La Gnose écrits gnostiques

Page 2 sur 2 Précédent  1, 2

Aller en bas

La Gnose écrits gnostiques

Message  Arlitto le Sam 5 Mar - 19:45

Rappel du premier message :

Écrits gnostiques de Nag Hammadi 



France Culture, Les Vivants et des Dieux, du 15 décembre 2007 par Michel Cazenave, avec la participation de Jean-Pierre Mahé et Paul-Hubert Poirier.  Respectivement, Membre de l'Institut, et professeur d'Histoire des religions à l'université Laval de Québec, co-directeurs de la publication de  Écrits gnostiques : la Bibliothèque de Nag Hammadi dans la « Bibliothèque de la Pléiade », éd. Gallimard.
avatar
Arlitto
Admin
Admin

Sexe : Masculin Messages : 12945
Date d'inscription : 02/01/2016
Localisation : France

http://arlitto.forumprod.com/

Revenir en haut Aller en bas


Re: La Gnose écrits gnostiques

Message  Arlitto le Sam 5 Mar - 19:51

Le maître gnostique Valentin 


Valentin et les « valentiniens » eurent leur école : c’était une école gnostique où on étudiait les mystères du sexe, où l’on s’analysait très attentivement. Valentin et les « valentiniens » connurent réellement le secret de la Lémurie : ils sublimèrent l’énergie créatrice et atteignirent le développement de certaines facultés psychiques, latentes chez les êtres humains. On dit que Valentin fut un grand illuminé, un grand maître au sens le plus complet du mot… 

Samael Aun Weor 

Nous avons déjà analysé, du point de vue de l’école valentinienne, le mythe gnostique qui est le fondement essentiel de la Gnose classique. En continuation, nous parlerons quelque peu de valentin et du développement de son école. 

On connaît peu de choses sur sa naissance et le début de son existence. On déduit de ses propos qu’il reçut la tradition gnostique d’un des disciples secrets de Saint Paul, nommé Theudas. Il reçut ces enseignements à Alexandrie où il les donnera par après pour la première fois. Valentin signala que Jésus partagea avec ses disciples certains mystères qu’Il cacha aux autres ou qu’Il leur donna sous forme de paraboles. Selon ses instructions, certains disciples maintinrent secrètement ces enseignements et les donnèrent uniquement à ceux qui démontrèrent une maturité spirituelle suffisante. C’est par cette voie que Paul reçut la tradition qu’il confirma à son tour en vivant en lui la révélation, en communion spirituelle avec Christ. Cette sagesse ne fut partagée qu’avec les disciples considérés comme étant aptes à recevoir ces mystères, tels qu’ils les apprirent de Jésus en personne. C’est ainsi que Valentin agit aussi avec ses disciples. 

L’histoire raconte que Valentin se rendit à Rome vers l’an 140 après Jésus-Christ pour y fonder son école. Toutes les études confirment que son gnosticisme est celui qui apporta le plus grand nombre d’enseignements ésotériques en ce qui concerne les commentaires sur les Saintes Écritures et sur la doctrine de l’adorable sauveur du monde. Si Valentin et ses suiveurs furent capables d’utiliser le langage biblique dans son sens le plus profond, c’est certainement dû au fait qu’ils connaissaient les clés avec lesquelles ces textes avaient été écrits : la kabbale transcendantale et l’alchimie ésotérique. 

Une autre des grandes contributions du gnosticisme valentinien fut l’éclaircissement de la distinction entre le « Dieu suprême » du Nouveau Testament et le « Dieu créateur » de l’Ancien Testament tel que cela est exposé dans le mythe gnostique. 

Même ces ennemis disaient de Valentin qu’il était un « homme brillant et éloquent ». Ses admirateurs le vénéraient comme poète, mystique et maître spirituel et son legs ésotérique sauvé dans la bibliothèque de Nag Hammadi (L’Evangile de vérité, l’Évangile de Philippe, le Traité tripartite, l’Apocalypse de Jacques, la lettre à Rhéginos, l’exposé(s) valentinien(s)) nous montre la taille du grand homme qu’il était. Comme dit le Maître des Maîtres : on reconnaît l’arbre à ses fruits. Les fruits de cette école sont savoureux et procurent une grande nourriture spirituelle. 

Ses principaux disciples furent Héracléon, Ptolémée et Marc. Après l’autoréalisation et la disparition de son Maître du plan physique en l’an 161 après Jésus-Christ, ils poursuivirent ses enseignements ésotériques et approfondirent dans l’étude de ses révélations personnelles. Ptolémée et Héracléon continuèrent à enseigner à Rome et ils comptèrent parmi leurs disciples le philosophe Justin. Ce dernier, une fois converti au christianisme, fut un autre des grands piliers du gnosticisme. Dans le même temps, Marc enseignait à Marseille et dans la vallée du Rhône, il fut contemporain du fameux inquisiteur Irénée de Lyon, ce dernier lui envoyant toute sa charge diffamatoire. 

De son côté, Théodote, un disciple de la branche valentinienne orientale, se détacha de l’église officielle avant l’expulsion complète de l’école au IV siècle. Il décida de suivre ses propres pas, indépendamment des autres disciples de Valentin, qui insistaient sur l’importance de rester dans le sein de l’église officielle. Ce sont les derniers « avatars » de la grandiose école valentinienne, celle-ci passera à la clandestinité après avoir été expulsée de l’église et persécutée par le pouvoir terrestre allié contre elle. 

Le M. Huiracocha dit : 

L’hérésie de Valentin consiste à posséder une connaissance très profonde et transcendante en même temps que ses vertus raffinées et qui furent son meilleur patrimoine durant toute la durée de sa vie… Valentin, comme quasi tous les gnostiques, se servit de la similitude de la naissance de l’être humain pour expliquer la création des mondes, arrivant à bâtir avec ce système un édifice philosophique. Il soutint que Jésus fut gnostique dans toute l’extension du terme. C’est pour cela que l’église catholique ne pût interpréter les Écritures étant donné qu’il lui manquait la clef nécessaire pour ce faire… Tout le système gnostique peut être découvert en étudiant la littérature au sujet de Valentin. On entrevoit alors la méchanceté de ses ennemis dont le but est de détruire quelque chose qui est véritablement saint. En ce qui concerne la transmutation des forces sexuelles, ses enseignements sont identiques à ceux des autres maîtres ou écoles. 

L’apport de ce maître est grandiose et les fruits de son école sont bénis, qui seront amplement commentés dans ce livre lors les analyses concernant ses écrits. 
avatar
Arlitto
Admin
Admin

Sexe : Masculin Messages : 12945
Date d'inscription : 02/01/2016
Localisation : France

http://arlitto.forumprod.com/

Revenir en haut Aller en bas

Re: La Gnose écrits gnostiques

Message  Arlitto le Sam 5 Mar - 19:51

Basilide 

On sait peu de choses au sujet de Basilide et de son école. A l’époque où l’empereur romain Hadrien visite Alexandrie (130 après J.-C.), Basilide est déjà un maître gnostique éminent et ses disciples sont issus de la crème de la société hellénistique. Les maîtres gnostiques de cette époque dispensent leurs enseignements dans la langue grecque 

Basilide est né en Égypte, il fut probablement initié aux mystères d’Isis et d’Osiris. Il est considéré comme le premier maître ayant organisé la pensée gnostique. Il est également l’auteur de la première défense philosophique cohérente de la pensée chrétienne contre les attaques des maîtres des anciennes doctrines. La tradition raconte qu’il fut un grand alchimiste (sans aucun doute). Un livre fait par lui et composé de sept feuilles de plomb est conservé au musée Kircher du Vatican. Il soutient également dans ses œuvres que les apôtres possédaient la connaissance ésotérique mentionnée dans le livre (Gnose tradition et révélation par Rafael Vargas et Javier Casan) et il parle de sa tradition en affirmant avoir été instruit par Saint Matthias qui lui donna à connaître la partie secrète des enseignements de Jésus. 

Mises à part quelques variantes, il partage les aspects fondamentaux du mythe gnostique avec les autres maîtres et si nous pouvons remarquer un élément particulier, il s’agit de la partie de son enseignement où il parle de son « hypercosmos ». Il s’agit d’un cosmos où réside Dieu, le « Dieu-qui-n’est-pas », l’ineffable « Qui-n’est-pas ». Un « qui-n’est-pas » qui existe, un Dieu « devenir » ; la force germinative de l’Univers qui accueille en lui tous ses embryons et qu’il est impossible d’exprimer par des mots. 

Ce fut une époque durant laquelle il n’y avait rien s’exclama ce grand maître. 

Rien n’existait alors, ni la matière, ni les substances : êtres sans substances, êtres simples, êtres composés, êtres lucides, êtres confus, sensibles, insensibles, ni âme, ni homme, ni Dieu, aucun des êtres que l’on peut voir ou concevoir avec les sens ou avec l’intelligence. 

Et il nous submerge à la frontière de l’expérience mystique quand il s’exclame d’une voix qui surgit du silence de Agnostos Theos : 

Celui qui n’existe pas voulut faire le monde. J’utilise « voulut » pour que vous me compreniez, mais il n y eut en fait aucune pensée, aucune volonté, aucun sentiment. Il créa le monde avec rien. 

Comment un maître, qui fait du silence l’axe de sa doctrine et l’impulse à ses disciples, fait-il pour écrire en même temps vingt quatre traités qui commentent les évangiles ? 

Les paradoxes existent dans le mental des sens (mental sensuel) pour que la substance réelle de toutes les choses se fraye un chemin dans nos ténèbres, de manière astreignante, par la voie du silence intérieur. Cela est une partie importante du message de ce grand maître gnostique. C’est peut-être pour son hermétisme et sa profondeur que Carl Gustav Jung choisit le nom de Basilide comme pseudonyme dans son texte gnostique intitulé « les sept sermons aux morts », et que l’on trouve dans son livre « Ma vie. Souvenirs, rêves et pensées » 

.
avatar
Arlitto
Admin
Admin

Sexe : Masculin Messages : 12945
Date d'inscription : 02/01/2016
Localisation : France

http://arlitto.forumprod.com/

Revenir en haut Aller en bas

Re: La Gnose écrits gnostiques

Message  Arlitto le Sam 5 Mar - 19:51

Carpocrate 


Carpocrate est contemporain de Valentin et Basilide à Alexandrie. Il était grec, de l’île de Céphalonie et était toujours en compagnie de son épouse Alexandreia. Les carpocratiens donnaient une grande importance à la femme comme initiatrice et prêtresse. A part quelques légères variantes en relation avec certains aspects concrets sur la doctrine de la transmigration des âmes, l’essence de cet enseignement coïncide avec celui des autres maîtres. Cependant, les inquisiteurs catholiques s’acharneront particulièrement contre cette école. Cela est peut-être dû au fait que cette école parlait plus clairement et plus radicalement que les autres écoles de l’importance de la magie sexuelle. C’est la raison pour laquelle, les inquisiteurs catholiques s’acharnèrent en proférant toutes sortes de calomnies et de diffamations concernant les pratiques et les rituels de cette école. 

L’histoire dit que les carpocratiens renonçaient jusqu’au dernier centime aux biens matériels pour vivre pleinement en communauté. Pour cela, ils abolissaient la propriété privée et dénonçaient les injustices de ce monde. 

La tradition commente que Carpocrate fut le fondateur des premières écoles mystiques de gnosticisme dans lesquelles on y enseignait avec force détails les aspects de la magie rituelle. Il établit, en Espagne, de nombreuses fondations de couvents carpocratiens où on y étudiait les principes du gnosticisme. 

Carpocrate disait, que l’âme reléguée dans le corps, est victime des appétits de la chair et que les sens sont les instruments de sa torture. L’âme, de nature angélique, ne veut pas obéir à la provocation. Les sens deviennent donc des chiens affamés qui, une fois satisfaits, s’éloignent pour dormir. L’âme ne se suffit pas à elle-même pour lutter et souffrir dans le but de se défendre des tentations. C’est pour cela que Carpocrate ne nous enseignait pas à lutter contre le désir mais bien à le sublimer correctement. Cela ne fut pas compris par ses critiques qui le qualifièrent de maître d’impudicité. 

Pour Carpocrate, Jésus se situait par-dessus le peuple juif et par-dessus la loi. Qui agit comme Lui, qui L’imite correctement en dépréciant l’ordre établi et la société dans laquelle il vit, devient un Apôtre du Christ et peut arriver à se transformer en Homme-Dieu, tel Jésus. 

Augurons-nous maintenant pourquoi tout ce qui concerne cette école s’est pratiquement perdu ?
avatar
Arlitto
Admin
Admin

Sexe : Masculin Messages : 12945
Date d'inscription : 02/01/2016
Localisation : France

http://arlitto.forumprod.com/

Revenir en haut Aller en bas

Re: La Gnose écrits gnostiques

Message  Arlitto le Sam 5 Mar - 19:51

Autres maîtres gnostiques importants 


Marcion 

Chrétien, originaire de la province du Pont, sur les bords de la Mer Noire, il fut très tôt impressionné par le contraste qui existait entre le Dieu créateur de l’Ancien Testament et le Dieu d’Amour de Jésus. Fils d’un des premiers évêques chrétiens et ami très intime de Cerdon, Marcion luttât courageusement aux côtés de celui-ci à Rome afin que prévalent les principes immortels du gnosticisme et ce jusqu’à être excommunié par l’église catholique. 

Les experts disent que la première phrase du Credo : « Je crois en un seul Dieu, créateur du ciel et de la terre… », et qui est toujours récitée de nos jours dans les églises chrétiennes, fut rédigée en honneur à ce maître dans le but de le repousser complètement en dehors des cercles officiels. Ce qui fut efficace car le marcionisme avec son dualisme disparut rapidement du panorama gnostique chrétien. 

L’église naissante ne put tolérer, que dans sa récente organisation, Marcion instaure un culte parallèle basé sur les principes dualistes indissolubles du « bien » et du « mal » et comprenant des prêtres et des rites particuliers, organisation dans laquelle le mal était symbolisé par le Dieu de l’Ancien Testament et le bien par le Dieu Bon, amené par Jésus dans l’Evangile. Ces principes dualistes sont également la base des doctrines du perse Mani et du manichéisme aux sources desquelles s’abreuvât, au commencement, le patriarche gnostique Saint Augustin. 


Saturnin d’Antioche 

Profond connaisseur des doctrines perses et du mazdéisme, il fut expert dans le Zend Avesta et dans la Kabbale. La tradition raconte que le Dr. Encausse (Papus) emprunta la plus grande partie de ses formules magiques de ce maître. Il assurait que Yahvé, le Dieu hébreux, était réellement un des anges chuté et que par sa faute, il était nécessaire de passer par le Christ pour libérer l’humanité du chemin sans issue créé par ce Démiurge. 

On raconte que les « saturnistes » étaient sobres, très chastes et strictement végétarien et qu’ils leurs normes morales pouvaient atteindre des extrémités inconcevables. 


Justin 

Romain, il fut un disciple de Ptolémée le valentinien. Étant un grand philosophe, il se convertit au christianisme et finalement, comme son maître, il finit par mourir en martyre. 

La tradition dit que l’Église brûla une partie de ses œuvres et en réforma certaines en y changeant les noms et les enseignements. Justin sollicita de la part de ses disciples un serment qui les obligeait à ne jamais révéler ce qui leur avait été enseigné sur les grands mystères. Il fut l’auteur de « L’apocalypse de Baruch », livre dans lequel il reprend une histoire d’Hérodote dont le symbolisme se réfère au mystère de la création, y expliquant de manière gnostique les origines du mythe de la Trinité. Pour Justin, Baruch fut l’ange qui initia et perfectionna Jésus dans les grands mystères gnostiques. 

L’histoire dit que Justin, avec son grand courage, eut l’audace d’écrire à l’empereur Antonin le pieux en personne et à son fils, le futur empereur Marc Aurèle, pour défendre les chrétiens injustement accusés. Ses convictions lui vaudront finalement d’être accusé par un philosophe envieux et d’être décapité en admettant son délit « d’être chrétien ». 

Une fin terrible pour un grand maître de la gnose universelle. 

Il y eut d’autres maîtres de la gnose classique d’entre lesquels on peut citer Origène (de qui on parlera dans le chapitre 4 du livre dont photocopie ci-dessous), Clément d’Alexandrie, Marc (gardien de l’onction gnostique), Saint Augustin et beaucoup d’autres – inconnus- qui luttèrent pour apporter à l’humanité les véritables clés de la régénération de l’homme par la voie de l’interprétation correcte des mystères christiques. A tous ces maîtres, nous rendons un hommage sincère dans cette œuvre. 
avatar
Arlitto
Admin
Admin

Sexe : Masculin Messages : 12945
Date d'inscription : 02/01/2016
Localisation : France

http://arlitto.forumprod.com/

Revenir en haut Aller en bas

Re: La Gnose écrits gnostiques

Message  Arlitto le Sam 5 Mar - 19:52

Quelques écoles gnostiques 

En dépit de ce que les anciens inquisiteurs et les nouveaux investigateurs ont affirmé concernant les écoles du gnosticisme primitif, nous ne pouvons considérer comme écoles gnostiques authentiques que celles dont les postulats partagent le mythe gnostique dont nous avons parlé en rapport au problème de la création ainsi que la situation de l’homme dans le monde. La tendance à regrouper tous les courants hérétiques, comme partageant les mêmes exposés, à entraîner beaucoup d’investigateurs sincères à la confusion et jusqu’à l’élaboration de conclusions hâtives en ce qui concerne le manque de cohérence des divers groupes hérétiques des premiers siècles du christianisme. C’est la raison pour laquelle, mis à part les groupes formés par les maîtres mentionnés précédemment, à peine une poignée des nombreuses congrégations peut être considérées lors de l’étude de la gnose classique. 

Étant donné le fait que toutes les écoles que nous avons mises en valeur partagent les exposés essentiels, nous soulignerons uniquement quelques aspects de leurs doctrines qui donnent à chacune d’elles ses caractéristiques particulières. 


Les séthiens 

Pourquoi le vent violent et redoutable se déchaîne t’il en tourbillons comme un « serpent ailé » déroulant ses anneaux… C’est par ce vent, par ce « serpent ailé » que commença la création. La lumière pneuma fut reçue dans la matrice chaotique des eaux et le serpent, le vent des ténèbres, le « premier-né » des eaux y pénétra et la matrice engendra l’homme. 

