Matriarcat & Religions : des vestiges secrets au syncrétisme

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Matriarcat & Religions : des vestiges secrets au syncrétisme

Message  Arlitto le Ven 4 Mar - 20:09

Matriarcat & Religions : des vestiges secrets au syncrétisme

Matriarcat et Christianisme : survivance du paganisme & réhabilitation du paradis perdu

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Les matriciens pensent que le christianisme n’est pas incompatible avec le matriarcat, et que le message transmis par Jésus à travers les Évangiles n’est pas celui de la répression sexuelle à outrance. Au contraire, Jésus sauve une femme adultère de la lapidation. Cela est d’autant plus vrai que le christianisme se caractérise aussi par son culte marial de la maternité (« Grande, auguste et glorieuse Marie, Mère de Dieu »), dont il y a tout lieu de penser qu’il s’agit d’une survivance du culte d’Artémis à Éphèse, lui-même succédant à un culte très ancien de la Déesse Mère.


Artémis d’Éphèse, prototype de la Vierge Marie.

Artémis d’Éphèse (Turquie), déesse anti-mariage des Amazones, et prototype de la Vierge Marie

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Lors du synode d’Alexandrie en 430 et du concile d’Ephèse en 431 commença la marche triomphale de la Vierge Marie

Éphèse n’est pas un hasard, là-bas, à l’ère paléochrétienne, il y avait encore un culte suprême de la déesse Artémis. La ‘grande Artémis des Éphésiens’, comme on l’appelait autrefois, se transforma alors en la ‘grande, auguste et glorieuse Marie, Mère de Dieu’ du Christianisme, en l’occurrence, la célèbre Vierge Noire. En se métamorphosant de la sorte, l’ancienne déesse ne changea pas seulement de nom, mais aussi de nature. Marie obtint en effet immédiatement le statut d’une image divine et sublime qui l’éleva au dessus de tout ce qui était humain, mais, en même temps, elle resta strictement sous la tutelle du dieu de la trinité. La Reine du Ciel du Christianisme demeura aussi après son apothéose la « Servante du Seigneur ».


Convertir les païens

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Le Christianisme, après qu’il eût conquis Rome et la Méditerranée, ne réussit pas à exterminer définitivement la déesse méditerranéenne. 

Son souvenir survécut des siècles durant. C’est la raison pour laquelle les pères de l’église et les évêques trouvèrent un substitut féminin qui ne portait pas préjudice à leurs intérêts de domination et qui, en même temps, était en mesure de combler la nostalgie profonde des hommes d’une divinité féminine et maternelle. Ils y réussirent avec une adresse remarquable du moment qu’ils redécouvrirent la Mère de Jésus et la mythifièrent en tant que Vierge Marie qui a donné naissance à Dieu et en tant que salvatrice. Les chrétiens des premiers siècles, en faisant des dieux du paganisme des démons malfaisants, répétaient sans le savoir les patriarcaux, adorateurs de Zeus, qui avaient métamorphosé en êtres horribles et terrifiants les Erynnies (justice matriarcale), que cependant les masses démocratiques continuaient à nommer, comme auparavant, les déesses bienfaisantes et vénérables.


Notre Dame Isis, la déesse-mère alchimique secrète, de la Gaule romane à la franc-maçonnerie

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Isis est une reine mythique et la déesse-mère de l’Égypte antique. Elle est représentée, le plus communément, comme une jeune femme affublée d’un trône au-dessus de la tête ou, à la ressemblance d’Hathor, coiffée d’une perruque surmontée par un disque solaire inséré entre deux cornes de bovidé. Isis est l’une des déesses les plus populaire du panthéon égyptien. Le culte d’Isis est actif tout au long de l’histoire de l’Égypte antique et ne s’éteint qu’au cours des ve et vie siècles.
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Message  Arlitto le Ven 4 Mar - 20:09

L’une des 7 merveilles du monde antique

Le temple d’Artémis à Éphèse (en grec Ἀρτεμίσιον / Artemísion, en latin Artemisium) est dans l’Antiquité l’un des plus importants sanctuaires d’Artémis. Il a été bâti en 560 av-JC sur la côte occidentale de la Turquie actuelle. Ses dimensions colossales (137,74 m de longueur et 71,74 m de largeur) et la richesse de sa décoration expliquent sa mention dans 16 des 24 listes des Sept merveilles du monde qui nous sont parvenues. Le site sacré à Éphèse est beaucoup plus âgé que l’Artemision. Il est occupé dès l’Âge de bronze. Il est bien antérieur à l’époque de l’immigration ionique (patriarcaux aryens) dans la région d’Éphèse. Les habitants pré-ioniques de la ville étaient lélèges, cariens et lydiens (matriarcaux). Les colons ioniens se heurtèrent au culte de la déesse mère Cybèle, alors dominant dans la majeure partie de l’Anatolie (Turquie actuelle). Pour se concilier les populations autochtones, les Grecs optèrent pour une politique de syncrétisme en fusionnant les cultes d’Artémis et de Cybèle.

La déesse de Troie s’installe à Rome

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Les célébrations pour la Déesse commençaient le 4 Avril car c’était la date anniversaire de son arrivée triomphale à Rome. 

Cybèle est une Déesse étrangère qui fut importée d’Anatolie en l’an 204 avant notre ère. Son origine est exactement phrygienne, et les spécialistes s’accordent à dire qu’elle remonte très certainement à la Terre-Mère vénérée dans cette région au néolithique, tel que ce fut le cas à Çatal Höyük. Elle était représentée à cette lointaine époque avec une forte poitrine, et par la suite même avec de très nombreuses poitrines qui symbolisaient l’aspect Mère Nourricière.


Çatal Höyük (néolithique), civilisation matriarcale agricole urbaine et pacifique de la déesse-mère

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Au cours de la dernière décade, les fouilles archéologiques effectuées sur le site de la “plus ancienne ville de l’histoire” [U. Bahadir Alkim], Çatal Hüyük en Anatolie (Turquie), ont établi un lien entre la mythologie et l’histoire. Car là-bas, où la suprématie de la Grande Déesse était indéniable, la seule créature qui partageait ses sanctuaires et ses temples était le taureau sacré. “Elle était la Divinité, et cohabitait avec le taureau sacré du continent perdu de Platon” [Lewis Spence].

Autour des années 7000 av J.-C., les traces du culte de la déesse mère Anatolienne appelée aussi grosse déesse de la fertilité, apparaissent dans les sites de Çatal- hüyük, Hacilar dont les résultats des fouilles ont été conservés au Musée d’Ankara. C’est à Hacilar qu’ont été trouvés les premières maisons sur fondation de pierre et Çatal- hüyük est le plus grand site néolithique du Proche-Orient. Les maisons étaient serrées les unes contre les autres, sans rues, ni passages, seulement accessibles par des échelles en bois.

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« Les représentations féminines vont très vite se multiplier dans tout le Néolithique au Proche-Orient… Fresques peintes et hauts-reliefs s’ajoutent aux statues. Cette « femme » est véritablement une déesse : elle domine… Elle est la maîtresse de la vie et de la mort… »

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« Sur une statuette célèbre de Çatal Höyük, la déesse, obèse, enfante, assise sur des panthères qui lui servent de trône… Ainsi convergent donc les idées de fécondité, de maternité, de royauté et de maîtrise des fauves. Ce sont bien là tous les traits de la Déesse mère qui dominera le panthéon oriental jusqu’au monothéisme masculin d’Israël. » – Jacques Cauvin, Naissance des divinités, naissance de l’agriculture, CNRS Éditions (page 51).
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Message  Arlitto le Ven 4 Mar - 20:10

Les Hatti, un peuple agricole pacifique

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Les Hattis sont un peuple disparu, ayant habité l’Anatolie. 

Il faut les distinguer du peuple hittite (envahisseurs patriarcaux aryens), peuple contemporain qui a soumis le peuple hatti. Plus tard, les Indo-Européens et les Sémites entrèrent en contact avec les Hattis dont ils adoptèrent en partie les croyances.


Les premières villes, et la conquête patriarcale

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Ces sociétés, de nature pacifique, furent les premières à développer l’agriculture et à se sédentariser pour former les premiers bourgs, les premières cités d’au moins – 10 000, et dont l’archéologie à retrouvé les traces -dont çatal Huyuk est l’exemple le plus connu- dans toute l’Europe méridionale, de la péninsule ibérique aux Balkans et en Afrique du nord. C’est ce que plusieurs archéologues ont pu mettre en évidence à la suite de Marija Gimbutas. Les civilisations méditerranéennes dites des « hypogées » relèvent également de ce type de société. Toutes furent détruites par le saccage et la violence vers -3 500. Des traces d’incendies et de violences diverses ont pu être mises en évidence par les fouilles. Des isolats ont ensuite perduré jusqu’à nous dans plusieurs régions du monde.


Une civilisation commerçante raffinée


Çatal Höyük (Turiquie) : urbanisation 3D d'une civilisation matriarcale néolithique 

L’agglomération de Çatal Höyük située dans la plaine de Konya, en Anatolie centrale (Turquie), sur les bords de la rivière Çarşamba, est l’un des plus grands sites du Néolithique du Proche-Orient. Il fut fondé vers 7000 avant J.-C. et devint un centre important seulement entre -6500 et -5700. À son apogée, l’agglomération couvrait 13 hectares. Elle était prospère et devait compter un millier de familles, soit une population d’à peu près 5 000 personnes, ce qui était considérable à l’époque. La ville avait une organisation et une culture élaborée, entretenant un commerce de longues distances et un artisanat de qualité. Elle contenait des sanctuaires avec des peintures murales, des figurines et des sépultures, avec une vie religieuse complexe.



Religion des Hattis : la Déesse et ses animaux totémiques

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Les Hattis adoraient la grosse déesse de la fertilité (Wurushemu) ainsi que le dieu-taureau de la nature (Taru). Comme les Dravidiens (civilisations de l’Hindus), adorateurs des vautours, des lions et des serpents, ils vénéraient ces animaux totémiques comme compagnons de la grande déesse. Celle-ci devint alors la divinité de la vie (fertilité) et de la mort (bêtes sauvages). Les peintures murales suggèrent un culte de la fertilité, avec les déesses souvent enceintes ou parturientes (femme accouchant), accompagnées de léopards et de taureaux symbolisant les dieux. Les reliefs pouvaient aussi représenter des seins de femmes.

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La mère de la nature sauvage

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Les murs de certaines maisons sont recouverts de peinture avec des scènes de chasse, des taureaux, des cerfs, des béliers, des vautours et des hommes sans tête, parfois des motifs géométriques ; sur les parois sont modelés en relief des personnages féminins ou des animaux et sur les murets délimitant les banquettes, des bucranes (motif en forme de crâne de buffle) en argile pourvus de vraies cornes.

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Religion des Halafiens, un culte totémique

Les Halafiens (Anatolie, Turquie actuelle) adoraient la grosse déesse de la fertilité. Leurs vases funéraires portaient des représentations de déesses, de bucranes, d’oiseaux, de panthères et de serpents (les mêmes divinités que les Hattis). La colombe devait être le symbole de la déesse-oiseau (les grecs adopteront plus tard cet animal comme représentant de la déesse Aphrodite). Le dieu-taureau était également adoré, car des amulettes en formes de bucranes on été retrouvées. D’autres amulettes représentaient une double hache, symbole que les pélasges crétois (minoens) et les amazones (peuples des steppes d’Anatolie) connaîtront également.

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Hacilar, la première civilisation agricole

Site néolithique d’Anatolie où l’on a découvert les plus anciennes traces d’une activité agricole (7040 av. J.-C.). Les maisons contenaient d’importantes quantités de nourriture, du blé, d’orge, de lentilles. Les restes alimentaires comprenaient des os de chèvres, de moutons et de bétail à cornes. Ses habitants ne connaissaient pas la céramique : ils utilisaient des récipients en bois ou en pierre.

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Re: Matriarcat & Religions : des vestiges secrets au syncrétisme

Message  Arlitto le Ven 4 Mar - 20:11

Un souvenir des origines matriciennes de Rome

La première question qui se pose est de savoir pourquoi elle fut reçue triomphalement à Rome comme la Magna Mater, la Grande Mère.

La réponse se trouve dans la généalogie mythique de Rome au travers du héros Énée. Les patriciens romains se disaient descendants d’Énée, un des héros de la bataille de Troie, ville au passé grandiose qui se trouve en Anatolie. Cybèle étant la grande Déesse d’Anatolie, les Romains ont voulu y voir la Déesse-Mère de leurs lointains ancêtres. La statue de Cybèle entrant dans Rome était donc célébrée comme un retour de la Déesse parmi ses descendants.

Des mœurs libérées qui choquent la morale patricienne

Mais cette arrivée de la statue de Cybèle à Rome ne se fit pas sans frictions et problèmes. Car avec la Déesse furent aussi importés des rites que les Romains voyaient d’un très mauvais œil. Le caractère orgiaque du culte anatolien est un des aspects qui gênaient profondément le puritanisme patricien. Dès le début donc, bien que la Déesse soit la bienvenue, les lois romaines apportèrent de fortes limitations au culte de Cybèle. De plus, tous les rites devaient se tenir strictement dans le temple qui lui était dédié; seul une fois l’an était autorisé une procession qui permettait qu’on sorte la statue de son temple. Par ailleurs tout sacrifice selon le rite anatolien était lui aussi interdit.

Un dualisme ancien

Au travers de ces différentes restrictions imposées par les autorités romaines, se révèle un conflit très ancien, une opposition religieuse et culturelle qui connût son grand tournant pendant la deuxième moitié du néolithique: cet affrontement est probablement celui qui à l’origine opposa la vision patriarcale et puritaine des aryens-patriciens, à celle matriarcale et libertine des peuples antérieurs aux aryens issus du néolithique ancien. À une époque où les Romains ne s’étaient pas encore étendus comme ils le firent par la suite, les valeurs religieuses patriarcales et puritaines héritées de leurs ancêtres aryens, étaient encore celles qui prédominaient dans la société romaine. Ces valeurs sont celles que défend Rome face aux prêtres de Cybèle et de leurs rites venus du plus ancien du néolithique matriarcal. Le brassage des cultures patriciennes et matriciennes dont fut victime plus tard l’empire romain, fut une des raisons qui mena Rome à sa perte.

Sources: « Les Fastes », Ovide. « La religion romaine archaïque », Georges Dumézil

Détruit par les romains, les ostrogoths et les byzantins

Il est incendié volontairement en 356 av. J.-C. par Érostrate, qui veut se rendre célèbre en détruisant le temple(Selon certains, en particulier Cicéron dans un traité sur les augures, disent que cet incendie eut lieu le jour de la naissance d’Alexandre le Grand). Un second temple est bâti au milieu du ive siècleav. J.-C. sur le même plan. Il est pillé par les Ostrogoths en 263 puis brûlé par les chrétiens en 401. Justinien achève de le démanteler en prélevant une partie de ses colonnes pour le palais impérial de Constantinople. Ce temple est également considéré comme étant la première banque au monde car il était possible d’y déposer de l’argent et de le récupérer plus tard crédité d’un intérêt.


Une déesse autochtone pré-olympienne

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Artémis fut à l’origine une déesse-mère matriarcale pré-aryenne. Avec les invasions patriarcales aryennes (proto-grecs : mycéniens, achéens, ioniens, doriens…), elle fut transformée en vierge farouche (non mariée et anti-mariage), chasseresse qui tue de ses flèches les hommes qui osent la surprendre nue baignant dans les lacs des bois. On sait que l’Artémis d’Éphèse était la déesse de tous les Ioniens. Mais, comme son culte résulte de l’assimilation d’une divinité grecque à d’anciens cultes chtoniens asiatiques, son influence s’étend, bien au-delà, à toute l’Asie Mineure. Callimaque, la qualifie de « déesse aux mille demeures, déesse aux mille cités ». Le fait que les prêtresses, dans ces cités, s’expriment « en langue barbare » semble prouver que la déesse avait bien la faveur des populations autochtones et non seulement celle des colons grecs. Les prêtresses d’Artemis, mais plus généralement des Mystères (Rhéa, Déméter, Perséphone), étaient nommées Melissai* (sing Melissa, melissa ), terme issu de meli, le miel, transmis au latin mellis, melittus (« assaissonné de miel », qui a donné le nom de l’île de Malte, par exemple).


