L’Epoque Messianique selon les Juifs

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L’Epoque Messianique selon les Juifs

Message  Arlitto le Mar 17 Mai - 18:59

L’Epoque Messianique selon les Juifs


L’Epoque Messianique
 
Selon le Zohar, le Machiah est caché dans un palais appelé Eden. Jusqu’au jour où il révélera au monde. Dans cet endroit se retrouvent reproduites les images de tous les peuples qui se sont ligués pour détruire Israel. Chaque fois que le Messie entre dans ce palais, il lève les yeux et aperçoit les patriarches qui pénètrent dans les ruines de la maison du Sei-gneur. Enfin, il aperçoit Rachel qui a les larmes aux yeux. Le Saint Béni Soit-Il la console ; mais elle ne veut point être consolée. Alors, le Messie lève la voix et pleure et tout le jardin d’Eden est ébranlé.
 
Lorsque le Saint Béni Soit-Il décidera de perfectionner le monde et lorsque les lettres du nom sacré seront complètes, une étoile de couleur pourpre apparaîtra au milieu du firmament et sa vive lumière sera visible à tout le monde. En même temps une traînée de lumière apparaîtra au nord en face de l’étoile mentionnée. Cette apparition durera 40 jours et tout le monde sera effrayé. Au bout de 40 jours l’étoile et la traînée se livreront bataille (LA VRAIE GUERRE DES ETOILES) ; la traînée de lumière s’efforcera de détruire l’étoile. De nombreux souverains seront épouvantés de cette apparition. L’étoile remportera la victoire sur la traînée de lumière qui s’effacera. L’étoile sillonnera l’espace en 12 endroits différents où elle laissera douze traces lumineuses qui seront visible pendant 12 jours.
 
Il y aura un TREMBLEMENT DE TERRE et une ECLIPSE de soleil au milieu du jour, pareille à celle qui eut lieu au JOUR DE LA DESTRUCTION DU TEMPLE. L’obscurité sera totale ; un grand orage s’élèvera, qui fera trembler la terre et qui fera périr de nombreuses armées. La foudre tombera sur Rome et incendiera plusieurs tours et plusieurs palais ; de nombreux princes périront ce jour. A partir de ce jour, tous les rois de la terre feront des décrets iniques contre Israel et s’efforceront de le détacher de sa foi. Ceci durera 12 mois. C’est pourquoi il a été dit : Heureux le sort de ceux qui ne vivront à cette époque, et heureux le sort de ceux qui n’y vivront pas. CE SERA L’EPOQUE MESSIANIQUE.



ZOHAR II,8
De même dans Zohar I,117a :
On annonce qu’en l’an 66 (5766 ?) le Messie se révélera en PALESTINE : "  Une étoile du côté de l’Orient absorbera 7 étoiles du côté du Septentrion (guerre des étoiles en version originale) une langue de feu de couleur noire sera visible au firmament durant 60 jours. Une guerre éclatera au Septentrion ; deux souverains périront dans cette guerre. Ensuite tous les peuples se coaliseront contre la fille de JACOB pour la faire disparaître du monde. C’est à cette époque que s’applique les paroles de Jérémie :



" Ce sera un temps d’affliction pour Jacob ; et néanmoins il sera délivré ". Donc un autre scénario possible : D’abord une liquidation entre les peuples ; puis fou de rage qu’Israel en soit sorti sans égratignure s’en prennent alors directement à Israel (BAS LES MASQUES).
 
 
SELON RAMBAM
 
Qu’il ne te vienne pas à l’esprit que le roi Messie fera des miracles, ou créera des choses nouvelles, ou ressuscitera les morts, comme les fous se le racontent. Il ne faut rien attendre de semblable. Un principe important, c’est que notre THORA, ses préceptes et ses commandements sont pour l’éternité, qu’on ne peut rien ajouter, qu’on ne peut rien retrancher ; qui fait cela, ou introduit dans la Thora un sens différent ou veut l’interpréter pour la changer, celui-là doit être traité comme un imposteur, un criminel et un contemplateur de la Loi.

S’il se lève un roi de la race de David, qui tourne son esprit vers la Thora et qui, comme son ancêtre David pratique les commandements de la Loi non seulement écrite, mais orale, s’il donne occasion à tout Israel de vivre selon ta Thora et de la fortifier, il peut être tenu pour le Messie ; si son activité prend un cours heureux, s’il est vainqueur des nations voisines, rebâtit le TEMPLE et ramène les dispersés d’Israel , alors il n’y aura plus de doute, ce sera le Messie véritable. Mais s’il est tombé au combat, ce n’était pas celui que nous annoncent les promesses, mais il était pareil à tous les autres rois pieux de la maison de David qui ont succombé, et D’ l’aura envoyé pour éprouver des hommes en grand nombre " . . .certains tomberont, pour qu’ils soient éprouvés, triés et purifiés, en attendant le moment final, car il tardera encore, jusqu’à l’époque fixée "
DANIEL.
 
Un processus naturel : La Guéoula au début se fera d’une façon naturelle ; Israel prendra possession de son pays avec l’autorisation des nation et une guerre sans merci.

Il incombera à chaque juif de participer de différentes façons au retour de son peuple. "  C’est un regain de la volonté du peuple dans son ensemble de revenir à son pays, à son essence, son esprit et sa forme ; c’est ce réveil qui est la lumière de TECHOUVA " Rav KOUK dans OROTH HATECHOUVA.

Rachi disait : " Lorsque le pays d’Israel donnera ses fruits en abondance, nous serons proche de la fin de l’exil. Il n’y a pas de signe plus évident. "
L’ère messianique sera précédée par le rassemblement des exilés : Formez tous une assemblée ainsi vous préparerez la délivrance. De même, la Guéoula viendra quand seront rassemblés tous les restes des Tribus des juifs d’Inde, d’Ethiopie qui pendant ces 2000 ans d’exil ont presque tout oublié.

Rabbi Yohanan disait : Si tu vois une génération qui va en déclinant, attends le messie. 
Dans la génération dans laquelle le messie fera apparition, les disciples des sages diminueront en nombre. . .des souffrances nombreuses, des persécutions cruelles se produiront, avant que la première prenne fin, la seconde éclatera.

Le GAON DE VILNA enseignait : A chaque millénaire correspond un Livre de la Thora. 10 parachot qui correspondent au 10 siècles de notre millénaire ; celle de notre époque sont donc celles de KI TAVO (qui fait allusion à la CHOA et à la renaissance d’ISRAEL) et la paracha NITSAVIM où l’on peut lire : " Si tu reviens au Sei-gneur ton D’ il te ramènera dans le pays " c’est la double techouva géographique et spirituelle : " Lorsque te sera survenu tout cela, la bénédiction et la malédiction que je t’aurais présentées si tu les rumine dans ton cœur, parmi toutes les nations où le Sei-gneur ton D’ t’aura repoussé. . .alors le Sei-gneur ton D’. . .te ramènera dans le Pays qu’auront possédé tes pères et tu le posséderas à ton tour.
 
Le Gaon de Vilna écrit dans Even Cheléma : A chaque génération existent des possibilités de salut messianique qui correspondent au type de repentir et de mérite de la génération en question. Mais l’ultime fin des temps ne dépend pas du repentir, mais de la bonté divine. " C’est en faveur de Moi que j’agirai " comme nous le disons dans la Amida " Qui amène le Libérateur aux enfants de leurs enfants pour son nom, avec amour "
Extrait de " vers l’harmonie " Rabbin E. MUNK :
La première étape est celle du rassemblement des exilés en terre promise ; mais l’avènement du Messie sera précédé par les " douleurs d’enfantement " : Gog et Magog entraîneront l’humanité dans une succession de guerres jusqu’aux portes de Jerusalem. La puissance destructrice terrifiante des engins nucléaires provoquera l’effondrement de la civilisation matérialiste et technique. Ce n’est qu’après ce jugement que Jerusalem sera reconstruite pour devenir la ville sainte. Une glorieuse royauté sera érigée en Israel sous le sceptre du Messie de la maison de David.

Il te rendra plus nombreux que tes pères. Cette allusion se rapporte à l’élargissement du territoire aux trois domaines Kini, Kinezi, Kadmoni ; ces trois domaines promis à Abraham correspondent à une partie des peuples d’Edom, Moab et Ammon ; ils recouvrent pratiquement toute la Transjordanie (KIDOUCHIN).


Extrait de la Michna : A l’approche du Messie l’insolence grandira. On portera atteinte à toutes les formes de respect et de considération. La vigne donnera son fruit mais le vin sera cher ; les lieux de réunions des sages seront livrés à la débauche ;

La Galilée sera dévastée, le Djoulan sera ravagé ; Les habitants des frontières fuiront la ville, et ne trouveront pas de refuge. La sagesse des scribes s’évanouira ; les gens pieux seront méprisés ; la vérité sera refusée ; cette génération prendra un visage de chien ; Les jeunes gens insulteront les vieillards ; les grands se lèveront devant les petits ; le fils manquera de respect à son père, la fille se révoltera contre sa mère ; la bru contre sa belle mère ; les membres d’une même famille se haïront et le fils n’éprouvera pas de honte devant son père. Et sur qui pouvons nous nous appuyer ? SUR NOTRE PERE QUI EST AU CIEL. (sota 49b et Sanhédrine 97a)

Le Machiah se révèlera sur toute la planète, et les enfants d’Israel se regrouperont de partout où ils sont ; ce sera un temps de détresse pour Jacob dont l’issue est la délivrance. 

La venue du Messie trouvera Esav au sommet de sa puissance. Les enfants d’Ismael seront déstinés à cette époque à se lever avec toutes les nations du monde pour marcher contre Jerusalem. Le zohar nous apprend qu ‘à la fin des temps les ismaëlites livreront trois guerres contre les juifs, une sur mer, une sur terre et une proche de Jerusalem. Cet immense affrontement conduira finalement à l’anéantissement d’Ismael et de Rome .. . .C’est un jour de vengeance une année de représailles pour la cause de TSION.
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Pourquoi les Juifs ne croient pas en Jésus

Message  Arlitto le Mar 17 Mai - 19:02

Pourquoi les Juifs ne croient pas en Jésus



Pendant 2 000 ans, les Juifs ont rejeté la thèse chrétienne qui fait de Jésus un messie. Pourquoi ?


Il est important à comprendre pourquoi les Juifs ne croient pas en Jésus. Il ne s'agit pas là de dénigrer d'autres religions, mais de clarifier la position juive. Plus nombreuses sont les données dont on dispose, mieux on peut faire son choix quant à son itinéraire spirituel.

Les Juifs n'acceptent pas Jésus en tant que Messie parce que :

1) Jésus n'a pas accompli les prophéties messianiques.
2) Jésus n'a pas incarné les qualifications personnelles du Messie.
3) Les versets bibliques que l'on applique à Jésus sont traduits de manière erronée.
4) La foi juive est basée uniquement sur une révélation nationale.
A la fin de cet article, nous examinerons les sujets supplémentaires suivants :
5) Le christianisme contredit la théologie juive.
6) Juifs et Gentils.
7) La venue du Messie.

 
1) Jésus n'a pas accompli les prophéties messianiques
 
Qu'est-ce que le Messie est censé devoir accomplir ? La Bible dit qu'il :

A. Construira le troisième Temple (Ezéchiel 37, 26-28).
B. Rassemblera tous les Juifs revenus sur la Terre d'Israël (Isaïe 43, 5-6).
C. Fera entrer le monde dans une ère de paix universelle, et mettra fin à toute haine, oppression, souffrance et maladie, ainsi qu'il est écrit : " Une nation ne s'élèvera pas en brandissant l'épée contre une nation, ni un homme n'apprendra plus l'art de la guerre " (Isaïe 2, 4).
D. Propagera la connaissance universelle du D.ieu d'Israël, qui unira l'humanité comme ne formant qu'un peuple. Comme il est écrit : " D.ieu sera Roi sur tout le monde, en ce jour, D.ieu sera Un et Son Nom sera Un " (Zacharie 14, 9).


Il est de fait historique que Jésus n'a accompli aucune de ces prophéties messianiques.
Les Chrétiens répliquent que Jésus accomplira celles-ci lors de sa deuxième venue, mais les sources juives assurent que c'est d'emblée que le Messie accomplira ses prophéties, sans avoir besoin de venir une deuxième fois.

 
2) Jésus n'a pas incarné les qualifications personnelles du Messie
 
A. Le Messie comme prophète
Jésus n'était pas un prophète. La prophétie ne peut exister en Israël que lorsque le pays est habité par la plus grande partie du peuple juif. A l'époque d'Ezra - vers l'an 300 avant l'ère commune - quand la majorité des Juifs refusa de quitter Babylone pour retourner en Israël, la prophétie prit fin avec la mort des derniers prophètes - Aggée, Zacharie et Malachie.
Jésus est apparu sur la scène de l'histoire environ 350 ans après la fin de la prophétie.