A l’égal des autres cultures solaires, tant les séthiens que les deux autres groupes que nous étudierons ci-après, adorèrent le « serpent ailé » comme symbole du Christ et suprême initiateur de l’aspirant à la sagesse du Père. Ils surent apprécier à sa juste valeur, la différence qui existe entre le chaos d’en haut, les ténèbres supérieures d’où surgit la création et le chaos d’en bas, les ténèbres inférieures où apparaîtra le serpent pour conduire l’individu vers son retour à l’Absolu. Ce serpent avalé par l’esprit qui est représenté par l’aigle, le condor, la colombe, le vautour, etc., ce serpent conquiert tous les plans de la matière et dans toutes les traditions solaires, il se transforme en le Christ Intime, notre Seigneur Quetzalcoatl. 

Les séthiens considéraient qu’ils étaient les descendants spirituels de Seth. Si nous tenons compte du fait que Seth était le troisième fils symbolique d’Adam et Eve, après Abel (l’esprit) et Caïn (la matière), nous pourrons en déduire que cette école se considérait comme se trouvant au point intermédiaire entre les deux dans l’équilibre synthétique médiateur entre les deux opposés. Ce groupe affirmait également que Seth et Christ s’identifiaient l’un à l’autre car les deux sont les fils de la « sagesse divine », de la Gnose. On ne connaît rien de son fondateur mais avec le peu de traces qui survécut de sa doctrine, on peut pressentir qu’il dut être un grand illuminé dans le sens le plus complet du terme. 

Le M. Huiracocha dit que les séthiens adoraient la Grand Lumière et qu’ils disaient que les émanations du soleil étaient de la substance divine, laquelle fait un nid en nous et forme le serpent. Il dit aussi que l’homme devrait seulement avoir peur de l’obscurité, de ce qu’elle représente c’est-à-dire l’enfer, car la lumière est emprisonnée dans cette obscurité et essaie de s’en libérer. Cette obscurité est renfermée dans l’utérus et, le grand vent, le grand souffle doit venir pour la libérer. Dans les Mystères, la lumière était représentée par un vieillard et l’obscurité quant à elle, par une femme jeune et belle. Les poètes séthiens exprimaient cette persécution dans leurs hymnes… 

Nous comprenons donc pourquoi les séthiens attachaient autant d’importance à la femme et aux rituels du feu et du serpent, dans la pratique active et consciente de la magie sexuelle avec leurs épouses prêtresses, tant de manière symbolique que de manière effective. 

Ils concevaient le monde comme une matrice qui portait la potentialité de toutes les créatures et ils voyaient dans la période de gestation de la femme enceinte, les mêmes processus que ceux de la naissance de l’Univers. Appliquant ainsi le principe hermétique « Tel qu’il est en haut, il est en bas », ils travaillaient avec l’énergie de leur serpent intérieur pour construire leur propre univers psychologique. 

« Le discours de Seth », « Le second traité du grand Seth » et « Les trois stèles de Seth » sont, entre autres, les fruits merveilleux de cette école. 


Les pérates 

Nous sommes les uniques personnes qui connaissons les lois de la génération et le chemin par lequel l’homme entra dans ce monde, nous sommes les seuls qui pouvons avancer et passer à travers la corruption. 

Les pérates, dont le nom est dérivé du grec « perasai » qui signifie « parcourir ou traverser », se sont toujours considérés comme étant ceux, dont l’âme se voyant soumise par le Démiurge créateur, pouvaient passer au travers des fascinations, des épreuves et des tromperies et en même temps au travers de la corruption et de la dégénération de leur époque. 

Ils utilisaient pour eux-mêmes les mêmes principes que ceux de toute école de régénération de la sagesse solaire : la montée du serpent dans les différents niveaux de la création. 

A l’égal de l’aimant qui attire seulement le fer et de l’ambre qui attire les chutes de papier, le serpent, en les attirant, va les transformer en la race parfaite, à l’image du Père, de la même essence que le Père, envoyée par le Père dans ce bas monde. 

C’est la raison pour laquelle ils divisaient le monde en trois parties symboliques : la perfection ou « Dieu Cause », le monde supérieur du Démiurge ou monde astral et le monde physique et visible. A l’instar de tous les gnostiques, ils affirmaient que le Père Cause envoie un médiateur au monde manifesté, le Krestos, sans l’aide duquel il est impossible d’atteindre la perfection. Ils rendaient éloge à la beauté dans leurs écrits et disaient que leur secret se trouvait dans l’union correcte des opposés masculin et féminin qui dûment utilisée nous maintenait dans un état de jeunesse perpétuelle de l’âme. 

Comme tous les gnostiques, ils affirmaient qu’il y avait deux formes de naissance : la première, celle de la chair, générée par le coït, mais aussi une deuxième , une naissance très différente de celle de la chair pour laquelle le coït n’était pas utilisé de la même manière. De la première naissaient des hommes condamnés à mourir et de la deuxième, de la conception de l’Esprit-Saint, naissaient les anges. Les pérates appelaient le passage d’une naissance à l’autre : « le passage du peuple d’Israël par la Mer Rouge ». 

Dans le désert, lorsque Moïse, montrant au peuple d’Israël le serpent sur la verge en disant que celui qui pourrait profiter du pouvoir de ce serpent ne serait pas affecté durant le voyage, fut un aspect fondamental du symbolisme religieux des pérates. 

Le serpent qui se transforme en verge fut le centre de toutes les activités magico-religieuses des pérates dont les textes dispersés et le peu d’information que nous en avons ont empêché d’approfondir de manière plus appropriée leur message solaire qui n’a survécu que partiellement au cours du temps. 


Les ophites ou naasséniens 

Leur nom dérive du mot grec ophis qui signifie « serpent ». Ce groupe finit par devenir un des plus fameux de leur époque mais à la fois le plus inconnu. 

On considérait superficiellement que d’après eux, toute l’histoire du monde commençait et se terminait avec le serpent. D’où leur principal symbole qui était le serpent enroulé sur lui-même, symbole de l’infini ou du serpent qui se mord la queue. N’importe quel initié devrait seulement savoir que pour les ophites, l’adoration du serpent était l’objet de culte principal. Celui qui en connaît sa signification profonde aura directement l’intuition que, au-delà de toutes les légendes, persécutions et même les diffamations auxquelles ils furent soumis, se cache le véritable secret de la sublimation de l’énergie sexuelle qui conduit à l’incarnation du Christ et à la libération de la roue des douleurs. 

Ils disaient que le serpent se trouve dans tout et dans tous les niveaux de l’univers créé et, bien entendu, dans l’homme, aux confins de la terre et dans les profondeurs de l’infini. Il entoure, il sépare, il protège et génère tous les processus de la vie. Il jaillit au matin de la jeunesse et assurément dans les racines de l’arbre de la vie. Il sert d’échelle pour monter aux cieux ou pour descendre aux enfers. Il met à l’épreuve, il tente, il édifie, il donne force et pouvoir à ceux qui apprenne à le dominer et il hypnotise les faibles entre ses anneaux. N’est-il pas le meilleur symbole pour définir cet infini dans lequel nous avons notre Etre ? Le serpent maîtrise la mort par ses métamorphoses successives, par la connaissance essentielle de la nature du monde et par les secrets de la naissance et du destin de l’homme. Pouvons-nous alors reprocher aux ophites leur adoration du serpent ? 

L’évolution du christianisme aurait été bien différente si l’humanité de leur époque avaient compris leur doctrine dont il reste des écrits : « L’évangile des égyptiens », « L’apocalypse d’Adam » et les « enseignements de Saint Thomas ». 

Les ophites partageaient avec les autres gnostiques les concepts de Christ, de Démiurge, de la triple nature de l’homme et de l’importance de la transmutation sexuelle. C’est pour cela que le calice était pour eux un objet sacré dans lequel ils buvaient le « sperme de Benjamin », dénomination mystique du mélange de l’eau et du vin de leur onction eucharistique. Il y avait aussi d’autres symboles dans cette onction eucharistique : des symboles de l’éternel masculin ainsi que un « serpent ailé » à l’égal des Nagas (serpent…) hindous et du serpent des peuples mexicains Maya et Toltèque. 

La sagesse des ophites est très vaste et toujours accessible à ceux qui ont suffisamment de volonté pour maîtriser les principes éternels du « serpent ailé de lumière ». 


Les caïnites 

Ils reçurent ce nom de Caïn, frère d’Abel et fils d’Adam et Eve. Selon la Bible, Caïn tua son frère en le frappant avec une « mâchoire d’âne ». En vénérant Caïn, ils vénéraient le modèle mythique. Cela représentait un acte de non acceptation du monde serviteur du Démiurge. En approfondissant à leur sujet, le V.M. Samael dit que les caïnites rendaient culte au feu car le nom de Caïn en verlan devient « inca ». Les prêtres incas étaient les « prêtres du feu ». 

Nous ne devons jamais oublier que Abel symbolise l’âme et que la mâchoire d’âne représente le mental fornicateur qui maintient l’âme esclave et ce, jusqu’à la tuer. L’enseignement caïnite met l’accent sur la chute de l’homme spirituel, la sortie de l’Éden, motif de la perte de tous ses pouvoirs. Cela revient à dire que en répandant le sperme, le feu descend et l’âme spirituelle va à la mort. 

Les prêtres caïnites du feu enseignaient le chemin approprié afin de restituer à l’âme son état original. 


Les iscariotes 

Ils suivaient les enseignements du Maître Judas Iscariote non comme traître du Christ mais selon son enseignement secret primordial, c’est-à-dire comme « maître conscient » qui nous parle de la mort de l’ego animal. 

Le V.M. Samael nous dit de Judas et des iscariotes : 

Tenez compte que Judas, l’apôtre du divin Nazaréen, n’est pas le traître que l’on dit. Cela est une calomnie levée contre cet apôtre. Judas Iscariote est le meilleur disciple de Notre Seigneur le Christ, il est un grand hiérophante qui joua un rôle qu’il apprit de mémoire. C’est un drame cosmique, un drame qui a été représenté à toutes les époques et de tout temps. Le drame cosmique est celui de l’évangile christique, le drame que les Elohim apportèrent à la terre. Ce drame vient d’autres sphères. Judas ne voulait pas non plus jouer ce rôle, il voulait le rôle de Pierre mais Jésus l’avait choisi pour le rôle de Judas et ainsi chacun des douze apôtres apprit son rôle de mémoire. C’est une œuvre d’art, une œuvre dramatique et chacun dut l’apprendre par cœur. Il revint à Judas d’apprendre ce rôle et de l’enseigner maintes fois. Ce rôle coïncidait avec les Saintes Écritures, il devait être parfait. 

En remplissant ce rôle, Judas reçut une somme incalculable de dharma. Judas Iscariote est un grand maître. Il ne voulait vraiment pas ce rôle, il ne voulait que dire et redire qu’il l’avait appris de mémoire et que étant donné qu’il devait le jouer, ce rôle devait être exact, précis et joué au moment opportun ; tout devait être parfait en accord avec le rôle. Mais il n’a jamais trahit Jésus. Et il n’alla pas non seulement jusqu’à jouer ce rôle mais de plus il descendit dans l’abîme où il vit dans les mondes infernaux. Je vis qu’on le pendait, qu’on lui mit des cordes lorsqu’il entra dans l’abîme. Il se laissa pendre au gibet avec une humilité si grande que l’ego fut tué. Il n’a plus d’ego et il vit dans l’abîme. Qu’y fait-il ? Il lutte pour sauver ceux qui sont perdus, ceux pour qui il n’y a plus de remède. Il est comme un rayon de Christ perdu dans l’abîme et souffrant pour les perdus. Cela est extraordinaire. Personne ne connaît le degré auquel est arrivé Judas. S’il y a un homme qui a gagné le droit d’entrer dans l’Absolu non manifesté, c’est bien Judas Iscariote. Aucun d’entre n’est digne de lui enlever ses chaussures, je ne me crois pas non plus capable de le faire. Je ne me sens pas capable de faire ce que fit Judas, non je ne m’en sens pas capable. Je ne sais pas si l’un d’entre vous se sent capable de cela : vivre dans l’abîme, renonçant à toute félicité, dépourvu d’ego et cependant vivre dans l’abîme en essayant de sauver les perdus, ne même pas vivre dans le monde physique, haï par les multitudes et tout ce que cela entraîne, être considéré comme un traître alors que la seule chose qu’il a faite c’est d’obéir au Seigneur. 

Personne ne soupçonne, un tant soi peu, le sacrifice que fit Judas pour l’humanité. Il est le seul à ne pas avoir reçu les honneurs, il n’a eut aucun éloge de la part de personne malgré que son ego fut complètement « mort ». Il est le plus grand disciple que le Christ a eu à ses côtés. 

Son corps de doctrine est extraordinaire. Les iscariotes avaient étudié le corps de sa doctrine qui est celle de la mort absolue de l’ego. C’est dans le monde causal que l’on doit vivre tous les mystères de Judas. Les mystères de Judas sont la mort absolue de l’ego, aucune trace d’ego ne peut subsister. Judas, comme Maître, ne possédait plus l’ego. Il renonça à tout atome de félicité et il vit dans l’abîme parmi les « perdus ». Le meilleur disciple de Jésus, le plus grand des sacrifiés, celui qui a le plus grand droit à la félicité vit dans l’abîme, parmi les damnés, parmi ceux pour lesquels il n’a plus de remède. Il est là uniquement par amour pour l’humanité essayant de trouver dans les ténèbres quelqu’un qui veut la lumière. Lorsqu’il réussit à trouver un repenti, il l’instruit et s’il réussit, il le sort de l’abîme, voilà qui est Judas. C’est donc le pire délit que celui de condamner Judas. 

Celui que nous devons condamner, c’est le Judas intérieur. C’est cela le corps de la doctrine de Judas. Le Judas intérieur est le traître qui vend le Seigneur pour trente pièces d’argent. Celles-ci ne représentent rien de plus que les plaisirs de ce monde, l’alcool et toutes les autres choses terrestres. C’est ce traître qu’il faut condamner et juger et Judas, dans sa doctrine, nous explique comment le faire. Sa doctrine est la plus profonde qui soit car elle enseigne la mort absolue de l’ego. S’il y a bien un homme qui mérite une révérence, c’est Judas Iscariote. En Europe, la secte gnostique des iscariotes fut persécutée par l’Inquisition. Tous les membres de la secte des iscariotes furent brûlés vifs sur les bûchers… 

C’est ainsi que une si excellente doctrine ésotérico gnostique a été occultée au cours des siècles qui suivirent. 

Beaucoup d’autres groupes gnostiques ont existé dans les premiers siècles de notre ère. Ils possédaient des caractéristiques gnostiques, pré gnostiques ou pro gnostiques. Nous avons souligné ceux que nous considérons comme les plus importants d’après les informations que la tradition nous a laissées. 

Manichéens, Sataniens, Barbelognostiques, Adamites, Arianistes, … ainsi que d’autres groupes firent leur apparition, chacun en son temps. Ces groupes se développèrent et finalement se perdirent pour l’histoire. Certains d’eux dégénérèrent terriblement alors que d’autres se dissipèrent tout simplement. Mais l’esprit primordial de la connaissance gnostique perdura jusqu’à nos jours malgré les terreurs et les persécutions perpétrées par l’Inquisition. Il perdura de bouche à oreille, de maître à disciple, étant confirmé, éclairci et crédibilisé par les textes trouvés à Nag Hammadi dont nous parlerons dans le chapitre suivant. 
avatar
Arlitto
Admin
Admin

Sexe : Masculin Messages : 12945
Date d'inscription : 02/01/2016
Localisation : France

http://arlitto.forumprod.com/

Revenir en haut Aller en bas

Re: La Gnose écrits gnostiques

Message  Arlitto le Sam 5 Mar - 19:52

La bibliothèque gnostique de Nag Hammadi 


Si l’on a encore accès à la Gnose des antiques Grands Mystères, c’est grâce à la fidélité doctrinaire de très saints hommes qui ont réussi à s’approcher du dynamisme révélateur de l’Etre.

Samael Aun Weor 

Lorsqu’en l’an 367 de notre ère, Athanase, évêque d’Alexandrie, écrivit à ses fidèles en leur ordonnant de détruire tous les documents se référant au christianisme et qui furent exclus du canon des textes officiels lors du concile de Nicée en l’an 325 après Jésus-Christ (textes qui composent actuellement le Nouveau testament), il ignorait lui-même qu’il allait jouer un rôle définitif dans l’histoire en relation avec la préservation intacte de 52 textes gnostiques (46 originaux et 6 reproduits) parlant de la vie de Jésus et de ses disciples ainsi que de l’évolution et du fonctionnement des communautés gnostiques chrétiennes des premiers siècles du christianisme. 

Selon la version de Tobias Churton, voici ce que contenait cet écrit. Rappelons-nous que « apocryphe » signifie littéralement « secret » : 

« Certains ont pris les livres appelés apocryphes et les ont combinés avec les Ecritures d’inspiration divine. Nous sommes pleinement persuadés de la véracité de ces derniers tout comme les personnes qui, dès le commencement, furent les témoins et les ministres de la parole remise aux Pères. Il m’a paru également bon, cela étant urgent pour les frères et l’ayant appris dès le début, de placer devant toi les livres inclus dans le Canon ; ceux-ci ont été remis et accrédités comme divins et cela dans le but que celui qui tombe dans l’erreur puisse corriger celui qui l’a fait se perdre et que celui qui se maintient constamment dans la pureté puisse se réjouir à nouveau en se rappelant de cela. » 


Une fois de plus, Athanase rappelle clairement à l’abbé du monastère de Saint Pacôme quels sont les textes approuvés officiellement pour que ce dernier agisse en conséquence tant pour lui que pour les moines dont il a la charge. L’auteur de cette lettre ne sait pas ou ne veut peut-être pas se rappeler que ces textes « officiels » ont été manipulés et réinterprétés par Saint-Jérôme, traducteur officiel de la Bible y compris les lettres de Paul, pour les « adapter » aux postulats de la nouvelle institution. Cette adaptation des traductions, soit dit en passant fait habituel dans l’histoire de l’humanité et par-dessus tout dans l’histoire des religions, cherche à accommoder les textes aux besoins de l’église « catholique » de l’époque et, de cette manière, les différencier radicalement du reste des textes qui ont pour but l’obtention de l’auto Gnose à travers la connaissance et l’incarnation du Christ Intime. Il ajoute : 

« Ces textes sont les sources de la rédemption, ils contiennent les paroles qui peuvent satisfaire ceux qui ont soif. Ce sont les seuls textes qui proclament la doctrine de la divinité. Qu’aucun homme n’y ajoute ou n’y enlève quoi que ce soit… Aucune des écritures canoniques ou officielles ne fait référence aux écrits apocryphes. Les hérétiques en ont l’intention, ils les écrivent en favorisant leurs opinions personnelles, ils les approuvent, ils les datent et les font passer pour d’anciens écrits dans l’espoir de tromper le naïf. » 


Athanase ignorait, de l’ignorance de « l’inquisiteur », que grâce à la sécheresse du désert, cette disposition serait fondamentale pour la conservation de ces textes jusqu’à nos jours, 

Devant cette position officielle, un ou plusieurs moines du monastère de Saint Pacôme, situé en Haute Égypte entre Thèbes et Abydos, décident de cacher dans le désert une jarre d’argile d’approximativement 60 cms, scellée avec du bitume et contenant 12 ou 13 livres ou codex confectionnés avec des feuilles de papyrus, attachés avec des lanières de cuir, et d’une excellente qualité pour l’époque. 

