Des écrivains algériens contre l'islam: Kateb Yacine, Boualem Sansal, Kamel Daoud

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Des écrivains algériens contre l'islam: Kateb Yacine, Boualem Sansal, Kamel Daoud

Message  Yacoub le Lun 28 Mar - 18:16

Boualem Sansal : « Nommez l’ennemi, nommez le mal, parlez haut et clair »

Si, aujourd’hui, il est un mot à bannir du langage, c’est le mot « résister ».
Résister, c’est donner l’avantage à l’ennemi, lui offrir l’honneur de porter le dernier coup,
c’est capituler et mourir.

Résister c’est quoi, quand l’ennemi est déjà dans la forteresse et dispose alentour de réserves fraîches qui ne demandent qu’à passer à l’action ? C’est quoi, quand on a si peur de lui qu’on l’appelle ami, qu’on lui trouve toutes les excuses, quand en vérité l’ennemi c’est nous-même ? Il ne faut quand même pas oublier le début de l’histoire  : cet ami qui égorge nos femmes et nos enfants et saccage nos demeures, nous l’avons accueilli, couvé, choyé et même, à tout dire, créé. Ben Laden était le fils de qui, le protégé de quelle compagnie ? Khomeiny habitait où, Bouteflika se soigne où et à l’œil, où Kadhafi a-t-il planté sa tente, etc., etc., etc., etc., etc. ? Ces hommes ne sont-ils pas, n’étaient-ils pas des ennemis de l’humanité, de peuples entiers à tout le moins ?

Résister c’est quoi, quand on travaille à faire taire toute contestation dans le pays et empêcher les citoyens de se mobiliser et de monter au front ? Priver un peuple du combat pour sa vie et son honneur, c’est le tuer et le déshonorer, ses enfants ne le lui pardonneront jamais. C’est un génocide. Ce combat, on le mène soi-même, il ne se délègue pas, ne se reporte pas, le sang du peuple doit couler héroïquement pour que les chants de gloire à venir soient de vrais chants.

Ce n’est pas tout. Contre qui et quoi veut-on résister ? Les Chinois, les Martiens, la fièvre jaune, la pollution ? Qui veut-on éliminer  : des lampistes, des poseurs de bombes occasionnels, la finance internationale, une religion, une organisation secrète, une secte, des émirs ?

Nommez l’ennemi, nommez le mal, parlez haut et clair, tout est là, le reste est détail, il relève de la technique.

Si les autorités manquent de mots, je peux leur prêter les miens  : l’islam radical, l’islam modéré comme son appoint, le salafisme, l’Arabie, le Qatar, les dictatures arabes malfaisantes.

Au stade où en est l’affaire, le seul mot valable est ­ « attaquer ».

Et là se posent deux questions cruciales. La première  : sommes-nous capables de nous battre et de verser notre sang si on ne croit pas à nos valeurs, si on les a déjà trahies mille fois ? La seconde  : quel est ce brillant et courageux chef qui va nous conduire à la victoire ?

Il faut y répondre avant tout ordre de marche, car s’apercevoir en chemin de l’inutilité de son combat et de l’incompétence de son commandant en chef, c’est offrir gratuitement son cou au couteau de l’ennemi.

Quand on sait cela, on sait se battre et on sait aussi être magnanime. La victoire n’est pas tuer mais sauver, aider, accueillir, construire.

« Aux arrrrmes citoyens, formeeeeez vos bataillons… » est-il toujours l’hymne de ce pays ?

Boualem Sansal, écrivain algérien, a reçu le Grand prix du roman de l’Académie française 2015 pour ­2084  : la fin du monde (Gallimard).

