Sami Aldeeb

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Sami Aldeeb

Message  Yacoub le Dim 3 Avr - 14:29

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On entend souvent que tel est passé du banditisme au terrorisme islamique, et ne comprend rien à l’islam.

Comment expliquer cela?

Extrait de notre ouvrage: Sami Aldeeb: Le jihad dans l’islam: Interprétation des versets coraniques relatifs au jihad à travers les siècles, Createspace (Amazon), Charleston, 2016, 254 pages :  Amazon

     L’émulation des combattants

Les combattants ont droit au butin de guerre, dont des captives. Et s’ils meurent dans le combat, ils auront les mérites que le Coran et la Sunnah de Mahomet attribuent aux martyrs, dont les houris aux yeux noirs, continuellement vierges. Un kamikaze taliban a été arrêté avec une protection métallique autour de son pénis. Interrogé sur la finalité de cette protection, il a répondu vouloir garder son pénis intact après l’explosion, pour ne pas avoir de problèmes sexuels une fois qu’il aura retrouvé ses 72 vierges au ciel[1]. Ce cas anecdotique ne doit pas faire oublier l’hallucination entretenue autour des vierges du paradis, dans les récits de Mahomet, les écrits, les prêches des mosquées et les vidéos[2]. Un récit de Mahomet dit qu’il souhaitait mourir au combat et revenir à la vie pour mourir à nouveau au combat à plusieurs reprises, à cause des faveurs que reçoit le martyr de la part de Dieu[3]. Nombreux sont les récits de Mahomet qui font l’éloge des jihadistes et des martyrs[4]. Un de ces récits dit: «Celui qui meurt sans avoir fait une razzia ou n’a pas pensé à faire une razzia, meurt avec une des caractéristiques de l’hypocrisie.»[5]

Est lié à la récompense dans la vie dernière le fait que le Coran promet au martyr le pardon de ses péchés. Celui qui se reproche des comportements contraires à la religion, n’a qu’à s’engager dans le jihad et mourir en martyr pour être purifié:

[Dis:] «Ô vous qui avez cru! Vous indiqué-je un commerce qui vous sauvera d’un châtiment affligeant? Croyez en Dieu et en son envoyé, et luttez dans la voie de Dieu avec vos fortunes et vos personnes. Cela est meilleur pour vous. Si vous saviez! Il vous pardonnera vos fautes, et vous fera entrer dans des jardins sous lesquels courront les rivières, ainsi que dans de bonnes habitations dans les jardins d’Éden. Voilà le grand succès! (H-109/61:10-12 ; voir aussi le verset H-92/4:96).

Selon des récits attribués à Mahomet, les seuls péchés qui ne sont pas pardonnés par le martyr sont ceux qui concernent les droits d’autrui. Ainsi les dettes dont le martyr ne s’est pas acquitté durant sa vie ne sont pas pardonnés. Par contre, le non-accomplissement des devoirs religieux comme les prières est pardonné[6].

[1]     [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

[2]     Voir les houris dans le Coran: 38/38:52; 46/56:22-24, 35-37; 41/36:56; 56/37:48-49; 64/44:54; 76/52:20; 80/78:33; 87/2:25; 89/3:15; 92/4:57; 97/55:56, 58, 70-74, et dans les récits de Mahomet en arabe et en anglais: [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] Voir aussi cette vidéo: [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

[3]     Voir ce récit en arabe et en anglais: [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

[4]     Munir Al-‘Ubaidi, op. cit., p. 238-242.

[5]     Voir ce récit en arabe et en anglais ici: [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

[6]     Voir cette fatwa et le récit cité: [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]


Dernière édition par Yacoub le Sam 19 Nov - 18:28, édité 1 fois

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Re: Sami Aldeeb

Message  Yacoub le Dim 3 Avr - 14:36

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Lorsque le Larousse ment en matière de Jihad


On entend souvent parler du grand jihad (contre ses propres passiosns) et du petit jihad (contre les mécréants) en islam, et que l’islam favorise le grand jihad. Qu’en est-il? Comment le Larousse participe à cet enfumage?

Extrait de notre ouvrage: Sami Aldeeb: Le jihad dans l’islam: Interprétation des versets coraniques relatifs au jihad à travers les siècles, Createspace (Amazon), Charleston, 2016, 254 pages : Amazon

Le terme Jihad, écrit aussi Djihad, est défini par le dictionnaire Larousse en ligne[1] comme suit:

Effort sur soi-même pour atteindre le perfectionnement moral ou religieux.
Combat, action armée pour étendre l’islam et, éventuellement, le défendre. (C’est abusivement que le mot est employé au sens de «guerre sainte».)

Ce terme est un substantif dérivant du verbe arabe jahada qui signifie étymologiquement «fournir un effort». Ce verbe et ses dérivés reviennent 41 fois dans le Coran, dont 33 en rapport avec le sens de combat.

Le premier sens donné par le dictionnaire Larousse ne figure nulle part dans le Coran, et se base sur un récit douteux attribué à Mahomet qui aurait dit: «Nous sommes revenus du petit jihad (c’est-à-dire le combat contre l’ennemi) pour le grand jihad (c’est-à-dire le combat contre ses propres penchants)». Une fatwa saoudienne estime que ce récit n’a pas de fondement (la asl lah), et sa chaîne de transmission est faible (sanad da’if)[2]. Dans les exégèses examinées dans cet ouvrage, on le retrouve pour la première fois chez Abd-al-Karim Al-Qushayri, un exégète soufi décédé en 1072, et ensuite chez Ibn-’Ajiba, lui aussi exégète soufi décédé en 1808.

Un récit attribué à Mahomet dit que le Jihad peut se faire soit par la main, soit par la langue, soit par le cœur[3]. Ceci signifie haïr l’ennemi[4]. Un autre dit: «Le meilleur jihad est une parole juste auprès d’un gouverneur injuste»[5]. Un troisième dit: «Veiller sur la veuve et le pauvre équivaut au jihad dans la voie de Dieu»[6]. On voit ainsi que le Jihad peut avoir plusieurs sens. Mais lorsque ce terme est utilisé dans les ouvrages juridiques musulmans, il signifie la guerre et le fait d’y participer[7]. C’est la raison pour laquelle cette étude se limitera à cette acception.

Le terme jihad (que nous traduisons par lutte) n’est pas le seul utilisé par le Coran pour parler du combat. On retrouve ainsi les verbes qatala (combattre), haraba (faire la guerre), nafara (mobiliser), kharaja (sortir [pour la guerre]), daraba (s’activer ou voyager [pour la guerre]), anfaqa (dépenser [pour la guerre]) et une fois le terme ghuzza (dans le sens de faisant la razzia).

On retrouve l’expression fi sabil Allah ou fi sabilihi (dans la voie de Dieu; dans sa voie) plus d’une soixantaine de fois, le plus souvent en rapport avec le jihad. Ce qui donne un sens religieux au combat, celui-ci étant mené contre ceux que le Coran considère comme les ennemis de Dieu, que ce combat soit dans un but défensif, ou dans un but offensif.

[1] [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

[2] [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

[3] Voir ce récit en arabe et en anglais ici: [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

[4] Munir Al-‘Ubaidi: Jihad al-talab bayn al-aqdamin wal-mu’assirin, p. 233. [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

[5] Voir ce récit en arabe et en anglais ici: [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

[6] Voir ce récit en arabe et en anglais ici: [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

[7] Munir Al-‘Ubaidi, op. cit., p. 230

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Re: Sami Aldeeb

Message  Yacoub le Sam 30 Avr - 13:12

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Re: Sami Aldeeb

Message  Yacoub le Dim 1 Mai - 17:18

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Re: Sami Aldeeb

Message  Yacoub le Dim 1 Mai - 17:21

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Re: Sami Aldeeb

Message  Yacoub le Dim 1 Mai - 19:03

LE CORAN
Texte arabe et traduction française par ordre chronologique selon l'Azhar
avec renvoi aux variantes, aux abrogations et aux écrits juifs et chrétiens
par Sami Awad ALDEEB ABU-SAHLIEH

Je  produis  ici  la  préface,  l'avant-propos,  l'introd
uction  et  les  dix  premiers  chapitres  du  Coran.
Cet ouvrage peut être commandé  
auprès de son éditeur suisse: Editions de l'Aire, V
evey:
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ou auprès d'Amazon.fr:
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_1_1?ie=UTF8&s=books&qid=1211

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Re: Sami Aldeeb

Message  Yacoub le Jeu 19 Mai - 12:42

Nulle contrainte dans la religion: propagande islamique mensongère
Publié le 18 mai 2016 - par Sami Aldeeb - 2 commentaires



Un nouvel ouvrage traque le mensonge islamique.

Dans chaque colloque les musulmans nous casse les oreilles avec le verset coranique suivant:

Nulle contrainte dans la religion! La bonne direction s’est distinguée du fourvoiement. Quiconque mécroit aux idoles et croit en Dieu, tient à l’attache la plus sûre et imbrisable. Dieu est écouteur, connaisseur (2:256).

Pour comprendre le véritable sens de ce verset, j’ai examiné toutes les exégèses musulmanes du Coran depuis le début de l’Islam jusqu’à ce jour-ci, et je les ai publiées dans un ouvrage sorti en français, en anglais et en arabe, intitulé

Nulle contrainte dans la religion: interprétation du verset coranique 2:256 à travers les siècles.

Ce livre, avec d’autres recueils d’exégèses de versets coraniques problématiques, est disponible sur Amazon:

Nulle contrainte dans la religion: Interprétation du verset coranique 2:256 à travers les siècles, Createspace (Amazon), Charleston, 2015, 201 pages : Amazon.fr

No compulsion in the religion: Interpretation of the Quranic verse 2:256 through the centuries, Createspace (Amazon), Charleston, 2015, 201 pages : Amazon.com

Ces prochaines heures, il sera aussi disponible en arabe, toujours sur Amazon, sous le titre: La ikrah fi al-din (in Arabic) Createspace (Amazon), Charleston, 2016, 172 pages, ISBN-13: 978-1533302960

Les musulmans recourent au verset cité plus haut pour démontrer que l’Islam est tolérant et admet la liberté religieuse. Mais ce verset entre en conflit avec un récit de Mahomet qui dit: “Celui qui change sa religion, tuez-le”.

La mise à mort de l’apostat, celui qui quitte l’islam, est confirmée, à titre d’exemple, par le Code pénal arabe uniforme adopté à l’unanimité par le Conseil des ministres arabes de la justice en 1996 (http://carjj.org/node/237). En voici la traduction française de l’extrait pertinent:

Article 162 – L’apostat est le musulman, homme ou femme, qui abandonne la religion islamique par une parole explicite ou un fait dont le sens est indiscutable, insulte Dieu, ses apôtres ou la religion musulmane, ou falsifie sciemment le Coran.

Article 163 – L’apostat est puni de la peine de mort s’il est prouvé qu’il a apostasié volontairement et s’y maintient après avoir été invité à se repentir dans un délai de trois jours.

Article 164 – Le repentir de l’apostat se réalise par le renoncement à ce qui a constitué sa mécréance; son repentir est inacceptable s’il apostasie plus de deux fois.

Article 165 – Tous les actes de l’apostat après son apostasie sont considérés comme nuls de nullité absolue, et tous ses biens acquis par ces actes reviennent à la caisse de l’État.

La liberté religieuse a d’ailleurs posé des problèmes à toutes les religions. Ses contours sont affirmés par l’article 2 alinéa 1 et l’article 18 de la Déclaration universelle des droits de l’homme:

Article 2.1 – Chacun peut se prévaloir de tous les droits et de toutes les libertés proclamés dans la présente Déclaration, sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d’opinion politique ou de toute autre opinion, d’origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation.

Article 18 – Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion: ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction, seule ou en commun, tant en public qu’en privé, par l’enseignement, les pratiques, le culte et l’accomplissement des rites.

La clause de ce dernier article, qui parle de la liberté de changer de religion ou de conviction, a provoqué une réaction très vive de la part des pays musulmans. Cette question constitue probablement le plus important défi posé aux musulmans, conscients du fait que la liberté religieuse peut signifier la disparition de l’islam, comme l’affirme Al-Qaradawi: “Si l’islam ne tuait pas les apostats, il aurait disparu à la mort de Muhammad” (voir la vidéo sous-titrée: [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] dit-il en citant le verset coranique 5:33 pour justifier la mise à mort des apostats:

La rétribution de ceux qui guerroient contre Dieu et son envoyé, et qui s’empressent de corrompre sur la terre, c’est qu’ils soient tués, ou crucifiés, ou que soient coupés leurs mains et leurs pieds opposés, ou qu’ils soient bannis de la terre. Ils auront l’ignominie dans la vie ici-bas, et dans la vie dernière un très grand châtiment.

Résumé des exégèses du Coran concernant ce verset

Le sens du verset 2:256 donné par les exégèses publiées dans la présente étude peut être résumé comme suit:

1) Les polythéistes arabes, n’ayant pas de livre révélé, ne sont pas tolérés. Ils n’ont le choix qu’entre l’islam et l’épée. Souvent, les exégèses parlent d’arabes, sans faire usage du qualificatif “polythéistes”. Les polythéistes sont souvent appelés “associateurs”, c’est-à-dire ceux qui associent d’autres divinités à Allah.

2) Les gens du livre, à savoir les juifs et les chrétiens, ont le choix entre se convertir à l’islam, conserver leur religion en payant le tribut, ou (mourir par) l’épée. Cette norme s’applique aussi aux sabéens et aux zoroastriens. On ne les contraint donc pas à changer de religion, comme les polythéistes. Mais ceux qui refusent de payer le tribut et de se convertir à l’islam doivent être tués.

3) Les polythéistes qui se convertissent au judaïsme ou au christianisme sont traités comme les polythéistes; ils n’ont le choix qu’entre l’islam et l’épée.

4) Les captives et captifs juifs et chrétiens devenus esclaves ne sont pas contraints à devenir musulmans. Mais les captives et captifs polythéistes, sabéens et zoroastriens doivent devenir musulmans, car leur maître ne peut épouser leurs femmes ni manger de la viande d’animaux saignés par eux. Les enfants en revanche sont convertis de force, afin qu’ils n’adoptent pas une religion erronée.

5) On entend par contrainte, en règle générale, la contrainte physique, ou plus concrètement la mise à mort. Un seul exégète interprète la contrainte dans le sens de la mise à mort, de l’emprisonnement et de la privation des biens. Aucun exégète ne tient compte des restrictions imposées aux non-musulmans pour les inciter à se convertir l’islam, ni le paiement du tribut, ni les normes discriminatoires (comme l’interdiction du mariage avec une musulmane).

6) Aucun exégète ne comprend le principe “Nulle contrainte en religion” dans le sens du droit de quitter l’islam, ou du droit de ne pas pratiquer les obligations cultuelles telles que la prière ou le jeûne. Un exégète moderne dit expressément que le musulman qui refuse de prier ne peut invoquer le verset 2:256 – il doit être puni.

7) Certains exégètes, surtout modernes, rejettent l’accusation selon laquelle l’islam se serait propagé par l’épée, et estiment généralement que les guerres ont été entreprises pour se défendre ou pour pouvoir pratiquer le prosélytisme islamique. Mais aucun exégète n’envisage le droit des non-musulmans à convertir autrui.

8) Aucun exégète n’envisage le droit des enfants nés musulmans, et qui n’ont pas choisi la religion, de le faire une fois adulte. L’apostasie reste interdite. Celui qui est né musulman, doit le rester.

9) Les exégètes estiment que toute personne raisonnable devrait choisir l’islam, mais reste libre de ce choix. En même temps, ils estiment que la conversion à l’islam ne peut se faire qu’avec la volonté de Dieu. D’autre part, aucun exégète ne laisse la liberté de choix aux polythéistes. Ceux-ci doivent être éliminés de la surface de la terre, comme l’écrit un des exégètes modernes. Cela explique pourquoi les musulmans ne semblent pas émus par le massacre de plus de 80 millions d’hindouistes – ceux-ci sont considérés comme des polythéistes.

10) Les exégètes modernes estiment que l’Islam est la première et la seule religion qui admet le principe “Pas de contrainte en religion”, principe qui leurs semble correspondre à celui de la liberté religieuse des droits de l’homme. Aucun d’eux ne mentionne de contradiction entre la liberté religieuse prévue par les droits de l’homme et le principe islamique.

11) Il est souvent question d’abrogation en rapport avec le verset 2:256. Afin qu’on ne comprenne pas ce verset dans un sens général, applicable à toutes les situations, les exégètes ont estimé que le sens général en a été abrogé par les versets prescrivant le combat, et donc que le verset ne reste en vigueur que dans le sens restreint de non-imposition de la conversion aux gens du livre qui paient le tribut.

Antagonisme avec les normes constitutionnelles et internationales

Certes, le principe “Nulle contrainte en religion” peut être considéré comme une étape importante vers la reconnaissance de la liberté religieuse. Et sur ce plan, on ne peut nier que la reconnaissance de ce principe est un progrès par rapport au christianisme du VIIe siècle. Mais par rapport aux pratiques arabes rapportées par les sources musulmanes elles-mêmes, y compris dans les recueils des récits de Mahomet, la prescription coranique constitue une régression. La société arabe polythéiste reconnaît toutes les religions – sur ce plan, la morale polythéiste était supérieure aux prescriptions coraniques qui n’admettent que les gens du livre, dans certaines limites. Le fait que Mahomet ne donne aux polythéistes que le choix entre la conversion à l’islam et l’épée était en contradiction avec les normes admises par la société arabe de l’époque.

Si nous laissons de côté l’histoire arabe, le principe “Nulle contrainte en religion” ne peut d’aucune manière être comparé au principe de la liberté religieuse prévue par les normes constitutionnelles modernes et les documents onusiens ou européens relatifs aux droits de l’homme.

Si nous nous limitons à la Suisse, on peut avancer que le droit musulman, basé sur le Coran et la sunnah, n’est pas compatible avec la conception de la liberté religieuse prévue par la constitution suisse. Et le principe coranique “Nulle contrainte en religion” ne répond que très partiellement aux attentes des normes suisses:

Le droit suisse récuse la distinction entre gens du livre et gens “sans livre”.
Aucune forme de contrainte et aucune discrimination basée sur la religion ne sont admises en droit suisse, sur le plan tant matériel que matrimonial, successoral, procédural (témoignage) ou pénal.
Chacun a le droit de choisir sa religion à partir de l’âge de 16 ans.
Chacun a le droit d’adhérer à une religion ou de ne pas adhérer.

Ces dispositions suisses se retrouvent dans les documents internationaux.

Vu ce qui précède, les musulmans doivent cesser leurs mensonges.

Sami Aldeeb, Professeur des universités
Directeur du Centre de droit arabe et musulman
Traducteur du Coran en français et auteur de nombreux ouvrages
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Traducteur du Coran en française par ordre chronologique: [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

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Re: Sami Aldeeb

Message  Yacoub le Dim 22 Mai - 14:58

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Dans le milieu traditionnel marocain, l’âge scolaire correspond à l’entrée de l’enfant à l’école coranique appelée “M’sid” ou “Jama”. Le rôle social et éducatif de cette institution religieuse a toujours été considéré comme essentiel et déterminant dans la construction de l’identité de tout enfant marocain; en vue de son intégration dans le groupe et de son acceptation par les autres.

I1 n’y a pas d’âge limite pour placer un enfant au M’sid. Comme partout ailleurs, L’âge n’est jamais pris en considération. Souvent, l’enfant y est conduit dès que sa présence à la maison est jugée insupportable. C’est donc une sorte de punition que les adultes infligent à 1’enfant turbulent, si bien que l’école coranique a fini par symboliser le châtiment même. “Si tu n’es pas sage on t’envoie au M’sid” répètent souvent les parents à leurs enfants qui savent ce que signifie cette menace.

Cette institution joue un rôle considérable dans la vie affective de l’enfant car elle porte au plus haut point l’agressivité et la répression exercées par le milieu. Le Fqih [savant religieux musulman] est celui qui éduque, instruit et châtie tout à la fois. Les enfants lui sont confiés du lever du jour jusqu’au coucher du soleil, ce qui lui donne, plus qu’à tout autre, l’occasion d’exercer son autorité et sa tyrannie sur les enfants en leur infligeant des châtiments corporels variés. Son autorité est illimitée car elle bénéficie de la complicité des pères qui, par l’intermédiaire du maître, renforcent leur propre autorité dans le but d’obtenir de l’enfant une soumission totale à l’autorité des adultes comme le veut la tradition. Si le M’sid est une institution qui a pour mission la conservation sociale, il procède à cet effet par “le dressage” sans rémission des enfants. Convaincus également que la science et les bonnes manières ne s’acquièrent que par la violence et la peur, les pères font confiance aux méthodes tortionnaires du Fqih. Le fameux “Toi tu tues et moi j’enterre !” enlève toute illusion à l`enfant quant à l’éventualité d’une intervention parentale en sa faveur.

La première catéchisation de l’enfant, et son premier contact avec la religion dans les textes, se fait dans l’angoisse, dans la peur et dans la souffrance aussi bien physique que morale. C’est l’univers de la répression par excellence. Et les Maghrébins, en général, gardent, leur vie durant, un souvenir cuisant de leur passage au M’sid. Le rôle du M’sid ne se limite pas à instruire et à éduquer l’enfant. La dimension sexuelle y occupe une large place. Cet élément, très important, nous renseigne sur l’insécurité où vit l’enfant, sur ses possibilités de construire une identité solide et autonome, ainsi que sur les moyens de défense dont il dispose pour être dans cet univers et éviter la répression des adultes. Ces moyens de défense sont très nombreux. Parmi les plus courants et les plus importants, il y a la corruption sous ses différentes formes.

Très souvent, c`est avec les faveurs de son corps que l’enfant contourne l`agressivité du maître.

Il peut ainsi faire l’apprentissage de la sodomisation qu’il subit dans la peur, la soumission et la violence.


Cette expérience sexuelle traumatisante pour le jeune enfant qui en sera toujours la victime brutalisée. Ces écoles, dont le but est 1’apprentissage de la parole divine, peuvent servir également “de cours tacites de pédérastie appliquée avec ou sans le concours de l’honorable maître de l`école” selon Idriss Chraïbi.

C’est un lieu de contradiction où le Coran peut cohabiter avec le viol (quand le maître ne s’en mêle pas, les élèves plus âgés se chargent d’initier les plus jeunes en se livrant sur eux à des pratiques sodomites).


On remarque que le fait d’abuser des enfants se rencontre avec une fréquence inquiétante chez les maîtres d’éco1es à cause des facilités qui leur sont offertes.


Dans le milieu traditionnel marocain, ces facilités sont même encouragées par la croyance populaire: “qui veut apprendre, dit le proverbe, doit passer sous le maître”; associant ainsi l’apprentissage au viol. Comme si l’apprentissage passait obligatoirement par 1’acte sexuel.

“Tout le monde accepte les propositions du maître coranique ! Il nous caresse furtivement les cuisses et quelque chose de dur nous brûle le coccyx. C’est tout !”, écrit Rachid Boudjedra dans “La Répudiation”.


Retenons les termes : furtif, dur et brûler qui résument l’atmosphère suspecte et agressive dans laquelle se déroule l’acte de sodomie. C’est un viol pur et simple dans un lieu sacré.

Or, tout le monde 1’accepte comme s’i1 s’agissait d’un “rite” pendant lequel le Fqih fait passer sa bénédiction et son savoir à ses élèves par le biais de la sexualité. Bien que tout le monde soit au courant des pratiques du Fqih, les gens obligent leurs enfants à se rendre au M’sid et ferment les yeux sur les pratiques homosexuelles, voire pédophiles, qui s’exercent dans ces lieux. Cette complicité voulue, maintenue, a de tout temps favorisé le développement de la pédérastie dans le milieu traditionnel marocain. C’est la conséquence logique de la séparation systématique des sexes. Et c’est à dessein que les parents n’envoient que les enfants mâles au M’sid. Connaissant les perversités du Fqih, ils préfèrent limiter les dégâts; protégeant ainsi la virginité de leurs filles.

Quelles sont les raisons de ce silence ? Les parents tolèrent ce genre de pratiques chez un homme qui porte en son sein la parole divine. Comment, en effet, peut-on accuser un homme qui a appris le Livre ?


Dans 1’esprit traditionnel, le viol du Fqih n’est pas considéré comme un véritable viol puisque l’homme est un illuminé de Dieu. Ne lui a-t-il pas facilité l’apprentissage des soixante versets du Coran? C’est un signe; celui de la bénédiction divine. Toutes les portes du Paradis lui sont ouvertes. Et quelqu’un comme le Fqih, dont les activités complémentaires (pratique de la sorcellerie, confection des talismans…); est un homme à ne pas provoquer. L’élu de Dieu, pour lequel les portes du Paradis sont ouvertes, ne peut accomplir que de “bonnes actions”.


Certaines personnes vont même jusqu’à croire que le sperme du Fqih comprend une dose d’intelligence et de bénédiction divine qu’i1 est souhaitable que le maître coranique transmette directement à l’élève. Ce dernier doit donc mettre son corps à la disposition de “l’homme du Coran”. C

Cette croyance bizarre, soutenue par le comportement superstitieux des parents, renforce chez 1’enfant le sentiment de l’obligation aux adultes et à 1’autorité. C’est pour cette raison que les enfants acceptent les propositions du maître sans réagir et sans espoir d’intervention paternelle.


(Source: Abddelhak Serhane: L’amour circoncis, essai, 3e édition, Edition Eddif, Casablanca 1995, pp. 44-47).


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Re: Sami Aldeeb

Message  Yacoub le Lun 13 Juin - 18:57

Sami Aldeeb : La signification du verset coranique « Nulle contrainte en religion » ; « aucun exégète ne laisse la liberté de choix aux polythéistes »


Dans un article mis en ligne le 17 mai 2016 sur son blog « Savoir ou se faire avoir », Sami Aldeeb, Suisse palestinien professeur des universités et auteur d’une traduction du Coran dans l’ordre chronologique, évoque, dans le style caustique qui lui est propre, le verset coranique bien connu : « Nulle contrainte en religion (…) », revenant sur sa signification réelle, et sur l’ouvrage entier qu’il consacre à ce verset. Aldeeb rapporte dans ce contexte des articles du Code pénal arabe uniforme, puis des articles de la Déclaration des droits de l’Homme, avec lesquels le Code arabe entre en conflit. Extraits : (1)

« Nulle contrainte dans la religion ! »

« (…) Dans chaque colloque les musulmans nous cassent les oreilles avec le verset coranique suivant : ‘Nulle contrainte dans la religion ! La bonne direction s’est distinguée du fourvoiement. Quiconque mécroit aux idoles et croit en Dieu, tient à l’attache la plus sûre et imbrisable. Dieu est écouteur, connaisseur’(2:256).

Pour comprendre le véritable sens de ce verset, j’ai examiné toutes les exégèses musulmanes du Coran, depuis le début de l’Islam jusqu’à ce jour-ci, et je les ai publiées dans un ouvrage sorti en français, en anglais et en arabe, intitulé Nulle contrainte dans la religion: interprétation du verset coranique 2:256 à travers les siècles. Ce livre, avec d’autres recueils d’exégèses de versets coraniques problématiques, est disponible sur Amazon : Nulle contrainte dans la religion: Interprétation du verset coranique 2:256 à travers les siècles, Createspace (Amazon), Charleston, 2015, 201 pages : Amazon.fr

Mahomet : “Celui qui change sa religion, tuez-le” ; la mise à mort de l’apostat confirmée par le Code pénal arabe uniforme

Les musulmans recourent au verset cité plus haut pour démontrer que l’Islam est tolérant et admet la liberté religieuse. Mais ce verset entre en conflit avec un récit de Mahomet qui dit : “Celui qui change sa religion, tuez-le”.

La mise à mort de l’apostat, celui qui quitte l’islam, est confirmée, à titre d’exemple, par le Code pénal arabe uniforme adopté à l’unanimité par le Conseil des ministres arabes de la justice en 1996 (http://carjj.org/node/237). Voici la traduction française de l’extrait pertinent :

Article 162 – L’apostat est le musulman, homme ou femme, qui abandonne la religion islamique par une parole explicite ou un fait dont le sens est indiscutable, insulte Dieu, ses apôtres ou la religion musulmane, ou falsifie sciemment le Coran.

Article 163 – L’apostat est puni de la peine de mort s’il est prouvé qu’il a apostasié volontairement et s’y maintient après avoir été invité à se repentir dans un délai de trois jours.

Article 164 – Le repentir de l’apostat se réalise par le renoncement à ce qui a constitué sa mécréance ; son repentir est inacceptable s’il apostasie plus de deux fois.

Article 165 – Tous les actes de l’apostat après son apostasie sont considérés comme nuls de nullité absolue, et tous ses biens acquis par ces actes reviennent à la caisse de l’État.

La Déclaration universelle des droits de l’homme confirme la liberté religieuse : un défi pour l’islam

La liberté religieuse a d’ailleurs posé des problèmes à toutes les religions. Ses contours sont affirmés par l’article 2 alinéa 1 et l’article 18 de la Déclaration universelle des droits de l’homme :

Article 2.1 – Chacun peut se prévaloir de tous les droits et de toutes les libertés proclamés dans la présente Déclaration, sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d’opinion politique ou de toute autre opinion, d’origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation.

Article 18 – Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion : ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction, seule ou en commun, tant en public qu’en privé, par l’enseignement, les pratiques, le culte et l’accomplissement des rites.

La clause de ce dernier article, qui parle de la liberté de changer de religion ou de conviction, a provoqué une réaction très vive de la part des pays musulmans. Cette question constitue probablement le plus important défi posé aux musulmans, conscients du fait que la liberté religieuse peut signifier la disparition de l’islam, comme l’affirme Al-Qaradawi : “Si l’islam ne tuait pas les apostats, il aurait disparu à la mort de Muhammad” (voir la vidéo sous-titrée: [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] dit-il en citant le verset coranique 5:33 pour justifier la mise à mort des apostats :

La rétribution de ceux qui guerroient contre Dieu et son envoyé, et qui s’empressent de corrompre sur la terre, c’est qu’ils soient tués, ou crucifiés, ou que soient coupés leurs mains et leurs pieds opposés, ou qu’ils soient bannis de la terre. Ils auront l’ignominie dans la vie ici-bas, et dans la vie dernière un très grand châtiment.

Résumé des exégèses du Coran concernant ce verset

Le sens du verset 2:256 donné par les exégèses publiées dans la présente étude peut être résumé comme suit:

1) Les polythéistes arabes, n’ayant pas de livre révélé, ne sont pas tolérés. Ils n’ont le choix qu’entre l’islam et l’épée. Souvent, les exégèses parlent d’Arabes, sans faire usage du qualificatif “polythéistes”. Les polythéistes sont souvent appelés “associateurs”, c’est-à-dire ceux qui associent d’autres divinités à Allah.

2) Les gens du livre, à savoir les juifs et les chrétiens, ont le choix entre se convertir à l’islam, conserver leur religion en payant le tribut, ou (mourir par) l’épée. Cette norme s’applique aussi aux sabéens et aux zoroastriens. On ne les contraint donc pas à changer de religion, comme les polythéistes. Mais ceux qui refusent de payer le tribut et de se convertir à l’islam doivent être tués.

3) Les polythéistes qui se convertissent au judaïsme ou au christianisme sont traités comme les polythéistes ; ils n’ont le choix qu’entre l’islam et l’épée.

4) Les captives et captifs juifs et chrétiens devenus esclaves ne sont pas contraints à devenir musulmans. Mais les captives et captifs polythéistes, sabéens et zoroastriens doivent devenir musulmans, car leur maître ne peut épouser leurs femmes ni manger de la viande d’animaux saignés par eux. Les enfants en revanche sont convertis de force, afin qu’ils n’adoptent pas une religion erronée.

« On entend par ‘contrainte’, en règle générale, la contrainte physique, ou plus concrètement la mise à mort » ; « Aucun exégète ne comprend le principe ‘Nulle contrainte en religion’ dans le sens du droit de quitter l’islam, ou du droit de ne pas pratiquer les obligations cultuelles »

5) On entend par contrainte, en règle générale, la contrainte physique, ou plus concrètement la mise à mort. Un seul exégète interprète la contrainte dans le sens de la mise à mort, de l’emprisonnement et de la privation des biens. Aucun exégète ne tient compte des restrictions imposées aux non-musulmans pour les inciter à se convertir l’islam, ni le paiement du tribut, ni les normes discriminatoires (comme l’interdiction du mariage avec une musulmane).

6) Aucun exégète ne comprend le principe “Nulle contrainte en religion” dans le sens du droit de quitter l’islam, ou du droit de ne pas pratiquer les obligations cultuelles telles que la prière ou le jeûne. Un exégète moderne dit expressément que le musulman qui refuse de prier ne peut invoquer le verset 2:256 – il doit être puni.

7) Certains exégètes, surtout modernes, rejettent l’accusation selon laquelle l’islam se serait propagé par l’épée, et estiment généralement que les guerres ont été entreprises pour se défendre ou pour pouvoir pratiquer le prosélytisme islamique. Mais aucun exégète n’envisage le droit des non-musulmans à convertir autrui.

8) Aucun exégète n’envisage le droit des enfants nés musulmans, et qui n’ont pas choisi la religion, de le faire une fois adulte. L’apostasie reste interdite. Celui qui est né musulman doit le rester.

« Aucun exégète ne laisse la liberté de choix aux polythéistes. Ceux-ci doivent être éliminés de la surface de la terre »

9) Les exégètes estiment que toute personne raisonnable devrait choisir l’islam, mais reste libre de ce choix. En même temps, ils estiment que la conversion à l’islam ne peut se faire qu’avec la volonté de Dieu. D’autre part, aucun exégète ne laisse la liberté de choix aux polythéistes. Ceux-ci doivent être éliminés de la surface de la terre, comme l’écrit un des exégètes modernes. Cela explique pourquoi les musulmans ne semblent pas émus par le massacre de plus de 80 millions d’hindouistes – ceux-ci sont considérés comme des polythéistes.

10) Les exégètes modernes estiment que l’Islam est la première et la seule religion qui admet le principe “Pas de contrainte en religion”, principe qui leurs semble correspondre à celui de la liberté religieuse des droits de l’homme. Aucun d’eux ne mentionne de contradiction entre la liberté religieuse prévue par les droits de l’homme et le principe islamique.

11) Il est souvent question d’abrogation en rapport avec le verset 2:256. Afin qu’on ne comprenne pas ce verset dans un sens général, applicable à toutes les situations, les exégètes ont estimé que le sens général en a été abrogé par les versets prescrivant le combat, et donc que le verset ne reste en vigueur que dans le sens restreint de non-imposition de la conversion aux gens du livre qui paient le tribut.

Antagonisme avec les normes constitutionnelles et internationales

Certes, le principe “Nulle contrainte en religion” peut être considéré comme une étape importante vers la reconnaissance de la liberté religieuse. Et sur ce plan, on ne peut nier que la reconnaissance de ce principe est un progrès par rapport au christianisme du VIIe siècle. Mais par rapport aux pratiques arabes rapportées par les sources musulmanes elles-mêmes, y compris dans les recueils des récits de Mahomet, la prescription coranique constitue une régression. La société arabe polythéiste reconnaît toutes les religions – sur ce plan, la morale polythéiste était supérieure aux prescriptions coraniques qui n’admettent que les gens du livre, dans certaines limites. Le fait que Mahomet ne donne aux polythéistes que le choix entre la conversion à l’islam et l’épée était en contradiction avec les normes admises par la société arabe de l’époque.

Si nous laissons de côté l’histoire arabe, le principe “Nulle contrainte en religion” ne peut en aucune manière être comparé au principe de la liberté religieuse prévue par les normes constitutionnelles modernes et les documents onusiens ou européens relatifs aux droits de l’homme.

Si nous nous limitons à la Suisse, on peut avancer que le droit musulman, basé sur le Coran et la sunnah, n’est pas compatible avec la conception de la liberté religieuse prévue par la constitution suisse. (…)

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Re: Sami Aldeeb

Message  Yacoub le Sam 25 Juin - 11:17

Fatwa de Sami Aldeeb concernant Ramadan فتوى سامي الذيب بخصوص رمضان

Original en langue arabe (après le texte français)

Au nom de Dieu, le tout miséricordieux, le très miséricordieux

Prière et salut à tous ceux qui suivent la bonne direction

“qui écoutent les parole, puis en suivent les meilleures. Ceux-là sont ceux que Dieu a dirigés. Ceux-là sont les dotés d’intelligence!”
(Coran 39:19).

En tant que professeur de droit musulman et de traducteur du Coran, j’émets la fatwa suivante:

En raison des dommages du jeûne sur la santé et de son impact négatif sur ​​les comportements des humains et l’économie du pays:
–  Le jeûne durant le jour sera désormais effectué durant la nuit par toutes les personnes, à l’exception du clergé parce qu’ils ne travaillent pas.
– Ceux qui travaillent la nuit et dorment le jour, ils continueront à jeûner durant le jour.
– La durée du jeûne sera de 8 heures dans toutes les régions du monde.
– La durée du jeûne sera de 30 jours.
– Chacun déterminera librement le mois durant lequel il voudrait jeûner.
– Dans tous les cas, le jeûne sera volontaire, et personne ne sera contraint de jeûner.
– Le jeûne sera interdit aux malades, aux femmes enceintes et aux enfants jusqu’à l’âge de 18 ans.
– Le jeûne sera interdit aux personnes âgées de plus de 60 ans.
– Tout jeûne en dehors de ce cadre sera sanctionné par une amende en raison des dommages causés à la santé et à l’économie du pays.
– Tout appel du clergé pour un jeûne différent de celui-ci ou qui déclarerait que le jeûne est obligatoire sera puni de six mois de prison et de deux mois de jeûne consécutifs.
. Dr Sami Aldeeb Directeur du Centre de droit arabe et musulman

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Re: Sami Aldeeb

Message  Yacoub le Sam 1 Oct - 12:14

Texte intéressant et instructif.

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Barbara LEFEBVRE. – L’histoire scolaire telle qu’elle est prescrite par les programmes officiels transposés fidèlement dans les manuels scolaires, n’est pas l’histoire universitaire. Ce n’est pas une histoire où les débats historiographiques actuels, parfois virulents, doivent s’exposer. C’est le récit du passé au regard de l’état des lieux de la recherche faisant l’objet d’un consensus académique. L’histoire scolaire sert un projet d’influence positive: transmettre aux élèves des connaissances factuelles appuyées sur une pratique du questionnement critique des sources. On espère, naïvement peut-être, qu’ils pourront, plus tard, exercer leur raison critique et penser par eux-mêmes. Or, cette discipline est le plus souvent utilisée pour exercer une influence normative sur les élèves. Aujourd’hui cela s’aggrave dans le contexte de crise identitaire sévère et de déculturation massive.

Il est intéressant de se pencher sur les nouveaux programmes d’histoire voulus par l’actuel gouvernement, dont la majorité des thèmes sont pourtant recyclés des anciens programmes. Beaucoup de bruit pour rien? Pas vraiment, car la France a atteint un point de tension identitaire proche de la rupture. L’histoire scolaire est un espace sensible sur lequel on peut agir, et si depuis les années 2000, le feu couve, depuis les attentats de 2015 en passant par le grotesque épisode du burkini, la cocotte-minute siffle. Cette tension tient à la pression des tenants d’un islam politique, minorité tyrannique dont certaines figures recyclées sous l’expression de «modérés» sont légitimées par les pouvoirs publics, qui jettent l’opprobre sur une majorité silencieuse souvent non pratiquante voire non croyante mais que tout le monde essentialise à des fins politiques. L’enseignement du fait religieux, ici l’islam, n’a donc jamais été aussi nécessaire et exigeant. Or si l’on veut lutter comme on le prétend contre l’idéologie politico-religieuse, encore faut-il ne pas mettre sous le tapis ce qui nous dérange pour enseigner une histoire de la civilisation musulmane sans aspérité, confinant parfois à l’apologétique, tout cela au service de la glorification dogmatique du «vivre ensemble».

Comment l’histoire de l’islam est-elle abordée dans les ouvrages scolaires?

Je me suis appuyée sur les programmes 2016 et les ressources officielles en ligne, puis j’ai observé comment cela était transposé dans les manuels scolaires de 5ème les plus utilisés [Hachette, Belin, Bordas, Hatier]. Que disent les programmes? «L’histoire du fait religieux […] permet aux élèves de mieux situer et comprendre les débats actuels» dans une approche qui ne doit pas être «fixiste sur une si longue période». Dont acte. Approcher la question par les notions de théocratie et de «contact» entre les chrétientés occidentale et byzantine et l’islam est judicieux mais on peut être troublé de la volonté explicite des programmes d’accorder davantage d’attention aux «contacts pacifiques» comme le commerce ou les sciences, plutôt qu’aux contacts guerriers, à savoir les croisades et le jihad de conquête. La conflictualité guerrière entre Chrétiens et Musulmans domine tout au long du Moyen Âge, et au-delà sous la forme du corso sur les rives de la Méditerranée européenne. En minimiser la portée, tant dans les faits que dans leurs représentations sociales et culturelles dans les deux espaces civilisationnels concernés, est révélateur du message politique présent: «les rapports entre le monde chrétien et le monde musulman ne se résument pas à des affrontements militaires» édictent les programmes.

Sur la question des contacts, les instructions officielles appellent à «équilibrer» en ne donnant pas trop de poids à «l’étude des événements ayant tendance à mettre l’accent sur les contacts belliqueux». C’est ainsi qu’on procède à la construction des représentations sociales et culturelles, et en cela l’histoire scolaire de 2016 n’est guère différente de celle voulue par la IIIè République et son fameux «nos ancêtres les Gaulois» honni par les tenants actuels de la pédagogie. À la différence près que l’histoire scolaire actuelle fait croire à son objectivité au service du progressisme multiculturel, ambition que n’avait pas la IIIè République qui voulait fabriquer des Français, sans distinction d’origine ou de classe sociale, à partir de la France multiple de terroirs proches et lointains. Je soulèverai un autre point: les auteurs du programme qui défendent «une approche globale des faits historiques», véritable leitmotiv des instructions officielles, ont le souci d’une «histoire mixte». Il faut entendre ici où les «conditions et actions des femmes et des hommes d’une époque seront traités de façon égale». Or, étrangement, sur la condition de la femme en islam médiéval, c’est le silence qui prévaut. De fait, aucun manuel n’évoque la place des femmes dans l’islam sinon pour évoquer une régente de la dynastie des Ayyoubides au 13è siècle [Belin] comme si cette exception servait à décrire la place de la femme en Islam. Verrait-on un historien décrire la condition féminine en France à la fin du 16è siècle à travers l’exemple de Catherine de Médicis?

La liberté pédagogique des enseignants est une liberté de moyens, il faut le rappeler, pas une liberté d’interprétation du programme. Les programmes prescrivent une orientation historiographique: ainsi on exige clairement de relativiser la bataille de Poitiers considérée anecdotique, et de fait certains manuels ne l’évoquent plus. Dans le même temps, on demande que soit étudiée l’amitié entre Charlemagne et le calife abbasside al-Rashid dont le nom est associé aux «Mille et Une nuits» où il apparaît comme le calife parfait. Or c’est une image idéalisée du règne d’arachide datant des 8è-9è siècles, puisque les historiens distinguent aujourd’hui le mythe du calife idéal véhiculé par la littérature arabe avec les sources historiques montrant qu’il a affaibli la puissance du califat abbasside comme en témoignent les émeutes populaires récurrentes, les troubles aux marges de l’empire et la violente guerre civile qui suit son règne. En outre, son «amitié» avec Charlemagne n’est que diplomatique, motivée par une volonté commune de contrer l’empire byzantin et l’émir omeyyade de Cordoue.

La religion musulmane en elle-même est-elle montrée dans sa toute complexité?

Bien sûr, dans un manuel scolaire on n’entre pas dans le détail des débats académiques sur l’historicité de Mohamed et la fiabilité des éléments biographiques à son sujet, mais on est quand même surpris de la pauvreté des informations le concernant dans les manuels. Si je résume ce que l’élève retient: c’est un marchand caravanier qui reçoit la visite de l’ange Gabriel vers 610, il fonde la première communauté musulmane et instaure le monothéisme définitivement en 630 avec la prise de la Mecque aux païens arabes. Tout semble se passer sans obstacle majeur: l’islam s’étend par la conquête et tout le monde se soumet de bonne grâce! Un manuel [Belin] s’abstient même de le présenter comme un chef d’État, commandant des armées de l’islam. Pourtant la figure du prophète, modèle parfait et indépassable de l’homme musulman, mériterait qu’on regarde de plus près son style de vie, d’autant que sa vie privée étant publique, elle fut racontée par ses disciples et se trouve exposée à titre d’exemple à suivre dans le Coran et la Hadith. Elle est connue de tous les Musulmans pratiquants, mais l’élève lui ne saura pas ce que le Musulman sait de la vie modèle de Mohamed. À moins que cette absence d’information biographique du prophète de l’islam ne s’explique par un hiatus entre nos canons occidentaux de l’homme de foi et d’État irréprochable et probe et la perception musulmane de la vie parfaite du prophète? Mais tout est question d’interprétation, la vie de Mohamed, fort humaine par ses sombres aspects, serait à replacer dans son contexte, précisément pour contrer le discours de l’islam politique, producteurs de jihadistes, martelant que le Coran par son immanence ne doit en aucun cas être interprété et invitant leurs coreligionnaires à «vivre comme le Prophète». Il serait salutaire de ne pas rester dans les non-dits par souci de ne pas heurter les susceptibilités supposées de certains élèves et leurs familles, et affronter les faits pour les replacer dans le champ rationnel de la pensée au lieu de les abandonner à l’idéologie.

Les périodes conquérantes et guerrières sont-elles justement évoquées?

La représentation des conquêtes par Mohamed puis ses successeurs est révélatrice de la complaisance avec laquelle on traite la dimension politico-juridique de l’histoire de l’islam. Toutes les précautions sont prises pour équilibrer le récit et éviter une présentation violente des conquêtes islamiques. Mais la succession des omissions ou des raccourcis des manuels conduisent à des contre-vérités historiques. Par exemple, quand on lit qu’en 630 Mohamed et ses partisans «reprennent la ville de la Mecque» [Bordas], l’usage du verbe reprendre laisse penser que la ville leur aurait appartenu, qu’il ne s’agirait que d’une légitime reconquête. Or Mohamed n’a jamais dirigé les Mecquois avant 630, il avait même dû fuir la ville en 622 avec ses 70 disciples car il y troublait l’ordre public païen. Autre élément illustrant des raccourcis mensongers: les prises de ville ou de territoire se font sans résistance. Tous les manuels suggèrent que si la conquête arabo-musulmane fut rapide c’est parce qu’elle fut facile. Si les conquêtes ont été rapides en Arabie c’est qu’il suffisait de prendre quelques grandes oasis pour étendre son autorité sur des centaines de km², puis au Moyen-Orient ou en Afrique du Nord, ce sont les divisions internes des autorités autochtones, souvent des Églises en conflit interne sur des questions tant théologique que politique, qui ont permis aux armées arabes de s’emparer rapidement des centres de pouvoir. Néanmoins cela ne se fit pas sans résistance populaire ni en Arabie où la résistance juive notamment est connue par les sources arabes elles-mêmes, ni en Syrie, en Palestine ou en Égypte. Seul le manuel Hatier éclaire un peu la dimension militaire des conquêtes.

En outre, les objectifs de la conquête ne sont jamais exposés aux élèves, or la conquête territoriale est consubstantielle à la naissance de l’islam et les propos de Mohamed dans le Coran et la Sunna sont sans ambiguïté: l’islam est prosélyte, a vocation à éclairer l’humanité, la conquête territoriale en est le principal instrument. Cette fusion du politique et du religieux doit être soulignée si l’on veut éclairer certains discours fondamentalistes actuels pour les déconstruire. Ici la notion de jihad devrait être abordée, elle sert dès le début de l’islam à une justification religieuse de la conquête de type impérialiste – tout à fait banale à l’époque – constituée de pillages, de massacres et de colonisation. L’ouvrage de Sabrina Mervin est utilisé à plusieurs reprises pour présenter les conquêtes, mais cet ouvrage n’est pas un livre d’histoire factuelle, il a un objet d’étude singulier à savoir l’histoire des doctrines de l’islam et leurs représentations. Elle insiste dans sa préface sur le fait que son livre ne retrace «pas l’histoire politique ou sociale du monde musulman» or c’est exactement ainsi que des extraits sont utilisés dans les manuels, pervertissant le travail de l’historienne. Les citations de l’ouvrage montrent un projet théocratique parfait, réalisé sans entrave, là où l’historienne décrit une représentation sociale de ce projet par les doctrinaires musulmans. La partie leçon d’un manuel [Hachette] va plus loin dans l’approximation: «Les califes musulmans prennent le contrôle d’un très vaste territoire peuplé de populations nomades. Pour contrôler cet ensemble ils développent les villes où s’installent les émirs». En quoi les peuples d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient préislamique [judaïsme, christianisme, empires perse ou romain], sédentaires depuis des siècles, ayant développé des civilisations urbaines prestigieuses furent-ils des «nomades» à l’instar des tribus bédouines d’Arabie islamisées par Mohamed? Alexandrie, Jérusalem, Damas, Yarmouk, Le Caire, Mossoul et tant d’autres ne sont pas des villes fondées par les conquérants arabes à ma connaissance. Ils ont redessiné le paysage urbain pour l’islamiser mais n’ont pas fondé ces villes qui ont gardé de nombreuses traces, notamment archéologiques, d’un glorieux passé préislamique. De telles erreurs dans des manuels d’histoire laissent perplexe.

Il y aurait beaucoup à dire sur la façon dont le contact belliqueux entre Chrétienté et Islam est décrit autour de l’épisode des croisades. On retiendra notamment dans un manuel [Hatier] que dans la leçon titrée «La violence des guerres saintes», les auteurs ne rendent compte que de la Reconquista espagnole et des croisades, à travers par exemple les crimes des Croisés comme le sac de Constantinople en 1204. Le jihad n’est pas du tout évoqué dans cette leçon inscrite pourtant dans le chapitre sur l’islam!

Quelle place est donnée à la «coexistence pacifique», notamment à l’Andalousie du Moyen Âge?

Dans le projet de montrer l’islam comme une religion ouverte et tolérante, le thème de la «coexistence pacifique» sur le modèle andalou est devenu habituel. En dépit des historiens, et des sources arabes elles-mêmes, décrivant la vie sociale et économique des dhimmis [Juifs et Chrétiens vivant en terre d’islam], on propose aux élèves une vision non seulement angélique mais déformée de l’histoire. Tous les manuels scolaires insistent sur le très bon accueil que les populations conquises auraient fait aux conquérants, cela n’étant démontré aux élèves qu’à travers des sources arabes, or leur objectivité est discutable. A-t-on souvent vu le vainqueur s’accordant le mauvais rôle? La critique des sources sert à éviter les anachronismes! Dans les manuels, il apparaît qu’en Arabie, après 632, tout le monde est devenu musulman comme par magie, sans pression guerrière. C’est omettre que la conquête avait pour conséquence le choix entre la conversion ou la mort pour les païens et certaines tribus juives. Bien des populations se sont converties pour survivre et il en fut de même dans tout le bassin méditerranéen conquis par les Arabes, depuis les Berbères judaïsés ou Syriaques christianisés jusqu’aux populations zoroastriennes condamnées à disparaître. Il est déconcertant de voir que les manuels utilisent la source musulmane sans appareil critique pour offrir une vision idyllique des relations entre Musulmans et non Musulmans. On trouve des textes de différents auteurs arabes médiévaux que l’élève est amené à accepter de facto. Par exemple, cette citation d’Al-Baladhuri datant du 9è siècle est utilisée dans plusieurs manuels et dépeint juifs et chrétiens acceptant l’invasion musulmane de la Syrie comme une bénédiction: «Les habitants ouvrirent les portes de leur ville sortir avec les chanteurs et les musiciens qui commencèrent à jouer et payèrent la capitation».La seule question posée à l’élève est «Comment les musulmans sont-ils accueillis?». L’élève doit paraphraser l’auteur, prenant ses dires pour une vérité, objet d’une généralisation plus loin dans la leçon du manuel. C’est comme si on apprenait la vie de Charlemagne uniquement à travers la chronique d’Eginhard! D’autres textes arabes sont exploités présentant la conquête de Jérusalem par Omar puis Saladin comme une libération des oppresseurs byzantins ou un acte de pacification. On passe sous silence que pour les chrétiens, majoritaires dans ces régions au haut Moyen Âge, la conquête islamique signifiait la perte de souveraineté, et pour les nombreuses communautés juives il s’agissait de passer d’un oppresseur à un autre. Donc quand on lit: «dans les territoires dominés par les Arabes, les populations se convertissent peu à peu à l’islam» [Belin ; Hatier], on a le sentiment que rien n’est fait pour éclairer les conditions de cette islamisation qui, à l’instar d’autres conquêtes antiques ou médiévales, signifiait la dépossession des autochtones de leur souveraineté, de leur droit de propriété, leur soumission sociale et culturelle. En Espagne, par exemple, les Chrétiens ont résisté comme à Tolède en 713, et les représailles furent féroces avec mutilations et crucifixions publiques. La façon dont les manuels évoquent la «coexistence» entre les trois religions sous domination musulmane est sinon fausse du moins partiale car elle n’éclaire pas les conditions de la soumission en parlant de «coexistence».

Le pacte de dhimma que Mohamed imposa en 628 aux juifs de l’oasis de Khaybar servit ensuite de modèle à tous les conquérants arabes, la dhimma est essentielle pour comprendre comment les représentations collectives du non Musulman se sont forgées à travers les siècles dans le monde islamique. C’est le cadre juridique, social et économique reposant sur une base théologique, d’une société parfaite. C’est un pacte de protection que le vainqueur accorde à des communautés juives et chrétiennes. Or, la société islamique est organisée sur une base juridico-théologique discriminatoire avec les Musulmans arabes en haut de la pyramide sociale et politique, puis viennent les Berbères islamisés, puis les muwalladun, les convertis non arabes, et au plus bas de la société, avant les esclaves, on trouve les dhimmis, dont la situation est caricaturée par un manuel: «Ils restent libres de pratiquer leur religion contre le versement d’un impôt». Un autre s’appuie sur un texte d’al-Tabari du 9è siècle pour évoquer la dhimma mais sans la définir et en expliquer la dimension discriminatoire qui prévalut partout en territoires islamiques jusqu’à son abolition en 1856. Elle faisait vivre dans une perpétuelle incertitude les concernés, exposés à l’arbitraire du calife ou d’un sultan plus autocrate que le précédent qui par exemple augmentait la jizya [capitation] déraisonnablement pour pousser à la conversion ou rançonner les communautés, comme les Juifs et les quelques Chrétiens d’Hébron au 19è siècle. Si la jizya était graduée, elle était aussi exigée des veuves, des orphelins et même des défunts. Si beaucoup de Juifs et de Chrétiens échappèrent à la conversion pour entrer dans le statut de dhimmi, des historiens ont montré qu’au fil des siècles, ils furent aussi nombreux à se résoudre à la conversion pour espérer une meilleure intégration et échapper à une vie de paria particulièrement en termes d’infériorité sociale et juridique. Parlerait-on de «coexistence pacifique» si les manuels acceptaient de décrire les clauses humiliantes de la dhimma comme le port de signes distinctifs obligatoires – invention arabe que l’Église reprendra pour stigmatiser les Juifs européens à partir du 13è siècle – l’interdiction de prière collective sonore, l’obligation faite aux édifices chrétiens et juifs d’être moins hauts que les mosquées, quand ce ne fut pas parfois l’interdiction de construire un nouveau lieu de culte, l’interdiction de monter à cheval et porter une arme, enfin la parole du dhimmi devant la justice qui vaut moins que celle du musulman et des sanctions différant en fonction de la religion du coupable. Ces règles, fixées par la Loi musulmane, furent appliquées partout dans le monde islamique, avec plus ou moins de rigueur selon les dirigeants. Il n’en reste pas moins que résumer la dhimma à la protection des minorités religieuses contre paiement d’un impôt est une semi-vérité ou semi-mensonge, comme on préfère.

Quid de l’importance des échanges entre civilisations?

Depuis plusieurs années, dans l’objectif, certes louable, de démontrer que l’islam est une religion ne se résumant pas à son obscurantisme politico-religieux actuel, on répète comme une vérité que l’Occident a bénéficié de la présence musulmane en Andalousie, que sans les savants arabes nous aurions oublié notre héritage grec. Je constate que le mythe d’al-Andalus est devenu paradigme et s’est ainsi élargi à l’ensemble de l’espace politique sous domination arabo-musulmane. L’Occident serait débiteur de la science arabe médiévale, voila ce qui émerge des manuels qualifiant unanimement la civilisation islamique de «brillante». Évidemment, il ne s’agit pas de remettre en question la réalité du carrefour civilisationnel que fut le monde musulman médiéval, passeur de savoirs, mais de s’interroger sur la façon simpliste dont les faits sont présentés et construisent des représentations collectives qui font sens commun aplatissant l’Histoire issue du consensus académique. Le discours laudatif voire un peu naïf sur l’âge d’or de la civilisation arabe médiévale paraît servir à trier ce qui nous arrange et favorise l’image que l’on juge bénéfique aux temps présents, celle de l’islam lumineux. Mais ce projet idéologique dessert la pensée scientifique autant que les intellectuels de cet espace culturel luttant dans leur propre pays pour faire émerger un discours scientifique et distancié sur leur passé. On réécrit pour les élèves la science arabe médiévale pour la mettre, non pas sur le même plan que les autres civilisations, mais au dessus et on en gratifie l’islam alors que la religion n’a rien à voir dans cette affaire. Attribue-t-on la révolution copernicienne au Christianisme ou la théorie de la relativité d’Einstein au judaïsme?

Dans un des manuels [Hachette], on cite un chroniqueur arabe du 11e siècle, Saïd al-Andalusi, sans distance critique pour l’élève qui ainsi apprendra qu’avant l’arrivée des Arabes «ce pays ne savait pas ce qu’était la science et ceux qui l’habitait ne connaissaient personne qui se fut rendu illustre par son amour pour le savoir». Puis vient un passage sur l’apport des Arabes aux sciences anciennes et modernes par la traduction des savants grecs. Cette lecture apologique est corroborée par une consigne d’activité: «Montrer que la présence des musulmans d’Andalousie permet de développer les sciences et la philosophie grecque en Occident» et par la leçon qui répète que «les textes des auteurs antiques sont redécouverts en Occident par l’intermédiaire de leur traduction en arabe». On passe sous silence un fait majeur: nombre de ces traducteurs étaient de langue arabe mais n’étaient ni des Arabes, ni musulmans. Ce furent des Juifs comme Maïmonide, ibn Tibbon ou Yossef Kimhi et surtout des Chrétiens principalement syriaques qui réalisèrent cette translation des savoirs antiques vers l’Occident. On sait de différentes sources, que des califes, comme al-Mahdi ou al-Rashid, commandaient aux chrétiens syriaques des traductions d’Aristote par exemple. L’historien arabe ibn-Khaldoun lui-même rappelle que le calife al-Mansur au 8è siècle demanda à l’empereur byzantin de lui adresser des traités de mathématiques et de physique d’auteurs grecs. Avicenne, al-Farabi, Sohravardi étaient des perses, héritiers des savoirs préislamiques de cette civilisation au contact de l’Asie et du Moyen-Orient. Concernant l’algèbre, on sait que la plupart des savoirs arabes sont directement issus des connaissances antiques, grecques, indiennes et babyloniennes. Quant à la médecine, on veut enseigner aux élèves que les médecins arabes étaient plus modernes, mais ici encore on omet de préciser que nombre d’entre eux n’étaient ni musulmans ni arabes, à l’instar du célèbre médecin chrétien nestorien Ibn-Ishaq du 9è traducteur de Galien, Platon et Aristote en syriaque puis en arabe, dont les découvertes en matière d’ophtalmologie ont été décisives ou de Ibn Masawayh au 9è siècle médecin chrétien qui traduisit et rédigea nombre de traités en arabe. Quant aux connaissances astronomiques des Arabes, elles sont directement issues des savoirs grecs, chaldéens et babyloniens. Le manuel Hatier fait exception en rappelant qu’un grand nombre de savoirs arabes transmis en Occident sont issus de découvertes chinoises.

Pas une phrase sur la philosophie arabe sans citer Averroès, autochtone espagnol faut-il le rappeler, symbole de l’ouverture d’esprit de l’islam de l’âge d’or. Mais on se garde toujours de mentionner que son contemporain, le juriste al-Ghazali a réfuté la vision rationnelle d’Averroès ce qui conduisit à son bannissement pour hérésie, ses livres furent brûlés. Ce sont les traductions latines médiévales qui permirent à la pensée d’Averroès de survivre et aux Musulmans de le redécouvrir pour en faire maintenant un symbole de leur esprit d’ouverture! Dans un autre manuel [Hatier], on cite un édifiant extrait d’Amin Maalouf: «dans tous les domaines les Francs se sont mis à l’école arabe aussi bien en Syrie qu’en Espagne, en Sicile», suit une liste à la Prévert des domaines ayant été ensemencés par les savoirs arabes. En revanche, on ne sait pas ce que les Occidentaux ont apporté aux Arabes, ‘sans doute rien’ se dira l’élève, de ce fait le titre de la leçon, «les échanges culturels», ne fait guère sens puisque les bienfaits civilisationnels ne semblent pas avoir été réciproques. Les manuels peuvent saluer le réel talent de passeurs des savants du monde islamique qui surent développer des savoirs établis, ou utiliser des traductions d’auteurs anciens, mais on attend d’un ouvrage scolaire qu’il soit précis: transmettre les savoirs acquis par les peuples autochtones conquis, ce n’est ni en être l’auteur, ni l’inventeur.

La délicate question de la traite orientale est-elle abordée?

À part le manuel Belin proposant un texte d’al-Yacoubi qui évoque les «esclaves noirs attachés» au service du calife al-Mansour sans pour autant attirer l’attention des élèves sur ce point dans les activités jointes, aucun manuel n’évoque la question de la traite arabe. Comme le soulignait déjà en 1992 Marc Ferro, «si l’inventaire des crimes commis par les Européens occupe à juste titre des pages entières [dans les livres scolaires], la main a tremblé dès qu’il s’agit d’évoquer les crimes commis par les Arabes». Il faut dire que le récit de la traite négrière viendrait altérer grandement l’image que les programmes et les manuels scolaires souhaitent donner aux élèves de la civilisation musulmane médiévale. La traite orientale a, en effet, ponctionné l’Afrique pendant treize siècles, de 652 avec le traité d’Ibn Saïd imposé aux Soudanais du Darfour, jusqu’à l’aube du 20è siècle, et il est difficile de trouver trace de mouvements abolitionnistes arabo-musulmans à la différence des Européens qui luttèrent pour l’abolition de ce commerce inhumain contre leurs contemporains négriers. Les traites arabes ont conduit à la déportation d’au moins 17 millions d’individus selon les études d’éminents historiens, à la servitude de jeunes filles africaines dans la sphère domestique et intime puisque beaucoup d’entre elles servaient d’esclaves sexuels, pratique que le Coran autorise [33-52 ; 5-43 ; 4-2 ; 23-1 ; 33-02 ; 5-29]. La traite arabe a également une spécificité rarement rappelée: la castration de 7 captifs sur 10 destinés à être eunuques mais dont la majorité mourrait des suites de l’opération. Cette vaste entreprise de castration explique en partie le peu de trace que les esclaves africains ont laissé dans la démographie des sociétés musulmanes orientales, alors que les millions d’esclaves de la traite atlantique ont eu une grande descendance peuplant aujourd’hui le continent américain. On pourrait espérer que ce sujet soit traité plus tard dans la scolarité mais il n’en est rien car l’esclavage subi par l’Afrique subsaharienne pendant des siècles se résume à la traite atlantique. Ici encore, on le voit, l’histoire scolaire poursuit un objectif qui s’éloigne de sa prétention affichée à éclairer la conscience des élèves pour en faire un citoyen éclairé et de développer chez lui l’esprit critique qui passe par l’analyse des sources historiques et non l’apprentissage d’une doxa.

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Re: Sami Aldeeb

Message  Yacoub le Sam 29 Oct - 14:39

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J’ai reçu une lettre de cinq pages d’un Algérien vivant en France. Je me permets de commencer par vous donner ma réponse, suivie de la copie des cinq pages en question.

Cher Monsieur,

Merci de votre longue lettre que j’ai lue attentivement. Certes Riposte laïque me publie, mais je serais aussi d’accord que mes textes soient publiés dans toute revue et tout journal qui voudraient bien les publier… y compris en Algérie, au Maroc, en Egypte, en France, etc……. S’ils refusent de le faire, ce n’est pas de ma faute.

Je porte la Palestine dans mon cœur certainement plus que vous. Je vous renvoie à mes écrits… et à cette vidéo en arabe:

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Salir l’islam: non Monsieur, je ne salis pas l’islam mais je propose des remèdes pour mettre fin à ses normes criminelles dont les musulmans et le reste de l’humanité sont victimes… y compris les Palestiniens et les Algériens….

Vous confondez l’islam et les musulmans. Les musulmans sont mes frères humains, et l’islam est une religion cancérogène. Je suis tenu d’aimer les allemands, mais pas le nazisme. Je suis tenu d’aimer les musulmans, mais pas l’islam. Si cela vous intéresse, je vous renvoie à mes ouvrages, dont ma traduction française du Coran: [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

Sami Aldeeb, Professeur des universités
Directeur du Centre de droit arabe et musulman
Traducteur du Coran en français et auteur de nombreux ouvrages
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Lettre de mon correspondant algérien vivant en France dont le nom est Ghouti Fayçal

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Posted by Aldeeb at 21 h 35 min




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