Ces livres contiennent les textes mentionnés ci avant. Ils furent trouvés « causalement », en décembre 1945, par des agriculteurs égyptiens d’une localité proche de Al-Qasr alors qu’ils cherchaient des fertilisants naturels pour leurs cultures. Cette découverte « accidentelle » a été qualifiée par les érudits comme étant le plus grand trésor archéologique du XXème siècle. Il est appelé « La Bibliothèque de Nag Hammadi » du nom arabe du lieu où ces textes furent découverts. 

Ce qui se passa par après fait partie d’une des histoires les plus étranges et les plus inouïes de l’archéologie internationale : intrigues, trafic d’antiquités, envies professionnelles, compétition pour être les premiers, contrebande, subordination des autorités et jusqu’à peut-être mort d’homme se retrouvent sur la route de ces textes depuis leur découverte. Cela montre le niveau d’être des érudits et certainement l’intervention des intérêts obscurs de cette société, ces forces obscures qui contrôlent l’inconscient collectif et appelées en ésotérisme la « Loge Noire », Loge très active en ces temps « modernes » à travers la dépréciation du « vrai ». Ce sont les mêmes qui crucifièrent le Seigneur et qui ensuite altérèrent son message et qui continuent encore et toujours en attaquant ce prototype psychologique de perfection appelé « Le Christ ». Ils ont structuré un monde basé sur le culte de la matière, un monde étranger à l’intervention de l’Éternel, un monde dans lequel les âmes qui souhaitent la lumière de l’Être étouffent. Le spécialiste français Jean Doresse en dira même ce qui suit: 

« Si c’était à refaire… je penserais à deux fois avant de m’impliquer dans une découverte qui suscite autant d’envie. » 


Le lecteur intéressé par l’histoire de ce triste acabit peut s’en remettre au livre d’Elaine Pagels, « les évangiles secrets », dans lequel sont expliqués très clairement les détails de cette histoire. 

Finalement, l’UNESCO intervint à la demande de plusieurs investigateurs et l’histoire se termina en mettant les textes complets, traduits en anglais, à la disposition du public en 1977. 

« Causalement » une fois de plus, à une date proche de leur découverte, surgit dans l’autre partie du monde, en Colombie (Amérique du Sud), un mouvement spirituel dont l’essence initiatique coïncide dans les points fondamentaux avec les exposés traditionnel du gnosticisme primitif : il s’agit de la Gnose contemporaine dévoilée par le V.M. Samael Aun Weor. Elle est bien curieuse, l’intervention des pouvoirs des ténèbres et du matérialisme qui arrive à tenir les textes en « dormition » dans les mains des érudits, sans être publiés jusqu’au moment précis où le M. Samael, au sommet de son processus ésotérique, désincarne en 1977. Il aura fallu trente deux ans pour traduire 46 textes du copte à l’anglais et les mettre à la disposition du public. Il s’agit là de bien plus qu’un hasard fatal ou que de simples jalousies académiques ! 

Le gnosticisme contemporain qualifie cette découverte comme étant totalement « causale ». Voyons pourquoi. Le christianisme primitif avait poussé un grand nombre de consciences vers leur processus intime d’autoréalisation. Avec le temps, comme nous l’étudierons dans le prochain chapitre, l’institution chrétienne-catholique dégénéra en ce que nous connaissons de nos jours. La Loge Blanche préserva donc ces textes pendant plus de 1.600 années dans un lieu privilégié à leur conservation. Voilà la raison pour laquelle ils sont découverts en 1945 comme source d’inspiration spirituelle pour la nouvelle ère du Verseau. Et, spécialement préparé pour cette ère surgit aussi en 1950 le Mouvement Gnostique contemporain. Les deux devaient apparaître pour que les gnostiques dûment préparés soient capables de réinterpréter l’histoire du christianisme et de remettre à l’humanité l’authentique version de la réalité gnostique. 

Voilà pourquoi les gnostiques contemporains relevant de la transmission du M. Samael ont la responsabilité de dévoiler complètement ces textes selon le point de vue du gnosticisme universel. 
avatar
Arlitto
Admin
Admin

Sexe : Masculin Messages : 12945
Date d'inscription : 02/01/2016
Localisation : France

http://arlitto.forumprod.com/

Revenir en haut Aller en bas

Re: La Gnose écrits gnostiques

Message  Arlitto le Sam 5 Mar - 19:52

Transcendance gnostique de ces évangiles. 

La lumière apportée par ces textes sur le christianisme gnostique primitif est grande mais par-dessus tout, le plus important est que nous disposons de documents authentiques de première main émanant de nos pères spirituels. Pour la première fois et de leur propre main, les gnostiques y expriment la véritable nature du gnosticisme. En comptant sur la tradition dévoilée par le gnosticisme actuel, nous possédons les clefs qui nous permettent de comprendre profondément cette question. 

Jusqu’à cette découverte, les sources des investigateurs de la Gnose se basaient fondamentalement sur les écrits des critiques du gnosticisme, dû au fait que cette « hérésie », étant la plus importante, fut poursuivie systématiquement jusqu’au point que pas un seul de ses livres sorte intact de la persécution. 

Rappelons que « l’hérésie » est considérée comme une déviation de la foi véritable. Et quand l’institution eut complètement dévié, les quelques personnes qui maintinrent les principes essentiels du véritable christianisme furent bien sûr qualifiés « d’hérétiques » par la majorité dominante. 

Pour l’histoire, le gnosticisme disparaît, comme mouvement organisé et pouvant être reconnu par le christianisme, approximativement dans le courant du IV siècle. A partir de ce moment, tout ceux qui écrivaient à son sujet, se sont basés sur les textes des inquisiteurs, principalement Irénée de Lyon, Hippolyte de Rome et Épiphane de Salamine. Ils incluaient des fragments gnostiques dans leurs écrits comme matériel de réfutation pour éliminer tout nouveau germe possible « d’hérésie ». 

Mais cela changea radicalement en 1945, lorsque la découverte de Nag Hammadi donna accès à la voix des patriarches gnostiques dépourvue d’interprétations malintentionnées. Ainsi, à nouveau, des maîtres gnostiques de la taille de Valentin, Basilide, Carpocrate, etc. reprennent la parole pour la donner à un monde qui nécessite leurs enseignements bien au-delà de ce que l’on pourrait s’imaginer. 

Des érudits de plusieurs universités se lancèrent alors dans l’investigation et la datation historique de ces textes. Les résultats furent surprenants comme le démontrent certains d’entre eux à savoir que certains de ces textes sont aussi, si pas, plus anciens que les évangiles considérés comme officiels. (Par exemple, l’Évangile de Thomas). 

Il faut souligner que les textes sont des traductions en copte (la langue égyptienne courante à cette époque) de manuscrits plus anciens écrits en grec et réalisées entre les III et IV siècle. La datation de ces originaux tourne approximativement vers l’an 120-150 après J.-C. Il y a des études basées sur les propres commentaires d’Irénée de Lyon (180 après J.C.) qui affirment même que plusieurs de ces textes seraient contemporains ou même antérieurs au Nouveau Testament étant donné leur importante diffusion et leur implantation si évidente dans les communautés chrétiennes primitives. Ces études arrivent à dater l’Évangile de Thomas comme ayant été rédigé à partir des sources de la seconde moitié du premier siècle c’est-à-dire que cet évangile serait plus ancien que les évangiles canoniques de Matthieu, Marc, Luc et Jean. 

Donc, les spécialistes traduisent les textes, élaborent des thèses et des essais, donnent des conférences et écrivent des livres sur ces gnostiques et leurs doctrines. Mais il faut tenir compte de leurs limites. Même en tenant compte de leur bonne volonté, ils ne sont pas connectés avec la tradition et comme conséquence logique, ils ne vivent pas intimement la révélation gnostique. Ils ignorent la connexion entre maître et disciple, ils n’ont reçu aucune ouverture intuitive. Malgré le fait qu’ils sont bien préparés académiquement (nous leur sommes reconnaissants pour leurs traductions) et qu’ils maîtrisent les langues mortes comme le copte et le grec, leurs versions sont toujours dirigées sur l’étude du gnosticisme comme étant quelque chose d’archaïque et de mort. Bien qu’ils admirent ce mouvement, leur ignorance ne leur permet pas d’extraire de ces textes les postulats scientifiques qui s’y trouvent. Il leur manque la préparation relative à la tradition spirituelle gnostique initiatique car sans l’initiation à ces mystères, on ne peut ni « voir » ni « écouter » au-delà de la « lettre morte ». 

Nous possédons donc ces textes grâce à la bonne volonté de ces spécialistes. Notons que certains de ces derniers ont réalisé un travail merveilleux, comme celui de Madame Pagels, qui implique une connexion certaine avec les postulats gnostiques primitifs. D’autres spécialistes, appliquant des méthodes modernes de recherche, sous-estiment cette découverte et les gnostiques eux-mêmes. Certains se trompent se dédiant à un pur exercice de confusion. Ils proposent l’étude de l’école gnostique comme un fait qui se passa exclusivement dans le passé, comme un objet archéologique. Il y en a peu qui, à l’instar du Docteur Jung, sont capables de dire que « ces gnostiques connaissaient aussi la psyché de l’individu ». 

La Gnose actuelle relève le défi de dévoiler ces textes à partir de la tradition révélée par un maître contemporain qui, dû à sa doctrine fidèle à la tradition, incarna en lui le dynamisme révélateur de l’Etre. Comme nous verrons plus avant, il existe une chaîne de transmission traditionnelle mais elle ne se suffit pas à elle-même. De plus, la tradition sans révélation provoque tôt ou tard la dégénération d’une école comme nous l’avons déjà vu car la vérité gnostique ne peut être ni transmise par un discours ni façonnée dans du papier. Elle ne peut être systématisée ou schématisée dans le but de la conserver pour la postérité. La vérité gnostique peut seulement être exprimée d’instant en instant. Et seulement ceux qui entrent sur le chemin initiatique, c’est-à-dire sur la voie gnostique christique, parviennent véritablement à accéder à la Gnose du Père. Ceux là sont capables de transmettre la Gnose à leur tour. Si les nouveaux disciples n’incarnent pas, à leur tour, la Gnose, ils ne pourront transmettre que la lettre morte, les idées d’autrui. Cela est le sens des paroles de Jésus : 

« Ses disciples lui dirent : Vingt quatre prophètes ont parlé en Israël et tous ont parlé de toi. 

Il leur dit : Vous avez rejeté celui qui est Vivant en votre présence, et vous avez parlé de ceux qui sont morts. » 

Dit avec d’autres mots : faites cas des textes qui eurent du sens dans le passé, qui servent d’orientation pour se connecter avec le Christ mais maintenant que vous L’avez devant vous, vous n’êtes pas capables de savoir ce que cela signifie ni où vous devez le trouver en vous. 

Ces textes de Nag Hammadi nous permettent de comprendre non seulement l’hérésie gnostique mais aussi de se rendre clairement compte des raisons pour lesquelles elle était si dangereuse pour l’orthodoxie, fait que nous analyserons dans le prochain chapitre. On comprend aussi profondément quels étaient les mystères secrets que ces gnostiques devaient connaître et pourquoi ils étaient si dangereux pour l’église officielle. On comprend mieux le rôle de la femme, clairement exprimé dans l’Évangile de Philippe et dans celui de Marie-Madeleine. Y sont exposés le sens primordial de la relation entre maître et disciple (L’Évangile de Vérité, L’Allogène, Discours sur l’Ogdoade et l’Ennéade). Le sens de l’auto gnose et le rôle du Christ intime deviennent plus clairs (dans plusieurs de ces textes d’où nous soulignerons l’Évangile de Thomas et l’Évangile de Vérité). Le travail avec les énergies créatrices dans la Chambre Nuptiale y est aussi définit avec clarté (L’Evangile de Philippe). Nous y trouvons des chants sacrés, des mantras, des paroles de pouvoir, des méditations et des prières, ainsi que la manière correcte de pratiquer les rituels… Et par-dessus tout, ils nous montrent l’importance de l’expérience mystique comme chemin initiatique pour le retour de Sophia au sein de l’Aéon Immarcescible. Nous comprendrons ainsi pourquoi, pour les gnostiques primitifs, le mouvement « orthodoxe » (orthodoxe signifie seulement « la pensée correcte ») qui triompha, mouvement appelé « catholique » ou universel, était considéré comme étant l’église faillie, dû à ses thèses médiocres, à ses objectifs déficients et à son développement dévié des postulats christiques. 

Pour terminer cette présentation et comme preuve de l’étroite connexion existant entre gnosticisme primitif et gnosticisme contemporain, nous citerons trois fragments de cette bibliothèque qui font référence aux postulats fondamentaux de la Gnose actuelle : les trois facteurs primordiaux de la révolution de la conscience/ 
1.Sur la « seconde naissance ». L’Évangile de Philippe dit :

Tous ceux qui entreront dans la chambre nuptiale feront briller la lumière car ils ne sont pas comme les mariages qui se font dans la nuit, dont le feu s’allume seulement dans la nuit puis s’éteint. Mais les mystères de ce mariage s’accomplissent dans le jour et la lumière, ce jour et cette lumière qui ne s’éteignent pas. Si quelqu’un devient un fils de la chambre nuptiale, il recevra la lumière. Si quelqu’un ne la reçoit pas tant qu’il est dans ces lieux, il ne pourra la recevoir nulle part ailleurs. Celui qui recevra cette lumière-là ne sera ni vu ni compris. 
2.Sur la « mort mystique ». L’Évangile de Thomas dit :

Jésus disait :« Quand cela sera engendré en vous, cela vous sauvera. Si vous n’avez pas cela, l’absence de cela vous tuera. » 
3.Et sur le « sacrifice pour l’humanité ». Pour terminer, l’Évangile de Vérité dit :

Parlez de la Vérité à ceux qui la cherchent et de la connaissance à ceux qui ont péché par erreur. Affermissez les pieds de ceux qui chancèlent et tendez vos mains à ceux qui sont faibles. Nourrissez les affamés et ceux qui sont fatigués, donnez-leur le repos. Remettez debout ceux qui désirent se relever. Réveillez ceux qui dorment. 

Qu’il en soit ainsi 

Nous allons dévoiler maintenant, de la main de la grande sagesse du gnosticisme contemporain, certains des principaux textes trouvés dans cet immense trésor de la sagesse gnostique primitive. 
avatar
Arlitto
Admin
Admin

Sexe : Masculin Messages : 12945
Date d'inscription : 02/01/2016
Localisation : France

http://arlitto.forumprod.com/

Revenir en haut Aller en bas

Re: La Gnose écrits gnostiques

Message  Arlitto le Sam 5 Mar - 19:53

L’ÉVANGILE DE VERITE (commenté)


Texte gnostique 

L’Évangile de Vérité ( Commenté) 

Cet évangile, tout comme l’Évangile de Philippe, est attribué à Valentin. 

Ces deux textes furent trouvés à Nag Hammadi. Valentin est un des plus grands gnostiques des premiers siècles après Jésus-Christ. Il naquit à Alexandrie. Valentin raconte qu’il eut une révélation. Il vit un nouveau-né et lui demanda qui il était. Ce bébé lui répondit qu’il était le Logos. Valentin basa sa doctrine sur cette vision. Il fonda ensuite une école que nous appelons de nos jours « les valentiniens ». Valentin enseigna tout d’abord en Egypte et par après à Rome où il vécut de l’an 135 à l’an 160. 

L’Évangile de Vérité 

Qui a reçu du Père de vérité le don de le connaître ? Celui dont les parties de l’Être cherchent la Lumière et souhaitent pénétrer le mystère de Sophia c’est-à-dire qu’il s’agit que Sophia (féminine) soit libérée, élevée, sauvée et intégrée aux différentes parties de l’Être. L’EÊre, la Trinité intime et ses différentes parties sont une véritable armée d’enfants qui veulent s’intégrer, s’auto réaliser et l’unique moyen qui existe est celui de sauver Sophia. Le Père, l’Ancien des jours, peut sauver Sophia pour la conduire des ténèbres à la Lumière du Plérôme (plénitude, accomplissement ou abondance, là où habite le Sauveur) par son Fils, le Christ intime, le Rédempteur. 

« 16 Joyeuse est la Bonne Nouvelle de la Vérité pour ceux qui ont reçu de la part du Père de la Vérité la grâce de le connaître, par la puissance de la Parole qui émana de la Plénitude — Parole qui résidait dans la Pensée et dans l’Intelligence du Père. C’est elle qui est dénommée « Sauveur », car tel est le nom de l’œuvre qu’elle devait accomplir pour le salut de ceux qui 17 en sont venus à ignorer le Père, tandis que le nom [de] « Bonne Nouvelle » est la révélation de l’espoir puisque, pour ceux qui sont à sa recherche, il signifie la découverte. » 

« Ceux qui en sont venus à ignorer le Père » sont les différentes Parties de l’Etre intérieur profond. Chaque Partie de l’Être individuel est auto consciente et autonome mais sans auto réalisation. 

Si l’émanation ou la Partie de l’Être ne donne pas sa Lumière de perfection, c’est parce qu’elle reste engluée dans quelque agrégat psychique. 

Il est évident que n’importe quelle Partie de l’Être engluée se targue de cet état et devient égoïque. 

C’est un délit que de se vanter du pouvoir et de la lumière qui n’émane pas de soi sinon de l’Être. 

La Lumière et la Sagesse véritable émanent de l’Être de l’Être et non exclusivement de certaines de ses Parties. 

N’importe quelle Partie de l’Être engluée dans tel ou tel agrégat psychique tend à se vanter, se croit souveraine. 

Le Nombre Parfait en chacun de nous est la somme totale de toutes les Parties autonomes et auto conscientes de notre propre Être individuel. 