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Re: Des écrivains algériens contre l'islam: Kateb Yacine, Boualem Sansal, Kamel Daoud

Message  Yacoub le Jeu 28 Avr - 20:16

En quoi les musulmans sont-ils utiles à l’humanité? par Kamel Daoud

par Kamel Daoud écrivain et journaliste algérien

Hirsute, violent, édenté, sale, yeux exorbités, rageur, ongles courbés, intolérant, affamé, cannibale et impossible à fréquenter. C’est le portrait imposé de « l’arabe », alias le musulman de souche, de l’Océan à l’Océan. De quoi vous donner envie de préciser l’essentiel de l’avenir : je suis algérien et pas arabe. Je suis humain et j’ai le choix d’être musulman ou pas. A ma manière, discrètement, entre moi et le ciel, Dieu et le murmure.Car pour le reste, je n’en veux plus ! Je ne veux pas le dire, le répéter, y insister ni le revendiquer, ni le proclamer. Sur la scène de la création vaut mieux se proclamer aujourd’hui extraterrestre que musulman. Car cette nationalité céleste détient désormais le monopole de la bêtise, de la capacité d’être manipulable jusqu’à l’absurde, de l’idiotie, de la détresse et du meurtre et des fatwas surréalistes.

Bien sûr ceux qui ont tué l’ambassadeur US, en Libye il y a quelques jours, sont dix ou vingt et ceux qui manifestent contre les ambassades de l’Occident en les incendiant ne sont que quelques milliers sur le total du milliard mais n’empêche : les autres se taisent, reculent, ne disent rien et laisse faire ou regardent ailleurs. Du coup, les arabes/musulmans n’ont pas la nationalité du plus intelligent mais celle du plus fou de leur village. Du coup, il faut assumer la confusion puisqu’on la laisse faire. Puisqu’on préfère culpabiliser devant les islamistes. Puisqu’on choisit de s’exiler pour leur laisser les pays. Puisqu’on n’ose pas leur répondre, qu’on s’écrase, qu’on acquiesce et qu’on glisse avec eux sur leur pente folle de leur interprétation moyenâgeuse du sacré. Puisqu’aussi on n’ose même plus écrire un mot sur eux chez soi et qu’on leur concède le droit de parler en notre nom, avec l’Occident et avec Dieu et même avec nos femmes et nos corps.

Si on se laisse faire, c’est qu’on est dans la complicité et donc dans l’acceptation. C’est donc que dans l’île déserte et étroite du monde, on accepte la négritude confessionnelle comme une fatalité. Face à Robinson, on revendique presque le statut du sauvage qui mange l’arbre, l’oiseau et veut hâter la fin du monde.

Et qu’on ne vienne pas dire ensuite que tout le monde ne ressemble pas à tout le monde. Qui ne tue pas, consent. Qui ne dit rien, approuve. Qui croit que ces gens là ont raison, mais seulement pas dans les manières, les aide. Car aujourd’hui, c’est évident : l’Islam tel que vécu, vendu, parasité est une menace pour l’esprit et la raison. Et les islamistes qui montent, voleurs de printemps ou simple affidés sont une arme de destruction massive de notre humanité chancelante. Nos écoles sont donc une menace, ainsi que nos silences, interprétations, exils et démissions, livres et avis. Qu’on laisse de coté la manipulation grossière et les enjeux stratégiques et les coups de pub genre Charlie hebdo et ne retenons que la capacité incroyable de nos religieux à être idiots et violents. Le Film en question ? A peine un détail et il paraît qu’il n’existe même pas (comble de la moquerie !). On aurait pu y répondre par le silence, par un autre film, par un sourire ou par un plus grand effort à reconstruire nos pays et nos nationalités.

A quand un Luther musulman ?

L’Islam est à revoir, repenser et redéfinir et à ramener à la raison ou à l’aire de l’intimité ou à déclarer inapte. L’enjeu est notre place et notre utilité au reste de l’humanité qui avance ou qui souffre sans se proclamer le centre du monde ni le « peuple de la vérité ».

Et qu’on arrête de crier au complot, de se croire victime d’une théorie mondiale, de voir les juifs partout même dans mon nom de famille et de multiplier les analyses fumeuses : l’évidence est là. Sur vos télés et dans les rues. Il faut choisir vite : rejoindre l’humanité ou pas. Repenser l’Islam ou pas. Car pour le moment il y a de quoi pleurer et rire en regardant des hirsutes brûler un drapeau allemand pour dénoncer l’Amérique et confondre un Etat et un malfrat, un clip Youtube et une hystérie. Dieu et une barbe. Musulman/Arabe ? Non, ce qui est écrit sur mon passeport est clair : « algérien ». Cela ne tombe pas du ciel ni ne me vient de mes ancêtres. C’est quelque chose que je fabrique moi-même pour mes enfants.

