Matriarcat & Religions : des vestiges secrets au syncrétisme

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Matriarcat & Religions : des vestiges secrets au syncrétisme

Message  Arlitto le Ven 4 Mar - 20:09

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Matriarcat & Religions : des vestiges secrets au syncrétisme

Matriarcat et Christianisme : survivance du paganisme & réhabilitation du paradis perdu

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Les matriciens pensent que le christianisme n’est pas incompatible avec le matriarcat, et que le message transmis par Jésus à travers les Évangiles n’est pas celui de la répression sexuelle à outrance. Au contraire, Jésus sauve une femme adultère de la lapidation. Cela est d’autant plus vrai que le christianisme se caractérise aussi par son culte marial de la maternité (« Grande, auguste et glorieuse Marie, Mère de Dieu »), dont il y a tout lieu de penser qu’il s’agit d’une survivance du culte d’Artémis à Éphèse, lui-même succédant à un culte très ancien de la Déesse Mère.


Artémis d’Éphèse, prototype de la Vierge Marie.

Artémis d’Éphèse (Turquie), déesse anti-mariage des Amazones, et prototype de la Vierge Marie

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Lors du synode d’Alexandrie en 430 et du concile d’Ephèse en 431 commença la marche triomphale de la Vierge Marie

Éphèse n’est pas un hasard, là-bas, à l’ère paléochrétienne, il y avait encore un culte suprême de la déesse Artémis. La ‘grande Artémis des Éphésiens’, comme on l’appelait autrefois, se transforma alors en la ‘grande, auguste et glorieuse Marie, Mère de Dieu’ du Christianisme, en l’occurrence, la célèbre Vierge Noire. En se métamorphosant de la sorte, l’ancienne déesse ne changea pas seulement de nom, mais aussi de nature. Marie obtint en effet immédiatement le statut d’une image divine et sublime qui l’éleva au dessus de tout ce qui était humain, mais, en même temps, elle resta strictement sous la tutelle du dieu de la trinité. La Reine du Ciel du Christianisme demeura aussi après son apothéose la « Servante du Seigneur ».


Convertir les païens

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Le Christianisme, après qu’il eût conquis Rome et la Méditerranée, ne réussit pas à exterminer définitivement la déesse méditerranéenne. 

Son souvenir survécut des siècles durant. C’est la raison pour laquelle les pères de l’église et les évêques trouvèrent un substitut féminin qui ne portait pas préjudice à leurs intérêts de domination et qui, en même temps, était en mesure de combler la nostalgie profonde des hommes d’une divinité féminine et maternelle. Ils y réussirent avec une adresse remarquable du moment qu’ils redécouvrirent la Mère de Jésus et la mythifièrent en tant que Vierge Marie qui a donné naissance à Dieu et en tant que salvatrice. Les chrétiens des premiers siècles, en faisant des dieux du paganisme des démons malfaisants, répétaient sans le savoir les patriarcaux, adorateurs de Zeus, qui avaient métamorphosé en êtres horribles et terrifiants les Erynnies (justice matriarcale), que cependant les masses démocratiques continuaient à nommer, comme auparavant, les déesses bienfaisantes et vénérables.


Notre Dame Isis, la déesse-mère alchimique secrète, de la Gaule romane à la franc-maçonnerie

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Isis est une reine mythique et la déesse-mère de l’Égypte antique. Elle est représentée, le plus communément, comme une jeune femme affublée d’un trône au-dessus de la tête ou, à la ressemblance d’Hathor, coiffée d’une perruque surmontée par un disque solaire inséré entre deux cornes de bovidé. Isis est l’une des déesses les plus populaire du panthéon égyptien. Le culte d’Isis est actif tout au long de l’histoire de l’Égypte antique et ne s’éteint qu’au cours des ve et vie siècles.
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Re: Matriarcat & Religions : des vestiges secrets au syncrétisme

Message  Arlitto le Ven 4 Mar - 20:25

La Vierge Noire chrétienne, survivance d’un culte païen matriarcal pré-aryen : Isis, Artémis, Belisama

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Les Vierges noires sont des effigies féminines qui appartiennent à l’iconographie du Moyen Âge européen. Elles tirent leur nom de leur couleur sombre, souvent limitée au visage et aux mains. La plupart d’entre elles sont des sculptures produites entre le xie et le xve siècle. On trouve parmi elles de nombreuses Vierges à l’enfant. La majorité des 450 à 500 recensées se rencontrent dans le bassin méditerranéen occidental, domaine de l’art roman, avec une concentration importante dans le sud de la France où on en compte 180. Bien que des musées en conservent, la plupart des Vierges noires sont placées dans des églises et certaines suscitent des pèlerinages importants.

Des attributs non chrétiens

Les peuples d’Europe ont accordé aux Vierges noires une importance qui dépasse largement le simple respect dû à la mère du Christ. La plupart de ces Vierges noires sont liées à des rites de fertilité, de fécondité ou de sexualité. Ce ne sont pas là les attributs ordinaires de la Vierge chrétienne. A Montserrat, l’hommage à la Madone donne lieu à une fête singulièrement païenne, puisque les fidèles se livrent à une danse circulaire qui rappelle volontiers les antiques danses orgiaques. La célébration de l’Assomption de Marie le 15 août est également le  jour d’une des principales célébrations de la déesse Artémis.




Notre Dame Isis, la déesse-mère alchimique secrète, de la Gaule romane à la franc-maçonnerie

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Isis est une reine mythique et la déesse-mère de l’Égypte antique. Elle est représentée, le plus communément, comme une jeune femme affublée d’un trône au-dessus de la tête ou, à la ressemblance d’Hathor, coiffée d’une perruque surmontée par un disque solaire inséré entre deux cornes de bovidé. Isis est l’une des déesses les plus populaire du panthéon égyptien. Le culte d’Isis est actif tout au long de l’histoire de l’Égypte antique et ne s’éteint qu’au cours des ve et vie siècles.

Les survivances tardives d’Isis

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Malgré la disparition du culte d’Isis en Égypte et en Europe, balayé par la croyance en Jésus-Christ (un autre culte oriental), la déesse égyptienne est restée dans la mémoire des lettrés et érudits européens en tant qu’objet de curiosité intellectuelle, artistique et savante. Face à la montée du christianisme, le culte d’Isis périclite puis disparaît au tournant des ve et vie siècles de notre ère. Toutefois, le souvenir d’Isis ne disparaît pas car entretenu par la scolastique monacale et universitaire.

Les mystères isiaques de la Renaissance

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Au cours du Moyen Âge tardif, Isis devient un objet de curiosité de la part des érudits laïcs. Ce phénomène s’accentue durant la Renaissance. L’aspect d’Isis est confondu avec celui de l’Artémis multimammia d’Éphèse. Au cours du Siècle des Lumières, certains philosophes francs-maçons épris d’égyptomanie portent leurs intérêts sur les Mystères d’Isis et tentent de les réinventer dans le cadre des rituels de leurs Loges initiatiques. Les artistes et les poètes ont, quant à eux, sans cesse spéculé autour de l’image de la déesse voilée et fait d’Isis le symbole des lois cachées de la Nature. Depuis les années 1950, aux États-Unis surtout, Isis est particulièrement vénérée auprès des convents kémitistes de la Wicca qui lui adressent un culte païen moderne en tant que grande déesse originelle, maternelle et lunaire.

L’âge d’or médiéval isiaque : les peintres initiés de la Renaissance, disciples matriciens d’Isis

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A la Renaissance, les artistes et intellectuels se passionnent pour la déesse Isis antique, pourtant remplacée par la Vierge Marie, depuis plus de « 1000 ans d’âge d’or médiéval chrétien ». Simple passion intellectuelle ? Ou message secret réservé aux initiés ? Sachant que toute hérésie et tout retour aux cultes isiaques signifiait à cette époque la condamnation aux bûchers de l’Inquisition… Cet âge d’or médiéval fut-il réellement chrétien, s’il a existé ?

Temples isiaques antiques ou églises mariales médiévales ?

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On dit que Saint-Germain-des-Près et Notre-Dame-de-Paris furent bâtis sur d’anciens temples d’Isis antiques, qui auraient aujourd’hui disparu, pourtant toujours indiqués sur les cartes du 18e siècle. Les moines de Saint-Germain-des-Près reconnaissent que la Vierge Noire qu’aurait rapporté Saint Louis des Croisades est une représentation d’Isis. Quel message initiatique secret nous révèle cette femme-serpent du jardin d’Eden, plus amie que tentatrice de l’humanité première ?

La déesse-serpent, amie de l’humanité première

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Lucas Cranach l’Ancien est un peintre de la Renaissance qui a laissé de nombreuses œuvres énigmatiques, relatives aux âges de l’humanité, et aux divinités primordiales. Le serpent de la Tentation, responsable du Péché Originel, et de la Chute des premiers humains, apparaît comme un personnage sympathique et bienveillant, en opposition à un Dieu patriarche qui punit violemment tout écart à l’ordre paternel.

La femme-serpent, une divinité pré-chrétienne ?

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Gwenc’hlan Le Scouëzec dans son Dictionnaire de la Tradition Bretonne parle de la Grande déesse adorée sous forme de femme serpente ou anguille. En Armorique ce culte a été important, à Sizun (Finistère) par exemple, 5 sculptures au total sont dans l’enclos paroissial (église et ossuaire), ce qui fait peut-être de Sizun un sanctuaire important de cette déesse serpente ou poisson.

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Dans la Rome antique, Angita (ou Angitia) était la déesse de la guérison et de la sorcellerie. Angitia était une déesse serpent. Du fait que les serpents étaient souvent associés avec les arts de la guérison dans l’ancienne mythologie romaine (même aujourd’hui, cf: signe des pharmacies), on pense donc qu’Angitia était principalement une déesse de la guérison. Elle avait des pouvoirs de sorcellerie et était maîtresse dans l’art des guérisons miraculeuses et herbales, en particulier lorsqu’il s’agissait de morsures de serpents. On lui attribuait aussi une grande variété de pouvoirs sur les serpents, en y incluant le pouvoir de tuer les serpents avec un seul toucher. Elle était toute particulièrement vénérée par les Marses, un peuple du centre de l’Italie. Ils sont réputés pour leurs charmes et leur sorcellerie. Vaincus par les Romains à la fin du ive siècle av. J.-C., ils se latinisent ensuite.

La dégradation de l’ère primordiale

L’âge d’or est un mythe qui apparaît principalement dans la mythologie grecque puis la mythologie romaine (qui s’y réfère sous le nom de « règne de Saturne »). L’âge d’or fait partie du mythe des âges de l’humanité, avec l’âge d’argent, l’âge d’airain et l’âge de fer.

L’ère matricienne des titans

L’âge d’or est celui qui suit immédiatement la création de l’homme alors que Saturne (ou Cronos pour les Grecs) règne dans le ciel : c’est un temps d’innocence, de justice, d’abondance et de bonheur ; la Terre jouit d’un printemps perpétuel, les champs produisent sans culture, les hommes vivent presque éternellement et meurent sans souffrance, s’endormant pour toujours.

L’âge d’or, une société matriarcale ?

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Cette peinture décrit une humanité heureuse, où hommes et femmes nus mélangés, s’aiment librement sans les contraintes du mariage. Ils dansent autour de l’arbre de vie, le pouvoir de procréation, dont les fruits seront ensuite défendus par le Dieu-Père. Ce paradis terrestre est irrigué par une source qui coule d’une caverne sacrée, l’utérus de la Terre-Mère.

L’ère patricienne des olympiens

L’âge d’argent commença lorsque Cronos, chassé du ciel, vint chercher un refuge sur la Terre, et que Zeus lui eut succédé : les hommes commencèrent à déchoir de leur première innocence et à perdre une partie de leur bonheur. L’âge d’argent finit lorsque Cronos n’ayant point trouvé refuge sur Terre, la quitta puis l’âge d’airain commença. Cette époque mythique appelée également « règne de Zeus » (Cronos a été chassé du ciel) est donc le second âge de la création.

L’âge d’argent, l’avènement du patriarcat ?

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Cette seconde peinture décrit la jalousie, où les hommes se battent désormais entre eux pour posséder les femmes, afin d’avoir une descendance légitime. C’est le père, et non plus la mère, qui est source de la Vie. Après la Chute du Péché originel, la sexualité n’est plus innocente. Elle doit désormais être encadrée par les liens sacrés du mariage, afin que le Dieu-Père confère à l’homme le pouvoir exclusif de la procréation. La femme n’est plus que le terreau qui reçoit la graine du père.

La nostalgie d’un monde disparu

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Sur cette peinture, on peut voir la déesse Artémis nue, allongée près d’une source. Elle est armée d’un arc et d’un bouclier Scythe, car elle est la déesse anti-mariage des Amazones. Lors de l’avènement du patriarcat olympien, elle échappa à la tutelle d’un mari, et fut donc qualifiée de Reine et Vierge. Elle garde la source de vie, pouvoir de procréation, qui coule d’une caverne utérine s’ouvrant sur un autre monde caché et oublié, l’ère primordiale du matriarcat, sans père ni mari, où Dieu était une femme.

Le jardin des délices, par delà le Bien et le Mal

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Le Jardin des délices est un triptyque du peintre néerlandais Jérôme Bosch datant de 1503 ou 1504. Cette œuvre complexe est sans doute la peinture la plus célèbre de l’artiste, mais elle reste encore aujourd’hui assez énigmatique. Le panneau de gauche représente Adam et Ève en compagnie de Dieu dans le paradis terrestre, le panneau central, un jardin délicieux dont la signification n’est pas forcément claire, et le panneau de droite montre les tourments de l’enfer.



Une famille incestueuse ?

Rusée et grande magicienne, Isis est la sœur et l’épouse du roi Osiris, un être divin dont le règne généreux et civilisateur fut placé sous le signe de l’harmonie cosmique. Plutarque rapporte qu’Osiris enseigna à son peuple les manières civilisées (mariage ?) afin que les hommes ne ressemblent plus à des bêtes sauvages (patriarcat ?). Il leur enseigna l’agriculture ainsi que le respect des dieux et des lois (patriarcales ?). Horus fils d’Isis et vengeur d’Osiris assassiné par Seth, réussit à se faire reconnaître comme le successeur légitime de son père, devenant par là, le prototype idéal du pharaon.

Ou une famille matriarcale ?

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Dans la société égyptienne, le statut de la femme est très élevé. Or universellement, plus le statut de la femme est élevé, plus la filiation est maternelle et non paternelle, plus le rôle de l’oncle maternel prime sur celui du père, et moins le mariage n’a d’importance. La transmission se fait de mère en fille, et d’oncle à neveux maternel, et non de père en fils. Ainsi, cette coutume matrilinéaire est encore vivace en Afrique, et l’était bien d’avantage du temps des pharaons : le souverain règne avec sa mère et sa sœur, et lègue son trône à son neveu maternel sans en être le géniteur. Pourquoi la société égyptienne ferait exception ? Osiris étant le frère d’Isis, et l’oncle maternel d’Horus, est-il réellement l’amant de la première, et le père du deuxième ?

Osiris père de son neveux maternel ?

Dans l’iconographie, le moment de l’accouplement posthume n’apparaît qu’au Nouvel Empire.

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Dès les Textes des Pyramides de l’Ancien Empire égyptien, il serait attesté que le dieu faucon Horus est le fils du couple que forment Osiris et Isis. Dans les pyramides à textes, ces écrits sont gravés en colonnes sur les murs des corridors, des antichambres et des chambres funéraires. Les chapitres 366 et 593 des Textes des Pyramides, très proches dans leur rédaction, relatent la naissance et la conception d’Horus. Il y apparaît que ses parents seraient Osiris et Isis. La traduction est-elle fiable ? Cet unique texte est-il authentique ? Une version antérieure a-t-elle existé ?

« Ta sœur Isis est venue à toi, heureuse de ton amour. Après que tu l’as placée sur ton phallus, ta semence a jailli en elle »

— Textes des Pyramides. Chap. 366.
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Re: Matriarcat & Religions : des vestiges secrets au syncrétisme

Message  Arlitto le Ven 4 Mar - 20:27

Au nom de la mère, du frère, et du fils : la trinité matricienne

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On retrouve à travers les croyances égyptiennes des éléments démontrant la place importante qu’occupaient les femmes dans la société. Ainsi, la triade principale n’est pas composée du père, du fils et du Saint-Esprit comme dans le catholicisme, mais :
•de la mère (Isis, Déesse mère dont l’influence et l’amour règne partout, Déesse du blé et à l’origine de sa culture),
•du frère (Osiris, Dieu de l’agriculture et de la fertilité),
•et du fils (Horus).


L’héritière de la Grande Déesse préhistorique

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Isis est la lointaine héritière de la Grande Déesse préhistorique. Si ses pouvoirs sont identiques, protection et fertilité, son apparence est radicalement transformée. La jeune beauté aux seins fermes a pris la place de la mère originelle aux seins lourds et au ventre déformé par les accouchements. Au premier siècle de l’empire romain, le culte de la belle déesse africaine s’étend à l’ensemble du bassin méditerranéen, remontant jusqu’au nord de la Gaule. En bien des cités, les temples d’Isis attiraient plus de fidèles que ceux des divinités gréco-latines. Dans les premiers siècles du christianisme la figure d’Isis allaitant Horus, Isis lactans en latin, servit de base au culte de la vierge Marie.


Les mystères d’Isis

La rencontre des cultures grecques et égyptiennes durant la période ptolémaïque a donné naissance aux Mystères d’Isis, un culte de la déesse basé sur des événements festifs publics et sur des cérémoniels plus confidentiels. Ces derniers ne sont accessibles qu’aux individus ayant entrepris un enseignement spirituel inauguré par une initiation aux mythes et symboles de la croyance en Isis durant des épreuves, nocturnes et secrètes, tenues dans l’enceinte des temples isiaques.

Le voile du sexe d’Isis

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« À Saïs, la statue assise d’Athéna, qu’ils identifient à Isis, porte cette inscription: « Je suis tout ce qui a été, qui est et qui sera, et mon voile (peplos), aucun mortel ne l’a encore soulevé. »

— Plutarque, Sur Isis et Osiris, 9. Traduction de Pierre Hadot

L’inscription de Saïs est évoquée, une seconde fois, au ve siècle, par le grec Proclus dans son Commentaire du Timée de Platon mais sous une forme différente et plus développée:

« Ce qui est, ce qui sera, ce qui a été, je le suis. Ma tunique (chitôn), personne ne l’a soulevée. Le fruit que j’ai engendré, c’est le soleil. »

— Proclus, Commentaire du Timée de Platon, 21e. Traduction de Pierre Hadot

L’expression « aucun mortel n’a jamais soulevé mon voile » qu’adopte Plutarque prête à confusion. Il est tentant d’imaginer une statue d’Isis, le visage caché sous un châle que l’initié soulève tel un époux le jour des noces lorsque se présente à lui son épouse voilée ; le dévoilement signifiant la découverte des mystères cachés. Cette interprétation est peu crédible, les égyptiens ne voilant pas leurs déesses. Plutarque parle plutôt d’une tunique, le peplos étant un lourd vêtement en laine, tandis que le soulèvement de la robe et le dévoilement du sexe féminin d’Isis (ou des déesses qui lui sont identifiées) est un motif mythique et iconographique attesté en Égypte.


La déesse-mère de la parthénogenèse

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Isis-arbre allaitant le roi Thoutmosis III


Isis, la déesse des anciens Égyptiens, la mère des dieux, est venue d’elle-même ; elle est aussi la déesse vierge ; ses temples à Saïs, la ville sainte, portaient cette fière inscription :  »Personne n’a jamais relevé ma robe, le fruit que j’ai enfanté est le Soleil ». L’orgueil de la femme éclate dans ces paroles sacrées ; elle se proclame indépendante de l’homme, elle n’a pas besoin de recourir à sa coopération pour procréer. La Grèce répliquera à cette insolente assertion. Jupiter, le père des dieux, enfantera Minerve sans le secours de la femme, et Minerve, la déesse « qui n’a pas été conçue dans les ténèbres du sein maternel », sera l’ennemie de la suprématie familiale de la femme.

Un monothéisme féminin

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Avant la première dynastie en Égypte, la grande déesse NEIT était « la Mère de tous les dieux », qui gouvernait le ciel, la terre et le séjour des morts. Elle était éternelle et s’était créée elle-même, personnifiant dès les temps les plus reculés le principe féminin, créateur de sa propre existence, qui se suffit à lui-même et dont l’action se reconnaît partout. Sous sa forme de mère universelle, NEIT formait le germe des dieux et des hommes, elle était la mère de RA. Horus, tue Seth, le fils et le défenseur de la Mère, et devient le premier monarque mâle.

« Neit […] celle qui fait dire très justement à Ifor Evans, dans The earlier religion of Greece (1931), que « nous sommes en présence d’un culte qui tend au monothéisme et qui donne la première place à une religion féminine ». Ce qui, du reste, dément totalement le préjugé courant que le monothéisme apparaît avec le patriarcat des Hébreux ».

La diaspora isiaque

Isis gréco-romaine

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Isis tenant un sistre et une situle

Entre la fin du ive siècleav. J.-C. et la fin du ive siècle ap. J.-C., le culte d’Isis se répand à travers le bassin méditerranéen et un nombre important de sanctuaires lui sont élevés en Grèce et en Italie. En ces nouveaux lieux, les rites égyptiens voués à la déesse sont adaptés à la pensée religieuse gréco-romaine. L’iconographie et le culte d’Isis s’hellénisent, et, par un rapprochement avec la quête de Perséphone par Démeter (Mystères d’Éleusis) se créent les Mystères d’Isis organisés sous la forme d’un cérémonial initiatique, progressif et secret. À partir de la fin du ive siècle av. J.-C., le culte de la déesse Isis est attesté sur le sol grec. À partir de la fin du iie siècle av. J.-C., le culte d’Isis se répand largement en Italie et autour de la méditerranée occidentale.

Déméter et les mystères d’Eleusis : le culte secret de la déesse-mère pré-aryenne de l’agriculture

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La révolution du néolithique

C’est sous l’égide de la déesse Mère que s’opère la révolution du néolithique, avec l’apparition de l’agriculture, puis de l’élevage. Les premières  traces d’agriculture  se  trouvent  situées,  vers  9500 ans avant J.- C., dans une bande alluviale qui va de la vallée du Jourdain à l’Euphrate. Une région où les statuettes féminines sont connues depuis le paléolithique supérieur (moins 30 000 à moins 12 000).

La Mère de la Terre

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Dans la mythologie grecque, Déméter (en grec ancien Δημήτηρ / Dêmếtêr qui dérive de Γῆ Μήτηρ / Gễ Mếtêr, « la Terre-Mère » ou de Δημομήτηρ / Dêmomếtêr, « la Mère de la Terre », de δῆμος / dễmos, « la terre, le pays ») est la déesse de l’agriculture et des moissons. Les Romains l’associèrent à Cérès. Triptolème (en grec ancien Τριπτόλεμος / Triptólemos) est le héros grâce à qui l’humanité apprend l’agriculture, et donc la civilisation. Il répand le culte de Déméter et crée les mystères d’Éleusis. Le culte de Déméter y est attesté jusqu’en 1801

Mère de la faune terrestre et marine

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Déméter, dont le nom veut dire la Mère divine, la mère universelle, était la plus ancienne des divinités grecques, puisque les Pélasges d’Arcadie l’honoraient déjà sous la figure d’une déesse à tête de cheval, tenant une colombe dans une main et un dauphin dans l’autre, signifiant par là qu’elle avait enfanté à la fois la faune terrestre, les oiseaux et les poissons. Elle correspondait donc à ce que nous nommons la Nature.

Pour se préserver des persécutions

La crise sociale qui aboutit à l’établissement du patriarcat a revêtu en Grèce une forme religieuse. Les hommes restés fidèles à l’ordre matriarcal refusant de reconnaître et d’honorer les dieux nouveaux, on été selon Hésiode, exterminés par Zeus pour faire cesser le culte des antiques déesses (Gaïa, Rhea, Demeter, les Erynnies, les Keres, etc…). Les persécutions ne parvinrent pas à le supprimer, mais il dut s’entourer d’ombre et de mystère.

Un culte agraire étendu à tout un empire

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Les mystères d’Éleusis faisaient partie d’un culte à mystères, de nature ésotérique, effectué dans le temple de Déméter à Éleusis (à 20 km au sud-ouest d’Athènes). Ils sont consacrés aux déesses Déméter (terre) et sa fille Perséphone (enfer). Ce culte agraire rendu à la déesse grecque de l’agriculture, s’étendra à toute la Grèce et, à l’époque romaine, à tout l’Empire romain. C’est surtout la plèbe qui lui rendait un culte, elle était une Déesse du peuple. L’origine de cette Déesse très étrusque est à chercher parmi les traditions païennes des peuples pré-aryens. Les déesses mère et fille d’Éleusis ont probablement des racines préhelléniques, ceci étant suggéré par la relation entre leur légende et la culture des céréales, introduite en Grèce longtemps avant l’arrivée des Grecs. Selon le mythe, Déméter dévoila aux hommes ses mystères et la maîtrise de l’agriculture.

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Son culte défendu par les armes

Le poète Eschyle (Ve siècle avant JC), citoyen d’Eleusis et initié aux Mystères de Déméter, fut accusé de les avoir révélé. Il connaissait les souvenirs de l’époque matriarcale que les prêtresses conservaient et expliquaient aux initiés. L’explorateur Pausanias (I, 38) rapporte que, dans les temps préhistoriques, les habitants d’Eleusis durent défendre par les armes le culte de Déméter, que les Athéniens voulaient abolir.

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La trinité divine de la Terre Mère

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s’agit pour les Iroquois d’une trinité divine qui a jailli de la tombe de la Terre mère, morte d’avoir enfanté les jumeaux Bien et Mal. On n’a pas encore retrouvé chez les autres peuples iroquois (Hurons, Eries, Pétuns, Wenros, Andastes) de légende similaire.

La quatrième sœur, amie des abeilles

Les Anasazi sont connus pour les avoir adapté en environnement aride. Les Hopi et autres tribus du sud-ouest incluent une quatrième sœur connue sous le nom « Plante à abeilles, des montagnes rocheuses » (Cleome serrulata), plus connue localement sous les termes de Rocky Mountain Beeweed, Rocky Mountain Beeplant, Bee Spiderflower, Stinking clover, Waa’ en Navajo ou encore Navajo spinach, attirant les abeilles pour aider la pollinisation des haricots et des potirons.

Des Amériques à l’Himalaya

En Chine, dans le Yunnan, dans l’ancien Tibet historique, sur les contreforts de l’Himalaya, l’ethnie matriarcale Moso, cultive elle aussi traditionnellement les trois-sœurs, selon une technique identique à celle employée dans les Amériques.

Jusqu’aux Indes

Durant plus de sept siècles, entre la fin du ive siècle av. J.-C. et la fin du ive siècle ap. J.-C., les cultes d’Isis, de son parèdre Sérapis (forme hellénisé d’Osiris), de leur fils Harpocrate et d’Anubis (le dieu chacal) se sont diffusés hors d’Égypte tout autour du bassin méditerranéen et même au-delà, en Arabie, dans l’Empire kouchan (Inde), en Germanie et en Bretagne. Ce phénomène religieux est l’un des plus remarquable des époques hellénistique et romaine. La déesse Isis est la figure centrale de ce panthéon et de nombreuses cités grecques et romaines lui voueront un culte officiel. Dans la littérature scientifique moderne, cette diffusion de la croyance égyptienne prend les noms de « cultes égyptiens », « cultes alexandrins », « cultes nilotiques » ou « cultes isiaques ».

L’empire romain isiaque

Dès le ier siècle av. J.-C., le culte d’Isis se répand en dehors de la péninsule italienne vers le reste de l’occident européen par les routes alpines et vers l’Orient grâce aux marins et marchands égyptiens et syriens. En Gaule, en Germanie et en Bretagne, l’implantation du culte d’Isis est la conséquence de la colonisation romaine et la pénétration du culte correspond aux grands axes marchands, principalement la vallée du Rhône, dans celle du Rhin, et dans les provinces danubiennes (Dacie,Pannonie). En Afrique du Nord, la présence de la déesse reste modeste et se cantonne le long des côtes dans la région de Carthage. En Ibérie, sa présence se remarque dans quelques vallées fluviales (Guadiana et Douro).

« Suivant Tacite (Germ. 9), une partie des Suèves, peuple germanique, sacrifiaient à Isis (déesse égyptienne) ; en fait, on a trouvé des inscriptions où Isis est associée à la ville de Noreia divinisée ; Noreia est aujourd’hui Neumarket en Styrie. Isis, Osiris, Sérapis, Anubis ont eu des autels à Fréjus, à Nîmes, à Arles, à Riez (Basses Alpes), à Parizet (Isère), à Manduel (Gard), à Boulogne (Haute Garonne), à Lyon, à Besançon, à Langres, à Soissons. Isis était honoré à Melun, à Sérapis, à York et à Brougham Castle, mais aussi en Pannonie et aussi dans le Norique ». –  J. Vendyes, Les religions des Celtes, des Germains et des Anciens Slaves, Coll. Mana, tome 3, p. 244.

Le culte impérial d’Horus

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Vers la fin du règne de Commode (161-192), Sérapis et Isis deviennent les protecteurs de l’Empereur et de l’Empire. Au iiie siècle ap. J.-C., la période sévérienne marque l’apogée du culte d’Isis dans le monde antique. Les temples isiaques sont souvent des centres du culte impérial : l’enfant Horus pharaon sur les genoux d’Isis devient l’enfant empereur sur les genoux d’Isis, et deviendra par la suite l’enfant Jésus sur les genoux de la Vierge Marie.  Durant le iiie siècle av. J.-C., malgré la progression du christianisme, la croyance en Isis persiste fortement. Jusqu’à la fin du ive siècle av. J.-C., l’aristocratie romaine qui reste attachée à la défense du paganisme, maintient le culte d’Isis malgré les nombreuses attaques polémiques des cercles chrétiens.

Anahita et Mithra – de la Perse à Rome

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Anahita (en persan : آناهیتا), anagramme d’Athéna, ou Nahid (en persan : ناهید, immaculée) en persan moderne, est une ancienne divinité perse. Le culte de cette déesse a atteint son apogée en Iran. On peut aussi rapprocher Anahita de la déesse sémitique Ishtar. Comme l’a démontré Georges Dumézil, elle correspondrait à la déesse-rivière indienne Sarasvatî. Anahita est, d’après la mythologie perse, la mère de Mithra. L’Avesta la décrit comme celle « celle qui hait les Daevas et obéit aux
lois d’Ahura ». Or les Devas sont aussi les dieux védiques du patriarcat aryen.
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Re: Matriarcat & Religions : des vestiges secrets au syncrétisme

Message  Arlitto le Ven 4 Mar - 20:28

Les nobles et fidèles aryens, Maîtres et Pères de famille

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Drapeau de la communauté Rom

Le mot Aryen est la forme française du mot sanskrit Arya (du sanskrit : fidèle, noble). Alexandre Langlois (1872) traduit chaque occurrence du mot arya dans le Rig-Véda par « maître » ou par « père de famille ». Il considère ce mot comme fort important. Son opinion est que le peuple Arya, originaire de la contrée nommée Arie, Ariane, ou Hiran (Iran) sise à l’ouest du fleuve Indus, fut mené par Manou (qui est aussi l’ancêtre des Manouches) dans la région de l’Aryâvartta, et qu’ils colonisèrent ensuite cette terre dont ils devinrent les « Maîtres » (d’où sa première traduction du mot Arya). Ce nom passe ensuite dans la tradition indienne pour désigner des hommes bons, de bons « pères de famille » qui commanditent des sacrifices védiques nommés yajña pour honorer les devas (d’où sa seconde traduction, plus fréquente, du mot Arya). Il oppose aussi au peuple Arya de la plaine, les autochtones brigands montagnards que le Rig-Véda nomme Dasyou.