La déesse des Amazones

D’après certains mythologues, Artémis d’Éphèse est une divinité libyenne que l’on peut rattacher aux Amazones de Libye. Cette déesse symbolise la fertilité comme ce fut le cas pour le palmier ; alors on suspendait des grosses dattes en or sur la statue de la déesse et que l’on prenait pour des seins.

Au Ie siècle ap. J.-C, Pausanias écrit : « Quant à la Diane d’Éphèse, toutes les villes grecques en ont embrassé le culte, et surtout les hommes ; ce que j’attribue premièrement à la réputation des Amazones, qui ont bâti, à ce que l’on croit, le temple de la déesse et consacré sa statue ; secondement, à l’antiquité de ce monument. »

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Callimaque, dans son Hymne à Artémis, attribue l’origine de lieu de culte aux Amazones : Callimaque , Hymnes III à Artémis v. 237-250. « Les belliqueuses Amazones t’élevèrent, jadis une statue, sur le rivage d’Éphèse, au pied du tronc d’un hêtre ; Hippô accomplit les rites et les Amazones, reine Oupis, autour de ton image dansèrent d’abord la danse armée, la danse des boucliers, puis développèrent en cercle leur ample chœur ; […] Autour de cette statue, plus tard, on construisit un vaste sanctuaire ; la lumière du jour jamais n’en éclaira de plus digne des dieux ni de plus opulent […] »


[size=130]Matriarcat indo-européen pré-aryen : les guerrières amazones antiques d’Asie centrale (Scythes)[/size]

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Des tombes de femmes guerrières

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Il semble que les sociétés pastorales de nomades d’Eurasie dans lesquelles le patriarcat semble s’être formé aient été également des sociétés matriarcales. C’est du moins ce qu’il ressort des fouilles menées entre 1992 et 1995 par Jeannine Davis-Kimball, directrice du Centre de Recherches de la Civilisation Nomade Eurasiatique à l’université de Berkeley en Californie.

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Ce sont en fait davantage des squelettes féminins qui ont été retrouvés dans les Kourganes; les tumulus funéraires antiques (600 et 200 av. JC) que l’on trouve en Russie, au kazakhstan et en Chine à Banpo.

Celle-ci a pu noter que dans tous les musées d’Eurasie qu’elle a systématiquement visité pour en connaitre les artefacts conservés, se retrouvent les traces de prêtresses, femmes-chamanes, et curieusement, à partir de -4000 environ, guerrières, ce qui n’a pas manqué d’être mis en relation avec le mythe des Amazones. En effet, 42 % des tombes féminines contenaient des armes (pics de combat, haches-pic, poignards, flèches) et des éléments de harnachement. La thèse de J.Davis-Kimball a été appuyée par Sarah Nelson, anthropologue de l’université de Denver.

Extrait de l’Or des Amazones, sur le site du Musée Cernuschi :

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« Plusieurs riches ensembles de tombes féminines associent armes et éléments de harnachement aux miroirs et aux bijoux, démontrant, preuves à l’appui, que derrière le mythe, transmis par la tradition antique, des redoutables amazones, ce peuple fabuleux de femmes chasseresses et guerrières, se profile la réalité d’une société nomade remarquablement égalitaire dans la répartition des tâches quotidiennes comme dans celle du pouvoir. ».


Libertins et égalitaires

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Les amazones auraient une origine historique.

Elles correspondraient aux femmes guerrières des peuples des steppes, les scythes et les sauromates. Hérodote : « Chacun prend une épouse, mais les femmes sont communes à tous. Le Massagète qui désire une femme accroche son carquois à l’avant de son chariot et s’unit à elle en toute tranquillité. ». Strabon(XI, 8,6) répète presque mot pour mot la même information.

Le témoignage d’Hérodote reflète peut-être une liberté de mœurs chez les Massagètes, que n’avaient pas les femmes grecques. On trouve une confirmation iconographique du rôle « coquin » du carquois dans la « Collection sibérienne » où un homme y est représenté allongé sur les genoux d’une femme, tandis qu’un autre garde son cheval… avec un carquois accroché à une branche d’arbre.

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La seule certitude des historiens est le rôle prépondérant de la femme. Hérodote dit formellement que chez les Issedons les femmes sont les égales des hommes : « Au reste les Issedons sont, eux aussi, vertueux, et les femmes ont chez eux les mêmes droits que les hommes ». Plusieurs reines saces sont mentionnées par les auteurs grecs, comme Tomyris reine des Massagètes, mais aussi Zarina (« la dorée »). En – 529, la reine Massagète Tomyris défait Cyrus, roi des Perses, fera couper sa tête et la plongera dans un bain de sang en disant ces mots : « Ta lâche ruse m’a pris mon fils. Mais je vais, moi, te rassasier de sang, comme je t’en avais menacé ». La femme Sace monte à cheval, combat, lève une armée et envahit des territoires.

D’après le Byzantin Photius (815-897) « Sparêthra après la capture de son mari Amorgès, leva une armée de 300 000 hommes et 200 000 femmes, combattit Cyrus et le battit ». Un fragment de Ctésias préservé par Démétrios, affirme à propos d’une histoire d’amour malheureuse entre un Mède et une cavalière Sace qu’il avait capturée puis relâchée : « Les femmes des Saces combattent, comme des amazones ».

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La femme Sace pouvait ainsi se défendre seule contre les bêtes sauvages lorsqu’elle gardait les troupeau et cessait d’être une proie facile pour les ennemis. Une légende raconte aussi que les femmes tchétchènes (musulmans soufis du Caucase) sont les descendantes des Amazones, ces redoutables guerrières de l’Antiquité.


Matriarcat Tchétchène (Caucase) : les descendantes des Amazones islamisées

C’est la femme qui fait de l’homme un homme ». La légende raconte que les femmes tchétchènes sont les descendantes des Amazones, ces redoutables guerrières de l’Antiquité. Face aux chars russes, les Amazones n’ont pas failli à leur réputation. Ces femmes ne sont pas disposées à renoncer à la liberté. Elles se préparent à vivre leur condition de femmes musulmanes, tchétchènes, caucasiennes comme bon leur semble, comme des femmes libres. Le territoire de la Tchétchénie actuelle fut peuplé dans l’Antiquité par les Scythes puis par les Sarmates (Amazones) ayant envahi le Caucase vers le IIIe siècle av. J.‑C. sans pour autant exterminer ou assimiler les populations locales.



Tourné entre 1995 et 2000 – soit dans une période couvrant les deux guerres les plus récentes en Tchétchénie – ce documentaire retrace l’histoire d’un peuple inscrit dans une légende : celle des Amazones et de leur combat pour la liberté. A travers la vie et la parole de femmes, il esquisse le portrait d’une société égalitaire, atypique, nourrie d’un islam festif et peu orthodoxe – les Tchétchènes sont tous soufis à la naissance – qui s’adapte à la guerre, cyclique, inéluctable, sans se militariser ou se désagréger.
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Re: Matriarcat & Religions : des vestiges secrets au syncrétisme

Message  Arlitto le Ven 4 Mar - 20:15

Matriarcat Circassien (Caucase) : les guerrières amazones des mégalithes face aux empires patriciens

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Des sujets fédéraux de la Russie

Les Adyguéens sont un peuple du nord-ouest du Caucase, habitant l’Adyguée (23 %), et la Karatchaiévo-Tcherkessie (11 %), où ils sont nommés Tcherkesses, toutes deux sujets fédéraux de la Russie. Alors que le nom que se donne ce peuple est Adyguéens, il est souvent connu en Occident sous le nom de Circassiens, un terme qui se réfère en réalité à un groupe de peuples plus vaste du Nord-Caucase.

Une terre de conflits

Le Caucase est une zone de passage obligatoire entre le moyen orient et l’Europe centrale, et donc de grande importance géostratégique, entre les empires greco-romain, byzantin, russe et ottoman. Les tribus caucasiennes ont donc souvent été réduites en esclavage par ces puissances, les femmes finissant dans les bordels et les harems. C’est pourquoi cette région a toujours été en état de guerre perpétuelle, et pourquoi les y femmes apprennent le maniement des armes.

Société, langue et islam

Avant l’invasion russe, la société adyguéenne étaient très stratifiée. Si certaines tribus de l’Adyguée étaient égalitaires, beaucoup d’autres étaient divisées en castes. La plus haute était la caste des « princes », suivie d’une caste de basse noblesse, puis du peuple, des serfs et des esclaves. Dans les décennies qui précédèrent l’invasion russe, deux tribus rejetèrent ce système traditionnel et mirent en place un processus « démocratique », mais cette évolution a été stoppée par la fin de l’indépendance adyguéenne. Aujourd’hui, la plupart des Adyguéens parlent le russe et/ou leur langue originelle, l’adyguéen, une langue caucasienne. Ces deux langues s’écrivent aujourd’hui dans l’alphabet cyrillique. La religion actuelle de la majorité du peuple est l’islam sunnite.

Le prestige des femmes tcherkesses

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Anciennement matriarcal, ce peuple a toujours donné aux femmes un rôle important. La mère occupe une place d’honneur au sein de la société et de la famille, notamment dans l’éducation des enfants. Le respect tcherkess se retrouve dans la coutume qui obligeait le cavalier qui croisait une femme à descendre de cheval pour l’accompagner jusqu’à sa maison, ou qu’il ne devait remonter sur sa monture que lorsqu’il l’avait dépassée. Les femmes sont très actives socialement et au niveau de la défense de la nation. Elles portaient les armes aux côtés des hommes, et aujourd’hui encore, elles sont tenues à un haut degré de respect et de dignité. Dans le monde entier, la femme tcherkesse était demandée pour sa beauté, sa féminité et son éducation (cf. le roman « Aziadé » qui relate l’amour de Pierre Loti pour une femme tcherkesse, en Turquie). La société tcherkesse devint patriarcale suite aux périodes de guerre ininterrompues pendant plusieurs siècles jusqu’à l’exode forcé.

Les descendantes des amazones

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Peuple à la culture guerrière, les hommes adultes portaient les armes, et les enfants étaient entrainés dans l’objectif de devenir des guerriers. Les liens familiaux n’étaient pas primordiaux. Les parents confiaient souvent leurs enfants aux bons soins d’autres adultes (oncles maternels, tradition du forestage ?) plutôt que de les élever eux-mêmes. Le système circassien fait penser à un systeme patriarcal, alors qu’à l’origine ce système était matriarcal. De fait les femmes aussi savaient se battre. La légende des Amazones était née !

Des guerrières redoutées

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Les Tcherkesses étaient initialement, une société matriarcale. Les femmes tcherkesses occupaient donc depuis toujours une place importante dans la communauté. Le respect était légitimement partagé. Ainsi elles savaient se battre, manier les armes et monter a cheval, aux cotés des hommes. Les tcherkesses comptaient dans leurs rangs des divisions de femmes guerrières, très puissantes, rapides et habiles, qui formaient mêmes parfois les premiers rangs aux combats. Voilà comment naquit le mythe des Amazones dans la Grèce antique, qui était proche du Caucase et avait des echanges actifs avec les Adyga. En effet, selon la mythologie grecque, la patrie des amazones se situait tout autour de la mer noire.

« Quand les habitants d’Akhoulgo furent assiégés par l’armée russe en 1837, les femmes combattirent aux cotés des hommes ; quand leurs munitions furent épuisées, elles lancèrent des rochers sur les troupes qui avançaient ; quand il n’y eut plus de rochers, les hommes se précipitèrent d’en haut sur les baïonnettes. Et quand les hommes furent morts, les femmes lancèrent leurs enfants comme des projectiles humains, avant de sauter à leur tour. Telle était leur résistance désespérée, et telle l’atmosphère de violence à laquelle ils étaient accoutumés. » (source L.Blanch)

Des femmes guerrières qui effraient Alexandre Le Grand

Alexandre Le Grand, sous le conseil avisé de ses généraux, contourna le Caucase lors de son invasion de l’Asie pour une simple raison, l’égalité de l’homme et de la femme Tcherkesse sur le champ de bataille pour combattre l’ennemi : « Si je remporte la victoire contre une femme, alors le monde entier dira qu’il n’y a pas de gloire en cela ni de difficulté ! Et pire encore si la défaite survient (ceci étant très probable vue la dextérité de ses somptueuses femmes). Alors le déshonneur s’abattra sur moi et mon Empire ! Ainsi il vaut mieux renoncer à la conquête de cette merveilleuse contrée. » Et Alexandre s’en alla vers la Chine en laissant le Caucase…

Répartition sexuelle des tâches

L’homme était principalement le soutien économique, protecteur de la famille. Il n’intervenait dans la vie de famille qu’en cas de litige très important. Certaines femmes, plutôt âgées et avec une grande expérience, occupaient des postes de gestionnaires de villages (maires), mais aussi, plus simplement, pouvaient gérer une famille complète (enfants, petits-enfants, cousins…). La femme avait habituellement la capacité de résoudre des problèmes avec diplomatie et justesse, sachant critiquer avec douceur, alors que la force et la brutalité correspondaient plus au comportement masculin (en référence au guerrier tcherkesse). La tradition de galanterie tcherkesse impliquait que lors d’une querelle, si violente soit-elle, entre deux hommes, si une femme laissait tomber son mouchoir entre deux combattants, ils cessaient immédiatement les hostilités.

Hantse Guashe, la déesse-mère des circassiens

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Aussi connue sous le nom de Dzivara chez les Abkhazes, Guashe Hantse est la princesse des marionnettes. Cette poupée est ici un symbole hérité de l’ère matriarcale. La terre mère est l’expression de la productivité, du don, de la générosité, de la nourriture, et la fertilité. On peut trouver l’origine de ce symbole sur le Khuhabe (Къубабэ) qui est la première figure de la déesse mère. Khuhabe (Къу – бабэ), est le signe de la montagne, de la pluie féconde et luxuriante. Les jeunes garçons et filles exhibent Guashe Hantse aux gens du village, font des tournées et collectent de la nourriture en criant : « Nous manifestons Guashe Hantse, notre déesse, s’il vous plaît apportez la pluie ». On n’offre pas des aliments cuisinés, mais des aliments de base, comme de la farine, du maïs, des œufs, de la viande séchée, etc. Et les donateurs aspergent de l’eau sur Guashe Hantse en répétant « Notre Déesse s’il vous plaît apportez la pluie ».



Puis les garçons cuisinent les aliments sur le bord de la rivière en priant la Déesse. Il existe d’autres versions de cette cérémonie parmi les différentes tribus Circassiennes. Par exemple, dans la tribu des Shapsyghs, on amène la Déesse au milieu de de la rivière jusqu’à l’arrivée de la pluie. Comme le décrit l’historien Kashej Talip, la tribu des Kabardeys exposaient Hantse Guashe au milieu du village et effectuaient autour d’elle leur danse traditionnelle appelée Wuic Xhurey. Une autre version a été trouvée parmi les tribus Adyguéennes. Certains portaient la Déesse en mettant du fromage et de la farine dans un tamis. L’eau du fromage symbolisait la pluie et la farine symbolisait le sol fertilisé.

Un peuple des mégalithes ?

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Dans le Caucase, sur les territoires millénaires de ces peuples autrefois amazones, on trouve des milliers de mystérieux dolmens aux pierres immenses, pesant chacune plusieurs dizaines de tonnes. Certains seraient âgés de plus de 25 000 ans, les plus récents auraient entre 4000 et 6000 ans. La chambre servait probablement à des rites de fertilité : la petite ouverture circulaire peut évoquer un vagin, on peut la refermer avec les bouchons de forme phallique que l’on a retrouvé sur place, les murs sont décorés de poitrines, de zigzags, et d’animaux totems.

Les fées de Sardaigne ?