Depuis presque un siècle, la bonne question est celle de « A quoi servent les musulmans au reste de l’humanité ? » En quoi faisons-nous avancer le progrès, le mieux, le Droit, la justice ? Qu’avons-nous inventé, musulmans de croyance ou musulmans par la culture, depuis le dernier Astrolabe ? Quand allons-nous enfin admettre que nous sommes devenus un poids mort pour l’humanité et un problème pour la collectivité ? Car s’il est vrai que le monde est un jeu d’adversités et de rapines, il faut admettre qu’aujourd’hui il s’agit d’un problème plus profond qu’un clip, une caricature ou une manip : si nous sommes aussi manipulables c’est parce que nous sommes les êtres d’un malaise. Les habitants d’une planète qui a un pied dans l’Iphone 5 et un autre dans les babouches ancestraux. C’est qu’il y a irrésolution, fausse naissance, inadaptation et décalage et donc douleur et donc violence.

Les deux dernières semaines, entre faux film, manifs, meurtres et manips, ont résumé presque les six siècles qui ont suivi la chute de Grenade. Rien depuis l’astrolabe. Des « Arabes » travaillent à la Nasa ? Oui mais il leur faut l’Amérique et la Nasa comme arrière-scène pour pouvoir briller. Tout les « arabes ne sont pas des musulmans et tout les musulmans ne sont pas terroristes et salafistes ? Oui, mais les uns naissent du silence des autres, des compromis, des peurs ou, au moins, des mauvaises réponses au monde présent. Il faut repenser l’Islam dans ta totalité et ses fondements très vite et savoir très vite si l’on veut rejoindre l’humanité ou l’au-delà. Tout le reste est blabla et jeu de rétrospectives sur les splendeurs d’autrefois.

C’est le long résumé d’une semaine de bêtises, de haines, d’insultes, de bigoteries. On peut y retenir le feuilleton d’une croisade assise ou d’une guerre de civilisations tordues. Mais on peut aussi aller à l’essentiel : se poser la bonne question de notre place au sein d’une humanité que nous nions et qui nous nie.

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Re: Des écrivains algériens contre l'islam: Kateb Yacine, Boualem Sansal, Kamel Daoud

Message  Yacoub le Dim 1 Mai - 15:04

Chroniques Algériennes 17 h ·

▬ Kamel Daoud ▬

♦ La gratuité qui tue le prix de l’Algérie*

«Il faut que les Algériens réapprennent le coût des choses !», me dit-il avec véhémence. «Est-ce qu’un étudiant sait combien coûte son cursus universitaire ?». Non. Comme tous les Algériens, on sait depuis le ventre de la mère que l’Etat est le père est que les choses sont gratuites : la médecine, les soins, l’école, la vie et le reste. Et quand ce n’est pas gratuit, cela est soutenu. «Du coup, les choses sans coût sont gratuites et quand les choses sont gratuites, on ne leur accorde pas de prix» conclura-t-il amère. Cela a une conséquence : pas d’effort, primauté de la débrouillardise sur le travail, de la ruse sur l’intelligence, de l’affaissement sur la conquête.
Les Algériens, nous tous, sommes habitués au droit du gratuit. Cela nous a conduits à ne pas se sentir impliqués, concernés et, donc, à ne pas accorder de prix aux choses. Cela nous a conduits à transformer le colis alimentaire de 1962 en un droit d’enfant gâté. De transformer la rente en un acquis. «Participer aux frais d’un cursus universitaire équivaut à le valoriser et non pas à mettre fin au principe de la gratuité de l’école en Algérie», me dit l’homme d’affaire. Cela permet de comprendre l’effort de la collectivité, de participer à la décision, de s’impliquer et de donner un début à sa citoyenneté au lieu d’accepter d’être simplement dans la culture de la rente.
Cela restaure la notion d’effort, des droits et des devoirs.
La rente a crée une curieuse situation : celle où on a plus que son droit en aides pour, en contrepartie, avoir le moins de droit en tant qu’Algérien citoyen. Cela crée l’addiction mais aussi la compromission honteuse. La gratuité et le soutien ont fabriqué un Algérien qui est dans le deal de l’abdication de sa citoyenneté, dans la complicité alimentaire. Du point de vue de la philosophie, la gratuité et la rente ont démoli la notion d’effort, le lien entre le pain et la main, la hiérarchie qu’apporte l’oeuvre et le labeur et ce détestable regard sur le monde : c’est mon droit, les choses sont gratuites, je n’ai aucun devoir et il est naturel qu’on paye pour moi, c’est à l’Etat de me loger et me nourrir, «sinon, je coupe la route».
Maladie de l’âme qui vous expose même à l’insulte si vous en parlez comme d’une maladie : l’addictif est violent quand on menace sa drogue et il est impossible d’en discuter avec sérénité car l’équation est fermée : le régime vole, pourquoi, moi, je dois renoncer à ma part, mon «droit» ? Le pétrole est à nous tous, pourquoi, moi, je dois travailler le premier ? La notion de gratuité, de richesse par le don fossile a tué le lien, la vie, le prix d’un pays et le lien de conséquence entre l’effort et la valeur.
Syndrome de l’enfant gâté. Le petit Omar qui courait derrière un morceau de pain, dans le roman de Dib, est devenu l’adulte qui marche avec sa semelle sur la baguette et hurle que c’est son droit légitime.
Jusqu’à quand ? Jusqu’au moment où il faudra payer le prix réel d’un pays. Et cela viendra.