B. Descendant de David
Le Messie doit être un descendant du côté paternel du roi David (Voir Genèse 49, 10 et Isaïe 11, 1). Or, selon la thèse des Chrétiens, Jésus est né d'une femme vierge, et donc n'avait pas de père. Il est par conséquent impossible qu'il ait pu satisfaire aux exigences d'une filiation paternelle remontant au roi David !

C. L'observance de la Torah
Le Messie conduira le peuple juif à une pleine observance de la Torah. La Torah énonce que toutes les mitswoth resteront toujours en vigueur, et que quiconque voudra changer la Torah sera aussitôt identifié comme un faux prophète (Deutéronome 13, 1-4).
Tout au long du Nouveau Testament, Jésus prend le contre-pied de la Torah et affirme que ses commandements

 
3) Les versets bibliques que l'on applique à Jésus sont traduits de manière erronée
 
On ne peut comprendre un verset biblique qu'en l'examinant dans le texte original hébreu, ce qui révèle beaucoup de décalages dans la traduction chrétienne.

A. La naissance virginale

L'idée chrétienne d'une naissance virginale a pris naissance dans Isaïe 7, 14 où il est question d'une 'alma qui a enfanté. Le mot hébreu 'alma a toujours signifié : " jeune femme ", mais les théologiens chrétiens, plusieurs siècles après, l'ont traduit par " vierge ". Cette version a permis de concilier la naissance de Jésus avec l'idée païenne qui prévalait au premier siècle selon laquelle des mortelles pouvaient être fécondées par des D.ieux.

B. La crucifixion
Il est écrit dans les Psaumes (22, 17) : " Car des chiens m'enveloppent, la bande des méchants fait cercle autour de moi ; "comme le lion" (ils meurtrissent) mes mains et mes pieds. " Le terme hébreu KeAri (" comme le lion ") est grammaticalement similaire au mot " déchirure ". C'est ainsi que le christianisme lit le verset comme contenant une allusion à la crucifixion : " Ils ont transpercé mes mains et mes pieds. "

C. Le serviteur souffrant
Le christianisme considère que le chapitre 53 d'Isaïe sur le " serviteur souffrant " se réfère à Jésus.
En réalité, ce chapitre 53 constitue la suite directe du chapitre 52, qui décrit l'exil et la rédemption du peuple juif. Les prophéties sont écrites au singulier parce que les Juifs (" Israël ") sont considérés comme une seule unité. La Torah fourmille d'exemples où la nation juive est désignée sous un pronom singulier.
Par une triste ironie de l'histoire, les prophéties de persécution du livre d'Isaïe se sont accomplies notamment au XIème siècle, où les Juifs ont été torturés et massacrés par les Croisés qui agissaient au nom de Jésus.
D'où sont venues ces traductions erronées ? Saint Grégoire, évêque de Nazianze au IVème siècle, a écrit : " Un peu de jargon est tout ce qui est nécessaire pour en imposer aux gens. Moins ils comprennent, plus ils admirent. "

 
4) La foi juive est basée uniquement sur une révélation nationale.
 
Sur les 15 000 religions recensées dans l'histoire humaine, seul le judaïsme base sa croyance sur une révélation nationale, c'est-à-dire une révélation où D.ieu s'adresse à la nation entière. Si D.ieu devait faire naître une nouvelle religion, il va de soi qu'Il l'annoncerait à tout le monde, et pas à une seule personne.

Le judaïsme est la seule parmi les grandes religions de monde à ne pas s'appuyer sur des " revendications de miracles " comme base de la foi. En fait, la Bible précise que D.ieu accorde parfois à des charlatans le pouvoir de réaliser des " miracles ", et ce afin de mettre à l'épreuve la loyauté des Juifs envers la Torah (Deutéronome 13, 4).

Maïmonide énonce (" Fondements de la Torah " 8, 1) :

" Les Juifs n'ont pas cru en Moïse, notre maître, à cause des miracles qu'il a exécutés. Toutes les fois que la croyance de quelqu'un s'appuie sur la contemplation de miracles, elle ne fait que traîner derrière elle des doutes, parce qu'il est possible que les miracles soient accomplis à l'aide de la magie ou de la sorcellerie. Tous les miracles que Moïse a provoqués dans le désert ont été mis en œuvre parce qu'ils étaient nécessaires, et non en tant que preuves de sa prophétie.
Quelle a été alors la base de la foi [juive] ? La Révélation au mont Sinaï, que nous avons vue de nos propres yeux et entendue de nos propres oreilles, et non comme rapportée par les témoignages de tiers… ainsi qu'il est écrit : "Hachem t'a parlé face à face…" La Torah dit aussi : "Ce n'est pas avec nos pères que Hachem a conclu cette alliance-là, mais avec nous, ceux de nous qui sommes ici aujourd'hui tous vivants." (Deutéronome 5, 3) "


Le judaïsme n'est pas affaire de miracles. Il est l'expérience personnelle en tant que témoin oculaire de chaque homme, femme et enfant qui s'est trouvé au mont Sinaï il y a 3 300 ans.
Voir " D.ieu a parlé au mont Sinaï " pour approfondir le sujet.
 
5) Le christianisme contredit la théologie juive
 
Les points théologiques suivants s'appliquent surtout à l'église catholique romaine, la plus importante des dénominations chrétiennes.

A. D.ieu en trois parties ?
L'idée catholique de la Trinité transforme D.ieu en trois parties distinctes : Le Père, le Fils et le Saint-Esprit (Matthieu 28, 19).
Cette conception s'oppose à celle contenue dans le Chema', base de la foi juive : " Ecoute, Israël, Hachem est notre D.ieu, Hachem est UN ! " (Deutéronome 6, 4). Les Juifs récitent chaque jour le Chema', ils l'écrivent sur les poteaux des portes (Mezouza), et ils se l'attachent au bras et à la tête (Tefilines). Cette affirmation de l'unicité de D.ieu est ce que l'enfant apprend à dire en premier, et elle constitue les derniers mots que le Juif prononce avant de mourir.
Selon la loi juive, l'adoration d'une divinité en trois parties est considérée comme une forme d'idolâtrie - l'un des trois péchés capitaux dont un Juif doit se garder même au péril de sa vie. Cela explique pourquoi, pendant l'Inquisition et à travers l'histoire, les Juifs ont sacrifié leurs vies plutôt que se convertir.

B. Un homme comme D.ieu ?
Les Catholiques romains croient que D.ieu est venu sur terre sous une forme humaine, puisque Jésus a dit : " Moi et le Père sommes un " (Jean 10, 30).

Maïmonide consacre la plus grande partie du " Guide des égarés " à l'idée fondamentale que D.ieu est incorporel, ce qui signifie qu'Il ne revêt aucune forme physique. D.ieu est éternel, hors du temps. Il est infini, hors de l'espace. Il ne peut pas être né, et il ne peut pas mourir. Affirmer que D.ieu prend une forme physique revient à Le déprécier, car cela diminue à la fois Son unité et Sa divinité. Comme le dit la Torah : " D.ieu n'est pas un mortel " (Nombres 23, 19).

Le judaïsme affirme que le Messie naîtra de parents humains, et qu'il possédera des attributs physiques normaux comme les autres gens. Il ne sera pas un demi-D.ieu, et ne sera pas investi de qualités surnaturelles. En fait, chaque génération contient en son sein un individu qui aurait la capacité de devenir le Messie (voir Maïmonide - " Lois sur les Rois ", 11, 3).

C. Un intermédiaire pour la prière ?
La foi catholique affirme que la prière doit être canalisée par un intermédiaire, c'est-à-dire par une confession auprès d'un prêtreJésus lui-même a été un intermédiaire, puisqu'il a dit : " Aucun homme ne vient au Père que par moi. "
Dans le judaïsme, la prière est une affaire totalement privée, entre chaque individu et D.ieuComme l'affirme la Bible : " D.ieu est près de tous ceux qui font appel à Lui " (Psaumes 145, 18)De plus, les Dix Commandements énoncent : " Tu n'auras pas d'autres D.ieux "devant Moi" ", ce qui signifie qu'il est interdit d'établir un médiateur entre D.ieu et l'homme (voir Maïmonide - " Lois sur l'idolâtrie ", chapitre 1).

D. L'engagement dans le monde physique
La doctrine catholique traite souvent le monde physique comme un mal qu'il faut éviter. Marie, la plus sacrée des femmes, est décrite comme une vierge. Les prêtres et les nonnes sont astreints à un devoir de chasteté. Et les monastères sont situés dans des lieux isolés, éloignés du monde.
Le judaïsme, au contraire, croit que D.ieu a créé le monde physique non pas comme une source de frustrations, mais pour notre plaisir. La spiritualité juive consiste à se mesurer au monde physique d'une manière qui nous élève et qui nous enrichisse. L'activité sexuelle, lorsqu'on la pratique dans le contexte approprié, est un des actes les plus saints qui soient.
Le Talmud enseigne que si l'on a l'occasion de déguster un nouveau fruit et qu'on refuse de le faire, on devra en rendre compte dans le monde à venir. Les écoles rabbiniques enseignent comment vivre au sein de l'agitation des activités commerciales. Les Juifs ne font pas retraite devant la vie, ils la subliment.
 
6) Juifs et Gentils
 
Le judaïsme n'exige de conversion de personne. La Torah de Moïse est une vérité pour toute l'humanité, juive ou non. Le roi Salomon a demandé à D.ieu d'exaucer les prières des non-Juifs qui venaient au Temple (I Rois 8, 41-43). Le prophète Isaïe appelle le Temple une " maison pour toutes les nations ".
Le service du Temple pendant Soukoth consistait en 70 offrandes de taureaux, correspondant aux 70 nations du monde. Le Talmud enseigne que si les Romains s'étaient rendu compte des avantages que le Temple aurait pu leur procurer, jamais ils ne l'auraient détruit.
Les Juifs n'ont jamais cherché activement à convertir quiconque au judaïsme. La Torah prescrit en effet la voie appropriée que doivent suivre les non-Juifs, connue sous le nom de " Sept lois de Noé ". Maïmonide explique que tout être humain qui observe fidèlement ces lois morales fondamentales gagne une place de choix dans le ciel.
Pour une étude approfondie des Sept lois de Noé, voir notre articles sur les lois noa'hides.
 
7) La venue du Messie
 
Maïmonide considère que la popularité du christianisme (et de l'islam) fait partie de plan de D.ieu pour propager les idéaux de la Torah à travers le monde. Ces deux religions tendent à rapprocher la société d'une plus grande fidélité à la morale et d'une meilleure connaissance de D.ieu. Tout cela constitue des signes précurseurs de l'ère messianique.

De fait, le monde est en quête désespérée d'une rédemption messianique. Les guerres et la pollution menacent notre planète ; l'égoïsme et la confusion délabrent la vie de famille. C'est dans la mesure même où nous sommes conscients des problèmes que connaissent nos sociétés que nous aspirons à la rédemption. Comme le dit le Talmud, une des premières questions que l'on pose à un Juif le jour du jugement est : " As-tu souhaité la venue du Messie ? "

Comment pouvons-nous accélérer la venue du Messie ? 

Le meilleur moyen est d'aimer généreusement toute l'humanité, d'observer les mitswoth de la Torah du mieux que nous pouvons, et d'encourager les autres à en faire autant.

Malgré l'obscurité dans laquelle il est plongé, le monde semble se diriger vers les temps messianiques. Un signe apparent en est le retour du peuple juif sur la Terre d'Israël et l'épanouissement de celle-ci grâce à ses efforts. En outre, un mouvement majeur fait revenir nombre de jeunes Juifs vers les traditions de la Torah.

Le Messie peut venir à tout moment, et son avènement ne dépend que de nous. D.ieu sera prêt quand nous le serons. Comme l'a dit le Roi David : " La rédemption arrivera aujourd'hui - si vous écoutez Sa voix. "

Pour une étude plus approfondie, lire : " Le vrai Messie ", par le rabbin Aryeh Kaplan (traduction française de Jacques KOHN - Editions EMOUNAH).
Adaptation et commentaires de John Kohn
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Re: L’Epoque Messianique selon les Juifs

Message  Arlitto le Mar 17 Mai - 19:06

Une fausse idée juive sur Dieu


 La conception juive du monothéisme, rend impossible la croyance en un fils de Dieu, quel qu’il soit. Il y a des créatures mais point de fils, même si les juifs s’adressaient à Dieu en l’appelant souvent « Aba » (père) ce qui est courant dans la liturgie juive. En cela, la façon de faire de Jésus est totalement « kasher ».


Ancien Testament "Torah" : [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]:[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] Je n'ai pas appris la sagesse, Et je ne connais pas la science des saints. [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] Qui est monté aux cieux, et qui en est descendu? Qui a recueilli le vent dans ses mains? Qui a serré les eaux dans son vêtement? Qui a fait paraître les extrémités de la terre? Quel est son nom, et quel est le nom de son fils? Le sais-tu?
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Re: L’Epoque Messianique selon les Juifs

Message  Arlitto le Mar 17 Mai - 19:07

✥ Persécutions en ISRAËL : ils sont juifs et croient en Jésus ✥   




Persécution en ISRAEL, ils sont juifs et croient en Jésus. Entre 100 000 et 200 000 juifs messianiques sont dispersés partout dans le monde, selon le site internet Juifs pour Jésus. Les juifs messianiques, c'est-à-dire, qui croient en Jésus-Christ, ne sont pas toujours bien acceptés dans leur pays. Par exemple Yoyakim et sa femme subissent depuis 7 ans un réel rejet en Israël, de la part de juifs ultra-orthodoxes qui font partie de l'organisation "Gur Hassidim".
Source : Source : [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien][Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

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Re: L’Epoque Messianique selon les Juifs

Message  Arlitto le Mar 17 Mai - 19:08

Un Grand rabbin reconnait jésus comme le Messie ! 