Samael Aun Weor 

« …17 Parce que ceux qui appartiennent au Tout cherchèrent à connaître celui dont ils sont issus et que le Tout était à l’intérieur de l’Inappréhendable inconcevable, lui qui est au-delà de toute conception, c’est alors que la méconnaissance du Père se fit perturbation et angoisse. Puis la perturbation se figea à la manière d’un brouillard au point que nul ne put voir. De ce fait, l’Erreur tira sa puissance. Elle se mit à œuvrer sur sa propre matière dans le vide, ignorante de la Vérité. Elle consista en une fiction, élaborant artificiellement, grâce à la puissance, une alternative à la Vérité. » 

L’Unique est le Père. Les différentes Parties autonomes et auto conscientes se trouvent en Lui. Les différentes parties de l’Être ne pourraient ni connaître la vérité ni la remplacer sans Lumière et sans Pouvoir du Père Unique ; 

« …17Or, ce n’était pas une dégradation pour lui, l’Inappréhendable inconcevable. Car elle n’était rien cette perturbation, non plus que l’oubli, non plus que la fabrication mensongère. En revanche, la Vérité est inaltérable en sa stabilité, imperturbable, et sans artifice. C’est pourquoi, il vous faut mépriser l’Erreur ! » 

La Vérité est unique. Il n’y a pas de demi vérités La Vérité est ou n’est pas. 

« …17 Tel est (son) mode : être sans racine. Elle consista en un brouillard à l’égard du Père, subsistant en élaborant des œuvres, oublis et angoisses, afin de leurrer au moyen de ces choses ceux du milieu et de les réduire en captivité. L’oubli découlant de l’Erreur n’était pas apparent ; ce n’est pas 18 une [chose existante] sous la main du Père. Ce n’est pas entre les mains du Père que l’oubli en est venu à exister. Aurait-il donc pu exister à cause de lui ? Bien au contraire, ce qui vient à l’existence en lui est la Connaissance, qui est apparue pour que se dissipe l’oubli et que le Père soit connu. Puisque, s’il en est venu à exister, cet oubli, parce qu’on ne connaissait pas le Père, dès l’instant où le Père sera connu, il n’y aura désormais plus d’oubli. » 

Sophia chue dans le brouillard, dans les oublis et les angoisses, entraîne avec elle les différentes Parties de l’Être et par sa faute, elle les lie à l’ignorance. Seule la Gnose que le Père concède au Fils peut dissiper cette ignorance afin que le Père –qui est la vérité Suprême- puisse être connu. 

« …18 Telle est la Bonne Nouvelle annonçant Celui que l’on cherchait, qui se révéla aux parfaits de par l’immense compassion du Père : le mystère caché, Jésus le Christ. Par son entremise, il illumina ceux qui étaient dans l’obscurité par l’entremise de l’oubli. Il les illumina ; il indiqua un chemin. Et ce chemin est la Vérité qu’il leur a enseignée. Aussi, l’Erreur s’est-elle déchaînée contre lui, l’a pourchassé. Elle fut broyée en lui, perdit toute vigueur. On le cloua au bois, il devint fruit de la connaissance du Père. Ce n’est assurément pas parce qu’ils en mangèrent qu’il fut détruit ! Mais, à ceux qui l’ont mangé, il a permis de naître à la joie dans la découverte, car lui, ceux qu’il a découvert en lui l’ont de même découvert lui en eux, l’Inappréhendable inconcevable. Le Père, qui est parfait, lui le créateur du Tout, c’est en lui qu’est le Tout. Or, si le Tout est privé de lui, puisqu’il a retenu en lui leur perfection, perfection qu’il n’a pas accordée au Tout, — n’était-ce pas jalousie de la part du Père ? Allons donc ! Quelle jalousie peut exister entre lui et ses membres ? En effet, 19 si l’Éon avait été . [ . . . . . ], eux n’auraient pu accéder [au] Père. S’il retient leur perfection en lui, c’est pour la leur accorder sous la forme d’un retour à lui ainsi que d’une connaissance unifiée à la perfection. C’est lui qui a ordonné le Tout et c’est en lui qu’est le Tout, or le Tout était privé de lui. » 

C’est uniquement par le Mystère du Fils et celui du Fils par le Mystère du Saint-Esprit que le Mystère du Père peut être connu. Le mystère de Sophia, l’Esprit Saint se trouve dans la croix formée par les deux madriers. La force sexuelle – le sexe – est le pouvoir de Sophia. Sophia a un double aspect : masculin et féminin. 

L’épouse de l’Esprit Saint est la Divine Mère Sophia, Marie, Kundalini, Ram-io, Marah, Mère Particulière, etc. La Divine Mère Sophia est un dédoublement de l’Esprit Saint en nous, une variante de notre Père. Lui est Lui. 

Le Christ, un fruit de la connaissance du Père-Mère, naît de la Sophia au service du Verbe Créateur – l’Esprit Saint. Et le Fils, par son sacrifice et son amour, illumine et dévoile en lui les différentes parties de l’Être. C’est la raison pour laquelle l’ignorance se mettra toujours en colère contre le Christ et le tuera. Néanmoins « Ce n’est assurément pas parce qu’ils en mangèrent qu’il fut détruit ! Mais, à ceux qui l’ont mangé, il a permis de naître à la joie dans la découverte ». Par sa mort, le Christ tue la mort pour toute une éternité. Voilà pourquoi les différentes Parties de l’Être aiment le Père à travers le Fils car ce dernier possède la Gnose. 

Les différentes Parties de l’Être le découvrirent, Lui, l’Inappréhendable inconcevable, le Père, le parfait, et cela uniquement par le Fils. Sophia, comme sagesse du monde, au service du Verbe créateur, est indiscutablement celle qui conduit l’âme à la réalisation totale. Sophia elle-même, dans son autre aspect, celui de Mère de l’église terrestre, dissémine dans le cosmos les enfants « naturels » (féminins) de Dieu, les multitudes psychiques et matérielles qui aiment les miracles et les prodiges mais qui ne sont pas capables de comprendre la doctrine occulte du Sauveur du monde. 

« …19 De même que normalement une personne souhaite, lorsque des gens ne la connaissent pas, être connue et aimée, il en est ainsi, car enfin, qu’est-ce qui faisait défaut au Tout sinon cette même Connaissance à propos du Père ? Il devint un guide apaisant et adonné tout à loisir à l’enseignement. Il se montra publiquement et prit la parole en tant que maître. S’approchèrent ceux qui d’après leur propre estimation sont des sages, lui tendant un piège. Mais il les confondait car ils étaient vides. Ils le haïrent car ils étaient sans intelligence en vérité. » 

Le Christ Intime, lui que l’on méconnaît, lui qui souhaite que nous le connaissions, lui notre guide, est toujours rejeté par des hommes qui se considèrent sages et qui, depuis toujours, mettent à l’épreuve le Seigneur de toute perfection. Ce sont les prêtres dogmatiques de toutes les croyances, les aînés pétrifiés dans le passé ainsi que les scribes et les « vauriens » de l’intellectuel. Mais, une fois de plus, Il les vainc, eux qui représentent la tromperie, le mensonge et la mort car Il est réellement le Chemin, la Vérité et la Vie. 

« …19 Après tous ces gens s’approchèrent aussi les tout-petits qui possèdent la connaissance du Père. Ayant été fortifiés, ils avaient appris à connaître les empreintes à l’effigie du Père : ils reconnurent et furent reconnus, ils furent glorifiés et glorifièrent. Ils prirent conscience du Livre vivant des vivants qui est écrit dans la Pensée et dans l’Intelligence 20 [du P]ère. Or dès avant la fondation du Tout, c’est dans ce qu’il y a d’incompréhensible en lui qu’est inscrit ce (livre) que nul n’est en mesure de porter — car à qui le portera il est réservé d’être mis à mort —, si bien qu’aucun de ceux qui ont eu foi dans le salut n’aurait pu apparaître si le livre n’avait paru au grand jour. C’est pourquoi, le compatissant, Jésus le fidèle, supporta avec patience les tourments au point de porter ce même livre, car il sait que sa mort est source de vie pour beaucoup. » 

Les Initiés, les enfants, les personnes pures de mental et de cœur cherchent le Père qui est en Secret à travers son Fils car sans sacrifice, il n’y a pas de mort mystique, il n’y a pas de résurrection spirituelle. C’est uniquement via la mort que la novation, les impressions du Père nous arrivent. C’est seulement par les impressions du père que nous connaîtrons et que nous serons connus, que nous verrons le livre de l’Apocalypse particulière et que romprons ses sept sceaux. 

« …20 De même qu’est cachée dans un testament non encore ouvert la fortune du maître de maison décédé, de même également le Tout était-il caché, dans la mesure où le Père du Tout est invisible, car il constitue sa descendance, Lui par qui chaque voie est promulguée. Ainsi Jésus est-il apparu, il s’enroula dans ce livre, il fut cloué au bois et afficha l’édit du Père sur la croix. Ô que de grandeur dans un tel enseignement : en condescendant à la mort, la vie 30 éternelle le revêt. Parce qu’il s’est dépouillé de ces haillons corruptibles, il a revêtu l’incorruptibilité, cette (vie) que nul n’est en mesure de lui enlever. S’étant engagé dans les voies stériles, lourdes de menaces, il se fit un chemin à travers celles qui sont dépouillées du fait de l’oubli, car il est connaissance et perfection, lisant à haute voix ce qui est en 21 elles [ . . . ] . . . . . [ ] instruire ceux qui doivent être instruits. » 

Il n’y en a qu’un, au ciel, qui peut ouvrir notre livre particulier – le livre scellé avec sept sceaux -, Il est l’Agneau de Dieu, notre Christ Intime. Il peut naître et mourir en nous et son sacrifice rompt les sept sceaux du Livre mystérieux et à partir de là, Il proclame la sagesse du Père. 

« …21 Or, ceux qui doivent être instruits sont les vivants inscrits dans le livre des vivants. C’est sur eux-mêmes qu’ils s’instruisent, car ils sont les (biens) reçus du Père, tout en étant retournés à lui. Comme c’est dans le Père qu’est la perfection du Tout, il est nécessaire que le Tout accède à lui. L’individu qui est parvenu à cet état de conscience hérite alors de ses biens propres et les tire à lui. Car celui qui est inconscient est dépossédé, et ce dont il est dépossédé est considérable puis qu’il est dépossédé de cela même qui le comblerait. Comme c’est dans le Père que réside la perfection du Tout, il est donc nécessaire que le Tout accède à lui et que chacun obtienne ainsi ses biens propres. S’il les a inscrits à l’avance, c’est qu’il les avaient destinés à ses descendants … » 

Ceux qui sont inscrits dans le livre des vivants sont les adeptes ressuscités et les adeptes ascensionnés c’est-à-dire, les différents grades d’adeptes parfaits. 

« … 20 ceux dont il a déterminé à l’avance le nom, à la fin furent appelés. C’est donc que toute personne consciente est celle-là même dont le Père a prononcé le nom. Car celui dont le nom n’a pas été cité est inconscient. Comment, sinon, quelqu’un pourrait-il entendre si son nom n’a pas été proclamé ? Assurément, qui est inconscient jusqu’à la fin est une créature de l’oubli et se dissipera avec lui. Pourquoi, sinon, les gens frappés d’indignité 22 ne sont-ils pas nommés ? Pourquoi n’y a-t-il pas pour eux de convocation ? Dès lors, si quelqu’un est conscient, il est d’en haut. Lorsqu’on l’appelle, il entend, répond, se tourne vers celui qui l’appelle, puis va le trouver. Il sait alors comment il se fait qu’on l’appelle : en toute connaissance, il accomplit la volonté de celui qui l’a appelé, il cherche à lui plaire, il est dispos. » 

Celui qui possède la Gnose est le seul dont le Père prononce le nom et il est finalement appelé à Le connaître. C’est seulement lorsque nous commençons à être conscient de notre ignorance devant la sagesse du Père que nous recevons ses premières impressions. Mais une chose est d’admettre notre ignorance et une autre bien différente est de chercher désespérément la Sagesse et l’Amour car si quelqu’un possède la connaissance gnostique, c’est d’en haut. S’il est appelé d’en haut, il doit répondre en se tournant vers son intérieur pour y faire sa sainte volonté dans le monde. 

S’il ne nous aidait pas, nous échouerions et si nous échouons, lui aussi échoue. 


Samael Aun Weor 

«… 22 Le nom d’un individu lui revient en propre : qui sera parvenu à un tel état de conscience sait d’où il vient et où il va. Il est devenu lucide. Comme un homme qui a été ivre, il s’est désenivré. Ayant repris ses esprits, il a remit de l’ordre dans ses affaires. Il en a détourné beaucoup de l’égarement et il les a entraînés vers leurs voies d’où ils s’étaient déplacés, lorsqu’ils s’étaient égarés à cause de la profondeur de Celui qui circonscrit chaque voie alors que rien ne le circonscrit. C’eût été grandement étonnant qu’ils aient été dans le Père sans le connaître et qu’ils aient été capables de paraître par eux-mêmes, étant donné qu’ils étaient incapables de se comprendre ni de connaître celui en qui ils étaient, si en effet sa volonté ne s’était pas déclarée. Il l’a effectivement manifestée pour la faire connaître, les lots qui en font partie étant tous en concordance avec cela. 

Telle est la connaissance du Livre vivant qu’il a divulguée aux 23 éons porte à confusion, jusqu’à la dernière de ses lettres. Celui-ci ne se présente pas comme s’il s’agissait d’éléments vocaliques pas plus que ce ne sont es consonnes muettes, pour que quelqu’un les lise et se perde en réflexions stériles. Mais, bien plutôt, ce sont des lettres de Vérité ne proclamant et ne connaissant qu’elles-mêmes. Et chaque lettre représente un savoir complet, à la manière d’un livre complet, car ce sont des lettres qui furent écrites dans l’unité, le Père les ayant écrites pour les éons afin, qu’à l’aide des lettres qui le composent, ils connaissent le Père. 

Alors que sa Sagesse médite la Parole,
que son enseignement la proclame,
sa connaissance s’est révélée.
Sa longanimité étant une couronne sur sa tête,
la joie s’harmonisant à lui,
sa gloire l’a exalté.
Sa forme l’a révélé.
Son repos, l’a absorbé.
Son amour l’a revêtu d’un corps.
Sa fidélité l’a lié. 

C’est ainsi que le Verbe du Père fait route au sein du Tout, fruit 24 [de] sa réflexion et empreinte de sa volonté, lui qui porte le Tout, en les choisissant, assumant en même temps l’empreinte du Tout en les purifiant, les reconduisant au Père, à la Mère, Jésus à la douceur infinie. » 

Le Père qui est en secret connaît tout, peut tout. Le Père est le premier Mystère et nous, comme âmes, sommes originellement émanés de Lui. Cependant, nous ne sommes pas une âme qui a un Père mais Lui est un Esprit qui a une âme. Le contraire serait orgueil et ignorance. Telle est sa doctrine par laquelle nous devons aider d’autres à s’éloigner de l’erreur dans laquelle nous avons aussi vécu. Il est le Cercle dont le Centre est dans toutes les parties, dont la circonférence n’est nulle part. En Lui, nous avons la vie, le mouvement et l’être. Il est merveilleux de l’aimer sans le connaître. Heureux ceux qui peuvent entendre sa voix et écouter ses sages conseils. Et bénis soient ceux qui ont vu son visage. Sans la Volonté du Père, celle qui est révélée à travers la volonté du fils, les différentes émanations ou Parties de l’Etre – selon chaque éon (espace, dimension, région) – ne pourraient pas connaître le Livre vivant de L’Apocalypse particulière où est écrit tout l’alphabet de la langue d’or avec laquelle les Dieux parlent et créent de façon à ce que la Parole du Père, qui est vérité, puisse entrer dans notre cœur et notre âme comme impression de sa volonté. 

« …24 Car le Père a ouvert son sein, son sein qui est l’Esprit Saint, dévoilant son mystère, son mystère qui est le Fils, pour que sorti des entrailles du Père on le connaisse et pour que les éons cessent de peiner à la recherche du Père, goûtant en lui la paix, constatant que celui-ci est la paix. En ayant comblé la déficience, il a dissout l’apparence — son apparence est le monde en lequel il avait servi. Car là où règnent jalousie et discorde est la déficience, mais là où règne l’unité est la plénitude. Car si la déficience en est venue à exister parce que l’on ne connaissait pas le Père, à partir du moment où il y aura connaissance du Père, la déficience cessera d’exister. Comme il en est de l’ignorance chez une personne : à partir du moment où elle connaît, se dissipe d’elle-même son ignorance, comme il en est de l’obscurité qui se dissipe lorsque paraît 25 la lumière, ainsi la déficience se dissipe-t-elle pareillement dans la plénitude, et par conséquent l’apparence disparaît. Eh bien, c’est dans l’harmonie de l’unité qu’elle doit se dissiper, car même si pour le moment leurs œuvres se présentent sous une forme dispersée, avec le temps l’unité perfectionnera les voies. C’est dans l’unité que chacun l’obtiendra, en toute connaissance qu’il se purifiera de la multiplicité pour parvenir à une unité, consumant en lui la matière à la manière d’un feu, et l’obscurité dans la lumière, la mort dans la vie. » 

Une fois que le Père révèle par son Fils ce qui était caché dans son sein – l’Esprit Saint- nous savons que les différentes parties du cosmos se réjouissent car elles pourront retourner à leur source originelle et nous savons que « ce » que Jésus incarna dans le Jourdain est le Fils ou Deuxième Logos. C’est ce que vit l’initié quand il naît, pour la seconde fois. De cette manière, le Fils est comme le Père, un Esprit Saint, chose qui ne se passe pas ainsi avec la Sophia (féminine). Grâce à cette révélation de l’Esprit Saint, dans le Père et dans le Fils, les régions éloignées ou les éons ou les différentes Parties de l’Être peuvent connaître l’Unité où il y a perfection étant donné que ce qui était déficient, parce que le Père n’était pas connu, finit par exister. Et donc les formes, le mental et la matière ne seront plus éparpillées et l’Unité organisera et perfectionnera les différents espaces, les différentes Parties de l’Être et les illuminera. 