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Les Domus de janas (maisons des fées ou des sorcières) sont des sépultures de l’époque préhistorique, creusées dans la roche, que l’on trouve dans toute la Sardaigne. Elles ont été réalisées durant la culture d’Ozieri, une culture néolithique (ou prénuragique) qui s’est développée en Sardaigne de 4300 à 3700 av. J.-C. Elles ont été utilisées à des fins funéraires aux périodes suivantes et certaines ont été employées comme bergeries ou abris de bergers jusqu’à des périodes récentes. Les légendes populaires racontent qu’elles étaient habitées par des fées qui tissaient des toiles en or. Tous ceux qui s’en approchaient devenaient fous.
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Re: Matriarcat & Religions : des vestiges secrets au syncrétisme

Message  Arlitto le Ven 4 Mar - 20:16

Une diabolisation du matriarcat

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Cette ère matriarcale, que la victoire du patriarcat a diabolisé, les chroniqueurs, poètes et mythologues la nommèrent  »l’ère du chaos », où régnaient dragons, monstres féminins, et buveuses de sang… ancêtres de celles que les grecs nommeront les  »mangeuses de chair humaine », les amazones. Ce  »chaos » attribué par les patriarcaux aux temps de la Grande Déesse, fut en réalité infligé au monde après la destruction de ce culte matristique.

« Il n’est pas question d’en revenir à la croyance du « matriarcat » de Bachofen. Mais Simone de Beauvoir elle-même reconnaît la « très haute situation » dont la femme jouissait dans la lointaine antiquité. Dans La crise de la psychanalyse, Erich Fromm déclare que la thèse de Bachofen, même fausse, montra une incomparable fécondité pour la pensée du XIX siècle, et que l’avoir méconnue explique en grande partie les aberrations d’un novateur comme Freud lorsqu’il aborde le problème féminin.

Mes recherches m’ont amenée à croire que c’est la défense, les armes à la main, des richesses agricoles, qui est à l’origine des prétendues « légendes » des Amazones et de leurs combats contre les hommes chasseurs et bergers. » – Françoise d’Eaubonne, Le Féminisme ou la mort. P 114

« Les poètes grecs et latins ne forment que le début d’une longue lignée de conteurs qui exalteront la femme armée, la juvénile et farouche adversaire du patriarcat oppresseur. » – Françoise d’Eaubonne, Les femmes avant le patriarcat. P 60.


Des résistantes au mariage

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Dans la mythologie grecque, les amazones sont un peuple de femmes guerrières résidant sur les rives de la mer Noire du fleuve Thermodon. Elles vivaient, au début, au bord du fleuve Amazone, qui porte aujourd’hui le nom de Tanaïs, fils de l’Amazone Lysippé, qui offensa Aphrodite par son mépris du mariage et son amour de la guerre.


Le pays amazone

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Selon l’historien Diodore de Sicile, les amazones africaines viennent de Libye. Elles avaient disparu bien avant la guerre de Troie alors que celles de Thermodon en Asie Mineure étaient en pleine expansion. Les Gorgones contre lesquelles avait combattu Persée étaient elles aussi originaires de la Libye. Le Thermodon (en turc : Terme Çayı ; grec ancien : Θερμώδων, Thermōdōn) est un fleuve longeant la ville de Thémiscyre, en Cappadoce, dans le nord de la Turquie actuelle. Thémiscyre (en grec ancien Θεμίσκυρα / Themískyra), est une ville antique de Cappadoce située sur les bords du Thermodon, et qui était, selon la légende, la capitale des Amazones. On situe son emplacement à proximité de la ville moderne de Terme, en Turquie. Il n’en reste aucune ruine.

Il est mentionné notamment par Strabon, Géographie, Livre I, chapitre 3, 7 : « dans le voisinage des bouches du Thermodon et de l’Iris, tout le territoire de Thémiscyre, autrement dit la plaine des Amazones »

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Et aussi par Hérodote, Histoire, Livre 9 – Calliope : « Nous avons fait aussi de belles actions contre les Amazones, ces redoutables guerrières qui, des bords du Thermodon, vinrent attaquer l’Attique. »


Une guerre contre le matriarcat

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La plupart des héros grecs ont eu maille à partir avec les Amazones. Bellérophon les combattit sur ordre d’Iobatès, Héraclès alla s’emparer de la ceinture de leur reine Hippolytè et Thésée qui avait accompagné Héraclès et enlevé une Amazone du nom d’Antiope, dû les combattre à Athènes même où elles campèrent sur l’Aréopage. Les Amazones avaient aussi envoyé un détachement aider Priam lors de la guerre de Troie pour le remercier d’avoir purifié leur reine Penthésilée qui avait accidentellement tué sa sœur Hippolyté. Achille blessa mortellement Penthésilée mais son dernier regard le rendit amoureux pour toujours; Thersité osa se moquait de cette attitude et périt sur le champ. 1000 ans après, les grecs célébraient encore leur victoire sur les amazones : «la rive est aux deux bords de guerrières jonchée» – Heredia, poète. Quand Achilles abat leur reine Penthélisée, ses hoplites lui crient : «apprends-lui donc à se comporter comme une femme !»

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La mort de Penthésilée

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[…] Cependant, les Grecs commencent à fuir de toutes parts. Achille et Ajax, entendant le bruit, marchent au devant de Penthésilée, qui, s’étant trop avancée, se trouve bientôt isolée au milieu de ses ennemis. L’Amazone lance ses javelots et frappe tour à tour les deux héros : elle les atteint, mais sans les blesser, car elle n’avait pas compté sur l’excellence de leur armure (de fer). Achille alors saisit d’une main robuste sa lance meurtrière, en frappe au-dessus de la mamelle droite la belliqueuse Penthésilée et, courbée sur son coursier, l’Amazone est précipitée sur le champ de bataille.

En effet, le héros a retiré sa lance du corps de l’Amazone palpitante encore sous le fer qui l’avait transpercée. « Il détache son casque aussi brillant que la clarté des cieux ou les rayons de l’astre du jour. La poussière et le sang n’avaient point défiguré les traits de cette reine guerrière et, malgré ses yeux éteints, on remarquait encore les grâces de son visage. Les Grecs qui l’environnent; étonnés de sa beauté, croient voir une déesse : étendue avec ses armes, elle ressemblait à l’intrépide Diane qui, lassée d’une course où elle a terrassé les lions, goûte à l’ombre d’un bois touffu les douceurs du sommeil. Vénus, pour exciter de vifs regrets dans l’âme du vainqueur, avait conservé à Penthésilée, même après sa mort, tous les charmes qui l’avaient fait admirer pendant sa vie. Achille commence à se reprocher de lui avoir donné le coup mortel, et de s’être privé du bonheur de posséder cette reine fameuse que sa taille et ses attraits rendaient semblable aux immortels. » (Quintus de Smyrne).


Le souvenir d’une ère révolue

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Cette férocité à l’égard des femmes, serait-elle causée par une terreur enracinée dans le souvenir d’un ancien règne matriarcal? Les amazones portaient un bouclier en forme de demi-lune (pelta), symbole des cycles menstruels. Elles furent probablement une société matriarcale, ce dont les Grecs avaient horreur, raison pour laquelle ils les diabolisaient tant. Une autre hypothèse stipule que les amazones seraient issues d’une rébellion des femmes au seins de sociétés patriarcales. Asservies, opprimées, ces femmes esclaves auraient levé une insurrection qui les aurait mené à une sanglante victoire sur les hommes. De cet avilissement serait née une haine farouche à l’égard des hommes.


Artémis, déesse des Amazones

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D’après certains mythologues, Artémis d’Éphèse (Turquie antique) est une divinité libyenne que l’on peut rattacher aux Amazones de Libye. Cette déesse symbolise la fertilité comme ce fut le cas pour le palmier ; alors on suspendait des grosses dattes en or sur la statue de la déesse et que l’on prenait pour des seins.

Callimaque, dans son Hymne à Artémis, attribue l’origine de lieu de culte aux Amazones : Callimaque , Hymnes III à Artémis v. 237-250. « Les belliqueuses Amazones t’élevèrent, jadis une statue, sur le rivage d’Éphèse, au pied du tronc d’un hêtre ; Hippô accomplit les rites et les Amazones, reine Oupis, autour de ton image dansèrent d’abord la danse armée, la danse des boucliers, puis développèrent en cercle leur ample chœur ; […] Autour de cette statue, plus tard, on construisit un vaste sanctuaire ; la lumière du jour jamais n’en éclaira de plus digne des dieux ni de plus opulent […] »

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Amazone – poème de Renée Vivien

L’amazone contemple à ses pieds des ruines,
Tandis que le soleil, las des luttes, s’endort ;
La volupté du meurtre a gonflé ses narines ;
Elle exulte, amoureuse étrange de la Mort.

Elle veut les baisers des lèvres expirantes
Qui laissent à sa bouche en feu le goût du sang ;
Sur le champ de bataille aux odeurs enivrantes,
Son orgueilleux désir se vautre en pâlissant.

Elle aime les amants qui lui donnent l’ivresse
De leur fauve agonie et de leur fier trépas,
Et, méprisant le miel de la fade caresse,
Les coupes sans horreur ne lui suffisent pas.

Le râle la remplit d’une ivresse sauvage ;
Au milieu des combats son cœur s’épanouit
Et, lionne aux yeux d’or éprise de carnage
La livide sueur des fonts la réjouit.

Elle rit et se pâme auprès du vaincu blême ;
Son corps, vêtu de pourpre, aux derniers feux du jour
Se penche avec ardeur sur le spasme suprême,
Plus terrible et plus beau que le spasme d’amour.
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Re: Matriarcat & Religions : des vestiges secrets au syncrétisme

Message  Arlitto le Ven 4 Mar - 20:16

Le symbole de Constantinople et de l’Islam

Le croissant de lune étoilé est le symbole universel des déesses-mères, d’Isis à Artémis, en passant par Allat, la déesse pré-islamique de la Kaaba de La Mecque, jusqu’aux jungles du Vietnam, où les tribus matriarcales austronésiennes vénèrent la Déesse-Mère sous forme de piliers-totems qui soutiennent la maison, ornés d’un croissant étoilé entre ses seins.

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Drapeau de guerre Ottoman (1453-1798), orné de Zulfikar, le sabre de Mahomet

Constantinople avait le croissant comme emblème avant Jésus Christ, et Constantin lui aurait donné une signification religieuse en dédiant la ville à la Vierge, et en adoptant un emblème composé du croissant et d’une étoile. 

La monnaie byzantine portait cet emblème, qui sera ensuite adopté par les envahisseurs ottomans après la chute de la Rome orientale en 1453, qui devint alors le symbole de l’islam. Les églises russes sont souvent surmontées – y compris de nos jours – du croissant et de la croix. L’église de Vienne était surmontée du croissant et d’un soleil jusqu’en 1686. Dans la tradition chrétienne, le croissant est surtout connu dans la représentation de la Vierge selon le verset 1 du chapitre 12 de l’Apocalypse de Saint Jean « Et un grand signe parut dans le ciel, une femme revêtue du soleil ayant la lune sous ses pieds et sur sa tête une couronne de douze étoiles ».

Origines de l’islam : ses racines païennes matriarcales – les 3 déesses de la Kaaba

Aujourd’hui encore, les fouilles archéologiques sont quasi-interdites en Arabie Saoudite, à croire que cela en dérangerait certains.

Source : Dr.Jawad Ali dans son livre «L’histoire des arabes avant l’Islam» partie 5,page 223

L’arrivée du patriarcat en Arabie

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Le patriarcat s’est installé progressivement par la guerre à partir du IVème millénaire avant Jésus-Christ, et semble commencer à Sumer en Mésopotamie. Les anciennes déesses-mères ont été conquises, assimilées, puis remplacées, par les nouveaux dieux-pères (Olympiens, Aesirs nordiques…). Il en est de même avec les divinités matriarcales arabes (Allat, Uzza, Manat), désormais dominées par les nouveaux dieux conquérants venus de Babylone (Hu-Baal).

Paganisme matriarcal : les 3 déesses-mères de l’Arabie pré-islamique, Al-Uzza, Allat et Manat

Hicham ibn al-Kalbi (737-819) est un historien arabe, compilateur des traditions orales des bédouins et des conteurs professionnels. Parmi ses œuvres existant encore il y a le Kitāb al-aṣnām (en arabe : kitāb al-aṣnām, كتاب الأصنام, livre des idoles), dans lequel il parle des idoles des arabes de la période pré-islamique. L’intérêt de ce livre est accru par les informations qu’il apporte sur l’antiquité arabe et les coutumes tribales et traditions qui seraient sinon sans doute perdues.

L’ancienne religion des arabes

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Suivant les régions et les époques, les arabes ont vénéré des centaines de divinités différentes. Les déesses Al-Uzza, Al-Lat et Manat formèrent une trinité dans l’Arabie pré-islamique. Leur culte a été largement répandu : des nabatéens de Pétra dans le Nord, aux royaumes légendaires de l’Arabie Heureuse dans le Sud, y compris Saba, la Sheba biblique (reine de Saba), jusque dans l’est, en Iran et à Palmyre. Elles étaient des déesses très populaires à la Mecque du temps de Mahomet. Les trois ont été vénérées sous forme de pierres aniconiques (non figuratives) non taillées, que l’on appelle des bétyles. Les  »idoles » d’Al-Uzza et Al Lat étaient 2 des 360 statues païennes (1 par jour) de la Ka ‘aba qui ont été détruites par Mohammed. Certaines idoles citées dans le Coran sont d’importation yéménite, leur évocation est assez floue car le Yémen, à l’époque de Mahomet, était depuis plusieurs siècles judaïsé puis christianisé.

•Al-`Uzzâ (العُزّى [al-`uzzā], l’être tout puissant) : La déesse de l’étoile du matin. Idole pré-islamique apparentée à Vénus/Aphrodite et personnalisée par un bloc de granit long d’environ six mètres.

•Al-Lât (اللَّات [al-llāt], al-lât; la déesse) : Déesse du soleil représentée par une immense image de granit gris. Hérodote (484-420 avant J.-C.) signale la présence d’une divinité arabe nommée Alilat (ال + الإلَهة [al+ilaha → al-ilaha], la déesse ; alilat).

•Manât (مَنَاة [manā]) : Déesse de la lune décroissante, symbole du destin du temps et de la mort (مَنيّة [manīya], destin; sort; mort). Divinité pré-islamique du sort, qui coupait le fil du destin à l’image de Morta la troisième Parque.

Dusares, le dieu-fils

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Dusares est à l’époque le principal dieu masculin accompagné de sa trinité féminine : Uzza, Allat et Manat. Dusarès serait le fils de Manat, la déesse du destin, ou de la Vierge Chaamou (prononcer Kaamou), sans doute une erreur de transcription pour Kaabou, le Cube (forme du bétyle, la pierre sacrée divine, ou la forme du sanctuaire).

Rappelons aussi que les dieux nés d’une vierge sont des cultes typiques du matriarcat (société sans père ni mari, mais pas sans oncles) : vierge étant synonyme de non-mariée, et un enfant né d’une vierge étant un enfant sans père.

Allat, une déesse populaire

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Allat (en arabe : اللات, en hébreu : Elat) était une déesse de la fécondité et de la féminité vénérée en Arabie à l’époque préislamique. Son nom serait une contraction de al ilahat, déesse. Elle avait sa statue dans la Kaaba où elle était censée résider. Une inscription sur une roche à Adumattu en Arabie dit : “Puisse Allat (la Déesse) exhausser tous nos vœux.” Les anciens Arabes prêtaient serment par la prière : « Par le sel, par le feu et par Al-Lat qui est la plus grande de tous. » Une autre inscription dit : « Shalm-Allat »,  »la paix de la Déesse » – semblable à  »la paix de Dieu sur vous ». Un geste de main de bénédiction accompagnait ces paroles. Avant l’avènement de l’Islam, on peut trouver le nom d’Allat dans certains prénoms composés, comme Wahaballat (Wahab – Allat – وهب اللآت), c’est-à-dire  »le don d’Allat », puis Shalamallat (شلم اللآت) qui veut dire « la paix d’Allat – سلام اللآت« .