L'Esprit est réellement plein de surprise... Et Il souffle vraiment où Il veut, et en qui Il veut !
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Re: L’Epoque Messianique selon les Juifs

Message  Arlitto le Mar 17 Mai - 19:08

Jésus vu par les Juifs Israeliens 

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Re: L’Epoque Messianique selon les Juifs

Message  Arlitto le Mer 18 Mai - 11:21

Jésus était juif - 1


Dr Arnold G. Fruchtenbaum

Ce que des personnalités juives disent de Jésus

Il n'existe pas une pensée juive uniforme concernant Jésus. Les opinions vont du "Il n'a jamais vécu" au "Il fut un grand prophète juif". Il suffit de parcourir rapidement les rayonnages où sont présentés les livres consacrés à Jésus dans une librairie juive pour se rendre compte de la palette des avis juifs sur ce personnage. Comme le prouvent les citations rapportées ci-après, c'est une grande variété, et non l'uniformité, qui caractérise la pensée des auteurs juifs à propos de Jésus.

"Puisque Jésus était considéré comme un Juif, il y avait encore au sein du judaïsme, au début du troisième siècle, des liens avec ses disciples. Un passage du Talmud fait mention des Evangiles et rapporte un enseignement précis, mais les opinions sont divergentes sur la question." 1 (les notes sont regroupées à la fin du chapitre).

"Nous cherchions à savoir pourquoi le judaïsme n'avait pas reconnu la messianité de Jésus. Nous avons découvert que c'était parce que la tradition juive estimait que la venue de Jésus n'avait pas rempli les conditions messianiques exigées. C'est pourquoi le judaïsme s'est accroché à l'espoir qu'ultérieurement, Dieu apporterait la rédemption. Mais les spécialistes n'étaient pas d'accord sur l'époque où le Messie apparaîtrait et sur son rôle exact." 2

"A Nazareth – un lieu de si peu d'importance qu'il n'est jamais mentionné dans l'Ancien Testament – surgit au milieu du peuple juif un personnage particulièrement sensible et héroïque à la fois. Pour lui, la religion était la chose la plus réelle qui soit... et bien qu'il fût encore jeune lorsqu'il se lança publiquement sur les eaux tumultueuses de la Palestine d'alors, sa sympathie pour l'humanité souffrante était aussi ardente que sa foi était forte. 
Il se dégageait de la personnalité de cet homme quelque chose d'extraordinaire, une attirance démesurée et irrésistible. Les gens incultes des campagnes se sentaient attirés par Jésus et s'attachaient fortement à lui. Au-delà du tombeau de leurs espoirs évanouis, ils s'agrippaient avidement à son message. 
Jésus lui-même n'a pas écrit un seul livre, pas même une ligne, et pourtant on estime à soixante mille le nombre d'ouvrages qui lui ont été consacrés. Son histoire est racontée en huit cents langues et dialectes. Son influence d'une ampleur incomparable a suscité le plus vif intérêt dans toutes les générations depuis dix-neuf siècles.
Il arrive souvent qu'une génération encense celle que la précédente a brûlé. Moins de cent ans après que l'homme de Nazareth ait été crucifié comme un vil malfaiteur, des foules le considéraient déjà comme un être surnaturel et l'adoraient comme le vrai Dieu. "Le nom de Jésus, écrivit Emensten, est bien plus incrusté que simplement écrit dans l'histoire du monde." Pour moi qui suis juif, c'est un fait surprenant, car il ne s'est jamais rien produit de semblable dans toutes les annales de l'homme." 3

"Pendant mille neuf cents ans, l'histoire juive, pourtant bien documentée, est restée dans un silence provocateur au sujet du Juif le plus influent que la terre ait jamais porté. De tous les traitements infligés à Jésus au cours des siècles, peu sont aussi déroutants que ce paradoxe étonnant. 
Car Jésus est né juif; il a vécu sur le sol ancestral de la Palestine et n'a jamais posé le pied sur un territoire étranger. Il a enseigné un petit groupe de disciples, tous juifs comme lui. La langue qu'il parlait était pétrie de tradition et de culture juives. Les petits enfants qu'il a enlacés étaient juifs; les pécheurs qu'il fréquentait étaient des pécheurs juifs; il a guéri des malades juifs, nourri des affamés juifs, fait couler du vin à un mariage juif. Et quand il mourut, il cita un psaume des Ecritures hébraïques. Quel Juif! "4

"... ces savants ont établi le fait que Jésus était un Juif, que son identité juive était profondément ancrée au point de partager les préjugés juifs de ses contemporains. Certes, un grand homme est toujours davantage que le produit des forces antérieures et environnantes. Mais qu'on le veuille ou non, aucun grand homme ne peut totalement transcender son propre peuple. Jésus est né avec une façon de penser typiquement juive; il était imprégné d'idées juives; la seule Bible qui lui était familière était l'Ancien Testament hébraïque; sa vision apocalyptique était celle du peuple juif. Aucun juif n'a été aussi enraciné dans son peuple et imprégné de sa culture que Jésus. Et jusqu'à son dernier soupir, il ne s'est pas dérobé au fait qu'il était juif." 5 

"Ces nombreuses études, écrites avec compétence par un grand nombre de rabbins érudits durant le dernier demi-siècle, mettent généralement en évidence deux points majeurs. Premièrement, les conceptions chrétiennes qui font de Jésus davantage qu'un simple homme sont incompatibles avec le judaïsme et inacceptables pour le juif; elles se focalisent essentiellement sur le "Christ chrétien". Deuxièmement, les vertus attribuées à l'homme Jésus, le "Jésus juif", sont des vertus juives caractéristiques, reconnues par le judaïsme et partie intégrante de celui-ci. Ce Jésus juif peut bien avoir été un homme bon, un grand homme, un prophète, un rabbin ou un chef patriotique, mais il n'était ni meilleur ni plus grand que les autres Juifs célèbres, selon ces études." 6

"Que nous, Juifs, ayons ou non compris les explications chrétiennes, nous avons délibérément rejeté les affirmations chrétiennes concernant Jésus. Nous n'avons pas cru qu'il était le Messie; nous n'avons pas été disposés à l'appeler "Seigneur"; nous n'avons pas cru que le Logos s'était incarné en Jésus; nous n'avons pas cru que Jésus était, ou est, vrai Dieu de Dieu." 7

"Je ne crois pas faire violence aux documents ni au savoir dont j'ai été imprégné en pensant que Jésus était un homme avec un charisme de chef et qu'il était un maître à penser. Je crois également discerner chez lui une loyauté juive, contestée – mais pour des raisons opposées – à la fois par des chrétiens et par certains Juifs qui l'excluent du judaïsme. A mon avis, Jésus était fermement persuadé que la fin du monde était imminente et qu'il se prenait réellement pour le Messie; les savants qui nient cette évidence se trompent. 
Je ne vois rien d'original dans les enseignements de Jésus. 
Je ne peux vraiment pas attribuer aux enseignements de Jésus une valeur unique qu'honnêtement je ne perçois pas." 8

"Moi et d'autres Juifs, nous n'accordons aucune valeur religieuse à Jésus." 9

"Par sa personnalité exceptionnelle, Jésus n'entre dans aucune de ces catégories. Quelque chose de chacune d'elles se retrouve en lui, mais il les transcende toutes. Des hommes doués d'une perception aussi extraordinaire et d'une passion non moins extraordinaire pour la vie spirituelle sont ce qu'on appelle en biologie des "cas anormaux" (dans le sens d'exception)." 10

"Jésus était juif, et il l'est resté jusqu'à son dernier souffle. Il avait une idée unique en tête: imprimer en son peuple l'idée de la venue du Messie, et hâter "la fin" par la repentance et la pratique d'oeuvres bonnes." 11

"Selon Jésus, le royaume des cieux est pour le présent. Pour le judaïsme, le royaume des cieux est réservé "pour les derniers jours". D'après Jésus, le royaume viendra de façon soudaine, "comme un voleur dans la nuit"; le judaïsme le présente comme le terme d'un processus long et douloureux. Le vrai socialisme est juif et non chrétien. Comment le judaïsme pouvait-il alors voir en Jésus le Messie?" 12

"Jésus n'était pas chrétien", mais il l'est devenu. Israël s'est désolidarisé de son enseignement et de son histoire. Jusqu'à ce jour, les Juifs ne l'ont jamais accepté; en revanche, à chaque génération, les disciples et les adeptes de Jésus ne se sont pas privés de se moquer des juifs et du judaïsme, et de les persécuter. Malgré cela, nous ne pouvons concevoir une oeuvre de valeur sur l'histoire des Juifs à l'époque du second temple qui n'inclue pas l'histoire de Jésus et ne procède pas à une évaluation de son enseignement. Que représente donc Jésus aujourd'hui pour les Juifs? 
Du point de vue de l'humanité, il était vraiment "la lumière des nations". Ses disciples ont fait briller la Loi d'Israël (même si cette loi a été présentée sous une forme mutilée et incomplète) parmi les païens du monde entier. Par conséquent, aucun Juif ne peut sous-estimer la valeur de Jésus et de son enseignement sous l'angle de l'histoire universelle. C'est un fait que ni Maimonides ni Tehuda ha-Lévi n'ont ignoré. 
Mais dans l'optique du nationalisme juif, il est plus difficile d'estimer la valeur de Jésus. Bien qu'il ait été lui-même sans aucun doute instinctivement un Juif "nationaliste" – et même d'un nationalisme extrême, comme le démontrent sa réplique à la femme cananéenne, sa façon péjorative de parler des "païens et des publicains", les expressions "fils d'Abraham" et "fille d'Abraham" comme titres les plus élogieux, son amour profond pour Jérusalem, son engagement sans réserve pour la cause des "brebis perdues de la maison d'Israël" – oui, malgré tout cela, il y avait quelque chose en lui qui a donné naissance au "non- judaïsme". Que représente aujourd'hui Jésus pour la nation juive? 
Pour elle, il ne peut être ni Dieu ni le Fils de Dieu, au sens où l'entend le dogme de la Trinité. Ces deux notions sont pour le Juif non seulement impies et blasphématoires, mais également incompréhensibles. La nation juive ne peut pas considérer Jésus comme le Messie, car le royaume des cieux (les "jours du Messie") n'est pas encore établi. Elle ne le range pas parmi les prophètes, car il lui manque la perception politique du prophète juif, et son esprit de consolation appliqué au domaine politico-national. 
La nation juive ne le conçoit pas non plus comme un législateur ou le fondateur d'une nouvelle religion; lui- même a récusé l'intention d'être l'un ou l'autre. Il n'est pas un "Tana" (Les Tanaites étaient des docteurs de la Tora qui ont enseigné aux Ier et IIe siècles ap. J.-C., n.d.t.) ni un rabbin pharisien; il s'est en effet plutôt rangé du côté des adversaires des Pharisiens et n'a pas saisi le côté positif de leur oeuvre, ni leurs efforts pour entretenir la vie nationale et nourrir l'espérance du peuple. 
Pour la nation juive, Jésus est un grand moraliste et un maître incomparable dans l'art de raconter les paraboles. Il est le moraliste pour qui, dans la vie religieuse, la morale passe avant tout. Comme conséquence de ce point de vue extrémiste, son code éthique est devenu essentiellement un idéal pour une petite minorité, une sorte de "musique d'avenir", un idéal pour "les jours du Messie", lorsque ce "vieux monde" – l'ordre social actuel – sera parvenu à sa "fin". L'éthique de Jésus ne s'applique pas aux nations et au présent ordre social, dans lequel les hommes s'efforcent inlassablement de trouver le chemin qui débouchera sur l'ère future du Messie et des prophètes, sur le "royaume du Tout-Puissant" annoncé dans le Talmud, un idéal qui est "de ce monde" et qui peu à peu, au fil des générations, prendra forme dans ce monde. 
Mais son code éthique contient quelque chose de sublime, de distinct et d'original qui n'a pas son pareil dans aucun code éthique hébreu; il n'existe pas non plus de parallèle à sa façon unique de manier l'art de la parabole. La sagacité et la finesse de ses proverbes ainsi que la force de ses épigrammes ont contribué, dans une mesure exceptionnelle, à rendre populaires ses idées éthiques. Si un jour ce code éthique pouvait être dépouillé de son enveloppe de miracles et de mysticisme, le Livre de l'Ethique de Jésus deviendrait l'un des chefs-d'œuvre les plus précieux de la littérature d'Israël de tous les temps." 13

