La Kaaba, un héritage et un vestige de Babylone

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La Kaaba, un héritage et un vestige de Babylone

Message  Arlitto le Lun 18 Avr - 13:57

La Kaaba, un héritage et un vestige de Babylone






L’arrivée du patriarcat en Arabie

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]Le patriarcat s’est installé progressivement par la guerre à partir du IVème siècle avant Jésus-Christ, et semble commencer à Sumer en Mésopotamie. Les anciennes déesses-mères ont été conquises, assimilées, puis remplacées, par les nouveaux dieux-pères (Olympiens, Aesirs nordiques…). Il en est de même avec les divinités matriarcales arabes (Allat, Uzza, Manat), désormais dominées par les nouveaux dieux conquérants venus de Babylone (Hu-Baal).



Jérusalem, première direction de la prière islamique

La Mecque était le sanctuaire pré-islamique le plus important de toute la péninsule arabique. A l’origine, la ville n’était pas au centre de la religion musulmane, les croyants se tournant vers Jérusalem. La direction de la prière (la kiblah) répond à des règles très strictes énoncées par Mohammed dans le Coran. Au début, la kiblah correspond à la direction de Jérusalem (s.2, v.36), pour satisfaire les convertis d’origine juive ou chrétiennePuis, afin d’asseoir définitivement son autorité tout en contentant la masse des nouveaux fidèles d’origine païenne, la kiblah se tourne vers la Mecque, haut lieu millénaire païen. La vénération de la pierre fut une occasion pour Mohammed de ramener vers lui les païens.

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Re: La Kaaba, un héritage et un vestige de Babylone

Message  Arlitto le Lun 18 Avr - 13:58

La Mecque, la Kaaba et les origines de l’Islam


La Mecque - la Kaaba

La KAABA, (= cube = Dé = D = 4 = représentation symbolique de la Terre), la Kaaka existait bien avant l'arrivée de l'Islam.

On sait qu'il existait au Proche et Moyen Orient au minimum, une vingtaine de monuments de ce type, érigés pour des cultes de Bétyles, dits "cultes de la pierre", puisque dans ces édifices, les représentations des dieux, ou les fonctions des dieux, étaient personnifiées par différentes sortes de pierres.

Des temples érigés en cube se retrouvent en Afghanistan (Atesgah) et en Iran, partout où l'enseignement de Zoroastre a essaimé.
Au site de la Mecque, 360 représentations de pierres étaient rassemblées dans un édifice cubique.

C'est en l'an 630, sous l'influence de Mahomet, que l'on a détruit les traces de ce culte païen, Mahomet n'ayant conservé que quelques pierres, dont la météorite, la pierre noire qui a été enchâssée dans l'angle Est du cube, lors de la reconstruction du temple, probablement une pierre particulièrement vénérée car, "venue du ciel", peut être aussi la première, elle aurait pu justifier par sa chute, le bornage du lieu sacré. (Il existe aussi une pierre blanche dans l'angle sud.) Le puits de ZemZem, source jamais tarie participe grandement à vénérer ce lieu de vie.


Allah désignait, pour les musulmans, le dieu fondateur de la Kaaba, la fonction primordiale des 360 représentations divinisées, 360 évoque un découpage de l'année en 360 jours, ou un découpage du cercle, tel qu'on le connaissait depuis longtemps en Égypte, en 360 parties. (la planisphère céleste de Dendérah est découpée en 36 décans: 36x10)
 
Ce mot d'origine sémitique désigne une divinité, (EL, AL, L = appellation non personnifiée de dieu).

En Arabie, "Allah" était l'appellation donnée au "dieu Lune", un dieu d'un rang très élevé parmi les autres, associé à trois autres divinités: Allât, al-Uzza et Manat.

- A Ta'if, au sud-est de la Mecque, Allât était la divinité principale, représentée sous la forme d'une roche cubique (une météorite ou une roche volcanique) autour de laquelle, était édifié un sanctuaire connu sous le nom de "La maison de la déesse".

- Al Uzza, représentation de Vénus, était très vénérée, dans une vallée près de la Mecque, statue féminine installée près d'un arbre, sur ordre de Mahomet son arbre fut abattu et son sanctuaire détruit en l'an 8 de l'hégire.

- Manat, similaire à la déesse égyptienne Maat, déesse de la justice et de la mort a connu le même sort qu'Al Uzza.

Le problème de cette période historique, c'est que le Soleil, astre primordial entre tous, élément crucial de compréhension de l'horloge cosmique, se voit détrôné par la Lune pour des raisons purement climatiques.
Le culte, servant de chaîne mémorielle, se détourne de sa fonction première, car la désertification, gagne du terrain, la chaleur devient accablante, aussi le Soleil autrefois adoré perd sa place dans le cœur des hommes et se voit remplacé par l'astre de la nuit, associé à la fraîcheur.

Difficile alors de retrouver la justification d'une connaissance astronomique qui aurait pu arriver jusqu'à nous.

Peut-on encore trouver trace de cette connaissance en ce lieu ?

A priori, il semble que l'ouverture pratiquée dans l'édifice cubique, respecte une plage d'angles pouvant inclure les levers solaires de la ligne des Passages, cependant, à ma connaissance, aucun objet ou promontoire ne vient confirmer un axe rigoureusement précis, justifiant ce savoir.

Si l'ouverture a été conservée dans la même position, lors de la reconstruction, on pourrait en déduire, que par le passé ce savoir était clairement signifié et, logiquement, la pierre noire, vénérée entre toutes, aurait dû être positionnée à une des extrémités de l'axe central de la porte ouverte à la lumière.

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Le culte pré islamique des Bétyles, (= pierres), est largement répandu.

Originellement, il s'agit toujours d'un culte solaire, l'arrivée de la Lune est tardif, (lié au changement de climat), malheureusement, la Lune en remplaçant le Dieu premier, le Soleil, fausse définitivement la voie d'une compréhension astronomique.

- En Syrie, l'antique ville d'Emèse, (actuellement Homs), fut un lieu sacré, où se vénérait, une pierre noire conique, tombée du Ciel. Il s'agissait d'un culte solaire que Varius Avitus Bassianus, prince syrien, devenu empereur romain en 218, grand prêtre du dieu Soleil invincible Elagabal, voulu rendre prédominant.

Élagabal = El -> Dieu + Gabal -> montagne, hauteur.

- En Syrie à Bostra et en Jordanie, à Petra, était honorée la pierre noire de Dusares.

Dusares = du Sharâ = Soleil Sha (Mont Sharâ à l'Est de Petra).

Ce bétyle était une pierre cubique, symbole du culte solaire des Nabatéens au 4ème siècle, plus tard les grecs le reliront au culte de Dionysos.


Faisant allusion à la pierre noire de Dusares à Petra, Clément d'Alexandrie mentionnait vers 190 "les Arabes adorent des pierres". Ou encore Maximus Tyrius, au deuxième siècle après J.C. : "les Arabes rendent hommage à je ne sais quel dieu, qu'ils représentent par une pierre quadrangulaire."

Quand Mahomet détruisit les 360 idoles contenues dans la Kaaba, il conserva la Pierre noire, en déclarant qu'elle était un ancien cadeau d'Allah.

Les idoles les plus anciennes ne sont jamais anthropomorphes, elles sont minérales, souvent dans leur forme naturelle, ou si elles sont taillées, elles sont géométriques, car elles correspondent à une symbolique de fonctions, ou de forces. En définitive, elles sont plus proches d'un savoir originel.

La perte du savoir, fait naître des cultes sanguinaires où seule la superstition, l'hystérie collective déclenchait des forces que l'on a assimilé à des réponses divines.

Les cultes se succèdent, cherchant un équilibre, mais comme le savoir est perdu, ils se remplacent par d'autres formes d'idolâtrie humanisée, aujourd'hui on embrasse, les statues des saints, les pieds de la vierge, le mur des lamentations, la statue de Bouddha, n'importe quelle relique.... est-ce bien différent ?

Où se situe le progrès ?

Une antique idole de pierre d'une tribu libyenne exposée au musée de Tripoli, nous montre qu'elle n'était pas forcément l'expression d'une adoration dénuée de sens. La coupe de la pyramide de Mykérinos se superpose avec suffisamment de précision pour nous le confirmer.

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Re: La Kaaba, un héritage et un vestige de Babylone

Message  Arlitto le Lun 18 Avr - 13:58

ka'aba d'Ateshgah - Azerbaïdjan

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Ka'aba de Zoroastre - Iran

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Les anciens chroniqueurs rapportent qu'avant l'avènement de l'islam (jahilya), il y avait 24 ka'bas dans la péninsule arabique, mais celle de La Mecque était vénérée par toutes les tribus.

Kaaba
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La Circumambulation et son origine païenne

Message  Arlitto le Lun 18 Avr - 14:05

La Circumambulation et son origine païenne


Circumambulations (tawâf) d'adieu autour de la Kaaba à La Mecque




Tibetan Circumambulation Nagarjuna Stupa, Kalachakra Initiation Amravati 2006 




Buddha Shakyamuni Windhorse Retreat Circumambulation in Front of the PSL Temple





Circumambulation autour du Mandala du Bouddha 



Circumambulation autour du Mandala du Bouddha de Médecine lors de la cérémonie de consécration du Mandala réalisé par les Moines de Sera Mey en juin 2013, conduite par Yangtsé Rinpoché et Yangten Rinpoche
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Re: La Kaaba, un héritage et un vestige de Babylone

Message  Arlitto le Lun 18 Avr - 14:10

Francs-maçonnerie


Circumambulation du Maître des Cérémonies


La circumambulation aussi appelée plus rarement circambulation, vient du néoligisme latin formé des mots CIRCUM ( autour) et AMBULARE (marcher), ce qui donne CIRCUMAMBULARE donc marcher autour.  

Le dictionnaire la définie, comme étant une pratique religieuse consistant à faire à pied le tour d’un sanctuaire.  
La CIRCUMAMBULATION, s’avère être un rite universel commun à de nombreuses traditions. Elle semble avoir été, originairement et primitivement un rite de pluie.  

Le maître des cérémonies, désigne la personne qui dirige une cérémonie, une fête, une soirée ou un spectacle. Une cérémonie suggère une activité « porteuse » de multiples significations rituelles qui se déroule à l’occasion d’une circonstance spécifique. Un rituel est une répétition, exécuté dans le cadre d’une tenue, à formes fixes, chargée de significations symboliques. Le rituel est réglé, fixé, codifié et le respect de la règle garantit l’efficacité du message et de sa symbolique.  

