Science et Religion, compatible ???

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Science et Religion, compatible ???

Message  Arlitto le Mer 2 Mar - 15:03

Science et Religion

Antinomies

Sciences et Religions ! Voilà bien deux domaines qui paraissent disjoints et passablement contradictoires. Disons que ces disciplines sont antinomiques. 

Certes, elles ont en commun de décrire chacune une certaine Réalité (et aussi, peut-être qu’elles considèrent toutes deux l’œuvre de Dieu, même si les savants athées ne le savent pas). Mais pour y parvenir, le cheminement est distinct et il ne faut pas s’étonner que leurs conclusions soient d’ordre différent. 

La Science adopte une approche dite de « méthode scientifique », mélange en proportions diverses d’observations, d’expérimentations et de déductions théoriques

La Religion est basée sur une révélation, mais contient également certaines formes d’expériences et de faits historiques, alors que l’exégèse joue un rôle important dans l’interprétation des textes. 

La différence entre les approches et une dissimilitude des discours produisent soit une situation conflictuelle, soit l’annexion de l’une par l’autre, soit encore une ignorance dédaigneuse de l’une pour l’autre :

Dans le premier cas, la Religion a la tentation d’inclure dans sa conception du Monde certains résultats scientifiques tout en rejetant ceux qui lui paraissent contraires. Ainsi, par exemple, si certains aimeraient considérer le Big Bang comme une preuve de la création du monde par Dieu, d’autres rejettent la théorie de l’évolution des espèces en maintenant à la lettre les récits de la Genèse biblique. 

Inversement, les matérialistes scientifiques, sans parler des scientistes, rejettent toute idée de Dieu et, en tous les cas, considèrent que la Science se suffit à elle-même. 

Au mieux, il y a une séparation totale comme s’il s’agissait de deux mondes différents. C’est d’ailleurs la position prise par de nombreux scientifiques croyants même à l’heure actuelle :pour eux, il n’y a pas plus de rapports entre la Science et la Religion qu’entre la musique et la construction d’un barrage hydroélectrique, l’existence des deux n’étant pas remise en cause.

Science et Religion sont antinomiques. Cela ne veut pas dire contradictoires. En nous référent au Littré, nous lisons que l’on peut concilier une antinomie. En prenant le sens que Kant donne à ce mot (sans pour autant le suivre dans toute sa logique), l’antinomie est une contradiction naturelle qui résulte non d’un raisonnement vicieux, mais des lois même de la raison toutes les fois que, franchissant les limites de l’expérience, nous voulons savoir de l’Univers quelque chose d’absolu. Une antinomie peut être résolue par une synthèse.


La méthode scientifique

La Science est basée sur l’observation et l’expérimentation. Elle dispose d’un certain nombre d’outils tels que les récepteurs, les appareils de laboratoire, les ordinateurs, etc. À l’aide de ces outils, on fait des mesures, on décrit de phénomènes. Mais une mesure n’est pas seulement un nombre, et une observation n’est pas seulement la relation d’un fait. Une mesure doit être accompagnée des conditions dans lesquelles elle a été réalisée (par exemple, la température, le champ magnétique, l’éclairement, etc). De même, les faits rapportés doivent l’être dans leur contexte (par exemple, le comportement d’un animal correspond-t-il à une situation de peur, d’agressivité, de faim, défend-t-il son territoire ?). Ces détails sont fondamentaux car le stade suivant est la recherche des relations de cause à effet ou des corrélations avec certains paramètres en vue de généraliser le phénomène en éliminant les conditions secondaires. L’observation ou la mesure se répète-t-elle lorsqu’elle est effectuée dans des conditions voisines ? Sinon quels paramètres faut-il fixer pour en assurer la répétitivité ? De quels paramètres ce phénomène dépend-t-il et de quelle façon ? En effet, deux dangers guettent le scientifique :

1- les généralisations hâtives (tous les chats de la ville sont gris parce qu’on en a vu trois de suite qui étaient gris).

2- la mise en cause du hasard (tel volcan est-il devenu actif par hasard, ou y a-t-il des causes profondes à détecter ?).