Les autochtones, des esclaves hors-castes

Les Dâsas sont des peuples de l’Inde ancienne, ennemis des Aryas, que l’on suppose être la race drâvidienne autochtone, contre laquelle les conquérants aryens eurent à lutter, pied a pied pendant des siècles. Quelques indianistes les identifient avec les Dasyous (être malfaisants et redoutables que le Rig-Veda dépeint comme des athées, ennemis des Dieux, perpétrant des sacrifices et mangeurs de chair humaine). Dans la littérature post-védique, le nom de dâsa devient synonyme d’« esclave », et paraît s’appliquer au Shoûdras et aux hors castes.

Manou, premier législateur du patriarcat aryen

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Dans l’hindouisme, Manu est le premier humain sur Terre. Il est comparable à Adam pour un occidental. Il est associé au dieu Vishnou et son avatar: Matsya, le poisson, pour avoir remis la vie sur Terre après le déluge, qui mit fin à l’ère matriarcale. Manu est aussi célèbre pour avoir écrit les Lois de Manu ou Manava Dharma Shastra un livre antique très connu sur le sous-continent indien qui donne pour les fidèles les devoirs, les lois à suivre. Manu est le premier Législateur, presque un être divin, le créateur de la nouvelle humanité patriarcale.

Castes chastes pour ne pas mélanger les couleurs

Une caste est un groupe social hiérarchisé, endogame et héréditaire. Le mot vient du portugais casta (« pur, non mélangé », à rapprocher du français « chaste »).

Selon l’indianiste Sormani: «Bien des études ont été effectuées sur la véritable origine des castes; les théories les plus fondées font remonter cette origine aux invasions de l’antiquité. Les Aryens à la peau blanche ne voulaient pas se mêler aux premiers habitants, les Dravidiens à la peau colorée (en sanskrit, le mot caste, varna, signifie couleur). Les premières mesures qui ont entraîné la division de la population en castes, ont été les lois interdisant les mariages mixtes entre Aryens et Dravidiens.»

Dans un texte plus tardif, la Bhagavad Gita, le héros aryen Arjuna craint de miner «les fondements de la société», entraînant un état d’anarchie qu’il décrit comme «la corruption des femmes», qui conduirait finalement au «mélange des castes».

Castes et répression sexuelle

La Manusmṛti (sanskrit : मनुस्मृति), aussi appelée Mānava-Dharmaśāstra (sanskrit : मानवधर्मशास्त्र) traduit par: Lois de Manu est un dharmaśāstra, un traité de loi qui est daté environ du iie siècle de notre ère. Il s’agit d’un texte en vers le plus important et le plus ancien de la tradition hindoue du dharma. Ainsi il parle des devoirs des brahmanes et des autres castes. L’inégalité entre les castes y est dictée. Les devoirs d’un roi, les punitions pour les crimes y sont également prescrits.
•Manou instaura le droit du père, ou patriarcat : « L’enfant appartient au père comme le propriétaire de la vache devient propriétaire du veau ».
•Manou condamnait la femme qui avait « violé effectivement son devoir envers son seigneur, à être dévorée par des chiens dans un lieu très fréquenté ».
•Manou impose la mise sous tutelle des femmes, sous l’autorité du père, du mari, puis du fils :  » Jour et nuit, l’homme doit veiller à ce que les femmes (de sa maison) ne soient pas indépendantes, car elles sont attachées aux plaisirs des sens. Les hommes doivent donc les garder sous contrôle. Enfant, elles dépendent de leur père. Jeunes, elles dépendent de leur seigneur (de leur époux). Vieilles, elles dépendent de leurs fils. Une femme n’a pas le droit d’agir de sa propre initiative. » – Mânava-dharma-shâstra, 5, 147-149

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Représentation de la Sati, au moment où la veuve va se jeter dans le bûcher (gravure britannique des années 1820).

Vertueuses et fidèles, jusque dans la mort
•L’épouse n’aura son salut spirituel qu’à travers son époux, et sera responsable de sa vie en toutes circonstances. La satî, « vertueuse », fidèle jusque dans la mort, symbole du dévouement total de l’épouse à son mari, consiste pour la veuve fautive à monter sur le bûcher du défunt et mourir brûlée vive.
•Les familles Hindou des castes élevées doivent avoir au moins un enfant masculin, pour poursuivre la lignée patrilinéaire. A défaut, les ancêtres seront tourmentés dans un enfer spécifique.

La burqa indienne de chasteté

Purdah ou Pardaa (urdu : پردہ, hindi : पर्दा signifiant littéralement « rideau ») désigne une pratique empêchant les hommes de voir les femmes, pour prévenir toute sexualité hors mariage, qui remettrait en cause la reconnaissance de paternité, pilier du patriarcat. Le purdah prend deux formes : ségrégation physique entre les sexes et obligation aux femmes de couvrir leur corps. La purdah exige des femmes qu’elle couvrent leur peau de tissus pour ne pas laisser apparaître leurs formes. Elle leur impose également des restrictions de mouvement, leur interdit d’adresser librement la parole aux hommes et manifeste la subordination de la femme. Le purdah existe sous plusieurs formes dans les communautés hindoues et musulmanes principalement du sous-continent indien. La stricte application du purdah restreint les activités personnelles, sociales et économiques des femmes à l’extérieur de la maison.

L’enfant sans père, un bâtard hors-caste

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Les Intouchables, Parias (désignation obsolète), Dalits,ou Harijan sont en Inde, un groupe d’individus exclus du système des castes, « hors du système des castes », au même titre que les populations aborigènes du pays. Ces individus sont considérés comme littéralement intouchables : « que l’on ne peut et ne doit toucher ». Ils sont par conséquent sujets à de nombreuses discriminations : contact interdit avec l’eau (et donc les puits) et la nourriture des autres castes, restrictions à la liberté de se déplacer et au droit à la propriété, etc. La caste étant déterminée par le père, un enfant conçu hors mariage sera hors-caste, un intouchable, puisque seul le mariage légitime la reconnaissance de paternité. Les autochtones matriarcaux de l’Inde ne pratiquant pas le mariage, ils ne connaissaient donc pas leur filiation paternelle, et étaient donc exclus de la société hindouiste.

La caste des Intouchables, le sort des autochtones vaincus

La civilisation aryenne s’est formée à partir de l’invasion, vers 1 500-1000 avant notre ère, des plaines de l’Indus et du Gange par des peuples de souche aryenne venus des plateaux iraniens. Le peuplement originel du sous-continent indien connaît alors une civilisation avancée. Mais ils sont vaincus et soumis par l’envahisseur. Ils forment alors le quatrième rang social, à fonction domestique, tandis que les envahisseurs s’organisent de manière tripartite. Depuis les invasions aryennes, imposant une société patriarcale de castes, les indusiens sont aujourd’hui relégués aux plus basses couches de la société. Cependant, une fraction de cette population refuse de se soumettre. Elle est alors considérée comme dangereuse et répugnante. Elle forme peu à peu, bien malgré elle, le cinquième groupe dont descendent les intouchables.

Manasa, la reine-mère des serpents des tribus autochtones

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Manasa (Bengali: মনসা, Manasha), ou Manasa Devi, est une déesse des serpents, populaire au Bengale et dans le nord et nord-est de l’Inde. Elle protège et guéri des morsures de serpent, et apporte fertilité et prospérité. Elle est la reine des serpents. Elle est aussi appelée Manasha, ou Ma Manasha. Ma signifiant la Mère Universelle. A l’origine, Manasa était une déesse des tribus autochtones de l’Inde (Adivasi) avant les invasions aryennes. Elle a été intégrée dans le panthéon hindouiste, et vénérée par les basses castes. Plus tard, elle fut élevé à une plus haute caste du panthéon, et est désormais considérée d’avantage comme une déesse Hindu qu’une déesse indigène.

La vache sacrée, déesse-mère pré-aryenne de l’Inde

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En Inde, nombre d’animaux sont sacrés (singe, cobra, taureau, paon), mais Gau Mata, la Mère Vache ou « La Vache-Mère », les dépasse tous (de même, les Déesse hindoues s’appellent « Mère Kâlî » (Kali Mata), etc.). La vache est en effet vue en Inde comme une « Mère universelle » (la vache, sous le terme gaya, veut dire aussi « douceur »), du fait qu’elle donne son lait à tous, même à ceux qui ne sont pas ses veaux ; en Inde, la vache n’est pas seulement « sacrée » en tant que telle, elle représente la sacralité de toutes les créatures. Identifiant la vache comme la « Mère » de toute civilisation, son lait nourrit toute créature. Cette qualité « maternelle », réservée à la vache, est saluée comme la plus haute forme de don.

Appelée aussi Kamadhenu ou Surabhi, elle est la mère de toutes les vaches, et par conséquent, elles sont toutes sacrées. Cette déesse n’a pas de temple, elle est vénérée uniquement par la dévotion accordée à toutes les vaches. Les vaches laitières sont également appelés aghnya « que l’on ne peut pas tuer ». Cette terminologie indique clairement la protection absolue dont la vache (bovin) doit bénéficier. Selon les mythes hindous, la vache Surabhi serait apparue lors du barattage de l’Océan de lait (ou guerre du Graal d’immortalité – voir plus bas). Cette vache merveilleuse est réputée accorder l’abondance : elle distribue aux êtres humains la satisfaction de tous les désirs.

« En vérité, la vache représente la Mère de l’univers et elle est un idéal pour tous ceux qui sont doux, purs, désinteressés et innocents. C’est la vache qui donne le lait dont l’homme tire la crème, le beurre et le ghî. Elle est la mère des taureaux qui tirent la charrue dans les champs pour la nourriture de l’homme. Ses bouses elles-mêmes sont très utiles comme combustibles ; en Kathiawar, où il n’y a ni arbres ni forêts, il n’y a pas d’autre combustible que les pains de bouse de vache. Et, après sa mort naturelle, sa peau et ses os servent à faire des quantités de choses. Ô mère ! En vérité tu es vraiment Kâmadhenu (vache mythique qui exauce tous les désirs de celui qui la possède) ! » — Carnet de pèlerinage, Swami Ramdas, p. 107, éditions Albin Michel, 1973.

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A l’origine, la « Vache Céleste  » figuration de la Déesse Mère Néolithique, fut la Déesse universelle, céleste, solaire, déesse de la végétation, de la naissance et de la mort, de l’eau et du feu, du ciel et de la terre. C’était l’époque du Matriarcat et Dieu était femme. Il a fallu l’avènement des civilisations patriarcales nomades pour combattre l’influence de son culte et imposer un dieu-père. En Inde, où l’on adore toujours le taureau, le culte du taureau faisait partie du culte de la déesse qui domina jusqu’à l’époque de Rama. Dans la civilisation néolithique de l’Indus, le dieu taureau trône aussi aux côté de la Grande Déesse Universelle.

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Le yoga, une création matricienne de Shiva ?

Vers le xviie siècle av. J.-C., les Aryens envahissent le Penjab, ils amènent avec eux leur religion codifiée dans les Veda, racine de l’Hindouisme auquel se rattache le yoga. Ils imposent leur langue, le sanskrit, mais s’imprègnent des traditions autochtones du Nord de l’Inde, notamment les pratiques yogiques existant originellement chez les Dravidiens. La mise à jour progressive à partir de 1920 de la cité antique de Mohenjo-daro, et l’exhumation de nombreux trésors archéologiques appartenant à la civilisation de la vallée de l’Indus, motive l’hypothèse d’une origine pré-aryenne du Yoga. Parmi les objets découverts figurent des cachets de stéatite dont l’un représente un homme cornu à trois visages, entouré d’animaux et assis tel un yogi, qui rappelle étrangement l’attitude de Shiva dit Paśupati, le « Seigneur des animaux ».

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Pashupati est utilisé dans le Rig-veda comme une des épithètes de Rudra, divinité védique des animaux, de la mort et des orages. Se fondant sur cette signification, John Marshall a interprété un sceau de Mohenjo-daro dans la vallée de l’Indus comme un proto-Shiva. Pashupati présente des similitudes avec les dieux pré-chrétiens d’Europe, comme le Cernunnos du chaudron de Gundestrup, similitudes observées également sur de nombreux points du culte.

Phallus cosmique et énergie féminine de la déesse-serpent

Le lingam ou linga (en sanskrit लिङ्गं, liṅgaṃ (« signe ») est une pierre dressée, souvent d’apparence phallique, représentation classique de Shiva, et de l’énergie masculine. Le lingam, toujours dressé et donc potentiellement créateur, est souvent associé au yoni (« lieu »), symbole de la déesse Shakti et de l’énergie féminine.

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Dans le tantrisme, la shakti est identifiée à la Kuṇḍalinī, déesse-serpent existant dans le corps de chaque être humain à la base du sacrum, et dont l’éveil prélude à la délivrance des réincarnations, le moksha, par son union à Shiva à la pointe du crâne. Certaines textes la décrivent comme parèdre de Shiva, enroulée autour de son cou sous la forme d’un cobra. Elle est l’énergie féminine manifestée, complété par la puissance masculine de Shiva. Leur union représente, à l’image de Shiva, la totalité du monde.

La vulve de la Déesse, origine de la vie et de l’agriculture

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Yoni (sanscrit: योनि yoni, littéralement «vagin» ou «utérus») est le symbole de la Déesse (Shakti ou Devi), la Mère Divine Hindou. Dans la philosophie hindoue, selon Tantra, yoni est à l’origine de la vie. Les Aryens ont utilisé le terme yoni dans l’agriculture pour désigner une bonne récolte. Dans le shivaïsme, la secte dédiée au dieu Shiva, le yoni symbolise sa parèdre. L’homologue masculin de la yoni est le linga de Shiva. Leur union représente le processus éternel de la création et de la régénération.

Un culte pré-aryen

Shiva n’est pas une divinité d’origine aryenne. Il n’est pas dans les Véda, il est une résurgence du dieu phallus des premières civilisations de l’Inde. Dans l’Inde ancienne, le lingam était le symbole du phallus, représentant le principe créateur originel tel que l’incarne Shiva, le dieu du Vivant. Ce symbole phallique constitue un rappel des anciens cultes préhistoriques de la fécondité, et son image sculptée est, dans sa stylisation, très éloignée de la nature : le lingam ressemble en fait à un tronçon de colonne, et rappelle parfois le symbole méditerranéen de l’omphalos. Des Lingam et Yonis ont été retrouvés sur les sites archéologiques de Harappa et Mohenjo-Daro, une partie de la civilisation de l’Indus. Il existe des preuves solides pour soutenir qu’il existe une filiation culturelle de la civilisation de l’Indus (Harappa, Indus-Sarasvati) aux pratiques védiques et hindoues modernes.

Les adoratrices du culte du Phallus

Les sanctuaires de la déesse récemment mis à jour au Proche Orient révèlent des phallus de toute forme et de toute taille. Le fait que ceux-ci, et des symboles phalliques tels que les cornes de taureaux, soient le seul signe masculin découvert dans les anciens lieux saints, indique que les adorateurs originels du phallus étaient les femmes elles-mêmes.

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Ces symboles masculins étaient en rapport avec la Déesse, et c’était pour lui plaire qu’ils abondaient dans ses sanctuaires” [Jacquetta Hawkes]. Notons que dans la mythologie égyptienne, ce fut Isis elle-même, la divinité première, qui établit le culte du phallus.

La Grande Déesse du Principe Absolu

Devî, appelée aussi Mahâdevî, la Grande Déesse, est dans l’hindouisme une forme apparente de l’absolu lorsqu’elle est avec Shiva : « Les dieux assemblés s’approchant de la Grande Déesse lui demandèrent : « Qui es-tu ? » Elle leur répondit : « Je suis la forme apparente du principe ultime, le Brahman. De moi sont issus la Nature et la Personne (Prakriti et Puruṣa) qui constituent l’univers. » » Devî Atharvashiras (1-2)

Dans certains textes, la Grande Déesse est appelée Viraj, la mère universelle, ou Aditi, la mère des dieux ou encore Ambhrini, celle qui est née de l’océan primordial. Dourgâ représente la nature protectrice de la maternité. Yaganmatri est un autre nom qui signifie « Mère de l’univers » en sanskrit. De nos jours, Devî a de multiples formes. Les multiples divinités indiennes sont toutes considérées comme des facettes de la mère universelle.

Amma, la déesse-mère pré-aryenne des basses castes

Voici ce qu’explique le Professeur Norman Brown : «Si nous n’en avons pas entendu parler plus tôt, c’est que de toute évidence la Grande Mère n’est pas d’origine aryenne et que les brahmanes mirent du temps à la reconnaître. Elle est tout à fait différente des divinités féminines du Rig Veda… Le culte de la Grande Mère Divine est largement répandu aujourd’hui dans l’Inde non aryenne; dans le sud de l’Inde, chaque village possède sa collection d’Ammas, ou Mères. Leur adoration constitue la principale activité religieuse du village… et les prêtres (il y a également des prêtresses) ne sont pas des brahmanes… mais ils appartiennent à des castes inférieures, ce qui indique l’origine pré-aryenne ou tout au moins non aryenne de ces déesses.»

Brown nous dit que la Déesse a été finalement intégrée dans la littérature brahmanique, mais il fait remarquer que «la conception de la Grande Mère reste encore ambiguë dans les cercles de brahmanes».

Déesse du désir des aborigènes matriarcaux

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Kamakhya (Assam: কামাখ্যা)) est une déesse tantrique importante, qui a évolué dans les collines de l’Himalaya. Les textes tantriques (Kalika Purana, Yogini Tantra) sont la base de son culte. Son nom signifie «déesse renommée du désir». Shakti est reconnue comme une forme de Kamakhya.

Une déesse-mère Khasi

Son temple a été construit au 16ème siècle, dans la province Kamrup de l’Assam. Elle y réside sous la forme symbolique d’un yoni (organe génital féminin). Le Temple Kamakhya Kamarupa est l’un des 18 Maha Shakti Peetha, qui sont des sanctuaires ou des lieux divins de la Déesse Mère. Il est probable que ce soit un ancien site sacrificiel khasi. Les fidèles viennent encore chaque matin avec des chèvres à offrir à Shakti. Cette déesse est probablement antérieure à l’aryanisation de l’Assam. Elle est probablement liée à une déesse importante du peuple khasi, une tribu originaire de l’Assam, qui conserve des systèmes sociaux matrilinéaires.
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Re: Matriarcat & Religions : des vestiges secrets au syncrétisme

Message  Arlitto le Ven 4 Mar - 20:29

La fusion des cultes autochtones et aryens

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Le culte de toute divinité féminine dans l’Assam symbolise la « fusions de croyances et de pratiques» aryennes et non aryennes dans l’Assam. Les différents noms associés à la déesse, sont des noms de déesses locales, aryennes et non aryennes. Selon Banikanta Kakati, les Garos, un peuple matrilinéaire, vouaient un culte antérieur sur le site du temple de Kamakhya, en sacrifiant des porcs. En général, les femelles sont exemptées de ces sacrifices.

Pour convertir les tribus de la Déesse-Mère

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Vatsayana, un sage védique à Varanasi, au cours du premier siècle, a été consulté par le roi de la région de l’Himalaya (Népal), pour trouver une solution, afin de convertir les tribus à un culte plus socialement accepté. Le Sage a suggéré le culte d’une déesse tantrique, Tara, qui s’est propagé de la ceinture de l’Himalaya oriental, jusqu’aux Collines des Garo, où les tribus adoraient Kameke, une déesse yoni de la fertilité.

La fête des menstrues créatrices de la Déesse

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Kamakhya est une déesse qui saigne, représentée comme une jeune fille de 16 ans. Ambubachi Mela est la célébration des menstruations annuelles de la déesse Kamakhya. On croit que pendant les pluies de la mousson, la puissance créatrice des «règles» de la Terre Mère devient accessible aux fidèles. Elle est adorée sous la forme d’un yoni de pierre, d’où coule une source naturelle. La fleur rouge est son symbole, particulièrement l’hibiscus.

Le sang impur de la Déesse aux yeux des aryens

Le temple reste fermé pendant trois jours au cours de la Mela, car on croit que la Terre-Mère y devient impure, comme lors de l’isolement menstruel traditionnel des femmes dans l’hindouisme. Pendant ces trois jours, certaines restrictions sont observées par les fidèles, comme ne pas cuisiner, ne pas prier, ou lire de livres saints, pas d’agriculture, etc. Après ces trois jours, la déesse Kamakhya est baignée, et d’autres rituels sont effectués, pour veiller à ce que la déesse retrouve sa pureté. Ensuite, les portes du temple sont rouvertes, et le Prasad est distribué. Le quatrième jour, les fidèles sont autorisés à entrer dans le temple, et vénérer Kamakhya. La nourriture cérémonielle, ou Prasad, est distribuée sous deux formes – Angodak et Angabastra. Angodak signifie littéralement la partie fluide du corps – l’eau de la source, et Angabastra signifie littéralement le tissu recouvrant le corps – un morceau de tissu rouge utilisé pour couvrir le yoni en pierre pendant les jours de la menstruation.

Le dieu éléphant : un totem aborigène sans père ?

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Statue de Ganesha dans le temple de Prambanan, Java, Indonésie

Shiva est marié à Shakti appelée aussi Parvati, la déesse-mère. Il a deux fils, nés de Parvati, dont Ganesh, le dieu à tête d’éléphant. Ganesh a la particularité d’avoir été conçu par Parvati seule. Shiva coupa la tête de cet enfant illégitime, et la perdit, mais la déesse exigea de lui qu’il lui redonne la vie. Shiva promit de remplacer la tête par la tête du premier « enfant » hors de la vue de sa mère. Le premier être rencontré correspondant à cette description fut un éléphanteau dont la mère dormait en lui tournant le dos… Par cet acte, et bien que Ganesh ait été conçu sans lui, Shiva assume sa paternité.

Krishna, un christ matriarcal pré-aryen

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Krishna (Krichna, Kṛṣṇa, कृष्ण, sombre, bleu-noir, en sanskrit) est une divinité centrale de l’hindouisme. Krishna est la divinité la plus vénérée de l’Inde à l’origine de nombreuses sectes dédiées à son adoration. Dans le Mahâbhârata, il enseigne la Bhagavad-gita, l’un des textes fondamentaux de la pensée indienne. Les similitudes entre la figure chrétienne et le Messie indien sont particulièrement nombreuses: Krishna fut engendré de la Vierge Devaki (« une qui est divine »). Il est appelé le Dieu-berger. Il est la deuxième personne de la trinité divine. Il fut persécuté par un tyran qui aurait commandé la mise à mort de milliers d’enfants en bas âge. Il fit des miracles et des merveilles. D’après certaines traditions il mourut attaché à un arbre. Il est monté aux cieux.

Des autochtones exterminés par Indra

Dans l’hymne védique, on trouve le récit d’une défaite de 50 000 krishna et de leurs familles par le dieu Indra. Les populations qui peuplaient la plaine gangétique avant l’arrivée des aryens ont une carnation foncée qui serait ainsi à l’origine du nom de Krishna.

Le Seigneur de l’Univers, un totem aborigène pré-aryen

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Dans l’hindouisme, Jagannâtha, « Seigneur de l’Univers » (de jagat, le monde, l’univers et nâtha, seigneur) est le nom donné à Krishna lorsqu’il est considéré comme la divinité suprême. On le trouve aussi écrit Djaggernat. Jagannath est adoré dans une triade, avec son frère Balabhadra, et sa sœur Subhadra. La divinité, est représentée en noir, car cette couleur est le nom même de Krishna, son frère est en blanc, et sa sœur en jaune.

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Le temple de Jagannath (Oriya: ବଡଦେଉଳ, ଶ୍ରୀମନ୍ଦିର) est un célèbre temple hindouiste dédié à Jagannath et situé dans la ville côtière de Puri capitale de l’état de l’Orissa en Inde. Le temple abrite une trinité de divinités : Jagannath, Balabhadra (frère de Krishna) et la déesse Subhadra (demi-sœur de Krishna). Selon la saison, elles sont habillées de façon différentes et portent des bijoux spécifiques. Il est possible que le culte de ces divinités provienne d’un sanctuaire tribal antérieur.

Un totem de bois contraire aux dieux védiques

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L’apparence, les pratiques, les sacrements et les rites de Jagannath ne sont pas conformes à l’hindouisme classique. Jagannath manque de références védiques claires. Il n’est pas un membre du panthéon hindou classique. La structure et la forme de Jagannath est celle d’un totem. Il est fait de bois de neem, ce qui est exceptionnel dans l’iconographie des divinités hindoues brahmaniques, toujours faites de métal ou de pierre.

Le dieu des adorateurs des arbres

La tribu des Savaras, les premiers habitants de l’Orissa, adoraient les arbres, et leurs rituels incluaient des danses et des chants pour leur dieu nommé Jaganata. Parmi les tribus de la région de Vindhya, le culte de l’arbre, ou Khamba (pilier) est très répandu. Lorsque les Aryens védiques ont conquis l’Orissa, ils ont assimilé les traditions locales de ce culte, et le transformèrent en un Jagannath aryanisé.

Un dieu sans castes

Il n’y a pas de distinction de castes dans le culte de Jagannath, qui est semblable aux pratiques des populations tribales. Les Daitas sont les serviteurs héréditaires de Jagannath, d’origine tribale et non-brahmane (caste des prêtres). Même les intouchables, parias hors-castes, peuvent lui faire des offrandes. La cérémonie de régénération du corps de la divinité est une coutume tribale, et se retrouve parmi les tribus autochtones, comme les Savaras et les Konds.

Né d’une vierge

A l’origine, vierge signifiait non-mariée, et non pas non-pénétrée. Le mariage servant à légitimer la reconnaissance de paternité, la figure de la Vierge-Mère est celle qui procrée hors mariage, donc sans père reconnu. C’est une femme émancipée de la tutelle du père puis du mari. Dans la famille matriarcale, c’est l’oncle maternel et non le père, non reconnu, qui élève l’enfant.

Au nom du père, de la mère, et du fils

La religion indienne n’a pas éliminé totalement la femme de sa hiérarchie comme l’ont fait les religions juive et chrétienne avec leur trinité toute masculine. Car, dans la trinité hindoue, il y a le père, la mère, et le fils ; et la mère vierge de Krishna, Devaki, est la seconde personne de la trinité. Elle est l’objet d’un culte en tant que“Déesse de la Raison, Mère des Dieux, Auteur de la Création”. La prière à Devaki dit :“Tu es l’Intelligence, la mère du savoir, la mère du courage ; le firmament et les étoiles sont tes enfants ; tout ce qui existe vient de toi ; tu es descendue sur terre pour le salut du monde” [Edouard Schuré].

L’oncle maternel sans père diabolisé ?

Devaki engendra Krishna sans qu’elle ait été fécondée par son mari. Krishna était le huitième enfant de la famille. Or avant sa naissance, son oncle Kamsa, un roi cruel, avait reçu la prédiction que le huitième enfant de sa sœur le tuerait. Kamsa – comme Hérode – fait tuer tous ses neveux maternels nouveau-nés, mais Krishna lui échappe. Selon le Bhâgavata Purâna, Kamsa n’est pas le fils biologique d’Ugrasena son père officiel, mais d’un démon ayant pris l’apparence de Ugrasena pour séduire sa mère Padmavati.

Sauvé comme Moïse

Il fut échangé à la naissance avec le fils d’un berger afin d’échapper à son oncle. Pour échapper à ce massacre, Krishna fut mis dans un panier flottant et laissé à la dérive sur la rivière Yamunâ. Les eaux de la Yamunâ se séparèrent pour laisser le passage à Krishna et son père officiel.

La Mère Terre diabolisée ?

Krishna rêve qu’une géante, une sorcière nommée Putana, et envoyée par son oncle maternel pour le tuer, a enduit ses seins de poison. En tétant, il la tue en aspirant sa vie, elle s’écroule inanimée, ses yeux deviennent des puits et ses seins des collines.

Krishna le coquin

Dès l’âge de sept ans, Krishna aimait la compagnie des femmes. Le jeune Krishna était vacher au village de Vrindavan. Sa fréquentation des gopis, les vachères du village, jeunes filles ou femmes mariées, est le sujet de nombreuses histoires. L’une des plus célèbres, maintes fois illustrée par des miniatures, est l’épisode où, trouvant les gopis se baignant nues dans un étang, il leur vole leurs vêtements et se réfugie au sommet d’un arbre, ne daignant leur rendre leurs affaires que lorsqu’elles viennent les lui demander au pied de l’arbre.

L’amant des femmes non-mariées et des épouses adultères

De toute la campagne des environs du village, accouraient les bergères au palais pour voir Krishna, et danser autour de lui sur le son de sa flûte, en faisant la ronde en chantant « hare Krishna ! hare Krishna !« . C’est ainsi qu’il inventa la danse Rasa, union divine entre les gopis et lui même. Un millier d’entre elles comme Lalita, Vishakha, Campakalata, Citra, Tungavidya, Indulekha, Rangadevi, Sudevi auraient été ses maîtresses, mais Radha sera sa compagne préférée. Radha (devanāgarī: राधा, Rādhā), également appelée Radhika, Radharani et Radhikarani est, dans le Bhagavata Purana, une des gopis, amie d’enfance et amante de Krishna. Elle n’est pas l’épouse de Krishna, et est déjà mariée.

Lire Jésus et les femmes, par Françoise Gange, philosophe de l’ère matristique

Un rebelle aux nouveaux dieux aryens

Krishna s’oppose aussi aux dieux aryens, plus récents, ce qui tend à confirmer son origine aborigène. Jeune homme, il persuade son beau-père et les autres vachers de Vrindâvana de ne plus vénérer le dieu Indra, dieu de la pluie et des moissons, mais en lieu et place, de faire une pūjā (cérémonie d’offrande et d’adoration) à la colline Govardhana et aux vaches (la Terre-Mère et la Déesse-Mère). Le dieu, irrité de ne plus être prié, déclenche un déluge, mais Krishna soulève la colline et dit aux habitants du village de se réfugier sous elle, où ils seront à l’abri et où tous leurs besoins seront satisfaits. Comprenant sa défaite, Indra se prosternant devant Krishna, implore qu’on lui pardonne son orgueil et sa colère. Il rend cependant hommage à Agni, le dieu védique du feu sacrificiel, et en obtient le chakra, une arme incendiaire terrible. On a, dans l’épisode avec Indra, le compte-rendu du remplacement de la vénération d’une divinité védique récente, manifestant orgueil et colère, par celles anciennes et compassionnelles, Krishna et la vache sacrée.

Le dieu du patriarcat aryen

Indra (devanagari: इन्द्र) est le roi des dieux, et Seigneur du Ciel dans la mythologie védique de l’Inde ancienne. Il est originellement issu du dieu aryen de la guerre et de l’orage. Il est comparé à Zeus. Indra apparaît comme l’une des principales divinités dans le Rig-veda. Il est le deva le plus souvent mentionné dans le Rig-véda (250 sûkta environ se réfèrent à lui).

Divinité guerrière et seigneur des hommes

Il est en particulier célébré comme le meurtrier de Vṛtrá. Il est qualifié de nombreux épithètes, notamment Vṛtrahan, meurtrier de Vrtra, le dragon rétenteur des eaux célestes. Au sein du védisme ancien, en tant que dieu guerrier, sa puissance se manifeste dans la fonction guerrière des kshatriyas. Un compagnonnage guerrier, les Maruts, comparable à celui qui entoure le dieu nordique Odin, l’accompagne. Divinité guerrière et seigneur de ses hommes, sa puissance est celle d’un général d’armée. L’avènement de l’hindouisme transforme ce dieu tutélaire des Aryas en roi des devas.