En Franc-maçonnerie, le Maître des cérémonies, est membre du collèges des officiers, il est responsable du bon déroulement de la tenue. Le Maître des cérémonies est très présent dans le temple, il le prépare en fonction du rituel, il y accueille ses frères et est chargé d’accompagner tous ceux qui doivent, pour quelques raisons que se soient, se déplacer dans le temple.

Ce déplacement se fait dans le sens des aiguilles d’une montre, et en gardant le centre à sa droite. Ce sens de rotation, est appelé dextrocentrique solaire plus communément dextrogire, par opposition au sens contraire appelé sinistrocentrique ou lévogyre.

En Franc Maçonnerie, la CIRCUMAMBULATION définit les règles à respecter lorsque nous nous déplaçons dans le temple, nous pratiquons la CICUMAMBULATION solaire.

Précédés du Maître des cérémonies, les Francs Maçons doivent se déplacer avec ordre et rigueur, dans le sens prévu par le rituel, par exemple, l’entrée ou les déplacements en loge, s‘effectue toujours en partant du pied gauche, tout du moins, pour ce qui est du R.E.R. La notion de marche ( plusieurs pas consécutifs) est primordiale et liée à la CIRCUMAMBULATION. Le pas, c’est un engagement, ne dit-on pas s’engager sur un chemin lorsque l’on fait le premier pas. Le pas est la première véritable transmission que reçoit l’initié de la part du second surveillant.

La circulation à l’intérieur du TEMPLE s’effectue autour du tapis de loge, elle nous rappelle le voyage initiatique que nous devons finir, mais nous désigne surtout l’axe, cet axe est symbolisé par l’espace sacré délimité par les trois colonnes, ce symbolisme est extrêmement puissant car il représente un point inaccessible, moteur de l’univers et invite à la verticalité, a la recherche par le haut autrement dit à l’élévation spirituelle. Le fait de tourner autour du tapis nous fait réaliser, par le mouvement, un cercle.

La plus part du temps, elle s’effectue dans le sens des aiguilles d’une montre, et en gardant le centre à sa droite. Aller vers la droite est en général considéré comme bénéfique, regarder à gauche c’est se tourner vers le passé, par conséquent ce qui est concerne la gauche est appréhendé du coté « mauvais » ne dit on pas se lever du pied gauche, ou encore passer l’âme à gauche. Il ne faut surtout pas confondre le coté gauche avec, l'entrée en loge au R.E.R qui se fait avec le pied gauche qui a une tout autre signification. (coté coeur)

Ce mouvement donc, le cercle, est un mouvement sans fin ou l’on se retrouve immanquablement au point de départ. D’ailleurs le propre du cercle c’est de n’avoir ni début ni fin. Elle symbolise les différents cycles de la vie, de l’univers, la rotation apparente du soleil, de la lune, de la vie, de la mort. Le sens giratoire de rotation et tout à la fois solaire et de vénération. On se déplace de la gauche à la droite pour maintenir constamment à sa droite le point sacral.

La CIRCUMAMBULATION :

- les Hébreux la pratiquaient autour de l’aute (Ceci est faux, c'est moi qui souligne !)
- les Arabes la pratique autour de la Ka’ba, de la Mecque, reprenant en cela un rite préislamique ;  
- les Bouddhistes la pratique autour des stûpa (le Bouddha l’avait faite autour de l’arbre de Bogh Gaya) ;  
- les Tibétains (Bön-Po et Lamaïstes) autour des temples, autour des chorten ;  
- les Cambodgiens tournent autour d’une maison neuve, autour d’un autel ;
- le roi tourne autour de la capitale dont il prend possession ;  
- l’Evêque catholique n’en fait-il pas autant autour de l’église qu’il consacre ?
- le prêtre autour de l’autel qu’il encense ;  
- la circumambulation est pratiquée largement en Inde ;  
- en Chine elle l’était par l’Empereur dans son Ming-T’ang ;  
- elle est connue des populations central asiatiques et sibériennes ;  
- c’est après une circumambulation autour du pilier céleste que s’unit le couple  primordial selon la mythologie nippone.

La CIRCUMAMBULATION du Maître des Cérémonies ne se fait pas uniquement autour du tapis, car lors des cérémonies de réception, les trois voyages sous l’égide du maître des cérémonies en font parties, au Régime Ecossais Rectifié. La marche se fait dans un sens précis, a savoir de l’occident à l’orient par la voie du NORD et de l’orient à l’occident par la voie SUD, de façon à avoir la droite du corps vers le lieu très SAINT.

Respecter les pas, et appliquer avec rigueur, la CIRCUMAMBULATION permet à chaque frère de retrouver ses repères dans l’univers, afin de ne pas se perdre. En nous conformant au sens du rituel, nous créons l’unité, nous créons l’ordre, à partir du chaos.

Et pour conclure vénérable Maître, je crois que la circulation est logique et porteur de sens symbolique, pour chaque frère et pour l’atelier en son ensemble.
Le respect de la CIRCUMAMBULATION pour chacun d’entre nous, montre la rigueur et l’attachement, que nous vouons à notre rituel et témoignent aussi du sérieux des travaux, qui sont accomplis dans notre respectable loge.

J’ai dit Vénérable Maître

A\.G\

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Re: La Kaaba, un héritage et un vestige de Babylone

Message  Arlitto le Lun 18 Avr - 14:12

Circumambulation

« Et c'est lui Qui a créé la nuit et le jour, le soleil et la lune, chacun voguant dans une orbite.»
Coran - Sourate 21, Al-Anbiyâ', Les prophètes, verset 33.

« Truth is the perfect circle. Its center is everywhere; its circumference stretches into infinite space. The land on which we stand is sacred ground; no matter where we stand. »
Lama Surya Dass, Awakening to the Sacred

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La plupart des rituels de la Franc-maçonnerie, pratiquent la « circumambulation », particulièrement dans les formes continentales de l'Ordre. On appelle ainsi la façon de se déplacer dans la Loge, depuis l'Occident en passant par le Nord, l'Orient et le Midi si nécessaire. Ainsi la circumambulation est dite "dextrocentrique" c'est à dire que le centre de la Loge se trouve sur la droite de celui qui se déplace. Cette pratique d'une marche réglée dans un sens afin de dessiner au sol une forme circulaire ou de marquer les angles d'un lieu réputer accueillir une cérémonie particulière est, comme le symbole du point au centre d'un cercle, directement héritée des danses ternaires sacrées du paganisme. Il s'agit de développer, par le mouvement, une énergie propice à la matérialisation du sacré dans une enceinte. On retrouve ce mouvement particulier dans certaines fêtes calendaires celtiques et paléo-germaniques, particulièrement les célébrations des douze jours d'hiver qui rappellent les traditions anciennes de l'Inde et de la Grèce antique. Ces célébrations de douze jours reproduisent l'image du mouvement de la marche en reflet des mouvements lunaires. Ils marquent, autour du solstice d'hiver, le début de l'année et préfigurent les douze mois qui viennent. Leur déclinaison fixe vraisemblablement un calendrier correspondant à la décroissance de la lune qui suit le solstice, à l'exacte transposition, à l'autre solstice, de la période où l'on pratique les rituels de la danse circumambulatoire.


De fait, dans les rites continentaux, et, particulièrement au REAA, la marche est réglée de manière à déambuler à l'intérieur du Temple, une fois les travaux ouverts régulièrement, de manière à marquer les angles. On tournera autour de ce que l'on nomme « pavé mosaïque », c'est-à-dire un tableau en damier formé de cases noires et blanches et sur lequel, parfois, on aura disposé une représentation symbolique des outils du travail maçonnique. On comprend aisément que pour les Rites Anglo-Saxons de type Emulation dans les Temples desquels le pavé recouvre souvent toute la Loge, la systématisation de cette pratique ambulatoire est moins marquée, ainsi, la procession d'entrée et de sortie traverse-t-elle la Loge de part en part en passant à la gauche du Premier Surveillant sans se préoccuper, par la suite, du sens giratoire. Il s'agit bien, on l'aura compris de délimiter le centre au cœur du cercle, plus que déterminer de l'existence du Sacré sur une image binaire. Si l'on considère attentivement ce point rituel, on comprend mieux les difficultés à nuancer le manichéisme induit par l'alternance.


Cette pratique de la marche à l'intérieur d'un Temple est coutumière au bon déroulement de cérémonies religieuses ou rituelles et son origine remonte à la plus haute antiquité. Soit qu'elle ait pour objet de repousser les démons, soit qu'elle soit nécessaire à la Création du Monde, cette marche reproduit les mouvements naturels observés dans le ciel et sur la surface des eaux.
"Le soleil se lève, le soleil se couche; il soupire après le lieu d'où il se lève de nouveau."
Ecc 1:5 
"Le vent se dirige vers le midi, tourne vers le nord; puis il tourne encore, et reprend les mêmes circuits."
Ecc 1:6

Sur la rive nord de la méditerranée, on écrit de gauche à droite comme on tourne de gauche à droite dans les lieux consacrés. Il est de coutume d'y voir le prolongement d'un mouvement solaire. En extrême Orient, on entre dans les Temples par la gauche car ce sens de circulation est impossible aux esprits malfaisants. La circumambulation est aussi le nom donné par l'Islam à la ronde cérémonielle autour de la Ka'aba lors du pèlerinage. Dans ce cas, cependant, l'ambulation s'effectue de manière différente, on tourne par la droite, comme dans le judaïsme antique. C'est ainsi que, selon la tradition du Nouveau Testament, Jésus ne pouvait pas entrer dans le Temple de Jérusalem par la même porte que les autres Juifs, ainsi, au lieu d'entrer, comme eux, par la droite, il circulait à l'intérieur par la gauche. C'est l'une des explications données pour entrer dans les églises par la porte de gauche.


Le rite de la circumambulation est commun à l'ensemble des traditions monothéistes et celtes fournit une matière d'étude comparative qui ne manque pas d'intérêt. Approfondir ce rite particulier peut nous éclairer sur certaines survivances particulières au corpus symbolique de la maçonnerie. Survivance que l'on retrouve encore aujourd'hui, même si elles sont souvent entourées d'interprétations souvent erronées ayant pour objet la « réintégration » de ses pratiques dans le moule particulier de certaines formes de croyances. Pour en revenir à notre rite d'ambulation, il semble que son sens profond soit à rechercher dans les pratiques primitives de la religion, à l'époque où le chamanisme était assez couramment répandu. Cela semble avoir été d'abord, primitivement un rite de pluie. La similitude frappante des traits communs quant à son accomplissement, le passage de la marche à trois pas et le fait de déambuler pour déterminer le lieu sacré se confirme jusque dans les traditions mystiques des principales formes religieuses de la méditerranée et du nord de l'Europe. La procession autour de l'autel, sanctuaire central, qui deviendra tapis mosaïque ou tableau de Loge, voire, dans le Style Emulation, détermination de l'univers du chantier, symbolise l'intégration des attributs de la conscience Sacrée dans l'âme de l'adepte de telle manière qu'il prenne conscience de sa propre présence et qu'il s'identifie au Centre permanent de l'intérieur d'un cercle dont la circonférence est universelle.