« …25 Si donc cela est arrivé à chacun de nous, eh bien, il nous faut penser à l’ensemble afin que la maisonnée soit rendue sainte et paisible dans l’unité. De même que des gens ont déménagé et que, parce qu’ils possédaient des vases qui par endroits étaient défectueux, ceux-ci s’étaient brisés ; alors le maître de maison n’est pas porté à l’économie mais il se réjouit, parce qu’en effet, au lieu des mauvais vases, ce sont ceux qui sont pleins que l’on remplit : il en est ainsi pour le jugement qui provient 26 d’en haut, ayant jugé chacun, car c’est une épée à double tranchant, coupant d’un côté comme de l’autre. Lorsque apparut au grand jour la Parole qui est dans le cour de ceux qui la profèrent, — ce n’est pas uniquement un son mais elle prit corps — il se produisit parmi les vases un bouleversement extrême : certains furent vidés, d’autres, remplis, et voici que d’autres furent pourvus en abondance, que d’autres se répandirent, certains furent nettoyés, d’autres encore, brisés en morceaux. Toutes voies furent ébranlées et bouleversées car elles n’ont pas d’assise et pas de stabilité. Et alors l’Erreur s’est agitée fébrilement, ne sachant que faire : elle s’afflige, pousse des gémissements, se jette de la poussière sur la tête, puisqu’elle ne sait rien, tandis que s’est approchée la Connaissance, ce qui 25 signifie sa destruction et celle de tous ses lots. L’Erreur est vide, en elle il n’y a que néant. » 

Avant, durant et après les mystères de l’Être et de ses différentes parties, nous devons tâcher par-dessus tout que notre maison intérieure soit un refuge de pureté et de silence, favorable à l’Unité. Et cela, surtout quand l’âme parcourt l’authentique chemin initiatique car, dans tout, il y a différents degrés de responsabilité ésotérique. Nous avons donc tous le devoir cosmique de pratiquer la sublimation alchimique, la méditation quotidienne, la parfaite synchronisation du mental et de la sexualité car la Gnose est le juge venu d’en haut et qui a jugé notre intérieur psychologique, animique et spirituel comme s’il dégainait une épée à double tranchant pour protéger le pur et détruire le méchant. La responsabilité de l’âme qui possède la Gnose est grande et sérieuse. 

« … 26 La Vérité apparut au grand jour, tous ses lots la connurent. Ils embrassèrent le Père véritablement et avec une puissance parfaite, car elle les unit au Père. Quiconque en effet aime la Vérité, dans la mesure où la Vérité est la bouche du Père, que sa langue est l’Esprit Saint, que celui qui embrasse la Vérité, c’est la bouche du Père qu’il embrasse, c’est par sa langue qu’il recevra l’Esprit Saint. Telle est en effet la révélation du Père et la manière dont il se dévoile à ses éons. Il révéla ce qui de lui est caché, il le délivra. Quel est effectivement celui qui conçoit si ce n’est le Père seul ? Toute voie est don de sa part. Ce dont ils prirent conscience, c’est qu’ils étaient venus de lui, à la manière des embryons dans une personne adulte, et reconnaissaient qu’ils n’avaient pas encore été formés ni n’avaient reçu de nom. Quand le Père engendre chacun d’eux, c’est alors qu’ils sont enclins à le connaître. Sinon, bien qu’ils soient en lui, ils ne le connaissent pas. Tandis que le Père est parfait, connaissant toute voie qui est en lui. Au moment où il le désire, son désir, il le manifeste en lui donnant forme et en lui donnant nom. Et lui donnant nom, ce faisant, il fait en sorte de faire venir à l’existence ceux-là qui, tandis qu’ils n’existent pas encore, ignorent celui qui les a façonnés. » 

Une fois que la Vérité se révèle à l’âme, les différentes émanations connaissent le Père et coopèrent avec Lui à la réalisation du Grand Œuvre Intérieur car elles aiment toutes la vérité de l’unité multiple parfaite exprimée dans l’Esprit Saint. Bien que les différentes parties soient en Lui, elles ne le reconnaissent que si Lui le veut. Il s’auto connaît seulement dans la Gnose car y compris Lui est profondément ignoré par lui-même. 

« … 27 Ce que je dis, ce n’est donc pas que 28 sont néant ceux qui n’existent pas encore, mais qu’ils existent en celui qui aura le désir de les faire venir à l’être, au moment où il le désire, au moment opportun à venir. Bien que rien ne soit encore apparu, il connaît pourtant ce qu’il va produire. Tandis que le fruit non encore apparu, ne sait rien ni ne produit quoi que ce soit non plus. Ainsi toute voie qui se trouve semblablement dans le Père provient de ce qui existe, lui qui pour sa part l’a fait se lever à partir de l’inexistence. Car celui qui est sans racine ne donne pas de fruit non plus. Il aura beau penser en lui-même : « Je suis venu à l’existence », il ne se dissipera pas moins de lui-même. Voilà pourquoi celui qui est totalement inexistant ne viendra pas non plus à l’existence. Que peut-il bien espérer, pour qu’il se dise en lui-même : « J’existe » ? Comme il en est des ombres et des apparitions nocturnes, que brille la lumière du jour, c’est de l’angoisse qu’éprouve celui-là en constatant que cela n’existe pas. » 

Exister dans l’Etre est mieux que vivre dans le « moi », c’est avoir racine et fruit. Quand Il est, nous comprenons que nous ne sommes rien. Être est mieux qu’exister dans le « moi ». 

« … 28 Ainsi était-on dans l’ignorance du Père, puisqu’il est celui 29 qu’on ne pouvait pas voir. Parce qu’il y avait de l’angoisse, du désarroi, instabilité, indécision et division, il en résultait maintes illusions, opérantes à cause de cela, ainsi que de vaines désinformations. Tout comme si des gens s’étaient endormis et se soient retrouvés au milieu de rêves déroutants — ou il y a quelque endroit qu’ils s’efforcent en hâte d’atteindre, ou ils sont incapables de bouger, alors qu’ils sont à la poursuite de certaines personnes ; ou ils s’engagent dans 15 une bagarre ou sont eux-mêmes roués de coups ; ou ils tombent des hauteurs ou sont aspirés en l’air, sans avoir d’ailes. » 

Il y a angoisse, désarroi, instabilité, indécision, division, illusions, vaines déformations, rêves, cauchemars inquiétants, etc. lorsqu’on ignore le Père ; persécutant et étant persécuté ; frappant et étant frappé toujours victime de la loi de cause et effet en essayant d’agir, de saisir et d’apprendre sans l’Être ; essayant de voler sans ailes ; d’existence en existence comme le juif errant dans un délire permanent de persécution. 

« … 29 Parfois encore, c’est comme si certains tentaient de les assassiner, sans que qui que ce soit ne les poursuive, ou comme si eux-mêmes avaient tué leurs proches, car ils sont souillés de leur sang — jusqu’au moment où se réveillent ceux qui sont passés par toutes ces choses. Ils ne voient rien, ceux qui se trouvaient pris dans toutes ces affaires déconcertantes, puisqu’elles n’étaient rien. De même, il en est ainsi de ceux qui ont écarté d’eux-mêmes l’ignorance, tout comme on écarte le sommeil, sans lui attribuer une valeur quelconque ni non plus considérer ses 30 réalisations comme des réalisations solides, mais ils les ont dissipées, comme on dissipe un rêve nocturne. Et la connaissance du Père, ils l’ont estimée, puisqu’elle est la lumière. C’est comme si chacun avait agi en étant endormi, au moment où il était dans l’ignorance, et c’est comme s’il s’était réveillé, en parvenant à la connaissance. Aussi bien, il est bon pour l’homme de revenir à lui. Bienheureux, celui qui a ouvert les yeux des aveugles ! Et l’Esprit s’est hâté vers lui, pour faire diligence à propos de son redressement. Ayant tendu ses mains vers celui qui gît sur le sol, il l’a fait se dresser sur ses pieds, car il ne s’était pas encore relevé. La connaissance du Père avec la révélation de son Fils, il leur donna les moyens de l’atteindre… » 

Telle est la vie de l’endormi : paranoïa, égotisme et mythomanie ; une illusion. Ensuite, éveillés, il n’en paraît plus rien parce que nous ne sommes rien sans le Père. Dans la mesure où nous aidons les autres sur le chemin de l’éveil de la conscience, nous recevons également l’illumination qui est comme l’aurore du lever du jour ; la rétribution que le Père nous donne pour les services rendus à l’humanité. 

« … 30 lorsqu’ils le virent et l’entendirent, il leur permit d’y goûter, de le sentir et d’étreindre le Fils bien-aimé. Lorsqu’il parut, les instruisant sur le Père inappréhendable, qu’il leur eut insufflé le contenu de la pensée, accomplissant sa volonté, et que beaucoup furent illuminés, ils se retournèrent 31 vers lui. En effet, ils avaient été étrangers, ils n’étaient pas parvenus à percevoir sa ressemblance et ne l’avaient pas reconnu, c’est-à-dire la part hylique (en lui), puisque c’est revêtu d’une forme charnelle qu’il est venu. Sans que rien ne puisse entraver sa marche — l’Incorruptibilité est en effet irrésistible — c’est au surplus en des termes nouveaux, qu’il parle, puisqu’il parle de ce qui est dans le cour du Père, pour proférer la parole sans déficience. Lorsque la lumière eut parlé par sa bouche et que sa voix eut enfanté la Vie, il leur accorda intelligence et entendement, miséricorde et salut de même que la Puissance spirituelle, à partir de l’infinité du Père et de sa douceur. C’est ainsi qu’il fit cesser punitions et tourments. Car ceux qui eurent besoin de miséricorde, ce sont ceux qui s’étaient perdus aux yeux de certains, sous l’emprise de l’Erreur et de ses liens. Avec puissance, il les délivra et les confondit par la connaissance. Il devint chemin pour ceux qui s’étaient égarés, connaissance pour ceux qui sont dans l’ignorance, découverte pour ceux qui cherchaient, soutien de ceux qui tremblaient, pureté pour ceux qui 35 étaient souillés. » 

Quand le Christ se présente, ressuscité, devant les différentes Parties de l’Être, celles-ci vérifient la Vérité de son mystère. Le Christ les instruit sur celui qui l’a envoyé, « l’inappréhendable » et les différentes Parties de l’Être se tournent vers Lui et arrivent à connaître la parole sans défaut, celle qui donne pouvoir sur tout l’univers. Tenons compte que l’univers n’est rien d’autre qu’une cristallisation du son, du Verbe, de la Parole. De cette manière et par le Pouvoir de la Parole qui est Lumière dans la bouche du père, les différentes Parties de l’Être se libèrent de l’erreur et des chaînes de la mécanicité. Cela est synthétisé par la Sophia tombée dans l’abîme d’en bas. 

« … 31 C’est bien lui le berger qui laissa derrière les quatre-vingt-dix-neuf 32 brebis qui ne s’étaient pas égarées et vint chercher celle qui s’était égarée. Il fut plein de joie, lorsqu’il la trouva. Car quatre-vingt-dix-neuf est un nombre qui est compris dans la main gauche. En revanche, une fois que l’on a trouvé le un, le nombre entier est transféré à droite. De même, c’est ce qui est privé de l’un, c’est-à-dire la main droite toute entière, qui attire ce qui manque et le prend du côté gauche pour le faire passer à droite, et ainsi le nombre devient cent. Tel est le symbole de ce (les nombres) qui se trouve sous leur prononciation (lettres). Tel est le Père : même pendant le sabbat, la brebis qu’il a trouvée tombée dans le fossé, il peine pour elle. Il garde en vie la brebis, une fois qu’il l’a remontée du fossé. Veillez à comprendre spirituellement, — vous, les fils de la compréhension spirituelle — ce qu’est le sabbat. C’est le jour où il ne convient pas que le salut soit inactif. Faites en sorte de parler à partir du jour supérieur qui est sans nuit, et à partir de la lumière qui ne se couche pas, car elle est parfaite. Parlez donc de l’intérieur, vous qui êtes le Jour parfait. C’est en vous que demeure la lumière sans déclin. » 

Notre Pastoureau est le Christ Intime. Jésus est le Pasteur de l’humanité. Le Christ est Unité Multiple Parfaite, se sacrifiant en permanence par amour pour les essences et les âmes de l’univers de l’infiniment petit et de l’infiniment grand. Il est, et le chemin dans lequel se manifeste la création, et la porte de retour au point de départ originel. Le Christ s’occulte dans le sein du Père comme Esprit Saint ; le bon Pasteur laissant en arrière les 99 brebis qui ne se perdirent pas et partant à la recherche de celle qui s’était perdue. Les Différentes Parties de l’Être sont les brebis qui demeurent sans la gnose, dans son côté gauche, la Sophia féminine. Quand Il sauve la plus éloignée, la Partie de l’Être tombée dans la génération animale, c’est-à-dire Sophia, le nombre complet passe alors de la gauche à la droite, ce qui doit se comprendre par « en faveur du Père ». Il est incontestable que l’enseignement même a des applications variables mais ce qui est prioritaire, c’est la vie intérieure des initiés. Nous devons aussi comprendre ce qu’est le repos du samedi, le jour de Saturne, le jour où l’œuvre de Dieu s’achève. Le Grand Œuvre extérieur et intérieur ne sera réellement terminé que lorsque l’Être l’aura achevée en lui-même. C’est pour cela que la Lumière de Dieu ne s’éteindra jamais. 

« Parlez de la Vérité à ceux qui la cherchent et de la connaissance à ceux qui ont péché par erreur. 33 Affermissez les pieds de ceux qui chancèlent et tendez vos mains à ceux qui sont faibles. Nourrissez les affamés et ceux qui sont fatigués, donnez-leur le repos. Remettez debout ceux qui désirent se relever. Réveillez ceux qui dorment. Vous êtes assurément l’entendement capable d’appréhension. Si la force (de votre parole) est comparable à cela, elle a encore plus de force. Portez attention à vous-mêmes, ne portez pas attention à ce qui est étranger : c’est ce à quoi vous avez renoncé. Ce que vous avez vomi, ne revenez pas le manger, ne soyez pas dévorés par les mites ni mangés par les vers, vous vous en êtes déjà affranchis. Que le Diable n’élise pas domicile en vous, vous l’avez déjà annihilé. Ne renforcez pas ce qui vous fait trébucher, et qui est en train de s’effondrer, car il s’agit d’une consolidation. En effet, le hors-la-loi, c’est quelqu’un qui est porté à faire davantage d’injustice que la Loi, mais celui-là, pour sa part, commet ses actes parce qu’il est injuste, tandis que celui-ci, parce qu’il est juste, commet de tels actes par le truchement d’autres. Maintenant, vous, accomplissez la volonté du Père car vous êtes nés de lui. » 

Quelque soit l’éloquence avec laquelle nous la présentons, la vérité ne plaît pas. Elle n’est pas non plus comprise par ceux qui ne la cherchent pas. De plus, la vérité dérange. Mais pour celui qui aspire à la vérité, une parole, une phrase, un exemple le fusionne avec le tout, ne fut-ce qu’un instant. Comme nous l’avons dit, la vérité nous vient dans la mesure où nous en rendons les circonstances possibles afin que ceux qui la cherchent, la trouvent. Rappelons-nous que la vérité n’est pas transmissible. Il s’agit plus d’une expérience intime, très particulière. La vérité est la Gnose descendue depuis le haut du Père à travers son Fils. La gnose se définit comme une connaissance révélatrice, elle est la Lumière du Christ révélant aux différentes Parties de l’Être l’unité du Père. Celle-ci est l’unité, et de l’Univers manifesté, et de l’univers non manifesté pour que ceux qui ont faim s’alimentent non seulement du pain physique mais aussi du pain supra substantiel qui vient d’en haut : la sagesse du Père. Que ceux qui sont fatigués du poids de leurs erreurs se reposent pour qu’ils se lèvent de la boue de la terre et éveillent leur conscience. Cela est la loi pour tous les univers : donner pour recevoir. Car celui qui donne, reçoit et plus il donnera, plus il recevra. Mais celui qui ne donne rien, même ce qu’il a lui sera enlevé. Si vous ne tenez pas compte de cela, le diable, les différents agrégats psychologiques ressusciteront de leurs propres cendres. 

« 33 Assurément, le Père est doux et dans sa Volonté se trouve ce qui est bon. Il a pris connaissance des biens que vous possédez, de sorte que vous vous reposerez sur eux. Car c’est aux fruits que l’on connaît vos possessions. Les enfants du Père 34 sont son parfum, car ils existent par la grâce de son regard. Voilà pourquoi le Père aime son parfum et le manifeste partout. Or, même s’il se mélange à la substance matérielle, il communique son odeur à la flamme et dans sa quiétude, il monte plus haut que n’importe quel son de toute espèce. Car ce ne sont pas les oreilles qui sentent le parfum, mais ce parfum, c’est le Souffle qui possède la faculté de le sentir. Il l’aspire, quant à lui, jusqu’à lui-même, et il (le parfum) s’immerge dans le parfum du Père. C’est ainsi qu’il le restaure et le fait remonter là où il provient, hors de l’effluve auparavant refroidi. Il se trouve dans un modelage psychique, qui existe à la manière d’une eau froide répandue dans une terre mouvante, si bien que ceux qui la voient supposent qu’il n’y a que de la terre. Après quoi, il se libère à nouveau : tandis qu’un souffle l’aspire, il se réchauffe. Maintenant, l’origine des parfums refroidis est la division. Aussi la Foi est-elle venue. Elle a mis fin à la division et a implanté la chaude plénitude de l’Amour, pour que ne revienne plus la froideur mais qu’existe l’unité de pensée parfaite. » 

Le Seigneur intérieur, la Partie supérieure de l’Être, nous écoute et nous aide. 

Nous sortons du ventre de la Mère par Volonté de l’Ancien des jours. 

L’Âme faiblit bien des fois mais si le Père nous fortifie, nous triompherons. 

Quand le fils (l’Âme) chute, quand elle se pervertit, le Père s’éloigne. Quand le Père s’éloigne, le fils tombe en disgrâce. 


Samael Aun Weor 

Le Père aime les fidèles et les reconnaît à leur parfum, leur souffle, leur âme ou essence, ce qui est semblable à son Souffle ou Souffle Divin lequel est antérieur au son ou à la vibration. Car effectivement, ce ne sont pas les oreilles qui perçoivent la fragrance mais bien l’haleine à laquelle le sens de l’odorat est lié. Si une essence, une conscience ou une âme « se refroidit », elle perd l’enthousiasme et s’emplit de tristesse. C’est pour cela qu’Il l’attire à lui et la réchauffe. La foi consciente vint pour dissoudre les différentes divisions dans lesquelles la conscience est conditionnée et fractionnée et pour pouvoir ainsi obtenir l’unité. 