La foudre patricienne


Taranis gaulois

Indra a été rapproché par Georges Dumézil et d’autres spécialistes de l’histoire des religions d’autres dieux aryens de la guerre et de l’orage, tels que le dieu nordique Thor, le dieu lituanien Perkunas ou encore le dieu slave Péroun, dont il partage les caractéristiques essentielles. L’arme d’Indra, celle qu’il utilise pour abattre Vṛtrá est l’éclair Vajra, son foudre de guerre forgé par Tvastar. Son vâhana ou véhicule est Airâvata, l’éléphant blanc aux quatre défenses qui se tient à l’entrée de Svarga, le domaine du dieu dont la capitale est Amarâvatî. C’est là où résident les héros après leur mort sur le champ de bataille et où ils profitent du spectacle des apsaras et des gandharvas.

Le tueur de serpent matricien

Marduk contre Tiamat à Babylone

Son rôle de « frappeur » est un autre héritage de sa fonction orageuse. Pour Xavier Delamarre, les compagnons d’Indra, les Maruts, sont également des divinités orageuses. Leur nom serait à rapprocher du dieu latin de la fonction guerrière Mars. En accord avec ses homologues aryens, Indra est avant tout honoré en tant que tueur du serpent Vṛtra qui retient les eaux célestes et les biens de la saison claire.

Lire L’avènement du patriarcat à Sumer : quand les nouveaux dieux-pères détrônent l’ancienne déesse

Indra terrasse le serpent de la Déesse-Mère

Une divinité de premier plan des Vedas est Indra, et c’est un dieu guerrier, or les hommes de l’Indus semblent avoir été plutôt pacifiques. On peut en déduire que les Indusiens et les gens qui ont rédigé les Vedas (les locuteurs du sanskrit) étaient deux peuples différents. Il existe des mythes communs aux Indiens et aux autres peuples aryens, comme le mythe du serpent ou du dragon, Vritra dans les textes indiens, retenant les eaux ou avalant le soleil. Il est vaincu par un dieu armé de la foudre, Indra en Inde, Zeus terrassant Typhon fils de Gaïa en Grèce, ou Marduk terrassant Tiamat à Sumer.

Le fils de Dana

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La tribu des Savaras, les premiers habitants de l’Orissa, adoraient les arbres, et leurs rituels incluaient des danses et des chants pour leur dieu nommé Jaganata. Parmi les tribus de la région de Vindhya, le culte de l’arbre, ou Khamba (pilier) est très répandu. Lorsque les Aryens védiques ont conquis l’Orissa, ils ont assimilé les traditions locales de ce culte, et le transformèrent en un Jagannath aryanisé.

Un dieu sans castes

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Il n’y a pas de distinction de castes dans le culte de Jagannath, qui est semblable aux pratiques des populations tribales. Les Daitas sont les serviteurs héréditaires de Jagannath, d’origine tribale et non-brahmane (caste des prêtres). Même les intouchables, parias hors-castes, peuvent lui faire des offrandes. La cérémonie de régénération du corps de la divinité est une coutume tribale, et se retrouve parmi les tribus autochtones, comme les Savaras et les Konds.

Né d’une vierge

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A l’origine, vierge signifiait non-mariée, et non pas non-pénétrée. Le mariage servant à légitimer la reconnaissance de paternité, la figure de la Vierge-Mère est celle qui procrée hors mariage, donc sans père reconnu. C’est une femme émancipée de la tutelle du père puis du mari. Dans la famille matriarcale, c’est l’oncle maternel et non le père, non reconnu, qui élève l’enfant.

Au nom du père, de la mère, et du fils

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La religion indienne n’a pas éliminé totalement la femme de sa hiérarchie comme l’ont fait les religions juive et chrétienne avec leur trinité toute masculine. Car, dans la trinité hindoue, il y a le père, la mère, et le fils ; et la mère vierge de Krishna, Devaki, est la seconde personne de la trinité. Elle est l’objet d’un culte en tant que“Déesse de la Raison, Mère des Dieux, Auteur de la Création”. La prière à Devaki dit :“Tu es l’Intelligence, la mère du savoir, la mère du courage ; le firmament et les étoiles sont tes enfants ; tout ce qui existe vient de toi ; tu es descendue sur terre pour le salut du monde” [Edouard Schuré].

L’oncle maternel sans père diabolisé ?

Devaki engendra Krishna sans qu’elle ait été fécondée par son mari. Krishna était le huitième enfant de la famille. Or avant sa naissance, son oncle Kamsa, un roi cruel, avait reçu la prédiction que le huitième enfant de sa sœur le tuerait. Kamsa – comme Hérode – fait tuer tous ses neveux maternels nouveau-nés, mais Krishna lui échappe. Selon le Bhâgavata Purâna, Kamsa n’est pas le fils biologique d’Ugrasena son père officiel, mais d’un démon ayant pris l’apparence de Ugrasena pour séduire sa mère Padmavati.

Sauvé comme Moïse

Il fut échangé à la naissance avec le fils d’un berger afin d’échapper à son oncle. Pour échapper à ce massacre, Krishna fut mis dans un panier flottant et laissé à la dérive sur la rivière Yamunâ. Les eaux de la Yamunâ se séparèrent pour laisser le passage à Krishna et son père officiel.

La Mère Terre diabolisée ?

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Krishna rêve qu’une géante, une sorcière nommée Putana, et envoyée par son oncle maternel pour le tuer, a enduit ses seins de poison. En tétant, il la tue en aspirant sa vie, elle s’écroule inanimée, ses yeux deviennent des puits et ses seins des collines.

Krishna le coquin

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L’amant des femmes non-mariées et des épouses adultères

De toute la campagne des environs du village, accouraient les bergères au palais pour voir Krishna, et danser autour de lui sur le son de sa flûte, en faisant la ronde en chantant « hare Krishna ! hare Krishna !« . C’est ainsi qu’il inventa la danse Rasa, union divine entre les gopis et lui même. Un millier d’entre elles comme Lalita, Vishakha, Campakalata, Citra, Tungavidya, Indulekha, Rangadevi, Sudevi auraient été ses maîtresses, mais Radha sera sa compagne préférée. Radha (devanāgarī: राधा, Rādhā), également appelée Radhika, Radharani et Radhikarani est, dans le Bhagavata Purana, une des gopis, amie d’enfance et amante de Krishna. Elle n’est pas l’épouse de Krishna, et est déjà mariée.

Un rebelle aux nouveaux dieux aryens

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Krishna s’oppose aussi aux dieux aryens, plus récents, ce qui tend à confirmer son origine aborigène. Jeune homme, il persuade son beau-père et les autres vachers de Vrindâvana de ne plus vénérer le dieu Indra, dieu de la pluie et des moissons, mais en lieu et place, de faire une pūjā (cérémonie d’offrande et d’adoration) à la colline Govardhana et aux vaches (la Terre-Mère et la Déesse-Mère). Le dieu, irrité de ne plus être prié, déclenche un déluge, mais Krishna soulève la colline et dit aux habitants du village de se réfugier sous elle, où ils seront à l’abri et où tous leurs besoins seront satisfaits. Comprenant sa défaite, Indra se prosternant devant Krishna, implore qu’on lui pardonne son orgueil et sa colère. Il rend cependant hommage à Agni, le dieu védique du feu sacrificiel, et en obtient le chakra, une arme incendiaire terrible. On a, dans l’épisode avec Indra, le compte-rendu du remplacement de la vénération d’une divinité védique récente, manifestant orgueil et colère, par celles anciennes et compassionnelles, Krishna et la vache sacrée.

Le dieu du patriarcat aryen

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Indra (devanagari: इन्द्र) est le roi des dieux, et Seigneur du Ciel dans la mythologie védique de l’Inde ancienne. Il est originellement issu du dieu aryen de la guerre et de l’orage. Il est comparé à Zeus. Indra apparaît comme l’une des principales divinités dans le Rig-veda. Il est le deva le plus souvent mentionné dans le Rig-véda (250 sûkta environ se réfèrent à lui).

Divinité guerrière et seigneur des hommes

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Il est en particulier célébré comme le meurtrier de Vṛtrá. Il est qualifié de nombreux épithètes, notamment Vṛtrahan, meurtrier de Vrtra, le dragon rétenteur des eaux célestes. Au sein du védisme ancien, en tant que dieu guerrier, sa puissance se manifeste dans la fonction guerrière des kshatriyas. Un compagnonnage guerrier, les Maruts, comparable à celui qui entoure le dieu nordique Odin, l’accompagne. Divinité guerrière et seigneur de ses hommes, sa puissance est celle d’un général d’armée. L’avènement de l’hindouisme transforme ce dieu tutélaire des Aryas en roi des devas.

La foudre patricienne

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Taranis gaulois

Indra a été rapproché par Georges Dumézil et d’autres spécialistes de l’histoire des religions d’autres dieux aryens de la guerre et de l’orage, tels que le dieu nordique Thor, le dieu lituanien Perkunas ou encore le dieu slave Péroun, dont il partage les caractéristiques essentielles. L’arme d’Indra, celle qu’il utilise pour abattre Vṛtrá est l’éclair Vajra, son foudre de guerre forgé par Tvastar. Son vâhana ou véhicule est Airâvata, l’éléphant blanc aux quatre défenses qui se tient à l’entrée de Svarga, le domaine du dieu dont la capitale est Amarâvatî. C’est là où résident les héros après leur mort sur le champ de bataille et où ils profitent du spectacle des apsaras et des gandharvas.

Le tueur de serpent matricien

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Marduk contre Tiamat à Babylone

Son rôle de « frappeur » est un autre héritage de sa fonction orageuse. Pour Xavier Delamarre, les compagnons d’Indra, les Maruts, sont également des divinités orageuses. Leur nom serait à rapprocher du dieu latin de la fonction guerrière Mars. En accord avec ses homologues aryens, Indra est avant tout honoré en tant que tueur du serpent Vṛtra qui retient les eaux célestes et les biens de la saison claire.

Indra terrasse le serpent de la Déesse-Mère

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Une divinité de premier plan des Vedas est Indra, et c’est un dieu guerrier, or les hommes de l’Indus semblent avoir été plutôt pacifiques. On peut en déduire que les Indusiens et les gens qui ont rédigé les Vedas (les locuteurs du sanskrit) étaient deux peuples différents. Il existe des mythes communs aux Indiens et aux autres peuples aryens, comme le mythe du serpent ou du dragon, Vritra dans les textes indiens, retenant les eaux ou avalant le soleil. Il est vaincu par un dieu armé de la foudre, Indra en Inde, Zeus terrassant Typhon fils de Gaïa en Grèce, ou Marduk terrassant Tiamat à Sumer.

Le fils de Dana

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Il aurait empêché, avec l’aide de sa mère Danu, les eaux de s’écouler. Il avait la forme d’un serpent ou d’un dragon. Chez les celtes d’Irlande, les Thuatha de Danann sont la race elfique des fils de Dana, la déesse-mère primordiale. Vṛtrá a été tué par Indra, ce qui a valu à ce dernier l’appellation de Vṛtráhan. En le tuant, Indra a libéré les eaux et a permis au soleil de monter au ciel.

Les serpents avaleurs de soleil

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Les Aryens vivaient sûrement en Bactriane (Afghanistan) avant de descendre vers l’Inde. Aux alentours du xxe siècle av. J.-C., il s’y trouvait une assez brillante civilisation de l’âge du bronze, or certaines caractéristiques la rattachent aux Vedas. Par exemple, on voit, sur des vases, des représentations de serpents installés sur des montagnes et contenant des soleils. C’est peut-être une illustration du mythe du serpent avaleur, Vritra, qui est rapporté dans les Vedas.

La cruche d’éternité de la mer de lait primordiale

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La Kumbh Mela ou Kumbha Mela (en hindi कुम्भ मेला (kumbh mēlā), littéralement « fête de la cruche ») est un pèlerinage hindou organisé quatre fois tous les douze ans et qui a lieu, à tour de rôle, dans les villes saintes de Prayag (le nom hindou d’Allahabad dans l’Uttar Pradesh), Haridwar (Uttaranchal), Ujjain (Madhya Pradesh) et Nashik (Maharashtra).

L’utérus de la Déesse-Mère

Les racines historiques de la Kumbh Mela se trouvent peut-être dans des cérémonies propitiatoires organisées aux temps des semailles, cérémonies au cours desquelles des pots de grains sont trempés dans les eaux des fleuves sacrés et mis à germer. Elle a aussi été considérée comme un rituel de fertilité, la cruche symbolisant par sa forme non seulement la Déesse-Mère mais également l’utérus, la matrice du monde. Elle serait alors naturellement associée à l’eau, en général, et à celles des fleuves en particulier, fleuves qui ont toujours joué un rôle majeur dans le monde indien, depuis la civilisation de la vallée de l’Indus, tout au moins comme semble l’indiquer le tank de Mohenjo-daro.

La guerre pour le Saint Graal d’immortalité

L’observance de la Kumbh Mela est basée sur le mythe hindou du barattage de la mer de lait. Dans les temps très anciens, les deva et les asura, les dieux et les démons, firent une alliance provisoire de façon à travailler ensemble à l’élaboration de l’amrita, le nectar de l’immortalité, à partir de la Ksheera Sagara, la mer primordiale de lait, et à partager ensuite cet amrita. Pour ce faire, ils devaient utiliser le serpent Vâsuki, le roi des Nâgas, pour mettre la montagne en rotation en tirant alternativement.

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Vishnou danse au sommet du Mont Méru, tandis que les asuras (à gauche) et les devas (à droite) utilisent Vasuki pour baratter la mer de lait (Aéroport Suvarnabhumi de Bangkok)

Cependant, quand la kumbha, la cruche, contenant l’amrita apparut, les démons s’en emparèrent et s’enfuirent au loin pourchassés par les dieux. Durant douze jours et douze nuits divines, l’équivalent de douze années humaines, les dieux et les démons combattirent dans le ciel pour la possession de la cruche d’amrita. Pendant la bataille, des gouttes d’amrita tombèrent en quatre endroits: Prayag, Hardwar, Ujjain et Nashik, raison pour laquelle ces villes sont sacrées et le lieu de la célébration de la Kumbh Mela.

L’utérus d’or, ou la création de l’univers

Hiraṇyagarbha, est un terme sanskrit de l’hindouisme qui se traduit par: œuf d’or ou matrice d’or; ou qui signifie littéralement le « fœtus doré » ou l’« Utérus d’or », il correspond au lieu d’où est issu la création, la cause de l’univers d’après le Rig-Veda (X, 121). La matrice de la création, l’œuf d’or sont le lieu où réside Bindu, fondement de toutes choses. Les Upanishads indiquent que le Hiranyagarbha flotta dans le vide pendant un certain temps puis se brisa en deux moitiés qui formèrent le Ciel et la Terre. Ce récit existe dans presque toutes les cultures antiques.

Source de la vie et protectrice des rois

Le Yasht V (Aban Yasht) est consacré à la déesse Ardvi Sura Anahita, décrite comme une jolie femme au corps ferme et élancé. Elle est la déesse de toutes les eaux à la surface de la terre ainsi que de la pluie, de l’abondance, de la fertilité, des unions, de l’amour, de la maternité et de la victoire. Les Anciens voyaient en elle la source de la vie et elle symbolise la prépondérance du rôle féminin dans la société. C’est une des raisons évoquées pour expliquer que les cérémonies de couronnements royaux se tenaient au temple d’Anahita.
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Re: Matriarcat & Religions : des vestiges secrets au syncrétisme

Message  Arlitto le Ven 4 Mar - 20:31

Mythologie Celte : déesses, fées et druidesses du paganisme matriarcal pré-aryen

La mythologie celtique présente la particularité de n’avoir qu’un unique principe divin féminin. Dans la littérature mythique et dans la toponymie, différentes déités importantes en sont les émanations.

Le souvenir d’une ère matriarcale révolue

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Comme dans la mythologie grecque (Jason et Médée, le matricide d’Oreste…), les légendes celtiques relatent souvent les conflits et tragédies résultant du passage du matriarcat « primitif » au patriarcat du « progrès », du droit maternel (liberté sexuelle et amoureuse) au droit paternel (mariage, virginité, et répression sexuelle). Elles témoignent de cette nostalgie d’une ancienne ère révolue, paradis perdu sous les traits du monde de Féérie, le Sidh (« l’autre monde », ou monde des esprits, car il n’y a ni enfer ni paradis chez les païens), univers parallèle ou sous les eaux, et par delà les océans, royaumes où règnent les puissantes fées, îles merveilleuses des femmes, de la jeunesse et de l’abondance, où le temps et la souffrance ne sont plus.

Les fées matriarches de « l’autre monde »

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Le pays des fées est fondamentalement d’essence matriarcale. En témoignent ces nombreuses fées et Dames du Lac (qui donna l’Épée au roi Arthur), le plus souvent non mariées (supposées et dites « vierges » comme Diane-Artémis), qui séduisent et collectionnent les mortels valeureux. Malheur à qui osera rejeter les avances de ces dames. Les plus chanceux se verront expédiés dans « l’autre monde », lors d’une chasse, poursuivant un gibier magique, un animal blanc surnaturel (biche, cerf, sanglier… un animal totémique, héraldique, sacré), qui les attirera au travers d’une porte invisible du Sidh, afin qu’ils y réapprennent les bonnes manières amoureuses envers les femmes.

Les Thuatha de Danann, fils de Dana

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Le panthéon celtique est peuplé de nombreuses déesses telles Brigit, mère de tous les dieux. Elle règne sur les arts, la guerre, la magie et la médecine. Mais aussi Dana, la mère primordiale de l’ancienne race elfique des Tuatha Dé Danann (fils de Dana). Ce sont des héros et des magiciens (Bansidh). Ils maîtrisent le druidisme, le savoir et les arts. Ils vinrent d’îles merveilleuses au nord du monde, pour régner sur l’Irlande jusqu’aux invasions Aryennes des Milésiens (celtes venus par l’Espagne en 500 av-JC).

Le destin du peuple vaincu des mégalithes

Les Tuatha Dé Danann retournèrent en partie sur leurs îles, et ceux qui restèrent se cachèrent dans des palais sous les vertes collines. Ils s’appelèrent alors les Daoine Sidh, ou Peuple des fées, du latin fata (destin), ou du Gaélique faé (vaincu). Ce détail étymologique semble confirmer que c’est bien un peuple matriarcal, les fées que les envahisseurs aryens celtes ont vaincus, en conquérant l’Irlande. Ériu (ou Erin, Eri) est une déesse souveraine de l’Irlande. Elle faisait partie des Tuatha Dé Danann. Déesse éponyme de l’Irlande, tout comme ses sœurs Banba et Fotla. Elle devient la personnification de la nation irlandaise qui prendra son nom : Eire.

Dana, déesse-mère celtique de la Terre

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Elle est l’équivalent celtique de la très populaire Gaïa. À elle seule elle représente plusieurs aspects des deux déesses terrestres Gaïa et Déméter. Elle est la mère des dieux et des humains, le « peuple de la déesse Dana » ou « Tribu de la déesse Dana » les Thuatha de Danann portent encore et toujours son nom. Elle peut-être Dana, Danu, Ana, Anna, Anu, Dôn. Déesse Mère de la terre d’Irlande, mais elle est la Terre. Elle est la mère de toute vie, autant chez les dieux que chez les humains. Son nom est si ancien, qu’on en a oublié d’où il vient. Quoi qu’il existe quelques pistes, quelques liens, de ceux qui la relient à la Diane des romains, à cette Sainte-Anne mère de la Vierge Marie mère de Jésus. Les déesses celtes sont nombreuses à avoir été avilies où réduites au statut de sainte, selon ce qui arrangeait les « romanciers » qui réécrivent l’histoire biblique de Jésus. Dana, cette grande divinité irlandaise, mère mythique de la dernière génération des dieux (dans les mythes, légendes et contes qui nous sont parvenus) qui régnèrent sur l’Irlande; les Tuatha de Danann, a laissé son nom à des rivières et aux collines jumelles nommées « Dé Chich Anann » (les seins d’Anu).

Dans les Védas indiens, Danu est aussi la déesse-mère primordiale. Son fils, le serpent Vritra, sera terrassé par la foudre du nouveau dieu guerrier aryen Indra.

La déesse-mère gauloise

Ana était une déesse mère dans les croyances gauloises. La Déesse Celte Anna (Dana, Danu, Ana, Anna, Anu, Dôn ou Danann) est d’une certaine façon l’équivalence de Gaïa pour les Grecs. Elle représente la mère des Dieux Celtes et en même temps la mère des Humains. Elle donnera son nom à la grand tribu de la mythologie celte, Tuatha Dé Danann. Le culte, très vivace dans l’ouest, s’est retrouvé plus tard dans le culte chrétien à Sainte Anne. Toujours présente dans les esprits, elle est la Sainte Patronne du pays Celte de Bretagne (Breizh/ Bertaïgn).

La déesse-mère galloise du Mabinogi

Dôn est une déesse-mère de la mythologie celtique galloise. Dans la littérature mythologique, elle apparaît notamment dans le conte Math fils de Mathonwy, qui est la quatrième branche du Mabinogi et dans Kulhwch et Olwen. Elle est l’équivalent de Dana, la grande déesse irlandaise des Tuatha Dé Danann. Ses enfants dieux sont les quatre frères Gwydion, Hyfeidd, Gofannon et Gilfaethwy et la déesse Arianrhod, la « roue d’argent ».

L’oncle maternel devient gardien de la virginité

Leur oncle maternel est le roi Math, qui a l’obligation, en temps de paix, de demeurer avec les pieds posés dans le giron d’une vierge, sous peine de mort. Il ne peut déroger à cette contrainte que pour aller à la guerre. L’un de ses neveux maternels, Gilfaethwy, s’éprend de Goewin la vierge « porte-pieds » et son frère, le magicien Gwydion, imagine un stratagème pour éloigner le roi de la vierge…

Sauver l’honneur d’une violée par le mariage

Gilfaethwy en profite pour violer la vierge le soir-même. De retour dans sa résidence royale, Goewin doit avouer au roi qu’elle a perdu sa virginité, et qu’elle ne peut donc plus assumer sa fonction. Le roi l’épouse pour sauver son honneur.

Enfant sans père, fils de la vague

Pour remplacer Goewin, on suggère Arianrhod, fille de Dôn et sœur de Gwydion et Gilfaethwy. Elle doit subir une épreuve attestant sa virginité, en passant sur la « baguette magique » de Math. Elle donne immédiatement naissance à deux frères jumeaux. Déesse de la fécondité, elle est la mère de Dylan Eil Ton, et du dieu suprême Lleu Llaw Gyffes, équivalent de Lug.

Le premier rejoint l’océan pour nager avec les poissons, c’est pourquoi le roi (son père ?) l’appelle Dylan Eil Ton, « Dylan fils de la vague ». L’enfant illégitime est malencontreusement tué par son oncle maternel Gofannon.

L’enfant du clan maternel, privé de mariage

Le second enfant est élevé par son oncle maternel Gwydion. Courroucée d’avoir été démasquée (elle n’était donc pas vierge), pour se venger de l’outrage, sa mère prononce trois geisa (sorts/interdits) sur l’enfant :
1.Il n’aura pas de nom, si ce n’est celui que sa mère voudra bien lui donner ;
2.Il ne pourra jamais porter d’armes, à moins qu’elles viennent de sa mère ;
3.Il n’aura pas de femme humaine.

Cette attitude révèle l’importance du rôle de la femme chez les Celtes.

La puissance d’une déesse-mère anti-mariage

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Macha est une déesse de la mythologie celtique irlandaise, principalement connue pour avoir été à l’origine de la faiblesse des Ulates (habitants du royaume d’Ulster) selon une malédiction qui fait suite à la vantardise de son époux « Crunnchú ». Macha est une autre représentation de la déesse Morrigan, elle a donné son nom à Emain Macha, la capitale du royaume d’Ulster.

Un mariage qui doit rester secret

Après le veuvage du fermier Crunnchú, une magnifique jeune femme vient dans son lit (probablement mariée et enlevée de force) prendre la place de son épouse, il s’agit de la déesse Macha, avatar de Morrigan. Elle lui propose un pacte : les affaires de Crunnchú seront prospères et il sera heureux tant que leur relation restera secrète. Mais lors d’une fête il ne peut s’empêcher de se vanter et affirme que sa femme court plus vite que le meilleur attelage du roi.

Droit de vie et de mort sur son épouse

Sous peine de mort, le roi l’oblige à prouver ses dires et Macha, alors enceinte, doit s’exécuter. Elle court plus vite que les chevaux du roi et à l’issue de la course elle donne naissance à des jumeaux, un garçon qui est nommé Fior (« le Véridique ») et fille, Fial (« la Pudique »).

Donner la vie : une force handicapante

Macha lance alors une malédiction sur les Ulates : à chaque fois que le royaume sera attaqué, ils deviendront aussi faibles qu’une femme en couche. Ce sort est connu sous le nom de « neuvaine des Ulates » et lors de la Táin Bó Cúailnge (« Rafle des vaches de [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]ey »), Cúchulainn devra défendre seul le royaume. La capitale du royaume d’Ulster s’appelle Emain Macha (« les jumeaux de Macha ») en souvenir des deux enfants.

Un animal-totem de l’ère matriarcale

Selon Julien d’Huy, Macha, comme Mélusine, appartiendrait au type mythique de la ménagère mystérieuse. Dans de tels récits, « une femme-animal apparaît mystérieusement et s’occupe en cachette du foyer d’un homme célibataire ; celui-ci la prend comme conjointe ; le rappel de l’une des caractéristiques animales de la femme conduit à la fuite de cette dernière. » En s’appuyant sur des groupes de transformation similaires en Europe et en Amérique du Nord, transformation incluant Macha, l’auteur fait remonter ce type de récit à la préhistoire européenne.

La déesse-soleil pré-aryenne anti-mariage des mégalithes

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Áine est, dans la mythologie celtique irlandaise, la déesse de l’amour et la fertilité. Pendant des siècles, on célébrait une fête en son honneur la veille de la Saint Jean (jusqu’au xixe siècle à Knockainy, le mont d’Áine dans le comté de Kerry).
•Déesse de l’amour, il ne fallait pas abuser : le roi Ailill Olom de Munster, qui fut un de ses amants, essaya de la violenter. Mal lui en prit vu qu’elle se servit de ses pouvoirs pour le tuer.
•Déesse de la fertilité, son culte fut toujours lié aux agriculteurs. Elle commandait aux récoltes et animaux.

Lors d’une célébration en son honneur, des filles s’étaient attardées. Áine apparut et leur montra une colline dont les habitantes étaient des fées visibles uniquement quand on les regardaient à travers l’anneau magique d’Áine.

Le viol du roi Ailill

C’est durant une nuit de Samhain que le roi local du nom d’Ailill se rend près du sidh enchanté. Il s’y rend avec son cheval qu’il laisse paître sur le pré entourant la colline (le sidh). Il craint cet endroit mais tente de surmonter sa peur. La nuit de Samhain (le futur Halloween) est connue pour être un moment terrible de l’année, car les portes des autres mondes s’ouvrent sur celui des hommes, laissant le libre accès à toutes les créatures surnaturelles. C’est une nuit où les gens préfèrent s’enfermer chez eux par crainte de faire de mauvaises rencontres.

Le roi Ailill se sent soudain pris d’un lourd sommeil, chose qu’il attribue à un quelconque enchantement magique car il put percevoir le son mélodieux d’une harpe. Il ne se réveillera qu’à l’aube, et constate alors que la colline et son cheval ont disparu.

Il aperçoit ensuite venant vers lui un homme d’âge mûr et sa fille (sa nièce ?) aux beaux cheveux blonds jouant de la harpe. Ailill fut soudain pris d’un désir énorme pour cette magnifique jeune dame. Il ne put pas résister et tenta de l’empoigner afin de l’attirer vers elle. Son père (oncle maternel ?) s’interposa. Le roi Ailill, comme pris de rage incontrôlable, tua d’un coup de lance l’homme qui s’était mis en travers de son chemin. Sa fille se jeta sur le corps sans vie de son père (oncle ?), folle de rage et de désespoir. Puis, elle se redressa, et dit au roi:

“Tu seras maudit pour les générations à venir. Tu perdras ton royaume et ton honneur. Le poison empliera ta bouche, et tu ne pourras plus jamais entendre le doux son de la musique. À partir de maintenant les hommes se moqueront de toi et les femmes rieront à ton passage. Tu n’auras plus jamais de repos ni de plaisir”.

Le roi Ailill prit alors sa lance afin de transpercer également la fille. Mais c’est à ce moment que cette dernière se transforma et changea son apparence en une femme mûre d’une taille gigantesque entourée d’une lumière glorieuse et resplendissante. Elle se mit à rire et dit au roi:

“Crois-tu vraiment pouvoir me tuer et m’empêcher de me lever sur l’horizon chaque matin? Et même si j’ai l’air de m’affaiblir chaque hiver, je reprends toute ma force et vigueur durant l’été suivant. Stupide mortel, ne m’as-tu donc toujours pas reconnu?!?”

Derrière cette immense et belle créature, les oiseaux venaient chanter. Et bien que ce début d’hiver lui donnait un visage quelque peu blême, froid comme la glace d’un mois de Novembre, le roi Ailill n’eut plus aucun doute. Il était face à la grande Dame Áine, la Déesse des lieux et de la clarté du soleil.

Des fées aux prêtresses

Dans la mythologie celtique irlandaise, une Bansidh (prononcer bannshi) est une « femme du Sidh », c’est-à-dire de l’Autre Monde, une messagère des dieux. Si la documentation nous provient essentiellement de la littérature irlandaise médiévale, cette déité est pan-celtique ; on la retrouve notamment au Moyen Âge sous le nom de banshee et en Bretagne sous le nom de Marie Morgane, dans une forme altérée par le folklore. Ne pouvant survivre en tant que telle à la christianisation, la Bansidh deviendra au niveau du folklore, une fée, une sorcière ou une guérisseuse. Les fées sont des incarnations de la Déesse-Mère ou des druidesses.

Systématiquement, les récits insistent sur leur jeunesse et leur beauté, leur irrésistible pouvoir de séduction. Leur magie est plus puissante que celle des druides pour les affaires d’amour. Elles servent d’intermédiaire entre les dieux des Tuatha Dé Danann et les hommes. Parfois elles accordent leurs faveurs à des hommes, s’ils en sont dignes, c’est-à-dire à des héros ou à des guerriers émérites, et les emmènent avec elles, dans la « Plaine des Plaisirs », Mag Meld, un autre nom du Sidh.

La fonction sacerdotale de la femme celte : les druidesses

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On a toujours entendu dire qu’il n’y avait pas de femmes chez les druides, seuls les hommes, étaient admis. On trouve beaucoup de controverses quand à la possibilité que les femmes aient pût, un jour être Druidesses. Cependant, dans la tradition celtique se trouvait une catégorie ouverte au, sexe féminin. Appelées Banduaid, Banfhlaith ou Banfhilid, les Druidesses (tout comme les vestales Romaines) étaient gardiennes du feu. On retrouve dans le dinnsenchus de Rennes une description fort complète de leurs actions.

A l’origine, les tribus Celtes vénéraient de nombreuses divinités féminines, et des femmes étaient au service de leur culte. Enfin, à l’avènement du patriarcat, les hommes se sont attribués leurs fonctions rituelles, et ont crées la grande caste sacerdotale. Mais jamais les femmes n’abandonnèrent leur cultes, et continuèrent à servir les Déesses Celtes.