La circulation dans le sens solaire durant les cérémonies est attestée depuis l'antiquité grecque. Lorsque les prêtres de cette époque procédaient aux sacrifices, il était de coutume de tourner trois fois autour de l'Autel en chantant des hymnes sacrés composés de trois parties ; la strophe, l'antistrophe et l'Epode. La première partie était chantée en tournant d'est en ouest et symbolisait le corps divin du sacrifice. Au commencement de la seconde partie du chant, l'antistrophe, c'est-à-dire la strophe opposée, l'ambulation changeait de cours et l'on procédait, à l'inverse, d'ouest en est pour signifier la descente du divin dans le corps matériel. Ces mouvements effectués, chaque prêtre prenait une place autour de l'Autel et restait immobile durant l'exécution de la dernière partie du chant afin de matérialiser la stabilité du monde. Seule cette stabilité, construite par la déambulation, permettait au Grand Prêtre de lire les augures et de déterminer si les Dieux acceptaient ou non le sacrifice. Cette forme de déambulation est attestée dans l'Iliade. Souvenons-nous de l'« Hubris », de la démesure, d'Achille lors des funérailles de Patrocle et du rituel funéraire exécuté à cette occasion et qui dénote d'une pratique à deux niveaux, celui de l'humain et du divin. L'offrande du corps d'Hector à Patrocle durant une cérémonie comportant une triple circumambulation pour délimiter le périmètre de la tombe, en fait une manifestation sacrificielle, un don. La triple marche d'Achille nous ramène aux cultes de Poséidon. Le dieu, par la course des vagues, comparée à une course de chars, qui ébranle le sol et fait pénétrer le bruit des sabots des chevaux dans les profondeurs de la Terre, symbolise souvent la séparation d'entre le monde des vivants et celui des morts, la triple marche établie un contact avec l'Hadès. La circumambulation rituelle délimite une tombe circulaire qui sera utilisée afin d'établir un contact avec l'âme du défunt et de permettre de lui offrir les dons qui seront ses viatiques dans l'autre monde. La Théogonie d'Hésiode nous rappelle l'importance de cette marche et des remparts de protection qu'elle est censée construire. :


« Autour de ce lieu court un mur d'airain. Un triple rang d'ombre en ceint la bouche étroite : au-dessus ont poussé les racines de la terre et la mer inféconde. C'est là que les Titans sont cachés dans l'ombre brumeuse, par le vouloir de Zeus, assembleur de nuées. Ils ne peuvent sortir : Poséidon a sur eux clos des portes d'airain, le rempart s'étend de tous les côtés »


La circumambulation est parfois un simple rite qui permet de rendre hommage au Sacré intuitif, mais c'est surtout sa valeur cosmique universelle qui doit être soulignée. En effet, l'un des symboles forts du Degré d'Apprenti au Style Emulation est le p[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] dont il est rappelé plus tard qu'il est partout où se trouve le maçon et le fait de déambuler selon une règle qui laisse en permanence le centre de la Loge à la droite de celui qui avance est un moyen de rappeler que le cercle induit est universel. Tourner autour est un moyen parfait d'en affirmer le [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] et de réintégrer l'Univers dans celui-ci. Cette forme d'ambulation a donc avant tout une valeur cosmique. Elle rappelle la course des signes zodiacaux, le mouvement des planètes, tout aussi bien le rythme des saisons. L'ambulation est accomplie 7 fois à la Mecque, ce sont les 7 sphères célestes. En Sibérie, les chamans l'accomplissent 3, 7 ou 9 fois : c'est le nombre des mondes, des planètes, des étages du ciel, etc.....En fonction des esprits invoqués et de leur nature. Imiter les astres et reproduire l'énergie de la Création du Monde est un moyen d'en assurer l'harmonie et d'en affirmer les reflets... « Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas »...
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Mais revenons à la délimitation de l'espace du cercle sacré. Le centre de cet espace sacré est le pivot, l'axe de rotation à la circumambulation, c'est à la fois la ronde des fées et le point de rencontre des trois branches du trépied du Lewis. La première forme de la marche est « dextrorsum », le sens « des aiguilles d'une montre », c'est-à-dire en laissant la droite désigner le centre. C'est aussi le « sens solaire », d'est en ouest. On l'utilise pour [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] Pour les praticiens du REAA, c'est le « coagula » des alchimistes, la force qui concentre pour donner une forme. L'autre sens de la marche, celui de l'antistrophe, est dit « sinistrorsum », c'est le sens inverse, celui qui laisse le centre du cercle à gauche, celui que l'on nomme aussi « sens polaire » parce qu'il est déterminé par le mouvement des étoiles autour de l'étoile polaire. Ce mouvement est celui de la fin des travaux pour les praticiens du REAA, c'est le « solve » alchimique qui disperse les énergies. Au style émulation, on relève la colonne J. qui supporte la voûte étoilée. Dans ce cas, on peut penser que l'alternance de la colonne levée et couchée des Surveillants tant à la fin des travaux qu'au moment du rafraîchissement, est un rappel de l'alternance du Monde qui affirmerait  qu'il ne tourne pas de la même manière dans le monde non sacralisé que dans celui régi par le rituel.


Les francs-maçons ont hérité des exercices de la dévotion pratiqués dans les sanctuaires et qui reposaient sur des principes identiques. N'oublions pas que ceux qui créèrent la Franc-maçonnerie de Londres en 1717 étaient les mêmes que ceux qui ressuscitèrent le « Druid Order » la même année, à quelques mois d'intervalle.


« La Danse Sacrée des Druides » se composait de cortèges qui se déplaçaient en ronde, réglés à la fois sur le cours du soleil et par un rythme définit selon une série de nombres mystiques. Le voyage du Soleil était particulièrement respecté et observé, on se déplaçait avec lenteur et solennité, comme le soleil lui-même. Le mouvement opéré de cette manière génère une grande puissance magique. A cette occasion, on chantait aussi des hymnes usait de signes et attouchements. Bien souvent, des banquets étaient associés aux cérémonies. Le mouvement circulaire de la danse était destiné à symboliser les mouvements de la Terre et ainsi, donner une idée de l'immensité d'un Dieu dont les formes emplissent l'Univers. Au cœur de la rituélie se trouvait le sanctuaire et les règles de sa construction. L'ensemble des mouvements, comme une chorégraphie astrale, convergeait vers le point [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] de l'édifice. On le sait, aujourd'hui, l'ensemble des mouvements et des formes, machinerie ésotérique dont la maçonnerie procède, et les croyances qui en sont à l'origine, étaient fondés sur les trajectoires des corps divins.


Il y a indubitablement une raison astronomique, une observation précise du mouvement des planètes, qui justifie la position de la Pierre et la direction de l'ambulation qui y est associée au départ du nord-est. C'est à partir de ce point et dans la direction qui permettait d'un revenir que démarrait la procession. Aujourd'hui comme hier, le nouvel initié, le néophyte occupait la place d'origine du mouvement de l'Univers, au nord-est de l'édifice. Là est la base de l'enseignement, solide et non instruit, pierre à la fois brute et neutre de tout préjugé. C'est très probablement de cette pratique héritée des Druides que s'inspire, aujourd'hui, la partie visible de la maçonnerie, celle que l'on peut montrer car vierge de Connaissance. La pierre, à laquelle était attribué une influence occulte est présentée dans les anciens Rituels d'Alet, publiés en 1667 par l'évêque Nicolas Pavillon et condamnés l'année suivante par le Pape Clément IX, dans une bulle du 9 avril 1668, comme contraires aux sacrements de l'Eglise, ne serait-ce que pour leur rédaction en langue vulgaire, cette pierre, donc, est présentée comme « solide, angulaire, de près d'un pied carré et posée au nord est de l'édifice ». On reconnaîtra là des termes familiers... C'est, néanmoins l'une des premières mentions de la manière correcte de poser les pierres de fondation.
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Re: La Kaaba, un héritage et un vestige de Babylone

Message  Arlitto le Lun 18 Avr - 14:14

La circumambulation rituelle



Benoit nous livre ici une étude sur la circumambulation en prenant exemple sur deux rites majeurs des traditions extrême-orientale et Islamique. Ils sont tous deux effectués en des lieux hautement sacrés, respectivement le Ming-Tang et la Kaabah, incarnations sur terre du Centre du Monde. Malgré cette communauté symbolique, les rites circumambulatoirs qui y sont effectués ne sont pas exactement de même nature, puisque dans un cas c’est le Roi-Pontif (Wang) qui “tourne” au sein du Ming-Tang, alors que dans l’autre cas ce sont les pratiquants qui “tournent” à l’extérieur de la Kaabah. Sans doute est-ce d’ailleurs pour cette raison que le sens de la déambulation s’effectue en sens inverse.


Fixer le Centre du Monde en un lieu terrestre est une nécessité première pour le processus initiatique puis l’accomplissement spirituel. Ce Centre est bien plus qu’un lieu marquant un centre spatial, il est aussi un Centre permettant de qualifier le temps par rapport a l’organisation des activités journalières, lunaires, annuelles, par rapport à un ordonnancement de la marche historique et cosmique de l’humanité, par rapport au processus d’existentiation Universel. Ce Centre devient alors l’image de l’Origine Ultime par laquelle les origines de l’Esprit et de la Matière procèdent. Il est donc le Centre par lequel le Multiple peut devenir manifeste au sein de l’Unité immuable, par un processus que l’on peut appeler la Descente Ontologique. Cette descente se traduit, sous le point de vue du passage du Général au Particulier et en utilisant la terminologie propre aux traditions Abrahamiques, par une succession de degrés existentiels que l’on peut exprimer de la sorte : l’Être Universel, Adam androgyne, Adam-Ève indistingués, Adam-Ève se reconnaissant homme et femme, Adam et Ève hors du paradis, puis les descendants du couple hyper-humain, enfin l’homme individuel descendant des descendants d’Adam et Ève . On peut percevoir ce processus comme un mouvement vertical jusqu’à ce qu’Adam et Ève soient sur Terre et engendrent leur descendance, puis comme un processus horizontal qui est un déploiement de la multitude à partir du couple central.