Kamel Daoud

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Re: Des écrivains algériens contre l'islam: Kateb Yacine, Boualem Sansal, Kamel Daoud

Message  Yacoub le Mer 1 Juin - 15:26

Pour Boualem Sansal « l’Europe n’a plus d’avenir : l’Islam va faire éclater notre société »

Juin 01, 20161
Pour Boualem Sansal « l’Europe n’a plus d’avenir : l’Islam va faire éclater notre société »

Boualem Sansal a très récemment donné une interview au quotidien allemand « Die Welt » dont je vous livre ici un extrait, traduit de l´allemand exclusivement pour Europe-Israël.

Boualem Sansal est un écrivain algérien. Il avait obtenu en 2012 le Prix du Roman Arabe, mais celui-ci lui a été retiré après son apparition au Festival des Écrivains de Jérusalem. Dans son dernier roman « 2084 : La fin du Monde » (Grand Prix de l´Académie Française) parut en 2015, il décrit une dictature religieuse qui, sans être jamais nommé par l´auteur, est manifestement une fiction d´un Islam futur, un Islam universel.

Die Welt: Bien que votre livre ne soit pas ce qu´on pourrait appeler une lecture divertissante, il s´est déjà vendu à plus de 300.000 exemplaires, rien qu´en France. Comment expliquez-vous ce succès?

Sansal: Les gens se réveillent. Ils réalisent que l´islamisation n´est pas un phénomène local, mais concerne toute l´Europe. Nous avons tous peur – même si nous ne voulons pas tous l´admettre.

Die Welt: Quel type d´expérience cela a été pour vous d´écrire un livre aussi sombre?

Sansal: Cela n´a été ni pénible, ni exaltant. Je suis un scientifique et en ceci, j´observe le monde comme un éthologue. Une chose ou l´autre peut m´émouvoir, mais je me ressaisis. Il faut voir les choses en face, de manière rationnelle, sans se mentir à soi-même.

Die Welt: Comment un musulman lit il ce livre?

Sansal: Un musulman comme moi, qui n´est pas croyant mais qui a grandi dans un pays musulman, le lira sans doute comme vous et moi. Ils se trompent en Occident s´ils pensent que tous les musulmans sont islamistes. Ils ont davantage peur de l´Islamisme que les occidentaux.

Die Welt: Depuis les attentats de Paris et Bruxelles, l´Occident a peur aussi

Sansal: Bien sûr, et ce n´est que le début

Die Welt: Une sorte d´avertissement?

Sansal: Oui, après les attentats sur „Charlie Hebdo“, c´était différent. La plupart pouvaient montrer de la compréhension. Ils étaient coupables de blasphémie, quand même. Donc ils disaient : Ce n´est pas bien de tuer, mais regarde ce qu´ils ont fait…

Die Welt: Ils l´avaient cherché, comme la jeune fille en mini-jupe provoque son propre viol?