Pour éviter ces errements, on s’appuie sur des théories c’est-à-dire des énoncés qui décrivent un certain nombre de phénomènes et qu’on essaie d’utiliser pour en expliquer un nouveau. On les appelle parfois « lois de la nature » (par exemple, la loi de la gravitation universelle, les lois de l’électromagnétisme, celles de la génétique, la mécanique quantique, etc.). Ces théories subsistent tant qu’on n’a pas trouvé un phénomène qui les contredise. Toute nouvelle vérification expérimentale ajoute à la crédibilité d’une théorie. Une seule expérience bien établie qui contredit une théorie suffit à en prouver l’insuffisance et conduit à une avancée théorique génératrice de progrès. Les nouvelles théories englobent les faits précédemment avérés plus d’autres. On notera qu’à ce stade, l’imagination scientifique est un atout précieux : l’intuition joue un rôle important dans les découvertes. Mais il est intéressant de discuter la manière dont ces théories ou ces lois sont présentées


Les modèles

En réalité, l’énoncé de ces théories ou de ces lois sous-entend la formule « tout se passe comme si… »Newton l’a explicitement employé en énonçant sa loi de la gravitation universelle. Plus tard, l’observation du mouvement de la planète Mercure a montré que celui-ci n’y obéissait pas tout à fait. Alors Einstein l’a remplacée par un énoncé basé sur un principe totalement différent : tout se passe comme si l’espace était déformé par la présence de matière, les planètes suivant des trajectoires déterminées par la courbure d’un tel espace. Mais la loi de Newton reste une excellente approximation. Dans le langage scientifique moderne, le « tout se passe comme si » s’appelle « modèle ». Ce mot est révélateur: la Science ne prétend pas atteindre la Réalité, mais en donne une description ou, si on préfère, une transcription.

Cette notion de modèle est omniprésente dans la Science. L’avènement des ordinateurs en a multiplié l’usage. On modélise une étoile, le climat, une molécule complexe, la trajectoire d’une particule ou les remous provoqués par un avion. On se donne les lois physiques qui gouvernent le phénomène et on écrit les équations qui représentent ces lois appliquées à l’objet étudié dans les conditions où il se trouve, puis on les résout. La solution est comparée aux observations et on modifie éventuellement les hypothèses jusqu’à satisfaire les observations. On obtient ainsi un modèle du phénomène qu’on peut d’ailleurs faire évoluer en modifiant des paramètres.

On voit ainsi qu’un modèle est une construction abstraite qui permet de décrire un objet ou un phénomène, que ce soit sous la forme d’analogies, de formules mathématiques, d’un ensemble d’hypothèses, de graphiques, de représentations imagées. Il est important d’insister sur le fait que ce n’est pas la Réalité qui est rétablie (on ne sort pas une étoile d’un ordinateur !), mais bien une représentation simplifiée sous une forme qui en facilite la compréhension. Ainsi, pour en revenir à l’exemple d’un modèle d’étoile, on donnera les distributions des températures, des pressions et de la matière à l’intérieur d’une étoile telles que les caractéristiques observées à sa surface (spectre, température, dimensions) soient retrouvées. Mais rien ne prouve que le modèle trouvé soit le seul possible et qu’il reste des éléments inconnus qu’on n’ait pas encore mis en évidence. On a parlé, dans un autre contexte (théorie quantique des particules élémentaires) de « réalité voilée » lorsqu’il est fondamentalement impossible de représenter un phénomène dans tous ses détails. Je dirai volontiers que, de la même manière, tout modèle ne dévoile qu’une partie de la réalité et ce d’une façon indirecte. La Vérité scientifique est donc toujours présentée et même connue de manière cryptée, incomplète ou encore voilée. De là à nier l’existence d’un monde objectif et considérer que tout est image est une tentation à laquelle certains ont cédé, mais je ne les suivrai pas sur cette pente qui mène au nihilisme total.

Un autre aspect de la Science, qui a profondément marqué son image, est son pouvoir de prédiction. 

Le Scientisme du 19e siècle, à la suite de Laplace, est basé sur le fait que si l’on connaissait parfaitement les causes (c’est-à-dire les lois de la Nature) et les conditions initiales exactes d’un phénomène évolutif (par exemple les positions des planètes à un instant donné), on pourrait en déduire exactement son évolution dans l’avenir. On sait maintenant que certaines lois de la physique macroscopique ont un caractère statistique basé sur la loi des grands nombres (2e principe de la thermodynamique) alors qu’en physique des particules, il existe une incertitude fondamentale (d’après le principe de Heisenberg, on ne peut pas observer avec une grande précision à la fois la position et la vitesse d’une particule). D’autres lois parfaitement déterministes, comme la loi de la gravitation universelle, peuvent conduire à des situations instables menant à une incertitude sur l’évolution d’un système, d’autant plus forte qu’on ne peut pas connaître avec une précision infinie les conditions à un instant donné (chaos déterministe). On a aussi introduit la notion de chaos quantique. Tout ceci contribue au flou de la réalité physique et même des modèles tendant à la représenter.