L’étape ultime de la Réalisation Spirituelle consiste, pour un être qui part de sa condition d’être individuel, à franchir toutes les étapes qui le même à n’être plus rien d’autre que l’Être Universel. On peut extrapoler de ceci que ce long processus revient à réaliser le chemin inverse à la descente ontologique. De sa position d’homme munie d’une conscience distinctive, il faut donc retourner horizontalement au Centre où se tient le couple Adam-Eve par l’initiation, puis remonter le long de l’Axe du Monde à travers des différents états menant à celui les totalisant tous (l’Être Universel) par l’accomplissement spirituel :

“Suivez-moi en esprit, par delà la lumière, jusqu’au principe yang de toute splendeur ; et, par delà l’obscurité, jusqu’au principe yinn des ténèbres. Suivez-moi maintenant, par delà ces deux principes, jusqu’à l’unité (le principe suprême) qui régit le ciel et la terre, qui contient en germe et de qui émanent le yinn et le yang, tous les êtres. Connaître ce Principe, c’est la science globale, qui n’use pas. Se tenir en repos, dans sa contemplation, voilà ce qui fait durer toujours.”

Comme le souligne Benoit dans son étude, le disciple du grand Cheik Ibn Arabi rappelle que le rite de l’Aswât - composé de sept circuits de déambulation dont celui où l’on effectue la circumambulation autour de la Kaabah - est un rite pouvant servir à l’initiation pour les personnes engagées dans une Voie (tariqâ). Sans doute, lorsqu’un être d’un sexe donné réalise une parfaite complémentarité avec son conjoint, un parfait accord avec les cycles saisonniers, une parfaite harmonie avec la diversité humaine de l’organisation sociale, peut-il alors accéder existentiellement à la réalisation de l’archétype Adamique. Ainsi le pèlerin, lorsqu’il est en chemin vers la Kaabah, effectue-t-il un authentique retour au Centre, qui peut être l’occasion de vivre l’expérience de la transmigration.
Restera ensuite à réaliser la parfaite gémellité, la parfaite androgénité, la parfaite Unité.

Benoit, nous rapporte enfin les différentes traditions liées à la Kaabah, et par là même nous dévoilent les différentes fonctions de ce lieu hautement sacré. La réactualisation par le Prophète du lieu Originel, donne aux hommes le moyen infiniment précieux de pouvoir faire coïncider début et fin des temps, de revenir physiquement à l’origine du déploiement spatial, de disposer d’un autel où sont enchâssées les Influences Spirituelles donnant le moyen de lier son âme à l’Âme du Monde pour s’annihiler en l’Être Suprême.

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Très rare au Japon, un stupa de style népalais devant le Mont Fuji


La circumambulation (du latin circum ambulatio, c'est-à-dire « marche autour ») consiste à tourner autour d'un symbole ou à l'intérieur de celui-ci.
Elle est un des rites universellement attestés parmi les religions des quatre coins du monde. Exécutée le plus souvent autour d'un pôle central, représentation terrestre de la demeure céleste ou de l’Axis Mundi qui est le lieu de rencontre entre le Ciel et la Terre. Cet Axe du Monde peut représenter une montagne, un arbre ou un omphalos s’élevant au-dessus de ce qu’on appelle le Centre du Monde.


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La montagne d'Arunachala est à l'Inde du Sud ce que le mont kailash est au Tibet. Situé à Tiruvannamalai, dans le Tamil Nadu, cette colline sacrée,depuis des temps immémoriaux, est dédiée à Shiva. Les pèlerins y effectuent  la Giri-pradakshina  par milliers chaque année ; ils parcourent les 13 Km de terre battue pieds nus ; un bain purificateur dans le bassin sacré du temple les a préparés à recevoir le rayonnement d’Arunachala.


Le Centre
« Le Centre est, avant tout, l’origine, le point de départ de toutes choses ; c’est le point principiel, sans forme et sans dimension, donc indivisible, et, par suite, la seule image qui puisse être donnée de l’Unité primordiale. Il est le Principe,  l’Être pur, tout vient de Lui et tout retourne à Lui car les choses n'existent qu'au travers Lui.
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Dante et Béatrice contemplent la rose céleste du 10e ciel, l'Empyrée,: Illustration par Gustave Doré


Et l’espace qu’Il emplit de son rayonnement, c’est le Monde au sens le plus étendu de ce mot, l’ensemble de tous les êtres et de tous les états d’existence qui constituent la manifestation universelle. »
En fait le Centre n’est qu’une projection de l’Axe sur Terre. Il s’agit en fait d’unir le centre du monde terrestre au centre du ciel, qui est figuré par l’étoile polaire, par exemple. C’est le long de l’Axe que s’élève vers les états supérieurs celui qui est arrivé au Centre.

Tous les êtres, dépendant de leur Principe en tout ce qu’ils sont, doivent, consciemment ou inconsciemment, aspirer à retourner vers Lui.
L ’orientation rituelle,  est proprement la direction vers un centre spirituel, image terrestre sensible du véritable « Centre du Monde ».

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La structure des cieux et du Paradis selon Dante


Le Ming tang


Le Ming tang est un édifice symbolique jouant un rôle important dans les  pratiques impériales de la Chine historique. Le toit de cet édifice avait une forme arrondie, tandis que sa base avait une forme carrée ou rectangulaire ; entre ce toit et cette base, qui rappellent les deux parties supérieure et inférieure de l’écaille de la tortue, l’Empereur représentait l’Homme entre le Ciel et la Terre, l’« homme véritable ».
Cet édifice était comme une image de l’Univers  concentrée en quelque sorte en un lieu qui représentait l’« Invariable Milieu ».
L’Empereur accomplissait dans le Ming-tang, au cours du cycle annuel, une circumambulation dans le sens « solaire »  se plaçant successivement à douze stations correspondant aux douze ouvertures, et où il promulguait les ordonnances (yue-ling) convenant aux douze mois ; il s’identifiait ainsi successivement aux « douze soleils » ou signes du zodiaque .

Cette circumambulation s’effectuait toujours avec retour au centre, marquant le milieu de l’année, de même que, lorsqu’il visitait l’Empire, il parcourait les provinces dans un ordre correspondant et revenait ensuite à sa résidence centrale . l’Empereur apparaissait proprement comme le « régulateur » de l’ordre cosmique même, ce qui suppose d’ailleurs l’union, en lui ou par son moyen, des influences célestes et des influences terrestres. En répartissant les fonctions, en classant les choses et les êtres, le roi empêche un mélange des activités vulgaires et divines, un contact désordonné du Ciel et de la Terre.

«  Celui-ci fait le tour de l’Empire dans le sens du Soleil (T’ien tao), de manière à ajuster, comme les Orients aux Saisons, les Insignes des fidèles aux Vertus emblématiques des quatre quartiers du Monde ; il prouve ainsi qu’il est capable de faire régner sur « la Terre des Hommes (T’ien hia) » un Ordre céleste (T’ien Tao) : il mérite d’être appelé Fils du Ciel (T’ien tseu), car il a fait voir qu’il possède la Voie céleste (T’ien Tao). Il mérite d’être appelé Roi-suzerain (Wang) quand il a fait voir qu’il possède la Voie  royale (Wang Tao) : pour cela, il doit prouver qu’il est l’Homme Unique et la seule Voie par laquelle le Ciel, les Hommes et la Terre peuvent communiquer. »

«En tant que fils du Ciel et de la Terre, “l'Être Primordial” possédait la plénitude de la nature humaine dont il avait développé toutes les possibilités . Il était parfaitement équilibré au regard du yin et du yang: yin par rapport au Principe générateur de toute manifestation et yang vis-à-vis du Cosmos.

En se tournant en direction de son complément, le yin ou le Nord, il amorçait alors la voie descendante du yang vers le yin, du Ciel vers la Terre.  Cette  orientation peut être dite « polaire » ; la « circumambulation » s’accomplissant  en ayant constamment à sa gauche le centre autour duquel on tourne (orientation de la tradition islamique) .

L’homme des époques ultérieures, par suite de la dégénérescence spirituelle qui correspond à la marche descendante du cycle, est devenu yin par rapport au Cosmos . il se tournait alors vers le complément qui lui faisait défaut, le yang, afin de remonter la voie ascendante du yin vers le yang, de la Terre vers le Ciel. Aussi l'individu, à la recherche de l'équilibre perdu, regardait-il en direction du Sud ou du soleil au méridien, c'est-à-dire au plus haut dans le Ciel. On l’appelle l’orientation « solaire » .

La « circumambulation » s’accomplit en ayant constamment à sa droite le centre autour duquel on tourne ; (comme la pradakshinâ, telle qu’elle est en usage dans les traditions hindoue et thibétaine) . 

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L’homme, regardant l’Étoile polaire ou le « faîte du Ciel », a l’Est à sa droite et l’Ouest à sa gauche ; dans le second cas, regardant le Soleil au méridien, il a au contraire l’Est à sa gauche et l’Ouest à sa droite .
Privilégier la droite ou la gauche, dans chacune des deux modalités, revenait à accorder la prééminence à l'Est, considéré comme le côté lumineux, par opposition à l'Ouest, assimilé au côté sombre.

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Re: La Kaaba, un héritage et un vestige de Babylone

Message  Arlitto le Lun 18 Avr - 14:15

La Kaabah  


Dans la tradition islamique, La Kaabah (Maison Honorée)est symboliquement le centre et le cœur du monde terrestre . Elle se trouve géographiquement au milieu des cinq continents et est perpendiculaire à la Maison Illuminée (Baïtul Mamur), la Maison du septième Ciel . 

Depuis des temps immémoriaux bien avant l’avènement de l’homme sur terre,  La Maison Honorée fut construite pour être le centre du pèlerinage (hajj) des anges. Elle fut créée par le Verbe divin (Sois et c’est). Ibn Abbas rapporte que : « Allah fit connaître à Adam l’existence de la Maison Honorée avant qu’il n’y eût été descendu ».

« Au commencement était  La Kaabah  : c’est à partir d’elle que la terre fut étalée puis affermie par les montagnes. C’est de son argile que furent créés la tête et le front d’Adam.
Retour à ce que la tradition désigne comme « le nombril de la terre », « le centre du monde d’ici-bas », « la mère des cités », le hajj est aussi retour à l’instant ou s’ébranla l’horloge du temps : « Le temps est revenu à son état premier, celui qui était le sien le jour où Dieu créa les cieux et la terre », proclame le Prophète lors du Pèlerinage d’adieu 16 .
Par quoi il faut entendre que l’islam restaure l’ordre originel, la religio perennis (al-dîn al-qayyim, Cor. 12 : 40) dont il est la forme ultime à l’aube de la consommation des siècles. »
Adam eut ainsi le rôle de reconduire le culte de la Maison d'Allâh pour un cycle traditionnel nouveau, spécialement « humain.