"Jésus, le Jésus des Evangiles, Fils unique et incarnation de Dieu pour les chrétiens, fut dans sa vie humaine un juif, un simple artisan juif. C'est là un fait que nul chrétien n'a le droit d'ignorer. Tout ce que l'on sait de Jésus démontre qu'il était juif. Non pas seulement juif de croyance, de religion. Juif de naissance." 14

"Tels que nous pouvons les connaître par les Evangiles, juive était la famille de Jésus, juive était Marie sa mère, juifs leur entourage, leur parenté. Se dire antisémite et chrétien, c'est vouloir joindre l'outrage à la vénération." 15

"Rien de plus vain que d'opposer l'Evangile au judaïsme, cet Evangile prêché par Jésus dans la synagogue et dans le Temple. La vérité est que, par toutes leurs racines, l'Evangile et la tradition évangélique se rattachent étroitement à la tradition juive et aux efforts de rénovation et de purification qui s'étaient manifestés depuis près de deux siècles sur la terre d'Israël." 16

"La vie de Jésus est donc une histoire simple et racontée en termes compréhensibles d'expérience politique moderne, probablement peu différente de celle de ces nombreux Juifs zélotes qui conduisirent des groupes de rebelles au martyre et à la crucifixion. Dans la vie réelle de Jésus, nous ne discernons rien de surnaturel, aucune théologie, aucun dogme, uniquement un zèle ardent pour son peuple et pour son Dieu." 17

"Mais la compréhension entre les religions, une compréhension fondée sur le respect mutuel n'est pas à sens unique. Nous autres Juifs avons longtemps réclamé un changement indispensable dans l'exposé officiel catholique des faits et de leur interprétation. Mais qu'en est-il de nos attitudes juives à l'égard de la chrétienté, en particulier à l'égard de Jésus? Devons- nous rester inflexibles – orthodoxes – dans notre refus d'examiner nos propres affirmations, nos faits, nos interprétations sur la portée de la vie de Jésus le Juif? Avons-nous examiné nos propres livres, officiels ou autres, pour réévaluer nos conceptions – souvent inspirées par la jalousie – de celui au nom duquel le christianisme a été fondé ? Combien de temps, sous prétexte qu'il n'a fait que répéter pour l'essentiel ce que les prophètes antérieurs et les rabbins contemporains avaient déjà dit, pourrons-nous encore ignorer ses enseignements sublimes, quoique exprimés de façon simple dans un langage typiquement prophétique et rabbinique? Michée était-il, spirituellement et moralement parlant, plus original qu'Amos et Osée? Les rabbins que nous révérons et dont nos enfants ont appris à citer les maximes, le sont-ils? 
Combien de temps encore déclarerons-nous pompeusement que l'apport essentiel de Jésus n'était qu'une nouvelle mouture de ce que ses prédécesseurs juifs avaient dit? Quand admettrons-nous enfin qu'il a exercé une influence bénéfique non seulement sur les païens mais également sur les Juifs de son temps, et que seuls ceux qui ont revendiqué son nom à tort ont profané ses enseignements? Nous avons été trop souvent – pas toujours sans raison – été sur le qui vive pour parer aux attaques que nous avons considérées comme offensantes et dégradantes contre nous-mêmes et contre notre foi. Mais je veux espérer que nous avons pris suffisamment d'assurance dans notre religion et que, comme des représentants adultes de la religion la plus ancienne au monde, nous sommes prêts à rendre à Jésus ce qui lui revient, sans blêmir ni nous flageller." 18

"Pour des Juifs, ce Jésus apparaît comme un esprit extraordinairement beau et noble, embrasé de vie et de compassion pour les hommes, en particulier pour les malheureux et les égarés; d'une piété profonde, avec une perception aiguë de la nature humaine, possédant un don remarquable pour la parabole et l'épigramme; de plus un Juif zélé, fortement ancré dans la foi de son peuple; un maître fermement engagé à enseigner les principes religieux et moraux du judaïsme. Mais n'est-il pas plus qu'un maître? Ne doit-il pas être considéré également comme un prophète qui a communiqué des principes de conduite nouveaux et plus élevés, jusque-là inconnus? Non, si le récit est examiné de façon objective." 19

"Mais les Juifs ne l'accepteraient-ils pas, sinon comme un prophète, du moins comme un homme parfait, un exemple à imiter pour tous? 
Cette idée n'est pas soutenable non plus. La vérité toute simple est que Jésus, aussi grand soit-il par sa spiritualité, n'est pas un homme parfait."20

"D'accord, s'écrie le chrétien, admettons que Jésus ne soit ni Dieu, ni son Fils unique, ni le Messie, ni un prophète moral, ni même un homme sans péché. Il faut reconnaître que malgré ces réserves, il a été un grand homme, un grand maître particulièrement qualifié. Les Juifs ne pourraient-ils pas l'accepter comme tel? 
A cette question, les Juifs répondent: "Avons-nous jamais, sauf provocation extrême, contesté une telle présentation de Jésus?"21

"Il est trop manifeste que Jésus, tel que les Evangiles le présentent, s'est placé lui-même en dehors de la synagogue et du peuple juif."22

Si ces nombreuses citations établissent un fait, c'est celui qu'il n'existe pas une conception juive unique sur Jésus. L'idée qui prédomine n'est pas celle de l'uniformité, mais celle de la diversité. Certains Juifs considèrent Jésus comme un grand moraliste, un grand rabbin, un grand prophète juif qui a su propager les idées juives parmi les païens. Pour d'autres, il est un perroquet qui a repris à son compte les idées d'autres rabbins, et n'a fait preuve d'aucune originalité. Certains voient en lui un patriote juif qui est né juif, a mené la vie d'un juif zélé et est mort en juif. D'autres estiment que bien que né juif, il est devenu un non-juif et s'est lui-même exclu du judaïsme.

Presque tous concluent à tort ou à raison qu'il n'était pas le Messie. Il n'aurait pas satisfait aux exigences messianiques et ne pouvait donc pas prétendre être le Messie.

Mais quels sont donc les critères d'après lesquels les Juifs refusent à Jésus la qualité de Messie?

Pour les découvrir, nous ne disposons que d'une seule source: les Ecritures hébraïques, plus communément connues sous le nom d'Ancien Testament. S'il existe une norme objective indiquant quelles étaient les attentes messianiques, c'est bien la Loi et les Prophètes. Nous n'avons pas d'autre référence. C'est pourquoi nous allons maintenant nous tourner vers l'Ancien Testament pour examiner ce que le Messie devait être.

NOTES 

1. Rabbi Morris Goldstein, Jesus in the Jewish Tradition, New York, Macmillan Company, 1950, p. 232. 
2. Ibid., p. 233. 
3. Ernest R. Trattner, As A Jew Sees Jesus, New York, Charles Scribner's Sons, 1931, pp. ix-x. 
4. Ibid, p. 1. 
5. Ibid, pp. 19-20. 
6. Samuel Sandmel, We Jews and Jesus, New York, Oxford University Press, 1965, p. vii. 
7. Ibid., p. 44. 
8. Ibid, p. 109. 
9. Ibid, p. 1 10. 
10. Beryl D. Cohon, Men at the Crossroads, New York, Thomas Yoseloff, 1970, p. 114. 
11. Joseph Klausner, Jesus of Nazareth, New York, Macmillan Company, 1925, p. 368. 
12. Ibid., p. 406. 
13. Ibid., pp. 413-414. 
14. Jules Isaac, Jésus et Israël, Fasquelle Editeurs, 1959, pp. 33, 35. 
15. Ibid., p. 41. 
16. Ibid., p. 129. 
17. Simon S. Levin, Jesus Alias Christ, New York, Philosophical Library, 1969, p. 71. 
18. Maurice Eisendrath, Jewry and Jesus of Nazareth, England, The Parkes Library, 1964, p. 6. 
19. Rabbi Milton Steinberg, "Basic Judaism", Jewish Information, Vol. 3, No 4, Printemps 1963, p. 37. 
20. Ibid., p. 39. 
21. Ibid , p. 40. 
22. Trude Weiss-Rosmarin, "Why Jews Don't Accept Jesus", The Jewish Digest, Juin 1973, p. 27.
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Re: L’Epoque Messianique selon les Juifs

Message  Arlitto le Mer 18 Mai - 11:21

Jésus était juif


Dr Arnold G. Fruchtenbaum

Le Messie de l'Ancien Testament I

Le conflit à propos d'Esaïe 53

Le paradoxe
Quiconque s'attache à rechercher ce que l'Ancien Testament dit de la venue du Messie se trouvera rapidement devant des éléments paradoxaux. Parfois il aura même l'impression de nager en pleine contradiction. Car les prophètes juifs ont brossé deux portraits du Messie à venir.

D'un côté le chercheur découvrira de nombreuses prédictions qui présentent le Messie comme un homme qui devra passer par l'humiliation, endurer les mauvais traitements physiques et même subir une mort violente. Pour les prophètes juifs, il s'agissait d'une mort expiatoire pour les péchés du peuple d'Israël. D'un autre côté, le lecteur constatera que les prophètes parlaient également du Messie comme d'un roi victorieux qui viendrait pour détruire les ennemis d'Israël et instaurer un règne messianique de paix et de prospérité.

Telle est la double représentation que les prophètes juifs ont faite du Messie. Au cours des siècles écoulés, pendant la période de formation du Talmud, nos rabbins ont procédé à des études sérieuses concernant les prophéties messianiques. Ils sont parvenus à la conclusion que les prophètes parlaient de deux Messies différents.

Le premier Messie à venir, celui qui devait souffrir et mourir, était le Messie, fils de Joseph (Mashiach ben Yoseph). Le second, qui le suivrait, était désigné comme Messie, fils de David (Mashiach ben David). C'est celui-ci qui ramènerait à la vie le premier Messie et instaurerait le royaume messianique de paix sur terre. Tous les anciens rabbins ont reconnu que l'Ancien Testament contenait cette double série de prophéties messianiques. Mais l'Ancien Testament n'affirme nulle part qu'il existe deux Messies différents. En fait, plusieurs des descriptions paradoxales se trouvent côte à côte dans les mêmes passages, ce qui fait plutôt penser à une seule personne. Mais la théorie des deux Messies conservait la faveur des premiers rabbins.

Pendant des siècles, le judaïsme orthodoxe s'en est tenu à cette notion des deux Messies. Mais depuis la période talmudique, c'est le Messie fils de David qui a fasciné l'imagination des Juifs, réchauffé leurs coeurs et nourri leurs pensées. L'autre Messie, le fils de Joseph, celui qui devait souffrir, était passé sous silence; il n'intervenait dans la théologie juive que pour expliquer les passages relatifs au Messie souffrant contenus dans l'Ancien Testament. Son existence fournissait une échappatoire aux questions épineuses. La plupart du temps, ce personnage messianique était complètement ignoré. Aujourd'hui, peu de Juifs ont entendu parler de lui ou connaissent son existence dans la théologie juive d'autrefois. Le seul Messie qui retient l'attention des Juifs actuels est le Messie fils de David, le vainqueur.

L'origine du paradoxe
Esaïe 53 est l'un des principaux textes à partir desquels les rabbins ont développé leur théorie du Messie souffrant, le fils de Joseph. Ce chapitre est l'actuelle pomme de discorde au sujet de ce que l'Ancien Testament dit du Messie. Il parle d'un serviteur, le Serviteur de l'Eternel. Ce serviteur est soumis à des souffrances atroces qui se terminent par sa mort. Le texte biblique poursuit en affirmant que ses souffrances sont expiatoires, que sa mort est une mort propitiatoire pour le péché.
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Re: L’Epoque Messianique selon les Juifs

Message  Arlitto le Mer 18 Mai - 11:22

LE MESSIE DE L'ANCIEN TESTAMENT II

Si l'Ancien Testament ne parlait du Messie qu'en termes de souffrances, nous ne serions pas très avancés. Mais le portrait que les Ecritures hébraïques brossent du Messie va bien au-delà de ce que révèle Esaïe 53. Les autres textes messianiques donnent généralement moins lieu à querelles d'interprétation que celui d'Esaïe 53. Ils présentent le Messie comme une personne tout à fait particulière.
Sa naissance exceptionnelle

Après le récit de la création, l'Ancien Testament poursuit avec l'histoire d'Adam et d'Eve. Déguisé en serpent, Satan séduit Eve et l'amène à transgresser l'unique commandement de Dieu. Adam imite sa femme. Le résultat est que le péché entre dans la famille humaine et laisse son empreinte dans ses expériences. L'homme se trouve désormais sous le juste jugement de Dieu. Mais dès la Chute, Dieu prévoit une rédemption future. Il déclare à Satan: "Je mettrai inimitié entre toi et la femme, entre ta postérité et sa postérité: celle-ci t'écrasera la tête, et tu lui blesseras le talon". (Ge 3. 15).