Il faut signaler un autre danger dont l’image de la Science souffre parfois. Il est certes bon de présenter au public les résultats et les théories scientifiques, mais souvent la vulgarisation simplifie encore plus, parfois à outrance, les modèles. Ceci donne des images simplistes de la Réalité, en supposant qu’en ce faisant, elle n’est pas trahie, ce qui est malheureusement souvent le cas.


La Religion

L’originalité des religions est qu’elles sont basées sur une révélation. Mais cela ne suffit pas. Il ne suffit pas de se déclarer messie ou gourou pour imposer le message qu’on a reçu (ou que l’on a cru recevoir). Les confirmations isolées ne sont pas suffisamment crédibles pour établir une religion. 

La révélation n’est vraiment admise comme telle que si elle est accompagnée et suivie de très nombreuses expériences personnelles ou collectives, solitaires ou partagées. Il peut s’agir de faits observés, de témoignages, d’expériences mystiques ou spirituelles, de rencontres, de réflexions, de conversions soudaines ou progressives. Certaines de ces expériences sont ésotériques, d’autres sont transmissibles. C’est cette transmission qui fait, par exemple, la force et la continuité des ordres monastiques. C’est l’accumulation de ces évènements qui constitue le terreau sur lequel la Religion se développe, confortée par la Tradition et les approfondissements doctrinaux et constituant en définitive, un ensemble tout aussi impressionnant que les bases d’une théorie scientifique.

Cependant, dans la mesure où la description des faits religieux n’a pas la rigueur des mesures ou des observations scientifiques et que, d’autre part, elle passe par une interprétation personnelle, sinon émotionnelle, elle se trouve être beaucoup plus sensible à l’environnement culturel ou philosophique. Pourtant, la Science fourmille également d’erreurs associées à des préjugés. Ainsi, des exemples récents, comme les théories de Lyssenko, montrent que la Science n’est toujours pas à l’abri d’erreurs associées à un préétabli philosophique ou politique.

Prenons l’exemple de la Religion chrétienne. La révélation fondamentale se trouve dans les Évangiles, encore qu’elle ait été préparée par les révélations de l’Ancien testament. Les Évangiles relatent des faits et transmettent l’enseignement du Christ, ce qui concourt à établir la véracité historique et le contenu du dogme. L’enseignement relatif au Royaume de Dieu est donné sous forme de paraboles. Or, qu’est-ce qu’une parabole sinon une vérité profonde et indescriptible représentée par une analogie qui utilise une image ou un récit suggéré par l’environnement culturel des auditeurs ? 

Ainsi, le Royaume de Dieu est présenté par plusieurs paraboles commençant par les mots « à quoi comparerais-je le Royaume des Cieux? Il est semblable à… ». C’est exactement l’équivalent d’un modèle en Science. 

L’amour de Dieu pour les hommes est présenté comme celui d’un père pour son fils prodigue ou du patron donnant le plein salaire à des ouvriers n’ayant travaillé qu’une heure. Ce sont encore des modèles.

Ce sont encore des modèles que l’Église Orthodoxe présente aux fidèles sous forme d’icônes. À première vue, ce sont des représentations stylisées de personnages ou d’évènements, bien différentes des peintures religieuses occidentales. Ce sont des modèles que le croyant interprète comme des fenêtres sur le Royaume de Dieu en les vénérant, ce qui contribue à l’affermissement de leur foi. C’est à travers elles qu’il prend contact avec cette réalité religieuse si difficile à cerner. Cependant, la réceptivité à ces représentations a un côté culturel. D’autres sont plus sensibles à d’autres modèles ou symboles comme le cierge pascal ou les lieux d’apparition de la Sainte Vierge.

Ces symboles et ces modèles sont, dans la Religion, encore plus éloignés de la réalité qu’ils représentent qu’en Science. Il s’ensuit que, bien plus encore que dans le cas de la Science, la connaissance religieuse est partielle et imparfaite et sa transmission est encore plus simplificatrice et déformante. 

On peut donc dire que la Réalité religieuse nous parvient, tout comme la Réalité scientifique, sous une forme voilée. La difficulté supplémentaire est que l’interprétation est plus personnalisée, ce qui peut expliquer la diversité des grandes familles religieuses chrétiennes.