Sansal: Oui, et en raison de cette logique, les attentats de janvier n´avaient pas été perçus comme un avertissement. Le Bataclan, par contre, a été une attaque islamiste, car cette agression visait «l´autre» en raison de ce qu´il est, de sa culture, son style de vie. C´était un lieu pour les jeunes gens, tout comme les bars, le Stade; des lieux qui définissent l´Occident. Mais, ce processus de prise de conscience, c´est précisément ce que les islamistes veulent provoquer. Ils savent qu´ils ne peuvent pas vaincre l´Occident sur le plan militaire. Ils ne peuvent même pas vaincre les faibles états arabes. Donc, ils doivent amener l´Occident à se détruire soi-même. Ils veulent diviser la société car ils savent que s´ils y parviennent, celle-ci va s´écrouler.

Die Welt: Il y a en France, des intellectuels populistes qui soutiennent la théorie du «grand remplacement», c´est à dire le refoulement de la civilisation occidentale chrétienne et son remplacement par l´Islam.

Sansal: Je trouve l´expression mal choisie. Il ne s´agit pas de remplacer au sens propre les populations, mais plutôt d´une sorte de fusion: La France est en phase d´islamisation.

Die Welt: Au fond, vous êtes du même avis. Notre culture est-elle en train de disparaitre ?

Sansal: En tant que démocrate, oui, je vois notre civilisation disparaitre, et avec beaucoup de regrets car elle a fait avancer l´humanité, même si ses excès nous nuisent depuis un certain temps déjà.

………..

Die Welt: Nous avons recueilli un million de réfugiés, essentiellement des musulmans. Quel est votre pronostic pour l´Allemagne?

Sansal: L´Allemagne a été extrêmement naïve. Sur le long-terme, l´Allemagne est le pays qui est le plus menacé.

Die Welt: En quoi, naive?

Sansal: Parce que l´Allemagne s´est longtemps complu de ne pas être concernée par ces problèmes. L´Islam, c´était en France, au Royaume-Uni, mais pas chez nous ! Et puis, l´Allemagne est, en raison de son expérience des guerres, une société extrêmement tolérante. Il est facile d´en abuser. Lorsque les islamistes algériens ont été chassé d´Algérie, ils ont trouvé refuge en Allemagne, où on leur a accordé le statut de réfugié politique.

Die Welt: Sur quoi fondez-vous votre appréciation que cette guerre des cultures, ce phénomène d´islamisation, entre autres de l´Allemagne, est déjà en cours ?

Sansal: La preuve la plus significative est le „Bataclan“. Ils n´ont pas attaqué une caserne mais une salle de concert, car ils ne visent pas une prise de pouvoir classique, mais veulent mener une « guerre des cultures ». Ensuite, il suffit de jeter un regard sur le monde arabe, dans lequel cette bataille est menée partout et sans retenue. En ce qui concerne l´Allemagne, je ne suis pas trop sûr de ce qui s´y passe. L´Islam turque ne peut être comparé à l´Islam du Maghreb. Les turques qui sont arrivés dans les années 70 ont, dès leur arrivée, travaillé dans l´industrie. En France, les immigrés ont été livré à eux-mêmes. On a simplement mis les algériens, les togolais ensemble et souvent dans des conditions inhumaines.

Die Welt: En Turquie, on assiste en ce moment, avec Erdogan, à une islamisation de la société. Comment cela va-t´il évoluer selon vous?

Sansal: Le retour du Religieux, en particulier chez les jeunes, contamine toute la société et cela sera bientôt perceptible en Allemagne aussi.

Die Welt: Nous avons déja observé cette ingérence et, si l´on veut, contamination par le biais de l´affaire Böhmermann

Sansal: Erdogan se conduit comme un calife; les turques se comportent comme ses sujets. Il s´est déjà fait construire son Palace. L´Empire Ottoman a été sans le moindre doute le plus violent de tous les califats du monde islamique. Nous assistons en ce moment même au retour de cette violence. Erdogan veut rebâtir le Califat, mais il sait que les arabes ne l´accepteront jamais. Peut-être s´imagine t´il étendre son empire vers l´Europe. C´est pour cette raison que l´Allemagne est le pays le plus menacé.