L'expression clé dans cette annonce est "sa postérité", la descendance de la femme. En soi, cette affirmation peut ne pas sembler extraordinaire, mais elle l'est au suprême degré dans le contexte de l'enseignement biblique. Car dans toutes les Ecritures hébraïques, la généalogie d'un homme ne passait pas par la femme mais par l'homme. Dans toutes les généalogies que nous trouvons dans les récits bibliques, la femme est généralement ignorée parce qu'elle n'a pas d'importance pour déterminer la lignée. Pourtant la personne à venir qui écraserait la tête du serpent tout en recevant elle-même une blessure douloureuse, ne serait pas connue par son père, mais par sa mère. C'est un fait inhabituel dans le modèle biblique.

Contrairement au schéma normal, nous avons ici une affirmation claire que le futur rédempteur naîtra de la semence de la femme. Sa naissance ne fera intervenir que sa mère. Pour une raison qui n'est pas expliquée ici, le père n'est pas du tout pris en compte. C'est tout à fait contraire à la conception biblique des généalogies.

Il ressort nettement des Targums de Jonathan et des Targums de Jérusalem que ce verset a une portée messianique. D'ailleurs, l'expression talmudique "les talons du Messie" semble tirer son origine de ce verset. Le livre de la Genèse n'indique toutefois pas comment ni pourquoi le rédempteur sera qualifié de "semence de la femme" alors que c'est contraire à l'habitude biblique.

Des siècles plus tard parut en Israël un grand prophète, Esaïe. C'est lui qui reçut la mission d'expliquer pourquoi le Messie serait reconnu d'après la lignée maternelle. Esaïe écrit: "C'est pourquoi le Seigneur lui-même vous donnera un signe; voici, la vierge deviendra enceinte, elle enfantera un fils, et elle lui donnera le nom d'Emmanuel" (7.14).

Le simple fait que la naissance de cette personne soit annoncée comme un "signe" laisse prévoir une venue au monde inhabituelle. Autrement dit, sa naissance ne serait pas comme les autres naissances, autrement le mot "signe" perdrait tout son sens. Elle devait être surnaturelle, peut-être miraculeuse, ou en tout cas attirer l'attention.

L'origine du peuple juif remonte à un "signe" à propos d'une naissance. Les Ecritures indiquent formellement qu'Abraham et Sara n'étaient plus en âge d'avoir des enfants. Abraham avait quatre-vingt-dix-neuf ans, et Sara quatre-vingt-neuf. Elle avait déjà passé l'âge de la ménopause lorsqu'en Genèse 18, Dieu lui annonça qu'elle aurait un fils dans l'année en cours. Cette naissance serait le signe que Dieu garderait son alliance avec Abraham et qu'il ferait de lui une grande nation. Un an plus tard le "signe" se réalisa avec la naissance d'Isaac, l'ancêtre du peuple juif. C'était le signe qui authentifiait l'alliance. La naissance était miraculeuse.
Dans Esaïe 7.14, la naissance du fils devait également constituer un signe, c'est-à-dire revêtir un caractère exceptionnel. Mais cette fois-ci, l'extraordinaire ne résiderait pas dans l'âge avancé de la mère, mais dans le fait que l'enfant naîtrait d'une vierge.

A ce propos, relevons une difficulté qui a souvent donné lieu à contestation. Les rabbins d'aujourd'hui déclarent que le mot hébreu ALMAH ne signifie pas "vierge", mais "jeune femme". Ce qu'ils omettent d'expliquer, c'est en quoi la naissance serait alors un signe. Qu'une jeune femme donne naissance à un bébé n'a rien d'anormal. C'est habituellement ainsi que les choses se passent! On cite souvent Rashi comme l'un de ceux qui traduisent ALMAH par "jeune femme". Il est vrai que Rashi identifie ALMAH d'Esaïe 7.14 à une jeune femme pour la même raison qu'il identifie le Serviteur Souffrant d'Esaïe 53 à Israël et non au Messie. Mais cela ne suffit pas pour prouver que Rashi a toujours traduit ALMAH par "jeune femme". On retrouve ce même mot hébreu dans le Cantique des cantiques (1.3 et 6.8). Dans ces passages, Rashi traduit justement ALMAH par "vierge! Indépendamment de l'interprétation qu'il donne à Esaïe 7.14, Rashi confère partout ailleurs au mot ALMAH le sens de "vierge". De plus, il reconnaît que de nombreux savants juifs de son temps estimaient qu'Esaïe 7.14 faisait référence à une vierge. On peut donc en déduire que son interprétation d'Esaïe 7.14 visait plutôt à contrer l'exégèse chrétienne de ce verset et qu'elle n'est donc pas une analyse honnête du texte lui-même. Comme dans le cas d'Esaïe 53, Rashi allait à l'encontre de l'interprétation juive populaire.

Les soixante-dix rabbins juifs qui traduisirent, vers 250 avant J.-C., l'Ancien Testament en grec (version connue sous le nom de Septante), constituent une autorité supérieure à Rashi. Ces hommes vivaient plus près de l'époque d'Esaïe que Rashi, venu environ treize siècles après eux. Ils étaient certainement plus près également du sens original du mot incriminé. Les soixante-dix rabbins ont traduit le mot hébreu ALMAH par le grec parthenos, qui dans le langage courant signifie "vierge".

Même si le mot ALMAH peut signifier "jeune femme", on doit reconnaître qu'il peut désigner une jeune femme vierge. N'oublions pas que cette naissance prophétisée devait constituer un "signe", donc être une naissance inhabituelle. C'est ce que souligne mieux le sens de "vierge".

Nous sommes devant l'explication du mystère de Genèse 3.15. Le Messie serait reconnu comme étant la descendance de la femme parce qu'il n'aurait pas de père. Etant donné sa naissance virginale, sa généalogie ne pouvait que passer par sa mère. Esaïe 7.14 éclaire donc Genèse 3. 15. Le Messie viendra au monde par une naissance virginale.

Le lieu de sa naissance
Les Ecritures juives prophétisent non seulement la manière de naître du Messie, mais également le lieu de sa naissance. C'est ce qu'a indiqué le prophète Michée, un contemporain d'Esaïe. En Michée 5.1, il est écrit: "Et toi, Bethléhem Ephrata, petite entre les milliers de Juda, de toi sortira pour moi celui qui dominera sur Israël, et dont les activités remontent aux temps anciens, aux jours de l'éternité". On note peu de désaccord entre les rabbins orthodoxes à propos de ce verset, car ils admettent presque tous que le Messie doit apparaître à Bethléhem. C'est le point de vue exprimé dans The Soncino Books of the Bible, un commentaire orthodoxe juif de l'Ancien Testament qui puise ses informations dans des commentaires juifs antérieurs.

Sa généalogie
Un autre point est incontesté: le Messie serait un descendant du roi David. C'est ce qui explique le titre complet conféré au Messie par les rabbins: "Messie, le fils de David". Entre les nombreux passages qui pourraient être cités à l'appui de cette conviction, limitons-nous à deux textes, tous deux tirés du prophète Esaïe.

  • "Puis un rameau sortira du tronc d'Isaï, et un rejeton naîtra de ses racines" (11.1). 
    "En ce jour-là, le rejeton d'Isaï sera là comme une bannière pour les peuples; les nations se tourneront vers lui, et la gloire sera sa demeure" (11.10).


Isaï était le père de David; ces passages montrent donc bien que le Messie appartiendrait à la famille de David. Tout le judaïsme orthodoxe l'admet. Nous évoquerons plus tard, dans un contexte différent, d'autres passages qui traitent du même aspect.

Les souffrances du Messie
Tous les premiers rabbins étaient d'accord sur le fait que le Messie souffrirait et mourrait. Ils précisaient que seul le Messie fils de Joseph souffrirait et le différenciaient du Messie fils de David. Le passage central qui annonce les souffrances du Messie est celui d'Esaïe 53 que nous avons déjà examiné. Le psaume 22:2-22 est un autre texte important à ce propos.


  • "Mon Dieu! Mon Dieu! pourquoi m'as-tu abandonné, et t'éloignes-tu de moi sans me secourir, sans écouter mes plaintes? Mon Dieu! je crie le jour, et tu ne réponds pas; la nuit, et je n'ai point de repos. Pourtant, tu es le Saint, tu sièges au milieu des louanges d'Israël. En toi se confiaient nos pères; ils se confiaient, et tu les délivrais. Ils criaient à toi, et ils étaient sauvés; ils se confiaient en toi, et ils n'étaient pas confus. Et moi, je suis un ver et non un homme, l'opprobre des hommes et le méprisé du peuple. Tous ceux qui me voient se moquent de moi, ils ouvrent la bouche, secouent la tête: recommande-toi à l'Eternel! L'Eternel le sauvera, il le délivrera, puisqu'il l'aime! Oui, tu m'as fait sortir du sein maternel, tu m'as mis en sûreté sur les mamelles de ma mère; dès le sein maternel, j'ai été sous ta garde, dès le ventre de ma mère tu as été mon Dieu. Ne t'éloigne pas de moi quand la détresse est proche, quand personne ne vient à mon secours! De nombreux taureaux sont autour de moi, des taureaux de Basan m'environnent. Ils ouvrent contre moi leur gueule, semblables au lion qui déchire et rugit. Je suis comme de l'eau qui s'écoule, et tous mes os se séparent; mon coeur est comme de la cire, il se fond dans mes entrailles. Ma force se dessèche comme l'argile, et ma langue s'attache à mon palais; tu me réduis à la poussière de la mort. Car des chiens m'environnent, une bande de scélérats rôdent autour de moi, ils ont percé mes mains et mes pieds. Je pourrais compter tous mes os. Eux, ils observent, ils me regardent; ils se partagent mes vêtements, ils tirent au sort ma tunique. Et toi, Eternel, ne t'éloigne pas! Toi qui es ma force, viens en hâte à mon secours! Protège mon âme contre le glaive, ma vie contre le pouvoir des chiens! Sauve-moi de la gueule du lion, délivre-moi des cornes du buffle!"


Pour résumer ce passage, disons que le Messie est abandonné de Dieu, ridiculisé et tourmenté par les hommes et ses vêtements tirés au sort par ses bourreaux. Son agonie est telle que ses os se séparent, son coeur se rompt en laissant échapper un mélange de sang et d'eau; ses mains et ses pieds sont percés. Par de nombreux aspects, ce psaume ressemble à Esaïe 53; il fournit toutefois plus de détails sur le type de souffrances infligées au Messie et sur l'agonie qu'il traverse. Dans le Yalkut, les rabbins appliquent ce passage au Messie fils de Joseph.

Le Messie, roi d'Israël
Dans les passages que nous avons examinés jusqu'à présent, le Messie est dépeint comme un homme, mais comme un homme de douleur. Il devait souffrir et mourir. Les anciens rabbins reconnaissaient que ces textes parlaient du Messie, et ils lièrent son nom à celui de Joseph: le Messie, fils de Joseph. De même que le patriarche dut souffrir de la part de ses frères, ainsi en serait-il du Messie. Mais d'autres passages de l'Ancien Testament présentent un Messie d'un autre type, non un Messie souffrant, mais un conquérant; non un Messie mourant, mais un Messie régnant. Les rabbins l'appelèrent Messie, fils de David. Presque tout ce que Moïse et les prophètes ont dit du Messie présente celui-ci comme apportant la paix et instaurant un règne messianique sur Israël. Ces textes sont trop nombreux pour être cités ici; nous nous contenterons d'en rapporter deux intégralement. Il faut noter combien ce Messie est différent de celui qui a été dépeint dans les passages examinés jusqu'ici. Il n'est donc pas étonnant que les anciens rabbins aient été plongés dans la perplexité et qu'ils aient inventé la théorie des deux Messies, chacun venant une fois. Le premier passage est celui d'Esaïe 11.1-10:



  • "Puis un rameau sortira du tronc d'Isaï, et un rejeton naîtra de ses racines. L'Esprit de l'Eternel reposera sur lui: Esprit de sagesse et d'intelligence, Esprit de conseil et de force, Esprit de connaissance et de crainte de l'Eternel. Il respirera la crainte de l'Eternel; il ne jugera point sur l'apparence, il ne prononcera point sur un ouï-dire. Mais il jugera les pauvres avec équité, et il prononcera avec droiture un jugement sur les malheureux de la terre; il frappera la terre de sa parole comme d'une verge, et du souffle de ses lèvres il fera mourir le méchant. La justice sera la ceinture de ses flancs, et la fidélité la ceinture de ses reins. Le loup habitera avec l'agneau, et la panthère se couchera avec le chevreau; le veau, le lionceau, et le bétail qu'on engraisse, seront ensemble, et un petit enfant les conduira. La vache et l'ourse auront un même pâturage, leurs petits un même gîte; et le lion, comme le bœuf, mangera de la paille. Le nourrisson s'ébattra sur l'antre de la vipère, et l'enfant sevré mettra sa main dans la caverne du basilic. Il ne se fera ni tort ni dommage sur toute ma montagne sainte; car la terre sera remplie de la connaissance de l'Eternel, comme le fond de la mer par les eaux qui le couvrent. En ce jour-là, le rejeton d'Isaï sera là comme une bannière pour les peuples; les nations se tourneront vers lui, et la gloire sera sa demeure."