« … 34 Telle est la Parole de la Bonne Nouvelle sur la découverte de la plénitude pour ceux qui tendent vers le salut venant d’en haut, leur Espérance se tendant vers ce à quoi ils tendent, à savoir : être à la ressemblance de la Lumière en laquelle il n’y a pas d’ombre. Si, cette fois, la plénitude est en train de venir, ce n’est donc pas à cause de l’infinité du Père que la carence de la matière en est venue à exister, plénitude qui est en cours de route pour accorder un délai à la carence, même si personne ne serait en mesure de dire de quelle manière adviendra l’incorruptible. C’est que la profondeur du Père est devenue plus impénétrable, mais ce n’est pas auprès de lui qu’existe la conception de l’Erreur. C’est une chose défaillante, une chose qu’il est facile de remettre sur pied, grâce à la découverte de Celui qui vient jusqu’à celui qu’il fera retourner à lui. Ce retournement est appelé « repentir ». C’est pour qu’il soit guéri que l’Incorruptibilité a soufflé et a accompagné celui qui avait péché. Car tout ce qui reste est le pardon, une fois que la lumière a pénétré la carence, la parole de plénitude : le médecin, en effet, accourt là où se trouve la maladie, c’est son plus profond désir. En conséquence, celui qui est défaillant ne le dissimulera pas, car l’un a ce qui manque à l’autre. Ainsi, la plénitude sans manque, le manque de cette personne, elle le comble, c’est ce 36 pourquoi elle la lui accorde pour combler ce qui lui manque, pour que la grâce, elle puisse ainsi l’obtenir. Lorsqu’elle était défaillante, il n’y avait pas de grâce pour elle. Voilà pourquoi, c’était de la petitesse que l’on trouvait là où il n’y a pas de grâce. Mais lorsque l’on a obtenu une petite part, ce qui fait défaut, elle le fait apparaître, puisqu’elle est dans l’abondance : telle est la découverte de la lumière de Vérité qui se lève sur cette personne, car elle est immuable. » 

Le Christ est la Parole de sagesse qui dévoile le lieu de plénitude ou Plérôme aux différentes Parties de l’Être et plus spécialement à Sophia. 

Au-delà de la relativité de cet univers mécanique, il y a le Plérôme. Mais avant le Plérôme, il y a la Croix. Elle en est la porte et c’est seulement en traversant la porte, plein de joie et débordant de foi consciente et avec une espérance attentiste que nous entrerons dans son mystère gnostique. C’est seulement en mourant sur la Croix et en ressuscitant ensuite d’entre les morts vivants que Sophia renaît dans le Plérôme 

La Croix des éléments, la déficience de la matière ne peut s’élever au-delà des limites du Père. Au contraire, la grandeur du Père la surpasse pour que ce ne soit pas l’erreur qui Le surpasse. Ainsi, les essences et les âmes pourront entrer dans le lieu qui n’est pas déficient : le Plérôme. 

« … 36 C’est pourquoi, au « Christ » il fut déclaré parmi eux : « cherchez et que s’en reviennent ceux qui sont désorientés », afin qu’il puisse les oindre avec une « onction » d’huile. L’onction est la compassion du Père qui allait être compatissant envers eux. Or ceux qu’il a oints sont les parfaits. Car ce sont habituellement les vases pleins qui sont enduits (de cire cachetée). Or lorsque l’enduit de l’un en vient à disparaître, il se vide et la cause de sa défectuosité est la partie dont l’enduit est sur le point de disparaître. Effectivement, à ce moment-là, un seul souffle de vent le fait s’évaporer, à cause de la force de ce qui l’accompagne. En revanche, pour celui qui est intact, rien ne peut lui enlever son sceau et il ne se vide aucunement. Bien plutôt, pour compléter ce qui lui manque, le Père qui est parfait le remplit de nouveau. Il est bon. Il connaît ses semences, car c’est lui qui les a semées dans son Jardin. Or son Jardin est son lieu de repos. 

L’onction gnostique est une cérémonie très ancienne par laquelle notre sang psychique ou matériel reçoit du sang spirituel, la promesse de rédemption. Des atomes christiques d’un pouvoir électronique très élevé pénètrent dans le monde moléculaire, monde qui est la demeure de notre essence ou âme, pour arriver jusqu’au corps physique. Alors, ce qui est animal aspire à mourir et ce qui est humain s’empresse de naître pour qu’un jour l’humain se divinise et le divin s’humanise. De cette sage combinaison, le Fils du Père pourra naître par la transsubstantiation en le Fils de l’Homme spirituel ou pneumatique. Mais ce qui se passe dans l’onction gnostique ou transsubstantiation eucharistique doit à son tour se passer dans la sexualité sacrée. Le Christ en substance doit mourir et le Christ Lumière doit naître dans le mystère de la Croix. Finalement, les oints sont les parfaits comme le Père est parfait parce qu’ils ont renoncé à leurs imperfections et qu’ils se sont emplis de leurs perfections. Cela est le but de l’onction : compléter la différence d’imperfection dans le Père. Alors, ils reposeront dans son paradis. 

« … Telle 37 est la perfection dans la pensée du Père et telles sont les paroles, expressions de sa délibération. Chacune de ses paroles est le fruit de sa Volonté, unique dans la révélation de sa Parole. Alors qu’ils constituaient encore les profondeurs de sa pensée, la Parole proférée les a révélés. Or une intelligence qui s’exprime, qui est Parole et grâce silencieuse, se nomme : « Pensée », puisqu’ils étaient à l’intérieur sans être révélés. Elle en vint donc à être proférée, lorsqu’il plût à la Volonté de celui qui l’a voulu. Or la Volonté est ce en quoi se repose le Père et ce en quoi il se complaît. Rien n’advient sans elle, rien n’advient sans la Volonté du Père. Mais insaisissable est sa Volonté. La Volonté est sa trace. Or nul ne peut la décrypter et nul ne se trouve en mesure de la suivre pour l’appréhender, mais au moment où il le veut, telle est sa Volonté. Même si le moment ne leur plaît pas, ce n’est rien devant la volonté divine. Car le Père connaît leur origine à tous et leur destination. Lorsqu’ils y seront parvenus, il les accueillera. Or, leur destination est d’acquérir la connaissance de celui qui est caché : c’est le Père 38 de qui provient le Commencement, vers qui retourneront tous ceux qui proviennent de lui. Ils sont apparus pour la gloire et l’exaltation de son Nom. 

Pas même une feuille qui tombe d’un arbre n’échappe à la volonté du Père. Le Père nous montre son visage à travers sa volonté. Quand nous allons contre la volonté du Père, nous avons l’univers entier contre nous. Il vaut mieux apprendre à coopérer avec ce qui est inévitable plutôt que d’objecter continuellement. Si nous sommes victime de la misère ou si nous avons des problèmes de santé, faisons des bonnes œuvres et le Père de toutes les lumières, notre Ancien des Jours, compensera parce qu’il est la loi unique d’où toutes les autres lois émanent. 

« Le Grand Vent est la loi extraordinaire de l’Ancien des jours. « Vox populi vox Dei ». Une révolte sociale contemplée depuis le monde de l’Ancien des Jours est une loi en action. Chaque personne, les multitudes au complet, ressemblent à des feuilles détachées des arbres, arrachées par le vent formidable de l’Ancien des Jours. 


Samael Aun Weor. 

« … 38 Maintenant, le Nom du Père est le Fils. C’est lui qui au Commencement donna nom à celui qui provient de lui, qui est lui-même, et il l’enfanta comme Fils. Il lui donna le nom qui était le sien. C’est à lui, le Père, qu’appartient tout ce qui est auprès de lui. Le Nom est sien, le Fils est sien. Celui-ci, il est possible de le voir. Le Nom, en revanche est invisible. Car il est le mystère même de l’Invisible parvenant aux oreilles qui en sont entièrement remplies grâce au Fils. C’est que le Nom du Père n’est pas exprimé, mais il est révélé dans un Fils. » 

Celui qui connaît la doctrine secrète de l’Adorable Sauveur du Monde connaît la volonté du Père. Qui fait chair et sang des enseignements de l’Adorable Christ Jésus verra Dieu. Le visage de notre Dieu est l’image de l’infini. Seul le Fils donne un nom à l’invisible Ancien des Jours. 

« … 38 Ainsi, comme le Nom est grand ! Aussi, quel est celui qui peut lui attribuer un nom, le grand Nom, si ce n’est celui à qui le Nom appartient, et aux Fils du Nom en qui se reposait le Nom du Père et qui en retour se reposaient eux-mêmes dans son Nom. Dans la mesure où le Père n’est pas venu à l’existence, lui seul a pu l’enfanter pour lui comme Nom, avant même de disposer les éons, afin que le Nom du Père soit établi au-dessus de leurs têtes, comme Seigneur. C’est en effet le Nom 39 véritablement ferme dans ses prescriptions, et dont la puissance est absolue. Or, le Nom n’est pas constitué de vocables, et son Nom ne correspond pas non plus à des désignations, mais il est invisible. Lui-même se donna un nom, puisqu’il se voit lui-même, c’est donc lui seul qui est capable de se donner un nom. Car celui qui n’existe pas n’a pas de nom. Comment donc pourrait-on nommer celui qui n’existe pas ? En revanche, celui qui existe, existe avec son nom et se connaît lui-même, en sorte qu’il se donne un nom à lui-même : c’est le Père. Son Nom est le Fils. Par conséquent, ce n’est pas sous la chose qu’il l’a dissimulé, mais il existe : le Fils lui-même exprimait le nom. Le nom est donc bien celui de Père tout comme le Nom du Père est le Fils, son intimité. Car autrement, où pourrait-il trouver un nom si ce n’est auprès du Père ? » 

Quand le grand « Kabir » Jésus enseigna publiquement la doctrine de rédemption du Christ intime, il donna au Père un grand Nom. C’est la raison pour laquelle Il l’appelle le Père de mon Père, « IEU ». Dans l’Inde sacrée, Krisna fit de même tout comme Fu Xi dans la Chine millénaire ; Hermès dans l’Égypte des pharaons, Ormuzd chez les mages perses, Notre Seigneur Quetzalcoatl dans le Mexique toltèque, Kukulcan dans le Yucatan maya, Viracocha à Cusco au Pérou. Il est évident que le Christ n’est pas un individu, une personne. Le Christ est impersonnel, sur-individuel. Le Christ est Unité Multiple Parfaite et Lui seul donnera toujours un Nom au Père. Il y a autant de Pères dans les Cieux qu’il y a d’âmes sur la terre. L’âme dont le Père n’a pas un nom s’explique par le fait que son Christ intime n’est pas né dans son étable, n’a pas souffert la persécution, n’a pas prêché la bonne nouvelle de la résurrection, n’a pas été trahi, n’a pas souffert la via crucis, n’est pas mort sur la croix et n’est pas ressuscité. Mais une chose est d’avoir le nom du Père que le Christ donne à un moment donné sur le chemin initiatique et une autre chose très différente est de faire honneur à ce Nom par la mort même de l’initié lors de la résurrection ésotérique. La miséricorde du père est pour ceux qui ont souffert le calvaire du chemin du Christ. Certains ont donné Nom au Père et l’ont ensuite déshonoré. Ils sont appelés des boddhisattvas chutés. Avec le temps, ils ont repris le droit chemin afin que ce Nom brille avec plus de force. 

« … 39 Mais, très certainement, quelqu’un dira devant son camarade : qui ira donner un nom à celui qui lui préexiste ? Car enfin, les enfants ne reçoivent-ils 40 pas leur nom de leurs parents ? Avant tout, il nous faut réfléchir à la question : qu’est-ce que le Nom ? C’est le Nom qui existe réellement. Ce n’est donc pas le nom que l’on reçoit de son Père, car c’est lui qui existe comme Nom propre. Par suite, ce n’est pas sous forme de prêt qu’il a obtenu le Nom, contrairement aux autres, en fonction de la configuration selon laquelle chacun est agencé. Celui-ci est le Nom propre. Nul autre ne le lui a donné. Bien plutôt, il est innommable, il est indéchiffrable jusqu’au moment où l’a énoncé celui-là seul qui est parfait. C’est lui qui peut dire son nom et peut ainsi le voir. » 

Le nom que chacun reçoit à la naissance dans ce monde cellulaire, et qui est appelé nom de baptême, est en réalité le résultat de nos anciennes causes et effets qu’ils soient bons ou mauvais. Par ce nom, nous évoquons un passé inconscient qui traverse la ruelle du présent et se projette dans un futur imprédictible lorsque nous sommes dans l’absence du Père. Notre nom de baptême est donc un nom prêté. 

« … 40 Or, lorsqu`il lui plût que son Nom chéri soit son Fils, c’est alors qu’il donna le Nom à celui qui sortit des profondeurs. Celui-ci divulgua ses secrets, car il sait que le Père est sans malice. S’il l’a proféré, c’est précisément pour qu’il parle du Lieu, à savoir de ce lieu de repos d’où il vient, 41 et pour glorifier la Plénitude, la grandeur de son Nom, ainsi que la douceur du Père. À chacun, le lieu d`où il vient, il le lui révélera et dans le lot, au moyen duquel il a obtenu son rétablissement, chacun s’empressera de retourner de nouveau : c’est qu’il provient du lieu même où il a été établi, goûtant de ce lieu-là, y recevant nourriture et croissance. Son propre lieu de repos est ce qui lui donne sa plénitude. » 

Il est donc question d’un Nom récupéré au moyen de la régénération ou donné pour la première fois. Quoi qu’il arrive, c’est un bonheur partagé entre l’âme et le Père. On sait alors que le Père est un Dieu bon et que la méchanceté provient de celui qui ne fait pas sa volonté. A partir de ce moment-là, le Père parlera à travers son Fils et montrera le lieu d’où nous provenons tous, non comme une personne qui spécule sur ce qui lui a été dit ou sur ce qu’il a lu sinon comme une personne qui connaît réellement la raison pour laquelle il possède la Gnose du Plérôme. 

« … 41 Tous les lots provenant du Père sont donc sources de plénitude. Tous ses lots ont leur racine en celui en qui il les a tous fait croître. Il leur a donné une orientation, chacun de ces lots est ainsi manifeste, dans la mesure où de leur propre pensée. Car là où ils projettent leur pensée, c’est exactement là où leur racine les tirent vers le haut, dans toutes les hauteurs, jusqu`au Père. Ils jouissent de sa tête, qui est pour eux un délassement, et ils se pressent intimement, se trouvant si près de lui que, pour ainsi dire, ils reçoivent de sa face, à cause de cela, comme des baisers. Or ceux-ci ne se présentent pas 42 ainsi : ils ne se sentent pas eux-mêmes supérieurs, ils ne diminuent pas non plus la gloire du Père, ni ne considèrent celui-ci comme mesquin, ou acerbe ou colérique, mais ils le voient sans malice, serein, plein de douceur, connaissant chaque voie avant même qu’elle ne soit venue à l’existence. Aussi n’a-t-il nullement besoin qu’on lui ouvre les yeux. » 

Celui qui connaît son Nom ou celui qui a donné Nom à son Père sait d’où il vient et où il va, il sait que toutes les émanations ou Parties de l’Etre sont les Plérômes du Père et en reconnaissant qu’il est une de ces émanations, il se soumet au destin que le Père même lui assigne. On peut donc dire que toutes les émanations sont une expression de l’Unique qui possède véritablement l’Impératif Catégorique (« indiscutable ») qui est la capacité de créer de nouvelles circonstances. Car le lieu où les pensées sont envoyées, ce lieu est la racine de tout. Les différentes émanations possèdent donc une tête et il leur est naturel que ce soit ainsi car Il est l’ordre, la tête de l’Univers, à tout jamais édifié. 

« … 42 Voilà comment sont ceux qui tiennent d’en haut leurs possessions, de la Grandeur sans mesure, se tendant vers l’Un seul, le parfait, lui qui est là pour eux. Et ils ne descendent pas dans l’Hadès, et on ne trouve pas en eux d’envie, ni lamentations ni mort. Bien plutôt, ils se reposent en celui qui est en repos. S’ils ne sont pas dans l’embarras ni ne s’embrouillent à propos de la Vérité, c’est qu’ils sont eux-mêmes la Vérité. C’est en eux que le Père demeure tout comme eux demeurent dans le Père. Étant parfaits, ils ne sont pas divisés à propos de 30 ce qui est véritablement bon et ils ne causent aucun dommage quelconque, mais se reposent, rafraîchis, dans l’Esprit. Or, ils devront être à l’écoute de leur racine, chacun étant attentif à ces choses 35 en lesquelles on peut découvrir sa racine et ne pas blesser son âme. Tel est le lieu des bienheureux. Tel est leur lieu ! » 

Il n’y a pas de seconde mort pour ceux qu’un juge supérieur, le Père, guide avec sagesse et amour. L’envie, qui caractérise ceux qui continuent à vivre aux dépens du monde extérieur, n’existe plus. Ils ne rivalisent pas car ils font partie de la vérité et, à l’instar du Père, ils coopèrent à la construction du Grand Œuvre. 

« … 42 Maintenant, quant au reste, qu’ils 40 sachent, en leur lieu, qu’il ne me convient pas, 43 puisque j’en suis arrivé au lieu de repos, de parler d’autre chose, si ce n’est de là où je vais demeurer, pour être ainsi attentif à chaque instant au Père du out ainsi qu’à ceux qui sont véritablement frères, sur qui ruisselle l’amour du Père et au milieu de qui il ne fait jamais défaut : ceux qui, pour leur part, sont véritablement manifestés, car ils demeurent véritablement et éternellement dans la Vie et parlent de la lumière parfaite, remplie de la semence du Père, qui se trouve dans son cour, en plénitude. C’est en lui qu’exulte son Esprit et s’il glorifie Celui en qui il demeure, c’est qu’il est bon, que sont parfaits ses enfants et qu’ils sont dignes de son Nom. Oui, ce sont bien de tels enfants qu’aime le Père. » 

L’évangile du bonheur, l’Évangile de Vérité commence lorsqu’on en a fini avec tout le reste. 
avatar
Arlitto
Admin
Admin

Sexe : Masculin Messages : 12945
Date d'inscription : 02/01/2016
Localisation : France

http://arlitto.forumprod.com/

Revenir en haut Aller en bas

Re: La Gnose écrits gnostiques

Message  Arlitto le Sam 5 Mar - 19:53

Le gnostique, un étranger au monde
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]     « Si toutes les montagnes étaient des livres, et tous les lacs de l’encre, et tous les arbres des plumes, cela ne serait point encore suffisant pour décrire toute la douleur du monde… » Böhme Jakob  (1575-1624)
    Le gnosticisme est une vision du monde mais également un style de vie. C’est une interrogation de l'homme sur soi, sur sa condition dans un monde mauvais où il se sent de plus en plusétranger, de plus en plus mal adapté. La sensibilité du gnostique est interpellée par l'agitation désordonnée du monde. La gnose n’a pas vocation à changer le monde, mais à s’extraire du monde.
Est-ce que la fourmi ou le termite ont la prétention de changer le monde ? Cela fait pourtant des centaines de millions d’années qu’ils sont sur terre, et nous à peine deux cent mille ans. Et encore ce rêve messianiste n’est-il apparu chez l’homme qu’avec l’invention de ses dieux.

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]     Le gnostique se considère comme un exilé sur cette terre, il n'a rien à faire dans ce monde sur lequel il a échoué :

 « Tu n'es pas d'ici, ta racine n'est pas du monde .»  Le Ginzã mandéen.

    S’il se sent étranger à ce monde, c'est qu’il doit être d'une nature et d'une origine autres que celles du monde.