Interpénétration de la Science et de la Religion

Une position très fréquemment prise est la suivante : à chacun son métier et les vaches seront bien gardées : laissons à la Science le soin de dévoiler le « comment » des phénomènes naturels et que la Philosophie ou la Religion réfléchissent sur leur « pourquoi »

C’est net, mais bien simpliste, puisque les deux s’intéressent au même Monde. Le meilleur moyen d’éviter les conflits n’est-il pas de ne pas piétiner les plates-bandes de l’autre ? Cela revient à refuser intégralement l’approche de l’autre, donc à acculer l’une à un dogmatisme intégriste et l’autre à un matérialisme et le scientisme non moins sectaire. Ces deux points de vue extrêmes sont beaucoup trop rigides. Cela revient à résoudre l’antinomie entre les deux approches par une séparation binaire définitive. Or, bien au contraire, un dialogue doit s’instaurer en vue de rechercher une réponse synthétique à certaines questions fondamentales communes. De même qu’il n’est pas possible de répondre à la question du pourquoi sans connaître le comment, inversement, une vision globale du Monde ne peut se passer d’une interprétation philosophique explicite ou implicite des grands problèmes qui se posent à l’esprit. Donnons quelques exemples.

L’Univers est tel que des êtres vivants, puis pensants ont pu apparaître. Avant d’en discuter le pourquoi, c’est à la Physique de poser correctement le problème. C’est aux scientifiques de dire entre quelles limites les valeurs des quelques constantes universelles doivent se situer pour que des éléments lourds puissent se former au sein des étoiles, pour que l’Univers n’ait pas implosé avant que la vie ait pu apparaître, pour que des réactions chimiques complexes puissent se produire sous certaines conditions et que les constituants biologiques de base ainsi formés soient stables, etc. Si, comme certains calculs tendent à le montrer, les intervalles favorables sont très faibles, alors le problème du hasard ou d’une Volonté extérieure se posera à la fois à la Science et à la Religion et il serait malhonnête de part et d’autre de l’éluder, même si on peut s’attendre à ce que plusieurs réponses soient proposées.

Un autre exemple est donné par la constatation que, contrairement à la Mécanique statistique qui régit la Thermodynamique, on constate une tendance fréquente sinon générale à la formation d’éléments de plus en plus complexes (atomes lourds, molécules simples, puis celles qui caractérisent la vie). On constate que cette tendance est génératrice de progrès, ce qui pose immédiatement la question du pourquoi. 

Science et Religion ont toutes deux leur mot à dire (c’est d’ailleurs ce qu’a tenté de faire Teilhard de Chardin). L’une sans l’autre ne pourra donner qu’une réponse incomplète : les scientifiques auraient tendance à y mettre, volontairement ou non, un préalable positiviste ou métaphysique tandis qu’une interprétation strictement religieuse, non basée sur des résultats scientifiques, mènerait à un créationnisme primaire.

On pourrait de même approfondir les mystères de la Vie, qu’il s’agisse de sa nature ou de son origine, en confrontant les approches religieuses de ces problèmes aux acquis de la Science. On pourrait en dire autant de l’origine de l’Univers ou du destin de l’Humanité. Bien que toujours voilé, ce qui sortira de cette synthèse aura une légitime prétention d’être plus complet et se rapprocher de la Réalité profonde. C’est en tous les cas dans ce sens qu’il faut aller pour résoudre l’antinomie entre la Science et la Religion, ces deux classes d’approche de la Vérité. 
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Re: Science et Religion, compatible ???

Message  Arlitto le Mer 2 Mar - 15:04

Science/religion : l'éternelle question de l'origine du monde 



Entretien avec nos invités Brigitte Senut, paléontologue au CNRS et Jacques Arnould, philosophe et théologien.
A l'occasion de la sortie américaine du film de Darren Aronofsky, "Noé", qui fait déjà polémique et qui a été interdit dans plusieurs pays musulmans, comme le Qatar ou l'Egypte, nous revenons sur la question du débat entre créationnisme et darwinisme au sein des religions monothéistes.


E=M6 : Dieu, la science et les religions 



Origine du monde et de l'Homme : ce que disent les religions, ce qu'en pense la science ! 
Dans la Bible, Dieu a créé le monde et l'Homme en 6 jours. Que dit la science à ce sujet ? Notre monde est-il vraiment issu d'une gigantesque explosion, le fameux « big bang » ? Vous allez voir comment les scientifiques recherchent les traces de nos origines et de l'apparition de l'Homme. Leurs découvertes remettent-elles en cause l'existence de Dieu ? Science et religions peuvent-elles toujours faire bon ménage ? Enquête ! 

Moïse, Jésus et Mahomet : ce que nous en disent les historiens 
Moïse, Jésus et Mahomet : trois grands prophètes des religions juives, chrétiennes et musulmanes. Mais que savons-nous d'eux exactement ? Jésus est-il bien né le jour de Noël de l´an 0 ? À quoi ressemblait-il ? Qui était Mahomet ? Des historiens nous expliquent ce que l'on sait vraiment de ces trois hommes au destin hors du commun ! 

Juifs, Chrétiens, Musulmans : pourquoi n'ont-ils pas la même alimentation ? 
Dans les 3 grandes religions monothéistes, il y a beaucoup de préceptes et d´interdits autour de la nourriture. Les Juifs et les Musulmans ne mangent pas de porc, les crustacés sont également interdits aux Juifs, tandis que les Catholiques ont pour tradition de manger du poisson le vendredi. D'où viennent ces règles alimentaires ? Pourquoi ces trois religions préconisent-elles un jeûne à certaines périodes de l´année ? Y a-t-il une explication scientifique ou historique ? Des familles pratiquantes et des spécialistes nous répondent !
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Re: Science et Religion, compatible ???

Message  Arlitto le Mer 2 Mar - 15:05

Hubert Reeves: «La science et la religion ne sont pas incompatibles, mais il vaut mieux les séparer»

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Un feu de pailleC’est ainsi qu’Hubert Reeves qualifie la polémique autour du nouveau livre de Stephen Hawking, dans lequel l’astrophysicien britannique remet en cause l’origine divine de la création de l’univers. Pour son confère franco-québécois, cette thèse est «un peu naïve» et «ne fait pas beaucoup avancer les choses». Entretien.


La thèse de Stephen Hawking est-elle nouvelle?

Non, ce n’est pas quelque chose de nouveau et cela me pose problème. Hawking suppose qu’au commencement, il y avait la gravité. Cela n’explique pas ce qu’il y avait avant. Hawking ne fait que relancer le débat: qu’est-ce qu’il y avait avant et d’où vient la gravité? 

Est-ce alors la renommée internationale de Stephen Hawking qui donne de l’ampleur à cette affaire?

Oui, il y a une entreprise médiatique très importante autour de lui. Stephen Hawking est un excellent scientifique, mais je ne suis pas certain qu’il soit à l’origine de ces propos (son ouvrage est co-écrit avec le physicien Leonard Mlodinow, ndr). 

Y a-t-il une confusion entre la science et la foi dans ses propos? 

Oui, parce que la science ne peut pas répondre à la question de Leibniz: Pourquoi y-a-t-il quelque chose plutôt que rien? Elle ne peut pas dire non plus si telle chose est bonne ou pas bonne, ce n’est pas son domaine, son champ d’action. La science relie une chose à une autre chose, ce sont des «pourquoi emboîtés». 

La science et la religion sont-elles donc incompatibles?

Elles ne sont pas incompatibles, mais il vaut mieux les séparer. La science vous dit comment faire les choses, comment cela fonctionne. Par exemple, elle vous donne les recettes pour faire des OGM ou des nanotechnologies, mais elle ne vous dit pas s’il est bon de les utiliser. Les questions de valeurs, du bien ou du pas bien, c’est du domaine de la religion. Celle-ci offre un point de vue hautement subjectif, elle ne peut rien prouver, alors que la science, elle, est objective. Ce sont deux discours différents. Cela n’empêche pas pour autant un très bon scientifique d’être croyant ou athée. 

La science a-t-elle tout de même déjà pris le pas sur la religion?

Concernant la création de l’univers, on n’a pas avancé d’un pouce depuis des millénaires. Mais la bible n’est pas pour autant un livre scientifique, c’est un livre de sagesse, de croyances. Il s’agit de contes et légendes qui préexistaient et dont la bible s’est servie pour faire des contes moraux. Il y a justement des problèmes quand il y a des intrusions, quand la science ou la religion sortent de leur domaine. Ce fut le cas entre Galilée et les Dominicains qui ont, au nom de la religion, cherché à imposer comment le monde était fait. Galilée leur a répondu: «Dites-nous comment on va au ciel et laissez-nous vous dire comment va le ciel.» 

Les questions autour des croyances ont-elles alors raison de se poser?

Oui, moi-même je me pose beaucoup de questions sur le sens de la vie, son existence. Elles se posent à tout le monde. Cet ensemble de questions reste profondément mystérieux et il faut vivre dans le mystère. Je ne crois pas qu’on puisse arriver à des réponses satisfaisantes. Moi-même, je reste dans l’interrogation. 
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Re: Science et Religion, compatible ???

Message  Arlitto le Mer 2 Mar - 15:05

La création de l'Univers et de l'homme relève-t-elle du hasard ? 



Secrétaire général de l'Université Interdisciplinaire de Paris, Jean Staune évoque sur OummaTV les rapports entre science et religion. Il a dirigé l'ouvrage collectif « Science et quête de Sens » aux éditions Presses de la Renaissance qui regroupe des scientifiques de haut niveau, dont certains ont reçu le prix
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Re: Science et Religion, compatible ???

Message  Arlitto le Lun 28 Mar - 17:06

Quelle est la relation appropriée entre la science et la foi ?

La science et la théologie ont des choses à se dire car elles sont toutes les deux concernées par la recherche de la vérité.– John Polkinghorne
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En résumé

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[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]Marcher sur ses 2 jambes, c’est mieux pour avancer !
Comment la complémentarité Science et Foi peut-elle contribuer à nous fournir une vision équilibrée du monde ?
Certains pensent que la science et la foi sont des ennemis en guerre pour la domination idéologique du monde moderne. D’autres voient la science et la foi  comme des facettes de la vie complètement séparées et sans corrélation.

Pourtant, la science n’est pas la seule source factuelle, et la foi nous informe au delà du domaine des valeurs ou de la morale.
En fait, la foi peut avoir un impact positif sur la science. Beaucoup des premiers scientifiques étaient des chrétiens convaincus, et certains le sont encore aujourd’hui.
La science peut aussi encourager la foi des croyants en leur révélant la gloire de Dieu le créateur au travers des découvertes de la science.
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En détail
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Introduction
Beaucoup de voix s’élèvent aujourd’hui et prétendent que la science et la foi chrétienne sont opposées l’une à l’autre. Certains athées affirment que la science a rendu la foi obsolète, et la mise au rang d’une superstition quelconque. Beaucoup dans le grand public pensent que l’église est anti science. Et à l’intérieur de l’église, la science est souvent présentée comme si elle défiait certaines croyances chrétiennes importantes. Pourtant, aucune de ces voix ne nous présentent une relation positive et constructive entre la science et le Christianisme. Nous présentons ici plusieurs façons d’envisager les relations entre la science et le christianisme.

NOMA
On pense parfois que la science et la foi concernent des domaines différents de connaissance complètement disjoints. La science est sensée nous fournir une connaissance systématique et empirique du monde et de son comportement, alors que la foi est sensée nous apprendre la valeur et le sens de l’existence de chacun. Le meilleur résumé de cette vision des choses nous est fournit par Stephen J. Gould qui décrit la science et la religion en tant que Magistères- Sans-Chevauchement (Non-Overlapping-Magisteria, abrégé NOMA en anglais).

[Chaque] sujet a son magistère légitime, ou son domaine d’autorité en matière d’enseignement- et ces magistères n’empiètent pas les uns sur les autres (j’appelle ce principe NOMA “nonoverlapping magisteria », c’est-à-dire le non chevauchement des magistères). Le filet jeté sur le monde par les sciences concerne le monde empirique : ce dont il est fait (les faits), et la raison pour laquelle il fonctionne ainsi (la théorie). Le filet de la religion s’étend à des questions de signification morale et aux valeurs. Ces deux magistères ne se chevauchent pas, pas plus qu’il ne constituent un ensemble exhaustif d’investigation (pour les débutants, considérez par exemple le magistère des arts et la signification de la beauté). 2
Il y a beaucoup de questions auxquelles seule la science ou la religion peuvent répondre, et cette vision du non empiètement des magistères décrit certainement de telles situations. La vision populaire qui veut que la science et la foi soient engagées dans un débat sans fin est une conception erronée qui résulte d’une vision limitée de la réalité. Le plus souvent, les scientifiques font des recherches sur des sujets qui n’ont rien à voir avec la religion. De même, les théologiens étudient la Bible sur des sujets qui n’ont aucun rapport avec la science. Les scientifiques étudient par exemple quotidiennement les trajets migratoires des animaux, les atmosphères des planètes et la durée de vie des particules élémentaires. Mais il est impossible de donner une signification théologique quelconque à de telles investigations. De même, les théologiens étudient les origines et le développement des Écritures, les solutions philosophiques au problème du mal et la promesse de la vie éternelle. Ces sujets n’ont aucun rapport avec la science. La perspective de Gould (NOMA) est juste lorsqu’elle met en évidence ce non empiètement de la science et de la théologie dans la plupart des situations.
Pourtant, cette vision des choses (NOMA) court le risque de compartimenter à l’excès certaines questions. Dans une vision caricaturale, le non chevauchement des magistères (NOMA) identifie la science avec la connaissance factuelle et la foi avec les valeurs ou les opinions subjectives. Si c’était le cas, les deux disciplines ne se chevaucheraient pas du tout.

La science n’est pourtant pas la seule source de vérité factuelle, et la foi s’étend au-delà du domaine des valeurs ou de la morale. Comme Gould le reconnaît, la science se limite aux affirmations factuelles concernant le comportement physique du monde, et ne nous fournit ainsi qu’un fragment de la connaissance totale. En écrivant sur ce sujet, Francis Collins emprunte un exemple à l’astronome Arthur Eddington :
[Eddington] décrit un homme qui veut étudier la vie marine dans les eaux profondes et qui n’utilise pour cela qu’un filet dont la maille mesure 7 cm. Après avoir attrapé beaucoup de merveilleuses créatures sauvages vivant dans les profondeurs, cet homme en conclut qu’il n’existe pas de poisson de moins de 7 cm vivant dans de telles eaux ! »3

La vision de Gould (NOMA) est injustement restrictive parce que la foi étend ses cordages bien au-delà du domaine des valeurs. En fait, la foi chrétienne contient des affirmations d’ordre métaphysique, comme l’existence d’entités surnaturelles : Dieu, la loi morale, la vie après la mort, etc.
Il n’est pourtant pas suffisant de montrer que le non chevauchement des magistères contient une mauvaise définition de la science et de la foi. L’objectif central de cette vision des choses est d’affirmer que la science et la foi n’interagissent pas, n’ont pas besoin d’interagir, et ne devraient pas interagir. Nous donnons des exemples du contraire ci-dessous.
La foi informe la science
Pendant des siècles, la foi a eu beaucoup à dire à la science. Pour rester concis, le développement moderne des sciences en est un bon exemple. On pense souvent que la foi a été un obstacle au développement primitif des sciences, et le désaccord entre l’Église Catholique et Galilée (voir plus bas) est souvent cité en exemple. Pourtant, la foi chrétienne était entièrement compatible avec le progrès scientifique.

Les pionniers de la science moderne
96%
de croyants
4%
de septiques

 
Par exemple, lorsque les 52 meilleurs scientifiques pendant l’émergence de la science moderne dans l’Europe médiévale ont été interrogés sur leurs croyances religieuses, 62% pouvaient être qualifiés de pieux, 35% de croyants conventionnels, et seulement 2 scientifiques (soit 3,8%), pouvait être qualifiés de septiques.4 Étant donné que ces scientifiques — que l’on appelle les « philosophes naturalistes » — ont contribué à poser les fondations de la science moderne, il reste peu de place pour suggérer une quelconque incompatibilité entre le progrès scientifique et la foi chrétienne. Avec ces statistiques en tête, nous ne devrions pas être étonné du fait qu’une vision chrétienne du monde ait joué un rôle significatif dans l’encouragement au développement de la science moderne.
Le professeur Roger Trigg résume bien la situation:
Leur foi en Dieu leur a donné l’assurance que le monde physique, dans toute sa complexité et son extension, pouvait être compris. […] Ceci est un fait historique, la science moderne s’est développée à partir de la compréhension du fait que le monde était la création ordonnée de Dieu, possédant sa propre cohérence rationnelle.5
Ceci ne signifie pas que la science ne se serait jamais développée sans l’aide de la foi chrétienne. Cependant, cette foi peut fournir un cadre propice au développement du progrès scientifique. Ceci nous montre certainement l’interaction entre ces deux domaines de connaissance.
De plus, la foi n’a pas seulement encouragé les découvertes scientifiques, elle a aussi exercé une influence significative dans l’application pratique de ces découvertes. Avec les progrès constants de la technologie et de la médecine, de nouvelles questions en matière d’éthique ne cessent d’être posées6 (Voir l’appendice de Collins dans The Language of God.). La méthode scientifique ne fournit pas à elle seule la façon de répondre à ces questions éthiques, mais ne peut que nous aider à envisager les différentes possibilités. De telles questions éthiques ne peuvent que se résoudre à l’aide de critères moraux qui trouvent leurs fondements et leur autorité dans la foi en un Être supérieur.
La science informe la foi
Le système géocentrique de Ptolémée
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Crédit : Bibliothèque de l'Observatoire de Paris
La révolution copernicienne
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Crédit : Bibliothèque de l'Observatoire de Paris
Comme nous l’avons mentionné plus haut, un exemple historique bien connu d’interaction entre la religion et la science est l’affaire Galilée. Bien que cet exemple soit souvent cité comme celui d’un conflit entre la foi et la science, c’est aussi un bel exemple de contribution scientifique à la foi chrétienne. A l’époque de Galilée, il y avait une controverse à propos de l’interprétation de quelques versets bibliques dans la section poétique des Psaumes. On pensait qu’il fallait lire ces versets comme de la science et non comme de la poésie, on pouvait ainsi les interpréter pour dire que la Terre était physiquement au centre de l’univers. Pourtant, Galilée avait été convaincu par les arguments de Copernic qui disait cela impossible. Galilée, qui demeura un Catholique loyal jusqu’à la fin de sa vie, fit la déclaration suivante dans une lettre à la Grande Duchesse de Toscane :

[Dans] St. Augustin nous lisons: « Si quelqu’un veut établir l’autorité d’un auteur inspiré contre la raison claire et manifeste, il ne se rend pas compte de ce qu’il fait ; car il oppose à la vérité non pas le sens de la Bible, qui est au-delà de sa compréhension, mais plutôt sa propre interprétation, non pas ce qui est dans la Bible, mais ce qu’il a trouvé en lui-même et qu’il imagine s’y trouver. « 
Ceci étant acquis, et puisque deux vérités ne peuvent se contredire, la fonction des théologiens est de chercher les vrais sens des textes de l’Écriture. Ceux-ci seront sans aucun doute en accord avec les conclusions physiques qui font sens et que des démonstrations nous ont préalablement rendues certaines. 7
Galilée ne suggérait pas que ses découvertes étaient contraires à la vérité révélée dans la Bible, mais que la science avait permis de reconsidérer leur véritable signification. Aujourd’hui encore, il existe de nombreuses occasions d’être ainsi aidé en particulier dans le processus d’interprétation des premiers chapitres de la Genèse. Des preuves scientifiques surabondantes nous montrent que la Terre est ancienne. Si la Genèse est vraie, il ne faut pas l’interpréter comme le récit étape par étape de la façon dont Dieu a créé le monde.
Voir «Comment interprétait-on le récit biblique de la création dans la Genèse avant Darwin ?» et « Quels facteurs devrions nous considérer pour déterminer comment aborder un passage des Écritures ? »
Le professeur Donald Mac Kay nous offre une perspective saine à propos de l’influence de la science sur l’interprétation biblique:
Évidemment, la signification évidente de beaucoup de passages pourrait par exemple être confrontée avec des découvertes archéologiques, et le sens d’autres pourrait être enrichi par des découvertes scientifiques et historiques. Mais j’aimerais suggérer que la première fonction de la science dans ce domaine n’est pas de vérifier ni d’ajouter à « l’image » inspirée, mais plutôt d’éliminer des lectures inappropriées. Pour poursuivre la métaphore, je pense que les données scientifiques que Dieu nous donnent peuvent parfois lui servir à nous avertir que nous nous tenons trop prêt de « l’image », sous un mauvais angle, ou avec des attentes illégitimes, pour être capable de voir le message inspiré qu’il a voulu nous communiquer. 8

Conclusion
À partir des exemples ci-dessus, il est clair que la science et la foi peuvent entretenir des relations constructives. De manière surprenante, certaines personnes affirment que l’existence de Dieu est une affirmation d’ordre scientifique qui devrait être testée comme toutes lesautres. Pourtant, l’existence de Dieu n’est pas quelque chose que l’on peut tester scientifiquement de la même façon qu’on postule l’existence d’une nouvelle particule élémentaire dans un accélérateur de particules. Parce que la science ne nous fournit que des connaissances à propos du monde naturel, aucun test ou aucune théorie ne peuvent prouver ou nier l’existence d’un créateur surnaturel. Plutôt que d’être une affirmation empirique à propos de la nature et de ses lois, l’affirmation que Dieu existe est métaphysique, une affirmation à propos de ce qui est, que ce soit naturel ou surnaturel.
Bien qu’il y ait clairement un chevauchement entre la foi et la science, aucune n’est une source complète de connaissance. C’est-à-dire qu’il y a encore certaines questions qui devraient être résolue par l’une ou par l’autre seulement. De la même façon que la science ne peut pas répondre aux questions à propos du sens de la vie ou de l’existence de Dieu, il faut être circonspect dans l’utilisation de la Bible comme s’il s’agissait d’un texte scientifique. Alors que la science et la foi interagissent, il faut toujours garder à l’esprit les limites appropriées à chaque type de source de connaissance.
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