Les rabbins d'autrefois et d'aujourd'hui reconnaissent unanimement que ce passage parle du Messie et de l'âge messianique. Contrairement aux autres tableaux du Messie que nous avons déjà contemplés, celui-ci ne présente pas un Messie mourant rejeté et méprisé par son peuple. Il décrit plutôt un Messie qui régnera et apportera paix et prospérité au monde entier. La paix s'étendra même aux animaux. Les méchants seront jugés et ôtés; par sa parole autoritaire, le Messie résoudra les différents entre les nations. La connaissance du Dieu d'Israël se répandra jusqu'à recouvrir la terre entière. Lorsque le Messie régnant aura instauré la paix et la prospérité, toute la terre aura une connaissance intime du Dieu qui a créé le monde.

Un deuxième passage brosse un portrait semblable du Messie. Il s'agit du Psaume 72:1-19:

  • "O Dieu, donne tes jugements au roi, et ta justice au fils du roi! Il jugera ton peuple avec justice, et les malheureux avec équité. Les montagnes porteront la paix pour le peuple, et les collines aussi, par l'effet de ta justice. Il fera droit aux malheureux du peuple, il sauvera les enfants du pauvre, et il écrasera l'oppresseur. On te craindra tant que subsistera le soleil, tant que paraîtra la lune, de génération en génération. Il sera comme une pluie qui tombe sur un terrain fauché, comme des ondées qui arrosent la campagne. En ses jours le juste fleurira, et la paix sera grande jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de lune. Il dominera d'une mer à l'autre, et du fleuve aux extrémités de la terre. Devant lui, les habitants du désert fléchiront le genou, et ses ennemis lécheront la poussière. Les rois de Tarsis et des îles paieront des tributs, les rois de Séba et de Saba offriront des présents. Tous les rois se prosterneront devant lui, toutes les nations le serviront. Car il délivrera le pauvre qui crie, et le malheureux qui n'a point d'aide. Il aura pitié du misérable et de l'indigent, et il sauvera la vie des pauvres; il les affranchira de l'oppression et de la violence, et leur sang aura du prix à ses yeux. Ils vivront, et lui donneront de l'or de Séba; ils prieront pour lui sans cesse, ils le béniront chaque jour. Les blés abonderont dans le pays, au sommet des montagnes, et leurs épis s'agiteront comme les arbres du Liban; les hommes fleuriront dans les villes comme l'herbe de la terre. Son nom subsistera toujours, aussi longtemps que le soleil son nom se perpétuera; par lui on se bénira mutuellement, et toutes les nations le diront heureux. Béni soit l'Eternel Dieu, le Dieu d'Israël, qui seul fait des prodiges ! Béni soit à jamais son nom glorieux! Que toute la terre soit remplie de sa gloire! Amen! Amen!"


Le Talmud considère que ce psaume parle du règne de justice du Messie. Quant aux Targums, ils traduisent le premier verset ainsi: "Accorde l'énoncé de ton jugement au Roi Messie, et ta justice au fils du Roi David."
La Midrash sur les Psaumes fait de même et rapproche ce psaume d'Esaïe 11:1 qui a été cité plus haut. De plus, parmi les différents noms attribués au Messie par les rabbins du Talmud figure celui de Yinnon, un mot original hébreu qui se trouve dans ce verset 17 du psaume 72. Ce texte présente donc une vision du Messie différente de celles qui ont été examinées dans ce chapitre et dans le chapitre précédent. Ce double portrait du Messie pose un problème difficile à quiconque essaie de résumer ce que l'Ancien Testament déclare au sujet de ce personnage.

D'autres versets qui traitent de la royauté du Messie présentent deux nouveaux aspects de sa personne. Certains soulignent la filiation divine du Messie, d'autres mettent en avant le concept du Dieu-Homme. Pour avoir le portrait complet que l'Ancien Testament donne du Messie, il est indispensable de considérer séparément ces deux points, ce que nous ferons succinctement.

La filiation divine du Messie
Deux passages montrent clairement que le Messie est d'une certaine manière Fils de Dieu. Le premier est tiré du Psaume 2 qui traite principalement de la royauté du Messie, mais révèle en même temps sa qualité de Fils de Dieu.

  • "Pourquoi ce tumulte parmi les nations (les païens), ces vaines pensées parmi les peuples? Pourquoi les rois de la terre se soulèvent-ils et les princes se liguent-ils avec eux contre l'Eternel et contre son oint (le Messie)? Brisons leurs liens, délivrons-nous de leurs chaînes! Celui qui siège dans les cieux rit, le Seigneur se moque d'eux. Puis il leur parle dans sa colère, il les épouvante dans sa fureur: c'est moi qui ai oint mon roi sur Sion, ma montagne sainte! Je publierai le décret; l'Eternel m'a dit: Tu es mon fils! Je t'ai engendré aujourd'hui. Demande-moi et je te donnerai les nations pour héritage, les extrémités de la terre pour possession; tu les briseras avec une verge de fer, tu les briseras comme le vase d'un potier. Et maintenant, rois, conduisez-vous avec sagesse! Juges de la terre, recevez instruction! Servez l'Eternel avec crainte, et réjouissez-vous avec tremblement. Baisez le fils, de peur qu'il ne s'irrite, et que vous périssiez dans votre voie, car sa colère est prompte à s'enflammer. Heureux tous ceux qui se confient en lui!"


A propos de ce psaume, Rashi reconnaît: "Nos rabbins considèrent qu'il concerne le Roi Messie." Bien que la majorité des maîtres juifs des temps passés aient également appliqué ce psaume au Roi Messie, ils sont nombreux aujourd'hui à penser qu'il désigne plutôt David que le Messie. Pourtant les mots de ce psaume et un survol historique excluent tout à fait l'identification de l'oint en question à David. Dans ces versets Dieu déclare à son interlocuteur qu'il lui donnera la domination et l'autorité sur le monde entier. D'après l'histoire juive, le royaume de David ne s'est jamais étendu au monde entier. Son autorité ne s'est pas exercée sur toute la terre. Il faut de ce fait exclure David. Les anciens rabbins avaient donc raison d'appliquer au Messie ce psaume qui le présente comme le Fils de Dieu.
Dans ce passage, Dieu invite tous les hommes à se soumettre au Messie, le Fils de Dieu. Ceux qui refuseront seront punis. Mais ceux qui chercheront leur refuge dans le Messie, c'est-à-dire qui placeront leur foi et leur confiance en lui pour leur salut recevront la vie éternelle.
Le second texte est de la plume de Salomon, un roi sage. Dans le livre des Proverbes, le verset 4 du chapitre 30 pose une série de questions. Les quatre premières sont introduites par le pronom interrogatif "Qui?". Les voici:
– "Qui est monté aux cieux, et qui en est descendu?" 
– "Qui a recueilli les vents dans sa main?" 
– "Qui a serré les eaux dans son vêtement?" 
– "Qui a fait paraître les extrémités de la terre "

A ces quatre interrogations de Salomon, une seule réponse s'impose. En effet, si nous réfléchissons aux actions énumérées, il est évident qu'une seule personne a pu les accomplir: Dieu.
Venons-en à la cinquième question: "Quel est son nom?" Quel est le nom de ce Dieu qui seul est capable d'opérer les prodiges rappelés au début de ce verset? Nous connaissons le tétra-gramme hébreu YHWH, auquel nous avons substitué en langage parlé le mot Adonai. Dans certaines Bibles on a conservé le nom Yahweh. Le nom divin est YHWH, JE SUIS. C'est donc Dieu, le suprême JE SUIS, qui a fait toutes ces choses.
Passons à la sixième et dernière question: "Quel est le nom de son fils? Le sais-tu?" Remarquez comment Salomon arrive à cette sixième question. Il a d'abord demandé qui a pu accomplir ces faits merveilleux. La réponse était: Dieu. Ensuite, il avait demandé quel était le nom de Dieu. La réponse: YHWH. Son nom est JE SUIS. 

Mais Salomon a posé une question piège; il savait qu'à ce moment de l'histoire biblique, personne ne saurait répondre. C'est pourquoi à la sixième question, il a ajouté: "Le sais-tu?" Ce que Salomon souligne, c'est que Dieu, "JE SUIS", a un fils. Jusqu'au temps de Salomon et même après, le nom de ce fils n'était pas connu parce qu'il n'avait pas encore été révélé. Ce procédé n'est pas inhabituel dans les Ecritures.
Dieu a fait connaître son nom JE SUIS, pour la première fois à Moïse, dans le livre de l'Exode (3.14-15; 6.2-3). Les gens qui vivaient du temps de la Genèse savaient que Dieu existait mais ils ne connaissaient pas ce nom. 
De la même façon, personne ne connaissait le nom du fils de Dieu dans le judaïsme vétérotestamentaire. Ce qu'on savait, c'est que Dieu avait un fils, puisque David et Salomon l'avaient dit.
La filiation divine du Messie est donc directement liée à la messianité. Le psaume 2 associe étroitement la qualité de fils de Dieu du Messie à son règne messianique.

Le concept du Dieu-Homme et le Messie
La royauté du Messie s'accompagne d'un autre aspect: le concept étrange du Dieu-Homme. Certains passages de l'Ancien Testament consacrés à la royauté du Messie ajoutent une dimension toute nouvelle à sa personne; ils le présentent à la fois comme un être humain et comme un être surhumain. Prenons le cas d'Esaïe 9.5-6:

  • "Car un enfant nous est né, un fils nous est donné, et la domination reposera sur son épaule; on l'appellera Admirable, Conseiller, Dieu puissant, Père éternel, Prince de la paix. Donner à l'empire de l'accroissement, et une paix sans fin au trône de David et à son royaume, l'affermir et le soutenir par le droit et par la justice, dès maintenant et à toujours: voilà ce que fera le zèle de l'Eternel des armées."


Le verset 5 déclare qu'un fils est né dans le monde juif, et que ce fils tiendra les rênes du pouvoir. Le verset 6 considère ce fils comme le descendant messianique de David et donne une description extraordinaire de son règne caractérisé par la paix et la justice. Mais certains des noms qui lui sont conférés au verset 5 ne peuvent s'appliquer qu'à Dieu lui-même. Si les appellations "Admirable" et "Conseiller" peuvent s'appliquer à un homme, en revanche ceux de "Dieu puissant" et "Père éternel" ne conviennent qu'à Dieu. Esaïe montre que si le Messie sera un homme, un descendant de David, il sera également Dieu.
Ce verset explique donc ce que le prophète avait dit en 7.14: "C'est pourquoi le Seigneur lui-même vous donnera un signe; voici, la vierge deviendra enceinte, elle enfantera un fils, et elle lui donnera le nom d'Emmanuel."


Dans ce passage que nous avons déjà examiné précédemment, Esaïe annonce qu'un fils naîtra d'une vierge. Le prophète indique même le nom qui sera donné à cet enfant: Emmanuel. Dans la Bible, le nom qu'un parent donne à son enfant exprime son sentiment. Mais quand Dieu nomme une personne, il révèle quelque chose de sa nature profonde qu'il est seul capable de connaître d'avance. Ainsi, en conférant le nom d'Emmanuel à l'enfant qui naîtra, Dieu révèle la nature essentielle de cet enfant. Que signifie Emmanuel? "Dieu avec nous." L'enfant que la vierge mettra au monde sera "Dieu avec nous" ou "Dieu parmi nous"! La citation d'Esaïe 9 présente le fils comme un descendant de David et l'identifie à Dieu lui-même. Le prophète dépeint donc le Messie comme le Dieu-Homme.
Esaïe n'est pas le seul à avoir cette vision du Messie. Jérémie 23.5-6 fait écho aux déclaration d'Esaïe:

  • "Voici, les jours viennent, dit l'Eternel, où je susciterai à David un germe juste; il régnera en roi et prospérera, il pratiquera la justice et l'équité dans le pays. En son temps, Juda sera sauvé, Israël aura la sécurité dans sa demeure; et voici le nom dont on l'appellera: l'Eternel notre justice."


Jérémie annonce qu'un descendant de David montera sur son trône et décrit son règne comme un règne de paix et de sécurité pour Israël. Le prophète révèle qu'il portera le nom même de Dieu – Adonai Tzidkenu – Yahweh notre justice. Il emploie le tétragramme sacré, réservé uniquement à Dieu, le nom par lequel Dieu s'est personnellement révélé à Moïse – JE SUIS. On s'aperçoit donc de nouveau que le futur Roi Messie d'Israël sera homme d'un côté, Dieu de l'autre. De même que le concept de filiation divine, le concept du Dieu-Homme est directement associé à la royauté du Messie.
Quelle conclusion peut-on tirer des différentes descriptions que l'Ancien Testament donne du Messie? D'un côté, c'est un Messie souffrant et mourant; de l'autre, c'est un Messie conquérant et régnant, appelé Dieu et fils de Dieu. Ce double portrait a conduit les rabbins à formuler la doctrine des deux Messies: le Messie fils de Joseph et le Messie fils de David. Mais ce n'était pas la seule explication possible.
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Re: L’Epoque Messianique selon les Juifs

Message  Arlitto le Mer 18 Mai - 11:23

Jésus était juif

Dr Arnold G. Fruchtenbaum

Ce que le Nouveau Testament dit de Jésus

La conviction fondamentale du Nouveau Testament est que Jésus est le Messie juif de l'Ancien Testament. Bien que chacun des Evangiles raconte la vie de Jésus sous un angle particulier, ils poursuivent tous le même but: démontrer que Jésus est le Messie. Le Nouveau Testament commence par ces mots: "Généalogie de Jésus le Messie, fils de David, fils d'Abraham." Cette affirmation pose le décor de tout le Nouveau Testament.