La classe sacerdotale des Celtes était ouverte aux femmes et plus particulièrement la fonction de prophétie, assumée par les vates (voir par exemple les Gallisenae de l’Île-de-Sein). Le vate, dans la société celtique protohistorique est un membre de la classe sacerdotale, au même titre que les druides et les bardes. Le vate est un devin, il s’occupe plus particulièrement du culte, de la divination et de la médecine.

On observe dans la culture Druidique et dans la philosophie religieuse pré-chrétienne une prédominance de la figure féminine. Elle est un personnage central qui jouit d’une position forte. Parmi toutes ses figures, la Déesse Mère est la plus importante. Elle est le symbole de la connaissance et de la liberté, l’axe moral de la société Celte. Ce n’est pas un hasard si dans la mythologie Irlandaise la souveraineté porte les traits d’une femme. Cette mythologie comporte depuis son origine une majorité de Déesses, et toutes ses figures féminines qui présidaient à l’agriculture et aux arts ont su et sauront toujours garder leur place.

Des romains fascinés

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Tacite mentionne l’existence de plusieurs femmes Druides qui vivaient sur l’île de Mona (ou Anglesey au Pays de Galles) en compagnie de guerriers celtes : ”Sur la plage, une troupe de soldats etaient cernés par un groupe de Druides qui criaient des formules et des maledictions. Les Druidesses participaient à ce rituel magique destiné à les maudire.”

Selon le géographe latin Pomponuis Mela (1er sc aps J.C) les Druidesses de l’île de Sein au large des côtes d’Armorique avaient le pouvoir de “commander les flots a travers leurs chants, de se transformer en animal, de soigner les maladies les plus insidieuses et de prédire l’avenir aux gens qui leur rendaient visite”. Des documents romains témoignent de l’habileté des Druidesses, “ces femmes à la fois pretresses et prophétesses maîtrisant la magie sur les éléments”.

Des druidesses célèbres

La mythologie compte beaucoup de Druidesses: Aoife, Birog, Bodmall, Fionn, Fidelma… Le rôle de ces magiciennes est l’initiation guerrière et sexuelle des héros. Le grand Druide Gàine, qui se trouvait en réalité être une femme, est à ce titre exemplaire, car il confirme la place importante des femmes Druidesses dans la société celte et le pouvoir dont elle jouissait sur le peuple.

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Velléda fut une Druidesse-prophétesse de la tribu des Bructères (tribu d’origine teutonique) qui vécue à l’époque de l’empereur Vespasien (69-79 après J.C). Elle dominait un vaste territoire et était l’objet d’une profonde vénération. Son rôle oraculaire était si important que son influence s’étendait jusqu’à la sphère politique.

Tacite disait encore « qu’il était interdit a quiconque d’approcher Velleda ou de s’adresser à elle, comme pour souligner la vénération qui lui etait due. Elle restait emmure dans une haute tour, d’ou un membre de sa famille tachait de transmettre les questions et les réponses, comme s’il ‘agissait d’une meditation entre une Déesse et une adoratrice. Beaucoup l’on tenue longtemps pour une divinité. Mais avant elle, ils ont aussi vénéré Aurinia et bien d’autres encore. Ce n’était pas par flagornerie ni d’en l’idée d’en faire des Déesses. »

Dans la mythologie celtique irlandaise, Tlachtga est une druidesse (bandrui, ce qui signifie « femme-druide »), réputée pour la puissance de sa magie. Scathach Uanaind est une magicienne puissante et redoutable qui demeure en Écosse, certains textes évoquent l’île de Skye. Selon le récit Le meurtre du fils unique d’Aifé, Scathach est aussi la sœur d’Aífé (fille d’Ardgeimm). Elle-même initiatrice des plus valeureux guerriers, experte en magie, dans l’art de la guerre et du sexe, elle commande une bande de femmes qui éduquent les héros. Aífe est à la fois une magicienne (druidesse) et une guerrière qui réside en Écosse. Elle est en guerre avec Scáthach pour le commandement d’une armée de femmes. Le héros Cúchulainn la vainc lors d’un affrontement et lui demande de respecter trois vœux : faire la paix avec sa rivale, accepter la suprématie de Scáthach et lui accorder « l’amitié de sa hanche », ce qui donnera naissance à un fils, Conla (ou Conlaech).

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Et pour finir, une description de Fidelma dans le Tain, la saga Irlandaise : « Elle avait les cheveux blonds. Elle etait enveloppee dans un manteau aux couleurs bigarrees ferme par une broche en or, et portait une tunique rouge couverte de broderies et dotee d’une capuche, ainsi que des sandales aux fermoirs dores. Son front etait large, son menton fin, la courbe de ses sourcils etaient noire et elle avait des cils noirs delicats qui jetaient une ombre sur son visage jusqu’au milieu de ses joues. Si tu l’avais vue, tu aurais cru que ses levres etaient rouges sang. Ses dents etaient comme une rangee de bijoux entre ses levres. Elle rassemblait ses cheveux en trois tresses, deux d’entre elles entouraient sa tete, tandis que la troisieme descendait le long de son dos et venait caresser ses mollets. Elle tenait dans une main un baguette legere de formes entrelacees et sertie d’or. Ses yeux avaient trois iris. Des chevaux noirs trainaient son char, et elle même etait armée. »

La vache primordiale dans les mythes européens

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Dans la mythologie nordique, Audhumla (Audhumblaen vieux norrois) est la vache nourricière du premier être vivant : le géant Ymir. Elle est née de la glace et de l’aurore du temps. De ses trayons coulaient quatre rivières de lait qui nourrissaient Ymir.

Dans la mythologie celtique irlandaise, Boann (ouBoand) est un des aspects de la grande divinité féminine des Celtes ; son nom (*bo-vinda) qui signifie « (celle) qui procure des vaches » en fait une représentation de la prospérité. Elle prend aussi le nom de la Boyne (ou Boinn), le fleuve homonyme. Les autres aspects de cette déesse primordiale sont Brigit et Étain, cette dernière dont le nom signifie « poésie », fait partie des Tuatha Dé Danann.

Sacrifice de la déesse adultère pour la création du monde patriarcal

Boann est l’épouse d’Elcmar, le frère du Dagda, dont elle devient la maîtresse. Pour réparer sa relation coupable, elle se baigne dans l’eau lustrale et mortelle de la source Segais, dans laquelle elle perd un bras, une jambe et un œil. Dans sa fuite vers l’océan elle devient la rivière Boyne. La mort de Boann engendre les eaux cosmiques qui irriguent tous les mondes connus.

La déesse polyandre des sources et des rivières

Dans la mythologie celtique gauloise, Damona (aussi appelée Bormona), est généralement la parèdre du dieu Borvo (romanisé en Bormonus). Borvo a une fonction de guérisseur par les eaux, Damona est la déesse des sources et des rivières. Elle est localement associée avec la source thermale de Bourbonne-les-Bains.

Si Damona apparaît fréquemment aux côtés de Borvo, elle est parfois représentée en compagnie du dieu Moritasgus (Alise-Sainte-Reine), du dieu Bormo(Bourbon-Lancy) ou du dieu Albius (Aignay-le-Duc) ou bien avec plusieurs d’entre eux à la fois (Bourbonne-les-Bains), et plus tardivement avec Apollon, ce qui lui laisse supposer un caractère polyandre. Les dieux gaulois n’ont pas originellement de parèdre, et l’on trouve Damona représentée seule à plusieurs occasions (Bourbonne-les-Bains, Rivières).

Le blé fertile et le serpent de la guérison

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Tout comme Sirona, elle apparaît souvent avec un épi de blé et un serpent ; symboles que l’on présume liés à la fertilité et à la guérison, respectivement. Pour Albert Grenier, « Ces déesses n’ont guère de caractère propre ; elles ne semblent que la personnification féminine de la divinité à laquelle elles sont associées ».

Les sources curatives de la déesse

Les lieux de cultes à la déesse sont le plus souvent des sources au pouvoir curatif. Les quatre inscriptions de Bourbon-Lancy indiquent qu’elle a la faculté de visiter le pèlerin en rêve et de le guérir. Mais le plus souvent il est invité à se baigner dans l’eau de la source. Son culte est attesté dans une zone correspondant à la Bourgogne actuelle ainsi qu’en Charentes (Inscription lapidaire de Saintes).

La Grande Vache Sacrée

Son nom qui signifie « Grande Vache » (du gaulois damo : bœuf), est à rapprocher de Boand, la déesse de la prospérité, des Tuatha Dé Danann, dans la mythologie celtique irlandaise. Son équivalent en Grande-Bretagne est Arnemetia dont le nom signifie « celle qui est dans le sanctuaire » ; la racine nemet, qui a le sens de sacré, se retrouve dans Nemed et Nemeton.
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Re: Matriarcat & Religions : des vestiges secrets au syncrétisme

Message  Arlitto le Ven 4 Mar - 20:34

La Vierge Mère Artémis

Durant la période hellénistique, Anahita a été associée au culte de Mithra. 
Une inscription datant de l’an 200 av. J.-C. dédicace un temple séleucide d’Iran à « Anahita, Vierge immaculée, Mère du seigneur Mythras », qui procréa donc sans l’intervention d’un homme, ou d’un père reconnu. 
Le Temple d’Anahita à Kangavar en Iran est l’un des plus importants temples dédiés à la déesse. Le géographe grec Isidore de Charax mentionne pour la première fois le temple d’Anahita à Kangavar comme « temple d’Artémis » au ier siècle.

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Un proto-christianisme ?

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Mithra sacrifiant le Taureau (100-200 après J-C) collection Borghése, achat par le Louvre en 1807 exposé dans la Galerie du Temps au Louvre-Lens

Mithra ou Mithras est un dieu indo-iranien, fils d’Anahita, dont le culte connut son apogée à Rome aux IIe et IIIesiècles de notre ère. 
Le mithraïsme serait un culte polythéiste antérieur de plus de 1500 ans au christianisme primitif, mais qui connut son apogée à Rome au moment de la naissance de ce dernier. 
Au ive siècle, il est supplanté par le christianisme qui le déclare illégal en 391.

Un christ solaire ?

À la fin du IIIe siècle un syncrétisme s’opère entre la religion mithraïque et certains cultes solaires de provenance orientale, qui cristallisent dans la nouvelle religion du Sol Invictus « soleil invaincu ». 
Cette religion est officialisée dans l’Empire en 274 par l’empereur Aurélien qui érige à Rome un splendide temple dédié à la nouvelle divinité, et crée un corps de clergé d’État pour assurer le culte (son dirigeant, le pontife, 
est dénommé le pontifex solis invicti).

Pour restaurer l’ordre patriarcal ?

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Pièce de monnaie en or représentant Constantin et Sol Invictus

À la suite de la crise du iiie siècle, l’empire était au bord de la dislocation. L’empereur Aurélien (270-275) , vainqueur de la reine Zénobie et restaurateur de l’ordre, décida d’instaurer ce culte commun à tout l’Empire. 
Un de ses successeurs, Constantin Ier, fut au début de son règne adepte du Soleil invaincu, comme en témoignent ses émissions monétaires. 
Aurélien lui assure une place officielle à Rome en proclamant que le Soleil invaincu est le patron principal de l’Empire romain.

Un Noël solaire païen

Une grande fête du Soleil Invaincu avait lieu le 25 décembre, soit la date du solstice d’hiver selon le calendrier julien : 
c’était le Dies Natalis Solis (« Jour de naissance du Soleil »), christianisé par la suite en Occident (Natalis a donné les termes Natale en italien, Nadal en occitan et en catalan, Noël en français).

Une religion impériale

Des mithræa ont été découverts dans beaucoup de provinces de l’Empire romain. Le culte s’est principalement répandu en Italie, en Grande Bretagne, sur le Rhin et le Danube.
La plus grande concentration de mithræa se trouve dans la capitale, Rome, mais on en a découvert dans des lieux éloignés tels que le nord de l’Angleterre, la Palestine ou encore sur la frontière orientale de l’Empire à Doura-Europos en Syrie. 
En France on a trouvé des sanctuaires dédiés à Mithra à Angers, Biesheim, Bordeaux, Bourg-Saint-Andéol, Metz (quartier du Sablon), Nuits-Saint-Georges (site des Bolards), Septeuil et Strasbourg.

Églises ou temples de Mithra ?

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Le Mithraeum de San Clemente à Rome

Certains temples furent postérieurement convertis en cryptes sous des églises chrétiennes, comme le site de Notre-Dame d’Avinionet à Mandelieu. 
À Rome, la Basilique Saint-Clément-du-Latran possède dans ses sous-sols des vestiges d’un temple mithraique. En Espagne, en Galice, on a trouvé des restes de mithraeum à côté de la cathédrale de Lugo.

Où sont passés les temples isiaques gallo-romains ?

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Abbaye de Tournus (Bourgogne), dédiée à Isis, et ornée d’un zodiaque en mosaïque romaine.

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Arcade de Gerlannus de l’abbaye de Tournus (Bourgogne) : GERLANDUS X RATIONE ISIS HOMON ET EPISCOPUS VOTUM MERITO ILLE, ce qui donne en français – GERLANDUS X DISCIPLE DE LA DOCTRINE D’ISIS ET 
ÉVÊQUE, J’OFFRE EN RECONNAISSANCE CETTE (magnifique église)


La religion gallo-romaine était une fusion des formes religieuses romaine et égyptiennes, ainsi que des culte aux divinités gauloises du polythéisme celtique. Il s’agissait d’une acculturation sélective. 
Les hasards des découvertes archéologiques n’ont pas encore permis de découvrir les vestiges d’un sanctuaire d’Isis sur le territoire français. 
La présence de son culte est toutefois attesté par de nombreuses sources épigraphiques (inscriptions sur des stèles ou sur des statues). 
La Narbonnaise est la région gauloise qui fournit le plus grand nombre de témoignages de ce genre. 
Les principaux secteurs sont la vallée de la Garonne, les environs de Toulouse (Tolosa), de Narbonne (Colonia Narbo Martius) et la vallée du Rhône depuis le delta et jusqu’aux villes de Lyon (Lugdunum) et Vienne (Colonia Julia Viennensis). 
La croyance a sans doute été introduite en Gaule par l’entremise des villes côtières fréquentées par des Grecs, des Orientaux hellénisés et des Italiques (Campaniens) pratiquant le commerce maritime.

La Gaule isiaque romaine

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Monnaie romaine découverte à Nîmes

La présence d’un temple d’Isis est attestée à Nîmes (Nemausus), une ville fondée par Auguste pour des vétérans militaire revenus d’Égypte. 
Ce fait a été commémoré par des pièces de monnaie frappées d’un crocodile enchaîné à un palmier (ce motif figure sur les armoiries de la ville depuis 1535).
Nîmes est aussi connue pour sa confrérie des Anubiaques vouées au culte du chacal Anubis. Les villes de Marseille (Massalia) et Arles (Arelate) disposaient elles aussi de temples d’Isis.

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Isis-Fortuna portant une tunique noire (ciel nocturne).

Celui de la cité de Lyon (Lugdunum) se situait probablement sur la colline de Fourvière où une inscription dédiée à Isis Augusta a été découverte sur une statue de Fortuna :
La basilique de Notre-Dame de Fourvière domine la ville de Lyon depuis le sommet de la colline de Fourvière, sur l’emplacement de l’ancien Forum de Trajan (Forum vetus, d’où le nom de Fourvière). 
Depuis cette ville, le culte d’Isis s’est propagé vers les vallées de la Loire, de l’Allier et de la Saône. Des statuettes égyptiennes ou de style égyptisant ont été sporadiquement découvertes sur l’ensemble du territoire gaulois. 
Tel est le cas à Strasbourg (Argentoratum). Dans cette ville militaire, le culte d’Isis ne semble toutefois pas avoir bénéficié d’un temple, contrairement à Mithra (Mithraeum de Koenigshoffen).
À Paris, on peut signaler la découverte en août 1944 d’artefacts égyptiens (fragments de statuettes en céramique, restes de papyrus du Livre des Morts) dans les vestiges d’un bâtiment 
que l’on pourrait interpréter comme étant une bibliothèque dépendant d’un sanctuaire isiaque (quartier latin, non loin des thermes de Cluny).

La déesse aux dix mille noms

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Isis-Perséphone

Dès le ve siècle av. J.-C., les deux déesses, Isis et Déméter, ont été assimilée l’une à l’autre dans la pensée grecque. Hérodote affirme ainsi que « dans la ville de Bousiris en l’honneur d’Isis ; 
il y a un très important sanctuaire d’Isis ; la ville est située au milieu du Delta égyptien ; Isis est celle qu’en langue grecque on appelle Déméter » (Histoire, II).

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Isis-Fortuna

Même si Isis est adoptée par les peuples gréco-romains, la déesse reste largement perçue comme une divinité étrangère. De nombreuses épithètes signalent son origine égyptienne ; Isis Aigyptia (l’Égyptienne) ; 
Isis Taposirias d’après l’antique nom de la ville côtière d’Abousir (située à l’ouest d’Alexandrie) ; Isis Memphitis (Memphis) ; Isis Tachnèpsis (Mont Casion près de Péluse). De nombreuses fois, 
Isis a été assimilée ou confondue avec des déesses grecques dont Aphrodite, Tyché, Déméter, Hygie. En Italie, la déesse prend les aspects de la déesse Fortuna adorée à Préneste, une divinité de l’agriculture, de la fécondité et de l’amour. 
Ces nombreuses associations font d’Isis la déesse aux dix mille noms Isis Myrionyma:

« Je suis la Nature, mère des choses, maîtresse de tous les éléments, origine et principe des siècles, divinité suprême, reine des Mânes, première entre les habitants du ciel, type uniforme des dieux et des déesses.
C’est moi dont la volonté gouverne les voûtes lumineuses du Ciel, les souffles salubres de l’Océan, le silence lugubre des Enfers.

Puissance unique, je suis par l’univers entier adorée sous plusieurs formes, avec des cérémonies diverses, avec mille noms différents. Les Phrygiens, premiers nés sur la terre, m’appellent la Déesse Mére de Pessinonte ; 
les Athéniens autochtones me nomment Minerve la Cécropienne ; chez les habitants de l’île de Chypre, je suis Vénus de Paphos ; chez les Crétois armés de l’arc, je suis Diane Dictynna ; chez les Siciliens qui parlent trois langues,
Proserpine la stygienne ; chez les habitants d’Eleusis, l’antique Cérès. Les uns m’appellent Junon, d’autres Bellone ; ceux-ci Hécate, ceux-là la Déesse de Rhamnonte.

Mais ceux qui les premiers, sont éclairés par les rayons du Soleil naissant, les peuples de l’Ethiopie, de l’Asie et les Egyptiens, puissants par leur antique savoir, ceux-là seuls me rendent mon véritable culte et m’appellent de mon vrai nom :
la reine Isis. » – Apulée, les Métamorphoses ou l’Ane d’Or, XI, 4
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Re: Matriarcat & Religions : des vestiges secrets au syncrétisme

Message  Arlitto le Ven 4 Mar - 20:36

D’Isis à la Vierge Marie : la Vierge Noire ?

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Isis lactans, statue romaine

Durant les quatre premiers siècles de l’ère chrétienne, les figures maternelles d’Isis, mère d’Horus et de Marie, mère de Jésus ont coexisté. 
Tant en Égypte qu’autour de la Mer Méditerranée, le culte d’Isis est florissant jusqu’au ive siècle et ses figurations sont très répandues.
La plus ancienne représentation connue de la mère du Christ serait une peinture de la catacombe de Sainte Priscille à Rome qui pourrait être datée du iie siècle.
La Vierge est assise et elle allaite son fils tandis qu’un personnage montre du doigt une étoile située au-dessus de sa tête.

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Vierge allaitante de Sainte-Priscille

La chrétienté a pris naissance dans le milieu juif où l’interdit des images divines est très fort, « Tu ne te feras point d’image taillée, ni de représentation quelconque des choses qui sont en haut dans les cieux, 
qui sont en bas sur la terre, et qui sont dans les eaux plus bas que la terre » (Exode, 20, 4). Les premiers croyants chrétiens n’ont donc pas disposé d’une tradition picturale monothéiste. 
Par conséquent, il est fort possible qu’ils aient puisé dans le répertoire polythéiste. Or, l’iconographie d’Isis montre très souvent la déesse assise sur un trône en train d’allaiter le très jeune Horus. 
L’emprunt aux cultes isiaques est d’autant plus probable que la culture gréco-romaine n’offre pas d’autre modèle de déesse allaitante.

Églises chrétiennes ou temples païens ?

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À partir du Moyen Âge tardif, la déesse Isis connaît un nouvel intérêt de la part des érudits grâce à l’étude attentive des auteurs de l’Antiquité et aussi par les nombreuses découvertes de statues et figurines égyptiennes 
ou égyptisantes laissées par les adeptes des antiques cultes isiaques. La Renaissance est une époque où nombre de savants croient pouvoir affirmer la présence, un peu partout, d’anciens temples d’Isis ; à Paris, à Augsbourg, à Soissons, 
à Tournai, etc : de nombreuses églises et cathédrales auraient été bâties sur, ou dans d’anciens temples païens gallo-romains. Le site de la cathédrale de Strasbourg par exemple, est utilisé par plusieurs édifices religieux successifs, 
à partir de l’occupation romaine. Un sanctuaire romain dédié au dieu Mars occupe alors l’emplacement jusqu’à une date inconnue. A Paris, on a trouvé près de l’église actuelle de Notre-Dame-des-Champs les vestiges 
d’un temple romain dédié au culte du dieu Mercure.

Paris, la maison d’Isis

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« C’est ainsi qu’à Paris, une grande statue d’Isis sur sa barque fut longtemps conservée dans l’église Saint-Germain-des-Prés, jusqu’à ce qu’un prêtre la détruise à coup de pioche au 18ème siècle. La nef ornant les armoiries de la ville de Paris 
ne serait autre que la barque d’Isis, tandis que la devise « Fluctua Nec Mergitur » rappellerait la navigation héroïque des suivants d’Horus (…) mais aussi celles des initiés circulant dans le secret des temples. Selon certains chercheurs, l
es antiques parisii, précurseurs des habitants de la capitale devraient même leur nom à la déesse ». – Robert-Jacques Thibaud, Dictionnaire de mythologie et de symbolique égyptienne, éd. Dervy, 1996.

Le moine Abbon de l’Abbaye de saint-germain des près (fin IXéme siècle) écrivait :

« Lutèce. Ainsi te nommait-on autrefois ; Mais a présent ton nom vient de la ville d’Isia, sise au centre du vaste pays des grecs. Ô Lutèce. Ce nom nouveau que le monde te donne, c’est PARIS, c’est a dire « pareille a ISIA » ; 
avec raison car elle t’est semblable ».

L’écrivain François Maspéro précise que « Le culte d’Isis, comme on le voit, était très répandu en France, en particulier dans le Bassin Parisien ; il y avait partout des Temples d’Isis, selon la terminologie occidentale, 
mais il serait plus exact de dire « Maison d’Isis », car des dits temples étaient appelé en égyptien Per ou Par, lequel mot signifie exactement en égyptien ancien, l’enclos qui entoure la maison. 
Paris résulterait de la juxtaposition de Per/Par-Isis, mot qui désigne effectivement des villes d’Égypte. »

« Le nom même de Parisii pourrait bien signifier  » Temple d’Isis », car il existait au bord du Nil une citée de ce nom et l’hiéroglyphe per figure sur l’enceinte d’un Temple de l’Oise ». – Pierre Hubac, Carthage, éd. Bellenand, 1952, P. 170.

Melun, cité de la déesse Iséos

Cette explication est cependant concurrencée par une étymologie alternative qui présente la ville de Melun comme un ancien lieu dédié à la déesse sous le nom d’Iséos ; Parisis serait alors quasi par Isis c’est-à-dire « pareil à Iséos », 
les villes de Paris et de Melun/Iséos étant toutes deux situées sur une île de la Seine, Paris autour de l’Île de la Cité et Melun autour de l’Île Saint-Étienne.

Saint-Germain-des-Prés, temple isiaque de Lutèce

Selon les clercs de l’abbaye royale de Saint-Germain-des-Prés, leur abbaye a été fondée en un lieu où se situait un temple d’Isis. La plus ancienne mention connue de cette thèse est une notule ajoutée à la chronique 
De Gestis Francorum du moine Aimoin (ixe siècle). Cet ajout est difficilement datable, des XIIIe et XIVe siècles ou peut-être plus précisément du règne de Charles V(1364-1380) ; il y est dit que:

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« Cette Isis fut adorée et vénérée jadis par le peuple de la ville de Lutèce dit maintenant Paris, en un lieu nommé Lutoticia, à l’opposé du Mont de Mars. Elle s’y voit jusqu’à présent et elle y était adorée et vénérée 
par plusieurs princes francs païens, Francion, Pharamond, Mérovée, Childéric, jusqu’au temps de Clovis, premier chrétien. Un temple y fut élevé en l’honneur de Saint Étienne, de la Sainte Croix et de Saint Vincent. Childebert, fils de Clovis, 
roi des Francs, l’avait fondé. »

Les églises conservent leurs divinités païennes originelles

La notule mentionne la présence d’une statue d’Isis au sein de l’abbaye. L’affirmation n’est pas surprenante en soi. Jusqu’au xvie siècle, nombres d’édifices religieux abritaient d’antiques statues, une Artémis multimammia 
en l’église Saint-Étienne de Lyon, un Hercule en la cathédrale de Strasbourg, etc. D’après la description de l’écrivain et éditeur Gilles Corrozet (1510-1568), dans son guide, Les Antiquitez et Singularitez de Paris:

« … comment la ville de Paris fut nommée !  Près d’Icelle ou saint-germain des prés, était un temple a l’idole de la déesse Isis, laquelle selon Jehan le maire, fut reine d’Égypte et femme du grand OSIRIS, surnommé JUPITER-LE JUSTE… 
La dite cité était si proche dudit temple, qu’elle fut nommée Paris, qui est à dire « juste et près de la déesse Isis ». […] Elle était maigre, haute, droite, noire pour son antiquité, nue sinon avec quelque figure de linge entassé autour de ses 
membres (…) elle fut ôtée par un monseigneur Briçonnet, évêque de Meaux et abbé du dit lieu environ l’an 1514 ».

Ce fait fut encore confirmé par le père Jean du Breul qui dans son ouvrage Théâtres des antiquités de Paris publié en 1639 dit ceci : 
« Au lieu où le roi Childebert fit construire à l’église de Saint-Vincent, à présent dite de Saint-Germain-des-Près et à laquelle il donna son fief d’Issy, la commune opinion est qu’il y avait un temple d’Isis, femme d’Osiris ».

Abbaye Saint Victor, temple romain d’Isis de Marseille

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La Vierge noire de l’église Saint-Victor de Marseille a une origine qui ne laisse aucun doute sur sa forme première, qui, de toute évidence, était la statue d’Isis. La légende raconte qu’en l’an 416 de notre ère, un religieux, Jean Cassien, 
qui venait de passer vingt-cinq années dans les couvents du Liban et d’Egypte, revint à Marseille, d’où il était originaire, en rapportant d’Egypte une statue de femme en bois noire. A l’église Saint-Victor, dans les catacombes, 
il installe cette statue, la débaptise, et instaure le culte de la vierge qui, assez rapidement, se propage en Gaule et y remplace la dévotion d’Isis et de Cybèle.

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Les navettes de Marseille, pâtisseries-barques d’Isis

Aujourd’hui encore, le 2 février, jour de la Chandeleur, s’ouvre à Saint-Victor, une neuvaine à la Vierge noire. On célèbre l’office dans les catacombes et la tradition est de toucher la robe verte de la statue avec des cierges verts 
(couleur d’Allat, déesse-mère arabe pré-islamique) et de ne les allumer qu’ensuite. On y vend des pâtisseries dont la recette est gardée secrète de père en fils et qui se préparent elles aussi dans les catacombes ; 
elles portent le nom de « Navettes » et affectent très exactement la forme de la barque d’Isis, ou, pour les marseillais, la barque qui, selon la légende, aurait amené aux Saintes-Maries-de-la-Mer Marie Salomé, 
Marie Jacobé et Marie Madeleine accompagnées de Sarah (les Trois Grâces, divinités antiques). Cette fête, typiquement marseillaise, très populaire, a rassemblé au début du XIXème siècle entre 60 000 et 80 000 personnes.
L’histoire de la Vierge noire de Boulogne-sur-Mer est similaire, datant de l’an 620 de notre ère, et qu’on prétend être venue de la mer sur une barque de pêche. Les habitants furent témoins de l’accostage d’une barque, 
poussée par des anges, en laquelle se tenait debout une statue en bois de la Vierge Marie. Cette dernière tenait l’Enfant-Jésus sur son bras gauche.

La cathédrale de Chartres, temple druidique d’Isis

A Chartres, où se trouve une Vierge noire, dont le culte se célèbre dans le puits des Saint-Forts, c’est-à-dire dans la crypte de la cathédrale, on pré-tend que cent ans avant la naissance du Christ on y adorait déjà une Vierge noire 
qui aurait été « celle qui devait enfanter ». Or, il se trouve que l’on vénère aussi à Chartres le voile de la Vierge, seul objet connu que la tradi­tion dit lui avoir appartenu, et qu’on ne peut manquer de mettre en parallèle avec le voile d’Isis.

Le panthéon, temple de Ste Geneviève-Marianne-Isis

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Les nautes de Lutèce constituèrent la confrérie des nautes, armateurs mariniers gaulois, de la tribu des Parisii. Les nautes de Lutèce formaient une corporation de riches armateurs mariniers et commerçants naviguant sur la Seine
(la déesse Séquana) et de là vers les fleuves et rivières du reste de la Gaule. Les nautes de Lutèce vouaient un culte à la déesse égyptienne Isis, dont le culte était assez répandu en Gaule avant l’arrivée des Romains. 
Un temple était dédié à cette divinité sur la rive gauche de la Seine, sur la montagne Sainte-Geneviève, près des thermes et des arènes : le Panthéon est l’église bâtie par Louis XV en l’honneur de cette sainte protectrice de Paris, 
qui pourrait être Isis. Les nautes furent à la base du commerce et des échanges entre la cité de Lutèce et le reste du monde antique. Ils nous laissèrent des objets archéologiques divers, tels que statuettes votives et le célèbre pilier 
des Nautes qui fut mis au jour sous les fondations de la cathédrale Notre-Dame de Paris en 1711.

Notre-Dame de Paris, cathédrale d’Isis

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En 1705, l’urbaniste français De Lamare dressa le plan de la ville de Paris et y mentionna des temples d’Isis en lieu et place de l’abbaye de Saint-Germain-des-Près et de la Cathédrale de Notre-Dame. 
On pense qu’au début de l’ère chrétienne il existait à l’emplacement de Notre-Dame, un temple païen gallo-romain dédié à Isis (comme en atteste la découverte du pilier des Nautes), ensuite remplacé par une grande basilique 
« paléochrétienne » semblable aux basiliques civiles antiques.

Le pilier païen de l’autel de Notre-Dame

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Le pilier des Nautes est une colonne monumentale gallo-romaine érigée en l’honneur de Jupiter par les Nautes de Lutèce au ier siècle, sous le règne de l’empereur Tibère. 
C’est le plus vieux monument de Paris et le plus ancien ensemble sculpté découvert en France et daté par une inscription impériale. Le pilier des Nautes est exposé dans la salle du frigidarium des thermes de Cluny.
Il s’agit de l’empilement de quatre blocs ou autels qui ont été mis au jour dans les fondations de l’autel de la cathédrale Notre-Dame de Paris le 16 mars 1711 lors des fouilles entreprises pour la réalisation du Vœu de Louis XIII. 
On appelle vœu de Louis XIII la consécration, le 10 février 1638, de la France à la Vierge Marie : le roi promet d’élever un nouveau maître-autel dans la cathédrale Notre-Dame de Paris.n« Tout Paris a été les voir » a rapporté Baudelot, 
membre de l’Académie des médailles et auteur d’une Description des bas-reliefs anciens trouvez depuis peu dans l’église cathédrale de Paris. En dédiant le pilier à Jupiter, ils montraient qu’ils agréaient à la religion des Romains tout 
en affirmant leur fidélité aux cultes indigènes par la mention de dieux gaulois.