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]     Le gnostique ne pouvant reconnaître ce monde d'iniquités comme le sien, il en déduit qu'il est issu d'un autre monde certes inconnaissable, mais cela signifie qu'il préexistait en quelque sorte à lui-même. Le Dieu véritable, à la différence du Créateur, du Démiurge, de ce soi-disant grand architecte de l’univers, c’est l’agnostos theos, l’inconnaissable, l’insondable, l’ultra-mondain, l’incompréhensible (brahman), dont on ne peut rien dire. Philon d’Alexandrie (-12, +54), philosophe juif hellénisé, en insistant sur l’inconnaissabilité de Dieu, élabore une théologie négative : Dieu ne peut pas être défini. 


Ce qui signifie donc que Dieu étant indicible, l’homme ne peut dire que la Terre lui appartient parce que Dieu la lui aurait donnée.
   Pour Basilide (IIe siècle après J.C.), ce Dieu bon est inconcevable, inexprimable, in-engendré. L’on ne peut donc rien en dire et surtout, en aucune façon, le faire intervenir pour justifier quelque morale que ce soit.

« Basilide place une Divinité si inconcevable qu’on ne peut même pas dire qu’Elle est : c’est "le Dieu qui n’est point". Dire de Dieu qu’il est inexprimable, ce serait encore dire de lui quelque chose : Dieu est tellement supérieur à tout, que la notion d’existence que l’homme peut concevoir, ne peut lui être appliquée ». Serge Hutin, Les gnostiques.


    Pour tous les gnostiques, le Vrai Dieu, on ne peut le connaître car Il n’a rien à voir avec ce monde, Il n’en est pas le créateur. Ineffable, Il relève de l’apophase : on ne peut rien en dire par respect pour son mystère. En cela le rapprochement entre bouddhisme et gnosticisme est possible alors qu’il ne l’est pas avec le christianisme traditionnel :
    « Dans le bouddhisme, tout s’explique sans Dieu, alors que dans le christianisme, rien ne s’explique sans lui. » Dennis Gira, Jésus, Bouddha, quelle rencontre possible ?

    Le dieu des gnostiques n’explique rien, ne demande rien ; étant inconnaissable, on ne peut connaître sa volonté.

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]     Cette vision du monde, c’était déjà l’originalité de la pensée d’Épicure (342-271) pour qui les dieux n’ont aucune action sur le monde, ce qui est la condition même de leur perfection. Le maître du « Jardin » ne se représente pas Dieu comme un créateur qui chercherait à imposer sa volonté à des êtres inférieurs, mais comme une nature supérieure à tout, souverainement parfaite, la perfection de l’être suprême. C’est un dieu à qui on ne demande rien et qui ne s’intéresse nullement aux affaires des hommes. Des hommes, qui ne font donc, en aucune façon, partie d’une espèce particulière ou privilégiée. Le Dieu d’Épicure, en fait, c’est le Tao.

« S’imaginer que les dieux ont créé le monde, et qu’ils l’ont créé pour l’homme, c’est pure déraison […]
Quel dieu aurait le pouvoir de diriger la totalité de l’univers, qui pourrait tenir fermement les rênes puissantes de cet abîme infini ? Qui, quel dieu pourrait faire se mouvoir de concert tous les cieux? […] Être présent en tous lieux, en tout temps ? » Lucrèce.
 
À la différence de la conception providentialiste des stoïciens pour qui dans le monde, les dieux ont tout organisé pour l’homme.
En revanche Épicure ne discerne aucune étincelle divine dans l’homme, et sa sagesse sait regarder en face la mort et la souffrance. L’esprit et l’âme font partie du corps et sont donc mortels. Liée  au corps et abritée par lui, l’âme est donc incapable de survivre hors de lui.
 
« Y-a-t-il hypothèse plus illogique, plus incohérente, plus inesthétique, que celle qui, supposant l’union du mortel et de l’immortel, du mortel et de l’éternel, leur fait essuyer de  concert les mêmes sévères tempêtes ? 
[…] Et dès que l’on tient pour mortelle la substance de l’âme, la mort n’est plus rien pour nous, la mort ne nous concerne en rien ! » Lucrèce.
 
Pour Lucrèce, la vie est une chaîne qui lie la naissance des uns à la mort des autres : « Personne ne reçoit la vie en  toute propriété ; tous, nous n’en avons que la jouissance. »


Si nous refusons notre mortalité, si nous nous persuadons de l’immortalité de l’âme, nous nous mentons à nous même et nous enfonçons dans le désarroi. Comment pourrions-nous trouver le Salut dans l’illusion et la négation de ce que nous sommes. La vie, le bien le plus précieux que nous possédons, devrait-il être méprisé, renié, sous prétexte de sa fugacité et de son imperfection, alors que c’est à nous de la rendre parfaite, de nous rendre parfait, et non de rejeter la proie pour son ombre. Les maux que nous redoutons sont faciles à écarter dès que nous prenons conscience de la vanité de nos attachements et que nos besoins sont en réalité, très limités.


La sagesse d’Épicure est intelligence, elle est aux antipodes  de la superstition, des fanatismes, mais aussi de la pitié, des consolations et de la recherche d’un hypothétique salut. La sagesse d’Épicure (et plus tard de Lucrèce), est l’art de trouver la paix même au sein de ce monde qui apparaît bien incohérent. Parce que la paix est à rechercher à l’intérieur de nous-même. Si elle dépend d’une réalité extérieure, elle n’est pas la paix.

C’est pourquoi, à la différence de ce qu’en dit le sens commun, l’épicurisme est une quête de l’ataraxie, de l’absence de trouble, comme le bouddhisme. 
Selon les Esquisses pyrrhoniennes de Sextus Empiricus (III siècle av. J.-.C), l’ataraxie est « l’absence continue de tourment et le calme de l’âme ». 
À la différence d’Épicure, le Dieu Vrai des gnostiques représente le Salut, Il est chargé d’espoir.


Mais en fait n’est-Il pas qu’une abstraction, comme déjà Aristote répliquait à Platon en ce qui concerne le Beau, le Juste, le Vrai ?
Pour Platon en effet la connaissance ne peut venir du monde des  sens, mais de l’intérieur de nous-même, d’une source interne ; et elle ne saurait donc se transmettre. C’est-à-dire qu’il n’y a donc pas de mots, pas de langage, pour parler du monde des Idées. C’est ainsi qu’il différencie bien cette « intuition intellectuelle » de ce qui est « intelligible » et qui ne relève que du raisonnement. Le Noũs des gnostiques a sans doute pour origine ce siège des Idées, cet Esprit universel, qui procède de l’Un, qui est également le Tout (et le Tao), la physique quantique parle de l’auto-cohérence de l’univers.


À partir de ce Dieu parfait, Platon va en déduire que la Providence divine s’exerce sur toutes choses et que l’homme doit s’écarter du Mal parce qu’il sera jugé après sa mort. Une conception qui influencera le christianisme, puisqu’elle est tout à fait étrangère à la Bible hébraïque.


Mais à la différence de la Gnose, l’« intuition intellectuelle »  révèle chez Platon le cosmos comme un chef d’œuvre qui ne peut qu’avoir été créé par un architecte, puisque sa perfection défie le hasard. Le divin ne peut-être que parfait. Alors que pour les gnostiques ce monde ne peut-être que la création d’un mauvais démiurge, ce qui relève encore, mais dans une moindre mesure, de l’anthropomorphisme. En revanche pour les taoïstes, le monde n’a pas été « créé » et il n’y a dans le Tao aucun plan d’architecte, aucune volonté  dans le sens où nous l’entendons.


Certains gnostiques, comme Justin, auteur du Livre de Baruch (2e moitié du IIe siècle), considèrent le démiurge comme un principe agissant d’une manière aveugle, ignorante. Selon Serge Hutin, d’autres gnostiques, les Pseudo-Clémentines, placent la Divinité suprême au-dessus du bien et du mal ; le dualisme devient alors une théorie des contraires.  
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]     Pour Marcion (85-160), Jésus ne peut pas être le fils du Jéhovah de l’Ancien Testament. Jésus n’est bien évidemment pas le fils de Dieu.
 
 « N’est-il pas évident que le Christ se présente comme le Fils d’un Dieu inconnu et souverainement bon tout à la fois, et que le Jéhovah de l’Ancien Testament est tout le contraire d’un Dieu de pure bonté ? Marcion interprète les Écritures de la manière la plus littérale qui soit ». Serge Hutin, Les gnostiques.


 Pour Adolf von Harnack (1851-1930), théologien pro-marcionite, la Bible juive ne peut être lue que de façon « juive ». Jésus ayant rompu avec la Loi, les Écritures juives demeurent illisibles d’un point de vue chrétien.
    D’ailleurs, il n’est pas le messie attendu, il est galiléen et ne descend pas de David comme prévu dans la Bible.
 C’est un grand initié, et pour ceux qui le comprennent, il cesse d’être le Maître. C’est ainsi que l’apôtre Thomas qui l’a compris, n’est plus son disciple, mais est devenu son égal.

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] « Je ne suis pas ton Maître, puisque tu as bu, tu t’es enivré à la source bouillonnante, que moi, j’ai mesurée. » Évangile selon Thomas, Logion 13.
    « Celui qui s’abreuvera à ma bouche deviendra comme moi, et moi aussi, je deviendrai lui, et les choses cachées se révèleront à lui. » Logion 108.

    Les gnostiques distinguent trois niveaux d’Êtres :

    Les hyliques qui ne sont attachés qu’au côté matériel des choses.
    Les psychiques qui sont tiraillés entre leur conscience du bien et leurs désirs qui les entraînent vers les frustrations et les souffrances.
    Enfin, les spirituels ou pneumatiques, qui ont la conscience du Tout.Lorsque l’attachement au corps se dissout, c’est la conscience d’être dans toutes choses ; c’est la conscience suprême.
    Est gnostique celui qui possède l'évidente conscience que l'existence n'a aucune justification connaissable. Cela demande déjà de faire table rase de toutes les croyances et de tous les conditionnements sociaux.
    Tous les gnostiques se reconnaissent donc spontanément sans recours à quelque religion, quelque politique ou quelque culture que ce soit.

    Le gnosticisme est une sorte de communauté de l'évidence de l'irrationalité du monde.

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]     Le gnostique va chercher le moyen d'échapper à ce cloaque.
    Tout d'abord il ne peut, et n’a aucune raison d’assumer la brutalité du monde.
    Il se sent innocent des turpitudes et des souillures du monde.
    Il renonce donc au monde et à son devenir.
    Pour lui tout pouvoir est créateur d’aliénation.
Sa seule attitude possible c'est l'impassibilité, l' « apatheïa », la paix profonde.
Une attitude pas très éloignée du non-agir taoïste.
Si le judéo-chrétien, avec l’aide de Dieu,  cherche à améliorer le monde matériel, à transformer l’Histoire, le gnostique pense que la corruption est inhérente au monde et qu’il ne sert à rien de tenter de l’améliorer. Le gnostique échappe ainsi à l’Histoire.
Le taoïste également évite de modifier le monde, mais parce qu’il ne sert à rien de toucher au processus parfait du Tao, même si nous ne le comprenons pas toujours. [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
 Une des conséquences pour le gnostique, c’est la vanité de la charité. Certes il essaie de soulager la souffrance si c’est en son pouvoir, mais ce ne sont pas les bonnes œuvres qui vont sauver un monde créé par SatanJésus n’est pas venu sur terre pour gérer le mieux-être ou le bien-être des hommes, ni pour donner un sens à leur vie ici-bas, mais  « pour délivrer [en eux] les parcelles lumineuses qui s’y sont dévoyées ».  Madeleine Scopello, Les gnostiques.
Serge Latouche relève d’ailleurs avec justesse que le bien-être est un terme éminemment hypocrite pour désigner, en fait, le bien-avoir.

Et pour le taoïsme, l’amour universel est encore une glorification de l’ego.

Confucius demande à Chuang-tzu, si l’essentiel n’est pas la charité et l’amour universel.
Chuang-tzu : « L’amour universel ne se contredit-il pas lui-même ? Votre élimination du soi n’est-elle pas une manifestation positive du soi ? Maître, si vous empêchiez l’empire de perdre sa source de nourriture, il y a l’univers, sa régularité est permanente ; il y a le soleil et la lune, leur clarté est permanente ; il y a les étoiles, leurs positions sont invariables ; il y a les oiseaux et les bêtes, ils s’attroupent selon un mode invariable ; il y a les arbres et les buissons, tous croissent vers le ciel sans exception. Soyez comme eux, suivez le Tao et vous serez parfaits. À quoi bon ces vaines querelles sur la charité et les devoirs envers le prochain, comme si l’on battait le tambour derrière un fugitif ? Hélas, maître, vous avez mis beaucoup de confusions dans l’esprit de l’homme ». Chuang-tzu, cité par Alan Watts dans Le bouddhisme zen.
 

Une réflexion qui rejoint celle de Jésus : « Regardez les oiseaux du ciel : ils ne sèment ni ne moissonnent ni ne recueillent en des greniers, et votre Père céleste les nourrit ! Ne valez pas plus qu’eux ? » Mathieu 6, 26.
Si ce n’est que pour les gnostiques, il s’agit de la Grande Mère (Gaïa de l’écologie profonde) et non du Père patriarcal judéo-chrétien.
Et pour les taoïstes, le Ciel, c’est le Tao, le Tout.

Ainsi ce sont les hommes, par leurs constructions idéologiques, leur soif de domination et de richesses, leur frénésie à tout vouloir régenter et contrôler, qui créent les conditions qui amènent l’injustice et l’inégalité. Les lois de la nature sont claires, elles ne prêtent pas à discussion et font que chacun est à sa place. À chaque fois que l’homme veut les remplacer par ses propres lois, ce n’est plus le Tao, mais son « ordure » qui règne.

    La caractéristique principale du gnostique, c’est qu’il a conscience en effet, de la présence en lui, d’une parcelle, d’une étincelle divine, le noos ou le noûs (une partie des esprits éternels, les éons). Le gnostique porte en lui le germe de l’éternité. Le noûschez Marie-Madeleine est un niveau de conscience qui nous permet de nous dégager des illusions. C’est la vision pénétrante du bouddhisme, la vision du Ciel du taoïsme, vision du Tout, vision des choses dans leur globalité, où aucune n’est séparée des autres.
Rappelons-nous la métaphore de l’hologramme brisé, dont l’une des parties conserve la représentation du tout. Ce morceau est un et tout.


L’être humain étant une parcelle du divin, il est donc également une émanation de la source de toute chose. Il n’a donc en aucune manière besoin d’un prétendu intermédiaire entre lui et la divinité ou entre lui et le Tao. C’est la Voie intérieure, sans aucune servitude à des rites, à des dogmes ou à un clergé quel qu’il soit. C’est la Voie de la seule responsabilité et de la liberté.


Voilà pourquoi les gnostiques furent pourchassés par les églises et les pouvoirs. Pour le gnostique il n’y a ni droit divin ni représentant de Dieu sur terre.
Cette prise de conscience est salvatrice, puisqu’elle calme l’angoisse existentielle issue de l’ignorance. Surtout, celui qui parvient à retrouver en lui-même cette étincelle de lumière, cette lumière intérieure, prend alors conscience de son origine divine, et s’affranchit des lois humaines. Cette « illumination connaissance » réunit l’homme à Dieu.

L’évidence, c’est que l’homme est incapable de vivre en chrétien sur cette terre. En effet, l’être humain  est obligé de refouler sa conscience morale objective, sa part de Lumière, son étincelle de divinité, pour survivre dans des sociétés où la compétition et la domination sont la règle, avec tout ce qui en découle : égoïsme, ruse, envie, haine, hypocrisie, mépris, morgue, servilité, astuce, ambition, duplicité, attributs inévitables du psychisme humain.
   
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] C’est ainsi que pour le gnostique, il faut éviter la procréation, parce qu’en mettant au monde de nouvelles âmes, on enferme ces « étincelles de divinité » qu’elles comprennent, dans la matière.Plus prosaïquement, les gnostiques trouvaient surtout immoral et criminel de mettre des enfants au monde pour qu’ils entretiennent leurs géniteurs dans leurs vieux jours, ce qui était et est encore la justification principale de la procréation dans les sociétés qui ne connaissent pas les « prestations sociales ». La vie humaine ne devait pas être utilisée comme un moyen vers une fin.

    En oubliant l’ordre de Dieu, le « Croissez et multipliez » de la  Genèse, le gnostique s’aperçoit que donner la vie sans connaître le sens de la vie, c’est faire preuve d’une grande légèreté. Donner la vie, c’est donner la mort, puisque ne meurt que ce qui est né. Cette évidence est la preuve que l’univers tout entier obéit à des lois que nous ne pouvons contester, puisqu’elles s’imposent à nous, mais que nous ne pouvons et ne serons jamais capables de comprendre. Le monde dans lequel nous sommes obligés de vivre nous semble donc n’obéir qu'à une seule loi, la loi de l’absurde.

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]     Pour Sartre la conscience de l’existence humaine provoque « la nausée », et ce n’est que par ses actes qu’il peut construire son essence. Mais ce ne peut être qu’une essence sociale.
    À la différence de Sartre, pour Schopenhauer, dans un monde qui n'a pas de sens,c’est-à-dire, dont nous ne percevons pas le sens, nous devons renoncer à exercer quelque influence sur quoi que ce soit.
    « C’est sans raison que nous vivons et sans raison que nous mourons. » A. Schopenhauer.

    Ce qui est donc mis en question c'est l'existence elle-même. De l'épreuve du mal naît la conscience de soi, et l'interrogation sur la condition humaine.
avatar
Arlitto
Admin
Admin

Sexe : Masculin Messages : 12945
Date d'inscription : 02/01/2016
Localisation : France

http://arlitto.forumprod.com/

Revenir en haut Aller en bas

Re: La Gnose écrits gnostiques

Message  Arlitto le Mer 20 Avr - 18:26

Commencement du gnosticisme

Ernest Renan. L’Église chrétienne

Calmann Lévy, 1879 (pp. 140-156).



CHAPITRE IX.


COMMENCEMENT DU GNOSTICISME.


Le christianisme était à ce moment un enfant nouveau-né. Au sortir des langes, une singulière maladie, une sorte de croup des plus dangereux, fut sur le point de l’étouffer. Le principe de cette maladie était en partie interne, en partie externe. À quelques égards, l’enfant en avait apporté le germe en naissant. Le mal cependant vint en grande partie du dehors ; le milieu malsain où vivait la jeune Église lui causa une espèce d’empoisonnement, auquel elle faillit succomber.