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La Kaabah


De son côté, le Temple visité (al-Bayt al-Ma'mûr) qui se trouve au Ciel et dans lequel chaque jour entrent 70 000 anges pèlerins qui n'y reviennent plus, jusqu'au Jour de la Résurrection, faisait face d'en haut à la Sainte Kaabah (qui en avait été placée comme le reflet terrestre).

Allâh fît descendre Adam au sol de la Kaaba, lequel trembla comme un navire violemment secoué. Il fit descendre aussi pour Adam la Pierre Noire qui à l'époque brillait comme perle blanche : Adam la serra contre lui recherchant un état d'intimité avec elle. Allâh prit ensuite le pacte écrit qui avait été conclu avec les descendants d'Adam et l'enferma dans la Pierre; puis en faisant descendre du Paradis le Bâton (al-'Asâ)pour Adam, Allâh dit : « Marche maintenant ! » Adam s'avança et le voilà déjà dans l'Inde. Il y resta autant qu'Allâh voulu qu'il y restât. Ensuite comme il ressentait un grand désir du Temple, il lui fut dit : Vas-y en pèlerinage ô Adam !... »

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Le pic d'Adam


Le pèlerinage terrestre  avait comme  raison d'être  de constituer  un culte qui remplace le culte céleste auquel Adam n'avait plus accès.
Dieu lui envoya du paradis une tente de rubis ainsi que la Pierre qui était alors un diamant éblouissant de lumière. Adam instaura le rite céleste de la circumambulation autour de la Pierre, laquelle devint progressivement noire du fait de l’idolâtrie des hommes. Toujours enchâssée dans un des angles de La Kaaba, la Pierre Noire est un signe tangible de l’Alliance établie entre Dieu et l’humanité.
Après la mort d’Adam, la tente céleste fut élevée au ciel. Ses fils construisirent une Maison sur l’emplacement de la tente, mais le Déluge submergea cette Maison, et son emplacement fut oublié par les hommes.
C’est Abraham, assisté de son fils Ismâ’il, qui sur ordre divin (Cor. 2 : 125-131) construira la première  Kaabah   faite de main d’homme à l’emplacement sacré où le conduit la Sakîna, la Présence divine, manifestée sous la forme d’un nuage dont l’ombre dessine les contours de l’édifice à bâtir. L’ange Gabriel lui apportera la pierre angulaire, dont les péchés des hommes vont bientôt ternir l’éclat paradisiaque et qui deviendra la Pierre noire (qu’un revêtement vitrifié protège maintenant des excès du zèle pieux). Plus d’un pèlerin tentera en la regardant, d’y percevoir un reflet de sa blancheur primordiale.

La circumambulation à proprement parler, appelée, tawâf  « circuit », a lieu à trois reprises pendant le pèlerinage en conformité avec  celui  effectué par le Prophète lui-même à l'occasion de son « pèlerinage d'adieu » : «une tournée de salutation» (  tawâf at-tahiyya  ),  «le circuit du débordement» (tawaf al-ifâda), qui a lieu le dix du mois après le retour à La Mecque du Mont 'Arafat et  le «circuit d'adieu» (tawâf alwadâ'), qui est le cérémonial final effectué à la conclusion du pèlerinage avant le voyage de retour.

Après avoir procédé à une ablution majeure, le pèlerin signale son entrée dans l'état de sacralité (ihrâm) en se vêtant d'un habit blanc, composé de deux pièces, appelés respectivement le ridâ 'et le izâr; Le grand théologien et mystique al-Ghazālī (1058-1111)  précise dans son Ihyâ' 'ulûm ad-ďin que le blanc est la couleur préférée de Dieu en matière d'habits et que ce vêtement solennel rappelle le vêtement ultime du pèlerin, à savoir le linceul : « De même, il rencontrera Dieu après la mort vêtu d'un habit différent de celui qu'il portait dans ce monde. En effet, ce vêtement ressemble aux habits du ihrâm car ces derniers n'ont point de couture à l'instar d'un linceul. ».

Le ridâ est effectivement précieusement conservé tout au long de la vie par le pèlerin musulman, auquel il servira de couverture mortuaire dans la tombe. Vêtu de cet habit, et dans un état de pureté rituelle, le pèlerin accomplit un tawâf at-tahiyya «une tournée de salutation», le rite initial effectué lors de l'arrivée à La Mecque. Entrant dans la Grande Mosquée par la porte septentrionale (bab as-salâm) du côté nord-est, il avance vers la Pierre noire incrustée dans le mur de La Kaabah, où il effectue successivement et sans interruption les sept circuits (aswât) dans le sens contraire des aiguilles d'une montre .

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La Pierre noire


Selon Abdel-Karim Al-Djili, le disciple le plus proche de 'Ibn 'Arabi, l'accomplissement des sept circuits constitue un rite d'initiation grâce auquel le cheminant s'approprie les attributs divins - sa vie divine devient sienne, la connaissance divine devient sienne, la volonté divine devient sienne, etc., comme il est écrit dans le Hadith de Bukhârî sous la forme suivante : « Mon serviteur se rapproche de Moi par rien qui ne Me soit plus cher que les oeuvres que Je lui ai imposées, et il continue à se rapprocher de Moi par les oeuvres surérogatoires, de telle sorte que Je l'aime ; et quand Je l'aime, Je suis l'ouïe par laquelle il entend, la vue par laquelle il voit, la main par laquelle il saisit, le pied par lequel il marche... »
A la conclusion de chaque circuit, il est recommandé de toucher la Pierre noire, ou, si la foule est trop dense, de la saluer au moins de loin. Les trois premiers circuits sont effectués à un pas rapide (ramai) alors que les quatre derniers, pendant lesquels des litanies spéciales sont chantées, sont accomplis à un rythme normal. A la conclusion, le pèlerin se presse contre la partie du mur de  La Kaabah   située entre la Pierre noire et la porte de La Kaabah .
Chacune de ces stations est accompagnée de formules rituelles.


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Le Maqām Ibrāhīm à gauche de l’image, en bas


Enfin, il effectue deux rak'a-s  derrière le maqâm Ibrahim et s'imbibe d'une gorgée de l'eau sacrée du puits de Zamzam, dont il est dit qu'il sourd d'en dessous du sanctuaire. Là-dessus le pèlerin prend congé en touchant de nouveau la Pierre noire dans un geste d'adieu. Le tawâf est suivi d'une course septuple (sa’y) entre les deux rochers Safâ et Marwâ,en souvenir de la course effectuée par Hagar à la recherche d’eau en ce même lieu pour son fils Ismaël.
Le pèlerin se résorbe donc dans l’Unicité divine. « Toute chose retourne à Dieu », avertit le Coran (3 : 109). L’annihilation de l’ego humain se matérialise bien évidemment dans le tawâf.
Ainsi, pour Ibn ‘Arabî, les circumambulations du pèlerin autour de la Kaaba sont celles du néant existentiel (al-‘adam) de l’homme autour de la seule Réalité véritable : l’Être de Dieu (al-Wujûd). Mais cette extinction en Dieu, le « fanâ » des soufis, prend toute sa signification à ‘Arafât .

Lors de la « Station » à ‘Arafât pour «le circuit du débordement» (tawaf al-ifâda),  la himma y est telle qu’elle provoque, dit-on, la précipitation de la plui] de la Miséricorde .
« Les pèlerins », disait le Prophète, « sont les hôtes de Dieu ». Ils viennent en réponse à l’Appel divin. C’est le sens de la talbiya : « Me voici à Toi, Mon Dieu, me voici à Toi. Tu n’as pas d’associé. La louange, le bienfait, ainsi que la royauté T’appartiennent. Tu n’as pas d’associé ! » Cette formule doit être prononcée à voix haute pour briser l’oubli et l’éloignement qui sont la condition habituelle de l’être humain.
Pour conclure, il faut ajouter que  les spirituels de l’islam prennent la Kaaba pour ce qu’elle est, précisément : un simple support d’adoration.

Ainsi,  Râbi‘a al-‘Adawiyya, sainte irakienne du IXe siècle, qui, sur la route du Pèlerinage, vit venir à elle la Kaaba. « Ce qu’il me faut à moi, dit-elle, c’est le maître de la Kaaba et non la Kaaba ; qu’ai-je à faire d’elle ? » Et elle ne daigna pas la regarder. Dans une autre occasion, elle s’exclama : « Je suis une brique [non cuite] et la Kaaba est une pierre. Ce qu’il me faut, c’est la contemplation de Ta face ».
Ibn ‘Arabî, quant à lui, traite la Kaaba d’« être mort » et assimile la circumambulation à une « prière faite sur un cadavre ».

Al-Hallâj, soufi mis à mort à Bagdad en 922, déclara dans un de ses vers : « Il est des hommes qui processionnent mais non avec leur corps. Ils processionnent autour de Dieu, qui les a dispensés d’aller au sanctuaire ». Il s’agissait ici d’un dépassement du sens exotérique du Pèlerinage, non de sa négation. Dans la littérature spiritualiste, la Kaaba est souvent identifiée au coeur du croyant, centre de son univers. Le coeur est alors considéré comme une enceinte sacrée que Dieu protège contre le mal.
Le caractère éprouvant du Hajj lui est consubstantiel, puisque celui-ci n’a d’autre but que la purification et la mort initiatique de l’ego humain : « Mourez avant de mourir ! », avait dit le Prophète.

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Re: La Kaaba, un héritage et un vestige de Babylone

Message  Arlitto le Lun 18 Avr - 14:17

Les divinités préislamiques citées dans le Coran


Certaines idoles citées dans le Coran sont d'importation yéménite, leur évocation est assez floue car le Yémen, à l'époque de Mahomet, était depuis plusieurs siècles judaïsé puis christianisé.

D'après Maxime Rodinson, al-Lat, al-`Uzzâ, et Manât étaient, des déesses préislamiques mecquoises appelées les « filles d'Allah ». Lors de la révélation de la sourate LIII1 Mahomet avait, selon Tabari, dans une première version, recommandé qu'on leur rende un culte. Ces versets prononcés puis abrogés sont appelés les versets sataniques2,3, expression qui a servi de titre d'un roman de Salman Rushdie.


  • al-Lât (اللَّات [al-llāt], al-lât; la déesse)

Déesse du soleil représentée par une immense image de granit gris. Hérodote (484-420 avant J.-C.) signale la présence d'une divinité arabe nommée Alilat5 (ال + إلَهة ← الإلَهة [al+ilaha → al-ilaha], la déesse ; alilat).