Die Welt: Vous voulez dire, à cause des turques ou à cause des réfugiés ?

Sansal: Ni l´un, ni l´autre. Parce que tous les européens sont emplis de ressentiments à l´égard de l´Allemagne. L´Allemagne est riche, influente, exceptionnellement bien organisée. Les gens ne rêvent de rien d´autre que de la chute de l´Allemagne. Un cauchemar en complète un autre. Et les cauchemars d´Erdogan sont partagé par beaucoup d´Européens.

Die Welt: Si l´on poursuit cette pensée, cela signifie que nous vivrions en Allemagne sous le règne du califat d´Erdogan. Cela parait parfaitement absurde. L´Europe est-elle vraiment « fini » à ce point?

Sansal: Oui, elle n´a plus d´avenir.

Die Welt: Est-ce-que vous pouvez encore dire en Europe ce que vous pensez?

Sansal: Non, je ne peux plus. D´un côté, on m´invite encore, car on a le besoin d´entendre d´autres opinions qui ne sont pas « politiquement correctes ». En même temps, on a peur que j´amène des ennuis.

Die Welt: Qu´est-ce que vous n´avez pas le droit de dire ?

Sansal: Cela, personne ne vous le dit. C´est bien plus subtil. Mais tout ce qui revient à critiser l´Islam pose problème. C´est comme si on pouvait tout critiquer, même Dieu, mais pas l´Islam.

Die Welt: Monsieur Sansal, êtes-vous islamophobe?

Sansal: Pas dans le sens dans lequel ce mot est utilisé. Je n´aime pas l´Islam. Je n´y crois pas et réalise que l´Islam n´est pas seulement un risque, mais un énorme risque. Il va faire éclater notre société.

Die Welt: Votre collègue, Kamel Daoud, a suscité une polémique car il a décrit les jeunes musulmans qui au Nouvel An s´en sont pris aux femmes à Cologne comme étant sexuellement opprimés. Vous êtes de son avis?

Sansal: Daoud vit en Algérie et observe ce type de situation au quotidien. C´est une société de toutes les frustrations, pas seulement sexuelles. Un jeune musulman qui est soudainement confronté à une société libre, va faussement interpréter une femme qui montre son corps.

Die Welt: Le courage et la conviction nous manquent-ils pour défendre nos valeurs?

Sansal: Les Islamistes se battent courageusement pour ce à quoi ils croient; cela il faut leur laisser. En ce qui nous concerne, il me faut malheureusement constater qu´il n´y a rien qui nous stimule. Pour le mot Liberté, autrefois, nous étions prêts à aller au bout du monde. Aujourd´hui, le mot est creux.

Die Welt: Ce n´est pas vrai. Après les attentats de Charlie Hebdo, des millions de gens ont manifesté dans les rues pour la liberté d´expression.

Sansal: Ce n´était rien d´autre qu´une réaction émotionnelle spontanée. Cela n´avait d´autre intérêt que d´offrir une tribune aux Chefs d´Etat, en particulier, ce pauvre Hollande qui ne ferait pas de mal à une mouche. En Algérie, on a vu ce qui arrive lorsque les gens se laissent submerger par les émotions: Des pleurnicheries collectives insensées.

Die Welt: Devons-nous prendre le titre de votre livre au sens littéral : « La Fin du Monde » ? N´y a t´il donc plus d´espoir nulle part?

Sansal: Vous savez, parfois il suffit d´une petite chose, une idée, une phrase et les évènements suivent un autre cours. En Algérie, c´étaient les mots de l´écrivain Tahar Djaout, qui se sont répandu comme une trainée de poudre dans le pays. Les gens ont soudainement ouvert grands leurs yeux. Il avait raison. Ses mots ont donné du courage.

Die Welt: Qu´est-ce qu´il avait dit ?

Sansal: Au cours d´un interview, il a dit avec son sourire modeste: « Si tu parles, tu meurs. Si tu ne parles pas, tu meurs aussi. Alors parle et meurs ! ». La semaine suivante, ils l´avaient assassiné.

© Traduit de l’allemand par Christoph Wittmann pour Europe Israël News

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