À mesure que l’Église devenait plus nombreuse et qu’une hiérarchie arrivait à se dessiner, la docilité et l’abnégation du fidèle commencèrent à n’être pas sans mérite. Marcher comme une brebis perdue dans les rangs pressés du troupeau paraissait fastidieux ; on voulait sortir de la foule, avoir sa règle à part ; la loi commune paraissait quelque chose de peu distingué. De toutes parts, il se forma dans l’Église des petites aristocraties, qui faillirent déchirer la tunique inconsutile du Christ. Deux de ces aristocraties se dessinèrent avec une rare originalité. L’une d’elles, une aristocratie de piété, fut le montanisme. L’autre, une aristocraties de science, fut le gnosticisme.

Cette dernière se manifesta la première en date. À des esprits initiés aux subtilités philosophiques du temps, les idées et le régime de l’Église devaient sembler quelque chose d’assez humble. La moyenne de bon sens relatif où se tenait l’orthodoxie ne convenait pas à tous. Les raffinés prétendaient avoir sur les dogmes et la vie de Jésus des sens plus élevés que le vulgaire, qui prenait simplement les choses et s’abandonnait sans raisonner à la direction des pasteurs. On chercha du sublime dans des enseignements qui voulaient être reçus avec la gaieté de l’âme pure et embrassés avec la simplicité de la foi[1].

Jésus et ses disciples immédiats avaient tout à fait négligé la partie de l’esprit humain qui désire savoir ; ils ne firent aucune part à la connaissance ; ils ne s’adressèrent qu’au cœur et à l’imagination. La cosmologie, la psychologie et même la haute spéculation théologique furent pour eux une page blanche, et peut-être eurent-ils raison. Le christianisme ne venait satisfaire aucune vaine curiosité ; il venait consoler ceux qui souffrent, toucher les fibres du sens moral, mettre l’homme pieux en rapport, non avec un éon ou un logos abstrait, mais avec un Père céleste, plein d’indulgence, auteur de toutes les harmonies et de toutes les joies de l’univers. Le christianisme primitif n’eut, de la sorte, ni science, ni philosophie. Saint Paul, surtout vers la fin de sa vie, sent déjà le besoin d’une théologie spéculative ; il se rapproche de Philon[2], qui, cent ans auparavant, avait essayé de donner au judaïsme une tournure rationaliste. Les Églises d’Asie Mineure, vers le même temps, se lançaient dans une sorte de cabbale, qui rattachait le rôle de Jésus à une ontologie chimérique et aune série indéfinie d’avatars[3]. L’école d’où sortit le quatrième Évangile éprouva de même le besoin d’expliquer les faits miraculeux de la Galilée par une théologie. Jésus fut le logos divin fait chair ; l’idée toute juive de l’apparition future du Messie se vit remplacée par la théorie du Paraclet. Cérinthe obéit à une tendance analogue. À Alexandrie, cette soif de métaphysique se montra encore plus prononcée, et produisit des résultats bizarres, qu’il est temps maintenant d’étudier.

Là, en effet, du mélange de toutes les théologies et de toutes les cosmogonies s’était formé un composé indigeste et malsain, traversé souvent par des éclairs de génie, une doctrine qui avait la prétention de trouver la formule de l’absolu et se donnait le nom ambitieux de gnosis, « science parfaite ». L’initié à cette doctrine chimérique s’appelait gnosticos, « savant accompli[4] ». Alexandrie était alors, après Rome, le lieu du monde où la crise de l’esprit humain était la plus vive. La légèreté, l’éclectisme superficiel y produisaient les effets les plus imprévus[5]. Tout se brouillait dans ces cerveaux à la fois étourdis et fantasques. Grâce à un charlatanisme souvent inconscient, les plus graves problèmes de la vie devenaient de vrais escamotages ; on résolvait toutes les questions du monde et de Dieu en jonglant avec des mots et par des formules creuses ; on se dispensait de science réelle avec des tours de passe-passe. Il faut se rappeler que les grandes institutions scientifiques fondée par les Ptolémées avaient disparu ou étaient tombées dans une complète décadence. Le seul guide qui puisse empêcher l’homme de déraisonner, la science sérieuse, n’existait presque plus.

La philosophie existait encore, cherchait même à se relever ; mais les bons esprits étaient rares. Le platonisme avait pris le dessus, en Égypte et en Syrie, sur tous les autres systèmes de la Grèce, et c’était un malheur ; car le platonisme n’est sans danger que quand on lui donne pour correctif une forte éducation scientifique. Il n’y avait plus de connaisseurs assez délicats pour sentir l’art merveilleux des Dialogues de Platon ; la plupart prenaient lourdement ces charmantes fantaisies philosophiques. Une telle discipline, plus satisfaisante pour l’imagination que pour la raison, devait plaire à l’Orient. Le germe de mysticisme qu’elle renfermait fit sa fortune auprès de races auxquelles le rationalisme pur ne convenait pas. Le christianisme suivit la mode universelle. Déjà Philon avait cherché à faire du platonisme la philosophie du judaïsme ; tous ceux des Pères de l’Église qui auront quelque valeur seront de même platoniciens.

Pour s’accommoder à cette fusion contre nature, le génie de la Grèce, si sain, si clair, dut faire beaucoup de sacrifices. Des philosophes vont croire à l’extase, au miracle, à des rapports surnaturels entre l’homme et Dieu. Platon devient un théosophe et un mystagogue ; la théurgie est prise au sérieux ; l’esprit scientifique disparaît tout à fait ; les habitudes d’esprit qu’entretenaient les mystères prennent le dessus. Dans ces petits comités religieux d’Éleusis et de Thrace, où l’on se jetait de la poudre aux yeux pour s’imaginer que l’on savait ce qu’il est impossible de savoir, on proclamait déjà que le corps est la prison de l’âme, que le monde réel est une déchéance du monde divin ; on partageait les enseignements en ésotériques et exotériques, les hommes en spirituels, animaux et matériels. L’habitude de revêtir les enseignements de la forme mythique, à la manière de Platon, d’expliquer allégoriquement les vieux textes, à la manière de Philon, devenait générale. Le bonheur suprême était d’être initié à de prétendus secrets, à une gnosis supérieure. Ces idées d’une chimérique aristocratie intellectuelle gagnaient chaque jour du terrain ; on s’imaginait la vérité comme un privilège réservé à un petit nombre d’adeptes. Chaque maître devenait un charlatan, cherchant à grossir sa clientèle en lui vendant le secret de l’absolu.

Le champ de propagande de la gnosis et celui du christianisme étaient, à Alexandrie, fort voisins l’un de l’autre. Gnostiques et chrétiens se ressemblaient par l’ardent désir de pénétrer le mystère religieux sans la science positive, à laquelle ils étaient également étrangers. Ainsi leur sublime s’amalgama. D’une part, les gnostiques, dans leur prétention de tout embrasser, et habitués qu’ils étaient à regarder les dieux des nations comme des éons divins, bien inférieurs au Dieu suprême, voulaient connaître le christianisme, prenaient Jésus avec enthousiasme comme un éon incarné à mettre à côté de tant d’autres, et lui faisaient une belle place dans leurs formules de philosophie de l’histoire. D’une autre part, les chrétiens qui avaient quelques besoins intellectuels, et qui voulaient rattacher l’Évangile à une philosophie, trouvaient dans la métaphysique obscure des gnostiques ce qu’il leur fallait. Il se passa dès lors quelque chose de tout à fait analogue à ce qui est arrivé il y a environ cinquante ans, quand on vit une certaine philosophie, qui avait pour programme, comme le gnosticisme, de tout comprendre et de tout expliquer, adopter le christianisme et se proclamer chrétienne en un sens supérieur, et qu’on vit en même temps les théologiens catholiques et protestants, désireux de ne point paraître étrangers au siècle, adopter une foule d’idées philosophiques qu’ils croyaient compatibles avec leur théologie.

Les Pères de l’Église veulent absolument que toute cette végétation empoisonnée ait eu son principe dans les sectes samaritaines issues de Simon de Gitton[6]. Effectivement Simon paraît avoir déjà présenté la plupart des traits qui caractérisent le gnosticisme. La Grande Exposition, qui sans doute n’a pas été écrite par lui, mais qui peut être du moins un tableau de ses doctrines, est un livre tout gnostique[7]. Ses continuateurs, Ménandre, Cléobius et Dosithée, semblent avoir été dans les mêmes idées[8]. Ménandre est systématiquement présenté par les écrivains catholiques comme le père de tous les grands gnostiques du temps d’Adrien[9]. — S’il fallait en croire Plotin, au contraire, le gnosticisme n’aurait qu’une seule origine, la philosophie de Platon travestie et défigurée[10]. De telles explications paraissent tout à fait insuffisantes pour rendre compte d’un fait aussi complexe. Il y eut des gnostiques chrétiens, juifs, samaritains ; mais il y eut aussi des gnostiques non chrétiens. Plotin, écrivant un livre entier contre les gnostiques[11], ne croit pas un moment avoir affaire à une secte chrétienne. Les systèmes des gnostiques samaritains, ceux de Basilide, de Valentin, de Saturnin, offrent de telles analogies entre eux, qu’il faut y supposer un fond commun. Or ces chefs de secte ne paraissent pas s’être fait d’emprunts les uns aux autres. Ils puisèrent donc à un fond antérieur, dont Philon, Apollos, saint Paul, quand il écrivait l’Épître aux Colossiens, s’étaient déjà faits les tributaires, et dont la cabbale juive paraît procéder également[12].

Démêler tout ce qui contribua pour quelque chose à la formation de cette singulière philosophie religieuse est une tâche impossible. Le néoplatonisme, tissu de poétiques songes, les idées qu’on se faisait, d’après des traditions apocryphes, sur le pythagorisme, donnaient déjà les modèles d’une philosophie mythique, confinant à la religion. Vers le temps même où Basilide, Valentin, Saturnin développaient leurs rêveries, un des rhéteurs pensionnés d’Adrien, Philon de Byblos, présentait les vieilles théogonies de la Phénicie, mêlées, ce semble, de cabbale hébraïque, sous la forme de généalogies divines fort analogues à celles des premiers gnostiques. La religion égyptienne, très-florissante encore, avec ses cérémonies mystérieuses et ses symboles frappants, les mystères grecs et le polythéisme classique, interprétés dans un sens allégorique, l’orphisme et ses vides formules, le brahmanisme devenu une théorie d’émanations sans fin, le bouddhisme[13] opprimé par le rêve des existences expiatoires et par ses myriades de bouddhas, le dualisme persan, si contagieux, et auquel le messianisme et le millénarisme juifs devaient peut-être leur première existence, paraissaient tour à tour des dogmes profonds et séduisants à des imaginations affolées d’espérances et de terreurs. L’Inde et surtout le bouddhisme étaient connus à Alexandrie[14]. On leur empruntait la métempsychose, la façon d’envisager la vie comme l’emprisonnement de l’âme dans un corps, la théorie des délivrances successives[15]. Gnosticos n’a-t-il pas le même sens que Bouddha, « celui qui sait » ? À la Perse, on prenait le dogme des deux principes indépendants l’un de l’autre, l’identification de la matière et du mal, la croyance que les passions qui corrompent l’âme sont des émanations des corps, la division du monde en ministères ou administrations confiées à des génies[16]. Le judaïsme et le christianisme se mêlaient à ce galimatias : plus d’un fidèle de Jésus s’imaginait pouvoir greffer l’Évangile sur une théologie amphigourique, ayant l’air de dire quelque chose, sans rien expliquer en réalité ; plus d’un israélite préludait déjà aux folies de la cabbale, qui n’est à vrai dire que le gnosticisme des juifs[17].

L’Église d’Alexandrie, comme nous l’avons dit, fut de bonne heure atteinte par ces chimères. Philon et Platon avaient déjà beaucoup de lecteurs parmi les fidèles instruits. Plusieurs entraient dans l’Église imbus de philosophie, et trouvaient l’enseignement chrétien maigre et pauvre ; la Bible juive leur paraissait plus faible encore. À l’imitation de Philon, ils n’y voyaient qu’allégorie. Ils appliquaient la même méthode à l’Évangile. Ils le refirent en quelque sorte. Molle et non fixée, la matière évangélique se prêtait encore aux transformations. Toutes les particularités de la vie de Jésus recouvrirent, selon ces évangélistes nouveaux, quelque chose de sublime ; tous les miracles devinrent symboliques ; les folies de la ghematria juive furent relevées et aggravées[18]. Comme Cérinthe, les nouveaux docteurs traitaient l’Ancien Testament de révélation secondaire, et ne comprenaient pas que le christianisme conservât un lien quelconque avec la religion de ce dieu particulier, Jéhovah, qui n’est en rien l’être absolu. Y avait-il une meilleure preuve de la faiblesse de ce Dieu que l’état de ruine et d’abandon où il laissait sa ville, Jérusalem[19] ? Jésus certes, disaient-ils, sut voir plus loin et plus haut que les fondateurs du judaïsme ; mais ses apôtres ne le comprirent pas ; les textes qui prétendent représenter sa doctrine sont altérés. La gnose seule, grâce à une tradition secrète, est en possession de la vérité. Un vaste système d’émanations successives renferme tout le secret de la philosophie et de l’histoire. Le christianisme, qui est l’acte le plus récent de la tragédie que joue l’univers, est l’œuvre de l’éon Christos, qui, par son union intime avec l’homme Jésus, a sauvé ce qui est sauvable dans l’humanité.

Le christianisme de ces sectaires était, on le voit, celui que nous avons trouvé chez Cérinthe et chez les ébionites. Leur Évangile était conforme à l’Évangile hébreu[20]. Ils racontaient la scène du baptême de Jésus comme elle était rapportée dans cet Évangile, et croyaient, avec tous les docètes, que Jésus n’avait eu d’un homme que l’apparence[21]. Les récits de Galilée leur semblaient un enfantillage, indigne de la divinité, et que l’on devait expliquer allégoriquement. L’homme Jésus pour ces sectaires n’était rien ; l’éon Christos était tout, et sa vie terrestre, loin d’être la base de la doctrine, n’était qu’une difficulté dont il fallait se débarrasser à tout prix.

Les idées des premiers chrétiens sur l’apparition messianique dans les nues, sur la résurrection, sur le jugement dernier, étaient aussi tenues pour arriérées. La résurrection se faisait pour chacun au moment où il devenait gnosticos[22]. Un certain relâchement des mœurs était la conséquence de ces idées faussement aristocratiques ; le mysticisme a toujours été un danger moral ; car il laisse trop facilement entendre que par l’initiation on est dispensé des devoirs ordinaires. « L’or, disaient ces faux chrétiens, peut traîner dans la boue sans se souiller[23] » Ils souriaient quand on leur parlait des scrupules relatifs aux viandes immolées aux idoles ; ils assistaient aux spectacles, aux jeux de gladiateurs ; on les accusait de parler légèrement des crimes contre la pudeur et de dire : « À la chair ce qui est de la chair ; à l’esprit ce qui est de l’esprit[24] » Enfin ils exprimaient leur antipathie pour le martyre en termes qui devaient blesser profondément les vrais chrétiens[25]. Le Christ n’ayant pas souffert, à quoi bon souffrir pour lui[26] ? « Le véritable témoignage à rendre à Dieu, disaient-ils, c’est de le connaître tel qu’il est ; confesser Dieu par sa mort est un acte de suicide[27] » Selon eux, les martyrs avaient presque toujours tort ; les peines qu’ils souffraient étaient le juste châtiment de crimes qui auraient mérité la mort et qui étaient restés cachés. Loin de se plaindre, ils devaient bénir la loi, qui transformait en acte d’héroïsme le supplice qu’ils enduraient justement. Que s’il y avait quelques cas rares de martyrs innocents, alors c’était l’analogue de ce qui arrive quand un enfant souffre ; il n’en faut accuser que le sort[28].

Les sources de la piété n’étaient cependant point taries par un rationalisme orgueilleux, qui d’ordinaire s’affranchit des pratiques matérielles. Une liturgie entourée de secret[29] offrait aux fidèles de ces singulières Églises les consolations sacramentelles avec abondance ; la vie devenait comme un mystère dont tous les actes étaient sacrés. Le baptême avait beaucoup de solennité et rappelait le culte de Mithra. La formule prononcée par l’initiateur était en hébreu[30], et après l’immersion venaient des onctions de baume, qui furent plus tard adoptées par l’Église[31]. L’extrême-onction pour les mourants était aussi administrée d’une façon qui devait faire une vive impression et que l’Église catholique a imitée. Le culte chez ces sectaires était, comme le dogme lui-même, plus éloigné de la simplicité juive que dans les Églises de Pierre et de Paul. Les gnostiques admettaient plusieurs rites païens, des chants, des hymnes, des images du Christ, soit peintes, soit sculptées[32].

Sous ce rapport, leur influence dans l’histoire du christianisme fut de premier ordre. Ils constituèrent le pont par lequel une foule de pratiques païennes entrèrent dans l’Église. Ils jouèrent dans la propagande chrétienne un rôle capital. C’est par le gnosticisme que le christianisme se proclama d’abord comme une religion nouvelle, destinée à durer, ayant un culte, des sacrements, pouvant produire un art. C’est par le gnosticisme que l’Église fit sa jonction avec les mystères antiques et s’appropria ce qu’ils avaient de satisfaisant pour le peuple. C’est grâce à lui que, au ive siècle, le monde put passer du paganisme au christianisme sans s’en apercevoir et surtout sans se douter qu’il se faisait juif. L’éclectisme et l’ingratitude de l’Église catholique se montrent ici d’une façon admirable. Tout en repoussant les chimères des gnostiques et en les anathématisant, l’orthodoxie reçut d’eux une foule d’heureuses idées de dévotion populaire. Du théurgique l’Église fit le sacramentel. Ses fêtes, ses sacrements, son art, vinrent pour une grande partie des sectes qu’elle condamnait. Le christianisme pur n’a laissé aucun objet matériel ; la première archéologie chrétienne est gnostique[33]. La vie, dans ces petites sectes libres et inventives, se montrait désordonnée mais puissante. Leur métaphysique elle-même s’imposa dans une large mesure ; la foi fut obligée de se faire raisonneuse. À côté de l’église, il y eut désormais l’école ; à côté de l’ancien, il y eut le docteur.

Quelques hommes de rare talent, d’ailleurs, se faisant les organes de ces doctrines jusque-là sans autorité, les tirèrent de l’état de spéculations individuelles où elles auraient pu rester indéfiniment, et les élevèrent à la hauteur d’un véritable événement dans l’histoire de l’humanité

Lien : [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]
avatar
Arlitto
Admin
Admin

Sexe : Masculin Messages : 12945
Date d'inscription : 02/01/2016
Localisation : France

http://arlitto.forumprod.com/

Revenir en haut Aller en bas

Re: La Gnose écrits gnostiques

Message  Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Page 2 sur 2 Précédent  1, 2

Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum