ne s’en rapportaient donc pas à la mémoire ou à la tradition orale. Il est prouvé que leurs éléments d’information étaient le résultat de minutieuses recherches et fondés sur des documents authentiques.


Certains facteurs également contribuèrent à maintenir éveillés en ce qui concerne le calcul du temps, les écrivains bibliques et, à vrai dire, tous les Israélites. La Loi mosaïque décrivait certains événements nécessitant un calcul exact du temps : le jour des Propitiations, les nombreux jours de fête, le sabbat et les années jubilaires. Jours, mois, années, périodes de sept et cinquante années, tout cela fut sérieusement observé aussi longtemps que la nation resta attachée à la Loi. En effet, les Israélites qui, devenus pauvres, se voyaient obligés d’abandonner leur propriété, avaient la possibilité d’en reprendre possession la cinquantième année. — Lév. 25:2-5, 8-16, 25-31.


Les rédacteurs de la Bible et le peuple en général avaient une autre puissante raison d’observer la marche des événements dans le cours du temps : les fréquentes déclarations prophétiques, d’inspiration divine, notamment celles qui se rapportaient à une date future. Les Israélites repéraient et attendaient l’accomplissement de ces événements. À l’époque de la naissance de Jésus, nous pouvons être sûrs que l’homme nommé Siméon n’était pas le seul dont on pouvait dire qu’il était “juste et plein de vénération, et il attendait la consolation d’Israël”. — Luc 2:25.


Mais certains objecteront peut-être que les documents originaux n’existent plus, que la multiplication et la correction des copies au cours des siècles ont pu affecter l’exactitude du récit. À ce sujet, il convient de nous rappeler combien étaient scrupuleux les scribes qui multipliaient les exemplaires des Écritures dont ils disposaient. C’était pour eux une question d’approbation ou de désapprobation divine, de vie ou de mort. Ils devaient vérifier et revérifier leur travail, aller jusqu’à compter soigneusement les lignes, les mots et les lettres de chaque page.


La récente découverte de certains rouleaux dans les grottes de Qumrân, près de la mer Morte, démontre d’une façon remarquable l’exactitude des livres bibliques, tels qu’ils nous sont parvenus jusqu’au vingtième siècle. L’un d’eux contient, sur dix-sept morceaux de parchemin, le texte complet, en parfait état, du livre biblique d’Ésaïe. Avant sa découverte, le plus ancien des textes hébreux d’Ésaïe que nous possédions datait du dixième siècle de notre ère. Maintenant nous disposons d’un rouleau datant approximativement du premier siècle avant notre ère ! Pourtant, fait incroyable, quand on compare ce texte à ceux que nous possédons actuellement, on n’y découvre que de petites différences, des différences d’importance négligeable.


Pas de comparaison possible


Il faut reconnaître que les annales profanes telles qu’elles nous sont parvenues, ne remplissent pas les conditions leur permettant d’être utilisées pour déterminer l’exactitude de la chronologie biblique. Le soin, la véracité et l’intégrité des scribes égyptiens ne sont nullement au-dessus de tout soupçon. Dans The World History of the Jewish People (1964, tome I, pp. 280, 281), le professeur J. A. Wilson déclare : “On devrait lancer un avertissement sur la valeur exacte des inscriptions égyptiennes. C’était un monde de (...) mythes et de miracles divins.” Puis, après avoir émis l’idée que les scribes n’hésitaient pas à jongler avec la chronologie des événements afin d’exalter le monarque au pouvoir, il ajoute : “L’historien acceptera ses données pour leur valeur théorique, s’il n’a aucune raison précise de douter de leur exactitude ; mais il doit être prêt à modifier sa position dès que de nouveaux matériaux éclairent l’interprétation précédente.”


L’édifice chronologique construit par les historiens des temps modernes à partir de sources égyptiennes, est encore bien fragile, comme l’a fait remarquer l’égyptologue E. A. Wallis Budge, quand il a dit : Les renseignements concernant les dates, fournis par les monuments mêmes de l’Égypte, sont aujourd’hui insuffisants pour nous permettre de corriger les erreurs de chiffres présentées par la liste de Manéthon, erreurs dues à la négligence ou à l’ignorance des copistes, et, jusqu’à ce qu’on trouve un autre moyen de le faire, il est inutile de modifier et de déformer ces chiffres, comme se plaisent à le faire nombre d’écrivains en matière de chronologie égyptienne.” (A History of Egypte, 1902, tome I, Préface, p. xvi). 

Un demi-siècle plus tard, les historiens reconnaissent que “la chronologie égyptienne est encore sujette à de nombreuses modifications (...)”. (Ancient Near Eastern Texts, de Pritchard, 1955, Introduction, p. xvii.) Le professeur J. A. Wilson affirme que c’est seulement après 633 avant notre ère que la chronologie égyptienne devient “à peu près précise” et que “plus on remonte dans le passé, plus le désaccord [entre érudits] s’accentue”. The World History of the Jewish People, 1964, tome I, p. 268 ; The Interpreter’s Dictionary of the Bible, 1962, tome II, p. 43.


Nous n’avons donc aucune raison de douter de l’exactitude de la chronologie biblique tout simplement parce que certains récits de l’histoire profane ne s’accordent pas avec elle. Au contraire, c’est seulement lorsque la chronologie profane s’accorde avec le récit biblique que nous nous sentons autorisés à accepter avec une certaine confiance les dates avancées par les sources profanes. C’est évidemment le cas pour ce qui concerne les annales historiques de l’ancienne Égypte.

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