Confrérie armée des Nautes et chevaliers templiers

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Un indice de la puissance des Nautes est donné par une des sculptures du pilier : on les voit défiler en armes avec boucliers et lances, privilège octroyé par les Romains, ce qui est exceptionnel moins d’un demi-siècle après la conquête de la Gaule.
Les nautes vénéraient donc Isis et Cernunnos, que l’on peut rapprocher de la Vierge Noire et du Baphomet, vénérés par les templiers (et les basques), financiers de la construction des cathédrales.
C’est en priant en direction de la cathédrale que les templiers furent immolés sur les bûchers de Philippe le Bel au début du XIVème siècle. Notre-Dame-de-Paris est-elle la cathédrale des nautes ou celles des templiers ?

Isis, déesse des germains

Deux auteurs gréco-romains rapportent la présence des dieux Osiris et Isis en Europe. Selon Tacite, sénateur et historien romain du ier siècle, les Anciens Germains auraient porté un culte à la déesse égyptienne:

« Une partie des Suèves sacrifie aussi à Isis. Je ne trouve ni la cause ni l’origine de ce culte étranger. Seulement la figure d’un vaisseau, qui en est le symbole, annonce qu’il leur est venu d’outre-mer. 
Emprisonner les dieux dans des murailles, ou les représenter sous une forme humaine, semble aux Germains trop peu digne de la grandeur céleste. Ils consacrent des bois touffus, de sombres forêts ; 
et, sous les noms de divinités, leur respect adore dans ces mystérieuses solitudes ce que leurs yeux ne voient pas. »

— Tacite, Mœurs des Germains, chap. IX

Les cités isiaques de Germanie

En 1506, Konrad Peutinger (1465-154
7) croit pouvoir relier la fondation de sa ville d’Augsbourg au culte d’Isis. En se basant sur une chronique du xiiie siècle qui affirme que les Suèves vénéraient la déesse Zisa (Cisa) avant l’arrivée 
des Romains et sur Tacite qui prétend qu’il s’agit d’Isis, Peutinger écrit « Le temple qui s’élevait comme on le croit à l’endroit où se trouve actuellement l’hôtel de ville était dédié non pas à Cisa mais à Isis. De même la montagne, 
où s’élève la prison, n’est pas le Cisen mais le Isenberg ».

La déesse qui enseigna l’art de la forge

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Statue du roi Grambrinus auquel Isis a enseigné le brassage de la bière

Selon Andreas Althamer (1500–1539), la ville de Eisenach (Isenac) en Thuringe a reçu son nom d’Isis car « les Suèves qui dans l’Antiquité rendaient un culte à Isis habitaient sur l’Elbe pas loin d’Isenac ». 
La ville d’Eisleben (Islebia) en Saxe, patrie de Martin Luther, a elle aussi été associée à ce culte. La question s’est vite posé si ces étymologies reposent vraiment sur le nom d’Isis (baptisée Eysen par Johann Turmair) ou sur le mot « fer », 
Eisen en allemand. La question fut rondement tranchée par Georg Fabricius (1516-1571) pour qui seul les incultes pouvaient s’opposer à l’explication mythologique ; les Souabes ayant baptisé le fer d’après le nom de la déesse pour la remercier
de leur avoir enseigné l’art de forger le métal.

Les innombrables lieux d’Isis

Selon Sebastian Münster (1488-1552), le roi Dagobert fit construire un château à Rouffach en Alsace et « lequel il fit appeler Isenbourg, c’est à dire bourg de fer à cause que c’est une forteresse bien sûre contre les ennemies,
combien que les autres disent qu’à cause de la déesse Isis qui trouva les blés (pour ce qu’ils estiment qu’elle ait été autrefois adorée en ce coteau pour la fertilité d’iceluy) le dit château soit été appelé Isisbourg ». 
De semblable explications sont avancées pour un nombre considérable de villes, villages, ruisseaux, rivières et autres lieux-dits ; pour Issenheim près de Colmar, pour l’Isenberg une montagne dans le canton suisse de Zurich, etc.

Isis à la Renaissance

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Au XVIe siècle, les attributs d’Isis-Cléopâtre se retrouvent dans certaines toiles représentant Elisabeth Ire d’Angleterre (1533 – 1603).

Isis invente la science et l’écriture

« Aussi dit-on qu’elle trouva (qui fut beaucoup plus merveilleuse en une femme) moyennant les subtilités de son esprit, certaines figures et lettres, non seulement convenables à leur parler, mais, d’avantage, propres à comprendre les sciences, 
leur montrant par quel ordre ils les devaient conjoindre, et par quelle manière en user »

— Boccace (1313-1375), Les Dames de renom, invention des hiéroglyphes et de la science par Isis.

Déesse de l’agriculture et Mère de Dieu

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Isis soignant les arbres, enluminure de l’Allégorie XXV, début du xve siècle.


La déesse est aussi celle qui sema pour la première fois les blés et qui chaque année fait fructifier les arbres :

« Toutes vertus entes et plantes en toy comme Ysis faict les plantes et tous les grains fructifier ; ainsi doidbs tu edifier »

— Épitre d’Othéa, allégorie XXV, la poétesse française Christine de Pisan (1364-1430).

Christine de Pisan inaugure aussi une nouvelle idée en faisant d’Isis la préfiguration de la Vierge Marie. La fertilité d’Isis qui fait naître les plantes est une métaphore de la conception de Jésus-Christ:

« La ou il dit que a Isys qui est plantureuse doibt ressembler, povons entendre la benoiste conception de jesucrist par le sainct esperit en la benoiste Vierge Marie mere de toute grace (…) 
Laquelle digne conception doit le bon esperit avoir entee en soy et tenir fermement le digne article comme dit sainct Jacques le grand Qui conceptus est de spiritu sancto natus es Maria virgine »

— Épitre d’Othéa, allégorie XXV, la poétesse française Christine de Pisan (1364-1430).

La civilisatrice de l’Europe

Au début de la Renaissance, le vif intérêt des érudits pour la mythologie égyptienne se manifeste le plus spectaculairement en la personne de Giovanni Nanni (1432-1502) dit « Annius de Viterbe ». 
En 1498, il publie un recueil connu en langue française sous le titre des Antiquités d’Annius. Dans cette anthologie commentée se trouvent rassemblés des écrits attribués à des auteurs de l’Antiquité,
tels Bérose ou Manéthon de Sebennytos. En s’inspirant des pérégrinations d’Osiris narrées par Diodore (Bibliothèque historique, Livre I), Annius relate un voyage d’Osiris et Isis en Europe. Durant ce séjour, le héros s’attarde plus 
particulièrement en Italie où il occupé à batailler contre des géants durant dix longues années. Après la mort d’Osiris en Égypte, Isis retourne en Italie où elle poursuit son œuvre civilisatrice (sous le nom de Cérès) et où, selon Annius, 
la déesse aurait cuit du pain pour la première fois (à Viterbe). Ce dire s’inspire de Pline l’Ancien (Histoires naturelle, Livre VII, chap. 57) qui rapporte que la déesse a remplacé les glands par les céréales pour nourriture des humains en
Attique et en Sicile.

La nouvelle déesse des francs-maçons

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Statue d’Isis voilée par Gustave Puttemans

La Franc-maçonnerie, apparue vers la fin du xvie siècle en Grande-Bretagne, s’inspire avant tout du mythe d’Hiram, l’architecte du temple de Salomon, et des rites des Anciens Devoirs (les corporations des constructeurs des cathédrales). 
Toutefois, vers la fin du xviiie siècle, le mythe d’Isis et ses mystères deviennent un autre aspect fondamental de cet enseignement ésotérique et élitiste : la figure d’Isis en tant que personnification de la Nature connaît une évolution 
très nette et désormais les dangers du dévoilement sont mis en avant. Sous l’influence de la franc-maçonnerie, les idéaux des Lumières et de la philosophie se répandent dans la société. Le mouvement franc-maçon, épris d’égyptomanie, 
se proclame comme étant l’héritier des cultes à mystères de l’Antiquité. Dans ce cadre, la figure d’Isis va, peu à peu, jouer un rôle éminent.

D’Isis à Yahvé : du matriarcat au patriarcat

À Vienne, dans la Loge maçonnique Zur wahren Eintracht s’élabore une nouvelle interprétation de l’Isis-Nature. En 1787, le philosophe Karl Leonhard Reinhold (1757-1823) disserte sur les mystères hébraïques (Kabbale)
et prend la suite de John Spencer et William Warburton en voulant démontrer que la Révélation de Dieu à Moïse n’est qu’un emprunt à l’antique sagesse des Égyptiens. D’une manière forcée, il assimile les paroles d’Isis 
« Je suis tout ce qui a été, qui est et qui sera » à celles que Yahvé prononça devant Moïse lors de l’épisode du Buisson ardent « Je suis qui je suis (YHWH) » (Exode 3:13-14).

Déesse-mère ou dieu-père ?

Même si Isis affirme qu’elle est tout, à savoir la « Nature », et que Yahvé s’affirme comme étant « Celui qui Existe » ; en étant comparée au dieu Yahvé, la déesse Isis-Nature devient la divinité suprême des cercles franc-maçons. 
Cette identification panthéiste s’inscrit aussi dans la mouvance des philosophes qui se réclament de Baruch Spinoza (1632-1677) pour qui Dieu et Nature sont d’autres appellations de l’Être éternel (deus sive natura). 
Isis étant Dieu et la Nature, l’Un et le Tout, Dieu et le Cosmos, la déesse doit inspirer au philosophe terreur, respect et vénération. Entourée d’une aura de mystère et d’indicible, Isis ne peut pas être atteinte par le raisonnement 
et le cheminement scientifique. Le philosophe ne peut l’atteindre que par la voie contemplative et seulement au terme d’un long cheminement initiatique graduel.

Des loges maçonniques isiaques

En 1783, le grand maître anglais George Smith voit dans le couple d’Osiris et Isis une représentation mythique de l’Être suprême dont l’influence s’étend sur la nature à travers les deux luminaires (Soleil et Lune). 
En 1784, le comte Cagliostro profite de la fascination de la bonne société envers l’Antiquité et ses mythes pour créer à Paris la Mère Loge de l’Adaptation de la haute maçonnerie égyptienne où il officie en tant que grand-prêtre 
dans un temple d’Isis. En 1812, lors d’un convent philosophique, le français Alexandre Lenoir (1769-1839), médiéviste et franc-maçon, considère l’Égypte antique comme la véritable source et l’inspiratrice de la tradition maçonnique.
Cette thèse continue à être entretenue dans certaines Loges, en particulier par celles qui suivent les rites de Memphis et de Misraïm.

Les enfants de la veuve

Lors de de son initiation, le nouvel adepte apprend que les maçons se désignent sous l’expression des « enfants de la Veuve ». L’institution maçonnique est généralement interprétée comme étant la « Veuve » d’Hiram, 
une communauté constituée par les fils spirituels d’Hiram, le fondateur mythique assassiné par trois de ses ouvriers avides de ses secrets. Cependant, la « Veuve » maçonnique peut aussi être perçue comme une reformulation du mythe d’Osiris, 
assassiné par Seth, pleuré et régénéré par Isis.

Horus, le premier initié franc-maçon

En assimilant Hiram à Osiris, la Maçonnerie peut alors considérer Isis comme la personnification de la Loge et Horus, fils d’Osiris comme le premier franc-maçon, l’initié primordial. L’enseignement étant progressif, l’initié passe par une structure
philosophique et rituelles constituées de multiples grades. Dans sa forme la plus élaborées, le rite de Memphis-Misraïm compte 99 grades ; le 76e s’intitulant « Patriarche d’Isis ». Dans un rituel remanié en 1862 et réduit au tiers,
il s’agit du 27e grade sur un parcourt initiatique qui en compte 33 (Grand Ordre Égyptien du Grand Orient de France).

Mozart, franc-maçon disciple d’Isis

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Dans l’Europe du xviiie siècle, il est un lieu commun de considérer l’Égypte comme le pays des enseignements secrets, des mystères religieux et des pratiques initiatiques. Cette vision se reflète le plus parfaitement dans l’opéra en deux actes 
La Flûte enchantée. Cette œuvre fut jouée pour la première fois à Vienne, en 1791, la musique est une composition de Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791). Même si l’action n’est pas explicitement située en Égypte, l’utilisation
du thème des Mystères d’Isis est flagrante (Acte II). Une prétendue version française a d’ailleurs été donnée à Paris en 1801 sous le titre Les Mystères d’Isis.

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Une des sources d’inspiration est le roman français Séthos de l’abbé Jean Terrasson (1670-1750) paru en 1731 et traduit en allemand en 1732 et 1777 qui donne la part belle aux descriptions des rites initiatiques égyptiens. L’opéra est sans doute aussi influencé par les activités maçonniques de Mozart, membre de la Loge Zur Wahren Eintracht fondée en 1781 à Vienne. La Flûte enchantée peut donc être considérée comme un opéra maçonnique décrivant une religion double où les secrets divins ne sont réservés qu’à une élite d’initié tandis que le peuple est laissé dans l’ignorance.

Sous la Révolution et Napoléon

Une idole géante d’Isis sur les ruines de la Bastille

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Influencés par la pensée maçonnique, les Révolutionnaires français on tenté de restreindre l’influence du christianisme sur la société, entre autres, en mettant en avant le culte de l’Être suprême. 
Lors de la Fête de l’Unité et de l’indivisibilité du 10 août 1793, la déesse Isis-Nature en tant que symbole visible de l’Être suprême a été l’objet d’une cérémonie symbolique. 
Pour l’occasion, une imposante Fontaine d’Isis en plâtre fut édifiée sur les ruines de la Bastille. Cette fontaine patriotique n’eut qu’une existence éphémère et du fait de sa fragilité sera détruite peu après. 
La déesse apparaissait sous la forme d’une statue assise sur un trône, flanquée de deux lions assis, et qui faisait jaillir de l’eau régénératrice de ses seins :

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« Le rassemblement se fera sur l’emplacement de la Bastille. Au milieu de ses décombres, on verra s’élever la fontaine de la Régénération, représentée par la Nature. De ses fécondes mamelles qu’elle pressera de ses mains,
jaillira avec abondance l’eau pure et salutaire, dont boiront tour à tour quatre-vingt-six commissaires des envoyés des assemblées primaires, c’est-à-dire un par département ; le plus ancien d’âge aura la préférence ;
une seule et même coupe servira pour tous. »

— Extrait du Décret ordonnant la fête

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Le blason isiaque de Paris
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Blason isiaque de Paris (1811-1814).

Sous le Premier Empire, des Lettres patentes signées le 20 janvier 1811 par Napoléon Ier accordent à la municipalité de Paris de se doter de nouvelles armoiries inspirées par le culte d’Isis. Sur proposition d’une commission d’experts, le blason municipal pré-révolutionnaire portant le vaisseau de la corporation des Nautes (mariniers) est réinterprété comme étant le symbole de la déesse Isis perçue durant l’époque gréco-romaine comme la protectrice des marins. La proue du vaisseau est surmontée d’une figure d’Isis assise sur un trône inspirée par le motif central de la table isiaque de Turin. Le blason est abandonné en 1814 avec le rétablissement de la monarchie.

Le dollar d’Isis et sa statue de la liberté

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Déesse de la Terre : ancien sceau montrant gravé un S en forme de serpent, croisé par deux os de cuisse humaine

Le sigle du dollar pourrait être un « sigil » de la déesse-mère Isis. En effet, les sigils sont ces puissants symboles graphiques ancestraux, qu’on a longtemps dit être chargés de pouvoirs magiques, et utilisés pour représenter 
les signatures de différentes divinités, anges et démons. Une technique simple de « réalisation» d’un sigil consiste à condenser toutes les lettres d’un mot sur un seul et même caractère. Ainsi le nom ISIS peut se condenser simplement
en un seul S barré d’un ou deux I. Les sigils ont été abondamment utilisés par les sociétés secrètes, par des alchimistes tels que l’illustre John Dee, ou dans le but d’encrypter des messages.

Pour aller plus loin, on peut noter que les dollars sont imprimés sur des billets vert olive, d’une couleur très particulière (« le billet vert ») que l’on retrouve sur la statue de la liberté. 
Le vert est aussi associé à la Vierge Noire phocéenne, et à la déesse arabe Allat pré-islamique. La statue de la liberté à New York est un cadeau de la France aux Etats-Unis, et elle a été sculptée par le français Auguste Bartholdi, 
un franc-maçon notoire (voir ses nombreuses photos avec sa main dissimulée sous sa redingote, la fameuse « main cachée » maçonnique, façon Napoléon).

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Il se trouve que la déesse Isis est tout particulièrement vénérée par les franc-maçons, et qu’il est dit que la statue de la liberté serait en fait une représentation de celle-ci (les 7 rayons qui émanent de son auréole, son visage, 
la torche qu’elle porte, etc…). D’ailleurs lors de son inauguration dans le port de New York le 28 Octobre 1886, le visage de la statue était voilée par un drapeau français bleu-blanc-rouge, et elle fut dévoilée lors de la cérémonie par Bartholdi 
lui-même.

L’idée d’une Isis voilée et dévoilée est une constante dans la symbolique associée à cette déesse. Si on envisage qu’elle représente l’archétype de la mère, on comprend rapidement ce que cela veut dire en regardant les derniers millénaires
qui ont vu le triomphe et la prédominance de l’archétype du père.

On peut donc envisager une situation où certaines sociétés se disant secrètes, tentent de tirer les ficelles dans l’ombre, tout en rendant hommage à Isis, ou détournant son image, en plaçant des références à peine cachées à celle-ci 
derrière des symboles maintenant connus de tous (argent/dollar, statue de la liberté, etc…).


Le culte d’Isis dévoyée – la filiation mondialiste : judaïsme, Rome, Vatican, francs-maçons…

La Nature secrète dévoilée

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Depuis l’Antiquité, la pensée européenne est traversée par l’idée du secret de la Nature. Cette idée est formulée pour la première fois sous l’aphorisme: « La Nature aime à se cacher » par Héraclite d’Éphèse, un philosophe grec 
de la fin du vie siècle av. J.-C.. Dans l’art, ce secret est fréquemment personnifié sous les traits de la mystérieuse Isis qui selon Plutarque ne se laisse point dévoiler par les mortels.

L’alchimie secrète d’Isis, persécutée par l’Église

A partir du IIe s. av. J.-C. sont mis en circulation les premiers écrits alchimiques attribués à Hermès Trismégiste. Ainsi commence ce qu’on appelle « la tradition hermético-alchimique ». L’un des titres des travaux d’Hermès T. est : 
Isis la prophétesse à son fils Horus.

Au XVe siècle, les écrits d’Hermès T. sont traduits et divulgués par Marsile Ficin. En raison de son intérêt pour ces auteurs païens de l’Antiquité et pour l’astrologie, il fut accusé de sorcellerie par le pape Innocent VIII et échappa de peu 
aux rigueurs de l’Inquisition.

La Mère alchimie de Notre-Dame de Paris

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Isis enseignant les sciences à Moïse et Hermes Trimégiste (Pinturicchio)

À partir du xviie siècle, Isis apparaît dans les réflexions et les spéculations des philosophes pratiquant l’alchimie. En tant que déesse symbolisant la Nature et ses mystères, Isis devient la « Mère alchimie » 
qui préside au Grand-Œuvre et à la transmutation des métaux (plan physique) et des âmes (plan psychique). En 1672-73, dans un chapitre de la Bibliothèque des Philosophes chimiques publiée par 
William Salmon (1644–1713), Esprit Gobineau de Montluisant, gentilhomme à Chartres, disserte sur la symbolique cachée de la cathédrale Notre-Dame de Paris, sur les origines isiaques de la capitale française et sur le symbolisme 
des antiques statues de la déesse Isis.



« Pour expliquer l’énigme en un seul mot, Isis figurait l’assemblage de toutes les vertus supérieures et inférieures en unité dans un seul sujet essentiel et primordial. Enfin, cette idole était l’image de toute la nature en abrégé,
le symbole de l’épitome et du thélème de tout. C’était sous cette allégorie que les philosophes avaient donné leur science à la nation et qu’ils avaient dépeint et assorti la nature même ou la matière première qui la contient, 
comme mère de tout ce qui existe et qui donne la vie à tout. Telle était la raison pour laquelle ils attribuaient tant de merveilles à la nature en la personne de la fausse divinité d’Isis. »

— Esprit Gobineau, Enigmes et hiéroglyphes physiques (extrait).

La Nature Isis est Artémis d’Éphèse

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Frontispice du tome 2 du « Mondus subterraneus » d’Athanasius Kircher montrant une statue d’Isis-Artémis aux multiples seins

Entre la fin de l’Antiquité et le début du xixe siècle, Artémis et Isis sont volontairement confondues pour personnifier la générosité de la Nature. Cette confusion fait ainsi dire à Macrobe, au ive siècle,
qu‘« Isis est ou la terre ou la nature qui est sous le soleil. C’est pourquoi le corps tout entier de la déesse est hérissé d’une multitude de seins serrés les uns contre les autres parce que l’ensemble des choses est nourri par 
la terre ou par la nature ».

Au début du xvie siècle, les artistes de la Renaissance s’approprient cette description, et, très souvent la Nature (Isis) prend les traits de l’Artémis multimammia « aux multiples seins » figurée comme une femme couronnée et voilée, 
les jambes étroitement gainées et dont la poitrine porte de nombreux seins.

L’idole de la science naissante

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Isis se dévoilant aux sciences, 1687, Antonie van Leeuwenhoek



Avec le développement de la pensée scientifique aux xviie et xviiie siècles, l’esprit humain tente de percer les secrets de la Nature et, métaphoriquement parlant, de soulever le voile d’Isis. 
De nombreux ouvrages scientifiques, de botanique ou d’anatomie par exemple, s’ornent alors d’un frontispice montrant le dévoilement de la Nature. Plusieurs types de représentations existent. 
La plus fréquente consiste en une réinterprétation de l’Artémis multimammia figurée sous les traits d’une jeune femme vivante portant plusieurs seins où le geste du dévoilement est amplement mis en valeur :
•Une des plus anciennes figure dans le traité Anatome animalium publiée en 1681 par le néerlandais Gerhard Blasius (1625-1692) où l’on voit la Science dévoiler la Nature.
•En 1687, dans le Anatomia seu interiore rerum d’Antonie van Leeuwenhoek (1632-1723) Isis se dévoile elle-même mais aidée par le vieillard du Temps devant la Philosophie et la Recherche scientifique.
•En 1793, un Philosophe dévoile Isis en ouverture du livre De la Nature et de ses lois de François Peyrard (1759-1822).
•En 1899, la métaphore du dévoilement d’Isis reste d’actualité grâce au sculpteur Louis-Ernest Barrias (1841-1905) qui dote les facultés de médecine de Paris et Bordeaux d’une figuration où une Isis, portant un scarabée entre ses deux seins, 
se dévoile elle-même. L’exemplaire parisien de cette Nature se dévoilant devant la Science est désormais conservée au Musée d’Orsay.

Isis dans l’ésotérisme moderne

Blavatsky, Steiner, et Crowley

La fondatrice de la Théosophie moderne, la russe Helena Blavatsky (1831-1891) publie en 1877 son ouvrage majeur Isis dévoilée (titre anglais: Isis Unveiled) où elle cherche à faire la synthèse de multiples anciens savoirs (Égypte, Inde, Tibet). 
Mais, en fin de compte, à propos d’Isis, cette auteure s’inscrit dans une vision assez traditionnelle et fait de la déesse qu’un simple symbole de la Nature.

Pour l’autrichien Rudolf Steiner (1861-1925), le fondateur de l’Anthroposophie, l’Isis des Égyptiens, la Marie des chrétiens, la Shekhina des kabbalistes juifs et la Sophia des gnostiques ne sont que des formes différentes d’un même féminin sacré.

Le mage anglais Aleister Crowley (1875-1947) d’abord membre du temple Isis-Urania de l’Ordre hermétique de l’Aube dorée, élabore, après son exclusion, une démarche initiatique propre où la magie sexuelle a une grande place. 
Dans son poème « Le chant d’Isis » intégré dans la pièce Tannhäuser consacrée au voyage de l’âme, la déesse égyptienne assimile l’érotisme et la sensualité des déesses Hathor et Vénus. Cette puissance syncrétique est ambivalente ; à la fois porteuse de vie et de mort, de ténèbres et de lumière.

Aube Dorée, Wicca, et kémitisme

Dès la fin du xixe siècle, la société secrète anglaise du Golden Dawn (Aube dorée) vénère Isis comme une déesse de la fertilité, de la magie, de la maternité et comme une incarnation mythique de la régénération.

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Autel wicca dédié au dieu cornu et à la déesse mère

Depuis les années 1950, Isis est une des divinités majeures de la Wicca (du vieil anglais: wiccacraeft, sorcellerie) en tant que manifestation de la grande Déesse mère et du féminin sacré. Cette mouvance religieuse, fondée par 
Gerald Gardner (1884-1964), regroupe quelques 150 000  fidèles au États-Unis au début du xxie siècle. La Wicca se rattache, dès ses origines, au néopaganisme et s’inspire du druidisme, du chamanisme et des mythologies slave, 
germanique, gréco-romaine et égyptienne. Depuis les années 1970, la Wicca s’est augmentée des valeurs de la contreculture Hippie, du féminisme, de l’écologisme et du New Age.

Pour les groupes qui se rattachent plus spécialement à l’Égypte antique et au Kémitisme (reconstruction du paganisme égyptien), Isis est le symbole de l’énergie magique féminine, de la nuit, de l’eau et sa puissance se manifeste principalement 
dans les phases de la Lune. Parmi les mouvances pratiquant de pseudo-rites égyptiens ont peut citer le groupe du Fellowship of Isis (Confrérie d’Isis) fondé en 1976 par la grande prêtresse Olivia Robertson (1917-2013) à Clonegal en Irlande.
Ce groupe revendique en 2002 près de 21 000 adeptes à travers le monde. L’une des disciples, Tamara Siuda, fonde à Chicago en 1988 la Kemetic Orthodoxy (Orthodoxie khémite), enregistré en 1993 comme association cultuelle dans l’Illinois 
sous le nom de House of Netjer.
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Re: Matriarcat & Religions : des vestiges secrets au syncrétisme

Message  Arlitto le Ven 4 Mar - 20:38

La lune protectrice des marins

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D’autres Vierges noires sont également liées aux astres, à la Lune ou à Vénus. Comme la Lune influence les marées, la Vierge Noire était donc liée à la mer et elle protégeait les marins, qui l’appelaient Stella Maris (Étoile de la Mer). 
Plus tard, elle sera assimilée à l’étoile Polaire ou à Vénus.

La porteuse de lumière

Comme la Lune, Vénus a le double aspect d’étoile du soir et d’étoile du matin. Étoile du matin, elle était considérée comme néfaste. Cette tradition se retrouve dans le judéo-christianisme : 
l’étoile du matin est souvent associée à Lucifer (du latin : lux fero, «Je porte la lumière »).

Le secret des Vierges Noires

Si elles représentent parfois Marie, la mère du Christ, ces statues sont chargées de tout autre chose. Elles prennent un sens qui dépasse la symbolique chrétienne ordinaire. 
Mais de quel passé nous arrivent-elles ? Et quel message alors nous apportent-elles ?

Gardiennes des sources sacrées

Toutes les Vierges noires sont à proximité de l’eau. Les Vierges Noires ont pris la succession des anciennes déesses sous une forme christianisée.



« Ne sont-elles pas si souvent à proximité immédiate de sources, de puits, d’arbres ou de pierres qui avaient chez nos ancêtres pré-chrétiens une signification sacrée bien connue ? Mais avant d’être représentée, 
la Mère de la manifestation fut adorée sous l’apparence d’une Pierre Noire tombée du ciel, comme à Ephèse pour Artémis. Le « bétyle », pierre noire d’origine météorique, figure Cybèle la Noire, ou la « Grande Déesse » 
chthonienne grecque. Et le pèlerin musulman baise la Pierre Noire de la Kaaba à La Mecque. Toutes les Vierges Noires, comme encore Kali la Noire (Inde), Isis, Astarté, Sara (Gitans), Annis appelée en Grande Bretagne 
Black Annis, Innani (Summer),
… convient les êtres à percer toutes les couches de leur matière, à aller aux Tréfonds, là où Elle se trouve, pour leur révéler Sa lumière. »

La compagne du Serpent Tellurique

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Henri Vincenot (1912 – 1985), est un écrivain, peintre et sculpteur français. Il voit la vouivre comme un immense serpent souterrain qui correspond au courant tellurique terrestre dans son ouvrage Les étoiles de Compostelle.
Selon lui, les Vierges Noires ont été vénérées comme des symboles astronomiques de ces courants d’énergie souterrains. Les lieux où l’on adorait les Vierges noires n’étaient pas choisis au hasard. Aux yeux des Celtes, la Terre était un 
organisme vivant, la Grande Mère, d’où procédait toute vie. Comme un corps, la Terre était nourrie par tout un réseau d’artères cachées sous sa surface. Le réseau terrestre était parcouru par une énergie impalpable. 
Cette énergie et les courants qui la portaient avaient un nom : c’était la Wouivre, le « serpent ».

Le pèlerinage de la Wouivre

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Le menhir de la cathédrale Saint Julien du Mans

Les points de rencontre de plusieurs de ces artères devenaient des lieux sacrés, reconnus comme « centres d’énergie », aux propriétés bienfaisantes (santé, fertilité, guérison…). 
Tous ces points de rencontre étaient signalés, quelle que soit leur importance, par un menhir ou une statue sacrée. Les Vierges Noires marqueront les plus importants carrefours de la Wouivre.
Dans certains lieux de culte chrétiens, il est encore possible de voir l’antique menhir qui marquait le pèlerinage païen. Souvent, l’autel même sur lequel se déroule la messe est fait de l’ancienne pierre sacrée.

Le dieu serpent fertile, gardien de l’arbre cosmique, et compagnon de la Déesse-Mère primordiale

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De tous les animaux le serpent est bien le seul à n’avoir ni poils ni plumes, et l’absence de pattes l’oblige à onduler sur le sol, lieu où les deux mondes du ciel et de la terre se rencontrent.
Mais il aime par-dessus tout se réfugier dans les couches profondes du monde inférieur dont il connaît tous les secrets. Le serpent était dans les temps anciens un symbole très puissant.
Il était le symbole le plus répandu de la Déesse. Le serpent représente la régénération due au fait qu’il ne peut toujours renouveler sa peau. Le serpent a donc été considéré comme l’équivalent terrestre de la Lune.
Les deux peuvent renouveler leur peau ou la forme. Le serpent est un symbole de la naissance, de la mort et de la renaissance. Un beau symbole de cela est l’image du serpent qui se mord la queue (Ouroboros).

L’énergie vitale de la sexualité

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Primitivement, les grands dieux cosmiques ont toujours été représentés par des serpents voire un « serpent jumeau ». Les Chaldéens eurent le même mot aussi bien pour le serpent que pour la vie. Entre le serpent et la femme,
il existe un lien très fort à travers la parabole du renouvellement de la peau et le renouvellement de l’utérus grâce à la menstruation. Dans d’autres cultures, le serpent symbolise le cordon ombilical, reliant tous les humains à la Mère-Terre. 
La Grande Déesse a donc souvent des serpents comme animaux familiers, comme dans la Crète Minoenne, et étaient eux aussi vénérés comme les gardiens des mystères de la naissance et de la régénération. Dans les religions abrahamiques,
le serpent représente le désir sexuel. Selon la tradition rabbinique, dans le jardin d’Eden, le serpent représente la passion sexuelle. Dans l’hindouisme, la Kundalini est la déesse-serpent enroulée, elle est la « puissance résiduelle du désir pur », 
la Shakti, l’énergie féminine de la déesse-mère, qui lorsqu’elle part du sacrum et atteint le sommet du crâne, est un prélude à la délivrance des réincarnations, le Moksha.

Le serpent païen de la luxure

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Marguerite d’Antioche de Pisidie ou sainte Marine ou sainte Marina (morte vers 305) est une vierge martyre du ive siècle. C’est une sainte fêtée le 20 juillet.


Cette sainte légendaire est née à Antioche de Pisidie. Convertie au christianisme, elle fait vœu de virginité, repousse les avances du gouverneur romain Olybrius et refuse d’abjurer sa foi.

La légende veut qu’elle fut avalée par un monstre, dont elle transperça miraculeusement le ventre pour en sortir indemne au moyen d’une croix. C’est pourquoi on la représente généralement « hissée sur le dragon ». 
Le dragon symbolise le diable et le paganisme. Pour Jacques de Voragine dans la Légende dorée, elle l’aurait piétiné et vaincu ainsi. Son martyre se poursuit et elle meurt décapitée.

L’Église terrasse le dragon du matriarcat

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C’est ici que saint Véran, évêque de Cavaillon, selon la légende, aurait réalisé son plus célèbre miracle en débarrassant la Sorgue d’un horrible drac ou dragon que l’on nomme encore Coulobre.

Ce Coulobre, dont on a voulu faire descendre le nom du latin coluber (couleuvre), était une créature ailée qui vivait dans l’exsurgence de la Sorgue. Elle passait pour s’unir avec des dragons qui l’abandonnaient ensuite, 
la forçant à élever seule les petites salamandres noires dont elle accouchait. Elle cherchait désespérément un nouvel époux et un père pour ses enfants mais sa laideur repoussait tous les prétendants.


On y voit, avec juste raison, le symbole de la lutte de l’évêque contre les anciens cultes. Le drac est en effet une divinité ligure des eaux tumultueuses et le coulobre doit son nom à deux racines celto-ligures : Kal : pierre, et Briga : 
colline. C’est la falaise dominant la fontaine où se trouve encore la Vache d’Or qui devait être le lieu d’un antique culte pastoral célébrant la force et la forme de l’eau et de la pierre.

Selon la légende, il chassa cette immonde bête dans les Alpes où elle s’en fut mourir. Le village de Saint-Véran aurait été son lieu de chute. Il est à signaler qu’en remontant le sentier qui mène vers la source, on croise encore
le « Traou dou Couloubre ».

Pétrarque aurait été attaqué par l’une de ces créatures jalouses alors qu’il se trouvait au bord de l’eau avec sa Laure, sa bien-aimée : il tua lé monstre d’un coup d’épée mais Laure mourut ensuite de la peste.

Ouroboros : le temps cyclique menstruel

Par la naissance, la mort et le renouveau, la mythologie de la Déesse mère révèle une représentation cyclique du temps, où il n’y a ni commencement (création) ni fin, et non linéaire. 
Le temps cyclique c’est celui des saisons, avec le labourage, les semailles et les récoltes. L’hiver est le temps du repos afin d’accumuler les forces pour le réveil du printemps. Vouloir s’activer toute l’année sans discontinuité est antinaturel 
et néfaste pour l’homme. Car l’homme fait et fera toujours un avec la nature malgré ce que veulent lui faire croire les religions patriarcales. 
Ainsi, le dieu-serpent Apophis des anciens Égyptiens apparaît dans le Livre des Morts comme le grand régénérateur et initiateur du monde souterrain et solaire. Mais il ne va pas tarder à apparaître comme une puissance hostile, 
en déclenchant intempéries et raz-de-marée, tout comme le serpent Midgardorm des livres sacrés de l’Edda scandinave. En revanche, dans la Bible, le temps est représenté comme une « flèche » (la flèche du Temps), dressée 
du Commencement, la Création, jusqu’au Jugement dernier, avec l’avènement du Messie ou du Royaume de Dieu. La vision cyclique de l’Histoire est une vision païenne. Dans tous les mythes païens, le labyrinthe était le symbole
de la vie cyclique, du devenir.

« Tout revient éternellement, mais avec une dimension nouvelle, parfaite contradiction de la ligne, de la conception unilinéaire du temps. » Jean Haudry, Le livre cosmique des Indo-européens.

En revanche la croyance dans le Dieu biblique, implique donc la croyance au progrès, et fait du Progrès, ce « désir d’avenir », un mythe.

« Ce mot magique [le Progrès] fait de l’avenir un but et un accomplissement et conduit à imaginer que le temps est le chemin de la perfection » Michel Lacroix, Peut-on encore croire au progrès ? (ouvrage collectif).

Les serpents des arbres sacrés de la Déesse

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Dans de nombreux mythes, le serpent tellurique (parfois deux) vit autour d’un Arbre de la Vie, situé dans un jardin divin. Dans la Genèse, de la Torah et de l’Ancien Testament, l’arbre de la connaissance du bien et du mal est situé dans le jardin d’Eden,
ensemble avec l’Arbre de Vie et le Serpent. L’arbre de vie est parfois rattaché à la Menorah (grand chandelier sacré) du temple de Jérusalem. Les chrétiens ont souvent assimilé la croix du Christ avec l’arbre de vie car, comme lui, 
elle donne vie à l’humanité.  Il donne la perpétuation de l’espèce. Il est à ne pas confondre avec l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Cet arbre est aussi mentionné plusieurs fois dans l’Apocalypse (Ap. 2,7 ; Ap. 22,14 ; Ap. 22,19).

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Le serpent gardien des pommes d’or de la Déesse

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De même, dans la mythologie grecque, Ladon est enroulé autour d’un arbre dans le jardin des Hespérides, protégeant le pommier divin. Ladon (en grec ancien Λάδων / Ládôn) est un reptile imaginaire, fils d’Échidna et de Typhon, ou encore 
de Gaïa elle-même. Chargé par Héra (ancienne matriarche pré-olympienne) pour protéger les pommes d’or du jardin des Hespérides, il est tué par Héraclès lors d’un de ses douze travaux. Pour le remercier de ses loyaux services, Héra place sa 
dépouille dans le ciel, là où se trouve désormais la Constellation du Serpent. Le Serpent est une constellation ancienne, qui s’identifie soit au serpent qui révéla à Asclépios les secrets de la médecine, soit au serpent Python qu’Apollon tua dans 
sa jeunesse (voir plus bas), soit à Ladon quand Héraclès l’a tué. On retrouvera un culte des bosquets sacrés aux dieux-serpents dans le sud de l’Inde, chez les Nairs matriarcaux du Kérala (voir plus bas).

La pomme de l’arbre de vie : le pouvoir de la procréation

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Croquer le fruit de l’Arbre de Vie représenté à côté de la Déesse à Sumer, en Crète, en Inde, chez les Celtes, c’est vouloir reprendre le divin pouvoir d’engendrement. Sur le même schéma, la Déesse Héra siégeait sous l’arbre aux pommes d’or 
du jardin des Hespérides où veillait son serpent Ladon que doit tuer
Héraclès pour pouvoir cueillir les fruits. Ailleurs et ailé, le serpent-Dragon sera aussi éliminé par le Père, les saints n’étant pas en reste, de Michel à Georges en passant par Paul et Patrick. Les serpents sacrés gardés dans les temples égyptiens
jouaient le rôle d’agents procréateurs du dieu. Chez les Grecs, les femmes stériles s’étendaient toute la nuit sur le sol du temple d’Asclépios, dans l’espoir d’être fécondées par le dieu sous la forme d’un serpent. Étaient-ce les esprits des morts 
qui surgissait de trous souterrains sous forme de serpents dans les cultes crétois, avant qu’Apollon détruise Python à Delphes ? Dans la mythologie celte, la pomme est le fruit de science, de magie et de révélation, Avallon est l’« îles aux femmes »
où poussent les pommiers de l’éternelle jeunesse. Fruit de régénérescence en Scandinavie, il est sacré en Inde où il y donnait une eau de vie miraculeuse de quatre cents ans.

La femme à l’origine de la mort

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ans le Tanakh, un Serpent, doué de parole et résidant dans le jardin d’Éden, séduit la première femme, Ève, l’incitant à manger du Fruit défendu de l’Arbre de la connaissance du bien et du mal, ce qui entraînera l’expulsion du jardin d’Éden,
et vaudra au Serpent d’être maudit entre tout le bétail et entre tous les animaux des champs, de marcher sur le ventre (il n’était donc pas apode), et manger de la poussière tous les jours de sa vie. De plus, sa postérité et celle de la femme 
se livreront une guerre constante, on lui écrasera la tête, il leur blessera le talon (Gen. 3:14-15).

« La femme est à l’origine du péché et c’est à cause d’elle que tous nous mourons ». Le Livre de l’Ecclésiastique ( in La Bible).

Le renversement du serpent divin

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Pendant le patriarcat, le symbole original sacré du serpent se change en un monstre qui doit être anéanti. Le serpent ne parle qu’à Ève et non pas à Adam, le blâme pèse uniquement sur Ève. 
C’est la première fois dans l’histoire qu’a été créée l’inimitié entre le serpent et la femme.
•Genèse 3:1 « De tous les animaux sauvages le Seigneur Dieu avait fait le serpent le plus malin».
•Genèse 3:14« Dieu a sévèrement puni le serpent parce qu’il avait séduit Ève ».
•Genèse 3:16 Alors l‘éternel Dieu dit au serpent: « Puisque tu as fait cet art, tu seras maudit entre tout le bétail, et au-dessus de toutes les bêtes des champs! Sur ton ventre tu marcheras, et tu mangeras la poussière tous les jours de ta vie ».
•Matthieu 10:16 « Souvenez-vous, je vous envoie comme des brebis parmi les loups.  Soyez prudents comme un serpent, mais en préservant l’innocence d’une colombe. ».

Quand Dieu révèle la paternité à Adam

La Bible exprime très bien ce « renversement des valeurs ». Alors que le serpent est le symbole de la sagesse de la Mère, qu’il est l’emblème vital des religions cananéennes, rejetées par les Hébreux, la Bible va faire d’Ève l’alliée de Satan, 
du Mal. Ce n’est pas grâce au Serpent, mais par Yahvé, que l’homme, prenant  « connaissance » de son rôle dans la procréation, sort alors de sa torpeur et prend conscience que la déesse Mère est une « superstition », 
puisque sans le mâle la femelle est stérile. Il démonise alors le symbole de la Mère, le Serpent, ainsi que la femme en général.

Un symbole de la sagesse gnostique

Les ophites ou ophiens (du grec ὄφιανοι > ὄφις,serpent) sont une secte gnostique apparue en Syrie et Égypte vers l’an 100 de notre ère. Le point commun de ces sectes était de vouloir donner une large importance à la symbolique du serpent, 
Nahash, dans la lecture de la Genèse, et d’établir un lien entre la gnose et le fruit défendu de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Contrastant avec l’interprétation chrétienne faisant du serpent l’incarnation de Satan les ophites voyaient 
dans le serpent un héros tandis qu’ils voyaient dans Elohim, le dieu qui créa et maudit Adam et Ève, un démiurge diabolique.

Le serpent représente aussi le sage et sa sagesse (voir le serpent sur la couronne d’Égypte). Irénée de Lyon mentionne ainsi les Ophites :

« Certains disent que c’est la Sagesse elle-même qui fut le serpent : c’est pour cette raison que celui-ci s’est dressé contre l’Auteur d’Adam et a donné aux hommes la gnose ; c’est aussi pour cela qu’il est dit que le serpent est le plus rusé 
de toutes les créatures. Il n’est pas jusqu’à la place de nos intestins, à travers lesquels s’achemine la nourriture, et jusqu’à leur configuration, qui ne ferait voir, cachée en nous, la substance génératrice de vie à forme de serpent. »
(Adv. Haer. 1,30,15)

La gnose, le serpent de la Sagesse-Mère

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Les ophites (ophis = serpent) vénéraient donc le Serpent, symbole de la Mère (Sophia), qui devait apporter la vérité à Adam et Ève, leur ouvrir les yeux grâce à la gnose afin qu’ils comprennent que ce Dieu qui se dit « suprême », 
n’est qu’un démiurge, usurpateur du pouvoir de la Mère. Mais le Dieu de la Bible, fou de colère, jeta le Serpent en bas des cieux et le maudit à jamais ainsi qu’Adam et Ève. Le symbole du serpent qui promet à Ève de lui donner le pouvoir de Dieu,
c’est en fait le serviteur de la déesse qui tente de lui rendre son pouvoir usurpé par le Père. Comme Lilith, elle sera rejetée de l’Eden. Précisons qu’Adam et Ève n’ont pas été chassés du paradis parce qu’ils se seraient accouplés, 
puisque bien antérieurement, Yahvé leur avait enjoint de « croître et de multiplier ». Cette séquence sur la soudaine honte devant leur nudité relève de la pudeur excessive des hébreux en général et des rédacteurs de la Bible en particulier. 
Elle sera à l’origine du puritanisme, une « névrose judéo-christiano-musulmane », qui sévit encore.

Le Serpent Tellurique, compagnon de la Vierge Noire

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Henri Vincenot (1912 – 1985), est un écrivain, peintre et sculpteur français. Il voit la vouivre comme un immense serpent souterrain qui correspond au courant tellurique terrestre dans son ouvrage Les étoiles de Compostelle. 
Selon lui, les Vierges Noires ont été vénérées comme des symboles astronomiques de ces courants d’énergie souterrains. Les lieux où l’on adorait les Vierges noires n’étaient pas choisis au hasard.
Aux yeux des Celtes, la Terre était un organisme vivant, la Grande Mère, d’où procédait toute vie. Comme un corps, la Terre était nourrie par tout un réseau d’artères cachées sous sa surface. 
Le réseau terrestre était parcouru par une énergie impalpable. Cette énergie et les courants qui la portaient avaient un nom : c’était la Wouivre, le « serpent ».

Le pèlerinage de la Wouivre

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Les points de rencontre de plusieurs de ces artères devenaient des lieux sacrés, reconnus comme « centres d’énergie », aux propriétés bienfaisantes (santé, fertilité, guérison…). 
Tous ces points de rencontre étaient signalés, quelle que soit leur importance, par un menhir ou une statue sacrée. Les Vierges Noires marqueront les plus importants carrefours de la Wouivre.
Dans certains lieux de culte chrétiens, il est encore possible de voir l’antique menhir qui marquait le pèlerinage païen. Souvent, l’autel même sur lequel se déroule la messe est fait de l’ancienne pierre sacrée.

Glycon, l’oracle serpent de la fertilité

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Glycon (ou Glykon) est une divinité-serpent romaine, oracle initialement adoré dans la ville d’Abonuteichos, en Paphlagonie (Anatolie), sous le règne d’Antonin le Pieux. Il provient probablement de Macédoine, où la vénération d’oracles-serpents 
était habituelle depuis des siècles. Les Macédoniens donnaient en effet aux serpents des pouvoirs en matière de fertilité, et avaient développé une mythologie riche à ce sujet (la fécondation d’Olympias par Zeus métamorphosé en serpent en est 
un exemple). Comme dans les cultes macédoniens antérieurs, la vénération du serpent concernait la fertilité. Les femmes stériles lui faisaient des offrandes afin de devenir enceintes. On le disait aussi protéger des épidémies. 
Certaines cultures considèrent que le déclenchement des règles est causé par la copulation avec un serpent surnaturel, qui rend la femme fertile et l’aide à concevoir des enfants.

L’oracle du serpent de la déesse

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Les serpents figurent en bonne place dans les mythes grecs archaïques. Ophion (« le serpent », alias Ophioneus), aurait gouverné le monde avec la déesse Eurynomé, avant d’être destitué par Cronos et Rhéa. 
Eurynomé (en grec ancien Εὐρυνόμη / Eurunómê) est une divinité primordiale. Elle est considérée par la plupart des auteurs comme une Océanide, « fille d’Océan », une « Titanide ». En Grèce, les anciens oracles étaient consacrés 
à la déesse-mère. Les serpents étaient considérés comme les protecteurs des temples et les maîtres chthoniens de l’ancienne déesse-terre. Les oracles de la Grèce antique seraient les héritières du culte de la déesse cobra égyptienne Ouadjet. 
Wadjet eut un oracle célèbre dans la cité de Per-Wadjet (Buto est son nom grec). D’après Hérodote, c’est l’origine probable des traditions oraculaires qui se seraient répandu en Grèce depuis l’Egypte.

Les déesses protectrices du pharaon

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Dans la mythologie égyptienne, Ouadjet (appelée également Bouto) est une déesse cobra originaire de la ville de Bouto dans nord du delta du Nil. Elle est la protectrice de la Basse-Égypte.
Dans son rôle de protectrice du pharaon, elle est associée à la déesse vautour Nekhbet symbole de Haute-Égypte, et de la royauté du Sud. Elles forment ensemble le symbole redondant des deux terres (le nord et le sud)
réunies au nom de pharaon. Elles étaient toutes deux présentes sur le diadème du roi.

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Sur les parois des temples et des tombeaux, elle apparaissait sous les traits d’une femme portant la couronne rouge de Basse-Égypte. Nekhbet était alors représentée sous la forme d’une tête de vautour. 
Lors qu’elle était représentée sur les parois des temples ou des tombeaux, elle apparaissait sous les traits d’une femme portant la couronne blanche de Haute-Égypte, ou sous la forme d’un vautour étendant ses ailes protectrices. 
Toujours aux côtés de la déesse vautour Nekhbet, elles sont « les deux maîtresses » (ou « les deux dames ») introduisant le nom de Nebty, deuxième nom de la titulature des pharaons.

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Ouadjet apparaît aussi, à la Basse époque, sous la forme d’une femme à tête léontocéphale, la la Grande Magicienne Ouret-Hékaou, dans une série de bronze de la XXVIe dynastie. 
La série est aussi composée de statues d’Horus, qui est ici considéré comme le fils de Ouadjet. L’œil d’Ouadjet ayant protégé Horus enfant, les mères égyptiennes le considéraient comme un talisman et le mettaient à leurs petits pour les protéger. 
Identifiée à l’Œil de Rê (Uræus), Ouadjet est représentée de deux manières : sous la forme d’un cobra dressé qui, au front du roi, menace de cracher le feu sur ses ennemis ; ou coiffée de la couronne rouge du Nord.

La déesse-serpent protectrice des moissons

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Rénénoutet ou RêRenoutet (Le serpent nourricier) est une déesse agraire de la mythologie égyptienne. Sous la forme d’un cobra elle protège les récoltes et les greniers. Par extension elle est aussi la déesse des vignerons et des celliers, 
et veille sur les cuves et le raisin. Elle devint la patronne des tisserands. Elle a pour fils Nepri (ou Néper), « le grain ». Ainsi donc, les anciens Egyptiens honoraient Renenoutet, déesse-serpent chthonienne,  protectrice des moissons et des silos 
à grains, et préféraient confier la  préservation de leurs récoltes à des couleuvres plutôt qu’à des chats trop nonchalants à leur goût.

De la déesse de Knossos à Héraclès

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La déesse minoenne aux serpents brandit un serpent dans chacune de ses mains, peut-être évoquant son rôle comme source de la sagesse, plutôt que maîtresse des animaux (Potnia theron), avec un léopard sous chaque bras. 
ce n’est pas par accident que plus tard, Héracles, un héros à la frontière entre l’ancien règne des titans et des déesses, et le nouveau règne olympien (patriarcat), brandissait aussi 2 serpents qui le « menaçaient » dans son berceau. 
Les grecs classiques n’ont pas perçu que cette menace était seulement la menace de la sagesse. Mais le geste est le même que celui de la déesse crétoise.

Apollon tue le serpent Python, fils de Gaïa

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Dans la mythologie grecque, Python (en grec ancien Πύθων / Pýthôn) est un serpent monstrueux, fils de Gaïa (la Terre), ou bien d’Héra selon les traditions. Sa filiation avec Gaïa montre qu’il s’agit aussi d’une ancienne divinité chthonienne.
Python était le dragon souterrain de Delphes, qui était toujours représenté sur les vases et les sculptures sous les traits d’un serpent. Il veillait sur l’oracle de Delphes, consacré primitivement à Thémis (titanide) ou à sa mère Gaïa. 
Python était l’ennemi chthonien d’Apollon, qui l’assassina et vola son sanctuaire, la plus célèbre de la Grèce antique. Le dieu solaire le perça de ses traits, se rendant ainsi maître de l’oracle, depuis nommé « Pythie » ; et pour apaiser la colère
de Gaïa, il créa les Jeux pythiques.

Typhon, le serpent chthonien ennemi des olympiens

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Typhon (anagramme de Python) est l’ennemi des dieux olympiens. Il est décrit comme un immense monstre effroyable, avec une centaine de têtes et une centaine de serpents sortant de ses cuisses. 
Il fut vaincu et jeté dans les abysses du tartare par Zeus, ou enfermé sous l’Etna, où il cause des éruptions. Typhon incarne les forces chthoniennes volcaniques. Parmi les enfants qu’il a donné à Echnida, on retrouve Cerbère
(un monstrueux chien à 3 têtes, avec un serpent en guise de queue, et une crinière de reptile), la Chimère à queue de serpent, l’Hydre de Lerne, un serpent d’eau chthonien, et Ladon, un dragon-serpent doté de 100 têtes. 
Ladon et l’Hydre furent terrassés par Héraclès.

Tiamat, la déesse-serpent, fondatrice de la civilisation sumérienne

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Tiamat est une divinité mésopotamienne. Dans la mythologie babylonienne, Tiamat personnifie l’océan primordial, liquide amniotique où est né la vie. Son nom pourrait provenir du sumérien: ti (vie) et ama (mère), la Mère de la Vie.
Elle est aussi et avant tout la mère de tout ce qui existe, incluant aussi les dieux eux-mêmes. « L’abîme » (en Hébreu « tehom ») au tout début de la Genèse est un terme dérivé de Tiamat. La Bible Genèse 1:2-3 semble contenir une 
vague trace de ce mythe babylonien : « ‘erets hayah tohuw bohuw choshek paniym tehwom, ruwach ‘elohiym rachaph `al paniym mayim », « La Terre était sans forme et l’obscurité était à la face de l’abîme, et le souffle de Dieu
(Elohim = les Dieux ?) planait à la face des eaux « . Tehom signifie dans la Bible « Les profondeurs » ou « l’abîme ». Le mot est apparenté à la Tiamat babylonienne, la Déesse créatrice des Eaux Salées, qui avec son amant des eaux douces, 
Apsu/Abzu, créa le cosmos et engendra les premiers dieux Lahamu et Lahmu.

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La genèse de Babylone raconte comment le dieu de la lumière Marduk tua Tiamat, la monstrueuse déesse de la mer, originellement la Vache Céleste (vaches sacrées de l’Inde), et fit de son corps divisé notre monde terrestre.
Dans la mythologie sumérienne, la déesse créatrice Tiamat sortit des vagues de la mer d’Érythrée (le Golfe Persique actuel), sous la forme d’une “femme-poisson” et enseigna aux hommes les choses de la vie : “construire des cités,
fonder des temples, élaborer des lois, en bref, leur apprit tout ce qui pouvait adoucir les moeurs et humaniser la vie”, comme le rapporte Bérose de Babylone au 4ème siècle A.C. “À partir de ce moment, [ses] instructions étaient tellement 
universelles que rien de concret n’y fut ajouté”, dit Polyhistor. On pense que cet événement se passait en 16 000 A.C. approximativement, mais une date beaucoup moins éloignée serait plus raisonnable.
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Re: Matriarcat & Religions : des vestiges secrets au syncrétisme

Message  Arlitto le Ven 4 Mar - 20:41

Indra terrasse le serpent de la Déesse-Mère

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La civilisation matriarcale de l’Indus était à forte tendance urbaine et ressemblait très peu à celle décrite dans les Vedas aryens, qui avait un caractère pastoral. Peu d’éléments d’une civilisation aussi manifestement urbaine (par exemple, 
les structures des temples, système de collecte des eaux usées) sont décrits dans les Vedas. Elle ignorait totalement le cheval, alors que cet animal est présent dans les Vedas. Une divinité de premier plan des Vedas est Indra, et c’est un dieu 
guerrier, or les hommes de l’Indus semblent avoir été plutôt pacifiques. On peut en déduire que les Indusiens et les gens qui ont rédigé les Vedas (les locuteurs du sanskrit) étaient deux peuples différents. Il existe des mythes communs aux 
Indiens et aux autres peuples indo-européens, comme le mythe du serpent ou du dragon, Vritra dans les textes indiens, retenant les eaux ou avalant le soleil. Il est vaincu par un dieu armé de la foudre, Indra en Inde ou Péroun en Russie. 
Dans la religion védique, puis l’hindouisme, Vṛtrá est le démon de la sécheresse, de la résistance et de l’inertie. Il aurait empêché, avec l’aide de sa mère Danu, les eaux de s’écouler. Il avait la forme d’un serpent ou d’un dragon. 
Vṛtrá a été tué par Indra, ce qui a valu à ce dernier l’appellation de Vṛtráhan. Les Aryens vivaient sûrement en Bactriane (Afghanistan) avant de descendre vers l’Inde. Aux alentours du xxe siècle av. J.-C., il s’y trouvait une assez brillante 
civilisation de l’âge du bronze, or certaines caractéristiques la rattachent aux Vedas. Par exemple, on voit, sur des vases, des représentations de serpents installés sur des montagnes et contenant des soleils. 
C’est peut-être une illustration du mythe du serpent avaleur, Vritra, qui est rapporté dans les Vedas. En le tuant, Indra a libéré les eaux et a permis au soleil de monter au ciel.

Thor terrasse le serpent de la Déesse et du Titan

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Jörmungandr (parfois francisé en Jörmungand ou Iormungand) est dans la mythologie nordique un gigantesque serpent de mer, attesté dans des poèmes scaldiques et les Eddas rédigés entre les ixe et xiiie siècles. 
Selon l’Edda de Snorri, Il est le fils du dieu malin Loki et de la géante Angrboda, et le frère du loup Fenrir et de la déesse du monde des morts Hel. Encore jeune, Jörmungand est élevé dans le monde des géants, Jötunheim. 
Le dieu Odin jette Jörmungand dans la mer qui encercle Midgard, puisque les prophéties racontent qu’il causera de grands dégâts chez les dieux. Mais ce dernier grandit tellement qu’il finit par entourer le monde et se mordre la queue,
d’où son autre nom, Miðgarðsormr, « serpent de Midgard ». Un serpent-monde sans nom est connu également dans les légendes populaires germaniques au Moyen Âge, en dehors de la Scandinavie. Les tremblements de terre étaient attribués
à ses tortillements. Autrement, la lutte entre un dieu et un monstre se retrouve dans plusieurs mythologies indo-européennes, par exemple, les combats entre Indra et Vṛtrá, et Apollon et Python. Les combats de Thor contre Jörmungand, 
et du Christ contre Léviathan, se sont influencés mutuellement à la christianisation de la Scandinavie, comme l’attestent la croix de Gosforth qui mélange mythes païens et chrétiens, et l’équation linguistique entre le serpent de Midgard
et le Léviathan dans les traductions islandaises tardives de textes chrétiens.

La mère-titan de tous les monstres

Dans la mythologie grecque, Échidna (en grec ancien Ἔχιδνα / Ekhidna, « femelle vipère ») ou Delphyné (Δελφύνη / Delphúnê) était mi-femme mi-serpent, une draikana (dragon femelle), et connue comme « la mère de tous les monstres » 
de la mythologie grecque. Elle est la fille de Gaïa et de Tartare. Une autre tradition, d’origine orphique, en fait une puissance antique et immortelle, fille du dieu créateur Phanès et sœur de Nyx. Sa tête, son torse, ses bras sont ceux d’une belle 
femme. Pour le reste, c’est un énorme et affreux serpent (ἔχιδνα signifie « vipère »), recouvert d’écailles aux couleurs changeantes. Selon certains, elle fut tuée par Argos, le berger aux cent yeux, qui la trouva un jour endormie, 
et débarrassa ainsi l’Arcadie de ce fléau, mais Hésiode la qualifie de nymphe immortelle et rapporte qu’elle reçut à la naissance le mystérieux et souterrain pays des Arimes comme résidence attitrée, et que c’est là qu’elle s’unit à Typhon pour 
engendrer sa monstrueuse progéniture (Théogonie, v. 304/305).


Reine adultère de Libye, puis serpent mangeuse d’enfants

Dans la mythologie grecque, Lamia (Λάμια) était une belle reine de Libye, qui devint un démon mangeur d’enfants. Elle devint la maîtresse de Zeus (ou victime de ses viols), causant la jalousie de sa femme Hera, qui tua ses enfants et la 
transforma en un monstre. Lamia prit une apparence monstrueuse (buste de femme et corps de serpent) et se terra dans une caverne. Jalouse des autres mères, elle en sortait parfois pour dévorer un jeune enfant. D’après Antoninus Liberalis, 
Lamia terrorisait la région de Delphes, et exigeait qu’on lui sacrifie un enfant. Chez les anciens, le personnage de Lamia servait de croque-mitaine pour effrayer les enfants.

Athènes : le roi serpent instaure la filiation paternelle

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Aux temps où « les fils ne connaissaient même pas leur propre père », la région de l’Attique était peuplée de confédérations tribales. Le roi Cécrops, né d’un dragon et de Gaïa (union forcée), mi-homme mi-serpent, unifia les tribus sous 
son autorité et fonda Athènes. Il est le premier à reconnaitre la descendance par le père, et imposa le mariage monogamique. Un jour, Athéna et Poséidon se disputèrent pour savoir qui sera la divinité tutélaire de la cité. Cécrops convoqua alors 
une assemblée de citoyens, à savoir les hommes et les femmes, car c’était alors la coutume d’admettre les femmes aux délibérations publiques. Les femmes votent en faveur d’Athéna et les hommes de Poséidon. 
Les femmes, plus nombreuses d’1 voix, font pencher la balance en faveur d’Athéna. Furieux, Poséidon submerge l’Attique sous les flots. Pour apaiser sa colère, les Athéniens imposent aux femmes 3 punitions :
•les femmes n’auront plus le droit de vote
•aucun enfant ne portera le nom de sa mère
•les femmes ne seront plus appelées Athéniennes (statut d’esclaves).

La déesse Méduse transformée en monstre serpent par Athéna, la fille sans mère de Zeus

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Méduse est une figure assimilable à la déesse-mère de Libye (berbères matriarcaux) qui a été transformée en créature monstrueuse dans la mythologie grecque. Hésiode raconte, dans sa Théogonie, qu’au départ, c’est une très belle jeune fille 
convoitée par Poséidon. Un jour, vint Athéna en Libye, afin d’instaurer par les armes le nouvel ordre des pères. Elle est la soldate envoyée par Zeus qui la procréa sans mère. Athéna spolia le temple de Méduse en l’accusant d’avoir forniqué dans
le sien. Elle la transforma en femme-serpent. Ensuite, Athéna chargea le prince Persée de lui ramener sa tête, qu’elle exhibera désormais en trophée de guerre sur son bouclier.

L’esprit souterrain des ancêtres

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Sur la péninsule ibérique, il y a de nombreuses preuves qu’avant l’introduction du christianisme, et probablement avant l’invasion des romains, le culte du serpent était important dans les religions autochtones. 
Aujourd’hui encore, on retrouve de nombreuses traces dans les croyances populaires, par exemple en Allemagne, où le respect du serpent semble être une survivance du culte des ancêtres, tel qu’on peut le retrouver chez les Zoulous
d’Afrique du Sud ou d’autres tribus, tels les Haoussa du Niger ou les Punu du Gabon. Dans la Grèce antique, la coutume voulait que du lait soit répandu sur les tombes pour les âmes des défunts réincarnés en serpents. 
A Rome, l’esprit-gardien ou genius, était un serpent.

Le serpent-totem, ennemi de la virginité conjugale

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Comme pour le mythe universel du dragon, il faut le terrasser pour accéder au mariage. Les reptiles apparaissent comme des gardiens protecteurs de l’ordre matriarcal.

Bida (« boa » ou « python » en sarakholé) est un esprit ayant la forme d’un serpent géant qui apparaît dans une légende médiévale liée à l’histoire du royaume du Ouagadou, à l’origine de l’empire du Ghana. Bida protège le Ouagadou et la famille régnante des Cissé en échange du sacrifice annuel d’une belle jeune fille, jusqu’au moment où il est tué par un homme alors qu’il s’apprête à dévorer sa victime annuelle. La mort du serpent tutélaire est généralement employée par le récit pour expliquer le déclin du royaume. De nombreuses variantes de la légende existent selon les régions, les langues et les ethnies.

L’islam terrasse le serpent-totem anti-mariage

Le meurtre de Bida serait le symbole de l’abandon du culte des ancêtres et de l’adoption de l’islam par les Soninkés selon la tradition orale alors que le récit des voyageurs arabes (Al-Idrissi, Al-Bakri) impute la destruction du royaume par
les forces almoravides venues du Maroc en 1076, suivi de l’émigration vers le sud de ceux qui souhaitent rester animistes.

Dans les variantes soninké et sarakholé, le meurtrier du serpent est nommé Mamadou (Mohamed) et il est le futur époux de la victime à sacrifier, qui se nomme Sia Isabéré. Pendant une longue période, les sacrifices sont dûment accomplis 
et le royaume prospère. Mais une année, c’est au tour d’une belle jeune fille, Sia Isabéré, d’être sacrifiée. Son futur époux, Mamadou, berger et guerrier qui a voyagé et est musulman, refuse de laisser Sia être sacrifiée. 
Au matin du sacrifice, il se poste non loin du repaire de Bida où est conduite Sia, et, lorsque le serpent sort pour la dévorer, il surgit de sa cachette et lui tranche la tête. Avant de mourir, le serpent profère une terrible malédiction contre le pays,
en promettant sept années de sécheresse. L’histoire explique ainsi le dépérissement du royaume du Ouagadou, supplanté par l’empire du Ghana : la malédiction est à l’origine de la transformation du Sahara en désert, tandis que le personnage
de Mamadou représente l’influence grandissante de l’islam. Les débris de la tête de Bida retombent dans le Bambouk et le Bouré et s’y changent en mines d’or qui font prospérer l’empire du Ghana par la suite.

Le serpent-totem, compagnon de la reine-mère fondatrice

La naissance des règnes haoussa fut peut-être la conséquence de la migration vers le Sud de populations berbères, chassées de l’Aïr par les Touareg. Selon la légende, la région était gouvernée par la reine Daoura et infestée par le terrible 
serpent Sarki (animal totémique des Haoussa), qui empêchait aux gens de tirer l’eau des puits. Un homme au teint clair (un blanc ?) tua le serpent et épousa la reine. Il est devenu ainsi l' »ancêtre mythique » et ses descendants sont les fondateurs
des sept règnes haoussa bokoi (purs), dont les rois s’appellent Sarki, du nom du serpent sacré. Les sept règnes bokoi sont: Dawra, Kano, Rano, Zaria, Gobir, Katsena, Biram. Selon le légende, ils furent fondés par la mythique reine Daoura 
et ses six fils. D’autres nobles haoussa fondèrent d’autres règnes « illégitimes » (banza), qui s’étendent vers le sud, vers la savane humide. La légende naquit au siècle X et réfléchit des influences culturelles orientales. 
On y voit le culte à l’ancêtre serpent changé, avec des nouveaux fétiches, et la substitution de la ligne de descendance masculine à celle matrilinéaire.

Vaudou (diaspora africaine) : déesses aux serpents de la connaissance et de la fertilité

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L’Afrique avait de nombreux esprits-serpents de l’eau avant les premiers contacts avec les européens et l’islam. La plupart sont femelles, et ont une nature duale, à la fois bonne et mauvaise, nourricière et destructrice, tout comme l’océan qui 
symbolise le liquide amniotique source de vie. 
Ces femmes-serpents protègent la maternité et sont les gardiennes des sciences occultes. Sous l’influence des religions patriarcales, elles ont souvent été diabolisées comme symbole de la luxure (sexe hors mariage) malgré un syncrétisme fréquent
avec la religion des conquérants. Aujourd’hui encore, elles incarnent le pilier-totem de la famille matrilinéaire, comme notre fée européenne Mélusine, sont à l’origine de nombreuses lignées familiales prestigieuses.

Sugaar, l’amant serpent de la déesse-mère des Basques

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Sugaar (autres noms : Sugar, Sugoi, Maju) est la partie mâle d’une déité pré-chrétienne basque associée aux orages et à la foudre. Contrairement à son amante Mari, il subsiste peu de légendes à son propos. 
L’essentiel de son existence est de se joindre périodiquement (le vendredi, à deux heures de l’après-midi) à Mari dans les montagnes pour y générer des orages. On peut présumer qu’il est associé au ciel. 
Il est en général représenté par un dragon ou un serpent.

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Le nom de Sugaar ou Sugar semble dériver de la réunion des mots suge (serpent) et ar (mâle), signifiant par conséquent serpent mâle. Cependant, il peut être aussi formé par une agglutination des mots su (feu) + gar (flamme),
signifiant dans ce cas flamme du feu.

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Sugaar est habituellement représenté sous la forme d’un serpent, symbole phallique probable, inscrit dans un lauburu (litt. quatre têtes) une sorte de croix gammée. La recherche sur la symbolique originelle amène à une période antérieure 
à la christianisation de la contrée, qui fut longue et chaotique, étant donnée la configuration encaissée du relief pyrénéen et conservatrice des populations rurales. Suivant les auteurs, le symbole fait référence au cycle de la vie, à la rotation du soleil, 
du ciel et de la terre.

Mélusine, déesse-serpent des mégalithes, à l’avènement du patriarcat

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La légende celtique de la fée Mélusine témoigne du bouleversement de société qui s’opère à cette époque reculée : celui du passage du droit de la mère, au droit du père, par l’invention du mariage et de son objectif,
la reconnaissance de paternité. Cette transition violente du matriarcat primordial au patriarcat des conquérants aryens se devine à travers une lecture initiatique de ce mythe fondateur des plus prestigieuses lignées des familles nobles d’Europe.

La femme-serpent, une divinité pré-chrétienne ?

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Gwenc’hlan Le Scouëzec dans son Dictionnaire de la Tradition Bretonne parle de la Grande déesse adorée sous forme de femme serpente ou anguille. En Armorique ce culte a été important, à Sizun (Finistère) par exemple, 5 sculptures au total 
sont dans l’enclos paroissial (église et ossuaire), ce qui fait peut-être de Sizun un sanctuaire important de cette déesse serpente .

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Dans la Rome antique, Angita (ou Angitia) était la déesse de la guérison et de la sorcellerie. Angitia était une déesse serpent. Du fait que les serpents étaient souvent associés avec les arts de la guérison dans l’ancienne mythologie romaine 
(même aujourd’hui, cf: signe des pharmacies), on pense donc qu’Angitia était principalement une déesse de la guérison. 
Elle avait des pouvoirs de sorcellerie et était maîtresse dans l’art des guérisons miraculeuses et herbales, en particulier lorsqu’il s’agissait de morsures de serpents. On lui attribuait aussi une grande variété de pouvoirs sur les serpents, en y incluant le pouvoir de tuer les serpents avec un seul toucher. Elle était toute particulièrement vénérée par les Marses, un peuple du centre de l’Italie. Ils sont réputés pour leurs charmes et leur sorcellerie. Vaincus par les Romains à la fin du ive siècle av. J.-C., ils se latinisent ensuite.
ou poisson.

En Chine, les dieux-serpents créent l’humanité, la civilisation, et le mariage

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Fuxi et Nuwa sont des divinités mineures du panthéon taoïste chinois. Frère et sœur, ils sont mi-humains mi-serpents. Ils créèrent la deuxième humanité (patriarcale), la civilisation (patriarcale), et le mariage (patriarcal) après que le Grand Déluge
eut détruit la première humanité sauvage (matriarcale) qui ne connaissait pas la reconnaissance de paternité. Il est fort probable que le patriarcat confucianiste ai déformé le mythe originel de Nuwa, en lui attribuant l’invention de l’instrument 
d’asservissement du patriarcat, l’institution du mariage; et en qualifiant son duo utérin avec son frère Fuxi de « mariage ». Dans la famille matriarcale, ce n’est pas parce que l’oncle maternel élève ses neveux qu’il en est le géniteur.
Dans la Chine ancienne, certains dieux des rivières étaient représentés sous la forme d’une sorte de serpent, ou d’un être reptilien. En Eurasie, les fleuves sont considérés comme des serpents géants, et ces fleuves-dieux comme le Tibre en Italie 
sont appelés Ophis ou encore Draco pour le Père Rhin.

Serpents-totems chez le dernier peuple matriarcal (Chine)

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Dans le Yunnan, chez les Moso, dernier peuple sans père ni mari, et encore d’avantage chez leurs cousins Naxi, le culte des serpents-totems, appelés Ssù, est resté vivace. Bien que très proche du culte des Naga, par l’influence de l’hindouisme qui 
a transité par le bouddhisme tibétain, il garde de nombreuses 
caractéristiques archaïques, comme chez les Nairs matriarcaux du Kérala, dans le sud de l’Inde. Le culte des serpents n’y est jamais mélangé avec le bouddhisme, il est préservé à l’écart des autres cultes locaux (Dongba, Bön…), 
comme une relique d’une période antérieure. Chaque clan matrilinéaire est protégé par un animal totem, dont le bas du corps est un serpent. Les serpents totems sont gouvernés par un grand dieu de la nature, mi-homme mi-serpent, appelé Shugu. 
Il est le gardien d’une source sacrée qui coule aux pieds d’un arbre sacré, près du mont Youlong (le Dragon de Jade, 5600 m), dans le village de l’Eau de Jade (chinois: 玉水寨; pinyin: Yù Shuǐ Zhài), 
où sa statue géante bénéficie de nombreuses cérémonies en son honneur. Généralement bienveillant, il peut cependant se courroucer et punir avec des catastrophes naturelles, lorsqu’on ne prend pas soin de l’environnement.

Culte des déesses-serpents en Corée

Dans la mythologie coréenne, Eobshin, la déesse de la santé, comme un serpent noir avec des oreilles. Dans l’île de Jeju, la déesse Chilseong et ses 7 filles sont des serpents. Ces déesses sont les divinités des vergers, des cours royales, etc. 
Selon le Jeju Pungtorok, « Les gens ont peur des serpents, ils le vénèrent comme un dieu. Quand ils voient un serpent, ils le considèrent comme une grande divinité, ne le tuent pas et ne le chassent pas. »

La dynastie guerrière des dieux-serpents fertiles

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Les Naïrs du Kérala et les Tulu Bunts du Karnataka, deux ethnies matrilinéaires du sud de l’Inde, vénèrent toujours ces reptiles. Les serpents y sont considérés comme un symbole de fertilité. 
Les Naïrs étaient organisés en de nombreux clans guerriers, tels les Nambiar ou les Kiryathil. 
Les clans guerriers Naïrs et Bunts du Tulu Nadu disent descendre des Nagvanshi, la dynastie des serpents. Chaque maison-clan dispose de son bosquet sacré où sont vénérés les serpents-totems protecteurs du clan. 
Chaque village avait aussi son esprit protecteur, en général une déesse. De nombreux et immenses temples ancestraux sont dédiés aux déesses et à leurs serpents, où les femmes viennent demander un enfant, et les remercient en cas de succès.

Australie : le Serpent-Arc-en-ciel, compagnon de la déesse-mère

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La majorité des sociétés aborigènes sont très patriarcales, et ce, depuis bien avant l’arrivée des colons blancs et des missionnaires chrétiens. Cependant, leur mythologie, et de nombreux vestiges coutumiers témoignent d’une ère matriarcale encore i
nscrite dans leur mémoire collective.
Le dieu-serpent créa l’univers, puis son amie, la déesse Kunapipi donna naissance à l’humanité. Il est encore le dieu de la pluie et de la fertilité. Ses plus anciennes représentations rupestres ont plus de 6000 ans. 
Aujourd’hui encore, les aborigènes se saignent rituellement le pénis pour imiter les menstrues, le pouvoir de procréation des femmes. Cette coutume démontre les origines réelles de la circoncision que l’on retrouve principalement chez les juifs 
et les musulmans.

Hopi d’Arizona : prêtres-serpent d’oncle à neveu maternel

Parmi les indiens Hopi d’Arizona, le serpent est une figure centrale des danses sacrées. Le statut de prêtre-serpent se transmet uniquement d’oncle à neveu maternel. Les serpents sont des symboles de fertilité. 
Chaque année, les Hopi pratiquent la danse du serpent pour célébrer l’union du Serpent Jeunesse (un esprit du ciel), et de la Fille Serpent (un esprit souterrain), pour renouveler la fertilité de la nature. 
Pendant la danse, des serpents vivants sont maintenus dans chaque main, et à la fin, les serpents sont relâchés dans les champs, afin de garantir de bonnes récoltes.
« La danse des serpents est une prière pour les esprits des nuages, du tonnerre et de la foudre, pour que la pluie tombe sur les récoltes en croissance ».

Culte du serpent dans l’Amérique précolombienne

Le crotale était vénéré dans le temple du soleil des indiens Natchez. Les indiens bâtisseurs de tumulus du Mississippi accordaient une grande valeur mystique au serpent, ainsi que nous le montre les vestiges aujourd’hui visibles 
du grand-serpent-tumulus.

Le serpent à plumes agricole, union de la terre et du ciel

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Le serpent à plumes est une divinité dont le culte était très répandu en Mésoamérique. Les plus anciennes représentations iconographiques de cette divinité datent du début de la période classique, vers 150 après J.-C. Son culte trouve 
ses origines à l’époque préclassique, vers 1200 avant J.-C., dans celui du serpent aquatique chez les Olmèques.

Le plus ancien et le plus immuable des aspects symboliques du serpent à plumes semble être de nature agricole. En effet, de cette ancienne époque jusqu’à aujourd’hui, les peuples indigènes l’ont associé au cycle de croissance du maïs, 
comparant les feuilles vertes de la plante à des plumes de l’oiseau quetzal et les épis à des écailles de serpent. Comme souvent dans la pensée mésoaméricaine, le symbolisme du serpent à plumes est imprégné de dualisme : 
il est à la fois rattaché à la terre, par le serpent, et au ciel, par les plumes de l’oiseau. Il est également associé à Vénus.

Le serpent vision, médiateur de l’au-delà

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Quetzalcóatl, le Serpent-à-plumes, était la divinité centrale du peuple patriarcal Aztèque. Serait-il un souvenir de l’ère matriarcale disparue ? Dans de nombreuses cultures mésoaméricaines, le serpent est vu comme un portail entre deux mondes.
Le serpent-vision est une importante créature de la mythologie maya qui avait pour fonction de relier le monde physique au monde surnaturel des esprits et des divinités : les Mayas croyaient que l’invocation du serpent-vision permettait, 
par l’auto-sacrifice, d’entrer en contact avec l’esprit des ancêtres. Les tribus du Perou auraient adoré un grand serpent avant l’ère Inca. Au Chili, les indiens Mapuche évoquent la figure d’un serpent lors du Grand Déluge.
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Re: Matriarcat & Religions : des vestiges secrets au syncrétisme

Message  Arlitto le Ven 4 Mar - 20:41

Vierge Marie et Déesse Mère : la religion des templiers

Alma mater est une expression d’origine latine, traduisible par « mère nourricière ». Le terme était employé dans la Rome antique pour désigner la déesse mère. Au Moyen Âge, l’expression était aussi employée par les chrétiens pour désigner
la Vierge Marie, mère de Jésus de Nazareth. « Alma Mater Studiorum » est la devise de l’Université de Bologne fondée en 1088 et plus ancienne université du monde occidental. 
L’usage de cette expression s’est ensuite progressivement propagé dans les autres universités européennes. Alma mater est également une bulle pontificale fulminée par le pape Clément V le 4 avril 1310 dans le cadre du procès de 
l’ordre du Temple.

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Les Templiers ont joué un rôle décisif dans la construction des cathédrales au XIIIe siècle

Des survivantes de la christianisation

Dans les années 1950, avec l’avancée des études en matière de religions comparées, des rapprochements ont été faits avec les déesses des anciens cultes polythéistes d’Europe occidentale que la romanisation, suivie de la christianisation, 
avaient fait disparaître, en particulier les déesses-mères, confortés par la présence de sanctuaires dédiés à la mère de Dieu sur les lieux d’anciens cultes païens (Cybèle, Diane etc..). Benko et Chiavola Birnbaum ont remarqué la ressemblance 
entre la Vierge à l’enfant et les représentations d’Isis portant Horus datant de l’Égypte ptolémaïque. Pour Stephen Benko (rejoint par Alexandre Hislop), « la Vierge noire est l’ancienne déesse-terre convertie au christianisme. Benko commence 
par montrer que de nombreuses représentations de déesses sont noires, parmi lesquelles Artemis d’Éphèse, Isis, Cérès et d’autres. Cérès, déesse romaine de la fertilité agricole, est particulièrement importante. Son équivalent grec est Déméter,
Déesse-Terre. Le sol le plus fertile est noir, et plus il est noir, plus il convient pour l’agriculture. »

Des reines célestes qui embarrassent l’Église

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Elles portent presque toujours une couronne : considérées comme des « Reines des cieux ». Elles sont associées à des représentations de la Lune ou des étoiles. Il s’agit d’une pratique qui nous ramène à l’ère pré-chrétienne et qui perpétue
les cultes païens des divinités féminines. Ces « Maîtresses du Monde » causent beaucoup de souci à l’Église catholique, qui les met « hors circuit » dès qu’elle le peut sans trop choquer les populations locales, toujours plus attachées aux Vierges 
qu’à la fréquentation des messes. Depuis le XIXe siècle, beaucoup de ces Vierges noires ont été remplacées par des représentations plus conformes au modèle marial. Quand elles n’ont pas été, tout simplement, repeintes… en blanc !

Marie Madeleine, la « vierge » païenne

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Marie-Madeleine au tombeau, par Giovanni Paolo Lomazzo (1568)

Trop parfaite pour être vraie, cette nouvelle Marie n’avait rien d’attrayant pour les fidèles emprunts de paganisme. D’où la mise en place d’une seconde Marie, qui prendrait en charge les éléments obscurs et « trop féminins » 
des anciens cultes païens. Ce sera Marie-Madeleine, qui représentera tout ce que la Mère de Dieu n’était pas, et qui prendra souvent le visage des fameuses Madones noires. Les Vierges noires chrétiennes seront ainsi théoriquement 
vouées à Marie-Madeleine, fornicatrice mais « vierge » elle aussi car non-mariée, la supposée et contestée compagne de Jésus, plutôt qu’à sa mère.

Avant la Création du Dieu-Père

Dans le texte de la messe de l’Immaculée Conception, on trouve les paroles suivantes : « Le Seigneur me posséda au début de toutes choses. J’existais avant qu’il ne donne la vie aux créatures. J’existais de toute éternité, avant même que 
la Terre ne soit créée. »

Tout obéit à Marie, même Dieu

Plusieurs écrivains chrétiens du Moyen Age en arriveront à admettre que c’est la Vierge, et non Dieu, qui a créé le monde ! L’un d’entre eux écrira : « Tout obéit à Marie, même Dieu. » C’est ainsi que, insensiblement, le christianisme 
du Moyen Age se teintera des couleurs d’une religion matriarcale, fondée sur le principe féminin symbolisé par Marie. Dans le même temps, les qualités « féminines » de Jésus étaient accentuées : douceur, bienveillance, et même passivité. 
La Vierge était devenue la médiatrice entre les hommes et leur dieu, en quelque sorte une déesse protectrice de l’Europe occidentale.

Les cathédrales, temples païens de la Déesse

Les grandes cathédrales étaient les temples de cette déesse. Entre 1170 et 1270, pas moins de 84 cathédrales dédiées à Notre-Dame et cinq cents églises seront édifiées à sa gloire. La plus grande partie de ces monuments seront bâtis sur
des sites déjà consacrés par la présence d’une statue de Madone, le plus souvent noire et généralement pré-chrétienne.

La déesse druidique des Carnutes

Chartres est située au centre de la Beauce, recouverte autrefois par une forêt immense, la forêt des Carnutes, qui, selon Jules César, abritait le plus grand sanctuaire de toute la Gaule, sanctuaire où les Druides venaient célébrer, une fois l’an, 
de très secrètes liturgies. Ce qui est sûr, en tout cas, c’est qu’il existe une filiation évidente entre le culte druidique de la Déesse-Mère et le culte de la Vierge Marie, culte lié lui-même aux représentations dites de la » Vierge Noire « .

La Déesse des Commencements

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La cathédrale de Chartres est un sanctuaire dédié à la Vierge bien avant l’introduction du christianisme en Gaule. Cette « Virgo Paritura » que les Druides ont vénérée à l’emplacement même de la crypte de la cathédrale actuelle, dans une grotte, 
est appelée » Notre Dame de Sous-Terre « , l’image de la Mère universelle, la Déesse des Commencements, celle » sur le point d’enfanter » le monde, vers laquelle se dresse l’humanité entière, celle enfin que les chrétiens ont fini par identifier 
à l’Immaculée conception.

Les deux vierges de Chartres

Selon Fulcanelli, « La cathédrale de Chartres est la mieux partagée sous ce rapport ; elle en possède deux, l’une désignée sous le vocable expressif de Notre-Dame-sous-Terre, dans la crypte, est assise sur un trône dont le socle porte l’inscription 
déjà relevée : Virgini parituræ ; l’autre, extérieure, appelée Notre-Dame-du-Pilier, occupe le centre d’une niche remplie d’ex voto sous forme de cœurs embrasés. Cette dernière, nous dit Witkowski, est l’objet de la dévotion d’un grand nombre de 
pèlerins. Primitivement, ajoute cet auteur, la colonne de pierre qui lui sert de support était « cavée » des coups de ses fougueux adorateurs, comme le pied de saint Pierre, à Rome, ou le genou d’Hercule que les païens adoraient en Sicile ; mais,
pour la préserver des baisers trop ardents, elle fut entourée d’une boiserie en 1831. Avec sa Vierge souterraine, Chartres passe pour être le plus ancien de tous les pèlerinages. Ce n’était d’abord qu’une antique statuette d’Isis sculptée avant
Jésus-Christ, ainsi que le racontent d’anciennes chroniques locales. Toutefois, notre image actuelle ne date que de l’extrême fin du xviiie siècle, celle de la déesse Isis ayant été détruite, à une époque inconnue, et remplacée par une statue de bois,
tenant son Enfant assis sur les genoux, laquelle fut brûlée en 1793. »

La crypte souterraine, utérus d’Isis

D’après Fulcanelli, « Jadis, les chambres souterraines des temples servaient de demeure aux statues d’Isis, lesquelles devinrent, lors de l’introduction du christianisme en Gaule, ces Vierges noires que le peuple, de nos jours, entoure d’une
vénération toute particulière. Leur symbolisme est d’ailleurs identique ; les une et les autres montrent, sur leur soubassement, la fameuse inscription : Virgini parituræ ; à la Vierge qui doit enfanter.

La mère des dieux

Ch. Bigarne, nous parle de plusieurs statues d’Isis désignées sous le même vocable. « Déjà, (…) le savant Elias Schadius avait signalé, dans son livre De dictis Germanicis, une inscription analogue : Isidi, seu Virgini ex qua filius proditurus 
est (A Isis, ou à la Vierge de qui le Fils prendra naissance). Ces icônes n’auraient donc point le sens chrétien qu’on leur prête, du moins exotériquement. Isis, avant la conception, c’est, dit Bigarne, dans la théogonie astronomique, l’attribut de la
Vierge que plusieurs monuments, bien antérieurs au christianisme, désignent sous le nom de Virgo paritura, c’est-à-dire la terre avant sa fécondation, et que les rayons du soleil vont bientôt animer.
C’est aussi la mère des dieux, comme l’atteste une pierre de Die : Matri Deum Magnæ ideæ. » (…) Un détail encore, utile pour l’hermétiste. Dans le cérémonial prescrit pour les processions de Vierges noires, on ne brûlait que des cierges
de couleur verte.

« Au nom de la mère, de son fils, et du Saint Esprit »

Qui est l’oncle maternel, car père spirituel et non biologique de son neveu. La mère est « vierge » car non mariée, c’est à dire sans père légitime reconnu par le mariage.

On sait que les tribus gauloises adoraient Belen, dont la sœur, qui serait également « l’épouse », était Belisama, la Vierge noire. Il est probable que la Vierge noire adorée à Chartres, des siècles avant la cathédrale chrétienne, était une 
représentation de Belisama. La déesse Bélisama (pareil à la flamme), dans le panthéon Celte, était la sœur de Belen, le grand dieu des Gaules et la personnification du Soleil. Lug serait son fils. Elle qui restant vierge (sans père reconnu, car 
non mariée) aurait été fécondée par l’Esprit Divin du dieu Belen, son frère avec qui elle régnait (typique des royautés matrilinéaires). La trinité Belisama – Belenos – Lug est identique à la trinité d’Isis – Osiris – Horus, une trinité matriarcale : 
Isis est vierge, et son frère Osiris n’est pas le père supposé de son fils Horus, mais seulement son oncle maternel, son père spirituel et non biologique.

Isis, la vierge noire de Paris

Les Parisii étaient un peuple belge vivant dans l’actuelle région parisienne et en Grande-Bretagne. Selon César (53 av. J.-C.), leur ville principale (oppidum) aurait été Lutetia (Paris). L’origine et la signification de l’ethnonyme Parisii n’est 
pas établie avec certitude, car le celtique ancien est assez mal connu au début du xxie siècle.

L’idole de Saint-Germain-des-Prés

Jacques-Antoine Dulaure, un historien du xviiie ‑ xixe siècle, associait le nom des Parisii à la déesse égyptienne Isis, à cause de la découverte d’une statue de la déesse retrouvée à l’église Saint-Germain-des-Prés. Cette statue était maigre,
haute, droite, noire pour sa peau, presque nue avec quelque linge entassé autour de ses membres et était située contre la muraille du côté septentrional où est situé le crucifix de l’église : on l’appelait l’idole de Saint-Germain-des-Prés. 
Avant la fondation de l’abbaye, il existait déjà à l’époque romaine, un temple probablement dédié à Isis, alors appelé Locotice, qui assurait l’immortalité aux initiés.

Les vierges noires de Metz et Lyon

Witkowski en signale une que logeait la Cathédrale Saint-Étienne de Metz. « Cette figure en pierre d’Isis, écrit l’auteur, mesurant 0 m. 43 de haut sur 0 m. 29 de large, provenait du vieux cloître. La saillie de ce haut relief était de 0 m. 18 ;
il représentait un buste nu de femme, mais si maigre que, pour nous servir d’une expression imagée de l’abbé Brantôme, « elle ne pouvoit rien monstrer que le bastiment » ; sa tête était couverte d’un voile. Deux mamelles sèches pendaient 
à sa poitrine comme celles des Dianes d’Ephèse. La peau était colorée en rouge, et la draperie qui contournait la taille en noir… Une statue analogue existait à Saint-Germain-des-Prés et à Saint-Etienne de Lyon.»

Le secret des caves de l’Observatoire

Camille Flammarion parle d’une statue analogue qu’il vit dans les caves de l’Observatoire, le 24 septembre 1871, deux siècles après la première observation thermométrique qui y fut faite en 1671.

« Le colossal édifice de Louis XIV, écrit-il, qui élève la balustrade de sa terrasse à vingt-huit mètres au-dessus du sol, descend au-dessous en des fondations qui ont la même profondeur : vingt-huit mètres. A l’angle de l’une des galeries souterraines, on remarque une statuette de la Vierge, placée là cette même année 1671, et que des vers gravés à ses pieds invoquent sous le nom de Nostre-Dame de dessous terre. »
Isis brûlée lors de la Révolution Française 

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La cathédrale Notre-Dame-de-l’Annonciation du Puy-en-Velay (Auvergne) est un monument majeur de l’art roman et de l’Occident chrétien (XIe siècle). Une Vierge noire, objet de nombreux pèlerinages au cours des siècles, trône sur un 
maître-autel baroque. L’actuelle effigie remplace celle qui aurait été offerte par Saint Louis à son retour de la croisade d’Égypte, et qui fut brûlée lors de la Révolution française. Selon Faujas de Saint-Fond, il s’agissait d’une statue très ancienne 
d’Isis, déesse égyptienne de la fécondité, que l’on avait métamorphosée en Vierge. Il est vrai que des statuettes d’Isis tenant Osiris sur les genoux lui ressemblent de façon frappante. En janvier 1794, la Vierge Noire arrachée de son autel fut 
dépouillée de ses richesses (pierres précieuses, dorures…) et reléguée aux Archives. On se souvint malheureusement d’elle : le 8 juin 1794, jour de la Pentecôte, les représentants du pouvoir révolutionnaire, dont Louis Guyardin, vinrent la chercher
pour la brûler place du Martouret. Quand les toiles enduites de couleur eurent fini de se consumer, une petite porte secrète pratiquée dans le dos de la statue s’ouvrit et une sorte de parchemin roulé en boule en sortit ;
malgré les protestations, on ne chercha pas à savoir ce qu’il contenait. Certains pensent que sur ce parchemin était inscrite l’origine exacte de la vierge noire.

Isis n’a pas été fécondée par son frère Osiris

On a brûlé à la révolution la vierge noire du Puy. Mais avant de mourir, la statue de cèdre noir aux yeux de verre a parlé ; un témoin raconte : « Un papyrus est sorti d’une cavité de bois et une pierre ovale portant des inscriptions égyptiennes 
a été retrouvée dans les cendres. Mais personne n’a voulu s’intéresser à ces choses, ni les historiens, ni les artistes, ni les philosophes, ni les hommes politiques. La vierge noire du Puy avait l’aspect d’une momie ; les bandelettes qui enveloppaient 
son corps ainsi que celui de son fils ne laissaient voir que leur visage. Isis, épouse d’Osiris, fécondée par Râ, le dieu soleil du ciel, portait Horus sur ses genoux. » (Jean Peyrard, histoire secrète de l’Auvergne, p.279).

Un culte matriarcal résistant

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Avec les Madones noires, nous sommes donc en présence de cultes qui dépassent les dogmes chrétiens sur la virginité de la « Mère de Dieu ». Presque tous les aspects de ce culte laissent transpirer un paganisme originel, resté incroyablement
vivace après des siècles de christianisation et de chasse aux superstitions.

Lourdes, une expérience païenne matriarcale ?

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En 1858 eurent lieu à Lourdes dans les Pyrénées françaises plusieurs apparitions miraculeuses. C’est une certaine Bernadette Soubirous qui fut témoin de ces apparitions qu’elle interpréta comme étant celles de la vierge Marie. 
Bernadette raconta alors qu’elle vit la vierge car c’est le seul langage religieux qu’elle connaissait. Selon plusieurs spécialistes de la question, il serait fort possible que Bernadette ne sut pas interpréter correctement ce qu’elle vit. 
Plusieurs indices tendent à démontrer que l’expérience qu’elle vécut, fut une montée de la Déesse-Mère de son inconscient dans son conscient. Ce serait donc une expérience païenne qu’elle n’aurait pas su identifier.

Grotte et source, des symboles de la déesse-mère

Le fait que les apparitions eurent lieu dans une grotte près d’une source est très révélateur au niveau symbolique, car ces deux éléments sont intimement liés au culte de la Terre-Mère. La source est l’élément vital de fécondité qui connecte avec 
la Déesse-Mère dans son aspect jeune, tandis que la grotte est un symbole de la matrice universelle, la Déesse dans son aspect plus mûr, celui de la Mère. Ce sont des détails qui ont une grande importance car ils sont attestés dans tous les cultes 
antiques liés à la grande Déesse. L’incertitude de Bernadette est attestée, car elle n’a pas pu donner d’explications pour ses visions, jusqu’à ce qu’elle lui dise « je suis l’immaculée conception ». Elle n’a donc pas identifié au premier abord l’apparition… ceci jusqu’à ce que les autorités catholiques du secteur lui soufflent à l’oreille ce qu’elle devait dire afin de ne pas être prise pour une sorcière, ce qui lui aurait valu certains problèmes avec la légendaire tolérance inquisitoire des catholiques… Par ailleurs, le genre de pélerinages qui a lieu régulièrement à Lourdes possède un fond plutôt païen, car si on enlève le vernis chrétien, on est bien en présence d’anciennes coutumes 
antérieures au christianisme telles qu’on les connaît de la Grèce païenne par exemple.

« En terre païenne, aux Indes par exemple, elle aurait interprété son aventure de manière plus charnelle, plus sexuelle, et n’aurait pas cru devoir se retirer de la vie. Pour nous aucun doute possible: 
il y a eu à Lourdes un événement religieux authentique et nous contestons seulement sa spécificité chrétienne. » – « L’âme européenne », Robert Dun
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Re: Matriarcat & Religions : des vestiges secrets au syncrétisme

Message  Arlitto le Ven 4 Mar - 20:42

Matriarcat chrétien Adamite : naturisme libertin du jardin d’Éden perdu de la déesse-mère Isis

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Contre le mariage et le travail

Les Adamites sont un mouvement religieux situé dans les Flandres. Le mouvement religieux des adamites (ou adamiens) étaient inspirés par la nostalgie du Jardin d’Éden. Rattachés au christianisme, les Adamites tentaient d’imiter 
Adam avant la chute. Suivant l’amour libre, ils rejetaient le mariage de même que le travail et vivaient nus le plus souvent possible, dans une sorte d’état d’innocence originel. Le fond de leur proposition était que
« l’homme doit être aussi heureux ici-bas qu’il sera un jour dans le ciel » (Tommaso Campanella, La Cité du Soleil, 1568).

Nus et libertins

Voici la façon dont ces adamites sont décrits par Épiphane de Salamine sur le sujet :

Hommes et femmes se réunissaient (dit-il) aussi nus que s’ils sortaient du ventre de leur mère. C’est dans cet état qu’ils lisaient, priaient, enseignaient et pratiquaient les exercices…. Ils avaient pris l’habitude de se rassembler dans des maisons
chaudes, de véritables fours, dans des endroits où ils pouvaient bénéficier d’une chaleur artificielle afin de chauffer leurs ardeurs naturelles…. Ils se mêlaient tous… hommes et femmes, et certaines se vantaient d’être vierges.

La nudité comme vérité et liberté

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Dans une autre source précédemment citée, l’Heresiography de Pagitt, les adamites se rassemblent dans des caves pour y allumer des feux et profiter de la chaleur — une certaine vision de l’enfer. Pagitt rapporte une anecdote où, s
ommés de s’expliquer devant un magistrat, les adamites seraient apparus dénudés en clamant « qu’ils ne sauraient porter de vêtements parce qu’ils étaient la vérité nue ». À une autre occasion, des adamites de sexe féminin auraient proclamé : 
« que tous ceux qui portent des vêtements, mais en particulier des bretelles, ne sont pas des hommes libres ». La femme devient un homme libre à l’instant où elle se dénude.

Rédemption Universelle, et égalité des sexes

Les adamites étaient de ces pseudo-sectes pourchassées par l’Eglise, dont les disciples alimentèrent les bûchers de la Sainte Inquisition. Leurs principaux tords furent de proclamer l’avènement d’une « Rédemption Universelle » 
(ou Apocatastase), de vouloir réintégrer les femmes, en tant qu’égales des hommes, comme aux origines… et au final, de vouloir se libérer du pouvoir ecclésiastique omnipotent du Saint Siège.

L’innocence sexuelle de l’humanité végétale

Un retour aux sources, héritage orphico-pythagoricien, de l’antique philosophie de la Nature, célébrant le culte à mystère de la Déesse-Mère, alias « Alma Mater », alias Isis, l’Égyptienne, formellement condamné par l’orthodoxie. 
Une véritable symbiose semble s’être opérée entre ces Adamites et la Nature, au point que nous pouvons parler d’une « humanité végétale », qui tendait à retrouver l’innocence sexuelle des végétaux. Nombre d’entre eux étaient végétariens, 
voir végétaliens…

Théosophie archaïque de la déesse-mère

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Le Jardin des délices de Jérome Bosch – 1503.


Certains pensent, que la peinture de Jérome Bosch, Le Jardin des délices, pourrait être une représentation de la mythologie adamite, car la secte des Frères du Libre-Esprit, suivant ses principes se développaient à, Bois-le-Duc, la ville où il résidait.
Les adeptes furent souvent affublés du sobriquet de turlupins. Le Jardin des Délices, ou « La fête des métamorphoses », plante le décor naturel de cette théosophie archaïque de la déesse-mère.

La porte parole des turlupins

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Les Écritures triomphant sur l’Hérésie, des femmes aux serpents, avec son foudre patriarcal divin, dans l’église Gustaf Vasakyrkan de Stockholm.


Jeanne (ou Pieroime) Daubenton, Daubentonne ou Dabentonne, est née à Paris au xive siècle et y a été brûlée vive en 1372. Elle se mêla à une bande de turlupins (nom d’une secte active du xiie au xive siècle) arrivés fraîchement à Paris, 
au milieu desquels elle joua un rôle des plus actifs. Devenue l’éloquente interprète de leur doctrine, elle se livra à la prédication, annonçant que :
•l’idéal de la perfection chrétienne consiste à être pauvre et à aller (à-peu près) entièrement nu,
•tous les devoirs religieux doivent se réduire à une simple oraison mentale, et enfin
•pour les saints, (c’est-à-dire les adeptes de ses idées), il n’y a nul péché à satisfaire toutes ses passions et tous les désirs de ses sens.

Condamnée au supplice du feu, Jeanne Daubenton fut brûlée en place de Grève.

Pauvreté, nudité, et collectivisme

Elle formalisa donc le mode de vie des Turlupins en doctrine qu’elle propagea activement et cette doctrine se rattachait visiblement plus aux Cyniques et aux Adamites qu’aux Vaudois. En effet ce mouvement mettait en pratique :
1.un dénuement complet,
2.une totale nudité,
3.un communisme total (communauté complète des femmes et des biens).

De fait, cette vie en communauté, s’apparenterait plutôt aujourd’hui au naturisme ou au nudisme teinté de communisme ou même de communautarisme.

Source : Grand Dictionnaire Universel (Larousse 1876).
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Re: Matriarcat & Religions : des vestiges secrets au syncrétisme

Message  Arlitto le Ven 4 Mar - 20:43

Tradition Gnostique des Templiers : féminin sacré, sagesse de la Vierge Noire, relique du culte d’Isis

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« La philosophie gnostique est née au début de l’ère chrétienne dans le bassin méditerranéen, principalement en Egypte, héritière de l’ancienne religion des mystères d’Isis. » – Karmaone et David Dennery, Nexus n°63 page 38.



[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]Sophie ou Sophia (Grec : Σοφíα, sagesse) est un terme en philosophie grecque, Platonisme, Gnosticisme, dans l’Église orthodoxe, 
le Christianisme ésotérique, le Mysticisme chrétien et la Philosophie chrétienne. La Sophiologie est un concept philosophique sur la sagesse et un concept théologique sur la sagesse de Dieu, et son aspect féminin.

La sagesse féminine christique

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Sainte Sophie ou Sainte Sophie de Rome, est une martyre chrétienne suppliciée à Rome vers 137. Cette légende connut une grande popularité à Rome au IIe siècle mais le culte de Sophie n’y est attesté qu’à partir du vie siècle. 
Personnification de la sagesse divine et du Christ plus particulièrement, Sophie a été l’objet d’une immense vénération à Byzance et dans le monde slave. Justinien a donné ce même nom à la plus belle église de Constantinople, 
qu’il a fait construire : Sainte-Sophie, en la plaçant, non pas sous son vocable, mais sous celui du saint Sauveur, le Christ, Sagesse de Dieu. Sainte-Sophie (du grec Ἁγία Σοφία / Hagía Sophía, qui signifie « Sainte Sagesse », « Sagesse Divine »,
nom repris en turc sous la forme Ayasofya) est une ancienne église chrétienne de Constantinople du VIe siècle, devenue une mosquée au XVe siècle sous l’impulsion du sultan Mehmed II. Elle est édifiée sur la péninsule historique d’Istanbul. 
Souvent surnommée la Grande Église, la basilique est dédiée au Christ, « Sagesse de Dieu », selon la tradition théologique chrétienne.

Constantinople vers le paganisme marial

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Constantinople avait le croissant comme emblème avant Jésus Christ, et Constantin lui aurait donné une signification religieuse en dédiant la ville à la Vierge, et en adoptant un emblème composé du croissant et d’une étoile.
La monnaie byzantine portait cet emblème, qui sera ensuite adopté par les envahisseurs ottomans après la chute de la Rome orientale en 1453, qui devint alors le symbole de l’islam.
Les églises russes sont souvent surmontées – y compris de nos jours – du croissant et de la croix. L’église de Vienne était surmontée du croissant et d’un soleil jusqu’en 1686. Dans la tradition chrétienne, le croissant est surtout connu 
dans la représentation de la Vierge selon le verset 1 du chapitre 12 de l’Apocalypse de Saint Jean « Et un grand signe parut dans le ciel, une femme revêtue du soleil ayant la lune sous ses pieds et sur sa tête une couronne de douze étoiles ».

La croix unie au croissant sur des églises

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Article du journal Le Magasin pittoresque de mars 1872.

» La croix unie au croissant.

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La croix unie au croissant forme sans contredit un symbole bien étrange. Cependant il fut adopté au dix-septième siècle, avec variations, par un grand nombre de cités et d’importantes forteresses du Danube, alors placées sous l’autorité ou
la protection du sultan. Cette particularité a échappé à la plupart des voyageurs. Un Anglais, dont le nom est presque oublié, est le premier, croyons-nous, qui ait pris note de ces signes singuliers.

Edward Brown, allait de Vienne à Larissa, en Thessalie; chemin faisant, il remarqua l’esprit de tolérance dont la Turquie d’Europe était alors animée à l’égard des populations chrétiennes soumises à la loi de l’Islam; il ne put pas constater 
si le nombre des chrétiens qui peuplaient ces régions était considérable; mais il acquit la certitude que dans les grandes villes où résidaient des troupes appartenant à l’église grecque, les soldats supportaient fort patiemment le joug musulman. 
Il pensait (mais le temps n’a point confirmé cette supposition) que les peuples de la communion latine, s’ils se présentaient pour opérer la délivrance de leurs frères chrétiens, exciteraient peu d’enthousiasme.

Partout il vit sur les églises de la Hongrie le symbole que nous reproduisons. Il ajoute même qu’au sommet de Saint-Etienne, l’église principale de Vienne, le croissant et l’étoile adhéraient aussi à la croix. »

Sainte Sophie, mère de la trinité féminine

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En Occident, Sainte Sophie a l’allure austère d’une matrone et est coiffée d’une triple couronne. Elle trône, entourée de ses trois filles (Saintes Maries de la Mer ? ou trinité matriarcale ?) qui portent les instruments de leur martyre. 
Au xve siècle, Sophie, comme une Vierge de Miséricorde, abrite ses filles sous les plis de son manteau (groupe en bois polychrome, église d’Eschau, près de Strasbourg). Le culte de Sainte Sophie et de sa fille Sainte Foi a été très vivace en Alsace

L’origine de la Création

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S’il faut voir dans la Vierge Noire une lointaine image d’Isis, son origine remonte en réalité à Lilith, déesse (sumérienne et babylonienne) vénérée avant même l’époque des « Patriarches », et qui représente la femme dotée d’une force qui en fait 
l’égale de l’homme, autrement dit un personnage droit, fier et imposant, à la différence du rôle effacé dévolu à Marie, la mère de jésus, habituellement dépeinte sous les traits de la Vierge Blanche. Isis et Lilith sont censées, l’une comme l’autre,
connaître le Nom secret de Dieu, prérogative dont hérite à son tour Marie Madeleine, la compagne du Christ.Celle-ci a le teint bistre comme la sagesse (Sophia), qui existait dans les ténèbres du chaos avant la création.

Celle qui mis au monde le Premier Père

Pour Simon le Magicien (alias Simon le Zélote), qui est d’obédience gnostique, la sagesse (la grande et immortelle sagesse qui a mis au monde le Premier Père, en l’arrachant aux profondeurs), se confond avec le Saint-Esprit. Sophia réalise ainsi,
pense-t-on, l’incarnation de l’Esprit Saint en la reine Marie Madeleine.

La Sophia de Jésus Christ

Sophia de Jésus-Christ est le nom d’un écrit gnostique chrétien dont la date de composition est mal établie. On ne trouve pas une telle expression dans le Nouveau Testament mais le concept de Sagesse (en grec ancien Σοφία, Sophia) y est souvent
attaché à Jésus de Nazareth. Certains exégètes, se référant aux enseignements du Sauveur contenus dans le traité, rendent le titre par l’usage du mot « Sagesse » tandis que d’autres préfèrent ne pas traduire le titre et conserver la graphie 
grecque Sophia pour marquer la référence à une hypostase céleste.

La compagne du sauveur

Selon Catherine Barry, le titre pourrait comporter un double sens, de natures exotérique et ésotérique. Pour la première, elle fait référence à la notion néotestamentaire de sagesse liée à Jésus ; pour l’autre, elle relève de la doctrine gnostique 
attribuant une compagne – Sophia – au Sauveur et induirait ainsi l’essentiel du mythe anthropogonique du texte, « la chute dans la matière et la remontée auxquels président Sagesse et Sauveur ».

Des chrétiens redevenus indigènes

Aux yeux des littéralistes, les gnostiques étaient de dangereux hérétiques. Dans de nombreuses oeuvres anti-gnostiques de l’époque, on les décrit comme des chrétiens… redevenus indigènes… des gens contaminés par le paganisme qui les 
entourait… des gens qui avaient perdu la pureté de la vraie foi… en tout cas, la foi des théologiens catholiques. D’autre part, les gnostiques se considéraient comme les héritiers de la tradition chrétienne authentique. Ça, ça reste à discuter…

Les gnostiques vénèrent la déesse

En fait, les détracteurs des gnostiques avaient partiellement raison sur un point: ces derniers étaient peu différents des païens. Comme les philosophes païens, ils croyaient en la réincarnation, rendaient un culte à la déesse Sophia (Sagesse) et 
baignaient dans la philosophie mystique grecque de Platon.

Des enseignements secrets vers l’expérience directe de Dieu

Gnostiques signifie ceux qui connaissent, un nom qu’ils avaient acquis parce que, comme les initiés des mystères païens, ils croyaient que leurs enseignements secrets avaient le pouvoir de conduire à la gnose… 
c’est-à-dire une connaissance de Dieu… obtenue par l’expérience directe… Sans passer par les prêtres et leurs sacrements.

Jésus le gnostique

C’était d’ailleurs, il faut en convenir, l’enseignement de Jésus… Sauf que Jésus ne prêchait pas aux gens simples qui l’écoutaient des théories abstraites d’initiés. Seules certaines de ses paraboles titillaient parfois l’esprit de ses auditeurs qui lui 
demandaient alors de préciser sa pensée. En fait, Jésus avait davantage l’esprit gnostique des mystiques d’autrefois que l’esprit théologique des théologiens d’aujourd’hui.

Marie de Magdala en tête des apôtres

L’Évangile de Marie ou Évangile selon Marie est un texte gnostique, probablement du iie siècle. Le texte a pour thème principal la mortalité, l’ascension du Christ et l’ascension de l’âme selon le gnosticisme. 
Marie de Magdala y est présentée à la tête des apôtres dans ce récit.

Schisme d’un christianisme matricien

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Dans cet évangile, le Sauveur transmet d’abord ouvertement son enseignement à ses disciples, puis secrètement à Marie-Madeleine au cours d’une vision intérieure. Ceci provoque une réaction violente de Pierre, qui refuse de croire que le Sauveur
ait pu transmettre un enseignement à une femme à l’insu de ses disciples. Cet évangile témoigne donc d’un conflit vécu à l’intérieur même d’un milieu chrétien au début de notre ère. Anne Pasquier, professeur de théologie à la Faculté de théologie
et de sciences des religions de l’Université Laval, a très bien fait ressortir que les deux figures représentent deux traditions ecclésiastiques différentes :
1.la première, incarnée par Pierre, est la tradition orthodoxe ou celle qui tend à le devenir. Cette tradition dénigre l’autorité des révélations reçues lors de visions et interdira aux femmes toute participation active à l’intérieur de l’Église.
2.L’autre, dont Marie est la figure symbolique, est légitimée par des révélations secrètes ou des visions et par une possible égalité entre les hommes et les femmes.

Sophia, la personnalité gnostique, joue également un rôle dans cet évangile. Il s’agit surtout de dialogues entre Marie et les apôtres. Les discussions spirituelles sont influencées par la gnose.

Le trésor de Rennes-le-Château, temple d’Isis

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L’étrange monastère du Carol dans l’Ariège, à 60 km de Rennes-le-Château, bâtie au XIXe siècle, dynamitée en 1956

Rennes-le-Château, dans l’Aude, est dédiée à Marie Madeleine, une des incarnations primaires de la Mère Divine des gnostiques, et plus spécifiquement l’archétype Isis. L’église de Rennes-le-Château a été construite en l’honneur de 
Marie-Madeleine. Une petite chapelle souterraine a été découverte sous l’église. Les archéologues pensent que de nombreuses églises du début du christianisme ont été construites sur des sites antiques de temples de la déesse. 
On croit que cette crypte souterraine faisait partie d’un ancien temple d’Isis. La déesse égyptienne Isis fut la restauratrice de la vie éternelle. Certains pensent que le mystère de Marie-Madeleine fut une initiation en tant que prêtresse d’Isis,
qui aurait aidé à restaurer la force de vie, et à ressusciter le corps de Jésus après sa crucifixion.

L’âme unificatrice du monde

La Sophia est plutôt un lieu ou un état se situant entre Dieu absolument transcendant et le monde matériel immanent. C’est en Sophia que se déroule toutes les théophanies, toutes les extases, toutes les visions mystiques, 
c’est en Sophia que prennent corps les noms divins, les anges, les archanges et toutes les réalités spirituelles. Sophia est l’âme du monde, vibrante et pleine d’une vie spirituelle et divine. Sophia est le lieu où réside toutes les connaissances 
où se noue le lien indéfectible entre le l’Univers matériel (phénoménal) et le monde spirituel, la Sophia est ce qui unit toutes les dimensions crées et incréées, visibles et invisibles.

Sacrée avant la création du monde

Dans le Livre Saint, la Sagesse se présente elle-même :

« Le Seigneur m’a engendrée, prémisse de son activité, prélude à ses œuvres anciennes. J’ai été sacrée depuis toujours, dès les origines, dès les premiers temps de la terre. Quand les abîmes n’étaient pas, j’ai été enfantée, quand n’étaient pas
les sources profondes des eaux. Avant que n’aient surgi les montagnes, avant les collines, j’ai été enfantée, alors qu’Il n’avait pas encore fait la terre et les espaces ni l’ensemble des molécules du monde. Quand Il affermit les cieux, moi, j’étais là,
quand Il grava un cercle face à l’abîme, quand Il condensa les masses nuageuses en haut et quand les sources de l’abîme montraient leur violence ; quand Il assigna son décret à la mer – et les eaux n’y contreviennent pas – quand Il traça 
les fondements de la terre. Je fus maître d’œuvre à son côté, objet de ses délices chaque jour, jouant en sa présence en tout temps, jouant dans son univers terrestre ; et je trouve mes délices parmi les hommes. » (Pr 8 ; 22 – 31)

Médiatrice entre le transcendant et l’immanent

Henry Corbin (né à Paris le 14 avril 1903 et mort à Paris le 7 octobre 1978) est un philosophe, traducteur et orientaliste français. C’est l’un des rares philosophes à traiter de l’islam iranien en général et de la gnose chiite en particulier.
Peu avant de mourir, Henri Corbin avait insisté sur la nécessité de « reconquérir une vision perdue qui permette la médiation entre la théologie négative et la théologie affirmative par la présence de Sophia, intermédiaire essentielle entre l’homme
et Dieu, permettant un monothéisme pluridimensionnel capable de dissoudre les dualismes et de déterminer un monde médian à la fois corporel et spirituel, l’Ame du monde comme médiatrice entre le transcendant et l’immanent. »

Le serpent de la sagesse gnostique

Les ophites ou ophiens (du grec ὄφιανοι > ὄφις,serpent) sont une secte gnostique apparue en Syrie et Égypte vers l’an 100 de notre ère. Le point commun de ces sectes était de vouloir donner une large importance à la symbolique du serpent, 
Nahash, dans la lecture de la Genèse, et d’établir un lien entre la gnose et le fruit défendu de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Contrastant avec l’interprétation chrétienne faisant du serpent l’incarnation de Satan les ophites voyaient
dans le serpent un héros tandis qu’ils voyaient dans Elohim, le dieu qui créa et maudit Adam et Ève, un démiurge diabolique.

Le serpent représente aussi le sage et sa sagesse (voir le serpent sur la couronne d’Égypte). Irénée de Lyon mentionne ainsi les Ophites :

« Certains disent que c’est la Sagesse elle-même qui fut le serpent : c’est pour cette raison que celui-ci s’est dressé contre l’Auteur d’Adam et a donné aux hommes la gnose ; c’est aussi pour cela qu’il est dit que le serpent est le plus rusé de
toutes les créatures. Il n’est pas jusqu’à la place de nos intestins, à travers lesquels s’achemine la nourriture, et jusqu’à leur configuration, qui ne ferait voir, cachée en nous, la substance génératrice de vie à forme de serpent. » (Adv. Haer. 1,30,15)

La gnose, le serpent de la Sagesse-Mère

Les ophites (ophis = serpent) vénéraient donc le Serpent, symbole de la Mère (Sophia), qui devait apporter la vérité à Adam et Ève, leur ouvrir les yeux grâce à la gnose afin qu’ils comprennent que ce Dieu qui se dit « suprême », 
n’est qu’un démiurge, usurpateur du pouvoir de la Mère. Mais le Dieu de la Bible, fou de colère, jeta le Serpent en bas des cieux et le maudit à jamais ainsi qu’Adam et Ève. Le symbole du serpent qui promet à Ève de lui donner le pouvoir de Dieu,
c’est en fait le serviteur de la déesse qui tente de lui rendre son pouvoir usurpé par le Père. Comme Lilith, elle sera rejetée de l’Eden. Précisons qu’Adam et Ève n’ont pas été chassés du paradis parce qu’ils se seraient accouplés, puisque bien 
antérieurement, Yahvé leur avait enjoint de « croître et de multiplier ». Cette séquence sur la soudaine honte devant leur nudité relève de la pudeur excessive des hébreux en général et des rédacteurs de la Bible en particulier. 
Elle sera à l’origine du puritanisme, une « névrose judéo-christiano-musulmane », qui sévit encore.

Les chevaliers de la Déesse

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L’ordre du Temple était un ordre religieux et militaire issu de la chevalerie chrétienne du Moyen Âge (12ème siècle), dont les membres étaient appelés les Templiers. Bien que Ordre strictement masculin, les Templiers étaient dévoués au culte mariale.
Les pensées et les prières des Templiers étaient avant tout destinés à la Vierge (La Sainte Patronne de l’Ordre). La Vierge Marie est la mère de Jésus, mais est-ce une raison suffisante pour expliquer une telle vénération quasi fusionnelle ? 
Si le peuple du Moyen-âge semble s’en être contenté, ce ne fut certainement pas le cas des Templiers… Ils connaissaient le culte de la Vierge Noire, la Déesse Mère, Déesse de la terre. Ils connaissaient aussi Marie Madeleine.

Une Sophia mariale

La Sophia se situait au centre de leur cosmologie gnostique. Dans le texte de Nag Hammadi, découvert en 1947 en Égypte, intitulé « Pistis Sophia », elle est intimement associée à Marie Madeleine. 
En tant que Chokmah, elle est la clé de la compréhension gnostique de la Kabbale, système occulte influent à la base de la magie médiévale et renaissante. Chez les gnostiques, elle correspondait à la déesse grecque Athéna 
et à l’égyptienne Isis, parfois appelée Sophia. Ce qui fait dire que les Templiers croyaient fermement en un principe féminin.

La foudre, esprit parfait, le don d’Isis

La bibliothèque de Nag Hammadi est un ensemble de treize codex de papyrus reliés en cuir, du milieu du ive siècle. Retrouvés en 1945 dans la ville de Nag Hammadi au nord-ouest de Louxor par des paysans égyptiens, ils sont désormais 
conservés au musée copte du Caire.

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C’est un texte très inhabituel dans le contexte de Nag Hammadi, car il ne contient rien de chrétien ni de juif. Il ne peut pas non plus être classé parmi les textes gnostiques, dont l’esprit prévalait à l’époque où les manuscrits retrouvés furent écrits,
à savoir entre le 4e siècle avant EC et l’an 60 EC. Aussi les commentateurs sont-ils perplexes devant ce texte sans équivalent connu.

« Dans son contenu, la Foudre (ou le Tonnerre) est virtuellement unique dans le corpus de Nag Hammadi. C’est une révélation faite par un personnage féminin qui n’est pas particulièrement identifiée par ailleurs, à part peut-être dans le titre. »

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La Foudre, ici, c’est l’éclair qui donne l’éveil, et c’est aussi, sous sa forme divinisée, Isis, la grande déesse des Egyptiens.

Les mystères de Notre Dame, une initiation druidique

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La vénération des Templiers envers « Leur Dame » n’était pas du à une piété simple et aveugle. La Vierge Marie, nous l’avons vu avec le culte des Vierges Noires a peinée pour s’implanter dans le christianisme jusqu’au XIè siècle.
Zélateur incontesté du culte marial,
(tous les historiens s’accordent à le reconnaître) St Bernard va favoriser le culte de la Vierge. Certes, mais de quelle Vierge ?

– « Il ne convient pas que l’épouse du Verbe soit stupide… » Dit Saint Bernard !

Par cette affirmation à peine voilée, Saint Bernard l’initié, nous montre qu’il accédait à d’autres connaissances que celles véhiculées au niveau du vulgaire ! N’a-t-il pas combattu avec véhémence la notion de l’Immaculée Conception ?
Comment faire coïncider sa dévotion au culte de la Vierge sans rien renier de son initiation celtique ? Dans un trait de génie, ou une inspiration divine… il va inventer l’expression : Notre Dame ! Ainsi, le culte de la Vierge Marie habilement
rebaptisée Notre Dame va pouvoir se développer dans l’ensemble de la chrétienté, sans que celle-ci ne soupçonne un seul instant que Notre Dame, pour les initiés, désigne en fait la Déesse-Mère d’une part et que d’autre part il n’est pas interdit 
de pens

Les cathédrales, temples de la déesse

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Eglise Saint-Michel-de-Gast (PACA), bâtie au 16e siècle, mais fondée au 6e siècle, anciennement dite église des Templiers. Le Soleil Noir serait historiquement païen, on l’a trouvé sous la forme de fibule de bronze de l’époque mérovingienne
interprétée comme une représentation visible de la course du soleil ou des saisons. Chez les germains, le soleil fut autrefois une déesse-mère, avant l’arrivée des aryens.

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L’Ordre du Temple est bien évidemment placé sous la protection de Notre Dame et toutes les Cathédrales construites grâce aux Templiers et qui seront certes dédiées à la Vierge Marie, s’appellent toutes « Notre Dame »,
les cryptes symbolisent probablement l’utérus de la Sainte Mère. Les églises bâties par les Templiers étaient le plus souvent circulaires, parce qu’ils croyaient que tel était le Temple de Salomon. Peut-être le symbole d’un univers rond, 
mais plus probablement celui de la féminité. Cercles et cycles sont toujours associés aux déesses et au principe féminin, tant en ésotérisme qu’en biologie. Le Temple de Salomon fut bâti sur le modèle des temples phéniciens, lesquels se calquaient 
sur ceux de l’ancienne Égypte… Dans toute l’Europe, plus de 80 cathédrales sont dédiées à sa gloire, dont la France en détiendra 34 à elle seule, et qui pour la plupart d’entre elles, furent bâties dans des endroits qui étaient déjà consacrés 
à une “vierge”.

Monnaie féminine et finance éthique

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Les templiers promouvaient une réforme monétaire que bien des économistes auraient qualifiée de monnaie féminine, avec une activités bancaire conforme à l’éthique financière de l’Église catholique de l’époque
(la même que l’on retrouve aujourd’hui encore dans l’islam) à savoir, le prêt sans intérêt.
C’est Thomas d’Aquin qui le premier a commencé à justifier l’intérêt dans l’activité de prêt.

Black-Out sur la spiritualité féminine

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N’y aurait-il pas un rapprochement à faire entre le refus borné des autorités ecclésiales catholiques et orthodoxes de consacrer les femmes à la prêtrise et le peu de mise en valeur, dans ces Églises, de cette tradition de la Sophia pourtant
authentique ?

1000 ans entre les chevaliers romains et templiers ?

L’avis de Roch Saüquere (Top Secret) : « Personnellement, ça fait bien 13 ou 14 ans que je sais que le C14 pose de très sérieux problèmes et que toutes les datations sont à revoir. Le C14 est une sorte de dogme, mais ça ne devrait être qu’une
indication associée à d’autres… En fait sur plusieurs échantillons ils prennent ceux qui les arrangent, pour coller avec ce qu’ils connaissent (NDLR : ou croient connaître). Et face à un intervalle de deux dates, ils prennent aussi la date qui les arrange
par logique, simplement. C’est comme ça depuis toujours. Ainsi, les mêmes habitations romaines sont tout à coup 1000 ans après des habitations du Moyen-âge, et après ça, tout tombe en ruine à la Renaissance… 
Le problème, c’est l’absence d’évolution pendant 1000, dans les arts, la culture, l’écriture, les monnaies etc. On constate même une évidente régression due au Black-out. Peut-il vraiment s’être écoulé 1000 ans entre l’ordre des Équites et l’ordre 
des Templiers ? Même philosophie, même richesse, même structure, même centres, etc., et entre les deux : rien du tout pendant 1000 ans ? Il faut savoir qu’on a presque rien retrouvé du Moyen-âge… pratiquement rien par rapport à l’âge romain 
précédent. ».
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