Plus de 2000 ans avant l’islam

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Elle a été vénérée à La Mecque pendant plus de 2000 ans avant l’islam. Le fameux lieux de pèlerinage islamique de La Mecque fut à l’origine son sanctuaire. Allat signifie simplement « la Déesse » tout comme Allah signifie « le Dieu ». Le T final est féminin. Al-Lat, dont le nom est une contraction d’Al-Illahat, « la Déesse « , est mentionné par Hérodote (Ve s. av-JC) comme Alilat, qu’il identifie à Aphrodite. Elle est quelquefois aussi assimilée à Athéna et est appelée « la Mère de Dieux « , ou « la Plus grande de Tous « . Elle est une déesse du printemps et de la fertilité, la déesse de la Terre qui apporte la prospérité.


Une déesse cosmique

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La déesse arabe Allat occupe une place importante dans le panthéon syro-mésopotamien des premiers siècles de notre ère. Identifiée, dans un contexte de syncrétisme, à Athéna, elle prend des allures guerrières. Identifiée à Némésis, elle acquiert une dimension cosmique fondée, entre autres, sur la tradition astronomique babylonienne. L’iconographie complexe des reliefs du temple d’Allat à Hatra, proche de l’art palmyréen, symbolise cette accession au rang de divinité cosmique.

Une déesse lunaire et agricole

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Son symbole est le croissant de lune (quelquefois montré avec un disque solaire reposant dedans). Le soleil en Arabie était appelé Shams, était considéré comme féminin, et pouvait représenter un aspect d’Al-Lat.Les nations Islamiques utilisent toujours l’étoile et le croissant sur leurs drapeaux. En tant que déesse de la fertilité, elle porte une gerbe de blé dans une main; et un morceau de sève d’encens dans l’autre. Son emblème a été retrouvé gravé sur de nombreux encensoirs. Elle est une déesse agricole comme les autres déesses méditerranéennes (exemple : Déméter), et aimait avoir des gâteaux aux grains cuits au four en offrande.


La protectrice des animaux sauvages

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La déesse est parfois représentée assise sur son trône, portant un voile sur la tête et vêtue d’une tunique large ; elle tient à la main gauche une palme appuyée sur son épaule gauche. Le lion assis près d’elle indique qu’il s’agit d’une déesse maîtresse des animaux sauvages ; une inscription isolée assimile cette déesse à Artémis, la protectrice des animaux sauvages chez les Grecs (voir ci-dessous, à gauche, de Palmyre). Les lions d’Allat sont des statues trouvées au cours des fouilles du temple d’Allat à Palmyre, elles représentent un lion gardant entre ses deux pattes une antilope ; le lion représente probablement la déesse Allat protectrice de la vie sauvage identifiée par l’antilope.


Un sanctuaire de paix détruit par les musulmans

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Elle avait un sanctuaire dans la ville de Ta’if (الطائف), à l’est de La Mecque, et était connue de l’Arabie à l’Iran. Elle y était la divinité principale, et fut représentée sous la forme d’une pierre cubique (météorite ou roche volcanique) autour de laquelle on a édifié un sanctuaire, « La maison de la déesse ». Il y était défendu de couper les arbres, pratiquer la chasse, et tuer; et celui qui s’y réfugiait ne devait pas être agressé. L’ensemble des Arabes, y compris la tribu Bani-Quraïsh (celle de Mohamed), adoraient cette déesse et faisaient des pèlerinages à son sanctuaire. Après la prise de la ville d’al-Taïf par les Musulmans, le Prophète Muhammad ordonna al-MughIra Ibn Shu’bah (المغيرة بن شعبة ) de détruire le sanctuaire d’Allat et sa statue (صنم) et de récupérer les richesses qui lui furent offertes.


Khamsa – La main de Fatima – La main de Myriam

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Allat possède une main célèbre, que beaucoup de gens du moyen-orient portent aujourd’hui comme talisman porte-bonheur, en ne sachant pas que c’est la main de leur ancienne déesse : la déesse Allat pour les musulmans, et à la déesse Elat pour les juifs. Autant les juifs que les musulmans l’utilisent. Les musulmans l’appellent désormais la Main de Fatima. Fatima est un autre nom de la même déesse arabe. Les juifs l’appellent la Main de Myriam, mais l’utilisation de cette main protectrice de la Déesse est la même : chasser le mauvais œil. L’œil sur l’amulette « se retourne » vers la source de la malédiction. Rejetée par les sunnites, elle est en revanche très importante chez les chiites. Fatima était un autre nom pour Al-lat. On l’appelle aussi la Créatrice, la Source du Soleil et de l’Arbre du Paradis, l’Arbre de Vie. On dit que Fatima a existé dès le début du monde matériel. Mohammed a appelé sa propre fille comme la déesse Fatima, mais son culte était toujours violemment réprimé par les musulmans.


Uzza, la déesse guerrière

Al Uzza, al-Uzza, El-Ozza, Uzza, Izza.
Aussi appelée: Uzza Saïda ( »Uzza la bénie ») ou S’ida ( »la bénie »).

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Mentionnée dans le Coran,ʿUzzā ou Uzza (arabe : عزى), était une déesse arabe pré-islamique de la fertilité, l’une des trois divinités les plus vénérées de la Mecque avec Allat et Manat. Elle était très populaire : des enfants étaient prénommés ʿAbd al-ʿUzzā (prénom très porté avant l’islam) et souvent invoquée dans les serments. Le nom ʿUzzā était symbole de beauté dans la poésie arabe pré-islamique. Surnommée la guerrière  »vierge » (non mariée), elle est la plus jeune dans la triade des déesses; avec Al Lat; et Mana. Manat et Al-Lat sont considérées comme des filles d’Al-Uzza.

Une divinité tribale de la puissance

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Al-Uzza, «la plus puissante», a été l’une des divinités les plus vénérées par les arabes. Uzzi, en hébreu aussi, signifie  »puissant », d’où le nom de la fabrique des célèbres pistolets mitrailleurs israéliens. À l’origine, les Sabéens (royaume de Bilqis, la reine de Saba, dans le Yémen actuel), vénéraient Al-Uzza dont le culte s’est répandu partout en Arabie. Elle a été très populaire dans tous le Moyen-Orient, y compris à Jérusalem. Elle était la déesse de nombreuses tribus et royaumes arabes du nord de l’Arabie, de la Syrie et de l’Irak, comme c’était le cas à Palmyre et dans le royaume des Manadhziah. Elle était la déesse de l’étoile du matin et du soir, Vénus. Elle avait un temple à Pétra (bien que celui-ci n’ai pas été déterminé), et pourrait bien avoir été la déesse patronne de cette ville.

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De nombreuses assimilations chez les grecs

Les Grecs l’ont assimilé à Urania, l’« Aphrodite Céleste » ( « Céleste », une épithète d’Aphrodite, aussi bien que le nom d’une muse) et avec Caelistis, une déesse lunaire, le nom romain pour la déesse Carthaginoise Tanit. Al-Uzza est aussi quelquefois identifiée avec Isis. D’autres sources l’assimilent à Minerve / Athéna, qui feraient d’elle une déesse vierge (non mariée) guerrière. Hérodote affirme que la déesse suprême des Arabes était Uranie, qui, dit-il a été appelée Alilat (Al-Lat). En effet Al-Uzza était parfois confondue avec Al-Lat, conduisant certains chercheurs à se demander si Al-Lat et Al-Uzza n’étaient pas différents noms régionaux pour la même déesse.

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Une avatar d’Ishtar

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Elle a beaucoup de points communs avec Ishtar et Astarté, elles aussi déesses de l’Étoile du matin et du soir. Elles sont toutes des déesses de l’amour et de la guerre, et les grands félins étaient sacrés pour elles aussi. Elle est montrée armée comme une bellatrix (guerrière romaine), debout près d’un arbre d’acacia, avec un Caracal, ou lynx du désert. Ashtar (Ashtar -عشتر ـ عشتار en Syrie et dans la Mésopotamie ), il s’agit d’une divinité féminine veillant à la reproduction chez les animaux, effectivement, cette planète qui est connue sous le nom de  » l’étoile du matin – نجم الصباح «  , et  » l’étoile du soir – نجم المساء «  est visible dans le ciel pendant deux périodes de l’année. Durant la première période, elle apparaît comme un astre très brillant à l’est avant le lever du soleil, et durant la deuxième période, elle est visible à l’ouest, après le coucher du soleil. Justement, ces deux périodes correspondent au cycle naturel de la reproduction chez beaucoup d’animaux, d’où son nom de la  » planète de l’amour, de la fertilité et de la beauté « , Aphrodite des Grecs, Vénus des Romains, et aussi  » al-‘Uzza – العزى «  des Arabes. Al-‘Uzza était la déesse qui symbolisait la saison de l’hiver comme Allat qui fut la déesse de l’été.


Les mecquois, fils d’Uzza

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Al-Uzza incarne la confiance, la vigilance et la préparation. Elle est très protectrice, et est une alliée de taille dans les batailles. Elle a été honorée par les Koreischites (la tribu de Mohammed) comme une de leurs déesses les plus importantes. Ils se disaient  »fils d’Uzza » et imploraient sa protection dans les batailles. Les Arabes déplaçaient les pierres qui incarnaient les divinités, pour les ériger au milieu des champs de batailles, parce qu’ils croyaient que leur présence parmi les combattants les protégeait et leur donnait le courage et l’aide nécessaires pour leur apporter la victoire et vaincre leurs ennemis. D’après les historiens arabes, Bani (la tribu) Quraïsh, avait déplacé les pierres d’Allat et Al-Uzza dans la bataille d’Uhud « وقعة أُحد« , contre la jeune l’armée islamique conduite par le prophète Mohammed.


Son sanctuaire, détruit par les musulmans

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Al-Uzza avait son sanctuaire de Nakhlah dans une vallée de palmeraies, sur la route de La Mecque vers l’Irak. Il y avait trois arbres d’acacia sur lesquels on disait qu’elle était descendue. Certains érudits pensent qu’elle a même peut-être été la divinité tutélaire de La Mecque. En l’an 8 Hégire, après la prise de la Mecque par les Musulmans, le prophète Mohammed confia à Khalid Ibn al-Walid (خالد بن الوليد) la mission de détruire la statue de la déesse, démolir son sanctuaire et couper son arbre.


Manat, la vieille déesse du destin et de  la mort

C’est la plus ancienne divinité chez les Arabes; son culte très répandu pourrait précéder ceux d’Al-Uzza et d’Al-Lat. C’est une divinité féminine, représentée par une pierre noire non sculptée, installée au bord de la mer rouge à Qadid (قديد), dans une région située entre Médine et la Mecque. Le terme Manat (مناة), Manawayat, ou Menata est dérivé des termes arabes, al-muna (المنى) et al-manyyah (المنية), c’est-à-dire la « mort – الموت », le « destin – القدر », la ruine et la destruction. Manat fut aussi chez les Arabe la déesse de la justice (العدالة) et de l’équité ( الانصاف ). Saint-Épiphane du 4ème siècle l’appelle La Mère de Dusarès, le dieu local de la montagne, en l’appelant par son titre Chaamu ou Chalmous, qui signifie  »jeune fille ou vierge ».

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Al Manat était associée avec Némésis la déesse pré-olympienne de la vengeance, elle même liée à Cybèle, Artémis et Déméter.

Elle est connue à partir des inscriptions nabatéennes : des tombes ont été placées sous sa protection, lui demandant de maudire les profanateurs. Elle est mentionnée dans la poésie, portant les défunts à leur tombe, et leur tendant la coupe de la mort. Elle est représentée par une vieille femme avec une coupe, et les symboles dans le bas de sa robe épellent son nom dans la langue sabéenne (qui n’utilise pas de voyelles et s’écrit de droite à gauche), M-N-T. La lune décroissante sur sa tête est un symbole de la mort. Son culte ne cessa qu’en l’an 8 Hégire où le prophète Mohammed confia à Aly Ibn Abi Talib (علي بن أبي طالب ) la mission de détruire sa statue (صنم).
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Re: Matriarcat & Religions : des vestiges secrets au syncrétisme

Message  Arlitto le Ven 4 Mar - 20:17

Les 3 déesses de La Mecque

A la Mecque (مكة), avant l’Islam, la tribu des Quraïch (قريش) adoraient une triade de trois divinités féminines, il s’agit d’Allat (اللآت), al-‘Uzza (العُزة) et Manat (مناة), ils citaient leurs noms au cours de leurs tournées (الطواف) autour du Ka’ba (الكعبة). Selon Ibn al-Kalbi, les Quraysh avaient coutume de faire le tour de la Ka’aba en disant :  »Au nom d’Allat, d’ʿUzza, et de Manat la troisième idole. Elles sont réellement les  »al-gharānīq » (femmes de condition supérieure ) Dont il faut demander l’intercession. » Comme aujourd’hui, les pèlerins se rasaient la tête.

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Hubal, le nouveau dieu-père des déesses

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Alors que pour les Nabatéens (Pétra en Jordanie), Allat était la mère de tous les dieux, pour les autres Arabes, Allat, al-‘Uzza et Manat étaient les filles d’Allah (الله جل جلاله), et étaient les intermédiaires entre Dieu et les hommes pour obtenir ses bénédictions. Allah (le-dieu) est le titre du dieu lunaire Sîn-Hubal (Baal), pièce rapportée tardivement de Mésopotamie dans le panthéon arabe, qu’il domina par la suite à La Mecque. De ce dieu, très peu de temples, de représentations, et de traces écrites nous sont parvenues jusqu’à aujourd’hui. Le terme Allah est antérieur à l’islam puisque le père de Mahomet s’appelle lui-même Abd’Allah, c’est à dire,  »le serviteur du dieu ».

Matriarcat nabatéen : une civilisation arabo-romaine dédiée aux 3 déesses pré-islamiques

Une civilisation de bâtisseurs

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L’archéologie et les récits antiques semblent attester la présence de peuples matriarcaux en Arabie ancienne. Ainsi en est-il des nabatéens, de l’arabe nabat, signifiant  »né d’un adultère » selon Bachofen. Ce peuple arabe, d’écriture araméenne, et d’architecture gréco-romaine nous a laissé d’incroyables et immenses sites archéologiques tels Pétra (Ier siècle av. J.‑C.) et Hégra. Ils vivaient dans les zones actuelles de la Jordanie, de l’Arabie, et du désert du Néguev. Pétra a été une étape importante sur les routes des épices et a été une ville très prospère. Les  tombeaux et des temples ont été sculptés à même la roche, et la seule façon d’entrer dans la ville est de passer à travers un tunnel, ou plutôt une gorge étroite, de près d’un mile de long, qui s’ouvre soudainement sur la ville (Pétra a été utilisé comme décor de tournage dans le film « Indiana Jones et la Dernière Croisade« ).

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La mère des dieux

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Leur temples sont dédiés aux déesses Allat (la déesse, féminin d’Allah), Uzza (la puissante) et Manat (la vieillesse, le destin, la mort), ainsi qu’à leur fils Dushara (Dusares), mais ne semblent pas comporter de culte du père. Chez les Nabatéens de Pétra, Allat fut considérée comme la mère de tous les dieux


La Kaaba, temple de la déesse Allat

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Ka’aba signifierait cube en arabe, mais la Ka’aba elle-même serait l’ancienne « Kaabou », du mot grec qui signifie ‘jeune fille’, et désigne la déesse Astarté, c’est-à-dire Aphrodite dans la mythologie grecque qui correspond à la Vénus Romaine et l’al-‘Uzza (العزى) des Arabes considérée comme la déesse de la fertilité. Les anciens chroniqueurs rapportent qu’avant l’avènement de l’islam (jahilya, l’ère de l’ignorance), il y avait 24 ka’bas dans la péninsule arabique, mais celle de La Mecque était vénérée par toutes les tribus. Selon des recherches saoudiennes, il existait dans la région de nombreuses Ka’bas (tawaghit) consacrées chacune à une divinité, auxquelles les fidèles se rendaient certains jours déterminés pour procéder à des rites comprenant entre autres une déambulation circulaire et des sacrifices. Les plus importants semblent avoir été les ka’abas des déesses Allat à Taif, d’Uzza à Nakhlah et de Manat près de Qudayd.

Les prêtresses d’Allat

Elle fut célébrée par sept prêtresses nues qui gravitaient sept fois autour de cette pierre, une fois pour chaque planète (soleil / lune / mars / mercure/ vénus/ Jupiter / saturne). A ce jour, les hommes qui gardent la Kaaba sont encore appelés  »fils de l’Ancienne Femme », »fils de Saba », en arabe  »Beni Shaybah ». La déesse Allat avait un surnom, ou un titre supplémentaire, Saba prononcé Shaybah, signifiant sage-femme, ou, « Celle de l’ancienne sagesse ». Avant l’Islam, les gardiens du Sanctuaire étaient des prêtresses appelées  »Bathi-Sheba », »filles de l’Ancienne Sage Femme ». Bethsabée,  »fille de Saba » signifie, ‘‘prêtresse de la maison de Saba ». Les musulmans ont gardé ce sanctuaire cubique, et marchent encore autour, tout comme on le faisait à l’époque où on vénérait la Déesse.

Le culte des pierres

Vénérer une pierre est typiquement païen. On appelle ces pierres divines béthyle (de l’hébreu béthel  »pierre sacrée »), et est une pratique polythéiste classique de l’antiquité. La pierre de la Kaaba n’échappe pas à cette règle. Cette pierre faisait en effet l’objet de vénération pré-islamique. Le culte pré-islamique des pierres peut être rapproché à des cultes lithiques des bétyles qui furent répandus dans tout le Proche Orient dès la plus haute antiquité. En effet ce culte rendu à une pierre n’est pas isolé dans l’Antiquité : on peut citer la pierre noire d’Émèse dont Héliogabale fut le grand-prêtre avant de devenir empereur romain, la pierre noire de Dusares à Petra, et c’est sous la forme d’un bétyle qu’en 204 avant J-C que Cybèle, la déesse-mère phrygienne de Pessinonte, fait son entrée à Rome. Dans de nombreuses cités orientales, des pierres sacrées sont l’objet de la vénération des fidèles, telles l’Artémis de Sardes ou l’Astarté de Paphos. En Arabie ce n’était pas une exception car le culte des pierres était omniprésent dans la société pré-islamiques. Par exemple la « pierre rouge » était la divinité de la ville arabe au sud de Ghaiman, ou la « pierre blanche » dans la Kaaba d’al-Abalat (près de la ville de Tabala, au sud de La Mecque).

La pierre noire, vulve d’Allat ?

Beaucoup d’occidentaux, surtout des sages-femmes, ont observé que l’écrin de la pierre noire, à l’angle de la Kaaba, a une forme de vulve, avec une tête de bébé qui en sort. Le mot Hajj (pèlerinage islamique à La Mecque) est dérivé de «Hack» qui veut dire friction en langue Arabe car il y avait un rituel païen dans lequel les femmes frictionnaient leur partie génitale sur la pierre noire espérant ainsi augmenter leur fertilité.(Dr.Jawad Ali dans son livre «L’histoire des arabes avant l’Islam» partie 5,page 223). Elle enduisaient la pierre avec le sang des menstrues et tournaient nues tout autour.

Une survivance de culte phallique à La Mecque ?

La Lapidation de Satan (arabe : رمي الجمرات, Ramy al-Jamarat signifiant « lancer [de pierre] sur les cibles [piliers] ») est une cérémonie pratiquée par les musulmans lors de leur pèlerinage ( Hajj ), au cours de laquelle ils jettent des pierres, qu’ils auront collectées durant une phase antérieure du pèlerinage, sur trois rochers qui symbolisent le diable.

Des pèlerins de Shiva ?

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Ce rite s’effectue le 3e jour du pèlerinage à Mina en Arabie saoudite, à 5 km à l’est de La Mecque. Les trois piliers de pierre (un petit, un moyen et un grand) furent remplacés par les autorités saoudiennes en 2006 par trois murs de pierre, pour prévenir les accidents. Si l’écrin de la Pierre Noire de la Kaaba fait irrémédiablement penser à un vagin, les 3 piliers semblent représenter des phallus, ce qui confirmerait que La Mecque ait été un sanctuaire païen dédié à des cultes de fertilité. Sur la photo ci-dessus, le pilier phallique est entouré d’un muret circulaire, qui pourrait indiquer un vestige de culte de Shiva, ce qui semble confirmé par la tenue des pèlerins, vêtus de blancs et rasés comme des brahmanes hindouistes.


La main de Fatma

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« Fatemeh (en persan) ou Fatima est qualifiée de « Maîtresse des femmes du monde » dans le chiisme iranien, et son nom de « resplendissante » est un attribut de déesse, ou plus matériellement le Vénus. Ce que dit Frédéric, on le dit depuis toujours, mais on feint, on fait semblant de l’oublier.Quand les Wahhabites ont pris la Mecque déjà en 1820 (je dis de mémoire) ils ont saccagé la ville, effacé les traces anciennes et ils continuent. On fait du faux avec du vrai brisé, morcelé. » – Pierre Dortiguier

Ramadan, la grossesse d’Allat ?

Le calendrier musulman ou calendrier hégirien (hijri) est un calendrier lunaire, basé sur une année de 12 mois lunaires de 29 à 30 jours chacun (pour être précis : 29,53059 jours solaires). Une année hégirienne est donc plus courte qu’une année grégorienne d’environ onze jours. Les païens ont souvent fait le rapprochement entre les cycles lunaires et les cycles menstruels féminins, de durée similaire.

Ramadan également orthographié ramadhan ou ramazan, (arabe : رَمَضَان ou Ramaḍān) est le neuvième mois du calendrier musulman. Au cours de ce mois, les musulmans adultes ne mangent pas, ne boivent pas, et n’entretiennent pas de relations sexuelles tant que la lune n’est pas visible. Le début du mois est basé sur l’observation du premier croissant visible après la nouvelle lune.

Est-il possible que le 9ème mois de Ramadan corresponde au 9ème mois de la grossesse de la déesse-mère Allat ? La fête de fin du Ramadan célébrerait alors l’accouchement de la déesse. Pendant le jeûne, il ne serait alors possible de manger et copuler qu’en présence de la lune, c’est-à-dire d’Allat.

Le soufisme un culte matriarcal pré-islamique ?

Selon certains auteurs, les soufis auraient essayé de maintenir le culte de Fatima (prénom de la déesse Allat), mais ils auraient été forcés de le cacher derrière des mots codés, depuis que le soufisme fait partie de l’Islam. En effet, vénérer le féminin sacré est passible de peine de mort, aujourd’hui encore dans les pays islamiques.

Les racines juives de l’islam

Les usages islamiques (viande sacrifiée halal, interdit du porc, circoncision, voile, lapidation, tabou des menstrues…) sont totalement incompatibles avec une société arabe païenne semi-matriarcale adorant des déesses-mères, et sont donc d’origine judaïques.
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Re: Matriarcat & Religions : des vestiges secrets au syncrétisme

Message  Arlitto le Ven 4 Mar - 20:21

L’affaire Salman Rushdie : fatwa de mort contre les 3 déesses-mères pré-islamiques du Coran

Les filles d’Allah ?

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A l’origine, Mohammed, prophète de l’islam, aurait reconnu plusieurs déesses. Elles auraient un temps survécu dans l’Islam même, où on les aurait appelé dans le Coran les trois filles d’Allah, avant d’être effacées. Leurs noms sont cependant toujours là. Les déesses arabes dont les noms sont bien dans le Coran sont : Al-Lat (la Déesse), Uzza (Pouvoir), et Manat (Destinée ou Fatalitée). D’après le Coran, les Arabes païens ont adoré une triple déesse. Cette divine trinité féminine était adorée à la Mecque, dans la Kaaba. Lors de la révélation de la sourate LIII Mahomet aurait, selon Tabari, dans une première version, recommandé qu’on leur rende un culte. Ces versets prononcés puis abrogés sont appelés les « Versets Sataniques », expression qui a servi de titre au roman controversé de Salman Rushdie.



La sourate dans le Coran est la suivante : « L’Étoile », LIII
« Son regard ne dévia pas et ne fut pas abusé,
Il a vu les plus grands signes de son Seigneur,
Avez-vous considéré al-Lat et al-` Uzza, et l’autre, Manat, la troisième ?
Le mâle est-il pour vous, et pour lui la femelle ?
Quel partage inique ! Ce ne sont que des noms que vous et vos pères avez attribués.
Dieu ne leur a accordé aucun pouvoir. »

Il s’agit de l’histoire des versets 19 à 23 de la sourate 53, Ennajm (L’étoile). Tabarî (839-923), historien et commentateur sunnite, rapporte cette anecdote :

« Alors fut révélée au prophète la sourate de l’Étoile. Il se rendit au centre de la Mecque, où étaient réunis les Quraychites, et récita cette sourate. Lorsqu’il fut arrivé au verset 19 : Que croyez-vous de al-Lat, de `Uzza et de Manat, la troisième ? Est-il possible que Dieu ait des filles, et vous des garçons ? La belle répartition des tâches que ce serait là… « 

Iblîs (Satan) vint et mit dans sa bouche ces paroles :  » Ces idoles sont d’illustres divinités, dont l’intercession doit être espérée. « 
Les incrédules furent très heureux de ces paroles et dirent :  » il est arrivé à Mohammed de louer nos idoles et d’en dire du bien. »
Le prophète termina la sourate, ensuite il se prosterna, et les incrédules se prosternèrent à son exemple, à cause des paroles qu’il avait prononcées, par erreur, croyant qu’il avait loué leurs idoles. Le lendemain, Gabriel vint trouver le prophète et lui dit :  » Ô Mohammed, récite-moi la sourate de l’Étoile. « 
Quand Mohammed en répétait les termes, Gabriel dit :  » Ce n’est pas ainsi que je te l’ai transmise ?
J’ai dit : “Ce partage est injuste”. Tu l’as changée et tu as mis autre chose à la place de ce que je t’avais dit. « 
Le prophète, effrayé, retourna à la mosquée et récita la sourate de nouveau. Lorsqu’il prononça les paroles :  » Et ce partage est injuste « .
Les incrédules dirent :  » Muhammad s’est repenti d’avoir loué nos dieux « .

Le prophète fut très inquiet et s’abstint de manger et de boire pendant trois jours, craignant la colère de Dieu. Ensuite Gabriel lui transmit le verset suivant : « Nous n’avons pas envoyé avant toi un seul prophète ou envoyé sans que Satan n’ait jeté à travers dans ses vœux quelque désir coupable ; mais Dieu met au néant ce que Satan jette à travers, et il raffermit ses signes (ses versets).  »

Une manipulation du diable

Ainsi d’après al-Tabari, Satan aurait tenté de dicter des enseignements hérétiques à Mahomet. Cet incident aurait eu lieu à La Mecque, huit ans avant l’hégire, alors que Mahomet récitait la sourate de l’Étoile, dans laquelle sont mentionnées trois déesses considérées par les Koraïchites païens, comme des  » filles de Dieu « . D’après l’orientaliste Maxime Rodinson, al-Lat, al-`Uzzâ, et Manât étaient, des déesses pré islamiques appelées les « filles d’Allah ». Mahomet aurait, dans une première version, recommandé qu’on leur rendît un culte, ces versets prononcés puis abrogés, sont les fameux versets sataniques. D’après al-Tabari, Satan aurait contraint Mahomet à interpoler deux versets ce qui aurait créé un doute dans l’esprit des auditeurs de ce dernier. Or, du point de vue de la religion musulmane, Mahomet, en tant que messager du message divin, ne saurait avoir ni sa foi, ni sa sincérité remises en cause, ni même voir sa vie être ramenée à une vie banale où l’erreur est possible. De plus, Mahomet aurait demandé qu’il n’y ait pas d’image de lui pour ne pas devenir à son tour un objet d’adoration. C’est pour cela que, pour les autorités religieuses musulmanes, aucun livre, aucun film, aucune bande dessinée ne peut le faire apparaître en personne.
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Re: Matriarcat & Religions : des vestiges secrets au syncrétisme

Message  Arlitto le Ven 4 Mar - 20:22

Matriarcat Rhadé – ÊĐê (Vietnam) : totems d’Artémis, gardiennes des sources, et cheffes de clan

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Les Rhade, en vietnamien Người Ê Đê, sont un des nombreux groupes habitant les hauts-plateaux du Laos et du Vietnam, la province du Dac Lac, juste au sud du 17ème parallèle. En 1999, leur population était estimée à 270 348 personnes. La langue rhade, apparentée au cham, fait partie du groupe malayo-polynésien des langues austronésiennes. Comme ils n’ont pas d’histoire écrite, on sait peu de chose des Rhade jusqu’à l’arrivée des Français au XIXe siècle. 

Matriarcat Cham (royaume du Champa – Vietnam) : Allah trône aux côtés de la déesse-mère Ponagar

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Une culture qui résiste au patriarcat hindouiste et islamique

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Le Royaume de Champā ou Tchampa est un État de culture hindouiste, situé dans la zone centrale du Viêt Nam moderne entre les IIe et XVIIe siècles. Les Chams sont les survivants du royaume de Champa. La langue cham originale appartient à la famille malayo-polynésienne occidentale. La famille Châm est de tradition matriarcale, alors que la société dans le passé était féodale, avec l’existence de castes différentes. Les Chams suivaient un système de castes assez semblable à celui en vigueur en Inde, mais offraient aux femmes une position plus importante dans les affaires concernant la famille et le mariage. Dans les régions de confession islamique, même si le patriarcat est entré dans les familles, et le rôle des hommes valorisé, les habitudes matriarcales demeurent fort évidentes dans les relations familiales.

Matronymie et héritage

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Lê Duy Dai, du musée d’ethnographie du Vietnam, fait savoir: « Chez les Chams, les enfants portent le nom de leur mère : il ne s’agit plus d’un patronyme, mais bien d’un matronyme. Les soeurs d’une même famille vivent ensemble sous le même toit. Mais c’est la fille cadette qui est désignée comme étant la principale héritière, et à qui il incombe donc de prendre soin de ses parents. Les autres filles héritent également. Par contre, si elles ont des frères, ceux-ci n’auront rien. »

Égaux mais différents et complémentaires

Malgré la position importante de la femme Cham, la position de l’homme est tout aussi importante mais complémentaire. « Les hommes se battent, les femmes donnent naissance », dit un proverbe Cham.

Lê Duy Dai : « Il y a beaucoup de proverbes qui traduisent le respect à l’égard des hommes Chams. En principe, les femmes sont maîtresses chez elles, mais ce sont les hommes qui prennent les décisions les plus importantes. Et d’ailleurs, le chef d’une lignée est toujours un homme ».

Han Van Dau, du temple Po Inu Nuga, à Ninh Thuan, indique: « Les hommes sont chargés des rites importants, de ceux qui se déroulent dans des tours et dans des temples. Les femmes veillent quant à elles aux biens de la famille. »

Mariage et assimilation

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Lorsqu’une jeune fille est en âge de se marier, ses parents se mettent à la recherche de leur gendre idéal, qui sera validé ou non par leur fille. De nos jours, les jeunes couples peuvent vivre de leur côté, mais en suivant les coutumes de la famille de la mariée. Au Cambodge les Chams de l’ouest ont préservé quelques caractéristiques culturelles originales (par exemple, la prédominance de l’oncle maternel), mais ils sont entièrement intégrés dans le mode de vie cambodgien et parlent la langue Khmère. Ils ont adopté l’Islam des Malais. Les Chams de l’ouest du Vietnam ont été en grande partie assimilés par les Vietnamiens qui les entourent.

Des cultes païens et polythéistes

La famille traditionnelle cham était matrilocale et matrilinéaire. Le culte des esprits de la nature était très important, parce qu’on supposait que les âmes des ancêtres trouvaient la paix dans leur tombe seulement après sept ans de prières. La culture indienne des anciens Champa a laissé quelques influences et les rites dans les vieux temples chams honorent toujours les héros déifiés du passé, tels Po Klaung Garai, le roi Po Rome, et la déesse-reine Po Nagar.

La poterie, un art féminin

Les Chams sont réputés pour la poterie. La légende veut que Poklong Chanh, la femme ancêtre mythique des céramistes Chams, n’ait transmis les secrets de la poterie qu’aux femmes. C’est ce qui explique que le modelage et la décoration soient encore l’apanage de ces dames, les hommes se voyant confier la préparation de l’argile ou la cuisson des vases : autant de tâches considérées comme subalternes.

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Analyse de Françoise Vandenberghe, diplômeés en histoire et géographie : Licence, Maîtrise, DEA à Paris IV la Sorbonne, DESS d’Ingénierie de la Formation/chef de projet multimédia à Jussieu.

Le culte des génies est antérieur à l’Hindouisation. Les génies sont des serpents cosmiques, des dragons, ou des anges. La prêtresse Mupajo est l’intermédiaire entre les génies et le monde des vivants. Des offrandes de fruits sont offertes, les danses extatiques sont féminines, car les génies les préfèrent, et elles sont les seules à être directement en contact avec les forces surnaturelles. La Grande Déesse ou Ponagar, jeune et non mariée, est pourtant la mère de deux enfants, un garçon et une fille. Mais aussi elle a de nombreux « époux » ou plutôt amants étrangers, pour entretenir les relations lointaines. Elle est maîtresse de l’élevage, de l’agriculture et des Arts (art du tissage sacerdotal avec motifs ancestraux sur les sarongs, arts céramiques féminins). Les rois guerriers envahisseurs chinois ou vietnamiens ont bien essayé de la marier, mais elle s’est toujours enfuie. Elle est la Déesse Universelle et invaincue. Le royaume, où le roi gouverne au nom de sa femme, est matrilinéaire : les filles héritent tout de leur mère. Les éventuels maris suivent la femme chez elle et travaillent dans le clan maternel de la femme et servent la belle famille sans rien posséder. La femme décide de tout. En cas de divorce, il n’y a aucun partage, tout est laissé à la femme… L’homme retourne chez sa mère. Les tombes ont des serpents cosmiques sculptés en épitaphes et tous les membres de la communauté sont enterrés près de leur mère.

Les femmes ont résisté face aux Hindous, en refusant de s’immoler sur le bucher funéraire de l’époux défunt, et s’accommodent de la religion musulmane qui en arrive même à vénérer les divinités féminines des Cham. Ce sont les femmes qui se rendent à la mosquée en chefs de famille et vénèrent Ponagar à égalité avec Allah. Le plus important est toujours sauf : la préservation de la matrilinéarité pour les Cham pêcheurs et les Ragline plus montagnards. Chez ces derniers, la musique au Gong des fêtes funéraires sert à s’adresser aux mondes des esprits. Dernier envahisseur : le régime communiste interdit la matrilinéarité, mais les Cham résistent et défendent avec succès leur langue Cham austronésienne comme le malais et le malgache et l’immortalisent par l’informatique. Le Régime communiste s’incline. Ces femmes sont incroyablement toujours victorieuses, un modèle à suivre…

Les femmes céramistes refusent la poterie au tour et continuent donc à tourner elles-mêmes autour de leurs pots pour les monter au colombin. Les motifs sont ancestraux et sacrés, principalement des motifs d’ondes symbolisant l’eau magique. Les Cham n’ont jamais perdu leur identité et leur résistance face aux grandes religions dogmatiques et aux invasions, ainsi que leur soucis constant de préserver leur artisanat, leur langue, leur religion de la Grande Déesse et des Génies, et leur matrilinéarité. C’est donc possible pour un peuple de conserver son origine divine et son Paradis Terrestre, il suffit d’y croire pour toujours…


Transgressions de l’islam au Vietnam

Aussi incroyable que cela puisse paraître, les Chams Bani du Viet-Nam pratiquent un islam bien à eux,  à l’opposé de l’islam « classique ». Malheureusement, ils ne sont pas à l’abri d’une reprise en main des orthodoxes de l’islam. Des musulmans orthodoxes, chams et immigrés indiens de Saïgon et du delta du Mékong, tentent de les ramener « dans le droit chemin », aidés en cela par des fonds étrangers (Qatar). Et oui ! Comme en Europe, les « étrangers » financent la construction de mosquées !

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Voici donc « Transgressions de l’islam au Vietnam », par Agnès De Féo, texte paru aux Cahiers de l’Orient n° 83 –  3ème trimestre 2006. Agnès De Féo est chercheuse associée à l’Irasec (Institut de recherche sur l’Asie du Sud-Est contemporaine) sur le programme « Islam d’Asie ». Elle a réalisé un documentaire sur les Chams bani , « Un islam insolite» en 2006 (programmé sur Arte en 2007).

Du thé halal…

La loi musulmane chez les Chams bani n’est pas stricte. « Les dignitaires religieux mettent de l’alcool dans une théière pour faire croire qu’ils boivent du thé. Mais c’est bien de l’alcool. » Nguyen Van Ty, Cham bani (bani signifie fils du Prophète), décrit ainsi la pratique de sa religion. Cette particularité n’est que l’une des nombreuses transgressions à la norme islamique que réalise ce petit groupe de quelques dizaines de milliers de musulmans. Localisés sur la côte sud-est du Vietnam, dans les provinces du Ninh Thuân et Binh Thuân, les Chams professent un islam marginal qui se distingue par sa liberté d’interprétation des obligations religieuses telles qu’elles sont prônées dans l’islam majoritaire – qu’on appellera pour plus de commodité islam orthodoxe.

Qui sont les Chams bani ?

Les Chams sont aujourd’hui l’une des 53 ethnies minoritaires répertoriées officiellement au Vietnam. D’origine austronésienne, comme les populations d’Indonésie, de Malaisie et des Philippines, ils appartiennent ethno-linguistiquement au monde malais.
Les Chams sont originaires du Champa, un ancien royaume apparu à la fin du deuxième siècle de notre ère et indianisé au VIIe siècle. Le Champa s’étendait sur toute la moitié sud du Vietnam actuel. En guerre à partir du XIe siècle avec son voisin septentrional, le royaume du Dai Viêt (futur Vietnam), l’histoire du Champa sera celle d’une réduction progressive de son territoire jusqu’à sa dissolution complète en 1835. Les annexions de l’armée viêt, qui prend successivement le contrôle du royaume, connaissent un tournant dramatique en 1471 avec la chute de la capitale Vijaya.

Le pays continue néanmoins d’exister en effectuant plusieurs déplacements de sa capitale vers le sud. En 1835, le Champa disparaît comme État autonome. Mais pas les Chams. Ils peuplent aujourd’hui le sud des côtes de l’ancien Champa, réduit au territoire de l’ancienne principauté du Panduranga, correspondant aux régions des villes de Phan Rang, Phan Ri et Phan Thiet (provinces vietnamiennes du Ninh Thuân et Binh Thuân). Ils représentent moins de 100 000 personnes, réparties en 36 villages sur un territoire côtier d’à peine 200 km.

Divergence sur les rites

Pour apprécier les licences prises par les Chams bani dans leur pratique religieuse, nous poserons comme base de l’orthopraxie musulmane les cinq piliers de l’islam :
1.la chahâda, la profession de  foi incluant le tawhîd (l’unicité de Dieu) ;
2.la salât, la prière cinq fois par jour;
3.la zakât, l’aumône légale aux pauvres ;
4.le sawm, le jeûne du ramadan,
5.et le hajj, le pèlerinage à La Mecque, comme autant d’obligations auxquelles le musulman orthodoxe ne peut déroger.

Obligations, rites secondaires, rites positifs et rites négatifs

Rappelons que la pratique de ces obligations ne souffre aucune interprétation personnelle : l’heure des prières, leur exécution, les dates du ramadan ou le déroulement du hajj, tout est strictement codifié. Ces rites primordiaux s’accompagnent de rites secondaires comme la circoncision qui scelle l’adhésion du garçon à l’islam, ou le sacrifice du mouton pour la fête de l’Aïd. De plus, ces rites positifs, pour reprendre les mots de l’ethnologue Marcel Mauss, sont indissociables de « rites négatifs » comme l’interdiction de consommer du porc et de l’alcool, et les tabous liés à la promiscuité des sexes.

Juristes, science du droit, et écoles juridiques

Ceux-ci donnent respectivement naissance au rite d’abattage de la viande halal et au rite vestimentaire qui impose aux femmes de couvrir leurs cheveux d’un hijab, désignant au sens métaphorique la séparation des sexes. Ces caractéristiques non exhaustives et très rapidement esquissées de la religion musulmane ont été fixées par les juristes (fqîh), qui ont élaboré la science du droit (fiqh) aux premiers siècles de l’islam. Elles constituent la voie majoritaire de l’islam dite sunnite divisée en quatre écoles juridiques (hanafite, malikite, chaféite et hanbalite). Les Chams bani, eux, n’appartiennent à aucune école, ils ont dépouillé la religion de ses exigences.

Une caste élitiste d’imams

Alors que dans l’islam sunnite majoritaire, il n’existe pas de clergé, tous les fidèles étant sur un pied d’égalité, chez les Chams bani comme chez les chiites, la religion est dominée par une classe de dignitaires religieux (acar) drapés de blanc, portant des turbans terminés par des franges rouges. Seuls les acar peuvent lire le Coran, recopié dans une langue arabe altérée. Sa divulgation en est même interdite car l’islam des Chams est basé sur le secret et réservé à l’élite des acar. Il s’éloigne ainsi du modèle majoritaire où chacun a le devoir de lire et de comprendre le Coran.

La trinité divine d’Allah, Mohammad et Abraham

Des cinq obligations de l’islam, la chahâda est respectée en partie, comme le rappelle l’acar Tu Cong Dat : « En premier était Allah. L’humain descend d’Allah. » Cependant Mohammad son prophète est divinisé et placé sur le même plan qu’Allah, auquel vient aussi s’ajouter Abraham dans une trinité contraire au tawhîd (unicité divine).

Dragons, taos, et swatikas, les symboles du nouvel islam

De plus, alors que l’islam interdit l’association avec d’autres religions, les bani ont intégré l’influence d’autres cultures dans l’architecture décorative des mosquées bani, les tangki, comme le symbole yin et yang issu du taoïsme, des dragons voisinant avec Allah et Mohammad, ou la svastika bouddhique sur les chapeaux des acar.

Prière islamo-tibétaine, 1 fois par mois, et seulement par les prêtres

La salât cinq fois par jour, deuxième obligation, n’est jamais suivie : « On fait la prière une fois par mois, sinon on la fait certains vendredis », précise Tu Cong Dat, acar du village de Van Lam. Les acar font la prière à la place des fidèles, et de manière peu conforme au modèle dominant : leur prière consiste en de rapides prosternations et génuflexions. Les fidèles, eux, n’exécutent la prière que durant les nuits de ramadan en se prosternant de tout leur corps sur le sol, à l’image des bouddhistes tibétains.

Le ramadan, seulement pour les prêtres

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Quant au ramadan, il n’est accompli que par les acar. Durant tout le mois, ils s’enferment, jeûnent et dorment dans le tangki. Exceptionnellement durant ce mois de l’année, ils exécutent les cinq prières quotidiennes. Le peuple, lui, ne jeûne que trois jours. Comme pour la salât, les acar accomplissent le ramadan pour le compte des fidèles. Pourtant, l’islam est une religion communautaire où la participation de chacun à la pratique rituelle est impérative. Autre entorse, les acar rompent le jeûne alors que le soleil n’est pas encore couché, une heure avant le crépuscule. Pour donner l’illusion de manger dans le noir, ils ferment les portes et volets du tangki. Ils s’autorisent même une cigarette en attendant la fin du jeûne.

Circoncision symbolique

Des deux dernières obligations, la zakât est dite respectée, mais personne n’a jamais accompli le hajj, faute de moyens. D’autres pratiques telles que la circoncision enfreignent également la pratique musulmane. La circoncision n’est que simulée chez les bani, l’officiant faisant le geste de couper le prépuce, comme le précise encore l’acar Tu Cong Dat : « La circoncision est une cérémonie durant laquelle on utilise un couteau ou un bambou effilé. Mais on ne coupe pas, c’est juste symbolique».

Cochon et alcool halal… hors du village

Quant aux interdits alimentaires, ils ne sont suivis que de loin. Nguyen Van Ty, ancien professeur de français résidant au village de Phuoc Nhon : « Les bani ne mangent jamais de porc chez eux, mais lorsqu’ils se trouvent dans un autre village, ils en mangent en cachette. » Ce laxisme s’applique aussi à la consommation d’alcool comme le décrit l’acar Tu Cong Dat : « À l’extérieur, on peut prendre de l’alcool. Il n’y a pas de punition. Mais si quelqu’un est saoul, il ne peut participer à une cérémonie. »

La fornication flagellée… avec le doigt

Il ne faudrait cependant pas accuser les Chams bani d’ignorer les fondements de l’islam. Ils possèdent une certaine connaissance de la charia, la loi sacrée des musulmans. Ils s’y réfèrent pour mieux l’adapter. Les relations sexuelles avant le mariage, par exemple, sont interdites et sont punies de cent coups de rotin. Ces peines sont les premières revendications des pays musulmans appliquant la charia. Mais ce châtiment est sensiblement allégé chez les Chams bani. Tu Cong Dat : « Les jeunes ayant eu des rapports sexuels avant leur mariage sont punis. Une fois qu’on s’est aperçu de l’absence de virginité, on organise une cérémonie. Il est dit qu’ils doivent être battus, donc nous les battons. Mais pas avec le rotin, c’est avec le doigt que nous les battons », et cet acar exécute en souriant quelques flexions de son index.

L’adultère pardonné

Quant à l’adultère, l’un des péchés les plus graves dans le droit musulman qui réclame la mort des deux amants, l’acar Tu Cong Dat se montre encore une fois bien conciliant : « Dans le cas où un acar aurait des rapports avec une femme mariée, premièrement il est destitué, deuxièmement il faut faire une cérémonie pour laver ses péchés. Ensuite il peut réintégrer ses fonctions de religieux. »

Un islam au féminin

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Le poids des femmes dans les cérémonies est aussi inhabituel. Dans cet islam, ce sont les femmes en majorité qui vont à la mosquée sans porter le voile. Les dignitaires sont certes des hommes mais ce sont les femmes qui accomplissent le rite, donnent les offrandes et se prosternent. Dans les tangki, les fidèles masculins sont largement minoritaires, seuls les notables du village s’y rendent les soirs de ramadan.

Le matriarcat, une tradition asiatique pré-bouddhique

Ceux-ci justifient ce déséquilibre du fait que les femmes sont les chefs de famille. Les Chams obéissent à la loi de la matrilinéarité. Coutume fondée sur la lignée maternelle remontant à une ancêtre commune, la matrilinéarité était autrefois répandue en Asie du Sud-Est, jusqu’à ce que l’introduction du bouddhisme et de l’islam impose le système patrilinéaire, faisant disparaître la matrilinéarité remplacée par la matrilocalité (le couple vient habiter dans la famille de l’épouse) comme au Cambodge ou en Thaïlande. Chez les Chams du Vietnam, la matrilinéarité est restée intacte même après l’introduction de l’islam.

Tout appartient aux femmes

L’héritage passe de mère en fille, les fils ne reçoivent rien. « La maison, l’héritage et les enfants appartiennent à la femme et à sa lignée. Ce n’est pas à l’homme », rappelle Nguyen Van Ty. Cette coutume contredit le droit musulman selon lequel les garçons reçoivent le double de la fille dans l’héritage.

Mariage matrilocal, la mère maîtresse du foyer

Chez les Chams bani, le nouveau marié part vivre dans sa belle famille et travaille pour le clan de sa femme. Ba Thi Vinh, une vieille Chame du village de Van Lam, insiste : « Une fois le mariage célébré, la famille du marié le donne à la famille de la mariée. Celle-ci a tous les pouvoirs. » Toujours en contradiction avec le droit musulman, le divorce se fait exclusivement en faveur des femmes : « Dans le divorce, les enfants ne sont jamais partagés, ils appartiennent toujours à la femme. Même si l’homme a construit la maison, il ne peut en revendiquer la propriété, surenchérit Nguyen Van Ty. C’est pourquoi les hommes chez nous craignent de divorcer, car ils ont tout à y perdre. »

Les Chams préfèrent les filles, piliers de la maison

Dans un tel système, les filles sont davantage valorisées que les garçons, contrairement à la coutume vietnamienne qui privilégie toujours l’héritier mâle pour sa responsabilité dans le culte des ancêtres. Ba Thi Vinh fait remarquer que « les femmes ont davantage que les hommes : elles ont les enfants et l’héritage. C’est pourquoi dans la coutume chame, on préfère avoir une fille plutôt qu’un garçon ». L’acar Tu Cong Dat ajoute : « Les Chams préfèrent les filles. Elles sont le pilier de la maison. Les feuilles ne tombent jamais loin du tronc. Ce sont les filles qui rendent le culte aux ancêtres.» De plus, contrairement au droit musulman où l’homme non musulman doit impérativement se convertir, l’homme bani suit la religion de sa femme en cas de mariage mixte.

Les hommes ne sont pas enterrés avec leurs enfants

Même morts, les Chams obéissent toujours au pouvoir de la lignée maternelle. Les cimetières bani sont constitués d’alignements de pierres tombales. Chaque alignement figure un matrilignage fondé par une ancêtre maternelle : la mère est enterrée avec ses enfants, suivis des enfants de ses filles, etc. Les hommes ne sont pas enterrés avec leurs enfants, mais dans la section funéraire de leur mère. Ils appartiennent au clan maternel et non à celui de leur épouse. Ils ne sont que de passage chez leur femme.

L’islamisation des Chams

On a longtemps cru que l’islam était apparu au Champa au XIe siècle. Le chercheur français Paul Ravaisse, dans un article paru en 1922, se référait à des estampages de stèles musulmanes qu’il avait localisées au Champa sans avoir jamais retrouvé les originaux. Pendant des décennies, les historiens du Champa et de l’Asie du Sud-Est reprendront à leur compte cet article sans le soumettre à la critique et concluront à l’islamisation précoce du Champa. En 2003, le chercheur Ludvik Kalus a démystifié la valeur de ces stèles. Sans bien connaître les circonstances exactes de l’islamisation du Champa, on peut aujourd’hui admettre qu’il s’est implanté dans le pays à la fin du XVIe siècle et s’y est répandu au XVIIe par contact avec les marchands arabes, persans, indiens, mais aussi chinois musulmans, qui faisaient escale dans les ports du Champa, ainsi que par l’immigration des Malais venus propager l’islam en même temps qu’ils commerçaient.

Convertis pour le commerce

Cependant, les Chams ne sont pas restés passifs dans leur islamisation. Peuple de navigateurs, la conversion à l’islam a aussi été un choix actif des Chams pour se tailler une place dans le commerce maritime régional. Cela explique que les autres peuples de l’ancien Champa, Édés, Jaraï, Raglaï, Cru, peuplant les terres intérieures sans accès au domaine maritime, ne se sont jamais convertis à l’islam. Car l’islam était d’abord une affaire de commerçants des cités portuaires en relation avec les réseaux marchands. Pourtant cette conversion n’a pas été exclusive. Beaucoup de Chams ont gardé leur religion d’origine, le brahmanisme (une forme primitive d’hindouisme métissée d’animisme local). Les Chams bani ne représentent qu’un tiers de la population chame.

Un roi pacificateur

L’introduction de l’islam ne s’est pas faite sans déstabilisation sociale. Selon les légendes, elle engendra une longue discorde entre brahmanistes et bani. Face à ces conflits religieux, la tradition rapporte que le roi cham Po Romé (1627-1651) aurait, pour les réconcilier, imposé à chacune des deux religions d’accepter les divinités de l’autre. Le règne de Po Romé fut très favorable aux musulmans sans qu’il se convertisse lui-même. Il serait allé au Kelantan en Malaisie avant son couronnement pour apprendre la magie malaise et la nouvelle religion islamique.


Allah trône aux côtés de la déesse Po Nagar, mère de l’humanité

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Il aurait ajouté Allah, rebaptisé Po Alwah, au panthéon divin des brahmanistes, tandis que les Chams bani acceptaient les divinités des brahmanistes aux côtés d’Allah et de Mohammad. Aujourd’hui encore les prières à Allah et son prophète sont accompagnées d’invocations aux y a n g, génies locaux, comme ceux de la pluie, de la montagne et de la mer, le dieu des flots ou encore la déesse mère Po Nagar. Très importante, Po Nagar est vénérée par les bani qui la placent à l’égal d’Allah. Elle est même l’objet d’une adaptation au récit biblique. Pour l’acar Tu Cong Dat, « Po Nagar est la mère de tous les peuples du monde, pas seulement des Chams. Nous la vénérons comme Eve, la femme d’Adam ».

Complémentarité sexuelle de l’islam et du brahmanisme Cham

Cette division des Chams en bani et brahmanistes s’est accommodée d’un équilibre établi sur une relation binaire et complémentaire. Les brahmanistes correspondent au masculin, à la partie supérieure du corps, au ciel et au chiffre 3. Les bani correspondent au féminin, à la partie inférieure du corps, à la terre et au chiffre 6. Les brahmanistes sont incinérés, ils montent au ciel, royaume du père ; les bani sont enterrés, ils descendent sous la terre, royaume de la mère. Associés, ils forment l’univers entier, le couple primordial et le 9 (3+6), chiffre considéré comme parfait, symbole de paix et de stabilité.

Cette complémentarité, calquée sur la dualité sexuelle, se retrouve dans le costume blanc et rouge presque identique des dignitaires des deux religions. Le blanc symbolise la semence masculine, tandis que le rouge représente le sang de la femme et sa fertilité. À l’image des deux sexes, les deux religions s’interpénètrent. Elles ne peuvent vivre l’une sans l’autre.

Les Chams brahmanistes, par exemple, n’ont pas le droit d’égorger les animaux à quatre pattes, ce sont les Chams bani qui le font pour eux. Tous les trois ans, les dignitaires bani et brahmanistes se réunissent pour discuter de la concordance des deux calendriers (solaire pour les brahmanistes, lunaire pour les bani). Ils veillent ainsi à ce que la fête du Katê, la grande fête des brahmanistes, n’ait pas lieu durant le ramadan, afin que les représentants des deux religions assistent aux cérémonies de l’autre communauté. Les bani sont nombreux à venir au Katê. Inversement, dans une relation de tolérance réciproque, les brahmanistes assistent aux fêtes des bani. L’acar Tu Cong Dat rappelle : « Les brahmanistes qui entrent dans la mosquée s’acquittent de la zakât pour servir les fidèles pendant le ramadan. »

Résistance à l’islam orthodoxe

Cette relation idyllique de coexistence pacifique n’a pas dépassé le territoire restreint de l’ancien Panduranga, dernier bastion du Champa. Ailleurs les Chams de la diaspora, fuyant au Cambodge et en Malaisie les incursions vietnamiennes, se sont convertis à l’islam orthodoxe chaféite (école juridique majoritaire en Asie du Sud-Est). Les Chams de l’immigration ont eu recours à la pratique normative de l’islam pour retrouver une cohésion sociale menacée de dislocation hors du domaine de protection des yang. L’islam chaféite a introduit les Chams nouvellement convertis dans la sphère de la langue malaise, devenue lingua franca de l’islam sud-est asiatique, mais aussi du commerce maritime dont le monopole était aux mains des musulmans. Ils ont ainsi rejoint ce monde malais auquel ils se rattachaient culturellement. L’islamisation malaise les a également ouverts à un plus large espace social en les fédérant à toute la oumma, la communauté des croyants.

Déracinés par l’islam

Mais en échange, les Chams de la diaspora ont perdu une grande part de leur culture dont la matrilinéarité. Ils ignorent tout de l’histoire du Champa. En situation de déracinement culturel et identitaire, ils ont subi l’acculturation. En revanche, les Chams restés sur le territoire de l’ancien Champa, considéré comme la terre originelle des Chams avec ses yang protecteurs, ne furent que peu séduits par l’islam malais.

Tentative échouée de conversion

Dans les années 1960, l’islam orthodoxe (hôi giaoen vietnamien) fait une percée dans les villages bani. Des musulmans orthodoxes, chams et immigrés indiens de Saïgon et du delta du Mékong, tentent de réformer leur pratique libertaire de l’islam. À l’aide de fonds étrangers, trois mosquées d’architecture typiquement musulmane sont construites dans trois villages bani de la province du Ninh Thuân. Quelques bani se convertissent alors à l’islam chaféite. Les hommes adoptent le sarong à carreaux et la calotte blanche, les femmes le hijab et le costume de prière blanc qui les couvrent entièrement à l’exception des mains et du visage. Très vite cependant, des libertés sont prises devant ce conformisme limité à l’enceinte de la mosquée.

Alors que la pratique musulmane impose une parfaite séparation des sexes, les femmes réalisent leurs ablutions devant les hommes osant exhiber leurs bras et leurs cheveux. Ce qui est impensable chez les musulmans de stricte observance. De plus, les tombes des nouveaux musulmans ne dérogent pas au système du matrilignage alors que l’islam veut que chacun soit enterré à égalité sans hiérarchie ou distinction familiale.

Les convertis vont tenter de répandre la nouvelle religion dans leurs villages, mais ils vont se heurter aux bani irréductibles. Hajji Amin, imam de la mosquée orthodoxe de Van Lam, ancien Cham bani converti, déplore son impuissance à convaincre ses anciens coreligionnaires : « Nous avons plusieurs fois rencontré les patriarches bani pour leur rappeler leur devoir de faire les cinq prières quotidiennes, mais ils ne les font pas. De même il faudrait ouvrir la mosquée le vendredi car c’est le jour de la grande fête, mais ils ne l’ouvrent qu’une fois par mois. »

La supériorité de l’islam hérétique matriarcal

La pratique religieuse des Chams bani, sacrilège pour l’orthodoxie musulmane, est vécue par la communauté elle-même comme une supériorité sur les autres musulmans. Tu Cong Dat déclare ingénument : « On est beaucoup plus avancés que l’islam orthodoxe. On a plus de droits, on est plus libre. Mais c’est le même islam, on croit tous en Allah. » C’est pourquoi l’islam orthodoxe n’a eu qu’un impact limité sur les Chams bani, seuls 10% se seraient convertis. La raison principale de cet échec relatif s’impose d’évidence : la force du système matrilinéaire, clé de voûte de la société chame. Ce système contraint l’époux à suivre sa femme en cas de mariage mixte, limitant la propagation de l’islam nouveau. Ainsi Kieu, Cham bani du village de Van Lam, raconte : « Je me suis converti à l’islam orthodoxe quand j’avais 18 ans, mais à mon mariage je suis redevenu cham bani. La coutume consiste à suivre sa femme après le mariage, et donc aussi à suivresa religion. »

La nation au dessus de la religion

De fait, les Chams bani n’ont jamais été sensibles au retour de l’orthodoxie islamique initiée dès le XIXe siècle par les mouvements réformistes. Hajji Amin, pourtant musulman orthodoxe, rappelle le primat de la culture sur la religion : « Nous sommes chams et nous plaçons notre identité chame au dessus de tout. Nous sommes des Chams qui suivent l’islam et non l’islam dans lequel on y mettrait la culture chame. Nous restons chams par le système matrilinéaire et notre culture qu’il faut préserver.»

En conservant des assises sociales bien enracinées dans les croyances locales et la terre protectrice des ancêtres, territoire mythique du Champa, les Chams du Vietnam offrent une leçon de tolérance religieuse et de relativisme, un autre islam à méditer.
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Re: Matriarcat & Religions : des vestiges secrets au syncrétisme

Message  Arlitto le Ven 4 Mar - 20:22

Totems de la déesse

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L’escalier qui conduit à l’entrée principale est sculpté de seins féminins et de croissant de lune qui sont les symboles de la féminité (que l’on retrouve chez Isis, Artémis, et de nombreuses déesses-mères antiques). Pour marquer le respect envers le genre féminin, on doit s’appuyer sur ces protubérances avant d’entrer dans la demeure. En fait, il y a deux escaliers, l’un femelle et l’autre mâle. L’escalier femelle est situé devant la maison, destiné aux hôtes et aux membres masculins de la famille. L’escalier masculin, lui, situé à l’arrière, est destiné aux femmes. La maison est ornée d’un pilier lui aussi à l’effigie d’une femme ornée d’un croissant de lune, mais aussi d’étoiles et de fleurs. A côté de ce pilier, se trouve un lit de planches sur lequel la cheffe de la famille s’installe lorsqu’il y a une réunion.

Mariage forcé de la déesse solaire

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Khan Dam San, ou l’épopée de Dam San, la plus célèbre des Ede, raconte les victoires glorieuses du héros Dam San pour agrandir son territoire, un héros insoumis et arrogant, qui a même tenté d’enlever la Déesse du Soleil pour l’épouser de force. L’épopée Xinh Nhã honore, quant à elle, ce même héros ayant la force des ouragans, qui a combattu les « méchants » (les titans matriciens ?) pour rapporter « la paix » (le patriarcat) aux villages. Ces deux épopées sont enseignées à l’université.

Polythéisme et christianisme

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Les Ê-đê pratiquent un polythéisme primitif. Dans leur panthéon, les Génies Ae Adie et Ae Du sont les plus adorés. Les fêtes annuelles sont liées au culte de l’âme du riz, du Génie du Sol, du Génie de l’Eau et du Génie du Feu. Ils adorent encore le roi du Feu et le roi de l’Eau, concepts qui chez les Ê-đê n’ont rien à voir avec Cour ou l’Etat mais traduisent une certaine conception du monde. La plupart des Ede sont aujourd’hui convertis au christianisme protestant. Les Ede chrétiens sont appelés Dega.

Les animaux totémiques

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Sur les poutres et piliers, on trouves de nombreux motifs d’animaux, comme le varan, le dragon, le crabe ou la tortue… qui sont des animaux sacrés dans la croyance des Ede. On grave souvent le motif du varan sur l’entrée pour s’attirer la chance. Quant au dragon, il a des nageoires en forme de poisson, une moustache et des cornes bien élevées. Selon les spécialistes, il s’agit d’un motif original des Ede qui ne se mélange avec aucun autre motif ethnique. Quand à l’éléphant, il est réservé aux riches familles qui en possèdent.

Préférence des filles et cadeaux genrés

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Comme chez tous les peuples matrilinéaires, les Ede préfèrent la naissance des filles à celle des garçons. Ainsi, la première fille d’une mère reçoit à sa naissance les hommages de tout le clan et de tout le village. Les cadeaux apportés pour les nouveaux-nés dépendent de son sexe. A un garçon, on offre arcs, arbalètes, et haches, tandis qu’aux filles, on offre un métier à tisser, ou des paniers tressés.

Naissance, matronymie, et funérailles

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Enceinte, la femme reste sous le plancher, dans une chambre provisoirement construite pour l’accouchement, lequel a lieu avec l’aide d’une accoucheuse (buê). Les enfants portent le nom de famille de la mère : il reçoit un nom parmi ceux des parents défunts du côté de la mère, après un rite accompli par la mère ou l’accoucheuse. Les morts sont enterrés avec une partie de ses biens comme objets funéraires. Au-dessus de la tombe, on dresse une maison funéraire ou un modèle réduit de la maison barque dans lequel on offre du riz au défunt. Après quelque temps et quand la famille du défunt en a des moyens, elle célèbre la cérémonie d’abandon de la tombe.