  • al-`Uzzâ (العُزّى [al-`uzzā], l'être tout puissant)

Idole préislamique apparentée à Vénus/Aphrodite et personnalisée par un bloc de granit long d'environ six mètres.


  • Manât (مَنَاة [manā])

Symbole du destin et de la mort (مَنيّة [manīya], destin; sort; mort). Déesse préislamique du sort, qui coupait le fil du destin à l'image de Morta la troisième Parque.


  • Nasr (نسْر [nasr], vautour)

Divinité préislamique d'une tribu du Yémen.


  • Sûwa` (سُوَاع [sūwa`])

Divinité préislamique qui avait son sanctuaire près de Yanbu sur la Mer Rouge.


  • Tâghût (طاغوت [tāġūt], idole; faux dieu; démon)

Être rebelle, divinité ou simple démon de la rébellion à mettre au nombre des djinns ?


  • Wadd (ودّ [wadd], amour)

Wadd est une divinité de l'amour et de l'amitié.


  • Yaghûth (يغوث [yaġūθ], Yaghûth)

Divinité du secours vénérée au Yémen.


  • Ya`ûq (يعوق [ya`uq], il défend; Ya`ûq)

Divinité protectrice, vénérée au Yémen.


  • Jibt (جِبْت [al-jibt], Jibt)

Idole citée une seule fois en compagnie des tâghûts.

Divinité préislamique non citée par le Coran


  • Hubal (هُبَل [hubal])

Idole de forme humaine, importée de Syrie qui serait le patron des caravaniers et père de plusieurs autres idoles de l'ancien temple mecquois. Hubal est une divinité lunaire, dont le nom est peut-être à relier avec Baal. C'est cette idole que Abû Sufyân salua après sa victoire à Uhud.



Animaux sacrés cités dans le Coran


 
« Dieu n'a institué ni Bahîra, ni Sâ'yba, ni Wasîla, ni Hâm. Les incrédules ont forgé des mensonges contre Dieu. Beaucoup d'entre eux ne comprennent rien. »



— Le Coran, « La Table », V, 103 ; (ar) المائدة.


  • Bahîra (بَحِيرة [baḥīra])
  • Sâ'yba (سَآئِبة [sā'iba], négligé; libre; intouchable)
  • Wasîla (وَصِيلة [waṣīla])
  • Hâm (حام [ḥām])


Ces quatre noms s'appliquent à différentes catégories de chamelles que les Arabes s'abstenaient de tuer pour les réserver à leurs divinités et qu'ils laissaient paître librement dans l'enceinte des sanctuaires.

D'après Tabari le roi perse Jemchîd serait l'inventeur du culte des idoles.

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Re: La Kaaba, un héritage et un vestige de Babylone

Message  Arlitto le Lun 18 Avr - 14:24

Le Soleil et la Lune


Shams était la déesse sémite du Soleil. Elle est désignée par de nombreux surnoms paradoxaux, « la sublime », ou « celle qui darde ses rayons », qui montrent ses aspects à la fois bienfaisant ou terrible.

Le Soleil était vénéré comme élément central, primordial, mais il fut détrôné par le culte de la Lune, en raison de difficultés climatique: La sécheresse, la désertification, la chaleur mettent au second plan le Soleil; la Lune, moins agressive et liée à la fraîcheur le remplace. Houbal fut alors placé au sommet du panthéon mecquois.

En Arabie heureuse, le panthéon s'organisait autour de la triade formée de la Lune, du Soleil et de Vénus. Si certaines divinités avaient un caractère astral, elles étaient minoritaires. Contrairement aux assyro-babyloniens,

il semble que les religions du sud de l’Arabie étaient étrangères à des préoccupations astronomiques ; on ne connaît pas de culte spécifiquement rendu aux astres.

Les symboles du soleil et de la lune transparaissent à travers divers symboles tels que la massue, la foudre, le croissant avec disque, les cercles juxtaposés, ... suggèrent, plutôt qu'ils ne représentent, le divin.
A propos du croissant avec disque, gravé sur l’аutel brûle-parfum du Louvre (voir l’image ci-dessous), il représente un symbole du dieu lunaire, considéré dans ses rapports avec son principe opposé, le dieu solaire ».
En Arabie le couple astral a pour élément mâle la Lune et pour élément femelle, le Soleil.

 
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En Arabie déserte, on retrouva de nombreuses pierres décorées, et environ 15 000 graffitis permettent de reconstituer la vie quotidienne des safaïtes, une tribu arabe nomade, qui vivait dans le désert de Syrie, dans le désert

de Safa. Quelques inscriptions comportent une invocation à une divinité ou à plusieurs: les sept traits qui accompagnent de nombreuses inscriptions, sont vraisemblablement à interpréter comme un symbole astral en relation avec

le culte des sept planètes.

On remarquera que beaucoup d'inscriptions sont accompagnées de représentations d'un caractère astral : cercle entouré de rayons (étoile), cercle double ou sans rayons (soleil), sept points ou traits dans lesquels on peut voir

les planètes, ou sept stèles (Grimme) ; les astres peuvent être reconnus, car proches des symboles assyro-babylonien (« Les religions de Babylonie et ď'Assyrie », 1945, p. 79 et p. 93).

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Re: La Kaaba, un héritage et un vestige de Babylone

Message  Arlitto le Lun 18 Avr - 14:28

Les Dieux


• Il est difficile de savoir quels dieux étaient adorés à la Mecque, puisque tout a été détruit lors des prises successives de la Mecque (celle de Mahomet en 630 bien sûr, mais aussi celle d'Ibn Saoud en 1920).

• Les Arabes vénéraient des idoles et croyaient en plusieurs divinités, masculines et féminines. Chaque tribu avait sa divinité principale : cette statue était placée dans une tente sacrée chez les nomades, ou elle était posée dans un sanctuaire bâti, chez les sédentaires.

En plus de ce culte, chaque tribu pouvait rendre hommage à d’autres divinités, adorées par d'autres tribus. Max Müller a défini ce système de religion avec le terme d’hénothéïsme.

• La religion des Arabes se rattachait aux antiques religions sémites, par la hiérarchisation du divin. Ainsi, les Arabes croyaient en un Dieu supérieur entouré de divinités subalternes qui pouvaient lui être affilées et qui servaient d'intercesseurs auprès de lui :

 La Kaaba abritait les idoles de quatre divinités, mais le maitre du sanctuaire, c'est-à-dire le dieu Houbal, dit  Allah. Les trois déesses al-Lât, al-Uzzâ et Manât étaient considérées comme ses filles ou ses épouses.

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Almaqah : C’est le principal dieu solaire des Sabéens, prototype masculin de [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]; la nation sabéenne dit descendre de ce dieu. il régi aussi l’agriculture et l’irrigation. Son nom reste encore inexpliqué. Son temple est à Mârib, prés d’un oasis, qui a été irrigué artificiellement sous ses auspices. Son animal attribut est le taureau (accompagné éventuellement de vigne).

Athtar : C'est un dieu de l'orage et de l'irrigation naturelle par la pluie. L’étymologie de son nom sérait « ‘thr » : « être riche, irriguer ». Entre le VIIIème siècle au Ier siècle avant notre ère, il était en première place dans le panthéon d'Arabie méridionale. Ce dieu du tonnerre fut surnommé Sharîquan (l'oriental), ou encore « celui qui se couche » par analogie à Ishtar, déesse du soir et du matin, qu’on lui associe; vengeur, il est invoqué contre les violateurs de sépultures.

 Il est aussi prié dans les rites de chasse (avec le dieu Kirwam), et dans les rites pour appeler la pluie. La gazelle est son attribut.

Djad (ou Gad) est un dieu sémitique des sources. C'est un génie "Djinn" protecteur des puits et des points d'eau. Pour chaque clan, il s'identifierait à l’ancêtre qui a creusé le puit. al-Djalsad est un dieu connu en Hadramaout ( au Yémen). C'est le principal dieu de la tribu Kinda; il est représenté par un rocher blanc qui a forme d'un homme corpulent. C'était une divinité oraculaire: le consultant d'adressait directement à lui.

Selon Fadh ("yaqût"), al-Djalsal était un dieu ventriloque dont la voix était semblable "au roulement du tonnerre".
Il est enfermé dans une enceinte où l'on parquait chameaux et moutons. Les bêtes qui s'égaraient dans son périmètre devenaient les propriétés du sanctuaire.
Des sacrifices de sang animaux étaient versés sur l'idole. Celui qui désirait poser une question devait mettre deux vêtements spéciaux loués aux gardiens (sâdin) du sanctuaire (clan des Kinda, les Banû Allâq).

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Dusares ou Dhû-Shara: divinité des arabes du nord et des nabatéens; c'est le dieu de la végétation. Une tribu arabe, les Dawssites lui porte un culte dans des bois sacrés.

Selon Dussaud, les nabatéens surnommait ainsi A'ara, le dieu de la végétation de la ville de Pétra. Dusarès, dit aussi Dhû-Shara,est le maitre de la chaîne de montagnes Shara, prés de Pétra. Ce nom signifiant, «du mont Sharâ», «Sha» veut dire «le soleil ».

On retrouve son nom dans les tablettes babyloniennes, il y est représenté comme un taureau protecteur de la végétation. A Ghariyé-Shoubeih, sa statue est celle d'un dieu barbu à la tunique plissée, il porte la corne d'abondance (attribut d'Astarté en Syrie). En Syrie (à Bostra), et en Jordanie, (à Petra), était honorée la pierre noire de Dusarès. Ce bétyle était une pierre cubique, symbole du culte solaire des Nabatéens au IVème siècle. Plus tard, les grecs le reliront au culte de Dionysos.

al-Fals est un dieu vénéré par la tribu des Tay'. Il est le protecteur des fugitifs, et permet le droit d'asile. A l'origine, il était représentait par une saillie rouge dans le flan d'une montagne noire, ressemblant à une tête humaine.

 Un sanctuaire lui était dédié dans une enceinte sacrée avec un puit.

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Houbal, dit Allah  : Son nom est proche du mot "esprit" en araméen, et de "Baal", divinité des cananéens. Il est associé au dieu nabatéen Dushara/Dusarès. Il descendrait aussi du dieu babylonien lunaire Sîn.

Houbal représentait la fertilité. Dieu lunaire, le croissant était un de ces symboles. Peut-être est-il à l'origine du croissant musulman?
Cette divinité oraculaire est représentée primitivement par une pierre sacrée; ce dieu appartenait d'abord à un groupement tribal des Kinâna et des Qurayshites dont il garantissait l'union. Grâce à ces derniers, il est entré dans le panthéon mecquois.



Il était adoré comme le seigneur de la Kaaba, le chef de panthéon de la Mecque, parmi les 360 bétyles.


Il est personnifié sous la forme d'un homme amputé du bras gauche: il prend l'aspect d'un dieu archer, car les sorts et la divination se faisaient sous sa tutelle avec des flèches. L'historien Ibn Ishaq avance qu'il est représenté à la Kaaba par une idole de cornaline, au dessus d'une fontaine desséchée où les croyants jetaient des offrandes. Dans son sanctuaire, le haram de la Kaaba, les pélerins venaient consulter son oracle (cléromancie).

On le dit en lien avec les trois déesses de la Kaaba, Manat, al-Lat et al-'Uzza, déesses principales vénérées à la Kaaba. Mais les avis divergent comme quoi il serait soit leur père, soit leur mari.

Certains disent qu'à l'origine de la religion musulmane, Mahommet a adoré Houbal, et qu'il a rejeté les trois déesses, en gardant exclusivement le dieu lunaire. On sait que suivant les différents peuples arabes, et leur succession,

 il a été donné différents noms au Lune-dieu : Aglibol (Palmyre en Syrie), Amm (région du Qataban au Yemen), ...

Dhû-Khalasa: C'est un dieu archer, vénéré dans un sanctuaire de Khalasa, sur la route de l'encens.Selon l'historien Fahd, son nom proviendrait d'une plante aromatique qui l'aurait représenté primitivement. Ses fidèles appartenaient à la tribu de Banû Bâhila.

Une autre divinité féminine portait le même nom à la Mecque; cette dernière est une déesse agraire, à qui ses desservants faisaient des offrandes de récoltes d'orge, de froment et de lait.
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al-Lât: C'est une des divinités principales de l'ère préislamique, vénérée depuis plus de 2000 ans avant l'Islam. Son nom serait une contraction de al-Ilahat, « déesse ». Al-Lât est la divinité principale de la tribu des Taqîf. Originaire du Hedjaz,

elle deviendra populaire chez les Qurayshites de la Mecque.
Elle fait partie de la triade divine de ces derniers, qui considèrent les trois déesses (al-Ûzza, al-Lât, al- Manât) comme "filles d'Allah" (Houbal). Elle estreprésentée sous la forme d'une roche cubique (météorite ou une roche volcanique) autour de laquelle, était édifiée la Kaaba. A Tâ'if, son sanctuaire est bâti en pierres blanches dans un enclos sacré: tuer les animaux et abattre les arbres y est interdit. De plus, personne ne pouvait y être pourchassé. A Palmyre, durant l’époque romaine, elle était considérée comme la forme féminine d'Allah, différente de la « al-Lât » des mecquois.

Son culte s'est étendu du nord jusqu'à Pétra, dans toute la Syrie. A Dura-Europos en Syrie, elle était assimilée à la Athéna grecque par les nabatéens. Hérodote (Ve s. av-JC) la mentionnait comme Alilat, qu’il identifiait à Aphrodite. En l’an 129 de notre ère, on retrouva son nom dans des inscriptions: elle aurait été placée aux côtés de Shamash et Raham, représentés comme une triade « des dieux bons ».

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Elle est le symbole de la fécondité, de la féminité, du printemps, et de la terre. C'est une divinité à la fois solaire et lunaire. Ses attributs sont le sceptre et l’étoile à 8 branches (Vénus chez babylonien), ainsi que le croissant de lune à l’intérieur du disque solaire (ce dernier a souvent été retrouvé, inscrit sur de nombreux encensoirs). On rapproche souvent cette déesse de la fertilité des grandes déesses du Proche-Orient : telle Cybèle, elle porte une gerbe de blé dans une main. Elle porte aussi et un morceau de sève d’encens dans l’autre. Comme Diane, elle est aussi la protectrice des animaux; il existe des représentations où, alors qu'elle est assise sur un trône,

elle tient à la main gauche une palme appuyée sur son épaule gauche, et un lion se tient assis à côté d'elle. D'ailleurs, on a retrouvé plusieurs statues de lions dans son temple à Palmyre. Al-Lât fut aussi à l'origine du symbole de la main de Fatima (ou de Myriam pour les juifs).

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Citation (Matricien.org) : Une inscription sur une roche à Adumattu en Arabie dit : “Puisse Allat (la Déesse) exhausser tous nos vœux.” Les anciens Arabes prêtaient serment par la prière : "Par le sel, par le feu et par Al-Lat qui est la plus grande de tous."
Une autre inscription dit : "Shalm-Allat", "la paix de la Déesse" - semblable à "la paix de Dieu sur vous". Un geste de main de bénédiction accompagnait ces paroles. Avant l’avènement de l’Islam, on peut trouver le nom d’Allat dans certains prénoms composés, comme Wahaballat (Wahab – Allat - بﺏهﻩوﻭ تﺕآﺁلﻝلﻝاﺍ), c’est-à-dire "le don d’Allat", puis Shalamallat (مﻡلﻝشﺵ تﺕآﺁلﻝلﻝاﺍ) qui veut dire « la paix d’Allat ».



Nasr est le dieu des morts. « Nesr » signifie « vautour » en arabe, cet animal est son emblème. Ce dieu s’est conservé dans l’islam dans un rôle marginal de roi des morts. Il est aussi à l’origine du nom ou prénom de Nasser.

al-Manât: Elle est la déesse de la lune, de la mort, de la magie, voyance, des mystères et de la nuit; elle descendrait de la déesse Ishtar. Elle ressemble aussi sous certains aspects, à la déesse égyptienne Maat, déesse de la justice, du destin, et de la mort. Elle serait "la destinée" chez les nabatéens et les thamudéens qui lui dédirent un bétyle à Petra. Les Nabatéens la considéraient comme la mère ou la femme du dieu Houbal. Elle fut la divinité principale des tribus Aws et Hazrâg et serait la plus ancienne du panthéon d'Arabie. Sa forme primitive serait un rocher selon l’historien Fahd. Ses premiers adorateurs appartenaient aux tribus des Hudayl et des Khuzâ'a, qui nomadisaient le sud de Médine (ancienne ville de Yathrib), et le nord de la Mecque. Ensuite, son culte s'est répandu jusqu’à Palmyre, et fut adorée par de nombreuses tribus comme divinité du Destin, avant d'être dominante chez les Qurayshites. 

Ruda: c'est la déesse la plus ancienne mentionnée dans des inscriptions assyrienne d'Assarhaddon. Elle fut vénérée par plusieurs tribus d'Arabie centrale et par les thamudéens; puis un culte lui fut dédié à Palmyre. On l'identifie à Vénus, elle est représentée par une femme nue. On retrouva de nombreuses invocations thamudéennes lui faisant appel, pour ses vertus protectrice, la sagesse, la joie, l'amour, la vengeance, la compassion, et la guérison.

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] : déesse du Soleil vénérée surtout au Qataban et en Hadramaout (Yémen). Contrairement au dieu lunaire Houbal et à Athtar, elle est connue sous un même nom pour l’ensemble des peuples sud arabiques. Mais elle a quelques surnoms :
Pour les sabéens : « Dhât-Himyâm », celle qui darde ses rayons, ou l’incandescente ; «Dhât-Ba’adân », celle qui est éloignée ; « Samayhat », la céleste ; « Tadûn », celle qui se couche, ou la méprisée ; « Tanûf », celle qui est élevée, la sublime... 
On l’invoque par l’expression « celle de... », « la Dame de... », suivi du nom du sanctuaire. Les sentiments à l’égard de cette divinité était divers (crainte, désirs, etc): cultivateurs et nomades la considéraient sûrement différemment, d’où la multiplicité des adjectifs. Il semble que la déesse Athirat (Ashirtu babylonienne, Ashérat de Ras Shamra, Ashêrâh de la Bible) appartienne aussi au cycle solaire.

Suwâ' : Un bétyle lui est consacré. Elle est la déesse protectrice de la tribu des Hudhaylites, qui nomadisaient entre Médine et la Mecque.

Tagout: il est cité dans le Coran. Ce dieu est assimilé à Thot, lui-même associé au Hermès Trismégiste hellénistique.

al-Uqaytsir : C'est un dieu vénéré en particulier par les tribus Âmila, Djudhâm, Ghatafânlakh, et Qudâ'a. Sûrement originaire du sud de la Syrie, il se rencontre jusque dans tribus du nord de l'Arabie, représenté par des bétyles. On lui faisait des sacrifices de sang, lors de processions accompagnées de chants. Couvert d'un vêtement rituel sur lequel on prêtait serment, on lui donnait des offrandes de farine, mêlée à des cheveux coupés (il existait une coutume où le pèlerin se rasait les cheveux pour apporter l'offrande).

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al-Uzzâ : C’est la déesse de l'étoile du matin, représentée primitivement sous la forme d'un d’arbre sacré. La déesse al-Uzzâ restera célèbre dans la région syro-palestinienne, où on l'identifiera à la planète Vénus. Les auteurs classiques évoquent eux aussi Vénus pour parler de al- Uzzâ. C'est une déesse Vierge et guerrière, avec Houbal, une des plus populaires du monde Arabe. Les Qurayshites lui vouait un culte ardent, grâce à la proximité de ses sanctuaires. Le plus primitif de ceux-ci se trouvait dans la vallée Hûrad, au nord de la Mecque, à l'ombre de trois acacias. L'idole était enfermée dans une enceinte sacrée, où il y avait aussi un gabgab (une aire ou une pierre, où l'on égorge les moutons destinés à la divinité; la viande sacrifiée était partagée entre les participants). Les pèlerins venaient de toute l'Arabie pour consulter son oracle. Sur ordre de Mahomet son arbre fut abattu et son sanctuaire détruit en l'an 8 de l'Hégire.

Le dieu Wadd, dont le sens serait "ami", et "amour". Il fut primitivement le dieu-lune des Minéens qui l'ont introduit à Dédan. Son nom ayant été trouvé le long de la route du commerce des aromates, on suppose qu’il était lié à ce commerce. Il fut adoré surtout à Dûmat al-Djandal, au nord ouest de l'Arabie. Pourtant on retrouva son temple jusque dans le sud, dans le royaume yéménite du Qataban. Il est assimilé à Apollon et à Adonis (qui est un dieu d'origine syrienne, entré dans le panthéon grec); mais aussi à Hadad, dieu de l'orage, même si certains contestent ce fait et le voit comme lunaire. Des inscriptions thalmudéennes l'évoquent sous les noms de Wadad, Adad, Ud, et Dad. On le présente sous l'aspect d'un homme de grande taille, vêtu d'un ample habit et d'un second vêtement sur épaule; il est aussi armé d'une lance et d'un carquois rempli de flèches.

Yagûth est une divinité du groupe tribal Madhidj, représenté sous forme de lion. Il est le protecteur des artisans, de plus c'est un dieu qu'on priait pour apporter la pluie. Il fut adoré dans le sud de l'Arabie, notamment au Yémen

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La Mort



On retrouve un héritage de l’Egypte, la momification : dans des cavernes-tombeaux de Shibâm, des momies datant du Ier au IIème millénaire ont été retrouvé au Yémen. Les viscères ont été ôtés et remplacé par du pastel et des plantes aromatiques, et elles sont recouvertes de bandelettes de lin. Cependant, la momification fut peu pratiqué en dans les métropoles de l’Arabie déserte. Les types de tombeaux que l’on retrouve le plus dans la péninsule arabique sont :

• Les tombes-cavernes, les plus fréquemment employées en Hadramaout (Yémen)

• Les Mausolées, pour les personnes aisées ou célèbres

• Les défunts les plus défavorisés sont enterrés dans le limon : on retrouva la plus grande nécropole au sud de la ville de Raybûn. Dans un puit peu profond, on y disposait le corps, et on le recouvrait de dalles. Si longueur de la fosse insuffisante, on inhumait le défunt avec les jambes repliées. Des poignards en fer, coquillages, outres de cuir, bracelets de fer, témoignent de la modestie de ces défunts. Ce mode d’enterrement aurait plutôt été le fait de la population nomade, que celle du sud de l’Arabie.

Des objets étaient placés dans les tombeaux : miniatures de bois, amulettes, lances en fer, gibecière lance-pierres, ou des matériaux plus usuels, comme des assiettes, ou du fard... par contre, aucune trace de nourriture n’a été retrouvé.

Les objets que l’ont retrouva le plus furent des statuettes, ou des stèles d’albâtre et de calcaire : beaucoup représentaient le portrait du défunts, et portaient son nom, sa filiation, et encore des épitaphes visant à prévenir des violateurs de sépulture.

La tombe était considérée comme la dernière résidence du mort, il ne la quittera plus ; rien dans les inscriptions funéraires ne fait écho à l’idée que la partie spirituelle de l’être humain pu se séparer de son support charnel...

on suppose que pour les arabes préislamique, la dernière demeure est celle du repos éternel, sans espoir d’un autre séjour.

Les tombes de chameaux


Les chameaux côtoient les hommes dans la mort : cependant, à l’origine, cette tradition serait plus le fait des populations nomades, puis se serait étendue chez les sédentaires.  Le statut du défunt se mesurait au nombre de chameaux qui l’accompagnaient dans la mort. On associait le chameau soit dans une sépulture commune à l’homme, soit dans tombe voisine, ou encore dans la même nécropole : dans ce cas, homme était enseveli dans un puit, et son animal ajouté au-dessus de lui. Dans les tombeaux, le chameau était disposé couché sur le flan, pattes repliés, et tête disposé en arrière, ou agenouillé et tête du côté gauche ; plus rarement, la tête était rompue, et placée entre les pattes de l’animal. Certains chameaux furent décapités avant leur mort : on retrouva des squelettes de ces animaux, avec une pierre placée à la place de tête. L’animal était amené dans la tombe, on le forçait à s’agenouiller, les pattes arrière entravées, tendons sectionnés, pour être décapité. Les écrits antiques ne rendent pas compte de ces rituels sanglants, mais aujourd’hui, on peut faire le parallèle avec les sacrifices de chameaux des bédouins, pratiqués lors de festivités. Malgré tout, ces sacrifices ne semblent pas exprimer un réel culte pour les morts, mais plutôt une continuation des devoirs sociaux au-delà de la tombe.

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Re: La Kaaba, un héritage et un vestige de Babylone

Message  Arlitto le Lun 18 Avr - 14:29

The Kaaba and pre-Islamic Mecca



In pre-Islamic days, that Muslims call the Days of ignorance, the religious background of the Arabs was pagan, and basically animistic. Through Moon, Sun, Stars, Planets, Animals, wells, trees, stones, caves, springs, and other natural objects man could make contact with the deity. At Mekka, Allah was the chief of the gods and the special deity of the Quraish, the prophets tribe. Allah had three daughters: Al Uzzah (Venus) most revered of all and pleased with human sacrifice; Manah, the goddess of destiny, and Al Lat, the goddess of vegetable life. These three daughters of Allah (there is a Quranic verse about them) were considered very powerful over all things. Therefore, their intercessions on behalf of their worshippers were of great significance.

On rituals, Encyclopedia of Islam (New Edition, s.v. Kaaba) states: It is incontrovertible that Islam took from the pagan Arabs an entire pre-Islamic ritual, previously steeped in paganism. This ritual is the veneration of and the pilgrimage to the Kaaba at Mecca. For the pre-Islamic Arabs, the Kaaba was the center of worship where the Jahilis prayed and went round it seven times. The Jahilis went on pilgrimage to the Kaaba once a year in Dhul-Hijja for a week, and they performed the Waqfa [standing in or stoppage at] on Mount Arafat (Al-Udhhri, 1991, 77). In their ritual, the Pre-Islamic pilgrims halted at Muzdalifa, stayed at Mina, made seven runs between Safa and the Marwah hills, sacrificed animals, and shaved their heads.They performed the lesser pilgrimage (Umrah) outside the month of Dhul-Hijja. Islam adopted the entire ritual. It recognized the Kaaba as the temple of God and the center of worship, retained the Black Stone, consecrated the Haram sanctuary, and ordered Muslims to perform the pilgrimage, if possible, once in a lifetime on the eighth day of the last month of the Islamic lunar year, Dhul-Hijja. Muslims today, like their pre-Islamic ancestors, circumambulate the Kaaba seven times, halt at Muzdalifa, stay at Mina, make seven runs between Safa and the Marwah hills, sacrifice animals, stone the devil, shave their heads, and wear a special simple garb. They perform the lesser pilgrimage (Umrah) outside the month of Dhul-Hijja, Islam has also in common with the pre-Islamic Arabs their belief in Jinn. The pre-Islamic Arabs were fully convinced, in the existence of shadowy, crafty, mischievous, even destructive beings called jinn (Watt and Bell, Introduction to the Quran, 1977, 153). While usually invisible, the jinn are capable of assuming forms of snakes, scorpions, lizards, and other creeping things or mad humans (Ibid.). Sura Al-Jinn (Quranic Chapter number 72, composed of 28 Verses), is dedicated to these spirits. Other parts of the Quran recognize Jinns existence: They link Him with jinn by lineage (37:158); that God created Jinn from fire ([Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]), and that Jinns end, like mens, is to serve and worship God ([Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]). The Quran reveals also that God sent messengers to Jinn and men (6:130), and teaches that Jinn may believe in God and His Holy Book: (72:1), as well as that Jinn may be unbelievers as well (6:130). Jinn promised that they will not Associate in worship any gods with our Lord (72:2).




Dans les jours pré-islamiques , que les musulmans appellent les Jours de l'ignorance , l'arrière-plan religieux des Arabes était païen, et fondamentalement animiste . Grâce à la Lune , Soleil, étoiles, planètes, animaux, puits , arbres , pierres , grottes , sources et autres objets naturels homme pouvait prendre contact avec la divinité . A Mekka , Allah était le chef des dieux et la divinité spéciale du Quraish , la tribu des prophètes . Allah avait trois filles: Al Uzza ( Vénus) les plus vénérés de tous et satisfaits avec le sacrifice humain ; Manah , la déesse du destin , et Al Lat , la déesse de la vie végétale . Ces trois filles d'Allah ( il y a un verset coranique sur eux ) ont été considérés comme très puissant sur ​​toutes choses. Par conséquent , leurs intercessions au nom de leurs fidèles étaient d'une grande importance .

 Sur les rituels, Encyclopédie de l'Islam (New Edition, s.v. Kaaba) déclare: Il est indéniable que l'islam a pris des Arabes païens tout un rituel pré-islamique, préalablement trempée dans le paganisme.

Ce rituel est la vénération et le pèlerinage à la Kaaba à la Mecque.

Pour les Arabes pré-islamiques, la Kaaba est le centre du culte où le Jahilis a prié et a fait le tour sept fois. Le Jahilis est allé en pèlerinage à la Kaaba une fois par an dans Dhul-Hijja pour une semaine, et ils effectué l'Waqfa [debout ou arrêt at] sur le mont Arafat (Al-Udhhri, 1991, 77).

Dans leur rituel, les pèlerins pré-islamiques arrêtés à Muzdalifa, sont restés à Mina, a fait sept courses entre Safa et Marwah les collines, les animaux sacrifiés, et rasé leur heads.They a effectué le petit pèlerinage (Omra) en dehors du mois de Dhul-Hijja .

L'Islam a adopté l'ensemble du rituel.

Elle a reconnu la Kaaba comme le temple d'Allah et le centre du culte, a conservé la Pierre Noire, consacré le sanctuaire Haram, et a ordonné aux musulmans de faire le pèlerinage, si possible, une fois dans une vie sur le huitième jour du dernier mois de la année lunaire islamique, Dhul-Hijja. Musulmans aujourd'hui, comme leurs ancêtres pré-islamiques, circumambulate la Kaaba sept fois, halte à Muzdalifa, rester à Mina, faire sept courses entre Safa et les collines Marwah, sacrifier des animaux, de la pierre du diable, se raser la tête, et de porter une spéciale simple costume.

Ils effectuent le petit pèlerinage (Omra) en dehors du mois de Dhul-Hijja, l'islam a aussi en commun avec les Arabes préislamiques leur croyance aux Djinns.

Les Arabes pré-islamiques étaient pleinement convaincus, à l'existence des êtres sombres, rusé, malicieux, même destructeurs appelés djinns (Watt et Bell, introduction au Coran, 1977, 153). Bien que généralement invisibles, les djinns sont capables d'assumer les formes de serpents, des scorpions, des lézards et autres reptiles ou humains fous (Ibid.). Sourate Al-Jinn (Coranique numéro de chapitre 72, composé de 28 versets), est dédié à ces esprits.

D'autres parties du Coran reconnaissent djinns existence: Ils le lien avec djinns par lignage (37: 158); que Allah a créé Jinn du feu (55:15), et cette fin djinns, comme des hommes, est de servir et adorer Dieu (51:56). Le Coran révèle également que Allah a envoyé des messagers aux Djinns et aux hommes (6: 130), et enseigne que les Djinns croient en Allah et Son Livre Saint: (72: 1), ainsi, les Djinns peuvent être incroyants aussi bien que croyants(6: 130). Les Djinns ont promis qu'ils ne seront pas des associés dans le culte des dieux.

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