Messianité – Royauté – Judaïcité
En conférant à Jésus le titre de Messie, le Nouveau Testament souligne sa messianité en ayant présent à l'esprit le Messie défini dans l'Ancien Testament. Le mot "Christ" est simplement l'équivalent grec du mot "Messie".

Le titre de fils d'Abraham accordé à Jésus souligne la judaïcité de Jésus, c'est-à-dire son appartenance au monde juif. En effet, dans l'histoire et la théologie bibliques, la judaïcité a toujours été associée à l'alliance conclue entre Dieu et Abraham.

Le titre de fils de David reconnu à Jésus rappelle sa royauté, puisque les rois d'Israël descendaient tous de David.

Le Nouveau Testament tout entier s'articule autour de cette affirmation de départ. Celle-ci sera reprise, développée et élargie par les nombreux auteurs néotestamentaires:
"Jacob engendra Joseph, l'époux de Marie, de laquelle est né Jésus, qui est appelé le Messie." (Mt 1.16, messianité). 

"La femme lui dit: Je sais que le Messie doit venir; quand il sera venu, il nous annoncera toutes ces choses. Jésus lui dit: Je le suis, moi qui te parle." (Jn 4.25-26, messianité). 
"Jésus étant né à Bethléhem en Judée, au temps du roi Hérode, voici des mages d'Orient arrivèrent à Jérusalem, et dirent : Où est le roi des Juifs qui vient de naître? Car nous avons vu son étoile en Orient, et nous sommes venus pour l'adorer." (Mt 2. 1-2, royauté). 

"Pour indiquer le motif de sa condamnation, on écrivit au-dessus de sa tête: Celui-ci est Jésus, le roi des Juifs." (Mt 27.37, royauté). 

"La femme samaritaine lui dit: Comment toi, qui es Juif, me demandes-tu à boire, à moi qui suis une femme samaritaine?" (Jn 4.9, judaïcité). 

"Mais lorsque les temps ont été accomplis, Dieu a envoyé son Fils, né d'une femme, né sous la loi, afin qu'il rachète ceux qui étaient sous la loi, afin que nous recevions l'adoption." (Ga 4.4-5, judaïcité). 
"Car assurément ce n'est pas à des anges qu'il vient en aide, mais c'est à la postérité d'Abraham." (Hé 2.16, judaïcité).

Les affirmations dominantes du Nouveau Testament touchent aux attributs messianiques, royaux et juifs de Jésus. C'est vrai des Evangiles, ces quatre récits de sa vie, mais également du reste du Nouveau Testament qui élabore une théologie à partir de la vie de Jésus. Il est clairement présenté comme le Messie de l'Ancien Testament.

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Re: L’Epoque Messianique selon les Juifs

Message  Arlitto le Mer 18 Mai - 11:23

Le fils de Joseph et le fils de David


L'essentiel de ce que les Evangiles rapportent sur Jésus le situent tout à fait dans le moule du Messie vétérotestamentaire. Il serait celui que les rabbins salueraient comme le Messie, le fils de Joseph: "Philippe rencontra Nathanaël, et lui dit: Nous avons trouvé celui de qui Moïse a écrit dans la loi et dont les prophètes ont parlé, Jésus de Nazareth, fils de Joseph" (Jn 1.45).
Mais il est également présenté par ses quatre biographes comme le Messie fils de David que les rabbins attendaient:
"...et tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand et sera appelé Fils du Très-Haut, et le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père. Il régnera sur la maison de Jacob éternellement, et son règne n'aura point de fin." (Luc 1.31-33).

Comment les deux conditions peuvent-elles être remplies par la même personne? Comme nous l'avons déjà signalé, les rabbins talmudiques estimaient la chose impossible. C'est pourquoi, ils conçurent la théorie des deux Messies, un Messie souffrant et un autre, qui viendrait pour triompher et régner. Le Nouveau Testament présente cependant une alternative à la théorie des deux Messies et démontre que les deux conditions, apparemment contradictoires, sont réalisées par une seule et même personne.

Le caractère unique de sa naissance
Les Evangiles s'efforcent avant tout de dépeindre Jésus comme le Messie venu pour souffrir et mourir, celui que les rabbins appelaient le Messie fils de Joseph. Jésus était le Messie qui est apparu dans notre monde de manière naturelle et surnaturelle à la fois. Il est venu naturellement par une naissance, comme tous les êtres humains; il est venu de façon surnaturelle dans ce sens qu'il est né d'une vierge:
"L'ange lui dit: Ne crains point, Marie; car tu as trouvé grâce devant Dieu. Et voici, tu deviendras enceinte, et tu enfanteras un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus... Marie dit à l'ange: Comment cela se fera-t-il, puisque je ne connais point d'homme? L'ange lui répondit: Le Saint-Esprit viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre. C'est pourquoi le saint enfant qui naîtra de toi sera appelé Fils de Dieu." (Luc 1.30-31, 34-35). 

"Elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus; c'est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. Tout cela arriva afin que s'accomplisse ce que le Seigneur avait annoncé par le prophète: Voici, la vierge sera enceinte, elle enfantera un fils, et on lui donnera le nom d'Emmanuel, ce qui signifie Dieu avec nous." (Mt 1.21-23).
L'annonce de la naissance virginale du Messie, entrevue dans Genèse 3.15, confirmée et explicitée en Esaïe 7.14, est considérée comme accomplie dans la naissance de Jésus.
Sa généalogie davidique est établie du fait que Marie, sa mère, et Joseph, son père nourricier, étaient tous deux descendants du roi David. Du côté maternel, Jésus était descendant de David par le sang; du côté paternel, il l'était par adoption.

Le lieu de sa naissance
Bien que le lieu de résidence de ses parents fût Nazareth, Jésus naquit à Bethléhem:
"Tous allaient se faire inscrire, chacun dans sa ville. Joseph aussi monta de la Galilée, de la ville de Nazareth, pour se rendre en Judée, dans la ville de David, appelée Bethléhem, parce qu'il était de la maison et de la famille de David, afin de se faire inscrire avec Marie, sa fiancée, qui était enceinte. Pendant qu'ils étaient là, le temps où Marie devait accoucher arriva, et elle enfanta son fils premier-né. Elle l'emmaillota, et le coucha dans une crèche, parce qu'il n'y avait pas de place pour eux dans l'hôtellerie." (Luc 2. 3-7).
Ainsi, la naissance de Jésus se déroula exactement comme elle avait été annoncée par le prophète Michée (5.2) qui prédisait que le Messie naîtrait à Bethléhem.

Ses souffrances et sa mort
Mais plus que toute autre chose, ce sont les souffrances et la mort de Jésus qui correspondent point par point au schéma présenté par Esaïe au chapitre 53. Jésus est dépeint comme la personne historique qui a accompli à la lettre le contenu d'Esaïe 53. Il était innocent de tout péché, et a souffert innocemment: "Celui qui n'a point connu le péché, il l'a fait devenir péché pour nous, afin que nous devenions en lui justice de Dieu" (2 Co 5.21).

Il a souffert volontairement et a accepté librement d'être maltraité par ceux qui l'avaient arrêté: "Je donne ma vie afin de la reprendre. Personne ne me l'ôte, mais je la donne de moi-même" (Jn 10.17-18).
Il s'est non seulement soumis volontairement aux mauvais traitements qui devaient aboutir à ses souffrances et à sa mort, mais il l'a fait en silence, sans protester. Son mutisme surprit et étonna les gens qui l'interrogeaient au tribunal. Il ne s'est pas défendu contre l'injustice et les accusations mensongères:
"Mais il ne répondit rien aux accusations des principaux sacrificateurs et des anciens. Alors Pilate lui dit: N'entends-tu pas de combien de choses ils t'accusent? Et Jésus ne lui donna de réponse sur aucune parole, ce qui étonna beaucoup le gouverneur." (Mt 27.12- 14).

Pourtant toutes ses souffrances étaient vicariales, c'est-à-dire qu'il souffrait pour les péchés des autres et non pour les siens:
"Et c'est à cela que vous avez été appelés, parce que Christ aussi a souffert pour vous, vous laissant un exemple, afin que vous suiviez ses traces, lui qui n'a point commis de péché, et dans la bouche duquel il ne s'est point trouvé de fraude; lui qui, injurié, ne rendait point d'injures, maltraité, ne faisait point de menaces, mais s'en remettait à celui qui juge justement; lui qui a porté lui-même nos péchés en son corps sur le bois, afin que morts au péchés nous vivions pour la justice; lui par les meurtrissures duquel vous avez été guéris." (1 Pi 2.21-24).

Les auteurs du Nouveau Testament considèrent la mort de Jésus comme l'accomplissement de tous les détails de la mort du Serviteur Souffrant d'Esaïe 53. De même que les souffrances du Serviteur prirent fin avec la mort, de même la mort de Jésus mit fin aux coups, aux moqueries et à la crucifixion. De même que le Serviteur Souffrant fut traité comme un criminel et subit la mort des criminels, ainsi, en étant crucifié en compagnie de deux brigands, Jésus subit la peine capitale réservée aux criminels. La mort du Serviteur Souffrant était le résultat d'une décision juridique et d'une exécution légale. Jésus passa deux fois en jugement: d'abord devant un tribunal religieux qui le condamna à mort sur la base de fausses accusations de blasphème; ensuite, il fut accusé devant un tribunal politique romain de fomenter une rébellion contre César. Il fut donc à nouveau condamné à mort et subit le châtiment horrible pratiqué par les Romains, la crucifixion. Pourtant, comme dans le cas du Serviteur Souffrant, bien qu'on ait prévu pour lui la sépulture des criminels, son corps fut déposé dans le tombeau d'un riche:

"Le soir étant venu, arriva un homme riche d'Arimathée, nommé Joseph, qui était aussi disciple de Jésus. Il se rendit vers Pilate, et demanda le corps de Jésus. Et Pilate ordonna de le lui remettre. Joseph prit le corps, l'enveloppa d'un linceul blanc, et le déposa dans un sépulcre neuf, qu'il s'était fait tailler dans le roc. Puis il roula une grande pierre à l'entrée, et il s'en alla." (Mt 27.57-60).

Dans le passage d'Esaïe, le Serviteur Souffrant ne reste pas mort, mais il ressuscite pour voir les résultats de ses souffrances et de sa mort. Trois jours après avoir été déposé dans le tombeau d'un riche, Jésus ressuscita. Les Evangiles rapportent que quarante jours après sa résurrection, Jésus monta au ciel où il s'est assis à la droite de Dieu. Cela correspond à l'annonce que le Serviteur serait élevé très haut (Esaïe 52.13).
Enfin, le texte d'Esaïe conclut que le Serviteur Souffrant procurerait la justification et la guérison spirituelle à ceux qui accepteraient sa mort expiatoire à leur place. Il apporterait la justification, la rédemption et la réconciliation à beaucoup d'hommes. Nous verrons dans le dernier chapitre si Jésus a effectivement accompli cette oeuvre.

Telle qu'elle est rapportée, la vie de Jésus accomplit non seulement les prophéties détaillées d'Esaïe 53, mais également celles du psaume 22. Tandis qu'il agonisait sur la croix, Jésus prononça le premier verset de ce psaume: (Mt 27.46). Quant à ses vêtements, ils furent tirés au sort par les soldats romains: "Mon Dieu, Mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné?"
"Après l'avoir crucifié, ils se partagèrent ses vêtements, en tirant au sort." (Mt 27.35). 
"Les soldats, après avoir crucifié Jésus, prirent ses vêtements, et ils en firent quatre parts, une part pour chaque soldat. Ils prirent aussi sa tunique, qui était sans couture, d'un seul tissu depuis le haut jusqu'en bas. Et ils dirent entre eux: Ne la déchirons pas, mais tirons au sort à qui elle sera. Cela arriva afin que s'accomplisse cette parole de l'Ecriture: Ils se sont partagés mes vêtements, ils ont tiré au sort ma tunique." (Jn 19.23-24).
Alors que Jésus était cloué sur la croix, les gens se moquaient de lui, utilisant pratiquement les mots mêmes du verset 9 du psaume 22: "Il s'est confié en Dieu; que Dieu le délivre maintenant, s'il l'aime. Car il a dit: Je suis Fils de Dieu" (Mt 27.43).

Comme l'annonce le psaume 22, au moment où le coeur de Jésus fut percé, il laissa échapper un mélange de sang et d'eau, caractéristique d'un coeur exténué et brisé. Comme ses mains et ses pieds furent cloués sur la croix, ils ont été percés comme le prophétisait encore le psaume.

Ainsi, le Jésus du Nouveau Testament est dépeint comme étant le Messie de l'Ancien en ce qui concerne les souffrances et la mort. Au total, Jésus a accompli environ trois cent prophéties messianiques par sa vie, ses souffrances, sa mort et sa résurrection. D'après le Nouveau Testament, Jésus a accompli tout ce que les rabbins attendaient du Messie fils de Joseph.

La solution néotestamentaire du paradoxe
Comment interpréter alors les prophéties qui présentent le Messie comme un roi? Qu'en est-il de sa venue pour apporter paix et prospérité sur la terre? Où découvrir celui que les rabbins ont désigné le Messie fils de David? Le Nouveau Testament offre une alternative à la théorie pro-posée par les rabbins pour résoudre le problème. Au lieu de deux Messies qui viendront chacun une fois, le Nouveau Testament parle d'un Messie qui viendra deux fois. Il est d'abord venu en naissant dans le monde, il a mené sa vie sur la terre, avant de subir finalement de grandes souffrances et d'être mis à mort pour les péchés du peuple d'Israël. Ensuite il est ressuscité et est remonté au ciel. A un moment donné, il reviendra pour instaurer son règne messianique en montant sur le trône de David; il établira alors un règne de paix, de prospérité et de sécurité pour Israël. Entre-temps, tous ceux qui auront accepté sa mort expiatoire pour leurs péchés seront justifiés et réconciliés avec Dieu, et ils entretiendront une relation vivante avec le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob.
Plusieurs passages du Nouveau Testament parlent d'un Messie qui vient deux fois. Après la mort et la résurrection de Jésus, le Nouveau Testament attend son retour pour inaugurer son royaume. Parmi les nombreux textes qui présentent ce point de vue, nous ne citerons que les quelques-uns qui suivent:

"Jésus leur répondit: Je vous le dis en vérité, quand le Fils de l'homme, au renouvellement de toutes choses, sera assis sur le trône de sa gloire, vous qui m'avez suivi, vous serez de même assis sur douze trônes, et vous jugerez les douze tribus d'Israël." (Mt 19.28).

"Aussitôt après ces jours de détresse, le soleil s'obscurcira, la lune ne donnera plus sa lumière, les étoiles tomberont du ciel, et les puissances des cieux seront ébranlées. Alors le signe du Fils de l'homme paraîtra dans le ciel, toutes les tribus de la terre se lamenteront, et elles verront le Fils de l'homme venant sur les nuées du ciel avec puissance et une grande gloire. Il enverra ses anges avec la trompette retentissante, et ils rassembleront ses élus des quatre vents, d'une extrémité des cieux à l'autre." (Mt 24.29-31).

"Lorsque le Fils de l'homme viendra dans sa gloire, avec tous les anges, il s'assiéra sur le trône de sa gloire." (Mt 25.31).
"Il sera grand et sera appelé Fils du Très-Haut, et le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père. Il régnera sur la maison de Jacob éternellement, et son règne n'aura point de fin." (Luc 1.32-33).
"Alors les apôtres réunis lui demandèrent: Seigneur, est-ce en ce temps que tu rétabliras le royaume d'Israël? Il leur répondit: Ce n'est pas à vous de connaître les temps ou les moments que le Père a fixés de sa propre autorité." (Ac 1.6-7).

"Car je ne veux pas, frères, que vous ignoriez ce mystère, afin que vous ne vous regardiez point comme sages: une partie d'Israël est tombée dans l'endurcissement, jusqu'à ce que la totalité des païens soit entrée. Et ainsi, tout Israël sera sauvé, selon qu'il est écrit: Le libérateur viendra de Sion, et il détournera de Jacob les impiétés; et ce sera mon alliance avec eux, lorsque j'ôterai leurs péchés." (Ro 11.25-27).
"Mais maintenant, Christ est ressuscité des morts, il est les prémices de ceux qui sont morts. Car, puisque la mort est venue par un homme, c'est aussi par un homme qu'est venue la résurrection des morts. Et comme tous meurent en Adam, de même aussi tous revivront en Christ, mais chacun en son rang, Christ comme prémices, puis ceux qui appartiennent à Christ, lors de son avènement. Ensuite viendra la fin, quand il remettra le royaume à celui qui est Dieu et Père, après avoir réduit à l'impuissance toute domination, toute autorité et toute puissance. Car il faut qu'il règne jusqu'à ce qu'il ait mis tous ses ennemis sous ses pieds. Le dernier ennemi qui sera réduit à l'impuissance, c'est la mort. Dieu, en effet, a tout mis sous ses pieds. Mais lorsqu'il dit que tout lui a été soumis, il est évident que celui qui lui a soumis toutes choses est excepté. Et lorsque toutes choses lui auront été soumises, alors le Fils lui-même sera soumis à celui qui lui a soumis toutes choses, afin que Dieu soit tout en tous." (1 Co 15.20-28).
"Et comme il est réservé aux hommes de mourir une seule fois, après quoi vient le jugement, de même Christ, qui s'est offert une seule fois pour porter les péchés de beaucoup d'hommes, apparaîtra sans péché une seconde fois à ceux qui l'attendent pour leur salut." (Hé 9.27-28).

"Et je vis des trônes; et à ceux qui s'y assirent fut donné le pouvoir de juger. Et je vis les âmes de ceux qui avaient été décapités à cause du témoignage de Jésus et à cause de la parole de Dieu, et de ceux qui n'avaient pas adoré la bête ni son image, et qui n'avaient pas reçu la marque sur leur front ni sur leur main. Ils revinrent à la vie, et ils régnèrent avec Christ pendant mille ans. Les autres morts ne revinrent point à la vie jusqu'à ce que les mille ans soient accomplis. C'est la première résurrection. Heureux et saints ceux qui ont part à la première résurrection! La seconde mort n'a point de pouvoir sur eux; mais ils seront sacrificateurs de Dieu et de Christ, et ils régneront avec lui pendant mille ans." (Ap 20.4-6).

Tous ces versets indiquent que Jésus reviendra pour établir son royaume. Les passages messianiques de l'Ancien Testament associent étroitement les concepts de Messie-Roi, de Messie-Fils de Dieu et de Dieu-Homme. Ces deux dernières idées apparaissent également dans les passages néotestamentaires précédemment cités à propos de Christ.

Le concept du Dieu-Homme et Jésus
Esaïe 9.5-6 et Jérémie 23.5-6 présentent le Messie comme étant à la fois Dieu et homme. Le Nouveau Testament enseigne-t-il cette vérité à propos de Jésus? Dans Philippiens 2.5-8, il est dit:
"Ayez en vous les sentiments qui étaient en Jésus-Christ: existant en forme de Dieu, il n'a point regardé son égalité avec Dieu comme une proie à arracher, mais il s'est dépouillé lui-même, en prenant une forme de serviteur, en devenant semblable aux hommes; et il a paru comme un vrai homme, il s'est humilié lui-même, se rendant obéissant jusqu'à la mort, même jusqu'à la mort de la croix."
En outre, voici ce que Jean déclare dans son Evangile: "Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu. Elle était au commencement avec Dieu... Et la Parole a été faite chair, et elle a habité parmi nous" (Jn 1.1-2, 14).

La filiation divine de Jésus
Ainsi, les auteurs juifs du Nouveau Testament estiment que Jésus a accompli les attentes messianiques quant au concept du Dieu-Homme de l'Ancien Testament. Il ne reste qu'une seule chose à examiner. Le Nouveau Testament présente-t-il Jésus comme Fils de Dieu ainsi que le réclament le psaume 2 et Proverbes 30.4? Dans sa biographie de Jésus, Luc rapporte comment Gabriel annonce à la vierge Marie la naissance miraculeuse du Messie:

"Marie dit à l'ange: Comment cela se fera-t-il, puisque je ne connais point d'homme? L'ange lui répondit: Le Saint-Esprit viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre. C'est pourquoi le saint enfant qui naîtra de toi sera appelé Fils de Dieu." (Luc 1.34-35).
D'après ce passage, le Messie Jésus sera appelé Fils de Dieu en raison de sa conception miraculeuse et de sa naissance virginale. C'est en parfait accord avec les exigences de l'Ancien Testament. Des années plus tard, au moment où Jésus va commencer son ministère public, Matthieu rapporte l'épisode du baptême:
"Dès que Jésus eut été baptisé, il sortit de l'eau. Et voici, les cieux s'ouvrirent, et il vit l'Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui. Et voici, une voix fit entendre des cieux ces paroles: Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j'ai mis toute mon affection" (Mt 3. 16-17).

Conclusion
Le Nouveau Testament déclare formellement que Jésus est le Messie de l'Ancien Testament. Il résout le paradoxe vétérotestamentaire en affirmant qu'il y a un Messie, mais que ce Messie viendra deux fois. Cette explication est en harmonie avec les passages de l'Ancien Testament qui présentent l'humiliation et la glorification du Messie souvent dans le même verset, sans jamais laisser croire qu'il s'agit de deux personnes.
Mais si tout cela est vrai, pourquoi y a-t-il si peu de Juifs qui croient en Jésus? Pourquoi les Juifs élèvent-ils des objections contre la messianité de Jésus? Au chapitre suivant, nous examinerons quelques-unes des questions posées.
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Re: L’Epoque Messianique selon les Juifs

Message  Arlitto le Mer 18 Mai - 11:24

Jésus était juif

Dr Arnold G. Fruchtenbaum
Pourquoi le Messie a-t-il dû mourir?

Comme le concept d'un Messie souffrant et mourant est très étranger au judaïsme moderne, alors qu'il lui était pourtant familier autrefois, nous devons répondre à la question: Pourquoi le Messie dut-il mourir? 
Une autre question vient se greffer dessus: Quel est le moyen de la rédemption?
S'il est un thème qui parcourt toutes les Ecritures, c'est bien celui de la rédemption par le sang.

Dans l'Ancien Testament
La rédemption est devenue nécessaire à partir du moment où le péché est entré dans le monde et a séparé l'homme de Dieu. Lorsqu'Adam et Eve commirent leur premier acte de désobéissance, le péché est entré en eux et les a coupés de Dieu. Depuis cet instant, le sang a été le seul moyen de jeter un pont entre Dieu et l'homme pour que celui-ci puisse franchir le fossé creusé entre eux. C'est ce qu'on appelle la rédemption. Dans l'histoire des relations entre Dieu et son peuple, la rédemption a toujours été opérée par le sang.

La notion de rédemption par le sang apparaît dans l'Ecriture en même temps que le péché. Aussi longtemps qu'il n'y avait pas de péché, il n'était pas besoin de sang rédempteur. La Genèse nous apprend que dès que l'homme fut expulsé du jardin d'Eden, "L'Eternel Dieu fit à Adam et à sa femme des habits de peau, et il les en revêtit" (Ge 3. 21).

Les peaux en question étaient celles d'animaux. La nudité que le péché révélait devait être couverte. Mais pour cela, il fallut la mise à mort de plusieurs animaux; ainsi, pour la première fois dans l'histoire, du sang fut répandu. C'est de là qu'est tirée la racine du mot hébreu pour "expiation" qui signifie "couvrir".

Les fils du premier couple humain apprirent rapidement la nécessité du sang. A un moment donné, Abel et Caïn apportèrent leurs sacrifices devant Dieu. Caïn offrit les fruits de son travail dans les champs. Il s'agissait de légumes; ce sacrifice était non sanglant. Abel offrit un sacrifice sanglant de son troupeau. Après avoir examiné ces deux types d'offrandes, Dieu rejeta celui de Caïn et accepta celui d'Abel. La leçon est évidente: ce n'est pas à l'homme de choisir le moyen par lequel il doit s'approcher de Dieu. L'homme a péché, il a offensé Dieu; c'est donc Dieu qui doit pardonner. C'est à Dieu d'indiquer à l'homme coupable le moyen qu'il a choisi pour lui pardonner son péché, et ce moyen, c'est le sang. Caïn avait fixé de sa propre autorité le moyen par lequel il comptait s'approcher de Dieu, mais il fut repoussé. Abel se conforma aux indications divines et fut accepté.

En parcourant l'histoire biblique de la Genèse, nous constatons que tous ceux en qui Dieu trouva du plaisir furent ceux qui s'approchèrent de lui au moyen du sang. Dès qu'il sortit de l'arche, Noé offrit des sacrifices sanglants. Il fut imité par les grands hommes de l'histoire juive, Abraham, Isaac, Jacob, qui tous veillèrent à s'approcher de Dieu par le moyen du sang.

Dans les 613 mitzvot (commandements) de la Loi que Moïse reçut au Mont Sinaï, le sang comme moyen de rédemption est constamment présent. Lévitique 17:11 énonce la raison d'être des sacrifices sanglants: "Car la vie de la chair est dans le sang. Je vous l'ai donné sur l'autel, afin qu'il serve d'expiation pour vos âmes, car c'est par la vie que le sang fait l'expiation." 
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