Phratries exogamiques

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S’il existe chez les Ê-đê plusieurs lignées familiales, elles se considèrent comme issues de deux souches : Niê et Mlô. Les unions doivent avoir lieux entre ses deux phratries exogamiques. Les couples qui violent la règle de l’exogamie doivent sacrifier un buffle, bien que la violation des restrictions de phratrie n’est généralement pas considérée comme un acte grave, et nécessite alors seulement le sacrifice d’un cochon.

La fille demande la main du garçon

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La jeune fille Ede peut librement choisir son fiancé. Quand elle a trouvé le mari adéquat, elle en informe ses parents, et leur demande de faire intervenir le marieur. Le marieur (po buh kong) représente la famille de la fiancée auprès de la famille de l’homme désiré. C’est un vieil homme connaisseur des lois coutumières. Dans cette société, c’est la famille de la jeune fille qui demande la main du garçon élu et apporte des présents d’usage à sa famille. Une fois que le fiancé accepte le mariage, il part habiter chez sa femme.

Mariage à l’essai : la fiancée testée

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Engagement (k’nam) : avant l’engagement, la fiancée est confiée à la maison du fiancé. La fiancée, menée par un représentant de sa famille, vient vivre dans la maison de son fiancé, durant une période déterminée par les deux familles. Cette coutume permet de tester la loyauté, le bon comportement, et le talent de la fiancée. A la fin de cette période, la famille de la fiancée apporte des poulets, des feuilles de bananes farcies au riz collant, et une jarre de liqueur pour célébrer l’engagement.

Lévirat inter-phratries exogamiques

Si l’épouse décède, et que parmi ses proches aucune ne peut prendre sa place, le veuf retournera vivre chez ses sœurs. La famille de celle-ci lui choisira une autre femme, en général une sœur de la défunte. Dans cette tradition, appelée chuê nuê par les Ede, le veuf se voit donc privé de son droit de choisir la femme de son choix. Cette coutume est aussi pratiquée dans l’autre sens, quand l’époux décède. En conformité avec les enseignements des ancêtres, cela permet maintenir les liens entre les deux lignées, Nie et Mlo.

Qui a le pouvoir réel ?

Cela dit, même si la femme dirige la famille, l’homme a aussi un rôle à tenir. Nguyen Duy Thieu : « c’est vrai que la femme décide, mais il lui arrive aussi de décider grâce à son homme. C’est le cas de Dam San dans l’épopée du même nom. C’est lui le vrai chef de tribu, mais c’est sa femme qui exprime ce pouvoir à l’extérieur, puisque c’est elle la cheffe officielle. Mais lorsqu’il s’agit de diriger la guerre, c’est lui et pas elle, elle ne dirige qu’à l’arrière ».

L’homme, le représentant du matriclan

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Quand on rend visite à une famille Ede, la personne qui reçoit au nom de la famille est un homme, soit le fils soit le mari de la maîtresse du foyer. L’homme Ede représente la famille et toute la lignée familiale de sa mère dans les relations avec l’extérieur. C’est lui qui gère les grands événements survenant dans la lignée familiale de sa mère, comme les mariages ou les funérailles. Le khoa djuê ou le chef d’une lignée veille toujours à installer les familles liées par le sang à côté les unes des autres pour faciliter l’entraide mutuelle.

Collectivisme au village-mère

Les Ê-dê se groupent en buôn, l’équivalent du village việt : une vingtaine de maisons pour les petits, de 50 à 70 pour les grands. Chaque village est peuplé de 400 à 500 personnes, qui sont membres d’un même clan. Chaque village est une unité socio-culturelle. Dans certaines localités, il existe encore des unités de peuplement plus petites appelées alú (hameaux). Le village est souvent nommé d’après les personnes qui ont grandement contribué à leur prospérité, une majorité de femmes telles : H’Nang, H’Lam, H’Wing, H’Linh… Chaque village possède ses terres propres appelées ala buôn (terre du village), propriété commune de la communauté villageoise. Au point de vue social, le village Ê-dé est essentiellement une communauté de voisinage englobant des maisons liées les unes aux autres par des relations d’alliance ou de voisinage.

La maîtresse du village propriétaire terrienne

La femme Ede n’est pas seulement maîtresse du foyer, elle est aussi maîtresse du village. En langue Ede, on les appelle « pô lan ». La pô lan représente tout le village dans la gestion des terres, le règlement des différends internes ou avec un autre village. Selon Nguyen Duy Thieu, comme la pô lan est une grande connaisseuse des affaires religieuses et villageoises, elle force l’admiration des villageois.

« Autrefois, la cheffe du village était propriétaire des terres. Chaque année, accompagnée de ses assistants, elle se rendait chez chaque villageois pour percevoir des rentes foncières et pour voir comment les villageois avaient traité leur terre. En fonction de cela, elle organisait une cérémonie de culte. Dans la société moderne, ce sont les villageois qui élisent leur chef de village, qui peut aussi être un homme. Mais la tradition vaut toujours au niveau des familles où c’est la femme qui est la cheffe ».

Dans la société ê-đê, il y a encore le pô lăn ou le chef de la terre, dont la charge consiste à organiser chaque année un culte au Génie de la Terre, et des offrandes aux génies, leur implorant le pardon des relations incestueuses, ou des infractions aux coutumes commises dans le territoire sous sa gestion. Ce territoire souvent dépasse le cadre d’un buôn, pour couvrir l’équivalent d’une commune, auparavant appelé k’ ring ou sous-k’ ring.

La gardienne des sources

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Chaque village a son propriétaire du point d’eau qu’il a lui-même découvert. C’est en général une femme cheffe de clan. Elle a le droit de distribuer les terres aux membres de la communauté, selon les lois coutumières, et organise les cérémonies traditionnelles du village. Les Ede organisent une cérémonie annuelle pour remercier le génie du point d’eau pour ses bienfaits : météorologie propice, santé des enfants, protection de la forêt, des terres, et des eaux…

Autogestion oligarchique

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Le village est auto-géré par ses habitants. Les villages Ede étaient traditionnellement autonomes, et gouvernés par une oligarchie de familles régnantes : le chef du village est le Po Pin Ea (souvent une femme), secondé par son oncle maternel, le Po Phat Kdi, qui détient et utilise les lois orales, ainsi que du shaman, le Po Riu Yang. Tous ces officiels sont membres d’un même clan matrilinéaire. Certains villages sont devenus dominants sur certaines zones, mais aucun n’a formé de structures politiques plus grandes. L’organisation autonome du buôn est dirigée par le pô pin ea, celui qui a trouvé le point d’eau et déterminé l’emplacement du buôn, assisté sous le régime colonial d’un agent administratif, le khoa buôn. Chaque année, au printemps, le pô pin ea préside la cérémonie de culte du génie de l’eau de l’endroit. Aujourd’hui, ce n’est plus la femme qui a trouvé le point d’eau (les villages étant fixés depuis très longtemps), mais seulement la cheffe du village élue par ses membres pour se charger des affaires communes.

Le juge coutumier

Quand se produit une grave infraction à la coutume ou un grand conflit entre les membres du village, le pô pin ea convoque un tribunal coutumier dirigé par un pô phát kdi, ou juge des coutumes du village, à qui incombe la tâche de prononcer la sentence en se basant sur les proverbes, sur les dictons concernant les relations sociales, et l’organisation communale appelée klei đuê bhiăn kdi (coutumes ayant force de loi).

Systèmes d’échange de travail

Les villageois sont liés entre eux par des organisations d’entraide et d’échange de travail:
•le b’ring jit dans la production,
•le h’rum jit (aide en main-d’oeuvre) dans les enterrements, les mariages, la construction des maisons, la fabrication des tabourets…

Une société hiérarchisée

Les chefs de tribu, chefs militaires, chefs du point d’eau, chefs de village, chefs de la terre, juges, devins, sorciers, conseillers des tribunaux coutumiers… forment la couche supérieure. Puis viennent les paysans libres et les esclaves (prisonniers de guerre, ceux qui ont commis des délits mais ne peuvent pas payer l’amende au village, les débiteurs insolvables…) qui forment la couche inférieure. Autrefois, à la suite des conflits entre les villages, certains chefs sont devenus riches et puissants; leur autorité s’étend sur tout un k’ring englobant plusieurs buôn. Ce sont des m’tao ou chefs de tribu, souvent propriétaires d’un grand nombre d’esclaves.

L’esclave est un membre de la famille

Durant les colonies françaises d’Indochine, il n’était pas rare que les Ede fortunés aient des esclaves, cependant considérés comme des membres de la famille. A noter que les esclaves chez les Ê-đê sont considérés comme des membres égaux dans la famille à laquelle ils appartiennent. Ils peuvent reprendre leur liberté, dès qu’ils ont de quoi payer l’amende au village. Même esclaves, ils peuvent se marier, construire une maison et vivre à part mais restent subordonnés aux maîtres et ne peuvent pas retourner chez leurs parents comme les citoyens libres. Ainsi, si la différenciation a eu lieu dans la société Ê-đê, elle n’est pas vraiment profonde.

La colère des minorités au Viêt Nam

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Les ethnies jarai, ede et ba-na réclament la restitution de leurs terres. Des milliers d’hommes et de femmes qui manifestent, parfois violemment, sur les routes et dans les villes du centre du Viêt-nam: on n’avait pas vu ça depuis des années. Le parc national de Yok Don a été fermé au début de la semaine, l’armée a été placée en état d’alerte avancée et les autorités ont procédé à de nombreuses interpellations, selon des touristes étrangers qui ont visité la région.

Depuis vendredi, la situation est très tendue dans la région des hauts plateaux, et en particulier dans les provinces du Dac Lac et du Gia Lai qui assurent l’essentiel de la production de café du pays. Des milliers de personnes appartenant aux minorités ethniques jarai, ede et ba-na protestent contre la construction d’un nouvel axe routier et pour la défense de leurs droits religieux (ils sont généralement chrétiens dans un pays majoritairement bouddhiste). Mais l’essentiel de leurs revendications est ailleurs: les manifestants réclament la restitution de leurs terres ancestrales des hauts plateaux. Les ethnies jarai, ede et ba-na, qui représentent 600 000 personnes sur les 77 millions d’habitants du pays, estiment avoir été spoliées par l’Etat au profit de planteurs de café, des «colons» appartenant à l’ethnie majoritaire viêt (ou kinh).

Cultures commerciales. Les habitants de cette région ont toujours été en rébellion, larvée ou ouverte, face à l’autorité centrale, qu’elle soit coloniale ou communiste, mais la situation a empiré depuis quelque temps. Comme l’explique Philippe Langlet, un historien spécialiste du Viêt-nam, «depuis 1975, c’est cette région des hauts plateaux qui a vu les plus grandes colonisations vietnamiennes. Le gouvernement a fait de gros efforts pour y développer les cultures commerciales, en particulier le café qui marche de façon fantastique». Ces plantations existaient du temps de la colonisation, mais depuis quelques années, le Viêt-nam est devenu le deuxième exportateur de café dans le monde. Seul problème: ce succès économique a été obtenu au prix de déplacements de populations plus ou moins autoritaires. «D’un côté, la terre est devenue propriété nationale. De l’autre, le gouvernement a concédé des surfaces à des familles. Mais l’Etat se donne le droit de modifier le cadastre en conflit parfois avec le droit coutumier des ethnies», précise Philippe Langlet.

Equilibre perturbé. De fait, le gouvernement a déplacé les minorités des hauts plateaux vers les vallées pour éviter qu’elles brûlent les forêts. Tout en encourageant les Kinhs venus des plaines côtières à s’installer dans les plantations caféières de ces mêmes hauts plateaux, modifiant ainsi un équilibre ethnique déjà perturbé par les autorités dans les années 80. Normalement, le «Conseil des ethnies peu nombreuses» (ou minorités) est consulté. De fait, cela ne suffit pas à éviter les conflits. Il y a plus de dix ans déjà, la construction du barrage de Hoa Binh et l’inondation du territoire de la minorité muong avaient provoqué de très fortes tensions.
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Message  Arlitto le Ven 4 Mar - 20:23

« la Bonne Mère » gardienne et protectrice de la cité phocéenne

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Notre-Dame de la Garde, également appelée localement « la Bonne Mère » (en provençal : Boueno Mèro) est une des basiliques mineures de l’Église catholique romaine. 

Elle est située sur un piton calcaire de 149 mètres d’altitude au sud du Vieux-Port de Marseille. Au sommet d’un clocher de 41 mètres de haut surmonté lui-même d’une tour de 12,5 mètres, se dresse une statue monumentale de 11,2 mètres de la Vierge à l’Enfant. De l’église originelle, nous ne savons pratiquement rien. C’est en 1477 que cette chapelle primitive, qui était presque en ruines, fut remplacée tout à côté, par une nouvelle, avec voûte, elle-même transformée au moment de la construction du fort en 1525 . À Marseille, Notre-Dame de la Garde est traditionnellement considérée par la population comme la gardienne et la protectrice de la cité. Elle constitue le palladium de la cité phocéenne.


Notre-Dame la « brune », ou la vierge noire

Cette statue dont on trouve trace dans des écrits du XIVème siècle, est communément appelée « la brune » Voici ce qu’en dit Madeleine de Scudéry, sœur du gouverneur du fort au 17ème siècle :

» L’image miraculeuse, pour laquelle les matelots ont une si grande religion et que des miracles de chaque jour affermissent encore, est une Sainte Vierge de bois fort vieille, parée d’or et d’argent semblable à celle de Notre Dame de bon Secours de Rouen « 

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Une autre statue remplace la « brune » le 13 juin 1661. Elle est en argent, pèse 22 kilos, fabriquée par la maison Jean Beaumond, maître orfèvre à Marseille. La vierge porte un ostensoir qui sert à exposer le saint sacrement. En dehors des fêtes religieuses, celui-ci est remplacé par un enfant Jésus. Elle sera portée à l’hôtel de la monnaie pendant la révolution, en 1794, pour être fondue.

La « brune » disparaîtra en 1795 pendant la révolution, peut être mise en lieu sûr par Joseph Elie Escaramagne. Après un inventaire, tous les biens de Notre dame de la Garde, sont vendus aux enchères, un an après la Vierge à l’ostensoir qui a été portée à l’hôtel de la monnaie. La vierge brune a disparu. A l’entrée de l’église se trouve aujourd’hui une copie de vierge noire médiévale, repeinte couleur chair, donnée par un collectionneur particulier qui possède l’originale. Peut-être s’agit-il de la « vierge brune » perdue ?

Artémis en Gaule : la fondation de Marseille

La ville de Massalia a été fondée au début du VIe siècle av. J.-C. par des colons venus de Phocée, une des douze cités ioniennes mentionnées par Strabon. Celui-ci nous raconte comment les Phocéens, sur la foi d’un oracle, quittèrent les côtes d’Asie Mineure, et sitôt parvenus à destination, construisirent un temple à Artémis Éphésienne. L’auteur nous apprend que les Phocéens édifièrent à Marseille un temple « Éphésion », ce qui indique clairement la référence au type qu’ils souhaitaient honorer. Il ne s’agit pas de l’importation d’un banal culte d’Artémis mais, très précisément, du culte d’Artémis éphésienne. Ils emportent également une statue en bois…

Les Saintes-Maries-de-la-Mer, temple romain d’Artémis

Strabon indique que c’est sur l’emplacement des Saintes-Maries-de-la-Mer (trinité divine féminine qui apporta le christianisme en Gaule) que les Phocéens de Massalia érigèrent un temple à Artémis. A l’embouchure du Rhône, Strabon indique que les Massaliotes, « désirant marquer de toutes les manières que cette région leur appartenait, (…) ont là aussi construit un sanctuaire d’Artémis d’Éphèse, affectant à cet effet une langue de terre formant île entre les bouches du fleuve. » De plus des vestiges sous-marins ont été identifiés comme un habitat antique au large de la côte. Ils sont antérieurs à la colonisation grecque.

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Un temple similaire fut bâti à Avenio, aujourd’hui Avignon. « Dans tous les comptoirs massaliotes, on vénère Artémis par-dessus tout autre divinité et on conserve à son idole la même attitude et à son culte les mêmes rites que dans la métropole. »
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